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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 21:07

BONNE NUIT ET FAIS DE BEAUX RÊVES

 

 

 

Version française – BONNE NUIT ET FAIS DE BEAUX RÊVES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Buona notte, sogni d'oro – Banco Del Mutuo Soccorso

Texte : F. Di Giacomo, V. Nocenzi]

Musique: V. Nocenzi, G. Nocenzi



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Mais qu'est-ce qui ne va pas ce soir
Mais pourquoi ce regard sérieux et noir
Tu n'as peut-être pas compris
Quelque chose t'a échappé.
Il y en a toujours un qui médit
Mais chez nous tout est régulier
Tout va bien dans ce monde occidental
Sois tranquille, rien ne va mal

Une bombe qui tue sans bruit.

Comme ça, d'un coup, cette nuit
Sois tranquille, ne crains rien
Dors tranquille jusqu'au matin
Bonne nuit et fais de beaux rêves
Tu dors ? C'est mieux ainsi.
Bonne nuit et fais de beaux rêves
Tu dors ? Peut-être est-ce mieux ainsi.
Promets-moi de ne pas y croire
Les journaux inventent tant d'histoires.
Une bombe qui tue sans bruit.

Comme ça, d'un coup, cette nuit
Ne me regarde pas avec ces yeux absents
Nous sommes sains, nous sommes intelligents.
Sois tranquille, ne crains rien
Dors tranquille jusqu'au matin
Bonne nuit et fais de beaux rêves
Tu dors ? C'est mieux ainsi.
Bonne nuit et fais de beaux rêves
Tu dors ? Peut-être est-ce mieux ainsi...

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Marco Valdo M.I.
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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:11

La Véridique Histoire De La Disparition Du Rouge

 

Chanson de langue française – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

vive-la-commune.jpeg

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici en chanson la version française de cette histoire « vraie » racontée par Andrea Camilleri, « histoire vraie » dont j'ai tiré cette petite chanson. Bien évidemment, une parodie, c'est ma manie. Comme tu le sais autant que moi, les chansons durent et se diffusent tout partout. C'est ma modeste contribution de citoyen européen à la nécessaire ingérence des « étrangers européens » dans ce désastre vers où certains mènent l'Italie. Car, je l'ai déjà dit il y a un certain temps, l'Italie nous importe en ce qu'elle est partie de notre monde et que lorsqu'elle a dérapé l'autre fois et qu'elle s'était livrée quasiment sans réserve à un cavalier hurlant, elle mena le reste de l'Europe et du monde à un terrible massacre – plusieurs dizaines de millions de personnes furent tuées, des millions et des millions d'autres en subirent de terribles dommages. Tu comprendras aisément qu'il est plus qu'utile de décréter un droit d'ingérence et de sauter allègrement les Alpes. On ne peut laisser les Italiens seuls face à cette farce tragique qui se joue actuellement entre les deux rives du Tibre. Et puis, il y a la honte qu'en tant qu'être humain, on ressent de voir agir impunément une telle bande de cuistres. Dès lors, voici une chanson prophylactique.

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, cela me réjouit le cœur et l'esprit. Même si ce n'est pas la première fois que tu t'en prends aux loups de Rome[[8929]] et que tu sonnes ici le tocsin. Trop is te veel !, dit-on par ici. Mais, dis-moi, d'où t'est venue l'idée de cette chanson sur la disparition du rouge...

 

 

Je te dirai tout. Il m'arrive, vois-tu, de lire Micro-Méga, une revue italienne de belle tenue. Et dans le numéro qui sort ces jours-ci, j'ai trouvé ce texte d'Andrea Camilleri (http://temi.repubblica.it/micromega-online/camilleri-e-montalbano-sabato-tutti-in-piazza-con-la-fiom/), qui comme tu sais, est écrivain et a quelques accointances avec notre José Saramago, auquel tu voues une admiration... Je le sais et je sais aussi que tu regrettes un peu qu'il ait raconté le Voyage de l'Éléphant plutôt que celui de l'âne... Mais que veux-tu, on ne peut pas tout faire. Si j'insiste sur ces accointances, c'est qu'elles ont un rapport direct avec la canzone... Dans les Intermittences de la Mort, José Saramago racontait qu'elle (la mort...) envoyait préalablement à sa visite, préalablement au moment où elle venait enlever un homme ou une femme pour l'emmener vers le néant, elle envoyait une lettre dans une enveloppe violette. Il raconte aussi qu'elle fit exception pour une personne, un homme qui sans doute avait pu la séduire. C'est un peu le cas ici...Quoique ce ne soit pas vraiment la séduction de ce bellâtre qui ait attiré cette gente dame. Le fatum de Camilleri était un arc-en-ciel, le nôtre, c'est la camarde qui s'en vient chercher son cavalier pour l'emmener faire la noce aux enfers...

 

J'aimerais cependant, Marco Valdo M.I., afin de faire certaines comparaisons que tu me lises le texte de Camilleri, je veux dire ta version en langue française...

 

Pour te complaire, la voici :

 

 

Fable Véridique *
d' Andrea Camilleri

Élu par un peuple en délire président de tout (de la République, du Sénat, de la Chambre, du Conseil), le Cavalier réunit ses ministres et dit : « Depuis longtemps j'avais préparé la réforme de la Constitution. Prenez des notes. J'ai déjà envoyéle texte à la Gazette Officielle ». Diligentement, les ministres se munirent de papier et de plume.


« Article 1 » dicta le Président. « Iliata est une République fondée sur les travaux du Cavalier. »

Les ministres opinèrent.


« Article 2 », poursuivit le Président. « La couleur rouge, symbole du communisme détesté, est déclarée anticonstitutionnelle et par conséquent, elle est abolie.

