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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 15:34

La Troisième Guerre

 

Canzone française – La Troisième Guerre – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 98

An de Grass 99

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Leopold Mozart avec Wolfgang Amadeus et Maria Anna.

Cette aquarelle représentant Mozart père et ses enfants en 1763 est l'un des portraits les plus connus de Carmontelle (Louis Carrogis, dit Louis de Carmontelle ou Carmontelle).

 

 

Petite illustration : les Douze Variations de Mozart. Diverses interprétations.

 

Élisabeth Sombart : http://vimeo.com/9883932

 

 

 

 

Cette Histoire d'Allemagne est la dernière de celles que contient le kaléidoscope de Günter Grass ; elle est racontée en duo par la mère ressuscitée de la volonté du fils et par le fils lui-même. C'est un dialogue entre une morte et un survivant. C'est la chanson de la dernière année du vingtième siècle et elle projette une lueur inquiétante sur ce que sera le siècle suivant... Celui que nous vivons à présent. Hic et nunc... Ici et maintenant. Encore une fois, la chanson se tourne vers des antiennes populaires et elle reprend comme refrain presque mot pour mot un petit sizain écrit il y a bien longtemps et porté par une musique de Mozart ; une musique elle-même reprise, semble-t-il, de la tradition populaire française par le compositeur autrichien, qui en fit douze variations. Et ainsi, cette fois, le musicien ne sera pas en retard...

 

 

 

Je te cite immédiatement le texte de ce petit sizain :

 

« Quand trois poules vont au champ

La première va devant

La seconde suit la première

La troisième vient la dernière

Quand trois poules vont au champ

La première va devant. »

 

 

Ah, vous dirais-je, Marco Valdo M.I. mon ami, que je connais cette chanson et que j'en connais également d’autres sizains... C'est une chanson célèbre entre toutes, connue de tous ou presque tous, ici en Europe. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ah_!_vous_dirai-je,_maman ]

 

 

Exactement et c'est pour cela que je l'ai choisie... Mais également car elle est aussi une sorte de dialogue entre un enfant et sa maman. Ce qui est précisément notre propos. Et j'ai voulu placer ce finale du siècle d'Histoires d'Allemagne sous la bonne influence de ce musicien qui malgré son génie fut asservi toute sa vie... par les puissants et à l'argent. Ce qui entraîna, sans aucun doute, sa fin misérable. Et comme on le sait, cette forme d'asservissement est une des plaies qui depuis des temps immémoriaux assaillent l'humaine nation.

 

 

 

 

Oh oui, Marco Valdo M.I., mon ami, la misère remonte à la plus haute Antiquité. Elle est fille de la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches font aux pauvres afin de les tenir à la gorge, de les transformer en fourmis dociles œuvrant sans répit à accroître les profits et les richesses... Ils entendent, ces riches barbares, confiner l'espèce en une gigantesque fourmilière à la botte et sans aucune honte, écraser toute tentative d’humanisation. Ils louvoient, ils mentent, ils trompent, ils camouflent leur guerre sous le nom de paix, ils présentent leur colonisation de l'homme sous le nom de progrès, ils désignent leur particulière prospérité sous le nom de croissance, terme à vocation générale ; ils sont pour le développement, surtout s'il est durable. Angoissés, ils se répètent comme Maria Letizia Bonaparte, née Maria-Letizia Ramolino : « Pourvu que ça dure ! ». En attendant, ils susurrent aux oreilles inquiètes l'air de la collaboration... Ils entretiennent des mercenaires pour veiller à leurs affaires... Ils rejettent avec dédain toute idée de morale, de conscience. Quand ils prêchent la liberté, c'est pour justifier leurs exactions et leurs privilèges ; c'est la liberté d'entreprendre, c'est la liberté d'exploiter... Ils répandent l'idée qu'il faut créer de la richesse... comme si on pouvait créer de la richesse sans en même temps et par cela même, de manière exponentielle, créer de la misère. Créer de la richesse : on comprend aisément pourquoi... Eux, ils ne créent rien, ce sont des parasites, ils vivent sur le dos des gens; ils accaparent le temps, le travail, la vie des autres.

 

 

Mais revenons, si tu veux bien à notre chanson où les personnages qui se répondent, à savoir la mère et l'enfant, ne sont autres que Günter Grass et sa maman qu'il fait revivre pour la cause. Il est vrai que comme chaque fois, j'ai amené d'autres éléments et refait une histoire d'Allemagne, vue d'aujourd'hui et c'est bien le moins, par mes yeux. En fait, il s'agit de l'année 1999, donc la dernière du siècle et quand j'aurai fini (il m'en reste quelques unes à faire, car j'ai sauté quelques années et d'ailleurs, je vais combler ces vides), il y en aura cent et deux de ces Histoires : cent tirées de Günter Grass et deux tirées des Bananes de Königsberg d'Alexandre Vialatte

[http://www.dailymotion.com/video/xnsipo_helene-babu-lecture-bananes-de-konigsberg-partie-1-sur-2_news] et [http://www.dailymotion.com/video/xnsixs_helene-babu-lecture-bananes-de-konigsberg-partie-2-sur-2_news].

