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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 22:04

GRAND FRÈRE

 

Version française - GRAND FRÈRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Großer Bruder – Slime 1990

Les jeux du Grand Frère sont déroutants et généralement, brutaux. Ils vont de la guerre dans le jardin américain à la guerre mondiale... D'ailleurs ils durent depuis plus de deux siècles...

 

Ainsi Parlait Lucien Lane


Ce sont des cannibales

Ils dévorent les peuples
Politique du pouvoir
Le meurtrier est assis dans la Maison Blanche
Ce qui se passe au Salvador
Au Nicaragua
Ce qui se passait à la Grenade
En tout cas encore loin d'ici
Des mercenaires coiffés court
Tirent dans la bataille
Au nom de la liberté
Des hommes sont tués
Ce qui se passe au Salvador
Au Nicaragua
Ce qui se passait à la Grenade
Nous n'avons pas besoin de grand frère
Qui tue et pille et abat des enfants
Nous n'avons pas besoin de grand frère
Qui tue et pille et mange des hommes
Vous nous avez apporté le McDonald's
Le Cola et les Pershings 2
Et si nous ne nous opposons pas
Vous nous apporterez la troisième guerre mondiale

Ce qui se passe au Salvador
Au Nicaragua
Ce qui se passait à la Grenade

Le deuxième Vietnam est là depuis longtemps
Nous n'avons pas besoin de grand frère
Qui tue et pille et abat des enfants
Nous n'avons pas besoin de grand frère
Qui tue et pille et mange des hommes

 

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Marco Valdo M.I.
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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 15:29

ALLEMAGNE-DEUTSCHLAND



Version française – ALLEMAGNE-DEUTSCHLAND– Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Deutschland – Slime 1981



Version française – ALLEMAGNE-DEUTSCHLAND – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Deutschland – Slime – 1981





« Deutschland muß sterben, damit wir leben können!‎ » - « L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre ! » n'est autre chose que le renversement de l'hitlérique slogan glaçant « Deutschland muß leben, ‎auch wenn wir sterben müssen » - « L'Allemagne doit vivre pour que nous puissions mourir ! »...

Je crois qu'elle est encore interdite aujourd'hui, trente ans après sa sortie...



*********





Raison de plus pour la publier et la traduire, dit Lucien l'âne.



Certes, et c'est bien pourquoi je l'ai fait, dit Marco Valdo M.I. Mais, j'ai deux ou trois choses importantes à ajouter au commentaire d'introduction... Et elles se fondent sur le parcours que j'aurai sans doute terminé d'ici une petite année de cent histoires d'Allemagne. Une par année du siècle dernier. Comme tu le sais, ces histoires d'Allemagne sont tirées d'un roman ou en tout cas, d'un livre de Günter Grass. La première, c'est qu'il ne faut pas croire que ce rejet de l'Allemagne (disons d'une certaine Allemagne... Celle du pouvoir, des militaristes... Celle du rêve d'Otto) n'apparaît que dans cette chanson... Il est partagé par bien des gens et non des moindres. Ainsi en allait-il de l'allergie du poète Platen au doute d'un chancelier de la République Fédérale, prénommé Willy (en l'occurrence, Willy Brandt) ... Pour ne citer que ceux-là au travers de cette chanson intitulée Mal aux genoux [[41444]] :

« Willy, appelons-le ainsi

Willy avait mal aux genoux

Du gauche, du droit, il boitait aussi

Quand il venait chez nous

Ô ses douleurs, ce n'était pas arthrose, arthrite et compagnie

C'étaient les séquelles d'un mal au pays

Die Fackel citait Platen, on était en 1933

« Tu le sais depuis longtemps

Il n'est rien de pire ici bas que d'être Allemand ».



Je t'invite également à regarder l'Histoire d'Allemagne de l'année 1981, année où fut composée la chanson... Elle s'intitule : « Croix de Bois, Croix de Fer » et raconte l'histoire de l'enterrement d'un très haut dignitaire nazi... [[42535]]

Avec ce couplet, parmi d'autres :

« Et tous chantaient, nostalgie et mémoire

L' « Über alles » et le Kamerad, leurs vieux chants de gloire

Croix de bois, croix de fer

Moins les trois cent mille sous la mer »



La deuxième et je m'arrêterai là, c'est que ce rejet de cette Allemagne-là, qui – note-le – révulse bien des Allemands eux-mêmes, ce rejet est partagé par la majorité des Européens... et pas seulement, en souvenir des « exploits » nazis, mais également en raison précisément de cette inertie historique du « rêve d'Otto », de cette domination qui se cache sous des allures d'experts... Disons tout de suite que ce « rêve d'Otto » est celui de ces riches qui ont commencé par dominer les pauvres d'Allemagne avant de vouloir et puis, de pouvoir étendre leur emprise au-delà...

