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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 13:56

Schefferville, le dernier train

Chanson québécoise de langue française – Schefferville, le dernier train – Michel Rivard – 1983

 

 

 

 

Schefferville - la mine - 1980
2014 - il reste 213 habitants

 

 

 

 

 

Comme, Lucien l'âne mon ami, comme tu disais l'autre jour en commentaire à une autre chanson : « « Pensez-vous que ne voulons pas rester ?
Ici nous sommes nés et ici nous voudrions vivre. »...
On dit et on pense la même chose dans le grand Nord québécois... »

 

Je m'en souviens bien, c'était une chanson de Calabre ; un coin situé on ne peut plus au Sud de l'Italie. C'était « Si dìcie c'all'Italia avim' a libbertà » [[47870]]. Tu l'avais traduite, d'ailleurs. Ce qui devait bien donner comme titre : « ON DIT QU'EN ITALIE NOUS AVONS LA LIBERTÉ ».

 

Et toi, mon ami l'âne Lucien, tu voulais qu'on mette ici la chanson de Michel Rivard : Schefferville, le dernier train ... La voici. On y découvrira qu'au nord, au Grand Nord, comme au Sud, au grand Sud, c'est partout pareil, c'est toujours la même chose, comme disait le hérisson qui piquait... Partout la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres a les mêmes conséquences : une sorte de ruée vers l'or (le fer, le cuivre, le charbon, la lignite, le pétrole, l'uranium...) où toutes formes de production et d'exploitation sont rageusement développées et puis, quand le filon s'épuise... On jette tout et les profiteurs s'en vont recommencer leurs manigances ailleurs ; alors, dans un vague désert de ruines, restent à survivre comme ils le peuvent les désenchantés... qu'on avait déracinés pour les planter là...

 

En effet, au Nord, au Sud, à l'Ouest, à l'Est, partout sur la planète et demain (si on n'y met pas fin à cette foutue Guerre de Cent Mille Ans qui, ainsi que le faisait remarquer George Orwell, se camoufle en paix...) partout dans l'espace, on nous fait toujours le coup du prince charmant, ainsi que le raconte le hérisson qui piquait... Dès lors, reprenons notre tâche sempiternelle et tissons tranquilles, tranquilles (dans ce marathon, l'essentiel c'est de tenir, résister... Ora e sempre : resistenza !, y compris dans le Grand Nord, le Grand Sud, le Grand Ouest, le Grand Est...) le linceul de ce vieux monde profiteur, exploiteur, auto-destructeur, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Il n’y a plus rien au Roxy
Depuis quelques mois
Y’a de la neige dans la porte
Du vieux cinéma
Dans la rue un chien jappe
Et se prend pour un loup
La nuit tombe sur la ville
Qui m’a donné le jour

A la brasserie ça chante
Plus fort que d’habitude
Pour la fête à Johnny
Qui s’en retourne dans le sud
Mais le sud de Schefferville
C’est pas la Jamaïque
C’est Québec ou Matane
Ou le Nouveau-Brunswick

En novembre passé
Ils ont fermé la mine
J’ai vu pleurer mon père
Sur la table de cuisine

C’était pas tant de perdre
Une job assurée
Que de voir s’évanouir le rêve
De trente années

Quand je suis venu au monde
Ils étaient jeunes mariés
Venus trouver l’amour
Et la prospérité
Dans une ville inventée
Par une grosse compagnie
En plein nord, en plein froid
Et en plein paradis

Aujourd’hui ça m’fait mal
De voir tout le monde partir
C’est icitte que j’suis né
C’est là que j’veux mourir
Avec une caisse de douze
Une aurore boréale
Et la femme de ma vie
Couchés sous les étoiles

J’ai passé ma jeunesse
A  prendre les bois
A la chasse à la pêche
A boire avec les gars
Un skidoo ent’les jambes
et l’orgueil dans le coeur
Je suis devenu un homme
Et j’ai connu la peur

Sur les traces de mon père
J’suis parti travailler
Et la mine de fer
Est devenue réalité
Comme l’amour de ma femme
Et la chaleur de mon foyer
Et la peur de m’faire prendre
Tout ce que j’ai gagné

Aujourd’hui ça m’fait mal
De voir tout le monde partir
C’est icitte que j’suis né
C’est là que j’veux mourir
Avec une caisse de douze
Une aurore boréale
Et la femme de ma vie
Couchés sous les étoiles
Couchés sous les étoiles

Et au bout de la ligne
C’est l’histoire qui décide
Si le poids de nos rêves
Nous entraîne dans le vide
Je suis monté à pied
Sur la côte du radar
J’ai vu mourir ma ville
Sous le soleil du nord

C’est pas moi qui peut changer
Le cours de la vie
Si y’a personne qui reste
J’vas partir moi aussi

Mais c’est moi qui veut fermer
Les lumières de ma ville
Lorsque le dernier train
Partira pour Sept-Iles
Lorsque le dernier train
Partira pour Sept-Iles

 

 
Schefferville, le dernier train
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Marco Valdo M.I.
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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 13:55

La Ballade d'Hoboken

Chanson française – La Ballade d'Hoboken – Claude Semal – 1977

 

 

 

Chanson écrite et composée par Claude Semal en 1977, "La ballade d'Hoboken " (Hoboken est une commune industrielle proche d'Anvers), est une chanson, qui dénonce la pollution par le plomb diffusée par l'usine d'Hoboken de l'entreprise belge de métaux Métallurgie Hoboken. Cette chanson fut « traduite en justice » en même temps que son auteur et interprète pour "diffamation". Ils seront acquittés.

