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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 15:59

ASILEOUBUREAU

 

Version française – ASILEOUBUREAU – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Manicomioufficio – Vanesia – 2009

 

Canzone participante au concours oltre il muro

 

 

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson au titre des plus étranges... En italien, « manicomio », c'est l'asile d'aliénés, ce lieu où à défaut de les soigner, on garde les fous, les malades mentaux. En italien, mais tu connais mieux l'italien que moi, je le dis donc de façon un peu rhétorique, à la cantonade, façon de causer donc et préambule à la chanson – canzone, en italien. Donc, en italien, « ufficio », c'est le bureau, mot qu'on trouve d’ailleurs en français, sous le nom d'office... Mais dans cet usage, il a vieilli et ce n’était de toute façon pas tout à fait correct... Un anglicisme, comme qui dirait. Je te dis tout ça, car le titre de la canzone est un motvalise qui rassemble en un seul mot les deux mots (manicomio et ufficio) pour en faire un seul (manicomioufficio); comme je viens de le faire pour le mot : « mot-valise ».

 

 

Je vois, je vois, dit l'âne Lucien, un peu éberlué. Tu te lances encore dans des considérations oiseuses, juste pour me dérouter. Comme si je ne savais pas ce qu'est un motvalise, et comme si je ne pouvais pas le distinguer... J'ai aussi compris que le nouveau français est très polymorphe et que bien inspiré par ses cousinages germaniques, il s'est enfin décidé à jeter sa gourme et à se comporter comme une langue moderne. Bref à se simplifier et à abandonner sans aucun complexe, le trait d'union superfétatoire, dans la création de motvalises. Comme tu le remarqueras, j'ai mis le motvalise au pluriel, je l'ai accordé ; enfin, je veux dire tout le motvalise, le considérant comme un objet en soi, somme un ensemble cohérent. Donc, un motvalise, des motvalises.

 

 

C'est la logique même, dit Lucien l'âne d'un air pénétré.

 

 

Il eût été absurde de faire autrement. On doit faire simple, car la modernité est de tout simplifier. Imagine un instant qu'on se règle sur bonhomme... Ça a l'air simple : un bonhomme, des bonshommes. Mais imagine un instant que ce bonhomme soit, comme on dit, d'un caractère bonhomme et donc, un bonhomme bonhomme et qu'il se reproduise, qu'il se mette à proliférer... On devrait alors dire et écrire de ses descendants ou de ses répliques : des bonshommes bonhommes. Car surprise ! Le nom « bonhomme » n'a pas le même pluriel que l'adjectif correspondant et homonyme. Donc, simplifions, compactons, serrons, cohérons...

 

 

J'ai cru aussi comprendre, dit Lucien l'âne d'un air rêveur, que soucieux des anciens et des ancêtres, il est admis de façon définitive que ce qui était reste et qu'on pourra donc sans aucune réticence vivre la bigamie des mots. Par exemple ici, mot-valise et motvalise...

 

 

C'est tout à fait ça ! Évidemment, il faudra que ces foutus correcteurs automatiques se fassent à cette mise en liberté des mots et des phrases... Abandonnons joyeusement le trait d'union et revenons à la chanson et à son curieux titre : manicomioufficio. Dit comme ça, à première vue, il me fut incompréhensible et pour respecter cette première sensation, sans doute intentionnellement posée là par l'auteur, j'ai donc dû recourir moi aussi à un motvalise et j'ai donc créé de toutes pièces le mot chargé d'exprimer « asile ou bureau » et qui de fait, est devenu : « asileoubureau ».

 

 

Voilà bien une histoire de fous, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents, d'un rire énorme et pour lequel il dut relever le front, se balancer les oreilles en arrière et montrer sa belle langue au grand jour. Soudain, je me demande et je te le demande aussi pourquoi, finalement, on ne collerait pas l'adjectif au nom. Ce serait bien ; regarde : une bellefille, un beaujour, un méchanthomme, un bonâne, un fauxcol, un fauxcon (qui serait un drôledoiseau), une histoirealambiquée, un bourreaubeau, un beaumotvalise... Évidemment, comme dans certaines poses plastiques, quand il y a deux adjectifs, on pourrait en mettre un par devant, l'autre par derrière..., une longuehistoirealambiquée. Et même y ajouter un adverbe ; ce qui donnerait : une trèslonguehistoirealambiquée. Quand on disait tout à l'heure, qu'on pourra bientôt rivaliser avec nos cousins germaniques. C'est juste une question de temps et de mise en pratique.

 

 

Certes, à l'oreille, on ne sentirait pas la différence. Et à l'écrit, l'avantage serait de ne laisser aucun doute sur la parenté étroite du nom et de l'adjectif et de l'éventuel adverbe. Vraiment, ça fait plus solide, plus compact, plus moderne, en quelque sorte. Moi, j'aime beaucoup de telles constructions langagières, mais comme tu vois, faudra s'y faire. Encore une fois, revenons à la chanson. Que dire ? J'ai perdu le fil. Ah oui, je me souviens à présent. Sur le contenu de la canzone, je veux juste signaler qu'elle décrit très exactement la sensation que doivent ressentir des millions de gens dans ce monde plein d'écrans et de pointeuses. Ils finissent par avoir le cerveau cuit, le mental ravagé... Le phénomène - en franglais sanitaire : burn out, ce qui pourrait se traduire par cramé, brûlé, ravagé par le feu - s'aggrave d'année en année.

 

 

Cela ne se produisait-il pas auparavant ? , suggère Lucien l'âne un peu hagard.

 

 

Avant ? Auparavant ? Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, auparavant, il n'y avait pas d'écrans... Le travail idiot ne s'en prenait pas comme ça au cerveau... Avant, les gens se résumaient à des bras. Pour le reste, c'était pareil. « Peu importe qui on est ! On est ce qu'on fait ! » était déjà vérité d'évangile. Le lieu de travail (forcé : celui de l'esclave, celui du salarié ou de tout qui est contraint à travailler pour survivre – la fameuse menace : « pas de travail, pas à manger ») a toujours été un lieu de folie – à la fois, lieu fou et engendrant la folie.

