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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 22:59

LA PENDUE

 

Version française – LA PENDUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – L'impiccata – Cesare Basile – 2011

 

 

Stigma Diaboli - Clovis Trouille

 

 

 

 

 

Folles, pendues, brûlées [[8853]], âmes simples, hérétiques en tous genres... Toutes au gibet, toutes au bûcher, car ce sont des possédées, des filles de Satan...

 

 

Mais que racontes-tu comme imbécillités , Marco Valdo M.I. mon ami ?

 

 

Des imbécillités ? Mais ce sont des imbécillités assassines et massacrantes prêchées par les moines, les missionnaires, les prêtres et bien des représentants des autorités constituées séculières ou célestes. Leurs inquisiteurs et leurs tribunaux allaient jusqu'à chercher sur le corps de ces dames la « marque » de Satan... M'est avis que tout cela se faisait car ils craignaient grandement la popularité et les réels pouvoirs de ces femmes – connaissance des simples et dans les deux sens du mot: hommes ou plantes. Et puis, elles étaient les filles de Cro-Magnon... les filles et les porteuses d'une civilisation ancienne et à éradiquer, elles maintenaient les valeurs d'un autre monde, d'un monde où femmes libres, elles vivaient parmi les hommes libres... Un monde où le Dieu des puissants, leur Dieu, leurs prêchi-prêchas, leur Pontifex maximus, leurs croisades et leur puissance temporelle n'existait pas. Bref, elles venaient tout droit du monde qu'ils avaient mis tant de temps et tant d'efforts à détruire... Sans jamais y arriver. Elles en viennent encore aujourd'hui.

 

 

Aujourd'hui encore, c'est leur ambition à ces dominateurs d'asservir tout le monde. Ce sont des impérialistes, des catholiques comme ils se nomment ; ils veulent dominer ( Domine?) le monde. Au nom de Dieu, qu'ils disent... Mais personne n'a jamais pu le vérifier... Et pour cause.

 

 

Bien, je te rappelle quand même qu'ils ont fait école et qu'ils ont de redoutables concurrents en ce domaine. Mais pour en revenir plus précisément à la chanson, la pendue (le pendu...) a souvent été une victime expiatoire, un bouc émissaire, en quelque sorte. Une rassurance... Holà, j'aime bien ce mot, même s'il ne figure dans aucun de nos dictionnaires contemporains … Sauf le DVLF (Dictionnaire vivant de la langue française, publié sur Internet par l'Université de …. Chicago), qui l'a repris de Littré, lequel avait trouvé ce mot de « rassurance » chez Mirabeau.

 

 

Belle référence !, dit l'âne Lucien en pliant le genou.

 

 

Certes, mais revenons à notre rassurance... Pendre cette femme libre d'esprit, c'est pendre la liberté de pensée, la liberté d'être. Car si la liberté fait peur aux puissants et aux riches (j'entends bien la liberté des autres, celle des pauvres...), il importe que tout le monde ait peur de la liberté. Paura della libertà est le fondement de tout pouvoir [[11043]]. Pour instiller cette peur, les dieux, leurs histoires à dormir debout et leurs laudateurs [[7796]] sont les marionnettes qui projettent des ombres sur les murs... Pendre cette femme, c'est montrer à tous où mène la liberté, du moins, quand les puissants n'en veulent pas, quand ils la répriment... Par tous les moyens... Essayez un peu de critiquer, de mettre en cause, de dénoncer, de ridiculiser... mettons un roi, un président de République ou quelque chose d'approchant... Ou le Pape aux grandes heures de la chrétienté ou que sais-je Allah en Iran ou en Arabie... Tout cela se tient.

 

 

Raison, raison, raison... Raison de plus pour reprendre notre tâche et tisser sans relâche le linceul de ce vieux monde de religions, de dieux, de fantômes, d'oppresseurs, de bûchers, de lapidations, d'assassinats, de pendaisons et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

L'hiver est arrivé, la glace est venue
La nuit m'a faite horreur
Les fleurs ont pris mes odeurs
Je suis celle qui reste, je suis la pendue

Pendue par les pieds et les seins
Car j'étais la pire des chiennes
Qui se moquait de la joie
Montrant mon visage, me frottant à tous, me mariant à tous les coins.

Sans vous déranger.
Exposée par les pieds et pour la sagesse
De sorte que je rende à la loi ce que je n'ai pas donné à ma race
Je suis la pendue, je suis celle que vous regardez.

 

Vous crachez à présent sur mon ventre renversé
Sur ce sacré cœur en émoi
Car je suis la dérision, pas la joie
Montrant mon visage, me frottant à tous, me mariant à tous les coins sans vous déranger 

LA PENDUE
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Marco Valdo M.I.
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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 23:31

L'HOMME, LA FEMME ET LA

 

FLEUR

 

 

Version française – L'HOMME, LA FEMME ET LA FLEUR – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – L'uomo, la donna e il fiore – Quartetto Cetra – 1968


Texte et musique d' Anton Virgilio Savona et "Tata" Giacobetti
Récit : Anton Virgilio Savona
Du spectacle: "Non cantare, spara!"
Transcrite à l'oreille (merci à Giorgio pour ses opportunes corrections)



 

 

 

 

L'importance du Quartetto Cetra. Ils faisaient, à quatre, des chansons d'« amusement » ; mais ils le faisaient avec un style inimitable, humoristique et souvent plein d'humour noir. Entre les lignes, ensuite, ils étaient capables de dire beaucoup de choses. Ainsi dans cette « chansonnette », inspirée explicitement d'une « parabole » de l'écrivain et du journaliste américain James Thurber (1894-1961). Nous avons cherché un peu, et nous avons découvert que la « parabole » est en réalité un récit intitulé The Last Flower ; il l'écrivit en 1939. Exactement l'année où éclata la II guerre mondiale dont ... et nous ne croyons pas que ce soit un hasard. Une « canzoncina » dans laquelle est décrite, avec des mots très simples, la tendance éternelle de l'humanité à s'étriper ; et nous craignons que, tôt ou tard, ne resteront même pas cet homme, cette femme et cette fleur pour recommencer. Dans la chanson, avec les chiens et avec les lapins, ils semblent presque s'avertir des échos même d'un chef-d'oeuvre de la science-fiction, City de Clifford D. Simak (traduit en français sous le titre « Demain les chiens »).

 

 

 

 

Voilà donc un commentaire très informé et diablement utile. Je l'ai traduit pour ces raisons et aussi, pour en corriger un peu la perspective. Cependant, une petite remarque d'ordre littéraire... Il me semble que le roman de Simak reprend assez bien un roman français peu connu (du moins maintenant) d'Ernest Pérochon, publié en 1925 et intitulé « Les Hommes Frénétiques ». Il y était question de l'auto-massacre de l'humaine nation et d'un recommencement par deux jeunes gens avec l'aide des chiens. Et tout à trac, Lucien l'âne mon ami, toi qui as mille fois plus d'expérience que je ne pourrai jamais en avoir et un avis nettement plus fondé que le mien, penses-tu qu'on puisse ranger cette chanson dans les « chansonnettes », dans les « canzoncine »...

 

 

Ah, dit Lucien l'âne en ouvrant des yeux galactiques, laisse-moi le temps de l'entendre et je te dirai...

 

 

Et alors, tu l'as entendue, tu l'as même lue, qu'en penses-tu ?

 

 

D'abord, dit Lucien l'âne en s'ébrouant comme Modestine au sortir d'un gué profond des Cévennes, j’insiste pour que l'on ne me prenne pas pour un vieux barbon, ni pour une autorité en quelque matière que ce soit. Certes, j'affirme cependant que mon avis est mon avis, que j'y tiens et que je le partage... De plus, très volontiers avec toi. Bref, je ne suis pas, non, certes non... un âne normand qui dodeline de la tête (et au demeurant, de quoi d’autre pourrait-il dodeliner ?) pour dire un coup oui, un coup non et te regarder d'un air effaré pour signifier ni oui, ni non.

 

 

Oui, mais la chanson ? Car Lucien l'âne mon ami, tu t'égares, tu vas là vaguant on ne sait où, dodelinant, si, si, dodelinant tel un âne normand de ton crâne si large et si noir et balançant les oreilles dans la perplexité du monde. Tu t'égares, tu t'égares et je ne te suis plus. Reviens si tu le peux à ton sentiment à propos de cette chansonnette, de cet homme, de cette femme et de cette fleur.

