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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 19:16

JE M'EN VAIS

 

Version française – JE M'EN VAIS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Me ne vado – Eugenio Finardi – 2014

 

Texte : Eugenio Finardi
Musique : Eugenio Finardi, Giovanni Maggiore, Paolo Gambino, Claudio Arfinengo, Marco Lamagna.
Eugenio Finardi (voix), Patrizio Fariselli (pianoforte), Giuvazza (guuitare), Marco Lamagna (basse), Claudio Arfinengo (batterie), Paolo Gambino (synthé) Max Casacci (instruments mutants)

 

 

Allons au fond et écoutons les mots psalmodiés par Eugenio dans « JE M'EN VAIS » : « Tout a commencé dans les années '80. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale en effet, les politiques économiques et fiscales avaient diminué les inégalités sociales au travers de la plus longue période de croissance économique dans le monde occidental. Pour tous. Ensuite, Reagan et Thatcher ont été élus. Alors le revenu du peuple a augmenté seulement de 2% pendant que le revenu du 0,1 % de la population a augmenté de 2600%. Cela veut dire que quand on a 100 euros en poche, ils en ont 260.000 et ils mangent le monde.». Chapeau ! Il mérite d'être le nouvel hymne d'« Occupy Wall Street » ou des indignés du monde entier. Si ensuite nous considérons la structure ouverte du morceau, les improvisations, les sons qui sortent du creuset magique de Casacci, nous avons un morceau qui raconte l'ici et maintenant (Hic et nunc) , l'aujourd'hui, notre réalité.
(bielle.org )

 

Alors le revenu du peuple a augmenté seulement de 2% pendant que le revenu du 0,1 % de la population a augmenté de 2600%. Cela veut dire que quand on a 100 euros en poche, ils en ont 260.000 et ils avalent le monde.

 

 

Tout a commencé dans les années '80.
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale en effet, les politiques économiques et fiscales avaient diminué les inégalités sociales au travers de la plus longue période de croissance économique dans le monde occidental.
Pour tous.
Ensuite, Reagan et Thatcher ont été élus.
Alors le revenu du peuple a augmenté seulement de 2% pendant que le revenu du 0,1 % de la population a augmenté de 2600%. Cela veut dire que quand on a 100 euros en poche, ils en ont 260.000 et ils avalent le monde.

 

Je m'en vais et je ne reviendrai plus,
Je m'en vais et je ne reviendrai plus.

 

Le démantèlement de toute règle dans le secteur financier, voulu par le puissant lobby des banques, et la réduction des taxes sur les patrimoines et sur les rentes a amené en quelques années à l'actuelle crise du travail et à la perte de richesse des classes moyennes en faveur de quelques de milliers de super-riches.

Je m'en vais et je ne reviendrai plus,
Je m'en vais et je ne reviendrai plus.
Je m'en vais et je ne reviendrai plus,
Je m'en vais et je ne reviendrai plus....

 

 
JE M'EN VAIS
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Marco Valdo M.I.
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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 17:02

MON NOM EST STROOP, 

AVEC DEUX « O »

 

 

Version française – MON NOM EST STROOP, AVEC DEUX « O » – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Mein name ist Stroop, durch zwei ‘o’ – Stormy Six – 2013

Écrite par Umberto Fiori et Tommaso Leddi des Stormy Six
Du spectacle “Benvenuti nel ghetto” (Bienvenue au ghetto) créé par le groupe avec 
Moni Ovadia, à l'occasion des 70 ans de l'insurrection du ghetto de Varsovie.

 

 

 

 

 

ceux qui, asphyxiés par la fumée, sortaient des immeubles en flammes. Le destin des prisonniers fut la déportation et l'extermination immédiate au camp de Treblinka. 

 

 

 

 

« Pourtant est-ce peut-être là où quelqu'un résiste sans espoir que commence l'histoire humaine, comme nous l'appelons, et la beauté de l'homme. » Yannis Ritsos/Γιάννης Ρίτσος, fragment de « Ελένη », 1970.

 

 

Entre avril et mai 1943 les Juifs du ghetto de Varsovie — hommes et femmes, vieillards et enfants — se rebellèrent face à la violence des SS et leur tinrent tête, armes la main, pendant presque un mois. Il s'agit du premier épisode de résistance armée contre les nazis ; un épisode d'autant plus significatif que les protagonistes — dans des conditions désespérées d’infériorité militaire et presque total isolement — en furent les victimes désignées de la persécution raciste et du génocide, les « sous-hommes sans honneur » et que les troupes de Hitler s'attendaient seulement à de la lâcheté et de la soumission. Les onze chansons du disque, écrites à l'occasion de l'anniversaire, évoquent le historique épisode sous divers angles.

 

À la figure lumineuse de Mordechai Anielèwicz s'oppose celle, à la fois terne et horrible, du bourreau de Varsovie, Jürgen Stroop (son nom de baptême était Josef, mais il l'avait changé parce que « ça faisait Juif »). Le refrain de la chanson qui lui est consacrée (« MON NOM EST STROOP, AVEC DEUX « O  »), c'est son auto-présentation, telle qu'elle est rapportée dans le livre « Conversations avec le bourreau », où après la libération, son voisin de cellule, Kazimierz Moczarski,un Polonais, transcrivit les inquiétantes déclarations du tortionnaire (les strophes de la chanson sont tirées du même livre).

