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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 20:28

CENDRILLON

Version française – CENDRILLON – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Texte italien – Cenerentola – revue anarchiste - 2015

 

 

 


Diversi lettori ci hanno chiesto perchè mai questa rivista si chiami Cenerentola.
Des lecteurs nous ont demandé pourquoi cette revue s'appelle Cenerentola.


En fait, Cenerentola est le nom de la revue et si l'on veut comprendre, il suffit de lire le conte « Nous dansâmes ensemble un soir à Barcelone... », qui est aussi l'article éditorial qui expose, disons, les convictions profondes de la revue elle-même.

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, connu aussi sous le nom de l'ânanar, ce matin, tout en déjeunant, mes pensées voguaient dans une sorte de brouillard, sans doute celui qui couvrait le jardin.

 

Je l'ai vu aussi. Il annonce l'automne et tout ce qui s'ensuit. Il n'y a rien là d'extraordinaire. Et je ne pense pas que tu m'aies réveillé pour me parler de la pluie et du beau temps.

 

Certes non, je voulais en arriver à te dire que la vie est pleine de coïncidences.

 

C'est encore plus nébuleux, si tu continues ainsi je me rendors.

 

C'est exactement dans cet état d'entre deux que – et de fait, c'était fort nébuleux – qu'il faudrait se poser la question des mots et des effets qu'ils peuvent avoir sur les gens et sur les événements. Ainsi, ces jours-ci, c'est la rentrée des classes et je regarde tout le va et vient qu'elle entraîne ; d'un coup, la ville s'est animée. Ça remue dans tous les coins à cette heure du matin. Mais coïncidence pour coïncidence, j'en étais revenu au mot « classe » et au sens que certains goûtant la sociologie ou certaines idéologies, utilisent pour établir une sorte d'entité particulière qui serait douée d'une vie propre et extérieure à l'homme commun, qui s'imposerait à lui. Pour faire bref, on aurait ainsi une idole à laquelle il convient de sacrifier. J'en reste là, car arrivé à ce point, apparaît dans les CCG une coïncidence : cette Cenerentola, c'est-à-dire Cendrillon, où on va voir cette idée de classe en action et parabole pour parabole, comment au nom de cette idole, on sacrifie les plus belles espérances de vie libre et débarrassée des pesantes ardeurs du pouvoir et de l'exploitation.

 

Que sait-on d'elle ? , demande Lucien l'âne. « D'elle, je sais seulement qu'elle est très belle… et que nous dansâmes ensemble, un soir, à Barcelone. », dit le conte. Mais enfin, il faut bien que ce Genre Humain ait eu figure humaine…

 

Sans doute. Barcelone ? Sans doute se prénommait-il Buonaventura .

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M .I. et Lucien Lane

 

 

Il était une fois une belle jeune fille, fille d'un bonhomme appelé Libero Pensiero (Libre Penseur), qui vivait avec la marâtre, dont le nom était Idéologie Marxiste, et deux demi-soeurs : Social-démocratie et Dictature Bolchevique.

 

Les demi-soeurs étaient laides et mauvaises et maltraitaient la pauvre enfant, qui était forcée de faire chaque jour les travaux ménagers, nettoyer les planchers et s'occuper du feu, pendant qu'elles passaient leur temps à se pavaner. De plus, chaque fois qu'elles le pouvaient, elles lui faisaient toutes sortes de méchancetés. Quand le soir, elle était fatiguée, la jeune fille se reposait devant la cheminée de la cuisine. Ce pourquoi, elles l'appelaient, avec mépris, Cenerentola (Cendrillon).


Autour de 1900, le Genre Humain, sentant proche le moment de s'émanciper, organisa une fête. Les demi-soeurs de Cenerentola, après de grands préparatifs, s'y rendirent ; cependant qu'à la pauvre jeune fille, fatiguée et humiliée, dépourvue de la tenue adéquate pour participer au bal, il ne resta rien d'autre à faire que s'asseoir auprès de la cheminée et pleurer.


À cet instant apparut la fée Volonté. Émue du chagrin de Cenerentola, elle lui donna un beau vêtement et elle l'envoya à la fête dans un carrosse doré, un modèle révolutionnaire, obtenu en transformant la plus grosse courge qu'il y avait dans son jardin.


« Avec moi, on peut obtenir tout, même à partir des courges… – dit-elle – Mais, j'insiste, rentre avant minuit, car à cette heure, finira l'enchantement ! » .

Cenerentola (Cendrillon), heureuse et très belle, suscitant l'envie de toutes les invitées et, en particulier, de ses méchantes demi-soeurs, dansa avec le Genre Humain toute la soirée. Comme dans un rêve, les deux continuaient à virevolter dans le grand salon et personne ne semblait pouvoir 
Dans sa hâte, elle perdit un escarpin, que le Genre Humain, triste d'avoir perdu sa compagne, ramassa.

 

Depuis lors, partout dans le monde, il cherche une jeune fille dont le pied puisse chausser le précieux escarpin.

« Avez-vous idée de qui cela peut être ? – demande-t-il à tous ceux qu'il rencontre. D'elle, je sais seulement qu'elle est très belle… et que nous dansâmes ensemble, un soir, à Barcelone. »

 

 
CENDRILLON
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Marco Valdo M.I.
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 15:13

UNE DÉCLARATION UNIVERSELLE



 DES DROITS 


 

DE TOUS LES ÊTRES VIVANTS

 

 

 

Je reçois ce matin une lettre de Micromega où il y a un article signé Yves Charles Zarka, intitulé « Pour une déclaration universelle des droits de l'humanité ». (http://temi.repubblica.it/micromega-online/una-dichiarazione-dei-diritti-dell%E2%80%99umanita/).

 

Son auteur relate l'idée que la France voudrait « actualiser » la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948. Fort bien. Mais une telle actualisation ne rencontrerait pas la critique fondamentale que nous avancions en présentant une déclaration qui vaudrait pour toutes les espèces et pas seulement, l'espèce humaine.

 

L'anthropocentrisme est un véritable danger (le plus grand sans doute) pour la vie organique sur cette Terre, qui nous est commune maison (Oikos, en grec).

 

Nous suggérons donc à ceux qui veulent – à juste titre – actualiser la Déclaration de 1948 (etc) de reprendre purement et simplement notre Déclaration universelle des droits de l'âne ou d'en reprendre la substance.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Âne artiste et républicain

 

 

 

 

Déclaration universelle des droits de 

 

l'âne

 

 

Chanson française – Déclaration universelle des droits de l'âne – Marco Valdo M.I. – 8 avril 2015

 

 

 

 

L'âne naît libre, égal et fraternel ;

Il rêve debout et ne croit pas au ciel.

