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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 22:59

Les Éléphants

 

 

Chanson française – Les Éléphants – Sttellla – 1990

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On en parlait l'autre jour de ces éléphants quand on commentait une chanson italienne dont le titre était particulièrement net : Gli Animali – Les Animaux et j'évoquais l'idée d'un bestiaire.

 

 

 

 

Juste, juste. Un bestiaire, c'est là qu'on met les animaux, question de les retrouver en sortant, tout comme le vestiaire est l'endroit où l'on met les vêtements pour les retrouver en sortant.

 

 

 

 

On continue ainsi à folatrer, juste pour se souvenir de dada, du surréalisme louviérois et de Phantomas, la superbe revue de notre ami Théodore, auteur de l'inoubliable Locoémotive… Enfin, tout ça pour dire que ces éléphants n'ont rien d'étonnant dans nos régions, où par inadvertance, à l'évidence, ils n'ont jamais mis le pied.

 

 

 

 

On l'aurait remarqué, dit Lucien l'âne. Quoique dans les Pyrénées et dans les Alpes, il paraît qu'ils en ont déjà vu passer. Mais c'était il y a longtemps. D'ailleurs, si ma mémoire est bonne et elle l'est, je les accompagnais. Ils ne se débrouillaient pas trop mal, même s'ils n'avaient pas – comme nous les ânes – le pied montagnard.

 

 

 

 

Mais ces éléphants-ci n'ont aucune raison d'aller en montagne ; ils vivent de la chanson… C'est ce qui leur demande le moins d'efforts. Les Alpes, les Pyrénées, les voyages marins et les délices de Capoue, très peu pour eux. Ça leur donne la nausée, rien que d'y penser. D'ailleurs, ici, ils ne font strictement rien. Ce qui est leur droit le plus strict. Au fait, comme tous les animaux, les éléphants sont placés sous la haute protection de La Déclaration Universelle des droits de l'âne, étendue à tous les êtres vivants. Si, si, les éléphants et tous les animaux cités dans la chanson ont ce même droit. Mais bon sang, il y a quand même, un point mystérieux dans cette chanson, qu'on avait promis d'insérer ici.

 

 

 

 

Oui, c'est mystérieux, mais c'est précisément ce qui permet de classer cette chanson dans les chansons contre le racisme idiot (charmant pléonasme)… C'est ce « Mais j'aime pas les singes… Oh guenon ! »

 

 

 

 

Tu as parfaitement suivi ma pensée. Sans faire un cours sur le surréalisme évolué de nos régions, une sorte de « concept flou » où l'indéterminé affronte incidemment des vagues de vague, il me reste à préciser qu'ici, on boit le surréalisme comme une bière locale, assez fermentée et même, les astémiques et autres hydrophores participent de cette coutume régionale, hors fermentation et sans le secours de la religion s'entend. Une région où on peut encore rencontrer un autre auteur des Chansons contre la Guerre, l'ami Raoul Vaneigem. Tout ceci baigne dans une mer d'acide ironique et de sels de dérision. Cependant, l'Éléphant de Saramago continue à hanter l'Europe. Traduisons, puisque quand même, finalement, on est là pour ça : ce « J'aime pas les singes (ou les immigrés, les émigrés, les migrants, les nègres, les Grecs, les sans-papiers, les chômeurs, les réfugiés, les demandeurs d'asile, etc) » est pure dénonciation de ces gens qui bâtissent des frontières, construisent des murs, établissent des quotas, parquent dans des camps, une dénonciation qui s'exprime avec toute sa puissance dès le Oh guenon ! , qui retire le tapis sous la botte du défenseur de la civilisation, de la nation et des valeurs chrétiennes – évidemment ramenées aux préceptes, bulles, ukases et autres injonctions de l'Église catholique, apostolique et romaine.

 

 

 

 

J'entends bien tout cela et je le savais, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l'âne encore une fois hilare. Un dernier mot pour dire que j'ai une tendresse particulière pour le point d'ironie, signe graphique qu'on ne voit jamais ou plutôt, que perçoivent ceux pour qui il devrait se trouver là. En fait, le point d'ironie ne se voit pas, il se ressent. Foin de ces considérations et revenons à notre tâche qui – faut-il le rappeler – consiste à tisser le linceul de ce vieux monde assez rassis, raciste, rasoir et cacochyme.

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

 

 

 

 

J'aime bien les éléphants,
Fan-fan les éléphants ;
J'aime bien les serpents,
Pan-pan les serpents ;
J'aime bien les pingouins,
Gouin-gouin les pingouins ;
J'aime bien les tigres, j'aime bien les lions
Mais j'aime pas les singes,
Oh guenon !

J'aime bien les fourmis,
Mi-mi les fourmis ;
J'aime bien les souris,
Ri-ri les souris ;
J'aime bien les dalmatiens,
Sien-sien les dalmatiens ;
J'aime bien les canards, j'aime bien les girafes
Mais j'aime pas les singes,
Oh guenon !

J'aime bien les hiboux,
Bou-bou les hiboux ;
J'aime bien les chameaux,
Mau-mau les chameaux ;
J'aime bien les crocodiles,
Dil-dil les crocodiles ;
J'aime bien les lamas, j'aime bien les pumas
Mais j'aime pas les singes,
Oh guenon !
Mais j'aime pas les singes,
Oh guenon !

 

Les Éléphants
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Marco Valdo M.I.
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 19:15

JE VIENS MOI AUSSI. NON TOI NON !

 

 

Version française – JE VIENS MOI AUSSI. NON TOI NON ! – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Vengo anch'io. No, tu no! – Enzo Jannacci – 1967

Auteurs : F. Fiorentini - D. Fo - E. Jannacci

 

 

Enzo Jannacci - Dario Fo - 1963

 

On pourrait aller tous ensemble dans les mercenaires
Là-bas au Congo de Mobutu se faire enrôler

Je viens moi aussi ? Non toi non.

 

 

 

 

Regarde, Lucien l'âne mon ami, comment vont les choses dans ce monde étrange dans lequel il nous est arrivé de vivre parallèlement l'un à l'autre.

 

 

Sans doute, sans doute. Pour paraphraser en le détournant le titre de la chanson que tu as récemment traduite : Je viens moi aussi et toi de même. Mais au fait, dis-moi Marco Valdo M.I. mon ami, ce qu'elle vient faire ici cette chanson et aussi, un peu, pourquoi tu l'insères en italien, comme si nos amis des CCG n'en avaient pas connaissance. Elle leur aurait donc échappé ?

 

 

D'abord, commençons par le commencement. Et... Au commencement était Carlo Levi.

