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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 08:43

 

CHANSON DES FLEURS ET DU

SILENCE


 

Version française - CHANSON DES FLEURS ET DU SILENCE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Canzone dei fiori e del silenzio – Cantacronache - 1958
Paroles d'
Emilio Jona
Musique de Sergio Liberovici

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, je pense bien que tu connais les Cantacronache et que tu aimes comme moi leurs chansons aux Cantacronache. Eh bien, voici leur chanson manifeste, la chanson qui en quelque sorte définit leurs idées sur le monde et sur la chanson elle-même. Une sorte de manifeste artistique. C'est la chanson des fleurs et du silence. Du moins, c'est son titre, car pour ce qui est du contenu, elle n'est pas silencieuse, rassure-toi. Bien au contraire, elle affirme nettement leur refus de la chanson vide et de la chanson remplie d'insignifiances. Le genre chanson d'amour : il part, je reviens, je m'en vais, il reviendra... Les yeux bleus, noirs, verts, roses... Je l'aime, il m'aime, on s'aime... J'aime ses yeux, ses bras si chauds, ses jambes si belles, ses cheveux si courts ou si longs, son menton, ses dents, son nombril et sa belle... auto, voix, prestance, carrure... biffer les mentions inutiles. 


Ah, dit Lucien l'âne en découvrant toutes ses dents de rire... Cette sorte de chanson qui passe le mur du çon (merci pour la cédille!)... et qui dégouline de toutes les radios et les télévisions. Les chansons à tubes. Pourquoi un « tube », disait Boris Vian... Parce que c'est creux !.. Bien, mais que dit-elle leur chanson-manifeste aux Cantacronache ?


D'une part, elle dénonce la chanson sirupeuse, la chanson putain qui se vend à qui la paye, qui racole à tous les coins de radios et montre ses charmes, la chanson qui fait l'impudique dans l'impudence... Et en contre-chant, en quelque sorte,la chanson des Contacronache laisse entendre qu'elle ne se soumettra ni elle, ni les Cantacronache aux exigences des maquereaux du marché du disque et du spectacle. En somme, c'est une chanson de combat qui résonne déjà comme raisonnera Jean Ferrat, dans sa fabuleuse et bouleversante chanson « Nuit et Brouillard » Nuit et brouillard, où lui aussi fait état des pressions qu'encourt le chanteur à qui l'on dit (toujours les maquereaux) : 

« Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour,
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire,
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare. »

ou celle de Léo ferré sur la mafia (toujours les maquereaux du buzzenesse) :

« Mais si la mafia se ramène.
T'es ni José ni Carmen,
Quand tu chantes, c'est la bohème,
Et la mafia, elle n'aime pas ça !
Tu vas traînant tes rengaines
Le long de la longue Seine
En crachant sur ceux qui te gênent
Et la mafia, elle aime pas ça! »

ou celle de Maurice fanon, « Avec Fanon », qu'il faudra bien mettre dans les CCG, où il dit, entre autres :

« C'est peut-être en chantant mon cul sur la commode 
Qu'on se fait une chanson à la mode 
Faudra que j'essaye avec Fanon... ».

J'arrête là... Sauf à évoquer quand même l'immense dérision de Jean Constantin dans son tube-scie-rengaine à deux balles, dont le texte intégral est aussi le titre, enfin presque. : « Où sont passées, mes pantoufles ? » [http://www.youtube.com/watch?v=MrhnnmQzjwA]


Oh oui, j'adore Jean Constantin. On avait d'ailleurs mis dans les Chansons contre la Guerre son Shah Shah Persan (un cha-cha, évidemment), tout aussi décapant.Shah Shah Persan. Quant à nous, à notre tour, tissons aussi le linceul de ce vieux monde empli de chansons guimauves, insipides, idiotes, ce vieux monde racoleur, putassier et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


 

 

 

 


On nous dit de chanter
Les bois et les prés

Les amours heureux
Les gens joyeux
Aux paupières
Cousues de fil de fer
Et d'ouate remplies
Les oreilles assourdies.

 

Et si la roue tourne, laissez-la tourner
Si l'homme s'endort, laissez-le dormir
Si la terre trépasse, laissez-la trépasser
Et si quelqu'un meurt, laissez-le mourir.

 

On nous dit de chanter
Mièvres et amoureux, soyez
Les rythmiques ménestrels
De l'ère industrielle
Soyez des marchands de mirages colorés
Et de cieux dorés
Répandez les illusions
Comme des bulles de savon.

 

Et si la roue tourne, laissez-la tourner
Si l'homme s'endort, laissez-le dormir
Si la terre trépasse, laissez-la trépasser
Et si quelqu'un meurt, laissez-le mourir.

 

On nous dit de nous taire
Car le silence est d'or
Taire le travail et la misère
Taire la vie encor
Ses moments gris et durs
Taire les amours
Tristes et obscurs
Les fleurs et même, les jours.

 

Et si la roue tourne, laissez-la tourner
Si l'homme s'endort, laissez-le dormir
Si la terre trépasse, laissez-la trépasser
Et si quelqu'un meurt, laissez-le mourir.

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Marco Valdo M.I.
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 21:36

LA MARCHE VERS LE TROISIÈME REICH

 

 

Version française - LA MARCHE VERS LE TROISIÈME REICH – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Der Marsch ins Dritte Reich– Bertolt Brecht – 1933
Paroles de Bertolt Brecht
Arrangement musical de Hanns Eisler sur la mélodie de « It´s a long way to Tipperary », ‎chanson écrite par l'Anglais Jack Judge en 1912 et devenue fort populaire parmi les troupes anglaises durant la Grande Guerre.
Interprétée par Ernst Busch





NAZIAVANGUER0060.jpg

HINDENBURG ET HITLER (1932)

 

 

Le Führer dit : maintenant, c'est le dernier hiver,

Seulement ce n'est pas le moment de mollir, il faut marcher !
Devant, le Führer dans sa douze cylindres, nous entraîne :
Marche, marche, marche, marche, il ne faut pas perdre le contact ! 

 

Qu'il est long le chemin vers le Troisième Reich !
C'est à n'y pas croire croire, comme il s'étire.
C'est un grand arbre que le chêne allemand,
Du haut, on voit luire l'espoir.

 

Le Führer dit : Maintenant, on n'ira plus débraillés !

Il l'a déjà dit à l'industrie :
Nous voulons acheter de nouveaux uniformes.
Le capitaine Röhm ne nous aime pas sans. 

 

Qu'il est long le chemin vers le Troisième Reich !
Un peu d'amour le raccourcit de moitié.
C'est un grand arbre que le chêne allemand,
Et il stimule les rapports entre camarades.

 

Le Führer a dit qu'il vivra longtemps encore,
Et qu'il sera plus âgé qu'Hindenburg.
Et il est aussi patent qu'il n'a pas du tout peur.
Pour cela, il n'est même pas pressé et c'est ainsi.

 

Qu'il est long le chemin vers le Troisième Reich !
C'est à n'y pas croire croire, comme il s'étire.
C'est un grand arbre que le chêne allemand,
Du haut, on voit luire l'espoir.

