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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 21:53

CHANT GITAN

 

Version française – CHANT GITAN – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une chanson en yiddish – Tsigaynerlid – David Beyglman – 1941


Texte et musique de David Beyglman

 

 

Un exemple tangible de la manière dont la pitié humaine ce quelqu’un qui à ce moment vivait les heures plus terribles de sa vie, prisonnier dans un ghetto, ne pouvait pas reculer face à l'analogue destinée d'autres êtres humains en proie à la folie criminelle d'autres êtres humains. David Beyglman, né à Ostrowiec en 1887, avait été un célèbre violoniste avant la guerre, accomplissant des tournées dans toute l'Europe et aux Etats Unis comme membre d'un orchestre. Malgré cela, le coeur de son activité était resté en Pologne, dans la ville de Łódż, dans le ghetto duquel, comme tous les autres Juifs, il se retrouva prisonnier avec l'invasion nazie. À Łódż, il existait aussi un camp de concentration où furent enfermés par les Allemands des milliers de Gitans autrichiens en 1941 ; malgré sa situation, il fut impressionné par le destin de ces gens et il écrivit cette « Chanson des Gitans » (Tsigaynerlid) en yiddish, sa langue maternelle. En mai 1944, Beyglman lui aussi fut déporté à Auschwitz, où il mourut en février 1945.

 

 

 

Camp gitan
par Vincent Van Gogh

 

 

 

 

 

 

L'EXTERMINATION DES GITANS

Mirella Karpati



La « journée de la mémoire » fixée le 27 janvier, anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz par les troupes soviétiques, voit unies dans le souvenir des souffrances subies les victimes d'une persécution qui ne frappa pas seulement les adversaires politiques des régimes dictatoriaux, en premier lieu les communistes, mais même ceux qui étaient considérés comme des « corps étrangers » menaçant l’intégrité nationale, en premier lieu les Juifs et les Gitans.
Que le destin des Gitans s'entremêle à celui des Juifs n'est pas un fait récent. Il y a cinq siècles, exactement le 4 Mars 1499, les rois catholiques Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, bannirent de l'Espagne les Gitans, après avoir banni en 1492, les Maures et les Juifs. Ceci dans le but de créer un État unitaire, dans lequel une conscience nationale soutenait le pouvoir, prémisse fondamentale à l'instauration des monarchies absolues. L'exemple de l'Espagne fut suivi par les autres États de l'Europe occidentale en un crescendo qui arriva jusqu'à assurer l'immunité à celui qui tuait un Gitan, comme l'établit la Diète de l'Empire tenue à Augusta dans l'an 1500, ou même à récompenser l'assassin, comme dans la République de Venise. Il ne manqua même pas la condamnation des Églises chrétiennes envers ces propagateurs de superstitions, sur lesquels pesait la suspicion d'appartenir à l'Islam ; et si les Juifs étaient les « déicides », dans la mentalité populaire les Gitans étaient les forgeurs des clous du crucifiement du Christ. Combien les mesures répressives étaient efficaces, le montre une simple donnée statistique : si dans les pays de l'Europe orientale, on estime que les Gitans sont huit millions ; en Europe occidentale, ils n'atteignent pas les deux millions.

 

Dans cette longue histoire de persécutions, la « nouveauté » du nazisme fut la volonté explicite, méticuleusement programmée et méthodiquement exécutée, de détruire Juifs et Gitans comme peuple, une volonté de génocide.

 

On a beaucoup discuté pour déterminer si la persécution des Gitans sous le régime nazi et sous les régimes fascistes des États satellites avait été motivée par la prévention et la répression de la criminalité ou bien par des raisons raciales. La première thèse, longtemps soutenue par le gouvernement de la République Fédérale Allemande pour leur nier toute reconnaissance et indemnisation, trouve son fondement dans l'épithète d'« asociaux » attribuée aux Gitans bien avant la venue de Hitler. Déjà en 1899, il avait été institué à Munich en Bavière un bureau spécifique (Zigeunerpolizeistelle) avec des tâches de contrôle et de fichage, dont la compétence fut étendue en 1926 à tout le territoire national ; en 1938, le bureau fut transféré à Berlin près de la police criminelle du Reich sous la dépendance directe de Himmler.

 

Mais est-il possible que 500.000 victimes, parmi lesquelles presque la moitié d'enfants, fussent toutes des criminels ? En réalité déjà depuis 1935, à la suite des lois de Nüremberg « pour la préservation du sang et de l'honneur des Allemands », les théoriciens de la race incluaient dans les mesures raciales également les Gitans. La question, qui était controversée de leur origine indienne et leur langue aryenne, fut confiée en 1936 à un bureau spécialisé, le Centre de recherches scientifiques sur l'hérédité, dirigé par le doc. Robert Ritter. Les conclusions du doc. Ritter et de son assistante Eva Justin signèrent le destin définitif des Gitans. Il fallait les considérer comme un métissage de différents éléments raciaux et par conséquent dangereux pour la pureté du sang allemand : ils devaient donc être stérilisés et/ou déportés dans les camps de concentration.

 

Les premières déportations des Gitans eurent lieu déjà en 1936 au « camp de travail » de Dachau, destiné aux « asociaux », catégorie dans laquelle étaient inclus, outre les Gitans, les détenus politiques, les homosexuels et les Témoins de Jéhovah. Le 1° Juillet arriva un premier transport de 170 Gitans, suivi de trois autres. La même année pour « nettoyer » Berlin à l'occasion des Jeux Olympiques, les Sinti de la zone furent enfermés au camp de Marzahn, dont ils ne devaient sortir que pour être déportés à Auschwitz. En 1937, crût le nombre de déportés à Sachsenhausen, à Sachsenburg, à Lichtenberg, à Dachau et, après l'annexion de l'Autriche, à Mauthausen.