 

 

 

 

J'imagine fort bien un chœur des Européens en train de chanter :



« L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre ! » . Ce qui, par parenthèse, ouvre une voie commune vers l'Europe commune.

 

 

troikathènes

 

 


Mais, la chose est évidente, il n'y a pas que les riches d'Allemagne à vouloir s'enrichir; ils sont d'ailleurs en confrontation à l'échelle mondiale, tous ces riches, tous ces V.I.P.... cependant, ici et maintenant, dans cette Europe qui bavarde, le « rêve d'Otto » s'installe. C'est en fait un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches (ici, spécifiquement, les riches Allemands et leurs alliés) font aux pauvres (Allemands ou non) afin de développer leur puissance, d'étendre leur domination, d'accroître leurs profits, de multiplier leurs richesses... REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE PROMETTENT ÉGALEMENT... Ainsi, pour ce qui est en notre capacité de faire pour que les choses changent, tissons le linceul de ce vieux monde, hanté par les « rêves », peuplé de robocops, d'experts, de financiers, de militaires en civil... et cacochyme.





Heureusement !





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane











Là où les fascistes et les multinationales régissent le pays
Là où les vies et l'environnement n'intéressent personne

Là où tous les hommes perdent leur moi
Là vraiment, il ne peut plus rien advenir

L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !

Noir le ciel, rouge la terre
Les mains de ces cochons de V.I.P. sont un or
Si l'aigle fédéral tombe bientôt
Alors Allemagne, nous te mettrons dans ta tombe
Là où les fascistes et les multinationales régissent le pays
Là où les vies et l'environnement n'intéressent personne

Là où tous les hommes perdent leur moi
Là vraiment, il ne peut plus rien advenir

L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !

L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !

Là où les chars et les fusées « assurent » la paix
Là où les réacteurs nucléaires et des ordinateurs « améliorent » la vie
Il y a des robots armés partout
Dès lors Allemagne, nous te ferons tomber.

L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !

L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !
L'Allemagne doit mourir, pour que nous puissions vivre !

 

 

Deutschland?!‎ Allemagne ?!

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Marco Valdo M.I.
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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 21:44

LA MORT EST UN MAÎTRE EN ALLEMAGNE

 

Version française – LA MORT EST UN MAÎTRE EN ALLEMAGNE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Der Tod ist ein Meister aus Deutschland – Slime – 1994

 

 

 

Pourquoi a-t-on frappé l'infirme ?
Comme sa conscience a pleuré
Il n'y avait plus aucun moyen
Et ils lui ont cassé les genoux
Qu'y a-t-il dans cette maison ?
Hommes brûlés vifs ?
Ils disent, c'était la couleur de la peau
Ou quelqu'autre insignifiance
Pourquoi ces hommes parqués dans les camps ?
Et leur odeur légèrement sucrée ?
Tant qu'ils vivent, ils creusent dans la terre
Pour la mort, il sera toujours temps
Qui donne ces ordres ?
Quelque chose doit bien être responsable quand même

Les morts ne donnent pas de réponse
Cela me rappelle le mot de Celan
La mort est un maître en Allemagne
La mort est un maître en Allemagne
La mort est un maître en Allemagne
La mort est un maître en Allemagne

 

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Marco Valdo M.I.
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 19:15

À TOI DE DÉCIDER

 

Version française – À TOI DE DÉCIDER – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne de Lorenzo Masetti de la

Chanson espagnole – Tienes que decidir – Liliana Felipe 2005

 

À toi de décider

Si tu préfères que te tue :

Un commando terroriste

Ou ton propre gouvernement

pour te sauver du commando terroriste

 

À toi de décider

Si tu préfères que te tue :

la pauvreté, la misère,

Le traité de Libre Échange

Ou le programme contre la faim.

 

Ils sont loin les temps

Où ils décidaient comment nous tuer

Sans nous consulter, même par pure courtoisie.

Si c'était notre désir de crever,

Comme les moustiques à l'aube

Ou mourir de soif.

 

 

Déjà qu'ils nous tuèrent de tant de manières,

Déjà que ça nous agace d'aller au panthéon,

Déjà nous ne savons si nous sommes des civils,

Des otages, des vampires ou de simples mortels.

 

Dès lors, tant qu'à mourir

Qu'au moins, nous ayons le droit de décider

Comment nous souhaitons mourir.

 

 

À toi de décider comment tu préfères mourir :

De faim naturelle,

D'un dégoût terminal

De payer l'impôt foncier

Pendue par ton châle

Endetté jusqu’au cou

Émigré clandestin

 

Ils sont loin les temps

où ils décidaient comment nous tuer

Sans nous consulter, même par pure courtoisie.

Si c'était notre désir de crever,

Comme les moustiques à l'aube

Ou mourir de soif.