 

 

Quoi ? Que vient faire Carlo Levi dans cette affaire ? Tu ne vas quand même pas me dire que c'est Carlo Levi qui t'as fait connaître cette chanson… Si je me souviens bien, Carlo Levi est mort depuis longtemps…

 

En effet, Carlo Levi est mort il y a quarante ans et pourtant, c'est bien lui qui m'a suggéré cette chanson. D'où, mon « Au commencement était Carlo Levi... ». Mais venons-en au fait. Depuis quelques temps, je me suis remis à refaire une version en langue française de cet étonnant et très intrigant livre de Carlo Levi : Paura della Libertà – La Peur de la Liberté. Je te rappelle au passage que Carlo Levi est un des fondateurs et des penseurs du mouvement clandestin de résistance au fascisme, Giustizia e Libertà. C'était au début des années vingt du siècle dernier. Donc… Pour des raisons de traduction, d'éclaircissement du processus qui avait conduit Carlo Levi à écrire – pour lui-même – Paura della Libertà, j'ai relu une série d'interviews qu'il avait données dans les années soixante et septante à la radio et à des journaux. Et c'est dans une de ces transcriptions, que j'ai trouvé le passage suivant, où il est question de cette chanson de Jannacci. La journaliste de la RAI – Terzo Programma (14 juin 1969), Marina Como, lui demande :

« Può far mi il nome de qualche canzone che Le è capitato di ascoltare et che Le piace, oppure il nome di qualche cantante… » (Pouvez-vous me donner le nom d'une chanson qu'il vous est arrivé d'écouter et qui vous plaît, ou le nom d'un chanteur...)

Et Carlo Levi répond… Avant de donner sa réponse, j'indique qu'elle intéresse particulièrement les CCG en ce qu'elle dit à propos de la chanson en général. Donc, Carlo Levi :

« Ce ne sono un'infinità…

Ci sono poi altre canzoni fra le centomila che si ascoltano per le quale ho interesse proprio per la scoperta di un loro motivo psicologico attuale : per esempio certe canzoni di Jannacci… quella di Jannacci ad esempio che dice Vango anch'io… questo « vengo anch'io » l'ho trovato fantastico, bellissimo... » (Il y en a une infinité… Il y a ensuite d'autres chansons parmi les cent mille qu'on entend et pour lesquelles j'ai de l'intérêt précisément en raison de la découverte d'un motif psychologique actuel : par exemple certaine chanson de Jannacci… celle de Jannacci qui dit Vengo anch'io … ce « vengo anch'io », je l'ai trouvé fantastique, très beau... »). Arrivé là, je me suis précipité dans les CCG pour voir cette chanson… Elle n'y était pas. Je l'ai donc cherchée et maintenant, je l'ai insérée dans les CCG. D'abord, la version italienne et ensuite, comme tu le vois, ma version en français. Mais…

 

 

Tu ne vas quand même pas me dire qu'il y a encore des éléments inattendus : tu t'intéresses à une chanson, tu la trouves, tu l'insères, tu insères une version en français… Que peux-tu y ajouter ? Tout est dit, non ?

 

 

Non. Il y a plus qu'on ne l'imagine dans ce cheminement hasardeux, le voyage au pays de la chanson est sujet à d'étranges aléas. Il y a le texte et le texte. Et l'histoire de la chanson elle-même. Il y a que parmi les auteurs, il y a Dario Fo et j'avais déjà traduit le texte que j'avais trouvé et qui reprenait exactement ce qu'on peut entendre dans les enregistrements publics de Jannacci et dans les compilations que l'on trouve sur Internet. Cependant, je trouvais à ce texte, un goût d'un peu trop peu, lorsque j'ai découvert que la version diffusée et connue avait été censurée et les deux dernières strophes avaient été interdites d'édition. Et quelles strophes… C'étaient de vraies bombes politiques et imagine, elles touchaient à la Belgique 'une part, dans sa politique post-coloniale au Congo et à la dictature de Mobutu et d'autre part, à la catastrophe minière du Bois du Cazier, mettant également directement en cause le résultat de la politique d'émigration italienne : Uomini contro carbone. J'ai donc rajouté ces deux strophes. Je te laisse découvrir.

 

 

Laissons découvrir… Car de fait, avec ces deux strophes, c'est réellement une autre chanson, très explicitement chanson contre la guerre, cette fois.

Alors, écoutons-la et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde dérisoire, arrogant, avide, aveugle, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

On pourrait tous aller au zoo communal.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Pour voir comment sont les bêtes féroces
Crier au secours, le lion s'est enfui, à l'aide 
Et voir en cachette l'effet que ça fait.


Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !

On pourrait tous aller maintenant que c'est le printemps.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Avec sa belle bras dessus, bras dessous parler d'amour,
Découvrir qu'il finit toujours par pleuvoir
Et voir en cachette l'effet que ça fait.


Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !

On pourrait tous espérer un monde meilleur.
Je viens moi aussi. Non toi non.

Où chacun, est prêt à te couper une main,

Un beau monde de haine et sans amour

Et voir en cachette l'effet que ça fait.

Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !

On pourrait tous aller à ton enterrement
Je viens moi aussi. Non toi non.
Pour voir si les gens pleurent vraiment,

Comprendre que pour tous, c'est là chose banale

Et voir en cachette l'effet que ça fait.


Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !

 

On pourrait aller tous ensemble dans les mercenaires
Je viens moi aussi ? Non toi non.

Là-bas au Congo de Mobutu se faire enrôler

Puis tirer dans les nègres à la mitrailleuse

Chaque tête rapporte à la civilisation.

 

Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !

 

On pourrait aller tous en Belgique dans les mines

Je viens moi aussi ? Non toi non.

Voir ce qui se passe quand éclate le grisou

Remonter de beaux cadavres avec les ascenseurs

Ensevelis sous le drapeau tricolore.

 

Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !

 
 
JE VIENS MOI AUSSI. NON TOI NON !
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Marco Valdo M.I.
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 13:16

LES ANIMAUX

 


Version française – LES ANIMAUX – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Gli animali – Alessandro Mannarino – 2014

Paroles et musique : Alessandro Mannarino

 

Bestiaire

 

 

Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson qui devrait bien te plaire. Elle raconte des histoires d'animaux ; On dirait un vrai zoo, ou à tout le moins une ménagerie. Elle devrait figurer dans un bestiaire.

 

 

Merci bien, j'aime beaucoup les chansons où il est question des animaux et j'aime aussi les bestiaires. De quels animaux parle-t-elle, celle-ci ?

