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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 14:26


 

AU JUGE


 

(communiste ou pire encore – Imaginez, il pourrait être anarchiste... NdT)

 

Version française – Au Juge – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Dal Giudice – Elio e le storie tese – 2011

 

 

 

Juste quelques mots à propos non pas du nain maléfique ou de son trou du cul, ni même de son nez qui s'allonge de plus en plus, tel l'instrument que Gepetto fournit à Pinocchio, au point peut-être d'arriver à concurrencer Cyrano (« c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! » - http://dardel.info/Textes/Cyrano.html), mais de cet excellent Elio (celui qui chante en Italie et qui si bien parodie... perruque et fausse moustache)...

 

Oh, dit Lucien l'âne, celui-là, je le connais bien et je l'aime beaucoup. Il sait y faire... Tu devrais le traduire plus souvent...

 

Pour moi, ce n'estpas une question de goût, c'est une question de temps... Moi aussi, j'aime beaucoup Elio e le Storie tese... Que n'en a-t-on de pareils chez nous... Oh, cette Italie, pleine d'humour et de chansons, aux yeux et aux pensées du monde sauve l'honneur et la réputation de la péninsule, tellement avilie par sa caste et ses mafias.

 

 

Même là, même ici, tout nous impose de reprendre notre sempiternel ouvrage et de tisser le linceul de ce monde au nez presqu'aussi long que celui de Cyrano, dès lors attentateur aux mineures, menteur, trompeur, sournois, vicieux, libidineux, orgueilleux, ambitieux, avide, vide et singulièrement cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ce que veut dire être
D'à peine plus d'un mètre
Vous le révèlent les regards
des gens et les racontars
ou la curiosité
d'une fille mineure
qui s'approche seule et
Poussée par un souhait mineur
De découvrir si est avéré
Ce qu'on dit des nains
qu'ils seraient en possession
Des outils et des instruments
Prêts à l'épilation
À tous moments

 

Passent les années, passent les mois
et même les minutes ont disparu
C'est triste de se retrouver comme ça

Adultes sans avoir crû
La médisance insiste et cogne
Elle bat le tambour
jusqu'à dire sans détour

qu'un nain est une charogne
Car il a le cœur près du
Trop près du
Trop près du trou du cul

 

Ce fut dans ces nuits sans amour
Qu'en Arcore, avec ardeur
Je préparai le discours
À faire au procureur
Moi qui abordais le chemin tortueux
qui de chanteur patriarcal
Menait à Milan Deux
Et donc à la salle d'un tribunal
Où un juge de parti-pris
Du parti
Qui me veut mal

 

Et alors ma stature
Ne perdit sa bonne humeur
Quand à la barre, ce fut dur
Je pensais votre honneur
Vous confier au bourreau
Sera pour moi un plaisir nouveau
Avant de vous mettre à genoux
À l'heure de l'au revoir
Car vous ne reconnaissez pas du tout

Mon pouvoir
Ni ma Gloire.

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Marco Valdo M.I.
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:57

Birgit Treuhand, liquidator

 

Canzone française – Birgit Treuhand, liquidator – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 93

An de Grass 94

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Cette Histoire d'Allemagne, comme toutes les précédentes, est en fait la transposition d'un récit en chanson et comme pour chacune des précédentes, on entend un narrateur particulier ; en l'occurrence, une narratrice qui débite un monologue autojustificateur. C'est une sorte de lamentation dans laquelle elle tente de justifier le retentissant échec de l’Exposition universelle de Hanovre dont elle était le Commissaire général et le massacre économique qu'elle a mené en dirigeant la Treuhand jusqu'à sa fin en décembre 1994... Un office public chargé de remettre sur pied l'économie de la République Démocratique. Ici, dans la chanson, on l'appellera Brigit Treuhand, pour rappeler le forfait.

 

 

Fille de banquier failli, elle s'y connaissait donc en faillite et su mener au port celle de presque toute l'économie de la Démocratique en faisant profiter de ses dépouilles les prédateurs de la Fédérale. Ce fut une formidable arrivée de sang frais pour les vampires du privé, un massacre pour les travailleurs (elle a créé plus de deux millions de chômeurs...), un désastre pour les régions concernées et une fameuse saignée pour le pays tout entier. On verra ça dans la chanson. Un journal économique français de l'époque décrit l'affaire comme suit : « Chargé de liquider les entreprises non rentables, l'office a supprimé des pans entiers de l'industrie est-allemande, laissant sans emploi 2 millions de personnes. Plusieurs entreprises ont été sacrifiées sur l'autel de la concurrence avec l'Ouest, comme la compagnie aérienne Interflug ou les mines de potasse de Bischofferode. Des dizaines de cas d'escroqueries ont été découverts, impliquant parfois des membres de la Treuhand: privatisations bradées, subventions détournées, actifs de sociétés pillés par leurs nouveaux propriétaires. Enfin, alors qu'elle prévoyait de générer des bénéfices, la Treuhand laisse une ardoise de 270 milliards de DM... » Ceci dit, on est vraiment dans un univers orwellien. Imagine avec tout ça que Treuhand peut se traduire par Fiduciaire, société de confiance, « en main de confiance, en de bonnes mains ».

 

 

Orwell n'aurait pas trouvé mieux, dit Lucien l'âne en riant.