Le 19 avril 1943, les Juifs affamés et mal armés affrontèrent les troupes allemandes entrées dans le ghetto, en les accueillant à coups de pistolets, de fusils et de mitrailleuses et en les bombardant de cocktails Molotov, réussissant finalement à les repousser.

Repoussé, Stroop (qui disposait de 2.000hommes) décida d'affronter la situation en incendiant et en faisant sauter au moyen d'explosifs chaque immeuble à l'intérieur du ghetto, pour forcer les révoltés à sortir à découvert. Il mit immédiatement en œuvre ses intentions, en commençant à raser méticuleusement chaque bâtiment pour capturer ou tuer ceux qui, asphyxiés par la fumée, sortaient des immeubles en flammes. Le destin des prisonniers fut la déportation et l'extermination immédiate au camp de Treblinka. 

 

Le 16 mai 1943, Stroop, après avoir étouffé la rébellion dans le sang la rébellion fit sauter la grande synagogue de Varsovie pour fêter la fin victorieuse de l'opération. Dans son rapport télégraphique quotidien à son supérieur le Ss-Obergruppenführer Friedrich Wilhelm Krüger, commandant de la SS et de la police du Gouvernorat Général, Stroop écrivit, exultant :

« Aujourd’hui, ont été éliminés 180 Juifs, terroristes et sous-hommes. Ce qui était le ghetto juif de Varsovie n'existe plus. La Grosse Aktion ( Grande Action, terme usité par les Allemands pour nommer les opérations dans le ghetto) s'est achevée à 20 h 15 en faisant exploser la grande synagogue de Varsovie. Le nombre total de Juifs se monte à 56.065 incluant ceux qui ont été capturés et ceux dont on peut prouver l'extermination. »

 

Dans les jours suivants, Stroop rédigea pour Himmler un long rapport de 75 pages intitulé « Es gibt keinen jüdischen Wohnbezirk in Warschau mehr! » - « Le ghetto de Varsovie n'existe plus », relatant les opérations et accompagné d'un album photographique de 49 images de la destruction du ghetto. Ce rapport et les photos furent utilisés lors du procès de Nuremberg pour montrer les atrocités commises à l'encontre des Juifs. L'album photographique fut réalisé en trois copies (une pour Himmler, une pour Krüger et une pour Stroop lui-même) par le photographe qui suivait les troupes allemandes et mis en page avec des légendes explicatives. Les photographies qu'il contient figurent parmi les plus significatives et les plus connues de l'Holocauste.

 

Jürgen Stroop fut capturé par les Américains en mai 1945. Poursuivi pour l'assassinat de prisonniers étazuniens, il fut condamné à mort ; ensuite, on l'extrada en Pologne. Là, il connut un nouveau procès pour les atrocités commises à Varsovie et à d'autres occasions. Stroop fut finalement pendu à Varsovie le 6 mars 1952. Le gibet fut dressé sur les ruines du ghetto.

 

 

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

 

Enfant, je disais mes prières, avant chaque repas.

Avec maman et papa

Grand, j'aurais voulu être pompier,

Finalement, je suis au cadastre, comme employé

(Enfant, je disais mes prières, avant chaque repas).

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

 

J'aime les chevaux et le yodel

Sur mon béret, je porte un edelweiss.

Je suis gourmand de knödels.

Je crois aux dieux germains et au Reich

(J'aime les chevaux et le yodel).

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

 

C'est démontré scientifiquement :

Les Juifs n'ont pas le sens de l'honneur.

Ils ont deux mains, un nez, des pensées et des dents,

Mais ce ne sont pas de vrais hommes. D'ailleurs

C'est démontré scientifiquement.

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

MON NOM EST STROOP,  AVEC DEUX « O »
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Marco Valdo M.I.
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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 11:46

DANS LA FORÊT DE

 

SACHSENHAUSEN

 

Version française - Dans la forêt de Sachsenhausen – Marco Valdo M.I. – 2009

à partir de la version italienne de Riccardo Venturi de la chanson allemande - Im Walde von Sachsenhausen - Aleksander Kulisiewicz

(1936 -1942)

 

 

 

 

MARCHE DE LA MORT

 

DURANT CETTE MARCHE

6000 PRISONNIERS  (POLITIQUES - TRIANGLES ROUGES)

DU CAMP DE CONCENTRATION DE SACHSENHAUSEN

FURENT ABATTUS PAR LES SS

 

 

 

Dans la forêt de Sachsenhausen

Il y a un lager de baraques

Où par milliers on attend

Que la prison prenne fin

Où par milliers on attend

Que la prison prenne fin

Nous sommes déjà prisonniers depuis tant de temps

Qu'ils nous ont mis sous clé.

En nous tous vit la nostalgie

De la maison, de la femme et des enfants

En nous tous vit la nostalgie

 

De la maison, de la femme et des enfants.

 

 
DANS LA FORÊT DE  SACHSENHAUSEN
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Marco Valdo M.I.
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 11:42

LES LOUPS

 

Version française – LES LOUPS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – I lupi – Ivan Graziani – 1977

 

 

 

« Non, madame, non,

Je n'ai pas connu votre fils, 

Le soleil sous la glace, non, madame, non.