 

 

Pour mieux connaître les chansons et le chanteur : http://users.skynet.be/selkirk/semal/chansons.htm – toutes les chansons de Claude Semal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la banlieue d’Anvers près du chantier naval
Un enfant m’a montré à côté du canal
Des cages sans oiseaux et des fleurs sans pétale
Voici l’histoire vraie de ce fait peu banal
Sous un ciel gris de plomb les enfants couraient
Oh ! l’air était si lourd le vent soufflait si frais
C’est un étrange orage qui se préparait
Dans le ciel au-dessus de Métallurgie-Hoboken

La Métallurgie produit des métaux sans fer
2.000 travailleurs y gagnent leur salaire
Mais sur les capitaux règne majoritaire
L’or de la Générale et de l’Union Minière
A plus d’un kilomètre tombe sur les jardins
La poussière du zinc, du cuivre, de l’étain
A plus d’un kilomètre tombe sur les maisons
la poussière du plomb de Métallurgie-Hoboken

Avril 73 on découvre dans un champ
Huit vaches et deux chevaux morts d’empoisonnement
On trouve assez de plomb incrusté dans leurs dents
Pour remplir les crayons de tout un parlement
Sous un soleil de plomb les enfants couraient
Le soleil était si chaud le sol était si près
Est-ce bien la chaleur qui les fait transpirer
La nuit dans le quartier de Métallurgie-Hoboken

Après ces incidents un comité d’habitants
D’Hoboken: ouvriers, employés, paysans
Découvrent en colère que depuis 20 ans
l’usine crache dans les airs 200 tonnes de plomb par an
Croyez -vous après ça qu’on va filtrer les tuyaux
Monter la cheminée, c’est déjà bien trop beau
25 mètres de briques pour polluer d’un peu plus haut
Voilà le seul cadeau de Métallurgie-Hoboken

Voilà le seul cadeau d’un patron capital
Le premier patron belge du secteur métal
Quand on a tant de fric, après tout c’est normal
Qu’on puisse assassiner pour raison commerciale
Du plomb dans le sang plus de cent enfants
Couchés à l’hôpital sont touchés par le mal
Mais les juges d’Antwerpen trouvant ça normal
Acquittent au tribunal la Métallurgie-Hoboken

D’un sommeil de plomb, dormez les enfants
Vous semblez si petits, lorsque vous serez grands
Nous serons des milliers pour faire sauter les plombs
Des barreaux des Barons de Métallurgie-Hoboken

 

 

 

La Ballade d'Hoboken
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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 14:43

La marche à suivre

 

Chanson française – La marche à suivre – C. Aloïsio - JC Watrin - 1978

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Claude Watrin

 

L'auteur compositeur et interprète belge Jean-Claude Watrin est né (1951) et réside à Saint-Mard, petit village gaumais de la province du Luxembourg (quelque part en Wallonie).

Il a sillonné les routes de Gaume et de Belgique avec ses amis musiciens pour interpréter ses propres textes ainsi que ceux de ses amis Claude Raucy, Joseph Collignon

En 1977, il participe au Festival du Temps des Cerises à Floreffe. En 1978, il participe à l'album collectif
Survivre à Couvin (contribution de plusieurs chanteurs à la lutte contre le barrage de l'Eau Noire). Son 1er album Chansons pour la Gaume paraît la même année. Il y interprète, en patois gaumais ou en français, des chansons de révolte (La marche à suivre, El Mimile et les èlections, Prenez le chemin des bois, Tchantans, tchantans, Chant de revendication) ou dépeignant la Gaume et ses habitants (La maîtresse dè Dampicou, El piquet, Tango de Champenois).

Suivent les albums
L'ouvrier du chapeau (80) avec La mauvaise étiquette, adaptation d'un titre de Brassens, Marie-Hélène (81), Hôtel (85), Rendez-vous (89) et Le chemin des bois.

 

On m'a signalé et j'ai promis de faire suivre... Alors, voilà, je fais ce que j'ai dit...

 

Évidemment, Lucien l'âne mon ami, je sais bien que tu es du genre « Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis » et je sais comme toi que ce n'est pas le cas de tout le monde... Loin de là... Moi, par exemple, je promets mille choses et je n'en tiens que très peu... Mais ce n'est pas de la mauvaise volonté, je ne suis qu'un homme moi, je fais ce que je peux... et comme je ne veux mécontenter personne... Je mécontente presque tout le monde... cela dit, qui est cet « on » qui t'a envoyé cette chanson ? Ce serait bien de le faire connaître...

 

D'accord, j'ai eu tort... Voici le message que j'ai reçu :

« Etes-vous intéressé par des chansons rares de lutte, de contestation, de résistance, de dénonciation... même si pas explicitement contre la ou les guerres?

