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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 22:06

LES MONSTRES DU DEDANS

 

 

Version française - LES MONSTRES DU DEDANS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – I mostri che abbiamo dentro – Giorgio Gaber – 2002

 

 

 

 

Les Monstres du dedans

Peinture de Jérôme Bosch

 

 

 

Ça fait un certain effet si nous ne comprenons

Pas d'où viennent nos réactions.
Et on vit sans savoir jamais
Celui qu'on est, au fond
Celui qu'on est.

 

Les monstres du dedans
Qui vivent dans chaque homme
Cachés dans l'inconscient
Sont une réminiscence atavique.

 

Les monstres du dedans
Vaguent dans chaque esprit
Ce sont nos instincts obscurs
Et inévitablement
Il faut en tenir compte.

 

Les monstres du dedans
Silencieux et insinuants
Sont les gènes égoïstes
Sans ménagement
Dominateurs et conquérants.

 

Les monstres du dedans
Nous poussent à la violence
Qui presque par symbiose
S'est accolée
À notre existence.

 

Notre vie civilisée
Notre idée de justice et d'égalité
La société
Sont menacées
Par ces monstres qui sont notre substance.

 

Nos monstres du dedans
Nos monstres du dedans.

 

Les monstres du dedans
Nous alanguissent
Face à cette chose
Qu'avec impudeur
Nous appelons amour.

 

Les monstres du dedans
Sont insatiables et funestes
Veulent le pouvoir à tout prix
Même celui qui le hait
Le hait par envie.

 

Les monstres du dedans
Nous inspirent le grand rêve
D'un Dieu juste et sévère
Avec le besoin sans répit
D'un Allah ou d'un Jésus Christ.

 

Les monstres du dedans
Nous inculquent des idées tordues
Et le goût sadique et morbide
Face aux images de mort.

 

Notre vie consciente
Notre foi dans le juste et dans le beau
Est un équilibre apparent
Qui est menacé
Par les monstres au dedans
De notre cerveau.

 

Les monstres du dedans
Croissent dans le monde entier
Les monstres du dedans
Sont en train de nous ravager.

 

 

Les monstres du dedans
Vivent dans chaque esprit
Naissent dans chaque terroir
Inévitablement.

LES MONSTRES DU DEDANS
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Marco Valdo M.I.
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 21:58

Les Pragois étaient allés

 

à Sankt Pauli

 

 

Canzone française – Les Pragois étaient allés à Sankt Pauli – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 100

An de Grass 03

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Soirée à Sankt Pauli

Vergnuegen auf St. Pauli, 1930. - Elfriede Lohse-Waechtler 

      

Comme celle de 1901, celle d'Else du Mont des Oliviers, cette Histoire d'Allemagne n'est pas à sa place chronologique. Et comme je l'ai déjà expliqué, si elle vient si tard, c'est qu'il y a presque trois ans maintenant, je ne savais pas trop comment l'assaisonner, comment faire une chanson avec une histoire comme celle-là. Mais avec le temps, finalement, je comprends mieux les choses ; surtout, celles qui ne sont pas explicitement dites.

 

 

Aide-moi un peu..., dit Lucien l'âne un peu éberlué. De quelles choses parles-tu ? Donne-moi un exemple...

 

 

Les Pragois, par exemple. Que viendraient faire des Pragois dans un match qui doit désigner le champion d'Allemagne ? La réponse est simple... Ce sont les Allemands de Prague. Les Allemands de Prague, tu imagines... On est en 1901... Prague dans le championnat d'Allemagne... On sait ce que ça donnera en 1939, cette idée de Prague en Allemagne... Encore une chance que ce soit Leipzig qui ait gagné... Imagine un instant... Prague, champion d'Allemagne... Quelle ironie ! Une autre indication concernant l'équipe de Leipzig, cette fois... C'est un joueur Polonais naturalisé allemand, le dénommé Stany – dans la chanson et sur le terrain et de son nom civil : Bruno Stanischewski... qui va conduire l'équipe à la victoire. On en verra aussi bien d'autres des Polonais d'origine être naturalisés après 1939... Ainsi, tu peux voir que les phrases et les histoires ne sont pas aussi innocentes qu'elles en ont l'air.

 

 

On dirait même parfois qu'elles font de la prémonition, dit Lucien Lane en clignant malignement de l’œil gauche.

 

 

J'irais jusqu'à dire de la prédiction créatrice. Et dans le fond, ce n'est pas si faux... Les mots, les histoires construisent le monde ou en tous cas, participent de la création du monde ou autrement dit, interfèrent dans l'histoire. D'ailleurs, le mot histoire lui-même, tel que je viens de l'utiliser, est actuellement un mot suspect ; c'est un mot qui déplaît, c'est un mot tabou. Car en parlant d'histoire, je fais deux choses : j'inscris ma chanson dans un monde de la durée, un monde qui s'échappe de l’instantané, de l'événementiel, de l'immédiateté, du superficiel et j'entame une réflexion, je remets en action la pensée comme mode d'organisation du monde – la pensée et pas la hasardeuse main invisible si chère aux économistes. Le mot « histoire » est aussi suspect car il a un sens et ce sens de l'histoire – à la fois, direction et signification, ce sens de l'histoire renvoie à ce qui se passe dans la durée, à voir ce qui déchire le monde dans la durée, à voir que la guerre n'est pas un processus accidentel, mais un élément constitutif de notre monde, de celui dans lequel actuellement nous vivons ; en bref, il renvoie à la Guerre de Cent Mille Ans, cette guerre que les riches font aux pauvres pour imposer leur pouvoir, pour instaurer leur domination, pour assurer leurs privilèges, pour accroître encore et toujours leurs richesses. Et à partir de là, la pensée se met à gamberger, elle gagne sa liberté, elle échappe aux contrôles, elle se refuse à la domestication et elle se met à penser le monde, à y introduire de la conscience, à y voir ce qui s'y fait et à dire ce qui ne se fait pas. À partir de là, elle entre en résistance...

 

 

Ora e sempre : Resistenza ! , dit Lucien l'âne. Mais pour en revenir à la canzone, il me semble que tu avais déjà raconté des matchs de football...

 

 

En effet et si je me souviens bien, il y en a déjà eu trois... Il y eut dans l'ordre chronologique : Bottines et gros souliers (vers 1912) [[11143]], Le Pied d'Ivan (1942) [[40978]] et Le Miracle de Berne (1954) [[39654]].

 

 

Alors, si tu le veux bien, passons à la chanson et puis, nous reprendrons notre tâche et ensemble, tels des canuts d'aujourd'hui, nous tisserons le linceul de ce vieux monde volatil, superficiel, concurrentiel, hasardeux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Après notre sept à deux, on a dit

Les Pragois étaient allés à Sankt Pauli

La veille du match, tard dans la nuit

Passer du bon temps avec les filles

C'est une légende, c'est un bruit

 

Ce qui est sûr, c'est que nous

À dix-sept, dans le train de nuit

Depuis Leipzig et pas en wagon-lits,

Tous en troisième classe, qu'on était nous.

