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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:46

ROSSANA

 

 

Version française – Rossana – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Rossana – Mercanti di Liquore e Marco Paolini – 2008.

 

 

 

Chère Rossana, ce n'est pas que je sois enragé,

Seulement je me demande où nous nous sommes trompés

Si ma fille pour trouver un emploi

Doit aller au loin faire le soldat.

Je ne te retiendrai pas, je ne veux pas t'arrêter

Toujours à ta tête, tu ne te laisses pas commander

Tu feras ton chemin dans ce grand marché

Qui bouge chaque jour, qui continue à changer.

Tu ressembles à ta mère, son portrait tout craché,

Je lui avais promis, tu sais, que tu serais diplômée

Et toi, pour étudier, tu as étudié, Rossana

Mais ce n'était pas pour en arriver là ...

Pas pour être soldat, Rossana.


S'il est juste d'exporter le courage italien

Pour montrer au monde qui nous sommes dans les guerres ?

... Que dois-je en dire ? Je n'en sais rien.

Pourtant, vois-tu... Ici, ça ne change rien.

A ton retour, il y aura encore beaucoup à faire.


À présent, il est tard et bientôt je te saluerai.

Puis, j'irai au syndicat pour essayer

De comprendre si ici, tout est terminé

Ou si le travail qui reste peut encore être sauvé.

 

 

De ton père tu peux dire que parfois il t'a manqué
Mais tu ne peux pas me dire que je n'ai pas lutté
Je bois de la boue comme eau potable
Et pour cela aussi, je m'appelle Misérable


... P.S. Rossana, au début, je me suis trompé

Car maintenant que j'y pense, je suis vraiment enragé.

Un travail comme le tien, un travail où on ne peut pas faire grève...

Ce n'est pas pour nous, déserte !

Ton père.


Chère Rossana, ce n'est pas que je sois enragé,

Seulement je me demande où nous nous sommes trompés

Si ma fille pour trouver un emploi

Doit aller au loin faire le soldat.

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:43

L'ITALIE

Version française – L'ITALIE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – L'Italia – Mercanti di Liquore e Marco Paolini– 2005

 

« Quand je l'ai connue l'Italie était déjà femme
De constitution robuste, forte et saine
Plus que travailler, je dirais qu'elle s'agitait,
Et comme elle était grasse, elle suait… »

« Deux bêtes dans l'étable et une chorale de poules,
Qu'on calmait en les serrant par le cou.
Pour nous faire fête, l'Italie s'inventait
Des histoires fabuleuses, tirées d'on ne sait où… »

« Si tu l’emmenais faire un tour, l'Italie en maillot rose,
Montait à l'arrière en voiture car elle était bienséante…
Moitié du siège à elle, et moitié à nous ses frères,
Pas vraiment de Mameli, cependant assez seyants… »

« Quand elle allait dîner dehors, elle dévorait, après quoi
On pouvait se regarder dans le plat,
Et le ventre plein, brusquement elle se levait,
Faisait une révérence, notre Italie et ensuite, dansait.
Nous là, muets et fascinés par le rythme de ses pas.
Elle dansait vraiment bien comme souvent font les gras,
Dans le tourbillon, notre Italie haletait et se démenait
Parfois, tombait mais toujours, elle se relevait »

« Lorsque je l'ai connue, nous étions compatriotes,
Elle puait de misère et avait des manières étranges
Avec cette grosse voix et un rire du tonnerre,
Contente de vivre, en plus de survivre
À la guerre d'après-guerre et la guerre d'après encore
Une nature de putain en habit de nonne,
Maîtresse ès ruses et un peu girouette
Mais respectueuse d'autrui, plus tendre et plus humaine.
Elle avait les yeux ardents et une belle gestuelle,
Le sein ample, l'allure familiale,
Un corps très gauche un peu hors mesure
Contenu avec peine par des points de suture,
Encore belle pourtant, magnifique et attrayante,
D'une beauté impudique et parfois indécente,
Encline et bien disposée aux vices du plaisir,
l'Italie savait même jouir… »

« Avec les ans, nous nous sommes perdus de vue,
Je lui écrivis nombre de fois mais sans jamais de réponse.
On me dit qu'elle s'était mise dans des affaires étranges
Et qu'elle s'entourait de voleurs et de crapules…
Puis hier, je l'ai rencontrée dans un supermarché,
Mon Italie avec son chariot au rayon des surgelés,
Tellement amaigrie qu'elle paraissait une autre,
Avec ses pommettes refaites et sa frange courte »

« J'aurais voulu lui dire que j'avais la nostalgie
Des temps où je jouissais de sa compagnie,
En somme, que je la trouvais belle, séduisante vraiment
Et que même lointain, j'étais toujours son parent »

« Elle m'a regardé comme on regarde les enfants,
Elle m'a demandé si je savais où étaient les purées,
En me voyant perplexe, elle s'est retournée brusquement
Et en un rien de temps, l'Italie s'en est allée… »

« Italie, mon amour ancienne, tu as perdu ta gaîté
Et tu ne te souviens même pas de la vieille courtoisie,
Et même si j'admets que j'ai mal vieilli,
Que diable, tu pourrais au moins me saluer !
Pourtant malgré tout, je t'aime encore
Quelque chose de moi t'appartient encore,
Il te plaît de faire la salope et de me désespérer,
Mais je sais qu'un jour ou l'autre, je te reverrai danser »

la la la la
la la la la
la la la la

 

 

 

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:06

 

Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience

 

Canzone française – Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 91

An de Grass 92

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

 

Lutherhaus 

 

La Maison de Luther 

 

 

 

 

 

 

Mon cher ami Marco Valdo M.I., dit Lucien l'âne tout pensif en plissant le front juste entre les oreilles qui pendent et se redressent comme en hésitant entre le bas et le haut, je me demande toujours où tu vas chercher le titre de tes canzones. L'autre jour, tu avais même un titre en latin... Langue, comme tu le sais, qui m'est des plus familières ayant vécu les grandes heures de la République et de l'Empire... Je n'en suis pas pour autant un Asinus portans mysteria. Certes, tu me diras que c'était une traduction et que la citation de Tacite était déjà le titre original et que dès lors, ce titre étrange ne t'était pas imputable. Mais celui-ci, comme bien d'autres auparavant, c'est toi qui l'as choisi...

