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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 22:16

CELLULE GESTAPO

 

Version française – CELLULE GESTAPO – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Gestapo Zelle – Sorgenhobel - 1981‎
Paroles e musique de Schulze-Boysen / Weiß

 

Le Sorgenhobel fut un groupe allemand de musique folk, musicalement et politiquement engagé, qui se produisait à Berlin dans les premières années 1980, précisément entre 1981 et 1983, année de leur disparition. Le plus trop jeune Wolfgang Szepansky, antifasciste, militant communiste, écrivain et peintre en faisait partie.

 

 

Durant l'été de 1933, Wolfgang Szepansky fut arrêté pour avoir écrit sur un mur : « Jamais avec Hitler ! Vive le Parti communiste ! Front rouge ! ». Les nazis le relâchèrent peu après et il réussit à fuir en Hollande, où cependant en 1940, les occupants le reprirent, en l'accusant cette fois d'avoir abâtardi la race aryenne car Szepansky avait entretemps eu un fils d'une compagne juive. Ils l'enfermèrent dans le camp de concentration de Sachsenhausen. Il survécut à cinq ans de dure captivité et cette chanson est probablement un récit sur cette horrible période.

 

 

 

Juste deux mots, Lucien l'âne mon ami, deux mots de confidence. Beaucoup de gens eurent à subir des séjours plus ou moins musclés dans les cellules de la Gestapo ; certains – comme tu le vois ici – ont pu en réchapper...

 

 

Il n'y a rien là de confidentiel, dit Lucien l'âne...

 

 

En effet, mais il était indispensable de le préciser... Car évidemment, c'est une manière de rappeler que d'autres n'en sont jamais revenus, d'autres encore en sont revenus mal en point, très mal en point, quasiment détruits... et ce que je voulais te confier, c'est que mon propre père y est passé et y a été tellement bien reçu qu'il en est mort... Voilà pourquoi je porte un petit triangle rouge au col de mon veston et que j'ai un attachement tout particulier pour la devise que toi et moi (et je pense bien d'autres) avons adoptée : Ora e sempre : Resistenza !, que je t'ai raconté l’histoire de Joseph (sous le titre de Dachau Express [[8756]], les Histoires d'Allemagne (il m'en reste encore à raconter) et que j'ai entrepris de faire connaître les Gedichten d'Erich Kästner.

 

 

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I. à son ami Lucien Lane.

 

 

 

Le vent frappe la nuit à la fenêtre
Et hurlant à l'alarme
En Allemagne circulent des spectres
Ici, à l'intérieur, il fait chaud

 

Ils appellent ça prison
Le corps aussi est banni
Et pourtant, la destinée est là
Hélas, elle n'a pas de cœur.

 

On dirait une cellule d'un couvent
Le mur badigeonné à la chaux
Chaque vague éloigne de moi

Celui qui m'exécuterait autrement

 

L'esprit vagabonde librement dans la vie
Les chaînes ne le réduisent pas
Et le temps et l'espace s'envolent
Complètement dans la lumière pâle

 

Et nous sommes détachés
Du monde plein d'agitation
Comme est aussi mis de côté

Tout détail qui ne compte pas.

 

Seule compte la dernière vérité
Au regard acéré

La clarté pure devient leur fierté

Et leur chance d'exister

 

À l'heure sérieuse, nous demandons
Est-ce que ça a valu la peine
De te dire maintenant quand même
C'était le bon Front.

La mort à la gorge
Tu n'as plus de vie
Quand même ton âme est pleine
De ce qui l'entraînait auparavant

Quand nous aussi serons morts
Comme nous savons : la semence

Sort quand les têtes roulent
Alors, l'esprit s'impose même à l'État

Les derniers arguments
Ne sont pas la corde et le couperet
Et nos juges d'aujourd'hui ne sont
Pas encore le Tribunal mondial.

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Marco Valdo M.I.
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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 15:41

UN DICTIONNAIRE DE FRANÇAIS





Version française - UN DICTIONNAIRE DE FRANÇAIS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Un dizionario di francese – Riccardo Venturi – 1° marzo 2013



Texte de Riccardo Venturi
Musique du Chat Noir Redelnoir (Roi du Noir)
(qui vient de rentrer à la maison)







Il se dit que Gaetano Bresci, lorsqu'il fut enfermé dans la prison de Santo Stefano, sur l'île de Ventotene, se hasarda à demander s'il pouvait avoir quelque livre. C'était un homme de bonne culture, autodidacte, et il était particulièrement doué pour l'apprentissage des langues ; émigré à Paterson (New Jersey – USA), il avait été parmi les quelques Italiens à avoir appris rapidement, et parfaitement, la langue anglaise. La direction de la prison où il avait été enterré vivant, et d'où il sortira mort pas plus de deux ans après, lui répondit qu'à ce moment, dans la bibliothèque de la prison, on ne trouvait que deux livres : une bible et un vieux dictionnaire scolaire de français. Gaetano Bresci demanda le dictionnaire et il lui fut concédé. Il se mit à apprendre le français à partir de ce dictionnaire défraîchi, en mettant en mémoire mot sur mot et sans rien pouvoir écrire ; l'apprentissage linguistique réduit à sa nudité : le mot. Même lorsqu'il fut retrouvé mort dans sa cellule, officiellement suicidé, mais avec beaucoup de doutes à ce sujet et des doutes fondés, le vieux dictionnaire de française était là près du cadavre.



Je me suis imaginé quelques-uns des mots que Gaetano Bresci pouvait avoir cherchés dans ce volume pour les apprendre et qui furent les uniques témoins de sa mort.

 

 

 

Riccardo Venturi

 

 

 

 

 

Moi, dit Lucien l'âne, comme Riccardo Venturi, qui a fait ici une bien belle chanson, je reste persuadé que Gaetano Bresci a été purement et simplement suicidé... Et mieux encore, j'imagine qu'il l'a été sur ordre direct de celui qui avait fait semblant de le gracier... Car, de ce qu'on en sait, Gaetano Bresci était un homme paisible et en quelque sorte, un prisonnier calme et modèle.