 

« Comment ferons-nous pour la Ferrari ? » demanda le ministre de l'Industrie.

« Il n'y a pas problème. Elles deviennent azur » reétorqua le Cavalier.

« Et avec le Tricolore ? » demanda à son tour le ministre de la Défense.

« Il reste tricolore, mais au rouge on substitue l'azur » fit sèchement le Cavalier.
Et ainsi de suite.

Furent établies des amendes salées pour celui qui, impliqué dans un n'importe quel incident, montrerait publiquement le rouge de son sang, avec les désherbants, on fit disparaître les roses et toutes les fleurs rouges, la viande rouge ne fut plus admise à la vente tandis que le poisson azur fut exalté, l'unique vin dans commerce resta le blanc.

Submergés de tout cet azur, les Iliatani commencèrent bien vite à souffrir de nostalgie du rouge, une nostalgie qui devenait de jour en jour toujours plus aiguë.

Il y eut alors les premiers attentats revendiqués par le Grar (des Groupes révolutionnaires des adorateurs rouge).

Les contrebandiers faisaient des affaires d'or non pas avec les cigarettes ou les clandestins, mais avec les boîtes de sauce de tomate, absolument interdites en Iliata.

Jusqu'à ce que un matin, après une très violente averse, apparut dans le ciel un gigantesque arc-en-ciel qui couvrit le pays tout entier. Le rouge de cet arc-en-ciel n'était pas seulement une couleur, mais un fracassant cri de révolte, décidée et limpide. Cet arc-en-ciel marqua, toujours porté par un peuple en délire, la fin du Cavalier.

* un apologue prophétique d' il y a 12 ans, tiré par « Cinq fables politiquement incorrectes », publiées sur « MicroMega », n. 2, Mars 2001, maintenant dans
Come la penso (« Comme je le pense »), Chiarelettere 2013

 

Et avant de te laisser conclure, j'espère que tu connais La Légende de la Nonne, que notre bien-aimé oncle Georges tira d'un somptueux poème du Père Hugo, car c'est elle qui mène la danse. C'est elle qui m'a donné la clé du destin du cavalier aux cheveux mous, président de tout.

Écoute ce que disait la légende et bien évidemment, transpose un peu... Ainsi, la nonne peut-être interprétée comme ce que les Italiens honnêtes appellent la « caste », quant au bandit...

 

« Or quand, dans la nef descendue
La nonne appela le bandit
Au lieu de la voix attendue
C´est la foudre qui répondit
Dieu voulu que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers »

 

 

Eh bien, dit Lucien l'âne en raidissant son échine avec un certain tremblement, puisqu'il me faut conclure, je dirai que je me sens en excellente compagnie avec tous ces écrivains qui à leur manière et mieux que nous assurément, tissent le linceul de ce vieux monde libidineux, délirant, infernal et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Linotte_melodieuse800px-.jpg

 

 

 

Venez, vous dont l´œil étincelle
Pour entendre une histoire encor
Approchez: je vous dirai celle
Du vieux vieillard et de la mort

 

Un épouvantable délire populaire,

Avait élu président de tout

Des assemblées, des ministères

Le cavalier aux cheveux mous

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Fort de ses succès populaires

Et de son Grand Conseil extraordinaire

L'Illustrissime décréta, sans que personne ne bouge

Le bannissement absolu de tout ce qui était rouge

 

À commencer par les drapeaux, les avions et les autos

Puis,on s'en prit aux cravates et aux culottes

Aux poissons, aux limaçons et aux escargottes

Au grand dépit du Vatican, on interdit le rouge aux cardinaux.

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Il anoblit tout son monde, palsambleu

Toute la clique eut dès lors le sang bleu

Il fit décorer les daltoniens et les daltoniennes

C'était, dit-il, l'avant-garde des citoyens et des citoyennes

 

 

Il ruminait jour et nuit

Hanté par une terrible ire

La République, il n'y a rien de pis

Son régime s'établit, il le fit empire

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Au sang rouge, les amendes les plus fortes

La mort bientôt vint frapper à sa porte

Elle lui dit : ô vieillard libidineux et pervers

Vois-tu, de tous, c'est toi que je préfère

 

 

Marions-nous, je te sais célibataire

Allons donc faire la noce en enfer.

Tous tes amis t'y attendent autour de Lucifer

Il y a là Khadafi, Mussolini et Hitler.

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 20:06

AUX FRONDES DES SAULES

 

Version française – AUX FRONDES DES SAULES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Alle fronde dei salici – Salvatore Quasimodo – 1945

Musique dei Bruno Belli, directeur artistique du choeur InCanto de Cassina ‎de' Pecchi, Milano.‎
Au répertoire du choeur InCanto sous le titre “Come potevamo cantare”.‎

 

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Et comment pouvions-nous chanter
Avec le pied étranger sur le coeur,
Au milieu des morts abandonnés sur les places
Sur l'herbe dure de glace,

Au sanglot d'agneau des enfants,

Au noir hurlement
De la mère qui allait à la rencontre de son fils
Crucifié sur le poteau télégraphique ?
Aux frondes des saules, ex voto,
Nos cithares aussi étaient accrochées,
Elles oscillaient légères au triste vent.

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Marco Valdo M.I.
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 19:25

 

HOMME DE MON TEMPS

 

Version française – HOMME DE MON TEMPS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Uomo del mio tempo – Salvatore Quasimodo – 1947

 

Musique d'Enrico Mainardi (1897-1976), violoncelliste, directeur d’orchestre et compositeur

 

 

 

Tu es encore celui de la pierre et de la fronde,

Homme de mon temps, homme de mon monde.

C'était toi dans la carlingue, les ailes malignes,

Méridiennes de mort traçaient une ligne.
Je t'ai vu –

Dans ton char de feu, au pied des potences,
T'activer aux roues d'écartèlement.