 

 

C'est bien ainsi et c'est bien ainsi … Je veux dire que c'est bien ainsi que le titre a été choisi et qu'il est bien qu'il en soit ainsi...

 

 

Avec tout ça, tu n'as toujours rien dit, tu n'as toujours pas répondu à ma question...

 

 

Que tu crois, que tu dis... Mais il en va tout autrement et je m'en vais te le montrer. Le titre, dit-on couramment et même, j'en connais qui l’enseignent – et je te rassure, ce n'est pas moi – donc, le titre doit répondre à certains critères et le plus généralement, il doit indiquer ce dont parle le texte ainsi titré. Et ce titre à tes yeux étrange le sera bien moins quand je t'aurai expliqué le pourquoi du comment et même sans cela, il te suffirait de lire ou simplement, de parcourir la canzone. Mais je t'explique : Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience. Tu te souviendras que nos histoires d'Allemagne sont généralement contées par un narrateur ou une narratrice. C'est le cas ici aussi et ce narrateur, précisément, est un pasteur, sans doute un représentant de l'Église luthérienne. Peut-être même, habite-t-il dans la maison où vécut Luther ; son récit ne le dit pas. Mais en tous cas, dans sa ville de Wittemberg en Saxe, je veux dire la ville de Luther ; d'ailleurs, elle s'appelle de son nom complet Wittenberg-Lutherstadt.

 

 

Voilà qui est clair, dit Lucien l'âne. On a donc un narrateur, c'est le pasteur. Mais le reste ? Cet État disparu, par exemple.

 

 

Eh bien, voici comment s'explique cet étrange État disparu, qui soudain apparaît comme surgi du néant. Notre pasteur de Wittemberg est appelé à Berlin par des gens qui quelques temps auparavant, vivaient dans la République Démocratique, laquelle – comme tu le sais – a brutalement disparu du paysage en créant au passage d'énormes problèmes de conscience à foule de gens et même, en crée encore, si l'on veut considérer les résultats catastrophiques sur le plan social de la chute du mur [[7911]] et le séisme que vit actuellement l'Europe tout entière. Il suffit de regarder ce qu'ils ont fait aux Grecs, aux Espagnols, aux Portugais... L'état de l'Italie, ce qui se passe à Chypre, en Slovénie... Et ce qu'ils entendent bien nous faire...

 

 

Et ce n'est pas fini, dit Lucien l'âne qui en a vu d'autres. Et tout ça à force de poursuivre le rêve d'Otto.

 

 

C'est donc elle, la Démocratique qui est cet État disparu. Remarque, et je dis ça en passant, remarque que l'État disparu n'a pas été perdu pour tout le monde... Il y a des fortunes gigantesques qui se sont nourries de ses restes... et ce parasitisme est boulimique et s'étend, s'étend... Il avale tout sur son passage. Après avoir fait disparaître en un tour de passe-passe un État complet, pourquoi n'en ferait-il pas disparaître d'autres pour les absorber ? En fait, il a pris goût aux tours de passe-passe et aux bénéfices qu'il en retire et de plus, il en a besoin pour continuer à nourrir sa croissance démentielle.

 

 

C'est bien ce que je vise en parlant du rêve d'Otto... Cela dit, pour moi, un État ou un autre... Ce qui me préoccupe ce sont les gens... et ce qu'on leur fait subir.

 

 

Quant à la conscience...

 

 

Oui, la conscience, je voudrais bien que tu m'expliques ce que c'est, dit l'âne Lucien en relevant la tête d'un geste du cou.

 

 

Oh, dans ce cas-ci, ce n'est pas bien difficile. La conscience, c'est en quelque sorte la boussole qui indique à l'homme ce qui est bien, ce qu'il est décent de faire ou de ne pas faire, le moyen de garder sa dignité... Ainsi, au troisième terme du titre, on en revient à Luther et à ce sursaut de conscience qui l'avait conduit à dénoncer la vente des indulgences par les papes et leurs sous-fifres pour financer les besoins énormes des prélats et de l'Église Catholique Apostolique et Romaine – il faut le préciser, car il y a tant d'églises de par le monde et celle-là n'en est qu'une parmi tant. C'est au nom de la conscience, vois-tu Lucien l'âne mon ami, que Luther avait mis en cause la toute-puissance romaine et avait bien failli la faire basculer. Ainsi en quelques mots, voici un des grands épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, sauf que, sauf que comme tu le sais, Luther finalement a changé de camp, moyennant – à son tour – certains accommodements avec Dieu, qui est le patron des patrons, le maître des maîtres, le capo de tutti i capi... La figure tutélaire icônique. Mais néanmoins, le pasteur – dans notre histoire – fait figure de « spécialiste de la conscience ». Note que ses interventions portent sur deux questions différentes : dans le premier couplet, il s'agit du « drame de conscience » qui surgit face à la Stasi – la police politique du régime de l'État disparu, qui avait réussi à mouiller tout le monde et son chien... ou presque – ici, le mari Karl espionnait sa femme Anastasie [[42010]] ; dans le dernier couplet, il s'agit de juger en conscience des ravages que fait la réalisation du rêve d'Otto et les rapines qui en sont à la fois, l'origine et de développement.

 

 

Encore faut-il avoir une conscience, dit Lucien l'âne. Je commence à croire, Marco Valdo M.I. mon ami, que tes histoires d'Allemagne, que je pensais être des historiettes, des anecdotes, ont une portée qui dépasse leurs narrateurs... Mais cela ne doit pas nous empêcher de poursuivre inlassablement notre tâche terre à terre et de tisser avec obstination le linceul de ce vieux monde boulimique, avide, parasite, dément et cacochyme.