 

 

Le pire de tout, c'est que c'est le modèle de ce qui se fait actuellement en Grèce (REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN...) et qui se met en place ailleurs ; en fait, dans chaque pays d'Europe. On trouve des aventures similaires ailleurs dans le monde... En fait partout où on privatise... et on privatise partout. Et toutes les sirènes du politiquement correct sonnent dans le même sens avec un bel unisson. Et, si l'on n'y prend garde, les mêmes méthodes vont donner les mêmes résultats.

 

 

C'est évident, dit Lucien l'âne. Ce sont des comportements de chacals, des mœurs parasitaires, phagocytaires... Mais en somme, elle ne faisait que répéter ce que le Reich précédent avait systématiquement réalisé dans l'ensemble des pays conquis par ses armées. Encore une fois, nous avons plus que raison de tisser inlassablement le linceul de ce vieux monde escroc, vampire, privatiseur, dépeceur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

J'ai beau être une femme

Rien ne peut m'entamer

Je suis dure comme l'acier

Je suis brillante comme la flamme

 

 

J'aime voir le soleil se coucher

Sur les bords de l'Elbe, l'été

J'envie les vagues et les flots

Quand je vois passer les bateaux

L'eau au ras de la ligne

Qui vont et viennent

De la mer à Hambourg

Et retour

 

Ils m'appellent Treuhand maintenant

C'est papa qui serait content

Lui qui était banquier et qui a fini

Failli

Moi, je ne cours aucun danger

Aucune enquête ne peut m'entamer

Secret d'État sur tous mes dossiers

Privatisation, vitesse, opacité

 

Vite, vite, vite, la course est lancée

Faut tout liquider d'ici la fin de l'année

On paye à la prime, sans discuter

Je vends un peuple entier

 

Certains trouvent ça indécent

J'encaisse des milles et des cents

J'achète les investisseurs à crédit

Les mafieux de tous les pays se sont unis

Aigrefins, affairistes de l'Ouest se sont servis

Après, ni vu ni connu, c'est fini

 

Deux cent septante milliards envolés

En somptueuses affaires un peu partout.

J'ai dit envolés... On ne sait pas où.

Secret d'État. Faut pas chercher.

 

 

Et cette exposition universelle, parlez m'en

Avec les billets subventionnés

On a réussi à perdre des milliards

C'était du grand art

Des milliards encore une fois

Tout ça grâce à moi, à moi, à moi

 

J'ai beau être une femme

Rien ne peut m'entamer

Je suis dure comme l'acier

Je suis brillante comme la flamme

 

 

J'aime voir le soleil se coucher

Sur les bords de l'Elbe, l'été

J'envie les vagues et les flots

Quand je vois passer les bateaux

L'eau au ras de la ligne

Qui vont et viennent

De la mer à Hambourg

Et retour

Birgit Treuhand, liquidator
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Marco Valdo M.I.
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 15:42

Dis à ton fils


 

Chanson française – Dis à ton fils – Marianne Mille et Maurice Dulac – 1972

Paroles: Boris Bergmann, arrangement d'après traditionnel: Anne-Marie Garcia

 

http://www.youtube.com/watch?v=SLmM7vmipgI


 

 

Regarde, Lucien l'âne mon ami, une chanson où il est question d'un mulet... Ce compagnon de toutes les infortunes, ce transporteur à tout faire... Ce « somaro », tout comme toi... et moi. Dans les Andes, car l'histoire que raconte cette chanson se déroule dans les Andes, dans les montagnes de cette Amérique latine écrasée et exploitée... D'abord, par les envahisseurs venus d'Ibérie... Puis, malgré ses tentatives de libération, à nouveau mise sous la coupe par son grand voisin du Nord. Et l'affaire n'est pas finie... Mais c'était là plutôt le sujet d'une autre chanson de Marianne Mille et Maurice Dulac, que je t'ai présentée l'autre jour et qui s'intitule « Libertad » [[45019]].


 


 

Je me souviens très bien de Libertad... Une fort belle chanson et en quelque sorte historique... Nombreuses ont été les révoltes et les révolutions des Latino-américains contre leurs dominateurs étrangers... Mais c'était souvent pour tomber sous la coupe de dominateurs locaux...


 


 

Tu as parfaitement raison, Lucien l'âne mon ami... Mais cette deuxième chanson de Marianne Mille et Maurice Dulac vient combler cette lacune. En gros, elle dit la vérité toute crue :


 

« Nous serons libres demain

Mais demain, il va falloir se lever

Je sais bien, il faut planter le café ».


 

Ainsi, avec l'air de n'y pas toucher, la chanson met le doigt sur ce qui fait problème dans les luttes pour l'indépendance nationale... Un leurre évidemment quand le paysan se retrouve gros jean comme devant, soumis aux lois du « marché ».


 


 

Pourquoi cultiver du café ?, dit Lucien l'âne en ouvrant ses yeux comme des bouches de volcan. Ça ne se mange pas …


 


 

De fait, mais le commece international et ses aigrefins ont besoin de matières premières et se fichent comme d'une guigne de la subsistance des paysans... En cela, tu as raison, le temps et la terre consacrés à cultiver le café... pour le confort d'autres pourraient utilement être employés par les paysans pour assurer leur propre subsistance... mais, remarque ceci Lucien l'âne mon ami, que le paysan libéré peut tout aussi bien se retrouver soumis tout simplement aux lois « nationales » des puissants et des riches du pays, de ceux qui ont réussi à tirer profit de la « révolution »... pour laquelle bien des paysans sont morts au cri de « libertad ». Évidemment, les paysans se sont battus car ils croyaient que la « libertad », l'indépendance allait leur assurer un meilleur destin... Ils ont cru aussi que celui d'entre eux qui mourrait dans cette lutte ne serait pas mort pour rien. Et c'est le cas, il est mort pour installer ses (nouveaux) dominateurs...