 

 

De fait, Gaetano Bresci ressemblait bien au portrait que tu en fais. Ses relations avec son entourage était des plus neutres et pacifiques. En somme, il ne faisait pas de vague et cette histoire du dictionnaire le montre bien. Mais, dit Marco Valdo M.I., dans cette Guerre de Cent Mille Ans, les riches et les puissants ont une telle peur au ventre, une telle trouille – ils y tiennent à leurs privilèges, à leurs petites affaires et à leurs rogatons... – qu'ils n'hésitent pas à liquider ceux qui les ont mis en cause... Car, vois-tu Lucien l'âne mon ami, malgré ses apparences calmes, malgré ses moments d'apparents armistices, la Guerre de Cent Mille Ans n'est pas une guerre pour rire, c'est un combat à mort et cette dernière est appliquée par les puissants et les riches sans sourciller et sans remords. Souvent comme ici, sournoisement. Dans le cas de Gaetano Bresci, s'il ne fut pas tué tout de suite, c'est qu'il eût sans doute été gênant de l'exécuter au moment où commençait un nouveau règne... Il fut sans doute considéré qu'il était plus politique de le gracier d'abord et de le faire disparaître, ensuite.

 

Ah, dit Lucien l'âne, on donne d'une main et on reprend de l'autre, le lendemain. C'est comme dans le catéchisme de la Camorra où l'on prévoyait, dit-on, ce joli commandement : « Si on te frappe sur la joue droite, tends la joue gauche et tire après ». Ce n'est d'ailleurs pas le seul cas d'opposant au système qu'ils ont suicidé en prison... Ainsi que le raconte l'Histoire d'Allemagne de l'année 1972, où l'on parlait de Tortures et Suicides d'État [[41596]]. Comme quoi, nous devons mener notre tâche sans discontinuer et tisser ainsi le linceul de ce vieux monde emprisonneur, dissimulateur, vil, sournois, hypocrite, menteur, suicideur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Prigione, Prison.

 

Au delà du mur, par contre, de chaque mur de pierres ,
Quelque chose apporte des traces de vent
et de mer.

 

 

Catena, Chaîne.

 

Les bras, les mains asservies au poids du silence trop lourd
que je supporte ; en feuilletant des pages, des mots, tour à tour.

 

 

Luce, Lumière.

 

Comme née de rafales de sel, parfois violente
Et d'autres fois, sans nerf, vide,
Muette.

 

 

Potere, Pouvoir.

 

Du fond de cette page, jaillit une étincelle Inconnue mais toujours présente
De rage .

 

 

Guardiano, Gardien.

 

Hargneux, fait de pierre d'une poussiéreuse obéissance au néant,
d'une pauvreté d’engrenage sec,
d'un cri.

 

 

Merda, Merde.

 

J'apprends cet éclatant,

Ce magnifique mot d'histoire
En remplissant le pot dérisoire
De mes excréments.

 

 

Pensiero, Pensée.

 

Le vol pendant les heures sombres et infinies,
De bruits qui demandent de la vie cachée
Et défaite.

 

 

Il Re. Le Roi.

 

Je ne peux m'empêcher

De presser mon doigt sur ce mot,
comme sur cette détente

Dans le parc en juillet dernier.

 

 

La Morte. La Mort.

 

On traîne et patiente

L'Institution prévoyante,
Prépare une sobre cérémonie et la tombe
Dans la terre sombre.

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 20:27

EFFETS COLLATÉRAUX

 

Version française – EFFETS COLLATÉRAUX – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Effetti collaterali – Litfiba

 

 

 

 

Effets collatéraux
De propagande post-électoraux

 

Ce sont des effets secondaires
Réalité sur des vies démentielles

 

Pendant qu'on attend quelque signal
On espère pouvoir changer de canal

 

Ce sont les effets secondaires
De scandaleuses erreurs culturelles

 

Ce sont des effets que je n'aurais jamais voulu voir.
Si on veut, je cracherai par terre
Mais on ne pourra pas me convaincre

 

Les effets secondaires
Des prévisions, des nombreux sondages,
Tous experts, tous professeurs
Professeurs de droit et potentiels pécheurs

 

Ce sont des effets secondaires
Et leurs regards semblent immortels

 

Nous sommes parfaits, très spéciaux
Des phénomènes de cirque grimés en gens normaux

 

Ce sont des effets que je n'aurais jamais voulu voir.
Si on veut, je cracherai par terre
Mais on ne pourra pas me convaincre

 

Ce sont des effets que je n'aurais jamais voulu voir.
Si on veut, je cracherai par terre
Mais on ne pourra pas me convaincre

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Marco Valdo M.I. - dans Litfiba
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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 15:05

GRANDE NATION

 

 

Version française – GRANDE NATION – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Grande nazione - Litfiba – 2012

 

 

 

Italiens ! Comme vous vivez toujours dans une mêlée

Soyez prêts à recevoir des coups, des gifles et des claques,
Guelfes et gibelins à double face
Bébés, déjà vous devrez lutter
C'est la réalité d'une grande nation Oh ! Italiens !

Italiens ! Italiens !

Si nous sommes des poètes, des inventeurs et des saints

De notre histoire, nous ne retenons rien
Si Rome est ladrona
Et Milan joue la padrona,
L'Italie, elle, se dresse avec une auréole sur la tête
Nous sommes une grande nation
Notre Beau Pays et sa dévolution
Nous sommes une grande nation
Nous sommes les préférés de notre seigneur

Nous sommes Italie… ah ah ah… Italie!... Les meilleurs
Cent-cinquante et un ans de mafias et de maçons

Cent-cinquante et un ans de recommandations
Nous sommes le pays des jouets pour les riches

Une république basée sur la pantalonnade

Promue par des frères ennemis
Si nous sommes seulement cela

L'Italie s'éveillera
Avec l'esprit tout engourdi
Nous sommes une grande nation

Le Beau Pays de la dévolution
Nous sommes une grande chanson
Les préférés de notre seigneur, une grande chanson…
Nous sommes une grande nation
Mémoire courte, carotte et bâton
Nous sommes une grande nation
Cerveaux en fuite chez le dieu patron
Nous sommes une contradiction…

Italie… italienne Italie…

Italie… ah… oh… Italie...

