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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 19:15

FLEUR DE MUR

 

 

 

Version française – FLEUR DE MUR – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson anglaise – Wallflower - Peter Gabriel – 1982

 

 

 

 

 

Libera nos domine !
Laissez-moi rigoler !
Pour fuir la cage aux yeux de verre
Il est vain d'en appeler
À un maître ou à ses notaires.
Moi, je dis à Dieu et à tous ses vicaires.
Noli me tangere.
NOLI ME TANGERE !

 

(http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=10619)

 

 

 

 

 

 

 

Wallflower, FLEUR DE MUR... C'est presqu'aussi bien que Fleur de banlieue, Fleur de Pavé ou Gibier de Potence... Étrange endroit pour faire de la floriculture... Étranges fleurs aussi que ces prisonniers qui poussent entre, sur... les murs. C'est le grand bal des réprouvés de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, le système à ceux qui relèvent la tête, à ceux qui ont la dignité à fleur de peau. Mon propre père a fini ainsi à la suite de ces jours de conversations forcées entre les murs gris... Ses médecins étaient habillés de noir, de runes et de têtes de mort...

 

 

 

C'est une chanson qui me rappelle ce « Mur gris de la prison » [[10316]] ou « La Moisissure de Regina Coeli » [[10179]] ou qui évoque Marco Camenisch ou, ou, ou des milliers, des milliers d'autres... depuis la nuit des temps. En somme, une chanson immémoriale... Ora e sempre : Resistenza ! C'est une chanson qui tisse, elle aussi, le linceul de ce vieux monde répressif, pénitentiaire, incarcérateur, emprisonneur, engeôleur et décidément, cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

6 sur 6 – de paroi à paroi

Volets aux fenêtres, pas de lumière

Le sol est humide ; au lit, tu transpires

Ils tentent de te rendre fou – de te mettre hors de toi

Ils te nourrissent de restes et de mensonges

Pour affaiblir tes défenses, pas de compromis

Tu ne peux rien faire, le jour peut être long

Ton esprit n'arrête pas de tourner, ton corps souffre ainsi

 

Résiste, résiste, résiste, résiste

 

Ils te mettent dans une boîte pour qu'on ne t'entende pas

Garde ton esprit indomptable, ne te décourage pas

Résiste, tu joues ta propre vie

Et seul, tu affrontes la nuit

Tandis que les maîtres des pénitenciers

Dorment derrière des balles, des barres et des pierres

Ils ne voient pas le chemin vers la liberté

Que tu construis avec tes os et ta chair

Ils te sortent, tes yeux brûlent à la lumière

Pas de surprise - Direction l’interrogatoire

Des blouses blanches propres te mitraillent de questions

Leurs yeux sont aussi faux que leur serment d'Hippocrate

Ils te disent de te comporter, te comporter en invité

Tu veux leur résister, alors résiste

Ils te pousseront à tes limites et bien outre

Malgré tout ce qu'ils feront, ne réponds pas

 

Résiste, résiste, résiste, résiste

 

Même si tu disparais, ici, on ne t'oubliera pas

Et je te le dis, je ferai ce que je peux faire.

 

Même si tu disparais, ici, on ne t'oubliera pas

Et je te le dis, je ferai ce que je peux faire.

Je ferai ce que je peux faire.

Je ferai ce que je peux faire.

FLEUR DE MUR
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Marco Valdo M.I.
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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 19:15

LA GENÈSE

 

 

Version française – LA GENÈSE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – La Genesi – Francesco Guccini – 1973


Texte et musique de Francesco Guccini
Album: Opera Buffa
Letra y música de
Francisco Gucini
Album: Opera Buffa
Composuit et harmonizavit Franciscus Guccini
E phonodisco "Opera Buffa" appellato traximus

 

 

 

 

La Genèse dans la Bible d'Olivétan – 1535

LE PREMIER LIVRE DE MOYSE,
DIT LA GENÉSE.

 

La première Bible française traduite sur les textes originaux est imprimée en 1535.

 Pierre-Robert Olivétan est le premier à avoir donné au peuple français une traduction directement établie d'après les textes originaux hébreux et grecs. Sa traduction historique a servi de fondement à toutes les autres traductions françaises de la Bible.

L'imprimeur Wingle édite la Bible d'Olivétan à Serrières, près de Neuchâtel où le traducteur se rend en mars 1535 pour vérifier les épreuves d'imprimerie. En juillet, il retourne aux Vallées. De 1536 à 1538, nous savons qu'Olivétan réside à Genève où il redevient maître d'école et précepteur des enfants de Chautemps, un conseiller municipal.

En 1538, il voyagea en Italie. Sa mort survint probablement en août, à Rome où il fut peut-être empoisonné.

 

 

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, voilà-t-il pas que Venturi se prend pour Ricardo, qui se prend pour Francisco, qui se prend pour Gucini, qui se prend pour Dieu... Le voilà, notre Riccardo, notre Ventu réécrivant la Genèse, la création du monde, paraphrasant, parodiant ainsi Saint Guccini... Et les voilà qui partent à toute allure vers les cieux avec le pape, le diable et son train. Tout un charivari, un tohu-bohu, un sabbath, un carnaval, un bastringue, un bazar, une bacchanale, une dyonisie, bref un fameux bordel, un boxon de première bourre... Dieu, Diable, anges, démons, père, terre, mer, mère et création... Un vrai foutoir universel. J'en ris encore...

 

 

Mais moi aussi, Marco Valdo M.I., mon ami, j'en ris aussi rien que de t'avoir vu rire à le traduire.

 

 

Et puis, Ventu en prophète biblique, il ne manquait plus que ça... Dieu a reconnu le sien.

 

 

Faut dire, dit Lucien l'âne en balançant ses oreilles d'un air coquin, faut dire qu'il est bien beau ainsi et que moi qui les ai vus tous ces gens-là à leurs débuts, car comme tu le sais, ils sont venus au monde bien après moi... Souviens-toi, ils sont tous nés avec la Bible et les prophètes et moi, moi, qui suis de la plus haute Antiquité, moi qui déjà accompagnais Cro-magnon et même, Lucy... Faut dire que Lucy, à moi Lucien, c'est ma copine... Je les entends encore les pithèques qui me disaient quand je me disputais avec elle : « Oh, Lucien, laisse Lucy faire ! »

 

 

Lucifer ? Ah ! , Ah !, comme disait Bosse de nage... Excuse-moi, je t'ai interrompu, mais vraiment elle était trop grande la tentation... D'ailleurs, il y avait un serpent dans le coin de la pièce qui me regardait en riant d'un œil sournois.