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Marco Valdo M.I.
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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 23:07

CYRANO



Version française – Cyrano – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Cirano – Francesco Guccini – 2005

http://www.youtube.com/watch?v=LPqLpEyW0KU

 

 

 

 

Coquelin_aine.jpg

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, laisse-moi te conter la curieuse aventure de ce Cyrano que je viens de terminer à l'instant... D'autant plus curieuse que j'attends demain, chez moi, ici, la venue de Roxane... Celle qui s'occupe si bien des hommes, des chevaux et des ânes.

 

 

Que me racontes-tu encore, Marco Valdo M.I., mon ami ? D'abord, je te prie de saluer Roxane de ma part quand elle viendra. Et puis, dis-moi donc cette curieuse aventure...

 

 

Eh bien, voilà... J'ai été interpellé ce matin-même par une personne, une dame ou une demoiselle, que sais-je, je ne l'ai jamais vue... qui m'écrivait via le Réseau et me disait, je la cite : « N'ayant pas ou peu l'occasion de pratiquer l'italien, j'ai été ravie de trouver enfin des traductions de textes notamment de Guccini qui aient de la tenue et qui soient au plus près de l'esprit de ce cantautore génial et des autres.

Puis-je me permettre de vous demander si vous avez l'intention de traduire sa chanson "Cirano'; qui, me semble-t-il pourrait figurer dans votre blog? ». Comme tu le vois, c'était une nette invitation à traduire le Cirano de Francesco Guccini, chanson que je ne connaissais pas. Laquelle chanson ne figure pas dans les CCG, ni sur mon blog Canzones et il n'en existe pas de traduction française... Je me suis donc attelé à la tâche et voici le résultat... Cependant, l'aventure n'est pas curieuse qu'en cela. Elle l'est bien plus encore s'agissant de Cyrano et c'est ce que je m'en vais te conter plus avant.

 

 

Je suis tout ouie, bref, je t'écoute. Je me demande bien ce que tu vas me conter ? dit l'âne Lucien en levant les oreilles vers le sommet de l'éternité. (Précisons cependant qu'il a levé une oreille après l'autre et que toutes deux sont à présent alignées dans une parfaite verticale, si on veut bien supposer que le sommet de l'éternité est à l'exact extrémité d'une verticale qui partirait de l'axe médian entre les oreilles de l'âne Lucien.) Je suppose que tu ne vas quand même pas remonter à la vieille lune...

 

 

Je crains fort de te décevoir, Lucien l'âne mon ami, car le point de départ de la chanson de Guccini « Cirano » est précisément un voyage dans la Lune. Tout a commencé avec le « vrai » Cyrano de Bergerac (1650) et très exactement : Hercule Savinien Cyrano de Bergerac, certes un bretteur émérite, mais aussi et surtout, c'est ce qu'on en a le plus retenu, un excellent écrivain auteur précisément d'un voyage dans la Lune sous le titre, qui est lui-même tout un programme : « L'Histoire comique des États et Empires de la Lune ». Ce roman de science-fiction avant la lettre, est une chose littéraire dont le lointain ancêtre était un écrit intitulé : « Histoire Véritable », qui raconte aussi un voyage dans la Lune et dont l'auteur n'était autre que Lucien de Samosathe (+/- 150)... Par parenthèse, outre de s'inspirer de Lucien, auquel je te rappelle que tu es inextricablement lié et dont je suis sûr que tu le connais mieux que moi, ce Cyrano a mené sa vie durant un combat dans le droit fil de Lucrèce et d'Épicure, pourfendant ainsi l'Infâme (à savoir l' Écar – Église catholique, apostolique et romaine), par l'écrit. Ceci est un premier étage de la fusée Cyrano, car en plus d'avoir été un des premiers auteurs de science-fiction, un philosophe matérialiste et atomiste, prédécesseur des Lumières et un écrivain politique, il fut un anticlérical déclaré en un temps où la chose était nettement périlleuse. Certains ont fini sur le bûcher ou assassinés pour moins que ça. Le fait qu'il fut aussi homosexuel n'arrangeait évidemment rien, la chose étant alors autant qu'aujourd'hui, condamnée par l'Église – plus puissante encore à l'époque. Une dernière chose, c'était en effet un homme de grand courage et un fin escrimeur qui un jour ou un soir, près de la porte de Nesle pour défendre le poète François Pajot de Lignières affronta victorieusement une centaine de spadassins ; Cyrano était bien Cyrano. Le deuxième étage fut le fait d'Edmond Rostand qui a écrit vers 1900 une pièce de théâtre intitulée « Cyrano de Bergerac », en mémoire de l'écrivain et de son énorme nez. C'était le grand retour de Cyrano sur le devant de la Seine et sa mise en gloire aux côtés de Don Quichotte, du Capitaine Fracasse, des Trois Mousquetaires, d'Edmond Dantès... Il entrait pour la deuxième fois de plain pied dans la littérature mondiale.

 

 

D’accord, mais la chanson de Guccini, que devient-elle ?, dit Lucien l'âne en raclant le sol d'un sabot rageur... J'aimerais quand même savoir...

 

 

J'y viens, Lucien l'âne mon ami. C'est le troisième étage de mon histoire. Cent ans se sont encore passés quand Guccini bâtit sa chanson sur l'étage de Rostand. Et tout spécialement sur la scène IV de l'acte I, dont je te rappelle in extenso le célébrissime envoi du poème tissé dans l'instant par le poète Cyrano, renvoyant instantanément l'auditeur à Villon ou à Rutebeuf : « 

 

Envoi

 

Prince, demande à Dieu pardon!

Je quarte du pied, j'escarmouche,

Je coupe, je feinte...

 

(Se fendant.)

 

Hé! Là donc!

 

(Le vicomte chancelle, Cyrano salue.)

 

A la fin de l'envoi, je touche. »

 

 

Oui, oui, dit Lucien l'âne manifestement perplexe tant il tord sa queue en point d'interrogation... Mais enfin, je ne m'explique pas ce que Guccini veut faire d'une chanson sur Cyrano...

 

 

Eh bien, ici, ce sont mes supputations. D'abord, il faut se dire que Guccini se prend, le temps de la chanson en tous cas, pour Cyrano. On a donc « Cirano-Guccini » qui s'en prend à une bande de gens pour défendre la belle Roxane, qui si je ne m'abuse, serait bien l'Italie elle-même ou la population italienne du moins celle qui dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, serait dans le camp des pauvres. En somme, c'est une attaque en règle contre cette Italie des « larges ententes », cette Italie qui n'en finit pas d'écraser ses petites et ses grandes gens, cette Italie de la médiocrité institutionnalisée... Mais soyons de bonne foi, cette Italie-là s'étend bien au-delà des frontières de la péninsule... Elle s'étend à l'Europe entière et bien au-delà encore... C'est cette bande, celle qui tient les entreprises, les capitaux et les États, en somme, qui tient le pouvoir, cette bande qui s'en prend aux Grecs et qui justifie ton « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN »... J'arrête là, car il y aurait encore mille choses à dire...