 

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Marco Valdo M.I. - dans Litfiba
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 22:05

ULYSSE COUVERT DE SEL

 

Version française – ULYSSE COUVERT DE SEL – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Ulysse coperto di sale – Lucio Dalla– 1975

Texte de Roberto Roversi
Musique de Lucio Dalla

 

 

 

Je vois les chambres blanchies
Toutes les fenêtres grand ouvertes.
Pas de neige, du soleil
Pas de brouillard, le ciel !

 

Tout a disparu, tout a changé
Je reviens de mon passé
Tout est égal, irréel
Je suis Ulysse couvert de sel !

 

Il est vrai
la vie est toujours un long, long retour.
Écoute,
Je n'ai pas peur des sentiments.
Et alors regarde,
Je suis ici,
J'ai ouvert précautionneusement avec la clé ;
Comme dans le temps
J'ai laissé ma valise sur la porte
‒ j'ai laissé ma valise sur la porte.

 

J'ai regardé autour avant d'appeler, appeler
Je n'ai pas peur,
Je te dis que je suis revenu pour trouver, trouver
Comme autrefois
Dans cette maison
Ma force
Comme Ulysse qui revient de la mer
Comme Ulysse qui revient de la mer.


Une main de chaux blanche
Sur les murs de ma chambre
Ciel jaune d'Afrique,
Œil chaud d'enfance !

Je tire le soleil dans la chambre
Char de feu qui court sur le cœur
Car chaque jour est sable et fureur
Et pas toujours égales les heures !

Je veux te dire :
Ne retourne pas les ans comme un tiroir vide.
Écoute :
Même les jeunes n'ont pas peur d'un amour
Et jamais, jamais, jamais
N'arrachent de leur cœur les sentiments ;
Je te regarde,
Ta force est une ombre de lumière
Ta force est une ombre de lumière.

‒ La main plongée
Dans le vent du vent,
Air chaud,
Hurlent nos heures
Serrées dans un poing
Hurlent comme les oiseaux,
Les cailloux se consument,
On ne consume pas la vie
La journée est égale
À une main qui est blessée
Je suis Ulysse de retour
Ulysse couvert de sel !
Ulysse au lever du jour !

 

 

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Marco Valdo M.I. - dans Dalla Lucio
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 16:59

UN BOUQUET DE FLEURS



Version française - UN BOUQUET DE FLEURS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Un mazzo di fiori – Lucio Dalla – 1975



Texte de Roberto Roversi
Musique de Lucio Dalla
Album: Anidride Solforosa


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Et voici un de mes (désormais nombreux) retours au site. Même si, en réalité, je ne m'en vais vraiment jamais ; je me limite à regarder ce qui se passe et à m’exercer aux nobles arts de l'absence et de l'observation souterraine. Comme d'habitude, je reviens avec un « Extra » en le reprenant cette fois d'un des albums plus beaux et les plus importants de toute la chanson d'auteur italienne : Anhydride Sulfureux, écrit en 1975 par le poète Roberto Roversi sur la musique et pour l'interprétation de Lucio Dalla.
Roberto Roversi était un lecteur attentif des faits divers ; dans le même album, est présente par exemple une chanson, Carmen Colon dédiée à une enfant d'onze ans qui avait été victime d'un tueur en série. Mais celle-ci est une chanson de non-événement. Un épisode, peut-être relaté en deux lignes dans un journal local. Un suicide, comme on dit, « sans raison apparente ». À écouter ce dur et émouvant poème en musique, on ne peut s'empêcher de penser à la « nomina nude »  d'Umberto Eco ; c'est en effet un nom « nu » ce que nous trouvons ici.


Emilia Villesi. « Une femme quelconque » – comme l'écrit Alessio Lega dans
A-Rivista Anarchica (A – Revue Anarchiste )« qui fatiguée de vivre, se suicide en se jetant dans le Pô ; ce n'est pas le suicide romantique d'un poète qui court contre sa tempête, plutôt une reddition à l'horreur des voies maigres et inutiles du quotidien, en sachant que ses jours ne peuvent pas changer, c'est l'euthanasie de la vie considérée comme un mal incurable. » On pourrait ajouter bien peu à ces mots ; peut-être seulement mettre l'accent sur le terrible bouleversement du paysage de la campagne qui semble accompagner et souligner le geste final d'une pauvre femme qui se jette dans le fleuve en abandonnant la bicyclette sur le rivage et en tenant avec soi un bouquet de fleurs.
Si ceci est un site de « Chansons contre la guerre », celle-ci est une chanson qui parle de la quotidienne et indéfinissable guerre des vies ; qui est souvent perdue. Peut-être, peut-être, dans quelque archive oubliée, de vieux journaux ou de dossiers légaux et médicaux, on trouverait l'histoire d'Emilia Villesi ; mais on peut aussi bien dire que son histoire est toute ici, dans sa bicyclette par terre et dans ces six fleurs serrées dans son poing. À toutes les Emilia Villesi, à toutes les personnes qui se sont rendues est dédiée cette chanson et c'est une dédicace intemporelle. Une dédicace qui n'a pas seulement l'étendue des vers du poète, mais même l'architecture, tout aussi vaste de la partition du musicien. Ils furent trop peu ensemble ces deux Bolognais ; qu'ils le restent maintenant, et toujours, dans ce très vaste néant où ne les touchent ni le maintenant, ni le ici (ni le hic, ni le nunc). [RV]

 

 

 

 

Le soleil, cette année, est inquiet
Le chien s'enfuit de la maison
Et un veau ivre dans le pré
Encorne les pigeons.

 

Tous les cœurs de fleurs se glacent
Un fleuve lent rampe sur la poitrine
Au poil de loup de montagne
Et raconte ses toutes premières histoires.