 

Pour la finale, sur le terrain d'Altona

Nos onze joueurs étaient là en rang d'oignon

Et même l'arbitre et les onze Pragois,

Deux mille spectateurs et pas de ballon.

 

Les Pragois ne rigolaient pas

Le public et nous, on riait gaiement

L'arbitre, un joueur d'Altona

Regardait sa montre pour passer le temps

 

Enfin, le ballon arriva

Le soleil et le vent du côté des Pragois

Grâce à quoi, Meyer mit le premier but

Friedrich mit, pour nous, le deuxième but

 

À la mi-temps, on en était toujours là.

Ensuite, le vent changea

Bref, avec Stany et Riso, le festival

Nous mena au premier titre national

 

L’arbitre qui s'y connaissait

Impartial concluait

Par écrit et de sa main
Les meilleurs ont gagné, à la fin.

 

Après notre sept à deux, on a dit

Les Pragois étaient allés à Sankt Pauli

La veille du match, tard dans la nuit

Passer du bon temps avec les filles

C'est une légende, c'est un bruit

 

L’arbitre qui s'y connaissait

Impartial concluait

Par écrit et de sa main
Les meilleurs ont gagné, à la fin.

 

 
Les Pragois étaient allés  à Sankt Pauli
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Marco Valdo M.I.
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 18:16

ILS TE VOLERONT À NOUS COMME UN ÉPI

 

 

 

 

Version française – ILS TE VOLERONT À NOUS COMME UN ÉPI – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Ti rubarono a noi come una spiga – Rocco Scotellaro – 1945 (?)

Poème de Rocco Scotellaro, du recueil de poésie “È fatto giorno. 1940-1953” publié juste après sa disparition prématurée.
Musique d'Ambrogio Sparagna, de son disque intitulé « Passaggio alla città. » « Musique et chants pour Rocco Scotellaro »

 

 

Veillée de Rocco Scotellaro - Tableau de Carlo Levi

 

 

 

 

Poésie écrite par le grand poète de la Basilicate pour la mort d'un ami tué pendant des mouvements des paysans pour l'occupation de terres. Malheureusement je n'ai pas trouvé de repères historiques plus précis.

 

 

 

Mon cher ami Lucien l'âne, je te suggère d'aller regarder le petit film sur Rocco Scotellaro, dont voici l'adresse : http://www.youtube.com/watch?v=XV5aCE98a34 .

 

 

Par ailleurs, j'en suis à me demander si ce n'est pas toi l'âne qu'on voit sur certaine photo de Rocco en grande conversation avec lui , qui illustrait la chanson que tu avais traduite sous le titre : « Nous ne nous baignerons pas » .


 

 

Lucien et Rocco

 

Mais bien évidemment que si... Et pour une fois qu'on a une photo qui prouve mes assertions, il me plaît bien qu'on la publie ici. D'ailleurs, tu connais ma proximité mentale avec lui – siamo tutti i due somari. Voilà qui est dit, mais parle-moi de la canzone...

 

 

Comme tu le verras, elle s'inscrit, cette canzone dans la longue et douloureuse tradition paysanne des lamentations, qui sont des monologues « in memoriam » d'un disparu. Le but étant de fixer en quelque sorte sa mémoire et souvent de raconter son agonie. C'est, je te l'accorde, aussi un peu de la conjuration ; manière de faire le deuil. Car, vous les ânes, de la mort, vous vous en moquez bien. Et singulièrement toi qui est là depuis plusieurs milliers (nul, à part toi, ne sait combien d'ailleurs) d'années. Mais les humains sont d'une espèce plus sensible et plus craintive ; non seulement, ils craignent la mort – la leur, mais en outre, ils se lamentent de la mort de leurs proches. Ce n'est évidemment pas mon cas, car comme toi, je sais que la mort n'est rien qui puisse m'importuner, une fois accomplie ; et elle n'est rien non plus avant de s'accomplir. La seule chose qui existe réellement, c'est la vie. Ceci est rationnel et vaut pour tout un chacun, les autres ânes compris. De cela, il découle aussi qu'il n'y a pas lieu de craindre la mort ; ni la sienne, ni celle d'autrui... Sauf peut-être pour ce qui est des complications terrestres qui vont en découler, mais ce sont des difficultés ordinaires de l'existence qui ne lui sont pas spécifiques. Quant à se lamenter pour le mort... Pratiquement, cela n'a aucun sens pour lui ; c'est pourtant le sens apparent de la chanson, de celle-ci comme de beaucoup d'autres... Mais comme pour toutes ces chansons, le mort, la mort parle de la vie et s'adresse aux vivants.

 

 

 

À qui d'autre, pourrait-elle bien le faire ?, demande Lucien l'âne en ouvrant des yeux pleins d'étoiles et grands comme une galaxie.

 

 

 

 

 

 

Et donc, le sens réel de la chanson, c'est bien le message aux autres vivants. On raconte le mort, comme on raconterait d'un vivant ; d'ailleurs, il faut bien le faire revivre (c'est le cas ici) afin qu'il puisse dire ce qu'il aurait – imaginairement – dit, s'il avait pu... Le mort se soucie du vivant. Comme le gendarme de Vialatte ; celui-là même qui s'était pendu dans sa cuisine et avait laissé un mot sur la table dans lequel il disait : « Il y a de la soupe dans l'armoire ; ne la jetez pas ; elle est encore bonne. »

 

 

 

 

 

 

Oui, je me souviens du gendarme de Vialatte et de sa soupe. Cela dit, reprenons notre tâche et tissons ensemble, avec Rocco et ses frères, le linceul de ce vieux monde mortifère, lamentable, irrationnel, superstitieux, crédule, croyant et cacochyme.

 

 

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour un jeune ami assassiné

 

 

 

Il vit la mort des yeux et dit :
Ne me laissez pas mourir
La tête sur la rive
De la digue blanche.
Il n'y passe que des cars rapides
Des trains lents et longs
Et des camions pleins de charbon.

Ne me laissez pas avec ma tête posée
Sur la digue à la faux taillée.
Ne m'abandonnez pas la nuit
Avec une couverture sur les yeux
Entre deux carabiniers
Qui montent la garde.

 

Je ne sais qui m'a tué
Ramenez-moi chez moi,
Les paysans comme moi
Se fondent dans le tas
Portez-moi sur le lit
Où est morte ma mère.

 

Ou venez ici danser autour de moi
Et sucer une goutte de mon sang
Il vous fera m'oublier.
C'est long d'attendre l'aube et la loi
Demain même le troupeau
Fuira ce pré détrempé.

