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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 21:31

LE JOUR DE L'ÉGALITÉ

 

 

 

Version française – LE JOUR DE L'ÉGALITÉ – Marco valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il giorno dell'eguaglianza – Fausto Amodei – 1963

 

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson qui devrait te plaire... Même si elle a déjà cinquante ans... Elle devrait plaire à tous nos amis, car elle est à la fois, optimiste et réaliste. Et puis, elle annonce un futur plus supportable que notre triste époque où les dictateurs se camouflent sous les vêtures les plus démocratiques qui soient... Ils se font élire, baissent la tête, croient et croisent les doigts. Où tels Raminagrobis ou « Grippeminaud le bon apôtre

Jetant des deux côtés la griffe en même temps,

Met les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre. », le banquier ruineur d'hier se prétend le redresseur d'aujourd'hui et sous des airs cauteleux, des sourires et des œillades, enfonce jusqu'au manche la lame de l'estocade. Cependant, si elle n'a aucune illusion sur le monde d'aujourd'hui, elle annonce le jour de l'égalité, le jour où les hommes seront tous égaux – non plus seulement en droits, ce qui est vain et en finale, mensonger et trompeur, digne en somme de Grippeminaud, mais égaux vraiment, égaux dans les faits, dans les biens et dans les gestes de tous les jours... Ce qui est tout autre chose et suppose, c'est là le véritable optimisme, qu'il n'y a plus de riches, que la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres aux seuls fins de magnifier leurs profits, d'étendre leur domination, de renforcer leurs pouvoirs, de multiplier leurs privilèges et de se rengorger tant et plus, que cette Guerre de Cent Mille Ans aura vécu...

 

 

Enfin, je m'explique assez l'optimisme de cette chanson, dit Lucien l'âne en souriant de toutes ses superbes dents et dressant ses oreilles tels des ifs au soleil, mais pour ce qui concerne le réalisme, je ne le vois pas...

 

 

Attends, je te prie un instant, que je finisse mon propos. Le côté réaliste, vois-tu Lucien l'âne mon ami, et ne plisse pas l’œil de manière si bougonne, est tout aussi plaisant tant il baigne dans une juste auto-dérision. Écoute ça : nous savons que nous sommes : « ... au fond, d'excellents coquins, Et, dans le même temps, de beaux filous. »

 

 

Voilà en effet qui est réjouissant... Mais ne peut-on espérer certaine amélioration ?

 

 

Si fait, si fait... la voici :

« Nous serons finalement honnêtes

Sans être malappris

Sans que jamais on écrête

La liberté d'autrui. »

 

 

Ohlala, c'est tout un programme. Pour un tel destin, je signe à deux mains... Et que fera-t-on ensuite ?

 

 

Une ronde... Comme celle que chantaient déjà Paul Fort et Marcel Achard. Souviens-toi :

 

Paul Fort :

« Si toutes les filles du monde voulaient se donner la main,

Tout autour de la mer elles pourraient faire une ronde. »

 

et Marcel Achard :

 

« Si tous les gars du monde

Décidaient d'être copains,

Et partageaient un beau matin

Leurs espoirs et leurs chagrins ;

Si tous les gars du monde

Devenaient de bons copains

Et marchaient la main dans main,

Le bonheur serait pour demain ! »

L'un forcémenbt inspirant l'autre et peut-être même, Fausto Amodei, qui conclut :

 

"Ce jour-là, pas lointain,

Nous allons faire une ronde

Tout autour du monde,

En nous tenant par la main."

 

 

M'est avis, Marco Valdo M.I. mon ami, qu'il faudrait les mettre ces deux chansons françaises dans les Chansons contre la Guerre, pour tenir compagnie à celle-ci. En attendant, tissons le linceul de ce vieux monde grippe-sou, rusé, sournois, jésuitique à souhait et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Nous nous éveillerons un matin différent

Nous entendrons un silence jamais écouté,

Nous ouvrirons fenêtres et volets, hésitants,

Nous nous apercevrons, ce jour-là que le monde a changé.

 

Et nous penserons ce matin advenu,

Qu'une meilleure vie sur terre viendrait,

La veille s'était éteint, à notre insu,

Un moment triste que nous ne reverrons jamais.