Je vous livre celle-ci, déjà, en apéro: Jean-Claude Watrin « La marche à suivre ».http://www.bide-et-musique.com/song/.html.

 

Bonne audition.

Merci.

Jacques. »

 

 

 

 

Dès lors voilà, un nouveau chanteur en langue française... je dis ça, car il n'est pas Français, il est Wallon et plus encore, il est Gaumais. Une drôle de bande, les Gaumais... Des têtes dures comme des pavés... Cela dit, un brave zig, quand même. Enfin, vous lirez sa biographie. Il s'appelle Jean-Claude Watrin ; il a été prof, il a fait d'autres choses, il n'a plus rien fait, il a chanté, il a arrêté de chanter, il a recommencé... Toute une vie... Enfin, tu liras sa biographie. Je suis à l'aise pour dire tout ça, car il ne me connais pas.

 

Lucien l'âne mon ami, c'est à moi cette fois de te demander... Et la chanson dans tout ça ?

 

Certes, certes, j'y viens de ce pas. Pour faire court, il suffira de lire la chanson et éventuellement, de l'écouter (c'est mieux pour l'interprète) pour en apprécier la qualité... il s'agit d'une chanson sur le travail, d'une chanson contre le travail... Bref, une chanson qui se place dans le droit fil des chansons contre la guerre... Contre la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de multiplier leurs bénéfices, d'étendre leur domination, de renforcer l'exploitation, de faire croître leurs richesses... Mais reprenons, veux-tu, car il y faut y mettre la main chaque jour, notre tâche et tissons, tels les Canuts, le linceul de ce vieux monde oppressant, oppresseur, tuant, tueur, exploitant, exploiteur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 


Si tu as dix-sept ans
Et qu't'as besoin d'argent
Pendant à peine trois mois
J'ai travaillé dur à
L'usine Levi's d'Arlon
Fabrique à pantalons

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


A l'heure de la sonnette
Il est sept heures quarante
Les poches et les braguettes
Sont déjà en attente
Si tu ouvres la bouche
Pour parler du beau temps
Une contredame débouche
Avec ses arguments

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


On t'met un peu d'Clo-Clo
Du Sheila, du Ringo
Pour faire passer l'idée
Que l'travail n'est pas gai
Si tu demandes du Brel
On t'traite d'intellectuelle
On te r'met du musette
Du brouillard plein la tête

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


A dix heures c'est la pose
Alors tu te reposes
Le temps d'une cigarette
Dix heures à dix heures sept
Et puis ça recommence
Faut tenir la cadence
Les sermons du patron
Poussent à la production

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


Midi c'est l'heure du pain
Du fromage dans la flûte
Et dans dix-sept minutes
Tu reprends le turbin
Juste le temps tu as
D'te priver d'une tartine
Pour tirer deux trois fois
Sur l'mégot d'la copine

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment

 


Si tu veux faire pipi
On t'suit chrono en main
Trois minutes le matin
Et trois l'après-midi
Si tu tombes dans les pommes
Comme moi un beau jour
T'as vingt minutes de bonnes
Pour te remettre au jour

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


Deux heures trente c'est la pose
Alors tu te reposes
Le temps d'une cigarette
Jusque à deux heures trente sept
Et puis ça recommence
Pour la dernière fois
Quatre heure vingt ça sera
L'heure de la délivrance

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


Puis tu t'mets à penser
A tous ces ouvriers
Qui au bout d'la journée
Parlent de se révolter
Plus d'patron plus d'cadences
Plus d'travail à la chaîne
Il faut rompre le silence
Et tous briser nos chaînes

La marche à suivre
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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 20:22

LE BAL D'AURÉLIEN

 

Version française – LE BAL D'AURÉLIEN – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Il ballo di Aureliano Modena City Ramblers - 1997

 

 

 

 

 

NESTOR CARTOLINI

 

 

Dédiée à Nestor Cartolini, commandant du « TupacAmaru », groupe de guérilla guévariste du Pérou.


Alberto Cottica explique : « Un certain Fujimori, d'origine japonaise mais né au Pérou, fut élu démocratiquement Président ; un beau jour, il décide de suspendre pour une durée indéterminé les élections et réalise une espèce d'auto-coup d'état. Il est le président et il gouverne. Il gouverne un peu bien et un peu mal. M. Cartolini pense qu'il gouverne plus mal que bien, et en ne trouvant pas une manière civile et démocratique pour protester vu que M. Fujimori contrôle aussi tant de « belles affaires », il décide d'occuper l'ambassade japonaise pendant une réception où il y a les diplomates de tout le monde. On les retient sans aucune violence, en libérant un peu à la fois pendant qu'ils cherchent une négociation avec les autorités péruviennes. Cette situation dure pendant environ un mois jusqu'à ce qu'un groupe spécialisé de commandos fait irruption et tue tous les guérilleros, Cartolini compris.