 

Déjà qu'ils nous tuèrent de tant de manières,

Déjà que ça nous agace d'aller au panthéon,

Déjà nous ne savons pas si nous sommes des civils,

Des otages, des vampires ou de simples mortels.

 

Dès lors, tant qu'à mourir

Qu'au moins nous ayons le droit de décider

Comment nous souhaitons mourir.

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 22:50

QUE FERAS-TU ?



Version française – QUE FERAS-TU ? – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Tu che farai – Nomadi – 1988

 

Chanson dédiée aux seigneurs de la guerre, aux dictateurs (en concert, plusieurs fois dédiée à Pinochet).

 

 


 

 



Que feras-tu ? Me fait penser, je ne sais pourquoi ou plutôt, je le vois très bien, à Nosferatu... C'est la sonorité, le chant des mots, en quelque sorte. En bref, une affaire d'oreille... Mais, du coup, dit Lucien l'âne en frémissant tout le long de la colonne, j'en ai froid dans le dos, car Nosferatu, c'est un personnage sinistre, un fantôme, un vampire... Il suffit de voir le film de Murnau... Brrr....

[http://www.youtube.com/watch?v=rcyzubFvBsA] et (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nosferatu_le_vampire)

 

 

 

Oui, c'est bien la sensation que donne la chanson elle-même. Une sensation, une ambiance de mort... En fait, c'est la mort elle-même qui vient chercher l'un ou l'autre dictateur, l'un ou l'autre exploiteur... Cependant, le sort est le même pour tout le monde, mais... Mais, c'est ce que suggère la canzone des Nomadi, il y a de la part de la dame aux lettres violettes (tu te souviendras certainement de cette dame qui dans les Intermittences de la mort – roman de José Saramago , avait trop de tendresses pour un humain, au point de négliger son devoir et omit volontairement de lui adresser la missive colorée le prévenant de son futur décès, le lui évitant par là-même) (À propos de José Saramago, si j'avais dû écrire ce petit dialogue comme lui, il n'y aurait ici ni point, ni virgule, ni double points, ni tirets... J'ai déjà essayé mais je n'arrive pas à m'y faire...), donc, la dame aux lettres violettes, en fait, ce sont surtout les enveloppes qui sont violettes, donc, cette dame n'a aucun égard pour ces messieurs trop puissants... de leur vivant. Je me pose d'ailleurs la question suivante qui est de savoir en ce qui concerne ceux d'entre eux qui durent, si tous comptes faits, elle ne l'a pas fait exprès, question de retourner longuement le fer dans la plaie, de laisser pourrir l'infestation qu'ils ont en eux, de les faire vivre le plus longtemps possible avec eux-mêmes.

 

 

 

Au fait, dit Lucien l'âne en riant, je me demande sérieusement ce qu'il y a de gênant à mourir. Ça fait des milliers d'années que je me pose incidemment cette question. Mais, par ailleurs, je vois bien qu'elle fait peur à bien des gens cette vieille canaille blagueuse. En fait, toutes ces histoires de fantômes, de mort... c'est phantasmes et compagnie. Ferré résumait assez bien la chose :

« On vit on mange et puis on meurt
Vous ne trouvez pas que c'est charmant
Et que ça suffit à notre bonheur
Et à tous nos emmerdements » [[7794]]. C'est un raisonnement d'homme simple, en paix avec lui-même ; un homme qui peut se lever chaque matin et se regarder sans gêne aucune dans le miroir. Ce n'est évidemment pas le cas de tout le monde. Cela dit, il nous reste quand même à tisser le linceul de ce vieux monde ennuyeux, encombré de dictateurs, exploiteur, morticole et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Que diras-tu quand elle viendra ?
Que feras-tu si elle s'arrête ?
Que diras-tu quand elle viendra ?
Que feras-tu si elle s'arrête ?

Fuir loin
Inutile et vain,
Demander asile
C'est un truc débile.

Que feras-tu, tu le sais
Des ors que tu as enterrés ?
De la renommée que tu poursuis,
Des diamants que tu as pris ?

Que diras-tu quand elle viendra ?
Tu t'agenouilleras ou tu jureras ?
Que diras-tu quand elle viendra ?
Que feras-tu quand elle s'arrêtera ?

Fuir loin
Inutile et vain,
Demander asile
C'est un truc débile.

Que feras-tu, tu le sais
Des ors que tu as enterrés ?
De la renommée que tu poursuis,
Des diamants que tu as pris ?

Que diras-tu quand elle viendra ?
Tu t'agenouilleras ou tu jureras ?
Que diras-tu quand elle viendra ?
Que feras-tu quand elle s'arrêtera ?


Lorsque la faux viendra,
Ton seuil franchira,
Ton nom appellera,
Que feras-tu ? Dis-le moi.