 

Donc, un fils, pour les besoins de la cause, ressuscite sa mère, qui eût été centenaire, s'il n'y avait eu ce foutu cancer qui l’emporta. Il lui demande de raconter sa vie... Elle se remémore : il y eut la guerre, puis la guerre et enfin, la paix, nouvelle forme de la guerre et le cortège des morts : le grand-père, les oncles, la mère. Et puis, maintenant...

 

 

Regardez ce qu'ils font aux Grecs, aux Portugais, aux Espagnols... Ils vous le feront bientôt, s'ils n'ont déjà commencé... Voyons dès lors, cette chanson et puis, dans la foulée, reprenons notre tâche et recommençons à tisser, tels les canuts [[7841]] le linceul de ce vieux monde guerrier, barbare, louvoyant, menteur, trompeur, ambitieux, avide, riche, mortifère et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

 

Ah ! vous souvenez-vous, maman,
De la guerre d'il y a cent ans.
Papa veut que je raisonne,
Comme une grande personne.
Moi, je dis que les bonbons
Valent mieux que les canons.

 

C'était la guerre tout le temps

Avec des pauses par moment

Papa faisait des fusils à l'usine

Il est mort d'une balle dans la poitrine

Ses deux frères également

Ont fini soudainement.

 

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

 

C'était encore la première

Quand est morte ta grand-mère

Comme il fallait bien manger

Moi, j'ai vendu du café

Puis avec Willy, on s'est mariés

Puis sont venus les deux bébés...

 

Ah ! racontez-moi, maman,
Les histoires de ce temps.

Les gens chantaient en riant
Le moi de mai rend heureux

D'un florin, il en fera deux...

Mais des florins, il n'y en a plus eu

La guerre nous est tombée dessus.

 

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

 

Ainsi est venue la deuxième

Les morts sont toujours les mêmes

On a eu les rationnements

Puis, ce furent les enterrements

Mais c'était il y a longtemps

C'est plus pareil maintenant.

 

Ah ! vous dirai-je, maman,
Ce qui cause mon tourment
Avec la paix, c'est merveilleux

On vit de plus en plus vieux
Pour les jeunes, c'est différent

Ils se demandent ce qui les attend

 

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

 

Écoutez bien les enfants

Ce que dit cette bonne maman

Il y a la guerre depuis si longtemps

Depuis près de cent mille ans

D'un côté, les riches et les puissants

De l'autre, les pauvres et leurs enfants

 

La guerre se fait autrement

En civil, maintenant

On conquiert par l'argent

Avec lui, on asservit les gens.

Les temps ne sont plus les mêmes

Déjà a commencé la troisième

 

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

 

La Troisième Guerre
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Marco Valdo M.I.
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 19:42

TERRE LIBRE (LE RÊVE)

 

 

Version française – TERRE LIBRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Libera terra (Il sogno) – Massimo Priviero – 2013

 

 

 

 

 

 

 

Cette terre est un ciel qui cherche la lumière

Des montagnes jusque dans la mer

Qui que tu sois, à tes yeux, cette terre

Est tienne et mienne est cette terre

 

C'est un morceau de pain alpin, cette terre

De mon sang paysan, elle est la forte mère

Cette terre est un fleuve qui suit son erre

Cette terre est tienne et mienne est cette terre

 

Cette terre est un champ bon pour travailler

C'est une maison en pièces, qu'il faut relever

C'est le père qui rentre à la maison, cette terre

Est tienne et mienne est cette terre

 

Cette terre est un vantail qu'il faut tenir ouvert

À chaque fils du monde, qui y frappera

Cette terre est une gloire qui ouvre sa voie

Cette terre est tienne et mienne est cette terre

 

Cette terre est un ciel, qui cherche la lumière

Des montagnes jusque dans la mer

Qui que tu sois, à tes yeux, cette terre

 

Est tienne et mienne est cette terre 

TERRE LIBRE (LE RÊVE)
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 22:17

JE SUIS LÀ

 

Version française – JE SUIS LÀ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Io sono là – Massimo PRIVIERA – 2013

 

 

 

Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là et personne ne peut acheter ma vie
Là sur les places du printemps
Là où se trouve celui qui m'entend

Là où les yeux deviennent clairs
Là où on trouve à respirer l'air

 

Je suis là et ma guerre n'a jamais fini

Ma promesse a été maintenue jusqu'ici
Là sur la terre qui n'a pas frontière
Là sur la route que je saurai chercher
Là tu verras un homme qui jamais ne se perd
Là il y a la force que je voudrais te donner