 

 

Je te pardonne, ô Marco Valdo M.I., mon ami... Mais, néanmoins, ne nous égarons pas... Reprenons... Donc, moi qui les ai vus à leurs débuts, tous ces dieux, ces anges, ces diables et ces prophètes, je peux dire sans me tromper et sans vous tromper, que le Ventu a le physique de l'emploi, il a la gueule d'un prophète, les yeux d'un démon, les manières d'un ange, la barbe de Dieu et la volubilité d'un apôtre... Dès lors, de quoi il s'étonne... Francisco-Francesco-François Ier, ne pouvait mieux choisir, sauf que... Sauf que si François Ier n'est pas le premier François Ier, l'autre, le vrai François Ier était plus grand et plus majestueux, comme Riccardo, justement... Donc, si François Ier n'est pas Ventu, Ventu est Venturi, Ricardo est Riccardo, il s'agit de ne pas confondre... En fait, on n'entre pas dans les CCG comme dans un moulin, il faut montrer patte blanche et regarder où on met les pieds... D'ailleurs, nous qui « Non siamo cristiani », nous y sommes entrés sur nos sabots noirs d'âne, sur nos pieds somaires... Bref, pour en finir et en venir à la Genèse, ainsi va le vieux monde et nous autres, comme le prophète des CCG, nous y allons aussi tissant son linceul à ce vieux monde plein de fureur et de bruits, imaginé et créé par un idiot, insensé et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien lane

 

 

 

 

UNE TÉLÉPHONADE

de Riccardo Venturi

 

 

 

Pour comprendre cette page, il faut se reporter à un temps pas du tout lointain. J'étais là, dans mon candide petit lit (ô Dieu, vu mes dimensions, « petit lit » c'est façon de parler ; mais du reste, Guccini aussi n'est certes pas un gringalet), lorsque j'ai entendu sonner le téléphone, et j'ai répondu. « Ricardo !  »…

 

« Ah… ? » « Ricardo, éveille-toi, c'est Francesco ». Naturellement, j'ai pensé que c'était mon frère qui, notez-le, s'appelle Francesco ; Venturi Francesco, né à Florence le 6 octobre 1955 (comme frères, nous sommes maintenant tous les deux âgés). « Ah….es-tu à Sesto au boulot ?  », je lui ai dit ; à dire vrai, j'avais remarqué dans sa voix un certain accent espagnol, mais je ne m'en étonne pas : ma belle-sœur, à savoir la légitime épouse de mon frère, est argentine de naissance (Viviani María Josefina Viviana, née à Buenos Aires le 13 mai 1957). « Ma… Ricardo, quizás tu es sbajato… Yo soy Francisco, el tu'papa ! » (Mais... Ricardo, c'est que tu te trompes... Je suis Francesco, ton pape!)

 

J'ai eu un instant de panique ; certes, je connaissais la passion du Souverain Pontife pour les téléphonades, mais jamais je ne me serais attendu à ce que Sa Sainteté téléphone précisément à moi, qui ne passe certainement pas pour un modèle de vertu chrétienne. « Sa… sainteté… ? » « Vraiment yo, Ricardo ! Tu' Santità ! » (Vraiment moi, Ricardo ! Toi, Sainteté!) Me reprenant de ma stupeur, je lui ai posé la question la plus logique à ce moment : à savoir comment le Pape Francesco avait-il décidé de me téléphoner. « Fijuelo », m'a-t-il répondu, « prima de todo escùsame por el disturbo, ma te llamo porque tu me faja un favor personal » (Mon fils, avant tout, excuse-moi pour le dérangement, mais je t'appelle pour que tu me fasses une faveur personnelle). « Une faveur personnelle, Sainteté ? Et laquelle ? »

 

« Eccos...a cuanto me resulta, tu seis uno de los administradores del sitio de las Canciones contra la Guerra, es verdad? » (Voici... Il me revient que tu es un des administrateurs du site des Chansons contre la Guerre, est-ce exact ? ») « Certainement, Sainteté… (là s'est allumé une espèce de petite lumière rouge pour signaler que j'avais battu le record de ma vie dans l'énonciation consécutive du mot « sainteté »)… mais comment pourrais-je vous rendre service ? » « Eccos, fijuelo, tienes que saber que yo viengo muy espesso a visitar el sitio, y me gusta parecho... » (Voici, mon fils, il faut que tu saches que je viens souvent visiter le site, qui me plaît beaucoup...) À ce moment, je n’en croyais pas mes oreilles ; le Pape qui vient sur les Ccg ? ! ? ! Putain… « Fijuelo….ce seis ? » (Mon fils... es-tu là?) « Oui… Saint…. J' y suis… » (Oh, dit Lucien l'âne en se roulant par terre de rire, on dirait Lagardère... Si tu ne viens pas à Venturi... Ou l'inverse, dit ce mécréant de Marco Valdo M.I.)

 

« Eccos, dicebo, me gusta parecho y ho también enviado algunas canciones con uno pseudónimo….Don… » (Voici, disais-je, il me plaît beaucoup et j'ai d'ailleurs envoyé quelques chansons sous un pseudonyme … Don...) « DonQuijote 82 ? ! ? ! ? » « Ma no… Don… aspietta que non me recuerdo… » ( Mais non... Don... Attends que je m'en souvienne...) « Peu importe, Sainteté…. Nous sommes heureux de toute façon de vous avoir comme contributeur…. Mais…. » « Eccos....si que me gusta....però come dire...a volte sul sitio siete un po' biriquiños...con quel percuerso là, come se llama....CCG anticlerical...sitio escomunicado! Ma por Dios, Ricardo, si va bien que lo so que avete tante canciones pias y religiosas, pero....vabbè te perdono porque en fuendo siete bravos muchachos, però ora te ruego un favorcito que no me puedes refiutar. » (Voici... Sûr qu'il me plaît... cependant, comment dire … parfois sur votre site vous un peu taquins avec ce parcours, comment s'appelle-t-il... CCG anticlérical... site excommunié ! Mais par Dieu, Ricardo, heureusement que je sais que vous avez beaucoup de chansons pieuses et religieuses, pourtant... Allez, je te pardonne car au fond vous êtes de bons garçons, et pour le coup, je te demande une petite faveur que tu ne peux pas me refuser.) « Sainteté… Dites-moi… »

 

« Ecco, ho pensado que en el sitio ce estaría bien una bella canción veterotestamentária!”» (Voilà, j'ai pensé que sur ce site irait bien une chanson vétérotestamentaire) « Ah ! Une chanson… sur l'Ancien Testament ? » « Exacto. La verdad de Dios puede exprimirse anche por tramite de vuestro sitio!» (Exact. La vérité de Dieu peut s'exprimer aussi au travers de votre site !) « Je n'en doute pas, Sainteté… cependant… Moi, de chanson de l'Ancien Testament, j'en connais seulement une, et je ne sais pas si… » « Hablas de la Génesis de Francisco Gucini...? » ( Tu parles de la Genèse de Francesco Gucini?) « Sainteté… mais… comment connaissez-vous cette chanson ? … » « A dir la verdad no la conosco, ho solo trovato el título sull'Internet...pero el texto...» (À dire vrai, je ne la connais pas, j'ai seulement trouvé son titre sur Internet... mais le texte...)