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

J'ai quitté la ville de Luther, le soir venu

Pour aller à leur rendez-vous dans l'État disparu

Pourquoi ces gens ont-ils appelé un pasteur ?

Et pourquoi moi, qui suis pasteur

De Wittenberg-Lutherstadt, réminiscence

Des condamnations du commerce des indulgences ?

Évidemment, à ce moment-là, ça avait du sens

D'interroger un spécialiste de la conscience.

 

Comment s'appelle-t-il, comment s'appelle-t-elle ?

Je ne le dirai pas. Par conscience professionnelle.

Déontologie, discrétion, et cetera.

Le cas n'est pas banal, en tous cas

De, disons : Karl et Anastasie

D'une femme espionnée par son mari

Pour le compte de la Stasi

Ah, la Stasi, d'ennui m'anesthésie !

Mais la Stasi n'est plus et je suis là

Allez savoir pourquoi ? Oui, pour quoi ?

Quel intérêt à rabâcher tout ça ?

Accuser l'État disparu et pas celui qui est là.

 

Je suis de la ville de Luther, ange déchu

Je me souviens de l'État disparu

Pourquoi ces gens ont-ils appelé un pasteur ?

Mais pourquoi moi, qui suis pasteur

De Wittenberg-Lutherstadt, réminiscence

Des condamnations du commerce des indulgences?

Évidemment, aujourd'hui, ça a du sens

D'interroger un spécialiste de la conscience.

 

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 21:15

NEC MINUS PRÆMIA DELATORUM INVISA QUAM SCELERA

 

Version française - NEC MINUS PRÆMIA DELATORUM INVISA QUAM SCELERA – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Nec minus præmia delatorum invisa quam scelera – Joe Fallisi – 1977?


Texte de R. D'Este
Musique et interpretation de Joe Fallisi
 

 

 

  Gaius_Cornelius_Tacitus.jpg

 


"I premi ai delatori non sono meno odiosi dei delitti"(Publio Cornelio Tacito, Storie, 1-2)

 

« Les primes aux délateurs ne sont aps moins odieux que les délits » (Publius Cornelius Tacitus - Histoires)


« Suite au mouvement de 1977 et à la dégénérescence de la lutte armée surtout dans les années 80 ont été promulguées par l'État des lois exceptionnelles et liberticides (encore en vigueur après vingt ans) dites d'« urgence » qui sous le couvert de combattre le terrorisme diffus font surgir, entre autres, des « repentis » plus ou moins «sincères» et plus ou moins « construits » pour la cause. Dans le cours des années 80, ils ont incarcéré des milliers de militants de la galaxie de l'extragauche (et parmi ceux-ci des anarchistes), des avocats, des membres de la famille, des connaissances qui bien que n'ayant rien à voir avec la lutte armée furent poursuivis en instruisant des procès politiques, fondés fondamentalement sur les racontars des « repentis » de façon à créer une terre brûlée autour des mouvements de contestation. Ce « repentisme » est une honte de la « démocratie » bien que n'étant pas, dans l'histoire, une nouveauté. Si on va à reculons dans le temps, on découvre que Tacite déjà murmure contre la corruption des lois et des coutumes de cette république de Rome devenue empire. Entre autres, la nouvelle importance donnée aux délateurs dont même alors déjà, on ne se souciait pas de la véridicité, par le biais de lois contre le « lèse-majesté ». Importance significative si on pense que Tibère, homme notoirement indolent, intervint personnellement pour que soit maintenue la récompense aux délateurs, même dans le cas où la victime « s'était suicidée » avant le procès. Tacite, indigné, se plaint en ces termes par rapport à l'intervention impériale : « Ainsi les délateurs, gens nés de la ruine publique, jamais freinés par des peines, sont maintenant même encouragés par des récompenses.  » (Tacite, Annales, IV, XXX). (De l'interview de Santo Catanuto et Franco Schirone en décembre 1988 ; « La Chanson anarchiste en Italie au dix-neuvième et au vingtième siècles », éditions Zéro en Conduite, 2a et 2009, p. 244).

 

 


Quand trop de mots et de tous connus
S'épaississent obscurs, sombres, terribles,
Quand leur sens lui-même semble perdu
Sage sera qui en soi les garde,
Parle d'autre chose ou s'efforce de se taire,
Sourit doucement sans se rendre
Et poursuit chaque trace du savoir
Des aventures des peuples et des gens
Ennemis de l'absurde pouvoir,
Ou de simples récits intelligents,
Qui le conservent homme encore vivant
Contre de durs barreaux néantisants ;
Ou l’accommodement fatigué mais naïf
Qui s'imagine qu'un heureux sort
Put venir de se rendre passif
Confondant la vie avec la mort.
Quant à moi, je me régale de poésies
Qui crient leur forte antipathie
Contre ces temps maudits d'aujourd'hui
On dit que le destin de nombreuses vies
Dépend de verdicts judiciaires.
Où lâches et scélérats, confirment leurs racontars,

Des « repentis » faux et bavards,
Qui pour des garanties éphémères
Ont vendu leur réputation et celle d'autrui,

Mal nés et vivant mal, d'une race
Qu'Allighiero plaça dans la glace
De l'entente humaine désormais perdue.

 

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Marco Valdo M.I.
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 20:49

RESPECTONS NOS CHERS PATRONS !

 

 

Version française - RESPECTONS NOS CHERS PATRONS ! – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Mio caro padrone come La rispetto – Riccardo Scocciante – 2013


Sull'aria di Mio caro padrone domani ti sparo
di Paolo Pietrangeli.