« Le bal d'Aurélien » raconte comment on peut arriver à un geste extrême quand on se trouve dans une situation extrême, sans juger, en cherchant à comprendre… »

 


Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

On peut m'appeler partisan, bandit ou bien illuminé
Soldat d'une guerre perdue avant de commencer
Je suis la conscience sale, je suis un vieux paysan
Je suis l'ortie dans ton jardin, je suis l'indien, le mendiant,
Mes camarades sont déjà morts ou pourrissent en prison
Pourtant, je suis encore ici à crier au monde entier
« Vive la révolution ! » .

 

Les années passent, les mythes vieillissent, les murs s'écroulent.
Les drapeaux d'autrefois sont pendus dans les stades.
Les Japonais et les gringos font des affaires.
Tout maintenant est vendu aux multinationales.
Avec ces dollars, les Généraux organisent la répression.
Et nous, nous sommes encore ici à crier à la cantonade :
« Vive la révolution ! »


Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

 

Avec une entaille à la tête, dans les villages je suis allé
Beaucoup de maisons se sont ouvertes, de nombreuses fois on a rappelé
La légende de Paddy Garcia, de celui qui ne cesse de rêver
Dans l'utopie de la révolte et n'est pas fatigué de lutter
Pour celui qui s'unit est la victoire ou le peloton d'exécution
Pourtant nous sommes encore ici à crier au monde entier
« Vive la révolution ! »

 

Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

 

Maintenant tu peux m'appeler Aurélien, Don Quichotte ou Pancho Villa
Je suis un feu encore vif, je suis le hurlement de la guérilla
Je ne combats pas les moulins à vent et l'ennemi est devant moi
Ce soir j'offre un bal au monde entier
Les cloches donnent le signal, tout autour c'est la confusion
À présent au monde, je peux hurler
« Maintenant et toujours : Vive la révolution ! »

 

Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

 

 

 

LE BAL D'AURÉLIEN
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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 21:21

PÂTES NOIRES

 

Version française – PÂTES NOIRES – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Pasta nera – Modena City Ramblers – 2013

 

 

 

« Rien de nouveau sur le front occidental » est un double album des Modena City Ramblers, le treizième de leur carrière.Les dix-huit les chansons contenues dans l'album ont été écrites, arrangées et produites par les Modena City Ramblers.

Face A: Niente di nuovo: Niente di nuovo sul fronte occidentale - Occupy World Street - È primavera - C'era Una Volta - La Guèra D'L Baròt - Pasta nera - Fiori d'Arancio e Baci di Caffè - La luna di Ferrara- Beppe e Tore
Face B: Sul fronte occidentale: Il Violino di Luigi - Due magliette rosse - Tarantella Tarantò - La Strage delle fonderie - Afro - Kingstown Regatta - Il giorno che il cielo cadde su Bologna - Nostra Signora dei Depistati - Briciole e spine

 

Entre 1945 et 1952, plus de 70.000 enfants du Sud (de l'Italie) plus mal en point, furent reçus temporairement par des familles du Centre-Nord. Ces enfants prirent ces années-là le premier train de leur vie pour laisser derrière eux, la pauvreté et les décombres de l'après-guerre et vivre une expérience que jamais plus ils n'oublieraient. « Pâtes Noires » rapporte un des meilleurs exemples de solidarité et d’esprit unitaire dans l'histoire de notre Pays.

 

Les pâtes noires étaient faites de ces très peu de grains de blé brûlés qui restaient à terre après la récolte ; les pauvres les disputaient aux animaux ; pour les gens misérables, c'était la dernière ressource pour se nourrir. La découverte d'une alimentation de pure subsistance est l'aspect qui peut-être est resté le plus marqué dans la mémoire des enfants après le voyage, et le contraste avec la texture immaculée des tagliatelles d'Émilie est devenu un peu le symbole des pâtes noires, le souvenir de la misère laissée derrière soi.

 

 



Sur les trains du bétail, les enfants partent aujourd'hui ,
Sur les trains d'Émilie, un enfant par famille.
Il y a la fête, les chants et puis, les drapeaux rouges,
Le tricolore et un train qui unissent le pays.

 

De Naples, de Rome, pour Modène ou pour Reggio,
Ne s'ouvrent pas les villas abandonnées par les riches
Mais le cœur et les maisons des travailleurs honnêtes
Accueillent ces enfants expédiés dans les wagons à bestiaux.

 

Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !

 

Attention en Alta Italia, on mange les enfants,
Mais la faim fait plus peur encore, une légende

Ne peut arrêter cette nouvelle révolution, une Italie à recoudre,
Le sud n'est plus qu'un point cardinal, maintenant.

 

Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !

Ils sont noirs les grains de blé brûlés par les rayons du soleil,
Tombés à terre pendant la moisson en temps de récolte, arrachés de l'épi, laissés ainsi,
Comme la guerre qui écrase et qui laisse là.

 

Imagine quelle nuit, les visages aux fenêtres,
Les enfants rient jouent hurlent.
Maintenant sur les rails voyage l'espérance,
Maintenant sur les rails arrive la conscience.


Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !


Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !


Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

 

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !

PÂTES NOIRES
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Marco Valdo M.I.
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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 20:56

C'EST LE PRINTEMPS

Version française – C'EST LE PRINTEMPS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – È primavera – Modena City Ramblers – 2013

 


 

Printemps arabes ?
Auto - Théo - Démo ?