Le 27 septembre 1939 fut décidé par Heydrich la « solution finale » pour Juifs et Gitans : la détention en camps de concentration ne devait être que la prémisse de leur extinction. Un premier pas fut la déportation des 30.000 Gitans vivant en Allemagne en Pologne occupée, le soi-disant Gouvernorat général, en enfermant eux d'abord dans les ghettos de Lodz, Varsovie, Siedle, Radom et Belsec et ensuite dans les camps de concentration de Treblinka, de Majdanek, de Sobibor. Le Liquidierungsbefehl (ordre de liquidation) de mai 1941 disposa « l'exécution de tous les indésirables du point de vue racial et politique car dangereux pour la sécurité », en indiquant quatre catégories principales : fonctionnaires communistes, asiatiques inférieurs, Juifs et Gitans. Enfin l'Auschwitzerlass (décret d'Auschwitz) du 16 décembre 1942 disposa l'internement de tous les Gitans, même des territoires occupés. En février 1943, il fut créé à Auschwitz-Birkenau le soi-disant « camp pour familles gitanes » dans le secteur II avec 32 baraques, où furent accueillis dans des conditions épouvantables, comme en attesta le commandant du camp Rudolf Hoess, les 20.946 Gitans régulièrement enregistrés. Dans la nuit du 2 août 1944, les 2.897 survivants furent passés dans les chambres à gaz. Mais d'autres déjà les avaient précédés : des convois entiers tués à leur arrivée car suspects d'épidémiologies. Et beaucoup d'autres trouvèrent la mort dans d'autres camps de concentration : Flossenburg, Ravensbrück, Buchenwald, Bergen Belsen, Majdanek, Sobibor, Kulmhof…

L'Autriche n'avait pas attendu ces dispositions ; depuis 1939, elle avait créé des camps de concentration spécifiques pour les Gitans autrichiens à Salsbourg et à Lackenbach, tandis que ceux de l'étranger étaient détenus à Mauthausen. Par la suite beaucoup furent envoyés dans les camps d'extermination. Des 16.493 citoyens autrichiens morts dans les camps de concentration, 4.097 étaient Juifs et environ 6.000 Gitans. Dans le seul champ d'Auschwitz entre le 31 mars 1943 et le 22 janvier 1944, furent interné 3.923 Gitans autrichiens, dont 42% étaient des enfants.

 

Seuls les Gitans polonais n'étaient pas déportés ; craignant qu'ils s'évadent, ils étaient massacrés sur place : des enfants flanqués contre les arbres pour en broyer le crâne ou jetés en air pour les embrocher sur les baïonnettes, femmes enceintes éventrées, d'autres les seins coupés, exécutions en masse avec enterrement dans des fosses communes, y compris les blessés. Un sort analogue fut réservé aux Gitans dans les territoires occupés à l'Est pas seulement par la SS, mais aussi par la Wehrmacht. En Bohème et en Moravie, la population gitane fut presque complètement détruite. En Ukraine, même la police locale participa activement à l'identification et l'élimination des Gitans. Du reste, les Ukrainiens se distinguèrent aussi par leur férocité comme Kapo dans les camps d'extermination. Dans les Républiques Baltes, la persécution commença le 5 décembre 1941 sur ordre du commandement des Sicherheitspolizei Lohse : aux Gitans, comme porteurs et propagateurs d'épidémies, il devait être réservé le même traitement qu'aux Juifs. À noter le témoignage de l'évêque de Riga, Mons. Springovics, qui dans une lettre adressée au pape Pie XII du 12 décembre 1942 racontait comme les Lettons avaient accueilli les Allemands en libérateurs de la domination soviétique, mais bien vite avaient dû changer d'avis : « L'atrocité de la doctrine nazie s'est montrée en Lettonie dans toute sa dureté et abomination ». Exterminés « de manière très cruelle » Juifs, Gitans et malades mentaux.

En général dans les territoires soviétiques occupés, opéraient les Einsatzgruppen (des groupes d'assaut), des unités affectées à la répression. Particulièrement dure, fut l'action menée en Crimée, où les Gitans étaient très nombreux. Entre le 16 novembre et le 15 décembre 1941, 824 furent massacrés. Le quartier gitan de Sinferopol fut miné et fait sauter en l'air. Selon un témoignage, au procès de Nüremberg, « la pile des cadavres dépassait les bords des fosses et resta ainsi longtemps à découvert ».

 

En Slovaquie, État satellite du Reich, dans un premier temps, seuls les hommes furent englobés dans des équipes spéciales de travail forcé. Lorsque la lutte des partisans se renforça et s'organisa , les Gitans furent suspectés de connivence et les « Gardes de Hlinka », les fascistes slovaques, accomplirent des massacres horribles, en détruisant des familles entières, souvent en les enfermant dans leurs cabanes pour brûler vifs enfants, femmes, vieux.

 

En Roumanie, il y eut la déportation de ceux qui habitaient dans les alentours de Bucarest en Transnistrie, le territoire compris entre le Dniester et le Bug, une terre ravagée par la guerre où, privés tous leurs biens, y compris les chevaux et les roulottes, ils périrent pratiquement de faim.

 

En Hongrie, les « Croix étoilées », les miliciens fascistes, prirent une part active à la déportation des Gitans aux camps de concentration polonais.

 

Par contre en Bulgarie, aussi occupée par des troupes allemandes, le premier ministre Dimitar Pečev s'opposa fermement à la conception de lois racistes et força le roi Boris à retirer le décret qu'il avait déjà signé sous la pression des occupants.

 

Même dans les pays occidentaux, il y eut de graves persécutions, surtout en France, où déjà en 1940, c'est-à-dire avant l'occupation allemande, le gouvernement avait créé de nombreux camps de concentration, véritables antichambres d'Auschwitz. En août de la même année, ils en existaient vingt-six dans le Sud et seize dans le Nord de la France.

 

De Belgique, il n'y eut qu'un seul convoi, le convoi Z de 1944, par lequel furent déportés à Auschwitz, 351 Gitans dont cinq seulement revinrent.