 

 

Ceci dit, dit Lucien l'âne, écoutons la chanson et reprenons notre tâche qui est, je le rappelle, de tisser le suaire de ce vieux monde dérangé de la coucourde avec ses araignées dans le plafond, ses punaises dans le bois de lit, et ses rats dans la contrebasse et de surcroît, cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

À l'asile, j'y vais tous les jours
Les gens disent que c'est normal
J'ai un badge pour m'identifier
Eux disent : on va travailler.
Peu importe qui on est ! Peu importe qui on est !

On est ce qu'on fait ! On est ce qu'on fait !

Peu importe qui on est ! Peu importe qui on est !

On est ce qu'on fait !

8-12-14-18 … Je donne les numéros !

Je donne les numéros !

Peut-être suis-je fou... Oui ?

Peut-être est-ce la société qui est malade, à présent.
Sacrifice pour qui ?
Mais à la fin à quoi sert l'argent
Si pour le dépenser, on n'a pas le temps
C'est illogique, manifestement !

 

À l'asile, tout est programmé systématiquement
Et chaque jour semble égal
Je passe les heures à fixer un écran
Et maintenant, j'ai perdu mon équilibre mental !

ASILEOUBUREAU
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Marco Valdo M.I.
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 19:07

DOUCE RÉSISTANCE

 

Version française – DOUCE RÉSISTANCE – Marco valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Dolce resistenza – Massimo Priviero – 2006

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=6869&lang=it#agg167384
Dal Sito ufficiale di Massimo Priviero

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes nés sous le soleil rouge sombre

Voyageurs qui ne vont jamais loin
Prêts à crier contre le vent, contre l'ombre
Prêts à combattre même en vain

Hommes qui n'ont jamais fermé les yeux
Et qui marchent un mètre plus en avant
Aucune caresse, aucun or du monde
Ni saints, ni drogues, ni argent

Nous sommes vivants, nous sommes prêts
Nous sommes, c'est tout ce qu'on sait
Ne t'arrête pas, ne t’arrête jamais
Nous sommes nés pour voler

Et pour tôt ou tard tomber
Ne t'arrête pas, ne t’arrête jamais
Et comme le temps est passé
Sur notre voix et nos traits

Et dans ma ville de silence hurlé
De nouveaux garçons cherchent la vérité
Combien de fois avons-nous vu la mer sous le ciel
Avec la pluie, avec le sel

Le temps s'envole mon ami, tu le sais
Et que sera demain, seul ton dieu le sait
Nous sommes vivants, nous sommes prêts
Nous sommes, c'est tout ce qu'on sait
Ne t'arrête pas, ne t’arrête jamais
Nous sommes nés pour voler

Et pour tôt ou tard tomber
Ne t'arrête pas, ne t’arrête jamais

Vois les gens qui vont, aucune question ni réponse ne viendra
Vois la vie qui va et ne me demande pas ce qui restera
Combien de fois nous avons escaladé des montagnes
Pour tirer au ciel et chercher des rêves.

Tant de jours malades et on ne peut y échapper
Combien de fois encore me demanderas-tu doucement ma résistance
Nous sommes seulement des soldats qui marchent fatigués
Cherchant leur pas tandis qu'ils avancent.

Et c'est moi qui t'appelle, qui t'appelle encore
Avec le dernier souffle de mon corps
Nous sommes vivants, nous sommes prêts
Nous sommes, c'est tout ce qu'on sait.

 

Ne t'arrête pas, ne t’arrête jamais
Nous sommes nés pour voler
Et pour tôt ou tard tomber
Ne t'arrête pas, ne t’arrête jamais
Nous sommes vivants, nous sommes prêts
Nous sommes, c'est tout ce qu'on sait
Ne t'arrête pas, ne t’arrête jamais

DOUCE RÉSISTANCE
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Marco Valdo M.I.
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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 18:35

ENFANTS DE LA FOLIE

 

Version française – ENFANTS DE LA FOLIE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Comportamento da pazzo – Monna Lisa Clacson – 2009

 

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=43003&all=1#last

Chanson participante au concours : oltre il muro


 

 

 

 

 

LA NEF DES FOUS

En route vers le pays de la folie

 

 

Monsieur Rossi vend de gros tracteurs
Il travaille même le dimanche pour faire de l'argent
Mais le matin, il va à la messe
Car après la mort, il ne sait pas ce qui l'attend

 

Le boulanger aussi va à la messe
Il est déjà réveillé. C'est un matinal.
Son sommeil n'est pas normal
Au regard des autres personnes


Les souffrances d'un homme et sa femme
L'écolier très sage
Puis, il y a le fou qui blasphème
Et la madone qui déménage

 

Puis, le fou qui aime les laids
Celui qui aime les beaux
L'autre qui aime les beaux et les laids
Et enfin, celui qui exhale des rots

 

Voici l'enfant qui tue ses poupées
Et sa sœur qui aime y mettre le feu
La nymphomane édentée
Au sourire de boulier vide

 

Un homme grand écrasé par son destin
Ses amours, sa vie. son travail de chien,

Mais pas vaincu, se trace
Un chemin divergeant des autres routes

Sur une porte, une plaque dorée
Deux gants blancs comme la conscience
Je suis malade, je les laisse conter
Que mon esprit ne sait rien de la sagesse

 

L'exalté qui brandit le poing
Fait baver une foule de couillons
Et hurle qu'il faut partager son dessein
C'est un fou qui ne tolère pas d'autres visions

 

Si nous sommes fous, nous le sommes tous.
Si nous sommes vivants, nous sommes enfants de la folie.
Qu'ils soient beaux, qu'ils soient laids, ils le sont tous,
Joyeux ou tristes, enfants de la folie.