 

« El texto, Sainteté, on le trouve partout… et même la chanson sur YouTube ! » « La verdad es que yo no me riesce muy bien de espippolar, fijuelo... Si metto 'Gucini' no me appare nada... » ( La vérité est que moi je ne m'en sors pas bien, mon fils... Si j'écris Gucini rien ne vient...) « Sainteté… si vous écrivez Gucini avec un seul « c », c'est forcé que rien ne vienne… On l'écrit avec deux « C »! » « Va bien, va bien...però yo soy viejo y enoltres tengo que governar la iglesia! Este es el favor que te ruego: potresti mettercela tu, que seis administrador, questa canción que no dubito es muy divota y santa? Tiene que serlo por fuerza, visto que su autor se llama Francisco lui también!”» (D'accord, d'accord... mais moi, je suis vieux et en outre, je dois gouverner l'église ! Voici la faveur que je te demande : pourrais-tu la mettre toi, qui es administrateur, cette chanson qui sans doute est très dévote et très sainte ? Je pense qu'elle doit forcément l'être, vu que son auteur s'appelle également Francisco lui aussi!) « Comment pourrais-je refuser ? (là, j'ai émis un léger ricanement satanique).

 

Non seulement je vais l'insérer, mais je veillerai même à faire une belle traduction en castillan ! » « Lo sapevo che en fuendo seis muy bueno de animo, fijuelo...! Y vista la importancia dogmática que esta canción debe haber, teniendo cuenta delle tue capacidades linguísticas, porque no la traduces también en los idiomas bíblicos?...” » (Je le savais qu'au fond, tu étais de bonne composition, mon fils !...Et vu l'importance dogmatique de cette chanson, tenant compte de tes capacités linguistiques, pourquoi tu ne la traduirais pas dans les langues bibliques?)« Sainteté… en latin et grec ancien, je pourrais essayer… mais traduire 'télévision' en hébreu biblique me semble un peu ardu… » « Yo soy seguro que ce la farais...Adios fijuelo y gracias! Attiendo la canción sul sitio con ansia...! » (Moi, je suis certain que tu y arriveras... Au revoir mon fils et merci ! J'attends la chanson sur le site avec impatience...!) Et il a raccroché. Que dire ? Il m'a fallu une petite minute pour remettre ; et le mieux est que ce distrait de Papa le meilleur des 3% des autres papes de la même bande, a oublié aussi de masquer le numéro de son portable.

 

Ainsi j'ai aussi le numéro du portable du Papa, que je vendrai au plus offrant (du genre la revue populaire « Ci Facciamo I Cazzi Vostri ») en me mettant à l'abri pour toute la vie. Entretemps, j'obéis volontiers à l'aimable demande du Souverain Pontife, et j'insère cette célèbre chanson de Francisco Gucini, qui parle justement de la Création du Monde. « Bereshìt triche Elohìm » et « hashamàyim veèt haèrets ». Puis, ce sera mes oignons de traduire « télévision » en hébreu biblique (en latin, on trouve), et même « petites boîtes de Simmenthal »… ; mais une promesse est une promesse. Pour l'instant, cependant, voilà le texte en italien, et Sa volonté soit ainsi faite ; cependant, à y repenser, ce Guccini-là en sait toujours plus que le diable. À moi c'est le Pape qui a téléphoné, d'accord, mais à lui directement, le Père Éternel. Ach so ! [R.V.]

 

 

 

 

 

Une chanson beaucoup plus… plus… sérieuse et plus engagée, j'oserais dire très engagée ; une chanson qui m'a été inspirée… ça ne m'arrive pas souvent, cependant cette chanson m'a été inspirée directement d'en haut.

 

J'étais là, dans mon candide petit lit, et j'ai entendu une voix qui disait : « Francesco ! » Je dis : « Quoi…, qui c'est ? » Je dis « Ohé ? » Elle dit… « réveille-toi, je suis ton Dieu ». Et alors ainsi, de cette façon sollicité, j'ai pensé …… faire un opéra colossal et mettre en musique l'Ancien Testament. Pour l'instant, j'ai réussi à faire seulement la Genèse… qui est la vraie histoire de la création du monde.

 

Pour comprendre notre histoire
Il faut se reporter à un temps lointain.
Il y avait un vieux à la barbe blanche
Lui, sa barbe et le reste étaient pleins de rien
Vous comprendrez aisément
Que tout seul, ce vieux devait s'ennuyer
Il faut ajouter qu'inexplicablement
Personne n'avait inventé la télé.
« Be', pas grave », pensa le vieillard
« Un de ces jours, je vais le faire.
Cela semble impossible, mais modestie à part
Pour ce genre d'affaire, Dieu sait y faire. »

 

Dixit. Puis, il toucha un fil dénudé
Il fut secoué et se mit à gronder.
Pour la télé, c'était râpé
Mais l'Univers venait d'être créé !
« Comme je suis bon à tout faire
Je t'ai créé l'Univers !
Il ne me semble pas mal
Je suis vraiment un type génial !
Silence Lucifer, ne me fais pas d'ombre !
Ne jette pas toujours le doute !
Eh bien oui, je l'admets, ce sera un peu sombre
Mais ne dis plus qu'on n'y voit goutte !

 

« Ce sont des gros mots que je ne supporte pas ! » dit le vieillard à Lucifer, « et puis, s'il y a une chose que je ne peux pas supporter, ce sont les critiques ; fais-le toi-même l'Univers, si tu en es capable ! dit le vieux qui était de Modène par sa mère. « Je parle clair : pain au pain, vin au vin, et même, vin saint au vin saint. Je suis bon et brave mais s'ils me collent cinq siècles, je t'envoie en enfer aussi vrai que je suis Dieu ! »


Puis survolant les marais stagnants
Et les mers de cet univers méconnu
Alors qu'il se pensait soi-même pensant
Il se sentit un peu perdu, au milieu de ce noir.
Il heurta des jambes un amoncellement
Puis, une tragique chute un soir
Sur l'Himalaya lui claqua les ligaments.
Le coup lui fit quand même un peu mal.
Il fit crouler un gigantesque continent
En l'effleurant de sa sandale
Il fut content qu'il n'y eut pas encore de gens
Qui lui auraient reproché ce mouvement.