 

Dans un ciel de vin et d'écume
Ce fleuve de glace et de plumes
Arrache des éclairs de feu aux prairies
Et tient ouvert sur l'eau un parapluie.

 

Femme et arbre sont vieillis
La chaise et la porte sont libres,
C'est l'heure : personne ne reste.

La plaine est cette herbe qui frémit.

 

La femme enfourche la bicyclette
Entre les cannaies et la digue haute,
Au bord du fleuve, elle ôte ses sandalettes :
L'eau écume, la vie a hâte.

 

Femme et arbre sont vieillis.
La misère, c'est la faim plus nette.
Là au bord du fleuve, elle ôte ses sandalettes
Et serrant du poing six fleurs, frémit

 

Passe une vague, la femme s'y jette.
La vague coule, la femme est noyée.
La vague casse la longue journée.
La vague déchire cette ombre fluette.

 

C'était l'ombre d'Emilia Villesi
Qui dans le Pô, transit
Bicyclette et sandales à terre,
Les fleurs au poing, elle serre.

 

Les chevelures fuligineuses
Voix des veuves sur l'eau,
Gifles des mains épineuses,
Parapluie ouvert au dessus de l'eau.

La misère, c'est la faim la plus noire.
Villesi Emilia avec ses pauvres habits.
S'est jetée dans l'eau du Pô, un soir
Pour mille ans, elle y vit.

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Marco Valdo M.I. - dans Dalla Lucio
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:01

GHETTO



Version française – GHETTO – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Ghetto - Modena City Ramblers – 2002





 

Je trouve que le message de cette chanson est très beau… une invitation pour les personnes les moins chanceuses à ne pas se résigner et à lutter pour devenir meilleures même dans les pires des circonstances, en outre une invitation à nous tous à ne pas tourner le dos et à tendre une main pour aider ces personnes.
Un message d'espoir pour les opprimés du monde, pour les Indiens de Rigoberta Menchù morts dans le génocide à Guatemala ; pour les victimes de guerre assistées de Gino Strada et d'Emergency ; pour les mexicains de Paco Taibo II ; pour les enfants de la Gare du Nord sauvés de la rue par Miloud ; pour les réfugiés de Sabra et de Chatila ; pour les désespérés du ghetto noir de Trenchtown ; pour le peuple des saharawi de Smara et El Ayoun, villes du Sahara Occidentale occupées par le Maroc ; pour les victimes des « troubles » à Falls Road, à Irlande ; pour les victimes des émeutes à Soweto et pour les prisonniers politiques (compris Nelson Mandela) pendant la période de l'apartheid à Robben Island.



Miloud Un ange vêtu en clown

Miloud Oukili, clown franç
ais sorti de l'école de cirque d'Annie Fratellini, a découvert les gamins des rues en Roumanie en 1992 lorsqu'il travaillait avec Handicap International dans les orphelinats, dans les hôpitaux et dans les centres pour adultes handicapés. Il profitait des instants de liberté pour découvrir les Roumains et faire des spectacles de rue. À une de ces représentations, il découvrit d'amusants spectateurs :
« Les enfants de rue ont été mon meilleur public, ils venaient regarder dans mon sac pour découvrir ce qui s'y cachait, ensuite ils disparaissaient mais ponctuellement ils réapparaissaient à chaque spectacle. »

Son nez rouge,ses balles et son sac lui servirent comme passeport pour s'approcher des enfants auxquels il enseignait les premiers rudiments de l'art du cirque. Le soir, il les accompagnait dans leurs refuges et passait la nuit avec eux, à l'entrée de la Gare du Nord, dans les souterrains de la ville. Ils jouaient aux vagabonds et à sourire à la police qui les poursuivait. Miloud partageait leur amertume, leur profonde solitude, leurs angoisses d'enfants abandonnés.

 

Ce fut ainsi que des enfants de Bucarest, sans passé et sans futur, ceux en rupture d'orphelinat, qui se droguent avec de la colle, qui se prostituent pour un sandwich au jambon, que les pédophiles brutalisent, peut-être tuent d'autant que personne ne réclamera même pas leur corps, trouvèrent un frère majeur.


Les enfants le surnommèrent « Miloud respect ! ».Il ne les a plus laissés. Fort de cette expérience et réellement convaincu de l'importance et de l'urgence d'approcher les gamins des rues selon les modalités par lui expérimentées, Miloud décida de structurer une véritable intervention.
D'abord il travailla six mois comme volontaire avec Terre des Hommes.
Lorsque le projet se conclut, il commença tout seul. Il repartit pour la France à la recherche d'un nouveau soutien. L'association Rue, Enfants, Ville lui permit de réaliser un premier programme. En partageant la vie de rue avec les garçons, Miloud réussit à leur faire comprendre que si la vie jusqu'à cet instant n'avait pas été généreuse à es faire sourire, eux, malgré tout, ils étaient capables de faire sourire les autres.
Un an plus tard est monté le premier spectacle.

Dans l'août de 1994 les garçons participèrent au festival d'art du moyen âge de Sighisoara.
La représentation rencontra un grand succès, en particulier parmi les opérateurs des services sociaux et culturels. Tous convergèrent dans la volonté développer l'expérience. La reconnaissance, les applaudissements, l’orgueil pour les résultats obtenus après un dur travail transmirent aux garçons le désir de changer de vie et de laisser la rue. Restait la grosse difficulté de garantir une continuité à ce choix. Miloud, qui avait réussi à allumer l'enthousiasme autour de lui, voulut donner à cette amusante école de cirque de rue les moyens pour poursuivre et réunit à cette fin certaines connaissances roumaines et des amis français motivés. L'urgence de l'intervention, mais même le sérieux et le caractère professionnel n'étaient plus à démontrer. Le jeune clown français créa une structure locale, indépendante où développer des activités artistiques autour de la notion de réintégration. En janvier 1996 se constitua « Fundatia PARADA »

Le résultat de six ans d'activité de Parada :

- 300 enfants et garçons ont fréquenté le premier centre diurne recevant une assistance socio-éducative ;
- 600 enfants et garçons ont reçu les soins médicaux de premier secours à travers l'équipe de Caravana ;
- 150 enfants et garçons ont été intégrés dans les écoles et dans leurs familles ;
- 50 garçons ont été réintégrés professionnellement ;
- 85 entre des enfants font partie de la Compagnie du Cirque de Parada et ont participé en Roumanie, en France et en Italie à la campagne de sensibilisation de l'opinion publique ;
- 85 jeunes habitent dans les appartements sociaux, Ils ont ainsi atteint la dernière étape du procès de réintégration sociale vers une réelle indépendance ;
- 27 collaborateurs roumains et 5 volontaires étrangers ont été formés en tant qu'assistants sociaux et éducateurs.