 

 
ENFANTS DE LA FOLIE
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Marco Valdo M.I.
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 18:52

EN ATTENDANT LES BARBARES

 

Version française – EN ATTENDANT LES BARBARES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Aspettando i barbari – Massimo Volume – 2013

Texte d'Emidio Clementi

Tiré d'un roman de John Maxwell Coetzee – En attendant les barbares – 1980 (Waiting for the Barbarians)

 

 

 

 

 

MASSIMO VOLUME

 

 

 

 

 


Maintenant que l'horizon
Est en flammes
Nous rentrons
Nous fermons en vitesse les volets
Nous mettons tout de côté
Les provisions
Les vêtements de l'été
En attente des barbares

 

 

 

Les empreintes le long du chemin
Mènent droit à notre jardin
Je ne te l'ai pas dit
Je ne te l'ai jamais dit
Dans ton sommeil, tes bras
Semblent des ailes fatiguées
Fuyant les barbares

 

 

 

Je le sais,
Ce n'était pas ça
Le vin promis
Les invitations
Les fleurs
Les rires
Mais cette nuit
La nuit
Est une lame illuminée
Qui coupe le noir
Et la peur
Et pointe en avant
Là où tout
Repose immaculé
Et juste
Et nôtre
Et pur
Avant l'arrivée des barbares

 

 

 

Maintenant que le soir
Raccourcit les ombres
Nous nous retirons
Et face au miroir
Comme des épouses
Nous nous préparons
En honneur des barbares

 

 

 

EN ATTENDANT LES BARBARES
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Marco Valdo M.I.
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 19:24

Dolly

 

Canzone française – Dolly – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 96

An de Grass 97

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

Petite illustration :  http://www.youtube.com/watch?v=kmfeKUNDDYs (Louis Armstrong - Hello Dolly Live )

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toutes les précédentes, cette Histoire d'Allemagne rapporte le récit en chanson d'un narrateur ; ici, il s'agit d'un amoureux, d'un étrange personnage amoureux de Dolly la clone, dont je te rappelle qu'elle fut conçue par deux savants écossais, qui à cette époque déjà lointaine, s'étaient pris d'un délire biogénétique. Je te cite la nouvelle telle qu'elle m'est revenue : « Deux scientifiques écossais annoncent publiquement qu'ils ont réussi, le 5 juillet 1996, à donner naissance au premier mammifère cloné à partir d'un animal adulte. L'animal est une brebis et s'appelle "Dolly" en hommage à la chanteuse Dolly Parton [http://www.youtube.com/watch?v=OTuQ9cKGSdM]. Souffrant d'une maladie pulmonaire incurable, Dolly (la brebis, pas la chanteuse) sera euthanasiée six ans plus tard. Une fois naturalisée, elle sera exposée dans un musée d'Edimbourg. »

 

 

Dommage pour la brebis... Quelle destinée ! J'imagine qu'au temps de leur découverte, ces savants Écossais ont attendu que Dolly tienne sur ses pattes pour annoncer cet heureux événement et présenter Dolly au monde entier. Je parle évidemment toujours de la brebis... Avec tout ça, on s'embrouille. Peux-tu revenir un peu sur la genèse de la chanson ?

 

 

Bien sûr ! Donc, si tu t'en souviens le professeur Vonderbrügge s'en était allé à un colloque, un congrès, un symposium... Bref, une rencontre de « call-girls » de Koestler sans répondre aux questions existentielles de son interlocuteur, qui n'était autre que Günter Grass lui-même, un pater familias assez patriarcal. Mais en homme de parole, à son retour, l'estimable Herr Professor va lui raconter Dolly la clone, telle qu'elle lui avait été exposée par le célébrissime professeur Wilmut, le père scientifique de Dolly la brebis, encore une fois pas la chanteuse. Quant à la mère de Dolly, le mystère est encore plus grand, car elle en a trois. Ceci relève de la science écossaise et est bien résumé dans la chanson.

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, dit Lucien l'âne en riant, il me semble reconnaître une chanson dans la chanson, car ce passage des trois mères me rappelle très fort la chanson de Jeanneton...

 

 

Et, non seulement, comme tous les ânes, tu as de l'oreille, mais tu as l’œil aussi. C'est bien de la chanson de Jeanneton que cette partie est , disons, inspirée.

 

 

Veux-tu que je te la chante, en vitesse ? C'est une de ces chansons du folklore, dont nul ne sait qui a bien pu en être l'auteur... Par ailleurs, on l'intitule La Rirette (http://www.youtube.com/watch?v=PGff9twp7UI), ce qui fait que sa ritournelle est logiquement « larirette » et non « lahilette »...

 

Jeanneton prend sa faucille,

La rirette, la rirette,

Jeanneton prend sa faucille,

Pour aller couper le jonc

Pour aller couper le jonc

 

En chemin, elle rencontre,

La rirette, la rirette,

En chemin, elle rencontre,

Quatre jeunes et beaux garçons

Quatre jeunes et beaux garçons

 

Le premier, un peu timide,

La rirette, la rirette,

Le premier, un peu timide,

Lui caressa le menton

Lui caressa le menton

 

Le deuxième un peu moins sage,

Larirette, larirette,

Le deuxième un peu moins sage,

La coucha sur le gazon

La coucha sur le gazon

 

Le troisième encore moins sage,

La rirette, la rirette,

Le troisième encore moins sage,

Lui souleva le jupon

Lui souleva le jupon

 

Ce que fit le quatrième,

Larirette, larirette,

Ce que fit le quatrième,

N'est pas dit dans la chanson

N'est pas dit dans la chanson

 

Et pour le savoir, mesdames

Larirette, larirette,

Et pour le savoir, mesdames

Allez donc couper le jonc

Allez donc couper le jonc

 

La morale de cette histoire,

Larirette, larirette,

La morale de cette histoire,

C'est que les hommes sont des cochons

C'est que les hommes sont des cochons

 

La morale de cette morale,

Larirette, larirette,

La morale de cette morale,

C'est que les femmes aiment les cochons

C'est que les femmes aiment les cochons

 

La morale de cette morale,

Larirette, larirette,

La morale de cette morale,

C'est que ça fait des petits cochons

C'est que ça fait des petits cochons »

 

 

Bravo, Lucien l'âne mon ami, ta culture folklorique est insondable. Des petits cochons et pas des brebis, comme tu le dis si bien... mais poursuivons... Car il y a une deuxième chanson dans la chanson... Je te laisse deviner...

