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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 16:42

LE LAIT NOIR DE L'AUBE

 

Version française – LE LAIT NOIR DE L'AUBE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Il latte nero dell'alba - Michele Gazich - 2011

 

 

 

 

 

Mais le fleuve cette nuit est un grand cœur noir

 

Et m'accueille

Et me serre

Et éteint ma douleur








L'expression « le lait noir de l'aube » est mystérieuse, mais très évocatrice.
Elle est tirée d'une poésie de Paul Celan (1920-1970), un des plus grands poètes de culture juive du siècle passé.
Né en Roumanie, mort à Paris, il écrivait en allemand. Comme tant d'artistes, il a changé souvent de patrie, sans jamais en trouver une.
Ses parents moururent en camp de concentration, pendant qu'il s'en sauva. Paul Celan vécut toute son existence avec l'obsession de ne pas avoir fait assez pour sauver les siens et, avec le sentiment de culpabilité d'être survivant, de n'être pas mort avec eux. Le souvenir de l'extermination de ses parents et du peuple juif, la mémoire des violences de la guerre, l'obsédèrent à un point tel que, finalement, il se suicida, en se jetant dans la Seine du Pont Mirabeau.
Le lait noir de l'aube est celui qui buvaient chaque matin les hébreux qui savaient devoir mourir ; Paul Celan boira le lait noir de l'aube, avant de précipiter dans la terrible paix de la mort, dans le grand cœur noir des eaux du fleuve.
« Mais le fleuve cette nuit est un grand cœur noir
Et m'accueille
Et me serre
Et éteint ma douleur »
... Gazich raconte... avec une voix qui ne cache rien du mal de vivre et qui pour ceci ne peut nous laisser indifférents, la vie et la mort de Paul Celan.

 

 

 

Pour donner une idée de la poésie de Paul Celan de laquelle s'inspire la chanson, je te propose un extrait de Todesfuge – La Fugue de la Mort :

« Schwarze Milch der Frühe wir trinken dich nachts
wir trinken dich mittags der Tod ist ein Meister aus Deutschland
wir trinken dich abends und morgens wir trinken und trinken
der Tod ist ein Meister aus Deutschland sein Auge ist blau
er trifft dich mit bleierner Kugel er trifft dich genau
ein Mann wohnt im Haus dein goldenes Haar Margarete
er hetzt seine Rüden auf uns er schenkt uns ein Grab in der Luft
er spielt mit den Schlangen und träumet der Tod ist ein Meister aus Deutschland

dein goldenes Haar Margarete
dein aschenes Haar Sulamith

Traduction de l'allemand

(…)
Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
nous te buvons à midi la mort est un maître d’Allemagne
nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons
la mort est un maître d’Allemagne son œil est bleu
il te touche d’une balle de plomb il te frappe juste
un homme habite dans la maison tes cheveux d'or Marguerite
il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans l'air
il joue avec les serpents et rêve la mort est un maître d’Allemagne

tes cheveux d'or Marguerite
tes cheveux de cendre Sulamith »

 

Comme il y paraît la poésie de Celan est assez sombre et comme tu le vois, elle est aussi une poésie forte et terriblement accusatrice contre cette Allemagne qui semait la mort aux carrefours de l'Europe et au-delà. Celan a la dent dure.

 

 

Mais pas encore assez sans doute, dit Lucien Lane. Ainsi, reprenons notre tâche lente et longue et tissons le linceul de ce vieux monde de noirceur, mortifère, douloureux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

La nuit nous buvons le lait noir de l'aube
La nuit nous buvons le lait noir de l'aube
La nuit nous buvons le lait noir de l'aube
La nuit nous buvons le lait noir de l'aube

 

Vivre écrire cicatriser la haine
Vivre écrire changer de langue changer de ville
Vivre écrire aimer aimer aimer encore
Vivre écrire même si tout autour meurt

 

Vivre écrire de nouveaux livres pour de nouveaux yeux
Vivre écrire pour les oreilles ennuyées du bourreau
Vivre écrire j'entends le bruit des nouvelles chaînes
Vivre écrire même si tout autour meurt

 

Je n'ai pas oublié mon père
Je n'ai pas oublié ma mère
Je n'ai pas oublié la neige
Je n'ai pas oublié le sang
Je n'ai pas oublié…
Je n'ai pas oublié…

 

 

Mais le fleuve cette nuit est un grand coeur noir
Et m'accueille
Et me serre
Et éteint ma douleur

LE LAIT NOIR DE L'AUBE
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Marco Valdo M.I.
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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 22:35

Celan Sous Le Pont Mirabeau

 

Canzone française - Celan Sous Le Pont Mirabeau – Marco Valdo M.I. – 2014

Comme promis, dédiée à Janina, qu'on mit en terre aujourd'hui.

 

 

 

Les jours, les mois, les années s’enchaînent

Les temps passés et les amours s'éteignent

Sous le Pont Mirabeau Celan se traîne

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme tu le sais, je suis en train de traduire la chanson de Michele Gazich, Il latte nero dell'alba – LE LAIT NOIR DE L'AUBE, où la fin s'enfonce mystérieuse dans un fleuve :

« Ma il fiume questa notte è un grande cuore nero
E mi accoglie
E mi stringe
E spegne il mio dolore »

« Mais le fleuve cette nuit est un grand coeur noir
Et m'accueille
Et me serre
Et éteint ma douleur »,

chanson qui en fait se remémore la mort de Paul Celan, poète roumain de culture juive, passé par les camps qui finit par se jeter dans la Seine, du haut du pont Mirabeau, bien des années plus tard en 1970. Le même Celan que dans l’histoire d'Allemagne de 1967 - [[41139]]. Sachant cela, sachant d'où Celan s'était jeté dans le néant, il m'était impossible de ne pas faire l'écho à Apollinaire et à son Pont Mirabeau qui devaient vaguer ce soir-là dans la tête de Celan. Et sans doute ainsi, Apollinaire fut son dernier compagnon. Et l'Apollinaire me revenant lui aussi en tête, dans la belle chanson qu'en fit Léo Ferré, à moi aussi, il m'est venu une chanson... où je raconte les derniers instants de Celan sur le Pont Mirabeau. Pour cela, j'ai repris le texte du poète trépané et j'en ai fait une « parodie », une sorte de variante.

