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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 23:11

PLATERO
 

Version française – PLATERO – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Platero – Massimo Liberatori – 2003

 

 

 

Cependant vit le doux souvenir d'un gentil héros
Souvenir vivace et magnifique de Platero

 

 

 

 

 

 

Ô Lucien l'âne mon ami, voici une chanson (encore une) où il est question d'un âne…

 

 

Qu'on dise que la gloire de Platero viendrait de ce qu'il aurait réchauffé un enfant n'est pas ce qu'il y a de plus intéressant à dire de l'âne, tu peux m'en croire. D'abord, car il y avait aussi, dit-on dans ce conte oriental, dans la même étable, un bœuf lequel question de chauffage est de loin plus efficace que l'âne. C'est une question de masse corporelle. Un bestiau de ce genre pèse trois à cinq fois mon poids, quelque chose entre 600 et 900 kilos. Imagine un radiateur de cette taille…

 

 

Là, tu as raison, Lucien l'âne mon ami et puis, question âne, tu en connais certainement un fameux bout. Et je comprends parfaitement que tu ne sois pas très impressionné par cette performance calorifique et que tant qu'à vanter les mérites de l'espèce asine et de lui trouver un titre de gloire ou de renommée, tu as manifestement une autre idée à faire valoir…

 

 

Bien sûr, il me paraît que s'il faut vanter les ânes, les ânesses, les ânons, les mules, les mulets… On peut et on doit évoquer leur sort d'esclaves, les services énormes qu'ils ont rendus avec une abnégation souvent résignée à l'espèce humaine et depuis la plus haute Antiquité. Mais cela, la chanson y fait écho. Par contre, comme tu le sais, l'âne (et en l'occurrence, Lucien lui-même) est le personnage du premier vrai roman de la littérature – à la fois, roman fantastique, roman policier, roman d'amour, roman d'initiation et tout simplement, roman biographique. Voilà qui valait d'être rappelé. Cela dit, Platero lui-même est un lointain cousin de Lucien. À moins que , mais je t'en prie, garde la chose pour toi, à moins que ce ne soit Lucien lui-même, de passage en Andalousie. Car Marco Valdo M.I. mon ami, ayant accompagné Sancho dans la Manche à la suite du Chevalier au plat à barbe sur la tête, l'immense Don Quichotte, rien n'empêcherait une petite excursion andalouse.

 

 

Voilà, Lucien l'âne mon ami, ce que je te propose. Saluons ton cousin, écoutons son histoire…

 

 

Bonne idée et en suite, reprenons notre tâche, tissons d'anecdote en chanson le linceul de ce vieux monde mécanisé, autotoxique, autodestructeur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Il y a une chose rapide qui promène et transporte 
Et sur roues, forte et docile, la traîne une machine
Et toi, avec le mors et le bât, tu grimpes la colline.
Ta vie n'est qu'une très longue fatigue.

 

Nous humains, pour satisfaire nos besoins,
Tous tes rêves avons effacés 
Et toi petit âne doux, adorable et bastonné,
Ton peu de gloire est d'avoir réchauffé un bambin.

Mais de ta sueur, on a peu de mémoire
Sous les coups du moteur, rayé de l'histoire
Tête dure et bête de somme, on rit de toi.
Animal d'effort, sans remords, on te bat.

Cependant vit le doux souvenir d'un gentil héros
Souvenir vivace et magnifique de Platero
Sa tristesse et sa gaîté : ses deux jumelles unies 
Comme ses oreilles de petit âne d'Andalousie.

 

 

 

PLATERO
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Marco Valdo M.I.
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 14:55

HÉROS (NE T'ÉLOIGNE PAS !)

 

Version française – HÉROS (NE T'ÉLOIGNE PAS !) – Marco Valdo M.I. – 2015

d'après la version italienne de Riccardo Venturi, d'après la version turque

d'une chanson curde – Egît [Dûr neçe heval] – Îbrahim Rojhilat – 2006

 

 

 

Mes yeux sont comme une goutte de rosée, comme la neige du Zagros

Ne pars pas, camarade, non, ne pars pas au loin 

 

 

 

 