 

 

 

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, tu devrais quand même expliquer comment on en est venu à cette « Déclaration universelle des droits de l'âne » ; ce n'est pas, dit Lucien l'âne en souriant, que je l'ignore, mais il me paraît important de l'expliquer à ceux qui la liront. D'autant que c'est la première fois qu'on la publie et qu'elle résulte – la chose est importante – de notre collaboration : celle d'un homme et d'un âne, chacun se portant garant pour son espèce.

 

 

Tout a commencé par une réflexion de Bernart Bartleby publiée ce 8 avril 2015 au matin dans les Chansons contre la Guerre. Réflexion qui disait très exactement ceci :

 

Per Marco Valdo M.I.: a quando la "Déclaration des droits de l'âne"?.

 

 

Ah, dit Lucien l'âne, il faudra donc y associer l'auteur de cette insidieuse et finalement, très heureuse question.

 

 

Cela est certain. Maintenant, Lucien l'âne mon ami, la suite de l'histoire de cette chanson. Dès que j'ai lu l'incitation de B.B., je me suis enquis de toi afin d'établir de commun accord cette déclaration en chanson, ne doutant pas un instant d'y parvenir aujourd'hui encore. De ce fait, j'ai envoyé un petit mot à Bartleby pour lui annoncer la chose et en quelque sorte relever son gentil défi. J'ai donc consulté l'autre déclaration universelle sur son site officiel, à savoir la publication par les Nations Unies de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948. J'aurais évidemment pu repartir de La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (DDHC) est un texte fondamental de la Révolution française, ou de celle la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qu'Olympe de Gouges a écrite en 1791 ou de celle de 1793. Ou m'appuyer sur la Convention européenne des droits , encore que cette dernière me paraisse un peu trop lourde dans son appareil. Je préfère m'en tenir aux principes. Cela dit, cela fait, en discutant avec toi presque mot à mot chaque vers afin de m'assurer de n'être pas trop anthropomorphe, car tel était le danger, l'écueil qu'il me fallait contourner, j'en suis venu à ce texte, dont je me plais à penser qu'il a de l'allure.

 

 

Et j'ai fait ce que j'ai pu pour t'aider, dit Lucien l'âne en opinant du bonnet. Mais, je t'en prie, poursuis ton explication.

 

 

D'abord, il me faut (et c'est bien le moins de le faire ici et maintenant) t'adresser mes plus vifs remerciements pour ton aide précieuse et ta vigilance. Quant au reste de mon explication… Oh, il n'y a plus grand-chose à en dire, si ce n'est qu'elle est faite – comme promis – dès ce soir et que nous avons – toi, moi, Bernart Bartleby, les Chansons contre la Guerre – l'honneur et le plaisir de l'éditer.

 

 

Voilà qui est dit, voilà qui est fait. Cependant, Marco Valdo M.I. mon ami, je voudrais éclairer un aspect de ce travail commun, à savoir que non seulement, cette Déclaration Universelle des droits de l'âne me concerne moi et tous les ânes, mais bien évidemment, c'est là le point important, toutes les espèces animales, y compris évidemment, je te l'accorde, l'espèce humaine. Comme il est dit dans son dernier couplet :

 

Les droits de l'âne sont universels.

Chacun, à quelque espèce qu'il appartient

Peut s'en prévaloir, peut y faire appel.

Ora e sempre : Resistenza ! L'âne y tient.

 

 

Remarque, Lucien l'âne mon ami, que si d'aventure, on appliquait cette Déclaration, non seulement, elle serait bénéfique pour toutes les espèces, l'humaine y compris, pour tous les êtres vivants de la Terre, mais aussi elle permettrait de maintenir – sans doute un peu plus longtemps – la vie organique, telle que nous la connaissons.

 

 

Maintenant, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche – que nous avons d’ailleurs exécutée avec beaucoup d'attention en rédigeant cette déclaration – qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde anthropomorphe, unispécié, nombriliste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

L'âne naît libre, égal et fraternel ;

Il rêve debout et ne croit pas au ciel.

Par sa nature, l'âne est porteur

De raison, de conscience et de bonheur.

 

Habitant de la Terre hautement civilisé,

Être subtil et plein d’urbanité,

Joyeux, placide et de bonne volonté,

Il se doit d'être aimé et protégé.

 

Nul ne pourra le tenir en servitude ;

Nul ne pourra en faire commerce ou l'exploiter ;

Nul ne pourra lui infliger de torture ;

L'âne ne peut être arrêté, détenu ou exilé.

 

Doué d'intelligence, de courage et de ténacité,

L'âne ne peut être empêché de penser,

De parler et de répandre ses idées.

Il ne peut être évangélisé. L'âne est athée.

 

L'âne ne peut être tenu de voter ;

Nul ne peut lui imposer de collaborer.

L'âne ne peut être amené à déléguer sa liberté,

Ni à se soumettre à une autorité contre son gré.

 

Les droits de l'âne sont universels.

Chacun, à quelque espèce qu'il appartient

Peut s'en prévaloir, peut y faire appel.

Ora e sempre : Resistenza ! L'âne y tient.

 

 

 
UNE DÉCLARATION UNIVERSELLE    DES DROITS    DE TOUS LES ÊTRES VIVANTS
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Marco Valdo M.I.
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 19:13

ALEKOS

 

Version française – ALEKOS – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – AlekosGermano Bonaveri – 2015

 

Alekos en prison

 

Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson que celui-même dont nous avions mis en langue française une douzaine de chansons et qui avait – souviens-t-en – interprété nos mots, je parle évidemment de Gemano Bonaveri consacre à Alekos, surnom d'Alexandre Panagoulis, un poète grec des plus engagés dans la lutte contre la dictature et ses séquelles. Alekos est mort assassiné à 36 ans au terme d'une dernière course-poursuite en voiture dans les rues d'Athènes pour échapper aux tueurs du ministre de la Défense de la « démocratie » renaissante. Il vaut la peine de lire la notice [https://fr.wikipedia.org/wiki/Al%C3%A9xandros_Panago%C3%BAlis] que Wiki lui consacre, elle est plus éclairante.

 

Je vais m'y mettre dès que j'aurai un instant libre. Mais, dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, qu'en est-il de la chanson ?