Que diras-tu quand elle viendra ?
Que feras-tu quand elle te prendra ?
Que diras-tu quand elle viendra ?
Que feras-tu quand elle te prendra ? !
Quand elle te prendra, te prendra, te prendra ? ! !.

 



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Marco Valdo M.I.
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 18:46

ROSSANA

 

 

Version française – Rossana – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Rossana – Mercanti di Liquore e Marco Paolini – 2008.

 

 

 

Chère Rossana, ce n'est pas que je sois enragé,

Seulement je me demande où nous nous sommes trompés

Si ma fille pour trouver un emploi

Doit aller au loin faire le soldat.

Je ne te retiendrai pas, je ne veux pas t'arrêter

Toujours à ta tête, tu ne te laisses pas commander

Tu feras ton chemin dans ce grand marché

Qui bouge chaque jour, qui continue à changer.

Tu ressembles à ta mère, son portrait tout craché,

Je lui avais promis, tu sais, que tu serais diplômée

Et toi, pour étudier, tu as étudié, Rossana

Mais ce n'était pas pour en arriver là ...

Pas pour être soldat, Rossana.


S'il est juste d'exporter le courage italien

Pour montrer au monde qui nous sommes dans les guerres ?

... Que dois-je en dire ? Je n'en sais rien.

Pourtant, vois-tu... Ici, ça ne change rien.

A ton retour, il y aura encore beaucoup à faire.


À présent, il est tard et bientôt je te saluerai.

Puis, j'irai au syndicat pour essayer

De comprendre si ici, tout est terminé

Ou si le travail qui reste peut encore être sauvé.

 

 

De ton père tu peux dire que parfois il t'a manqué
Mais tu ne peux pas me dire que je n'ai pas lutté
Je bois de la boue comme eau potable
Et pour cela aussi, je m'appelle Misérable


... P.S. Rossana, au début, je me suis trompé

Car maintenant que j'y pense, je suis vraiment enragé.

Un travail comme le tien, un travail où on ne peut pas faire grève...

Ce n'est pas pour nous, déserte !

Ton père.


Chère Rossana, ce n'est pas que je sois enragé,

Seulement je me demande où nous nous sommes trompés

Si ma fille pour trouver un emploi

Doit aller au loin faire le soldat.

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 18:43

L'ITALIE

Version française – L'ITALIE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – L'Italia – Mercanti di Liquore e Marco Paolini– 2005

 

« Quand je l'ai connue l'Italie était déjà femme
De constitution robuste, forte et saine
Plus que travailler, je dirais qu'elle s'agitait,
Et comme elle était grasse, elle suait… »

« Deux bêtes dans l'étable et une chorale de poules,
Qu'on calmait en les serrant par le cou.
Pour nous faire fête, l'Italie s'inventait
Des histoires fabuleuses, tirées d'on ne sait où… »

« Si tu l’emmenais faire un tour, l'Italie en maillot rose,
Montait à l'arrière en voiture car elle était bienséante…
Moitié du siège à elle, et moitié à nous ses frères,
Pas vraiment de Mameli, cependant assez seyants… »

« Quand elle allait dîner dehors, elle dévorait, après quoi
On pouvait se regarder dans le plat,
Et le ventre plein, brusquement elle se levait,
Faisait une révérence, notre Italie et ensuite, dansait.
Nous là, muets et fascinés par le rythme de ses pas.
Elle dansait vraiment bien comme souvent font les gras,
Dans le tourbillon, notre Italie haletait et se démenait
Parfois, tombait mais toujours, elle se relevait »

« Lorsque je l'ai connue, nous étions compatriotes,
Elle puait de misère et avait des manières étranges
Avec cette grosse voix et un rire du tonnerre,
Contente de vivre, en plus de survivre
À la guerre d'après-guerre et la guerre d'après encore
Une nature de putain en habit de nonne,
Maîtresse ès ruses et un peu girouette
Mais respectueuse d'autrui, plus tendre et plus humaine.
Elle avait les yeux ardents et une belle gestuelle,
Le sein ample, l'allure familiale,
Un corps très gauche un peu hors mesure
Contenu avec peine par des points de suture,
Encore belle pourtant, magnifique et attrayante,
D'une beauté impudique et parfois indécente,
Encline et bien disposée aux vices du plaisir,
l'Italie savait même jouir… »

« Avec les ans, nous nous sommes perdus de vue,
Je lui écrivis nombre de fois mais sans jamais de réponse.
On me dit qu'elle s'était mise dans des affaires étranges
Et qu'elle s'entourait de voleurs et de crapules…
Puis hier, je l'ai rencontrée dans un supermarché,
Mon Italie avec son chariot au rayon des surgelés,
Tellement amaigrie qu'elle paraissait une autre,
Avec ses pommettes refaites et sa frange courte »

« J'aurais voulu lui dire que j'avais la nostalgie
Des temps où je jouissais de sa compagnie,
En somme, que je la trouvais belle, séduisante vraiment
Et que même lointain, j'étais toujours son parent »