 

 

Comme le Pont Mirabeau n'était pas encore repris dans les Chansons contre la Guerre, dit Lucien Lane en secouant doucement la tête, il me paraît indispensable de l'y insérer. Il me paraît que cet oubli ne peut durer plus longuement. Et puis, on ne comprendrait pas vraiment où se situe ce que tu appelles avec raison la parodie. Avec raison et en bonne compagnie, car Voltaire définissait comme suit la parodie : «couplet, strophe composés pour être chantés sur un air connu» et c'est bien ainsi que je l'entends. Elle peut être ou non satirique, moqueuse comme le veut un usage plus répandu.

 

 

Alors, le voici :

 

Le Pont Mirabeau
Guillaume Apollinaire, Alcools (1912)

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
            L'amour s'en va
       Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé
       Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

 

Voici deux versions chantées par Léo Ferré à des années d'intervalle : (https://www.youtube.com/watch?v=kyi50LWPAqY) et

 

 

Maintenant, fais-moi entendre ta chanson et continuons notre tâche, tissons le linceul de ce vieux monde mélancolique, désespérant, éteint, noir et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Sous le Pont Mirabeau coule la Seine

Paul Celan y ronge sa gêne

Elle l'étreint de tant de peine

 

Cesse la vie sonne l'heur

Les jours s'en vont à male heure

 

Ses mains, ses mains lentes et douces s'effacent

Tandis que sous le pont le temps trépasse

Son étrange regard de l'onde se lasse

 

Cesse la vie sonne l'heur

Les jours s'en vont à male heure

 

Le noir passé comme cette eau courante

Le noir passé encor l'épouvante

Et la désespérance est violente

 

Cesse la vie sonne l'heur

Les jours s'en vont à male heure

 

Les jours, les mois, les années s’enchaînent

Les temps passés et les amours s'éteignent

Sous le Pont Mirabeau Celan se traîne

 

Cesse la vie sonne l'heur

Les jours s'en vont à male heure

Celan Sous Le Pont Mirabeau
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Marco Valdo M.I.
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 22:50

 

ARRIVENT LES AMÉRICAINS

 

Version française – ARRIVENT LES AMÉRICAINS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Arrivano gli americani – Stormy Six – 1975

 

Texte et musique des Stormy Six

 

 

 

 

Ora e sempre: Resistenza!

 

Now and Always: Resistance!

Maintenant et Toujours: Résistance!

Τώρα και πάντα: Αντίσταση!

 

 

 

 

 

 

 

Années chaudes... À la moitié des années septante et exactement en 1975, sort ce disque qui est le plus bel exemple de « musique politique » jamais produit en Italie. L'album « Un billet de tram » est le premier véritable album décidément original et avec de forts contenus politiques des Stormy Six. Peut-être est-ce une histoire ou peut-être est-ce une légende qu'à Milan, certaines frange du « mouvement » aient accusé les Stormy Six de déviationisme ; leur faute : graver des disques et, surtout, les vendre ! Ceci a été le prix d'une notoriété construite concert après concert, place après place. La grandeur de ce « projet » a été dans la capacité de savoir raconter à travers les « images », une Italie en guerre.

 

 

 

 

Les statues suent du sang, elles parlent dans les églises,
Elles annoncent un grand miracle de l'au-delà.
Les archanges sur les plages commencent leur chasse,
Aux cuisiniers, aux femmes, aux petits cireurs, aux soldats.

 

Arrivent les Américains, garibaldiens martiens,
Sainte Vierge, tu as entendu nos prières !
Entre fleurs et drapeaux, quand nous battons les mains,
Des camions lancent des boîtes de liberté vides.
On allume des signaux géants sur nos ruines fumantes,
Des bougies sur les tombes de la ville.
Dans la campagne brûlée arrivent des sons lointains :
Les chiens aboient, un juke-box chante.

 

Arrivent les Américains…
Dans un village, un homme brandit un mégaphone
Onne le c omprend pas ; il parle italien.
Une fenêtre s'ouvre ; sur la place, il n'y a personne.
Une dame ne veut pas changer son Dash ; c'est certain.
Arrivent les Américains…


 

 

 

 

 

 

ARRIVENT LES AMÉRICAINS
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Marco Valdo M.I.
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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 19:33

APOLOGIE DE L'ÂNE

 

Version française – APOLOGIE DE L'ÂNE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Tributo (a Fabrizio De Andrè e George Brassens) – Massimo Liberatori

 

 

 

 

Apologie de l'âne par les femmes
On a beau être âne, on n'en est pas moins homme...

