Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 20:27

Faut bien qu'ils vivent

 

[2013]
Paroles de Marco Valdo M.I.
Chansonchôme wallonne de langue française
Parodie de « Faut bien qu'on vive » - Gilles (Jean Villard) – 1935

 


 

 

 


 

 

 

Tout est foutu (chanson également de Gilles) 

 

 

 

Je sais, je sais, j'en avais déjà fait une de parodie avec la même chanson de Gilles et sur le même sujet... Elle s'intitulait : La Chanson des Chômeurs.

Et alors ?

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 


 

 

Sous prétexte qu'on est des chômeurs
Y en a des qui se foutent de notre gueule
Y en a même qui nous engueulent
Et nous disent la bouche en cœur
Qu'on n'a qu'à chercher du travail
Qu'à l'usine, il faut qu'on y aille

Nous, on aurait bien voulu
Mais des usines, y en a plus
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Faut bien qu'on vive !

 

On pourrait vu qu'on n'a plus un rond
Comme les banquiers recevoir des millions,

Et avec tout ce tas de pognon,
Nous en aller faire le tour du monde
On serait des chômeurs en goguette
On ne prendrait pas toute la galette
Nous, on préfère rester honnêtes
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Faut bien qu'on vive !

 

Nous du travail, on n'en trouve pas
Paraît qu'y en a dans les usines,

Mais y a plus qu'un mec par machine

Pas étonnant que pour nous, du boulot y en a pas

Et les patrons qui vivent à l'aise,

Avec des salaires grands comme ça

Menacent de supprimer des emplois.
Et en plus réclament des aides de l'État
Faut bien qu'ils vivent !

 

Ils pensent à l'argent tous les jours
Même, si nous, on a des fins de mois atroces

Nous, on pense surtout à nos gosses
Qui ne rigolent pas toujours
Nos enfants ont au moins un avantage
Quand leurs parents sont au chômage
Ils peuvent les voir tous les jours
Un peu de bonheur, quelle dérive
Faut bien qu'ils vivent !

 

Si on passe notre vie au café
Si, au loto, on taquine la chance
C'est uniquement par bienfaisance
Et par respect pour l'ouvrier
Son boulot, faut pas qu'on y touche
Ça serait lui arracher le pain de la bouche
Comme on n'a pas d'autre alternative
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Et les travailleurs aussi, faut bien qu'ils vivent !

Repost 0
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 22:05


SAUT PÉRILLEUX

 

Version française – SAUT PÉRILLEUX – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande –Saldo mortale Erich Kästner – 1929

 

 

Saut Périlleux, mon ami Lucien l'âne, est une chanson terrible. Elle raconte un suicide, mais d'une façon extrêmement concrète et directe. Un peu comme un reportage en direct. Ici, Kästner, qui est d'ailleurs journaliste, anticipe sur certains reportages de la télévision et fait remarquable, nous alors sommes en 1929... Kästner détaille seconde par seconde ce suicide dont le côté dramatique est encore renforcé par l'intervention d'un tiers qui veut « sauver » le suicidé. En somme, il le réveille contre son gré...

 

 

Si on ne peut même plus se suicider en paix...La vie ne vaut plus la peine d'être vécue..., dit Lucien l'âne en clignant de l’œil gauche.

 

 

En effet, on devrait pouvoir se suicider en paix et même, à mon avis, au besoin être soutenu... Dans certaines circonstances douloureuses à l'extrême, ce sont des choses qui peuvent arriver. Et vois-tu, Lucien l'âne mon ami, cette question du suicide est récurrente dans l'histoire des hommes et elle fut très développée dans cette Allemagne de Weimar si moderne, si en avance sur les temps barbares qui vont suivre son propre suicide ; la République de Weimar était sans doute trop en avance d'ailleurs dans certains domaines, dont notamment tout ce qui concerne la liberté des mœurs et des conceptions de la vie. Même si par ailleurs, elle était le théâtre d'un des épisodes les plus violents de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les écraser sous leur domination et de les forcer à subir l'exploitation la plus dure... Cet épisode va déboucher comme tu le sais sans doute sur le retour au Reich... et le pouvoir quasi-absolu des nazis sur les Allemands, avant que cette terreur tumorale ne s'étende au reste de l'Europe...

 

 

Bon, finalement, le suicidé est sauvé et puis ensuite ? Que se passe-t-il ?, demande Lucien l'âne en se redressant.

 

 

Eh bien, la chanson rapporte le soliloque du suicidé qui reproche à son « sauveur » de l'avoir tiré de son coma et lui reproche de l'avoir mis dans une situation de vie épouvantable, une vie de malheur, une vie qui ne vaut pas la peine d’être vécue. Et il lui crie au visage que le fait-même de l'avoir sauvé est en soi un meurtre... « Quand quelqu'un finalement, fait ce que j'ai fait, Alors son sauvetage est un meurtre. »...

 

Paroles de suicidé !, dit Lucien l'âne.

 

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, je pense bien que Kästner anticipait sur les années noires qui s'annonçaient. J'ai d'ailleurs un peu l'impression que ce suicide et ce réveil brutal et les tourments atroces qui vont reparaître, c'est un peu celui du peuple allemand. Lequel peuple, c'est-à-dire cette agglutination de gens qui vivent ensemble dans une même contrée et souvent dans une même langue, en subit encore toujours aujourd'hui les effets. Évidemment, pour éviter toute équivoque, il faut resituer cette notion de peuple dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans où on trouve les riches, les aspirants riches et leurs servants, d'un côté et les pauvres, c'est-à-dire le peuple, de l'autre. Comme le sent bien la pensée et la morale commune : le peuple, ce sont les pauvres. Point final.