 

Oui, évidemment, vue comme ça, la chanson de Guccini, de Cirano-Guccini a tout-à-fait sa place ici... Et je nomme par le même geste Guccini et Cyrano, canuts et tisserands du linceul de ce vieux monde servile, crasseux, ignorant, clinquant, arriviste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Avancez-vous donc, nez courts et charnus,

Jolis messieurs, je ne vous supporte plus ,

Je défie de ma plume vos egos orgueilleux

Avec cette épée, je vous tue quand je veux.

Venez vous-aussi poètes calamiteux,

Chanteurs inutiles des jours malheureux,

Bouffons qui vivez de vers rébarbatifs

Vous avez sous et gloire, mais vous n'avez pas de pif ;

Profitez de vos succès, jouissez de vos bonheurs,

Car le public est dressé et vous n'en avez pas peur

Allez on ne sait-z-où pour échapper aux taxes

Avec ce rictus servile et votre ignorance crasse.

 

Je suis seulement un pauvre cadet de Gascogne,

Et je ne supporte pas les gens qui ne rêvent pas.

Le clinquant ? L'arrivisme ? À l'hameçon, je ne mords pas

Je ne pardonne pas et à la fin de l'envoi, je touche,

Je ne pardonne pas, à la fin de l'envoi, je touche !

 

Allons avancez tous et finissons-en,

Nouveaux protagonistes, politiciens rampants,

Venez porte-mallette, ruffians et imbéciles,

Féroces présentateurs d'émissions débiles

Qui avez fait du n'importe quoi un art

Courage libéraux, abattez vos cartes

Il y aura toujours du crédit

En cet absurde beau pays bénit.

 

Ça ne fait rien si je me suis trompé, moi aussi

Déplaire est mon plaisir, j'aime être haï ;

Des rusés et des puissants depuis toujours je me ris

Je ne pardonne pas et à la fin de l'envoi, je touche,

Je ne pardonne pas, à la fin de l'envoi, je touche !

 

Mais quand je suis seul avec ce nez d'un pied

Qui d'une demi-heure toujours m'a précédé

Ma rage s'éteint et je me souviens interdit

Que rêver d'amour ne m'est pas permis

Les femmes, je ne sais combien j'en ai aimées, combien j'en ai croisées,

Était-ce ma faute ou le destin, toutes s'en sont allées

Alors quand la solitude me pèse et m'affole

Je me cloître chez moi, j'écris et en écrivant, je me console,

 

Je sens au dedans de moi que le grand amour existe,

J'aime sans péché, j'aime, mais je suis triste

Car Roxane est belle ; c'est le printemps, moi l'hiver,

Je n'ose pas lui parler : je lui dirai en vers, en vers, en vers…

 

Venez gens vides, finissons-en ici,

Et vous, prêtres qui vendez à tous une autre vie ;

Si comme vous le dites, il y a un Dieu dans l'infini,

Regardez dans votre cœur, vous l'avez déjà trahi

Et vous matérialistes, avec votre idée fixe,

Que Dieu est mort et l'homme seul en cet abîme,

Comme les cochons, vous cherchez les vérités à terre,

Gardez vos glands, laissez-moi mes ailes ;

 

Nains, rentrez chez vous, fichez-moi le camp,

Pour ma rage énorme, il me faut des géants.

Face aux dogmes et aux préjugés, jamais je ne me couche

Je ne pardonne pas et à la fin de l'envoi, je touche,

Je ne pardonne pas, à la fin de l'envoi, je touche !

 

Avec le nez et avec l'épée, je touche mes ennemis

Mais aujourd'hui dans cette vie, je ne trouve plus mon chemin.

Je ne veux pas me résigner à ce vilain destin,

Seule tu peux me sauver, toi seule et je te l'écris :

Il doit y avoir, je le sens, sur terre ou au ciel une place

Où nous ne souffrirons pas et où tout sera juste.

Il ne faut pas rire, je te prie, de mes paroles,

Toi, Roxane, tu es le soleil, moi, je suis une ombre

 

Je le sais, toi, tu ne ris pas, très douce dame

Et moi, je ne me cache pas sous ta fenêtre

Désormais je le sens, je n'ai pas souffert de trop,

Si tu m'aimes comme je suis et je serai pour toujours ton,

Pour toujours ton, pour toujours ton

Cyrano 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 22:51

LA LIBERTÉ

 

 

Version française (avec 40 ans de retard) – LA LIBERTÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La libertà – Giorgio Gaber – 1973


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Je le sais que cette chanson a été moquée plusieurs fois, mais aujourd'hui pendant que j'étais en auto, je la réécoutais (horreur horreur) dans la version d'Emma (de l'album d'hommage à Gaber). Et en la réécoutant, en dépassant la gêne pour « Strillex », j'en ai découvert une nouvelle signification, ou mieux sa signification… Et je crois que ce site peut d'une certaine façon représenter cette liberté dont parle Gaber… La liberté n'est pas de rester à l'écart à faire ce qui nous plaît le plus, n'est pas plus de (j'ajouterais seulement) voter pour ce parti ou quelqu'autre, mais est s'engager pour la collectivité, s'engager chaque jour pour changer notre petit coin de monde. Et alors peut-être vue dans cette optique, elle peut entrer de plein droit parmi CCG....





Oh, mon ami Lucien l'âne aux yeux de braise sauvage, je te le dis, il ne faut pas se moquer des chansons de Gaber avant de les avoir écoutées, de les avoir comprises et surtout, de s'être interrogé sur le sens réel de ce qu'elles véhiculent. Que ceux qui se moquent ainsi s'interrogent sur eux-mêmes et sur le sens de l'humour. Je sais, je sais : « Plaisir d'humour ne dure qu'un moment, chagrin d'humour dure toute la vie... » et c'est ce qui les attend. Prenons la chanson ici intitulée « La Liberté »... La Liberté, il y a des milliers de chansons qui la vantent et qui le font en prenant les choses au premier degré. Personnellement, je n'ai rien contre, même si souvent, le résultat est des plus conformistes. Mais Gaber, Gaber, quand même, c'est autre chose...

 

 

Que veux-tu dire exactement ?, dit Lucien l'âne en se brossant vigoureusement le ventre avec la patte arrière droite. Je connais aussi plein de chansons qui ont pour thème la liberté... Par exemple, celle de Georges Moustaki, reprise par Serge Reggiani... dont je m'étonne d'ailleurs qu'elle ne figure pas dans les CCG, elle aussi. Et je t'invite vivement à l'y mettre.