 

(Tableau de Paul Gervais)

 

 

 

 

 

 

Là, je te remercie, Marco Valdo M.I. mon ami... Voilà que tu m'as créé un bien beau titre – un titre extraordinaire et pour tout dire, inespéré , que dis-je un titre proprement admirable et philosophique ; un titre platonicien et j'espère, platonique. Cependant, je te le dis tout de suite, il serait méchant de faire subir à l'âne le sort du grand Socrate, qui est d'ailleurs, on s'en sera rendu compte depuis longtemps, un de nos maîtres. Figure-toi, par parenthèse, que Socrate et moi, nous fîmes quelques voyages en Attique, ce qui fut – pour moi – l'occasion de l'entendre discourir sur mille et une choses. Mais à ce moment, je t'assure que je ne savais pas le destin de cet hirsute vieillard, ni qu'on en parlerait encore si longtemps après qu'il ait bu la ciguë. Nous les ânes, on se méfie énormément des plantes et d'autant plus qu'on ne mange quasiment que ça. On fait aussi attention à ce qu'on boit. Je n'aurais d'ailleurs jamais imaginé qu'on ferait mon apologie...

 

 

Mais Lucien l'âne mon ami, ce n'est pas ton apologie ; c'est l'apologie de l'âne de Richetto.

 

 

Mais Marco Valdo M.I., justement ! Rends-toi compte et réfléchis... L'âne de Richetto, c'est moi. Oh, ça ne date pas d'hier cette histoire ; elle est même assez ancienne et bien antérieure, à celle du Gorille. C'était au temps où j'avais poussé une pointe là-bas en Italie. J'avais rencontré Richetto au détour d'un chemin et on était devenu comme des copains. Au moment de la chanson, il allait me vendre... Alors, tu vois, je suis parti, non sans laisser des traces.

 

 

Bon, je vais faire semblant de te croire...

 

 

Mais tu dois me croire, c'est la pure vérité vraie. Autrement qui aurait pu savoir ce pensait l'âne de Richetto...

 

 

 

 

Peut-être la nouvelle est-elle déjà ancienne et au demeurant, n'est-elle pas parvenue à toutes les oreilles... Mais le « Gorille » fut bel et bien interdit d'antennes et même, censuré. Au point que la dernière strophe est toujours restée dans les cahiers de Brassens ou diffusée « sous le manteau ». Allez savoir si Fabrizio De André la connaissait... De toutes façons, elle aurait révulsé plus encore les magistrats, espèce assez tigneuse.

 

 

Oh mais, Marco Valdo M.I. mon ami, je la connais moi, cette fin finale de la canzone de Tonton Georges ... Il me l'a glissée à l'oreille (la droite ou la gauche, je ne me souviens plus...) alors que je le promenais sur le plateau d'où l'on voit Sète les beaux jours d'été. Qu'était-il venu faire là, je n'en sait plus rien. Enfin, en confidence, je peux bien te révéler que la balade, il ne la faisait pas seul...

Voici donc, afin que nul n'en ignore, les vers manquants :

 

« Nous terminerons cette histoire

Par un conseil aux chats-fourrés

Redoutant l'attaque notoire

Qu'un d'eux subit dans des fourrés :

Quand un singe fauteur d'opprob'e

Hante les rues de leur quartier

Ils n'ont qu'à retirer la robe

Ou mieux à changer de métier. »

 

 

Cela dit, cette version italienne à mon sens mélange deux chansons de Brassens, aussi impénitentes l'une que l'autre et aussi peu appréciées l'une que l'autre, par les autorités. Il est d'ailleurs fréquent qu'on les confonde. Tu auras reconnu L'Hécatombe et Le Gorille. Disons que le marché, c'est celui de Brive-la-Gaillarde où eut lieu la célèbre Hécatombe de gendarmes ; les oreilles renvoient quant à elles au Gorille. Car regarde bien ce qui se passe : au départ, il y a une chanson en langue française ou même deux, comme je viens de te le dire. Toutes les deux de Georges Brassens. Ensuite, Le Gorille est traduit, adapté en version italienne par Fabrizio De André et bien plus tard , reprise en une nouvelle version, celle avec l'âne de Rochetti... dont je viens de faire une version française... Et entre nous, mais faut pas le répéter, cette version m'a fort amusé. Crois-moi, Lucien l'âne mon ami, la traduction – vue comme ça – c'est un plaisir dont je ne me lasse pas.

 

 

Un vrai carrousel aussi, dit Lucien l'âne en riant de tout son piano. Reprenons, si tu le veux bien notre tâche où on l'avait laissée et tissons, tissons, comme les canuts, Marco Valdo M.I. mon ami, tissons le linceul de ce vieux monde méprisant, méprisable par conséquent, brutal et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Au foirail de l'autre semaine, les belles bêtes étaient nombreuses
L'âne de Richetto en était la vedette la plus lumineuse
Il était tout enrubanné pour faire bonne impression
Moines et commères en étaient perdus d'admiration

 

Tout à coup, le licol qui tenait l'animal
Se défit, on ne sait pourquoi, on avait dû le serrer mal,
Libéré, l'âne pensa, « S'ils veulent s'amuser, c'est leur droit.

« Je vais me trouver une ânesse, et qu'on ne m'en empêche pas ! »


Gaffe le bourriquet s'est enfui

Et ne venez pas me dire que je ne vous l'ai pas dit !

Du sommet de son talus, l'âne contemplait
Tant de bêtes amorphes dont aucune ne lui plaisait
Alors il se précipite triste et enragé
Contre ceux qui de toujours ignorant l'avaient renommé

 

Sur cet âne , on dit bien du mal
Aux bourgeois, à tous leurs pareils
Jusqu'au tambour de ville, au garde municipal

Au maire, au prêtre, il mordit les oreilles


Gaffe le bourriquet s'est enfui

Et ne venez pas me dire que je ne vous l'ai pas dit !