En Yougoslavie occupée, le gouverneur allemand Thurner pouvait déclarer en 1942 que c'était l'unique pays où on avait réussi à résoudre totalement les questions juive et gitane. Dans l'après-guerre, la Commission d'État de la République Fédérale et Populaire de la Yougoslavie estima à 600.000 les victimes et avait mis à jour 289 fosses communes. De Belgrade, fut déporté à Dachau même l'évêque orthodoxe Nikolaj Velimirović, l'unique évêque enfermé dans les camps de concentration nazis, au motif qu'il était gitan. L'Église serbe orthodoxe l'a déclaré saint en 1984. Mais peut-être le pays où il y eut les exterminations plus atroces fut la Croatie, proclamée État indépendant le 10 avril 1941 sous la conduite d'Ante Pavelić, chef des Oustachis, les fascistes croates. Rapidement, le ministre de l'intérieur Andrja Artukovic proclama l'extermination des adversaires politiques, des Juifs, des Gitans et des Serbes, en créant 71 camps de concentration. La documentation fut détruite à la fin de la guerre et maintenant on reconstruit difficilement les listes de déportés. Parmi les Gitans, les victimes vérifiées jusqu'en 1998 sont 2.406, dont 840 enfants. Le camp plus terrible était celui-là que Jasenovac, où on tuait les personnes avec des méthodes barbares. Ne manquèrent même pas des camps destinés aux enfants, comme celui de « rééducation » à Jastrebarsko, où entre avril 1941 et juin 1942, moururent 3.336 enfants entre un et quatorze ans à cause des privations, mais aussi des « expériences médicales » achevés ensuite poignardés au cœur ou d'un coup de masse sur la tête. Dans le camp pour les femmes de Stara Gradiska, périrent plus de trois cents enfants gitans. La directrice du camp était Nada Luburic, femme de Dinko Sakic, commandant du camp de Jasenovac. À la fin de la guerre, les deux se sont réfugiés en Argentine pour échapper au mandat d'arrêt lancé contre d'eux en 1945 par la Commission pour les crimes de guerre. C'est seulement à l'automne 1998 qu'ils ont été extradés à Zagreb et jugés. Nada Luburic a été acquittée, par manque de témoins. Dinko Sakic a été reconnu coupable des tortures et de la mort de plus de 2.000 de détenus serbes, juifs, gitans et d'antifascistes croates et condamné à vingt ans de réclusion.

 

En Italie, il n'y eut pas de mesures raciales contre les Gitans. Les lois raciales, proclamées en 1938, concernaient seulement les Juifs et les mulâtres, c'est-à-dire les fils des Italiens en Afrique, où il était en vigueur la coutume du « madamato », c'est-à-dire d'avoir une concubine africaine. À leurs enfants fut refusé le droit à la citoyenneté italienne.

 

Envers les Gitans furent introduites par contre des mesures de police spéciales à partir de 1938, lorsque les familles nomades, qui vivaient le long des frontières orientales, furent déportées en Sardaigne et en Basilicate, où cependant elles furent laissées libres à condition qu'elles ne quittent pas ces régions.


Après l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin 1940, des circulaires du Ministère de l'Intérieur commandaient aux Préfets de prévoir la concentration des Gitans nomades dans des camps. L'ordre fut exécuté seulement partiellement en raison de l'opposition des Communes à les accueillir sur leur territoire ; mais même là où ils existaient, la surveillance était réduite au minimum. Pour les Roms étrangers furent créés deux camps à Tossiccia sur le Gran Sasso en province de Teramo et à Agnone en province d'Isernia. Y furent enfermées les familles de Roms de la Slovénie, devenue province italienne. À eux s'ajoutèrent beaucoup d'autres, qui se livraient spontanément aux soldats italiens pour échapper aux massacres des Oustachis. Les deux camps durèrent jusqu'au 8 septembre 1943, lorsque les carabiniers, qui les gardaient se refusèrent à les livrer aux Allemands et les laissèrent libres de fuir. Beaucoup se réfugièrent en montagne et certains se joignirent aux partisans. On a connaissance de personnes enfermées dans autres camps, comme par exemple à Ferramonti de Tarsia en province de Cosenza, le plus grand camp de concentration italien.




Lorsque la guerre est finie, nous avons dit « jamais plus » ; par contre malheureusement aujourd'hui, nous devons dire « encore ». Les guerres intestines éclatées dans l'ex Yougoslavie et les conséquents programmes de « nettoyage ethnique » ont vu en premier lieu parmi les victimes les Roms de Krajna, de la Bosnie, de l'Herzégovine et du Kosovo. les épisodes de violence sont continus, dus surtout à des groupes de néonazis en Slovaquie, en République Tchèque, en Roumanie, en Bulgarie (villages brûlés, gens frappés à mort ou jetés par des fenêtres ou noyés dans les fleuves) tellement que l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) a institué un bureau spécial à Varsovie pour la protection des Roms et le Conseil d'Europe a approuvé en mai 1997 un document qui condamne le racisme à l'égard des Gitans.



Les persécutions et la crise économique des pays de l'est a provoqué un fort exode vers l'occident, où ce flux de réfugiés n'a certes pas été accueilli avec bienveillance. Même l'Italie n'est pas exempte d'épisodes de violence. La presse rapporte des épisodes de coups de fusil contre les campements ou de mines posées à leur entrée, de tentatives de brûler les roulottes, de jouets explosifs offerts aux enfants. Et que dire des morts blanches d'enfants qui meurent de froid ou brûlés vifs dans les baraques délabrées, où les familles vivent souvent amassées dans les soi-disant camps nomades (pour eux qui ne sont pas nomades) dans des conditions indignes d'un être humain, camps qui ont valus à l'Italie le 18 Mars 1999 une dure condamnation pour racisme de la part du Comité pour l'Élimination des Discriminations Raziali (CERD) de ONU.