 

 

D'accord, Lucien l'âne, mon ami, c'est une hérésie que cette chanson de Moustaki ne soit pas ici, mais on ne peut tout faire à la fois et comme tu l'as suggéré, je vais bientôt l'y mettre afin de réparer cet oubli ou tout simplement, ce retard. Mais, revenons à Gaber et à sa chanson. La liberté et l'ironie de Gaber font ici une danse sautillante et tangante qui ne déparerait pas le bar d'un bordel de Buenos-Aires. Au fait, « tangante », je l'ai orthographié ainsi rapport au tango, lequel est né et a fleuri précisément dans les bordels de là-bas... Sans doute eût-il fallu l'écrire « tanguante »..., mais je m'égare. Et je vais te dire un de mes regrets, presque une de mes hontes... Giorgio Gaber est quasiment ignoré en langue française... Un comble... Un peu comme si Brassens ou Brel ou Ferré ou Trenet... Que sais-je ? Étaient inconnus en Italie... Imagine des Chansons contre la Guerre de langue française...

 

 

D'abord, il faudrait qu'elles existent... et la question se pose d'ailleurs de savoir pourquoi elles n'existent pas... Je veux dire avec cette ouverture au monde, ce souhait et l'effort correspondant d'accueillir les autres chansons d’autres langues... avec en plus, un minimum de réflexion... Passons et revenons à Gaber et à sa chanson...

 

 

En effet... Gaber donc traite de la liberté et de l'homme... En somme, il philosophe. Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi la philosophie ne vivrait pas en chanson et devrait se réfugier dans des lieux secrets et finir par être l'apanage de gens tellement sérieux et nombrilistes. La philosophie, le droit de philosopher est à tout le monde et à chacun et j'aime mieux des philosophies quotidiennes et nées dans les « jardins mal fréquentés » plutôt que ces semoules produites par de ternes machines à moudre le néant. La philosophie est une aventure de tous les instants, c'est un impromptu permanent. Certains philosophes patentés, car il en existe et ils sont jaloux de leur statut, me font penser à ces grainetiers eugénistes d'origine américaine – en clair, ces gens de Monsanto – qui entendent se réserver un pré carré exclusif et définitivement hors d'atteinte du commun des mortels. Ils inventent des graines compliquées, spécifiques et stériles que seuls ils ont le droit de répandre et les moyens de les produire... Ensuite, ils s'ingénient à exclure tous les autres de ce joli marché et spécialement, ceux qui auraient l'idée d'avoir des penchants à l'originalité ou à la diversité. Donc, Gaber philosophe et toi, Lucien l'âne, pour ce qui est de philosopher, des philosophes et de la philosophie... depuis le temps que tu les pratiques... je n'ai rien à t'apprendre. Tant il est vrai que philosopher, c'est découvrir, c'est tout simplement penser le monde, la vie, etc... et que chaque nouvelle pensée s'en vient s'agglutiner aux autres. Après, chacun fait son tri. Donc Gaber philosophe et forcément, à la manière de Gaber... Comment aurait-il pu faire autrement ? Et à moi, la manière de Gaber, elle me plaît hautement.

 

 

Oh, mais à moi aussi. J'aime beaucoup Rabelais et Gaber. Par exemple. Je dis ça, car ça me vient comme ça à l'esprit. Deux mots cependant, pour insister un peu sur la dureté incisive, carrément chirurgicale de ce que chante Giorgio Gaber... Certes, il est pour « être libre » et sans doute, n'est-il pas pour la liberté, considérée par l'« homme » qu'il décrit, comme une sorte de marchandise ou d'attitude que l’on adopte car c'est l'usage, le bon ton, la mode ou pour être dans le coup, dans le vent ou du côté du manche. Quant au mot participation, je ne sais trop s'il est là par conviction ou par dérision.

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, je vais te dire que j'ai le même sentiment. Je ne sais ce que voulais dire Gaber... mais la participation – au moment où il faisait sa chanson – était un thème fort prisé par les hautes couches de la société... En somme, on pouvait très exactement superposer le mot « participation » à ceux de cogestion, collaboration... ; le mot « participation » (ma non troppo) était très en vogue dans le « monde libre », le monde des chantres de la liberté par la force... Il s'agit en fait d'une sorte de récupération.. ; En somme, pour dire les choses clairement : « participation : piège à cons »... Et sachant aussi ce que Giorgio Gaber pensait de ce « monde libre » (made in USA)... J'ai donc l'idée qu'il faut – à moins d'avoir perdu tout esprit – voir dans cette chanson une solide démolition de l'athlète atlantique et de ses supporteurs...

 

 

Mon impression est exactement semblable et si tu le veux bien, recommençons à tisser le linceul de ce monde libre, participatif, enthousiaste, cosmétique, démocratique et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Je voudrais être libre, libre comme un homme.
Je voudrais être libre comme un homme.
Comme un homme nouveau-né
Qui a face à lui seulement la nature
Qui marche dans un pré

Avec la joie de vivre une aventure.
Toujours libre et vital
Il fait l'amour comme un animal
Comme un homme libéré
Heureux de sa liberté.

 

La liberté, ce n'est pas d'être sur un arbre
Ce n'est pas le vol du bourdon
La liberté, ce n'est pas un champ libre
La liberté est participation.

 

Je voudrais être libre, libre comme un homme.
Comme un homme qui à l'audace
De vaguer à sa fantaisie
Et qui trouve son espace
Seulement dans sa démocratie.
Qui a le droit de voter
Et qui passe sa vie à déléguer
Et à se faire commander
A trouvé sa nouvelle liberté.

 

La liberté n'est pas d'être sur un arbre
Ce n'est pas le vol du bourdon
La liberté n'est pas un champ libre
La liberté est participation.

 

Je voudrais être libre, libre comme un homme.
Comme l'homme civilisé
Qui se dresse avec son intelligence
Et qui défie l'univers entier
Avec la force incontestée de la science
Avec en plus le pathos
D'errer sans limites dans le cosmos
Convaincu que la force de la pensée
Est la seule liberté

 

La liberté n'est pas d'être sur un arbre
Ce n'est pas le vol du bourdon
La liberté n'est pas un champ libre
La liberté est participation.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 20:16

MA BARBE



Version française – MA BARBE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - La mia barba - Alfredo Bandelli – 1985



Paroles et musique: Alfredo Bandelli

 

 

 

Avec un titre pareil et une pareille enseigne, on ne pourrait manquer en voyant passer Bandelli de crier : Honneur au barbu ! [[43429]]. Tu en conviendras aisément, Lucien l'âne mon ami, toi qui te fis une barbe d'un chardon. D’autant que la chanson, que j'ai eu un plaisir tout particulier à traduire tant elle mêle nostalgie et poésie, tant elle dit ce que fut ce printemps (le joli mois de mai) où l'envie de l'amour et l'envie de révolution jouaient à colin-maillard et se poursuivaient jusque dans les ruelles. Une trouée de soleil dans un monde plombé de nuages lourds et noirs. Calvino aurait dit une bonace, Chabrol disait l'embellie.

Depuis la chape s'est ressoudée... À quand la prochaine éclaircie ?