 

Contre cette engeance arrogante, l'âne s'était enragé
De morsures et de coups, aucun d'eux n'était épargné
Et les gens en eux-mêmes approuvaient
L'âne de Richetto qui entre ses dents, la justice avait apporté

 

Une histoire semblable, vous vous en rappelez...
Qu'à Gênes, Fabrizio chantait celle d'un magistrat
Qui, traîné par un gorille jusque dans un bois,
Criait comme l'innocent qu'à mort, il avait condamné

 

Dans toutes les nations, les chansons contre le pouvoir et le mal
Sont moins souvent censurées quand le héros est un animal
On rit encore de celle que fit Brassens avec le gorille
Ainsi de l'âne en mon pays, on fait aussi l'apologie.

Gaffe au bourriquet... Gare au gorille !

 

 
APOLOGIE DE L'ÂNE
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Marco Valdo M.I.
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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 23:15

La Genèse d'Adam

 

 

 

Canzone française – La Genèse d'Adam – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 6

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 

 

 

 

Adam, ta mère t'avait confectionné à la main

Un joli uniforme de chef de train

Et sou par sou, tu avais acquis l'équipement complet

La poinçonneuse, la casquette et le sifflet.

 

 

 

 

 

 

 

Cette histoire d'Adam ne cesse de m'intriguer. Adam lui-même me laisse perplexe... Où tout cela va-t-il finir ? Finalement, j'ai comme l'idée qu'ils n'ont pas tort les imprécateurs ; ceux-là qui disent :

« Adam, que fais-tu là ?

Adam, Adam, tu tues la foi. »

Et je me demande-même, si par hasard, Adam ne serait pas Adam, Adam, la réincarnation d'Adam et son père serait l'hypostase du Père éternel.

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, tu anticipes, tu anticipes, mais d'une certaine manière, tu touches juste. Ces Tchèques sont redoutables ; ils ont toujours l'air de raconter des inepties... J'allais dire des âneries. Mais l’histoire d'Adam, telle que la raconte Pavel Kohout, est une fable, est une invention poétique. Et comme tu le sais, le travail, l'oeuvre poétique est une arme. C'est sans doute celle dont les pouvoirs doivent le plus se méfier et c'est d'ailleurs elle qu'ils en viennent le plus vite à éliminer. Du moins, ils essayent et souvent y réussissent, en surface. Mais, ils n'attrapent jamais que l'écume des jours. Pour ce qui est comprendre Adam... Là, je n'ai qu'un seul conseil à te donner... Comme disait, mon aïeul le berger : « Laisse pisser le mouton » .

 

 

Le mien, et nul ne s'en étonnera, disait : « Laisse pisser l'âne », mais c'était en famille. Mais à propos de la famille, qui est quand même, dit-on, le fondement de la chrétienté, celle de l'ami Adam me semble bien avoir un destin tragique et ferroviaire.

 

C'est en effet ce que dit la chanson. Et même révolutionnaire ; je dirais plus volontiers subversif ; ce qui est bien pire pour les gens d'ordre. Le révolutionnaire vise à renverser le pouvoir... En somme, le renverser ne veut évidemment pas dire supprimer le pouvoir. Comme l'Histoire le démontre, d'ailleurs, c'est bien du contraire qu'il s'agit. Il s'agit de s'emparer du pouvoir et bien évidemment, de le conserver. En somme, c'est « Tire-toi de là que je m'y mette ! ». La subversion elle vise à empêcher le pouvoir de s'asseoir sur les libertés et les hommes eux-mêmes. Quand je dis ici « le pouvoir », c'est bien sûr « tout pouvoir généralement quelconque ».

 

À ce propos, je me souviens de ce discours d'un candidat président qui disait : « Je ne veux pas le pouvoir pour le pouvoir. Mais le pouvoir pour pouvoir pouvoir. » Je te laisse démêler cette belle affirmation. Saluons le père d'Adam et Adam lui-même et reprenons notre tâche qui consiste, faut-il le rappeler, à tisser le linceul de ce vieux monde conformiste, ferroviaire, dominateur, riche et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Adam, passionné de chemin de fer

Adam, né un 24 décembre

Dans la nuit de Noël

Perdit son géniteur – regret éternel

 

Son père, le chef de train

Par inadvertance, descendu du convoi,

Finit sa vie en un lieu incertain

Dans la neige et les bras en croix.

 

Adam, Adam, une loi violée une fois

Adam, n'est plus une loi.

Adam, que fais-tu là ?

Adam, Adam, tu tues la foi.

 

Adam fêtait la locomotive à vapeur

La Rocket de Stephenson

Qui à dix-neuf à l'heure,

Alla de Stockton à Darlington

 

Adam, ta mère t'avait confectionné à la main

Un joli uniforme de chef de train

Et sou par sou, tu avais acquis l'équipement complet

La poinçonneuse, la casquette et le sifflet.

 

Adam, Adam, une loi violée une fois

Adam, n'est plus une loi.

Adam, que fais-tu là ?

Adam, Adam, tu tues la foi.

 

Adam, Adam, on ne te comprend pas !

Adam, Adam, que vient faire là ce Yoga-soutra ?

Adam, Adam, cette concentration d'Hatha-Yoga ?

Adam, Adam, on ne te comprend pas !

 

Un jour, tu t’élevas au plafond

Tu fis une révolution

Tu ridiculisas ce brave Newton

Tu semas la consternation

 

Adam, Adam, une loi violée une fois

Adam, n'est plus une loi.

Adam, que fais-tu là ?

Adam, Adam, tu tues la foi.

 

En dépit des supplications et des injonctions

Adam refusait toute compétition

Adam disait : Je n'ai qu'une ambition

Apprendre à ne pas avoir d'ambition.