« Elle m'a regardé comme on regarde les enfants,
Elle m'a demandé si je savais où étaient les purées,
En me voyant perplexe, elle s'est retournée brusquement
Et en un rien de temps, l'Italie s'en est allée… »

« Italie, mon amour ancienne, tu as perdu ta gaîté
Et tu ne te souviens même pas de la vieille courtoisie,
Et même si j'admets que j'ai mal vieilli,
Que diable, tu pourrais au moins me saluer !
Pourtant malgré tout, je t'aime encore
Quelque chose de moi t'appartient encore,
Il te plaît de faire la salope et de me désespérer,
Mais je sais qu'un jour ou l'autre, je te reverrai danser »

la la la la
la la la la
la la la la

 

 

 

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 18:06

 

Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience

 

Canzone française – Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 91

An de Grass 92

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

 

Lutherhaus 

 

La Maison de Luther 

 

 

 

 

 

 

Mon cher ami Marco Valdo M.I., dit Lucien l'âne tout pensif en plissant le front juste entre les oreilles qui pendent et se redressent comme en hésitant entre le bas et le haut, je me demande toujours où tu vas chercher le titre de tes canzones. L'autre jour, tu avais même un titre en latin... Langue, comme tu le sais, qui m'est des plus familières ayant vécu les grandes heures de la République et de l'Empire... Je n'en suis pas pour autant un Asinus portans mysteria. Certes, tu me diras que c'était une traduction et que la citation de Tacite était déjà le titre original et que dès lors, ce titre étrange ne t'était pas imputable. Mais celui-ci, comme bien d'autres auparavant, c'est toi qui l'as choisi...

 

 

C'est bien ainsi et c'est bien ainsi … Je veux dire que c'est bien ainsi que le titre a été choisi et qu'il est bien qu'il en soit ainsi...

 

 

Avec tout ça, tu n'as toujours rien dit, tu n'as toujours pas répondu à ma question...

 

 

Que tu crois, que tu dis... Mais il en va tout autrement et je m'en vais te le montrer. Le titre, dit-on couramment et même, j'en connais qui l’enseignent – et je te rassure, ce n'est pas moi – donc, le titre doit répondre à certains critères et le plus généralement, il doit indiquer ce dont parle le texte ainsi titré. Et ce titre à tes yeux étrange le sera bien moins quand je t'aurai expliqué le pourquoi du comment et même sans cela, il te suffirait de lire ou simplement, de parcourir la canzone. Mais je t'explique : Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience. Tu te souviendras que nos histoires d'Allemagne sont généralement contées par un narrateur ou une narratrice. C'est le cas ici aussi et ce narrateur, précisément, est un pasteur, sans doute un représentant de l'Église luthérienne. Peut-être même, habite-t-il dans la maison où vécut Luther ; son récit ne le dit pas. Mais en tous cas, dans sa ville de Wittemberg en Saxe, je veux dire la ville de Luther ; d'ailleurs, elle s'appelle de son nom complet Wittenberg-Lutherstadt.

 

 

Voilà qui est clair, dit Lucien l'âne. On a donc un narrateur, c'est le pasteur. Mais le reste ? Cet État disparu, par exemple.

 

 

Eh bien, voici comment s'explique cet étrange État disparu, qui soudain apparaît comme surgi du néant. Notre pasteur de Wittemberg est appelé à Berlin par des gens qui quelques temps auparavant, vivaient dans la République Démocratique, laquelle – comme tu le sais – a brutalement disparu du paysage en créant au passage d'énormes problèmes de conscience à foule de gens et même, en crée encore, si l'on veut considérer les résultats catastrophiques sur le plan social de la chute du mur [[7911]] et le séisme que vit actuellement l'Europe tout entière. Il suffit de regarder ce qu'ils ont fait aux Grecs, aux Espagnols, aux Portugais... L'état de l'Italie, ce qui se passe à Chypre, en Slovénie... Et ce qu'ils entendent bien nous faire...

 

 

Et ce n'est pas fini, dit Lucien l'âne qui en a vu d'autres. Et tout ça à force de poursuivre le rêve d'Otto.

 

 

C'est donc elle, la Démocratique qui est cet État disparu. Remarque, et je dis ça en passant, remarque que l'État disparu n'a pas été perdu pour tout le monde... Il y a des fortunes gigantesques qui se sont nourries de ses restes... et ce parasitisme est boulimique et s'étend, s'étend... Il avale tout sur son passage. Après avoir fait disparaître en un tour de passe-passe un État complet, pourquoi n'en ferait-il pas disparaître d'autres pour les absorber ? En fait, il a pris goût aux tours de passe-passe et aux bénéfices qu'il en retire et de plus, il en a besoin pour continuer à nourrir sa croissance démentielle.