 

 

Allons, Marco Valdo M.I. mon ami, pour qui me prends-tu ? Ne me prendrais-tu pas pour un âne ? Tu le sais bien que j'ai reconnu ce passage d'Arthur, chanson de Boris Vian [http://www.youtube.com/watch?v=MDF54OqCgSk]. Très exactement son dernier couplet :

 

« Ça tourne les enfants ça tourne:

"Arthur, es-tu là?"

"Oui les gars."

"Arthur, où t'as mis ton corps?"

"Mais j'ai pus de corps, les gars."

"Arthur, as-tu du cœur?"

"Belote, les gars, rebelote et dix de der." »

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, tu connais les classiques, comme je vois. Donc, notre bonne Dolly la clone a été créée sans mâle (si l'on excepte les deux Écossais savants), ce qui ne cesse d'inquiéter notre narrateur, lequel – je te rappelle qu'il est amoureux de Dolly, sinon comment expliquer son intérêt et son désespoir – se lamente de ce qu'elle a été faite sans mâle et que cette circonstance mettrait ainsi fin aux relations sentimentales. Idée fausse comme il apparaît dans le deuxième couplet de la chanson. Réfléchissant un peu, le narrateur se dit que tous comptes faits, les hommes seraient plus tranquilles s'ils ne devaient pas satisfaire à certaines obligations naturelles et que Dolly la clone et ses adeptes les en débarrasseraient. Cette surprenante évolution aurait la conséquence heureuse de libérer les hommes et de leur permettre de ne plus « penser à ça » ou à tout le moins, de ne plus « penser qu'à ça ». Ce qui ouvrira la voie à de nouvelles façons de vivre. Mais comme tu le verras, il garde des relations chaleureuses avec elle(s) – Dolly la clone et les autres dames.

 

 

Donc, si je comprends bien, dit Lucien l'âne en souriant, il s'apprête à rejoindre le quatrième sexe ou genre... Après les hétéros, les homos, les ambis... Les « sans », ceux pour qui la « chose » est sans grand intérêt ou carrément, sans intérêt. Ce serait effectivement un grand moment dans l'évolution des sociétés humaines que d'arriver à se débarrasser du soi-disant « besoin sexuel ». Ce qui n'empêche en rien de bonnes relations, comment dire sentimentales et sensuelles. Je te parie que c'est en effet là un débat qui va surgir au-delà des questions actuelles du genre et du sexe.

 

 

C'est peut-être un peu tôt, mais en effet, la question se pose et s'imposera. Pour le reste, la chanson se termine en posant l'angoissante évolution du climat, du développement des catastrophes climatiques... et face au danger, que fait notre protagoniste ?... il se réfugie dans les bras de sa clone... Voila toute l'histoire de l'année 1997.

 

 

Alors, laissons notre narrateur à ses copulations avec Dolly la clone et tissons le linceul de ce vieux monde clonesque, clownesque, copulateur, cancanier, catastrophique, corrompu et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Hello Dolly
Ma jolie Dolly
On ne sait pas trop de quelle mère tu es la fille
Tu es si belle Dolly
La plus belle Dolly
C'est beaucoup trois mères dans une vie
La première est génétique, lahilette, lahilette

La première est génétique, lahilette, lahilette
Est-ce elle ta vraie maman ? Est-ce elle ta vraie maman ?

La deuxième est ovulaire, lahilette, lahilette

La deuxième est ovulaire, lahilette, lahilette
Est-ce elle ta vraie maman ? Est-ce elle ta vraie maman ?
La troisième, c'est la porteuse, lahilette, lahilette

La troisième, c'est la porteuse, lahilette, lahilette
Est-ce elle ta vraie maman ? Est-ce elle ta vraie maman ?

Elles sont toutes tes mères

Qui est donc ton père ?

Il n'y a plus de père, les gars

Mais ne vous en faites pas pour ça

Belote, rebelote et dix de der

Et tu nous as surpris, Dolly

Ma jolie Dolly

La plus belle, Dolly

J'ai cru que pour moi tout était fini

Quand j'ai compris, Dolly
Qu'il n'y aurait plus de gars dans ta vie

 

 

 

 

Hello Dolly
Ma jolie brebis

Grâce à toi, s'ouvre une nouvelle vie

On pourra danser Dolly
On pourra chanter Dolly

Car demain, nous serons des hommes libérés

On ne sera plus obligés

Dolly,

Grâce à toi, Dolly
De copuler dans la vie

Mais ne t'en fais pas
Tous ceux qui aiment ça
Pourront encore venir dans tes bras
Tout ça, ma jolie Dolly
C'est grâce à toi, Dolly
Et moi je chante pour toi

Je danse avec toi

Dans tes bras Dolly

Moi, j'aime ça, Dolly

Tu es si belle Dolly
La plus belle Dolly

Grâce à toi, on aura une nouvelle vie

 

 

 

 

Hello Dolly
Ma jolie Dolly
Il y a partout des inondations
Le temps change Dolly
Le climat Dolly

Bouleverse tout à sa façon

La terre s'échauffe, Dolly

Les eaux montent, Dolly

Le monde tremble, Dolly

Il est temps de se mettre au lit.
Dans tes bras, Dolly

Comme autrefois, Dolly

Quand tu es partie, Dolly

Ma jolie Dolly

J'ai cru que pour moi tout était fini

Mais tout va mieux depuis

Depuis que j'ai compris
Ma jolie brebis

On va danser tous les deux, Dolly
On va chanter tous les deux, Dolly

On va recommencer tous les deux , Dolly,

 

À copuler dans la vie.

Dolly
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Marco Valdo M.I.
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 19:02

Refusez !

 

Chanson française – Refusez ! – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

Mon cher ami Lucien l'âne, j'apprends que maintenant en Italie, il y a des jeunes qui désertent les cours de religion catholique...