 

Et ma tête vous la verrez, pierre,
Rouler dans les nuits
Là-bas dans les maquis.
Ainsi la mort nous fait ennemis !
Comme une faux fauche net !
(Quel mal vous ai-je fait ?)
Nous nous échangerons nos peurs.

 

 

Dans le temps où le grain mûrit
Au bruissement de ces branches
Nous aurions chanté ensemble mes amis.
Et mon vieux père
Ne va-t-il pas se tailler les veines
À faucher tout seul
Les champs d'avoine ?

ILS TE VOLERONT À NOUS COMME UN ÉPI
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Marco Valdo M.I.
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:08

LA BALLADE DU FACTEUR WILLIAM L. MOORE DE BALTIMORE, QUI EN 1963 S'EN ALLA SEUL DANS LES ÉTATS DU SUD. IL PROTESTAIT CONTRE LA PERSÉCUTION DES NOIRS. IL FUT TUÉ AU BOUT D'UNE SEMAINE. TROIS BALLES AVAIENT TROUVÉ SON FRONT.

 

 

 

Version française – LA BALLADE DU FACTEUR WILLIAM L. MOORE DE BALTIMORE, QUI EN 1963 S'EN ALLA SEUL DANS LES ÉTATS DU SUD. IL PROTESTAIT CONTRE LA PERSÉCUTION DES NOIRS. IL FUT TUÉ AU BOUT D'UNE SEMAINE. TROIS BALLES AVAIENT TROUVÉ SON FRONT – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne « BALLATA DEL POSTINO WILLIAM L. MOORE DI BALTIMORA, CHE NELL'ANNO '63 GIRAVA DA SOLO PER GLI STATI DEL SUDO. PROTESTAVA CONTRO LA PERSECUZIONE RAZZIALE. FU AMMAZZATO DOPO UNA SETTIMANA CON DUE PALLOTTOLE IN FRONTE. » de Riccardo Venturi

d'une chanson allemande – Die Ballade von dem Briefträger William L. Moore aus Baltimore, der im Jahre 63 allein in die Südstaaten wanderte. Er protestierte gegen die Verfolgung der Neger. Er wurde erschossen nach einer Woche. Drei Kugeln trafen seine Stirn. – Wolf Biermann – 1965

 

 

 

 

 

 

 

http://www.baltimoresun.com/news/maryland/bal-slaying-of-baltimore-civil-rights-protestor-still-unsolved-20130531,0,4593462.htmlstory

 

 

Dimanche

Ce dimanche-là, William L. Moore
Se reposait de son labeur.
C'était un pauvre facteur
Il habitait à Baltimore

 

 

Lundi

 

Le lundi, c'était à Baltimore,
Bill dit à sa femme :
« Je ne veux plus être facteur encore,
Je m'en vais dans le Sud – faire un voyage.
Noirs et blancs, unis ! Unis !
Il avait écrit sur sa pancarte
Blancs et noirs, bas les barrières !
Et tout seul, il partit.

 

 

Mardi

 

Le mardi, dans le train

Plus d'un demanda à William L. Moore
Ce que signifiait l'écriteau qu'il portait à la main,
Et chacun lui donnait la bonne chance pour son parcours.
Noirs et blancs, unis ! Unis !
Il avait écrit sur sa pancarte
Blancs et noirs, bas les barrières !
Et tout seul, il était parti.

 

 

Mercredi

 

Le mercredi en Alabama
Il marcha sur le macadam

Longue était la route de Birmingham,

Et ses pieds entravaient son pas
Noirs et blancs, unis ! Unis !
Il avait écrit sur sa pancarte
Blancs et noirs, barrières bas!
Et tout seul, il était parti.

 

 

Jeudi

 

Le jeudi, un shérif l'arrêta sur le trottoir
Il lui dit : « Mais tu es un blanc ! »
Et dit encore « Qu'as-tu à faire des Noirs ?
Mon gars, réfléchis convenablement ! »
Noirs et blancs, unis ! Unis !
Il avait écrit sur sa pancarte
Blancs et noirs, bas les barrières !
Et tout seul, il partit.

 

 

Vendredi

 

Le vendredi, un chien, courut après lui
Il devint son meilleur ami.
Mais dès le soir, on jeta des pierres sur eux
Alors, ils sont partis plus loin, à deux.
Noirs et blancs, unis ! Unis !
Il avait écrit sur sa pancarte
Blancs et noirs, bas les barrières !
Et tout seul, il était parti.

 

 

Samedi

 

Le samedi fut chaud à mourir,
Une femme blanche est venue
Lui donner à boire, et en secret lui dire :
« Vous m'avez convaincue ! »
Noirs et blancs, unis ! Unis !
Il avait écrit sur sa pancarte
Blancs et noirs, bas les barrières !
Et tout seul, il partit.

 

 

Dernier jour

 

Le dimanche, un beau jour d'été bleu,
On l'a trouvé dans l'herbe verte -
Trois œillets rouge sang avaient mis le feu
À son front soudain livide.
Noirs et blancs, unis ! Unis !
Il avait écrit sur sa pancarte
Blancs et noirs, bas les barrières !
Et tout seul, il partit.

 

Mort tout seul
Il n'est plus seul.

LA BALLADE DU FACTEUR WILLIAM L. MOORE DE BALTIMORE
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Marco Valdo M.I.
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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 22:38

Else du Mont des Oliviers

 

 

Canzone française – Else du Mont des Oliviers – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 99

An de Grass 01

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

 

 

Cette Histoire d'Allemagne n'est pas à sa place chronologique ; d'ailleurs, elle n'est pas la seule. Et ceci tient au fait que mon inexpérience et mon ignorance des débuts se sont progressivement estompées au fur et à mesure que j'actionnais le kaléidoscope de Günter Grass et que je découvrais les Histoires d'Allemagne. J'en ai appris des choses et j'en ai croisé des narrateurs et des narratrices. En voici une encore... Et comme je te l'ai dit, j'aurais dû la faire paraître bien plus tôt... Mais avec elle – je veux dire Else Lasker-Schüler, il y a de quoi s'y perdre dans les méandres des calendriers. Car la chose est sûre et éclatante, cette femme est un phénomène, à elle seule, un personnage des plus surprenants. Née il y a presque cent cinquante ans le long de la Wupper, ce qui en soi n'est pas un exploit, certes, l'enfant prodige qu'elle fut grandit à Wuppertal – la chose a son importance, vu que la canzone a comme un de ses points de repère, l'inauguration du train suspendu de Wuppertal en 1901.

 

« À la naissance du monstre de la Wupper

Quand le dragon courut sur le fer

Dans les fracas du tonnerre ».