Par une de ces étranges et fréquentes alchimies de ce site, Adriana a signalé cette chanson, jouée et chantée par Serhat Akbal à Fosdinovo en novembre dernierau moment où le soussigné et Daniela - k.d. l'écoutaient chantée par le même Serhat Akbal à Piadena (CR) à l'occasion du festival de musique populaire de la Ligue de Culture (qui, chanceusement, n'a absolument rien à voir avec d'autres « ligues »), il y environ deux semaines. Écrite par Nuray Șen, Nail Yurtsever et Nuro Aksoy pour l'auteur-compositeur militant kurde Îbrahim Rojhilat en 2006 (et publiée dans l'album Bengî), cette splendide chanson s'intitule, justement, Egît ; c'est un mot, probablement, intraduisible en italien, mais Gian Piero Testa aurait immédiatement reconnu le grec παλικάρι, qui y correspond pleinement. Le « jeune héros », ici, est un combattant du PKK, car cette chanson a été écrite pour la lutte du PKK, et elle parle de ça. Des paroles qui accompagnent cette chanson (très connue aussi comme Dûr neçe heval, son premier vers) sur les innombrables vidéos qui circulent sur le réseau, on comprend qu'elle est devenue un hymne du PKK et, surtout, qu'elle a accompagné la bataille pour la victorieuse défense de Kobanê contre les nazis islamiques de l'ISIS. La signification du mot kurde heval est bien éclaircie par Serhat Akbal, en italien, dans le vidéo ; j'ajoute que c'est la même en langue turque, avec le mot arkadaș. Un mot où se confond « ami », « camarade » et « frère ». Il s'agit, certainement, d'un chant de lutte ; pourtant, comme on peut le voir, il ne renonce pas à considérer cette lutte comme un chant de liberté et de paix.
Nous n'aurions pu rien comprendre à cette chanson sans la traduction turque trouvée dans une providentielle page Facebook, et dont a été tirée une traduction italienne. Ayant connu personnellement Serhat Akbal, qui est un jeune pour lequel on peut user du mot « exquis », je voudrais lui dédier cette page et à toute la lutte du Kurdistan. Dans le vidéo, Serhat joue d'un instrument traditionnel, le saz (correspondant à la bağlama turque) ; il chante tant en kurde qu'en arménien. Il y a quatre ans, il a dû laisser pour raisons politiques son pays et sa famille et a obtenu le statut de réfugié politique en Italie. Il vit et travaille à Rovereto (TN) et il est cuisinier dans un restaurant italien. L'auteur de la chanson, Îbrahim Rojhilat, est né en 1969 dans la ville kurde-turque de Bazîd (en turc Doğubeyazıt). Depuis 1991 quand il fonda le groupe Koma Rojhilat, dont il était le soliste, ijoue et chante de la musique kurde, tant traditionnelle que de sa composition,. le nom du groupe a, en même temps, signifié de « Groupe de Rojhilat » et celui de « Groupe de l'Est » (rojhilat signifie « est, orient » en kurde, et quelqu'un y aura reconnu la racine de Rojava « ouest, occident »). Les Koma Rojhilat se sont actuellement dissouts, et Îbrahim Rojhilat continue son activité comme soliste. 


Tu ne dois pas t'éloignercamarade
Non, non, ne t'éloigne pas.
L'hiver est froid, il y a les intempéries
Les inondations, des tornades
Le sommeil est doux, mon ami

 

Et maintenant mon cœur est un puits de feu
Qui s'enflamme de passion
Donnant de la vie à mon corps comme au sol de mon pays
Mais comme le corps se refroidit
Mes yeux sont comme une goutte de rosée, comme la neige du Zagros
Ne pars pas, camarade, non, ne pars pas au loin 
Je ne sais pas ouvrir leurs yeux, le sommeil est si doux,
Mais réveille – toi et reste ici, prends la relève de la garde
Même ici, nous voyons l'aube
Le soleil transforme les montagnes en feu ardent
Un regard, et on entend le bruit de l'eau qui coule
Et la chaleur du jour qui naît, la chaleur du jour qui naît

 

Lève la tête
Hurle, ouvre les yeux
Élève ta voix
Réjouis-toi dans ton cœur
Notre espérance est voisine, camarade

 