 


 

Ça me fait penser à la « libération » de la Sicile et du Sud italien par Garibaldi... et de façon plus générale, par exemple, à la libération de l'Europe par les Zétazunis... Depuis, c'est la soumission atlantique... REGARDEZ CE QU'ILS ONT FAIT AUX GRECS... et ce n'est pas fini. Au fait, combien coûte un F.35 ? Cette libération fut un jeu de dupes... Comme j'ai dit un jour face à l'évolution de l'Europe : « Mais qui donc a gagné la guerre ? » Cependant, la vraie question demeure : comment mettre fin à cette guerre de cent mille ans ? Comment mettre fin à cette course incessante après la richesse, car c'est elle la vraie responsable de tout ce gâchis... Mais quand donc les humains le comprendront-ils et se décideront-ils à y mettre fin ? Enfin, il me semble qu'au brésil, par exemple, de ces temps-ci, ça commence à remuer... Et nous, nous, en attendant, tissons le linceul de ce vieux monde où les libérateurs viennent imposer leurs lois, où les révolutionnaires instaurent la réaction et où le paysan et le pauvre – c'est-à-dire le pauvre des villes et le pauvre des campagnes... sont toujours grugés, ce vieux monde trompeur, menteur et mensonger, prometteur de liberté, vendeur de libre concurrence et de libre exploitation des choses, des biens, des animaux et des gens et de surcroît, cacochyme.


 


 


 

Heureusement !


 


 


 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Dis à ton fils qu'il doit rentrer 
La nuit va bientôt tomber

- Laisse-le jouer près de l'eau
Le maïs est encore chaud

- Mais demain, il va falloir se lever

- Je sais bien, il faut planter le café


 


 

Dis à ton fils qu'il doit rentrer
Je voudrais bien lui parler
- Je crois qu'il n'est pas encore temps
Ce n'est jamais qu'un enfant
- Mais demain il faudra bien qu'il apprenne
- Son chemin est fait de sang et de peine


Dis à ton fils qu'il doit rentrer

Le mulet est déjà prêt
- Il a son fusil sur le dos
Il t'attend près du ruisseau
- Dès demain nous serons dans la montagne
- Je sais bien, et que Dieu vous accompagne


 

Tu vois, ton fils n'est pas rentré,
Les soldats nous l'ont tué

- Je sais bien qu'il n'est pas mort pour rien
Nous serons libres demain

- Mais demain, il va falloir se lever

- Je sais bien, il faut planter le café

 


 


 

 

 

 

 


 

 

 

 

Dis à ton fils
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Marco Valdo M.I.
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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 22:57

Libertad

 

 

Maurice Dulac – Marianne Mille

1970

 

Texte : Boris Bergman

 

 

 

 

Il y a 26 chansons dans les Chansons Contre la Guerre (CCG) où dans le titre, apparaît le mot « Libertad », dit Lucien l'âne. Comme il y avait avant que tu n'y ajoutes « Ma Liberté » de Georges Moustaki, 26 chansons en langue française où dans le titre, apparaissait le mot « liberté ». Tu avoueras que pour une coïncidence, c'est une coïncidence...

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, c'est une coïncidence et d'autant plus que j'ai l'intention de te faire connaître une chanson dont le titre est tout simplement « Libertad ». J'en suis d'autant plus ravi que c'est une chanson que j'avais un peu perdue de vue, mais qui restait bien vivante dans ma mémoire comme certain grand soleil... d'Amérique latine. Une chanson qui évoque les sempiternelles luttes des paysans amérindiens contre la colonisation et la post-colonisation étazunienne :

« Les hommes du Nord sont venus voler nos vies

Lui:


Les hommes du Nord sont venus voler nos fruits
Les fruits sont grenades
Alors libertad »

 

De ce point de vue, elle est toujours d'actualité, toujours plus d’actualité... Du Chili au Mexique, De l'Argentine au Vénézuela, du Brésil à Cuba...


Et c'est une chanson populaire au bon sens du terme... Pas une chanson qui a du succès au « box office », de celles qu'ils appellent à tort populaire et qui ne sont que commerciales. Celle-ci c'est une chanson du peuple, qui fait entendre la voix de ces « paesani », des « peones »... De ceux qui comme nous s'en vont répétant : « Noï, non siamo cristiani, siamo somari »...

 

 

Donc, si je te comprends bien, une chanson qui dans cette Guerre de Cent Mille Ans [[7951]]

« Car
Nous vivons encore maintenant
À chaque moment, à chaque instant
La guerre de cent mille ans. »

que les riches font aux pauvres afin de les asservir, d’en tirer moults bénéfices, de les exploiter encore et plus encore, de les forcer au travail... une chanson qui pourrait être une sorte d'emblème de la paysannerie en lutte pour une vie décente... Je vais certainement l'aimer...