 


Nous recevons et publions de mauvaise grâce ce texte de « notre » Riccardo Scocciante :


Très chers administrateurs du site,

Je sais que je jouis d'une très mauvaise renommée ici et je dois dire candidement que non seulement je n'ai jamais absolument rien fait pour la démentir, mais que même je me contrefiche absolument d' un bienheureux bouquet. Cependant, ces derniers temps, j'ai suivi le débat brûlant qui s'est développé autour de la chanson Mio caro padrone domani ti sparo (MON CHER PATRON, DEMAIN JE TE DESCENDS) de Paolo Pietrangeli. J'ai lu que quelqu'un a été, comment dire, dérangé par la présence de cette chanson sur le site, et alors j'ai pensé – pour une fois – contribuer à rasséréner les âmes et à apporter une vraie parole de paix. Mais pauvres patrons ! Pourquoi devrait-on les flinguer ? Comme l'enseigne sa sainteté le pape...
Giuseppe Roberto Piero Gèssica porcaputt comment s'appelle-t-il encore ? ah oui François, non seulement le pardon est toujours et chrétiennement recommandable, mais pour nos patrons, qui par leur sacrifice nous permettent de nous suicider… de gagner pour nous et nos familles le pain quotidien présent déjà dans la prière à Notre Père. Honorons donc nos patrons et restons à notre poste ; la chanson que je viens de composer veut exactement inviter à ceci. Et basta avec toutes ces horribles chansons subversives dont vous avez encombré ce site, nom de Dieu !


Votre tas de merde, casse-couilles etc bien aimé

 

Riccardo Scocciante.

 

 

 

 

Mais, dit Lucien l'âne en se secouant de rire, c'est une chanson de lèche-bottes, une chanson de lèche-cul... Il fait fort cette fois, Riccardo...

 

 

En effet, c'est bien ce que tu dis. Mais tout le monde comprendra qu'elle dit exactement l'inverse de ce qu'elle prétend signifier. Et c'est d’autant plus drôle... Tout est venu de certains esprits chagrins qui trouvaient à redire qu'on s'en prenne un peu aux patrons et qu'on envisage ici doucement de les faire disparaître. Il y en a à qui ça ne plaît pas...

 

 

C'est à peine croyable, dit l'âne Lucien hilare. Oh, notre aimable Scocciante a bien eu raison de leur concocter une canzone à ces « honnêtes gens »... Manière aussi d'antiphrase, figure de style qui dit une chose pour dire son contraire et « honnête homme » pour désigner un fripon. Gloire donc aux patrons, à leurs femmes, à leurs maîtresses et à leurs Mercédes... Et soyons, disons soyez, car nous les ânes nous connaissons cette manière depuis la nuit des temps, donc vous les humains, soyez donc serviles jusqu'à la nausée. Signor, sì...

 

 

À peine croyable, dis-tu. Eh bien, détrompe-toi, ce délirant discours que tient Scocciante, dont on connaît la vilenie, ce propos qu'il tient par dérision, avec un fort assaisonnement d'herbes d'ironie, dont il use par antiphrase, ce délirant discours, dont on pourrait croire qu'il fut impossible, est pourtant l'exacte reproduction de l'attitude de certains. Crois-moi, Lucien l'âne mon ami, les faux culs existent, je les ai souvent croisés. Et ce n'est pas à toi que je dois suggérer qu'il existe une guerre terrible où il faut à chaque instant, chaque jour, dans chaque geste tenir son camp... Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Tout simplement au nom de soi... La solidarité commence avec soi... Conscience de soi et dignité...

 

 

J'écoute, j'entends et je comprends, dit l'âne Lucien raillant certain général romain envahissant la Gaule. J'écoute, j'entends et je comprends... Il s'agit de la guerre des guerres, la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les maintenir sous le boisseau, de les écraser plus encore, de renforcer leur domination, d'accroître leurs richesses... Et là, en effet, il faut à tous moments choisir son camp. Oh, nous les ânes, on le sait bien qu'il faut parfois baisser la tête, quand on ne peut faire autrement et qu’il vaut mieux un âne vivant qu'un lion mort... Cependant, il faut distinguer une certaine aptitude à l'adaptation et une franche collaboration. Le fait est qu'il ne faut jamais renoncer à tisser le linceul de ce vieux monde tout d'exploitation vêtu, aussi absurde qu'avide, aussi vain que stupide et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Circulaire à la ronde

Et à toutes les usines du monde :

Adorons nos patrons

Nos actionnaires, nos supermanagers, nos directions.

Commandeurs illustres

Je vous écris la présente

Pour vous faire connaître

Notre peu recommandable affection

Pour Votre Gloire.

 

Pour vous faire savoir

Que le vingt et un, quel beau jour

Le vingt et un du mois en cours

Nous avons décidé

D'aduler

Votre Gloire.

Chers patrons en face de vous,

En signe de respect, je plie le genou,

Votre intelligence géniale et profonde

Nous comble d'une béate plénitude .

 

Mes chers camarades, pourquoi ces visages ?

Avec ces syndicats et leurs mauvais présages

Il ne reste qu'à nous donner entièrement au patron,

Peut-être ainsi mangera-t-on.

 

Quel beau jour

Le vingt et un

Tous à votre vénération

Tous sans exception

Pensez, quel beau jour

Quel beau jour

Nous verrons.

 

Mais d'abord je déclame

Un poème encomiastique,

Je proclame solennellement :

« Notre paye suffit bien ! »

Pour les suppléments

On ne veut pas de salaire,

Quelle horreur, c'est mesquin,

C'est tellement ordinaire !

 

Camarades, il est clair

Que le vingt et un

La grève ici

Personne ne la fera

Et alors nous serons

Plus grands et plus forts

Et ensuite mieux encore

Nous serons tous morts

Cependant…

 

Jusqu'au dernier instant

Vénérons nos grands patrons

Avec leurs femmes et leurs grosses Mercédes

Et même plus encore, leurs maîtresses.

 

Jusqu'au dernier moment

Nous, nous serons fidèles au poste

À suer à peiner

Tous les jours, nuit et jour.

 

Jusqu'au dernier instant

Bouches fermées et bleus trempés

Tant qu'ici chez Thyssenkruppeu

On brûlera à petit feu

Très chaud et très beau

Si chaud et si beau

Si chaud et….