Nous étions cent mille et au retour, seulement six ! »

 

 

 

 

 

En avançant (lentement) dans la restructuration totale des pages des « CCG primitives », on se heurte continuellement à des chefs-d’œuvre oubliés, comme cette chanson. Une page vide, seulement le texte et une date. Une chanson d'il y a trente ans, l'histoire d'un survivant de l'ARMIR (Armée italienne en Russie), et de la guerre d'Espagne, qui « recommence à respirer » lorsque « il a brisé son fusil ». Ivan Graziani. Qui s'en souvient maintenant ; peut-être à peine « Lugano addio » ou « Firenze canzone triste ». Un auteur-compositeur mort de série B. Peut-être, peut-être paye-t-il l'hermétisme de certains ses textes, ou ne pas s'être trahi jusqu'à aller chanter à Sanremo. Nous voudrions lui rendre l'hommage qu'il mérite avec ces quelques mots, mais nous n'y réussirions sûrement jamais. Nous lui avons réservé une traduction. Et peut-être disons aussi que, devant cette chanson, où qu'ils se retrouvent, Vladimir Vysotskij, qui des loups s'y entendait, lui offrira un verre de quelque chose. [RV]

 

 

 

Attention, les loups arrivent
Dans le village sommeilleux
Ils ont faim et sont nombreux
Attention, les loups arrivent
Attention, les loups arrivent

 

Hou ! Attention, les loups arrivent
Hou ! Attention, les loups arrivent

Et ils ont des dents comme des dagues blanches
Et des yeux rouges d'assassins
Et la montagne en vomit plein
Ils sont toujours plus proches

 

Hou ! Attention, les loups arrivent
Hou ! Attention, les loups arrivent

 

Chaussures cassées et pantalon sale
Et la cravate du mariage
Mes souvenirs emmenés à la guerre
Avec le parfum de la terre
Et longue et blanche est la route
Qui à la Brianza ramène
Cent jours déjà sur le postal
Et mon cœur me fait mal

 

Attention, les loups arrivent
Attention, les loups arrivent

« Non, madame, non,
Je n'ai pas connu votre fils,
Le soleil sous la glace, non, madame, non.
Nous étions cent mille et au retour, seulement six ! »

 

Attention, les loups arrivent

 

Cette nuit reste avec moi
Je suis fatigué des combats
Sous les taillis d'Espagne

J'ai enterré mon uniforme
Sept ans militaire
Pour une patrie méprisable
J'en essuyé des crachats de dégoût
Et je n'étais pas pire que les autres loups

 

Mes bras dans la fange
Si tu veux tu peux te cacher
Mais moi, je ne veux pas marcher
À quatre pattes comme une bête

 

Attention, les loups arrivent

Attention, les loups arrivent

Attention, les loups arrivent

Attention, les loups arrivent

 

 

Voici ma demeure
Dans le fumier, coule le marbre
Au fond de la campagne
Quelqu'un chante à tue-tête
Tout va de travers dans mon esprit
Misère et larmes
Je recommence à respirer et j'ai brisé mon fusil

 

 
LES LOUPS
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Marco Valdo M.I.
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 18:25

LE LOUP ET LE LEMMEKE

 

Chanson française (beulemans) – LE LOUP ET LE LEMMEKE – VIRGILE – (Entre 1920 et 1970)

 

Langue : beulemans : une variante du brusseleeir ; bruxellaire ou bruxellois, lui-même variante du belgicain, français de Belgique.

 

 

 

 

 

Le plus fort sait toujours prouver qu'il a raison

 

 

 

 

VIRGILE, dit Le Jean de La Fontaine des Marolles, n'était autre que Léon Crabbé (1891-1970). Il fit les beaux jours du défunt magazine politique bruxellois « Pourquoi Pas ? » (1910-1989) en y publiant chaque semaine, en un français mâtiné de « brusseleir », un Dialogue attendu des lecteurs (et pas seulement ceux de la capitale) comme le Messie...

 

Le sieur Virgile, donc, fit rigoler nos pères… Et notamment par ses pastiches des fables de La Fontaine (Menhier le Corbeau et Menhier le Renard, Le Chêne et le Roseauke, Le Loup et le Lemmeke, La Laitière et le Melkpot en sont quelques ornements hilarants) mais aussi par 49 textes d’une inspiration toute personnelle, joignant au pittoresque la sagesse de la plus brave, à ce qu’on dit, des nations : La Baleine et le Sprok, Le Caniche et le Zinneke, Le Hérisson et le Rolmops, Les deux Moumas, La Puce qui donnait son Sang, L’Apprenti et la Femme du Façadeklacher, Le Philosophe et le Snul, La Vache et la Pin-up, on en passe et des plus tofs !