 

 

Cette chanson à deux voix où l'homme (Lui) va s'en aller dans la montagne comme guérillero... Oh, Lucien l'âne mon ami, tu vas l'aimer d'autant plus que tu pourras entendre la voix de Marianne Mille (Elle) ...

 

 

Oui, je sais... Quand elle dit : « Ne t'en va pas, pense à nous deux », moi, je réplique à part moi : « Plus je t'entends et plus je veux... », mais il est vrai que je suis un âne. Revenons, si tu le veux, à notre tâche essentielle qui est de tisser le linceul de ce vieux et pieux monde exploiteur, dominateur, colonisateur, dictateur, crève-cœur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Lui:


Il nous suffit de trois chevaux
D'une machette une faux
Pour être guérillero

Elle:


Il ne suffit pas de rêver
Quand tu ne peux t'acheter
Le seul mot de liberté

Lui:


Mes rêves sont grenades, ils sont barricades
Libertad

Elle:


Les hommes du Nord sont venus voler nos vies

Lui:


Les hommes du Nord sont venus voler nos fruits
Les fruits sont grenades
Alors libertad

Elle:
Prends l'eau du puits, taille la pierre

Lui:


Pierre à fusil plus de misère

Elle:


Regarde-moi, pense à nous deux

Lui:


Plus je te vois et plus je veux
Libertad

Mes rêves sont grenades, ils sont barricades
Libertad

Elle:


Si tu t'en allais que serait la vie sans toi

Lui:


Si je me soumets que sera la vie pour toi
La vie sans grenades
Adieu Libertad

Elle:


Ils sont dix mille vous êtes cent

Lui:


Adieu ! On m'appelle, on m'attend

Elle:


Ne t'en va pas, pense à nous deux

Lui:


Plus je pense à nous plus je veux
Libertad.

  

Libertad
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Marco Valdo M.I.
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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 23:28

AIDE-MOI VALENTINE 

 

Version française – AIDE-MOI VALENTINE - Marco Valdo M.I. – 2013

d'après les versions italienne et anglaise de Riccardo Venturi d'une

Chanson chilienne de langue espagnole – Ayúdame Valentina – Violeta Parra – 1962

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, je suis très content de te voir, car...

 

 

Car ?, dit Lucien l'âne en redressant le crâne et en papillonnant des deux yeux tout en agitant alternativement les oreilles pour montrer son désarroi. Car quoi ? Alors, maintenant, il te faut une raison pour être content de me voir...

 

 

Ho, ne te braque pas ainsi, Lucien l'âne mon ami. Tu as parfaitement raison... Mais tu ne m'as pas laissé le temps de finir ma phrase... Je n'ai pas besoin de raison pour être content de te voir... Je voulais juste ajouter une raison supplémentaire, en quelque sorte la raison du jour... J'insiste : je suis toujours content de te voir et la raison en est que tu es mon ami. C'est d'ailleurs – à mes yeux comme aux tiens – le trait caractéristique de l'amitié que ce plaisir de se voir.Comme tu le constates, et je ne t'en ai pas fait la remarque jusqu'ici, comme tu le noteras dans tes tablettes, ce doit d'être réciproque. C'est là pure logique.

 

 

Certes, Aristote lui-même n'aurait pas mieux dit. Mais, maintenant, quelle est cette raison adventice qui justifie ce supplément de joie que tu as eu de me voir ?

 

 

Remarque, avant de conclure sur ce point, que cette joie est en quelque sorte de même nature que ce que Plotin appelait l'entropie. Elle vient en quelque sorte en surplus, comme une dimension intangible de l'être...

 

 

Mais, s'il te plaît, laisse-là Aristote et les Pères de l'Église, laisse-z-y aussi Plotin et son Dieu qui dégouline de partout... On n'est pas ici pour faire de la théologie et viens-en au fait.

 

 

Tu ne crois pas si bien dire ou plutôt, te tromper à un tel point... Car la chanson de Violeta Parra relève quasi-entièrement de l'univers théologique, même s'il s'agit d'une approche des plus ironique. D'abord, rien que son titre est tout un programme... te souviens-tu de Valentine Terechkova ? Sans doute, d'ailleurs, vas-tu me dire à ton habitude que tu l'as rencontrée, que tu l'as véhiculée sur ton dos et toutes ces révélations qui te sont usuelles.

 

 

De fait, j'ai connu et promené la mouette... Avant son vol, avant même qu'elle ne soit désignée... Avant même qu'elle imagine de voler... Au temps où on se connut, elle et moi, elle était une jeune et jolie ouvrière et elle aimait assez les promenades... Moi, comme tu le sais, j'étais toujours à la recherche des roses qui doivent me rendre mon apparence humaine... À vrai dire, je n'en ai pas trop envie, mais cela, c'est une autre histoire. Bien sûr, on s'est encore promenés tous les deux plusieurs fois après son exploit...

 

 

Tu ne vas quand même pas me dire que tu as connu aussi Violeta Parra,au Chili...

 

 

Je ne voudrais pas que tu croies un instant que je me vante, mais je dois à la vérité que je l'ai connue alors qu'elle était encore enfant là-bas à San Fabián de Alico et qu'elle courait les campagnes. Elle avait à peine dix ou douze ans et je me souviens qu'elle chantait tout le temps. Mais laissons mes pérégrinations et je t'en prie, viens-en à la chanson.