 

 

 

 

Pourquoi une traduction précisément en roumain ? Parce que de Roumanie, historiquement, provient la plupart des Roms européens. Et parce que, nous ne devons pas avoir peur de le dire, précisément de la part des Roumains, les Roms ont subi un racisme systématique et historique (sans compter les dizaines de milliers de Juifs roumains déportés et exterminés avec la pleine collaboration des fascistes locaux). On imagine donc quel effet doit leur faire lorsque, en exerçant notre italico-racisme idiot vis-à-vis des Roumains immigrés, nous les appelons souvent « Gitans », en confondant « romeno » et « rom ». La stupidité et l'ignorance n'ont jamais de limites, et même pas frontières. [RV]

 

Que dire de la Hongrie d'aujourd'hui ? Avec le gouvernement parafasciste de Viktor Orbán et les bandes d'extrême droite qui courent, pour les Gitans hongrois, la situation est devenue à nouveau précaire. De nouvelles lois « pour la sécurité » (évidemment) assimilent à des criminels les Gitans, qui en Hongrie font partie du tissu social et sont même organisés en parti (MCOP, Parti National des Gitans Hongrois). Jusqu'à pousser les Gitans à descendre dans la rue avec des banderoles qui disent tout net « Les Gitans hongrois veulent vivre ici » :
ou bien à manifester devant le siège du parti d'extrême-droite « Jobbik » avec des pancartes écrites : « Je suis un Rom, pas un criminel » :

Tout autre commentaire est superflu. [R.V.]

 

 

 

 

 

 

 

 

Noire la nuit, plus noire que le charbon.
Assis, pensif, mon cœur n'est que désolation
Les Gitans souffrent et vivent comme personne.
Bientôt nous serons morts, le pain aussi manque.

 

Zum, zum, zum, zum,
Zum, zum,
Comme les mouettes toujours nous vaguons,
Zum, zum, zum, zum
Zum, zum,
De nos balalaïkas nous jouons.

 

Aucun endroit où rester, jour ou nuit,
D'autres résistent, je pense à ma vie
Les Gitans souffrent et vivent comme personne.
Bientôt nous serons morts, le pain aussi manque.

 

Zum, zum, zum, zum,
Zum, zum,
Comme les mouettes toujours nous vaguons,
Zum, zum, zum, zum
Zum, zum,
De nos balalaïkas nous jouons.

 

 

CHANT GITAN
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Marco Valdo M.I.
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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 12:22

LE HUSSARD FIDÈLE

 

Version française – LE HUSSARD FIDÈLE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson populaire allemande – Der treue Husar – anonyme (1825)

 

 

Une perle rare oubliée au fond de la mémoire... Une chanson qui aurait dû être dans les Chansons contre la Guerre dès le début...

Il suffit de voir la bouleversante et inoubliable interprétation de Suzanne Christian devant ces soldats qui à la fin de la chanson, seront envoyés au casse-pipe.

(Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.)

 

 

 

 

Le Hussard fidèle

 

 

 

 

 

Der treue Husar (Le Fidèle Hussard) est une chanson populaire allemande, née semble-t-il en 1825. De caractère traditionnel, elle entre dans la catégorie des « chansons de soldat ». Elle se chante plus particulièrement pendant le carnaval.

 

Adaptations

La chanson Der treue Husar est connue pour avoir été reprise à la fin des Sentiers de la gloire (1957) de Stanley Kubrick, où une prisonnière allemande — interprétée par Suzanne Christian, la future femme de Kubrick — chante cette chanson pour des soldats français, suscitant une intense émotion.

Elle a aussi été adaptée par Francis Lemarque sous le titre Marjolaine, chanson sortie en France en 1957, année de sortie du film.

Der treue Husar a inspiré Louis Armstrong avec son titre The Faithful Hussar3, ainsi que les artistes britanniques Ted Heath et Vera Lynn (avec le titre Don't Cry My Love).

Un film allemand de 1954, réalisé par Rudolf Schündler, porte aussi le titre Der treue Husar.

Cette chanson a été reprise également dans la série télévisée Un village français, où un officier nazi la fredonne à plusieurs reprises.

Notes et références

  1.  Interdit de projection en France, le film n'est sorti qu'en 1975 dans ce pays.

 

À voir aussi l'adaptation française de Francis Lemarque : « Marjolaine ».

 

 

 

 

Il était une fois un hussard fidèle, 
Qui aima sa belle une année entière, 
Une année entière et plus encore ; enfin,
L'amour n'a plus de fin.

 

Le gars partit ailleurs
Sa belle tombe malade du cœur,
Tellement malade qu'elle se meurt,
Trois jours, trois nuits, dans les douleurs.

 

Quand le gars apprend la nouvelle, 
Qu'à la mort, se trouve sa belle
Il quitte sur le champ son destin ; 
Il veut voir, ce que sa belle devient.

 

Ah mère apporte vite une lumière, 
Mon amour se meurt, je ne vois guère, 
C'était vraiment un hussard fidèle, 
Qui d'une année entière aimait sa belle.

 

Quand il arriva chez elle, 
Elle lui donna une douce main, 
Une main entière et encore plus d'elle, 
L'amour n'a plus de fin.

 

« Sacredieu, sacredieu, ma bien aimée ! 
Que fais-tu dans le lit toute seule ? » 
« Dieu merci, Dieu merci, mon gars fidèle ! 
Rejoins-moi bien vite : sous la feuillée ! »

 

« Sacredieu, sacredieu, mon beau ! 
Veux-tu venir dans mon froid tombeau. 
« Ah non, ah non, ma chère enfant, 
Car nous sommes amoureux, vraiment. »

 

« Ah non, ah non, pas si vite, 
Car nous sommes deux amoureux ; 
Ah non, ah non, ma très chère, 
Amour et foi se tiennent à deux.

 

Il la prit à l'instant dans ses bras, 
Elle était froide comme la pierre
« Vite, apportez vite une lumière ! 
Mon trésor meurt sans que personne ne le voit.

 

Et comme la jeune fille était morte, 
Il la met là sur le lit des mortes
Où vais-je trouver six jeunes costauds, 
Qui porteront ma chérie au tombeau ?

 

Où va-t-on trouver six porteurs ? 
Six forts manouvriers, il faut
Six bons hussards, il faut
Qui la mèneront en sa dernière demeure.