 

Quant à Léon Crabbé (1891-1970) choisit d’abord de s’appeler Noël Barcy, l’anagramme de son nom, avant de prendre le pseudonyme de Virgile. Si tous les Bruxellois d’un certain âge se souviennent (avec émotion et nostalgie) des célèbres Dialogues de la Semaine qui paraissaient dans le défunt hebdomadaire Pourquoi Pas ?, on sait moins qu’il eut une activité de revuiste pour les innombrables music-halls bruxellois de l’avant et de l’après Deuxième Guerre mondiale. Il écrivit aussi les textes de quelques 700 chansons, ainsi qu’une cinquantaine de fables, inspirées de La Fontaine ou d’inspiration personnelle. Hormis cela, il composa près de 500 sketches, remarquablement dialogués, que le Pourquoi Pas ? continua à publier jusqu’en 1988, dix-huit ans après la mort de leur auteur !

Georges Lebouc, qui est à la bruxellitude ce que Léopold Sedar Senghor est à la négritude, c’est-à-dire un grand témoin et un passeur de mémoire (nè !), a eu l’excellente idée de rassembler ces pépites dans un joyeux recueil intitulé Fables complètes (aux Éditions Racine à Bruxelles) pour lequel il a rédigé une introduction, un lexique complet et des notes expliquant les mots difficiles.

Il a donc droit à notre reconnaissance éternelle et, surtout et c’est là le plus important, à une demi-gueuze !

(Tout ce bazar vient d'internet, évidemment!)

 

 

 

Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Virgile ?, demande Lucien l'âne un peu paf. Moi des Virgiles, j'en ai connu plusieurs au cours de mes pérégrinations transhistoriques et notamment, un écrivain latin, l'accompagnateur de Dante aux enfers et celui de Carlo Levi en Géorgie et en Ukraine... C'est juste pour dire... À moins qu'il ne soit question de ce zievereer du Pourquoi Pas ? que j'ai croisé aussi un jour de marché sur la place communale de Schaerbeek. Je ne sais plus ce qu'on faisait là à sept heures du matin...

 

 

C'est bien celui-là..., dit Marco Valdo M.I. en riant. Celui qui disait des fables à la radio, parfois. Et justement, aujourd'hui, je te propose ce Loup et le Lemmeke, qui me semble une transcription assez fidèle de ce loup et l'Agneau de La Fontaine, qui fit trembler tant et tant d'enfants sous l'estrade à l'heure de la récitation et j'en suis persuadé, assez plus directement de la version en marollien de Coco Lulu. Il te souviendra que l'autre jour, j'avais proposé aux Chansons contre la Guerre, une version en marollien, c'est-à-dire en wallon des Marolles (quartier populaire du centre de Bruxelles), de ce Lupus in fabula... [[6558#agg220923]], apportant ainsi au passage une langue vernaculaire en plus au site des CCG. Je me réservais de réitérer l'exploit et d'en apporter une supplémentaire encore et la voici... C'est toujours la même histoire du Loup et de l'Agneau, mais cette fois en pur beulemans.

 

 

C'est-à-dire ?, dit l'âne Lucien passablement interloqué.

 

C'est-à-dire une variante de bruxellois, appelée le « beulemans » du fait que son œuvre la plus retentissante et fondatrice fut une pièce de théâtre intitulée « Le Mariage de Mademoiselle Beulemans » [https://www.youtube.com/watch?v=hiYCNIfgV6w], où cette langue se déborde en contraste avec celle du jeune Parisien, futur de la demoiselle. Cela dit, le beulemans n'est pas du wallon, mais bien une variante du belgicain, ou français de Belgique tel qu'il est parlé par des locuteurs imbibés de flamand et sans doute aussi, à certains moments, de bière nationale. Pour le petit couplet introductif, on dira qu'il est de nette inspiration flamande (mais de Bruxelles) – on y retrouve la mère-grand de Perrault (ici, Bomma), mangée par le loup du Chaperon rouge... tout comme dans la version de Daniele Sepe.

 

 

Awel, dit l'âne Lucien en pouffant doucement, y a pas à dire, c'est quelque chose. Si j'aurais jamais imaginé ça, Mademoiselle Beulemans dans les Chansons contre la Guerre... On aura tout vu. Bon, c'est pas tout ça, recommençons à tisser le linceul de ce vieux monde insipide, ronchon, trop riche, limite obèse et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Viva Bomma Pataten et saucisses

Viva Bomma Pataten en cervelas

En een dikke troulala... Troulala

 

 

Le plus fort sait toujours prouver qu'il a raison

Dans la vie comme à la maison

 

Un Lemmeke, ça est un petit agneau

Était en train de boire au bord d'un ruisseau

Un loup arrive

Ce loup, un castar culotté

Depuis plus que trois jours avait rien boulotté

Ça tirait tellement dans ses instintins

Qu'il était fiel de faim

Espèce de knotsyphon qui ce qui vous a permis

De bleffer dans mon eau

Je ne pardonnerais pas çà à mon meilleur ami

Aussi je vous le dis, tu seras puni

Oui mais, pardon Mon Sire, qui dit le sukkeleir

Avouez que vous êtes un drole de pleikleir

Le coulant va par là

Et je bois à plus que vingt pas plus bas

Que Votre Majesté

Donc, je ne sais pas bleffer dans l'eau que vous boivez

Tûût, tûût, tûût répond le loup

Je vous dis que tu bleffes

Et avec ça, c'est tout.

