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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 13:54

POGROM

 

Version française – POGROM – Marco valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Pogrom – Klabund (Alfred Henschke) – 1927

Texte d'Alfred Henschke, dit Klabund, dans le recueil “Die Harfenjule” publié en 1927.
Musique de Gary Bachlund, compositeur et chanteur d’opéra qui vit entre l'Allemagne et les USA.

 

 

 

 

Les pogroms antisémites furent très fréquents en Russie entre la fin des 800 et le début du 900, autant pendant l'empire tzariste que dans le cours et après la Révolution de 1917…

 

Pogrom en Russie  1905

 

 


Une poésie celle tristement prémonitoire de ce qui serait arrivé ensuite, lorsque des pogroms (dévastation) on  passa à la  Shoah (« השואה », la catastrophe, la destruction)…

 

 

 

 

 

 

En Pologne, sous les Nazis - 1941

 

 

 

 

Dimanche un petit mot tombe dans la cathédrale,
Lundi il roule grandissant dans les ruelles,
Mardi on parle déjà de haine raciale,
Mercredi Pogrom ! retentit de plus belle

 

Jeudi on sait tout entièrement :
Les Juifs sont coupables de la misère russe !
Jusqu'à présent, on était trop patients.
(Buvons quelques gorgées de vodka russe…)

 

Le vendredi apporte le cadavre rituel,
Dans les fossés, on pousse les Juifs répugnants
On enfonce par derrière les couteaux sacrificiels.
On jette les femmes dans les étangs.

 

Samedi on lit dans la « bonne » presse :
La petite bagarre est finie et maintenant,
Il faut rendre grâce à Dieu et au gouvernement…
Autrement, on en prend sur la gueule

 

 
POGROM
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Marco Valdo M.I.
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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 12:11

CARROUSEL (SUR LES CHEVAUX DE BOIS)

 

Version française - CARROUSEL (SUR LES CHEVAUX DE BOIS) – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Karussell (Wir reiten auf hölzernen Pferden) – Manfred Greiffenhagen – 1944

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte de Manfred Greiffenhagen (1896-1945), juif allemand, berlinois, auteur de cabaret.
Musique de Martin Roman (1913-1996), lui aussi juif allemand, pianiste de jazz.
Texte trouvé sur The Lied, Art Song and Choral Texts Archive
Interprétation de la Norvégienne Bente Kahan dans son disque « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, publié dans les années suivantes aussi allemand et en anglais.
Récemment reproposée au grand public de la basse baryton allemand Christian Gerhaher et de la mezzo-soprano suédoise Anne Sofie von Otter dans le recueil intitulé « Terezín/Theresienstadt », publiée en 2008 par Deutsche Grammophon.

 

Interné à Theresienstadt, Manfred Greiffenhagen écrivit beaucoup des textes des pièces théâtrales et musicales mises en scène dans le camp-ghetto. Comme beaucoup d'artistes juifs enfermés là – parmi lesquels l'acteur Kurt Gerron – il fut forcé par les gardiens à jouer dans le documentaire de propagande « Der Führer schenkt den Juden eine Stadt » (Le Führer offre une ville aux Juifs ), produit par les nazis pour faire croire à la Croix Rouge que Theresienstadt était une colonie modèle pour la population de confession juive, alors qu'il ne s'agissait de rien d'autre que d'un camp de transit vers Auschwitz. Il suffit de penser que « Le Führer offre une ville aux Juifs » (dont le titre officiel est « Theresienstadt. Un documentaire de la zone de résidence juive ») fut produit en septembre de 1944 et qu'à la fin d'octobre de la même année, le ghetto avait été déjà liquidé. Le réalisateur Kurt Gerron et presque tous ceux qui y apparaissaient, furent éliminés à Auschwitz et à Dachau quelques semaines plus tard.

 

Martin Roman faisait partie de l'orchestre du violoniste Marek Weber. Déjà en 1932, les nazis interdirent au groupe de jouer en public. Presque tous les membres fuirent à l'étranger, à commencer par le leader (qui mourut à Chicago en 1964). Roman s'enfuit en Hollande, mais là, il fut capturé après l'occupation du pays. Enfermé à Theresienstadt, lui aussi – comme Greiffenhagen, Gerron et tant d'autres – fut forcé à participer à la farce propagandiste « Le Führer offre une ville aux Juifs ».

 

Un souvenir commun d'enfance, celui du vertige procuré le classique manège des chevaux de bois, devient ici l'allégorie de la vie dans le ghetto, le fait de ne pas pouvoir faire autre chose que tourner en rond dans une cage, en perdant même son humanité, pendant que tout autour n'est que misère, injustice et horreur, les rêves s'en vont et il ne reste – peut-être - que les souvenirs…

 

« Karussell » de Manfred Greiffenhagen et de Martin Roman donna son titre à un des spectacles mis en scène par Kurt Gerron à Theresienstadt, avant d'accepter de tourner « Le Führer offre une ville aux Juifs » avec l'espoir d'avoir la vie sauve. Espoir vain… la dernière image de Kurt Gerron est celle rapportée par un déporté survivant, qui le vit devant la porte grand ouverte d'un wagon s'agenouiller face à un officier SS, en implorant d'être épargné ; après avoir reçu un coup de pied très violent du nazi, Kurt Gerron fut porté à bras par d'autres prisonniers… À l'arrivée à Auschwitz, Gerron fut immédiatement envoyé à la chambre à gaz, avec sa femme. C'était le 28 octobre de 1944, la fin du Reich approchait et ils furent parmi les derniers prisonniers à faire cette fin-là… De ceux qui parurent dans ce documentaire de propagande tournée à Theresienstadt, les seuls à survivre furent Martin Roman et un autre musicien de jazz, le guitariste Heinz Jakob « Coco » Schumann.
« Karussell » est également le titre d'un documentaire sur Kurt Gerron tourné en 1999 par le réalisateur polonais Ilona Ziok.

 

 

La traduction anglaise ci-après est attribuée à Siegfried Translateur, sur le blog de Katie Cruel.
Siegfried Translateur (1875-1944) a été un directeur d'orchestre et un compositeur polonais de confession juive. À Berlin il fonda « Lyra », une maison d'éditions musicales. En 1938, les nazis le forcèrent à fermer et Translateur vendit sa société à l'éditeur Bosworth de Londres. Ensuite on perd sa trace. elles se perdirent les traces. On le retrouve à Theresienstadt, où il mourut de privations le 1 Mars de 1944 à l'âge de 68 ans.

 

 

 

Du temps d'il y a longtemps
Quand nous étions petits enfants,
Nous avions comme espérance
De vivre tranquillement chez papa
Ou d'avoir comme récompense
Un tour sur les chevaux de bois
Tous les enfants lançaient le même appel :
Le carrousel, ah s'il vous plaît, s'il vous plaît, le carrousel…

 

Sur les chevaux de bois
On tournait mille fois
On soupirait à en perdre la tête,
Avant même que commence la fête.