 

Quand le noir le mit sous pression
Il dit tendant le bras droit
« Diable d'ange, tu avais raison !
Qu'on installe une centrale, que la lumière soit !
Commutateurs, transformateurs
Barrages hydro-électriques et isolateurs
Turbines, dynamos et transistors
Pour mille installations de projecteurs
Aubes et boréales aurores
Jours, crépuscules, tropiques, équateur
Faites ça bien, je ne regarde pas aux frais
À la fin du mois, je règle vite fait! »

 

Lucifer, toi, tu n'a pas à savoir comment je m'en sors à la fin du mois. Mais quelle corruption ? Une main lave l'autre, comme on dit ; tu voudrais que dans ma position, je ne connaisse personne ? Cependant entretemps, les gars, allez y doucement car la facture, c'est à moi qu'on l'apporte. Vous m'avez laissé la lumière allumée au pôle six mois, six mois, si, six mois ! Heureusement, il y faisait froid ! Les surgelés, je dois bien les garder quelque part. Maintenant tenez-vous la éteinte six mois comme… et puis ces gars-là, comment on les appelle ces gamins qui vont avec cette chose… l'auréole, on l'appelle ? Non non, pas-m pies menga, non non non, garçons, ces choses là… je vous invente le péché d'orgueil et je vous coince tous ah, maintenant, je vous le dis… Il faut les gagner… vous, à part le fait que vous ne m'adorez pas assez. Non non non… Lucifer… c'est inutile que tu t'excuses : adorer signifie ne jamais dire : « Ça me déplaît » ! Tiens le toi pour dit !

 

Vous, voilà, je vous donne… Tous les dix actes d'adoration, je vous donne un bon ; tous les dix bons, vous envoyez la carte comme le 6 janvier (Ah, oui ! C'est la Beffana... Une vraie laide celle-là... le pendant féminin du père Fouettard, dit l'âne Lucien d'un air subtil)… parce que j'ai… puis j'ai une tout autre idée en tête, pour le m… faisons l'Auréolissime, c'est une fête qui me semble très belle… Plutôt Lucifer, ne fais pas semblant… Viens ici, mon garçon. Comme il est… on m'a dit que tu as imprimé un livre : le petit livre rouge de tes pensées… oh, la belle chose : le petit livre rouge des pensées de Lucifer. Les gars, ça me plaît… mais qu'est-ce que ça veut dire de gauche, de gauche… Ne suis-je pas social-démocrate moi aussi ? En avant au centre contre les extrémismes opposés ! Ah, mais… Non non, nous n'y sommes pas, pas du tout. Ici, d'abord, s'il y a un qui peut penser, c'est moi… et ne charriez pas mon fils, ce baba, avec tous les sacrifices que j'ai faits ; pour moi, il finira mal. Ah me, me a tal deg, finisce male. Et attention toi et lui, j'ai des solutions pour vous qui ne vous plairont pas, par Dieu. Et ne me regardez pas de travers car ici par Dieu, je dis ce que je veux, quand et comme il me semble ! »

 

La lumière faite, on y vit plus clair
Une boule tournait dans l'éther.
Il pensa, elle est bien étrange celle-là
Et secouant la tête, qui ne fait rien, ne se trompe pas.
Lucifer rit en clignant des yeux,
Quand lui et les anges furent entre eux.
« Regardez quelle affaire ! On voit qu'il est vieux !
Il lui a fait les pôles tout écrasés ! »
« Pour remplir ce beau décor
Je veux y mettre un tas de plantes.
Allez, Lucifer, fais un effort
Outils, graines, engrais, fientes

Je veux un jardin plein d'arbres tropicaux
Et je le veux peupler d'animaux !
Mais que fait ce chien que j'ai à peine conçu ?
Quel Judas ! Il m'a mordu !

 

Plutôt, faites-le voir par un vétérinaire, je ne voudrais pas avoir déjà créé la rage… Qu'est-ce que je n'ai pas encore créé ? Je le savais : l'homme , je ne l'ai pas créé ! Merci, vous me faites toujours faire tout, c'est toujours à moi de faire. Ici, s'il n'y a pas moi pour penser à tout...D'accord, personne n'est parfait...Si, je le sais que je suis l'Être très parfait, Créateur et Seigneur. Merci ! Maintenant, je te transforme en serpent comme ça tu apprendras, rampe donc ! Ouste ! » Et ils rapportèrent au vieux ce qu'il en restait : il y avait… un peu de fromage, deux petites boîtes de Simmenthal… Il les rangea et puis…

 

Il prit un peu d'argile dans un pot
Il fit la chair, il fit les os
Il cracha dessus, il y eut un grand bruit
Et voilà, l'homme est né ainsi.

C'était un vendredi 13 de l'an zéro du Paradis !

 
 
LA GENÈSE
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Marco Valdo M.I.
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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 17:27

LE GARDIEN

 

 

Version française – LE GARDIEN – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Wer hütet uns bei Tag und Nacht (Der Posten) – Alfred Schrappel – 1933


Sur la mélodie populaire du dix-huitième “Das Wandern ist des Müllers Lust”.
Texte tiré de Volksliederarchiv
Chanson présentée dans le volume édité par Guido Fackler intitulé“Des Lagers Stimme - Musik im KZ - Alltag und Häftlingskultur in den Konzentrationslagern 1933-1936”, pubblicato nel 2000.
Nella raccolta in 3 CD “O bittre Zeit - Lagerlieder 1933-1945”.

 

Petit film instructif : http://www.dailymotion.com/video/xpjwtb_colditz-les-evades-de-la-forteresse-d-hitler_school

 

 

COLDITZ OU LA VIE DE CHÂTEAU

 

 

 

 

 

 

Lorsque je suis tombé sur cette chanson, j'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un texte d'humour amer et sarcastique écrit au camp de concentration de Colditz par un prisonnier antinazi. De cet Alfred Schrappel à qui elle est attribuée et dont on ne sait rien… Heureusement j'ai fait quelque vérification et sur le volume « The United States Holocaust Memorial Museum. Encyclopedia of Camps and Ghettos 1933-1935 », par Geoffrey P. Megargee, j'ai découvert que les gardes de Colditz, comme forme d'acharnement et de torture et « de rééducation », forçaient les prisonniers à chanter tous les soirs des airs patriotiques et des hymnes nazis, et cdlui qui ne le faisait pas, ou qui le faisait avec insuffisamment enthousiasme, était massacré de coups… Une de ces chansons est précisément ce « Der Posten » « LE GARDIEN » et donc, Schrappel était probablement un garde qui l'avait expressément composée, sur un mode ironiquement laudatif, pour les soirées de chant auxquelles les nazis « invitaient » les prisonniers…
Il s'agirait donc d'une des rares, si pas l'unique, Chanson contre la Guerre sur le thème du totalitarisme nazi composée non par une victime mais par un bourreau…

 

 

 

 

Qui jour et nuit sur nous veille ?
Qui protège notre sommeil ?
Le gardien !
Il nous accompagne à chaque instant,
Avec enthousiasme en marchant,
Au pas ou nonchalant.
Le gardien !