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 21:28

LE CARNAVAL LIBÉRÉ

 

Version française – LE CARNAVAL LIBÉRÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Il carnevale liberato – Ratti della Sabina 1998 (2004)
(Pour la version italienne et entendre cette chanson : voir Carnaval libéré)

 

 

 

Pour commencer, un événement historique et festif, le Carnaval libéré.


La plus importante tradition populaire de Poggio Mirteto est le Carnevalone Liberato ( Carnaval libéré), fête de la libération de l'État Pontifical.
La fête se déroule le premier dimanche de carême et est caractérisée par une forte connotation anticléricale.
L'origine de la fête se trouve dans la révolte populaire du 24 février 1861 qui décréta la libération de Poggio Mirteto de l'État Pontifical. Après la révolte, lorsque la délégation des ouvriers de Poggio Mirteto se rendit chez le marquis Gioacchino Napoleone Pepoli pour demander l'annexion de Poggio Mirteto au futur Royaume d'Italie, le Commissaire Général de l'Ombrie proposa de récompenser la cité en faisant passer par Poggio Mirteto le chemin de fer Rome-Orte. Mais à cette offre, la population il préféra par contre qu'on instaure de célébrer tous les ans une grande fête en souvenir de la libération de l'État Pontifical, et ainsi fut fait.

Le carnaval anticlérical se tint jusqu'à la signature des Accords du Latran en 1929, lorsque le fascisme décida de la supprimer, dans le cadre plus général de sa politique d'alliance avec le Vatican.
La fête fut rétablie en 1977 en conservant complètement son caractère de fête laïque, avec un abondant déploiement de débonnaire mais caustique ironie anticléricale.
Au cours des ans, la fête a crû exponentiellement jusqu'à devenir un des rendez-vous de festivités extérieures les plus aimés et les plus fréquentés du centre de l' Italie, avec des foules de milliers et de milliers de participants (rigoureusement en costume !) qui tous les ans dès le petit matin envahissent le centre historique de Poggio Mirteto pour profiter de l'excellente eno-gastronomie locale et assister aux innombrables spectacles d'art de rue et de musique vivants, jusqu'au traditionnel fé (« brûlage ») de la « poupée » qui en fin de soirée décrète la fin des réjouissances.

 

 

 

Tout ceci, ressemble aux carnavals de chez nous... Excepté, bien sûr, dit Lucien l'âne, la libération de l'emprise du Vatican...

 

 


J'ai vu tant de gens aux couleurs du carnaval
Des artistes souriant aux jeux des vin et des paroles
Des masques et des costumes qui comme au soleil les fleurs
S'ouvraient à la lumière en changeant de couleur

Entouré des notes, des fanfares et des gens
J'étais vivant et par ce son, je me laissais entraîner
Dans les creux des visages et dans les yeux vivants
Où il n'y a rien de masqué et où le rêve est encore entier

Guidé par un mirage de feu et de lune
Le ciel me poursuivait avec en main la fortune
Et perdu sous un voile de légère ivresse
Je vivais les mots et riais de la tristesse

Comme un tonnerre proche de moi les tambours
Battaient les danses dans les rues et sur les murs
Roulaient des chansons par les ruelles secrètes
et sur les bouches des soûlauds s'arrêtaient distraites

Mais derrière le pas plus élégant des échasses dorées
Se perdaient les regards d'enfants intriguées
Qui silencieuses ouvraient leur regard
Quand les feux colorés maquillaient le soir

Et le jour qui passait comme une surprise
S'en allait sur un nuage de soie grise
Et l'air qui savait le printemps
Glissait en chantant entre les doigts du temps

Et maintenant que dans l'air, il n'y a plus lumière
Le jeu de ce jour et de la nuit se resserre
Et maintenant que doucement s'éteint le souvenir
Aux notes d'un violon, je m'en vais l'offrir.


 

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Marco Valdo M.I.
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:19

CAPORETTO



Version française – CAPORETTO – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Caporetto - Armata Brancaleone – 2010


Album: Dura lex






Ah, Lucien l'âne mon ami, juste un mot pour nos amis de langue (et de culture) française, un mot à propos du titre de la canzone. Caporetto a pour les Italiens, grosso modo, le même sens que peut avoir Verdun pour les Français ; comme l'Isonzo ou le Piave pourraient bien s'apparenter à l'Yser... ou à l'Aisne ou à la Marne... Bref, d'immenses champs de boucherie...



Tu as raison, Marco Valdo M.I. mon ami, peu importe qu'on parle de victoire ou de défaite... Il faut en prendre son parti ; à la guerre, la mort est toujours gagnante.



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Si je pouvais de grises
Les faire noires d'encre,
Les voir sortir de mes mains et ensuite
T'expédier mes pensées.

Mais de l'école je m'échappais
Pour te chercher dans les cannaies
Fuyant les yeux de l'ennemi :
Ta mère et ses interdits

Ici c'est dur mais je suis bien,
Ça ne me fait certes pas plaisir,
Mais quand la bataille bat son plein
Je fais toujours mon devoir.

J'en tue toujours le plus que je peux
J'en tue tant tu sais, pour que
Cette guerre finisse sous peu
Et que je sois près de toi, au plus vite.

Puis, tu verras je devrai partager
Avec les autres un monument
Être un nom dans une rangée
Comme l'air dans le vent.

Parmi les corps, dans la tranchée, ici
Personne n'est plus seul que moi,
Que j'espère à la place du fusil
Mon bras te serre toi.

Je dois te dire que j'ai regardé
D'autres jambes, d’autres culs et d'autres tettes.
Pour ne pas mourir, on s'est gavé
De branlettes et de cigarettes.

Dans la montagne, parmi les corps, ici
Personne n'est plus seul que moi,
Et j'espère qu'à la place du fusil
Te serrera mon bras.