 

 

Et bien, ça tombe bien que tu me pousses dans ce sens ; il y a longtemps que je voulais dire certaine chose et je vais la dire ; d'autant qu'elle répond à ta question. Mais dès lors, garde à l’esprit que ce qui sera dit ici a valeur exemplative et somme toute, générale. Si l'on veut avoir un avis à propos d'une chanson, on peut l'écouter, mais l'écoute est trompeuse. Dans le cas qui nous occupe, si l'on s'en tient à une écoute superficielle, qui est celle qu'on a « en passant », elle a bien l'air d'une « canzoncina », telle qu'on la faisait à son époque – avant 1970. Mais ensuite, il faut se demander qui chante... Par exemple. Et là, s'agissant du Quartetto Cetra, il convient de se demander si cette apparente « canzoncina » ne serait pas dotée d'un accompagnement musical à l'acide parodique. En fait, elle l'est. Elle ressemble à s'y méprendre à la production de chansons légères de l'époque, à ce qui dégoulinait de toutes les radios, à la purée et au brouet que servaient les télévisions, aux prestations lamentables qui s'affrontaient dans les concours. Et si de plus, on lit le texte – et c'est là l'essentiel, on découvre qu'il s'agit là d'une grande chanson camouflée en « canzoncina ».

 

 

C'était bien mon idée et la raison pour laquelle je t'avais posé la question. Pour le reste, je veux dire sur le fond, on était au temps de la confrontation atomique et la disparition de l'humaine nation paraissait plausible et devoir résulter d'une explosion ou d'une série d'icelles. Il n'en a rien été, car dans la Guerre de Cent Mille Ans, il n'est nullement question de détruire l'humanité entière, il faut juste s'en assurer le contrôle et l'exploitation. Dès lors, la guerre est plus rusée et plus complexe qu'il n'y paraît et elle n'est pas pressée d'atteindre la fin de ses Cent Mille Ans. Prenons les conflits en cours, ceux qui font la une des journaux, ceux où on s'étripe, on s'empoisonne, on s'incendie, on se bombarde... Ce sont des événements périphériques qui détournent l'attention de la vraie dimension du massacre. Certes, ils sont épouvantables et désolants, mais ils font tous comptes faits peu de victimes. Leurs ravages sont limités si on les compare à la faim, à la soif, par exemple ou à la maladie ou à la misère ou aux guerres locales et occultes ou en tous cas, occultées. Là, peu de matamores, peu de roulements de tambours médiatiques... Juste la mort ou l'horreur au quotidien. Dans le silence des nations et même, ces ravages sont couverts par le voile pudique de la paix. Dans ce que j'ai appelé les « conflits en cours » se pose la question « faut-il combattre la guerre par la guerre ? ».... Oh, je vois ton regard... Ce n'est pas moi qui pose cette question... Elle est dans tous les journaux, dans tous les discours... Question rhétorique, s'il en est. Mais, la vraie question paradoxale seulement en apparence, c'est « Peut-on combattre la paix ? ». Dans la Guerre de Cent Mille Ans, la paix et la guerre sont des états d'un même processus et de surcroît des états intermédiaires, secondaires, anecdotiques par rapport à cette Guerre que les riches font aux pauvres afin d'asseoir leur domination, d'étendre leur dominium, de renforcer leur pouvoir, de multiplier leurs profits, de... Regarde ce qu'ils font aux Grecs... Ils sont en train de les détruire, de les réduire en esclavage par la paix. Orwell avait bien vu : « La Guerre, c'est la Paix »

 

 

Et inversement, dit Lucien l'âne avec une gravité de circonstance. Et puis, quand tu dis « regardez ce qu'ils font aux Grecs », il faut évidemment comprendre aussitôt : « Ils vous le feront bientôt ». On annonce des dizaines de millions de miséreux en Europe – en plus des existants et dans le même temps, on se félicite de l'accroissement des richesses des riches et on répète à l'infini que l'Europe est en paix. Quant à la disparition de l'espèce humaine, de l'humaine nation... Elle est probable ou disons que la probabilité qu'elle se perpétue éternellement est faible, ne fût-ce que parce que le système solaire et donc, la Terre, sont périssables.

 

 

Sauf peut-être, et on retrouve ici la morale de la chansonnette,

 

« La destruction fut ainsi complète et dans ce malheur

De flammes et de ruines, se sauvèrent par bonheur :

Un homme, une femme et une fleur. »

 

sauf peut-être donc si un petit groupe arrive à sortir de notre espace clos et à recommencer l'aventure quelque part dans un lointain lontanissime.

 

 

Admettons, dit l'âne Lucien en rejetant d'un joli mouvement du menton son oreille gauche vers le soleil, mais que deviendront les ânes ? Et puis, il ne faudrait pas que ce soit là le début de l'éternel retour...

 

 

On divague, on divague..., Lucien l'âne mon ami.

 

 

Moi, ça me plaît assez de divaguer ainsi, mais en attendant la fin de l'espèce, de la planète, du système et de la galaxie, quand ce ne serait pas de l’univers entier... Que sais-je ? Et puis, la guerre, la guerre, on n'a pas que ça à faire... Abrégeons, coupons court et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde guerrier, belliqueux, pacifique, mortel, avide, assassin, autodestructeur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Récité :

 

En promenant le regard sur les étagères d'une bibliothèque,
Nous avons trouvé un livre de James Thurber ;
Et parmi tant de paraboles de cet écrivain américain,
Nous avons voulu en mettre une en musique.
Pour mieux la comprendre, vous devez supposer
Qu'elle n'a pas été composée aujourd'hui, mais dans un
Futur fort lointain, c'est-à-dire environ, en l'an 5000.

 

 

L'histoire conte qu'en Cinq mille toute la civilisation
Fut détruite par une grande guerre : pauvre humaine nation !
Chaque ville disparut de la Terre, tout s'effaça,
Bois et villages furent incendiés, les cendres seules il resta.

 

Hommes et femmes, jeunes et vieux, êtres de toutes conditions
Étaient diminués, débiles : pauvre humaine nation !
Les chiens voulurent se débarrasser de leurs maîtres,
Et les lapins, devenus audacieux, commandèrent.

 

De la peinture, il ne resta rien ; de la poésie, rien ne resta
On ne put rien sauver, et l'homme s'ennuya.
Les adolescents et les jeunettes ne se regardaient plus,
L'amour sur la Terre n'existait plus !

 

 

 

Récité :

 

Et ensuite qu'advint-il ? Il advint qu'une fillette trouva
Une chose qu'elle n'avait jamais vue : une fleur.
La dernière fleur. Et s'aperçut qu'elle était en train de mourir.
Elle le dit à tout le monde, mais l'unique qui l'écouta
Fut un jeune homme qu'elle rencontra par hasard.

 

 

Les deux jeunes, instinctivement, ranimèrent la fleur
De cette fleur naquit une autre fleur, naquirent milles fleurs !
Abeilles et papillons sur les corolles recommencèrent à voler,
Les campagnes de chaque continent se mirent à bourgeonner.

 

Vint la pluie, et la fillette dans l'eau se mira

Elle se vit très belle, il la regarda, et doucement l'embrassa…
Naquit l'amour, dans le monde entier, tout se réveilla,
Et les enfants coururent heureux, riant insouciants ici et là

 

 

 

Récité :

 

 

Et les chiens retournèrent chez leurs maîtres,

Le jeune mit une pierre sur l'autre.
Et tous mirent une pierre sur l'autre !
Naquirent des maisons ; naquirent des villages ; naquirent des villes !

 

Musiques et chants, mille jongleurs, chimistes et inventeurs
Couturiers et drapeaux, médecins et avocats prirent place encore !
Gardes, soldats, caporaux, majors et grades supérieurs
Grands généraux, grands maréchaux et le grand Libérator

 

Ils choisirent la place où habiter, sur la colline, sur le bord de la mer
Chaque région se peupla, et on dressa les bannières...

 

 

 

Sur un rythme de marche militaire :

 

Ceux qui vivaient sur les collines 

Descendirent vers la mer
[bruits de guerre et de bataille]

 

Ceux de la mer, pour changer d'air,

S'en allèrent occuper les collines …

 

Ainsi après tant de temps, tant de paix sereine,
Ils reprirent le jeu de la guerre entre les collines et les plaines !
La destruction fut ainsi complète et dans ce malheur
De flammes et de ruines, se sauvèrent par bonheur :

 

 

Un homme, une femme et une fleur.

L'HOMME, LA FEMME ET LA  FLEUR
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 22:19

LES CHEMINANTS

Version française – LES CHEMINANTS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Caminanti – Cesare Basile – 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

Un à un, ils se suivent

Jamais trop près de l'asile
En files décousues
Sur les chemins des conformes
Comme des notes égarées
D'autres chefs-d’œuvre
Mâchés dans la touffeur d'août
À petits pas doux.