 

 

Tais-toi et rame..., Marco Valdo M.I. mon ami, c'est ce qui t'attend à présent, toi et tous les autres alentour :

« Rame, rame. Rameurs, ramez.
On avance à rien dans ce canoë.
Là-haut,
On te mène en bateau :
Tu ne pourras jamais tout quitter, t'en aller...
Tais-toi et rame. » [[39197]]

De règlements en accords, de larges ententes en sommets, les riches et les puissants serrent un peu plus chaque jour le garrot. « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT BIENTÔT »... C'est le sens de cet épisode de la Guerre de Cent Mille Ans qu'on vit actuellement ici (en latin ;: hic et nunc). Les riches ne veulent pas de nos amours, de nos rêves, de nos passions, ils ne veulent pas d'un monde différent... Ils veulent des gens asservis, des rameurs qui rament... pour faire avancer leurs galères, pour étoffer leurs affaires, pour accroître leurs richesses, il leur faut aussi des hommes à tout faire et singulièrement le pire... pour faire des pauvres encore et encore. Mais le pauvre, le simple pauvre les dérange : en somme, il coûte trop cher. Ce qui leur faut, ce qu'ils veulent, ce sont des miséreux, ce sont des misérables. La richesse est une maladie mentale et sociétale qui se nourrit de la misère du monde et qui la crée. Alors, Marco Valdo M.I., mon ami, reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde cupide, affairiste, écraseur, garroteur, avide et cacochyme.

 

 

Heureusement,

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Alfredo_Banderlli_01.jpg

 

 

 

 

 

Je me rappelle encore notre premier baiser
Derrière une porte, enlacés
Ton ravissement de te sentir femme
Ton visage rougissant
Cette première fois, je la revis encore
La passion sur le sable brûlant
Ce sourire étrange, cette étrange œillée
Ton innocence pure et profanée
Les gens nous couraient alentour
Sans regarder sous cette barque
Qui cachait notre rencontre
Qui cachait ce moment d'amour.

 

Ma barbe a quarante ans
Mes yeux peut-être cent
Mes rêves mes vingt ans
Sont passés comme le vent
Si je naissais mille fois
Cent fois et encore une fois
Je ne voudrais pas changer un jour
Je ne voudrais rien changer à nos amours .

 

Je me souviens encore des drapeaux au vent
De notre première manifestation, du printemps
De cette fumée dense qui brûlait le nez
Et du premier pavé que j'ai lancé
Des courses effrénées et les charges soudain
Des assemblées emplies de fumée et de rancœur
Tu me cherchais des yeux, je te sentais du cœur
Déjà nos choix se muaient en destin
Les gens discutaient alentour
Nous restions là d'infinies heures
Avant d'aller à une autre rencontre
Avant de nous offrir un moment d'amour.

 

Ma barbe a quarante ans
Mes yeux peut-être cent
Mes rêves mes vingt ans
Sont passés comme le vent
Si je naissais mille fois
Cent fois et encore une fois
Je ne voudrais pas changer un jour
Je ne voudrais rien changer à nos amours .



Je me souviens de notre angoisse alors
Je me souviens du désespoir encore ,
Les paysans tués les camarades arrêtés
Les ouvriers mis au chômage
Je me souviens de notre long mois de mai
La passion, l'illusion et le courage
Quand le jour était bref et la nuit était brune
Quand nous parlions encore avec la lune
Quand nous avions tous nos talents
Quand notre pensée devenait action
Quand nous avons cru en un monde différent
Quand nous avons cru à l'imagination.

 

Ma barbe a quarante ans
Mes yeux peut-être cent
Mes rêves mes vingt ans
Sont passés comme le vent
Si je naissais mille fois
Cent fois et encore une fois
Je ne voudrais pas changer un jour
Je ne voudrais rien changer à nos amours .

 

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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 19:07

TA PREMIÈRE LUNE

 

 

Version française – TA PREMIÈRE LUNE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - La tua prima luna – Claudio Rocchi - 1970

 

 

 

Premiere-Lune-s.jpeg

 

 

 

 

PREMIÈRE LUNE

 

 

 

 

Peut-être est-ce une chanson qui peut dire peu à celui qui est jeune aujourd'hui, dans ce présent où chaque liberté semble être concédée.
Aux débuts des années soixante-dix, lorsque Claudio Rocchi l'a écrite, ce n'était pas vraiment ainsi.
Dans le film de Gillo Pontecorvo « Queimada » un chef révolutionnaire dit une chose du genre : « Ta liberté personne ne peut te l'offrir, ta liberté tu peux seulement te la prendre toi, toi seul peut la conquérir. » Ceci pour chercher à expliquer, même si seulement dans une très partiellement, la différence entre la liberté hier et les « libertés » d'aujourd'hui.
Je sais seulement que dans ces années-là, lorsque j'ai entendu cette chanson, j'ai senti que Claudio Rocchi racontait exactement ce que je pensais de moi et du monde que j'avais autour et aujourd'hui après tant de temps, cela semblera étrange, mais j'ai écrit ce texte de mémoire, parce que j'ai découvert ne jamais l'avoir oublié.

 

 

 

Voici ta première lune hors de chez toi
Tu sais que tu ne rentreras pas…
Aujourd'hui tu es sorti et tu t'es demandé
« Où vais-je aller et qu'est ce que je ferai ? »
Tu as fini dans un pré, à manger une pomme
Achetée en passant dans le centre
Où tes amis parlaient encore
De motos et de femmes

Toi, tu goûtais la joie d'avoir osé
Sortir de chez toi en emmenant
L'envie de ne pas y retourner…
Tu as peu d'argent,
Tu sais bien que demain
Personne ne t'aidera
Toi, tu aimerais un coup de main
Mais dans cette prison
Où ils t'ont appris à aimer
Peu de personnes, au fond,
Tu ne veux pas rentrer,
Tu veux aimer plus de gens,
Tu veux vivre au milieu des gens,
Pendant que tu dors sur le pré,
En sentant un peu le froid
Avec une forte envie de pleurer,
Une auto verte de la police vient à passer…
Ils ne te voient même pas…
Toi, tu les entends s'en aller…
Et tu comprends soudain

Que leur discours est différent du tien…

 

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Marco Valdo M.I.
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:43

BALLADE DES EXTRATERRESTRES

 

 

Version française – BALLADE DES EXTRATERRESTRES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La ballata dell'invasione degli extraterrestri – Alberto Camerini– 1975

 

Texte et musique : Alberto Camerini, de l'album “Cenerentola e il pane quotidiano”, 1975.



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Personne n'en fit cas, personne ne le nota,
Ça n'était jamais arrivé, personne ne s'alarma.
Il y a quelques années, ils arrivèrent par vagues.
Ils étaient anonymes, ils semblaient invisibles.
Personne ne sut jamais quelle planète ils fuyaient,
Ou quelle galaxie, ni pourquoi ils émigraient.
Les experts ne comprenaient pas comment ils voyageaient
Par télékinésie ou dans un astronef très discret.

 

Ils profitèrent du luxe de la civilisation avancée,
Ils se nourrissaient des restes de la société privée
Ils recyclaient les machines et les vêtements non employés,
Ils se vêtaient de rien, de chiffons colorés.
Ils vivaient en bandes dans des maisons abandonnées,
Ils n'avaient pas de famille, ni de traditions surannées
Entre eux, ils parlaient des langues nouvelles,
On les voyait différents, on les voyait rebelles.