 

 

Donc, Violeta – on est en 1962, qui n'avait plus douze ans, écrit une chanson où elle demande à la toute récente et toute jeune cosmonaute Valentine, laquelle vient de passer trois jours dans l'espace autour de la Terre – que soit dit en passant, elle a bien failli quitter pour l'infini... Son engin s'éloignait de la Terre au lieu de s'en approcher... Elle a bien eu une solide frayeur, mais à côté de ses nausées, c'était – excuse-moi l'expression, du pipi de chat... pour ne pas dire, de la pisse d'âne. Donc, pour résumer la chose, Violeta demande à Valentine de l'aider – tant elle (et toute la population de son pays et toute la population du monde) est cernée par les bergers, pasteurs, prêtres, lamas, moines, nonnes et autres personnages en robe ou en pantalon... et tant ils l’assomment de discours religieux et théologiques, ce dont elle n'a cure.

 

 

Et nous aussi ! Nous qui « non siamo cristiani, siamo somari »... bref, qui sommes d'honnêtes mécréants.

 

 

Et que demande Violeta à Valentine ? Je te laisse le découvrir... En fait, ce sont là deux mécréantes de haut vol... Sache simplement qu'il s'agit d'une chanson laïque, athée, anticléricale et étant tout cela, forcément optimiste et de la plus grande humanité. Bref, une chanson selon notre raison et selon notre cœur !

 

 

En somme, dit Lucien l'âne en brayant de rire, « Le cœur et la raison sont les deux mamelles de l’athéisme »... Ainsi reprenons notre tâche et tissons le suaire de ce vieux monde gangrené par la religion, bigot, cagot, idiot, calotin, débile, totalitaire, stupide et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.


 


 


 


 

Qu'allons-nous faire de tant

Et tant de prédicants !

Les uns se prévalent de livres,

D'autres de belles raisons ;

Certains d'étranges histoires

De miracles et d'apparitions,

Les autres de la présence

De squelettes et de scorpions,

Putain de Mère ! Les scorpions.

 

Qu'allons-nous faire de tant

De prières et de chants

Qui dans toutes les langues évoquent

La gloire et cela et ceci,

Les enfers et les paradis,

Les limbes et les purgatoires,

Les édens et la vie éternelle,

Les archanges et les diables,

Putain de Mère ! Les diables.

 

Mais oui, ils adorent l'image

De Marie la madone,

Mais ils n'adorent aucune

Dame ou demoiselle ;

Alors, que ce soit oui ou non, demain

Ou un vendredi matin,

Pour entrer en gloire

Il faut des dollars,

Putain de Mère ! Faut des dollars.

 

On voit qu'ils ne sont pas très propres

Les blés dans cette vigne

Et la zizanie prétend

Manger tout le champ ;

Peu lui chaut la manière

De clouer son épine

Pour sucer le plus faible

Quel diable d'insecte,

Putain de Mère ! L'insecte.

 

Qu'allons-nous faire de tant

De célestes développements

Valentine, faut m'aider,

Toi qui si haut a volé.

Une fois pour toutes, dis-moi

Que là haut un tel domaine n'existe pas :

Demain saura l'édifier

L'homme avec sa raison.

Putain de Mère ! Avec sa raison.

 

Qu'allons-nous faire de tant

De dieux et de leurs représentants!

À chaque pas, ils me mordent

De leurs canines féroces.

Valentine, faut te dépêcher

Ils ont multiplié les bergers

Car bientôt tout va s'effondrer

Comme dans l'histoire des sermons,

Putain de Mère ! Des sermons.

 

Qu'allons-nous faire de tant

De mensonges permanents :

Valentine, Valentine,

Passons le balai.

Messieurs : sous la terre

Se scelle le décès

Et à tout corps en silence

Le temps offre le néant,

Putain de Mère ! Le néant.

AIDE-MOI VALENTINE
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Marco Valdo M.I.
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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 16:23

LE JOURNALISTE

 

Version française – LE JOURNALISTE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Il giornalista – Margot – 1961

Texte de Gianni Rodari
Musique de Fausto Amodei

 

 

« Toujours dans le sillage des Cantacronache, en 1961, Margot Galante Garrone grave un disque de chansons pour enfants sur des textes de Gianni Rodari, parmi lesquelles celle-ci, mise en musique par Fausto Amodei, un message délibérément mais provocateurement naïf. »

 

 

(Enrico de Angelis, da Mille papaveri rossi - La pace nella canzone italiana)

 

Regarde, écoute, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson délicieuse... Elle est – en principe et en apparence – destinée aux enfants... Chantée par une dame de bonne souche, née dans une famille et un environnement antifascistes et que nous avons déjà croisée avec les Cantacronache, dont elle fit partie.

 

En somme, c'était la dame des Cantacronache... Rien à voir avec la Margot de Tonton Georges, qui à ma grande consternation ne figure pas dans les CCG, mais on va y remédier... et moins encore, avec la Margot chômeuse, dont tu contas l'histoire ici-même [[36862]].