 

De ce matin

Nous saurons enfin

Que chacun des nôtres

Est l'égal des autres.

 

Chacun demain

Saura, c'est certain

Être satisfait

Et vivre en paix.

 

Nous saurons tous, à partir de ce matin,

Et nous penserons pareil de tous et de nous,

Que nous sommes, au fond, d'excellents coquins,

Et, dans le même temps, de beaux filous.

 

Il n'y aura plus personne qui pousse les gens

À « obéir, combattre et croire » en lui,

Et promet un Empire aux obéissants

Et un enfer à ceux qui refusent ses avis.

 

Dès ce moment, aussitôt

Nous ne serons plus obligés

De jouer les héros,

Les élus et les réprouvés.

 

« Ce monde, qui maintenant est plein

D'opprimés et d'oppresseurs,

Ce monde connaîtra moins

De vaincus et de vainqueurs.

 

Il n'y aura plus de martyrs, de bourreaux et de tyrans,

Nous sommes tous un peu saints et un peu pécheurs;

Il n'y aura plus, pour des milliers d'années, de déments

Qui veulent jouer aux dictateurs.

 

Disparus les soldats et les généraux,

Disparus excommunications, censeurs et prêtres ,

Nous serons une planète d'êtres égaux

Où tout le monde a du respect pour soi et pour les autres.

 

Pour être comblés,

Pour vivre contents,

Nous ne serons pas obligés

De nous vouloir puissants.

 

Nous serons finalement honnêtes

Sans être malappris

Sans que jamais on écrête

La liberté d'autrui.

 

Ce jour-là, pas lointain,

Nous allons faire une ronde

Tout autour du monde,

En nous tenant la main.

 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 21:52

SI VOUS NE LES CONNAISSEZ PAS

 

Version française - SI VOUS NE LES CONNAISSEZ PAS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Se non li conoscete – Fausto Amodei - années '70]
Paroles et musique de Fausto Amodei


Nous pourrions l'appeler un «chant de service ». Il a été écrit pour reconnaître les fascistes d'Almirante ..., mais il est encore utile aujourd'hui. Il suffit de changer les noms !

 

 

voir aussi : http://video.corriere.it/milano-parata-neofascista-costretti-cancellare-interviste/9c47dd90-b1a9-11e2-9053-334578a33cff

 


 

On reconnaît aisément ces sympathiques garçons... Il y en a partout en Europe... Ça pullule, même si on fait semblant de ne pas les voir... À l'orbace près, ils sont pareils à eux-mêmes.

 


Aube-doree.jpg



Si vous ne les connaissez pas, regardez-les une minute

Vous les reconnaîtrez à leur manière de saluer

Bras tendu, main ouverte, doigts droits et serrés.

Comme ils l'ont appris suivant des règles prescrites

C'est un salut singulier fait de la main droite

Comme à l'école primaire, on en fait à l'instit'

Pour s'absenter et aller aux toilettes

Sans aucun doute, on le reconnaît bien vite

 

Seul un fasciste fait ce salut-là

Il suffit, si vous ne les connaissez pas

De regarder la manière dont ils marchent

Les genoux raides tous en avant marche

Donnent des coups de pied au derrière à ceux qui sont devant

Ceux qui les reçoivent sans en donner marchent au premier rang

À donner sans les prendre, ils sont dix ou dix mille

Ceux un peu moins cons se mettent en queue du cortège

Sans aucun doute, on les reconnaît à ce pas

Seuls les fascistes marchent de cette façon-là

 

Si vous ne les connaissez pas, observez un peu

L'allergie atavique qu'ils ont pour le rouge

Ils ne peuvent voir sans blêmir de fureur

Drapeaux ou mouchoirs de cette couleur

Peut-être sont-ils comme les taureaux dans les arènes

Mais ils n'ont pas de couilles et la comparaison est incomplète

On a appris d'une enquête qu'ils les portent dans la tête

Maintenant, vous les reconnaissez, ce sont eux

Les fascistes ressemblent aux taureaux comme les bœufs

 

Si vous ne savez pas, voici ce qu'ils valent

Eux et leur mouvement qu'ils appellent social

Mouvement de millions, mais de millions qui passent

Des poches des patrons, dans les poches des tueurs

Déjàclaires à Arcinazzo leurs tours de passe-passe

Mouvement, mais de la main en vrai masturbateur

Une technique manuelle de la droite nationale

Maintenant que vous savez qui les achète, les reconnaissez-vous

Seul le fasciste fait aussi bien le voyou.