 

Ils sont les fous mais libres
De sortir fumer
De porter sur leur dos la douleur
Intermittente et atténuée
Qui ne les laisse pas
Le devoir ne s'y perd pas
Ils sont libres de fumer
Fous et solitaires.

 

Ils ont des voix perdues
Dans un corps occupé
Les paroles claires et corrompues
De qui raisonne la maladie
Sont seulement des clepsydres
Pour les gardes de nuit, où
On n'écoute pas les fous
Pour ce qu'ils disent
Vouloir dire

 

Un regard de temps en temps
Se lève et se rappelle
Que nous étions des enfants

 

Qu'on pouvait devenir fou de jeu
Que quelqu'un finalement
A réussi vraiment à rire
Un autre en faisant semblant
Et difficilement
A appris à dormir

LES CHEMINANTS
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Marco Valdo M.I.
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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 21:41

AUCUN HOMME N'EST UN

 

HOMME QUELCONQUE

 

Version française - AUCUN HOMME N'EST UN HOMME QUELCONQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Nessun uomo è un uomo qualunque – Claudio Lolli – 2000

Texte de Claudio Lolli
Musique de Claudio Lolli et Paolo Capodacqua

 

 

 

 

 

Aucun homme n'est un homme quelconque
Sa valise peut contenir
Un cadeau volé en vitesse
Une rose à porter pour fleurir
Une femme, une femme toute de tendresse

 

Aucun homme n'est un homme quelconque
Sa valise peut contenir

Un pyjama porté en cellule
Une veste prête à finir
Liberté et pauvreté en soirée

 

Aucun homme n'est un homme quelconque
Sa vie peut receler

Une douleur qui brûle sa poitrine
Et le dos lui donne à le plier
Une douleur qui force à le respecter.

 

Aucun homme n'est un homme quelconque
Sa tête peut entretenir
Le souvenir d'un songe qui rêve
Ces pensées qui jamais ne servent
Mais qui rêvent si bien l'avenir.

 

Aucun homme n'est un homme quelconque
Sa vie peut souffrir
D'un souffle qui lui mord la poitrine
Et lui tord le dos à l'endolorir
Dans le silence du monde où s'accomplit un délit parfait.

 

Aucun homme n'est un homme quelconque
Son corps peut se complaire
D'un amour cherché sans trêve
D'un amour découvert soudain
D'un amour qui ne manque pas le train.

 

Aucun homme n'est un homme quelconque
Sa vie peut s'enrichir
D'un amour qui lui brûle le sexe
Qui lui fait cambrer l'échine
D'un amour que tour à tour, nous lui devons offrir.

 

 
AUCUN HOMME N'EST UN  HOMME QUELCONQUE
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Marco Valdo M.I.
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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 21:32

EAU DOUCE

 

Version française – EAU DOUCE – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne d'une chanson en « laghee » (Lombard)

Akuaduulza – Davide van de Sfroos – 2005

Texte et musique de Davide Bernasconi, alias Davide van de Sfroos.

 

 

 

 

 






Dans quelques jours, exactement le samedi 9 septembre 2006, je quitterai la Suisse où j'ai vécu pendant quelques années. C'est en Suisse, de Suisse, que ce site s'est définitivement formé, structuré et développé ; et il continuera en partie à le faire, vu qu'en Suisse reste notre webmaster, Lorenzo Masetti. Riccardo Venturi, par contre, s'offre le dix-neuvième déménagement de sa vie et s'en retourne, cette fois, à Florence. Au moins jusqu'à la prochainefois où il repartira qui sait où, évidemment fêtant de bonne façon le total de ses vingt déménagements de par le monde.

La Suisse est un étrange pays. Si près de l'Italie et de l'Europe, et si loin en même temps. Tous y ont été. Beaucoup y sont allés pour travailler, pas toujours bien traités. D'autres s'y sont réfugiés en fuyant des horreurs de chez nous. D'autres y ont porté leur argent, propre ou sale. Un pays étrange et méconnu, peut-être aux Suisses eux-mêmes. Le pays neutre. Le pays qui ne fait pas la guerre. Le pays où j'aurais pensé le moins du monde à aller vivre ; et j'y suis allé par amour. Sans y réfléchir un instant. Par amour, mais avec en main, un livre d'histoire de la Suisse. Je ne vais jamais dans un pays sans en étudier l'histoire.

 

Aussi tant que nous y sommes, je voudrais raconter un petit épisode de l'histoire suisse. Nous sommes en 1529. En Suisse, la Réforme luthérienne est arrivée, et ont commencé les luttes intestines, les guerres de religion qui persisteront entre les divers cantons jusqu'à la moitié du XIXième siècle. Confédérés réformés et catholiques s'affrontent sur le terrain, et se préparent livrer bataille dans la localité de Kappel, dans le canton de Glaris. Les deux armées sont déjà rangées, lorsque de Glaris arrive l'huissier et landaman, Hans Aebli, courant, haletant. Il a adhéré à la Réforme, mais il tente tenir son petit canton hors des guerres qui flambent ailleurs. Il se met au milieu des deux rangs, tient un discours et convainc les antagonistes de renoncer à se massacrer entre frères. Sur le champ de bataille, au lieu de la mêlée, on allume un feu ; et on y place un énorme chaudron plein de soupe au fromage. Tous se mettent à la manger, ensemble : protestants, catholiques, commandants, simples soldats. Depuis lors on appelle cette soupe : « Soupe de Kappel ». Au lieu de se faire de la guerre, on mange une soupe.

 

Ensuite, je voudrais vous en raconter une autre histoire, toujours sans façon. Nous sommes, cette fois, en 1625. Les habitants de Wyl, village sur le Lac des Quatre Cantons (je défie n'importe qui d'en prononcer correctement le nom allemand : Vierwaldstättersee), sont en dispute avec les Lucernois pour des questions de taxes et de gabelles. Et que font-ils ? Ils créent un canton pour eux seuls. Ils déclarent l'indépendance vis-à-vis de Lucerne et mettent sur pied en dix minutes un mignon petit canton tout organisé, de deux kilomètres carrés. De Lucerne, à la nouvelle, est envoyée une puissante armée pour dompter les rebelles : deux canots à rames remplis de soldats désarmés. Ils arrivent à Wyl et reconquièrent le petit canton manu militari ; ensuite les Lucernois abolissent les taxes et les gabelles, la révolte se calme et tous se mettent table.

 

 

Vous vous demandez arrivés à ce point : mais qu'est-ce que tout ceci a à voir avec « Akuaduulza » (EAU DOUCE) ? Eh bien, la Suisse est un pays de montagnes. De hauts plateaux. Et aussi de lacs. Il y en a beaucoup. Nous en avons vu une fois, un étrange lac morainique d'une forme fantasmagorique, amiboïde, indéfinissable. Une espèce de matelot comme moi peut aimer la montagne, comme plus que digne de se comparer à de la mer ; sauf le lac. Le lac est un univers qui lui est inconnu. Une flaque d'eau douce pour lequel il nourrit au maximum quelques mots de bienveillance ironique. Avec le sel dans les narines, il pense : « Le lac ne sent rien. Il ne pue pas. » Comme il se trompe. Et combien il flaire un lac ; et chaque lac a son parfum. Et cette flaque d'eau douce sait être une mer. Elle sait être, surtout, un monde infini. Je le dis à la personne que j'aime, qui est née sur le rivage d'un lac (de Lugano); et même à une des piles des CCG, Adriana, qui est née elle aussi sur la rive d'un lac à moitié suisse, à demi italien (le Majeur) et y habite toujours. Douce ou salé, mer ou lac, les CCG sont un site d'eau.

Un petit grand monde infini. Je m'en suis aperçu pas très il y a longtemps, sur un lac même pas grand. À quelques kilomètres de Fribourg. On appelle lac de Morat, ou de Murtensee. J'avais déjà navigué sur un lac, par exemple sur le lac de Trasimène, en Ombrie. Mais il m'est arrivé, sur le lac de Morat, d'appareiller du rivage sur un bateau de la Navigation Marchande suisse pour faire un tour d'une heure qui touche toutes les localités côtières, et d'éprouver une sensation spécifique : me détacher de la terre. Jusqu'à présent, elle avait été réservée seulement à la mer. Je flairais l'odeur du lac. Il peut se faire qu'il ne me soit jamais habituel. Il peut se faire que je ne le reconnaisse jamais comme mien. Mais, sûrement, dans le reste de ma vie, lorsque je me trouverai devant un lac, j'aurai une sensation fort différente de celle que j'avais au début.