 

En fait, dit Marco Valdo M.I., la chose semble lointaine et perdue das les brumes qui entourent le glissement de la Grèce vers l'abîme où sans doute, sa chute nous entraînera, nous aussi… Mais enfin, pour faire bref, Panagoulis fut salué comme un héros par les gens du peuple et c'est ce héros que Germano Bonaveri fait revivre dans le « ciel des héros » et revivant, Alekos interpelle les vivants d'à présent : Germano Bonaveri, le spectateur, quiconque vient l'écouter, toi, moi… Et c'est très beau, et c'est terrible. De plus, la chanson renvoie à un poème que Panagoulis avait écrit de manière prémonitoire et qui se terminait par cette phrase qui porte la chanson : « Quel froid ici / Dans le ciel des héros ! ». Je t'ai fait également une version française de ce poème : « Temps de colère ». Ainsi, Alekos – tout au long de la chanson – se plaint du froid… Mais comme les choses dans cette Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] n'ont pas fondamentalement changé ni por les Grecs, ni même pour ceux d'ici et d'ailleurs, il conclut : « Quel froid ici ? Ici, il fait plus doux que chez vous. »

 

Sans doute est-ce d'autant plus juste quand on voit ce qui se passe en Grèce à présent. À quel jeu de massacre, jouent les grands d'Europe ? On dirait qu'on plonge ce pays et sa population dans une ère glaciaire, de plus en plus froide et dont on ne voit pas la fin. Il faut absolument souligner tant qu'il en est encore temps que ce qui touche, ce qui frappe la population de la Grèce ne concerne pas seulement les Grecs. Car… la même folie s'étend subrepticement à l’ensemble de l'Europe – pur ne parler que d'elle. Marco Valdo M.I. mon ami, tu avais bien raison de dire : « REGARDEZ BIEN CE QU'ILS FONT AUX GRECS, CAR ILS VOUS LE FERONT DEMAIN » et moi, j'ajoute : « Quel froid ici ! » Alors reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde vampirique, étouffant, étrangleur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Quel froid ici

Dans le ciel des héros !


Dit entre nous,
Si je pouvais, je retournerais ;
Ici, il n'y a pas d'espoir
De réchauffer mes os.
Quel froid ici
Dans le ciel des héros !


Quel mal, on a !
Ne jamais oublier :
Ta liberté
Est de décider que tu peux.
Quel froid ici
Dans le ciel des héros !

 

Mots
Vides
Comme des tombes,
Bouches 
Crasseuses 
Comme des égouts
Ils encrassent
Comme la merde sur la rue.

Quel froid ici
Dans le ciel des héros !



Les cerfs-volant sont déjà tombés au vent,
Des tas de terre noire dans les mains
Inconscients et fous comme des enfants.
Reste auprès de moi jusqu'à demain
Et je te raconterai ce qui s'est passé,
Je te montrerai ce qui se passe même maintenant :
Des hommes incapables sans hésitation
Mettent en pièces la nation.


Quel froid ici
Dans le ciel des héros !


Quel froid ici
Dans le ciel des héros !


Quel froid ici ?
Ici, il fait plus doux que chez vous.

 


TEMPS DE COLÈRE 

 

Version française de la version italienne

TEMPO DI COLLERA ,

d'un poème d'Alekos Panagoulis

 

 


Vous, tombes qui marchent,
Insultes vivantes à la vie,
Assassins de votre pensée,
Mannequins anthropomorphes.

 

Vous qui enviez les bêtes,
Qui offensez l'idée de l'être,
Qui demandez refuge à l'ignorance,
Vous permettez à la Peur de vous servir de guide.

 

Vous qui vous avez oublié le Passé,
Qui voyez le Présent avec des yeux embués,
Qui n'avez pas d'intérêt pour le futur,
Qui respirez seulement pour mourir.


Vous qui avez des mains seulement pour applaudir
Et qui demain applaudirez
Plus fort que tout le monde comme toujours
Et comme hier, et comme aujourd'hui.

 

Sachez donc,
Excuses vivantes de toute tyrannie,
Que je hais les tyrans autant

Que j'ai nausée de vous.

 


Quel froid ici
Dans le ciel des héros !

 

 

 
 
ALEKOS
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Marco Valdo M.I.
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 19:00

On a soif !

 

 

Chanson française – On a soif ! – Grand Jojo – 1979

 

 

 

Quand j'étais à la Légion étrangère,

 

 

 

 

 

La voilà cette chanson dont je disais l'autre jour : «  Quant ... à ce petit refrain ironique et rageur, il trottait dans ma tête dès le départ, car c'est celui d'une chanson fort connue et appréciée dans nos régions. Il suffit que quelqu'un l'entame dans une soirée pour que tout le monde (ou presque) reprenne ce refrain : « Chef, un petit verre, on a soif ! » ; le titre de la chanson est d'ailleurs tout bêtement : « On a soif ! ». Je l’insérerai ici prochainement, car c'est aussi une chanson dite « du légionnaire ». Toute une histoire ! ».

 

Du point de vue du « légionnaire », c'est un peu comme pour le « Le Sergent Flagada [[45581]]», une fameuse mise en boîte.

 

Disons que la gloire de la Légion est assez malmenée. La critique sociétale du Grand Jojo prend toujours des biais étonnants, mais elle est assez efficace avec son air de deux airs, cet air de ne pas y toucher. On comprend aisément qu'il n'est pas pétrifié d'admiration pour la Légion ou toute autre institution militaire.

 

C'est comme pour la gloire de Jules César [[45586]], c'est en effet assez ravageur. J'ai comme l'impression qu'une fois qu'on a entendu le Grand Jojo, on ne voit plus les héros de la même façon ; on ne peut vraiment plus les prendre au sérieux. Oh, malheureux héros, oh pauvres légionnaires égarés dans les déserts… Oh, je sais, ça fait pas sérieux de se moquer comme ça, l'humour du grand Jojo est un peu particulier. Reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce monde trop plein de militaires, de guerres, de légionnaires et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 


Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite bière, on a soif !
On a soif !
On a soif !

Quand j'étais à la Légion étrangère,
Je traversais tous les jours le désert.
Le sable chaud, le soleil quelle misère !
J'aurais donné ma vie pour boire une bière.
Il n'y avait pas de vent, il n'y avait pas de courant d'air ;
De soif, ma langue pendait jusque par terre.
Quand on avait le cafard, fallait le faire,
On chantait la chanson des légionnaires.

Chef, un petit verre, on a soif !
Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite bière, on a soif !
On a soif !
On a soif !

Un jour, je suis tombé en panne de super ;
Il n'y avait plus d'essence dans mon dromadaire.
Soudain devant moi, j'ai vu un Berbère
C'était Ali…Baba la bonne affaire.
Il m'a dit : j'ai des montres en toc pas chères, 
Des babouches, des cravates, de l'huile solaire,
Un collier en plastique pour ta moukère,
Il avait de tout, de tout sauf de la bière.

Chef, un petit verre, on a soif !
Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite bière, on a soif !
on a soif ! !
on a soif ! !

Après avoir marché pendant six mois,
Le gosier sec, je vous jure, ce n'est pas la joie.
J'étais à la recherche de l'autoroute
Qui allait droit, tout droit sur Knokke-le-Zoute.
Un chauffeur de camion passant par-là
M'a embarqué avec tout mon barda.
En route, on s'est arrêté plusieurs fois 
Pour boire un verre, les routiers sont sympas.

Chef, un petit verre, on a soif !
Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite bière, on a soif !
On a soif !
On a soif ! 