 

On les appelait martiens, animaux, rôdeurs
Brigands, guérilleros, saltimbanques,
Voyageurs, extraterrestres
Visionnaires, anarchistes, voleurs.

 

Comme la terre tourne, lente, lente autour du soleil,
Comme changent les saisons, adagio sans pareil
Ils se matérialisèrent avec la même harmonie
Comme d'un bain d'acide naît une photographie.
Bientôt, il y en eut trop pour faire marche arrière
C'était trop tard, ils étaient déjà de ce côté du miroir,
Pour les repousser par la guerre dans l'espace noir
Et les effacer définitivement du visage de la terre.

 

On les appelait martiens, animaux, rôdeurs
Brigands, guérilleros, saltimbanques,
Voyageurs, extraterrestres
Visionnaires, anarchistes, voleurs.

 

Les journaux qui au début les ignoraient,
Devenaient plus hargneux et les attaquaient,
Mais d'un coup, comme ils étaient arrivés,
Plus personne ne les vit, ils s'en étaient allés.
Comment ? Personne ne sut dire comment.
Ils redevinrent invisibles, ils avaient disparu
Peut-être sont-ils encore là et attendent l'instant,
L'heure pour reparaître impromptu.

 

On les appelait martiens, animaux, rôdeurs
Brigands, guérilleros, saltimbanques,
Voyageurs, extraterrestres
Visionnaires, anarchistes, voleurs.

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Marco Valdo M.I.
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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 21:01

 

L'ÉGLISE SE RÉNOVE

 

 

Version française – L'ÉGLISE SE RÉNOVE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La Chiesa Si Rinnova – Giorgio Gaber – 1971 (version 1) et 1995 (version 2)

 

 

 

Dieu ce qu'ils nous emmerdent ces foutus calotins et tout ce qu'aussi ils pompent de deniers publics pour boucher le trou de leur culte.

 

 

Oh, oh, oh, Marco Valdo M.I., mon ami, tu y vas fort aujourd’hui. À t'entendre, on croirait que tu es passé dans le camp des bouffeurs de curés...

 

 

Mais voyons, Lucien l'âne mon ami, tu m'as déjà vu bouffer du curé... J'ai même jamais essayé... À mon avis, ce ne doit pas être très bon... Par contre, les curés, et leurs fidèles calotins, mangent eux du Dieu incarné dans l’hostie tous les dimanches, sinon plus souvent. Dès lors, rassure-toi, je ne suis pas plus bouffeur de curés que théophage. Laissons cette triste perspective alimentaire et venons-en aux faits. Si j'avais commencé de cette manière mon propos, c'était justement à propos de la chanson de notre ami Giorgio Gaber et je l'ai fait en citant – quoique très imparfaitement – une chanson de Georges Brassens, qu'il faudra bien mettre à la suite de celle de Gaber dans les Chansons contre la Guerre. Je te la promets pour très bientôt. C'est une chanson à chœur... J'entends encore la jolie voix de basse... « ces fichus calotins »... j'ai eu recours à cette chanson de Tonton Giorgio – Tempête dans un bénitier, gravée en 1976 – car elle est un écho à celle de Georges Gaber et spécialement à la première version de « La Chiesa Si Rinnova », qui date, elle, de 1971. C'était un tout jeune Gaber qui se lançait ainsi dans la dépollution de l’Italie. Et de fait, c'était l'époque où l'Église Catholique, Apostolique et Romaine (Écar) entendait reconquérir le public que son conservatisme lui faisait perdre et depuis longtemps déjà. Non seulement face à la montée lente, mais continue de la laïcité et de l'incroyance, mais aussi face aux autres Églises chrétiennes... car spécialement pour qui vit en Italie, il convient de rappeler qu'il existe bien des églises et même un grand nombre d'églises chrétiennes, qui toutes se baptisent elles-mêmes « L'Église ». Ainsi, sous la houlette de l'énième successeur de Pierre, elle (l'Écar) lança un concile, une sorte de risorgimento clérical. Pour le pape, il s'agissait – il s'agit toujours d'ailleurs – de sauver la mise à son église qui se veut universelle et ne rassemble que quelques centaines de millions de personnes (et encore... en théorie... car c'est le compte des baptisés, pas des pratiquants) sur les milliards d'êtres humains vivants. C'est surtout en Europe que se marque le déclin... Selon les statistiques de l'église catholique de France (car pour la France, on dispose de données chiffrées assez fiables)... le recul est constant et perdure – on est passé de presque 600.000 baptêmes catholiques en 1980 à environ 300.000 en 2009. (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_catholique_en_France) et ce mouvement n'est pas prêt de s'arrêter... bien au contraire.

 

 

Que voilà une bonne nouvelle..., dit Lucien l'âne en souriant et de mettant en croix ses deux oreilles pour souligner le fait. Mais qu'en est-il de la chanson de Giorgio Gaber, finalement ?

 

 

D'abord, laisse-moi te dire comment je l'ai trouvée cette chanson – qui par parenthèse, aurait dû figurer dans les CCG depuis longtemps. Je lisais un petit texte des amis de l'Uaar, une association italienne des Athées, Agnostiques et Rationalistes , intitulé « La religione se rinnova » [http://www.uaar.it/news/2013/06/13/la-religione-si-rinnova/] et se référait directement à cette chanson de Gaber, qui m'était inconnue. Je l'ai donc cherchée et bien entendu, trouvée. Il y en a deux versions et je les ai retenues toutes les deux.

 

En fait, la chanson illustre à sa manière le mouvement dont je viens de te parler. Ce glissement infernal qui conduit à la décatholicisation de l'Europe... Une évolution lente, mais qui s'accélère. Cette décatholicisation et j'ajouterais même, cette déchristianisation de l'Europe est due certes à l'augmentation de la population sensible à la religion islamique, mais surtout, à la montée de l'incroyance – touchant d'ailleurs aussi bien les populations catholiques, chrétiennes ou musulmanes... Pour en revenir à Gaber, il note ce fait dans deux versions d'une même chanson à près de 25 ans d'intervalle. Et il montre les efforts de l'Église catholique (Écar) pour enrayer – même en Italie, cette décrépitude.

 

 

Et nous voici, encore près de vingt ans après, qu'écrirait-il aujourd’hui ? En as-tu une idée, Marco Valdo M.I. mon ami...?

 

 

Comme ça, là, tout de suite, ex abrupto, illico, à l'instant... Non. Mais je vais y réfléchir. Comme tu en as sans doute entendu parler, on vient encore de changer de pape... et les deux vers du refrain de Gaber me semblent appropriés à ce moment, car on va - à coup sûr, nous les resservir :

"L'Église se renouvelle pour la nouvelle société

L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.".

Mais Giorgio Gaberscik a cessé d'écrire en 2003. Il ne pourra plus rien nous dire à présent, en dépit de toutes les résurrections...