 

 

Il fallait le dire, Marco Valdo M.I. mon ami, car bien des gens essayent de noyer le poisson et de faire accroire aux gens que la société est une entité commune et qu'il existe un bien commun équitablement partagé entre les riches et les pauvres... Mais c'est une odieuse mascarade.

 

 

Et pour en revenir au suicide, au droit au suicide, à l'impérieuse nécessité du suicide – dans certaines circonstances, il est une libération. Le suicide, c'est l'euthanasie d'une personne encore en état de s'auto-détruire... Et bien évidemment, on ne s'autodétruit pas sans de profondes et désespérantes raisons... Ce qui fait qu'en Allemagne de ces années-là, où la misère frappait – comme elle frappe en Grèce aujourd’hui (je dis en Grèce, mais aussi en Allemagne, au Portugal, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Irlande... et comme tu sais, en Italie), le suicide faisait rage, se développait et il atteignit des sommets dans la décade qui suivit... Jusqu'au suicide de presque tout le peuple allemand... lancé par une bande de délirants dans l'aventure suicidaire d'un Reich de mille ans.

 

 

Comme dans l'Europe d'aujourd'hui, on pourrait à certains égards retrouver bien des traits de cette période de la République de Weimar et pour éviter ce qui s'en est suivi il y a quatre-vingts ans, reprenons notre tâche, qui n'est certes pas de sonner le tocsin, quoique ce soit bien indiqué, mais de tisser le linceul de ce vieux monde répétitif, bégayant, suicidaire et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Un homme interrompt un suicide
Et l'homme sauvé, quand il dormait encore,
Quand enfin il revint à lui, lui écrivit
La lettre que voici :

 

« Âne, vous m'avez réveillé.
Vous vous êtes acharné sur moi. J'étais déjà mort.

Vous m'avez remis de travers et allongé.
J'étais déjà presque dans l'au-delà, saperlotte.

 

Vous n'avez jamais payé mes impôts.
Vous ne m'avez jamais prêté même un Mark.
J'avais une place, vous me l'avez piquée.
Vous ne m'avez rien apporté d'autre

 

Vous m'avez-moi trimbalé partout
Je voulais un travail. Pourtant, vous ne m'avez rien donné.

Vous m'avez regardé froidement et méchamment.
Vous m'avez parlé comme on parle à des voleurs.

 

Quand j'étais malade, vous ne m'avez pas soigné.
Quand j'étais malade, vous m'avez offensé.
Quand je vivais, vous ne vous êtes jamais empressé !
Et ma femme s'est donnée à vous.

 

Vous m'avez réveillé. D'où tenez-vous ce courage ?

Vous m'avez ramené. Je voulais m'en aller.

Quand quelqu'un finalement, fait ce que j'ai fait,

Alors son sauvetage est un meurtre.

 

Vous ne m'avez donc pas encore assez tourmenté ?
Cela doit-il encore une fois aller à vau-l'eau jour après jour ?
Je ne pense pas du tout ! Pour moi, c'est encore raté !

Je ne peux plus ! Pourquoi ? Parce que je ne peux pas. »

 

On ne doit pas vivre, quand on ne le peut pas.
Quand il a lu dans le journal son « Sauvetage »,
Il est monté au quatrième étage et s'est jeté
Dans la cour, où sa fille était assise.

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 21:28

 

L’DIÈRIN-NE BATAYE

 

Chanson wallonne (Liège) – L’DIÈRIN-NE BATAYE – Orchestre Roger Darton – 1971

Paroles de Roger Darton et Eugène Petithan -

 

 

 


 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici encore une version de l'Internationale, mais en wallon du pays de Liège, cette fois.

 

Tu connais ça toi, Marco Valdo M.I. mon ami...

 

À vrai dire, non. Je ne la connaissais pas cette « Dernière Bataille », ce qui est la traduction du titre liégeois. La dernière bataille, c'est-à-dire la célèbre Lutte finale. Elle arrive ici par des chemins bien compliqués et un peu tortueux et qui plus est par une voie des plus internationale. Je m'en vais t'exposer cette aventure, car c'en est une. C'est notre ami Riccardo Venturi qui, comme tu le sais, s'évertue à faire une sorte de Tombeau de l'Internationale (Tombeau au sens où on dit Le Tombeau de Couperin de Maurice Ravel [http://www.youtube.com/watch?v=1Mgw8pV4iPM] ou « Le Tombeau de Charles Baudelaire », « Le Tombeau de Poe », « Le Tombeau de Verlaine », qu'écrivit Mallarmé) avec cette page proprement titanesque [[2003]], donc Riccardo Venturi [R.V.] qui recueillit sur un site allemand une Internationale en wallon et m'en fit part en me demandant d'en établir le texte. Là, les choses se gâtèrent quelque peu. J'ai beau avoir quelque peu l'oreille ouverte au liégeois (tu verras plus bas pourquoi), il n'en reste pas moins qu'avec un orchestre et chantée... La transcription était quasi-impossible et quand bien même, je ne suis pas du tout un auteur wallon et ma transcription eut eu des orthographies improbables. Dès lors, il me fallait trouver le texte d'origine. Ce fut le début d'une sorte d'enquête...