On a soif !
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Marco Valdo M.I.
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 15:17

La Guerre de l'Eau

 

 

Chanson française – La Guerre de l'Eau – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

 

L'Iran et la Californie se dessèchent déjà...
Lac Amoun en Iran

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, en ces temps de grandes migrations – quelles qu'en soient les raisons, elles sont toujours une fuite devant un danger ; un repli stratégique, dirait le militaire ; une tentative de trouver un lieu où il est possible de vivre à peu près correctement… Donc, en ces temps de migrations, qui bouleversent l'ordre établi chez les « assis » de ce monde et même parfois les consciences, on n'entend parler que de barrages et d'endiguements. Comme si on pouvait arrêter la pluie.

 

 

On le peut, ça s'est déjà vu… dit Lucien l'âne, un peu interloqué tout de même. En usant d'un parapluie ou en mettant un toit. C'est assez efficace…

 

 

Je ne l'ignore pas, mais un parapluie ou un toit de la taille d'un continent, ça me paraît difficile à mettre en œuvre. Ce que je voulais dire avec ces métaphores aquatiques, c'est l'eau nous réserve de drôles de surprises. Et ceci m'amène à te dire que cette chanson n'est pas tombée du ciel, mais qu'elle est sortie tout droit d'un article d'un « professeur émérite de l'Institut des Hautes Études Internationales de Genève » – Mohammad-Reza Djalili, paru aujourd'hui dans le quotidien suisse Le Temps, relayant les propos d'un ex-ministre iranien de l’Agriculture, Issa Kalantari, article dont le titre est tout un cri d'alarme : « La grande catastrophe iranienne, c'est maintenant » (http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c9c82442-4f35-11e5-81d9-3af08ac280c8/La_grande_catastrophe_iranienne_cest_maintenant), dont je te cite une phrase d'introduction : « lacs et cours d'eau sont asséchés et les deux tiers de la population pourraient être contraints d'émigrer... », sachant que l'Iran a environ 80.000.000 habitants, soit environ 55.000.000 d'émigrés potentiels pour le seul Iran… Dans le désordre, comme autres lieux problématiques, je citerais la Californie, la mer d'Aral, la Mer Rouge, le Sahel….

 

 

Tout un Kalahari, dit Lucien l'âne. Puisque le terme Kalahari dérive de Kgalagadi, qui signifie « grande soif » en langue tswana (de « keir », « grande soif »), ou du mot « Khalagari », « Kgalagadi » ou « Kalagare », signifiant « lieu sans eau ».

 

 

En effet, et quand on voit déjà ce que quelques centaines de milliers de migrants provoquent comme panique et bouleversement en Europe actuellement… Bref, on n'est qu'au début des surprises écologiques et humaines. Le ministre iranien, parlant de l'Iran, dit : « Ce que nous faisons avec les nappes phréatiques de notre pays prépare un génocide ». Par ailleurs, on annonce la fonte des pôles, des glaciers, la disparition des lacs… Voilà pourquoi j'ai fait cette chanson, juste pour parler de ça. Quant à sa genèse et à ce petit refrain ironique et rageur, il trottait dans ma tête dès le départ, car c'est celui d'une chanson fort connue et appréciée dans nos régions. Il suffit que quelqu'un l'entame dans une soirée pour que tout le monde (ou presque) reprenne ce refrain : « Chef, un petit verre, on a soif ! » ; le titre de la chanson est d'ailleurs tout bêtement : « On a soif ! ». Je l’insérerai ici prochainement, car c'est aussi une chanson dite « du légionnaire ». Toute une histoire !

 

 

Oh, je la connais bien cette chanson ; elle m'a tellement cassé les oreilles… Mais enfin, à y réfléchir, j'attends avec intérêt tes commentaires lors de sa prochaine insertion. Pour le reste, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde dispendieux, dipsomane, disparate, disgracieux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Après avoir marché pendant des mois,

Le jour, la nuit, par le chaud, par le froid.

Pendant des jours, on ne mangeait pas.
L'émigration, c'est dur, ce n'est pas la joie.

Passer les montagnes, les rivières, les déserts,

Franchir les mers, les murs, les frontières ;

Fuir toujours, s'incliner et se taire
Tout accepter pour échapper à l'enfer.

 

Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite guerre, on a soif !
On a soif !
On a soif !

On est des milliards sur la Terre.
On boit de l'eau, du vin, même de la bière.

Certains survivent dans les déserts,

D'autres vivent au bord de la mer.

Il y a les pluies, les tempêtes, les tremblements de terre.

Des sécheresses, des éruptions solaires,

Mille catastrophes se préparent dans l'air.

Quand il n'y aura plus d'eau, ce sera la guerre.

 

Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite guerre, on a soif !
On a soif !
On a soif !


Déjà, les gens à cause des guerres

Des religions, des persécutions sectaires

Émigrent en masse vers les pays d'outre-mer

Certains même vont à l'autre bout de la Terre.

Quand tout le monde sera au même endroit,

On sera fort à l'étroit !

Qu'on accueille ou pas, le flot ne s'arrête pas.

Aucune force n'y suffira !

 

Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite guerre, on a soif !

Encore une guerre, on a soif !
On a soif !

 

L'Iran et la Californie se dessèchent déjà,

Le Kalahari, le Gobi, le Sahara s'étendent à grands pas.

Quand il n'y aura plus d'eau, pour les gens de là

Ce sera mort ou l'exil, il n'y aura pas d'autre choix !

Les pôles, les glaciers, les Alpes, l'Himalaya

Fondent et s'assèchent tous à la fois.

Le vrai désastre n'est pas encore là.

C'est pour demain, quand l'eau se tarira.

 

Chef, un petit verre, on a soif ! 

Une petite guerre, on a soif !

Encore une guerre, on a soif !
On a soif !

 

Pour d'autres, l'eau montera.

Et ce sera le même effroi.

Des villes et des régions entières

Finiront sous la mer.

Barrages, étiers, marais, rivières

Mais pour que ça n'arrive pas,

On bloquera les frontières, les détroits.

Rien n'y fera, la grande vague déferlera.

 

Chef, un petit verre, on a soif !
Une petite guerre, on a soif !

Encore une guerre, on a soif !
On a soif !

 

La Guerre de l'Eau
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Marco Valdo M.I.
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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 20:30

GUERRE À LA BOURGEOISIE

 

Version française – GUERRE À LA BOURGEOISIE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson argentine (espagnol) – Guerra a la burguesía – Anonimo – 1901


de « Los Anarquistas - Marchas y canciónes de lucha de los obreros anarquistas argentinos (1904 - ‎‎1936) » [« Les Anarchistes – Marches et chansons de lutte des ouvriers anarchistes argentins (1904-1936) ], édition d' Osvaldo Bayer, interprétation Virgilio Expósito (1972)

 

 

 

TANGO ANARCHISTE EN ARGENTINE

 

 

 

 

Le tango a aussi eu ses tonalités anarchistes et il était chanté dans les pique-niques typiques que les anarchistes faisaient dans l'île Maciel, un quartier du Dock Sud (El Docke) de Avellaneda, zone sud du Grand Buenos ‎Aires (Osvaldo Bayer)

 

 

 

Guerre aux bourgeois sans distinction de couleur 

Qui boivent le sang humain du pauvre travailleur. 