 

La mouche marche au plafond, naturellement

Et alors, l'être le plus évolué intellectuellement

L'homme doit pouvoir le faire aussi, naturellement

C'est tout-à-fait évident, évidemment.

 

Adam, Adam, une loi violée une fois

Adam, n'est plus une loi.

Adam, que fais-tu là ?

Adam, Adam, tu tues la foi.

 

 

La Genèse d'Adam
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Marco Valdo M.I.
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 11:03

CHANSON ENRAGÉE

 

Version française – CHANSON ENRAGÉE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Canzone arrabbiata – Anna Melato – 1961 ‎

Paroles et musique de Nino Rota

 

 

 


Je vais et je chante 
La rage que j'ai.

 

 

 

 

 

 

Originairement écrite pour le film des « Fantômes à Rome » d'Antonio Pietrangeli et réutilisée dans
colonne sonore du « Film d'amour et d'anarchie ou bien : ce matin à 10 heures, rue des Fleurs, dans la maison de tolérance bien connue… », réalisé en 1973 par Lina Wertmüller.
Anna Melato est accompagnée par l'orchestre dirigé par Carlo Savina.

 

 

En 1932, un paysan lombard, Antonio Soffiantini dit Tunin (Giancarlo Giannini), après le meurtre de la part des carabiniers d'un de ses compagnons anarchistes, se rend à Rome pour assassiner Mussolini. Dans la capitale, il entre en contact avec Salomé (Mariangela Melato), une prostituée amante d'un anarchiste du groupe, qui le reçoit dans la maison close où elle travaille en le présentant pour son parent. Là, Tunin tombe amoureux d'une autre prostituée, Tripolina (Lina Polito), auquel il dévoile la raison qui l'a amené à Rome. Le matin de l'attentat, il se réveille en retard. Angoissé, il perd la raison et commence à tirer sur les forces de l'ordre qui étaient dans le bordel seulement pour un contrôle de routine.
Arrêté et battu par la police politique, Tunin meurt en prison mais sa mort est déguisée en suicide. (it.wikipedia)

Après le grand succès international de « Mimì metallurgico ferito nell'Onore » (« Mimi métallurgiste frappé dans son honneur »), Lina Wertmüller repropose le prodigieux masque avec des yeux écarquillés de Giancarlo Giannini (dans beaucoup de premiers plans) dans un autre rôle de héros malheureux : elle lui remplit le visage de taches de rousseur, le place, comme un poussin dépaysé, dans un bordel romain, symbole d'une Italie divisée dans des dialectes, et en fait une icône en piteux état mais puissante de la lutte antifasciste. C'est typique du cinéma de la réalisatrice de faire des oeuvres formellement raffinées, grâce aussi à son mari décorateur/costumier Enrico Job, dans lequel elle place des personnages immondes et aux moeurs vulgaires ; la première partie, située dans la maison de tolérance, on se divertit parmi tant de prostituées triviales (parmi lesquelles grande Mariangela Melato, putain « camarade » de Bologne) retirée, jusqu'aux poils et aux pores de la peau, dans toute leur joyeuse véracité, avec modalités plus felliniennes (ce n'est pas par hasard qu'il y a Nino Rota pour la musique) que son œuvre précédente (qui était « germaine ») ; la partie centrale se plonge, avec une tendresse unique, dans la romantique histoire d'amour ; celle finale, fait triompher l'Idéal, la politique des malheureux avec les couilles pleines de Duce, en un cri désespéré et tragique, illustré par une citation d'Errico Malatesta (« Ces assassins sont même des saints et des héros… et ils seront célébrés le jour où on oubliera le fait brutal pour se rappeler seulement l'idée qui les éclaira et le martyre qui les rendit sacrés »). ...

Le personnage d'Antonio Soffiantini, dit Tunin, interprété de Giancarlo Giannini, est probablement inspiré de la figure et de l'aventure de l'anarchiste Michele Schirru qui en 1931 arriva à Rome de New York avec l'idée de tuer le Duce ; il tomba amoureux d'une danseuse, fut arrêté avant même qu'il put mettre au point son plan, il tenta le suicide et donc, il fut fusillé « pour ne pas avoir commis le fait »…
Je renvoie à ce propos aux chansons
Kenze neke, du groupe homonyme de Siniscola, et à Antonio Soffiantini, detto Tunin‎, elle aussi interprétée par Anna Melato.

 

 

 

 

 

 

À propos d'attenter à la vie de Mussolini, de Michele Schirru et d'autres, juste une petite suggestion, dit tout bas Lucien l'âne. Lisez la canzone [[35005]] de mon ami Marco Valdo M.I. ; elle résume très bien l'affaire.

 

 

 

 

Je chante pour qui n'a pas de chance
Je chante pour moi
Je chante par rage à cette lune
Contre toi
Contre qui est riche et ne le sait pas
Qui salira la vérité
Je vais et je chante
La rage que j'ai.

 

Je pense à tant de gens dans l'obscurité
À la solitude de la cité
Je pense aux illusions de l'homme
Tous ces mots qui l'assomment.


Je chante pour qui n'a pas de chance
Je chante pour moi
Je chante par rage à cette lune
Contre toi
Je chante ce soleil qui viendra
Qui se couchera, qui renaîtra
Aux illusions déjà
À la rage qui me tient là.


Je pense à tant de gens dans l'obscurité
À la solitude de la cité
Je pense aux illusions de l'homme
Tous ces mots qui l'assomment.

 

 

Je chante pour qui n'a pas de chance
Je chante pour moi
Je chante par rage à cette lune
Contre toi
Je chante ce soleil qui viendra
Qui se couchera, qui renaîtra
Aux illusions déjà
À la rage qui me tient là.