 

Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là et jamais ne se vend mon histoire
Là où mes gens vivent encore
Là où le monde est dans sa folie
Là où un peuple encore respire
Là où ils disent qu'est la démocratie

 

Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là où mon étoile n'est pas reniée
Là je défends tout ce que je suis
Il n'y a là pas de prix qu'ils peuvent payer
Là je serai libre jusqu'à la fin de ma vie
Là si tu me cherches, tu pourras me trouver

 

Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là et personne ne peut acheter ma vie

Là où on trouve celui qui jamais ne compte
Là où je cherche le souffle pour crier
Là où se trouvent les derniers du monde
Là où le soleil viendra me chauffer

 

 

Je suis là et ma guerre n’en finit pas
Je suis là, là où peut-être tu m'entendras
Je suis là, pour ce qui vaut et ce qui encor sera
Je suis là, embrasse ta route, et aie soin de toi 

JE SUIS LÀ
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Marco Valdo M.I.
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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 15:41

LES MAINS

 

Version française – LES MAINS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Le mani – Giorgio Gaber – 1991
Écrite par Giorgio Gaber e Sandro Luporini
Du spectacle “Il teatro canzone di Giorgio Gaber”‎

Il teatro canzone di Giorgio Gaber

 

 

Croquis 

http://bdelande.blogspot.be/2011/07/cinquante-mains.html

 

 

 

Rencontre civile entre gens éduqués
Qui se lèvent et se saluent
Rencontre un peu anonyme rendue plus humaine
Par une cordiale poignée.

 

Main pointue, main un peu trapue
Main sans défense qui se fait tendre
Une poignée de main virile et fasciste
Qui veut dire : je ne suis pas pédéraste !

 

Main un peu timide, peu convaincue
On part décidé et elle feint
Main imprécise, main sournoise
Du nouveau socialiste un peu démocrate-chrétien.

 

Main à spatule qui bondit nerveuse
Une autre persuasive, un peu trop affectueuse
Main tendue qui s'est rebellée
Main immaculée de Communion et Liberté.

 

Main molle qui se touche le ventre
Main mielleuse qui fait la manche
Main invétérée de vieux communiste
Main ankylosée au poing triste

 

Main d'artiste, sinueux et impuissant
Main d'ours, poilu et ignorant
Main émue qui pour nous prie
Main de pieuvre qui jamais ne lâche

 

Un carrousel inutile, grotesque et immonde
Sur cette balle géante qu'est le monde !

 

Un monde d'absurdes êtres humains
Un jeu joyeux, un entrelacement de mains
Nous communiquons ainsi impudiques
Tant nous sommes empathiques. !

 

Mains éduquées des messieurs âgés
Mains gagnantes des gens d'affaires
Mains qui caressent avec trop de sympathie
Au toucher morbide de sacristie

 

Une fête visqueuse et nauséabonde
Au sein de cette grande famille qu'est le monde !

 

Mains de ministres qui demandent la confiance
Mains subtiles aux manœuvres féroces
Mains puissantes, violentes par nature
Mains mafieuses à mourir de peur

 

Mains blanches, dégoûtantes à toucher
Mains de papes, bagues à baiser
Mains baladeuses d'êtres humains
Mains partout, tant et tant de mains

 

 

 

 

Je les regarde, je m'immerge, je me noie, je débonde
Dans cette mer de merde qu'est le monde

LES MAINS
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Marco Valdo M.I.
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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 20:56

INTERROGATOIRE D'UN OBJECTEUR

 

 

 

Version française - INTERROGATOIRE D'UN OBJECTEUR – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne – INTERROGATORIO DI UN OBIETTORE DI COSCIENZA – Riccardo Venturi – Marina di Campo (Isola d'Elba), 31 maggio 2005

d'une chanson allemande – Befragung eines Kriegsdienstverweigerers – Franz-Josef Degenhardt – 1966

 

 

 

 

 

Vous invoquez ici sans arrêt la Constitution.

Dites un peu, mon garçon,

Est-ce que vous n'êtes pas en réalité communiste ?

Assurément, nous sommes assez libéraux,

Cheveux longs, barbes, chaînes, anneaux,

Certes, nous avons déjà eu de tout.

Mais ici, on ne s'assied pas sur les dossiers

Vous avez lu Marx et Engels, dites-vous.

Donc, cela vous le comprenez.

Vous n'avez connu que l'école obligatoire,

Alors, ne prenez pas ces grands airs.

Par contre, vous ne pouvez rien y faire.

Vous pouvez lire ce que vous voulez — effectivement ;

Ici, chacun peut faire comme il l'entend

Dans le cadre de la constitution libéralo-démocratique, on se comprend.

 

Certes, on ne veut plus être soldat à présent.

Je peux le comprendre également,

Je n'en aurais aucune envie, même moi.