 

 

 

Et ainsi, comme dédicace à la Suisse, à ses soupes de Kappel, à ses minicantoni, à son histoire bizarre et à son histoire méconnue, et même à ses gens et surtout leurs« grains de folie », desquels je vais toujours à la recherche par habitude et par nature, j'ai voulu dédier comme hommage d'adieu une chanson qui parle d'un lac. Ce n'est pas un lac suisse, même s'il en est très voisin. Écrit par quelqu'un des « laghee » dont on peut tout dire sauf qu'il ne fait pas la musique avec le son coeur. Ensuite, on peut l'aimer, le détester, on peut y être indifférent, comme on veut. Moi-même, j'aime seulement certaines chansons, de Bernasconi David, alias Davide Van de Sfroos ; parfois, j'éprouve le désir d'aller l’entendre, jouer, et dix minutes après j'irais plutôt à un concert d'Orietta Berti (une chanteuse italienne à succès ; quelque part entre Mireille Mathieu, Carla Bruni et Chantal Goya ou entre Line Renaud et Dalida. [http://www.oriettaberti.it/home.htm]). Cependant, je repense au « Genesio », à « Polenta e galina frègia”», et à cette « Akuaduulza » (EAU DOUCE). Ce sera , pour moi, la chanson du lac. C'est avec cette chanson que je salue lacs et montagnes, et je retourne à ma mer, à cette flaque un peu plus grande et un peu plus salée.

Riccardo Venturi – 2006

 

 

 

 

 

 

Histoire suisse pour histoire suisse, dit Lucien l'âne, en voici une pour compléter celles de notre ami Ventu et confirmer sa définition de la Suisse comme « petit grand monde infini ». Les Suisses disent que la Suisse est le plus grand pays du monde quand on la déplie...

 

 

 

Eau douce, eau douce mais d'une douceur que personne ne veut boire

Eau fatiguée, eau bouffie, elle aspire les jambes des enfants et les rames

Lavandière sur le rivage avec sa planche pour appuyer les genoux

Le savon et la chemise, frotte les tissus et le reflet des montagnes

Cette vague vagabonde est une langue qui baigne les paroles

Langue qui coupe et langue ronde d'abord timide et puis, qui asperge tout.

 

Eau douce, eau douce trop haute pour se faire caresser

Eau claire ou sale, trop vieille pour remonter

Sous le ventre de chaque barque et sur la tête de chaque pierre

Au-dessus du rosaire de chaque mémoire, mais sur toi pas même un pas ne peut rester

Ni le soleil qui te fouette le dos, ni la lune qui se baigne les pieds,

Ni l'épée de chaque tempête n'arriveront à te laisser même une griffure.

 

Eau douce, eau douce, eau qui s'enfuit puis revient

Eau verre, eau perle prête pour tous et qui n'attend personne

Face de tortue et face de poisson en carpione

Face qui semble t'appartenir et alors nous te voyons sans te regarder

Quelqu'un fuit la puanteur de l'algue, puis revient se laver

Quelqu'un crache sur ta vague, puis en larmes revient

 

Eau douce, eau douce : de combien d'eau ces yeux sont remplis

Eau noire et immaculée, eau bénie sans raison

Passe un bateau, passe un hiver, passe une guerre, passent les poissons

Passe le vent qui vole ton manteau et passe le brouillard qui éteint les étoiles

Dans la breva qui mord les vêtements, un pêcheur quitte le rivage

Il rame debout sur cette feuille qui balance avec ma chanson qui jamais ne finit. 

EAU DOUCE
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Marco Valdo M.I.
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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 23:58

Il est né le divin Enfant

 

Chanson française – Il est né le divin Enfant – Jean Yanne – 1982

 

 

 

Il est né le divin enfant

 

http://www.youtube.com/watch?v=otRrwsK0neE&list=RD02otRrwsK0neE

 

Ah ! Lucien l'âne mon ami, aujourd'hui, je m'en vais te rapporter une fable... Non pas une fable d'Ésope ou de La Fontaine, emplie d'animaux et de proverbes, mais une fable en quelque sorte humaine. Une fable dont les personnages sont des êtres humains et bien évidemment, comme dans toutes les fables, des personnages inventés...

 

Voilà qui est intéressant et somme toute, qui nous rendra justice à nous les animaux. Mais, dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, n'appelle-t-on pas habituellement ce genre de récits des contes...

 

 

Bien évidemment. Les contes sont des fables où les personnages sont des humains. Ainsi en va-t-il des célèbres contes des mille une et une nuits. Donc, je précise : une fable du genre particulier appelé généralement « conte ».

 

 

En fait, fables ou contes, ce sont des histoires où il faudrait indiquer en préambule : « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé... » Tu connais le texte habituel.

 

 

 

 

Certes, mais ce n'est pas exactement ça... Contes ou fables, il est essentiel de bien indiquer qu'il s'agit de pures inventions, de pures créations, même si comme c'est le cas ici, l'auteur est anonyme ou inconnu. Les contes ont toujours servi à mille choses et particulièrement, à dire ce qui ne peut être dit ouvertement. En clair : quand placé sous une chape de plomb ou face à une dictature avouée ou insidieuse (ici, pour Jean Yanne, il s'agit de mettre en cause le conformisme religieux de la bonne société, dont on sait qu'il est une dictature du genre insidieux et de plus sournoise) le poète, l’auteur, l'écrivain, l’artiste, le penseur, le philosophe, l'homme engagé ne peut dire la vérité, connaissant par avance le sort qui l'attend ; [[7878]] il suffit de voir ce qu'il advient des mécréants quand les religieux sont au pouvoir ou même simplement, en majorité ; ce qui se vérifie partout dans le monde et dans l'histoire. Le conte est un message crypté. Donc pour en revenir à notre chanson et plus précisément, à notre cantique – un cantique du 18 ou 19ième siècle, on ne sait trop – réinterprété par Jean Yanne. Ce cantique fort populaire au demeurant est resservi d'année en année au repas de Noël à la sauce Tino Rossi, sur les radios bien-pensantes; [http://www.youtube.com/watch?v=zrdPGF0vmQw]; pour la clarté des choses, je te rappelle le texte intégral :

 

« Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

Depuis plus de quatre mille ans
Nous le promettaient les prophètes,
Depuis plus de quatre mille ans
Nous attendions cet heureux temps.

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Ah! que ses grâces sont parfaites,
Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Qu'il est doux, ce divin enfant.

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

Une étable est son logement,
Un peu de paille est sa couchette,
Une étable est son logement,
Pour un Dieu quel abaissement!

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

O Jésus, ô roi tout puissant,
Tout petit enfant que vous êtes,
O Jésus, ô roi tout puissant,
Régnez sur nous entièrement.

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement. »

 

 

 

 

Ce cantique, je le connais, tu parles, mon ami Marco Valdo M.I. Déjà qu'il est lui-même une parodie de cantique... le texte est aussi délirant que l'ironique interprétation qu'en fera un siècle après Jean Yanne. D'ailleurs, n'était son existence ancienne, on pourrait croire que lui aussi a été écrit par Jean Yanne... J'ai d'ailleurs longtemps cru que c'était une blague... Mais j'ai bien dû déchanter... C'était réellement un cantique. Le pire, c'est que j'ai dû le subir un nombre considérable de fois quand ils me réquisitionnaient pour jouer l'âne dans leurs crèches ; c'est un sommet du kitsch cathoromain. Ce n'est pas un hasard, si « Noi, non siamo cristiani, siamo somari »...

 

 

Tu remarqueras que dans la chanson, Jean Yanne prend le parti de l'âne et dénonce le sort qu'on lui fait subir. Et puis, Jean Yanne devait lui aussi en avoir par dessus la tête de cette siroperie ecclésiastique et il l'a passée au moulinet du reggae ; cette fois, il a encore eu recours à la parodie, à un « à la manière de... ». Ici à la manière du Gainsbourg de Aux armes [[2890]]; choristes y comprises. Avant d'aller plus loin, il faut quand même signaler que comme beaucoup de chansons de Jean Yanne, celle-ci avait été composée pour le film Deux heures moins le Quart avant Jésus-Christ (http://www.youtube.com/watch?v=AjhEKZE7SbM), dont elle était la conclusion .Le résultat est détonant et rebondit dans notre temps contemporain : la télé est là et surgit au dernier couplet le conflit absurde qui se déroule dans le pays où se déroula la vie de Brian (http://www.youtube.com/watch?v=bDDrKuJ76AM&list=RD02Xv2dVNu-Z34), film des Monty Pythons (1979) avec lequel il a une certaine parenté, c'est-à-dire en Galilée-Palestine-Israël-Judée, etc.