 

 

Il était temps, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents. On est quand même au vingt et unième siècle. Depuis le temps que ça dure cette comédie religieuse, je te jure vraiment qu'il est temps que ça cesse... Si l'humanité veut advenir et ensuite, survivre, il faut que les gens deviennent un peu moins crédules et un peu plus sensés et ne se laissent plus embobiner par des racontars fols.

 

 

Donc, je te disais qu'en Italie, je veux dire, même en Italie, un des pays les plus crédules du monde et des plus infestés par la religion – dans son cas, catholique, les jeunes commencent à se rebeller et à refuser en masse de se soumettre à ses diktats. J'apprends cela au travers d'un article de la revue de l'UAAR (Union des Athées Agnostiques et Rationalistes – italiens), que je te traduis ci-après :

LES ÉTUDIANTS REFUSENT

L'HEURE DE RELIGION

À GÊNES ET AILLEURS

 

 

Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (7 octobre 2013) :

Texte italien : http://www.uaar.it/news/2013/10/07/genova-altrove-studenti-rifiutano-ora-religione/

 

Précepte laïque 

 

Étudiants, encore un effort pour devenir tous laïques !

 

 

 

 

Une classe entière du lycée classique « Christophe Colomb » à Gênes demande de ne pas fréquenter l'heure de religion catholique. L'épisode est rapporté par La Repubblica, qui a interviewé le secrétaire de l'Uaar, Raffaele Carcano. C'est le second cas en Italie et le premier que relate un organe de presse. De sorte que la nouvelle a été relayée sur d'autres canaux et a beaucoup circulé sur internet. C'est l'occasion de discuter de la sécularisation croissante des jeunes générations et des difficultés que rencontrent toujours les jeunes qui ne veulent pas suivre l'« Heure de religion Catholique ». De 1995 à 2010, comme c'est mis en évidence par l'Istat, la fréquentation dans les lieux de culte a sensiblement baissé, dans toutes les tranches d'âge mais surtout chez les jeunes et les adolescents. Les vents changent ?

 

Le principal du lycée Colombo, Enrico Bado, parle d'« événement exceptionnel » et il le minimise, mais il met en évidence qu'il puisse être lié au fait qui s'agit de majeurs de dernière année, majeurs qui ont donc pu faire un choix de manière plus autonome par rapport à leurs familles. Comme l'a remarqué Piergiorgio Odifreddi sur son blog, quand les étudiants ont la possibilité de choisir et ne sont pas soumis aux injonctions de la famille, cela démontre leur tendance à ne pas choisir l'heure de religion catholique. Selon les données fournies par la Conférence épiscopale, le nombre de dépendants reste très élevé (actuellement de 89%), mais dans les vingt dernières années, il a baissé. La donnée est en moyenne plus basse dans le Centre-Nord et dans les grandes villes, zones où est moins fort le conditionnement religieux. Et, c'est le cas, dans les lycées. Mais la situation est encore fortement déséquilibrée, de sorte que notre association se retrouve souvent à devoir fournir un support à des parents et à des enfants auxquels est rendu difficile le choix en alternative à la religion catholique, souvent en raison de l'attitude obstructionniste des écoles. Le conditionnement ambiant continue à jouer en faveur de l'« Heure de Religion Catholique ». Mais la pression des pairs commence à pousser les jeunes dans la direction opposée, avec comme résultat que le nombre de classes dans lesquelles aucun étudiant ne fréquente la religion catholique est en croissance, selon les informations recueillies par l'Uaar.

 

En réalité, il faut éclaircir quelques questions posées dans les déclarations attribuées à notre secrétaire. Le lycée Fracastoro de Vérone, cité par Carcano dans un cas analogue à celui de Gênes, qui était le seul dont il se rappelait le nom au moment de l'interview. Mais le renoncement en masse à l'heure de religion catholique, dans ce cas, n'était dû à un professeur intégriste, comme il est rapporté, mais il était probablement la conséquence du projet « Odifreddi à l'école », lancé à l'époque par l'Uaar. En classe, on décida de participer à l'initiative, qui prévoyait l'envoi gratuit de la part de l'Uaar de textes de mathématique impertinente aux étudiants, lesquels devaient les recenser et les commenter. Deux classes du lycée Fracastoro adhèrèrent à l'initiative.

 

Des nouvelles de classes entières allergiques au catéchisme circulent de toute façon depuis des années, spécialement là où il y a enseignants particulièrement zélés. L'Uaar a rassemblé sur les années divers témoignages dans ce sens et la même chose est arrivée ces derniers jours, suite à la diffusion de la nouvelle à propos du lycée Colombo. Il ne manque pas toutefois de parents forcés à envoyer leurs enfants subir un enseignement religieux, avec des professeurs choisis par les évêques mais payés par l'État. Quoique la possibilité d'une alternative — comme l'activité didactique, la sortie ou l'entrée anticipée et l'étude individuelle — soit un droit que l'école doit garantir par la loi, sans alléguer d'alibi comme l'absence de fonds (c'est le Ministère qui couvre les frais) ou de problèmes d'organisation. Ces parents laïques ou mécréants, pour ne pas laisser leurs enfants isolés par rapport à leur classe, cèdent finalement. La question commence toutefois à être abordée dans les médias, justement par des journalistes qui se trouvent devoir affronter en personne ces problèmes avec leurs enfants (comme Federico Ferrazza de Wired.it ou Alessandro Gilioli de l'Expresso).

 

Nous espérons que la diffusion de l'information de Gênes convainque tous ceux qui ne veulent pas fréquenter la religion catholique à faire le pas de ne plus la fréquenter. Et que sortent toujours plus à découvert en grand nombre des étudiants, des parents et des enseignants qui n'aiment pas cet enseignement dont, comme association, nous demandons une fois de plus la complète abolition.