 

C'était un voyage étrange,
Comme une promenade d'anges
De cette ronde, on ne se lassait pas du tout

Et pourtant, on s'amusait beaucoup.
Et le son de l'orgue de Barbarie
Ne s'oublie jamais dans la vie,
Quand les images ont depuis longtemps pâli,
Dans l'oreille, la mélodie encore retentit:

 

Sur les chevaux de bois
On tourne mille fois
Quand étourdis, on s'arrête,
On veut rester à la fête.

 

La vie est une grande illusion
Et donne seulement des passions
Sens et valeur et respiration
Bourse, loterie, ambition,
Cinéma, football, tabac --
À chacun son cheval de bois.
Laissez-nous nos sensations :
L'illusion, ah s'il vous plaît, s'il vous plaît, l'illusion

 

Sur les chevaux de bois
On tourne mille fois
On soupire à en perdre la tête,
Avant même que commence la fête.

Les hommes ont des ambitions --
Même s'ils vivent dans l'indigence,
Ils veulent être des champions
Même si on a peu d'espérances

C'est quand même une satisfaction
De crier avec d'autres pas de chance :
Écoutez des fantômes la revendication :
La différence, ah s'il vous plaît, s'il vous plaît la différence…

 

Sur les chevaux de bois
On tourne mille fois
On soupire à en perdre la tête,
Avant même que commence la fête.

 

C'était un voyage étrange,
Comme une promenade d'anges
De cette ronde, on ne se lassait pas beaucoup

Et pourtant, on s'amusait beaucoup.
Et le son de l'orgue de Barbarie
Ne s'oublie jamais de la vie,
Quand les images ont depuis longtemps pâli,
Dans l'oreille encore, la mélodie retentit.

 

 

Sur les chevaux de bois
On tourne mille fois
Quand étourdis, on s'arrête,
On veut rester à la fête.

CARROUSEL (SUR LES CHEVAUX DE BOIS)
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Marco Valdo M.I.
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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 10:08

DE LA TÊTE AUX PIEDS

 

Version française – DE LA TÊTE AUX PIEDS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt – Friedrich Hollaender – 1930

Paroles et musique de Friedrich Hollaender (1896-1976), auteur et compositeur allemand de chansons et de musique pour le cinéma.

 

 

 

Les hommes frétillent autour de moi,

 
 

De vrais papillons près de la flamme.

 

Et s'ils s'enflamment,

 

Je n'y peux rien, moi.

 

 

 

 

Interprétée par Marlène Dietrich dans le film « Der Blaue Engel » (L'Ange Bleu), dirigé en 1930 par Josef von Sternberg, avec la Divine dans le rôle de la serveuse de cabaret Lola-Lola, entourée d'Emil Jannings et Kurt Gerron. Le scénario, en grande partie écrit par Carl Zuckmayer, était basé sur la nouvelle de Heinrich Mann « Professor Unrat » publiée en 1905.

Je propose cette chanson, quoique dans les Extras, pour différentes raisons que je vais illustrer :

 

 

 

L'écrivain Heinrich Mann (1871-1950), auteur du récit dont « L'Ange Bleu » fut tiré, a été un fier opposant du nazisme et pour cela forcé à la fuite et à l'exil déjà en 1933. Inutile de dire que toute son œuvre fut bannie du régime, tout comme celle du scénariste du film Carl Zuckmayer (1896-1977), qui était en outre en partie juif (et finit, comme Mann, exilé aux USA) ;

 

 

 

« Der Blaue Engel » (L'Ange bleu) – un des films symbole de la liberté artistique qui caractérisa la période de la République de Weimar – fut évidemment interdit par les nazis, comme symbole de l'art dégénéré (« entartete Kunst ») qu'il fallait extirpé au nom des valeurs de la race aryenne et de sa tradition culturelle.

 

 

 

« Der Blaue Engel/The Blue Angel » (L'Ange bleu) fut tourné par von Sternberg en même temps en allemand et en anglais, sa carrière, étroitement liée à celle de Dietrich, se poursuivit dans les studios de la Paramount aux USA. Par la suite, les nazis offrirent à Dietrich un contrat spatial si elle acceptait de retourner travailler à Berlin, mais elle, qui les haïssait viscéralement, refusa indignée et au contraire demanda immédiatement la nationalité américaine. Les compères de Lola-Lola restèrent par contre en Allemagne : Emil Jennings devînt un artiste du régime ; Kurt Gerron, qui était juif, crut que sa popularité le sauverait… Il fut enfermé à Theresienstadt, forcé à interpréter le film de propagande « le Führer offre une ville aux juifs » et ensuite il fut éliminé comme tous les autres (voir à ce propos Karussell (Wir reiten auf hölzernen Pferden).

 

 

 

La version anglaise d'« Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt » s'intitule « Falling in Love Again », oeuvre du songwriter américain d'origine roumaine Samuel « Sammy » Lerner (1903-1989, celui de « betty-Boop » et de « Popeye The Sailor ») et, bien que beaucoup moins imprégnée d'érotisme de l'original, elle eut un discret succès, étant interprétée par beaucoup, parmi lesquels le Beatles, Kevin Ayers, Billie Holiday, Doris Day, Sammy Davis, Jr., Nina Simone, Claudine Longet, Ute Lemper, Marianne Faithfull, Bryan Ferry et beaucoup d'autres.

 

 

 

Et « Falling in Love Again » est aussi dans la musique d'un beau film documentaire dirigé en 2000 par Rob Epstein et de Jeffrey Friedman, avec la voix de l'acteur anglais Rupert Everett : « Paragraph 175 » rassemble le témoignage de quelques hommes et de femmes survivants des camps nazis dans lesquels ils furent enfermés pour homosexualité sur la base du « paragraphe 175 », l'article du code pénal allemand, remontant à 1871, qui criminalisait la sodomie et que les nazis exacerbèrent dès 1935. Par milliers furent les homosexuels internés, marqués du triangle rose, et moins de la moitié d'eux survécut.

 

 

 

 

Ah, dit Marco Valdo M.I. en souriant, j'aime beaucoup Marlène Dietrich et son Ange bleu ; elle est très troublante, j'en conviens... Mais d'abord et avant tout, il faut, dirait-on, rendre à César... Je sais que c'est un vieux débat et qu'il a été plusieurs fois abandonné faute de combattants, mais dans ce cas particulier, il importe de remarquer le fait que le César en question fut Friedrich Hollaender, est en soi une raison (une de plus) pour que cette chanson figure dans les CCG, où figurent déjà Hollaender, d'autres de ses chansons et son humour dévastateur... Et puis quand même, il en est l'auteur de cette merveilleuse chanson ; ce qui me semble une raison définitive... Puisqu'enfin, il n'y a qu'un auteur et de très nombreux interprètes... Même si je suis persuadé que Marlène fut une artiste exceptionnelle, une grande dame et une femme éblouissante.