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Marco Valdo M.I.
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 20:48

LE DÉSERTEUR DU TRAVAIL



Version française – LE DÉSERTEUR DU TRAVAIL – Marco Valdo M.I. – 2013

chanson italienne – Il disertore del lavoro - Ahmed il Lavavetri – 2013


Paroles et musique du prolétariat
(Mais comme le prolétariat s'est cassé les couilles,
Il n'a pas encore écrit la musique).

 



Citoyennnes ! Citoyens !


Le Comité pour l'Élection d'Ahmed le Laveur de Vitres comme président de la République de Bananas soumet à votre estimée attention cette composition de notre respectable favori, qui met l'accent sur le refus du travail ( qu'il soit salarié ou « indépendant », vu que - de toute façon, il s'agit toujours de la même merde). Et puis, il s'agit d'une véritable désertion et parmi les les plus importantes. En ces temps où, maintenant, les armées de conscrits ont presque disparu, la vraie désertion devrait avoir lieu dans la vraie guerre, qui préside du reste à toutes les autres : la guerre du travail, de l'esclavage quotidien, de la vie livrée au patron, de l'« économie », du « marché ».

 

Pour cette raison notre Ahmed s'engage constamment : stop aussi à l'habituelle rengaine « travailler moins, travailler tous » ! Le slogan par contre est : « Travail non, repos oui! » Avec ce brillant et valeureux programme Ahmed le Laveur de Vitres se porte candidat à l'élection du Président de la République de Bananas (que certains s'obstinent encore, qui sait pourquoi, à appeler « Italie », ndr). Votez et faites voter pour lui : avec son élection et la conséquente abolition totale du travail, adieu au spread, adieu à Monti, adieu aux « sages », adieu à Napolitano, adieu à Marchionne et adieu même aux suicides des entrepreneurs ! Lisez et répandez le « Déserteur du travail » !

 

Comité pour l'élection d'Ahmed le Laveur de Vitres comme président de la République de Bananas - 5/4/2013 – 08:46





 

En pleine possession de mes facultés,

Distingué directeur,

Je vous écris avec le coeur,

Et j'espère, vous lirez

Cette petite missive qui

Vous envoie un peu chier.

Je cesse de travailler

Dès ce jeudi.

Car je ne suis pas ici,

Estimé directeur

Pour donner mes heures

À tel ou tel patron;

Je n'en ai pas à vous, certes non,

Mais je vous le dis carrément

Je l'avais décidé depuis longtemps

Je déserte du travail.

 

On n'en peut plus de ce turbin-là

De mourir jour après jour,

Je me tire à mon tour

Et je ne reviendrai pas ;

Je n'en ai rien à branler

De l'économie et des marchés,

Des dépenses et de la consommation

Du chômage et de la récession.

Durant toute mon existence

Je me suis efforcé à l'endurance

Et je me suis cassé le cul

Dans cet esclavage ;

Demain je partirai

Adieu à ce boulot infâme,

Je vous laisse votre fumier,

Ça ne me concerne plus.

 

Comment je vivrai, je ne sais,

Mais ce sont mes oignons,

En tous cas, mieux que ces couillons

Qui chaque jour s'en vont crever;

Et à tous, je crierai

De cesser de s'essouffler,

De cesser de se tuer

Pour n'importe qui n'importe quoi.

Je ne me suiciderai pas,

Je ne me désespère pas

Mais va-z-y toi, crétin,

Te jeter sous un train ;

Et dites aussi à vos chiens

S'ils viennent me chercher,

Ils ne pourront me trouver,

Je n'ai plus de téléphone et j'ai déménagé.

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Marco Valdo M.I.
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 17:47

LA SEMAINE TRAGIQUE

 

Version française – LA SEMAINE TRAGIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson espagnole – La Semana Trágica – Orsini – 2012
Du disque intitulé – Quelle peur ! – “Hasta la total extinción de la burguesía”‎ - « JUSQU'À L'EXTINCTION TOTALE DE LA BOURGEOISIE »



Ce n'est pas que me plaisent le « crossover thrash hardcore », ni même les « bombes Orsini » (du nom de son constructeur, le carbonaro Felice Orsini qui en 1858 fit un massacre dans la tentative d'assassiner Napoléon III)… Cette chanson me sert d'occasion pour rappeler brièvement la « Semana Trágica » espagnole lorsque, à la fin de juillet de 1909, à Barcelone et dans une grande partie de la Catalogne, les gens – pas seulement anarchistes et socialistes – s'opposèrent aux conscriptions obligatoires destinées à procurer de la nouvelle chair à canons pour les guerres coloniales en Afrique.



Barcelone, Semana Trágica

La « Semaine Tragique » espagnole (car il y en eut une autre – et bien plus sanglante – en Argentine, à Buenos Aires, 10 ans après : La
semaine tragiquedésigne une période allant du 7 au 16 janvier 1919, marquée par une série de grèves et de manifestations en Argentine. Ces mouvements sociaux font l'objet d'une sévère répression menée par le président argentin qui envoie l'armée ainsi que des commandos para-militaires, les Ligas patrióticas. À l'issue de cette semaine de troubles, on aurait dénombré plus de 700 morts et 4 000 blessés. La violence de la répression policière a également touché la communauté juive de Buenos Aires) fut causée par le rappel, par le premier ministre espagnol Antonio Maura, des troupes de réserve qui devaient venir en renfort lorsque l'Espagne recommença son activité coloniale au Maroc.
Le ministre de la guerre rappela une brigade composée d'unités actives et de réserve en Catalogne. Parmi celles-ci, il y avait 520 hommes qui avaient terminé le service militaire six ans auparavant. Il était possible de refuser de s'engager, en payant cependant un « rachat » pour un montant qu'aucun d'eux, tous travailleurs salariés et paysans, n'aurait pu se permettre.