(tiré de parada.ifrance.com)







Cherche un peu d'amour dans le ghetto
Sors l'en, donne-leur une idée
Trouve les mots justes
Cherche-les au dedans de toi
Porte-les sur la rue
Parie sur la voix

 

Il y a celui qui ne remuera pas un doigt
Et qui se moquera de toi
Il y a celui qui ne remuera pas un doigt
Et qui se moquera de toi

 

Ils ont allumé les feux long des frontières
Dans la nuit sombre revient l'ululement des sirènes

 

Cherche un peu d'amour dans le ghetto
Trouve-le et sors-le du noir
Cherche un peu d'amour dans le ghetto
Sors-le et donne-lui une idée

 

Offre un peu de sueur
Laisse quelque chose derrière tes pas
L'indifférence tue
Mais l'exemple est une opportunité
Il laisse tomber le cynique
Le bêcheur déçu et le beau parleur
Qui ne veut pas comprendre
Tu sais qu'il ne comprendra jamais
Celui qui ne veut pas comprendre
Tu sais qu'il ne comprendra jamais

 

Ils ont allumé les feux long des frontières
Dans la nuit sombre revient l'ululement des sirènes

 

Cherche un peu d'amour dans le ghetto
Trouve-le et sors-le du noir
Cherche un peu d'amour dans le ghetto
Sors-le et donne-lui une idée

 

Demande-la à Nelson Mandela
Demande à Rigoberta Menchu
Demande-la à Gino Strada
Demande-la à Paco et à Miloud

 

Il n'est pas toujours vrai
Que les fourbes gagnent la partie
Il n'est pas prévu qu'il en soit ainsi
Il n'est pas toujours vrai
Que les fourbes gagnent la partie
Il n'est pas prévu qu'il en soit ainsi

 

Ils ont allumé les feux long des frontières
Dans la nuit sombre revient l'ululement des sirènes

 

Cherche un peu d'amour dans le ghetto
Trouve-le et sors-le du noir
Cherche un peu d'amour dans le ghetto
Sors-le et donne-lui une idée

 

Pour ceux de Sabra et de Chatila
Pour ceux de Trenchtown
Celui qui brûle à Soweto
Cherche un peu d'amour
Pour ceux de la Gare du Nord
Pour ceux de Smara et d'El Aayoun
Pour ceux de Falls Road
Robben Island maintenant est un musée
Robben Island…

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 19:57

Gloire aux Femens !

 

Chanson française - Gloire aux Femens ! - Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

http://static.euronews.com/images_news/img_pod_22-12-PIC-OF-DAY-Belgium-femen-activist-arrested.jpg

 

 

 

 

L'Italie est vraiment un enfer, dit Lucien l'âne en faisant une épouvantable grimace. Les flics sont tellement mal élevés qu'ils s'en prennent aux femmes... (http://www.corriere.it/politica/speciali/foto/2013/elezioni/nudi-al-voto/attiviste-femen-seno-nudo-contro-berlusconi_8cd6df56-7e7c-11e2-b686-47065ea4180a.shtml#1). Comme en Russie, comme en Chine, comme en Belgique... Et tout ça pour protéger une girouette politique...

 

 

D'accord, dit Marco Valdo M.I., ils ont fait fort, mais il faut bien reconnaître qu'à Anvers, ils cognent sur les mecs et c'est tout aussi dégueulasse. Mais, c'est à Mortsel, bij Antwerpen...

 

 

Cependant, quand même, avec un seul neurone sous leur couvre-chef, ces flics-là (à Milan, capitale de la Lombardie...) auraient pu et dû saluer ces femmes-là, courageuses et honnêtes – chapeau bas et respect; ils auraient dû leur faire la haie d'honneur, les escorter, s'agenouiller, leur baiser la main comme de galants chevaliers et s'en prendre vigoureusement à ce vieux salaud – pervers, grossier, con, escroc et menteur qui depuis des années, sous sa cuirasse de Président du Conseil des Ministres, derrière ses gardes du corps se pavane et trompe son monde et le nôtre. Car, figure-toi, Marco Valdo M.I. mon ami, cet éminent homme d'État, cet homme le plus intelligent du monde (qu'il dit!), ce héros des temps modernes (qu'il croit!), ce courageux paladin a besoin de gardes du corps (sept, dix, treize, cent, mille, dix mille ?) On est quand même en pleine Guerre de Cent Mille Ans que les riches font contre les pauvres pou imposer leurs mœurs par la terreur.... Il ne serait rien sans un tas de gardes du corps pour le protéger, car dans le réel, ce brillant Cavalier se cache derrière une troupe de mercenaires et n'ose pas affronter le monde directement... Il le fait seulement, par écrans interposés... Cet homme (mais en est-ce un?) fait la honte au peuple d'Italie, à tous les gens d'Europe et aux hommes du monde entier. Et encore, je modère mes propos, il pourrait y avoir des enfants qui nous lisent.

 

 

D'ailleurs, nous aussi, mon cher Lucien l'âne, mon ami, on crie hourra !, on salue ces femmes, on les vénère, on leur envoie nos plus chaleureuses félicitations et on jette la honte sur ces policiers sans conscience et sans ce qui fait d'un homme, un homme, sur ces policiers, tout juste bons à être gardiens de Dachau ou d'Auschwitz... Tout juste bons à obéir aux ordres sans même réfléchir...