 

 

Quoi qu'il en soit, les évidences énoncées par le bon curé Meslier [[5393]] restent de mise et notamment ceci que nous commentions :

« J'insiste pour qu'on relise la dernière phrase, dit Lucien l'âne, on dirait qu'elle parle de l'Italie actuelle et de bien d'autres pays.

 

Je la relis, Lucien mon ami : « Et en plus, vous vilipendez le pauvre peuple, vous le menacez de l’enfer éternel pour des peccadilles, et vous ne dites rien contre les voleries publiques, ni contre les injustices criantes de ceux qui gouvernent les peuples, qui les pillent, qui les foulent, qui les ruinent, qui les oppriment et qui sont la cause de tous les maux, et de toutes les misères qui les accablent. »

 

 

En effet, dit Lucien l'âne en redressant la tête et en lançant d'un coup de cou sec sa crinière en arrière pour dégager ses yeux, que cela plaise ou non aux cagots, Jean Meslier avait une vision du monde assez lucide. » Ce que disait Meslier situe la position de l'Écar dans cet affrontement de la Guerre de Cent Mille Ans; malgré tous les discours trompeurs et les simagrées évangéliques, l'Église catholique (Écar) a toujours fait le jeu des puissants et des riches, quoi qu'elle s'en défende ! Dès lors,nous qui avons comme devise : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari » - « Nous, nous ne sommes pas des chrétiens, nous sommes des bêtes de somme », reprenons mon ami Marco Valdo M.I., notre tâche et tels les Canuts [[7841]], tissons le suaire de ce vieux monde cagot, bigot, pervers, onctueux, oint et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Version de 1971

 

  gaber1972.jpeg

 

Le monde est pressé, il n'arrête pas de changer
Pour rester dans la course, il faut s'adapter
Même l'Église veut toujours mieux faire
Alors, on réunit les pères conciliaires.
Ils arrivent à Rome avec grande conviction
Vingt-cinq mille prêtres de toutes les nations.

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

 

Ça parle, ça discute de mille questions
On étudie déjà mille solutions.
On parle de divorce sans fausseté
D'autoriser le mariage des pauvres curés
On parle de la pilule et d'autres expédients
Car dans le monde, les gens font trop d'enfants.

 

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

 

Il faut en donner acte à ces monseigneurs
L'urgence des choses les a rendus meilleurs
Depuis le temps que nous l'espérions en vain
La messe, finalement, se dit en italien.
Et il s'est établi, après mille discussions
que le prêtre, étant un homme, peut porter le pantalon.
Et si le vendredi manger le poisson te débecte
Sans faire d'histoires, tu peux manger un steak !
Et aujourd'hui, pour quelques mots à un journaliste
Tous disent que le pape est devenu communiste.

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

 

 

 

gaber-95.jpeg

 

 

Version de 1995.

 

Le monde est pressé, il n'arrête pas de changer
Pour rester dans la course, il faut s'adapter
Même l'Église qui semble ne pas se mouvoir

Se repent et démontre son immense savoir

Atteinte soudain de modernisme

Elle vient de sortir un nouveau catéchisme

Où tout est à jour, tout est contemporain

Où on risque l'enfer pour un simple gain
Où toute forme de magie est condamnée
Où même l'astrologie est prohibée..
Où le sens de justice est encore plus fort
Où même parfois, réclamée la peine de mort .

 

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

 

Pour le peuple italien dans ce climat délétère
Surgit l'acuité de la pensée du Saint Père.
Et tous ont compris combien le Pape est profond
Quand il dit que la mafia est fille du démon.
Ce qui stupéfie, c'est le courage de la C.E.I
Qui vient de réhabiliter Galileo Galilei.
Et maintenant si on divorce, on peut même se remarier
À condition d'être sage et de ne pas baiser.

Mais ce nouveau sacrement pour être immaculé

Il faut aller le quérir chez un autre curé.

 

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

 

Dorénavant, le pratiquant a une autre perspective
plus gaie, plus désinvolte, presque alternative
Pour l'instant, la pilule ne peut être acceptée
mais elle est admise quand on prévoit d'être violée.
Et plutôt que d'utiliser les préservatifs
Il vaut mieux devenir tous séropositifs.
Après les militaires, et après les docteurs
maintenant nous avons les pharmaciens objecteurs.
D'ailleurs pour l'Église, l'idéal est l'abstinence
Comme une invitation à l'autosuffisance.

 

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

 

De Rome le Saint Père nous envoie son message
Chaque dimanche à part lorsqu'il est en voyage.
Il voulait aller en Bosnie, il l'avait annoncée
Mais au dernier instant, il y a un peu repensé.
Car l'homme est saint et pieux mais il est aussi très rusé
il le sait lui que mort un Pape, on en fait vite un autre.
Et alors il a écrit un livre qui est devenu un gros événement
Il sera un peu fatigué, mais il ne reste pas en place un instant.
Par son autoritarisme, on peut dire, sans offense
Que le pape Woytila est le Berlusconi de l'Église.
À une Église toujours vigilante, qui combat, qui rutile
Il est juste donner un beau huit pour mille.
Même si les trafics louches du Saint-Siège
Sont une partie intégrante des mystères de la foi.

 

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 19:48

BONNES FÊTES CAMARADE TRAVAILLEUR

 

 

Version française – BONNES FÊTES CAMARADE TRAVAILLEUR – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Buone feste compagno lavoratore – Alfredo Bandelli – 1970

Texte et musique d'Alfredo Bandelli

 

 

Je me rappelle qu'il y a quelque temps, il y eut une grande discussion, ici, à propos d'une chanson des années 70 où on parlait de tirer sur le patron (demain). C'était resté en travers de la gorge à une personne. Trop de « violence ». Et penser que cette chanson était, disons ainsi, plutôt farceuse, ou ironique ; et qu'elle a été écrite par quelqu'un qui ensuite, pour tout dire, il est allé à faire un beau petit métier (cinéaste), tous comptes faits. Cette chanson-ci dit par contre qu'au patron a été déjà réservée une corde pour le pendre. Elle a été écrite par un ouvrier qui a vécu une vie de merde qui s'est conclue par une mort de merde à même pas cinquante ans. Alfredo Bandelli, de Pise. cariste à la gare, ou bien celui qui portait dans les couloirs des trains les chariots avec les sandwichs caoutchouteux et le café qui sait de varech.

 

Émigré en Suisse et Allemagne. Ouvrier d'abord à la Fiat de Turin et ensuite chez Piaggio à Pontedera, dont il fut licencié sur le champ pour s'être présenté à l'usine, un matin, avec un réveil accroché au cou pour protester contre les horaires de travail tuants. Enfin, infirmier-auxiliaire à l'hôpital de Cisanello, le même où je crois travaille encore sa fille Evelin. Au début, il ne savait pas faire les accords des chansons qu'il écrivait ; il apprit plus tard à jouer un peu de la guitare. Il s'en foutait de déposer à SIAE ses chansons, que si tu entres maintenant dans un centre social elles les connaissent même les jeunots de dix-sept ans, les seuls qui croient qu'elles sont anonymes ou d'autres. Alfredo Bandelli l'a eu sur le dos, le cher patron. Dans la Pise de ces années, qui était un des centres du monde en ébullition (pas du tout comme Paris et son petit mai insuffisant de '68…), il mettait bien des marmites au feu . Il est mort de cancer, mais les cancers de ce pays et du travail salarié, il les avait déjà tous connus. Dans cette chanson ils sont racontés crûment, et ce sont des cancers qui sont bien lointains d'être guéris ; tout au contraire. Ils se sont, volontairement, aggravés. Et crue, par conséquent, elle est la médecine. [RV]

 

 

 

 

 

durobor.jpeg

 

 

 

 

 

Bonnes fêtes camarade travailleur
L'entreprise nous donne le colis de Noël
La bouteille de mousseux et un panettone
Et un Joyeux Noël.