 

CHANSON ENRAGÉE
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Marco Valdo M.I.
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 10:39

ALLER SIMPLE

 

Version française – ALLER SIMPLE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Solo andata - Canzoniere Grecanico Salentino – 2014

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=47549

Paroles de Erri De Luca
Musique de Daniele e Mauro Durante
Videoclip d'
Alessandro Gassmann
 



 


La Méditerranée porte dans ses bras
Les migrants d'Afrique et d'Orient




 

 

 

« ALLER SIMPLE » naquit de la collaboration entre Erri De Luca et le Canzoniere Grecanico Salentino. L'historique groupe de musique populaire a mis en musique, en réinterprétant de façon prenante les sonorités traditionnelles des Pouilles, un poème de l'auteur napolitain. La fusion a été ensuite mise en valeur dans un beau film d'Alessandro Gassmann. Le projet artistique a reçu le soutien d'Amnesty International, dont Gassmamn est témoin.


Le clip a été tourné à Sbiaggiabella (Lecce). De la mer sombre et agitée émergent les figures de quelques migrants, qui avec des brasses essoufflées rejoignent le rivage. Le tout se passe sous les yeux d'un vieux pêcheur, interprété par Manrico Gammarota, qui, face à l'élan désespéré des naufragés, reconnaît l'humanité de sa mère, migrante elle aussi, qui remonte à la surface du passé en créant un pont imaginaire entre histoire et futur. « Dans le vidéo, la mer nous montre son côté assassin, violent. Une image très différente de celle communément associée à Salento », dit Gassmann. « Avec ce travail, j'ai voulu parler d'un thème qui m'est cher ».

 

« En Italie, les portes pour les migrants sont fermées seulement au niveau des palais du pouvoir, dans les hautes sphères », a commenté Erri De Luca. « Sur le terrain, les gens comprennent très bien qui sont ces personnes : de nouveaux citoyens, de nouvelles énergies qui viennent secouer à une société vieille et fatiguée. Je pense que les descendants de ceux qui ont débarqué à Lampedusa deviendront nos présidents, et seront orgueilleux de leurs grands-pères ».

 

Nouvelle du jour : il y a au moins dix victimes d'un naufrage qui s'est produit à 40 milles des côtes libyennes. Une quarantaine d'autres naufragés seraient disparus. Un canot pneumatique chargé de migrants s'est renversé et a coulé. Le naufrage remonte à hier après-midi. Entre temps plus de 260 migrants ont débarqué la nuit passée dans le port de Catane où ils sont arrivés sur un cargo battant pavillon d'Antigua-et-Barbuda, qui les avait secourus dans le canal de Sicile. Cinq personnes ont été hospitalisées. Les immigrés extracommunautaires, pour la plupart érythréens, ont été conduits dans des installations sportives communales, dont la Palanitta, de laquelle un bon nombre se seraient déjà éloignés.

 

 


Nous sommes les innombrables
Infinie nation des grains de sable
Nous pavons de corps votre mer
Pour atteindre la terre

 

Vous ne pouvez pas nous compter :
À nous dénombrer, nous augmentons,
Enfants de l'horizon
Qui nous déverse en quantités

 

Aucune police ne peut nous subjuguer
Plus qu'on nous a déjà outragés
Esclaves, nous ferons les enfants que vous ne faites pas
Nos vies, sont les aventures que vous ne vivrez pas

 

Nous rapportons Homère et Dante,
Le pèlerin et l'aveugle
L'odeur que vous perdîtes
L'égalité que vous avez réduite

 

De partout, de toute l'immensité
Nous arrivons à millions de pas
Pieds, nous portons votre poids
Nous déneigeons, nous peignons vos prés

 

Nous sommes les journaliers
Nous ramassons les tomates et le crachat
Nous sommes les pieds
Et nous connaissons le sol pas à pas

 

Nous sommes le rouge et noir de la terre
Un outre-mer de sandales défoncées
Le pollen et la poussière
Dans le vent de la soirée

 

Un de nous, c'était son tour,
A dit « Vous ne vous débarrasserez pas de moi
Très bien, je meurs, mais dans trois jours
Je ressuscite et me revoilà »

La Méditerranée porte dans ses bras
Les migrants d'Afrique et d'Orient
Au creux des vagues sombrant.
Le sac de graines emportées de là-bas
Parmi les algues et les cheveux dispersées
La terre ferme d'Italie est terre fermée.
On les laisse se noyer pour nier tout cela .

 
 
ALLER SIMPLE
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Marco Valdo M.I.
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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 13:45

Le Kangourou Autrichien

 

Chanson française - Le Kangourou Autrichien – Marco Valdo M.I. – 2014

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, quand les Chansons contre la Guerre feront un bestiaire, reprenant les chansons où figurent des animaux, on t'y trouvera sûrement...

 

 

Voilà une idée excellente. On y trouvera certainement aussi des chats, les cochons, l'éléphant, le crocodile, le chameau, le dromadaire, le loup, l'agneau, des oiseaux, la colombe et l'aigle, des poissons, que sais-je...

 

 

Et, vois donc comme vont les choses, Lucien l'âne mon ami, je vais y ajouter le Kangourou et pas n'importe quel kangourou, le kangourou autrichien... Sans doute, l'espèce la plus dangereuse des kangourous.

 

 

Je me demande bien où tu as été pêcher pareil animal ?