 

 

Je me demande, dit Lucien l'âne les yeux rêveurs, à quelle autre chanson, française celle-là, elle me fait irrésistiblement penser... Car elle me fait ressouvenir d'une autre chanson et d'une autre femme étourdissante. J'entends dans le fond de mes oreilles cette voix à la fois et grave et douce et profonde, une de ces voix qui va au fond du tréfonds, qui remue jusqu'à la tripe...

 

 

Laisse-moi deviner ou plus exactement, laisse-moi te dire que je sais, sans aune restriction, je sais qu'il s'agit de Juliette... et qui d'autre pourrait-ce être ? Je ne l'imagine même pas...

 

 

Si tu t'imagines, fillette... n'est pas la bonne chanson. Mais c'est la même chanteuse, en effet. C'est bien Juliette Gréco... Rien que d'en parler, j'en suis tout retourné... Comme tu peux le voir, j'en tremble tout au long du dos...

 

 

J'imagine fort bien l'effet que peut te faire Juliette et j'imagine aussi celui que peut te faire une fille comme Marlène, d'autant que tu es connu dans le monde entier pour avoir été séduit et ensorcelé par une femme... Sans quoi tu ne serais pas toi-même, Lucien l'âne. Alors, écoute, Lucien l'âne mon ami, moi, je suis comme je suis et quand je dis que je sais, je sais. Alors, la voici ta chanson... Au moins, le début et tu me diras, si moi, comme la fillette de Queneau, je me goure...

« Je suis comme je suis

Je suis faite comme ça

Quand j’ai envie de rire

Oui je ris aux éclats

J’aime celui qui m’aime

Est-ce ma faute à moi

Si ce n’est pas le même

Que j’aime chaque fois... »,

voilà ce qu'elle chante la Juliette.

 

 

C'est bien celle-là et il suffirait de la masculiniser pour qu'elle t'aille comme un gant, cette chanson... À moi aussi d'ailleurs...

 

 

Une bonne chanson... Une chanson de Prévert qu'il faudra insérer dans les CCG, puisqu'on y a bien mis celle de Marlène. Je le ferai moi... Et pareil pour la fillette de Queneau... D'ailleurs, je te promets de le faire bientôt... Mais une chose à la fois, une femme à la fois, retour à Marlène et à l'amour.

 

 

L'amour, l'amour, on ne sait trop ce que c'est... La seule chose que j'en sais, c'est qu'il m'a joué un fameux tour. Mais cependant, à tout prendre, c'est mieux que la guerre.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M .I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Un regard de guingois
Un « Je ne sais quoi »
Flâne parfois dans les yeux
D'une belle femme.
Mais si mes yeux
Dans un face-à-face
Sont absorbés par les siens
Que disent alors les miens? :

 

Je suis de la tête aux pieds
Captive de l'amour,
Mon monde, c'est l'amour
Et l'amour tout entier.
Je le dis sans aucun détour,
C'est ma vraie nature,
Je peux seulement vivre d'amour
Et de rien d'autre.

 

Les hommes frétillent autour de moi,
De vrais papillons près de la flamme.
Et s'ils s'enflamment,
Je n'y peux rien, moi.
Je suis de la tête au pied
Faite pour l'amour,
Je ne peux vivre que d'amour
Je n'y peux rien changer

 

Comme mes mains frémissent,
Sous leurs brûlantes instances?
Ils voudraient s'éclater
Ils n'en ont jamais assez .
Ils me pardonnent,
Ils le comprennent
J'aime ce qui est nouveau
Je trouve ça si beau !

 

Je suis de la tête aux pieds
Captive de l'amour,
Mon monde, c'est l'amour
Et l'amour tout entier.
Je le dis sans aucun détour,
C'est ma vraie nature,
Je peux seulement vivre d'amour
Et de rien d'autre.

 

Les hommes frétillent autour de moi,

De vrais papillons près de la flamme.
Et s'ils s'enflamment,
Je n'y peux rien, moi.
Je suis de la tête au pied
Faite pour l'amour,
Je peux seulement vivre d'amour
Et je n'y peux rien changer.

DE LA TÊTE AUX PIEDS
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Marco Valdo M.I.
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:21

BALLADE DU NÈGRE JIM

 

Version française – BALLADE DU NÈGRE JIM – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Ballade Vom Neger Jim – Ernst Busch – 1931

Texte de Robert Gilbert, alias David Weber (1899-1978), musicien, chanteur et acteur allemand.
Musique de Hanns Eisler en 1930.

 

 

 

Bus pour Noirs (Colored)

 

 

 

 

Une chanson dictée par l'inévitable parallèle entre les lois ségrégationnistes des Zétazunis, connues comme « Jim Crow Laws », et les réglementations analogues qui dans l'Allemagne à la veille de l’avènement de Hitler, se profilaient tristement à l'horizon contre les Juifs (mais aussi contre les Roms et les nomades, les handicapés et les homosexuels).

 

 

 

Quand le nègre Jim à la station

Monta dans le mauvais wagon

Du train direction Manhattan

Du train direction Manhattan

Les messieurs hurlaient en colère

Que fais-tu ici sale nègre

Près de nos cols blancs ? !

Près de nos cols blancs ? !

Par le cou, ils l'ont attrapé

Et hors du wagon, ils l'ont jeté

Pour lui faire ainsi comprendre,

Que les maîtres à la peau plus claire

Construisent pour eux l'Amérique

Et aussi les belles voitures.

 

C'est pourquoi il y a un compartiment pour les blancs

C'est pourquoi il y a pour les noirs un autre compartiment

Dans le train, dans le train, mon gars, remarque-le

C'est pourquoi il y a des compartiments, mon gars, remarque-le

 

Quand le nègre Jim jouait du jazz, le soir,

Le bar où il jouait était le plus beau bar

Entre Frisco et Manhattan

Entre Frisco et Manhattan

Ils buvaient là les maîtres énormément

Ils écoutaient ses chansons tristes avec ravissement

Et défaisaient leurs cols blancs

Et défaisaient leurs cols blancs

Ils buvaient comme des animaux,

Et beuglaient comme des taureaux

Les Moonlight-Melodies.

Tous étaient ivres de chant et de whisky

Et n'entendirent pas le nouveau texte,

Que Jim avait fait pour eux:

 

Pourquoi y a-t-il un compartiment pour les blancs ?

Pourquoi y a-t-il pour les noirs un autre compartiment ?

Dans le train, dans le train, mon gars, remarque-le

C'est pourquoi il y a des compartiments, mon gars, remarque-le

 

Alors, vînt le temps de la dépression

Et celui de la dernière rétribution

Entre Frisco et Manhattan

Entre Frisco et Manhattan

Jim se tira au Texas, là, ils ont hurlé :

Il a embrassé une dame, ce dégénéré

Ils le serrèrent dans de triples chaînes

Ils le serrèrent dans de triples chaînes

Mais avant qu'ils ne le pendent

Avec des chants bibliques

Le pasteur Jim fit cette demande :

Est-ce que le pouvoir à la peau claire

Construira à la Fin aussi au ciel ?

Mais alors, ce serait démentiel.