Mais il faut avoir des justifications pour cela

Et ne recommencez pas encore

Avec l'impérialisme et les deux guerres.

La vieille classe est encore toujours au pouvoir

Et vous ne voulez pas pour eux

Tirer les marrons du feu.

Nous bien comprenons ça.

Ça peut même être tout à fait juste.

Mais ça ne nous intéresse pas.

Et puis, c'est nettement politique

Et ici,les motifs de conscience seuls nous intéressent.

Sans doute,

Ça paraît certes très barbare,

Mais ce qui importe finalement de savoir,

C'est si vous pouvez tuer ou non.

Ici, chacun peut faire comme il l'entend

Dans le cadre de la constitution libéralo-démocratique, on se comprend.

 

Donc, reprenons encore

Vous ne faites pas partie d'une église,

Ni d'une secte reconnue.

Difficile de s'en passer pour les motifs de conscience.

Une fois, nous avons eu ici un artiste

Qui se disait bouddhiste,

Même que ce type était chauve ;

Ce gars s'en est tiré, c'était un futé.

Alors, faites attention !

Je vais examiner maintenant vos raisons :

Supposons que vous allez promener,

De nuit, dans un parc, avec votre amie

Tout à coup

Survient une horde de Russes

Armés et complètement soûls.

Halte... Disons plutôt des Américains, une bande

Ivres morts et armés, dans le parc, la nuit

Ils s'en prennent à votre amie

Vous avez votre fusil

Alors qu'est-ce que vous faites ?

Qu'est-ce que vous dites ?

Vous refusez cet exemple...

Pas pour moi, vous y allez un peu vite.

Ici, chacun peut faire comme il l'entend

Dans le cadre de la constitution libéralo-démocratique, on se comprend.

 

Bon, on laisse tomber

Cette histoire de soldats,

Les Russes et les Américains et aussi les Chinois ;

Des nègres, on n'en a même pas parlé.

Laissons tout cela de côté.

Prenons simplement deux criminels ordinaires,

Armés et bourrés à la bière.

Dans le parc, la nuit,

Ils s'en prennent à votre amie ;

Vous avez toujours votre flingue avec vous.

Alors que faites-vous ?

Ne nous dites pas maintenant

Que vous priez, que vous vous mettez à genoux ;

Vous n'arriverez à rien ainsi

Avec Marx et Engels et tout le saint tremblement.

Qu'est-ce ce que vous avez dit ?

Je parle tout le temps de politique.

Mais c'est vraiment comique,

J'imagine une circonstance

Taillée pour vous très exactement,

Je vous offre encore une chance,

Car finalement

Ici, chacun peut faire comme il l'entend

Dans le cadre de la constitution libéralo-démocratique, on se comprend

 

Bon, alors, on aimerait vraiment savoir ce que vous faites.

Donc encore une fois, on répète :

Deux mecs baraqués, de vraies armoires

Armés jusqu'aux dents et ivres, dans le parc la nuit.

Ils en veulent à votre amie

Et vous avez en main votre pétoire.

Alors qu'est-ce que vous faites ?

Qu'est-ce que vous dites ?

Vous les menacez de votre arme,

Vous êtes en autodéfense.

Pas de chance !

Vous êtes complètement à côté de la plaque,

Vous ne pouviez pas dire ça.

La bonne réponse, la voilà :

Je jette mon arme

Et ensuite, à ces messieurs, je demande

De bien vouloir cesser cet acte de violence.

Qu'est-ce que vous nous dites là ?

Comme soldat, vous ne serez jamais dans un pareil cas...

Reprenons encore une fois.

C'est quand même politique.

Ça n'a quand même rien à voir avec la morale ;

Oui, la Constitution, la Constitution, la Constitution

Vous invoquez tout le temps la Constitution.

Dites une fois,

Est-ce que vous n'êtes pas communiste ?

Ici, chacun peut faire comme il l'entend

 

Dans le cadre de la constitution libéralo-démocratique, on se comprend.

INTERROGATOIRE D'UN OBJECTEUR
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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 21:04

ITALIA LIBERA

 

 

Version française – ITALIA LIBERA – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Italia libera - Massimo Priviero – 2006

 

 

 

 

 

 

Je me demande, dit Lucien l'âne en relevant le front, je me demande, si c'est juste une coïncidence...

 

 

 

 

Quelle coïncidence ? Dis-moi, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I.

 

 

Et bien, la coïncidence entre le titre de la canzone et celui du journal « Italia Libera », dont Carlo Levi assuma la direction au sortir de la guerre ; quoditien où il succéda à Ferruccio Parri, appelé au poste de premier ministre. Un moment que Carlo Levi décrit dans L'Orologio, moment crucial dans l'histoire de l'Italie libérée, où elle faillit échapper aux forces qui dans les temps qui suivirent allaient l'étouffer... Elle aurait pu échapper au processus de désistance qui conduisit à tout ce que la chanson ici dénonce – cet effondrement moral et cette restauration, dont elle souffre encore aujourd'hui.