 

Else Lasker-Schüler fit sa renommée comme poétesse dès le début du siècle ; elle dut fuir l'Allemagne dès avril 1933 et elle finit sa vie en Palestine au début 1945. C'est elle qui envoie des cartes postales de Jérusalem à un de ses anciens amants, le poète Gottfried Benn, qui réside à ce moment, croit-elle, dans ce qui reste de Berlin ; elles ne le joindront jamais.

 

 

C'est assez étrange, je trouve, ce nom d'« Else du Mont des Oliviers » que tu lui as donné...

 

 

Mais, Lucien l'âne mon ami, c'est tout simplement là qu'elle est enterrée et, là qu'elle se trouve après avoir franchi la Wupper, alias le Styx des anciens. Par parenthèse, son premier recueil de poésie est précisément intitulé « Styx ». Mais pour en revenir à la canzone, je te signale que le serment auquel il est fait allusion est doublement significatif, amphibologique, en quelque sorte, puisqu'il s'agit venant de ce Doktor Benn, lui-même poète allemand renommé, en raison même du fait qu'il a signé le Gelöbnis treuester Gefolgschaft – serment de très fidèle obédience au führer – dès mai 1933, a ipso facto rompu l'amoureux serment. En clair, Benn en devenant nazi trahi en même temps son amie juive déjà exilée...

 

 

Et cette histoire de barbichette ? De quoi s'agit-il ? Que vient-elle faire là ? Car moi, je la connais bien cette comptine..., dit Lucien l'âne en la fredonnant.

Je te tiens,

Tu me tiens

Par la barbichette

Le premier qui rira

Aura une tapette

Au bout de trois

Un, deux, trois.

 

 

Mais, Lucien l'âne mon ami, c'est tout simple. C'est en effet une vieille comptine enfantine française (et tu sais combien j'aime les comptines et surtout aussi, combien les comptines ou d'autres chansons qui me trottent en tête me sont de précieux auxiliaires et m'aident à trouver un rythme, une manière d'amorcer... Bref, elles mettent en branle mon imagination), et c'en est le texte d'origine, mais tu vois bien qu'elle est précédée d'un distique que tu n'as pas chanté :

 

« Celui qui cherche trouvera

Celui qui trouve rira. »

Il s'agit de savoir qui rira le dernier... Maintenant les cartes postales de Jérusalem viennent après bien longtemps et même si elles avaient retrouvé leur destinataire dans les ruines du nazisme, bien longtemps aussi après la séparation et la trahison, elles l'auraient – et c'était leur but – mis face à sa conscience, elles l'auraient mis en accusation face à lui-même.

 

 

Mais, dit Lucien l'âne en redressant ses oreilles pour attirer l'attention, celui qu'on met ainsi face à son propre arbitre, face à sa « décence commune », s'il a vraiment trahi, s'il a donc eu une attitude indécente, que peut-il bien avoir à faire de ce rappel des faits et de cette interpellation... Il ne faut pas en attendre quelque regret, quelqu'embarras que ce soit... Un escroc, un tricheur, un menteur, un traître ne peut exister s'il s'arrête à des considérations éthiques ou morales.

 

 

Tu as raison, Lucien l'âne mon ami, il peut s'en taper complètement, il peut même réfuter les faits qu'il a vécus et même, contre l'évidence de sa propre mémoire, il peut aussi réécrire l'histoire. Mais le but n'est pas qu'il s'amende, ni même de l'effrayer... En fait, cela n'a aucune importance ; en fait, il n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est que cela soit dit et qu'il sache que cela est dit, finalement, là aussi, peu importe. Et dans le cas qui nous occupe, que cela soit dit pour l'éternité. Je te précise qu'Else envoie ces cartes en 1945 et qu'elle meurt le 22 janvier de cette année-là. Donc, Else, juste avant d'aller se réfugier dans le Mont des Oliviers, de devenir Else du Mont des Oliviers, envoie les trois cartes au Doktor Benn. C'est en quelque sorte, le mot de la fin ; sans doute, voulait-elle avoir le dernier mot. J'arrête ici, sinon le rébus ne sera plus un rébus et la canzone perdra de son mystère et de sa capacité à faire gambader l'esprit.

 

 

Ainsi donc, nous n'irons pas plus loin et je chercherai à élucider ce qui est caché. En attendant, il nous faut reprendre notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde empli de trahisons, de fureurs, de terreurs et de bruits et décidément, cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Un, deux, trois

Celui qui cherche trouvera

Celui qui trouve rira

Je te tiens,

Tu me tiens

Par la barbichette

Le premier qui rira

Aura une tapette

Au bout de trois

Un, deux, trois.

 

Une, deux, trois

Moi, Else du Mont des Oliviers

Trois cartes j'envoie

Un ensemble bien ficelé

Saint Sépulcre, Mosquée et Lamentations

En 1945, de Jérusalem

À Berlin, au Docteur Benn

Dans les décombres et lamentations

Elles ne le trouvent pas

Le Docteur Benn n'est plus là

Plus tard, il mourra

 

Un, deux, trois

Celui qui cherche trouvera

Celui qui trouve rira

Je te tiens,

Tu me tiens

Par la barbichette

Le premier qui rira

Aura une tapette

Au bout de trois

Un, deux, trois.

 

Tu as signé le serment

Tu m'as trahie,

Moi, ton Else, ta grande amie

Ah ! Tu m'aimais si délicieusement

À la naissance du monstre de la Wupper

Quand le dragon courut sur le fer

Dans les fracas du tonnerre

Écoute mon piano bleu désespéré

Ce cygne noir sur la Wupper vient te chercher

 

Un, deux, trois

Celui qui cherche trouvera

Celui qui trouve rira

Je te tiens,

Tu me tiens

Par la barbichette

Le premier qui rira

Aura une tapette

Au bout de trois

Un, deux, trois.

 

Quand même, tu n'aurais pas dû

Oh ! Spécialiste des maladies vénériennes

T'acoquiner aux gloires hitlériennes

Ces gens-là t'ont fait cocu

Comme ensuite, tu l'as vu

Ah, Aimé de Dieu et de ton Else in illo tempore

Ah, Gottfried, viens m'embrasser !

Ah ! Je t'attends ! Mon Giselher !

De l'autre côté de la noire Wupper.

 

Un, deux, trois

Celui qui cherche trouvera

Celui qui trouve rira

Je te tiens,

Tu me tiens

Par la barbichette

Le premier qui rira

Aura une tapette

Au bout de trois

 

Un, deux, trois.

Else du Mont des Oliviers
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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 18:51

DERNIER DES MOHICANS

 

Version française – DERNIER DES MOHICANS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Ultimo mohicano - Gianfranco Manfredi – 1977

Paroles et musique de Gianfranco Manfredi
Du disque intitulé “
Zombie di tutto il mondo unitevi” (Zombies de tous les pays, unissez-vous!)