 

Sûr qu'il y aura aussi là-bas un compartiment pour les blancs

Sûr qu'il y aura aussi là-bas pour les noirs un autre compartiment

Dans le train, dans le train qui conduit au paradis.

Il y aura sûrement des compartiments aussi

 

Dans le train qui conduit au paradis 


 

Sûr qu'il y aura aussi là-bas pour les noirs un autre compartiment

Dans le train, dans le train qui conduit au paradis.

 
BALLADE DU NÈGRE JIM
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 23:44

MOI, J'EN AI MARRE !

 

Version française – MOI, J'EN AI MARRE ! – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une

Chanson allemande – Die hab' ich satt! – Wolf Biermann – 1974

 

 

 

Bien entendu, il ne faut pas prendre Wolf Biermann pour Arletty..., dit Lucien Lane

(http://www.dailymotion.com/video/x4zfs4_arletty-j-en-ai-marre_music) .

 

 

Je le pense aussi, quoique... Je crois bien que Biermann n'aurait pas rejeté un peu de gouaille... Mais si tu veux bien me prêter tes oreilles un instant, j'en viens au fond de cette chanson... Du moins, le fond comme je l'ai perçu... Donc, en la traduisant, il m'est revenu à l'esprit une lecture déjà ancienne et une voix que j'avais un peu laissée dans les grands jardins de l'Histoire, celle de Wilhelm Reich... C'est lui qui disait : « Écoute, petit homme ! » [http://acorgone.free.fr/EcoutePetitHomme.pdf] – le « légendaire petit homme », dont parle la chanson... Enfin, on dirait une chanson en quelque sorte « reichienne ».

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Wilhelm Reich

 

 

 

Des femmes froides qui me câlinent

Des faux amis qui me flattent

Des durs dans leurs revendications

Qui se font dans le pantalon

Dans cette ville en deux parts

- Moi, j'en ai marre !

 

Et à quoi peut bien servir seulement

Qui poussent avec talent

Le peuple sur le côté

De la grande route de l'Histoire

- Moi, j'en ai marre !

 

Nous avons tant perdu à cause d'eux ;

De ces professeurs allemands ; eux

Qui sauraient sûrement mieux certaines histoires

S'ils ne mangeaient pas toute la journée

Fonctionnaires ! Lâches ! Gras et dégonflés !

- Moi, j'en ai marre !

 

De ces bourreaux recruteurs, les enseignants,

Qui cassent impitoyablement la tête des enfants

Les pressent sous tous les drapeaux

En sujets idéaux :

Obéissants – appliqués – mentalement blafards

- Moi, j'en ai marre !

 

Du légendaire « petit homme »

Qui souffrait toujours et jamais ne gagna

Qui se fit à toutes les choses infâmes

Qui reçoit avec simplicité son bout de lard

Et rêve au lit d'un attentat

- Moi, j'en ai marre !

 

Des poètes à la main humide

À poéter sur la patrie perdue

À rimer l'irrémédiable

Des chercheurs de vérité qui l'engluent

Achetables et froussards

- Moi, j'en ai marre !

 

Des poètes à la main humide

À poéter sur la patrie perdue

À rimer l'irrémédiable

Des chercheurs de vérité qui l'engluent

Achetables et froussards

- Moi, j'en ai marre !

Achetables et froussards

- Moi, j'en ai marre ! 

MOI, J'EN AI MARRE !
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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 21:11

Oh ! Papa … C'est très beau la liberté

 

Chanson française – Oh ! Papa... C'est très beau la liberté – Marco Valdo M.I. – 2014

 

 

 

 

Oh ! Papa !

Dis-moi, dis-moi, qui sont tous ces gens-là ?

Oh ! mon gars !

N'aie pas peur, ils viennent de là-bas !

 

 

 

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l'âne tout guilleret, regarde ces papillons qui se poursuivent là devant ta fenêtre, ces ailes rousses qui se balancent à l'air libre dans le soleil . On dirait qu'ils font la danse du bonheur...

 

 

C'est le printemps, Lucien l'âne mon ami. Enfin, celui de la nature... Mais il y a aussi eu des printemps artificiels, faits de la main de l'homme... Mais généralement, ils tournent mal... Pour ceux-là, l'hiver revient vite sur les ailes du vent du Nord... T'en souvient-en du printemps de Prague ? Eh bien, la canzone raconte précisément l'histoire d'un printemps de ce genre et même, en quelque sorte, de tout printemps généralement quelconque de ce genre, de tout printemps artificiel... Bref, de gens, quelque part, n'importe où, qui voudraient bien sur leur terre d'un petit coin de paradis. Oh, ils n'ont pas de grandes ambitions... Ce sont des gens, comme toi et moi, dont l'ambition peut se résumer à quatre vers de Ferré :

« On vit, on mange et puis, on meurt

Vous ne trouvez pas que c'est charmant

Et que ça suffit à notre bonheur

Et à tous nos emmerdements... » [[7794]]

 

 

Quoi, quoi ? Ce serait donc une nouvelle chanson que tu viens de faire...

 

 

Exactement. Elle parle ou plutôt, ils parlent : la chanson et un garçon, qui est lui à l'intérieur du monde que décrit la chanson. Ou plutôt encore, à la relire, c'est une sorte de double monologue... Le garçon angoissé et son père... Mais ceci dit, ce pourrait tout autant être une fille... Disons, un enfant... Mais il a déjà l'âge de raison, qui est l'âge de raisonner. Bref, je te laisse te démêler ces formes de discours au monde. Quant au fond, c'est un peu la chanson des envahis ou des secourus, un peu, beaucoup contre leur gré. On pourrait être en Pologne ou n'importe où ailleurs... On s'éveille un matin et ils sont là. La liberté qu'on croyait apprivoiser s'est envolée ; c'est l'effet de l'effroi. La vida es sueño...

 

 

Mais, dis-moi, dis-moi, comment t'est venue la chanson elle-même ?

 

 

Là, c'est une autre histoire. Mais puisque tu le demandes, voici. Tu suis sans doute comme je le fais, les événements de Sébastopol et autres lieux d'Ukraine et donc, mêlant un peu tout ce qui flotte dans l'esprit de la Crimée, de l'Arménie, de la Géorgie, de la Hongrie, du pays des Sudètes et d'autres lieux d’Europe centrale et la méditation allant bien au-delà du moment et du continent, je cherchais un angle d'attaque pour une chanson appropriée. Et comme souvent, c'est une espèce de scie qui a fait surface et qui est sortie du coin où elle traînait dans les limbes de ma mémoire. J'ai dit une scie, mais une scie sympathique que je me verrais bien un jour introduire dans les CCG, car l'air de rien, elle est assez décapante pour certaine institution, fondement de l'ordre sociétal. De cela, nous reparlerons plus tard. Donc, dans ma tête, une scie entêtante a surgi... Je m'aperçois que je n'ai pas encore dit de quelle scie il s'agissait... Elle s'intitule « Scandale dans la famille » et le premier interprète en français était Sacha Distel... [http://www.youtube.com/watch?v=hIEAfy9YGrU]. C'est d'elle que vient le « Oh, papa ... » et un peu (mais pas tout-à-fait, je l'avoue), la structure de la chanson. Le contenu, c'est tout autre chose. Le contenu, c'est plutôt un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans, cette guerre que les riches et les puissants font aux pauvres afin de maintenir, d'étendre, de renforcer leur domination, leur pouvoir, leurs privilèges, leurs richesses...