Je le sais et peut-être même le sais-tu aussi
Que chaque printemps nouveau lui-même s'embellit
Sur le Zap, sur la Çûkûrca, sur le Colemerk, sur le Hakûrk
Maintenant lève la tête et ouvre les yeux
Nous sommes comme un chant de paix, un chant de liberté
Hé, jeune héros, audacieux aigle de la montagne Colemerk
Ne pars pas, camarade, non, ne pars pas au loin
Dans ton odeur brûle mille fois ton cœur
Camarades, c'est un regard qui dit chaque chose
C'est maintenant l'instant de cueillir ce que nous attendons

 

Élève ta voix
Réjouis-toi dans ton cœur
Notre espérance est voisine, camarade

 

 
HÉROS (NE T'ÉLOIGNE PAS !)
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Marco Valdo M.I.
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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 21:19

DÉSERT

 

Version française – DÉSERT – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Deserto – Davide Giromini – 2014

Texte de Luca Rapisarda

 

 

Et ainsi nous traversons le sable,

Et nous sommes déjà des mirages dans ce désert

 

Les énormes sacs de plastic de cette brève, mais très dense chanson écrite par Luca Rapisarda pour « Rivoluzioni sequestrate » (Révolutions séquestrées), nous les voyons tous les jours, dans nos villes. Ce sont les conteneurs de tout ce qui reste à des êtres humains de leur invisible quotidien. Des sacs qui ont traversé le désert, ont traversé la Libye que maintenant on voudrait envahir après l'avoir livrée au chaos et à l'exquise création néocolonialiste appelée ISIS, et qui traversent l'Italie, pays toujours plus hostile et froid. Une chanson faite de peu d'images, mais toutes terriblement exactes et glaçantes. Il n'y aurait pas de raison de se défendre et s'enfuir, pourtant il y en a mille, aucune que nous sommes en mesure de comprendre quoique nous aussi, un temps, nous avons voyagé par les déserts du monde avec des valises liées avec la ficelle. La mémoire s'en est allée, et nos yeux sont fermés. [RV].

 

 

 

Et ainsi nous traversons le sable,
Et nous sommes déjà des mirages dans ce désert
Nous voyageons avec d'énormes sacs de plastic
Nous voyageons avec d'énormes sacs de plastic.

 

Des documents en poche, je n'en ai pas
Mais une raison pour me défendre et tenter.

 

Et ainsi nous traversons le brouillard,
C'est hiver maintenant, l'Emilie ressemble à la Sibérie
Avec nous, les grands sacs de plastic
Avecà nous, les grands sacs de plastic.

 

Des documents en poche, je n'en ai pas
Il n'y a pas raison 
de se défendre et s'enfuir.

 

 

Et ainsi, nous traversons le sable,
Et ainsi, nous traversons le brouillard,
Et ainsi, nous traversons l'Italie,
Nous traversons l'Italie,
Nous traversons l'Italie.

DÉSERT
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Marco Valdo M.I.
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 22:24


Les Coquets Lieutenants

 

 

Chanson française – Les Coquets Lieutenants – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 2

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

Les corps sans voix tressautent les pieds à l'air

Les coquets lieutenants vont dormir sous les choux de Marengo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revoici donc une canzone qui raconte la suite de l'histoire de ce Matĕj, alias Matthias, Matys, Matysek, Mathieu, qui n'est pas sans rappeler d'ailleurs, mon cher ami Lucien l'âne, un certain Fabrice del Dongo – tous deux assistant à une bataille napoléonienne en tant que simple soldat. Cependant, à part ça, tout les oppose : Fabrice est supposé beau, aristo, jeune et séduisant, séducteur, enthousiaste et engagé volontaire dans l'armée napoléonienne ; Matthias est un enrôlé de force dans l'armée autrichienne, est plus âgé, et on le verra plus tard, n'est certainement pas beau, quant à sa capacité de séduction… Si tous les deux sont dans le camp défait, notre Matthias assiste à la victoire du Premier Consul Bonaparte à Marengo en 1800 et le Fabrice de Stendhal est à Waterloo en 1815 pour assister à la défaite de l'Empereur Napoléon.

 

 

Mais quand même quels destins parallèles et antithétiques, dit Lucien l'âne. Mais ne m'avais-tu pas dit que Matthias, ce qui ne serait pas venu à l'esprit de ce héros de Fabrice, était un déserteur ?