 

 

Et bien, tout comme le hornbostel, autre rongeur mythique, il est issu de la fantasmagorie d'Alexandre Vialatte et dans ce cas précis, de sa chronique du 6 octobre 1968 dans le journal La Montagne, publié comme tu le sais, à Clermont-Ferrand, au cœur de l'Auvergne. Chronique intitulée : « Les kangourous sont arrivés ». Ce kangourou autrichien est né à Braunau am Inn en 1889. Il a fallu attendre Vialatte pour en identifier l'espèce et la classifier dans les marsupiaux. On avait longtemps cru que ce spécimen relevait de la classe des primates. Le kangourou autrichien a ceci de commun avec le lemming qu'il entraîne à de grands suicides collectifs. Germanique en diable, il perpétue dans le réel la légende du joueur de flûte d'Hamelin. C'est, dit Vialatte, un kangourou inexplicable.

 

 

Je t'écoute, je t'écoute et il me semble bien que ton kangourou inexplicable et semble-t-il effroyable, serait connu également sous le nom d'Adolf Hitler...

 

 

En effet, en effet, et c'est bien pour cela que je le propose au bestiaire des Chansons contre la Guerre, tout en spécifiant bien que les quarante millions de kangourous antipodes n'ont aucun lien avec la branche autrichienne et adoptent de façon constante un comportement nettement moins belliforme.

 

 

Je l'espère... Sinon, foi d'âne, je ne leur causerai plus. Ceci quand même montre l'importance de la zoologie et des zoologues, des taxonomistes et des naturalistes. Mais trêve de vaticinations scientifiques, retournons à notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde biologique, inconscient, effroyable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

C'est l'Hitler, un kangourou autrichien

Prophète de la virilité du peuple allemand

 

 

Le kangourou date de la plus haute Antiquité

Il est scientifiquement composé

D'une tête, d'un tronc, de jambes et de bras

Il naît dans une poche ici, il grandit dans celle-là

Le vrai kangourou est un rongeur

Un incorrigible songeur

Né dans le désert, il vit sur le sable

Il y croît et se multiplie

Son destin est impitoyable

On le chasse, on le pille

On le traque par tous les temps

Sans doute, par désœuvrement

 

Baldur von Schirach dans ses souvenirs épiques

Décrit un kangourou germanique

Plus étrange qu'un insecte australien

C'est l'Hitler, un kangourou autrichien

Prophète de la virilité du peuple allemand

Et de la loi des plus forts

Ce Gynécophobe impénitent

Ne pratique aucun sport

Cet Aryanophile convaincu

Descend tout droit de Néron et du Père Ubu

Il ne mange pas de viande, se lève tôt

Et se bourre de gâteaux

 

Cet original général

Sans jamais monter à cheval

Consulte les astrologues

Hurle à pleine voix

D'hystériques apologues

Dans les micros des radios d' État

Ogre des pâtisseries

Friand de viennoiseries

Ce kangourou est inexplicable

Quand il paraît sur les boulevards

Quand il se mêle de faire l'Histoire

Ce kangourou est effroyable

 

 
Le Kangourou Autrichien
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Marco Valdo M.I.
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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 10:55

Interview

Canzone française – Interview – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 5

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 

 

 

Q : Professeur, votre âge, dites-moi ?

R : Trente-trois ans.

Q : Quelle coïncidence et vous êtes né où, dites-moi ?

R : Ici. Dans la ville de K.

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, tu as suivi l'histoire d'Adam jusqu'ici ; il ne me faut donc pas la raconter... Et si tu as des trous dans ta mémoire – ce qui arrive aux meilleurs, tu peux toujours retourner aux canzones précédentes, à savoir : Le Grand Bond au Plafond - La Déposition - Secret, secret - La Lettre de l'Oncle Hopner. Cette fois, il s'agit d'une canzone d'un type particulier ; il n'y en a pas beaucoup, si toutefois, il y en a d'autres que celle-ci. Donc, c'est un jeu de questions et réponses...

 

 

Je ne sais pas non plus s'il y en a d'autres, Marco Valdo M.I. mon ami, mais ce qui est sûr c'est qu'elle met en chanson une des habitudes les plus répandues des moyens de diffusion de nos temps. Maintenant, on vous interviewe pour tout, pour rien ; à tout propos, à tout moment. C'est une étrange mode. C'est un des sommets de la vacuité. Mais, dis-moi Marco Valdo M.I., c'est vraiment une interview la canzone ?

 

 

À proprement parler, oui. Elle en a toutes les caractéristiques : il y a celui qui pose les questions, il y a celui qui répond. Elle est pleine d'inanité et surtout, les phrases sont courtes...

 

 

Ah ! Les phrases courtes, il n'y a rien de meilleur. Comme ils disent maintenant, c'est un must. Avec les phrases courtes, on ne perd pas le fil... D'ailleurs, il n'y en a pas. C'est le meilleur moyen de ne laisser aucune place à l'imagination. Évidemment, ça évite de penser et de devoir penser.

 

 

En réalité, c'est le but. Tu verras, Lucien l'âne, qu'avec cette interview, tu n'apprendras rien que tu ne saches déjà. C'est une bouillie répétitive ; une pratique de pipelette, du rabâchage. Un modèle du genre. Son titre lui convient très bien, dès lors. Au début, je me demandais pourquoi elle portait un titre si lapidaire, si synthétique, si net, si dépouillé. En fait, c'est une sorte d'épure, c'est une incarnation du genre. Elle convient très bien au monde du Livre blanc, qui par ailleurs est le nôtre.

 

Je me demande, dit Lucien l'âne en mettant ses oreilles en état de perplexité, c'est-à-dire en forme de points d'interrogation, je me demande si cette manie de l'interview ne relève pas de cette manie du questionnement , de ce penchant inquisitorial qui pourrit le monde...