 

 

Je l'imagine volontiers ; c'est comme si je la voyais cette histoire, comme si j'étais là près des deux interlocuteurs dans cette ville d'Europe ou d'Asie ou d’Afrique ou d'Amérique ou d'Océanie... attendant avec eux l'arrivée des soldats venus de « là-bas ». Une raison supplémentaire pour tisser et tisser encore le linceul de ce vieux monde illibertaire, soldatesque, impérialiste, hyperréaliste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Oh ! Papa !

Dis-moi, dis-moi, qui sont tous ces gens-là ?

Oh ! mon gars !

N'aie pas peur, ils viennent de là-bas !

 

 

Dans une jolie ville d'Europe ou d'Asie

On vivait tranquillement notre vie

On tirait le bon diable par la queue

Depuis longtemps déjà, on rêvait de vivre mieux

Un jour, on trouva le régime qu'on voulait

On dit au pays frère, on veut s'émanciper

Il a répondu : Mes amis, il n'en est pas question

Sans protection, la liberté, ce n'est pas bon.

 

 

Oh ! Papa !

Dis-moi, dis-moi, qui sont ces gens-là ?

Oh ! Papa !

J'ai très peur, ce sont des soldats

 

 

En Ukraine, en Crimée, ou bien n'importe où

Là-bas aujourd'hui ou demain chez nous

À voir tous ces soldats, on ne respire plus

On dit au pays-frère, nous on n'en peut plus

Pour vivre, il nous faut du grand air

Hélas mes pauvres amis, le monde est fait comme ça

Tous les hommes sont frères,

Mais la liberté en liberté, ça ne va pas.

Pour la défendre, il faut des militaires.

 

 

Oh ! Papa !

Dis-moi, dis-moi, qui sont ces gens-là ?

Oh ! Papa !

J'ai très peur, ce sont des soldats

 

 

À bout de patience, on s'en fut écœurés

Raconter au monde entier toute la vérité

Le monde a souri, puis il a dit : il faut tout oublier

La vie est un rêve ; c'est très beau la liberté.

 

 

Oh ! Papa !

Dis-moi, dis-moi, qui sont ces gens-là ?

Hier soir, ils n'y étaient pas

Ce matin, ils sont là.

Oh ! Papa !

J'ai très peur, ce sont des soldats

Oh ! Papa … C'est très beau la liberté
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Marco Valdo M.I.
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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 20:48

LA CHANSON DE BARLACH

 

Version française – LA CHANSON DE BARLACH – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une

Chanson allemande – Das Barlach-Lied – Wolf Biermann – 1968

 

 

 

 

 

Que va-t-il advenir de nous encore 

Un si grand danger nous menace

 

 

 

 

 

 

Ernst Barlach, né à Wedel, en Allemagne septentrionale, le 2 janvier 1870, a été un des sculpteurs expressionnistes allemands majeurs; en outre, ce fut un écrivain et dramaturge apprécié . Le lien entre Biermann et Barlach apparaît multiple : ainsi Barlach eut une composante hambourgeoise (en y ayant étudié, à partir de 1888, à l'École de Arts et Métiers). Artistiquement, il subit la grande influence de Vincent Van Gogh, de l'Art Nouveau et du Jugendstil. Les thèmes préférés de Barlach (influencés aussi par son séjour en Russie, en 1906), furent les paysans et les pauvres, le mysticisme populaire, la solidarité et la religiosité archaïque ; ce n'est pas un hasard si une de ses sculptures plus célèbres représente une simple cueilleuse d'herbes sauvages – Die Krautpflückerin).

 

En 1909, il séjourne un temps à Florence, attiré par Giotto et Arnolfo di Cambio. De tendance pacifiste,il fit au début de la Grande Guerre une brève volte-face en montrant de l'enthousiasme pour le début du conflit. Un enthousiasme qui disparut bien vite : Barlach revînt donc à sa ligne rigoureusement pacifiste. Sur le bref soutien donné au début par Barlach à la guerre, ont été avancées les hypothèses les plus disparates, mais l'artiste ne fournit jamais que des explications confuses. Ce qui probablement relie davantage Barlach à Biermann, et qui poussa ce dernier à écrire cette chanson qu'il lui a inspirée, est l'isolement au cœur d'un régime dictatorial. Pour son pacifisme, en effet, Ernst Barlach devînt automatiquement, pour le régime nazi, un artiste « dégénéré » ; ses oeuvres furent mises au ban, et ses travaux, autant figuratifs que littéraires, furent confisqués ou furent détruits. Il mourut le 24 octobre 1938 à Rostock, où il vivait confiné chez lui.

 

De ceci, ressort clairement le thème fondateur de cette chanson : le confinement domestique et l'oppression extrême que n'importe quel régime totalitaire réserve à celui qui crée librement. C'est un Barlach dans ses dernières années de vie que peint la chanson de Biermann ; un artiste qui, presque dans un délire, se tourne vers sa mère en voyant devant lui une muraille de nuages sombres, des groupes de rats affamés et d'anges qui tombent morts. Puisque Ernst Barlach était un artiste vénéré en RDA (jusqu'à lui consacrer des timbres, comme on le voit sur l'image au début de cette introduction), le choix de Biermann fut sûrement de la provocation : d'un côté, il exaltait l'artiste opprimé et réduit au silence par le régime nazi ; de l'autre, il réservait le même traitement aux artistes actuels qui n'adhéraient pas aux impératifs du régime « socialiste » . Dans les deux les cas ce qui comptait, c'était l'art d'État, lié aux directives et bien codifié. Rien de nouveau sous soleil. [RV]

 

 

 

Deux mots sur les anges qui tombent du ciel... Il me revient en mémoire une histoire tchèque de cette année-là – c'était en mil neuf cent soixante-huit, année où il t'en souvient le mois d'août vit l'arrivée en Tchécoslovaquie de centaines de milliers de soldats des pays amis qui venaient au secours du socialisme réel en danger. Peut-être les Tchèques eux-mêmes devaient-ils en appeler à leur mère « Ah, Maman... » .

 

 

Mais les « anges » dans tout ça ?, demande Lucien l'âne que viennent-ils faire ?