Je t'ai vu –

C'était toi, avec ta science

Exacte poussée jusqu'à l'anéantissement,
Sans Christ, sans amour,

Tu as tué encore,

Comme toujours,

Comme tuèrent les pères,

Comme ils tuèrent
les animaux qui pour la première fois te virent

Et ce sang sent

Comme le jour où le frère
Dit à l'autre frère :
« Allons aux champs ».

Et cet écho tenace, froid,

Est arrivé jusqu'à toi,

Dans ta journée.
Vous oubliez, ô fils, le sang en nuées
Montant de la terre,

Vous oubliez vos pères :
Leurs tombes s'enfoncent dans la cendre,
Les oiseaux noirs, le vent, couvrent leur cœur.

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Marco Valdo M.I.
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 15:44

PRÊTRE

 

Version française – PRÊTRE – Marco Valdo M.I. A – 2013

Chanson italienne – Prete – Simone Cristicchi – 2005

 

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Chanson que Cristicchi auto-censura dans sa référence au pape et qui fut en tout cas surcensurée même dans sa version « édulcorée » (si on peut dire ainsi…). Les producteurs ne lui permirent pas de la reproposer dans l'album suivant, « De l'autre partie de la grille ». Présente dans l'album « Fabricant de chansons » comme morceau final « fantôme », je ne sais pas dans laquelle des deux versions.

L'auteur la fit de toute façon circuler sur le réseau en utilisant le pseudonyme de Rufus.

 

 

  prièrecatho

 

 

 

Qui était donc pape quand Cristicchi écrivit sa chanson ? demande l'âne Lucien en riant et en levant ses oreilles vers le ciel, puis en les croisant en signe de vénération à la mode biblique.

 

 

En voilà une question, mon ami l'âne Lucien, car entre nous, quelle importance cela peut-il bien avoir ? Un pape en vaut un autre... D'ailleurs la chanson s'intitule PRÊTRE et on pourrait te rétorquer la même chose... Les prêtres et les papes sont comme les ânes, ils se ressemblent tous ; du moins, es fonctions. À ceci près bien sûr, comme pour les ânes, qu'on peut en les approchant, en les rencontrant, les individualiser, leur donner une personnalité propre...

 

 

Halte-là, Marco Valdo M.I. mon ami, je t'arrête tout de suite... Faudrait voir à pas tout mélanger... Je te rappelle ma devise, qui est d'ailleurs, notre devise : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari ! » - « Nous, nous ne sommes pas des chrétiens, nous sommes des bêtes de somme. » Une très ancienne devise paysanne de Lucanie et sans doute d'ailleurs, du temps où l'Église n'avait pas encore pénétré les montagnes et les campagnes. Du temps où prend racine la grande lutte de résistance à l'évangélisation, laquelle évangélisation n'a jamais été que superficielle, se parant des lambeaux de la superstition pour faire semblant d'exister. Car – juste par exemple – car, dis-je, n'est-ce pas être superstitieux que de prier pour qu'il pleuve, de prier pour faire pousser les récoltes, pour soigner les maladies, pour éloigner les épidémies, les sécheresses, les inondations... Face à la mort, face à la fin de vie aussi... Face à la maladie, à la détresse... Ce sont là cris de désespoir face au malheur... Et les sorciers y pourvoyaient fort bien aux besoin de rassurance... Mais les sorciers étaient un peu trop anarchiques, ce n'étaient pas des gens à la botte, ils n'étaient pas aux ordres.

 

 

En effet, les sorciers et les sorcières, car les femmes aviaent voix au chapître, étaient des ressources face aux peurs ; ils remédiaient aux maux du corps, de l'âme, du temps et du monde. Mais c'étaient des artisans, des gens trop indépendants et ils gênaient le développement de l'industrie religieuse et de son pouvoir organisé, quadrillant le territoire ... Alors, souviens-toi, on les a purement et simplement éliminés, au besoin par le bûcher, la torture... Le temps était venu d'installer des professionnels et de tirer systématiquement profit du commerce des âmes... La charité, vois-tu Lucien l'âne mon ami, est une industrie lucrative quand on l'organise et qu'on la réglemente. On pourrait même regarder cette instauration du pouvoir sur les âmes, cette police des âmes, comme une manière de mener la Guerre de Cent Mille Ans contre les pauvres... Je vois très bien l'Église comme un instrument, un département particulier de la grande armée des puissants et des riches qui assure la domination, le profit, l'exploitation... L'Église avec toutes ses ramifications est une sorte de grand filet pour enserrer l’humanité...

 

 

Elle n'a pas à s'en plaindre de son rôle, de sa gigantesque trahison quand on voit ses richesses, ses privilèges, ses influences et les honneurs qu'on lui rend... et ceux qu'elle rend à qui de droit. Enfin, on pourrait parler longtemps sur ce sujet... Oh, Marco Valdo M.I., mon ami, que devait penser celui qui créa la Fraternité des Pauvres ? Quand donc finira-t-on d'abuser l'humaine nation avec le hochet de la richesse ? Je ne le sais trop, mais quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde décérébré, triste, entubé, enfilé, cupide et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Je me rappelle qu'enfant, on me menait à la messe,
Je suivais la chose d'un air un peu perplexe.
Le prêtre était debout devant l'autel avec son microphone
Il expliquait les passages de l'Évangile d'un ton monotone.

 

Avec le temps et avec l’excuse de jouer à l'oratoire
Ils m'enfilèrent dans le tas, catéchisme obligatoire
Car ce n'est pas bien, tu ne peux pas être seul, ça ne va pas,
Égaré comme un mouton perdu dans un bois.