 

 

J'aime beaucoup cette canzone, ce cantique qui est finalement un beau conte et les beaux contes sont mes bons amis... Quant à nous, reprenons notre tâche, dans cette Guerre de Cent Mille Ans – réelle celle-là, et tissons le linceul de ce vieux monde engoncé dans ses crédulités, malade de ses croyances, bigot, infantile et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

Le père vivait bien tranquille
Bon ouvrier, bon artisan ( Choristes : Il est né le divin enfant)
C'était le meilleur de la ville
Pour faire les tables et les bancs ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Tôt le matin dans son échoppe
Avec le bois de l'olivier ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Par le rabot, par la varlope,
Il ennoblissait son métier ( Choristes : Il est né le divin enfant)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

L'histoire est simple et plutôt belle
Un jour, il rencontre Marie ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Jeune et jolie, douce et fidèle,
Il veut lui consacrer sa vie ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Le voilà déjà qui installe
Meubles et tapis dans sa maison ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Il repeint les murs de sa salle
Et met des plumes aux édredons ( Choristes : Il est né le divin enfant)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

Dans leur bonheur, un ange passe
Et dit à Marie étonnée : ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Je vous salue pleine de grâce
Et vous annonce un héritier ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Qui va naître sans toit, sans âtre,
Sans draps, sans berceau, presque nu ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Près d'un bœuf que l'on va abattre
Et d'un âne qu'on a battu ( Choristes : Il est né le divin enfant)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

C'est bien ainsi qu'en Palestine
La face du monde a changé ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Qu'on prévienne les magazines
Et le journal télévisé ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Sur la paille d'une cabane
Et sous le ciel de Galilée, ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Ce jour entre le bœuf et l'âne,
Un petit enfant juif est né (Un petit enfant juif est né)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

( Choristes : Il est né le divin enfant)
( Choristes : Il est né le divin enfant)

 

 
Il est né le divin Enfant
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Marco Valdo M.I.
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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 16:12

PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE

 

POLITIQUE

 

Version française – PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE POLITIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne - "Semplici lezioni di economia politica" – de Gian Piero Testa – 2013

d'une chanson grecque – Απλά μαθήματα πολιτικής οικονομίας – Loukianos Kilaidonis / Λουκιανός Κηλαηδόνης – 1975

Texte de Yannis Negrepondis
Musique de Loukianòs Kilaidonis
Interprètes: Alekos Màndilas, Loukianòs Kilaidonis, Pitsa Konitsioti, Kostas Thomaìdis
Disque: Απλά μαθήματα πολιτικἠς οικονομίας, 1975

 

 

 

 

Nous souvenons-nous encore de Bertolt Brecht ? « Apprends ce qui est le plus simple ! Pour ceux dont le temps est venu, il
 n'est jamais trop tard ! 
Apprends l'abc ; ça ne suffit pas, mais 
apprends-le ! Et ne te lasse pas ! Commence ! Tu dois savoir tout ! 
Tu dois prendre le pouvoir. 
Apprends, homme à l'hospice !
 Apprends, homme en prison ! 
Apprends, femme en cuisine ! Apprends, sexagénaire ! Tu dois prendre le pouvoir. Fréquente l'école, sans-abri ! 
Acquiers le savoir, toi qui as froid ! 
 Affamé, empoigne le livre : c'est une arme.
 Tu dois prendre le pouvoir. N'aie pas peur de questionner, camarade ! 
Ne te laisse pas influencer, 
vérifie toi-même ! 
Ce que tu n'apprends pas par toi-même, tu ne le sauras pas. Contrôle le compte, 
c'est toi qui dois le payer. Mets le doigt sur chaque mot, 
demande : et ceci, pourquoi ? 
Tu dois prendre le pouvoir ».

 

Brecht disait cela en 1933, une année mortelle. En 1975, avec dans le dos, la sombre période des Colonels, Yannis Negrepondis et Loukianòs Kilaidonis devaient avoir pensé que, dans le septennat précédent, les Grecs avaient manqué trop de leçons et qu'était venu l'instant de rafraîchir l'abc du peuple. Ils publièrent ce disque rapide, pédagogique, gnomique, ultra-idéologique – si l'on veut -, mais amusant, ironique, optimiste au fond ; et pourquoi ne pas l'être, optimistes, quand on respirait encore les émanations de l'ivresse et on pouvait rêver que, avec la liberté retrouvée, on pourrait même vaincre l'injustice du système ? Qui ne s'est jamais engagé dans ce passage du Nord-Ouest pour atteindre l'Océan Pacifique et ensuite se retrouver emprisonné dans les glaces et découvrir que le passage était encore une fois un malencontreux aller simple ? Ultra-idéologique, ai-je dit : mais, en réalité, je ne sais pas très bien ce que ça peut vouloir dire. Aujourd'hui il m'arrive – il m'arrive, malheureusement – de lire les articles des « terminators » des idéologies du XX siècle : les Panebianco, Ostellino, Zingales… [Disons, dit Lucien l'âne, que ce sont des « His Master Voices »... Les perroquets du capital. Sur ce même thème, je me rappelle l'éclairante chanson Les lanternes libérales [[7920]]]. Et bien, mais eux aussi enseignent son abc à la bourgeoisie, et proposent leurs formulettes libéralisantes et globalisantes indépendamment de toute considération de la réalité factuelle, et sans le moins du monde s'apercevoir que ces dernières (formulettes), en étant vastement mises en pratique sans aucun recours à leurs sages conseils, ne fonctionnent pas ; mais qui s'en soucie… L'idéologisme, on sait, est vice d'autrui ; certes pas de qui possède la science, ou – peut-être il vaut-il mieux dire – la formule magique et bonne à tout.

Du point de vue spéculatif, je n'arrive pas à saisir de différences de méthode entre les articles bourgeois du Corriere et ceux prolétariens de Lotta Comunista, qu'un temps je lisais pour l'avoir achetée, et que j'achetais car je n’avais pas le cœur d'envoyer au diable les jeunes camarades qui, comme de zélés Témoins de Jéhovah, sonnaient à ma porte le dimanche matin. Mais il y a une différence, de toute façon. La prédication idéologique des anti-idéologues du Corriere a accompagné un colossal transfert de richesse nationale, de sorte qu'aujourd'hui 10% de la population en possède 50% (avec le résultat que le Pays est dans l'ensemble beaucoup plus pauvre et, horreur, beaucoup moins compétitif sur la décisive scène mondiale) ; tandis que les autres, au moins, ont tapé sur le clou – un incontestable clou – disant que « qui a faim, a raison », comme le dit – voyez un peu – un proverbe populaire grec.

Dans ces limites – et avec cette appréciation – relisons et réécoutons, après presque quarante ans, le disque rouge de Kilaidonis-Negrepondis. Il est vraiment élémentaire, exactement comme il se proposait d'être ; mais j'ai la sensation que, dans la tourmente en cours, il ait encore des choses à dire. (gpt)

 


S'agissant de leçons élémentaires, il n'y a pas besoin de notes. Mais peut-être l'une ou l'autre peut être utile. Pour bien comprendre, la troisième chanson, l'avant-dernière strophe qui parle d'un conte long et emmêlé, c'est-à-dire la lutte des classes, il faut savoir que, alors que les contes italiens qui se terminent bien recourent à la sentence finale : « et ils vécurent heureux et contents » (les français à « Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants »), les grecs disent : « et ils vécurent bien et nous encore mieux ». En ajoutant le fait que, mieux s'entend comme devrait être le résultat final – lorsqu'il adviendra – de la guerre de cent mille ans.

 

Gian Piero Testa - 20/8/2013 - 22:03


Fortes paroles … que la musique ne rend pas. Très belle cependant et c'est un travail considérable de GPT.

Krzysiek Wrona - 21/8/2013 - 03:33


Je comprends, Krzysiek Wrona, tes réserves sur la contribution musicale de Kilaidonis. Mais essaye d'imaginer que ces textes, en grande partie sérieux et tous terriblement catéchétiques, étaient modulés sur une musique qui en reflétait – autant sérieusement – les profondes vérités… Deux paris insoutenables. Mais ainsi, entre le sérieux et facétieux, entre le puéril et l'épique, le message devient plus fluide, selon moi. Et il a plus de probabilité d'approcher le sens. Et on ne peut pas, d'autre part, demander à un artiste, dont la nature profonde est sarcastique et farceuse, de se faire tout à coup grave et prophétique. Mais essaye de les réécouter plusieurs fois, ces chansons et tu t'apercevras que, ne fois après l'autre,ils se font plus convaincants. Merci pour les mots d'appréciation.
Gian Piero Testa - 21/8/2013 - 21:25

 

 

 

 

 

1- ARITHMÉTIQUE ÉLÉMENTAIRE
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Deux plus un font trois
Si ça ne suffit pas, fais la grève.
On te prend dix, on te rend un
Qui donc l'appelle justice cette chose-là
On te prend, on te rend un
Qui donc l'appelle justice cette chose-là

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Dix fois mille dix mille
Et seulement mille pour mille ouvriers.
Donc neuf mille, neuf fois mille
Voilà ce qu'on appelle la plus-value.
Donc neuf mille, neuf fois mille
Voilà ce qu'on appelle la plus-value.