 

Mais camarade souviens-t-en donc

Quand le lèche-bottes du patron
Venait avec ses amendes et ses suspensions
Pour nous faire faire plus de production.

 

À présent, notre patron
Comme le pain est bon
Il nous donne une nouvelle
Avec ses vœux de Joyeux Noël.

 

Il annonce ainsi : « Au Nouvel An
Pour cause de plan de redressement
L'entreprise vous met, pas de panique
Immédiatement au chômage technique ».

 

Bonnes fêtes, sonnent les cloches
Le prêtre nous donne la bénédiction
Ensemble tous : ouvriers et patron
et Joyeux Noël pour vos proches.

 

Mais camarade souviens-t-en
Du combat pour le renouvellement
Des batailles aux piquets le matin
Quand la police chargeait matraque à la main…

 

Cher patron très distingué
Nous aussi, nous voulons fêter
Celui qui nous a exploités
Et qui veut nous licencier.

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

 

 

 

 

 

 

 

Je me rappelle qu'il y a quelque temps, il y eut une grande discussion, ici, à propos d'une chanson des années 70 où on parlait de tirer sur le patron (demain). C'était resté en travers de la gorge à une personne. Trop de « violence ». Et penser que cette chanson était, disons ainsi, plutôt farceuse, ou ironique ; et qu'elle a été écrite par quelqu'un qui ensuite, pour tout dire, il est allé à faire un beau petit métier (cinéaste), tous comptes faits. Cette chanson-ci dit par contre qu'au patron a été déjà réservée une corde pour le pendre. Elle a été écrite par un ouvrier qui a vécu une vie de merde qui s'est conclue par une mort de merde à même pas cinquante ans. Alfredo Bandelli, de Pise. cariste à la gare, ou bien celui qui portait dans les couloirs des trains les chariots avec les sandwichs caoutchouteux et le café qui sait de varech.

 

Émigré en Suisse et Allemagne. Ouvrier d'abord à la Fiat de Turin et ensuite chez Piaggio à Pontedera, dont il fut licencié sur le champ pour s'être présenté à l'usine, un matin, avec un réveil accroché au cou pour protester contre les horaires de travail tuants. Enfin, infirmier-auxiliaire à l'hôpital de Cisanello, le même où je crois travaille encore sa fille Evelin. Au début, il ne savait pas faire les accords des chansons qu'il écrivait ; il apprit plus tard à jouer un peu de la guitare. Il s'en foutait de déposer à SIAE ses chansons, que si tu entres maintenant dans un centre social elles les connaissent même les jeunots de dix-sept ans, les seuls qui croient qu'elles sont anonymes ou d'autres. Alfredo Bandelli l'a eu sur le dos, le cher patron. Dans la Pise de ces années, qui était un des centres du monde en ébullition (pas du tout comme Paris et son petit mai insuffisant de '68…), il mettait bien des marmites au feu . Il est mort de cancer, mais les cancers de ce pays et du travail salarié, il les avait déjà tous connus. Dans cette chanson ils sont racontés crûment, et ce sont des cancers qui sont bien lointains d'être guéris ; tout au contraire. Ils se sont, volontairement, aggravés. Et crue, par conséquent, elle est la médecine. [RV]

 

 

 

Bonnes fêtes camarade travailleur
L'entreprise nous donne le colis de Noël
La bouteille de mousseux et un panettone
Et un Joyeux Noël.

 

Mais camarade souviens-t-en donc

Quand le lèche-bottes du patron
Venait avec ses amendes et ses suspensions
Pour nous faire faire plus de production.

 

À présent, notre patron
Comme le pain est bon
Il nous donne une nouvelle
Avec ses vœux de Joyeux Noël.

 

Il annonce ainsi : « Au Nouvel An
Pour cause de plan de redressement
L'entreprise vous met, pas de panique
Immédiatement au chômage technique ».

 

Bonnes fêtes, sonnent les cloches
Le prêtre nous donne la bénédiction
Ensemble tous : ouvriers et patron
et Joyeux Noël pour vos proches.

 

Mais camarade souviens-t-en
Du combat pour le renouvellement
Des batailles aux piquets le matin
Quand la police chargeait matraque à la main…

 

Cher patron très distingué
Nous aussi, nous voulons fêter
Celui qui nous a exploités
Et qui veut nous licencier.

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 14:44

ICI AUJOURD'HUI, DEMAIN LÀ

 

 

Version française – ICI AUJOURD'HUI, DEMAIN LÀ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Heute hier, morgen dort - 1972
Paroles e musique d'Hannes Wader

 

 

 

Rien, juste qu'elle m'a beaucoup plu cette chanson… La dédier à quelqu'un en particulier serait de la prétention… Nous disons que je la dédie à moi-même – voyageur jamais allé nulle part – et à tous ceux, rencontrés dans ces pages, qui s'y retrouvent et, dès lors, me ressemblent un peu, frères et compagnons méconnus.

 

 

 

Ici aujourd'hui, demain là,
À peine ici, je dois être là-bas,
Ainsi, je ne me plains jamais de rien ;
Je choisis moi-même,
Jamais je ne compte les années,
Jamais je ne questionne hier et demain.

 

Parfois, je fais de mauvais rêves,
Et alors il y a, je pense,
Un temps pour se reposer et un temps

Pour faire tout autre chose .
Ainsi, l'année après l'année passe,
Il est clair pour moi depuis longtemps,
Que rien ne demeure, que rien ne demeure,
Comme avant.

 

Qu'on me regrette à peine,
Après quelques jours déjà, oublié,
Quand je suis à nouveau longtemps ailleurs.
Ça ne me dérange, ça ne me préoccupe pas,
Mon visage reste peut-être
Dans l'une ou l'autre conscience.

 

Parfois, je fais de mauvais rêves,
Et alors il y a, je pense,
Un temps pour se reposer et un temps

Pour faire tout autre chose .
Ainsi, l'année passe après l'année,
Et il est clair pour moi depuis longtemps,
Que rien ne demeure, que rien ne demeure,
Comme avant.

 

Si on me demande, pourquoi

Je suis ainsi, je reste sans voix

Y répondre me paraît ardu

Car le neuf devient vieux

Et ce qui hier était au mieux

Aujourd'hui ou demain ne sera plus.

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Marco Valdo M.I.
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