 

Si vous ne les connaissez pas regarder le meneur

C'est un bourreau ou un assassin, c'est un commandeur

Sur l'orbace, il porte la chemise et la cravate

Pour cacher tout le sang qui l'incruste

Il a acheté un drapeau national et chaque fois qu'il le déploie

On sent un peu l'odeur de sa chemise noire

Il joue l'homme de bien tant que ça lui plaît

Je vois : Almirante est celui avec le pistolet

Et la matraque bien cachés dans son gilet.

 

Repensez au passé, si vous ne les connaissez pas

Aux attentats de Milan et de la Piazza Fontana

Avec deux bombes et une fleur aux lèvres

Maintenant, avec le TNT, ils font la flamme tricolore

Et comme avant contre la démocratie, les revoilà

Avant avec la Gestapo, maintenant avec la CIA

Nourris par les fèces des colonels hellènes

Maintenant, ces fascistes, ces charognes

Qu'ils retournent aux égouts avec leurs amis qui y sont déjà.

 


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Marco Valdo M.I.
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:26

RAPHAËL

 

 

Version française – RAPHAËL – Marco Valdo M.I.

Chanson italienne – Raffaële – Fausto Amodei

 

 

Selon les « Cantacronache », la musique est bien d'Amodei mais les paroles sont de Dario Baraldi, « un obscur employé d'Olivetti obscure » ; son texte a été préféré à textes de personnages littéraires beaucoup plus notables, comme Giovanni Arpino, Franco Parenti, Folco Portinari ou Ignazio Buttitta.
(P.89 de "Cantacronache", CREL-Scriptorium, 1995) [Alessandro]

 

 

 

 

Raphaël, on l'avait nommé

Il est né au Mexique

Un jour assez tragique

Où ça n'arrêtait pas de tirer

 

Quand il sut un peu parler
Avec son visage d'ange
Et son sourire sans mélange
Il se mit à chanter

 

Maman, dis-moi si c'est vraiment mal
De pendre un général
Un seul et la tête en bas
Un seul, dit-elle. Plus, on ne peut pas

Un seul, dit-elle. Plus, on ne peut pas

 

Sa mère inquiète

Le fit bénir
Raphaël laissait dire

Il n'avait que son général en tête

 

Quand il était encore enfant
Il jouait avec des petits soldats
Il les pendait par les pieds et leur tordait les bras
Avec grand plaisir et beaucoup d'amusement

 

Maman, dis-moi si c'est vraiment mal
De pendre un général
Un seul et la tête en bas
Un seul, dit-elle. Plus, on ne peut pas

Un seul, dit-elle. Plus, on ne peut pas

 

Soudain, un jour l'étincelle

De l'insurrection éclaire le ciel
Sans hésiter, il s'en va

Rejoindre Pancho Villa

 

Mais l'amour à son tour requit Raphaël
La jeune fille était fort belle

Elle avait un visage plein de douceur
Raphaël lui donna son cœur

 

Maman, dis-moi si c'est vraiment mal
De pendre un général
Un seul et la tête en bas
Un seul, dit-elle. Plus, on ne peut pas

Un seul, dit-elle. Plus, on ne peut pas

 

Mais à leur bonheur manquait

Quelque chose encore
La jeune fille soupirait, car il fallait

Le consentement de son père

Orgueilleuse, elle dit d'un air entendu
Que c'était un grand général
Raphaël se sentit mal

Mais son amoureuse l'a convaincu

 

Maman: Je crois que c'est vraiment mal
De pendre un général
Maintenant que j’aime tête en bas
Plus, jamais, je ne demanderai ça
Plus, jamais, je ne demanderai ça