Avant de parler de la chanson elle-même, avais-tu remarqué, Lucien l'âne mon ami, que l'album d'où elle est tirée porte un titre (Niente di nuovo sul fronte occidentale : Rien de nouveau sur le front occidental) qui semble inspiré du titre d'un roman d'un des personnages-clés de nos Histoires d'Allemagne, l'écrivain Erich Maria Remarque qui écrivit « À l'Ouest, rien de nouveau »... Je dis ça, car cette Guerre-là commençait il y a tout juste cent ans... Maintenant, la chanson s'intitule «È primavera », que j'ai traduit par « C'est le printemps »... Elle parle du Printemps arabe... Le printemps arabe ? Selon Wiki, en langue française, l'origine du terme « printemps arabe » renverrait aux épisodes relativement comparables que connut l’Europe en 1848. On sait ce qui s'en suivit...

 

 

En effet, le siècle suivant connut mille bouleversements... Pour le printemps arabe, on est, à peine, quelques années plus tard et il me semble que la rose et le jasmin ont des parentés … comme du reste l'avait bien vu les Chanson+bifluorée, dans leur version de l'Internationale.

 

« C´est la lutte finale
O gué vive la rose
Groupons nous et demain
O gué vive la rose
Car l´Internationale
Vive la rose et le lilas
Sera le genre humain
Vive la rose et le jasmin ! »

 

 

En effet, mon cher ami Lucien l'âne, ce jasmin a de fortes parentés avec la rose et sans doute connaît-il le destin de la rose, tel que l'entrevit François de Malherbe dès 1598, dans sa Consolation à Monsieur Du Périer.  :

 

« Mais elle était du monde où les plus belles choses
    Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin. »

 

 

C'est toujours ainsi jusqu'à présent dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour conserver leur domination, pour assurer leur pouvoir, pour protéger et accroître leurs richesses, pour imposer à jamais le droit d'exploiter, de tout exploiter : les choses, les situations, les peuples, les hommes, les femmes, les enfants, les animaux, les plantes, la planète entière... Et ils le font avec une rude opiniâtreté, en toute conscience de leur violence, sans aucun regret et leur peur de perdre tout ça est telle qu'ils sont capables d'être doucereux quand il le faut, de s'accorder d'une paix et d'un partage, mais comme dit le loup au Petit Chaperon Rouge : « C'est pour mieux te manger, mon enfant ! » et ce qui a finalement leur préférence, de manier bien vite le bâton en lieu et place de la carotte. Et c'est ce qui s'est passé bien souvent... Mais la force des pauvres, c'est leur infinie patience et leur absence d'envie... Ils savent, comme nous les ânes, que l'essentiel de la vie, le sens de la vie : c'est de vivre. Grains de sable recouverts par la vague aux destins calmes ou chahutés... Il n'empêche que notre tâche minuscule – à notre taille, en somme – est de tisser le linceul de ce vieux monde sournois, amer, âcre, âpre, aboulique, avide, arrogant, ambitieux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le printemps revient, c'est le printemps,
Mille et un récits portés par un vent sévère
C'est le printemps, à nouveau le printemps,
Le jasmin naît au cœur du désert !

 

Au fourreau l'épée, le mot est plus fort,
Il est sang, mémoire, rythme, énergie,
Sur les ailes du vent, il est chant de vie,
Voix qui élève les cœurs confus encore.

 

Il ouvre les esprits, appelle au rassemblement,
Mémoire, conte, poésie, lumière,
C'est le printemps, le printemps,
Mille et un récits portés par le vent.
C'est le printemps, encore le printemps,
Le jasmin naît au cœur du désert !

 

La vie est souffle, souffle est le mot,
Cœur, flèches, caresse rebelle,
C'est une prière qui ébranle le destin,
Un baiser de lumière à l'heure la plus sombre,
Le marteau qui vole et casse les chaînes,
Le réseau qui s'étend au-delà des frontières.
À Sidi Bouzid, le printemps
Place Tahrir, le printemps
À Bayt Al Qasyd, le printemps,
Dans les champs de Gaza, viendra le printemps !

 


C'est le printemps, revient le printemps,
Mille et un accords portés par le vent
C'est le printemps à nouveau le printemps,
Naît un jasmin au cœur du désert
C'est le printemps, revient le printemps,
Mille et un contes portés par le vent
Naît un jasmin au cœur du désert
C'est le printemps, revient le printemps.