Et puis, l'année passée, tu as raconté sur moi

Un tas de zieverderas

Permettez-moi que je le dise, Majesté

Vous êtes un leuigenoet

Pasque l'année passée, j'étais pas né

Et la preuve n'est-ce pas

C'est que je tette encore le sein de ma moema.

Si c'est pas toi, c'est ton frère

Et ça ne sont pas des choses à faire.

Mon frère !? Et bien merci, toi t'es un vrai comique

Car vous pouvez sacher que je suis un fils unique.

Dans tous les cas, c'est de ta famille

Et ça va changer potfermille !

Mais enfin, monsieur le loup...

A smoel toe! Taisez-vous !

Ton crime est sans excuse.

Ton berger et tes chiens me cherchent toujours des ruses

Et, plus de compliments.

Moi, je dois me venger.

 

Priez pour le petit schoop

Car le loup l'a mangé .

LE LOUP ET LE LEMMEKE
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Marco Valdo M.I.
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 18:14

El loup et el Lemmeke

 

Chanson marollienne - El loup et el Lemmeke - Coco Lulu - 1898

Texte de Victor Lefèvre  (1822-1904)



 

 






Victor Lefèvre (1822-1904) fut un fonctionnaire modèle du service de l’Instruction publique de la ville de Bruxelles. Membre de la loge maçonnique bruxelloise « Les Amis Philanthropes », il composa quelques œuvres sous son nom mais c’est comme « barde de la rue Haute » et comme auteur marollien qu’il se fit connaître sous le pseudonyme de Coco Lulu.

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, figure-toi... Oui, figure-toi ceci...

 

 

Au fait, que dois-je me figurer ?, demande Lucien l'âne un peu ahuri par un tel préambule. Figure-toi donc que j'allais tranquillement mon chemin, quand un loup survînt... Non ce n'est pas ça, mais presque. Je traduisais une chanson italienne où il est question de Lupi – en français , de loups [http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=6558&lang=it#agg220923] et j'y reviendrai prochainement, mais chemin faisant, il m'arriva une aventure que je m'en vais te conter.

Je regardais la page de cette chanson que je me préparais à traduire quand je me suis aperçu qu'il y avait un parcours des Loups contre la Guerre. Curieux comme un âne, je suis allé voir de quoi il s'agissait et j'ai découvert que ce parcours recensait 19 chansons. Je me suis dit : Tiens, y suis-je ? Ou plus exactement, y trouve-t-on les chansons que j'ai écrites et qui parlent de loups ? Tu les connais sans doute …

 

 

Évidemment... J'en ai au moins deux en mémoire... Le Petit Chaperon Rouge et le Loup de Rome [[8929]] et Les Loups dans la Ville [[22263]]... Ceci dit, ce sont de bonnes chansons. Et elles n'y sont pas ? J'en tombe de mon siège, dit Lucien l'âne bien campé sur ses quatre pattes.

 

 

Non en effet, ; tout comme ne s'y trouve pas Je ne hurlerai pas avec les loups [[36570]]

de Gilles Servat. Mais, c'est sûrement un ajustement à faire et il sera fait prochainement. Je te disais ça, car regardant les 19 chansons recensées, j'ai vu « Lupus in fabula » (Il lupo e l'agnello) de Daniele Sepe et la kyrielle de fables et de chansons qui l'accompagnent, dont 2 en italien, 2 en grec, 1 en latin et 1 en français.

 

 

Moi, dit Lucien l'âne en riant, je me souviens très bien de cette histoire en grec... C'était, il y a bien longtemps. Elle m'avait été racontée par un certain Ésope ou en grec, Αἴσωπος que je véhiculais là-bas en Phrygie – sans craindre les loups, ce sont eux plutôt qui craignent mes sabots et mes dents... J'imagine donc bien de quoi tu aprles... mais, je t'en prie continue, sinon on n'y arrivera pas.

 

 

Très bien, excellent, me suis-je dit. Et puis, et puis, une petite lampe s'est allumée au fond de ma mémoire et m'est revenue une version de la même histoire (appelons-la comme ça) en une langue que j'appellerais le « bruxellois »... dont le titre – toujours de mémoire – devait bien être « Le Loup et le Lemmeke », directement inspirée du sieur La Fontaine – proximité oblige.

 

 

Et qu'as-tu fait alors ?, demande l'âne Lucien tout ébahi encore.

 

 

Eh bien, j'ai cherché à al retrouver et j'y suis arrivé et à ma grande stupéfaction, j'en ai trouvé deux différentes... Une en « bruxellois », disons presque contemporain, disons, tel qu'on le parle encore et une bien antérieure en « marollien », une langue populaire étonnante comme tu vas pouvoir t'en rendre compte.

 

 

En marollien, dis-tu ? Mais qu'est-ce que c'est que cette langue-là ?, dit l'âne polyglotte et intéressé.

 

 

Le marollien ? Était (car je crois bien que cette langue a quelque peu disparu) à partir de la moitié du XIXième siècle la langue des habitants du quartier populaire des Marolles à Bruxelles. Quartier où aboutissaient les ouvriers venus construire la capitale du nouveau royaume – né en 1830, au moment donc où Bruxelles a connu une croissance rapide. Je ne sais si le « marollien » a encore cette étonnante figure de langue, écoute bien, de langue carrément « wallonne », mâtinée d'expressions flamandes. En clair, ce « brusseleir » était une langue d'oïl. C'est cette surprenante version du Loup et l'Agneau que je te fais voir... Car pour l'entendre, ce sera difficile... Son interprète est mort depuis un siècle et on n'en possède pas d'enregistrement et c'est bien dommage.