Mais ce cher beau-papa

Ne ne l'écoutait pas
Et sans hésiter, il a ordonné

De le pendre à un prunier

C'est ainsi que le rebelle
Raphaël fut exécuté
Et de son souffle dernier
Il soupira de plus belle

Maintenant, je sais que ce n'est pas mal

De pendre un général
Un seul et la tête en bas
Malheureusement, le pendu, c'est moi
Malheureusement, le pendu, c'est moi

 

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 21:21

LES CHOSES INTERDITES

 

 

Version française – LES CHOSES INTERDITES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Le cose vietate – Fausto Amodei – 1958

Paroles et musique de Fausto Amodei

Texte : Cantacronache, Aventure politique et musicale des années cinquante, par Emilio Jona e Michele L. Straniero, Crel-Scriptorium 1995, p. 171.

 

 

 

 

En plus des interdictions que nous a signifiées le bon Dieu
Sous le nom, bien connu, de «commandements»
Des gens crurent qu'il serait très pieux
D'en créer et d'en publier au moins cent
«No Smoking »,«Interdiction de dépasser»,
Ne pas laisser traîner de saletés,
À certains endroits, il est «interdit de cracher »
Dans d'autres, « Ne pas jeter d'immondices. »
Mais toutes ces choses sont sans douleur
De petites indications pour nous rendre meilleurs
Le problème est que ces types qui font tant d'histoires
Rendent les choses permises obligatoires.

Dans les rues, il y a les panneaux
« No parking », « Propriété privée »
Et, dans les magasins, dans les dépôts
« Ne touchez pas la marchandise exposée»,

Pour éviter aux jeunes les dérèglements
Que peut provoquer le monde du sexe,
Pour tous les mineurs en-dessous de seize ans
À certains endroits, c'est «Entrée interdite ».
Mais toutes ces choses sont sans douleur
De petites indications pour nous rendre meilleurs
Le problème est que ces types qui font tant d'histoires
Rendent les choses permises obligatoires.

« Ne pas se pencher au dehors », « Sens interdit »
« Passage interdit aux cyclomoteurs »
« Baignade interdite », « Stationnement interdit »,
« Ne parlez pas au conducteur »:
Parmi les nombreuses interdictions en tous genres
La loi n'interdit pas, un peu étrangement
De nous envoyer tuer nos frères,
Et faire la guerre aux pauvres gens.
On nous oblige à jouer au soldat
Pendant bien dix-huit mois
Et le seul commandement oublié
Dit clairement: «Il est interdit de tuer. »

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 13:14

 

 

LE PRIX DU MONDE

 

Version française – LE PRIX DU MONDE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Il prezzo del mondo - Fausto Amodei

 

 

 

Il s’était peu inquiété d’avoir des patrons ou des clients ; il aurait voulu n’avoir que des amis ; mais la plupart des hommes, au lieu d’aimer et d’être aimés, préfèrent commander ou servir.

 

Juste Olivier

Le Pré aux noisettes

1863

http://www.ebooks-bnr.com/olivier-juste-le-pre-aux-noisettes-tome-1/

 

 

 

Tout est marqué
Au prix marchand,
Tout est là qui attend
Impatiemment d'être acheté.

 

C'était un monde tout à nous
Là pour tous les gens
Pourquoi devons-nous
L'acheter aux marchands ?

 

Ils nous ont volé le monde entier
Qui est notre commune propriété
Pour nous le revendre et se l'approprier.

 

Nous louons le monde à l'heure
À ceux qui l'ont loti ;
Ils n'en augmentent en rien la valeur
Mais en font grimper seulement le prix.

 

Nous étions tous égaux
L'égalité est en morceaux
Il faut à présent racheter nos émotions
Comme des biens de consommation.

 

Ils ont volé l'abondance
Pour nous la revendre en vitesse
Sous le nom de richesse

 

L'homme, maintenant, trouve
Quelqu'un qui l'estime
Non pour ce qu'il sait faire
Mais pour ce qu'il possède.

 

Ils nous ont volé, peu à peu,
Nos cerveaux et même nos cœurs,
Ils nous ont laissé dans leur jeu
Le rôle de consommateurs.

 

Ils nous permettent sans façon
d'acquérir leurs dons
Avec une ristourne, si nous sommes bons.