 

 

Précisément, et cette canzone est celle de l'accomplissement de l'acte. Matthias va profiter, il vaudrait mieux dire va bénéficier de la défaite inattendue des Autrichiens et de leur déroute pour disparaître en espérant qu'on le range au rang des morts au champ de bataille. Mais, comme il l'apprendra et nous avec lui, les choses ne sont pas si simples. Maintenant, j'aimerais te dire quelques mots sur le déserteur, sur le genre particulier de déserteur qu'est notre Matthias. En premier lieu, je tiens Matthias, etc. pour un vrai déserteur, car dès ce moment que relate la canzone, il sera déserteur et désertera jusqu'à la fin de sa vie des années plus tard. Ainsi, sa vie va se confondre avec une très longue désertion, une très longue poursuite, une vie de fuyard, de banni, toute de crainte et de dissimulation. Une vie de clandestin, de sans-papiers, de sans lieu... Une vie de misère aussi. Il ne se vante pas d'être déserteur, il s'en cache autant qu'il le peut. Il veut juste une vie simplement agréable et il n'y parviendra pas. Il n'est pas déserteur par un acte de courage, comme le fut Joseph  ; bien au contraire, il est un déserteur peureux et terrorisé, qui fuit l'autorité. Il n'affronte pas, il évite. Mais on pourra dire ce qu'on veut, pour être un déserteur, c'est un vrai déserteur. Il est plus proche de Chveik qui dit :

« J'ai jeté mon beau fusil
J'ai jeté tous mes habits
J'ai quitté la Cacanie
Et je recommence ma vie

Surtout, ne me reconnaissez pas
J'étais Chveik le soldat
Et surtout, oubliez-moi,
J'étais Chveik le soldat. »

 

que du déserteur de Vian . Et j'ai comme le sentiment qu'il a dû y en avoir des flopées des esquiveurs comme lui ; je pense même qu'ils doivent – ces esquiveurs – constituer la grande armée des déserteurs, tous camps confondus. Il me fait penser à Villon ; oui, je crois que Villon, s'il a pu échapper à Montfaucon, a dû vivre cette vie d'errance, d'animal traqué.

 

 

Comme je te vois parti avec cette histoire de Matthias, on n'a pas fini d'en parler. Manière comme une autre de tisser le linceul de ce vieux monde honorifique, hâbleur, combattant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Doucement, très doucement, je grimpe dans la paille

Jusque sous le toit à deux pas de la bataille

In Namen des Kaisers ! Au nom de l'Empereur !

L'Empereur, mon cul ! Je suis déserteur.

 

Sous les fanes, le fusil. Les poules caquètent au soleil.

Vaincre ou mourir ! Victoria ! Victoire !

Dans la plaine, le baron et la Patrie entrent dans l’Histoire.

Dans mon nid, en sueur, je sombre dans le sommeil.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Cocorico, cocorico, la nuit pâlit.

La paille craque et crisse sous mon dos.

La brume sent le sang ici.

Caleçon, chemise, godillots ! Matthias, te voilà chemineau !

 

Ruisseau, roseaux, arbrisseaux !

Foutons le camp de ce marigot !

Mange ta carotte, Matthias, bois un peu d'eau !

Un feu scintille sur la colline là-haut.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Le gros Feld-maréchal von Melas

A signé la capitulation.

L'armée d'Autriche dans la mélasse

S'éloigne à l'horizon.

 

Un chariot passe où s'entassent les beaux militaires

Le conducteur injurie ses chevaux.

Les corps sans voix tressautent les pieds à l'air

Les coquets lieutenants vont dormir sous les choux de Marengo.

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 Les Coquets Lieutenants
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Marco Valdo M.I.
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 21:52

 

Frédéric

 

Chanson française – Frédéric – CLAUDE LEVEILLEE – 1962 

Paroles et Musique: Claude Léveillée 1962

 

 

 

 

Québec, 1962. Claude Léveillée avait écrit cette chanson en s'inspirant de son idole au piano: Frédéric Chopin. En 2004, il fut terrassé par un ACV, suivi d'un autre l'automne de la même année, ce qui l'a paralysé en mettant fin à son grand talent de pianiste, ce qui est un deuil épouvantable pour lui. Il nous a hélas quittés le matin du 9 juin 2011, victime d'un problème cardio-vasculaire à l'âge de 78 ans, laissant derrière lui plus de 400 chansons.