 

 

 

 

 

 

 

Dernier des Mohicans
Un pavé à la main
Seul ici dans la rue
Et la barricade
Où l'ont-ils emmenée ?
Il n'y en a plus.

 

Dernier des Mohicans
Un pavé à la main
Il n'y a plus de police
À qui je le jette, alors ?
Je vais faire un tour,
J'entre au café.

 

Appuyé au comptoir, je bois un thé avec le balayeur
Il me demande si la commune le payera

Je ne sais que dire, mon ami, jouons un peu

Un jour peut-être cette rue

Sera sale comme avant, quand...

 

Dernier des Mohicans
Un verre à la main
Ils m'ont laissé ici

Peut-être qu'ils reviendront

Cette année peut-être ou alors...

Ceux comme moi.

 

Dernier des Mohicans

Je fais un peu de fumée

Le signal monte

Monte dans la nuit

Cherche les marmottes

 

Ici, on ne s'éveille plus.

DERNIER DES MOHICANS
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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 18:56

MAIS QUI A DIT QU’ELLE

 

N'EXISTE PAS

 

Version française - MAIS QUI A DIT QU’ELLE N'EXISTE PAS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Ma chi ha detto che non c'è – Gianfranco Manfredi – 1976


Texte et musique de Gianfranco Manfredi
Album :Ma non è una malattia (Ce n'est pas une maladie)

 

 

 

 

Cette fois, mais c'est souvent le cas, je t'apporte une chanson à haute teneur poétique, une chanson de haute intensité mentale, une chanson qui parle au cœur et à l'esprit.

 

 

Je me réjouis déjà de te l'entendre dire, Marco Valdo M.I. mon ami, dit l'âne Lucien en souriant. C'est toujours un plaisir de découvrir une nouvelle chanson et ce plaisir se multiplie dans son attente de ce que tu m'annonces là. Mais, dis-moi vite ce qu'elle raconte cette chanson, de quoi elle parle, qui l'a écrite... Enfin, tout ce qu'il te plaira de raconter...

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, j'aime beaucoup que tu aimes ce que je te mitonne et aussi que tu réagisses avec tant enthousiasme à mes annonces. Et puis, tu fais bien de poser toutes ces questions, car en effet, l'intérêt d'une chanson tient à ce qu'elle raconte, à l'auteur, à la façon dont elle raconte les choses, d'où elle vient...

 

 

D'abord l'auteur, si tu veux bien.

 

 

En deux mots, Gianfranco Manfredi est né à la moitié du siècle dernier et avait vingt ans en 1968 – ce qui le situe déjà assez bien. Ses parents enseignaient la musique. Lui a fait des études de philosophie dans des années assez agitées en des temps où les intellectuels ne trahissaient pas tous, ne s'alignaient pas tous systématiquement du côté des riches et des puissants.

 

 

Je vois, je vois, dit Lucien l'âne en avançant un sabot noir comme la nuit sans lune. Par parenthèse, ce mal (la trahison des clercs) a été récemment analysé et dénoncé par Andrea Camilleri qui disait, c'était au début novembre : « La mauvaise santé de l'Italie aujourd'hui est due aussi à cette sorte de mélasse dans laquelle tous se roulent et à la conformisation qui en découle. Un jeune intellectuel qui commence à émerger aujourd'hui, n'émerge pas car il représente une voix hors chœur mais précisément car il sait incarner mieux que tout autre, un désir dominant de non-engagement, de non participation... » et il conclut : « Mais je dois le dire avec beaucoup de déplaisir – les intellectuels d'aujourd'hui n'ont même pas conscience de leur trahison ». Pour le reste, je te renvoie à son récent article « Alla ricerca dell’impegno perduto », titre proustien s'il en est. [http://temi.repubblica.it/micromega-online/camilleri-alla-ricerca-dellimpegno-perduto/]

 

 

De fait, ce mal est pernicieux et frappe de stupeur – à quelques rares exceptions – les intellectuels dans toute l'Europe, sinon dans le monde. La trahison des clercs est universelle. En fait, ce sont les courtisans du système. Ils en recueillent avec componction les prébendes. Mais, assez causé de cela. J'en viens à la chanson... De qui, de quoi parle-t-elle ? Du moins, la version que j'en ai tirée. Mais d'abord, il convient de préciser son titre : « MAIS QUI A DIT QU’ELLE N'EXISTE PAS », qui, tu en conviendras, est assez énigmatique. Laissons de côté tout le reste et voyons l'essentiel, à savoir qui est cette « elle », dont certains disent qu'« elle n'existe pas ». Je vois deux hypothèses... Ce peut être soit la liberté, soit la révolution ; mais j'imagine mieux la chose avec l'une englobant l'autre ou alors, les deux ensemble. Il y a quand même un indice : la taupe.

 

 

Mais que vient donc faire une taupe dans cette histoire ? D'où sort-elle celle-là ? Que peut-elle bien signifier ?, dit Lucien l'âne en fronçant les sourcils et en ramenant ainsi ses oreilles vers l'avant esquissant ainsi une jolie grimace.

 

Je te raconte vite cette histoire de taupe et tu verras en effet qu'elle n'est si anodine. Ainsi, la première apparition de la taupe remonte à Shakespeare et à la réponse qu'Hamlet fait au spectre de son père qui remue la terre de sa tombe...

 

Et rappelle-moi ce que dit Hamlet..., dit l'âne Lucien vivement intéressé.

 

Je te cite la traduction française : « Bien dit, vieille taupe ! Peux-tu donc travailler si vite sous terre ?. L'excellent pionnier ! ». Et bien des années plus tard, nouvelle apparition de la même taupe chez le philosophe allemand Hegel, que je te cite :

e te cite la traduction française : « Bien dit, vieille taupe ! Peux-tu donc travailler si vite sous terre ?. L'excellent pionnier ! ». Et bien des années plus tard, nouvelle apparition de la même taupe chez le philosophe allemand Hegel, que je te cite : « Il arrive souvent que l'esprit s'oublie, se perde... comme dit Hamlet de l'esprit de son père : "Bien travaillé, vieille taupe !" - jusqu'à ce qu'il trovue en lui-même assez de force pour soulever la croûte terrestre qui le sépare du soleil...L'édifice sans âme, vermoulu, s'écroule et l'esprit se montre sous la forme d'une nouvelle jeunesse."

 

 

Ah, dit Lucien l'âne, voilà qui est intéressant. Mais ce serait donc l'esprit et non la liberté ou la révolution...