 

Qui nous réveille tôt quand nous rêvons ?
Qui fournit le peigne et le savon ?
Le gardien !
Puis, se précipite chez la fée de la cuisine,
Nous chercher le café, le beurre et la tartine
Et pour nous, adoucit la routine.
Le gardien !

 

Qui conduit les malade à l'infirmerie ?
Qui avec nous affronte la bière et l'eau-de-vie ?
Le gardien !
Il est là quand on coupe du bois,
Les oignons, à l'évier, peu importe quoi,
Jusqu'à ce que tu sois libre, qui est auprès de toi ?
Le gardien !

Qui te fait fumer pour ton argent ?
Qui c'est qui t'écoute attentivement?
Le gardien !
Qui t'enseigne le demi-tour, à droite, à gauche ?
Qui, quand tu te comportes bien, fait ton éloge ?
Grâce à qui es-tu toujours à la page ?
Le gardien !

 

Qui chante de belles chansons avec toi ?
Qui est soucieux quand ça ne va pas ?
Le gardien !
Rien, rien n'est assez bien pour toi
À la visite, il reste près de toi,
À la corvée purin, malgré l'odeur, il est là !
Le gardien !

 

Qui te retire de la liste des punis?
Qui t'envoie le soir dans ton lit ?
Le gardien !
Qui veille sur ton cantonnement ?
Qui écoute tes ronflements ?
Qui t'assure un sommeil sans dérangement ?
Le gardien !

 

Qui te conduit chez le commissaire,
Pour qu'enfin on te libère ?
Le gardien !
Qui te remets tes lettres et tes colis?
Qui enfin à la sortie te conduit ?
C'est – tous en chœur et d'un seul cri :
Le gardien !

 

LE GARDIEN
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Marco Valdo M.I.
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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 20:12

BERCEUSE DU CONVOI VERS LA POLOGNE

Version française – BERCEUSE DU CONVOI VERS LA POLOGNE – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson tchèque de langue allemande – Wiegenlied vom Polentransport – Ilse Weber – 1944

(http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=46670&lang=it)




Poème d'Ilse Weber mis en musique par Bente Kahan, interprète norvégienne de musique juive.
Sur le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti les années suivantes en allemand et en anglais.



 

Convoi pour le camp







Ilse Herlinger Weber était une poétesse et écrivaine d'origine tchèque et de religion juive.
À Prague, où elle vivait, elle écrivit de nombreux récits pour l'enfance et réalisa de nombreux programmes radiophoniques pour les enfants. Après l'occupation nazie, en 1939, elle réussit à sauver son aîné Hanuš en l'envoyant en Suède par un « kindertransport » . Ensuite, elle, son mari et le plus jeune des enfants furent enfermés dans le ghetto de Prague et ensuite, internés au camp de Theresienstadt. Là, où furent déportés de très nombreux enfants, Ilse Weber fut infirmière dans le département enfants de l'infirmerie locale. Durant cette période, pour atténuer les peines des petits, elle composa de nombreuses poésies qu'elle improvisait en chansons en les accompagnant à la guitare. En octobre 1944, son mari Willi fut choisi pour le transfert à Auschwitz et Ilse demanda à le suivre. Elle et son fils Tommy furent tués dès leur arrivée. Willi survécut et put ensuite embrasser son fils Hanuš.

 

Certainement un des derniers poèmes composés par Ilse Weber, écrit sur le train qui l'emportait vers Oświęcim (Auschwitz), en Pologne, avec son mari et son fils plus petit… peu de temps après leur arrivée au camp, Ilse et Tommy – comme tant d'autres, surtout des femmes, des enfants et des vieillards – seront emmenés aux « douches » pour la « désinfection »…

« Les étoiles brillent lumineuses et pures,

 

Je ne serai pas longtemps triste,
Dieu est aussi en Pologne.… »

 

 

 

Dors, mon petit, tu es tellement fatigué
Le train chante sa chanson monotone,
La nuit vient sur ses pieds légers..
Tu es encore petit et tu dois dormir encore,
Garde tes doux yeux fermés,
On roule maintenant vers la Pologne.

 

Dors, mon enfant, on est déjà loin,
Ah, depuis longtemps dans l'obscurité
Du pays, qu'ils nous ont volé.
Nous l'avons aimé, on nous l'a enlevé.
Assis en silence, on ne dit rien,
Et on sera en Pologne – demain.

 

Dors, mon mon petit gars, je veille sur toi,
De ton doux repos, j'augure
Réconfort et force, pour moi.
Les étoiles brillent lumineuses et pures,
Je ne serai pas longtemps triste,
Dieu aussi est en Pologne. 

BERCEUSE DU CONVOI VERS LA POLOGNE
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Marco Valdo M.I.
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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 19:52

LA FAIM

 

Version française – LA FAIM – Marco Valdo M.I. – 2014

à partir des morceaux épars rassemblés par les Chansons contre la Guerre

(http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=46671)

d'une

Chanson tchèque de langue allemande – Die Hungernden – Ilse Weber – 1944

 

Un poème d'Ilse Weber mis en musique par Bente Kahan, interprète norvégienne de musique juive.
Sur le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti les années suivantes en allemand et en anglais.

 

 

La faim, la faim, la faim est toujours là

Elle ronge leurs os ; dans leur corps, elle emménage 

Et creuse profondément leurs visages.

 

 

Ilse Herlinger Weber était une poétesse et écrivaine d'origine tchèque et de religion juive.
À Prague, où elle vivait, elle écrivit de nombreux récits pour l'enfance et réalisa de nombreux programmes radiophoniques pour les enfants. Après l'occupation nazie, en 1939, elle réussit à sauver son aîné Hanuš en l'envoyant en Suède par un « kindertransport » . Ensuite, elle, son mari et le plus jeune des enfants furent enfermés dans le ghetto de Prague et ensuite, internés au camp de Theresienstadt. Là, où furent déportés de très nombreux enfants, Ilse Weber fut infirmière dans le département enfants de l'infirmerie locale. Durant cette période, pour atténuer les peines des petits, elle composa de nombreuses poésies qu'elle improvisait en chansons en les accompagnant à la guitare. En octobre 1944, son mari Willi fut choisi pour le transfert à Auschwitz et Ilse demanda à le suivre. Elle et son fils Tommy furent tués dès leur arrivée. Willi survécut et put ensuite embrasser son fils Hanuš.