 

 

On n'était pas des poètes,
Ni curés, ni malins,
Mais papa nous aimait bien.
Tu te rappelles le dimanche ?
Autour de la table,
Ça riait, discutait,
Pendant que maman nous servait...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, enfin ! La voilà ta chanson de paix… dont tu me rebattais les oreilles l'autre soir dit Lucien l'âne en redressant le front. Je croyais que tu l'avais oubliée…

 

 

Mais pas du tout, comme tu vois, Lucien l'âne mon ami. D'ailleurs, tu sais bien que cette chanson de Frédéric, elle hante les têtes et les oreilles de tous ceux qui l'ont entendue et pour certains même depuis un demi-siècle. Et comme on va le découvrir, ce n'est absolument pas une chanson contre la guerre, sauf évidemment si l'on considère, comme je le fais, comme tu le fais, que les chansons qui racontent des moments de paix sont parmi les meilleures chansons contre la guerre. Donc, c'est aussi une chanson contre la guerre. Cela est dit une fois pour toutes.

 

 

Juste, une fois pour toutes… Mais je suis à peu près sûr qu'il te faudra encore dire des choses du genre à propos d'autres chansons, sans trop savoir pour l'instant desquelles il pourrait bien s'agir.

 

 

Ça, on verra bien. Pour ce qui est de cette chanson, elle a déboulé dans le paysage avec son début, comment dire : explosif. Une proclamation qui fait chaud au cœur que ce « Je me fous du monde entier »… Une phrase à la Nizan. Tu sais, celui qui disait : « J'avais vingt ans et je ne laisserai dire à personne que c'est le plus bel âge de la vie. Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmles hommes. Il est dur d'apprendre sa partie dans le monde »… Les premières lignes d'Aden Arabie. En réalité, c'est la même histoire. Et puis, vient cet arrêt sur certain instant de grand bonheur où on avait l'impression que la vie vaut d'être vécue… Je n'en dirai pas plus, tu n'as qu'à l'écouter.

 

 

Écoutons, écoutons… et puis, reprenons cette tâche que nous nous sommes donnée de tisser le linceul de ce vieux monde empli de morts-vivants, d'enfants-soldats, de maniaques de l'énergie et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je me fous du monde entier
Quand Frédéric me rappelle
Les amours de nos vingt ans,
Nos chagrins, notre chez-soi,
Sans oublier
Les copains des perrons
Aujourd'hui dispersés aux quatre vents.
On n'était pas des poètes,
Ni curés, ni malins,
Mais papa nous aimait bien.
Tu te rappelles le dimanche ?
Autour de la table,
Ça riait, discutait,
Pendant que maman nous servait,
Mais après...

Après, la vie t'a bouffé
Comme elle bouffe tout le monde,
Aujourd'hui ou plus tard,
Et moi, j'ai suivi.
Depuis le temps qu'on rêvait
De quitter les vieux meubles,
Depuis le temps qu'on rêvait
De se retrouver tout fin seuls,
T'as oublié Chopin,
Moi, j'ai fait de mon mieux.
Aujourd'hui, tu bois du vin,
Ça fait plus sérieux.
Le père prend un coup de vieux
Et tout ça, fait des vieux.

Je me fous du monde entier
Quand Frédéric me rappelle
Les amours de nos vingt ans,
Nos chagrins, notre chez-soi,
Sans oublier
Les copains des perrons
Aujourd'hui dispersés aux quatre vents.
On n'était pas des poètes,
Ni curés, ni malins,
Mais papa nous aimait bien.
Tu te rappelles le dimanche ?
Autour de la table,
Ça riait, discutait,
Pendant que maman nous servait,
Mais après...

Après, ce fut la fête,
La plus belle des fêtes,
La fête des amants
Ne dura qu'un printemps.
Puis, l'automne revint,
Cet automne de la vie,
Adieu, bel Arlequin !
Tu vois qu'on t'a menti.
Écroulés les châteaux !
Adieu, le clair de lune !
Après tout, faut ce qu'il faut
Pour s'en tailler une,
Une vie sans arguments,
Une vie de bons vivants.

Je me fous du monde entier
Quand Frédéric me rappelle
Les amours de nos vingt ans,
Nos chagrins, notre chez-soi,
Sans oublier
Les copains des perrons
Aujourd'hui dispersés aux quatre vents.
On n'était pas des poètes,
Ni curés, ni malins,
Mais papa nous aimait bien.
Tu te rappelles le dimanche ?
Autour de la table,
Ça riait, discutait,
Pendant que maman nous servait...