 

 

Vu ton passé de journaliste, une telle enquête ne devait pas être hors de ta portée...

 

 

En effet, mon ami Lucien l'âne, j'ai dû recourir à des pratiques anciennes. Et comme tu le verras la méthode a du bon, car la voici enfin cette Dernière Bataille. Oh, j'avais vite fait de la retrouver, d'en retrouver les auteurs... D'abord, Roger Darton, mais manque de chance, il était mort en novembre dernier. J'ai retrouvé son disque (1972), j'ai retrouvé son éditeur à Bressoux, j'ai retrouvé son successeur au Trianon... Contact devait être établi avec son fils... Ne voyant rien venir, ne trouvant rien du côté des chorales syndicales, ne trouvant rien à l'Union Culturelle Wallonne... Abrégeons... J'ai finalement décidé d'indaguer sur la piste de l'autre auteur : Eugène Petithan... Il est mort depuis 22 ans... Mais, ô miracle, j'ai retrouvé trace de sa fille, grâce – et je ne l'invente pas – à Cocorico (une revue culturelle liégeoise)... Puis, j'ai reçu son adresse... Mais pas de téléphone. Cependant, Nelly habite à Ougrée à deux pas de la Leonardo da Vinci di Seraing...

 

 


 

 

Seraing, Seraing... Dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, Seraing, n'est-ce pas la ville de la demoiselle de magasin, dont tu fis une chanson ? [http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8969&lang=it]

 

 

Bien évidemment... Mais t'avais-je jamais dit, Lucien l'âne mon ami, que cette demoiselle allait devenir ma grand-mère et faire d'Armand, mon grand-père ? Mais pour en revenir à la Dernière Bataille, notre ami Angelo, qui préside cette association d'immigrés italiens de Seraing, a été voir Nelly Petithan chez elle... et voilà, Nelly nous a envoyé ce texte...

 

 

En effet, voilà une aventure curieuse... Mais enfin, c'est aussi une manière de tisser le linceul de ce vieux monde « canaye, voleur, profiteû, pouri » et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-arant leû daye

Voleûrs èt profiteûs

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-ârant leû daye

Et nos vikrans eureûs

 

 

Lèvez-ve tos les cis qui sos l’tére

Ovrèt po n’nin t’èsse èl mizère

Turtos essonle nos alans mostrer

Qui nos n’sèrans pu dominés

Nos volans d’ner à nos-èfants

Di l’ovrèdje,del djôye èt dè pan.

Nos nos batrans tot come nos péres

Zèls qui nos ont scrî nos’istwére

 

 

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-arant leû daye

Voleûrs èt profiteûs

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-ârant leû daye

Et nos vikrans eureûs

 

 

Fini dè profiter d’nos fwèces

Po nos ôtes,c’èst nosse seûle ritchesse

Nos n’volans pu passer po brubeûs

Ca nos-avans ossi dès dreûts

Fât qu’lès pouris rindèsse des comptes

Unis, nos mosteurans â monde

Qui l’pu fwèrt des pârtis sèrèt

Li grand parti dès cis qu’ovrèt

 

 

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-arant leû daye

Voleûrs èt profiteûs

C’èst l’dièrin-ne bataye

Qui nos fans as canayes

Is-ârant leû daye

Et nos vikrans eureûs


LA DERNIÈRE BATAILLE

 

Version française de l'INTERNATIONALE en wallon de Liège de Roger Darton et Eugène Petithan – La Dernière Bataille – Nelly Petithan – 2013

 

 

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens

Ils auront le coup mortel

Voleurs et profiteurs.

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens.

Ils auront le coup mortel

Et nous vivrons heureux

 

 

Debout tous ceux qui sur la terre

Travaillent pour éviter la misère

Tous ensemble , nous allons montrer

que nous ne serons plus dominés.

Nous voulons procurer à nos enfants

Du travail, de la joie et du pain.

Nous combattrons comme nos pères

Eux, qui ont écrit notre histoire

 

 

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens

Ils auront le coup mortel

Voleurs et profiteurs.

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens.

Ils auront le coup mortel

et nous vivrons heureux

 

 

Fini de profiter de nos forces

Pour nous, c’est notre seule richesse

Nous ne voulons plus être considérés comme des mendiants

Car nous avons aussi des droits

Il faut que les oisifs rendent des comptes

Unis, nous montrerons au monde

Que le plus fort parti sera

le grand parti de ceux qui travaillent

 

 

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens

Ils auront le coup mortel

Voleurs et profiteurs.

C’est la lutte finale

Que nous livrons aux vauriens.

Ils auront le coup mortel

Et nous vivrons heureux

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 21:25

CONNAIS-TU LE PAYS OÙ LES CANONS FLEURISSENT ?

Version française – CONNAIS-TU LE PAYS OÙ LES CANONS FLEURISSENT ? – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Kennst du das Land wo dieKanonen blühn ? – Erich Kästner – 1927

 

 

 

Eh, Marco Valdo M.I. mon ami, savais-tu qu'il y avait une chanson d'Erich Kästner dans les Chansons contre la Guerre ? Seulement, on l'avait attribuée à un chanteur... Du coup, on ne la trouve pas, on ne remarque pas l’important travail poétique contre la guerre de Kästner et à mon sens, c'est dommage. Car des interprètes de cette chanson, il y en a et il y en aura encore, mais l'auteur, il n'y en a qu'un seul et de plus, il n'a pas écrit que cela... Et cette chanson, c'est précisément celle que tu viens de traduire... Kennst du das Land wo dieKanonen blühn...