 

 

Attends la suite avant de te prononcer, car la voici revenue notre taupe dans le discours de Karl Marx et là, il s'agit de la révolution : « Nous reconnaissons notre vieille amie, notre vieille taupe qui sait si bien travailler sous terre pour apparaître brusquement… » et enfin, j'ai encore repéré sa trace chez Rosa Luxemburg, qui disait : « vieille taupe, tu as fait du bon travail ! ... Impérialisme ou socialisme. Guerre ou révolution, il n'y a pas d'autre alternative ! »
Dès lors, la présence de la taupe, comme tu le vois, impose inévitablement l'idée de révolution. Enfin, liberté ou révolution se confondent finalement, vues de ce côté-ci de la barrière – je veux dire du côté où se situent la chanson, Gianfranco Manfredi, Andrea Camilleri et toi et moi et des millions d'autres... dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leur domination, de renforcer l'exploitation, d'étendre leurs possessions, de multiplier leurs profits, de protéger leurs privilèges, de magnifier leurs richesses.

 

Alors, bienvenue à cette chanson, un « poing levé » (en italien : « pugno chiuso ») à son auteur et à tous ceux de ce côté de la barrière et reprenons notre tâche de « taupes », creusons le tombeau de ce vieux système (comme disait Hamlet : « Notre époque est détraquée. Maudite fatalité... ») et tissons le linceul de ce vieux monde marchand, étouffant, conformiste, ennuyeux, mensonger et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

On la trouve dans le fond de tes yeux

À la pointe de tes lèvres

On la trouve dans ton corps réveillé

La fin du péché

La courbe de tes flancs

La chaleur de ton sein

Au plus profond de ton ventre

Dans l'attente du matin

 

On la trouve dans le rêve réalisé

On la trouve dans le pistolet-mitrailleur poli

Dans la joie, dans la rage

La destruction de la cage

La mort de l'école

Le refus du travail

L'usine déserte

Ta maison sans porte

 

On la trouve dans l'imagination

La musique sur l'herbe

On la trouve dans la provocation

Le travail de la taupe

L'histoire du futur

Le présent sans histoire

Les moments d'ivresse

Les instants de mémoire

 

On la trouve dans le noir de la peau

Dans la fête collective

Elle emporte la marchandise

Elle te prend la main

Elle incendie Milan

Elle lance les pavés

Les pierres sur les blindés

Elle cogne sur les fascistes

On la trouve dans les rêves des voyous

Dans les jeux des enfants

La connaissance du corps

L'orgasme de l'esprit

L'envie dévorante

Le discours transparent.

 

Qui a dit qu'elle n'existe pas

Qui a dit qu'elle n'existe pas

 

On la trouve dans le fond de tes yeux

À la pointe des lèvres

On la trouve dans le pistolet-mitrailleur poli

Dans la fin de l'État

 

Elle existe, elle existe. Oui qu’elle existe.

 

Mais qui a dit qu'elle n'existe pas...

MAIS QUI A DIT QU’ELLE  N'EXISTE PAS
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Marco Valdo M.I.
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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 18:32

QUE SONT LES OUVRIERS

 

DEVENUS ?

 

 

Version française - QUE SONT LES OUVRIERS DEVENUS ? – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Che fine han fatto gli operai? - Gianfranco Manfredi – 1993


Texte et Musique de Gianfranco Manfredi
Album: In paradiso fa troppo caldo (Il fait trop chaud au paradis)

 

 

 

 

 

 

Maintenant, on en vient à se demander, comme le faisait déjà il y a vingt ans Gianfranco Manfredi, que sont devenus les ouvriers ?

 

 

 

Que sont les ouvriers devenus ? Depuis peu, on n'en parle presque plus

Il reste un petit souvenir, si, si, ils étaient habillés de bleu...

Qui a jamais vu les ouvriers à la Fininvest, à la Rai...

 

Que sont les ouvriers devenus ? Ont-ils jamais existé pour de vrai ?

Quelqu'un dit qu'il les a vus dans les usines du ciel

Walesa y a foutu le bordel et le Pape se demande quoi

 

Que sont-ils devenus ?

Que sont-ils devenus ?

Que sont les ouvriers devenus ? Et toi, tu ne vas pas me dire que tu le sais...

 

Que sont les ouvriers devenus ? Ceux qui y ont vraiment cru.

À présent, les héros sont les bandits des marchés

Que sont les ouvriers devenus ? Courage, Eltsine, dis-le nous si tu le sais !

 

Que sont-ils devenus ?

Que sont-ils devenus ?

Que sont les ouvriers devenus ? Et toi, tu ne vas pas me dire que tu le sais...

 

Que sont les ouvriers devenus ? On devenait riches grâce à eux

Ils étaient la « force de travail », à présent, c'est le « coût du travail »

Que sont les ouvriers devenus ? Giovanni Agnelli, peut-être le sais-tu ?

 

Que sont-ils devenus ?

Que sont-ils devenus ?

Que sont les ouvriers devenus ? Et toi, tu ne vas pas me dire que tu le sais...

 

Il y a encore des ouvriers dans les rues, plus de cent mille

Ils s'en tapent du moteur de Deux Mille

Que sont les ouvriers devenus ? ... de quel côté es-tu Lucio Dalla, ?

 

Que sont-ils devenus ?

Que sont-ils devenus ?

 

Que sont les ouvriers devenus ? Il y en a encore même si tu ne le sais pas !

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Marco Valdo M.I.
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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 09:32

LA GUERRE DES HACHES

ou Les horreurs des hostilités.

 

Chanson française – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, je viens de terminer « La Guerre des Haches », une canzone qui m'était venue comme la courante ; d'un coup, au moment où on s'y attend le moins...

 

 

Ben voyons, ce sont des choses qui arrivent... Pour la courante, en tous cas, j'en sais quelque chose. Je ne te dis pas...

 

 

Ce n'est pas nécessaire. Cependant, pour la canzone, c'est quand même différent. Certaines d'entre elles arrivent comme des illuminations sur un chemin de Damas. On ne sait trop d'où vient cette lueur, cette subite clarté. Mais enfin, l'idée est là, intangible et il faut la prospecter, la nourrir, la mûrir et la fleurir. Tout ça pour te dire comment m'est venue la dernière canzone en date. Elle est née d'une lente rumination à propos des haches et des difficultés de prononciation qu'ils ou elles entraînent pour le locuteur de langue française ; une rumination qui soudain a débondé. Évidemment, le titre de la canzone est lui-même à double sens et quelque peu calembourdesque. Oh, je vois ton œil droit qui cille et j'entends ton reproche silencieux... Je sais, tu le sais, que de calembour, on aurait pu faire calembouresque, calemboureux ou calembourin... Mais lointainement, je veux dire à son origine, « calembour » est un motvalise, en quelque sorte le fruit du croisement entre calembredaine et bourde... D'où la réapparition du « d » dans calembourdesque.

 

 

Je me demande s'il n'y aurait pas là une hypothèse intéressante à trouver du côté du « hasch »... Quand même, après une telle démonstration, dit Lucien l'âne en hochant la tête et en secouant conséquemment les oreilles, j'incline le chef et avant de tourner la page, je te fais remarquer que de là, on eût pu tout aussi logiquement, tirer calembourdeux et calembourdin. Mais restons-en là ; sinon, on n'en sortira pas. Ainsi, je t'en prie, continue...