La la la...
Tu te rappelles, Frédéric ?
Allez, au revoir !

Frédéric
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Marco Valdo M.I.
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 18:01

ANTIPATRIARCHE

 

Version française – ANTIPATRIARCHE – Marco Valdo M.I. – 2015

à partir de la version italienne de Lorenzo Masetti

d'une chanson espagnole – AntipatriarcaAna Tijoux – 2014

 

 

 

 

Tu ne me muselleras pas, tu ne me feras pas taire

 

 

 

 

 

 

 

Antipatriarche est une chanson qui est née, je dois être extrêmement honnête, je me suis toujours sentie extrêmement ignorante en ce qui concerne le féminisme, car nous avons un machisme social intrinsèque. Sans nous en rendre compte, nous répétons des modèles de machisme, car ils nous sont imposés dans l'éducation dès le jeune âge, à travers la télé, et l'écoleEt il m'a toujours semblé que le féminisme était quelque chose d'éloigné, et honnêtement, je me suis mis à lire Gabriela Mistral et Simone de Beauvoir. Gabriela Mistral, poétesse chilienne, prix Nobel et formidable féministe, libertaire. Et je suis tombé amoureuse de son œuvre, de sa poésie. Et cela aussi fait une sorte de clic, de mise en question et de réflexion en ce qui concerne la condition de femme. En outre, j'ai examiné l'histoire y compris révolutionnaire de gauche latino-américaine, et je me suis rendu compte qu'il y a seulement des hommes et qu'il n'y a pas de femmes. Il y a seulement des figures masculines. De cela est née alors la nécessité de se demander ce qu'il en était des femmes et de l'invisibili de la femme. Antipatriarche est une chanson qui naît, raconte et cherche la fierté, mais pas la fierté à deux sous, mais à partir l'identité de genre et aussi contre la violence envers la femme qui est tellement récurrente en Amérique latine, le féminicide, etc.

 

 

 

Je peux être ta sœur ta fille, Tamara Pamela ou Valentina
Je peux être ta grande ami
e et même, ta compagne de vie
Je peux être t
grande alliée, celle qui conseille et celle qui apaise
Je peux être n'importe laquelle, tout dépend du surnom que tu me donnes
Je décide de mon temps quand je veux et où je veux
Indépendant
e je suis née, indépendante je décide

 

Je ne marche pas derrière toi, je marche à ton côté
Tu ne m'humilieras pas, tu ne crieras pas sur moi
Tu ne me soumettras pas , tu ne me frapperas pas
Tu ne me dénigreras pas, tu ne m'obligeras pas
Tu ne me muselleras pas, tu ne me feras pas taire
Ni soumise ni obéissante
Femme forte insurgée
Indépendante et courageuse
Casser les chaînes de l'indifférence
Ni passive ni opprimée
Femme jolie qui donne la vie
Émancipée en autonomie
Antipatriarche et joyeuse
Et à libérer….

Je peux être chef ménage, employée ou intellectuelle
Je peux être protagoniste de notre histoire et agitatrice
Des gens, de la communauté, celle qui organise le voisinage
Celle qui organise l'économie de sa maison, de sa famille
Femme jolie 
se lève
Pour briser les chaînes de la peau

 

 

Je ne marche pas derrière toi, je marche à ton côté
Tu ne m'humilieras pastu ne crieras pas sur moi
Tu ne me soumettras pas , tu ne me frapperas pas
Tu ne me dénigreras pas, tu ne m'obligeras pas
Tu ne me muselleras pas, tu ne me feras pas taire
N
i soumise ni obéissante
Femme forte insurgé
e
Indépendante et courageuse
Casser les chaînes de l'indifférence
Ni passive ni opprimée
Femme jolie qui donne la vie
Émancipée en autonomie
Antipatriarche et jo
yeuse
Et à libérer….

ANTIPATRIARCHE
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 21:39

ÉLOGE DU RÉVOLUTIONNAIRE

 

Version française – ÉLOGE DU RÉVOLUTIONNAIRE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson allemande – Lob des Revolutionärs – Bertolt Brecht – 1932

 

Text: Bertolt Brecht
Musi
que Hanns Eisler
Interpr
étation: Ernst Busch

 

 

 

Là où toujours on se tait

Là, il parlera

 

 

 

Quand la répression s'aggrave
Beaucoup se découragent
Mais lui, augmente son courage.