 

 

Car on connaît son interprète ? dit Lucien l'âne de plus en plus ahuri. Et qui ce serait bien ?

 

 

Bon, d'abord, je te préviens... Il a un nom à coucher dehors avec un billet de logement, comme disait ma grand-mère. Un nom drôle... C'était son nom d'artiste, son nom de chansonnier... Il s'appelait Coco Lulu. Et on en connaît même l'auteur de cette chanson d'El Loup et el Lemmeke... Il s'appelle Victor Lefèvre, qui de son vivant était employé d'administration... Je crois bien me souvenir qu'une rue porte son nom à Schaerbeek, grande commune de Bruxelles, où j'imagine il habita. Il est mort en même temps que le chansonnier, étant la même personne physique.

 

 

On connaît ça... dit l'âne Lucien en souriant aux anges. Mais sais-tu que cette histoire me paraît avoir certaine actualité – par exemple du côté de l'Ukraine. Enfin, loup ou pas loup, tissons le linceul de ce vieux monde où les plus forts entendent toujours avoir raison, où les riches et les puissants entendent toujours tirer profit des plus faibles... Monde infâme et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

El loup et el Lemmeke

 

A Hanske Taverne.

 

Quans' qu'on fait des rus', c'est toujours el capon
Qu'est l' plus fort, qu'a raison.
..............................................
Un petit Lemmeke un jour
Buvait de l'eau dans un' rivière...
Un loup qu'avait très soif, vient, et dit en colère :

« Ploch' ve den doch' ! c'est à m'tour
» De boire, et tu viens sur ma place.
» Halte là !
» Petit' crapul' que t'es là !
- Beh ! mossieu le loup, je passe
» Plus bas que toi ! je salis pas votre eau.!
- Stinker ! qu'en wallon on appelle agneau,
» Sur moi t'as dit tout' sort' de choses
» Deux ans passés - Prends gard' si t'oses
» Encor' me crétiquer !.. - Tu dis deux ans passés ?
» Alours j'étais cor pas sul'terre.
» Je têt' cor ma mère!..
- C'était pas toi ? - Och ! non ! - Alours c'était vot' frère ?
- Beh ! j'en ai pas ! - smoel toe ! c'est assez !
» C'était alours des gens' de vot' famile...
» Le chien, le briger...
» Y m'laissont jamais tranquille,
« Et j'vas m'revenger...
Avec el Lemmeke y file
Dans les bois, et va l'manger...
..................................................
Tu vois bien que c'est l'capon
Qu'est le plus fort, qu'a toujours raison.

 
 
El loup et el Lemmeke
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Marco Valdo M.I.
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 22:53

CHANT DES TAILLEURS JUIFS

 

DE LA WEHRMACHT

 

 

Version française – CHANT DES TAILLEURS JUIFS DE LA WEHRMACHT – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Canto dei sarti ebrei della Wehrmacht – Stormy Six – 2013

Écrite par Umberto Fiori et Tommaso Leddi des Stormy Six
Du spectacle “Benvenuti nel ghetto” (Bienvenue au ghetto) créé par le groupe avec Moni Ovadia, à l'occasion des 70 ans de l'insurrection du ghetto de Varsovie.

 

 

 

« Pourtant est-ce peut-être là où quelqu'un résiste sans espoir, que commence l'histoire humaine, comme nous l'appelons, et la beauté de l'homme. » Yannis Ritsos/Γιάννης Ρίτσος, fragment de « Ελένη », 1970.

 

 

Entre avril et mai 1943 les Juifs du ghetto de Varsovie — hommes et femmes, vieillards et enfants — se rebellèrent face à la violence des SS et leur tinrent tête, armes la main, pendant presque un mois. Il s'agit du premier épisode de résistance armée contre les nazis ; un épisode d'autant plus significatif que les protagonistes — dans des conditions désespérées d’infériorité militaire et presque total isolement — en furent les victimes désignées de la persécution raciste et du génocide, les « sous-hommes sans honneur » et que les troupes de Hitler s'attendaient seulement à de la lâcheté et de la soumission. Les onze chansons du disque, écrites à l'occasion de l'anniversaire, évoquent le historique épisode sous divers angles.

 

Le second morceau se fonde sur les chroniques du temps : quand les Allemands commencèrent les déportations du ghetto vers les camps de concentration, l'ordre — au moins dans un premier temps – fut d'épargner les travailleurs juifs « stratégiquement utiles » et parmi ceux-ci les tailleurs qui confectionnaient les uniformes de la Wehrmacht. Leur chant est celui de ceux qui – pendant que la vague de l'Histoire approche – cachent leur tête sous le sable, en espérant être épargnés.

 

 

Nous sommes des tailleurs de métier.

C'est notre profession, c'est notre univers.

Manches, bords, broderies, cous, visières,

Aigles, grades, bracelets, croix gammées

 

 

 

Certes, l'air qu'on respire

Figure parmi les pires.