Dans le temps où les uns survivent à force de travailler 

Les autres passent leur vie à se promener

Sans cesse, 

Les autres passent leur vie à se promener

Sans cesse.

 

C'est un devoir, 
Juste et loyal 
Le peuple se bat pour son existence. 
C'est un devoir, 
Juste et loyal 
Le peuple se bat pour son existence. 

Ceux qui travaillent le plus,voyez
N'ont rien ni de quoi manger 
Et ceux-là qui ne font rien
Jouissent sans frein.


Puisque ce grand rival 
Vous prive du droit à la vie 
Ouvriers, prenez conscience ! 
Et guerre au Dieu Capital, 
Ouvriers, prenez conscience ! 
Et guerre au Dieu Capital.

 

 

 
GUERRE À LA BOURGEOISIE
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Marco Valdo M.I.
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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 10:38

ARGENTINE

Version française – ARGENTINE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Argentina – Francesco Guccini – 1983

 

 

L'Argentine, l'Argentine, quelle tension ! Cette Croix du Sud dans le ciel limpide,

L'inversion ambiguë d’Orion et l'horizon à l'air dépravé.

 

 

Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson de Francesco Guccini qui raconte l'Argentine. Enfin, une certaine Argentine ou une chanson qui raconte une histoire où il est question de l'Argentine. En soi, le récit d'une émigration exotique, d'un voyage au bout du monde donnerait déjà à la chanson toute son importance et sa place ici-même.

 

 

En effet, il y a une longue, forte et nombreuse tradition d’émigration italienne vers l'Argentine. J'ai entendu dire qu'on estime actuellement qu'environ la moitié de la population argentine aurait une ascendance italienne.

 

 

En écoutant la chanson, on ressent cette prégnance, cette liaison transhistorique et transgéographique. Mais si je t'ai dit cela, c'est pour parler d'autre chose à propos de l'Argentine et ce que je voudrais souligner tient au moment où Francesco Guccini crée cette chanson. C'était en 1983 et cela n'est pas sans signification.

 

 

Et alors ?, dit Lucien l'âne. J'imagine que cette année-là a une certaine importance. Je me souviens qu'à la suite d'une stupide guerre à propos d'îles perdues dans l'océan – très exactement Les Malouines, que tu évoquas dans une chanson [[42641]], la dictature militaire en place depuis des années en Argentine s'est effondrée. Est-ce bien de cela que tu voulais parler ?

 

 

Exactement. Une dictature instaurée quelques années auparavant par un putsch militaire imbibé de l'idéologie « national-catholique », qui entendait sauver la civilisation chrétienne. Quelque chose qui ressemble ce qu'on a connu aussi ici en Europe. Sur le continent européen, ces dérives étaient le franquisme en Espagne, le salazarisme au Portugal, le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne, l'hortisme en Hongrie… Mais, c'est de l'histoire ancienne, pensent certains ; on ne saurait le nier ; cependant, il y a actuellement ici et maintenant une recrudescence de cette idéologie national-quelque chose et aussi, d'une résurgence des « racines chrétiennes » qui ne sent décidément pas bon.

 

 

J'ai entendu dire cela aussi et il suffit de lire la presse pour se rendre compte que ce n'est pas faux. Il y a dans l'air comme un recul de civilisation, une montée de conservatisme et de réaction religieuse qui ne présage rien de bon. Mais ce n'est pas le sujet, je pense, de cette chanson. Revenons à l'Argentine et à cette période autour de 1980.

 

 

J'y viens. J'y viens. L'Argentine n'était pas la seule dictature de l'époque en Amérique du Sud ; elle la dernière en date des dictatures du « Cône Sud », mises en place et soutenues par les États-Unis, à savoir : Chili, Bolivie, Uruguay, Brésil. En ce temps-là, il y avait là-bas comme une stratégie internationale tendant à empêcher une trop grande distanciation des États du Sud par rapport à la domination politique et économique du Nord. J'arrête là ces considérations géopolitiques et s'agissant de l'Argentine, j'en reviens aux 30.000 morts et disparus et aux millions d'exilés qu'avait faits ce « Proceso de Reorganización Nacional » (Processus de Réorganisation Nationale), nom officiel que se donnait ce régime, celui-là-même où naquit le Mouvement des Mères de la Place de Mai [[1097]].

 

 

Ainsi la chanson, quand elle n'est pas pure vacuité, se construit sur un fond de réalité, un arrière-plan historique, ce que tu avais déjà noté en présentant sur fond des accords de Munich, l'incroyable « Tout va très bien, Madame la Marquise » [[43266]].

 

 

 

Un dernier commentaire, si tu veux bien, Lucien l'âne mon ami. J'y tiens, car je crains qu'on ne sous-estime certain danger argentin. Je m'explique. Au moment où Francesco Guccini inventa cette chanson, il ne pouvait évidemment savoir que ce pays lointain où fleurissait le « national-catholicisme » porterait aux commandes de l'Église catholique un chef (un autre Francesco), lui-même tout imprégné de cette idéologie aux racines profondément enfoncées dans le terreau catholique des siècles coloniaux de la Grande Espagne, fille de la Reconquista, de l'Empire, de l'Inquisition et de la Compagnie de Jésus.

 

Raison de plus pour que nous reprenions rapidement notre tâche et que nous tissions le linceul de ce vieux monde malade du déisme, trop religieux, croyant, crédule et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Le train, ah, un train est toujours si banal

Quand ce n'est pas un train de la prairie

Ou un Orient Express spécial,

Locomotive de fantaisie.

L'avion, ah, l'avion est par contre aluminium de lumière,

L'avion, c'est véritablement un saut par-dessus le grand fossé,

L'avion, c'est toujours, le Baron Rouge, The Spirit of Saint Louis.

Alors vient l'envie de voler qui fait crier dans un jour épuisé,

Dès qu'on voit un gros porteur décoller et s’élever à l'infini.


Et alors, pourquoi ne pas aller en Argentine ?

Lâcher tout et aller en Argentine,

Pour voir comment est faite l'Argentine…


Le taxi, ah, le chauffeur de taxi

Pas un instant ne perdit

Pour nous dire qu'il était un pur Italien,

Gaucho de Sondrio ou de Varese, caricature d'émigrant, enlisé au loin.