 

 

Elle parle du chien, de l'âne, des chiroptères (plus connus sous le nom de chauves-souris, mais ça n'allait, pas pour la rime), du mulet, du crocodile, des serpents, de l'agnelet, du singe et des poissons…

 

 

Ça fait du monde et ce serait peut-être le moment de rappeler aux humains les droits des animaux et spécifiquement, ceux de l'âne par le biais de cette Déclaration Universelle des droits de l'âne  que tu publias ici-même, il y a quelques temps. Je ne voudrais pas qu'elle s'abîme comme un navire qu'un capitaine négligent a oublié au coin d'un océan.

 

 

Moi, elle m'a remis en mémoire deux chansons que j'aime beaucoup et qui trouveraient place elles aussi dans un bestiaire des chansons contre la guerre : l'une est une sorte de zoo à elle toute seule, elle s'intitule Les Éléphants et l'autre, à laquelle – comme on le découvrira – il est fait allusion dans la version française ci-dessous, s'intitule « La Maman des Poissons ». Tout comme y trouverait place Le crocodile d'Offenbach, qu'il faudrait bien lui rendre… Rendons à Offenbach, ce qui est à Offenbach Mais voilà, il manque un bestiaire dans les parcours des Chansons contre la Guerre ; il y a bien un parcours relevant les chansons où des animaux sont mal traités. Mais le bestiaire, ce serait autre chose ; disons que ce serait le coin des animaux. Il y aurait là aussi par exemple le chameau  ou le dromadaire et le chameau , ou le chameau et le dromadaire , sans compter le chat ...

 

 

Moi aussi, je les aime beaucoup les nouvelles chansons que tu annonces et j'espère qu'elles seront bientôt dans le bestiaire des Chansons contre la Guerre et bien évidemment, rendons à Offenbach, ce qui lui revient. En attendant écoutons celle-ci et reprenant notre tâche, tissons, tissons le linceul de ce vieux monde trop anthropocentré, trop anthropocentrique, parfois même trop atroce, négligeant les animaux,et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Le chien se soumet
Parce que ça lui plaît
L'âne va d'avant en arrière
De chez lui au cimetière.
Les chiroptères
Évitent la lumière
Le mulet porte le bât
Et ne se reproduit pas

Le crocodile cherche
Toujours une proie
La proie se démène

Pour qu'il la voie
Les serpents pullulent
Comme les saints patrons
Ils changent de vêtements
Ils sont sales dedans, dehors élégants
Faites attention !


Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh


Les gouvernements changent
Mais pas les esclaves
L'agnelet hurle
Et les chiens policiers bavent
Le singe pourpre
A mis son kimono
Il dit qu'il peut parler haut
Avec le Tonnerre Suprême

Dans la forêt, on a construit un grand Dôme
Où les animaux vénèrent l'homme.
Les poissons dans la mer se confondent
Et font le tour du monde
Ils sautent au soleil et baisent dans l'eau profonde


Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh.
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh.

« Grand-père, grand-père, puis-je te poser une question sur notre vie de poissons de la mer ? Pourquoi parfois il y en a un qui disparaît ? »

« Car il a été pris dans le filet du pêcheur. »

« Mais y a-t-il un moyen de ne pas se faire attraper ? »

« Il faut savoir distinguer la lumière des étoiles de celle des lamparos. »


Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh

 
 
 
LES ANIMAUX
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Marco Valdo M.I.
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 22:06

IL Y A LE DIABLE

 

Version française – IL Y A LE DIABLE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Il diavolo c'è - Sergio Endrigo – 1993


Paroles et musique de Sergio Endrigo

 

 

 

Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?

 

Tu peux être sûre que là,

 

Il y a le Diable,

 

Il y a le Diable.

 

 

 

Voilà, dit Lucien l'âne en riant tout en balançant la tête de haut en bas ou de bas en haut selon le moment du tempo, une chanson qui en effrayerait plus d'un et qui l'entraînerait à appeler au secours un prêtre exorciste. Des exorcistes… au cours de mes périples, il me fut donné d'en rencontrer plusieurs et tous me parurent un peu brin de zinc ou brindezingue comme on voudra.

 

 

Oh, j'aime bien ton brin de zinc, je trouve l'expression assez jolie, même si dans le français authentifié, elle n'existe pas encore ; ce qui ne saurait au reste tarder. Mais j'en arrive à l'effroi que pourrait créer le titre de la chanson et peut-être chez les mêmes personnes, la chanson entière – on voit de tout les côtés de ces fanatiques, ces temps-ci et j'en profite pour leur lancer une de nos antiennes : « Fanatiques de tous les pays, calmez-vous ! ».

Donc, l'effroi de certains… On ne saurait les en guérir pour la simple raison que si effroi il y a, c'est parce qu'ils croient à l'existence du Diable et la chose va de pair avec la croyance à l'existence de Dieu, étant les deux faces du même ectoplasme. Et on aura beau leur expliquer que le diable de la chanson de Sergio Endrigo est en quelque sorte une figure, une image, une entité symbolique, un objet rhétorique, ils n'en démordront pas. Disons que chez Endrigo, cette entité symbolique en appelle à l'idée qu'on se faisait du diable dans un Moyen Âge reculé en opposition au dieu de ce temps, lequel dieu était censé être le bon et le diable de son côté, assumait le rôle du mauvais, dans une sorte de western œcuménique. Pour conclure, voici : le diable, c'est le mal, le mauvais côté des choses et du monde. Dans la chanson, tu peux – sans en aucune façon en occulter le sens – remplacer le mot « diable » par le mot « mal ».

 

 

D'accord, la messe est dite. Mais qu'as-tu d’autre à dire à propos de cette chanson ? Car je vois à ton œil qui pétille que tu brûles de me révéler une de tes étranges pensées, qui, je l'avoue, me déconcertent souvent...

 

 

Et tu n'as pas tort. Encore une fois, ce qui m'agite, c'est un souci de traduction. Le texte italien dit : « Nella gente che... il diavolo c'è ! », ce qui se traduit généralement par « Dans les gens qui... », que normalment on convertit en « Parmi les gens, chez les gens... », tout ce qu'on voudra sauf « Dans les gens... », ce qui supposerait « dans les gens = à l'intérieur des gens... » Cependant, à la réflexion, et me remémorant le film italien « Il piccolo diavolo » (http://www.filmpertutti.co/il-piccolo-diavolo/), où un diable exilé sur Terre (Benigni) s'introduit dans des personnes (particulièrement, une grosse dame, un cardinal…) et où il convient de faire appel à des exorcistes pour l'en extraire. La suite à l'écran… Je me suis rendu compte que la bonne traduction était véritablement dans, à l'intérieur des gens…

 

Alors voyons avec Endrigo ce que le « diable » fait en entrant dans les gens et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde hanté, endiablé, rongé par le mal de diable et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Dans les gens qui se croient toujours plus haut que toi,
Qui te traitent en esclave et se prennent pour les rois,
Pleins de la vanité, de la suffisance et de la superbe
Du paon gonflé et triomphant qui se croit on ne sait quoi,
Il y a le Diable,

Il y a le Diable.