 

 

 


 

Kästner récite

 

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, tu fais bien de me le dire, cela m'évitera de faire un doublon – chose inutile. Cela dit, il me faut quand même faire une petite parenthèse à propos de cette chanson d'Erich Kästner qui avait un peu le goût de la parodie. Car il s'agit bien là d'une parodie d'un poème chanté lui aussi de Goethe et sans aucun doute, un texte connu de tous les jeunes Allemands... Le texte de Goethe doit figurer dans toutes les anthologies germaniques. J'imagine fort bien ce que un tel texte aurait pu susciter chez Francis Blanche et Pierre Dac... Ici, l'usage qu'en fait Kärstner est clair, limpide et constitue une réussite et fait de la bleuette goethienne ( Kennst du das Land wo die Zitronen bluhn... http://www.youtube.com/watch?v=ZMe22tHvG4c ) une chanson de combat de haute tenue contre le nationalisme armé des rêveurs d'Otto, les très rugueux héritiers du romantisme. On était au temps des casques d'Acier et de tonton Adolphe.

 

 

De fait, cette version résistante (Ora e sempre : Resistenza!) de Kästner me paraît une dénonciation du terrible destin qui frappait en premier lieu les Allemands eux-mêmes. C'est précisément de ce monde-là, ce fameux « là-bas » de Kästner, qu'il nous faut tisser inlassablement le linceul... Un tel monde est oppressant, opprimant, stérilisant, mortifère et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Connais-tu le pays où les canons fleurissent?

Tu ne le connais pas ? Tu feras sa connaissance !

Là-bas, les dirigeants fiers et orgueilleux se tiennent

Dans leurs bureaux, comme si c'étaient des casernes.

 

Là-bas, des galons de caporal soutiennent la cravate.

Et là-bas, on porte des casques invisibles.

Là-bas, on a des visages, mais pas de têtes.

Et celui qui va au lit, se reproduit sans tarder !

 

Quand un supérieur veut quelque chose

- et c'est sa profession de vouloir quelque chose -

On se tient d'abord fixe et ensuite silencieux

Les yeux, droit ! Et on plie l'échine !

 

Là-bas les enfants viennent au monde

Avec de petits éperons et la raie tracée sur la tête.

Là-bas, on ne naît pas civil.

Là-bas, celui qui tient sa bouche cousue est promu.

 

Connais-tu ce pays ? Il pourrait être heureux.

Peut-il être heureux et rendre heureux ?

Là-bas, il y a des champs, le charbon, l'acier et la pierre

L'ardeur, la force et d’autres belles choses.

 

Là-bas, de temps en temps, il y a même l'esprit et la bonté

Et un véritable héroïsme. Mais pas chez beaucoup.

Là-bas, un homme sur deux est un enfant

Qui veut jouer avec des soldats de plomb.

 

Là-bas, la liberté ne mûrit pas. Là-bas, elle reste verte.

Quoi qu'on y construise – ce sont toujours des casernes

Connais-tu le pays, où les canons fleurissent?

Tu ne le connais pas ? Tu le reconnaîtras bientôt.

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 15:10

 

 

LE PROBLÈME DU FÜHRER CONSIDÉRÉ D'UN POINT DE VUE GÉNÉTIQUE

 

Version française - LE PROBLÈME DU FÜHRER CONSIDÉRÉ D'UN POINT DE VUE GÉNÉTIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Das Führerproblem, genetisch betrachtet – Erich Kästner – 1932

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_K%C3%A4stner

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, j'avais suggéré l'autre jour dans notre conversation à propos de cette chanson à la paternité discutée [43426], dont j'avais intitulé la traduction LES ENFANTS JOUENT À LA GUERRE, chanson que tu avais toi-même attribuée provisoirement au plus célèbre et plus prolifique de tous les auteurs, je veux dire ainsi : l'anonyme, que si ce n'était Bertolt Brecht (et il y a beaucoup d'indices que ce ne serait pas lui), ç'aurait pu être Erich Kästner. J'avais lancé cette hypothèse un peu au hasard, mais elle me semblait cependant parmi les plus plausibles. Depuis j'ai un peu indagué sur cette voie et ce qui était hasardeux me semble pouvoir être argumenté. Ceux qui connaissent Kästner savent qu'il était un grand auteur de littérature pour la jeunesse (une position difficile où on est souvent ignoré des adultes et tenu soi-même pour un auteur mineur), mais il est moins connu qu'il fut aussi un grand journaliste à Berlin du temps où il était dangereux d'avoir un avis (demandez-le à Tucholsky, par exemple) sous le pseudonyme de Berthold Bürger (citoyen Berthold) et tout autant, un poète aux accents antimilitaristes des plus affirmés. Alors qu'il avait pu se réfugier en Suisse, il revînt en Allemagne pour en quelque sorte affronter la bête immonde. En conséquence, il fut plusieurs fois arrêté par la Gestapo et on interdit ses livres et on les brûla. On a donc là, un poète antimilitariste qui savait parler aux enfants... Je n'insisterai pas sur les initiales B.B.


C'est évidemment intéressant, mais ce ne sont là que des conjectures...