 

 

Donc, foin de bourdes et de calembredaines, comme nous sommes ici dans l'univers des Chansons contre la Guerre, il convient de souligner qu'il s'agit d'une chanson sur la Guerre et même, d'une chanson qui au-delà de la Guerre générique, la Guerre en général, se réfère à une série d'autres guerres que l'on y trouve au détour d'un vers – ce qui, en soi, est un jeu historique auquel je te convie. Et en premier lieu, la Guerre de la Vache qui entre 1275 et 1278 fit quand même environ quinze mille morts aux confins du Condroz et ce fut une très belle guerre, qui démarra sur une peccadille – le vol d'une vache, d'où son nom. C'est devenu une curiosité et même, une attraction touristique. Bref, un joli massacre bien de chez nous et comme il est souligné dans le site qui s'y rapporte : une « guere des Walons inte zels » (une guerre des Wallons entre eux) [http://wa.wikipedia.org/wiki/Guere_del_vatche] et si tu n'as pas compris, il y a même une version en français de la Guerre de la Vache. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_la_Vache].

 

 

D'accord, mais pourquoi la Guerre des Haches, alors ?, dit Lucien l'âne quelque peu éberlué.

 

 

D'abord, Lucien l'âne mon ami, tu auras remarqué la similitude et l'homophonie presque parfaite des deux mots : vache et hache. Il y a là un incontestable lien. Mais aussi, et c'est – comme tu le verras à la lire et mieux encore, à la dire – une sorte d'exercice de style oulipien sur la lettre « ache ». Il te souviendra sans doute que le « ache » ou la « ache » est une lettre particulière, avec une variation entre deux types de « aches ». Voici ce qu'en dit wiki : « En français, h peut être muet ou aspiré ; son type dépend de son étymologie. Le h muet ne représente pas un son. Le h aspiré représente un coup de glotte[réf. nécessaire]. Le h aspiré ne se trouve qu'au début d'un mot et empêche la liaison et l'élision. Le h muet n'a quant à lui aucune valeur phonétique. »

 

 

Je t'arrête là, dit Lucien l'âne avec vigueur. Si j'en crois Grevisse, un grammairien qui mit une vie entière à boucler un « Bon Usage » de la langue française, une brique énorme, soit dit en passant. Donc, le dénommé Grevisse indiquait dans son vénérable ouvrage que et je cite : «  Cet « h », dit aspiré, s'est effacé, dès le XVIième siècle, dans le français de Paris et du Centre (de la France). Toutefois, ajoute-t-il en note, l'h aspiré s'entend encore dans certaines régions (Normandie, Bretagne, Gascogne, Lorraine, Wallonie). Et meiux encore, il ajoute, et en somme, conclut : « Ainsi la lettre « h », dans honte, héros, etc., est improprement appelée « h aspiré » : elle a simplement pour effet d'empêcher l'élision et la liaison : la / Honte, les / Héros.

 

 

Certes, certes... J'ai le plus grand respect pour Grevisse et je m'en réfère assez volontiers à son Bon Usage, mais selon moi, la gageure était de faire un texte en regroupant un maximum de mots commençant par « ache » et de raconter une histoire, celle de la Guerre. On en a donc plusieurs lectures possibles : soit en ne faisant aucune liaison – ce qui donne un récit haché et extrêmement fatigant pour le diseur ou le chanteur ; soit en faisant toutes les liaisons, c'est-à-dire en prononçant - par exemple : les humains, de la manière qu'on entende : les zumains. Un peu comme pour les Zétazunis.

 

 

Houla là, là, ça doit être bien étrange...

 

 

En effet... et bien entendu, on peut aussi prononcer le texte comme il faut – avec parfois la liaison – en cas de « ache » muette et parfois, la césure en cas de « ache »aspiré. Car petite modulation complémentaire : le mot « ache » est normalement un mot féminin, assimilé ici à l'outil ou l'arme – la « hache », mais il a de plus en plus tendance à être « masculinisé ».

 

 

Rendons-lui des hormones, dit Lucien l'âne en hoquetant hystériquement. Reprenons nos activités et recommençons à tisser le linceul de ce vieux monde hyperréaliste, hanté, halophile, hétérogène, hargneux, hémorragique et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

La guerre des haches ne date pas d'hier

Déjà, dans les halliers sous les halos houlants

Des Hellènes hirsutes, hoplites haletants

Halaient des hallebardes et des hastes austères

 

Dans les haloirs, des Helvètes hémophiles

Mangeaient des haricots halophiles

Tels des handballeurs, des héros hagards

Levaient des haltères, des haches, des hachoirs et des hansarts.

 

Derrière des haies, les hôtes escaladaient les hunes

Dans leurs grandes halles, des Hollandais habiles

Dévoraient des haddocks et des huîtres

En hachant des hominidés hitlériens et des humains hispides.

 

En réponse aux homélies des hannetons hoquetants,

Les haleines des Hindous heurtaient les harengs

Par leurs harangues hypocrites. Sous les hyptères héliocentriques,

Des Hélènes hydrophobes lançaient des harpons halieutiques.

 

Dans les harams harmonieux, telles des harpistes hués

Des houris honteuses hurlaient des haros, des holà

Hypocondriaques, les hulottes hululaient d'hystériques hourras.

Des homosexuels homozygotes hibernaient dans des hêtres hospitaliers.

 

Les holothuries hispaniques humaient les humeurs humaines

Les hoirs honorables honnissaient les horlogers hiératiques

Les hiérarques hébétés houspillaient leurs habituelles hyènes

Leurs hordes hongrées harcelaient des Hongrois herpétiques

 

Les hérons hautains herchaient des hématites

Et les haquenées et les hermines habilitaient

Les hécatombes, ces habitudes des Hittites

Et des heiduques hypostatiques.

 

Les Honduriens hésitants faisaient des histoires

Humiliant les hérétiques hétérophiles

Hérissant ces herculéens haltérophiles

Comme des hétaïres humiliant des hussards.

 

D'horribles holocaustes hantaient les heures des Hébreux

Les haruspices hédonistes hébraïsaient des horoscopes heureux

Les hommes-orchestres haletaient dans les hélicons

Et engloutissaient des hectolitres d'halbis hesbignons.

 

Les houaches hypnotisaient les halbrans

Les Hutois hilares huaient les humanoïdes hésitants 

Dans les hectares, les huttes des Huns homériques

Horrifiaient les herboristes hépatiques

 

Les huguenots en houppelande sur les hourds hélaient les harangueurs

Et des homéopathes héliocentriques heurtaient les huches d'heure en heure.