 

C'est bien elle en effet... Celle qu'on voit sur la photo... C'est Margot... Et ce qui me chiffonne, vois-tu, c'est que nous sommes en 2013 et que la chanson date d'un demi-siècle, même si elle est toujours d'actualité. D'ailleurs, pour en quelque sorte l'actualiser, je me suis fait le plaisir d'ajouter deux vers qui font une allusion à certain personnage actuel... Tu le reconnaîtras aisément à son titre; je l'appelle le "bunga-bunga"; parfois aussi, le nain maléfique. [[37399]]

 

 

je vois très bien de qui il s'agit... Un triste personnage, en effet. Cependant, encore une fois, j'ai cette impression que la chanson italienne (celle qui vaut vraiment la peine) a été longtemps ignorée en langue française...

 

Elle l'est d'ailleurs encore... et tout comme toi, je trouve que c'est d'autant plus idiot que l'inverse n'est pas vrai...

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Oh journaliste, envoyé spécial,
Quelles nouvelles rapportes-tu au journal ?

 

J'ai été en Amérique, en Chine,
En Écosse, en Suède et en Argentine,
Chez les Soviets et chez les Polonais
Les Slovaques et les Slovènes

Les Allemands et les Français.

 

J'ai parlé avec les Esquimaux,
Avec les Siamois, avec les Hottentots
Je reviens du Chili, de l'Inde et du Congo,
De la tribu des Bongo-Bongos…

(À ne pas confondre toutefois

Avec les soirées chez le bunga-bunga )

 

Et sais-tu ce que je rapporte ?

Une seule nouvelle !

Je serai licencié pour paresse.
Cependant elle est sensationnelle,
Elle mérite la une de toute la presse :
Tous les peuples de la terre
Ont déclaré la guerre à la guerre.

 

La dame de la photo : Margot

La dame de la photo : Margot

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Marco Valdo M.I.
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 20:39

AVEC FANON

 

 

Chanson française – Maurice Fanon – 1963


Paroles et musique: Maurice Fanon, 1963

 

http://www.youtube.com/watch?v=AWB1hyNDE6o

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., mon ami, te voilà de retour avec Maurice Fanon...

 

 

Salut à toi, Lucien l'âne mon ami. Ne t'étonne pas que je revienne, comme tu dis, avec Maurice Fanon, car souviens-toi, je l'avais promis l'autre jour en devisant avec toi de la chanson-manifeste des Cantacronache Canzone dei fiori e del silenzio [[38817]]. J'avais promis de mettre dans les Chansons contre la Guerre cette chanson de Fanon, curieusement intitulée « Avec Fanon ». Car – et dès lors, son titre bizarre s'explique de lui-même, c'est en quelque sorte la chanson-manifeste de maurice fanon, lequel, à la manière d'un artisan honnête faisait ses chansons « à la main », des chansons bâties, construites, tissées sur la poésie et sur les idées généreuses, sur la révolte face aux injustices et sur le refus de la bêtise. Cette manière de faire est certainement la meilleure – surtout, quand on est marqué au sceau d'un bon génie comme l'est Maurice Fanon, mais elle ne plaît ni au pouvoir, ni aux marchands de soupe musicale, lesquels ont intérêt à ne s'aliéner ni le pouvoir, ni la bêtise, ni l'idiotie qui régentent le « public ». Car, Lucien l'âne mon ami, car du point de vue des marchands de soupe musicale, ce qui compte c'est ce qu'ils comptent, c'est-à-dire les profits qu'ils peuvent tirer d'une chanson, d'un chanteur... Or... et suis bien mon raisonnement, or donc, pour atteindre et satisfaire le plus grand public possible, ce qu'on appelle d'ailleurs le « grand public », il s'agit de faire des textes qu'il a l'impression de comprendre et qui ne créent aucune réaction négative... en clair, le texte le plus consensuel possible... En fait, il s'agit d'appliquer la règle du plus petit commun dénominateur...

 

 

Consensuel me paraît un terme approprié, une sorte de mot-valise..., dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents.

 

 

Ainsi, pour dire deux mots de la chanson, Fanon sort sa poésie à dérision et tire sur tout ce qu'il déteste et fait par la même occasion, une sorte de portrait en creux de ce Fanon que nous aimons.

 

 

Oh oui, dit Lucien l'âne, on l'aime bien nous autres ce Fanon-là ; on est toujours content de l'écouter. Pour le reste, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde brutal, prostitué, vantard, courtisan et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

C'est peut-être à coups de châtaignes qu'on devient marron
C'est peut-être à coups de bombe N qu'on devient neutron
C'est peut-être à coups de canon qu'on se fait un bâton de maréchal
Une veuve joyeuse, une gueule cassée ou deux étoiles
C'est peut-être en débitant du saucisson

Qu'on fait fortune dans la chanson
Faudra que j'essaye avec Fanon...

 

C'est peut-être à petits coups de blancs qu'on devient poivrot
C'est peut-être à petits coups de dents qu'on devient salaud
C'est peut-être à coups de métro qu'on se fait une gueule de Parigot
Qui ne pense plus qu'à sa voiture, à son frigo
C'est peut-être en montrant le fond de son pantalon
Qu'on fait son trou dans la chanson
Faudra que j'essaye avec Fanon...

 

C'est peut-être par la calotte qu'on devient païen
C'est peut-être par la culotte qu'on devient putain
C'est peut-être par le calot qu'on devient crétin
Par le culot qu'on devient quelqu'un
Qui ne fait rien de ses deux mains
C'est peut-être en chantant mon cul sur la commode
Qu'on se fait une chanson à la mode
Faudra que j'essaye avec Fanon...