Des conjectures, en effet, Lucien l'âne mon ami, mais elles auront eu l'avantage de faire paraître Erich Kästner dans les Chansons contre la Guerre... et pour appuyer le propos, je vais ici te montrer une chanson sans musique (Verlaine avait bien écrit des Romances sans paroles et Brel Une Chanson sans paroles)...


Une chanson sans musique ?, dit Lucien l'âne. Mais moi, j'en connais tout plein des chansons sans musique , à commencer par L'Odyssée et l'Iliade et tout ce que les aèdes ont chanté ; ensuite, la chanson de geste – celle de Roland et les autres... En fait, la chanson n'a été réduite à ce qu'elle est maintenant que par la nécessité de tenir sur un disque et de faire du commerce. Et que dire des romances, ballades, lais, complaintes... Tranchons, la chanson est tout simplement un texte poétique... D'ailleurs, le poète chante... La poésie chante et la prose devient poétique dès l'instant où elle se met à chanter. D'ailleurs, c'est bien toi qui dit que les musiciens sont en retard... Villon et Rutebeuf, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire ont attendu Ferré pour être mis en musique, idem Théodore de Banville, Jean Richepin, Antoine Pol ont attendu Brassens et Brecht lui-même en français... attendit Boris Vian."Et voilà l'eau qui monte et le bateau qui descend..." Donc, tout texte poétique attend les musiciens...


Dès lors, voici une chanson de ce poète ici méconnu d'Erich Kästner. Une chanson des plus ironique qu'il fit en 1932 à l'égard du tristement célèbre Führer (toujours sans les musiciens – ils jouaient dans les fanfares du régime... ou alors, ils étaient en exil). On en a même un enregistrement de sa voix...

Fort bien. Écoutons-le alors. Puis reprenons notre travail qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde plein de bruits (de bottes) et de führers... oh, pardon ! De fureur, de ce vieux monde furieux, incendiaire, toujours gros d'une bête immonde et cacochyme.


Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Quand Dieu à la fin de la première semaine
Regarda le monde, et vit, qu'il était bon,
Alors, il se frotta les mains.
Une sorte d'exubérance l'a emballé.
 
Il regarda fièrement sa Terre
Et il vit la tuberculose, la Standard Oil et des armes
Alors, d'Allemagne, monta une plainte :
« Tu as oublié de créer notre Führer !»

 

« Dieu fut consterné. On peut le comprendre

« Mon cher peuple allemand », a-t-il écrit en réponse,
« Il faut simplement avancer sans Führer .
La création est finie. Grâce à Dieu. Bonne chance. »

 

Alors, nous restâmes là sans rien,
Abandonnés bonnement à l'histoire universelle.
Et : Tout ce qui arriva depuis lors,

Ne peut être saisi sans cette indication.

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 23:30

LES ENFANTS JOUENT À LA GUERRE

Version française – LES ENFANTS JOUENT À LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Kinder in den Krieg zu spielen – Anonyme





Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, te voilà bien catastrophé, me semble-t-il...



Que se passe-t-il ?

Mon ami Lucien l’âne, je vais tout te dire. D'abord, je ne suis nullement catastrophé, je suis tout simplement perplexe. Et je m'en vais t'expliquer pourquoi. J'avais comme tu le vois traduit une chanson allemande, intitulée « Kinder in den Krieg zu spielen » qui du reste est une chanson fort claire sur le chapitre de la guerre... et contre la guerre. La chose me paraissait limpide jusqu'au moment où j'ai lu les commentaires des divers intervenants dans le débat qui mettait en cause à tout le moins la paternité de Brecht. Et les remarques étaient fondées... Il n'y a pas d'autre trace de cette chanson ailleurs qu'en Italie, je veux dire dans l'Italie digitale. Nulle trace en Allemagne, rien sur d'autres parts.



C'est pour le moins curieux, en effet. Quand on sait combien Brecht est prisé par les Allemands (pas par tous, certes...), mais quand même.



Et puis, vois-tu Lucien l'âne mon ami, un pareil texte sur la guerre et les enfants , s'il avait été écrit par Brecht, aurait immanquablement fini dans les anthologies ou aurait fait l'objet d'une référence de l'Unicef, par exemple dans des programmes d'enfants en guerre, d'enfants soldats et pourtant, à ma connaissance, nulle trace, excepté... À tout le moins serait présent quelque part ailleurs... Mais rien. Ni en allemand... Ni en français et je peux garantir que les gens de théâtre de France – du moins, une part importante d’entre eux est très intéressée par tout ce qui a pu être écrit par Brecht.



Alors ?, dit Lucien l'âne en fronçant les sourcils et en formant un point d'exclamation de l'oreille droite.



Alors, ceci : j’ai un peu l'impression qu'on prête à Brecht bien des choses et notamment celle-ci. Mais me diras-tu, on lui en a tellement pris que ce ne serait qu'un juste retour... Et par exemple, s'il y avait un autre père à cette chanson ou ce poème, peu importe... Erich Kästner, par exemple...