 

Agenouillés convenablement, dis maintenant les prières,
De l'existence du Seigneur ne jamais douter,
Raconte tes fantaisies sexuelles au père…
Combien de fois t'es-tu masturbé ?

 

Le prêtre dans beaucoup de cas est un homme très présomptueux,
Sous l'apparence d'un sourire onctueux,
D'une vérité absolue, il se croit dépositaire,
À chacune de tes objections, il trouve l'argument contraire !

 

Prêtre !

Je n'ai pas envie de t'écouter,

Prêtre !
Tu n'as pas le droit de m'enseigner
Traître !
Tu es bon à raconter des fables et à inventer
pour domestiquer les gens par la peur !
Je n'ai plus besoin de te croire
Prêtre !
Si la Madone pleure du sang, c'est ennuyeux !
Tu es bon et te donnes du mal pour alimenter, pour rendre merveilleux
Le plus grand mensonge de l'histoire,
Le plus grand mensonge de l'histoire…

 

L'histoire de l'Église est semée de violence, d'abus, d'assassins
La Saint Inquisition est pure arrogance,
Et puis aussi, de génuflexions des politiciens,
Le salut des âmes, la rente des immeubles.
Combien de belles affaires faites avec le jubilé
Combien de beaux milliards que Padre Pio a rapportés!
Si Jésus Christ était vivant, il aurait honte
De vos tonnes d'or et de vos banques,
Si Jésus Christ était vivant, il aurait honte
De vos églises pleines d'or et de vos banques…

 

Prêtre !

Je n'ai pas envie de t'écouter,

Prêtre !
Tu n'as pas le droit de m'enseigner
Traître !
Tu es bon à raconter des fables et à inventer
Pour domestiquer les gens par la peur !
Je n'ai plus besoin de te croire
Prêtre !
Si la Madone pleure du sang, c'est ennuyeux !
Tu es bon et te donnes du mal pour alimenter, pour rendre merveilleux
Le plus grand mensonge de l'histoire,
Le plus grand mensonge de l'histoire…

 

Pardonnez ce défoulement trop anticlérical, au fond
Chacun est libre de choisir sa prison,
Libre de se faire entuber, hypnotiser,
Par un pape, un gourou, une autorité
Mais la chose déprimante et qui me met sur les fesses
C'est de voir cette foule à la « journée de la jeunesse »,
Une foule de décérébrés, de sous-développés, de déficients
Habitués à être obéissants
Au pape !
Je n'ai pas envie de t'écouter,
Pape !

Tu n'as pas le droit de nous enseigner
Traître !
Tu es bon à raconter des fables et à inventer
Pour domestiquer les gens par la peur !
Je n'ai plus besoin de croire
À tes prêtres !
Si la Madone pleure du sang, c'est ennuyeux !
Tu es bon et te donnes du mal pour rendre merveilleux
Le plus grand mensonge de l'histoire,
Le plus grand mensonge de l'histoire…

 

PRÊTRE !

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Marco Valdo M.I.
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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 19:00

JOUONS À LA GUERRE



Version française – JOUONS À LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Giochiamo Alla Guerra – Tetano – 2005







Fuck Wars


Je n’arrive pas à comprendre
Pourquoi, bordel, Mr Bush
Veut faire de la guerre
Son enseigne personnelle

 

Il joue au bombardier
Il plaisante avec les vies d'autrui
Mais il feint d'ignorer que seul le peuple
Souffre par ses crimes

 

Il dit que de la guerre
Ne se décidera pas à Washington
Mais que le choix de la faire
Est dans les mains de Saddam

 

Alors, je me demande
Quel besoin il avait
D'envoyer des chars
Et des soldats en Iraq

 

Jouons à la guerre
La guerre est superbe
Tu prends le bazooka, je monte la tente
Jouons à la guerre
Sans petits soldats. Je te donne 100 points si tu prends les enfants

 

Déjà des milliers de soldats
Ont laissé à l'arrière
Maison, progéniture et amoureuses
Pour t'obéir

 

Mais pour ta baballe
Tant de gens souffriront
Par main d'un dictateur
Et je ne parle pas de Saddam

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 08:43

CAFIERO

 

 

 

 

Version française – CAFIERO – Marco Valdo M.I. A – 2013

Chanson italienne – Cafiero – Antica Rumeria Lágrima de Oro – 2012



 

 

 

 

« Une vie passée à chercher la route qui mène à un monde plus juste, à une cohabitation équitable ; une route qui passe de l'insurrection, parce que « le fait insurrectionnel, destiné à affirmer avec des actions le principe socialiste, est le moyen de propagande plus efficace et le seul qui, sans duper et soudoyer les masses, puisse pénétrer dans les plus profondes couches sociales », la déception de découvrir un autre mur à la fin de chaque rue, un mur qui brise la tête et condamne à la folie… jamais à la reddition. À Raffaella. » (Antica Rumeria Lágrima de Oro)

 

 

 

 

Ma tête vrombit ailleurs en dehors sur un signe de riens et de larmes
Sans mesure sans mots seul le souvenir d'un jour de soleil
La ceinture cède, le mystère de visages marqués par l'impunité enfle
Nu dans le bois, fou d'amour, j'embrasse un arbre, un caillou, une fleur…

Le roi s'éleva du lit brusquement à trois heures en demandant ce qui s'était passé.
Ils lui dirent : « C'est une fable… », et alors ? Alors il s'endormit.


Il fouette l'idée qui ne prévoit pas de cadenas ni de frontières
Il ôte les hampes des drapeaux, déchire les soutanes et comme un poignard
Ouvre les veines, coupe la corde quand les rêves à l'aube ne comptent plus,
Quand la mémoire s'insurge et s'écourte, quand la poussière s'incruste dans le bleu ultime…

S'ils t'hospitalisent, prends les armes. On ne guérit pas de la liberté.