 

 

C'est là qu'intervient mon histoire tchèque. Je ferai court, car je peux aussi la faire longue... Dans la nuit du 20 août, quand les visiteurs entrèrent dans le pays, dans une des nombreuses villes du pays, le comité du parti un peu dérouté par les événements et dans sa perplexité, ayant perdu tous ses repères et ne sachant ce qu'il allait advenir, fit appeler le rabbin. « Tu comprends, rabbin, nous n'y comprenons plus rien, nous avons peur et nous pensons que peut-être, vu ta qualité de rabbin, tu aurais d'autres moyens que nous de savoir l’avenir... » Après avoir ainsi rassuré le brave homme sur ses intentions, le comité lui demanda – confidentiellement – relativement aux visiteurs, s'ils allaient rentrer chez eux et comment.

 

 

Bonnes questions, dit Lucien l'âne, je me les serais posées aussi. Qu'a donc bien pu répondre le rabbin ?

 

 

Comme tu l'imagines, ce rabbin était un homme prudent et d'autant plus qu'il était de confession israélite, ce qui l'avait déjà exposé à bien des déboires, mais jusque là, il en avait réchappé. Donc, le rabbin après avoir longuement tourné sa langue dans sa bouche, répondit : « Eh bien, camarades, il y a deux solutions... Une solution normale et une solution miraculeuse. » « Ah, dit le comité, dis-nous d'abord la solution normale... » et c'est ici qu'interviennent les anges...« Hé, dit le rabbin, cinq cent mille anges vont descendre du ciel et emporter chacun un de nos touristes-visiteurs et le ramener chez lui... » « Oups, fit le comité... Et la solution miraculeuse, alors ? Quelle est-elle ? »... « Oh, dit le rabbin, c'est qu'ils s'en aillent d'eux-mêmes... »

 

 

À propos des anges, ne sont-ce pas les mêmes que Biermann voyait dans son délire ? Et puis, rassure-moi, c'est bien de la Tchécoslovaquie que tu parles ? Pas de l'Ukraine ? , dit en redressant subitement son vaste crâne.

 

 

Je te parle de la Tchécoslovaquie en 1968, date de la chanson. Ceci dit, c'est une parabole qui peut s'appliquer à bien des cas où il est question de visites amicales, de relations historiques, de pays frères... On peut y ajouter les hérauts de la démocratie, les soldats de la liberté, les missionnaires de la paix... et les casques de toutes les couleurs.

 

 

Attendons la suite et tissons le linceul de ce vieux monde aux penchants envahisseurs, aux « murs de nuages », aux solutions normales et miraculeuses et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ah, Maman, ferme la fenêtre
La pluie arrive vers nous
Il y a là-bas un mur de nuages
Qui veut s'abattre sur nous


Que va-t-il advenir de nous encore
Un si grand danger nous menace
Du ciel sur la terre
Tombent les anges morts

 

Ah, Maman, ferme la porte

Des rats par milliers arrivent
Les affamés vont devant
Les rassasiés suivent le mouvement

 

Que va-t-il advenir de nous encore
Un si grand danger nous menace
Du ciel sur la terre
Tombent les anges morts

 

Ah, Maman, ferme les yeux

La pluie et les rats sont arrivés
Ils entrent maintenant par les fentes
Que nous avions oubliées

Que va-t-il advenir de nous encore
Un si grand danger nous menace
Du ciel sur la terre
Tombent les anges morts

 

 
LA CHANSON DE BARLACH
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Marco Valdo M.I.
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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 22:27

PRINTEMPS SUR

LE MONT KLAMOTT

 

Version française – PRINTEMPS SUR LE MONT KLAMOTT – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une

Chanson allemande – Frühling auf dem Mont Klamott – Wolf Biermann – 1967/1968

(http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=45284)

 

 

On rendait grâce à Marx et à Dieu

 

Sur le Mont Klamott.

 

 

 

 

L'hiver reposait dans sa mort, nous vivions encore,
Des casernes de location, un brouillard chaud suintait
Les cheminées vomissaient leur grasse fumée jaune,
Et des arrières-cours une légère bouffée de printemps montait.
Avec la Grosse, j'allais cueillir là les premiers chatons
En dépit des municipales interdictions

Sur le Mont Klamott

 

On se traînait dans la broussaille et on marchait sur l'herbe,
Pour nous étendre, les prés étaient encore trop morts et trop humides.
Le grand soleil orange rutilait dans le gris-bleu,
Là nous étions si puissants et nous étions si faibles.
On se sentait de nouvelles forces, la sève coulait abondamment,
Nous étions encore ardents

Sur le Mont Klamott.

 

On s'embrassait en marchant, on s'embrassait sans cesse,
On voyait un tas de gens et eux aussi nous voyaient
On se roulait avec ma belle sur les pentes abruptes,
Elle criait et je riais, elle tombait, je la rattrapais.
C'était délicieux et nos baisers avaient, oui, mon gars,
Le goût de la compote d'ananas,

Sur le Mont Klamott

 

Et quand on était en haut, la ville apparaissait lointaine et basse,
Là, on échappait à toute la puanteur allemande.
Je mettais mes mains sur son ventre content
Et je disais : « Douce Grosse, sens-tu aussi le printemps ? »
Les pigeons et les moineaux, les premiers bourgeons surgissaient
Des décombres et de la ferraille,

Sur le Mont Klamott.

Nous étions assis sur le terril de la dernière guerre.
Ma Grosse parlait de paix, j'écoutais et je me taisais.
Jusqu'à ce que dans le lac de maisons, le soleil s'enfonce, assis à deux,
On regardait l'Ouest absorber la couleur rouge.
Sur les églises et sur les cheminées, les mêmes pattes rouges,
On rendait grâce à Marx et à Dieu

 

Sur le Mont Klamott.

PRINTEMPS SUR  LE MONT KLAMOTT
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 21:32

BERLIN

 

Version française – BERLIN – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Berlin – Wolf Biermann – 1965

 

 

 

Ton ciel est si gris-bleu

Où pend ma lyre.

 

 

 

 

 

Berlin, toi l'allemande femme allemande ,
Je suis ton prétendant au mariage,
Ah, tes mains ont tant de rugueux
De froid et de feu.

 

Ah, tes hanches sont aussi étroites
Que tes rues étroites,
Ah, tes baisers sont si légers,
Je ne pourrai jamais te laisser.

 

Je ne peux plus m'éloigner de toi,
À l'Ouest, le mur
À l'Est, mes amis sont là,
Et le vent du Nord est très dur

 

Berlin, toi blonde femme blonde,
Je suis ton prétendant le plus paisible,

Ton ciel est si gris-bleu

Où pend ma lyre.