À moi, dit Lucien l'âne en rougissant sous son poil noir comme les pentes de l'Etna, il me semble qu'il faudrait – en attendant de pouvoir préciser la chose – attribuer ce texte à l'auteur inconnu, généralement connu sous le nom de l’anonyme. Mais je t'en prie, fais-nous connaître ta version... Car compte tenu du sujet et de l'importance qu'il y a d'en faire état, me paraît rencontrer notre effort dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font sempiternellement aux pauvres, cherchant ainsi à mieux asseoir leur domination, à renforcer leur puissance et à les terrifier de mille façons, qui est s'emploie à tisser et tisser encore le linceul de ce vieux monde manipulateur, polémophile, guerrier et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Les enfants jouent à la guerre.
Il est rare qu'ils jouent à la paix.
Car les adultes
Font toujours la guerre,
Ils font « pan » et ils rient;
Le soldat tire
et un autre homme
ne rit plus.
Telle est la guerre.
Il y a un jeu plus subtil
Qu'il faut inventer:
Un sourire au monde,
Pas de pleur.
La paix signifie
Qu'il n'y a jamais

De jeu égal.
Ton jouet
Plaît aussi à
D'autres enfants
Qui souvent n'en ont pas,
Pourquoi as-tu autant ;
Les dessins d'autres enfants
Ne sont pas des pâtés ;
Ta mère
N'appartient pas seulement à toi ;
Tous les enfants
Sont tes amis.
Et la paix est toujours encore
Ne pas avoir faim
Ne pas avoir froid
Ne pas avoir peur

 

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 18:37

DANS LES PACAGES DU SUND

Version française - DANS LES PACAGES DU SUND – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - In den Weiden am Sund – Bertolt Brecht – 1938


 

Vers de Bertolt Brecht, écrits pendant la première phase de son exil, lorsque il s'établit sur l'île de Funen près de Svendborg au Danemark. En fait le morceau fait partie du « Svendborger Gedichte » (des « Poésies de Svendborg ») et est précisément la troisième partie de la composition intitulée « Frühling 1938 » (sur le site se trouve déjà la première, Ostersonntag). Le nom « Sund » qui paraît au premier vers devrait se référer au canal entre Funen et Vindeby à Svendborg.

Musique de Hanns Eisler du « Hollywooder Liederbuch/Hollywood Songbook », œuvre composée entre 1938 et 1943 pendant l'exil newyorkais.


Dans les pacages du Sund
Ces nuits de printemps

La chevêche crie souvent .
Dans la superstition des agriculteurs
La chevêche fait savoir aux hommes
Qu'ils ne vivront pas longtemps.

Moi

Qui sait que j'ai dit la vérité
Sur les gouvernants,

L'oiseau de mort ne doit

Même pas m'en informer.

 

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 21:39

Honneur aux barbus !

 

Chanson française – Honneur aux barbus ! – Les Quatre Barbus
Paroles de Pierre Dac et Francis Blanche
Musique de
Gioachino Rossini,

 

LA BARBE :http://www.youtube.com/watch?v=OJb_vHfVSn4&gl=BE

HONNEUR AUX BARBUS ! : http://www.youtube.com/watch?v=gxcvNuBbudU

 

Pour notre jeune ami égyptien, athée et exilé, Alber Saber, voici la chanson « Honneur aux Barbus » (lesquels barbus d'Égypte et d'ailleurs ne supportent pas l'existence-même des athées et de la liberté que leur présence au monde implique), chanson tissée au point d'ironie et macérée à l'acide comique, où il est question de « Poils au menton... »

 

 

Poils au menton... Étrange rime pour un barbu … Te souviens-tu de la question d'Alphonse Allais aux barbus, qui constituait un des premiers sondages, en somme... « Dormez-vous avec la barbe au-dessus ou au-dessous de la couverture ? » Elle suscita une immense perplexité chez les porteurs de poils à la mâchoire... Certains en perdirent le sommeil... On parla même de suicides...

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, mais si tous les barbus du monde voulaient se donner la main... Comme le dit notre chanson, alludant ainsi à la scie de Paul Fort :

« Ah! mes amis voyez la jolie ronde

Qu'autour de la Terre, on ferait dès demain

Si toutes les barbes du monde

Voulaient se donner la main. »

 

 

Ah, dit Lucien l'âne, les barbes... N'était-ce pas le nom des Anciens chez les Cathares, des anciens et des Parfaits ?

 

 

Certes, au cours de l'histoire, il y eut toutes sortes de barbes et de barbus. Mais passons... On n'en sortirait pas s'il fallait énumérer tous les barbus célèbres à commencer par Zeus lui-même. De fait, la barbe a toujours occupé une place importante dans l'histoire et suscité beaucoup de commentaires... Par exemple, ici, tout est parti de Rossini et de son Barbier de Séville... Ce qui s'est passé est une revisitation des classiques par Francis Blanche, lequel avait subi dans ses jeunes années des leçons de piano... ce qui nous a valu Le complexe de la truite (Schubert) [http://www.youtube.com/watch?v=U7b0SPOYQNM] , La Pince à linge (Beethoven) [ http://www.youtube.com/watch?v=0sPcbMbpzo0] et cet Honneur aux Barbus (Rossini). Avec sans doute, une référence (les barbes et les barbouzes...) aux services secrets et à leurs actions et leurs interventions tout aussi secrètes dans les affaires du monde... Ce qui justifie amplement la présence de cette chanson dans les Chansons contre la Guerre.

 

 

En effet, dit Lucien l'âne en s'improvisant un bouc avec une touffe de chiendent. Ce qui moi me ravit, c'est le caractère intemporel de cette chanson et dès lors de son actualité quand on songe, par exemple, à ce qui se passe en Égypte et pas seulement et au rôle éminemment politique et nettement réactionnaire des barbus des bords du Nil et de partout ailleurs... Étant bien entendu qu'il s'agit là d'une espèce particulièrement virulente et nuisible de barbus... Heureusement, il en est de pacifiques...