 

C'est peut-être au chapeau qu'on voit l'homme d'affaires
C'est peut-être aux affaires qu'on voit le gangster
C'est peut-être à coups d'oseille qu'on se fait sa place au soleil
À coups de baise-main qu'on se fait un lit à baldaquin
C'est peut-être en marchant sur les mains des copains
Qu'on se fait un nom dans la chanson
Faudra que j'essaye avec Fanon...

 

C'est peut-être en forgeant qu'on devient forgeron
C'est peut-être en ahanant qu'on devient bûcheron
C'est peut-être en bourlinguant qu'on devient matelot
À coups de faucille qu'on devient marteau,
À coups de marteau qu'on fait le gros dos

 

C'est peut-être à coups de chansons sans concession
Qu'on fait sa petite révolution

Chez les rois Louis de la chanson
C'est peut-être à cause d'une chanson
Qu'en une nuit comme des champignons
Poussent les amis qui font la rime à mes chansons.

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Marco Valdo M.I.
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 22:02

LES BÉATITUDES

 

Version française – LES BÉATITUDES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Le beatitudini – Rino Gaetano - 1980


Texte et musique de Rino Gaetano.


 


 

« Les Béatitudes » sont considérées un peu comme une sorte de « testament » de Rino Gaetano. Évidemment ce fut dit a posteriori, puisqu'on ne peut certes imaginer que Rino prévoyait de mourir dans un accident de la route à 31 ans, ballotté entre des hôpitaux d'un service de santé déficient qui n'avaient pas de place. C'est une chanson dans laquelle tous les thèmes des chansons de Rino se retrouvent à la perfection, énumérés avec sa grâce incomparable, désinvolte, intelligente et surréelle. C'est une chanson qui parle de tant de choses ; parmi celles-ci, il y a même la guerre, à laquelle est dédiée une strophe qui pourrait être mise en exergue à ce site. C'est une chanson très belle. Comment ai-je fait pour ne pas penser l'insérer plus tôt, mea culpa. [RV]


 


 


 


 

Béats sont les saints,
Les cavaliers et les fantassins
Béats les vivants et les trépassés
Mais plus encore les ressuscités.


 

Béats sont les riches
Car ils tiennent le monde
Béats les rois et les puissants,
Béat est le président.


 

Béats les caïds des environs
Car ils ne savent pas ce qu'ils font
Et les parlementaires escrocs
Qui en savent sûrement trop


 

Béate est la guerre,
Qui la fait et qui la célèbre
Mais plus béate encor
La guerre sainte et ses morts.


 

Béats les enfants
Qui sourient à maman,
Béats les étrangers
Et les chocolats fourrés.

 

 

Béats les frères,

Béates aussi les mères
Béats les décorés
Avec leurs insignes dorés.


 

Béats les professeurs,
Béats les arrivistes,
Les propriétaires et les gouverneurs
Surtout quand ils sont communistes.


 

Béate la frontière,
Béate la Finance
Béate la foire
Et chaque circonstance.


 

Béate la première femme
Qui m'a pris encore vierge
Béat le sexe libre,
(Avec une certaine allure).


 

[Béats les ministres et les patrons]
Béats les cornichons
Qui préparent au réveillon,
Béats les critiques et leur glorification
De ma chanson.

 

LES BÉATITUDES
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Marco Valdo M.I.
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 22:36

LA GUERRE

 

ou À la guerre comme à la guerre...

 

 

Chanson française – Maurice Fanon – 1968

Paroles : Maurice Fanon. Musique : Gérard Jouannest (1968)

 

http://www.youtube.com/watch?v=eDsMsAK_XRE

 

 

Ah Lucien l'âne mon ami, tu me vois tout réjoui et je vois que tu te demandes bien pourquoi je fais cette tête-là.

 

 

En effet, en effet... Tu as l'air d'un enfant qui vient de trouver une bille... ou d'un entomologiste qui trouve une araignée inconnue...

 

 

C'est un peu ça, d'ailleurs. Moi qui croyais connaître les chansons de Maurice Fanon... et de fait, je le connais depuis longtemps, trop sans doute... je viens de découvrir une petite merveille et en plus, une chanson contre la guerre... Imagine. Donc, je trouve une vidéo où Fanon chanterait une chanson intitulée La Guerre. Je connais mon Fanon et même si je n'ai jamais entendu cette chanson, je sais d'avance qu'elle sera antiguerrière et antimilitaire. Je l'écoute et bien sûr, tout cela se confirme. Reste alors à trouver le texte... Et là... Impossible. Je viens donc de la transcrire et c'est cette transcription que tu pourras lire, si le cœur t'en dit.

 

 

Bien sûr que je vais l'écouter et la lire...

 

 

Mais je te préviens tout de suite, ce n'est pas là une chanson à ne pas mettre entre toutes les oreilles, bien au contraire... Bien au contraire, c'est le genre de chanson qu'il convient de faire connaître en la double raison de son contenu et de sa qualité. Mais je te préviens, comme on dit par ci, « c'est du fort toubac » (tabac). C'est une chanson de haute lignée, faite d'une poésie précise et acide, mais d'une extraordinaire beauté. Comme d'autres chansons de Fanon, elle parle de la Guerre de 40, mais ce qu'elle raconte s'appliquait aussi bien à celle de 1870 ou de 1914. Comme d'ailleurs, elle s'applique à toutes les guerres : on part toujours vainqueur, sauf rarissimes exceptions, et – là il n'y a pas d'exception, on revient assez abîmé...