 

Dessin de Helga Weiss, juive tchèque, internée à Theresienstadt à 12 ans, en 1941. Son père lui recommanda de dessiner tout ce qu'elle voyait. Helga finit ensuite à Auschwitz et à Mauthausen, mais elle réussit à survivre, et comme tant de ses dessins.

 

 

 

Ils vont leur chemin à pas las,
La faim, la faim, la faim est toujours là
Elle ronge leurs os ; dans leur corps, elle emménage
Et creuse profondément leurs visages.

 

Ce qui anoblit l'homme et l'honore
La faim, la faim, la faim le dévore.
Elle brise la fidélité, elle renie la parole
Et pour un bout de pain sec, elle vend la conscience .

 

Et ce que ne peuvent ni le pouvoir, ni le juge,
La faim, la faim, la faim l'impose.
L’esprit s'altère, l'inflexible orgueil
Comme la neige fond au soleil.

 

Fleurit l'envie, pousse la malveillance,
On est aveugle, dur pour l'autre et sa souffrance.
Que faire de ce que le prochain ressent,
Quand la faim dans le corps s'épand ?

 

Difficile de passer outre,
Quand ils mendient sur le chemin.
Que la honte soit sur qui repousse les pauvres
Et sans gêne comble sa propre faim .

 

 
LA FAIM
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Marco Valdo M.I.
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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 09:37

NOUVEL HUMANISME

 

 

Version française – NOUVEL HUMANISME – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Nuovo Umanesimo – Eugenio Finardi – 2012

 

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=44132

 

 

Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

 

 

 

 

 

Ah, dit Lucien l'âne en tournant la tête, avec un pareil titre, on dirait une chanson philosophique...

 

Et c'en est une, dit Marco Valdo M.I. Je peux te le dire, car je viens de la traduire. Je peux même ajouter qu'elle devrait en quelque sorte te ravir, car elle sonne comme un « mea culpa » prononcé au nom de l'espèce humaine.

 

 

En effet, dit Lucien l'âne, d'un certain point de vue, il y a de quoi. Mais c'est de la myopie... Peux-tu d'abord un peu préciser ou détailler ce qu'elle met en avant et ce qu'elle invoque pour ce « mea culpa » spécifique.

 

 

Je résume, dit Marco Valdo M.I., pour le reste, tu iras toi-même voir les détails. Elle parle, cette canzone, au nom de l'espèce, elle la décrit violente – l'espèce de Caïn, destructrice (de sa propre terre), dépendante (de ses passions et de ses drogues), peureuse face à la liberté...

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., tout cela est sans doute exact, mais, et c'était le sens de ma remarque sur sa myopie, c'est qu'il y a au cœur de toute cette réflexion comme une confusion et elle est de taille. Si toutes ces caractéristiques sont exactes, elles ne concernent pas toute l'espèce... Souviens-toi de la Guerre de Cent Mille Ans, on ne saurait mettre dans le même panier – peu importe s'il agit de personnes ou de groupes, on ne peut mettre dans le même sac les assassins et les victimes, les destructeurs et ceux qui luttent pour préserver la planète, les dépendants et les insoumis, les fanatiques autoritaires et les libertaires... Ce mélange des genres fait perdre de vue la réalité, noie le poisson et en finale, empêche toute solution au mal qui est dénoncé.

 

 

En somme, on se lamente sur le destin commun, sans en désigner les antagonistes et sans voir qu'il pourrait être différent selon comment on agira – action qui elle-même découle des événements et des déterminismes de cet antagonisme. Ce que tu suggères, c'est que l'espèce n'est pas tout entière celle des singes violents, destructeurs, fanatiques, autoritaires, et pour tenir compte de la Guerre de Cent Mille Ans, exploiteurs, oppresseurs, avides, mercantiles...

 

 

Et c'est même une minorité, même si elle entraîne de gré ou de force, par l'appât du gain ou par la chicotte, une grande partie de ses congénères. L'espèce humaine n'est pas uniforme... Elle est au minimum duale – les riches et leurs affidés d'un côté, les pauvres de l'autre. Les riches avec leur main invisible, leur « combat pour la vie » (struggle for life), leur confusion, leur propagande ont intérêt à faire croire que l'homme est unidimensionnel, qu'il est naturellement intéressé, qu'il est naturellement conquérant, dominateur, vil, avide, malhonnête... Alors que tout dans l'Histoire et la préhistoire prouve le contraire. Sans la solidarité, sans des relations pacifiques, pacifiées et pacificatrices et non intéressées, sans un sens commun de ce qui est correct et de ce qui ne l'est pas, sans des comportements débarrassés d'ambition, d'avidité, de domination, de supériorité, d'appartenance... il n'y aurait plus eu d'espèce humaine depuis très longtemps.

 

 

Cependant, Lucien l'âne mon ami, je t'assure que la canzone est critique vis-à-vis de monde des riches ; elle rêvait d'un autre monde, elle aspire à un autre monde...

 

 

C'est bien pour ça que j'ai parlé de myopie... En deux mots, ce qui pose problème, c'est l'unanimisme de l'humanisme ... Cela dit, elle est très bien, cette chanson. Mais j'arrête là, car il nous faut reprendre notre tâche qui consiste, comme tu le sais très bien, à tisser le linceul de ce vieux monde destructeur, dominateur, mercantile, avide et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Il faut un nouvel humanisme maintenant
Car nous sommes les violents
Nous sommes les singes assassins
L'espèce de Caïn

 

Pleins de nobles motivations, en somme
Mais quel animal est donc l'homme ?
Il détruit et continue à aimer
L'unique terre qu'il peut habiter.

 

Animal aux instincts troubles
Pris pour des sentiments
Auxquels nous sommes obéissants
Nous, les ombres évanescentes.

 

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

 

Il faut un nouvel humanisme maintenant

Car nous sommes si dépendants
De nos lieux communs, de nos substances
De nos geôliers
Nous voulons être esclave ou dominer
Mais ça ne fait aucune différence

Par peur de penser et d'être libres
Nous nous soûlons de ridicule gloire
Nous ne voyons même plus l'histoire.

 

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

 

Où sont les voyages vers les étoiles
Et la justice sociale
Et les élans vers l'Utopie
Du bien-être intégral
Et les machines à soulager la vie
Que le travail ne devait plus voler ?
Le Soleil de l'Avenir est déjà levé
Et il brûle à faire mal

 

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à chanter.

NOUVEL HUMANISME
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Marco Valdo M.I.
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 16:05

1969 – Carmen et la Lune

 

Canzone française – Carmen et la Lune – Marco Valdo M.I. – 2012

Histoires d'Allemagne 70

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Je suis Carmen, née dans la Ruhr

Je suis Carmen et j'ai connu l'amour.