 

Le monde, à chaque instant,
C'est nous qui le faisons,
Chaque jour en gaspillant
La force que nous vendons

 

L'argent que nous devons gagner
À produire le monde entier
Nous permet à peine d'en acheter
Un morceau de piètre qualité

 

Ce vieux monde compromis
Abattons-le en chanson
Sans regret, sans concession.
Et faisons un nouveau monde, les amis

 

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Marco Valdo M.I.
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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 14:22

LA SECONDE INDÉPENDANCE

 

 

 

Version française – LA SECONDE INDÉPENDANCE – Marco valdo M.I. – 2013

Chanson chilienne en espagnol – La Segunda Independencia – Los Olimareños – 1969





C'est peut-être une des dernières chansons écrites par le poète et jongleur Víctor Lima avant de choisir de se donner la mort le 6 décembre 1969.
Dans l'album intitulé « Nuestra razón ».
Célèbre même par l'interprétation des Inti Illimani, qui l'insérèrent dans « Viva Chile ! » de 1973.

Texte trouvé sur Cancioneros.com

 

 

 

Ah, Marco Valdo M.I. mon ami, on dira peut-être que je me répète, que je rabâche, que je bégaye comme l'Histoire, mais je trouve très étrange ce titre et j'aimerais bien que tu me dises ce que tu en penses toi qui as traduit cette chanson chilienne de langue espagnole. C'est bizarre de parler de seconde indépendance ; pourquoi seconde ?



Je suis bien d'accord avec toi, Lucien l'âne mon ami. J'ai eu la même réaction en voyant le titre en espagnol : « La Segunda Independencia ». Pourquoi la seconde indépendance ? Il devait donc – simple logique – y en avoir eu une première... Et de fait, comme pour bien des peuples du monde, la première libération consiste à se débarrasser des États colonialistes – généralement européens. En Amérique, c'est-à-dire pour l'ensemble du continent américain, il faut distinguer très nettement le Nord et le Sud, ce dernier englobant l'Amérique centrale, y compris les Caraïbes et est mieux connu sous le nom d'Amérique latine. Cette notion d'Amérique latine est d'ailleurs fort importante pour la suite de l'Histoire(et je rappelle cette évidence qui s'impose à tous, malgré les délires de certains : l'Histoire n'est pas finie...) et la compréhension de cette histoire d'indépendances multipliées. De fait, la plus grande partie des Amériques est latine et hors le Brésil, certaines Antilles, la Guyane et le Québec, elle est de langue espagnole. Ceci pour en venir à l'indépendance, à la première indépendance. C'était il y a environ deux cents ans. Quant à la seconde indépendance, c'est une tout autre histoire...



Une tout autre histoire... Mais laquelle ? Serait-ce que d'autres auraient imposé une nouvelle colonisation, une nouvelle sujétion de l'Amérique latine ? Colonisation, sujétion, domination dont elle entreprendrait de se libérer ?



On ne pourrait dire les choses avec plus de justesse... Car c'est exactement de cela qu'il s'agit et le dominateur dont il convient de se débarrasser, ce sont les États-Unis d'Amérique, qui occupent la plus grande partie de l'Amérique du Nord. C'est cela la « segunda liberacion » et elle ne se fait pas sans mal. Considère que la chanson date de 1969, c'est-à-dire il y a presque un demi-siècle et le mouvement commence seulement a obtenir des résultats tangibles. Entretemps, il y a eu des coups d’État, des débarquements, des envahissements... menés par le pays le plus armé du monde contre de petits États qui avaient l'idée saugrenue de vouloir se débarrasser de sa tutelle. Je ne parlerai que du Chili et du 11 septembre 1973 qui vit la liquidation de la démocratie présidée par Salvador Allende par les forces armées félonnes, elles-mêmes activées par les « services » étazuniens.



Pourrais-tu faire en quelque sorte le point à propos de cette « seconde libération », car j'ai l'impression que ce n'est pas un mouvement uniforme...