Par les hublots, les harengères humectaient les huarts avec leurs houpettes

Les hostilités hémorragiques hypothéquaient les herbettes.

 

Les hérauts hurons huchaient les histrions hanséatiques.

Dans leurs homes et leurs hospices, habitaient les hommes – des hordes

Ces hobbits en habits hétérogènes – des hardes

Homologuaient des horodateurs hippiques.

 

Les héritiers homicides humblement honnissaient ces hideux hochets

Les hongres et les haquenées harnachés hennissaient

Les homoncules hermaphrodites hissaient haut les haubans

Les huîtriers halitueux huilaient les hypsomètres des homards hoquetants

 

Dans les hortillons horizontaux, les horticulteurs héliciculteurs

Aux honnêtes habitudes et pour l'honneur,

Hâtaient les hélianthes et les héliotropes.

Haut au-dessus des hysopes, les hirondelles harcelaient les hooligans hyménoptères

 

L'Harmattan soufflait sans cesse sur les hennins hétéroclites

Dans les haras, les haridelles herbivores – hourra !

Humectaient leurs humeurs hircines

Les harkis suçant leurs harissas haletaient dans leurs houkas

 

Sur leurs hourques, les humanistes heimatlos hellénisaient des hurluberlus

Dans les hibiscus, les harets hargneux harcelaient les hochequeues

Durant leurs hiemals, les hipparques et les hobereaux hivernaient en himation

Dans les hinterlands, les hippopotames histaminiques humaient leurs hémorroides

 

 

D'un hydravion, des humoristes hélitreuillaient des hommes-grenouilles

Sur leurs hémiones, les hetmans héroïnomanes hersaient les hévéas

Les hégéliens hawaïens hébergeaient dans leurs havres

Des hommes-sandwichs hybrides et d'hâtifs hautboïstes et de leurs hautbois.

 

Le long des hippodromes herbus, telles les harpies

Hallucinent des Hottentotes hippies

Harassant leurs hanches, leurs harmoniums et leurs harmonicas,

 

Dans des habaneras horrifiantes en criant Hosanna !

LA GUERRE DES HACHES
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Marco Valdo M.I.
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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 13:43

RÉVOLUTION

 

Version française – RÉVOLUTION – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne de Riccardo Venturi d'une

Chanson corse – Revoluzione – L'Arcusgi – 1995


Paroles et Musique: L'Arcusgi
Album: Scrittori di a storia

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Arcusgi

(Riccardo Venturi)

 

 

 

 

« À toi, la parole enracinée

Née dans ce vent qui secoue

Tu te diffuses dans chaque pensée

Sans que personne ne t'entende. » peut-être que les vers initiaux de cette chanson de 1995 (tirée de l'album Scrittori di a storia) sont, en même temps, parmi les plus belles définitions de la Révolution et pas proprement « pacifiste » ou, de toute façon, inoffensive ou bonne pour tous. Les chansons des Arcusgi sont des chansons de lutte et je le sais mieux que personne, les ayant connus dans une de leurs apparitions lors des « Trois Jours de Musique Populaire » du CPA Firenze Sud. Chansons de lutte de peuples opprimés, car il est inutile de faire comme si de rien n'était et tourner la tête de l'autre côté ; les peuples opprimés existent de la même manière là où existent les États oppresseurs, lesquels d'autre part, sont souvent même faits pour opprimer leurs propres peuples. Il n'est pas donc « étrange » que, dans une chanson du genre, il y ait ensuite des références précises et claires à la disparition de la guerre et à la paix ; mais certainement pas la « pacetta » (petite paix) faite d'acceptation du statu quo, et même pas la « paix » personnelle ou « intérieure » – qu'on fait souvent sournoisement passer pour « nécessaire » pour atteindre une « paix universelle » sous l'égide d'une fausse puissance surnaturelle de contrôle. Ce que disent les Arcusgi n'est en rien étrange et entièrement conséquent ces « Basques corses » irréductibles, encore convaincus d'un indépendantisme qui n'est pas une fin en soi, mais inséré dans une rébellion universelle (autrement dit un internationalisme, qui est l'exact contraire de nationalisme). [RV]

 

Ce sera un « principe inspirateur » de toutes les « traductions du corse » que je ferai dans les temps prochains ; dans un premier temps, il avait été tacitement décidé qu'il n'y en avait pas besoin, vu que les Corses eux-mêmes, sans pour ceci mettre en doute, le moins du monde, la nature et l'usage du corse comme langue à part entière, savent très bien qu'il s'agit d'un langage appartenant au système italien et, en particulier, toscan. Pour le soussigné, retrouver par exemple dans le corse « trinnicà » (ébranler, déplacer, branler) l'elbano occidental « trenicà » entendu et utilisé depuis la petite enfance, fait toujours un grand plaisir comme pour des dizaines d'autres mots. Cependant, ce qui peut être naturel pour moi, peut ne pas l'être pour d'autres ; suivre un texte écrit en corse peut parfois réserver des « moments d'obscurité », et la langue parlée est beaucoup moins simple que celle écrite. Donc on réécrira les textes en italien, avec la perspicacité de coller autant que possible au texte original. [RV]

 

 

 

À toi, la parole enracinée
Née dans ce vent qui secoue
Tu te diffuses dans chaque pensée
Sans que personne ne t'entende.

 

Avec toi, c'est le baiser volé
D'un avenir plus coloré
Qui au loin se répand
Comme un parfum de printemps.

 

Révolution appelle des voix rebelles
Révolution veut des voix fraternelles
Révolution appelle des voix rebelles

 

À toi ce regard bleu foncé
De souffle marin baigné
Qui pour l'avenir rêve

D'une vie sans chaînes.

 

Par toi sont baignés la prière
Et les larmes d'une mère
Pour ce père qui est tombé
Pour ce fils incarcéré.

 

Révolution appelle des voix rebelles
Révolution veut des voix fraternelles
Révolution appelle des voix rebelles

 

Par toi renaîtra le germe
D'une conscience qui se resserre
Pour faire disparaître la guerre
Des confins de la terre.

 

Cette colombe blanche, en effet
Qui avance à ton flanc
Porte un rameau de paix
Pour cette humanité qui vient là devant

 

En nous toujours courra
Un fleuve fou qui avalera
Les idées faites de pauvreté
Pour faire renaître la vérité

 

Révolution appelle des voix rebelles
Révolution veut des voix fraternelles
Révolution appelle des voix rebelles

 

En nous toujours courra
Un fleuve fou qui détruira
Les digues fondées

De mensonges pétrifiés
 

Révolution appelle des voix rebelles
Révolution veut des voix fraternelles
Révolution appelle des voix rebelles

 

Révolution appelle des voix rebelles
Révolution veut des voix fraternelles
Révolution appelle des voix rebelles

 

RÉVOLUTION
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Marco Valdo M.I.
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