 

 

Oui, il faut bien se dire que c'est comme ça... j'ai d'ailleurs comme l'impression qu'elle raconte un peu la même histoire que les « Souvenirs napoléoniens », chanson que tu avais écrite... [[9210]] ou il y a ce couplet :

 

« Il n’y avait pas beaucoup de différence

Entre les Français victorieux qui allaient vers l’est

Et les mêmes qui revenaient vaincus vers l'ouest.

Sous peu, les mêmes passeraient

Pour la troisième fois le Rhin en vainqueurs

Et puis des années après, repasseraient

Pour la quatrième fois perdants... ».

 

À la guerre comme à la guerre, reprenons notre tâche et tissons très pacifiquement le linceul de ce vieux monde guerrier, armé, militaire, inconscient, délirant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Je les ai vus sur nos routes

Le casque lourd et le fusil bas

Les soldats que la déroute

Avait mis deux fois au pas

Une fois pour faire la route

Dans le sens où l'on vaincra

Et la refaire goutte à goutte

Comme le sang qui s'en va

 

Ça commence toujours comme ça la guerre

Quand on part, on a toujours vingt ans

Ça finit toujours comme ça la guerre

Quand on revient, on a tous cent ans

 

 

J'en ai vu de haute souche

En casoar de gants blancs

Se faire tuer comme des mouches

Pour une croix de bois blanc

J'en ai vu d'autres sans cartouches

Ouvriers et paysans

Se mettre un doigt dans la bouche

Et pleurer comme des enfants

 

Ça commence toujours comme ça la guerre

Avec une rose entre les dents

Ça finit toujours comme ça la guerre

Avec un fusil et rien dedans

 

Je les ai vus dans leur gloire

Le cœur lourd et le regard las

Les soldats de la victoire

Abîmés de haut en bas

Je les ai vus et je doute

Si vous n'avez pas vu ça

Si vous savez ce que coûte

À la guerre un seul combat.

 

Ça commence toujours comme ça la guerre

Soldats de plomb et fusils de bois blanc

Ça finit souvent comme ça la guerre

Jambe de bois avec du plomb dedans

Ah, la guerre, la guerre comme à la guerre

C'est peut-être ça l'art militaire

Ah, la guerre, la guerre comme à la guerre

Sûrement pas celui d'être grand-père.

LA GUERRE
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Marco Valdo M.I.
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 09:09

LE BATEAU


 

Version française – LE BATEAU – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La Nave – Alfredo Bandelli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., mon ami, j'aime beaucoup cette chanson ; à moi qui ai entendu les chansons d'Homère le grand, l'aède aveugle, l'aède aux multiples histoires, celui-là même qui – il en faut de la patience – attend encore ses musiciens... Elle rappelle les aventures d'Ulysse ; dans ses mots, il y a comme un parfum d'alizés. Il y a là un ton... Une manière de raconter qui m'enchante...

 

 

Certes, Lucien l'âne mon ami, mais as-tu remarqué le premier couplet ? Celui où « la tramontane... raconte la longue guerre des damnés de la terre ». On dirait qu'il chante – tel Homère précisément aurait pu le faire, la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de leur infliger le joug de la misère et de multiplier par l'exploitation leurs profits, d'accroître leurs pouvoirs, d'étendre leurs richesses... Car c'est la richesse et l'envie qu'elle suscite, la cupidité, l'avidité , l'absence totale de générosité, de solidarité, de simple humanité qui créent la misère et son pendant nécessaire, l'esclavage. Ah, l’esclavage qu'on nomme à présent salariat, contrat, emploi... Mais où est donc ce fabuleux bateau de Bandelli ? Quand donc appareillera-t-on ?

 

 

Ah, dit l'âne Lucien en projetant son regard à l'horizon, peut-être est-il là-bas... En ce là-bas où souffle la brise marine de Stéphane Mallarmé... Remembrances de poésie de France...

 

 

« Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres 
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux! 

Je partirai! Steamer balançant ta mâture, 
Lève l'ancre pour une exotique nature! 
...
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots! »

 

 

Moi aussi, dit Lucien l'âne subitement tout rêveur avec ses yeux dans l'azur, s'il passait ce bateau, je sauterais de la rive sans hésitation et j'irais vers le printemps qui se dévoile... Mais d'ici là, tissons, si tu le veux bien, le linceul de ce monde trop vieux, trop roide, trop plein de riens, de vides, de néants et décidément cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
 

 

 

 

Sur le bateau qui s'éloigne
Souffle la tramontane
Qui raconte la longue guerre
Des damnés de la terre

 

Du bateau partent les vagues

Comme de longues tresses blondes.
Le bateau qui sillonne la mer
S'en va libérer les gens

 

Sur le bateau aux cent voiles
Sans chaînes ni prisons
On ne peut pas voir les saisons
Seul le printemps se dévoile

 

On pourra appareiller sur ce bateau
On pourra même naviguer
Sur ce bateau qui s’éloigne
Au vent de tramontane.

LE BATEAU
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Marco Valdo M.I.
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