De fait, c'est assez contrasté, mais la ligne générale est bien celle-là : la « segunda independencia ». Par parenthèse, l'Europe devrait s'en inspirer... pour se débarrasser elle aussi de ces soi-disant maîtres du monde, ces apôtres surarmés de la démocratie imposée et mercantile. Mais comme tu le demandes, faisons le point. En premier lieu, il faut insister sur le poids démographique de ce continent latin... À vue de nez, la population est passée de 150 millions de personnes en 1950 à environ 620 millions de personnes actuellement... Une progression très rapide qui pèse lourd dans l'évolution. Il y a le géant brésilien, par ailleurs lusitanophone, qui commence – après des années d'affrontements feutrés – à trouver ses aises ; les autres pays, hispanisants ceux-là, se répartissent entre deux stades d'évolution ; les plus évolués comprennent le pionnier Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, le Pérou, récemment l'Équateur... et les autres qui pour la plupart sont encore sous la coupe du dominateur nordiste. Mais l'Histoire continue... Et bien entendu, à l'intérieur de ce continent latin, la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour conserver leur domination, protéger leurs richesses, accroître leur profits... elle aussi continue.



J'imagine assez... Mais il me semble tout de même qu'il y a l'espoir de voir aboutir cette « seconde libération », même si ce n'est là qu'une étape vers une troisième phase en cours déjà... Celle de la réhabilitation des populations amérindiennes... Parlera-t-on de « troisième libération » ou se fera-t-elle à l'intérieur de la seconde... C'est un peu là aussi que se joue l'avenir du monde. Chaque geste de chaque homme chaque jour... Alors, quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde exploiteur, colonialiste, dominateur, surarmé et cacochyme.





Heureusement !





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane









Moi qui suis américain
– de n'importe quel pays –
Je veux que mon continent
Un jour vive heureux.



Que les pays frères
D'Amérique Centrale et du Sud
Balayent les ombres du nord
À grands coups de lumière.



S'il faut se taire, ne nous taisons pas,
Commençons à chanter ;
Et s'il faut combattre, combattons,
Si c'est le moyen de triompher.



Par toute l'Amérique soufflent
Des vents qui ne doivent pas s'arrêter ;
Jusqu'à ce qu'ils enterrent les ombres,
Il n'est pas temps de se reposer.



D'un bout à l'autre
Du continent – satisfaction–
Le vent souffle sans trêve
Et l'homme suit sa direction.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 21:22

LETTRE DE LA CASERNE

 

 

Version française – LETTRE DE LA CASERNE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Lettera dalla caserma - Fausto Amodei – 1963

 


Texte repris de:
Cantacronache, Un'avventura politico-musicale degli anni cinquanta, a cura di Emilio Jona e Michele L. Straniero, Crel-Scriptorium 1995, p. 111.

 

 

 

 

Mon amour, je te prie de comprendre
Pourquoi je t'écris cette lettre seulement maintenant.
Je te l'envoie par express pour aller plus rapidement,
Ce qui fait cent lires de timbres

 

Et cent lires, ça ne se discute pas,
C'est la paie de tout un jour :
La quinzaine paye seulement dix jours
Moins les retenues. Je ne te dis pas...

 

Cinq cent cinquante-huit jours
Plutôt mal dépensés,
Mais, au fond, nous sommes résignés.
Mais ça ne me plaît pas, mon amour
Et ils ne me semblent pas justes
Ces dix-huit mois peu payés.
On dira, un peu sérieusement et un peu par jeu,
« Mourir pour la patrie, c'est mal payé »

 

Mon amour, je t'ai dit dès le commencement
Que j'écris ces quelques lignes rapidement
Car sous peu il faut que je me rende
Au rassemblement de l'équipe de service

 

Et je devrai bien faire le nettoyage
Hall d'entrée, chambres, salle
Je devrai nettoyer les chiottes et les lavabos,
Le réfectoire, la cuisine et le bureau.

 

Cinq cent cinquante-huit jours et nuits
Plutôt mal dépensés
Mais on le savait avant de commencer
Pendant un an et demi
Ils résolventainsi à bon prix
La crise des femmes de service.
Nous défendrons l'Amérique et l'Europe
Armés d'un mousquet et d'une brosse.