 

 

Ah, Marco Valdo M.I. mon ami, penses-tu un seul instant que de tels êtres soient capables de penser ? Pour le reste, leur côté animal reproducteur, je n'en sais rien... On en sait peut-être quelque chose au Vatican... Mais comme toi, j'imagine que s'ils en avaient (Habent et bene pendentes ?), ils ne s'en seraient pas pris à des femmes... Ils auraient eu un sursaut de résistance (Ora e sempre : Resistenza!). S'ils avaient un peu de dignité... Qu'on ne me dise pas que c'est impossible... Il y a des exemples... Par exemple, les soldats du Dix-Septième de ligne... [[704]] qui malgré les injonctions virulentes du gouvernement et de leurs officiers, ont refusé de s'en prendre aux viticulteurs et ont tranquillement retourné leurs baïonnettes. Donc, si ces policiers milanais (ou d'ailleurs) avaient été des gens d'honneur et de courtoisie, ils n'auraient jamais, au grand jamais accompli pareille infamie... Si c'était le cas... si c'eût été des gens corrects, on le saurait et en plus, ils n'auraient même pas été engagés dans ces meutes... ou alors, ils dénonceraient tous les jours à la face du monde ce que font leurs collègues véreux ou tout ce qu'on les obligerait à faire, tout en refusant de le faire... Avec obstination, insubordination et dignité humaine.

 

 

Je sais, je sais... Enfin, en ce qui concerne ces flics-là qui s'en sont pris à des femmes et en plus, à des femmes sans armes, pacifiques, partiellement et dans certains cas, totalement dénudées (signifiant ainsi qu'elles n'ont que leurs corps pour affronter les armées des puissants et des riches) et qui en plus énonçaient une vérité éclatante (ce monsieur est un personnage ignoble), je suis persuadé qu'ils tueraient père et mère, s'ils en recevaient l'ordre... C'est pour elles d'abord que j'ai fait cette chanson et leurs (nos) soeurs. C'est une parodie de la chanson de Montéhus, dont tu parlais tout à l'heure, qui peut se chanter sur son air et qui s'intitule « Gloire aux Femens ! ». Pour ce qui est des lâches comportements de la police, j'aimerais beaucoup qu'on me montre le contraire... par exemple, un flic refusant d'accomplir un ordre contraire à la morale, à la raison, à la dignité (la sienne ou celui de sa future victime) ou même, aux droits de l'homme, de la femme, des étrangers, des travailleurs, des chômeurs, des pauvres... ou tout simplement, refusant d'exécuter un ordre idiot... Note que j'ai connu ça : un jour, il y a bien longtemps, un agent s'est excusé de m'avoir bousculé avec son engin contondant dans une manifestation. Ce fut une exception... D'autres m'ont frappé, d'autres m'ont emmené, d'autres m'ont arrêté, d'autres m'ont enfermé et j'attends toujours leurs excuses.

 

 

Il faut bien, dit Lucien l'âne, une exception pour confirmer la règle.

 

 

Bref, j'aimerais que parmi ces gens-là, on me montre des hommes droits et corrects... Simplement, corrects. Mais je vois bien qu'à l'exception près, ils n'ont ni conscience, ni cerveau, ces gens-là. En fait, ce sont des chiens de garde... On siffle et sur ordre, ils attaquent... Ils frapperaient et tueraient n'importe qui... Les exemples ne manquent pas, d'ailleurs. Dans les années 40, en Allemagne, ils auraient eu droit à un uniforme noir, avec une tête de mort... Ce sont des tortionnaires, des malappris, des machos et des imbéciles...

 

 

En effet, Marco Valdo mon ami, on pourrait rêver de policiers honnêtes et consciencieux qui refusent d'accomplir des ordres contraires à la loi ou quand la loi est insuffisante ou malhonnête ou contraire aux lois humaines (par exemple, on ne s'en prend pas à une femme désarmée), contraire aux lois de l'humaine raison (on n'attaque pas des gens paisibles ou des gens qui réclament leurs droits, des gens qui marchent pour la paix, des gens qui demandent à manger, des gens qui protestent contre des injustices, qui dénoncent la misère ou des gens qui disent la vérité...) ou on pourrait rêver d'agents des services ou de la puissance publique qui refusent d'appliquer les ordres ou la loi elle-même quand elle va à l'encontre de l'humaine raison ou de l'humaine nation.

 

 

C'est d'ailleurs ce que dans certaines bonnes constitutions, on appelle pour les fonctionnaires et les agents de l’État ou pour les agents des services publics et les agents des forces publiques (eux qui somme toute, sont, par délégation, la force mandatée par les gens du peuple), y compris les policiers et les militaires, y compris les magistrats et les ministres, on appelle le droit de réserve, le droit de conscience... Mais évidemment, quand on n'a pas de cerveau, on ne peut y penser... et même si on s'en souvient et qu'on y pense, il faut encore oser l'appliquer... Louis Jouvet disait : « Pour être un homme, il faut avoir des couilles au cul... »

 

 

En effet, il est difficile d'être digne quand on a peur du maître, quand on mange dans la gamelle, quand on fait carrière... Et puis enfin, quand on n'a pas de dignité, on ne veut pas y penser : on veut oublier ce qu'impose la dignité humaine... Ainsi, il appert que ce vieux monde est en décomposition avancée, il sombre de partout, il pue de tous les côtés... Tissons donc son linceul, il est plus que temps d'y mettre fin et de le remplacer par un monde de vivants honnêtes et sains. Ne sentez-vous pas ses remugles malsains... Il est cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Légitime est votre colère
Votre refus est un grand devoir
On ne doit jamais laisser faire
Les grands qui sont au pouvoir
Femmes, votre conscience est nette
Il faut mettre au jour tous leurs méfaits
En récusant les malhonnêtes
Femmes, oui, vous avez bien fait.