 

 

Maintenant je dois porter un habit noir, 
C'est pour moi un grand désespoir, 
Un désespoir qui m'étreint, 
La tristesse n'a pas de fin.

LE HUSSARD FIDÈLE
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Marco Valdo M.I.
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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 16:26

BERCEUSE NOSTALGIQUE

 

Version française – BERCEUSE NOSTALGIQUE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson de langue allemande – Schlaflied für die Sehnsucht – Selma Meerbaum-Eisinger – 1942

 

Poèmes de Selma Meerbaum-Eisinger (Černivci, 1924 – camp de travail nazi de Michajlovka, 1942).

 

 

 

 

 

Je veux vivre.
Je veux rire et m'ennuyer
Je veux combattre, aimer et haïr
Je veux saisir le ciel avec les mains
Je veux être libre, respirer et crier.
Je ne veux pas mourir. Non.
Non…

 

Selma

 

 

 

 

 

La poétesse elle-même nota sur le manuscrit « à chanter d'après la mélodie « Di zun iz fargangen» de M. Gebirtig ».


Dans sa «Di zun iz fargangen », Gebirtig chante le rêve des années heureuses, d'insouciante jeunesse… Le réveil est amer : le soleil est couché et le poète, est seul, découragé et vieux…
De la même manière, la jeune poète de Černivici rêve de donner du courage à son bien-aimé en le berçant dans ses bras ; mais au réveil, il y a seulement horreur, vide et douleur…


Le vieux Mordechai de Cracovie et la jeune Selma de Cernovici moururent tous les deux en 1942, à peu de mois l'un de l'autre, écrasés par la fureur nazie…

 

 

 

Moi, dit Lucien l'âne, j'aime beaucoup cette jeune personne... Elle est entrée – par effraction – dans mon cœur d'âne. Elle n'en sortira plus. Dans le fond, elle me rappelle les jeunes filles, les jeunes femmes que j'ai croisées tout au long de mon long chemin. L'ennui, vois-tu Marco Valdo M.I. mon ami, c'était que j'étais un âne... à leurs yeux. Sans doute, si elles avaient su...

 

 

Sans doute, Lucien l'âne mon ami, pas sûr ! Mais peut-être, certainement ! Car, Lucien l'âne mon ami, les femmes sont les femmes et il n'y a là aucun mystère. Eussent-elles su qu'elles eussent pu espérer ta, comment dire ?, ta réhumanisation ; que tu retrouves, en somme, ta forme originelle... et qu'elles eussent su ce que savait celle qui te donna par inadvertance, inconscience, erreur ou jalousie, le baume qui te fit pousser indûment les oreilles, le poil et le reste... elles eussent sans sourciller pris quelque patience... Ou même, mieux encore, tenté de hâter ta résurrection ithyphallique. Mais voilà, hormis les lettrés, nul ne connaît ton potentiel... Nul ne se souvient qu'Adonis lui-même fit pauvre figure comparé à ta jeune prestance. Quel dommage !

 

 

Quel dommage, en effet, dit Lucien l'âne en baissant tristement les oreilles. Et ça fait des milliers d'années que ça dure... Imagine, Marco Valdo M.I. mon ami, ce que je dois ressentir quand elles me grimpent sur le dos, qu'elles me caressent la tête, les oreilles, le museau tout humide... Qu'elles me regardent d'un air si audacieux... et tout le reste... Quel supplice que ce bonheur ! Quel bonheur que ce supplice !

 

 

Mais pour en revenir à la chanson, c'est bien une chanson d'amour, mais d'un amour au bout du désespoir, juste avant le grand saut dans le néant. Pour cette jeune poétesse, cette Berceuse Nostalgique, c'est le chant du cygne. Elle essaye de consoler son bien-aimé et de se réconforter elle-même en invoquant la voie des rêves. Une poésie sereine au bord du gouffre. La poésie du bonheur comme viatique face à l'exil imposé par la barbarie nazie.

 

 

Pour lors, allons de l'avant, et à notre tour, comme le fait cette jeune fille si aimable, tissons le linceul de ce monde si détestable, si hideux, si meurtrier, si inique et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Oh, mon aimé, pose

Dans tes mains ta tête
Je te chante une chanson. Écoute bien !
Je te chante la douleur, la mort et la fin ;
Je te chante le bonheur, le rien.

 

Ferme les yeux, viens
Je vais te bercer ; enfin
Nous rêverons ensemble du bonheur.
Nous referons les mensonges les meilleurs,
Nous nous rêverons tout à l'heure.

 

Le réveil, ensuite
Mon aimé, c'est l'aube grise -
Ah, plus que jamais, tout est vide -
Oh, puissent les rêves bâtir encore notre bonheur,
Chasser mon épouvantable douleur !

 

 

 
BERCEUSE NOSTALGIQUE
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Marco Valdo M.I.
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 17:48

CHANSON FATIGUÉE

 

Version française - CHANSON FATIGUÉE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson de langue allemande – Müdes Lied – Selma Meerbaum-Eisinger – 23 décembre 1941


Poème de Selma Meerbaum-Eisinger (Černivci, 1924 – camp de travail nazi de Michajlovka, 1942).

 

Else et Selma (1941)




Quelques jours après que Selma eut terminé la dixième année de l'école secondaire, la Roumanie entra en guerre aux côtés des puissances de l'Axe (juin 1941). Le 7 Juillet 1941, la synagogue de Černivci fut incendiée; le 30 Juillet 1941, une ordonnance signée du colonel Alexandru Rioșanu (ministre d'Ion Antonescu et gouverneur de la Bucovina) déclara les Juifs subversifs et dangereux pour la sécurité de l'État et par conséquent, il leur défendit de sortir dchez eux et il les obligea à porter sur leurs vêtements l'étoile de David. Le 11 octobre 1941, furent décrétées la constitution du ghetto et l'obligation pour tous les Juifs de s'y transférer. D'alors, les nouvelles sur la vie de Selma se font toujours plus douloureuses et, en même temps, difficiles à rétablir.