 

La rédaction

 

 

 

Suzanne et les vieillards - Rembrandt (1647)

 

 

Ah, je vois. L'Italie se réveille. Il était bien temps... Elle avançait comme s'en vont les écrevisses... À reculons, à reculons. Je dis Apollinaire, juste pour te montrer que je me souviens de ce que disent les poètes. Enfin pauvre Italie ! – Baudelaire disait bien Pauvre Belgique !... (http://www.idwigstephane.eu/pauvreB.html). Pauvre Italie ! Depuis que le gros fasciste au menton levé l'a revendue à l'Église, elle s'abêtit, elle s'ankylose, elle se flétrit. Elle en est, pauvre Suzanne, à céder ses derniers charmes à des vieillards libidineux. Et même après s’être débarrassée, croyait-elle, du régime et de ses tenants, elle n'a jamais pu se dégager de l'étreinte céleste et s'est jusqu'à présent traînée sous le dais du pape et des évêques et a imposé à sa population cette domination et son financement. Mais il y a ce frémissement et cette révolte des jeunes...

 

 

Quant à la chanson, elle est calquée sur la chanson-phare de ce site : Le déserteur, chanson de Boris Vian. C'est une chanson impie, mécréante et résolument, pro-civile. Elle raconte ce frémissement, ce début... Elle est la chanson qu'écrit un de ces jeunes au Directeur de son école pour lui annoncer qu'il « déserte » le cours de religion quasiment obligatoire... La religion, tu sais, c'est ce poids qui étouffe la liberté, enferme la pensée et séquestre les consciences. Et ce frémissement, ce n'est qu'un début...

 

 

Ce n'est qu'un début... Alors, attendons la suite et en attendant, tissons le suaire de ce monde crédule, croyant, soumis, inféodé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Monsieur le Directeur

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez une heure

Je viens de recevoir

Notre nouvel horaire

Pour toute l'année entière

Et je viens de m'apercevoir

Qu'il y a cette heure de religion

Monsieur le Directeur, je ne veux pas me taire

Je ne suis pas sur terre

Pour faire le mouton

C'est pas pour vous fâcher

Il faut que je vous dise

Ma décision est prise

Je m'en vais déserter

 

 

Depuis que je suis né

J'ai été encadré par des pères

J'ai été inculqué par des frères

Et sans mon accord, baptisé

Ma mère a tant supporté

Leurs étranges caresses

Qu'elle ne va plus à la messe

Et se passe de leur charité

Quand j'étais petit enfant

On m'a menacé des flammes

On m'a imposé une âme

Et tout un bataclan

Demain de bon matin

Que le diable m'emporte

Je fuirai ces âmes mortes

J'irai sur les chemins

 

 

Et je vivrai mon temps

Sur les routes du monde

Par toute la terre ronde

Et je dirai aux gens:

Refusez de prier !

Refusez toujours de croire !

Refusez toutes leurs histoires !

Refusez de vous incliner !

Comme j’aime boire le vin

Je bois à la bonne vôtre

Vous êtes bon apôtre

Monsieur le sacristain

Si vous me dénoncez

Prévenez vos catéchistes

Que je suis anarchiste

Et que je suis entêté.

Refusez !
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Marco Valdo M.I.
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 20:50

ALLEMAGNE ÉVEILLE-TOI !

 

Version française – ÉVEILLE-TOI ! – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - ALLEMAGNE ÉVEILLE-TOI ! – Kurt Tucholsky – 1930

 

Poème publié sous le pseudonyme de Theobald Tiger dans l'hebdomadaire illustré antifasciste AIZ, arbeiter-Illustrierte-Zeitung.

 

 

 

Je ne sais si quelqu'un a jamais pensé à mettre en musique cette poésie de Tucholsky, mais je la propose comme chanson parce car elle constitue une réponse directe à un des plus terrifiants hymnes nazis, le « Deutschland erwache ! » (« Allemagne, éveille-toi ! »), comme le « Heil Hitler dir ! » (Salut à toi, Hitler ! - une sorte d'Ave Caesar!) écrit dans les années 20 par Dietrich Eckart, un nazi de la première heure, grand ami de Hitler et son compère de raids, comme le tristement célèbre Putsch de la Brasserie de Munich en 1923.
Un infarctus l'emporta à l'enfer cette année-là et l'ami avec les moustaches lui dédia le second volume de son Mein Kampf…

 

 

 

 

Ils te creusent une tombe,
Avec l'argent des riches.
Le pays aux mains de ces barbares
Expire ville après ville…
Ils veulent déclencher la guerre civile –
(Que les communistes essayent de le faire !)
Déjà les nazis te tressent une couronne mortuaire – :

 

Allemagne, ne vois-tu pas cela ?

 

 

Ils te rongent dans l'obscurité.
Dans leur lumineux sanctuaire
Tous les jours de l'année
Ils professent le fascisme…
Les juges ne trouvent rien à y redire
(Que les communistes essayent de le faire !)
Les nazis se battent au profit des exploiteurs

 

Allemagne, ne comprends-tu pas cela ?

 

 

En armes, ils te défient,
Tout au travers du pays
Ils trimbalent leurs agents
Inlassablement…
Les grenades d'exercice éclatent…
(Que les communistes essayent de le faire !)
Les nazis énoncent ta condamnation à mort – :

 

Allemagne, ne pressens-tu pas cela ?

 

 

Et des entreprises monte un chœur
De millions de voix de travailleurs :

 

Nous savons tout. Ils nous enferment.

Nous savons tout. On nous laisse insulter.

Nous sommes dissous, interdits et...

Nous comptons les victimes ; nous comptons les morts.

Aucun ministre ne bronche, quand Hitler parle.
À eux la rue. Contre nous la Cour suprême du Reich.

Nous voyons. Nous entendons. Nous sentons le prochain krach.

 

Et quand l'Allemagne dort – :
Nous sommes éveillés !

 

 
ALLEMAGNE ÉVEILLE-TOI !
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Marco Valdo M.I.
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 20:48

IDÉAL ET RÉALITÉ

 

 

Version française – IDÉAL ET RÉALITÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Ideal und Wirklichkeit – Kurt Tucholsky – 1929

 

 

 

 

 

 

 

Ce poème sarcastique et amer, écrit par Kurt Tucholsky peu avant que l'Allemagne ne se rende au fascisme maintenant envahissant , fut mise en musique par Hanns Eisler à la fin des années 50, à la demande d'Ernst Busch qui voulait l'interpréter.