 

Dans les gens qui ne dépensent rien, ne donnent rien à qui n'a rien
Et confient tout leur bonheur à leurs biens,
Qui ont un trésor sous le lit et vivent en pauvreté,
Qui nous verraient crever de soif et n'offriraient pas un café.
Il y a le Diable,

Il y a le Diable.

 

Dans les gens qui envient tout ce qu'on a
Peu ou rien peu importe, qui envient même nos tracas.
Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?
On peut être sûr que là 
Il y a le Diable.

 

Dans les gens qui ne font rien pour rien et ne font pas
Et qui passent leurs jours à bailler sur leur sofa,
Et s'écroulerait le monde qu'ils ne bougeraient même pas un doigt,
Qui prennent tout et ne donnent rien et ne se demandent jamais pourquoi.
Il y a le Diable,

Il y a le Diable.


Dans les gens qui prennent feu pour rien et s'enflamment de fureur,
Se fâchent, s’énervent et sont toujours prêts à exploser :
Des mèches allumées, des bombes en liberté.
Dans ces gens qui pour un rien tuent des gens, savez-vous ce qu'il y a ?
Il y a le Diable,

Il y a le Diable.

 

Dans les gens qui se gavent comme s'ils étaient Gargantua
D'abord mangent leur part et puis veulent tout le plat.
Ah, ah, qu'est ce qu'il y a ?
On peut être sûr que là, 
Il y a le Diable.


Dans tes jambes si élancées que des plus longues on n'en trouve pas,
Dans ta bouche si gentille qui ne dit jamais je ne veux pas,
Dans ta peau d'or comme les saints, comme les rois,
Dans tes aisselles mouillées qui parfument tes bras
Il y a le Diable,

Il y a le Diable.

 

Dans les gens qui t’épient, te déshabillent, ne regardent que toi
Et ne veulent pas admettre que tu es seulement à moi
Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?
Tu peux être sûre que là,

Il y a le Diable,

Il y a le Diable.

IL Y A LE DIABLE
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Marco Valdo M.I.
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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 21:54

FRANCESCO BARACCA


Version française – FRANCESCO BARACCA – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Francesco Baracca – Sergio Endrigo – 1982
Texte de Maria Giulia Bartolocci/Sergio Bardotti
Musi
que de Sergio Endrigo


Album: Mari del Sud (Fonit Cetra, 1982)

 

 

 

 

Un feu d'artifice, une comète

Comme un oiseau blessé qui tombant

Devient plumes et vent 

Et puis silence.

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, on ne comprend véritablement les chansons qu'après les avoir traduites et plus encore quand on tente d'exprimer ce que l'on ressent. Il faudrait se méfier ; il y a parfois des chansons idiotes.

 

 

Chanson idiote ? Mais pourquoi ?

 

 

Par exemple, parce qu'elle raconte une histoire idiote ou traite de façon idiote une histoire somme toute banale. À moins que, à la relire, on s'aperçoive qu'il y traîne je ne sais quel parfum d'ironie, je ne sais quel double sens. Une sorte de distanciation, qui dès qu'on la perçoit renverse le sens apparent.

 

 

Évidemment, vu comme ça, c'est autre chose et j'aimerais mieux qu'il en soit ainsi. Mais quand même, cela dit et entendu, dis-moi l'affaire, comme si la chanson était vraiment une chanson idiote…

 

 

Donc, voici une chanson qui raconte une histoire idiote : celle d'un aviateur qui se fait abattre par l'artillerie ou par une mitrailleuse au sol. Il en meurt : c'est normal, c'était un aviateur militaire et c'était un héros. Un héros, surtout quand il est militaire, il est normal qu'il meure dans l'action ; sinon, en quoi serait-il un héros ? . Comme disait Ferré 

« Et comme on dit, je ne sais plus où
Un général ça meurt debout
Si seulement ça mourait couché
Je vois pas pourquoi j'irais râler ».

Là, vois-tu, mourir au lit, c'est tout de suite moins héroïque.

 

 

En effet, je trouve ça très bien de mourir dans l'actionsurtout s'il faut en faire un héros. Dans le fond, ce sont les risques du métier. Surtout quand on est un militaire de haut vol, quand on est un as de l'aviation. Rien à voir avec « nous les petits, les obscurs, les sans-grade, 
Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades, 
Sans espoir de duchés ni de dotations, 
Nous qui marchions toujours et jamais n'avancions; » 
(L'Aiglon – Rostand).

Rien à voir avec tous ces gens dont a toujours fait la chair à canon et quand on en fait des « héros », c'est globalement sur les monuments, dans des discours, dans des livres pleins d'exaltations assassines et patriotiques. Ces « héros de masse » sont des héros bien malgré eux, ce sont des héros inconnus ; des héros industriels : on les traite par milliers, quand ce n'est pas par centaines de milliers. D'ailleurs, ce « peuple de héros » se serait bien passé de tout héroïsme et aussi bien entendu, de mourir à la guerre. Contrairement aux généraux et aux héros, le peuple, les petites gens, les gens simples préfèrent mourir dans leur lit.

 

 

Oh, je les connais bien, moi qui les ai croisés dans les tranchées… Car, nous les ânes, on fait partie de ces « héros inconnus » et s'ils avaient pu, comme nous les ânes, ils se seraient enfuis à l'autre bout du continent ou n'importe où il n'y avait pas la guerre. Et je t'assure qu'ils n'en avaient strictement rien à faire de la gloire et de tout ce qui s'en suit. En fait, ils ne pensaient qu'à rentrer chez eux.

 

 

Quant à l’as de l'aviation, vois-tu Lucien l'âne mon ami, c'était pas pareil. C'était un as, c'était un compétiteur, il cherchait sa renommée dans le ciel… Il devait confondre la guerre avec des Jeux olympiques… Il rêvait d'exploits et de gloire.