Au moment où elle écrivit sa « Chanson fatiguée », Selma et sa famille étaient déjà internées dans le ghetto depuis quelques mois. En juin 1942, ils furent déportés en Transnistrie et ensuite, au terme d'une marche exténuante, dans le camp de travail de Michajlovka, dirigés par des nazis et des collaborateurs ukrainiens. En Juillet, Selma écrivit ce qui peut-être furent ses derniers mots connus, dans une lettre envoyée et miraculeusement parvenue à son amie Renée Abramovici-Michaeli, elle aussi internée dans un autre camp en Transnistrie :

« […] J'imagine tous mes jours futurs comme congelés dans une unique masse solide, pour vivre toujours au dedans de moi. Rena, Rena, si seulement, tu étais avec moi ! Je ne le sais pas, peut-être, si nous étions ensemble, ce serait demander trop. Peut-être que non. De toute façon, nous pourrions résister pour un mois encore, si seulement nous fussions ensemble. Certes, on supporte de toute façon. On supporte, mais pour combien de temps encore ? Maintenant, maintenant c'est trop. Je ne peux plus résister, maintenant je vais céder [...] »


Selma mourut de typhus le 16 décembre 1942. Tous les membres de sa famille la suivirent peu après.

 

 

 

Je suis si fatiguée, je voudrais dormir,
Ma joie est blessée et si fatiguée.
Je suis si seule – même ma chanson préférée
Est loin et ne peut plus revenir .

 

Je dors, alors je rêve un peu,
Les rêves sont si merveilleux,
Ils enchantent d'un air fabuleux
Les moments les plus monstrueux.

 

Les rêves apportent avec eux l'oubli
Et des riens bariolés de couleurs.
Que sais-je – ils vont m'emporter tout à l'heure
Pour l'éternité dans leur pays.

 

 
CHANSON FATIGUÉE
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Marco Valdo M.I.
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 10:29

N'ENTENDS-TU PAS QUE JE

 

PLEURE APRÈS TOI...

 

Version française – N'ENTENDS-TU PAS, QUE JE PLEURE APRÈS TOI... – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson de langue allemande – Spürst du es nicht, wenn ich um dich weine - Selma Meerbaum-Eisinger – 23 décembre 1941


Poème de Selma Meerbaum-Eisinger (Černivci, 1924 – Camp de travail nazi de Michajlovka, 1942).

 

 

 

Selma Meerbaum-Eisinger  (à gauche)
et des amis (1940)


Nombre des poésies de Selma Meerbaum-Eisinger (1924-1942) furent traduites en yiddish et mises en musique par Leibu Levin (1914-1983), poète et compositeur, lui aussi juif et originaire de la Bucovine, région des Carpates aujourd'hui partagée entre la Roumanie et l'Ukraine, mais partie de l'empire autrichien jusqu'à la Grande Guerre.
Leibu Levin, survivant à l'Holocauste, émigra ensuite en Israël.

 

J'ignore si celle-ci aussi peut être attribuée au répertoire de Leibu Levin… Elle a sûrement été mise en musique par d'autres, par exemple Rolf Straver (1956-), compositeur néerlandais, dans son « Ich habe keine Zeit gehabt zu Ende zu schreiben op. 34 » entièrement basé sur les dernières poésies de Selma Meerbaum-Eisinger.

 

Un amour sans réponse, en plus de l'enfer de la persécution qui a déjà enfermé dans un ghetto une jeune femme sensible et malheureuse, malheureuse, sans salut, qui un an plus tard, finira ses jours, à peine âgé de dix-huit ans, dans un camp de concentration nazi en Ukraine… Une extraordinaire poétesse qui « n'eut pas le temps de finir »…

 

 

 

 

 

N'entends-tu pas que je pleure après toi,
Es-tu vraiment si loin ?
Tu es le plus beau, le seul, pour moi
Toi, la solitude qui me tient.

 

 

N'ENTENDS-TU PAS QUE JE  PLEURE APRÈS TOI...
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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 21:29

FLEURS DES CHAMPS

 

Version française - FLEURS DES CHAMPS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Fiori di campo – Massimo Liberatori – 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les chansons, il y a toujours un rêve
D'enfants qui ne veulent pas s'en aller
Dans les chansons, il y a toujours une fleur
De papier, de serre ou une fleur des prés
Dans les chansons, il y a la grande histoire
Vêtue d'une robe du soir
Dans les chansons, il y a le trauma
Médaille d'un vrai soldat

Un soldat dont la seule valeur
Est son grand cœur de déserteur
Un soldat qui fait sa vraie guerre
Là où il n'y a pas de terre
Dans le vide au dedans de nous quelque part
Et s'il y naît une fleur, ce n'est pas par hasard
C'est la fleur la plus belle et la plus parfumée
Elle sera tienne seulement quand tu l'auras donnée.

Dans les chansons, il y a toujours un rêve
D'enfants qui ne veulent pas s'en aller
Dans les chansons, il y a la grande histoire
Vêtue d'une robe de soie et...
Les voici mes chansons maintenant
Mélange d'épines et de fleurs
Qui égratignent et dérangent les cœurs
J'espère seulement…

Le long du rail mort, il ne reste rien
De qui fut enfant et ne s'est aperçu de rien
Il ne reste rien de la fenêtre
De mon grand train d'enfant

Dans les chansons, il y a une fleur et un enfant
Dans les chansons, un soldat et un rêve

 

FLEURS DES CHAMPS
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Marco Valdo M.I.
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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 21:00

COMME SI

 

 

Version française – COMME SI – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson langue de allemande – Als Ob  - Leo Stauss - 1943

 

Paroles de Leo Strauss
Musique d'Alexander Steinbrecher

 

 

 

Leo Strauss 1944

 




La ville du « Comme si » ici décrite est Theresienstadt, en Tchécoslovaquie occupée, où les nazis à partir de 1940 amassèrent jusqu'à 50.000 Juuifs allemands, autrichiens et tchèques et qu'ils présentèrent au monde comme un ghetto modèle alors qu'il ne s'agissait pas d'autre chose que d'un camp de concentration et de passage vers les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz.