Alors la Solidaridad Obrera (Solidarité ouvrière), conduite par des anarchistes et des socialistes, organisa une grève générale le 26 juillet 1909 contre l'appel des réservistes par Maura. Des actes de vandalisme furent commis par des membres des « jovenes barbaros » ( « jeunes barbares »), associés au Parti Républicain Radical Socialiste d'Alejandro Lerroux. Le jour suivant, les ouvriers prirent le contrôle de Barcelone, en arrêtant les trains des troupes et en déviant les trams. La révolte prit même un tour anticlérical, car l'église était accusée d'être proche du gouvernement, du pouvoir, des classes dirigeantes qui envoyaient les hommes au massacre dans la guerre coloniale. Des églises et des couvents furent pris d'assaut, pillés et incendiés. Barcelone se transforma dans une « ciutat cremada »… L'arrivée de la nouvelle que deux ou trois cents réservistes étaient tués de la résistance arabe et berbère du Rif ne fit que raviver la rébellion et les violences. En el Barranco del Lobo

 


Barcelone, manifestation pour la liberté de Ferrer et des autres arrêtés


La réaction on ne se fit pas attendre. Maura fit converger sur Barcelone un fort contingent de soldats qui, à partir des Ramblas et du port, à coups de fusil, eut raison de toute résistance en l'espace de quelques jours. Le bilan final fut d'une octantaine de morts (presque tous civils) et d'une centaine d'édifices incendiés (presque tous religieux).
Mais cela ne finit pas là : le gouvernement déchaîna une dure chasse à l'homme, avec milliers d'arrestations et des centaines de procès, beaucoup conclus avec des condamnations très lourdes. Cinq hommes furent condamnés à mort : Josep Miquel Baró, Antonio Malet Pujol, Clemente García, Eugenio de Hoyo et, plus célèbre tous, de Francesc Ferrer, le célèbre libre penseur pacifiste et anticlérical et le pédagogue libertaire, fondateur de l' « Escuela Moderne » [http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Ferrer], qui fut condamné et fusillé car il fut considéré l'inspirateur idéologique de la révolte.

 


À Barcelone
La classe ouvrière
Fourbue de misère
S'oppose à la guerre
Descend dans la rue
Brûle les temples
Pendant sept jours
Et nuits de feu.
La colère du peuple.
Rien n'arrête un peuple insurgé…
Personne
Les comités ouvriers
Déclarent la grève
Et la bourgeoisie l'« été de guerre »
La colère du peuple
Devient incontrôlable
Contre la sale « guerre sale des banquiers »
La colère du peuple
Rien n'arrête un peuple insurgé
Il sait que c'est son moment
Brûlent les églises et les couvents
Brûle une vie de tourment
Et dieu…
Et dieu bénit la répression
Contre les profanateurs et les dépossédés
Et dieu…
Et dieu bénit la répression
Contre les profanateurs et les dépossédés
Les militaires
Avec leurs canons
Teintés de sang
Restaurent l'ordre
Prison et mort
Torture et sang
C'est l'ordre
Des bourgeois
Criminels, assassins
rien n'arrête un peuple insurgé
Il sait que c'est son moment
Brûlent les églises et les couvents
Brûle une vie de tourment
Il sait que c'est son moment
Brûlent les églises et les couvents
Brûle une vie de tourment

 



 

 

 

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Marco Valdo M.I.
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:56



LE RÉGIME HONGROIS :

 

LIBERTICIDE ET CHRÉTIEN


 

Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR. (21 mars 2013)

Texte italien : http://www.uaar.it/news/2013/03/21/regime-ungherese-liberticida-cristiano/



Pour les amis belges ou résidant en Belgique, mais intéressés par le combat laïque en Italie et de façon plus large, en Europe, il m'arrive de traduire certains textes provenant de l'UAAR (Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes), association qui en Italie relève de la résistance pure et simple (Ora e sempre : Resistenza !) à l'oppression millénaire de l'ECAR (Église Catholique Apostolique et Romaine). Une lutte de tous les jours, même le dimanche. Mais, on le verra par ce qui suit, le combat n'est pas moins important dans le reste de l'Europe où on n'en finit pas d'inventer des racines chrétiennes aux enfants de Monsieur de Cro-Magnon.

Je le fais en parfaite entente avec mon ami Marco Valdo M.I., lequel comme son nom l'indique a des ascendances hérétiques et libre-exaministes.

 

J'ai donc, il y a quelques jours traduit un texte relatif à ce qui se passe en Hongrie et en l'envoyant pour insertion à ALBI (Action Laïque Belgo-italienne), je notais :

 

« La Hongrie est presque revenue à Horty, vale a dire aux temps d'Adolf et de Benito.

 

Importantissime de faire paraître ces nouvelles ».

 

Je joins donc cette traduction.

 

 

 

Ainsi Parlait Lucien Lane


On est toujours plus inquiet en Europe de la dérive autoritaire prise par le gouvernement hongrois, qui peut maintenant à raison être défini comme « régime ». Le Parlement de Budapest a approuvé le 11 mars 2013 la contre-réforme constitutionnelle qui a imposé un renforcement autoritaire et identitaire. Malgré qu'elle était boycottée par les socialistes avec force protestations à la Chambre, elle est passée avec 265 votes pour, 11 contre et 33 abstentions. Voulue par le premier ministre Viktor Orbán à la tête du parti Fidesz, formation née à la fin des années quatre-vingts comme libéral, anticommuniste et avec des tendances libertaires, mais qui s'est déplacé au fil des ans vers des positions populistes, cléricales, antiéuropéennes et conservatrices.

 

Les communautés européenne et internationale sont fort préoccupées de la position hongroise, qui s'écarte des principes partagés de liberté, de démocratie et de séparation des pouvoirs, tant à la considérer comme un véritable « putsch blanc ». Parmi les modifications, est destituée de fait la Cour Constitutionnelle : réduite à rôle pur de contrôle formel, il ne pourra pas se référer à des sentences — même européennes — émises avant l'entrée en vigueur du nouveau texte constitutionnel. Sont introduites de lourdes limitations à la liberté d'expression au nom de la nation et criminalisés les sans-abris. Télévisions et radios privées, déjà frappées de drastiques limitations de la publicité et des fréquences, ne pourront pas accueillir de débats électoraux. Est bloquée pour dix ans la possibilité pour les diplômés de s'expatrier. Le parti communiste est qualifié d'organisation criminelle, ouvrant la voie à de possibles procès politiques contre qui en faisait partie.