Quand ils t'enfermeront, ne les regarde pas : ne donne pas de visage à qui n'a pas de nom


S'ils t'hospitalisent, prends les armes, Lulu ne pleure pas la liberté
Quand ils t'enfermeront ne les écoute pas : ne donne pas de voix à qui n'a pas de cœur

S'ils t'hospitalisent prends les armes. On ne guérit pas de la liberté.

Quand ils t'enfermeront ne les suis pas, n'emboîte pas le pas à qui n'a pas de destin.

 

 

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 09:39

JE SAIS TOUT



Version française - JE SAIS TOUT – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Io so tutto – Fabrizio Moro – 2013





In Memoriam Giulio Andreotti



Au suivant ! Comme disait l'adjudant de Brel [[373]].

Les paris sont ouverts...



Ainsi Parlait Lucien Lane

 

P.S. : « Je Sais Tout » fut un journal, une publication, une revue... des plus intéressantes du début du siècle dernier...[ftp://ftp.bnf.fr/010/N0102976_PDF_1_-1DM.pdf]

 

 

 

 

 

Je sais tout et le contraire de tout
On peut dire que je suis un homme honnête
Mais l'honnêteté peut aussi faire peur
Cela dépend de la forme et de la manière

 

Et dans ma grande mémoire
Je porte le poids des secrets et de l'histoire
Je sais tout mais je le tiens pour moi
Car le pouvoir naît du savoir

 

Les réponses qui valent de l'or
Je sais tout sur les derniers jours de Moro
Je pourrais vous en dire sur l'explosion d'Ustica
Faire la clarté sur les histoires de plastic

 

J'ai les réponses qui voyagent tranquillement
Sur les arrières-plans de l'axe Palerme Milan
Je sais tout sur trop de secrets
Dans les coins du Vatican

 

Je sais tout de tous, tout
Je sais tout
Je sais tout de tous, tout
De vous, de nous, de moi, de toi

Je sais tout parce que je suis vieux
Depuis que j'avais vingt ans
Et j'ai vu me tomber dessus
Procès, enquêtes et maladies

J'ai les réponses là sur mes étagères
Sur les plus grands terroristes d'Italie
Sur chaque balle et sur chaque bombe
Je les emporterai dans ma tombe

Je sais tout de tous, tout
Je sais tout
Je sais tout de tous, tout
De vous, de nous, de moi, de toi

J'ai les réponses qui voyagent tranquillement
Sur les arrières-plans de l'axe Palerme Milan
Je sais tout de tous, tout
De vous, de nous, de moi, de toi
Je sais tout

Je sais tout et je n'ai jamais dormi
Et depuis toujours, je porte le même vêtement
Je suis le complice d'une nation
Entre vérité et contradiction

Les réponses qui attendent l'heure
Les réponses qui font peur
Les réponses je les tiens sous le manteau
Tant il est vrai… qu'on m'appelle Giulio

Je sais tout de tous, tout
Je sais tout
Je sais tout de tous, tout
De vous, de nous, de moi, de toi

J'ai les réponses qui voyagent tranquillement
Sur les arrières-plans de l'axe Palerme Milan
Je sais tout de tous, tout
De vous, de nous, de moi, de toi

Je sais tout.
De vous, de nous, de moi, de toi
Je sais tout

Je sais tout.
De vous, de nous, de moi, de toi
Je sais tout

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Marco Valdo M.I.
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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 21:55

LE MALADE IMAGINAIRE

 

 

 

Version française – LE MALADE IMAGINAIRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - L'inno del malato immaginario – Psicantria – 2010

Texte et musique de Gaspare Palmieri (Gappa) et Cristian Grassilli

 

 

 

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, cette chanson s'intitule en italien : « L'inno del malato immaginario », ce qui devrait se traduire par « L'Hymne du malade imaginaire »... et de fait, c'est la chanson d'un hypocondriaque... Cependant, comme tu le vois, je l'ai traduit, ce titre, par « Le Malade Imaginaire » et comme tu le penses bien, je le vois à ton sourire et à ton œil rieur, c'est une référence directe à Molière.

 

Comment aurais-tu pu faire autrement ? Impossible de passer à côté. D'ailleurs, cette scène où Toinette, la servante, déguisée en médecin, consulte ce pauvre Argan qui se croit malade... Je t'en rappelle le texte tel que Molière l'avait écrit :

 

« ARGAN.- Il dit que c’est du foie, et d’autres disent que c’est de la rate.

TOINETTE.- Ce sont tous des ignorants, c’est du poumon que vous êtes malade.

ARGAN.- Du poumon ?

TOINETTE.- Oui. Que sentez-vous ?

ARGAN.- Je sens de temps en temps des douleurs de tête.

TOINETTE.- Justement, le poumon.

ARGAN.- Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux.

TOINETTE.- Le poumon.

ARGAN.- J’ai quelquefois des maux de cœur.

TOINETTE.- Le poumon.

ARGAN.- Je sens parfois des lassitudes par tous les membres.

TOINETTE.- Le poumon.

ARGAN.- Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c’était des coliques.

TOINETTE.- Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez ?

ARGAN.- Oui, Monsieur.

TOINETTE.- Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin ?

ARGAN.- Oui, Monsieur.

TOINETTE.- Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ?

ARGAN.- Oui, Monsieur.

TOINETTE.- Le poumon, le poumon, vous dis-je. »

 

 

De fait, pour quelqu'un de culture française, comment échapper à Molière, lorsqu'il lit qu'on parle de Malade imaginaire. D'autant qu'il y a sous tout cela, la véritable fin tragique du comédien Molière... Ah, le théâtre ! Ah ! Finir en scène dans un rôle de malade et en être l'auteur... Et moquer les malades qui ne sont malades que pour se faire plaindre et sont d'autant plus redoutables qu'ils ont un rang élevé... Suivez mon regard ou plutôt, celui de Molière regardant le Roi Soleil. Il y a d'autres choses dans cette pièce dont je ne veux pas parler. Enfin, voilà pour le titre... Ce n'est pas tout cependant...