 

De Leo Strauss (1897-1944) on ne sait pas grand chose. Comme pour beaucoup d'artistes juifs qui eurent la malchance de succomber à l'Holocauste, même l’œuvre de Leo Strauss est en grande partie perdue.


Fils du compositeur d'opérette viennoise Oskar Strauss, Leo était musicien, auteur de musiques et livrets pour le cabaret.

 

Arrêté par les nazis avec sa femme Myra, tous deux furent internés à Theresienstadt où Leo participa activement à la vie culturelle frénétique du ghetto en proposant surtout des chansons – comme cet « Als Ob » - « Comme si » - imprégnées d'humour noir, ridiculisant la propagande des bourreaux qui présentait Theresienstadt comme un ghetto « humainement » modelé et décrivant sans ambages la dure captivité chaque jour toujours plus privée d'espoir…

 

« Als Ob » devînt une chanson à succès à Theresienstadt, jouée très souvent par le jazz band des Ghetto Swingers…


En octobre 1944, Leo et Myra furent transférés à Auschwitz où ils furent immédiatement tués.

Approximativement 158.000 Juifs passèrent par Theresienstadt. Environ 90.000 furent transférés ensuite dans les camps d'extermination, dont revinrent 4.800. Les 35.500 autres Juifs du camp/ghetto de Theresienstadt moururent là de faim et de maladies. À Theresienstadt, furent enfermés 12.121 enfants : il en survécut seulement 325 (source : Erel Shalit).

Je voudrais faire remarquer que Theresienstadt n'est pas le premier cas de fausse ville, destinée à tromper l’œil de ceux qui viennent l'inspecter... Un des précédents les plus célèbres est celui des « villages Potemkine » que, dit-on – en fait, ce serait une légende inventée par l'ambassadeur saxon von Helbig, faisait construire le ministre de la Guerre russe, Grigori Aleksandrovitch Potemkine, en vue de la visite de son impératrice bien-aimée, mieux connue sous le nom de la grande Catherine. Même si la chose se révèle inexacte, elle a donné des idées... [L.L.]

 

 

 


Je connais une petite ville, une jolie petite ville où aller,
Je ne l'appelle pas par son nom, moi je l'appelle la ville « Comme si ».

Ce n'est pas tout le monde qui peut y entrer,
Les élus doivent être de race « Comme si » .

Ceux qui vivent là, vivent « Comme si »
Et se réjouissent des rumeurs, comme si c'était la vérité.
Les hommes qui passent au galop dans ses rues
Même s'ils n'ont rien à faire, s'arrêtent comme si.

Il y a aussi un café un vrai-faux café d'Europe,
Et avec des chansons et la musique, on s'y sent comme si

Quelqu'un parfois envers quelqu'un est parfois grossier
Même si chez lui il ne l'était pas, il fait ici comme si.

Le matin et le soir, on s'assemble comme si on prenait le café

Le samedi, oui le samedi, il y a là de la viande comme si 

On se met autour d'une soupe claire, comme si ,
Et on déguste la morue, on l'appelle vitamine « Comme si ».
On couche sur le sol, comme si c'était un lit,
Et on pense aux siens, comme si on avait des nouvelles.
On porte notre lourd destin, comme si lui pas si difficile,
Et on parle d'avenir, comme si demain était garanti.

 
COMME SI
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Marco Valdo M.I.
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 11:58

MÉRIQUE, MÉRIQUE

 

Version française – Mérique, Mérique – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Lorenzo Masetti

d'une chanson en vénitien – Merica Merica – Angelo Giusti

 

 

 

 

Il s'agit d'une des plus importantes chansons des migrants vénitiens qui allaient chercher fortune au Brésil. Depuis 2005, cette chanson est l'hymne officiel de la Colonisation Italienne dans le territoire du Rio Grande do Sul.

 

 

D'Italie, nous nous en sommes allés



D'Italie, nous nous en sommes allés
Nous sommes partis avec notre honneur
Trente-six jours de bateau et de vapeur,
Et en Amérique, nous sommes arrivés.

 

Mérique, Mérique, Mérique,
Que sera cette Mérique ?
Mérique, Mérique, Mérique,
Un beau bouquet de fleurs.

 

Et arrivés en Amérique, nous sommes
nous n'avons trouvé ni paille et ni foin
Nous avons dormi à même le terrain,
Comme les bêtes de somme..


Mérique, Mérique, Mérique,
Que sera cette Mérique ?
Mérique, Mérique, Mérique,
Un beau bouquet de fleurs.

 

L'Amérique est longue et large,
Entourée de montagnes et de plaines,
Et par notre industrie nous, les Italiens
Nous avons bâti des villes et des villages.

 

Mérique, Mérique, Mérique,
Que sera cette Mérique ?
Mérique, Mérique, Mérique,
Un beau bouquet de fleurs.

 

 

Mérique, Mérique, Mérique,
Que sera cette Mérique ?
Mérique, Mérique, Mérique,
Un beau bouquet de fleurs.

MÉRIQUE, MÉRIQUE
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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 18:38

BERCEUSE POUR MOI

 

Version française – BERCEUSE POUR MOI – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson en langue allemande – Schlaflied für mich – Selma Meerbaum-Eisinger – janvier 1941

 

Poème de Selma Meerbaum-Eisinger (Cernovizza, 1924 – campo di lavoro nazista di Michajlovka, 1942).

 

Musique de Leibu Levin (1914-1983), poète et compositeur lui aussi, comme Selma Meerbaum-Eisinger, juif et originaire de la Bucovine, région des Carpates aujourd'hui divisée entre la Roumanie et l’Ukraine, partie de l’empire autrichien jusqu'à la Grande Guerre.
Leibu Levin survécut à l’Holocauste, il émigra ensuite en Israël. C'est aussi l'auteur de la traduction en Yiddish des poésies de Selma Meerbaum-Eisinger (qui écrivait en allemand).