 

 

Et il tire gloire de quoi exactement ? De piloter un avion ? De mourir en tombant du ciel ? En quoi devrais-je trouver la chose plus intéressante et plus digne que cette mort inconnue qui frappait les millions de paysans et d'ouvriers et d'inconnus et de gens de rien ou de quelque chose ? Y a-t-il une poésie particulière à tomber du ciel plutôt que de s'enfoncer démembré dans la boue de la tranchée ou champ de bataille ? Ça me rappelle les petits illustrés où on racontait les « exploits » des aviateurs des guerres de 1914-18, de 1940-45, de la guerre de Corée, de celle du Vietnam… Peut-être y en a-t-il sur les guerres des Balkans ou d'Irak… Il y a même une série où les « héros » finissent par être à la retraite… Allons, reprenons notre tâche sans gloire et tissons le linceul de ce vieux monde idiot rempli de héros, de guerriers prestigieux, de médaillés, de décorés, de champions et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

C'était un ancien matin italien
Avec les mouches, les pavots, le grain
Les paysans paraissaient peints
Le soleil, le Po et les héroïques destins
Juillet milleneufcent quelque chose
Et tout à coup de la plaine bruineuse,
Comme l'aigu du ténor se détacha
L'avion de Francesco Baracca.


Il vibrait fort l'oiseau de toile
Léger et fragile, il vole
Et il s'élevait en spirale 
Comme une allègre valse romagnole
Et là-haut la terre se montrait
Comme une femme heureuse s'ouvrait
Sans crainte et sans timidité
Elle découvrait sa douce rotondité.

Et il y avait Riccione, il y avait Rimini
Et au fond le Sud, inexploré midi
Et au Nord, le grondement du canon
Dévastateur comme l'inondation
Alors lui entra dans l'âme et dans l'esprit
Son inconsciente et belle Italie 
Et il souffrit de jalousie, gare à qui la touche
Gare à qui l'enlève.


Et il plongea jouer avec le sort ;
La jeunesse n'a pas de la peur de la mort.
Ce ne fut pas un duel, il n'y eut pas de cavalerie
Mais un coup bas de l’infanterie.
Et déjà, il voyait s'enfuir sa vie
Un feu d'artifice, une comète
Comme un oiseau blessé qui tombant
Devient plumes et vent 
Et puis silence.

Le poète dit qu'en mourant
La vie entière se revoit en un instant
Les jeux, les espoirs, les peurs
Les faces aimées, les amis, les cœurs
Juillet milleneufcent dix-huit
Il y avait un homme qui tout perdit
Et l'Italie agraire et prolétaire
Conquérait son premier as de l'air

 

 

Comme un oiseau blessé qui tombant
Devient plumes et vent 
Et puis silence.

FRANCESCO BARACCA
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Marco Valdo M.I.
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 20:52

L'âne et l'orang-outan

 

Chanson française – L'âne et l'orang-outan – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

Quoi ? Quoi ? L'orang-outan,

Vous ne le connaissez-pas ?

L'orang-outan est un être vivant,

Une personne comme vous et moi.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

 

Lucien l'âne mon ami, je crains bien que tu vas être ravi, car je viens de finir une chanson dont tu es un des protagonistes et dont tu es également le conteur. Une chanson qui est tombée des nuages gris de cet après-midi.

 

 

Quoi, quoi, quoi ? Que dis-tu ? Que dis-tu Marco Valdo M.I. mon ami ? Je ne comprends rien à tes propos. Je serais le personnage de ta chanson…

 

 

Non seulement le personnage, mais en quelque sorte son inspirateur, car je suis parti du commentaire que tu fis récemment à la chanson de Gilles, L'Homme et le Singe . Cependant comme personnage, tu n'es pas le seul ; le principal intéressé est un orang-outan, un de tes amis dont on a voulu faire un militaire et ce singe, personnage intelligent, n'aime pas ça. Enfin, voici comment les choses se passent dans la chanson : un petit groupe de soldats arrivent en ville ; vous (toi et l'orang-outan) vous les interpellez et les soldats répondent :

« Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure ! »

 

 

On imagine bien comment va se faire pareille démonstration. De fait, c'est le fondement-même de la Guerre de Cent Mille Ans et de toutes les guerres et comme tu l'as si bien montré récemment, le fondement de la politique, lorsque tu évoquais Clausewitz inversé en disant : « La politique est la poursuite de la guerre par d'autres moyens. » Et je compléterais volontiers en ajoutant : « La paix est la poursuite de la guerre par d'autres moyens... ». Mais, dis-moi, il me semble bien déjà avoir entendu certains passages de ta chanson ou en tous cas, j'y vois de jolies allusions : ces « autres soldats qui cherchent Lola » et surtout, évidemment, ce Gare aux gorilles… C'est évidemment fort amusant.

 

 

Oui, ce Gare aux Gorilles renvoie très directement au Gare au Gorille de Georges Brassens et à toutes les versions qui en ont été données en d'autres langues. Mais enfin, il n'y a que du plaisir à s'inspirer d'un tel maître es paroles. Quant à ces soldats à la recherche de Lola, il te faudra aller chercher chez Léo Ferré chantant Aragon : Est-ce ainsi que les hommes vivent ?  À mes yeux, il n'y a rien là que de très normal et il faut considérer ces allusions comme d'incontestables coups de chapeau aux vers originaux. Et puis, nous sommes en bonnes compagnies, car Michel de Montaigne n'y rechignait pas.

 

Laissons cela et reprenons notre tâche et remettons nous à tisser le linceul de ce vieux monde militaire, fort en guerres, méprisant, méprisable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

Ce singe-là est un entêté

Je connais ses opinions.

Il m'en a souvent parlé

Je les tairai par discrétion.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Je ne vous en dirai rien.

C'est bien le moins pour un bon citoyen.

Cependant, je vous laisse deviner

Combien en son âme, il est révolté.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

Quoi ? Quoi ? L'orang-outan,

Vous ne le connaissez-pas ?

L'orang-outan est un être vivant,

Une personne comme vous et moi.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Âne de raison, de toutes les façons,

On ne peut me confondre avec l'orang-outan,

Animal aimable avec qui personnellement,

J'entretiens d'excellentes relations.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

L'orang-outan considère le militaire,

Le militaire habillé en soldat.

Il le tient pour un cerbère,

Et il ne lui parle pas.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Et moi, qui fréquente les orangs-outans

Moi, je vous le dis, je partage entièrement

Et de tout mon cœur, leur cri vengeur :

Vive les objecteurs, vive les déserteurs.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

Il est d'autres soldats en ville

Des soldats habillés en civil

Qui vont par-ci, qui vont par-là

À la rencontre de Lola.

 

L'armée, ah, l'armée

Avec tous ces soldats

Gare aux gorilles et aux orangs-outans !

L'armée, ah, l'armée

Avec tous ces soldats…

Gare aux gorilles et aux orangs-outans !

Gare aux gorilles

Et aux orangs-outans !

Gare aux gorilles

Et aux orangs-outans !