 

 

 

 

Ça m'intrigue, en effet, cette coïncidence. Mais il faut mettre en garde contre toute contrefaçon ou tout détournement ultérieur, qui auraient pu exister de ce titre "Italia libera".Enfin, en ce qui concerne le titre, peut-être, n'est ce qu'une coïncidence, mais il se fait qu'elle coïncide. Cela dit, la chanson est d'une virulente complexion et elle incite , comme précisément aurait pu le faire et l'a fait le mouvement antifasciste de la première heure « Giustizia e libertà », les gens d'Italie à se libérer du régime, à se libérer du système. Interprétée à la lumière de la Guerre de Cent Mille Ans, que les riches – au travers du « système », qui de toute évidence est le leur – font aux pauvres en vue de s'enrichir plus encore, d'en exprimer – comme on exprime le jus du citron – les profits et les bénéfices les plus grands, d'en tirer les richesses les plus larges, de renforcer leur domination..., cette chanson entend se placer dans le camp des pauvres.

 

 

 

 

Quoi qu'il en soit, coïncidence ou pas, reprenons notre tâche qui – mais il me semble que tu dois le savoir autant que moi – de tisser le linceul de ce vieux monde dont il convient de se libérer, c'est-à-dire de se débarrasser, de ce vieux monde dominateur, tricheur, conformiste, idiot, peuplé de parasites et cacochyme.

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Italie, libère-toi de ces mille faces vides
Libère-toi de ces temps, de ces lumières idiotes
Italie, libère-toi de ces bandits et des dieux
Libère-toi des saints, libère-toi des héros

 

Italia libera
Italia, Italia libera
Italia, Italia libera

 

 

 

Italie, libère-toi de nos camarades conformistes
Libère-toi des indifférents, des lèchebottes,
Italie, libère-toi des parasites qui ne contribuent pas
Libère du besoin celui qui a du mal à finir le mois

 

Italia libera
Italia, Italia libera
Italia, Italia libera

 

 

 

Libère ton âme de la barbarie
Libère ta route de l'insanité
Italie, libère-toi….

 

Italie, libère-toi, sous la pluie et sous le soleil
Libère tes gens, celui qui crie sans paroles
Italie, libère-toi de celui qui a perdu la mémoire
Libère-toi de celui qui aux marchés, a vendu ton histoire

 

Italia libera….
Italia, Italia libera
Italia, Italia libera

 

 

 

 

Je crie, je hurle
Italia, Italia libera
Italia, Italia libera

ITALIA LIBERA
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Marco Valdo M.I.
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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 20:15

Logique du Fromage

 

Canzone française – Logique du Fromage – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 97

An de Grass 98

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

Petite illustration :  http://www.youtube.com/watch?v=w9rlFRpefvA

Ah, Mesdames, voilà du bon fromage – 4 Barbus – 1958

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette Histoire d'Allemagne se déroule dans la soirée du 27 septembre 1998. C'est une soirée d'élections ; il s'agit de renouveler le Deutscher Bundestag au terme d'une campagne de plus de six mois et d'années de règne sans partage de la coalition noire. Le narrateur, qui dans le récit d'origine est Günter Grass, quelques amis et la famille se retrouvent autour des champignons de l'automne pour en découvrir le résultat. Ces lycoperdons, le patriarche écrivain est allé les cueillir ou plutôt, les couper très au ras de la terre, un à un dans les bois voisins ; on verra qu'il leur assigne un rôle mantique, un don de prédicteurs, qu'il en fait des sourciers électoraux, qu'il les dote d'une vision assez fantasmagorique. L'espoir du militant du SPD (Parti Socialiste Allemand) qu'est Günter Grass est de voir la coalition rouge l'emporter sur la coalition noire des chrétiens démocrates (CDU-CSU) et c'est ce qui va se passer... Entretemps, Ute, la femme de notre écrivain, a préparé quant à elle, une soupe aux lentilles censée apaiser les passions ou l'éventuelle déception de tout ce petit monde. Une histoire assez banale et finalement, trop terre à terre, d'une actualité insipide comme il nous en tombe tous les jours de tous les médias, bref un moment terne qu'il m'a fallu amadouer. Comment raconter une pareille histoire et en faire une chanson ? Tu comprends bien qu'il n'y a aucun intérêt à énumérer ici des résultats ou à ressembler à un bulletin d'information. Il s'agit aussi d'en faire une chanson...

 

 

J'imagine assez bien le dilemme, dit Lucien l'âne en compatissant de la tête et comme bien j'imagine, tu as donc eu recours à une approche amphibologique...