 

 

Ah bon ! Mais quoi encore ?, dit Lucien l'âne en pointant des oreilles et une queue interrogatives.

 

 

Il y a que cette chanson, cette canzone italienne me rappelle furieusement une chanson française bien plus ancienne... Une chanson qui date de 1932 et s'intitule « Je ne suis pas bien portant... » Musique de Vincent Scotto, ce qui n'est pas rien et surtout, un texte de Geo Koger... Un parolier, dont le nom s'est peut-être perdu, mais dont les chansons sont encore dans bien des mémoires : J’ai deux amours, Marinella, Tchi-tchi, Prosper, La Java bleue (superbe chanson...) et bien entendu, Pigalle. Tu sais celle où l'on dit : « Un petit jet d'eau, une station de métro entourée de bistrots ». D'ailleurs, pour te convaincre de la proximité de la chanson de Géo Koger avec ce Malade Imaginaire italien, je te soumets le texte de cette dernière :

 

« Depuis que je suis sur la terre ,

Ce n'est pas rigolo. Entre nous,

Je suis d'une santé précaire,

Et je me fais un mauvais sang fou,

J'ai beau vouloir me remonter

Je souffre de tous les côtés.

 

J'ai la rate

Qui se dilate,

J'ai le foie

Qu'est pas droit,

J'ai le ventre

Qui se rentre

J'ai le pylore

Qui se colore

J'ai le gésier

Anémié,

L'estomac

Bien trop bas

Et les côtes

Bien trop hautes

J'ai les hanches

Qui se démanchent

L'épigastre

Qui s'encastre

L'abdomen

Qui se démène

Le thorax

Qui se désaxe

La poitrine

Qui se débine

Les épaules

Qui se frôlent

J'ai les reins

Bien trop fins

Les boyaux

Bien trop gros

J'ai le sternum

Qui se dégomme

Et le sacrum

C'est tout comme

J'ai le nombril

Tout en vrille

Et le coccyx

Qui se dévisse

 

Ah! Bon Dieu! que c'est embêtant

D'être toujours patraque,

Ah Bon Dieu! que c'est embêtant

Je ne suis pas bien portant.

 

Pour tâcher de guérir au plus vite,

Un matin tout dernièrement

Je suis allé rendre visite

Voir le major du régiment.

À un médecin très épatant.

D'où souffrez-vous? qu'il m'a demandé.

C'est bien simple que j'y ai répliqué.

 

J'ai la rate

Qui se dilate,

J'ai le foie

Qu'est pas droit,

Et puis j'ai

Ajouté

Voyez-vous

Ce n'est pas tout

J'ai les genoux

Qui sont mous

J'ai le fémur

Qu'est trop dur

J'ai les cuisses

Qui se raidissent

Les guibolles

Qui flageolent

J'ai les chevilles

Qui se tortillent

Les rotules

Qui ondulent

Les tibias

Raplaplas

Les mollets

Trop épais

Les orteils

Pas pareils

J'ai le cœur

En largeur

Les poumons

Tout en long

L'occiput

Qui chahute

J'ai les coudes

Qui se dessoudent

J'ai les seins

Sous le bassin

Et le bassin

Qu'est pas sain

 

Ah! Bon Dieu! que c'est embêtant

D'être toujours patraque,

Ah Bon Dieu! que c'est embêtant

Je ne suis pas bien portant.

 

Avec une charmante demoiselle

Je devais me marier par amour.

Mais un soir comme j'étais près d'elle,

En train de lui faire la cour,

Me voyant troublé, elle me dit:

- Qu'avez vous? moi je lui répondis:

 

J'ai la rate

Qui se dilate,

J'ai le foie

Qu'est pas droit,

J'ai le ventre

Qui se rentre

J'ai le pylore

Qui se colore

J'ai le gésier

Anémié,

L'estomac

Bien trop bas

Et les côtes

Bien trop hautes

J'ai les hanches

Qui se démanchent

L'épigastre

Qui s'encastre

L'abdomen

Qui se démène

Le thorax

Qui se désaxe

La poitrine

Qui se débine

Les épaules

Qui se frôlent

J'ai les reins

Bien trop fins

Les boyaux

Bien trop gros J'ai le sternum

Qui se dégomme

Et le sacrum

C'est tout comme

J'ai le nombril

Tout en vrille

Et le coccyx

Qui se dévisse

Et puis j'ai

Ajouté

Voyez-vous

Ce n'est pas tout

J'ai les genoux

Qui sont mous

J'ai le fémur

Qu'est trop dur

J'ai les cuisses

Qui se raidissent

Les guibolles

Qui flageolent

J'ai les chevilles

Qui se tortillent

Les rotules

Qui ondulent

Les tibias

Raplaplas

Les mollets

Trop épais

Les orteils

Pas pareils

J'ai le cœur

En largeur

Les poumons

Tout en long

L'occiput

Qui chahute

J'ai les coudes

Qui se dessoudent

J'ai les seins

Sous le bassin

Et le bassin

Qu'est pas sain

En plus de ça

Je vous le cache pas

J'ai aussi

Quel souci!