 

 

 

 

 

Voici donc, mon ami Lucien l'âne, une nouvelle Histoire d'Allemagne, celle de l'année 1969. Et voici, une nouvelle narratrice, elle s'appelle Carmen et cette année-là, elle fréquentait du haut de ses deux ou trois ans la crèche des étudiantes mères célibataires de Bochum. Par parenthèse, le combat pour des crèches est toujours d'actualité... et en Allemagne, plus encore depuis la disparition de la République Démocratique... Et afin que nul n'en ignore, cette très jeune personne se présente dès le début de la canzone : « Moi, Carmen l'indomptable... »

 

 

Ça promet, dit Lucien l'âne secoué par un rire quelque peu explosif. Elle ne manque pas d'air, si tu veux mon avis.

 

 

Cette Carmen est une personne fort pétillante et assez fière d'elle-même. Et elle ne manque pas d'air... Tu ne pouvais mieux dire. En effet, elle n'hésite pas un instant à s'assimiler à la célèbre Carmen de Bizet [[http://www.youtube.com/watch?v=djsuP0uta7s]], dont elle nous chante sans atermoiement les deux airs les plus connus. C'est sa carte de visite en quelque sorte. Et quelle présentation de soi-même : « Si je t'aime, prends garde à toi... ». Elle raconte la crèche de son enfance et les événements qu'une enfant a pu retenir de ces temps lointains. Je te les résume : la mort de Jan Palach, les deux astronautes sur la Lune, l'élection de Willy Brandt comme chancelier et les péripéties de la vie dans son monde de la crèche... Ces péripéties d'enfants montrent d'ailleurs la différence d'approche entre les « prolos » et les étudiants. Question cruciale à cette époque où les étudiants, du moins, une partie d'entre eux, tentaient de se fondre dans le monde ouvrier...

 

 

À mon sens d'âne, elle le reste. Il va de soi que cela ne peut concerner qu'une frange des étudiants et par extension, la frange des ex-étudiants, diplômés ou non, devenus « manœuvres intellectuels » – autrement dit, ceux qui ne renient pas leur révolte et sont rétifs aux sirènes des riches. Ceux qui gardent en leur tête et en leur cœur notre sentence : Ora e sempre : Resistenza ! Ce sont ceux-là qui ont choisi le camp des pauvres dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leur puissance, de multiplier leurs profits, d'étendre leurs propriétés, d'imposer le travail obligatoire, de voler la vie des pauvres gens. Je ne sais trop combien ils sont, mais ils ont tout du tisserand, du canut qui tisse jour après jour, comme nous entendons le faire, le linceul de ce vieux monde ennuyeux, plein de vide, insupportable, chaotique et cacochyme (

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Je te le dis, moi, Carmen l'indomptable

L'époque est folle et tout est difficile

Sans mentir, le monde est vraiment insupportable

Dis-donc Carmen, de quoi s'agit-il ?

 

Je suis Carmen, née dans la Ruhr

Je suis Carmen et je connais l'amour.

Et quand on parle de Carmen

On entend toujours cette rengaine :

« L'amour est enfant de Bohême,

Il n'a jamais, jamais connu de loi,

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,

Si je t'aime, prends garde à toi ! »

Ou encore

« Toréador, en garde !

Toréador ! Toréador !

Et songe bien, oui, songe en combattant

Qu'un œil noir te regarde

Et que l'amour t'attend,

Toréador, l'amour, l'amour t'attend ! »

 

En 1969, dit Carmen, hélas...

L'année avait mal commencé

À Prague, sur la place Wenceslas,

Jan Palach par le feu s'était immolé

 

J'étais encore à la crèche des étudiantes

Une vraie crèche de la fin des années soixante

Autogestion, assemblées, ça discutait

Maman n'était pas étudiante, elle nettoyait

 

À Bochum, notre crèche dans des bureaux

Finalement, c'était plutôt rigolo

Au début, y avait les enfants d'étudiantes célibataires

Et plus tard, sont venus les enfants de prolétaires

 

Nous les prolos, on a foutu le bordel, à peine arrivés

Avec leurs méthodes, ils n'arrivaient pas à nous calmer

Nous les mômes, on voulait tout et rien partager

Les poupées, les jouets, on voulait tout garder.

 

À l'été, moi et les autres, scotchés à la télé

On zyeutait les hommes sur la Lune

Avec leurs étranges costumes

Et leur drôle de drapeau étoilé.

 

On a dessiné tout ça : par terre, sur les murs

Après, ma mère a tout nettoyé...

Et puis, aux élections, c'est sûr

C'est son Willy qui a gagné

 

Croyez-moi ou ne me croyez pas

Après tant de temps, j'en rêve encore moi

De la crèche des étudiantes

De la fin des années soixante.

 

Je suis Carmen, née dans la Ruhr

Je suis Carmen et j'ai connu l'amour.

Et quand on parle de Carmen

On entend toujours cette rengaine :

« L'amour est enfant de Bohême,

Il n'a jamais, jamais connu de loi,

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,

Si je t'aime, prends garde à toi ! »

Ou encore

« Toréador, en garde !

Toréador ! Toréador !

Et songe bien, oui, songe en combattant

Qu'un œil noir te regarde

Et que l'amour t'attend,

Toréador, l'amour, l'amour t'attend ! »

 

Dis-donc Carmen de quoi s'agit-il ?

L'époque est folle et tout est difficile

Sans mentir, ce monde est vraiment insupportable

Je te le dis, moi, Carmen l'indomptable.

1969 – Carmen et la Lune
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Marco Valdo M.I.
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 15:57

MONOLOGUE DE LA VALISE

 

 

 

 

 

Ça ne doit pas être facile pour un aveugle,

De me retrouver dans ce tas de valises

 

 

Version française – MONOLOGUE DE LA VALISE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson tchèque de langue allemande – Ein Koffer spricht – Ilse Weber – 1944

 

Une poésie d'Ilse Weber mise en musique par Bente Kahan, une interprète norvégienne de musique juive.
Sur le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti dans les années suivantes en allemand et en anglais.

 

 

Je viens de Francfort-sur-le-Main, je suis une valise
Et je cherche mon homme, où peut-il être seulement ?
Il porte une étoile ; il est âgé et aveugle
Il me traitait bien, comme si j'étais son enfant.

 

Il m'a souvent appelée son amie de voyage,
Je sens encore sa main soigneuse.
Je suis de fibre vulcanisée, on peut encore le lire,
Et avant, j'étais propre et claire.