 

Salut, salut à vous
D'avoir agi ainsi quand même
Salut , salut à vous
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous
À votre geste magnifique
Vous auriez en restant chez vous
Assassiné la République

 

Comme les autres vous aimez la vie
J'en suis sûr même vous l'aimez bien
Mais sous le beau ciel d'Italie,
Les riches se moquent des citoyens
La vie, c'est d'abord d'êtres libres
Et de vivre bien parmi les siens
Et vaut mieux même aller en galère
Que d'accepter de tels aigrefins

 

Salut, salut à vous
D'avoir agi ainsi quand même
Salut , salut à vous
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous
À votre geste magnifique
Vous auriez en restant chez vous
Assassiné la République

 

Espérons qu'un de ces jours, patience
Il n'y aura plus de guignols comme ceux-là
Ayons tous au cœur cette espérance
Que bientôt ce grand jour viendra
Vous avez montré votre courage

Et votre admirable volonté
Quand la révolte tournera à l'orage
Ce jour-là, vous serez toutes fêtées.

Salut, salut à vous
D'avoir agi ainsi quand même
Salut , salut à vous
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous
À votre geste magnifique
Vous auriez en restant chez vous
Assassiné la République

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:12

ENFER

 

 

Version française – ENFER – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Inferno - Metamorfosi – 1973

 

 

 

Une suite de 40 minutes, qui revisite l'Enfer dantesque en l'actualisant aux années 70.

 

 

 

Introduction

 

Sur les ruines d'anciennes villes
croissent des fleurs sans couleur.
Des arbres tristes tendent au ciel
des branches rongés par le temps.

 

 

Selva Oscura

 

[Instrumental]

 

 

Porte de l'Enfer

 

Abandonnez toute espérance
Ô vous qui entrez, âmes damnées,
Au chaud et au gel vous souffrirez !

 

 

Caron

 

Caron démon,

Yeux de feu dans le noir.
« … et n'espérez jamais revoir le ciel,

Âmes noires

Vous brûlerez au feu éternel! »
Caron démon

 

 

Dealer de drogue

 

Maintenant que tu pestes de rage et de douleur
Toi, le dealer de drogue, tu pleureras.
Tu es condamné aux ténèbres les plus dures
Et tu n'auras pas les illusions que tu donnas.
Des yeux éteints dans le vide cherchent après toi,
Des larves humaines d'un monde dépourvu de toute réalité.
Combien de fois ont souffert de ton avidité,
Mais ce n'est pas avec l'argent que maintenant tu payeras.

 

 

Tremblement de terre

 

[Instrumental]

 

 

Limbes

 

[Instrumental]

 

 

Luxurieux

 

« Nous sommes damnés ensemble,
Nous souffrons ces peines
Et nous ne retournerons jamais en arrière.
Amants nous fûmes en vie
Du vice et du plaisir
Et nous ne retournerons jamais en arrière. »

 

Vous êtes damnés ensemble,
Vous souffrez ces peines
Et vous ne reviendrez jamais en arrière.
Pervers et invertis,
Amants interdits
Vous ne reviendrez jamais en arrière !

 

 

Avares

 

« Je n'ai jamais prié
L'argent était mon Dieu
Et c'est ici que je devrai payer. »
Combien de fois tu as joui de voir
Les gens tomber, tu étais aveugle et tu devras payer.

 

 

Violents

 

Rouge coule le sang
Sur les sentiers où fragile est la vie.
Soleil enflammé d'un jour d'août
Lorsque s'évanouit sa vie.
Il tomba frappé de deux canons sciés
Parce qu'il t'avait trahi.
Avec le caillou en bouche il fut retrouvé
Dans ce champ d'oranges.
Deux jours après, tout le village
Suivit ses dernières obsèques.

 

Lente une foule marche
En suivant un autel de mort.
Pleure une femme qui seule est restée
À lutter dans silence.
Noir est le voile sur son visage
Il couvre deux larmes de douleur.

 

 

Chaos

 

Grandes mers de lamentations
D'ombres égarées dans le noir
D'une nuit sans fin
Où se perd l'illusion.

 

Faces blanches, regards absents
Yeux marqués par la haine.
Chaos, chaos
Noires prisons des pleurs
Exploiteurs

 

Avec les mains de patron
Tu as exploité mes gens.
Tu as coupé leur grain
Avec la faux de la loi.
Tu as donné au monde en pâture
Des femmes, de jeunes créatures,
Des vieux avec la mort au cœur,
Des hommes par le soleil maintenant brûlés.
Avec les mains de patron
Tu as exploité mes gens.
Mais dans un lac de sueur
Maintenant tu coules lentement.

 

 

Racistes

 

Tu as méprisé un homme
Pour en faire ton esclave.
Sur les champs de coton
Son dos est trop rond.
Travaille homme nègre !
Sue ! Pleure ! Meurs !

Hommes masqués, secte de damnés
Fixés à ces croix
Brûlez maintenant !

 

 

Fossé des Géants

 

[Instrumental]

 

 

Lucifer (Politiciens)

 

Plongés dans cette mer,
Vous gèlerez dans l'éternité,
« Messieurs les présidents »
Avec votre politique
Vous avez tressé toutes les tromperies
Et trahi l'idéal de l'homme.

 

Sur le trône de la mort
Monstrueux Empereur
Broie ces damnés
En répandant ta rage.
Et mon sang se glace
En pensant à notre Enfer.

 

 

Conclusion

 

et ce fut ainsi que nous revînmes
Pour revoir les étoiles

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Marco Valdo M.I.
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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 20:56

La vie continua



Canzone française – La vie continua – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 88

An de Grass 89

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

  TRABANT MUR

 

 

 

 

 

 

Mon ami Lucien l'âne, je sais bien que les ânes ne circulent pas en automobile, même s'ils en sont d'une certaine manière les ancêtres. Cependant, je voudrais savoir si tu connais la Trabant et la Wartburg, des voitures, qui si elles n'existent plus, je veux dire si on ne les fabrique plus, ont marqué bien des mémoires. Déjà par leur aspect, puis aussi par le bruit si caractéristique que leurs moteurs deux-temps émettaient et par l'odeur d'huile qu'elles répandaient. C'étaient les voitures fabriquées en Démocratique et c'étaient elles qui occupaient à peu près seules les routes et les rues du pays. Ce sont les héroïnes de l'Histoire d'Allemagne de cette année 1989.