 

 

 

La mort de Selma
Dessin d'Arnold Daghani - Bershad Camp - 1943

 

 

 

 

The Death of Selma Meerbaum-Eisinger, Bershad Camp, 1943 Arnold Daghani (1909-1985)

Selma Meerbaum-Eisinger était née en 1924 à Cernovizza (Bucovine du nord, aujourd'hui dans ukrainienne) dans une famille de commerçants juifs. Alors les 150 ans de domination des Habsbourgs se faisaient encore beaucoup sentir, mais dès la fin de la Grande Guerre, la région fut soumise à un fort processus de romanisation. Avec la défaite de l'Allemagne, en effet, le territoire fit partie de la Grande Roumanie. Ensuite en 1940, sur base d'une interprétation « extensive » des accords de partage paraphés avec l'Allemagne nazie, l'Union soviétique s'empara de la Bucovina septentrionale et sans beaucoup de ménagement (pour employer un euphémisme) pour les gens du lieu, qui étaient bourgeois de langue allemande, peut-être juifs, ou des paysans de langue roumaine. Ensuite, il y eut l'occupation nazie et le régime collaborateur d'Ion Antonescu… Les gens restèrent broyés au milieu, et les Juifs plus que tous.


Selma Meerbaum-Eisinger - active dans les organisations de jeunesse juives comme Hashomer Hatzair, aimant le Beau et la poésie de Rilke et de Heine et Verlaine, elle-même poète, comme son plus célèbre cousin Paul Celan – fut enfermée avec autres ses coreligionnaires dans le ghetto de Cernovizza et ensuite déportée dans le camp de travail de Michajlovka (Volgograd) où elle mourut de typhus en décembre 1942. La brève et douloureuse présence de Selma dans le camp fut notée dans le journal et dans les dessins d'un autre interné, le peintre Arnold Daghani, qui en représenta la mort comme une véritable déposition.

 

 

 

Je me berce, me berce et me berce
Nuit et jour de rêves

Et je bois le même vin vermeil
Que celui qui dort quand il veille.

 

Je me chante, chante et chante,
Une chanson d'espoir et de chance,
Je la chante comme celui qui s'en va et ne voit pas
Que jamais plus il ne reviendra.

 

Je me raconte, raconte et raconte
Un monde d'amour, qui m'apaise
Je n'y crois plus et je me le raconte
Je le sais pourtant : la fin est mauvaise.


Je joue, joue et joue

La musique des jours passés,
Je me libère de la vérité
Et fais, comme si j'étais aveugle.


Je ris, ris et ris

Et je me moque de mon jeu
Et je file des rêves si indécis
Qu'ils vont sans tête ni queue.

 

 
BERCEUSE POUR MOI
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 23:00

L'ÎLE QUI S'EN FUT

 

Version française – L'ÎLE QUI S'EN FUT – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - L'isola che se ne andò - Alberto Marchetti

 

 

 

Celle-ci, malheureusement, est une histoire incroyablement vraie, une démonstration de l'obtusité humaine et de la stupidité de toutes les guerres…. L'histoire de cette île était là, déjà belle et prête, je me suis limité à en créer conscience nécessaire pour la sauver … L'île est encore sous la mer mais la dispute diplomatique, absurde mais vraie, à 180 ans de distance, ne s'est pas encore calmée… Quand en 2002, une secousse a fait présager sa remontée à la surface, le Times (journal anglais) a salué la réapparition d'une île anglaise ; les Italiens se sont hâtés de déposer sur le sommet émergé une pierre tombale de revendication territoriale .....

 

Sur le goût et l'acharnement des Anglais à posséder des îles minuscules, on se reportera utilement à la canzone « Les Malouines aux Malouins » [[42641]] [L.L.].

 

 

 

Giulia, Corrao, Hotham, Nerita, 

Graham, Sciacca, Ferdinandea

 

 

 

 

Giulia, Corrao, Hotham, Nerita,
Graham, Sciacca, Ferdinandea

En Juillet mil huit cent trente et un
Sans que ne la vit quelqu'un
En une nuit, une île naquit de la mer
Toute noire et de forme circulaire.
À l'aube, le ressac et les ondes
Révélèrent cet hectare de terre
À Sciacca devant les côtes.
La nouvelle fit le tour de la terre.

 

D'abord, arrivent les scientifiques
Et les pêcheurs un peu étonnés.
Ensuite, par décision des autorités,
Des navires de guerre se rappliquent ,
Pour prendre possession de ce noyau fumant
Car pour les puissants,
Une terre nouvelle, surtout secrète,
Est toujours une terre de conquête.

 

Ils voulaient faire de cette beauté précaire
Ces as de la stratégie, une nouvelle base militaire
Et les commandants, pour chaque nation,
Plantèrent des drapeaux et lui donnèrent un nom :


Giulia, Corrao, Hotham, Nerita,
Graham, Sciacca, Ferdinandea


Seul un pêcheur solitaire
Comprit comme il était extraordinaire
Qu'une île soit née de la mer
Que la terre ait recommencé à créer…
Les Rois voulurent ce morceau de terre
Disposés à tout, même à la guerre,
Opposés, au nom du droit,
Ils se décidèrent à l'inévitable combat.

 

Au cœur de la nuit, des amiraux nostalgiques
Amenèrent leurs flottes magnifiques.
Ce fut précisément alors que l'île pensa
En avoir vu assez, et s'en alla,
Un grondement, un bouillonnement autour,
Quand finalement arriva le jour
Les expéditions trouvèrent seulement
La mer étale, et un blurp de temps en temps.

 

L'île était rentrée sous la mer
Où personne ne la regardait de travers,
L'île était retournée sous les vagues
Où encore elle divague.



Giulia, Corrao, Hotham, Nerita,
Graham, Sciacca, Ferdinandea

 

 
L'ÎLE QUI S'EN FUT
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Marco Valdo M.I.
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