 

La nouvelle Constitution, comme le dénoncent beaucoup, limite la liberté religieuse en laissant à discrétion du Parlement la faculté de concéder aux églises ou aux confessions la reconnaissance officielle. De fait, en enlevant des garanties, financements et facilités à nombre de celles-ci. Une contraction qui réduit les cultes reconnus d'environ 370 à 14. Ceux qui ne sont pas (plus) reconnus devront refaire le parcours pour être enregistré et la demande devra être approuvée par les deux tiers du Parlement. Pourraient en faire les frais beaucoup de groupes chrétiens comme les pentecôtistes, les méthodistes, les adventistes du septième jour. La même Cour constitutionnelle avait jugé inconstitutionnelle une telle règle, parce que la décision du législateur dépend de sympathies politiques et ne peut pas être interpellée, ni tenue à fournir quelque justification écrite. Mais le Parlement, avec la réforme approuvée de peu , a de fait passé outre au jugement de la Cour en reprenant le contrôle sur la reconnaissance des églises.

 

Ils ne manquent pas d'autres réductions dans un sens confessionnaliste. Les couples cohabitants sans enfants ou gays ne sont pas considérés comme des familles et ne pourront pas jouïr des droits dont jouissent les familles hétérosexuelles mariées, malgré que dans les divers pays européens et occidentaux, on aille maintenant en sens contraire. La nouvelle Constitution hongroise, d'avril 2011, avait déjà été amendée dans le sens clérical par le Parlement. Dans l'introduction, on définissait la Hongrie « nation ethnique » où « est honorée la sacrée couronne du roi Étienne qui depuis plus de mille ans représente l'unité de la nation ». En outre Dieu et la religion chrétienne étaient indiqués comme éléments fondateurs du pays. Dans un sens explicitement catholique, même la définition du mariage avait été réduite à celui d'un homme et d'une femme, on y proclamait que « la vie du fœtus doit être protégée depuis sa conception » et on y incitait au natalisme.

 

Ce n'est pas un hasard si la réforme de la Constitution hongroise a été considérée avec sympathie par des représentants influents de l'Église catholique, comme monseigneur János Székely, évêque auxiliaire de l'archidiocèse d'Esztergom-Budapest. Interviewé en janvier 2012 par Radio Vatican, le prélat appuyait la réforme précisément en raison de sa définition du mariage et de la tutelle de la vie ; il soutenait que les critiques arrivaient d'« intellectuels européens » et du monde de la finance. Il admettait qu'il y avait « quelques mesures exagérées » dans le texte original proposé, ensuite cependant « corrigées et rayées » ; de toute façon, c'était pire avant. Székely s'empressait de rassurer, vu les craintes pour les contrecoups à la liberté religieuse, que la réduction du nombre de confessions reconnues servait seulement à frapper les « églises fictives, dont l'unique but était profiter du subventionnement d'état ». De cette façon, plus de tranches des financements publics pourraient finir à l'Église catholique, évidemment non comptée parmi les confessions « fictives ». Dans une interview au quotidien espagnol La Razon, jusqu'à un des récents papables, l'archevêque de Budapest et président des évêques européens, le cardinal Peter Erdo avait apprécié cette Constitution qui « veut respecter quelques valeurs que l'Église défend ». Quoiqu'il déplorait le maintien de la loi sur l'avortement « permissive », non attaquée de la nouvelle loi fondamentale, et faisait remarquer des « imperfections » dans la Constitution (mais seulement parce que rédigée « hâtivement »). Orbán lui-même récemment s'est engagé à maintenir des bons rapports avec l'Église catholique et à promouvoir la rhétorique du traditionalisme chrétien. Par exemple, en novembre 2012, il a récompensé de la Grande Croix hongroise du Mérite l'archevêque de Vienne, le cardinal Christoph Schönborn (papable lui aussi), justement pour avoir promu la coopération parmi des catholiques et avoir soutenu la Hongrie dans sa défense des racines chrétiennes de l'Europe.

 

Toutes dynamiques qui doivent être vues avec préoccupation par les laïques et les non-croyants. L'European Humanist Federation et l'International Humanist and Ethical Union, dont fait partie l'Uaar en représentation de l'Italie, sont intervenues par une lettre ouverte aux leaders européens. Sonia Eggerickx et Pierre Galand, respectivement à la tête d'Iheu et d'Ehf, ont écrit au président de la Commission Européenne José Barroso, à celui du Parlement européen Martin Schulz et à celui du Conseil européen Herman Van Rompuy pour faire entendre la voix des non-croyants contre la dérive autoritaire qui crée des discriminations en Hongrie.

 

La nouveauté hongroise confirme que où il y a une religion de référence pour l'État et où la laïcité est brimée, invariablement, la liberté de qui n'appartient pas à cette religion se restreint. Une récente étude comparative du professeur Steven Kettel de l'université de Warwick remarque par exemple comme les pays où est reconnue une religion d'état ont des niveaux plus bas de liberté par rapport aux pays plus laïques. Et où on restreint la liberté de conscience des citoyens, on restreint aussi les autres libertés. Il faudrait se le rappeler souvent.

 

 

 

 

Notice adjacente du traducteur : selon La Repubblica de ce 3 avril 2013, le journal économique hongrois « Héti Vilàggazdasàg » fait état d'un exil massif des jeunes élites hongroises, effrayées par l'autoritarisme du gouvernement. Il cite le chiffre de 500.000 personnes... La récession hongroise serait pire que celle qui a frappé la Grèce récemment.

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Marco Valdo M.I.
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