 

 

 
 
L'âne et l'orang-outan
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Marco Valdo M.I.
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 23:17

CHAIR À CANON

 

 

Version française – CHAIR À CANON – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Carne da cannone - Casa Del Vento - 2001 

 

 

 

Bienvenus dans la tranchée où l'absurde massacre animal est perpétré.

 

 

Ainsi s'appelaient les soldats envoyés à mourir dans les tranchées lors de la Première Guerre Mondiale. Une chanson antimilitariste, sur les gars, fils de pauvres gens, un non grand et ferme contre la guerre.

 

 

Dans ma rue, deux noms et deux fleurs ont un désir :
Oublier la traînée de l'injustice, faire naître une nouvelle pensée.
Chair à canon nous sommes, l'armée des manipulés
Sous l'effet de la grandeur des baratineurs bien entraînés.
Pour satisfaire l'envie des grands de conquérir sans retenue,
Nous avons souillé le champ de rouge et usé tout compromis.
Ils nous ont vendu pain et promesses en première ligne avec leur faux idéal,
Chaque fois envoyés au feu, abattus à peu à peu.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.


La justice des puissants nous a volé le printemps
Sans se soucier de notre tristesse, de notre peur et de notre misère.
Et le peuple de Dieu a stipulé un tacite accord
Que pour chaque contrat de foi soit contemplé un soldat mort. 

Bienvenus dans la tranchée où l'absurde massacre animal est perpétré.
Ils m'ont décrit l'ennemi comme un mauvais fétiche à trucider.
Mais je l'ai vu lutter dans la boue pour survivre et désespérer ;
Il avait deux yeux, deux bras, deux jambes, la même bouche pour parler.


Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

 

On peut nous voir voler en l'air avec peu d’envie de pardonner
Millions de voix en un grand cri, chanter dans le vent on peut nous entendre.
Le fleuve est grand, le fleuve est rouge, il tache la terre comme l'encre,
Tache la terre jusqu'à une mer emplie de voix à écouter.

Frappe la terre avec un bâton, ils peuvent toujours appeler mon nom
Frappe la terre avec un bâton, chair à canon.

CHAIR À CANON
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Marco Valdo M.I.
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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 22:23

COLTAN

Version française – COLTAN – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Coltan – Andrea Sigona – 2015

 

 

 

 

Poussière sur poussière

Faim comme faim

Noir comme le démon

Noir comme goudron

 

 

Lucien l'âne mon ami, avant d'aborder la chanson elle-même, je te ferai remarquer que c'est la première fois que nous entrons dans le labyrinthe des CCG par le portail en français… Comme tu sais, antérieurement, il nous fallait passer par l'italien… Certes, cela ne nous gênait nullement, mais ce devait être un fameux obstacle pour bien des locuteurs de langue française…

 

 

 

Il me semble à moi aussi… C'est donc un jour à marquer d'une pierre blanche...

 

 

 

Et pas noire, en tous cas, comme tu vas le voir avec la chanson sur le coltan. Une étrange chanson pour laquelle il te faudra, Lucien l'âne mon ami, ouvrir grand ta machine à penser, ton cerveau. Car il y a derrière elle des implications qui ne se distinguent pas à première vue. En bref, il s'agit de répondre à deux questions : qu'est-ce que le coltan et que vient-il faire ici dans les chansons contre la guerre ?

 

 

 

Pour ce qui est du coltan, je sais bien de quoi il s'agit ; j'en ai assez porté sur mon dos. Je t'accorde que c'était il y a longtemps et que peut-être était-ce un autre minerai que la colombite-tantale ; en tous cas, un de ces minerais noirs , mais d'un noir qu'on aurait cru mes sabots ou un bloc d'encre de Chine. Bref, des cailloux noirs tirés d'un sol noir…

 

 

 

Généralement, par des Noirs… C'est bien lui et ses mines se situent principalement au Congo. On dit que c'est un minerai stratégique… C'est tout dire. Un minerai stratégique a cette particularité de déclencher des luttes terribles pour sa possession. Et c'est bien ce qui se passe encore aujourd'hui avec le coltan. On raconte que la guerre ou les guerres qui se déroulent pour lui auraient fait la bagatelle de six millions de morts, sans compter les morts-vivants que sont ceux qu'il a blessés et ceux qui encore y perdent leur vie au travail. Telle est en gros la raison de sa présence ici dans les Chansons contre la Guerre. Il y a toute une littérature à ce sujet… Je t'y renvoie en commençant par l'article Coltan dans wiki ou par un article sur le sujet, tel que Le massacre d’un peuple pour le « bonheur » du monde  (http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/rd-congo-le-massacre-d-un-peuple-139469).

 

 

 

En résumé, c'est un nouvel épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les obliger à générer des profits, afin d'accroître leurs richesses encore et encore jusqu'à ce que mort s'ensuive – celle des autres, bien entendu.

 

 

 

Cependant, Lucien l'âne mon ami, cette chanson a un autre aspect que je t'invite à découvrir et c'est le fait que le protagoniste de la chanson, celui qui nous parle au travers de la chanson, c'est le coltan lui-même… On pourrait même l'appeler « Lamentation du coltan »… Du moins, c'est ainsi que je la comprends et que j'en ai fait la version en langue française.

 

 

 

 

 

 

Je m'en vais de ce pas vérifier ce que tu me racontes e et puis, ensemble, reprenons nos habitudes et tissons le linceul de ce vieux monde exploiteur, profiteur, assassin, extorqueur et cacochyme.

 

 

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

Moi qui n'ai jamais vu le soleil
Au-delà de la chaleur et ses pierres
Moi qui n'ai jamais vu la mer 
Avec toute sa soif
Moi qui n'ai jamais vu l'ombre
Car l'ombre a ses contours
Moi qui n'ai jamais vu l'aube
Et la saison des souvenirs


Poussière sur poussière
Noire comme le noir
Pour deux sachets d'or
La paye l'étranger


Moi qui n'ai jamais vu des yeux
La couleur du coucher de soleil
Moi qui n'ai jamais vu un baiser
Le secret de son visage
Et cette terre est dure
Aucune fleur n'est jamais arrivée
Des mains comme des pales au vent
De quel ventre suis-je jamais né


Poussière sur poussière
Faim comme faim
Noir comme le démon
Noir comme goudron


Moi qui n'ai jamais vu la lumière
Aucun ciel sans une chambre
Maudites multinationales
Qui ont éteint mon espoir 
Moi qui n'ai jamais vu le soleil
Au-delà de la chaleur et ses pierres
Moi qui n'ai jamais vu la mer 
Avec toute sa soif

Poussière sur poussière
Terre sans eau et grain
Si pouvaient suffire deux notes

 

 

 

 

COLTAN
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Marco Valdo M.I.
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 17:42

La Moribonde

 

Chanson de langue française – La Moribonde – Marco Valdo M.I. – 2015

Parodie de la chanson – Le Moribond – Jacques Brel – 1961 – Jacques Brel – 1961

 

 

 

 

 

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien.