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, tu dois toucher là à certaine tendance contemporaine, fort déplaisante d'ailleurs...

 

 

Avant de conclure, laisse-moi te dire une chose, Marco Valdo M.I., mon ami. La chanson-interview, c'est bon pour une fois. Et reprenons, si tu veux bien, notre tâche obstinée et tissons le linceul de ce vieux monde rabâcheur, intervieweur, inquisiteur et décidément, cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Q : Professeur, votre âge, dites-moi ?

R : Trente-trois ans.

Q : Quelle coïncidence et vous êtes né où, dites-moi ?

R : Ici. Dans la ville de K.

Q : Dites-moi, Professeur, vous enseignez quoi ?

R : Le dessin et la gym à des jeunes gens.

Q : Où çà ? Dites-moi ? 

R : À l'école supérieure de la ville de K. 

Q : C'est un établissement important.

R : Oui, il y a beaucoup d'étudiants.

Q : Et vous y êtes depuis longtemps ?

R : Il y a déjà quelques ans.

Q : Vous marchez au plafond, je crois...

R : Ça m'est arrivé. Oui.

Q : Plusieurs fois ?

R : Plus d'une fois, oui.

Q : Au plafond, vous ne faites que marcher ?

R : Non, non, je me couche et je m'assieds aussi.

Q : C'est un miracle, vous pensez ?

R : Pas du tout. C'est juste une question de volonté.

Q : Alors, moi aussi, je pourrais faire ça ?

R : Certainement. Avec beaucoup de volonté.

Q : Une petite démonstration rien que pour moi ?

R : Pourquoi pas ? Écartez-vous de là !

Q : Vous êtes à cinq mètres du sol, professeur...

R : Les pieds en l'air, la tête en bas

Q : Et le record du monde de saut en hauteur ?

R : Battu, archi-battu et je ferai mieux la prochaine fois

Q : Mais c'est la fin du sport, professeur

R : Je n'avais jamais pensé à ça.

Q : La fin du sport, professeur, la fin du sport, la fin du sport

R : La fin du sport, savez-vous pourquoi ?

Q : Je n'en sais rien, mais professeur, dites-le-moi :

R : Comme la loi, battu une fois, un record... n'est plus un record.

 

 

 
Interview
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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 22:12

HYMNE INDIVIDUALISTE

 

Version française – HYMNE INDIVIDUALISTE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Inno individualista – anonimo – vers 1900

 

 

 

 

Vittorio Pini
Anarchiste

 

 

 

 

 

« Je vous envoie ce chant anarchiste du début du 20ième siècle ; décidez s'il convient de l'insérer. Ravachol (pseudonyme de François Koenigstein) [[36944]] et [[37588]], fut un anarchiste français né en 1859 et mort guillotiné en 1892 sous l'accusation d'homicide. » [Renato Stecca],


D'auteur anonyme, de date incertaine. Il en existe deux versions avec un texte varié et des musiques différents. Dans une précédente version au lieu de Gaetano Bresci, il est question de Vittorio Pini, [http://www.umanitanova.org/n-5-anno-91/achille-vittorio-pini] anarchiste expropriateur milanais mort à Cayenne. (Pour info : la Cajenna est le nom donné à deux prisons sardes : l'Asinara et San Sebastiano à Sassari ; la Sardaigne était appelée de ce fait « la Cajenna d'Italia »); le texte se trouve dans l'opuscule "Il bosco degli alberi"(« le bois des arbres »), histoire d'Italie de l'unité à aujourd'hui à travers le jugement des classes populaires, par Gianni Bosio et Francot Coggiola (2LP des Dischi del Sole), Nuovo Canzoniere Milanais, 1972.
« Garrote », alias le garrot était une machine en service en Espagne qui étranglait lentement le condamné ; Montjuich est la prison de Barcelone où en 1909 fut fusillé le pédagogue anarchiste Francisco Ferrer, fondateur de l'École Moderne.

 

Silva - 23/5/2013 - 18:05

 

 

Avant de mourir dans la boue de la vie,
Nous imiterons Bresci et Ravachol ;
Qui te tend la main, ô bourgeoisie,
Est un homme indigne de regarder le sol.

 

Les machines grondantes déchirent les pauvres
Et pâles et pleurant vont les épouses, toujours
Les champs restent incultes, les mineurs sous terre
Et les ouvriers abattus par homicide, toujours.

 

Et à qui ne succombe pas, s'ouvrent les tombes,
S'affile le poignard, se préparent les bombes,.
L'idéal, c'est l'action !

 

La France, par la guillotine
Tranche la tête qu'elle veut châtier;
La vile Espagne garrotte et assassine ;
L'Italie fusille qui ne veut trembler.

 

En Amérique pendus, en Afrique égorgés,
En Espagne torturés à Montjuich, toujours;
Mais la triste engeance des messieurs dorés
L'individualiste sait la frapper, toujours.

 

Et à qui ne succombe pas, s'ouvrent les tombes,
S'affile le poignard, se préparent les bombes,.
L'idéal, c'est l'action !

 

Tant que nous restons un troupeau, il est juste que
Pour décréter des lois, domine une clique
Tant que ne brillera pas le soleil de l'anarchie;

Nous verrons toujours massacrer le peuple.

 

Sbires, soyez horrifiés, si vous entendez
La dynamite exploser contre l'oppresseur ;
Nous les avons tous contre nous, sbires et tueurs,
Et seul contre tous nous saurons les éliminer.

 

Et à qui ne succombe pas, s'ouvrent les tombes,
S'affile le poignard, se préparent les bombes,.
L'idéal, c'est l'action !

 

 
HYMNE INDIVIDUALISTE
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