 

 

Cependant, mon ami Lucien l'âne, cette chanson est une chanson double et je mettrai ici à la suite les deux versions et leurs textes – l'une complétant l'autre. Tu pourras ainsi apprécier le génie de ce duo assez délirant et carrément loufoque dans la ligne de L'Os à Moelle. Il faut en effet saluer ici les fondateurs du Parti d'En Rire [41079], le seul parti pour lequel je prendrais sans hésiter parti. Et je suppose, toi aussi...

 

 

Ah, dit l'âne Lucien en braillant à qui mieux mieux d'une voix à ridiculiser Stentor lui-même, dont je te rappelle qu'Homère en disait à peu près ceci : « le valeureux Stentor, qui, de sa voix de bronze,faisait autant de bruit que cinquante hommes »... En grec, bien évidemment. On ne m'enlèvera pas du crâne et du cerveau que ces deux rossinades comptent parmi les chansons les plus étonnantes de la chanson française. Faut bien qu'on rie ! Ce qui ne nous empêche pas de continuer avec une saine obstination à tisser le linceul de ce vieux monde libidineux, morne, pileux, réactionnaire, pénible, encombré de sinistres barbus aux allures assassines et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

LA BARBE

 

 

 


 


 

 

 

La barbe !
Toudoudoudou toudoudoudou toudoudoudou la lala la lala
La barbe !
Toudoudoudou toudoudoudou toudoudoudou la lala la lala

(Poum poum poum poum….)
Ta padalala la, ta padalala la, tou loudouloulou loulou loudouloulou loulou
Lou loulouloulou oulouloulou ouloulouloulou
Doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum palala
Doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum doudoudoudoudoum pala
Hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hm hmmm
La barbe !
(Tchoup tchoup tchoup tchoup…)
J’ai de la barbe, tu as de la barbe, nous avons et vous avez de la barbe
Car un jeune homme qui sort sans sa barbe
C'est un repas sans vin un soleil sans rayon –hon
Poil au menton –hon, poil au menton, poil au menton,
Poil au poil au poil au poil au menton
(Tchoup tchoup tchoup tchoup…)
J’ai de la barbe, tu as de la barbe, nous avons et vous avez de la barbe
Nous sommes les barbus, les valeureux barbus
Jamais déçus jamais vaincus, poil au poil au poil au poil au menton
Vive la barbe ! Grâce à la barbe non jamais rien n’est perdu (vive les barbus)
Vive la barbe ! Grâce à la barbe le pays sera défendu (vive les barbus)
Plus de menton plus de visage glabre, il faut des boucs épais et des mentons velus
Ton ton ton ton ton ton ton ton
Vive la barbe ! Grâce à la barbe non jamais rien n’est perdu (vive les barbus)
Vive la barbe ! Grâce à la barbe le pays sera défendu (vive les barbus)
Plus de menton plus de visage glabre, il faut des boucs épais et des mentons velus
Ah quel plaisir d’avoir une belle barbouze et de s’en servir
Ah quel plaisir d’avoir une belle barbouze et de s’en servir
Avec avec avec avec, avec avec avec avec du poil touffu
Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
et les barbus et les barbus
Vive la barbe et les barbus Vive la barbe et les barbus
Bar- bus !

 

 

 

HONNEUR AUX BARBUS !

 

Chanson française de Pierre Dac et Francis Blanche
(sur l'air de l'ouverture du Barbier de Séville de Rossini)

 

 


 

 

 


 

 

C'est Figaro qui jette un cri d'alarme oh la lalalala
Attention, attention, attention, oui
Car plus ça va moins on porte la barbe oh la lalala
Se raser devient une obsession oui non
Lalalalalalalala triste vie en vérité
La triste vie Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiee
Pour les barbiers
Qui n'ont plus rien
À nous couper (qui n'ont plus rien à nous couper)
Papapapa

Papapapa
De toutes parts

De toutes parts
On ne voit guère
Que des mentons
Des mentons nus
Comme des vers

Comme des vers
Des mentons nus
Ha ! Hé !
C'est dégoûtant

C'est dégoûtant
Mais où sont les
Barbes d'antan

Mais où sont les
Barbes d'antan
Barbes en brosse ou barbes à frisettes
Barbes en pointes en collier en côtelettes
Barbe jusqu'au nombril
Barbe jusqu'aux genoux
Barbe bleue, barbe rousse
Barbarie barbe à poux
À présent c'est zéro
C'est zéro c'est zéro c'est zéro c'est zéro c'est zéro c'est zéro c'est zéro c'est zéro ouiiiiiiiiii zéro

Ah! de grâce, comment voulez-vous que l'on fasse?
En rendez-nous nos barbus:
Gambetta et Landru,
Émile Zola, Sadi Carnot
Le Père Pujol, Victor ( Heu... Francen) Hugo

Ah! mes amis voyez la jolie ronde
Qu'autour de la Terre, on ferait dès demain
Si toutes les barbus du monde
Voulaient se donner la main.
Ah! mes amis voyez la jolie ronde
Qu'autour de la Terre, on ferait dès demain
Si toutes les barbes du monde
Voulaient se donner la main.

Voilà les barbus
Qui s'avancent
Et qui s'avancent pour sauver
Sauver la France

Sauver la France
et le monde entier!