BERLIN
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Marco Valdo M.I.
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 18:54

ALLEMAGNE :

 

UN CONTE D'HIVER

 

Version française – ALLEMAGNE : UN CONTE D'HIVER – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson allemande – Deutschland: Ein Wintermärchen – Wolf Biermann – 1967/1968
Texte et musique: Wolf Biermann
Album: Chausseestraße 131

 

 

 

 

Sous le décembre allemand coulait la Sprée

 

 

 

 

 

 

Chausseestraße 131 a été le premier album enregistré de Wolf Biermann et a une histoire légendaire : puisque Biermann était banni dans la DDR (République Démocratique Allemande), et donc avait reçu l'interdiction officielle de publier ses chansons, enregistrées dans un studio improvisé dans son appartement. Avec l'aide de quelques amis et de sa mère, il avait réussi à se procurer des appareillages dont un microphone de haute qualité et un enregistreur de studio importé en contrebande de l'Allemagne occidentale, de façon à pouvoir enregistrer ses chansons. L'histoire rapporte même que le microphone était même de qualité trop bonne. Et tellement sensible que pendant que Biermann enregistrait, il captait aussi les bruits de la rue, les automobiles qui passaient et, parfois, même le chant des oiseaux. Après quelques tentatives d'éliminer ces bruits de fond, sans succès, Biermann décida de faire de nécessité vertu et enregistra les chansons comme elles venaient, avec tous les bruits ; et ce fut un coup de génie, vu que le procédé rendait parfaitement les conditions particulières dans lesquelles l'album avait été enregistré, le confinement domestique et la clandestinité totale de l'artiste. La « spontanéité » totale de tout cela n'a pas cessé de montrer son efficience à 45 ans de distance : Chausseestraße 131, peut-on dire, est né déjà album historique, même au-delà de la valeur des textes (la musique a, comme on peut s'y attendre, une valeur secondaire, presque de simple fond comme les bruits de rue). On pourrait le définir comme un album pour mots, bruits et voix : la voix rauque et sale de Biermann. Il s'agit même d'un témoignage précis d'un fait : même en étant officiellement banni et exilé chez lui, Biermann n'était pas du tout coupé des événements qu'il réussissait à suivre et chanter avec précision. Chausseestraße 131, bien au-delà « des évolutions » de l'homme et de l'artiste Wolf Biermann au travers du temps, a passé l'examen du temps et reste un chef-d'oeuvre absolu de la chanson d'auteur, pas seulement allemande ; un album qui eut une grande influence dans toute Europe (et son année de publication, 1968, dit tout). L'album commence en criant Die hab'ich satt ! (« J'en ai marre ! » ), chanson écrite quelques années avant, en 1963. La chanson s'adresse à tous les types de personnes faibles et lâches qui soutiennent un système injuste : les « femmes qui me caressent froides » , les « faux amis qui me flattent et qui attendent des autres du courage tandis qu'eux se tiennent à carreau », la « tribu de bureaucrates qui se mettent à danser avec zèle sur le dos des gens », les « enseignants, fléau des jeunes », les « poètes qui se masturbent à poéter sur la patrie perdue », et ainsi de suite. Il s'agit d'un des commentaires des plus originaux et les plus durs sur l'Allemagne de l'Est des années 60 ; mais aux temps de la contestation, elle fut prise pour une protestation à valeur universelle, chose entièrement naturelle. Das Barlach-Lied (« la chanson de Barlach ») décrit la déception qui attend chaque artiste non-conformiste sous tout régime oppressif ; il s'agit d'une chanson poétique qui illustre de la figure du sculpteur Ernst Barlach, persécuté par les nazis, pour établir une comparaison avec le présent. La veine ironique et sarcastique de Biermann devient féroce dans les trois morceaux suivants : dans « Deutschland : Ein Wintermärchen » (« Allemagne : un conte d'hiver »), un texte qui fait référence directe au poème d'Heinrich Heine, Biermann appelle l'Allemagne le « gras cul du monde » (joue de mots sur l'expression Arsch der Welt, à la lettre « cul du monde » mais qui, comme l'expression italienne (ou française) « dans le cul du monde », signifie loin de tout, au milieu de nulle part), et Berlin son « trou divisé avec des poils de barbelé ».

 

Dans la « Ballade auf den Dichter François Villon » (« Ballade sur le poète François Villon »), qui coupe le récitatif, Biermann promène son alter ego sur le mur de Berlin pour embêter les Vopos. Wie eingepfercht en Kerkermauern (« Comme muré en prison ») décrit la réclusion domestique et l'exil interne à Berlin : une chanson particulièrement amère et triste. Dans la chanson suivante, Zwischenlied (« Interlude »), Biermann déclare que, malgré certaine chanson veinée de tristesse, il ne se sent pas désespéré en ces « temps beaux et émouvants » et, comme s'il voulait renforcer cette vision, Biermann chante Frühling auf dem Mont Klamott (« Printemps sur le Mont Klamott »). Il faut garder présent (à l'esprit), cependant, que ce « Mont Klamott », au milieu de Berlin, est une colline qui a été formée en amassant l'énorme quantité de décombres de la ville détruite après la II Guerre mondiale (sur la hauteur a été ensuite édifié un parc).

 

Dans le « Moritat auf Biermann es en Oma Meume en Hamburg » (« Moritat sur grand-mère Meume Biermann d'Amburgo ») [Un moritat (de mori, mortel et tat, fait) est à l'origine une sorte de complainte médiévale narrant des événements dramatiques, chantée par les ménestrels ou les cantastorie italiens].et dans le Großes Gebet der alten Kommunistin Oma Meume en Hamburg (« Oraison de grand-mère Meume, vieille communiste de Hambourg »), Biermann parle de ses racines et de comment elles l'ont influencé ; la deuxième des chansons présente l'inoubliable image de la vieille grand-mère qui prie Dieu pour qu'il fasse gagner le communisme. Le morceau final de l'album, So soll es sein - So wird es sein (« CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA AINSI ! »), est une sorte de testament de l'alors trentenaire Biermann.

 

Dans Chausseestraße 131, chez le confiné Wolf Biermann, habitaient certains collègues. Dans l'armoire, il y avait François Villon, comme l'avons déjà vu au début de cette visite du vieil appartement berlinois ; et il y avait aussi Heinrich Heine. Belle compagnie, sans doute ; c'est tellement vrai que, à la rigueur, Herr Biermann en a fait une des siennes, ou au moins une des siennes du temps où il était jeune. Rassembler dans une maison deux poètes du genre de Villon et de Heine ne doit pas être simple, et j'ai comme le soupçon que même eux ont fini, avec les automobiles qui passaient et les oiseaux qui gazouillaient, captés par le très sensible microphone de Biermann pendant qu'il enregistrait « Chausseestraße 131 », dans les « bruits de fond » - une des multiples choses pour lesquelles cet album est très célèbre. Au point que, dans ce cas spécifique, il les a faits même duetter ( faire un duo ou interagir, comme on dirait maintenant). Une de ces choses, justement qu'on ne regrette pas peu de ces années belles et émouvantes.