 

 

C'est bien ce que je vise en parlant du rêve d'Otto... Cela dit, pour moi, un État ou un autre... Ce qui me préoccupe ce sont les gens... et ce qu'on leur fait subir.

 

 

Quant à la conscience...

 

 

Oui, la conscience, je voudrais bien que tu m'expliques ce que c'est, dit l'âne Lucien en relevant la tête d'un geste du cou.

 

 

Oh, dans ce cas-ci, ce n'est pas bien difficile. La conscience, c'est en quelque sorte la boussole qui indique à l'homme ce qui est bien, ce qu'il est décent de faire ou de ne pas faire, le moyen de garder sa dignité... Ainsi, au troisième terme du titre, on en revient à Luther et à ce sursaut de conscience qui l'avait conduit à dénoncer la vente des indulgences par les papes et leurs sous-fifres pour financer les besoins énormes des prélats et de l'Église Catholique Apostolique et Romaine – il faut le préciser, car il y a tant d'églises de par le monde et celle-là n'en est qu'une parmi tant. C'est au nom de la conscience, vois-tu Lucien l'âne mon ami, que Luther avait mis en cause la toute-puissance romaine et avait bien failli la faire basculer. Ainsi en quelques mots, voici un des grands épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, sauf que, sauf que comme tu le sais, Luther finalement a changé de camp, moyennant – à son tour – certains accommodements avec Dieu, qui est le patron des patrons, le maître des maîtres, le capo de tutti i capi... La figure tutélaire icônique. Mais néanmoins, le pasteur – dans notre histoire – fait figure de « spécialiste de la conscience ». Note que ses interventions portent sur deux questions différentes : dans le premier couplet, il s'agit du « drame de conscience » qui surgit face à la Stasi – la police politique du régime de l'État disparu, qui avait réussi à mouiller tout le monde et son chien... ou presque – ici, le mari Karl espionnait sa femme Anastasie [[42010]] ; dans le dernier couplet, il s'agit de juger en conscience des ravages que fait la réalisation du rêve d'Otto et les rapines qui en sont à la fois, l'origine et de développement.

 

 

Encore faut-il avoir une conscience, dit Lucien l'âne. Je commence à croire, Marco Valdo M.I. mon ami, que tes histoires d'Allemagne, que je pensais être des historiettes, des anecdotes, ont une portée qui dépasse leurs narrateurs... Mais cela ne doit pas nous empêcher de poursuivre inlassablement notre tâche terre à terre et de tisser avec obstination le linceul de ce vieux monde boulimique, avide, parasite, dément et cacochyme.

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

J'ai quitté la ville de Luther, le soir venu

Pour aller à leur rendez-vous dans l'État disparu

Pourquoi ces gens ont-ils appelé un pasteur ?

Et pourquoi moi, qui suis pasteur

De Wittenberg-Lutherstadt, réminiscence

Des condamnations du commerce des indulgences ?

Évidemment, à ce moment-là, ça avait du sens

D'interroger un spécialiste de la conscience.

 

Comment s'appelle-t-il, comment s'appelle-t-elle ?

Je ne le dirai pas. Par conscience professionnelle.

Déontologie, discrétion, et cetera.

Le cas n'est pas banal, en tous cas

De, disons : Karl et Anastasie

D'une femme espionnée par son mari

Pour le compte de la Stasi

Ah, la Stasi, d'ennui m'anesthésie !

Mais la Stasi n'est plus et je suis là

Allez savoir pourquoi ? Oui, pour quoi ?

Quel intérêt à rabâcher tout ça ?

Accuser l'État disparu et pas celui qui est là.

 

Je suis de la ville de Luther, ange déchu

Je me souviens de l'État disparu

Pourquoi ces gens ont-ils appelé un pasteur ?

Mais pourquoi moi, qui suis pasteur

De Wittenberg-Lutherstadt, réminiscence

Des condamnations du commerce des indulgences?

Évidemment, aujourd'hui, ça a du sens

D'interroger un spécialiste de la conscience.

 

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 22:15

NEC MINUS PRÆMIA DELATORUM INVISA QUAM SCELERA

 

Version française - NEC MINUS PRÆMIA DELATORUM INVISA QUAM SCELERA – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Nec minus præmia delatorum invisa quam scelera – Joe Fallisi – 1977?