 

 

En quelque sorte, oui. J'ai fait un détour par le fromage et un syllogisme digne de la plus héroïque Helvétie. Et là déjà, je laisse planer le doute sur le fromage lui-même : Gruyère ou Emmental ? Je renvoie ainsi le lecteur à la question des trous, que les affineurs et non les souris font dans le fromage. Cette parabole des trous est elle-même emplie d'amphibologie et assez nébuleuse ; elle décrit assez bien le système politique ou son discours. D’autant, comme on le voit dans la chanson, d'autant qu'elle est racontée, serinée par un chat, dénommé Gribouille, personnage folklorique à l'instar de Guignol ou d'Uylenspiegel. Dans la tradition des personnages de caractère, Gribouille est ce jeune homme embrouillé, qui se jette à l'eau pour ne pas être mouillé. Et aussi, j'aime à le souligner, cette chanson se veut un souvenir de la chanteuse Gribouille qui s'était perdue dans les brumes du temps, peu avant mai 1968. Pour en revenir à la politique et à son insoutenable penchant à la propagande et à ses plis nationalistes, j'ai retrouvé une comptine enfantine appropriée où l'on retrouve la métaphore laitière, qui fleure bon le terroir. Elle fut en son temps chantée par les Quatre Barbus et est connue sous le titre : « Ah, Mesdames, voilà du bon fromage... »

 

 

 [http://www.youtube.com/watch?v=w9rlFRpefvA]

 

Ah, Mesdames, voilà du bon fromage!

Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !

Qui vient du pays de celui qui l'a fait

Il est du pays de celui qui l'a fait.

Celui qui l'a fait, il est de son village,

Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !

Voilà du bon fromage au lait :

Il est du pays de celui qui l'a fait.

 

Cette comptine, je l'ai un peu reprise de ma mémoire, un peu reconstituée à ma façon pour en faire une élucidation du nationalisme, incarné par le chœur des crémiers et une conclusion à ma chanson.

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, tu n'as pas à rougir de reprendre dans une chanson des bribes d'autres chansons, des couplets ou des refrains entiers au besoin. C'est selon ton goût. La chanson, c'est comme ça... Ce fut d'ailleurs comme ça de tous temps. Et de plus, c'est une manière de faire très appréciée... Notamment et précisément, car elle fait appel à la mémoire commune. Il existe d'ailleurs d'autres comptines où il est question de fromage et de souris et une sorte de sentence de ma grandmère disait : « Le crémier fait son beurre dans le fromage ». Ainsi, après cet intermède alimentaire et souricier, reprenons notre tâche et recommençons à tisser le linceul de ce vieux monde gras, mou, pâteux, puant (mais ma grandmère disait : Tant plus ça pue, tant plus c'est meilleur...), odoriférant et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Parlé :

 

Souvenez-vous

De la logique du fromage !

Plus il y a de fromage,

Plus il y a de trous;

Mais plus il y a de trous,

Moins il y a de fromage;

Alors, plus il y a de fromage,

Moins il y a de fromage.

Voilà pour le fromage.

 

 

Chœur des crémiers :

 

Ah, Mesdames, voilà du bon fromage!
Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !
Qui vient du pays de celui qui l'a fait
Celui qui l'a fait, il est de notre village,
Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !
Voilà du bon fromage au lait :
Il est du pays de celui qui l'a fait.

 

 

Gribouille chat bleu

Passablement heureux

Suit la confrontation

Des deux coalitions

La noire : loups noirs et chiens jaunes,

Oiseaux verts et poissons rouges : la rouge.

Il connaît les usages, il connaît les raisons

Il connaît son monde et ses passions.
Comme disaient les anciens

Dans les astres s'inscrit le destin

Gribouille recourt à sa lentille

Entre Ophiuchus et la Balance

Il interroge l'astéroïde

1998 QE2 Onze de magnitude

 

Parlé :

 

Souvenez-vous

De la logique du fromage !

Plus il y a de fromage,

Plus il y a de trous;

Mais plus il y a de trous,

Moins il y a de fromage;

Alors, plus il y a de fromage,

Moins il y a de fromage.

Voilà pour le fromage.

 

 

Chœur des crémiers :

 

Ah, Mesdames, voilà du bon fromage!
Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !
Qui vient du pays de celui qui l'a fait
Celui qui l'a fait, il est de notre village,
Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !
Voilà du bon fromage au lait :
Il est du pays de celui qui l'a fait.

 

 

Mais en ce début d'automne

Malgré un ciel monotone

La vesse de loup et le lycoperdon 

Minutieusement cueillis

Coupés ras sous le taillis

Que racontent-ils donc 

Au soir des élections ?

Quarante-sept vesses

Prophétiques champignons

Accommodés de savante façon

Firent une entrée triomphale

À la rouge et son champion

Ensuite, la soupe aux lentilles

Apaisa les émotions.

 

 

Parlé :

 

Souvenez-vous

De la logique du fromage !