Beaucoup, à ce qu'on dit,

Dans les camps seront mis

À travailler pour l'ennemi :

Soupe, pelle, pioche.

C'est moche !

 

Oui, mais peut-être pour nous

On fera une exception.

Ils en tueront, beaucoup,

Raconte-t-on,

Mais moi, je pourrai me sauver,

Toi, tu pourras te sauver :

Nous sommes des tailleurs de métier.

 

Nous sommes des tailleurs de métier.

C'est notre profession, c'est notre univers.

Manches, bords, broderies, cous, visières,

Aigles, grades, bracelets, croix gammées

Ils ne font au fond rien de mal :

C'est un bal masqué, c'est un carnaval.

 

Si ça leur plaît à eux

De se mettre en costume et de gueuler,

Si ça leur plaît à eux

De semer l'effroi, de terroriser,

Qu'ils le fassent. Pourvu que nous

Ils nous laissent en paix, nous

Ils nous laissent travailler

En paix,

En paix.

CHANT DES TAILLEURS JUIFS DE LA WEHRMACHT
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 18:51

BIENVENUE DANS LE GHETTO

 

(COCKTAIL MOLOTOV)

 

 

Version française – BIENVENUE DANS LE GHETTO (COCKTAIL MOLOTOV) – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Benvenuti nel ghetto ( Cocktail Molotov ) – Stormy Six – 2013

Écrite par Umberto Fiori et Tommaso Leddi des Stormy Six
Du spectacle “Benvenuti nel ghetto” (Bienvenue au ghetto) créé par le groupe avec 
Moni Ovadia, à l'occasion des 70 ans de l'insurrection du ghetto de Varsovie.

 

 

« Pourtant est-ce peut-être là où quelqu'un résiste sans espoir, que commence l'histoire humaine, comme nous l'appelons, et la beauté de l'homme. » Yannis Ritsos/Γιάννης Ρίτσος, fragment de « Ελένη », 1970.

 

Ce n'est pas chaud assez,

Pour vous, cet accueil ?

Allons, en avant, courage !

À chaque nouvelle arrivée, un hommage :

 

 

 

 

Entre avril et mai 1943 les Juifs du ghetto de Varsovie — hommes et femmes, vieillards et enfants — se rebellèrent face à la violence des SS et leur tinrent tête, armes la main, pendant presque un mois. Il s'agit du premier épisode de résistance armée contre les nazis ; un épisode d'autant plus significatif que les protagonistes — dans des conditions désespérées d’infériorité militaire et presque total isolement — en furent les victimes désignées de la persécution raciste et du génocide, les « sous-hommes sans honneur » et que les troupes de Hitler s'attendaient seulement à de la lâcheté et de la soumission. Les onze chansons du disque, écrites à l'occasion de l'anniversaire, évoquent le historique épisode sous divers angles.

 

Ferdinand von Sammern, l'officier Waffen SS cité dans « Bienvenue dans le ghetto », conduisit en avril 1943 une première tentative, faillie, de répression de la résistance juive, qui s'était révélée beaucoup plus tenace de prévu. Les combattants juifs disposaient de très peu d'armes conventionnelles (des fusils, pistolets) ; contre les nazis, ils utilisèrent des engins de fortune, surtout bouteilles incendiaires fabriquées selon la méthode du « cocktail Molotov » (du nom du ministre soviétique qu'on disait être l'inventeur).

 

 

 

 

Hommes de von Sammern,
Waffen SS,
Bienvenue dans le ghetto !

Les rues sont un peu étroites
Pour les tanks et les camionnettes.
Sous le blindé !
Je lève ma bouteille et je trinque.

Cocktail Molotov,
Deux parties d'essence et une de phosphore.
Ensuite bien agiter.
Ça te met le feu dans les veines,
Le cocktail Molotov.

Hommes de von Sammern,
Waffen SS,
Bienvenue dans le ghetto !

Ce n'est pas chaud assez,
Pour vous, cet accueil ?
Allons, en avant, courage !
À chaque nouvelle arrivée, un hommage :

Cocktail Molotov,
Deux parties d'essence et une de phosphore.
Ensuite bien agiter.
Ça te met le feu dans les veines,
Le cocktail Molotov.

C'est fort ? Tu savais pas.
C'est un étrange chatouillis,
Naguère, un soviétique l'inventa,
Mais ce sont les Juifs qui le lancent ici..

Cocktail Molotov,
Deux parties d'essence et une de phosphore.
Ensuite bien agiter.
Ça te met le feu dans les veines,
Le cocktail Molotov...

BIENVENUE DANS LE GHETTO  (COCKTAIL MOLOTOV)
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Marco Valdo M.I.
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 16:25

UMSCHLAGPLATZ

 

 

Version française – UMSCHLAGPLATZ – Marco valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Umschlagplatz - Stormy Six2013

Écrite par Umberto Fiori et Tommaso Leddi des Stormy Six
Du spectacle “Benvenuti nel ghetto” (Bienvenue au ghetto) créé par le groupe avec
Moni Ovadia, à l'occasion des 70 ans de l'insurrection du ghetto de Varsovie.