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 21:55

CONTRE LA GUERRE



Version française – CONTRE LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Gegen den Krieg – Bertolt Brecht – 1933-1938

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

Texte de Bertolt Brecht
Musique de Hanns Eisler

 

 

 

Ce morceau, très célèbre, est en réalité basé sur une série de poésies brechtiennes, parmi lesquelles General, dein Tank (« Général, ton tank »), en partie récitée et en partie chantée. Eisler composa la musique en 1936 sur la base des principes de la dodécaphonie (élaborés in primis par Arnold Schönberg); le morceau est interprété par un chœur mixte a capella. Les textes proviennent de la Kriegsfibel, écrite par Brecht en exil à partir de 1933 ; la compositionfut terminée en1938.

(Ces éléments proviennent de la page en allemand : http://www.musiklk.de/2003/47eisler.htm, à laquelle on peut se référer pour des notes complémentaires sur la composition, certaines de caractère technique ).







À la fin de la dernière guerre il y eut

Des vainqueurs et des vaincus:

Chez les perdants,

Le peuple pauvre eut faim.

Chez les gagnants,

Le peuple pauvre eut aussi faim.

 

Ceux qui bâfrent la viande à leur table

Connaissent la satiété.

Ceux qui distribuent les cadeaux

Exigent l'esprit de sacrifice.

 

Les rassasiés parlent aux affamés

Des temps meilleurs qui viendront.

 

Ceux qui poussent le pays dans le gouffre,

Prétendent que gouverner est trop difficile pour l'homme du commun.

 

Si les puissants parlent de paix,

Homme de la rue, abandonne tout espoir

Si les puissants concluent des pactes de non-agression,

Petit homme, fais ton testament.

 

Avec la guerre, beaucoup de choses grandiront.

Grandira la richesse des possédants.

Grandira la misère des exploités, la faim, l'injustice et l'oppression.

Tout cela grandira.

 

Sur le mur était écrit : Ils veulent la guerre.,

Celui qui l'a écrit est déjà mort.

 

 

Quand les puissants parlent de paix,

Le petit peuple sait que c'est la guerre.

Quand les puissants maudissent la guerre,

Les ordres de mission sont déjà écrits.

 

Quand les puissants parlent d'honneur,

Le petit peuple sait que c'est la guerre.

Si les puissants nous promettent la gloire,

Les ordres de mission sont déjà écrits.

 

S'ils parlent des temps meilleurs,

Le petit peuple sait qu'il y aura du sang.

Quand les puissants parlent de victimes,

Ils désignent ainsi notre sang.

 

Ils parlent à nouveau de temps meilleurs,

De victoires et d'honneur,

Marie, ne pleure pas.

 

Quand on en vient à marcher :

Votre ennemi marche au dessus de vous.

La voix qui vous commande est la voix de votre ennemi.

Celui-là qui parle d'ennemi est notre ennemi.

Dans la bataille, l'ennemi se trouve dans votre dos.

 

Général, ton tank est une puissante machine.

Il abat des forêts.

Il broie des centaines d'hommes.

Mais dans sa conception, il y a une erreur :

Il a besoin d'un conducteur.

 

Général, ton bombardier est puissant

Il vole plus rapidement que l'orage

Et transporte plus qu'un éléphant.

Mais dans sa conception, il y a une erreur :

Il a besoin d'un monteur.

 

Général, l'homme est très utile,

Il peut voler, il peut tuer.

Mais dans sa conception, il y a une erreur :

Il peut penser.

 

Le pain des affamés est terminé

On ne connaît plus la viande.

La sueur du peuple

Est versée inutilement.

Sortant des cheminées des usines d'armement

S'élève la fumée .

 

Cette guerre n'est pas notre guerre.

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 20:14

 

MON JEUNE FILS ME DEMANDE ( LE FILS II)

 

 

Version française - MON JEUNE FILS ME DEMANDE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Mein junger Sohn fragt mich (Der Sohn II)‎ – Bertolt Brecht – 1940

 

 

Vers de Bertolt Brecht, un des 8 poèmes qui paraissent sous le titre « 1940 » dans les « Steffinsche Sammlung », recueil dédié par de Brecht à Margarete Steffin, sa précieuse collaboratrice qui le suivit même en exil et qui mourut de tuberculose en 1941 à seulement 33 ans.
Musique de Hanns Eisler de son « Hollywooder Liederbuch/Hollywood Songbook », oeuvre composée entre 1938 et 1943 pendant son exil newyorkais.

 

 

 

Mon jeune fils me demande : Apprendrais-je les mathématiques ?

À quoi, je pourrais répondre.

Que deux morceaux de pain font plus qu'un

Cela tu remarqueras aussi bien ainsi.

 

Mon jeune fils me demande : Apprendrais-je le français ?

À quoi, je pourrais répondre.

Ce Reich s'effondre.

Frotte-toi le ventre avec la main et gémis
Et on te comprendra aussitôt

 

Mon jeune fils me demande : Apprendrais-je l'Histoire ?

À quoi, je pourrais répondre.

Tu apprends à mettre ta tête dans la terre

Là, tu pourras peut-être rester durer.

 

 

Oui, apprends les mathématiques, dis-je
Apprends le français, apprends l'Histoire !

 

 

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article

Présentation

  • : CANZONES
  • CANZONES
  • : Carnet de chansons contre la guerre en langue française ou de versions françaises de chansons du monde
  • Contact

Recherche