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien, tu sais.

J'en crève de crever aujourd'hui

Alors que toi, tu es bien vivant

Et plus solide que l'ennui.

 

 

 

 

 

 

 

Je vois, Marco Valdo M.I. mon ami, à son titre que ta chanson raconte des choses terribles et que c'est une femme ou une personne féminine qui en est la protagoniste. Et, comme je connais assez bien le répertoire de Jacques Brel, j'imagine que cette moribonde parle de sa fin, de sa disparition et de son enterrement. Je pense bien en outre qu'elle entend régler ses comptes avant de s'en aller. Mais, dis-moi, qui est-elle, cette moribonde ?

 

 

D’abord, Lucien l'âne mon ami, tu as raison, c'est bien une parodie… Tu connais mon goût et celui de la chanson populaire pour les parodies… Donc, c'est une parodie d'une chanson du Grand Jacques, comme on l'appelle ici chez nous. Une parodie du moribond… Chez Brel, elle raconte l'histoire d'un homme qui se sent partir dans le néant et qui, en effet, comme tu l'as bien dit, règle ses comptes avec son entourage : son ami, le curé, l'amant de sa femme et sa femme. Il leur dit leurs quatre vérités. Par ailleurs, c'est un mourant dont on ne dit jamais le nom dans la chanson, une sorte de figure anonyme et générale : « Le » moribond, un personnage de la grande comédie humaine. Mais ce n'est pas du tout le cas dans ma chanson. La moribonde, même si on ne dit jamais son nom, il est aisé de savoir de qui il s'agit. Il s'agit tout simplement de l'Europe en train de mourir. À ce sujet, nous ne sommes pas les seuls à le penser ; j'en tiens pour exemple la revue italienne Micro-Mega et son article de tête : « La pagnotta del Quarto Reich. Luglio 2015: il mese che ha riaperto la questione tedesca » [http://temi.repubblica.it/micromega-online/la-pagnotta-del-quarto-reich-luglio-2015-il-mese-che-ha-riaperto-la-questione-tedesca/]

 

 

 

L'Europe en train de mourir ? En voilà une histoire. Ainsi, tu joues ton Bossuet… « L'Europe se meurt, l'Europe est morte » aurait d'ailleurs pu être une autre parodie.

 

 

C'eût pu et cela sera peut-être, si j'ai le temps… Ce serait pas mal de reprendre l'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre telle que la fit l'Aigle de Meaux en 1670. Pas tout, ce serait un immense pensum ; cependant cet extrait me paraît s'y prêter :

« O nuit désastreuse! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle: Madame se meurt, Madame est morte! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts; on trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse. Partout on entend des cris, partout on voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le roi, la reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré, et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète: Le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple, de douleur et d'étonnement. »

Mais ce n'est pas cela en ce qui tient à la chanson. On serait plus proche pour en rester aux classiques du laboureur et ses enfants de La Fontaine :

« Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins... ».

Bref, en ce beau matin de juillet, l'Europe se réveille moribonde et s'adresse à quelques-uns des États qui la composent (mais l'avertissement vaut pour tous : REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN) et les interpellant du nom de leur capitale. Elle plaint la Grèce de son destin d'esclave, elle reproche à la France son inertie, elle annonce à Bruxelles la fin de son rôle de capitale européenne et enfin, elle dit à Berlin, qu'elle se meurt de ce que l'État allemand poursuit le rêve d'Otto von Bismarck, c'est-à-dire la conquête par n'importe quel moyen de tout le continent.

 

 

Eh bien, on n'a pas fini de rire, dit Lucien l'âne en frémissant de toute son échine et en relevant tel un plumeau sa queue vengeresse. Par ailleurs, tu as raison de dire par n'importe quel moyen… pour l'instant, ils ne sont pas militaires, mais il est vrai que – tant qu'on acceptera ces soi-disant contraintes budgétaires, dettes et autres fariboles financières – les capitaux suffiront à étrangler les gens ; le mécanisme est simple : je te prête de l'argent pour que tu achètes mes produits ; je te pousse à la surconsommation ; puis, comme tu ne peux plus faire face aux échéances, je t'étrangle et je te saisis tout à vil prix. En fait, on traitait déjà ce point dans tes Histoires d'Allemagne [[45577]]

 

« Avec la même insouciance moutonnière
Des troupeaux qu'on mène à l'abattoir
Marche maintenant l'Europe entière
Accomplissant le rêve d'Otto ou plutôt, son cauchemar. »

 

 

Heureusement, on peut encore penser que Don Quichotte [[41719]], Rossinante, Sancho, le plat à barbe et moi-même l'âne, pourrons faire obstacle à la PanzerKommission…

« Votre Grande Europe n'est pas notre destin.
Faibles, pauvres, nous sommes l'Europe de demain. 
»

Pour le reste, reprenons notre tâche et tissons contre vents et marées le linceul de ce vieux monde hanté par les fantômes, caporalisé, dressé, tétanisé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Adieu Athènes, je t’aimais bien.

 

Adieu Athènes, je t'aimais bien, tu sais.

J'ai mangé, j'ai bu tous tes vins ;

J'ai fait danser toutes tes filles ;

J'ai conduit à la ruine ta famille.

Adieu Athènes, je vais mourir, tu sais.

C'est dur de mourir au printemps

Mais je pars aux fleurs désespérée,

Car vu que tu es à genoux maintenant,

Je sais qu'ils te prendront même tes musées.

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 

Adieu Paris, je t’aimais bien.

Adieu Paris, je t'aimais bien, tu sais.

Tu aurais dû virer de bord,

Tu aurais dû changer de chemin,

Mais tu n'as pas quitté ton port.

Adieu Paris, je vais mourir tu sais.

C'est dur de mourir à l'été,

J'en crève de crever à présent,

Alors que toi, tu perds ton temps.

Je sais qu'ils viendront au printemps

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 

 

Adieu Bruxelles, je t'aimais bien.

Adieu Bruxelles, je t'aimais bien, tu sais.

Moi je prends le train pour le néant,

Tu prendras le train après le mien,

Mais on prend tous un train suivant.

Adieu Bruxelles, je vais mourir,

C'est dur de mourir à l'automne, tu sais,

Mais je pars aux fleurs sans hésiter

Car vu ce que je t'ai donné jusqu'à présent

Je sais que tu pleureras le bon vieux temps.