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Six plus deux, huit personnes
L'affamé roule de gros yeux
Six fois six trente-six
Pour le capital, ce sera toujours une aubaine.
Six fois six trente-six
Pour le capital, ce sera toujours une aubaine.

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Quand le capital courra des risques
Il renverra ton fils à la guerre.
Il y a toujours une loi pour te lier les mains
Quand les choses se compliquent pour eux.
Il y a toujours une loi pour te lier les mains
Quand les choses se compliquent pour eux.

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau.

 

 

 

2 – LE SYSTÈME
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

Tes mains collègue
Lorsque tu les loues
Pense que ton patron
Est un mal pour l'homme

 

Car même si ce matin
Il t'accepte comme être humain
Le système tôt ou tard
T'enverra au placard

 

Que ceci jamais ne te sorte de la tête
Tu donnes en location au mécanisme
Tes mains comme deux moteurs
Que cela te plaise ou pas où il y a une machine,
Il n'y a pas humanisme
Ni à plus forte raison, de cœur.

 

Tes mains, collègue,
Quand tu les loues
Sais-tu que c'est au système
que tu portes remède.

 

Quand ton patron lui-même
Parle de confiance
Au système
Il t’aliène

 

Que ceci jamais ne te sorte de la tête
Tu donnes en location au mécanisme
Tes mains comme deux moteurs
Que cela te plaise ou pas où il y a une machine,
Il n'y a pas humanisme
Ni à plus forte raison et de cœur.

 

 

 

3 – SAUT RÉVOLUTIONNAIRE
(Interprète Pitsa Konitsioti)

 

 

D'aïeuls en aïeules
De génération en génération
Qu'on s'arrête ou qu'on bouge
Toujours plus à chaque génération
Ils nous appauvrissent et ils prospèrent.

 

Anxieux ceux avec les gros billets
Nous maugréons avec la petite monnaie
Tu vois, pour eux, c'est la fête
Et il nous reste à gratter nos têtes.

 

L'eau qui bout là
Lorsqu'elle débordera
Ce sera l'explosion

Dit Marx et alors,viendra l'action

 

La fable est encore longue
Et comporte moult épisodes
Eux vivent heureux
Et nous encore toujours mieux

 

L'eau qui bout là
Lorsqu'elle débordera
Ce sera l'explosion

Dit Marx et alors, viendra l'action

 

 

4 – LES SCRUPULES
(Interprète Kostas Thomaìdis)

 

 

Quand la malhonnêteté gouverne le monde
Il n'est pas juste d'être honnêtes.

 

Distingue une fois pour toutes
Ce qu'est la valeur, ce qui est juste
Et n'écoute pas ceux qui mesurent
Avec leurs mètres et te trompent.

 

Quand l'injustice gouverne le monde
Il est insensé d'être justes.

 

Distingue depuis le commencement
Quelle est ta juste place.
Seul le droit de ta classe
Est viril et franc.

 

 

5 – LA PATRIE
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

 

La patrie est un navire
Qui tous nous transporte
Sur le pont supérieur, la bonne classe
Puisque c'est elle qui commande

 

En bas, le petit peuple
Moteurs, cuisine, cambuse,
Sur le pont supérieur, la bonne classe
Puisque c'est elle qui commande

 

Doucement la mer, doucement
Le bateau file au vent
Pour ceux d'en haut, c'est la fête
Pour le petit peuple, la tristesse.

 

Même si le temps se gâte
Et tourne à la tempête
Toujours, la classe d’en haut
Saura sauver sa peau.

 

Au petit peuple, il est permis
De donner sa vie
Toujours, la classe d’en haut
Saura sauver sa peau.

 

La mer forcit aille, aille

Le navire coule à pic aille, aille
Mon Dieu, sauvez ceux d'en haut
Et donnez du courage au populo

 

La patrie est un navire
Qui tous nous transporte
La formule fonctionne assez bien
Et la « populace » – à mâcher – n'a plus rien !

 

 

6 – LE CONTRAT
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

 

Ils ont signé le contrat
En une nuit, rapidement
Pour qu'il ne reste pas
De comptes dits courants

 

Un contrat de cinquante ans
À neuf pour cent

Aux étrangers tous les droits
En veux-tu, en voilà.

 

Les termes du contrat
Au plus fort tous les droits
Du côté politique
Et aussi économique

 

Les journalistes sans émoi
Ont publié dans un corps tout petit

Deux trois pages aussi
Confuses que celles du contrat.

 

Qui peut le dire
Qui ose le dire
quel parfait asservissement
économique et politique
Signifie cet engagement

 

Car neuf pour cent

C'est un montant risible
Pour un contrat de cinquante ans
Quand à ces seigneurs
On offre les bras des travailleurs
Pratiquement gratuitement

 

Quand ce dernier t'aura imposé
L'exclusivité
Tu ne pourras accepter d'autres
Avec qui collaborer
Sur le terrain de la politique
Ou de l'échange économique

 

 

7 – LES REMÈDES AUX PSYCHOSES -
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

 

Une entière société
Affectée de psychose
De centres de psychiatrie
Nulle part où se sauver

 

La psychose dérive
D'une cause très profonde
Au cœur de la structure
Économique et sociale

 

Quand on soignera, il faudra
Qu'on aille tout droit
À la racine de la cause
Et qu'on change le monde

 

Et le mal à la racine
Si on le veut affronter
Il faudra le frapper fermement
Économiquement et politiquement

 

 

8 – LE CADEAU
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

 

Ouvrier le cadeau que
Ton patron t'offre
Il tire le double
De ta besogne
De ton travail, de ta peine

 

La drachme que le patron
Va, va, va t'offrir...
Il ne se décidera à ce don
Que s'il en tire
Deux ou trois fois plus encore

 

Donc si même ton patron
Semble te vouloir du bien
Pense que c'est de ton travail
Que tout cela provient

 

9 – COMPROMISSION
(Interprète Kostas Thomaìdis)

 

Notre patron a invité
Stratis le jeune effronté
Il lui a dit couche-toi et sois prudent
Et s'est aligné prudemment.

 

Stratis où est ton sourire
Ton regard et ton rire

Où est allée ton innocence
Où donc a disparu ton arrogance ?

 

Pour un Stratis qui se couche

À l'appel du maître
Les camarades sont des milliers
Un seul cri de mille gosiers.

 

 

10 – LA LEÇON DE DIEU
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

 

Tous les doigts semblables
Ne sont pas
Et donc, que tous ne mangent pas
Est chose juste.

 

On nous l'a servi ainsi
Nous le présentons ainsi
Et jusqu'à tant que nous mourrons
Nous le refuserons

 

Prêtres maîtres
Et gendarmes
Et nous tous voulons ici-bas
L'ordre et la loi

 

Et ceux qui veulent
Qu'arrive le contraire
Sont des sans-patrie
Des sans-religion et des brutes.

 

Tous les doigts semblables
Ne sont pas
Et donc, que tous ne mangent pas
Est chose juste.

 

Les grains se répartissent
Selon la règle divine
La nation, le trône et la famille
Et les 12 évangiles

 

 

11 - LE CONCEPT D'HONNÊTETÉ
(Interprète Pitsa Konitsioti)

 

 

 

D'individu à individu
Selon profession métier
Religion recettes et idéologie
Changent les sens de honnêteté

 

L'écrivain a sa propre idée de l'honnêteté
Le prêtre entend tout autre chose par honnêteté
Et celle de l'idéologue diffère
De celle du soldat mercenaire

 

Ce qui paraît honnête
Au capitaliste
Pour le travailleur
Est une indécence
Qui vit pourtant dans le coeur
D'un petit propriétaire

 

Comment ? La propriété privée

Ne serait pas une monstruosité

 

La monogamie est à l'honneur
Mais seulement chez le paria
Tandis que pour le bourgeois
Ou l'entrepreneur
C'est un état pas naturel
C'est une histoire très vieille

 

Le prix donne le pas
À l'honnêteté
La question n'est donc pas là
Compatriote, écoutez !