 

Mon amour, ils te disent « Fais ceci !  »

Et il n'y a pas d'échappatoire, tu dois l'exécuter.
En plus, il n'est pas permis de rouspéter,
Tu dois rester silencieux et faire vite.

 

Même si tu as sommeil, il faut veiller,
Même si tu as froid, il faut « croire et obéir »
Même si tu as chaud, il faut « vaincre ou mourir »
Si ensuite tu as faim et soif, c'est gagné.

 

Et tous les gros culs
Qui s' exclament émus
Que nous sommes la jeunesse plus saine
Ils nous traitent, ces cons
De paillassons
Ils nous traitent de fils de pute,
En tenant toujours bonne l'occasion
De nous employer comme chair de canon.

 

Cet ahuri me commande, mon amour
De laisser là, cette lettre d'amour
Et m'envoie au cachot sur le champ
Pour désordre grave à mon lit de camp.



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Marco Valdo M.I.
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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 21:03



BALLADE POUR LES DICTATEURS

 

Version française - BALLADE POUR LES DICTATEURS – Marco Valdo M.I. – 2013

Canon italienne - Ballata ai dittatori – Fausto Amodei

Texte et musique de Fausto Amodei.

 

 

 

 

Tyrans et généraux, maréchaux et empereurs,
Hommes du destin, colonels et dictateurs,
Vous qui croyez être différents,
Vous qui croyez être plus forts, plus sages et plus intelligents :
Maintenant, tant que vous en avez le temps,
Debout, montrez aux autres le mouvement
Disparaissez de nos regards
Avant qu'il ne soit trop tard.

 

Combien parmi vous ne ressentent ni craintes ni appréhensions,
Seulement car vous avez les bombes et les canons,
Combien parmi vous ne craignent ni conspirateurs ni ennemis
Tant ils sont sûrs de les avoir déjà tués :
Demain ou après, vous ne serez
Plus les chats, mais les souris,
Avec à vos cous, une corde bien serrée,
Car telle est votre destinée.

 

Ceux d'entre vous qui se sentent puissants et importants,
Car ils sont financés par les riches et les marchands,
Et croient pouvoir acheter, même bon marché,
La liberté supprimée, l'honneur piétiné :
Leur charogne, cela est certain,
Au grand jour sera lacérée,
Et sa valeur sera estimée
Moins encore que la peau d'un lapin.

 

Combien de vous nous croient un troupeau de moutons
Qu'on peut tenir tranquilles sous le bâton
Et pensent que s'absolvent leurs rossées
Car ils ne manquent jamais la messe aux fêtes commandées :
Auront la satisfaction de réciter
Une oraison pour confier,
Au regret de leur coeur
Leur âme à leur Créateur.

 

Tyrans et généraux, maréchaux et empereurs,
Hommes du destin, colonels et dictateurs,
Vous qui croyez être différents,
Vous qui croyez être plus forts, plus sages et plus intelligents :
Tous les opprimés de ce monde
Un jour feront une ronde
Et sonnez tambours et trompettes
Sur vos tombes, feront la fête !.


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Marco Valdo M.I.
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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 22:26

LE MOUCHOIR ROUGE

 

 

 

Version française – LE MOUCHOIR ROUGE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il fazzoletto rosso – Fausto Amodei – 1983

Texte et musique de Fausto Amodei

 

 


Il y avait autrefois un soldat
Un petit soldat de notre pays
Envoyé à la guerre en Albanie
Il avait tellement peur, ce soldat.

 

Sa fiancée le jour
Où il partit pour son long voyage
Lui noua au cou, en gage d'amour,
Un grand mouchoir rouge.

 

Pour se donner un peu d'espoir
Il eut soin ce bon petit soldat
De tenir toujours noué ce mouchoir
Sur son uniforme de soldat

 

Ce mouchoir était bien plus précieux
Que son fusil ou ses godillots boueux

Son pantalon ou son uniforme crasseux
Il valait tout un empire et même mieux!

 

Mais ce rouge très violent
qui n'était en rien réglementaire
Lui causa quelques misères
Du chef du règlement.

 

Quand avec sa pétoire
Il devait viser et tirer sur un homme
Il regardait son mouchoir
Et ne touchait jamais personne.