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 

 

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien.

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien, tu sais.

J'en crève de crever aujourd'hui

Alors que toi, tu es bien vivant

Et plus solide que l'ennui.

Adieu Berlin, je vais mourir,

C'est dur de mourir en hiver, tu sais,

Mais je pars aux fleurs sans un sourire

Car vu que tu rêves en allemand,

Je sais que tu veux tout le continent.

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 
 
 
La Moribonde
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Marco Valdo M.I.
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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 23:41

 

Oh ! Le Bel Accord !

 

 

Chanson française – Oh ! Le Bel Accord ! – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 10

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

Trêve de questions, chassez les doutes !

Mach schnell ! Europa en avant toute !

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, voici une chanson pas encore napoléonienne, mais presque. Bonaparte n'est encore que Consul, premier, certes, et revenu d'Égypte, vainqueur déjà des Autrichiens, il signe avec l'Anglais la paix d'Amiens. À eux la mer, à nous, la terre. Peut-être penseras-tu – je le vois au balancement de tes oreilles – que je m’égare et que mon goût pour les histoires se mue en goût pour l'Histoire. Il n'en est rien. Simplement, notre Arlecchino, alias Matthias, alias… vivait en ce temps-là et cette Paix d'Amiens de 1802 est une sorte de repère, une borne milliaire. Ainsi, elle nous précise que nous sommes deux ans après Marengo ; deux ans que notre Matthias vagabonde en tentant quand même d'arriver chez lui, ce qui est en effet le cas. Voilà pour les histoires de notre déserteur. Mais ce n'est pas tout…

 

Et quoi d'autre encore ? Marco Valdo M.I. mon ami, tu m'intrigues.

 

Comment t'expliquer le sens de cette chanson que je découvre en même temps que toi ? En fait, c'est assez complexe. D'abord, par cette paix, l'Europe d'alors momentanément pacifiée, tranquille ne fait plus tant la chasse aux déserteurs. L'urgence n'est palus d'avoir des soldats et l'Autriche vaincue (qui a déjà son arrangement avec la France bonapartiste) ne pense pas encore à reprendre le combat. Mais évidemment, ça ne pourrait tarder… Pour notre Arlecchino, c'est un moment où il peut (un peu) s'assoupir et redevenir civil ; il vient d'arriver chez lui. Mais ce n'est pas tout…

 

Et quoi d’autre donc ? Marco Valdo M.I., mon ami, tu ne cesses de m'intriguer, encore plus que tout à l'heure…

 

Eh bien, c'est que cette chanson, je l'ai écrite aujourd'hui, le 14 juillet 2015 et comme tu le remarqueras à l'écoute, elle parle de l'Europe et d'un accord… et se termine sur un impératif allemand… En clair, elle parle d'aujourd'hui en parlant du passé. Il faut que tu saches, Lucien l'âne mon ami, que ce bel accord, cette paix d'Amiens où tous s'entendaient si bien et si éternellement débouchera un peu plus d'un an après sur de très effroyables guerres européennes qui dureront une dizaine d'années, puis rebondiront une soixantaine d'années plus tard (1870), puis environ cent ans après (1914), puis une vingtaine d'années (1939)… Comme tu ne l'ignores pas, les ravages furent formidables, les morts se comptent en millions.

 

Les soubresauts de la belle Europe ne sont pas sans danger…

 

De fait, Lucien l'âne, malgré tous les accords (rien qu'un autre exemple : Munich), la guerre revient. On attribue à Winston Churchill, à propos de ces fameux accords, une réflexion dont je n'ai pas gardé en mémoire la formulation exacte, mais qui dit à peu près ceci : Vous aviez à choisir entre le déshonneur et la guerre. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. Mais, me dira-t-on, c'était à Munich et le diktat était celui d'un dictateur… Voire, il était chancelier d'Allemagne. Cependant, en effet, les soubresauts de la belle Europe ne sont pas sans danger. En fait, elle n'aime pas qu'on la domestique, qu'on la cornaque, qu'on la tance, qu'on l'asservisse. Et certains s'y emploient ; c'est imprudent. Voilà le sens profond de cette chanson. Une fois encore, c'est Cassandre, une voix perce le mur opaque du futur.

 

Allons, allons, Marco Valdo M.I., mon ami, garde tes oracles… Les augures sont comme les économistes, ils se trompent tout le temps.

 

Certes, certes, Lucien l'âne mon ami, mais rappelle-toi ce que l'on dit ici depuis des années à propos de ce qu'ils font aux Grecs et ce que nos Histoires d'Allemagne ont montré des terribles manières de certains des protagonistes de ces derniers jours (Wolfgang Schäuble était déjà là lors du dépeçage de l'Allemagne de l'Est), qui avaient été en quelque sorte rodées sur les populations de l'Allemagne elle-même. La Treuhand  les avait vendus à l'encan. On disait déjà ici que c'était le modèle de ce qui serait fait aux Grecs… et c'est bien le cas.

 

Je me souviens très bien de ça et j'appuie ton idée en rappelant l'antienne : « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN... ». Dès lors, reprenons notre tâche et Ora e sempre : Resistenza !, tissons le linceul de ce vieux monde exploiteur, colonisateur, ottiste (je t'invente ce néologisme de ma façon : un monde ottiste, une personne ottiste… est un monde, une personne qui poursuivent le rêve d'Otto von Bismarck : la grande Europe allemande) et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

La frégate toutes voiles dehors

Par le travers du Pas de Calais

Fendait la mer et les flots, sous le vent du nord,

Amenant Lord Cornwallis signer la paix.

 

À Paris, une Marianne défraîchie

Saluait le frère Joseph qui s'en allait

En Amiens, plénipotentiaire, signer la paix.

L’Europe déjà se faisait. Ainsi va la vie.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Les Ottomans retrouvaient le pays de Râ.

La Patrie récupérait ses colonies. Ce n'est pas rien !

Toute une Belgique et un pied dans le Rhin.

La paix n'a pas de prix. Rule Britannia !

 

Oh ! Le bel accord ! Oh ! Joie unanime !

Oh ! La belle paix ! Amis à l'ouvrage !

L'Europe rubiconde a belle mine ;

La paix a un si beau visage.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Le temps de paix est une aubaine.

Les hirondelles reviennent à tire d'aile.

Les paysans sèment et s'activent sans peine.

Oui, ainsi, la vie sera belle.

 

Amis, foin de mollesse, l'accord est signé.

Amis d'Europe, reprenez le collier !

Trêve de questions, chassez les doutes !

Mach schnell ! Europa en avant toute !

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Oh ! Le Bel Accord !
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Marco Valdo M.I.
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