 

 

12 - L'ÉMIGRATION
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

 

L'émigration est une solution
Quand l'inoccupation
Frappe notre pays
Mais à l'économie
Que coûte-t-elle ?
L'émigration est une solution
Mais au plan individuel

 

Quand travailleur tu t'en vas
À dix-huit ans déjà
Dans ton pays encore
Tu es un poids mort
Et malgré ce que tu as coûté
À ta patrie, à son peuple
Tu donnes à un pays étranger
Ton activité

 

D'autre part, c'est forcé
Pour le patron local
L'élément inoccupé

Est

PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE  POLITIQUE
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Marco Valdo M.I.
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 20:56

CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA

 

AINSI !

 

 

 

Version française - CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA AINSI ! – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une chanson allemande - So soll es sein - So wird es sein – Wolf Biermann – 1967/68

 

 

 

 

 

Quoi qu'il arrive, la terre sera rouge :

Rouge vif ou rouge mort, mais rouge

Mêlons-nous en un peu : que ça bouge !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

La paix n'est rien de plus qu'une parole

D'imposteur, qui sert au massacre

Aucun peuple ne doit plus pleurnicher après la paix !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Oui, nous, nous voulons le bien-être,

Au lieu de n'avoir le bien-être qu'à la fin!–

L'homme ne vit pas seulement de pain !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

La liberté est une belle nana

Elle a un corps sculpté de haut en bas

Ce n'est pas une grasse truie bourgeoise !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Liberté, – liberté d'une démagogie de liberté –

Prenez-vous la liberté, autrement elle ne viendra jamais !

Des libéraux aussi il faut nous libérer !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Montrer du doigt le bourgeois

Cela ne suffit pas ! Sur les pattes, on le frappera

Ce gras gros porc de bourgeois !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Aucun couple amoureux ne sera plus poussé par nous

Dans l'éternelle prison du mariage

La fabrique d'humains doit fermer !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Les indics ne trouveront plus de travail

Cela créera une armée de chômeurs

Putain, quelle belle prophétie !!

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Elle-même – finalement ! – la révolution

Ré-vo-lu-ti-o-nne déjà –

Se jettera la première pierre sur soi !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Quoi qu'il arrive, la terre sera rouge :

Rouge vif ou rouge mort, mais rouge

Mêlons-nous en un peu : que ça bouge !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

 

Ce sera ainsi !

CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA  AINSI !
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Marco Valdo M.I.
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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 14:40

On ne voit ça qu'ici, à Berlin

 

Canzone française – On ne voit ça qu'ici, à Berlin – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 94

An de Grass 95

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les ours sont lâchés, comme on dit à Berlin »

 

 

 

 

Comme toutes les précédentes, cette Histoire d'Allemagne raconte un moment et cette fois-ci, un moment berlinois de l'année 1995.C'est en fait la transposition d'un récit en chanson et comme pour chacune des précédentes, on entend un narrateur particulier ; en l'occurrence, ici, cette fois, un journaliste parlé, du genre reporter ou envoyé spécial d'on ne sait quelle radio qui suit une manifestation en direct. Cette manifestation, qui se répète depuis dans presque toutes les villes du monde, un peu comme les défilés militaires ou les carnavals, c'est une « love parade » (www.youtube.com/watch?v=bc7EYqjWi3w). Pour ce qui est des tenues – shorts, minis, brassières, seins à l'air et torses nus, ça change des défilés militaires, quoique... on pourrait les y associer... Ce pourrait être drôle...

 

 

Non ! Ne dis pas des choses pareilles... Ils seraient capables de le faire et les jeunes de suivre le mouvement. Et si les jeunes se mettent à la remorque des militaires, il faut tout craindre. Souviens-toi du « Tous à Berlin ! » de 1914.

 

 

À propos de « Tous à Berlin ! », c'est en fait le leitmotiv de ce reportage enthousiaste et chaotique, où le reporter – sorte de Tintin en délire – laisse pointer sans trop s'en douter un certain nombre de régurgitations allemandes. Un peu comme si l'Histoire laissait poindre son inconscient tout au long du Ku'damm. Ku'damm : un mot d'ailleurs étrange et porteur d'un sens sensuel, du moins pour un locuteur de culture française. Si tu vois ce dont je veux parler...

 

 

Voir, voir... Enfin, j'imagine, dit Lucien l'âne en se gondolant.

 

 

Donc, pour écarter toute équivoque, le Ku'damm est une longue avenue qui traverse Berlin et qui au fil du temps est devenue une sorte de long couloir commercial, de haut-lieu du lèche-vitrine, de la chalandise, du m'as-tu vu, de l'esbauderie, de l'esbauberie, de la traînerie, des manifestations et cortèges divers. Son nom complet est moins équivoque, c'est Kurfürstendamm. Mais pour en revenir au récit, il indique nettement une évolution de la société, car ce cortège festif et bruyant a perdu toute connotation et toute signification d’engagement contre le système... Bien plus, il est « sponsorisé » par les marques de cigarettes, d'alcools, de bières ou de préservatifs. On est loin des marches antiatomiques, des manifestions contre l'Otan, des jeunes révoltés des années 60... On est dans le nombrilisme comme point focal de l’existence...

« Se faire voir, se faire entendre, danse, danse

Paix sur la terre ! On est tous là, tous des amis

Sono, techno, hétéros, homos, métal, basses, basses

C'est super avec tout ce monde, c'est hyper-super ici »

 

C'était un tournant et nous y sommes encore... On s'y enfonce de plus en plus. Et en effet, comme le répète en échos infinis, cette foule bigarrée et auto-déférente : « C'est dingue ! ».

Et puis, une voix off conclut :

« Le monde est foutu ; ici, c'est parfait

Mais qui ramassera les déchets demain ? »

Et comme en sourdine transparaît soudain, la liaison historique, la relation ombilicale avec l'histoire de Berlin et de l'Allemagne :

 

« Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue

1989, ici, on a dansé sur le Mur, c'était hier

1931, ici, on a chassé le juif, c'était avant-hier

Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue ! »

 

 

Mais quand même, ces serpents d'amour, ces love-machins, ces raves, ces parties... Il me semble que ce n'est que la suite de cette autre branche des années 60 où des gens fleuris se rassemblaient aux sons des ukulélés en musant Peace and Love et en levant les bras au ciel.

 

 

Mieux que ça, Lucien l'âne mon ami, on trouvait déjà ce genre de choses aux temps de la République de Weimar ; il s'agissait déjà de penser à autre chose...

« Et nous ne pouvons quand même pas dire oui

À un peuple qui pourrait commettre à nouveau le pire

Refaire un Reich, revouloir un Empire

À un pays où le groupe écrase l'individu

Où les tueurs se promènent tout nus

Portent des casques d'acier et font de la gymnastique.

Rassurez-vous, je ne parlerai pas de politique » [[37875]]

 

 

 

 

Moi non plus, je ne parlerai pas de politique... Enfin, presque. Ainsi, à propos, ce « Berlin sera toujours Berlin » me rappelle une chanson française, dans laquelle s'annonçait l'avenir... C'est « Paris sera toujours Paris » ; elle date de 1939 (http://www.youtube.com/watch?v=4E6sEetFfg0) et à son tour et au cinéma, Lauzier en 1984 faisait un sort à ce même « Paris sera toujours Paris » (http://www.youtube.com/watch?v=lrhj4hHtxFQ)... Chanson et film qui donnent encore aujourd'hui à réfléchir et pas seulement à Paris ; car c'est pareil dans les autres métropoles ; tout se mélange et de ville en ville, des banlieues aux villages, le monde se métisse. Cela dit, pour moi, ce que montre Lauzier en 1984 – à l'époque, une utopie et maintenant, assez proche de la réalité – m'a l'air assez chouette et comme dit la dame protagoniste : « Paris sera toujours Paris ».

 

 

 

 

Bien évidemment que le « Berlin sera toujours Berlin » renvoie à « Paris sera toujours Paris » et comment faire autrement ?

 

 

Alors, mon ami Marco Valdo M.I., nous qui aimons vivre parmi les gens qui ne font pas un foin de leur « appartenance », tissons le linceul de ce vieux monde sponsorisé, médiatisé, publicisé, acheté, vendu, revendu, loué, reloué et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

Berlin sera toujours Berlin

Capitale de l'Empire,

Ville prête toujours à tout accueillir

Le meilleur comme le pire.