C'EST LE PRINTEMPS
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Marco Valdo M.I.
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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 16:03

LE SOLDAT FATIGUÉ

 

 

 

Version française – LE SOLDAT FATIGUÉ – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande - Der müde Soldat – Felicitas Kukuck – 1996

 

 

Poème de Klabund [1919]
Musique de Felicitas Kukuck [1996]



C'est le poème qui donne son titre au cycle de « Lieder gegen den Krieg » (Chansons contre la guerre) que Felicitas Kukuck mit en musique en 1996. Klabund (pseudonyme du poète Alfred Henschke, 1890-1928), l'écrivit en faisant semblant qu'il s'agissait d'une traduction du chinois, ou peut-être sous la précise influence des poésies chinoises qu'il traduisait en allemand. Elle fait partie du drame pacifiste Der Kreidekreis (« Le cercle de craie », 1919, qui par la suite inspira Bertolt Brecht pour Der kaukasische Kreidekreis (« Le cercle de craie caucasien »). Klabund, au début de la guerre fervent interventionniste (écrivit même ballades patriotiques et militaristes), au cours d'une de ses fréquentes hospitalisations en sanatorium, en 1916 (était tombé malade de tuberculose depuis l'âge de 16 ans), se convertit au pacifisme radical en écrivant en 1917 une lettre au Kaiser Gugliemo II pour l'inviter à abdiquer. Devînt communiste et partisan de la République des Conseils (Räterepublik) de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht.

 

 

 

 

Sous les arbres, je m'étends ;

Je ne veux plus être soldat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiré du chinois.

 

 

Une fille dénudée. Haie blanche déboisée.
Debout sur le chemin. Je m'écarte.
Tous sont ainsi : rang par rang
Et pas à pas.


Que sais-je encore des sources sacrées
Et de la tombée du jour au village ?
J'ai mille couteaux dans le flanc
Et tant de fatigue de tant de trépas.

 

Les yeux des enfants sont comme une pluie dorée,
Dans leurs mains, scintille le calice.
Sous les arbres, je m'étends ;
Je ne veux plus être soldat.

 

 

LE SOLDAT FATIGUÉ
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Marco Valdo M.I.
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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 13:40

DANSE MACABRE
 

Version française – DANSE MACABRE – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

D'une chanson tchèque – Danse Macabre - Jaromír Nohavica – 1996


Texte et musique de Jaromír (Jarek) Nohavica
dédiée à
Leonard Cohen

 

 

 

Singulière idée que de faire un chanson avec un titre pareil : « Danse macabre »... Qu'en penses-tu, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. Certains font remonter cette idée de « danse macabre » jusqu’au Moyen-Âge...

 

 

Oh, dit Lucien l'âne, c'est une tradition fort ancienne que ces danses macabres. Tout comme bien des étrangetés, tout comme bien des fêtes bizarres, tout comme des légendes, des contes, des récits, elles existent depuis la plus haute antiquité,au temps de la préhistoire, déjà. Et la chose est assez normale, dès lors qu'il y a un partage du territoire entre les vivants et les morts. Cependant, il est vrai qu'elle a été revivifiée par la peinture, la poésie au cours du Moyen-Âge ; un « revival », une récupération, tout comme on récupérait le personnage de la sorcière bienveillante sous le costume de la Vierge. Et puis, je vais te dire que j'en sais quelque chose, moi qui suis déjà une sorte de mort-vivant, une manière d'être entre les deux : d'un côté, comme mort ; de l'autre, éternel vivant. Mort à moi-même et vivant dans un autre moi. Et tout cela, note-le bien car c'est là le point important, par la faute d'une sorcière, initiée elle-aussi à bien des mystères. Le plus étrange, c'est qu'on pense que je suis devenu âne après avoir été « jeune homme »... C'est exact, mais je vais te confier un secret encore plus étrange, que je n'ai jamais confié à personne et c'est qu'avant d'être ce « jeune homme », qui était mon déguisement pour approcher cette sorcière, j'avais été bien d'autres figures de la danse vitale. Je naissais et mourais sans discontinuer, dans une sorte de «danse macabre - danse vitale alternées», passant sans cesse d'un état à l'autre. Mais aussi cheminant tout au travers du monde; je venais à ce moment de faire un long périple en Asie. En somme, éternel errant.

 

 

Halte-là, Lucien l'âne mon ami, tu nous raconteras ta vie-mort, une autre fois. Cependant, cette chanson ne relève pas de ces « danses macabres », telles qu'elles apparaissaient dans les peintures ou les poésies du Moyen-Âge, ni même dans les danses macabres en musique par Franz Liszt ou par Camille Saint-Saens... D'ailleurs à celles-là, nous reviendrons bientôt. Car ici, ce n'est pas la danse qui est macabre, mais bien la situation qui est macabre... Mais je te laisse découvrir par toi-même...Il y est vraiment question d'aller danser dans un contexte des plus macabres.

 

 

Je compte bien le faire, dit Lucien l'âne et en attendant, reprenons notre tâche – macabre d'une certaine façon, elle aussi – et tissons le linceul de ce vieux monde tremblant, hiératique, macabre et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Par la cheminée, six millions de cœurs se sont envolés,

Mais ce n'est rien, mon amour ; aujourd'hui, excuse-moi,
Avec les paysans dans les joyeux villages, nous irons danser,
Nous nous amuserons, je t'aime… moi.


L'amour est haine, la haine est amour
Le fouet claque, nous partons,
On dirait Ève et Marie avec ta robe rouge de velours

Aujourd'hui, ils me tueront.

Les enfants ont compris, ils regardent mon uniforme,
Le troisième œil est un espace vide sur le nez,
Le Père éternel s'enfile une liqueur balkanique bon marché
L'alcool lui fait toujours cet effet ; après, il faut qu'il dorme.