 

Il organise le combat
Pour le salaire, pour l'eau de thé
Et pour le pouvoir dans l'État.
Il interroge la propriété :
D'où vient-elle ?
Il se met à questionner :
À quoi sert-elle ?

 

Là où toujours on se tait
Là, il parlera
Là où la répression se complaît
Là où elle régit le destin 
Là, les noms, il citera.

Où il s'assied à la table
La grogne passe à table
Le repas empire
Et la pièce se resserre.

 

Là où ils le chassent,

 

L'agitation se déplace, et d'où on le chasse,
L'inquiétude reste en place.

ÉLOGE DU RÉVOLUTIONNAIRE
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Marco Valdo M.I.
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 21:14

Marengo

 

Chanson française – Marengo – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 1

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

Au matin, la bataille commença tôt

Sieg oder Tod ! On prit Marengo !

À midi, c'était la victoire.

Gott in Himmel ! Dix mille hommes perdus au soir.

 

 

 

 

Voici donc, Lucien l'âne mon ami, une nouvelle série de canzones qui s'en vont te raconter l'histoire d'un Arlequin amoureux, ci-devant fantassin de l'Empereur autrichien François. Enrôlé de force, déserteur par vocation, il passera sa vie à fuir, fuir et à se réfugier en songe dans les bras imaginaires de son Arlecchina. On verra bien à la fin comment tout cela finira. Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li, Oui, Monsieur Chi, Oui, Monsieur Nelle, Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 

Mais qu'est-ce que tu me chantes là ?, Marco Valdo M.I. mon ami. On dirait une comptine enfantine...

 

 

C'en est une et sans doute l'as-tu entendue des dizaines de fois. En tous cas, moi, c'est certain. Reste à te dire comment elle est arrivée jusqu'ici.

 

 

Peu importe, dit Lucien l'âne en pointant ses oreilles vers le ciel.

 

 

Pas du tout. Cette comptine est la cause de tout. C'est le premier moteur de cet opéra-récit-historique que je m'en vais te conter en un nombre indéterminé d'épisodes, c'est-à-dire de canzones.

 

 

Si je me souviens bien, ce sera la cinquième série du genre ; il y a eu Le Cahier Ligné, Dachau Express, Histoires d'Allemagne, Le Livre Blanc…

 

 

La cinquième, en effet et ce sera aussi, le deuxième déserteur, après Joseph. Et c'est aussi, la deuxième série qui commence par un souvenir napoléonien, puisque le cycle du Cahier Ligné commençait par des Souvenirs napoléoniens. Quant à la comptine… Quant à la comptine…

 

 

Finalement, quoi, quant à la comptine ?, dit Lucien l'âne d'un air courroucé en raclant le sol de son sabot noir comme une nuit sans lune.

 

 

Et bien voilà. L'autre jour, et l'affaire illustre bien comment les comptines restent dans la tête des gens, les enfants – je ne me souviens plus de la raison précise – mais les enfants, ils étaient trois et tous en âge d'être parents, soudain égrenèrent les souvenirs, comme fait le Frédéric de Claude Léveillée, un autre Arlequin celui-là. Par parenthèse, Frédéric est une des plus belles chansons de la langue française et une chanson qui mériterait que je l'insère dans les chansons de paix, qui sont comme j'ai coutume de le dire, les meilleures chansons contre la guerre. Et puis, comme on en était quand même au temps des carnavals et des arlequinades, Monsieur Polichinelle est soudain revenu à la mémoire commune et tous les (grands) enfants de chanter :

« Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle. »

C'est là que je me suis dit, il faut en faire une chanson, une chanson d'Arlequin. Et je me suis souvenu de Chveik, du Kanonýr Jabůrek et de ce roman tchèque que j'avais lu, il y a pas mal de temps, roman d'un déserteur inouï, écrit par Jiří ŠotolaDe la chanson, à la série, il n'y a qu'un pas : notre déserteur Arlequin ayant de nombreuses aventures... Ainsi, la série, c'est le résultat des aventures de ce Matĕj, alias Matthias, Matys, Matysek, Mathieu, dont le patronyme Kuře, me dit-on, signifierait poussin, poulet… Et comme à l'habitude, les musiciens se font attendre...