Tucholsky était un grand journaliste et un écrivain satirique. Tombé profondément amoureux du cabaret, au point de se transférer en France dans les premiers années 20 pour le savourer dans sa meilleure expression (même si celui de Weimar n'était certain pas moins intéressant, et Tucholsky lui donna sa précieuse contribution en écrivant beaucoup de sketches), dans ses écrits, même ceux apparemment plus « légers », transparaît d'abord tout son espoir dans la phase démocratique qui s'est ouverte en Allemagne dans l'entre-deux-guerres, avec la promulgation de la Constitution de 1919 ; ensuite, plus tard, toute la déception et le désespoir pour la fin de ce rêve – qu'en 1929, année de composition de ces vers, était déjà entièrement évidente – renversé par la crise économique mondiale, par la soudure entre le vieil et le nouvel autoritarisme, entre le grand capital et le national-socialisme montant.

 

Déjà en 1930 Tucholsky choisit l'exil en Suède. En 1933, les nazis lui révoquèrent la citoyenneté allemande, lui confisquèrent toutes ses biens et ils brûlèrent tous ses livres et ses publications, en arrivant à emprisonner son très cher ami Carl von Ossietzky que Tucholsky avait laissé pour diriger l'important hebdomadaire culturel « Die Weltbühne » refondé par lui en 1914… Tucholsky se suicidera à Göteborg en décembre de 1935 ; Ossietzky mourra dans un camp de concentration nazi à Berlin en mai de 1938, bien qu'en 1935 il avait reçu le Prix Nobel pour la Paix…

 

Dans ce « Songe et Réalité », Tucholsky joue ironiquement de la comparaison entre la femme idéale, haute et mince, et celle réelle, basse et grasse, pour raconter combien le peuple allemand était mal préparé à jouir des libertés démocratiques et se faisait infailliblement m'embobiner d'un nouveau et plus féroce autoritarisme. Le contraste entre l'idéal, les attentes, les rêves, et la brutale réalité de la société humaine, ainsi va le monde, conclut Tucholsky : « C'est la vie ! Célavi ! »Et dans les années 50 ce qui avait été le douloureux et sarcastique regret de Tucholsky pour la fin du rêve démocratique de Weimar devenait le chagrin et la rage d'Eisler pour la trahison du rêve socialiste se fracassant contre la réalité du totalitarisme soviétique…

 

 

 

******

 

 

Je voudrais simplement faire la remarque que cette chanson a ceci de particulier qu'on y voit les penchants féminins de Kurt Tucholsky, lequel apparaissait déjà dans une autre chanson, où il faisait son entrée dans la vie de Mademoiselle Ilse, qui devait être grande, mince et blonde, assurément. [[37875]], dit Marco Valdo M.I.

 

 

Certes, dit Lucien l'âne en riant, je me souviens très bien de cette histoire d'Allemagne dans laquelle on rendait hommage à Kurt Tuchoslky, alias Peter Pan (ter) et autres personnages. Et Günter Grass et toi aviez bien raison car Tucholsky est un fameux canut, un formidable tisserand qui, tout comme nous essayons de le faire maintenant, tissa le linceul du vieux monde guerrier, militariste, nationaliste, ambitieux, avide, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Dans la nuit calme et notre lit monogame
On s'invente, ce qui manque de vie.
Les nerfs craquent. Quand enfin nous avons cela,

Une chose nous tourmente doucement, elle n'est pas là.
On se figure en pensée
Ce qu'on veut – et ensuite on ne le voit jamais…
On voudrait toujours une grande mince,
Et toujours, nous arrive une petite grosse -
C'est la vie !

 

Elle doit, montée sur roulements à billes ,
Tanguer des hanches, grande et blonde.
Une livre en moins - et elle serait maigre,
Qui donc alors dans ses cheveux irait se mirer …
On succombe ensuite à cette foutue passion,
Dans la hâte et l'imagination.
On voudrait toujours une grande mince,
Et toujours, nous arrive une petite grosse -
Célavi !

 

On aurait voulu acheter une flûte enchantée
Et on achète un ocarina, car il n'y rien d'autre là.
On voudrait chaque matin se laisser aller
Et ne rien faire. Comme ça...Comme ça...

 

Sous la contrainte impériale, nous avons pensé
À une république,… et maintenant elle est là !
On voudrait toujours une grande mince,
Et toujours, nous arrive une petite grosse -
Célavi !

IDÉAL ET RÉALITÉ
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Marco Valdo M.I.
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 13:02

BLANCS ET NOIRS

 

 

Version française – BLANCS ET NOIRS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Bianchi e neri – Nomadi – 1985

 

 

 

 

 

 

Oh, dit Lucien l'âne, voici donc une chanson contre le racisme...

 

 

Sans doute, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. en levant un sourcil assez circonspect. Sans doute, évidemment.

 

 

Sans doute, évidemment ? C'est l'évidence même. Que veux-tu dire ? Aurais-tu des doutes à ce sujet ?

 

 

Nullement, mais... Je trouve qu'elle est bien plus universelle que cela. Est-ce qu'il t'arrive de jouer aux échecs ou aux dames, par exemple ?

 

 

Certainement. Mais quel est le rapport ? Qu'est-ce que les échecs et les dames peuvent bien avoir à voir avec les blancs et les noirs ?

 

 

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, c'est l'évidence-même. Il y a dans ces jeux d'un côté, les blancs et de l'autre, les noirs. C'est le cas aussi du jeu de go... Donc, s'agissant de jeux qu'on peut considérer de portée universelle, et de jeux d'affrontement à mort, je crois bien que cela recoupe le thème de la chanson. Elle est donc une sorte de caractérisation, de modélisation de l'affrontement en soi ; de la guerre, en quelque sorte. D'un côté, les blancs ; de l’autre, les noirs. Et ce bon homme au milieu que finalement, on massacre. C'est bien sûr, une chanson contre le racisme, mais aussi contre tout fanatisme, contre tout totalitarisme. Une chanson qui met en cause tout système binaire, tout système exclusif.