 

 

 
DANSE MACABRE
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Marco Valdo M.I.
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 20:38

MES BIEN CHERS FRÈRES...

 

Enfin vous voilà !


Version française - MES BIEN CHERS FRÈRES... Enfin vous voilà ! – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Stanislava

d'une

 

Chanson tchèque – Tak vás tu máme (Bratři) – Karel Kryl – 1968

 

 

 

Ryzsard Siwiec (née à Dębica le 7 Mars 1909, mort à Varsovie le 12 septembre 1968) fut la première personne à s'immoler par le feu pour protester contre l'invasion de la Tchècoslovaquie en 1968. Il accomplit ce geste au stade de Varsovie à l'occasion de la fête de la récolte. Bien que son suicide fut repris par une caméra et que tout se fut produit en présence des chefs du parti communiste polonais et de très nombreux spectateurs, son geste n'eut pas d'écho dans les moyens de communication de masse et son nom resta presque méconnu. La presse polonaise n'en fit pas mention et le Parti Communiste Polonais en effaça toute trace. Peu de gens se rendirent compte de ce qu'il avait voulu obtenir par son sacrifice. Seulement après la chute du régime, on lui consacra un film documentaire tourné du réalisateur polonais Maciej Drygas (Usłyszcie mój krzyk – Entendez mon cri) et lui furent conférés des prix tchèque, slovaque et polonais.

 

Merci Krzysztof pour cette contribution ! Il y a quelque temps, je me suis fixé comme objectif d'agrandir un peu la section en langue tchèque de ce site, mais pour l'instant la chose va au ralenti… Honnêtement, il y aurait beaucoup à faire. Parmi tant de chansons que j'avais dans la tête, il y avait aussi celle-ci ici. :)
J'ai vu que dernièrement tu as inséré beaucoup de chansons en polonais. Je connaissais jusqu'à présent trop peu de la musique polonaise en général, c'est donc pour moi une occasion de nouvelles découvertes.
Merci aussi pour la note sur le « prédécesseur » polonais de Jan Palach, je dois admettre que je ne connaissais pas ce fait. Je savais que Palach ne fut pas le seul à accomplir ce geste fatidique mais je n'étais pas au courant qu'il y avait eu des cas même au-delà des frontières. Voilà ce qui se passe lorsque à l'insuffisante diffusion de l'information (souvent voulue et programmée, comme dans ce cas) s'ajoute aussi la barrière linguistique. ! Et ici de barrière linguistique, il n'est même pas licite d'en parler vu que les nôtres sont des « langues sœurs ». Mais souvent je me suis aperçue qu'en dehors de l'aire slave, il existe une énorme difficulté d'interpréter ce monde renfermé à l'intérieur de langues indéchiffrables. Comme du reste, cela se passe pour tant d'autres zones du monde dont les langues ne sont pas parmi les plus connues. Je suis optimiste de par nature et j'ai pu constater que dans le monde entier, il y a pourtant beaucoup de personnes ouvertes aux autres cultures et ce site me semble en être un témoignage des plus clairs, et un excellent point de rencontre. Mais il est plus que compréhensible que, étant donnée la difficulté linguistique, il y ait besoin d'un peu d'aide et collaboration. J'ai dans la tête d'insérer encore différentes chansons en langue tchèque (maintenant on peut dire que j'ai seulement commencé), en racontant un peu aussi leur histoire, et en tentant de les rendre en italien – même si, parfois, elle n'est pas une tâche facile. Pour mettre à disposition certain événement moins connu, quelque fragment d'histoire, des liaisons intertextuelles… Une manière de contribuer… Je ne sais pas à qui peut paraître intéressant ce que je fais, mais de toute façon, ça me plaît de le faire et s'il y a même seulement une personne qui par curiosité lira ce que j'ai écrit, je serai déjà contente. Salut à tous !

Stanislava- 11/9/2013 - 22:58


Et donc vous voilà là, mes frères du sang de Caïn,
Messagers de la nuit qui nous enfoncez un poignard dans le dos,
Vous voilà là, donc, frères, neveux de Staline,
Cependant, pas comme hier, désormais sans les fleurs de lilas.
Eh bien merci pour les colombes de la paix en fer,
Merci pour vos baisers au goût d'amandes amères.
Sur une terre gracieuse, on a assassiné la foi.
Sur le sentier les fruits rouges de l'églantier, en manière de monument aux morts.

 


À vous nos remerciements et nos bras chaleureux
Pour les provocations et pour les tirs contre nos enfants,
Que nos maisons soient vos maisons.
Les cimetières odorant de plomb sont témoins.
Je sais, ce serait une erreur de cracher sur les tombes,
À nous reste l'espoir, nous fûmes et nous serons.
Bien merci à vous, frères agresseurs,
Merci beaucoup, nous n'oublierons jamais,
Nous n'oublierons jamais !

 

MES BIEN CHERS FRÈRES...  Enfin vous voilà !
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Marco Valdo M.I.
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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 22:05

 

Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.