La luette

Trop fluette

L’œsophage

Qui surnage

Les gencives

Qui dérivent

J'ai le palais

Qu'est pas laid

Mais les dents

C'est navrant

J'ai les petites

Qui s'irritent

Et les grosses

Qui se déchaussent

Les canines

Se ratatinent

Les molaires

Se font la paire

Dans les yeux

C'est pas mieux

J'ai le droit

Qu'est pas droit

Et le gauche

Qu'est bien moche

J'ai les cils

Qui se défilent

Les sourcils

Qui s'épilent

J'ai le menton

Qu'est trop long

Les artères

Trop pépères

J'ai le nez

Tout bouché

Le trou du cou

Qui se découd

Et du coup

Voyez-vous

Je suis gêné

Pour parler

C'est vexant

Car maintenant

Je suis forcé

De m'arrêter.

 

Ah! Bon Dieu! que c'est embêtant

D'être toujours patraque,

Ah Bon Dieu! que c'est embêtant

Je ne suis pas bien portant. »


 


 

 

Et je t'invite à aller voir la performance d'Ouvrard [http://www.youtube.com/watch?v=mluu9VIGifQ], qui ravissait tant ma grand-mère, elle-même ancienne garde-malade militaire à l'arrière-front de Verdun vers 1917-18. Agnès, Aline, Azella était la treizième enfant d'un berger... Cela dit en passant, question de préciser un peu les choses pour la postérité.

 

 

J'y vais de ce pas... voir Ouvrard. Et en attendant, tissons ensemble le linceul de ce vieux monde malade de l'imaginaire, détraqué, impotent, ridicule et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 


 

 

 

 

Je sens des fourmillements, j'ai des palpitations,
Mon oreille bourdonne, j'ai une baisse de tension
Mon cœur est à droite, mon foie tombe à terre
J'ai mal partout, dans le ventre, j'ai des pierres
J'ai une frénésie, je sens un vertige noir
Parfois je suis insomniaque ou je dors comme un loir
Nom de Dieu, j'ai perdu tout intérêt, expliquez moi tout ça
Car je suis très fatigué, n'aurais-je pas le SIDA

Ce n'est pas ma faute, si je souffre d'hypocondrie
Je voudrais épouser la doctoresse, je fais la file à la pharmacie
Crois-moi je t'en prie, j'ai toujours un nouveau symptôme
La gêne, la fatigue, n'importe quoi, en somme
Ce n'est pas ma faute, si je souffre d'hypocondrie
Je ferais même le cobaye, pour tester un médicament
Crois-moi, je t'en prie, mon mal est venu en naissant
Et ne me condamne pas, si j'apprends la notice
Relaxe… relaxe… relaxe (parlé)

 

Quand un type meurt, je le lis dans le journal
J'ai le souffle court et je cours à l'hôpital

Quand un mec agonise, m'assaille une phobie
D'avoir un mal, par exemple, la leucémie
Quand je suis en compagnie, mes douleurs vont mieux
Parfois ma gaîté éclate, c'est merveilleux
Mais de retour chez moi, ce tourment me reprend
Je perds l'appétit et je m'étends sur le divan

 

Ce n'est pas ma faute, si je souffre d'hypocondrie
Toujours connecté à internet, j'étudie une nouvelle maladie
Crois-moi je t'en prie, je sais que je suis atteint
Qu'on me troue, qu'on m'opère, je me prête à tout examen
Ce n'est pas ma faute, si je souffre d'hypocondrie
Je veux faire un test, de force avec la charge
Crois-moi, je t'en prie, je ne le fais pas volontairement
Avec l'aiguille et le suppositoire, je jouis vraiment.

 

Le mois passé par anxieté en galopant
Je courus aux urgences, on m'a renvoyé à l'instant
Au sortir de la chambre en évitant un éclopé
une ambulance m'a renversé

Tu me crois… maintenant ! ! !.

 

Ce n'est pas ma faute, si je souffre d'hypocondrie
Si je fais le tour des cliniques, si je crains le vertige
Crois-moi, je t'en prie, j'ai mal ici dans la poitrine
Ça rayonne dans le bras droit mais non, ce n'est pas du délire
Ce n'est pas ma faute, si je souffre d'hypocondrie
Ce n'est pas un alibi, j'aime me faire voir, me faire prescrire
Crois-moi, je t'en prie maman, je suis mal
Si je gagne au lotto, j'achèterai un hôpital

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Marco Valdo M.I.
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 22:40

JESSICA L'ANOREXIQUE



Version française - JESSICA L'ANOREXIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Jessica l'anoressica – Psicantri – 2010

Texte et musique de Gaspare Palmieri (Gappa) et Cristian Grassilli



Femme-au-miroir.jpg


 JESSICA L'ANOREXIQUE

 







Le projet Psicantria (Psychopathologie chantée) naît de la collaboration entre Gaspare Palmieri (en art Gappa), psychiatre et auteur-compositeur et Cristian Grassilli, psychothérapeute et auteur-compositeur et a comme but de faire connaître les dérangements psychiques et le « psychomonde » à travers la chanson.

 

 

 

Voici donc une chanson bien étrange, mon ami Lucien l'âne ; une chanson qui entre de plain pied dans le monde bizarre des « dérangements psychiques » ou psychologiques, dans le « psychomonde »... Ce n'est certes pas la première, nous en avons connues d'autres... Celles de Gianni Nebbiosi et d'autres encore. Mais ce qui différencie celle-ci, c'est qu'elle est en quelque sorte curative. Elle incite à la guérison. Peut-elle y arriver ? Je ne sais.

 

 

Donc, tu me dis, Marco Valdo M.I. mon ami, que voici une chanson guérisseuse... Ai-je bien compris ? N'est-ce pas là une étrange médecine ?

 

 

Évidemment que tu as raison. Je veux dire que tu aurais raison, si telle était sa prétention. Mais il n'en est rien. La chanson souvent soigne et guérit, principalement ce qu'on a coutume d'appeler l'âme ou la mélancolie ; la chanson apaise les cœurs tristes et les sentiments malades. Mais en quelque sorte, par ricochets, par un effet d'entropie ; un peu comme la chaleur, le soleil ou a contrario, la pluie peuvent guérir certaines douleurs.