 

 

« Pourtant est-ce peut-être là où quelqu'un résiste sans espoir, que commence l'histoire humaine, comme nous l'appelons, et la beauté de l'homme. » Yannis Ritsos/Γιάννης Ρίτσος, fragment de « Ελένη », 1970.

 

 

Entre avril et mai 1943 les Juifs du ghetto de Varsovie — hommes et femmes, vieillards et enfants — se rebellèrent face à la violence des SS et leur tinrent tête, armes la main, pendant presque un mois. Il s'agit du premier épisode de résistance armée contre les nazis ; un épisode d'autant plus significatif que les protagonistes — dans des conditions désespérées d’infériorité militaire et presque total isolement — en furent les victimes désignées de la persécution raciste et du génocide, les « sous-hommes sans honneur »et que les troupes de Hitler s'attendaient seulement à de la lâcheté et de la soumission. Les onze chansons du disque, écrites à l'occasion de l'anniversaire, évoquent le historique épisode sous divers angles.

 

 

Il y a un terrain, entre la ville et le ghetto
Où tout trépasse et se transforme.
Là, on trie les Juifs et les cageots.

 

 

 

 

Umschlagplatz est le nom « technique » que les SS donnaient à un terrain – originairement destiné à la distribution de denrées alimentaires – où étaient rassemblés les Juifs du ghetto, pour être chargés sur les convois qui les transportaient dans les camps de concentration. Un temps, circula encore la nouvelle qu'il s'agissait de simples camps de travail ; l'idée d'une extermination de masse semblait incroyable. À celui qui partait était remise une miche de pain. Beaucoup voulaient croire à la promesse d'une vie meilleure. « Umschlag » signifie en allemand transbordement mais même changement improvisé, renversement. L'Umschlagplatz de Varsovie est le lieu d'un monde à rebours, où régnait l'arbitraire plus absolu.

 

 

 

Entre les caisses, les soupirs et les coquilles d'oeuf
Siffle et halète la locomotive :
Elle est là pour nous transporter sur l'autre rive,
Dans les champs où naît le monde neuf.
On nous a promis travail et liberté,
Sur l'Umschlagplatz.

 

Il y a un terrain, entre la ville et le ghetto
Où tout trépasse et se transforme.
Là, on trie les Juifs et les cageots.
Toute exception, ici, devient règle,
Et pure vérité, tout mensonge
Sur l'
Umschlagplatz.

 

Ne cherchez pas un siège, un matelas,
Ne posez pas vos paquets sur le pavé.
Que croyez-vous ? Marquez le pas !
Ce n'est pas la fin, ici. On ne fait que passer.
Ici on monte dans le wagon et on y va,
Sur l'
Umschlagplatz.

 

Entre les charrettes de choux et les voitures
Il n'y a pas place pour les bavardage et les plaintes,
La paperasse, les tribunaux, les assemblées.
Pas de problèmes : seulement des solutions.

On commande et on agit sans discussions.
Sur l'
Umschlagplatz.

 

Entre les charrettes de choux et les voitures
Il n'y a pas place pour les bavardage et les plaintes,
La paperasse, les tribunaux, les assemblées.
Pas de problèmes : seulement des solutions.

On commande et on agit sans discussions.

Sur l'Umschlagplatz.

UMSCHLAGPLATZ
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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 14:59

L'EXTINCTION DE LA RACE

 

HUMAINE

 

 

 

Version française – L'EXTINCTION DE LA RACE HUMAINE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – L’estinzione della razza umana – Baustelle – 2013

 

Sur le groupe Baustelle, voir http://it.wikipedia.org/wiki/Baustelle

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=46729&all=1#last

 

 

 

Tournera la terre

Follement belle

Après l'extinction de la race humaine 

 

 

 

 

 

 

Contre moi
Pour

Le faucon
La grenouille
La mort
La plante du thé
Contre toi

Pour

Sauver

L'hirondelle
Les pétales des orchidées

 

La liberté
Que nous appelons en vain
La société
Car son guide est humain

 

Meurt la forêt, survit la tribu
Qui coupe la tête au coq qui ne chante plus
Meurt même l'amour
Qui n'a pas de couleur
Il pleut sur le cadavre durant des semaines
Des cavaliers du travail semblables à Jésus
Nous ne supportons pas les humains
nous ne les supportons plus
Tournera la terre
Follement belle
Après l'extinction de la race humaine

Sans nous
Une ère inhumaine sera
Nulle épidémie de peste ne viendra
Plus jamais nous polluer
Nous balayera
Notre lâcheté proverbiale
De brume nous serons noyés
Et puis l'oubli nous couvrira

 

Contre moi
Pour

Le cobra
La hyène
La croissance des nénuphars
Contre toi
Pour

Les insectes
Les pavots
Les loups
Les hautes marées
La gravité
Car s'envoler est sain

 

 

Meurt la forêt, survit la tribu
Qui coupe la tête au coq qui ne chante plus
Meurt même l'amour
Qui n'a pas de couleur
Il pleut sur le cadavre durant des semaines
Des cavaliers du travail semblables à Jésus
Nous ne supportons pas les humains
Nous ne les supportons plus
Tournera la terre
Follement belle
Après l'extinction de la race humaine 

L'EXTINCTION DE LA RACE  HUMAINE
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Marco Valdo M.I.
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