Texte de R. D'Este
Musique et interpretation de Joe Fallisi
 

 

 

  Gaius_Cornelius_Tacitus.jpg

 


"I premi ai delatori non sono meno odiosi dei delitti"(Publio Cornelio Tacito, Storie, 1-2)

 

« Les primes aux délateurs ne sont aps moins odieux que les délits » (Publius Cornelius Tacitus - Histoires)


« Suite au mouvement de 1977 et à la dégénérescence de la lutte armée surtout dans les années 80 ont été promulguées par l'État des lois exceptionnelles et liberticides (encore en vigueur après vingt ans) dites d'« urgence » qui sous le couvert de combattre le terrorisme diffus font surgir, entre autres, des « repentis » plus ou moins «sincères» et plus ou moins « construits » pour la cause. Dans le cours des années 80, ils ont incarcéré des milliers de militants de la galaxie de l'extragauche (et parmi ceux-ci des anarchistes), des avocats, des membres de la famille, des connaissances qui bien que n'ayant rien à voir avec la lutte armée furent poursuivis en instruisant des procès politiques, fondés fondamentalement sur les racontars des « repentis » de façon à créer une terre brûlée autour des mouvements de contestation. Ce « repentisme » est une honte de la « démocratie » bien que n'étant pas, dans l'histoire, une nouveauté. Si on va à reculons dans le temps, on découvre que Tacite déjà murmure contre la corruption des lois et des coutumes de cette république de Rome devenue empire. Entre autres, la nouvelle importance donnée aux délateurs dont même alors déjà, on ne se souciait pas de la véridicité, par le biais de lois contre le « lèse-majesté ». Importance significative si on pense que Tibère, homme notoirement indolent, intervint personnellement pour que soit maintenue la récompense aux délateurs, même dans le cas où la victime « s'était suicidée » avant le procès. Tacite, indigné, se plaint en ces termes par rapport à l'intervention impériale : « Ainsi les délateurs, gens nés de la ruine publique, jamais freinés par des peines, sont maintenant même encouragés par des récompenses.  » (Tacite, Annales, IV, XXX). (De l'interview de Santo Catanuto et Franco Schirone en décembre 1988 ; « La Chanson anarchiste en Italie au dix-neuvième et au vingtième siècles », éditions Zéro en Conduite, 2a et 2009, p. 244).

 

 


Quand trop de mots et de tous connus
S'épaississent obscurs, sombres, terribles,
Quand leur sens lui-même semble perdu
Sage sera qui en soi les garde,
Parle d'autre chose ou s'efforce de se taire,
Sourit doucement sans se rendre
Et poursuit chaque trace du savoir
Des aventures des peuples et des gens
Ennemis de l'absurde pouvoir,
Ou de simples récits intelligents,
Qui le conservent homme encore vivant
Contre de durs barreaux néantisants ;
Ou l’accommodement fatigué mais naïf
Qui s'imagine qu'un heureux sort
Put venir de se rendre passif
Confondant la vie avec la mort.
Quant à moi, je me régale de poésies
Qui crient leur forte antipathie
Contre ces temps maudits d'aujourd'hui
On dit que le destin de nombreuses vies
Dépend de verdicts judiciaires.
Où lâches et scélérats, confirment leurs racontars,

Des « repentis » faux et bavards,
Qui pour des garanties éphémères
Ont vendu leur réputation et celle d'autrui,

Mal nés et vivant mal, d'une race
Qu'Allighiero plaça dans la glace
De l'entente humaine désormais perdue.

 

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Marco Valdo M.I.
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 21:49

RESPECTONS NOS CHERS PATRONS !

 

 

Version française - RESPECTONS NOS CHERS PATRONS ! – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Mio caro padrone come La rispetto – Riccardo Scocciante – 2013


Sull'aria di Mio caro padrone domani ti sparo
di Paolo Pietrangeli.

 


Nous recevons et publions de mauvaise grâce ce texte de « notre » Riccardo Scocciante :


Très chers administrateurs du site,

Je sais que je jouis d'une très mauvaise renommée ici et je dois dire candidement que non seulement je n'ai jamais absolument rien fait pour la démentir, mais que même je me contrefiche absolument d' un bienheureux bouquet. Cependant, ces derniers temps, j'ai suivi le débat brûlant qui s'est développé autour de la chanson Mio caro padrone domani ti sparo (MON CHER PATRON, DEMAIN JE TE DESCENDS) de Paolo Pietrangeli. J'ai lu que quelqu'un a été, comment dire, dérangé par la présence de cette chanson sur le site, et alors j'ai pensé – pour une fois – contribuer à rasséréner les âmes et à apporter une vraie parole de paix. Mais pauvres patrons ! Pourquoi devrait-on les flinguer ? Comme l'enseigne sa sainteté le pape...
Giuseppe Roberto Piero Gèssica porcaputt comment s'appelle-t-il encore ? ah oui François, non seulement le pardon est toujours et chrétiennement recommandable, mais pour nos patrons, qui par leur sacrifice nous permettent de nous suicider… de gagner pour nous et nos familles le pain quotidien présent déjà dans la prière à Notre Père. Honorons donc nos patrons et restons à notre poste ; la chanson que je viens de composer veut exactement inviter à ceci. Et basta avec toutes ces horribles chansons subversives dont vous avez encombré ce site, nom de Dieu !