 

Le poème satirique Deutschland : Ein Wintermärchen de Heine date de 1844. Recevoir chez lui Heine était naturel pour le Loup (Wolf) Biermann. Comme lui, Heine était d'origine juive ; comme lui, il savait bien ce qu'était l'exil (en 1831, poussé par l'atmosphère méphitique de la Restauration en Allemagne, Heine avait émigré en France). Commelui, il connaissait la mise au ban de ses œuvres : en 1835, un décret de l'Assemblée Fédérale allemande en avait interdit la diffusion et l'impression sur tout le territoire allemand. À la fin de 1843, Heine retourna brièvement en Allemagne pour rendre visite à sa mère et à son éditeur, Julius Campe, qui était de Hambourg, tout comme Biermann. Pendant le voyage de retour en France, Heine écrivit la première mouture de ce poème, qui fut publié en 1844 par Campe et Hoffmann. La manière avec laquelle le poème de Heine élude la censure et l'interdiction de ses œuvres est, en même temps, curieuse et indicative de la totale stupidité des « autorités préposées ». Surtout car elle fut parfaitement légale ; sur la base des règlements sur la censure approuvés par la Conférence de Carlsbad de 1819, les manuscrits de plus de vingt pages étaient exclus du contrôle censorial. Donc Deutschland. Ein Wintermärchen fut régulièrement imprimé et publié avec d'autres poésies, dans un volume intitulé Neue Gedichte « Nouvelles poésies ». La plaisanterie dura peu : le 4 octobre 1844, le livre fut interdit, et tout le stock des volumes imprimés fut confisqué en Prusse. Le 12 décembre 1844, le Kaiser Frédéric Guillaume IV décréta l'arrestation de Heine. Ça se passa mieux dans autres États allemands, mais le texte fut soumis à des coupures consistantes. On comprend donc bien combien le recours à Heine et à son « Conte d'hiver » allemand fut pratiquement naturel : tellement, jusqu'à même ne pas en changer le titre. Tel quel. La même satire destructive, sans rémission, vis-à-vis de l'Allemagne et de son histoire. Le même refus de se soumettre au présent et à ses ordonnances d'obéissance. Certes, il y a pourtant quelque différence ; le texte biermannien est forcément et infiniment moins long que celui de Heine, par la force des choses. La différence fondamentale est cependant autre : tandis que le « conte » de Heine est plutôt un voyage imaginaire et métaphorique (bien que résultant d'un bref voyage réel après quinze ans d'exil en terre étrangère), la version de Biermann est un voyage terriblement réel dans une réalité où il se trouve prisonnier et confiné. En donnant le nom de « conte » à son poème, Heine déversait l'ironie de l'extérieur ; le sarcasme de Biermann est par contre contenu complètement à l'intérieur d'une réalité en laquelle il avait espéré et qui l'avait trahi.
Même parmi les rares Allemands qui ont adressé des critiques et des expressions dures à l'Allemagne, il serait difficile trouver la sévérité dont Biermann use dans son « conte » moderne. Une sévérité qui arrive à une conclusion terrible : de quelque couleur se couvre l'Allemagne, qu'elle soit brune ou rouge, l'essence est toujours la même : la pire merde transformée en or. Une continuité, en somme. Ici s'insère le « duo » avec le poète François Villon : le poème est divisé en deux parties, séparées par la chanson où Villon va asticoter les gardes du Mur de Berlin et ensuite disparaît en vomissures. [RV]

 

 

 

 

 

 

Mais qu'a donc fait l'Allemagne de ses grands écrivains, de ses grands poètes... ? Je cite au hasard Heine, Mann, Mann, Mann, Hesse, Brecht, Grass, Enzensberger, Töller, Aub, Tucholsky, Valentin, Kästner, Remarque.... Que fait-elle encore ? Qu'a-t-elle fait de Heine, par exemple ?

 

 

 

 

 

 

Ah, l'humour, l'ironie, la dérision décapante et dénonciatrice d'Heinrich Heine sont tels qu'il ne pouvait en être autrement. Heine disait certaine vérité qu'il ne fallait en aucun cas laisser transparaître... Et plus d'un siècle et demi plus tard, il continue à dévoiler certaine intention profonde, que l'on appelle ici : le « rêve d'Otto ». Je cite le « Conte en hiver » :

« alors ce n’est pas seulement l’Alsace et la Lorraine, mais la France tout entière, mais l’Europe et le monde tout entier sauvés, qui seront à nous ! Oui, le monde entier sera allemand ! J’ai souvent pensé à cette mission, à cette domination universelle de l’Allemagne, lorsque je me promenais avec mes rêves sous les sapins éternellement verts de ma patrie ... »

 

 

 

 

 

 

En effet, ça ressemble bien au « rêve d'Otto » et ça donne froid dans le dos... Il avait bien raison Heine avec sa Ballade des Tisserands de Silésie et dès lors, nous aussi, tissons le linceul de ce vieux monde mal foutu, oppressant, où la merde et l'or dur se confondent en une divine marchandise, mercantile, patriotique et cacochyme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE

 

Sous le décembre allemand coulait la Sprée

D'Est en Ouest, je traversai Berlin

Nageant là sur la voie ferrée

Au-dessus du Mur, un matin.

 

Je planais léger par-dessus les barbelés

Et au-dessus des chiens dressés

Je ressentis une étrange émotion

Et aussi une amère sensation

 

Cela m'est entré dans le cœur, aigu

- mes fidèles camarades là en bas -

Tant d'eux, qui par cette même voie

Allaient à pied, furent abattus

 

Il y en a un qui lança sa jeune chair

Sur les barbelés et le champ de mines

Transpercé le seau se vida

Quand derrière la rafale hoqueta.

 

Tout le monde n'est pas bâti

Comme le Français François Villon, qui

Dans une chanson connue s'en tire

Avec des taches de vin rouge

 

 

SUITE

 

Je pensai soudain à mon cousin.

L'insolent Heinrich Heine s'en revînt un hiver

De France en sautant la frontière

Par-dessus le vénérable père Rhin.

 

Ça me fit repenser, à tout ce qui

Se passa en une bonne centaine d'années

Quand l'Allemagne glorieusement s'unit

Et à nouveau, s'est scindée

 

Et puis ? Le monde entier s'est

Entre l'Est et l'Ouest divisé

Dès lors, comme toujours - l'Allemagne

A tenu sa place.

 

Sa place de cul du monde

Très gras et très important

Dans sa fente, les poils sont de

Barbelés, on se comprend

 

Berlin, ton trou, mon vieux

Est fendu par le milieu

Voilà bien la biologie

Raillée par l'humaine ironie.

 

Et quand aux grands de ce monde

L'estomac presse et gronde

Alors, abominablement ça pète et ça pue

En Allemagne. Je vous assure.

 

Chaque partie du monde aussi a, du reste,

Sa part de la croupe allemande

Le plus gros morceau est l'Allemagne de l'Ouest

À juste titre, je vous l'accorde.

 

Ce qu'aucun alchimiste n'a accompli

- ils l'ont réussi :

De la merde allemande, c'est sûr

Ils ont fait de l'or pur

 

La RDA, ma patrie

Elle au moins est propre

Chez elle, le retour du nazisme

Est absolument impossible.

 

Nous l'avons astiqué, tous à l'unisson

Avec les brosses de Staline et si profond

Que le derrière est rouge saignant

Là où il était brun auparavant .

ALLEMAGNE :  UN CONTE D'HIVER
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Marco Valdo M.I.
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