Plus il y a de fromage,

Plus il y a de trous;

Mais plus il y a de trous,

Moins il y a de fromage;

Alors, plus il y a de fromage,

Moins il y a de fromage.

Voilà pour le fromage.

 

 

Chœur des crémiers :

(jusqu'à plus soif !)

 

Ah, Mesdames, voilà du bon fromage!
Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !
Qui vient du pays de celui qui l'a fait
Celui qui l'a fait, il est de notre village,
Ah, Mesdames, voilà du bon fromage !
Voilà du bon fromage au lait :
Il est du pays de celui qui l'a fait.

 

 
Logique du Fromage
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Marco Valdo M.I.
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 17:24

LE GAMBIT DU FOU

 

Version française – LE GAMBIT DU FOU – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il pazzo – La bottega di musica e parole – 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

Condamné à 100 ans de prison
Je vois monter à l'est une aube lointaine.
J'ai trouvé dix kilos de trinitrotoluène
Je vous ai fait sauter en manière de récréation
Je souriais à la vue de vos bras cassés
De vos jambes coupées, de vos poumons troués,
De vos visages brûlés, de vos cœurs détruits
De vos cerveaux qui n'avaient jamais servi…

 

Incapable de vouloir et de comprendre
Enfermé à l'asile à mon âge le plus tendre
J'ai souffert de vos camisoles de force
Des masques de plomb gendarmes de surveillance
Je pleurais dans ma petite chambre
Aux murs de gomme essayant de me défendre
Puis, est venu ensuite le drame
J'ai perdu le chant de maman, la pauvre femme

 

And on my fool’s electric chair I say you goodbye
E dalla mia sedia elettrica vi dico arrivederci
Et de ma chaise électrique, je vous dis adieu

 

Messieurs du pouvoir… corrompus
Juge sans loi… vendu
Avocat sans toge… comédien
Curé sans croix… Pharisien
Homme encapuchonné… assassin

 

 
LE GAMBIT DU FOU
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Marco Valdo M.I.
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 15:19

Victor

 

 

Chanson québécoise

Paroles et musique : Jean-François LESSARD – 2010

http://www.youtube.com/watch?v=UJeFpJdUHNU#t=12

 

 

 

 

 

 

 

 

Victor, elle s'intitule Victor, la chanson ?

 

 

 

Exactement. Et comme tu le vois à son auteur et son interprète – Jean-François Lessard, c'est une chanson québécoise. Avant d'aller plus avant en ce qui concerne la chanson elle-même, deux mots de la chanson québécoise en général et pour en dire ce que tu devines, à savoir qu'on n'en connaît pas grand chose de ce côté de la mer océane. Pour ajouter que ce n'est pas qu'on n'aimerait pas la connaître... Surtout celle d'aujourd'hui. Car pour celle d'hier ou d'avant-hier, elle a su trouver son chemin. Mais comment faire ?

 

 

Le mieux serait sans doute que l'un ou l’autre habitant du Québec fasse le relais auprès des CCG.

 

 

Bon... En attendant, je reviens à la chanson intitulée Victor et à ce qu'elle raconte. Elle raconte l'histoire de Victor Jara, Víctor Lidio Jara Martínez, assassiné comme bien d'autres par les militaires chiliens, dans le stade de Santiago suite au coup d'État du 11 septembre (9/11) ... 1973, fomenté et réussi à l'incitation et avec l'aide et l'appui des Zétazunis. Elle ira se mettre aux côtés des bien 30 chansons de Victor Jara et d'autant de chansons le concernant présentes dans les CCG [[http://www.antiwarsongs.org/do_search.php?lang=it&idartista=93&stesso=1]]. Comme dit Jean- François Lessard :

 

 

C'est pas une fable, c'est pas un conte

C'est une histoire pour mes enfants

Afin qu'ils sachent qu'un vrai héros

Ça peut n'avoir comme arme qu'un tour de chant

 

 

En effet, dit l'âne Lucien, la chanson est une arme – on le sait bien ici – et puis, nous elle nous aide à tisser le linceul de ce vieux monde rongé par l'ambition, le progrès, l'économie, les finances, le marché, tous animaux boulimiques, indécents, avides, moteurs de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d’asseoir leur domination, leur prospérité et leurs énormes fesses. Un si vieux monde tremblant, gâteux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Depuis qu'on laisse tomber la nuit

Sur nos cauchemars d'insomniaques

On trouve toujours des liturgies

Des Superman paradisiaques

 

Mais on parle rarement de ceux

Qui ont su faire de leur vivant

Trembler les riches trembler les dieux

Que sanctifie l'histoire des grands

 

Et quand ta voix de Santiago

Me chante les fantômes du Chili

C'est dans mes veines et dans mes os

Que je sens résonner leur vie

 

C'est pas une fable, c'est pas un conte

C'est une histoire pour mes enfants

Afin qu'ils sachent qu'un vrai héros

Ça peut n'avoir comme arme qu'un tour de chant

 