 

 

La pluie ?!, dit Lucien l'âne en ouvrant des yeux comme des entrées de cinéma. La pluie, mais que peut-elle bien soigner ? Moi, je l'imagine fort me collant de solides rhumatismes...

 

 

D'abord, elle peut sauver les plantes de la sécheresse et même, des peuples entiers... Elle peut aussi soigner ton nez mordu par la dessiccation... Et puis, elle peut aussi t'aider à dormir... Voila déjà quelques soins qu'elle te peut apporter... Mais tel n'est pas son sujet... le sujet de la canzone...

 

 

De quoi cause-t-elle alors ?, dit l'âne Lucien de plus en plus intrigué.

 

 

D'un mal étonnant qui touche bien des jeunes filles et même, mais à ma connaissance, c'est plus rare, des jeunes gens. Un mal étrange et qui pourtant les mène parfois jusqu'à l'autodestruction. Un mal absurde, un mal idiot, dont on se demande comment et pourquoi... Imagine des jeunes (et moins jeunes par la suite) personnes qui se refusent à manger car - et voilà le plus absurde – elles se trouvent trop grosses, elles se trouvent en trop bonne santé.

 

 

Alors là, tu as raison, c'est complètement idiot...

 

 

Et pourtant, c'est. Un peu comme Dieu, par exemple. C'est tout aussi absurde, tout aussi inexplicable... mais contrairement à Dieu, cela existe vraiment. J'en ai rencontré de ces jeunes filles et c'est inquiétant. Pas seulement pour elles, d'ailleurs. Car quelle désespérance doit les frapper, elles d'abord, mais aussi leurs parents, leurs amis, leurs proches ? Elles finissent par devenir de vrais squelettes ambulants... Parfois, elles meurent... Je veux dire, elles meurent assez rapidement. Parfois, elles en réchappent. Quelle galère, dans tous les cas.

 

 

Oui mais, la chanson, que fait-elle ? Que vient-elle faire dans tout ça ?, dit l'âne en agitant les oreilles qu'il a grandes et noires et poilues. Que raconte-t-elle ?

 

 

Oh, raconter ? Elle ne fait pas que ça. C'est là qu'elle est extraordinaire... Elle prend parti, elle choisit la vie et le goût de vivre, elle choisit la beauté sans complexe, elle choisit le vivant parce qu'il vit... Tout simplement. Pour cela, implicitement, sans vraiment l'expliciter donc, elle met en cause très directement la bêtise de ce monde, son ignominie, son infernale panurgie, sa mercantilisation et sa tristesse... Elle désigne sans fard le coupable, car il y a un crime derrière tout ça, engendré par la dictature de l'apparence, elle-même fille de l'industrie du vêtement, du sous-vêtement, du cosmétique, des soins du corps, de l'image... Cette image multicolore, glacée, froide, lisse, intouchable et funèbre... En somme, une parfaite hypostase divine. Une hypostase de la perfection, une gageure de l'inatteignable. La pire des tromperies, la plus grande trahison de la vie. Et bien évidemment, elle s'achève dans le néant. Et désignant ainsi, la source du mal, elle trace des voies de remédiation... Viens, dit-elle, viens avec nous, avec nous les humains, avec nous qui sommes comme toi faibles et beaux, suffisamment forts pourtant pour affronter le temps et le tenir en échec le temps d'une danse, le temps d'un voyage, le temps d'une erre de joie et de douleur, l'une et l'autre se confondant dans le souffle et le goût de la nourriture, du pas, du rien, du toujours, du jamais et des étés vertigineux.

 

 

Elle doit être bien merveilleuse cette chanson et elle me paraît ainsi, telle quelle, tisser à sa manière le linceul de ce vieux monde toxique, anorexique, mortifère, maquilleur, trompeur, honteux de soi et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Je m'appelle Jessica

Je suis anorexique

Dans ma chambre, il y a une balance

Il y a un grand miroir

Qui me torture

Il me fait peur… ahhhh

Un peu de céréales, un grain de riz

Ensuite mon poids explose

Même l'air me fait grossir

Que les hydrates de carbone soient damnés

Les protéines, ces salopes

Et tous les graisses sont diaboliques

 

Sors, viens manger le miroir

Car son maquillage est vieux désormais

Il te déforme de ses yeux

Et ensuite, il te cloue au poids forme

Sors, viens danser

Nous sommes tous là, viens voir

Parmi nous, pas une silhouette parfaite

Jette ton miroir

Jessica… Viens à la fête

 

Je m'appelle Jessica

Je danse classique

En cachette, je fais de la gym

Avec mon amie, je fais la course

Pour qui a plus de neuf à l'école

 

Chez moi, il n'y a pas de taches

On ne dit pas de grossièretés

À Noël, au déjeuner au dîner

Papa lisse ses moustaches

Maman est toujours là à juger

Et sur le balcon, le chien n'arrête pas de sauter

 

Sors, casse le miroir

Viens à danser sors de ta coquille

Dans nos yeux tu peux te voir

Ainsi tu peux voir comme tu es jolie

 

Viens dehors, viens danser

Délivre-toi du corps, laisse-toi aimer

Laisse le jeûne tomber

Beaucoup ont failli en crever

 

Mais qui a dit que défilé

Et chocolat ne peuvent pas rimer

Que le styliste au corps beau

Choisisse des femmes de Botero

 

Léger est le corps l'âme pèse

Laisse-toi aller, relaxe

Montons ensemble sur balance

Bienvenue à la panse

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Marco Valdo M.I.
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