 

 

Il est vrai, comme tu le dis si judicieusement, Marco Valdo M.I. mon ami, que les ânes circulent rarement en automobile et c'est également mon cas. Par contre, cela n'implique pas que l'on ne connaisse pas les autos. Tu comprends bien que nous les ânes, les routes et spécialement les routes anciennes et secondaires, ça nous connaît. J'ai personnellement croisé des milliers de vos puantes voitures et un peu partout, du simple fait que je suis moi-même asinomobile, à moins qu'il ne faille dire oinomobile. J'ai traîné mes sabots dans les coins les plus bizarres, les plus inattendus. Dès lors, j'ai bien évidemment croisé des Wartburgs, des Trabants... Et tu as raison, j'en garde un souvenir olfactif des plus émus. Mais, dis-moi, que viennent-elles faire dans cette Histoire du jour... En quoi intéressent-elles le narrateur, car je suppose qu'à l'ordinaire, il y a un narrateur et puis d'abord, qui est-il ?

 

 

Notre narrateur du jour est l'auteur soi-même. Il répond à cette question-bateau, mille et mille fois posée : que faisiez-vous ce jour-là ? Et ce jour-là est celui où le Mur est tombé... Comme tu le sais, seulement d'un seul côté.[[7911]]... Il raconte « Tranquille, tranquille » que la radio annonce l'événement, la réaction à chaud face à l'événement : « C'est dingue ! », il pèse le sens de l'événement : « bonne nouvelle ou bombe à retardement ? », il voit ce qu'il voit sur le Mur : « À califourchon, à califourchon » et évidemment, comme je te disais, les voitures : « Voyez les Wartburgs, voyez les Trabants » et il conclut sur un constat de frayeur : « Joie et terreur, le Mur tomba ; joie et terreur, la vie continua ».

 

 

Avec le recul, dit Lucien l'âne un peu pensif, il me semble qu'il n'avait pas tort dans sa double appréciation. Ce qui rejoint assez bien la réflexion du maçon sur le deuxième côté du mur, qui n'est toujours pas tombé près d'un quart de siècle plus tard.

 

 

On en saura plus d'ailleurs dans les années à venir où le narrateur reviendra sur cette dichotomie et sur le pénible destin qui attend la Démocratique, qui va se faire bouffer toute crue par la Fédérale... et sombrera dans un insondable abîme économique, dont les conséquences sociales sont encore aujourd'hui des plus désastreuses. Et regarde bien ce qui est raconté ici et ce qui a été fait là-bas en ce temps-là, ce démantèlement de tout un monde afin d'en extraire jusqu'au dernier Mark... Car c'est ce qui attend à présent bien des régions d'Europe, qui sont victimes de ce « rêve d'Otto », dont je t'ai déjà entretenu.

 

 

Ah, dit Lucien l'âne en riant, il me vient à l'esprit un énorme calembour à propos de ce rêve... C'est en faisant miroiter le « rêve d'autos » qu'on piège les gens et qu'on réalise le « rêve d'Otto »... On fait rêver les peuples crédules aux « berlines allemandes ». Et cet ersatz de bonne vie paye bien des collaborations, suscite bien des ralliements et provoque les plus stupides aveuglements. C'est une de ces phases de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font contre les pauvres, avec mille ruses et mille illusions afin de les appauvrir encore, de les serrer si fort qu'ils sentent en leurs cœurs le froid de la terreur... On en est là dans cette Europe qui étrangle la Grèce – REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN (s'ils n'ont pas déjà commencé...), a posé des pattes griffues sur l'Espagne et le Portugal, louche désespérément sur l'Italie, etc... À quelle sauce seront mangés les autres ? On peut aisément l'imaginer... On comprend ainsi aisément que nous soyons ne résistance (Ora et sempre : Resistenza!), pourquoi nous tissons obstinément le linceul de ce vieux monde leurré, trompé, manipulé, manœuvré et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

On roulait sur l’autoroute vers Berlin

Tranquilles, tranquilles

La radio culturelle égrenait son train-train

Tranquille, tranquille

Et puis, elle dit : le mur est tombé à Berlin.

Tranquille, tranquille

 

 

Joie et terreur, le Mur tomba

Tout le monde cria : C'est dingue !

On but une Pilsen, puis une autre

Joie et terreur, la vie continua

On but encore une Pilsen, puis une autre

Et on cria encore : C'est dingue !

 

 

Nos amis de l'autre côté l'apprirent

Fortuitement, comme en passant

Tout juste un bruit de fond, une mire

À la télé allumée par désœuvrement

Et durant un instant, ils se réjouirent

Mais bonne nouvelle ou bombe à retardement ?

 

 

 

 

Wartburg 353 W

 

 

 

 

 

 

 

Sur le Mur, des jeunes gens grimpaient

À califourchon, à califourchon

La police des frontières regardait

Bras croisés, ces polissons, ces polissons.

Mais tout changeait, tout basculait

Quand on mettait le son, quand on mettait le son.

 

 

Le Mur était tombé, oyez, oyez

Voyez les Wartburgs, voyez les Trabants

Qui passent la frontière ouverte, voyez

Les gens dans leurs Wartburgs, dans leurs Trabants

Tous ensemble, quel embouteillage, oyez, oyez

À l'odeur d'huile des moteurs à deux temps.

 

 

 

 

 

 

TRABAN

 

 

 

 

 

 

 

Tout le monde cria : C'est dingue !

On but une Pilsen, puis une autre

On but encore une Pilsen, puis une autre

Et on cria encore : C'est dingue !

Joie et terreur, le Mur tomba

Joie et terreur, la vie continua

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