Ensuite, ces rues d'autos et ces personnes des années 50 déjà vues,

Plongée dans une vie retrouvée, vraie et vécue,

C'est comme entrer au hasard sous un portail de fraîcheur, escalier et odeurs habituels,

Poser la veste, prendre le petit déjeuner et se retrouver parmi les jours et des visages pareils.

Car moi, j'ai déjà vécu en Argentine, 
Qui sait comment je m'appelais en Argentine
Et quelle vie j'avais en Argentine ?


Puis un jour, dessinant un labyrinthe de pas sur ces pavés étrangers
On s'aperçoit avec la force de l'instinct que ce ne sont pas les siens et qu'on ne leur appartient pas,
Tout par contre démontre ce peu qui nous est donné à vivre.
L'Argentine est seulement l'expression d'une équation sans résultat,
Comme les lieux où on ne vivra pas, comme les gens qu'on ne rencontrera pas,
Tous ces gens qui ne nous aimeront pas, ce que nous ne faisons pas et nous ne ferons pas,
Même si on prend toujours des choses, même si on laisse quelque chose en route,
On ne sait si elle est graine qui donne des fleurs ou poussière qui vole d'un souffle. 

L'Argentine, l'Argentine, quelle tension ! Cette Croix du Sud dans le ciel limpide,
L'inversion ambiguë d’Orion et l'horizon à l'air dépravé.
Mais quand pénètre cette nostalgie qu'on prend parfois pour l'improbable
C'est la nuit, ah, la nuit, et tout est parti, éloigné.
Ce qui attend est une aube pareille à celle qui s'offre à la vue,
La même que dans le ciel boréal, l'aube douce qui console.

Et alors, comme tout est pareil en Argentine ! 
Ou bien, qui sait comme est faite l'Argentine,
Et alors… « Don't cry for me, Argentine »…

 

 
ARGENTINE
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Marco Valdo M.I.
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 11:00

L'ÂME SLAVE

 

Chanson française – Boris Vian - 1954

Musique : Jimmy Walter (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jimmy_Walter_%28musicien%29)

 

Diverses interprétations :

 

 

 

 


ÂMES SLAVES

 

 

 

 

 

 

Il te souviendra que récemment, j'avais annoncé plusieurs chansons surprises où il est question de l'âme. C'en est une et non des moindres. Comme on le voit, elle s'intitule : L'Âme slave, tout un programme, mais c'est aussi une chanson de résistance face à la bêtise ambiante. Ce qui ne gâte rien : elle de Boris Vian. Par parenthèse, Boris Vian mourra à la fin des années 50, au cinéma d'un arrêt cardiaque. Il souffrait depuis l'enfance d'une insuffisance cardiaque, due, je cite : « À douze ans, à la suite d'une angine infectieuse, Boris souffre de rhumatismes articulaires aigus, qui provoquent une insuffisance aortique... » et comme tu le sais, c'est pareil pour moi… D'ailleurs, j'évite les cinémas...

 

 

Rien qu'à l'idée d'une chanson de Vian, on peut déjà être joyeux comme un boucher de la Villette [[329]]. C'est en tous cas mon cas. Mais bien évidemment, je la connais et depuis longtemps. Cependant, je pense bien qu'elle mérite deux ou trois explications. Tu devrais t'y atteler.

 

 

En effet, et je vais le faire illico. Tu sais, Lucien l'âne mon ami, qu'il y eut un temps où même ici en Europe dite de l'Ouest, il ne faisait pas bon de ne pas hurler avec les loups du maccarthysme local. C'était un moment d'Europe où le simple fait d'être pacifiste, anti-nucléaire, contre l'OTAN… était très mal vu, très très mal vu. Il y avait là Toute une Histoire [https://fr.wikipedia.org/wiki/Toute_une_histoire_%28roman%29], comme l'illustrait Günter Grass dans un roman consacré à la réunification des deux Allemagnes – ou plutôt à la colonisation de l'ex-RDA par l'ex-RFA [[45026]], roman-clé quand on veut comprendre la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches font aux pauvres afin de les exploiter plus encore et à cette histoire de mur à deux côtés [[7911]]. Pour le reste ce qui a été fait aux Ossies, expérimenté sur les Ossies, est en train d'être pratiqué en Grèce et sera étendu en d'autres régions ultérieurement ; d'ailleurs, c'est déjà en cours. Donc, REGARDEZ BIEN CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN !

 

 

Pour en revenir à l'ambiance des années 50 et 60, Marco Valdo M.I. mon ami, il suffit actuellement de dénoncer les extensions de l'amibe allemande, l'engluement progressif de toute l'Europe, la poursuite systématique du grand rêve d'Otto, de mettre en cause l'ottisme [[50276]] pour passer pour un mauvais sujet, un suspect et demain, que sais-je encore ?

 

 

On verra, mais il est de ces interties… Donc, c'est bien dans une ambiance de suspicion, de racisme qu'il faut situer la création de cette chanson. Il fallait quand même que Vian fût l'objet d'une persécution rampante pour qu'il soit amené à écrire une pareille chanson, bourrée d'acide comique et de sels d'ironie, qui dénonce cette forme de racisme – comme s'il existait une âme slave, une race slave ou germaine ou caucasienne ou juive, ou, ou, ou... pourquoi pas noire ou jaune ou rouge… ? Ou comme chez Lucky Luke, celle des Gros Nez qui s'opposerait à celle des Longues Oreilles… Ou celle des cheveux roux, des blonds, des noirs, des bruns, des chauves… Bref, il ne faisait pas bon de se prénommer Boris ; ça vous cataloguait son homme en moins de deux. Quant à Vian, francisation de l'italien Viana, on avait vite fait de le croire Vianov, Vianowsky, Vianine, Vianeff… Que sais-je encore ?

 

Je te propose : Vianek, Vianouk, Vianka, Vianorel,… Bref, à l'époque, comme aujourd'hui, le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est raciste, on est raciste [[44710]]. Une étrange maladie, soit dit en passant. Maintenant, voyons la chanson et reprenons notre tâche : tissons le linceul de ce vieux monde raciste, stupide, anthropophobe et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

L'air slave,
J'ai l'air slave.
Je suis né à Ville d'Avray.
Mes parents étaient bien français.
Ma mère s'appelait Jeanne et mon père Victor,
Mais je m'appelle Igor.
Mon prénom n'évoque
Pas le Languedoc ;
Plutôt moscovite,
Il est explicite.
Quand on m'imagine,
On voit un barine
Qui s'apprête à boire
À son samovar.

L'air slave,
J'ai l'air slave.
Et ça me poursuit depuis tellement longtemps
Que je suis devenu slave malgré moi et sans
M'en apercevoir.


L'âme slave,
J'ai l'âme slave.
Je n'ai jamais été plus loin que la barrière de Pantin.
Tout ce que j'ai de russe en moi, c'est le prénom,
Mais ça suffit bien !