 

 

Oui, mais quand même, le bon homme dans la chanson finit par être massacré et « pitié l'est morte » et dès lors, son massacre n'est que le prélude à de plus grands massacres...

 

 

Certes, mais souviens-toi que « Pietà l'è morta » est un chant de la résistance italienne [[740]] et que si l'on replace les pions sur l'échiquier, comme dans la chanson, il y a nettement un agresseur (fascistes, nazis) et un agressé (la population italienne, la résistance). Mais si la « pitié » est mise de côté par les résistants, c'est le temps de mettre fin au conflit. Elle ne prélude pas au massacre, elle vise à sa fin. Et pour retrouver une dimension universelle, dans la Guerre de Cent Mille Ans, on se trouve dans ce même contexte. D'un côté l'agresseur – les riches font la guerre « sans pitié » aux pauvres afin de les asservir, de les dominer, de les exploiter, de les faire travailler à leur profit... de l'autre, un agressé – les pauvres qui n'ont jamais souhaité cette Guerre et qui n'ont comme objectif que d'y mettre fin. Mais, arrêtons-là, on y reviendra.

 

 

Découvrons la chanson et, j'ai bien l'impression qu'elle aussi, comme nous, tisse le linceul de ce vieux monde sans pitié, agressif, mortifère, monstrueux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

On en était aux jours terribles
Où la guerre éclata.
Un monstre épouvantable
Écrasa les gens et les dévora.
Frère contre frère
Haine contre cœur
Les hommes s'entretuèrent
Pour une simple couleur

 

Dans son jardin, un homme
Cultivait l'espoir
Il aidait avec amour, en somme

Ses frères blancs, ses frères noirs
Il avait aussi une idée
Qu'il portait avec courage.
Comme il aimait la vie de tous
Il lui fallut lutter contre tous

 

Un jour, il vit ainsi ,
Un noir moribond.
Pour le ramener à la vie

Il se donna à fond.

Du coup, les blancs pensèrent
Que c'était un collaborationniste
Son nom en rouge, ils notèrent
Sur leur noire liste

 

Un jour, un blanc fugitif
Qu'on recherchait mort ou vif,

À sa porte vint frapper.
De la mort, il l'a sauvé.
Du coup, les noirs le détestèrent
Comme s'il était leur adversaire.

Ils jurèrent de le punir,
Il lui fallait mourir.

 

Dans une nuit de lune,
Ce bon homme marchait
Sur le crêt d'une montagne
Qui deux vallons séparait.
D'un côté, les blancs l'épiaient
Prêts à le frapper au cœur
De l'autre, les noirs le guettaient
Du fond de leur fureur

 

Les deux coups partirent ensemble
Il tomba avec les yeux révulsés.
Sur son regard étonné,
On étendit un léger voile.
Les noirs heureux exultèrent
Les blancs s'exaltèrent
Ils ignoraient encore qu'à leur porte
La pitié était morte.

 

 
BLANCS ET NOIRS
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Marco Valdo M.I.
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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 08:23

COMME UN FLEUVE

 

 

 

Version française – COMME UN FLEUVE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Come un fiume – Nomadi - 2002

 

 

(G.Carletti - A.Mei - L.Cerquetti - C.Falzone)
Album: "Amore che prendi amore che dai"

 

 

 

 

 

 

 

 

LE FLEUVE

AMAZONE

 

 

 

 

De qui parle-t-elle cette chanson ? De l'esprit de révolte, d'une figure mythique, du Che Guevara, du révolutionnaire anonyme, d'un poète méconnu, d'un paysan inconnu, d'un guérillero incognito... On ne sait, car elle ne le dit pas.

 

 

 

 

Sans doute, de tous ceux-là à la fois... et de bien d'autres encore, dit Lucien l'âne en hochant la tête, balançant ainsi ses oreilles.

 

 

 

 

Exactement. Elle parle de ce fleuve, de cet être multiple et multiforme fait de sang, de larmes, de sueur, de terreur, de courages quotidiens de femmes et d'hommes par milliers, milliers, millions, millions. Un fleuve qui s'écoule au travers des temps et des temps, charriant ses gloires et sa misère et qui toujours s'en va portant partout sa résistance.

 

Pour lui aussi, c'est Ora e sempre : resistenza !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Il a l'odeur de l'Amérique Latine
Comme les rêves faits d'un peu de terre et de boue
Comme les pieds de l'homme fatigué qui marche
Car il sait que cette vie est un voyage

 

Une route dont on ne sait où elle va
Qui un jour conduit sur une place
Dans un village aux maisons lasses
Où vivre est une lutte à tout va

 

Tant de fois, je l'ai rencontré au marché
Avec cet air batailleur qui le submergea
Avec l’esprit guerrier du soldat
Qui cent fois s'est relevé

 

Car il sait qu'il se dressera avec cent
Qu'il a vu parmi les champs naître et mourir
Là où naissent et meurent en un coup de vent
L'espoir et l'envie de dire

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

Il a le regard de l'Amérique Latine
Des femmes, des mères qui chaque soir
Attendent avec impatience l'aube
Et chaque matin attendent soir

 

Et qui ne savent jamais vivre ou prier
Le Dieu qui se montre à la fenêtre
Car parfois le Dieu ne sait pas quoi écouter
Alors, il fait semblant et remue la tête

 

Tant de fois je l'ai rencontré dans les banlieues
Ou dans les ruelles surgir entre les immeubles
Comme un phare qui darde son rayon cru
Sur les enfants qui courent pieds nus

 

Et il est là qui serre les poings encore
Et il repart lutter une fois encore
Il a un cheval rapide comme le vent
Ce vent qui s'en va changeant

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien.

COMME UN FLEUVE
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Marco Valdo M.I.
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