Les Funérailles d'antan

Chanson française - Georges Brassens 1958

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=bwb5k4k2EMc (idem avec texte en espagnol)

 

Et en cadeau : Brassens chez lui :

 

 

 

 

 

J'avais traduit « L'Uomo » de Guccini et il y avait là un relent d'âme pas très ragoutant. Mais j'avais quand même traduit, juste primo parce que c'était Francesco Guccini, ensuite, deuzio, parce que je dois d'abord traduire pour comprendre, troizio, car il y avait une excellente (que dis-je, une superbe... rien que pour elle, j'aurais tout traduit) introduction de Riccardo Venturi et quatrio, car le Guccini m'avait tellement pompé l'air avec son histoire d'âme que j'ai voulu y mettre aussi une petite introduction à ma façon. On ne se refait pas, même si on se réincarne – en âne, par exemple, comme tu en es le plus estimable représentant.

Et puis, cette conclusion du bon Guccini :

« Seulement quelque chose qui s'envole
Dans l'air calme
Et puis s'évanouit,
On ne saura jamais pour où.
jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... », j'y avais répondu à ma manière, celle du mécréant élémentaire, descendant par vocation du célèbre Monsieur de Cro-Magnon, lequel campait en Europe bien avant toute racine de l'âme.

 

 

Cependant, dit Lucien l'âne en riant de plus belle, il y avait déjà à l' époque de Cro-Magnon et même bien avant, et là tu peux le croire sans réserve, ce « quelque chose qui s'envole
Dans l'air calme Et puis s'évanouit, On ne saura jamais pour où. jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... »... Quoi donc ? Les pets et, je te l'assure, ceux de l'ure et l'auroch trouaient à qui mieux mieux la couche d'ozone. Imagine les diplodocus ou les tyrannosaures... Mais quel rapport que tout cela peut bien avoir avec la chanson dont tu veux me tenir le texte et l'interprétation ?

 

 

Bien. Je t'explique. Comme disait Ferré : « On vit, on mange et puis on meurt », voilà le point de contact. On meurt. Généralement, on ne le fait pas exprès, mais peu importe. Et puis, une fois mort, il y en a qui se rengorgent, qui se font porter en terre ou en feu comme des divinités égarées, fiers de leur importance (dès lors passée), rodomontades et compagnie, pleurs, fleurs, couronnes, discours, cortèges... Bref, pompes funèbres à tout va. Évidemment, la chose coûte et cher encore bien. C'est là un des aspects de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres – même déjà morts. Même morts, ils veulent parader, ils veulent imposer. La chose est folle, mais c'est la chose. Elle est folle, elle est ridicule, elle est pédante, elle est arrogante et c'est ce que raconte la chanson. Oh, ce n'est pas n'importe quelle chanson et surtout, ce n'est pas n'importe quel chanteur, auteur, poète ironique... C'est Tonton Georges soi-même qui les chante en rigolant dans ses moustaches ces « Funérailles d'antan ». Et cette merveilleuse approche de la lutte finale : « J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où
Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout. »

 

 

Oui, ben moi aussi... et en plus, elle permet de faire un peu le point sur cette vieille blague qu'est la mort et ce qui s'ensuit. Tu vois, Marco Valdo M.I., mon ami, nous les ânes, on ne fait pas tant d'histoire. On se contente de finir la vie en mourant – comme Boris Vian, qui disait, je cite de mémoire d'âne : « Un mort, c'est complet. C'est terminé. On n'est pas complet tant qu'on n'est pas mort. »  Le fond de l'affaire, c'est la complétude. Après, ce n'est plus notre affaire, peut-être et même certainement, est-ce celle des mouches et des vers. Ou des flammes, maintenant qu'on vous brûle pour que l'on prenne moins de place. Au fait, à partir en fumée, on est des millions, on est des milliards et finalement, on le sera tous quand la Terre explosera... En attendant, occupons-nous de la vie en souriant, en riant même et tissons sans nous en faire le linceul de ce vieux monde prétentieux, superstitieux, religieux, imbécile et décidément, cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain,
De bonne grâce, ils en faisaient profiter les copains.
" Y a un mort à la maison, si le cœur vous en dit,
Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi... "
Mais les vivants aujourd'hui ne sont plus si généreux,
Quand ils possèdent un mort, ils le gardent pour eux.
C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années,
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.

Mais où sont les funérailles d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres.
On ne les reverra plus
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert,
Emportent les trépassés jusqu'au Diable Vauvert.
Les malheureux n'ont même plus le plaisir enfantin
De voir leurs héritiers marrons marcher dans le crottin.
L'autre semaine des salauds, à cent quarante à l'heure,
Vers un cimetière minable emportaient un des leurs,
Quand, sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis,
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

Mais où sont les funérailles d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres.
On ne les reverra plus
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.


Plutôt que d'avoir des obsèques manquant de fioritures,
J'aimerais mieux, tout compte fait, me passer de sépulture,
J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où
Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.
Ô, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil,
L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil,
Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu,
Les gens avaient à cœur de mourir plus haut que leur cul.
Les gens avaient à cœur de mourir plus haut que leur cul.

 

Mais où sont les funérailles d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres.
On ne les reverra plus
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

 
 
 
 
 
 
 

 

 
  Les Funérailles d'antan
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