A force d'entendre,
Tous les gens me prendre
Pour un Russe authentique,
J'en ai tous les tics.
Je vis de zakouskis,
Je bouffe des pirojkis,
Je bois de la vodka
Au milieu des repas.


L'âme slave,
J'ai l'âme slave.
Je suis tellement influencé par mon prénom
Qu'à toutes les fenêtres de la maison,

Je viens de faire
Mettre des rideaux de fer,
Mais je les laisse ouverts...


J'ai l'âme slave...

 

 
L'ÂME SLAVE
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Marco Valdo M.I.
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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 21:41

BOLOGNE


Version française – BOLOGNE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Bologna – Francesco Guccini – 1980

 

 

 

Bologne, pour moi provincial, un petit Paris débonnaire:

Marchés en plein air, bistrots, une odeur de « rive gauche »

 

Francesco Guccini, Bologne et le 2 Août, ce train manqué il y a 35 ans pour un concert annulé sans préavis. Et encore, la déception d'aujourd'hui : « Je ne crois pas on arrivera à la vérité ».

(Francesco Guccini interviewé par Ilaria Venturi, La Repubblica del 3 agosto 2015)

 

 

Tout en ayant raconté Bologne nombre de fois et de moult façons, vous n'avez jamais voulu écrire à propos du massacre du Deux août pourquoi ?

 

«Au débotté, il était impossible de le faire. Et même après, cela m'a toujours été difficile, le risque était de tomber dans la rhétorique. Et je ne voulais pas le courir. Mais j'ai inséré un vers dans la chanson Bologne ».

 

Une chanson sortie presque immédiatement après le massacre

 

"Bologna capace d'amore, capace di morte: quella mattina è tutta in questa frase".Ce matin-là, vous deviez prendre un train à Bologne.

« J'avais eu un concert à Imola le premier d'août. Le jour après je devais rentrer. Une extinction de voix m'empêcha de jouer. Mais le fait n'est pas que j'aie échappé au massacre ; de toute façon, le 2 août, je ne serais pas parti le matin, peut-être plus tard ».

Que vous rappelez-vous ?


« À peine se répandit la nouvelle, je pensai mon frère qui travaillait à la Poste de la gare. Il réussit à nous appeler, il était bien ».


Mais Bologne plus n'a plus été la même ?


« La ville a changé, mais pas seulement pour la bombe. » Les membres de la famille des victimes réclament au gouvernement les promesses jusqu'à aujourd'hui manquées. « Je signerai leur pétition »

Et on n'a pas encore trouvé les mandants. Arrivera-t-on jamais à la vérité ?


« Je ne crois pas, comme pour tant d'autres massacres en Italie. Je pense à Ustica ou à la place de la Loggia, dont la sentence de condamnation est sortie maintenant, 41 ans après ».



Pessimiste ?

 

« Un petit peu peut-être oui. Mais de toute façon, il ne faut pas accepter l'oubli. Le 2 août a été une grande blessure. Impossible à oublier ».

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, je suppose que tu connais cette bonne ville de Bologne là-bas en Italie coincée entre le Pô et les Apennins au cœur de l'Émilie-Romagne.

 

Certes, Marco Valdo M.I., mon ami et j'y suis même passé de nombreuses fois au cours des siècles de pérégrination que j'ai vécus depuis bien avant le temps où Apulée raconta mon histoire métamorphique. Encore que là comme pour d'autres, c'est pure affabulation. La seule certitude est que je suis là pour te parler…

 

Ho, ho, arrête là sinon nous n'en sortirons pas aujourd’hui – déjà qu'on est en retard. Mais s'agissant de Bologne, te souviens-tu de ce qui l'a marquée le 2 août 1980, te souviens-tu de la gare éventrée, de tous ces morts, tous ces blessés.  

 

C'était un jour d'été…

 

Eh bien, on n'a toujours pas trouvé les « mandants », c'est-à-dire ceux qui avaient conçu et ordonné cet attentat. Bologne… Une grande ville, une ville ancienne qui longtemps vécu des campagnes… On y reviendra. Ce qui est le début de la chanson.

 

Et puis…, dit Lucien l'âne tout ouïe, redressant les oreilles en signe de profonde attention…

 

C'est aussi une chanson, l'air de rien, une chanson contre l'oubli et nettement une de ces chansons de paix dont nous avons tous deux conclu qu'elles étaient les plus véridiques chansons contre la guerre… C'est plus vrai encore su le long terme car elles persistent à vouloir la vie meilleure et à la chanter.

 

Chanter la ville, chanter la vie, raconter les gens, ne pas laisser tomber les rideaux de l'oubli sur les crimes politiques, sur ces actes de guerre aux civils qui sont des épisodes violents et crapuleux de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin – par la peur – de leur faire accepter leur domination sans regimber, afin d'assurer de cette honteuse manière leur pouvoir, leurs privilèges, leurs richesses, leurs profits et leurs systèmes d'exploitation.

 

Francesco Guccini passa sa jeunesse à Bologne et il en a gardé la nostalgie de cette Bologne parisienne rêvée. Car, mais peut-être le sais-tu, c'est une question d’époque, Paris fut un temps un miroir aux alouettes de tout ce qui se voulait artiste… ou voulait vivre ou singer la vie d'artiste. On vivait à Bologne (et Guccini aussi) comme si c'était Paris, on vivait la bohème à Bologne songeant aux années (disons entre 1945 et 1960) où sur la rive gauche de la Seine s'agitait un petit monde qui créait, créait notamment de la chanson française. Après le « Ach, Paris ! Petites demoiselles... », il y eut une époque où un chanteur danois décrivait un Paris bohème de carte postale, une peinture naïve (faussement) telle que pouvaient en faire les besogneux peintres montmartrois. Mais stop. On n'est pas là pour faire une conférence ou un cours… Quoique Guccini, comme poète contemporain, y a passé son existence d’enseignant. Mais restop. Juste deux mots, deux phrases… Enfin encore quelques réflexions pour le plaisir…

 

À quoi tu penses encore ?, hoquette Lucien en riant à pleine gorge.

 

Et bien voilà… On dit qu'Alphonse Allais faisait dire au Captain Cap : « Il faut bâtir les villes à la campagne » ; excellente idée, mais n'aurait-elle pas germé plutôt et plus tôt dans le cerveau de Monnier, à moins d'attribuer cette génialité vague à Pierre Leroux, qui dès 1848, dans Le Pamphlet provisoire illustré émettait la considération suivante : « Mais, mon bon monsieur Cabet, puisque vous aimez tant la paix des champs, il faut bâtir les villes à la campagne. » Ceci en français, mais sans doute trouve-t-on des réflexions similaires dans d'autres langues et d'ailleurs, dès la plus haute Antiquité s'était-on aperçu de la chose. Et de fait, c'est le cas de Bologne, qui selon Guccini fut d'abord une campagnarde : « Bologne est une riche dame qui fut paysanne... »

 

De fait et on en termine ici, moi qui ai tant pérégriné, j'ai vu bien des campagnes se transformer en villes.