Votre tas de merde, casse-couilles etc bien aimé

 

Riccardo Scocciante.

 

 

 

 

Mais, dit Lucien l'âne en se secouant de rire, c'est une chanson de lèche-bottes, une chanson de lèche-cul... Il fait fort cette fois, Riccardo...

 

 

En effet, c'est bien ce que tu dis. Mais tout le monde comprendra qu'elle dit exactement l'inverse de ce qu'elle prétend signifier. Et c'est d’autant plus drôle... Tout est venu de certains esprits chagrins qui trouvaient à redire qu'on s'en prenne un peu aux patrons et qu'on envisage ici doucement de les faire disparaître. Il y en a à qui ça ne plaît pas...

 

 

C'est à peine croyable, dit l'âne Lucien hilare. Oh, notre aimable Scocciante a bien eu raison de leur concocter une canzone à ces « honnêtes gens »... Manière aussi d'antiphrase, figure de style qui dit une chose pour dire son contraire et « honnête homme » pour désigner un fripon. Gloire donc aux patrons, à leurs femmes, à leurs maîtresses et à leurs Mercédes... Et soyons, disons soyez, car nous les ânes nous connaissons cette manière depuis la nuit des temps, donc vous les humains, soyez donc serviles jusqu'à la nausée. Signor, sì...

 

 

À peine croyable, dis-tu. Eh bien, détrompe-toi, ce délirant discours que tient Scocciante, dont on connaît la vilenie, ce propos qu'il tient par dérision, avec un fort assaisonnement d'herbes d'ironie, dont il use par antiphrase, ce délirant discours, dont on pourrait croire qu'il fut impossible, est pourtant l'exacte reproduction de l'attitude de certains. Crois-moi, Lucien l'âne mon ami, les faux culs existent, je les ai souvent croisés. Et ce n'est pas à toi que je dois suggérer qu'il existe une guerre terrible où il faut à chaque instant, chaque jour, dans chaque geste tenir son camp... Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Tout simplement au nom de soi... La solidarité commence avec soi... Conscience de soi et dignité...

 

 

J'écoute, j'entends et je comprends, dit l'âne Lucien raillant certain général romain envahissant la Gaule. J'écoute, j'entends et je comprends... Il s'agit de la guerre des guerres, la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les maintenir sous le boisseau, de les écraser plus encore, de renforcer leur domination, d'accroître leurs richesses... Et là, en effet, il faut à tous moments choisir son camp. Oh, nous les ânes, on le sait bien qu'il faut parfois baisser la tête, quand on ne peut faire autrement et qu’il vaut mieux un âne vivant qu'un lion mort... Cependant, il faut distinguer une certaine aptitude à l'adaptation et une franche collaboration. Le fait est qu'il ne faut jamais renoncer à tisser le linceul de ce vieux monde tout d'exploitation vêtu, aussi absurde qu'avide, aussi vain que stupide et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Circulaire à la ronde

Et à toutes les usines du monde :

Adorons nos patrons

Nos actionnaires, nos supermanagers, nos directions.

Commandeurs illustres

Je vous écris la présente

Pour vous faire connaître

Notre peu recommandable affection

Pour Votre Gloire.

 

Pour vous faire savoir

Que le vingt et un, quel beau jour

Le vingt et un du mois en cours

Nous avons décidé

D'aduler

Votre Gloire.

Chers patrons en face de vous,

En signe de respect, je plie le genou,

Votre intelligence géniale et profonde

Nous comble d'une béate plénitude .

 

Mes chers camarades, pourquoi ces visages ?

Avec ces syndicats et leurs mauvais présages

Il ne reste qu'à nous donner entièrement au patron,

Peut-être ainsi mangera-t-on.

 

Quel beau jour

Le vingt et un

Tous à votre vénération

Tous sans exception

Pensez, quel beau jour

Quel beau jour

Nous verrons.

 

Mais d'abord je déclame

Un poème encomiastique,

Je proclame solennellement :

« Notre paye suffit bien ! »

Pour les suppléments

On ne veut pas de salaire,

Quelle horreur, c'est mesquin,

C'est tellement ordinaire !

 

Camarades, il est clair

Que le vingt et un

La grève ici

Personne ne la fera

Et alors nous serons

Plus grands et plus forts

Et ensuite mieux encore

Nous serons tous morts

Cependant…

 

Jusqu'au dernier instant

Vénérons nos grands patrons

Avec leurs femmes et leurs grosses Mercédes

Et même plus encore, leurs maîtresses.

 

Jusqu'au dernier moment

Nous, nous serons fidèles au poste

À suer à peiner

Tous les jours, nuit et jour.

 

Jusqu'au dernier instant

Bouches fermées et bleus trempés

Tant qu'ici chez Thyssenkruppeu

On brûlera à petit feu

Très chaud et très beau

Si chaud et si beau

Si chaud et….

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