Un onze septembre que l'oncle Samedi

A oublié depuis longtemps

On t 'a menotté pour un drame

Blindé contre les sentiments

Car il y a les gens les ordinaires

Et tous les rêves qu'ils ont dans le cœur

Puis viennent l'argent els militaires

Et tout ce qu'ils ont de dictateurs

 

C'est pas une fable, c'est pas un conte

C'est une histoire pour mes enfants

Afin qu'ils sachent qu'un vrai héros

Ça peut n'avoir comme arme qu'un tour de chant

 

Ils t'ont installé dans un stade

Comme si c'était pour un spectacle

Devant tes six mille camarades

Le souffle court, prêts au massacre

 

On n'écrit pas tous bien notre vie

Et trop rarement devant la mort

Un refrain fut si bien choisi

Comme tu as su le faire Victor

 

 

Parlé :

 

« On a amené Victor au milieu du stade et on lui a ordonné de mettre les mains sur une table. Dans celles de l'officier, il y avait une hache. D'un coup sec, il a coupé les doigts de la main gauche, puis d'un autre coup, ceux de la main droite .Le corps de Victor s'est écroulé. Le hurlement des 6000 prisonniers a retenti dans le stade. L'officier s’est précipité sur lui en criant : « Chante maintenant pour ta puta madre » et il a continué à le rouer de coups. Tout d'un coup, Victor s'est levé et il s'est dirigé vers les gradins. Puis, on l'a entendu dire à la foule : « On va faire plaisir au commandante ». Levant ses mains dégoulinantes de sang, d'une voix brisée, il a commencé à chanter l'hymne de l'Unité populaire, que tout le monde a repris en chœur. C'en était trop pour les militaires ; on a tiré une rafale et Victor s'est lié en avant. D'autres rafales se sont fait entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec lui. Il y eut un véritable écroulement de corps tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait plus. Il était mort. » [ Extrait du texte original de Manuel Cabezas]

 

C'est pas une fable, c'est pas un conte

C'est une histoire pour mes enfants

Afin qu'ils sachent qu'un vrai héros

 

Ça peut n'avoir comme arme qu'un tour de chant

Victor
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Marco Valdo M.I.
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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 21:10

 

Monsieur le Président

 

 

Chanson québécoise

Paroles et musique : Jean-François LESSARD – 2013

http://www.youtube.com/watch?v=dYUXKbp-lpA

 

 

 

Où on voit que de l'autre côté de l'Atlantique, jusqu'au Québec, les choses sont très sensiblement les mêmes qu'ici. C'est matraques et compagnie.

 

Je n'arrête pas de le dire... La Guerre de Cent Mille Ans est universelle... Elle durera tant qu'il y aura des riches..., dit Lucien l'âne en inclinant sa vaste tête. Là comme ici, comme ailleurs, il convient de tisser le linceul de ce vieux monde matraqueur, laveur de cerveaux, mondain, pollué, cacocéphale et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Il y a une crise sociale dans ma tête

Je ne m'en débarrasserai pas

Et pour preuve qu'elle n'est que dans ma tête

Le Président dit qu'il n'y en a pas

 

Il y a de la pollution dans ma tête

Je ne m'en débarrasserai pas

Mais ce ne doit être que dans ma tête

Le Président ne s'en fait pas

 

Il y a des indigents dans ma tête

Je ne m'en débarrasserai pas

Je suis seul à subir leurs complaintes

Le Président ne les entend pas

 

Même si dans ma tête, ça fait mal

Je vous fais confiance Monsieur le Président

Car si mon cerveau est très sale

Vous me le lavez régulièrement

 

J'ai des idées noires dans ma tête

Des sans-papiers, des illégales

Monsieur le Président faites leur la fête

Je veux dans ma tête votre loi martiale

 

J'ai dans ma tête vos coups de matraque

Monsieur le Président vous êtes génial

Mon cœur a oublié son attaque

C'est pour mon bien que vous me faites mal

 

Même si dans ma tête, c'est lugubre

Je vous fais confiance, Monsieur le Président

Car si mon cerveau est insalubre

Vous me le lavez régulièrement

 

J'ai des maladies dans ma tête

Je rends sur moi, je ne m'en plains pas

C'est mon effort pour votre guerre

Contre ceux qui vivent sur les bras de l'État

 

Désormais, je vais plus travailler

Comme vous le voulez, Monsieur le Président

Fini de lire, vivre ou penser

Je suis bien assez intelligent

 

Mais dans ma tête, j'ai toujours très mal

Je vous fais confiance, Monsieur le Président

Car dans ma tête où j'ai très mal

Dans mon cerveau bien tranquillement

 

J'attends votre solution finale.

Monsieur le Président
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Marco Valdo M.I.
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