 

Le mouchoir servit à rapporter du bois
Les framboises et les groseilles
Qui ne le tachèrent pas
Étant d'une couleur pareille.

 

Et si quelque fois il banda un blessé
Son mouchoir resta immaculé
Car le sang, c'est naturel,

Est de couleur vermeil !

 

Le mouchoir décoloré
Par le soleil et la sueur des fatigues
Se colora de myrtilles, de mûres,
Et du sang de l'amitié

 

Mais il vint un jour différent
un jour bien différent des jours passés
Où ce soldat avec d'autres soldats
Comprit ce qu'il avait perdu.

 

J'avais perdu pour rien des ans et des ans
de travail, des ans réjouis
pour faire la guerre aux pauvres gens
pour faire la guerre aux amis.

 

À des paysans, à des bergers
À des maçons, à des ouvriers,
Sans avoir vraiment

Rien contre ces gens !

 

Et le soldat partit sans hâte

Tout seul avec sur le dos sa vieille capote
Son havresac, sa vieille gamelle
Et son mouchoir rouge.

 

Et un matin ensoleillé
Descendant des montagnes à se rompre le cou,
Vinrent à sa rencontre des hommes armés
Avec un mouchoir autour du cou.

 

Et leur mouchoir était rouge
Comme celui du brave soldat : rouge
Il y avait dessus une faux et un marteau
Brodés comme sur un drapeau !

 

À des paysans, à des bergers
À des maçons, à des ouvriers,
De ce simple mouchoir

Avaient fait un étendard !

 

C'était une bannière de chiffons
Qui convient aux damnés de la terre
Qui se sont décidés à la protestation,

Avec leur tête entière.

 

Qui ont décidé que pour le moins
Sur tous les parallèles, sur tous les méridiens
Par tout le monde, les pauvres gens
Sont des paysans
Des paysans…
Des paysans…

 

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Marco Valdo M.I.
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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 20:59

SANS PATRIE

 

 

Version française – SANS PATRIE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Senzapatria – A-Band



Du site « Libera » du cercle anarchiste libertaire "Degli Agitati" di Marzaglia (Modena).









J'ai fait une photo de la route
J'ai fait une photo pour toi qui pars
La route où nous habitons
J'ai fait un polaroïd

Le drapeau de l'Italie sur l'Europe
Le drapeau de l'Europe sur la terre
Et dans ma ville
Un étrange effet serre
Fait craquer l'asphalte
Regarde patriote
Un ami s'en va de ton pays
Incompatible avec notre nation
Mot vide
L'existence parfois est étrange
Alors, tu fermes la porte
Internationaliste
Opinion comme une autre
C'est notre point de vue

 

Sans patrie
Parfois l'ennemi est derrière chez soi
Mais on le cherche au loin
Italien
Incompatible avec la vie
Italien
L'es-tu vraiment ?
Et déjà à Brescia un Modenais est étranger
Italien
Écriture sur le passeport
Ta maison
la ville qui te fait craquer
Si tu es un homme
Tu l'as écrit sur ton visage
Si tu es un homme, tu l'as écrit dans ton cœur

 

J'ai vu massacrer
Des enfants au Brésil
Par un Allemand rentré dans sa patrie
Avec 30.000 lires
J'ai vu
Tuer des Mexicains à la frontière
Comme à la guerre et d'autres avec le fusil
Défendre leur tente
J'ai vu
Des indigènes sauter dans la forêt
Qu'elle soit divisée par des frontières
Tu ne le lui mettras pas en tête
Il existe un seul monde
Et des milliards de personnes
Chacun se sent libre
et il va partout

 

Mais où partout partout ?
Il est plus facile de passer une frontière
Avec un Caravage en main

Italien
Incompatible avec la vie
Italien
L'es-tu vraiment ?
Déjà à Brescia un Modenais est étranger
Italien
Écriture sur ton passeport
Ta maison
La ville qui te fait craquer
Si tu es un homme
Tu l'as écrit sur ton visage

 

J'ai fait une photo de la route
J'ai fait une photo pour toi qui pars
La route où nous habitons
J'ai fait un polaroïd

 

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Marco Valdo M.I.
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