 

Juste encore une dernière remarque à ce sujet. Carlo Levi disait dans Peur de la Liberté : « Les villes croissent par des proliférations périphériques, comme les organismes unicellulaires, se propagent par les campagnes comme un liquide informe. »

 

Bonne définition du phénomène de l'urbanisation du monde. On connaîtra peut-être un jour le phénomène inverse… Il faudra d'ailleurs bien si l'on veut garder un peu d'air et continuer à exister. En attendant, tissons le linceul de ce vieux monde aux villes tentaculaires, pauvre Terrien menacé d'asphyxie, écrasé sous le poids des choses multipliés et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 


Bologne est une vieille dame aux flancs un peu molsLe sein sur la plaine du Pô et le cul sur les cols,
Bologne arrogante et papale, Bologne la rouge et foetale,
Bologne la grass
e et l'humaine déjà un peu Romagne, au parfum de Toscane…


Bologne, pour moi provincial, un petit Paris débonnaire:
Marchés en plein air, bistrots, une odeur de « rive gauche »
Sartre pontifiait, Baudelaire chantait sous l'absinthe
Et moi, vulgaire Modenais, à transpirer d'amour, fut-il ancillaire.


Et pourtant quelle Bohême confortable passée entre maison et tavernes
Quand chaque verre bouleverse les philosophies…
Oh combien nous étions poétiques, mais sans pudeur et sans peur
Et les vieux poivrots semblaient être littérature…
Oh combien nous étions tous artistiques, mais sans honte ou sans pudeur 
Bercés entre les cuisses monumentales de maman Bologne…

Bologne est une femme d'Émilie aux pommettes fortes,
Bologne capable d'amour, capable de mort,
Qui sait ce qui compte et qui vaut, qui connaît le goût,
Qui calcule le juste, la vie et qui même frappée, sait tenir debout…

Bologne est une riche dame qui fut paysanne :
Bien-être, villas, bijoux… et salamis en vitrine,
Qui sait que l'odeur de misère à éliminer est chose sérieuse
Et veut se sentir sûre malgré ce qui lui tombe dessus, car elle est courageuse.


Tu gâches ton parfum de bien-être avec l'étrange binôme
Devant ton Santo Petronio, des morts pour des rêves
Et tes Bolonais, s'ils existent, y sont-ils encore ou se sont-ils perdus
Mêlés et liés à des milliers de mondes différents ?
Oh combien de paroles te chantent, ressassant les clichés des gens,
Chantant des chansons qui ne sont que du vent…


Bologne dame étrange, vulgaire matrone,
Bologne bonne enfant, « ribaude » Bologne, 
Bologne nombril de tout, tu me pousses à sangloter et à roter,
J'ai le regret de ce que tu m'as donné, qui est presque un souvenir, au parfum de passé…

 

 
BOLOGNE
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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 21:29

ÂME

 

Version française – ÂME – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Anima – Stefano Benni – 1991


Texte de Stefano Benni, du recueil “Ballate”
M
is en musique par Umberto Petrin, dans l'oeuvre collective “Baldanders” de 2004, et puis par Fausto Mesolella (dPiccola Orchestra Avion Traveldans son “Cantostefano”, album publié en 2015 entièrement consacré aux poèmes de Benni



 

J'ai vu une fois mon âme;

Elle était sortie de ma bouche

Telle la fumée d'une cigarette.

 

 

 

 

Deux mots à propos des chansons sur l'âme, dont on ne sait trop s'il s'agit d'une autre façon de nommer la conscience ou l'être concret de l'homme dans le calcul démographique ou un habitant d'un hameau, d'un village ou d'une ville ou alors d'un phénomène paranormal ou d'une joyeuse supercherie métaphysique.

 

 

En effet, Marco Valdo M.I. mon ami, de toute façon, personnellement, moi, je préfère l'âne à l'âme. Sauf pour le boudin, évidemment où le boudin d'âme me fait figure d'un aliment de régime, à recommander à toutes ces demoiselles en quête de maigritude. Quoique l'idée seule du boudin d'âne me révulse et tu comprends bien pourquoi. Quoi qu'il en soit du boudin, cette quasi-homonymie en l'âne et l'âme est d’ailleurs la base de la Déclaration Universelle des Droits de l'âne [[49337]].

 

 

Pour en revenir à l'âme et à ses chansons, je voudrais en profiter pour prochainement – sous la vigilante garde des administrateurs des CCG – ajouter deux chansons qui ont comme sujet l'âme et peut-être même d'autres encore. Mais, sans être cachottier, je n'en dirai pas plus. Ce sera une surprise.

 

 

Bon, dit Lucien l'âne un peu perplexe, nous expecterons. En attendant, reprenons notre tâche sempiternelle et tissons le linceul de ce vieux monde plein d'âmes de toutes sortes, un monde aux bourses tombantes, vieillissant encore, cachectique et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Âme
Sont-ce des temps pour parler de l'âme ?
Il n'y a plus de diables
Qui la réclament.
Ils préfèrent les titres
L'âme est passée de mode.


Âme
Si tu as mal à l'âme
Les antibiotiques ne servent à rien
La médecine rend l'âme.
Il n'y a pas de mécaniciens,
On ne répare pas l'âme.

 

Il y a des villages
Peuplés de peu d'âmes
Et il y a des villes
Peuplées de millions d'âmes
Qu'on ne voit pas.
On voit le trafic d'enfer
Et les files qui n'avancent pas.
L'âme se terre solitaire. 

Âme
J'ai vu une fois mon âme;
Elle était sortie de ma bouche
Telle la fumée d'une cigarette.
Elle me demanda si j'étais
Fatigué de ma vie.
J'ai dit : oui, mais
Je voudrais continuer à vivre.
Avec un haussement d'épaules
Elle retourna d'où elle venait.
L'âme est patiente.

 

Âme
Il y en a de belles
Dans des corps ridicules
Et des modèles, hommes et femmes
Avec des âmes horribles.
Et la boue d'âme prolifique
Empâte les politiques
L'âme est somnambule.


Il y a des villages
Sans âme
Et des pays où vivent
Par millions des âmes
Quand elles meurent,
Au ciel elles montent.
C'est un étonnant spectacle
Un engorgement cosmique
Et les journaux paniquent
Cent mille victimes.
Mais ce sont des âmes inutiles
Des populations lointaines
Mésopotamiennes ou africaines.
On pleure un instant à peine.
Puis, l'âme se lave
Et on tourne la page.  

 

 

 
 
ÂME
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