 

J'ai accompagné mon homme bon an mal an,
Cette fois-ci aussi. Mais il est seul maintenant .
Il est âgé et aveugle, où est-il passé ?
Et pourquoi me l'a-t-on enlevé ?

 

Pourquoi suis-je restée dans cette cour de caserne ?
Son nom est quand même écrit sur ma robe.
Maintenant, ma serrure ne tient plus, je suis sale,
On m'a pillée, je suis quasiment vide.

 

Il reste juste un mouchoir, un bol
Et son service en plomb pour aveugle.
Tout a disparu, les médicaments, le pain.
Il a besoin de moi, il me cherche, c'est certain.

 

Ça ne doit pas être facile pour un aveugle,
De me retrouver dans ce tas de valises

Je comprends difficilement aussi,
Pourquoi on nous laisse inutilement ici.

 

 

Je suis une valise, je viens de Francfort-sur-le-Main,
Et je cherche mon homme, il est si seul ce matin.

MONOLOGUE DE LA VALISE
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Marco Valdo M.I.
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:29

LETTRE À MON ENFANT

 

 

 

Version française - LETTRE À MON ENFANT – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson tchèque de langue allemande - Brief an mein Kind – Ilse Weber – 1944.

 

Paroles d'Ilse Weber (1903 – 1944), écrivaine tchécoslovaque de religion juive

Musique de Dariusz Świnoga et de Bente Kahan, interprète norvégien de musique juive.
Dans le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti dans les années suivantes aussi en allemand et en anglais.

 

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=46663

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ilse Herlinger Weber était une poétesse et écrivaine d'origine tchèque et de religion juive.
À Prague, où elle vivait, elle écrivit de nombreux récits pour l'enfance et réalisa de nombreux programmes radiophoniques pour les enfants. Après l'occupation nazie, en 1939, elle réussit à sauver son aîné Hanuš en l'envoyant en Suède par un « kindertransport » . Ensuite, elle, son mari et le plus jeune des enfants furent enfermés dans le ghetto de Prague et ensuite, internés au camp de Theresienstadt. Là, où furent déportés de très nombreux enfants, Ilse Weber fut infirmière dans le département enfants de l'infirmerie locale. Durant cette période, pour atténuer les peines des petits, elle composa de nombreuses poésies qu'elle improvisait en chansons en les accompagnant à la guitare. En octobre 1944, son mari Willi fut choisi pour le transfert à Auschwitz et Ilse demanda à le suivre. Elle et son fils Tommy furent tués dès leur arrivée. Willi survécut et put ensuite embrasser son fils Hanuš.

 

Cette lettre d'Ilse Weber à son fils Hanuš ne fut jamais expédiée, bloquée de la censure nazie. Elle fut délivrée après la guerre à une écrivaine suédoise, Amelie Posse, par une femme, Margarete Waern, survivante du camp de concentration de Ravensbrück. Amelie Posse traduisit la poésie en suédois et elle la fit publier dans un quotidien. Ce fut ainsi que le fils Hanuš put finalement lire la lettre que sa mère lui avait écrite six ans auparavant.

 

 

 

 

Mon cher garçon, il y a aujourd'hui trois ans
Tu es parti tout seul dans le monde.
Je te vois encore là à la gare de Prague,
Timide et contrit, du compartiment,
Penchant tes boucles châtain vers moi
Et implorant : garde-moi près de toi !

Que nous t'ayons fait partir, t'a semblé bien dur
Petit et tendre, tu avais huit ans à peine .
Et quand sans toi, nous sommes rentrés à la maison,
Là, j'ai cru que mon cœur allait se briser
Et malgré tout, je suis heureuse, tu n'es pas ici.

La femme étrangère, qui t'a protégé,
Ira au ciel sûrement .
Je la bénis à chaque instant
Et tu ne l'aimeras jamais assez.

C'est devenu si pénible autour de nous,
On nous a tout enlevé, il ne nous reste plus rien
Notre maison, notre pays, pas même un coin,
De ce que nous aimons, même pas un petit bout .

Jusqu'à ton petit train et son chemin de fer
Et le petit cheval à bascule de ton frère …
On ne nous a même pas laissé nos noms :
Comme le bétail marqué, par les ruelles nous allons
Des numéros autour du cou. Je n'aurais pas à m'en faire,
Si j'étais dans la même maison que ton père !

Le petit aussi ne peut pas rester avec sa mère…
Dans la vie, je n'ai jamais été si seule.
Tu es encore petit, et tu le comprends à peine…
On est tellement dans la même pièce.

Couchés corps contre corps, on ressent la douleur
Et la solitude aussi est pleine de douleur.

Mon garçon, comment tu vas, comment tu apprends ?
Personne ne chante plus pour t'endormir maintenant .
Parfois la nuit, il me semble que tu es là,
Je te sens à côté de moi.

Pense, si nous nous revoyons une fois
Alors, nous ne comprendrons pas mutuellement
En Suède, tu auras désappris depuis longtemps ton allemand
Et moi je ne peux même pas parler suédois.
Ce ne sera-t-il pas comique ? Ah, si cela était déjà,
Alors, j'aurais un grand fils tout d'une fois…

Joues-tu encore avec des soldats de plomb ?
Moi j'habite dans une vraie caserne,
Avec des chambres décrépites et des murs immondes
Le soleil, on le devine entre le feuillage et les arbres.
Ici, je suis infirmière chez les enfants
Et les aider et les rassurer, c'est réconfortant

La nuit, parfois près d'eux, je veille
La petite lampe n'éclaire quasiment pas.
Je suis assise et je veille leur sommeil,
Pour moi, chaque enfant est un morceau de « toi » .
Ma pensée s'envole alors jusqu'à toi
Je suis heureuse un instant, mais toi, tu n'es pas là.

 

Et je souffrirais volontiers mille tourments,
Pour payer ainsi un bonheur d'enfant…
Il est tard et moi je vais aller dormir .
Ah, te revoir seulement un instant !
Mais je ne peux qu'écrire
Pleine de nostalgie, des mots restants.

LETTRE À MON ENFANT
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 18:04

PETITE BERCEUSE

 

 

 

Version française – PETITE BERCEUSE – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson tchèque de langue allemande – Kleines Wiegenlied – Ilse Weber (1903-1944).

 

 

Ilse , Tom, Hanus, Willy... Avant l'Apocalypse

 

 

La nuit rampe noire et silencieuse dans le ghetto,
Dors, mon enfant, et oublie tout ça.

 

Blottis bien ta petite tête dans mon bras,
Près de maman, on dort bien au chaud.
Dors, il peut se passer bien des choses, en une nuit
En une nuit, tout le chagrin peut s'en aller.
Mon enfant, un jour, tu verras, à peine éveillé,
La paix revenue dans la nuit.

PETITE BERCEUSE
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