 

 

Comme je comprends l'affaire, il s'agit d'une chanson et même d'une série de chansons (à venir) contre la guerre… Ainsi donc, nous tisserons par la chanson, l'arlequinade et la désertion, le linceul de ce vieux monde engoncé dans ses brumes guerrières, ses massacres, sa sinistrose et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Au printemps de dix-huit cent

On avait dit Bonaparte

On avait cru Bonaparte

Cuit sur le Nil, au soleil éclatant

 

Bonaparte, on avait menti

Bonaparte n'était pas rôti.

Bonaparte était à nouveau là

Alors, recommença la corrida.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Moi, Matthias, quarante ans

Vagabond de Bohème, Arlequin dans le vent

Enrôlé de force au régiment

Boutons jaunes et caleçon blanc.

 

Instruction éclair, départ sur le champ

Vers le sud, en avant !

Autriche, Styrie, Vénétie, Piémont

Le treize juin, le cul par terre, en position.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Au matin, la bataille commença tôt

Sieg oder Tod ! On prit Marengo !

À midi, c'était la victoire.

Gott in Himmel ! Dix mille hommes perdus au soir.

 

Le quatorze juin, au soir le la bataille,

Sur le champ couvert de morts, Matthias le fantassin

Rescapé de la mitraille,

Se mua en Arlequin.

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Marengo
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 15:56

RUDE

 

Version française – RUDE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Crudo – Susanna Parigi – 2011

Album: "La lingua segreta delle donne" (2011)

 

 

 

Rude comme le temps

Comme les branches cassées par le vent

 

 

 

Rude comme le temps
Comme les branches cassées par le vent
Rude comme la peau d'un crocodile
Comme le mur des larmes
Comme une cantilène

 

Rude comme un cilice

Comme un signe indélébile sur ma poitrine
Comme la poix bouillante sur l'ennemi insensible
Rude comme un verbe
Comme un manifeste

 

Rude le derme boucané
Rude le signe de la main effacé
Rude le savoir anticipé
Rude et sévère
Mon sein aride

 

Rude le brusque
Bouleversement de son visage
Sec le coup et puis, le tourment
Et son constant
Dédoublement

 

Rude sa parole
Comme la croûte de pain qui rassasie et tueRude son errance,
L’arrogance
Et après la souffrance

 

Rude comme l'angoisse
Comme le corps tremblant d'un sacrifice
Rude comme la lame qui s'enfonce
Comme le soupçon
D'une trahison

 

Rude comme la félonie
Comme le songe malade de l'égoïsme
Comme se rendre à qui on aime
Rude est le secret
Qu'on tairait.

 

 

Rude la force
De se relever du champ de la défaite
Rude le pacte de sang qui ferme le cercle
Comme la fourche ancestrale
Comme la corde

RUDE
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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 20:59

NOUS VENIONS TOUTES DE LA MER

 

Version française – NOUS VENIONS TOUTES DE LA MER – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Venivamo tutte dal mare – Susanna Parigi – 2014

 

 

 

Nous venions toutes de la mer

 

Marchandises à transporter,

 

Parfaites.

 

Pour l'occidental piège.

 

 

 

 

 

 

Nous venions toutes de la mer
Marchandises à transporter,

Parfaites.
Pour l'occidental piège.
Nous venions toutes de la mer,
À pas lents le long la frontière,
Sans adresse à déclarer
Car la mer n'a pas de rues,
Ni de portes à numéroter,
Seulement une fenêtre pour regarder
Un ciel nouveau ;

Mais aucune étoile
N'appartient pour nous
Aux constellations d'amour.
Mais aucune terre
N'est promise pour nous
Par un dieu fatigué de naviguer.
Nous venions toutes de la mer
Assez fortes pour ne pas mourir,
Gamines, paysannes, amantes ;
Parfaites.
Nous venions toutes de la mer
Avec des prières, couler,
Sans un nom à déclarer
Car la mer n'est pas un père
Et elle n'a pas de porte de secours,
Seulement une fenêtre pour regarder
Un ciel nouveau ;

Aux constellations d'amour.
Aucune étoile
N'existe pour nous
Et aucune terre
N'est promise pour nous
Par un dieu fatigué de naviguer.

Nous venions toutes de la mer
Marchandises à transporter,

Parfaites.

Pour l'occidental piège.

NOUS VENIONS TOUTES DE LA MER
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Marco Valdo M.I.
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