 

Maintenant, Messieurs, Mesdames

Je vous parle du Ku'damm en direct de Berlin

La descente du Ku'damm, tout un programme

Un truc pareil, on ne voit ça qu'ici, à Berlin

Deux-trois cent mille dans le Ku'damm

Les ours sont lâchés, comme on dit à Berlin

Le love serpent glisse et fait sursauter

De l'église du Souvenir au lac d'Halensee

Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue

1989, ici, on a dansé sur le Mur, c'était hier

1931, ici, on a chassé le juif, c'était avant-hier

Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue !

Carnaval de Rio au bord de la Spree, à Berlin, ici

Aujourd’hui, c'est une immense rave-party

Se faire voir, se faire entendre, danse, danse

Paix sur la terre ! On est tous là, tous des amis

Sono, techno, hétéros, homos, métal, basses, basses

C'est super avec tout ce monde, c'est hyper-super ici

La demoiselle en rose : « Je me sens moi... »

La rousse à poil : « Je montre mon nombril »

Les minis laquées : « C'est le pied ! Ce truc-là»

« Le must, c'est le look ! »

« On valorise notre look ! »

La mode, le design, les marchands de tabac

Camel en tête, font un tabac.

Les jeunes, ça ne les dérange pas

Réconciliés qu'ils sont avec le capital

Sur le Ku'damm, c'est dingue

Ils dansent en slip dans la capitale.

Les montagnes d'ordures, c'est dingue

Extasy, comble de volupté à Berlin

Love parade, danse, rythme et paix

Le monde est foutu ; ici, c'est parfait

Mais qui ramassera les déchets demain ?

 

 

Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue

Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue

Love party sur le Ku'damm, c'est dingue

C'est dingue, dingue, dingue, dingue.

Extasy, comble de volupté à Berlin

Love parade, danse, rythme et paix

Le monde est foutu ; ici, c'est parfait

Mais qui ramassera les déchets demain ?

Ville prête toujours à tout accueillir

Le meilleur comme le pire.

Berlin sera toujours Berlin

 

Capitale de l'Empire, 

On ne voit ça qu'ici, à Berlin
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Marco Valdo M.I.
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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 22:24

Jésus Java

 

Chanson française – Jésus Java – Jean Yanne – 1971

Texte : Jean Yanne

Musique Michel Magne

Interprète : Anne Germain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, Lucien l'âne mon ami, pour parfaire ton éducation religieuse et chrétienne, je t’apporte une nouvelle chanson qui fait partie de notre grande série « Alléluia, Dansons avec Jésus ». Tu as déjà entendu bien évidemment Alléluia [[45278]] où dès les premiers vers apparaît Jésus lui-même dans une de ses plus belles réussites miraculeuses : la marche sur l'eau. À toutes fins utiles, je te signale que Jésus est un des plus grands experts en miracles de toute l'histoire, c'est du moins ce que racontent les bibles et les prêcheurs ; ensuite, Avec Maria [[45249]] où apparaît Marie (les apparitions de Marie sont une étrange manie dont le caractère ubiquiste en étonne plus d'un ; tout comme ses changements de couleur : on connaît des Maries blanches et des Maries noires – rien à voir avec le pétrole) – je te précise pour la bonne compréhension des choses que la dénommée Maria (en français : Marie) est la mère du dénommé Jésus. On a présenté ici aussi plus récemment encore un Jésus Tango de derrière les fagots des bûchers de l'Inquisition espagnole, où en ces temps-là, la pauvre interprète (la dénommée Ginette Garcin – Paix à son âme!) aurait immanquablement terminé sa danse [[45309]] et nous aussi, d'ailleurs.

 

 

Oh, dit Lucien l'âne en relevant le front et en pointant ses oreilles noires comme une soutane de jésuite, on pourrait y revenir bientôt aux bûchers, aux conversions forcées et toutes ces sortes de facéties. Dans certains pays, on vous pend ou on vous lapide pour moins que ça... C'est tout le charme des religions quand elles sont énergiques.

 

 

Bien évidemment et si l'on n'y prend garde, elles finiront par étouffer l'humanité entière... Mais comment s'en débarrasser (des religions, pas de l'humanité) ? Telle est la question. Mais revenons à notre chanson, elle s'intitule Jésus Java. Elle est donc très proche de Jésus Tango... Comme tu le sais, si le tango est argentin, la java, elle, est bien française. J'en tiens pour preuve Fréhel et sa Java bleue [http://www.youtube.com/watch?v=F2b8_-DHh5Q] et Nougaro qui mit en face à face le Jazz et la Java [http://www.youtube.com/watch?v=PM5O hz4WaKA]. Donc, une chanson bien française... Mais pour le contenu, c'est autre chose... On dirait le discours d'une de ces témoins, une de ces apôtres ou de ces apostoliques ou de ces évangélistes qui viennent sonner aux portes et raconter mille fadaises à propos de Jésus qui aurait revenu (pour rester dans le conditionnel de la chanson) ... Mais toi, Lucien l'âne mon ami, qui t'y connais spécialement en danse grecque antique et la qualifia en son temps de panharmonique, peux-tu m'indiquer un mot qui pourrait caractériser le rôle en quelque sorte thaumaturgique de Jésus dont tu as pu apprécier dans ces Jésus Tango et Jésus Java, tout l'effet thérapeutique par la danse...

 

 

 

De fait, dit Lucien l'âne, nous les Grecs, comme tu le sais, nous avions nos dieux – tout un tas et d'ailleurs, ils sont toujours là, n'en déplaise aux monothéistes rabiques. Et parmi tous nos dieux, il y a Dionysos qui bien avant l'invention du Christ et de tout ce qui s'en suivit, connaissait et pratiquait la danse thérapeutique. Il en connaissait les vertus particulières. Les bacchanales ne sont rien d'autre que des Jésus Tangos ou des Jésus Javas avant la lettre. Cela dit, même s'il a plagié les dieux grecs, Jésus est un grand thérapeute et par la danse encore plus, semble-t-il. Mais le mot que je peux te proposer change selon qu'il s'agit d'une thérapie de groupe et en ce cas, je dirais volontiers « choréthérapie » ou d'une danse en individuel avec Jésus, là il s'agirait plutôt d'une orchéthérapie ; je ne te cache pas que cette dernière me semble une méthode extrêmement sensuelle... On peut donc le qualifier, pour répondre à ta question, de Choréthérapeute ou d'Orchéthérapeute, selon les cas.

 

 

Par ailleurs, Jésus, c'est l'éternel revenant. Je me demande même si ce n'est pas lui qui hante les châteaux d'Écosse ou le Loch Ness. Cependant, il n'y a rien à redire à la chanson de Jean Yanne, elle fait plus vrai que vrai... Enfin, presque... Car la réalité dépasse souvent la fiction – j'allais dire l'affliction... et de fait, aux paumés du système, une foule d'églises et de prêcheurs en tous genres proposent leur Jésus. Parfois même, ça marche. En somme, il suffit d'y croire. Jésus est un placebo... Quant au salut, on ne sait trop de quoi il peut bien être fait, mais c'est un produit qui se vend bien – par la vente au porte à porte ou dans de grandes réunions de fans.

 

 

Allons, Marco Valdo M.I., mon ami, reprenons notre tâche et recommençons à tisser le linceul de ce vieux monde fanatique, crédule, évangélisé, berné, abusé, trompé et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Sûr que je m'aurais sentie perdue
Car quand tu m'as quittée,
Le seul qui m'a aidée
C'est notre voisin du dessus
C'est Jésus

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Ma vie aurait été foutue
Celui qui m'a conseillée,
Celui qui m'a montré
Le chemin du salut
C'est Jésus

 

Les solitaires, les déracinés
Les traîne-misère, les abandonnés
Les laissés-pour-compte,

Tous les morts de honte
Ceux qu'ont plus rien à espérer
Les pauvres hères, les défragmentés
Les Black Panthers, les traumatisés
Ceux que la vie dégoûte
Il faut qu'ils m'écoutent
C'est Jésus qu'il leur faut aimer

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Sûr que je m'aurais sentie perdue
Car quand tu m'as quittée,
Le seul qui m'a aidée
C'est notre voisin du dessus
C'est Jésus

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Ma vie aurait été foutue
Celui qui m'a conseillée,
Celui qui m'a montré
Le chemin du salut
C'est Jésus

 

Les filles de peine, les stigmatisés
Les schizophrènes, les épouvantés
Les laissés-pour-compte,

Tous les morts de honte
Ceux qu'ont plus rien à espérer
Les érogènes, les démaquillés
Les indigènes, les désemparés
Ceux que la vie dégoûte
Il faut qu'ils m'écoutent
C'est Jésus qu'il leur faut aimer

 

 

Ave Maria, Ave Maria
Ave Maria 

Jésus Java
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Marco Valdo M.I.
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