Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 00:15

LE NAVIRE

 

 

Version française – LE NAVIRE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – La Nave – Massimiliano D'Ambrosio

 

 

Avec deux sous d'espoir

On s'enivre au fond du ciel

À condition que le rêve ne reste pas

À vraiment nous stupéfier.

Entre la rive et ce navire

Il y a un degré de distance

Et la vie apparaît déjà

Dans toute son ignorance.

Fil blanc de chance

Elle apporte les graines dans la main

Et le sourire de la lune

Semble l'aile d'une mouette.

Il n'est pas de pire douleur

Qu'une bouche qui condamne

Et gâche nos heures

Sans qu'on sache quelle langue elle parle.

 

Ces branches entre les vagues

Ces taches de douleur,

Ces feuilles pendues aux rêves

Ces fleurs de charbon.

Ce chaud mouvement

Du sable entre les mains

Cette gorgée de lune,

Pour s'éveiller plus loin.

 

Et à présent, les lumières s'allument

On prépare le drapeau

Et le centre d'accueil

Se travestit en prison

L'accueil nous parfume

De l'odeur du gibet

Mais personne ne sait nous dire

Pour quel crime ou quelle faute.

Ensuite, ils rompront le pain

Dans leurs cathédrales,

Aux tours scellées

Par leurs croque-mort et leurs généraux.

Puis ils fermeront le cercle

Et jetteront à celui qui arrive

Sur la mer, il faut le savoir

Ne flotte pas l'espoir.

 

Ce navire lent

A besoin de splendeur

C'est pour ça que je ne ressens

Pas la moindre douleur

Et j'accepte l'exil

Je ne me vais pas volontiers

Dans un monde béni

Par les mains des banquiers.

Et le navire pointe au large

Sans plus de capitaine

Vous pensiez à un débarquement

Et par contre, nous nous en allons.

Par Marco Valdo M.I.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 21:11

TROIS QUARTS

 

 

Version française – TROIS QUARTS – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Tre quarti – Gianmaria Testa

 

L'album entier de Gianmaria Testa « De ce côté de la mer » mérite d'être signalé pour l'idée autour de la quelle il se développe : les soi-disant « clandestins » – mot odieux à bannir – et plus généralement, les migrations.

 

« De ce côté de la mer » est un « album-concept », prix Tenco 2007, entièrement dédié à un thème unique, Comme si tout l'album fut un roman et les chansons, les chapitres, qui toutes ensemble racontent une histoire.

Le thème, le fil rouge qui coud et tient ensemble toutes les chansons, est celui des migrations modernes. Une réflexion poétique, ouverte et sans démagogie sur les énormes mouvements de populations qui traversent nos années. Sur les raisons, dures, du départ, sur la décision, difficile, de traverser des déserts et des mers, sur la signification de mots Comme « terre » ou « patrie » et sur le sentiment de déracinement et d'amertume que le déplacé emmène toujours avec lui. Sous n'importe quelle latitude.

 

« Trois quarts » qui en soi pourrait être seulement une très belle chanson d'amour, de ton intimiste Comme en général chez Testa, "Je ne suis pas un hurleur" est sa déclaration-manifeste.

 

Loin de la rhétorique et de l'idéologie, c'est en réalité une chanson d'amour et de courage Comme la définit l'auteur lui-même. Elle raconte un amour hypothétique qui aurait pu éclore entre deux clandestins qui sont séparés une fois arrivés en Italie.

 

 

Je voulais prendre pour toi

La lune de l'après-midi.

Je voulais la prendre pour toi,

Car elle est seule comme est seul le courage.

Je voulais prendre pour toi,

La lumière du jour

Et je voulais que fût pour toi

Même l'attente qui devient retour...

Et je voulais prendre pour toi

La plus vraie de toutes les roses,

Je voulais la prendre pour toi

Comme toutes les choses...

Comme toutes les choses.

 

Je voulais prendre pour toi,

Une seule de tant de saisons,

Je voulais qu'elle fût pour toi

Pour toi seule et tous les autres dehors.

Et je voulais que fût pour toi

Même le dernier souffle suspendu.

Je voulais le prendre pour toi,

Ce feu qui est allumé...

Ce feu qui est allumé.

 

Je voulais te prendre pour toi

la lune de l'après-midi.

Je voulais la prendre pour toi,

Car elle est seule comme est seul le courage.

Et je voulais prendre pour toi

La plus vraie de toutes les roses,

Je voulais la prendre pour toi

Comme toutes les choses...

Comme toutes les choses...

Comme toutes les choses.

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Gian Maria Testa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 19:04

DEMAIN PEUT-ÊTRE

 

 

Version française – DEMAIN PEUT-ÊTRE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Forse qualcuno domani – Gianmaria Testa

 

L'album entier de Gianmaria Testa « De ce côté de la mer » mérite d'être signalé pour l'idée autour de la quelle il se développe : les soi-disant « clandestins » - mot odieux à bannir - et plus généralement, les migrations.

 

Demain peut-être quelqu'un oubliera

À la porte de maison une lumière

Oubliera

Allumée à la nuit, aussi allumée au jour qui arrive

Allumée à la nuit et inutile au jour qui passe

Une lumière est allumée pendant le jour seulement pour qui la regarde

 

Demain peut-être quelqu'un

Oubliera

À la porte de maison une voix

Oubliera

Qui parle à la nuit

Et parle aussi au jour qui arrive

Qui parle à la nuit

Et le jour qui passe perd de vue

Qu'une voix de jour s'éteint si personne ne répond

 

Demain peut-être quelqu'un

Oubliera

À la porte de maison son nom

Oubliera

Perdu à la nuit et perdu aussi au jour qui arrive

Perdu à la nuit et au jour qui passe et se consume

Car un nom est perdu pour toujours si personne ne l'appelle.

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Gian Maria Testa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 11:46

LA JUSTICE

 

 

Version française – LA JUSTICE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – LA-JUSTICE – Germano Bonaveri

Texte et musique : Germano Bonaveri.

 

 

 

Voici une chanson tirée de L'ORA DELL'OMBRA ROSSA... Elle s'intitule LA JUSTICE, y compris dans la version italienne...

 

Voilà qui est bien curieux, dit Lucien l'âne en secouant ses naseaux fumants dans ce matin d'hiver.

 

C'est curieux, en effet. J'ai moi-même été surpris au départ quand j'ai vu que les titres des onze chansons italiennes de Bonaveri étaient tous en français. Mais cette curiosité s'explique aisément, puisqu'il s'agit des personnages, des figures tirées du tarot de Marseille... Un des plus anciens tarots connus et tant que j'y suis, je te rappelle quoique tu doives en savoir mille fois plus que moi sur la divination, toi l'ensorcelé, je te rappelle donc que le tarot a deux usages : celui commun à tous les jeux de cartes... C'est-à-dire justement de jouer – lieu de loisir et de lien social ; et celui d'instrument de divination.

 

Évidemment que je sais tout cela. Tu me prends pour un homme ? J'ai quelques lumières sur la divination et la sorcellerie, sans compter que je connais aussi les mystères de l'antique Grèce, y ayant été initié quand l'Ionie était un des hauts lieux de la Grèce, d'où vinrent rien moins qu'Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Anaxagore, Pythagore et Thalès. Je te dis ça, car comme souvent déjà je te l'ai révélé, je les ai croisés et même, pour certains, véhiculés sur mon dos poilu. Mais que cela ne te retienne pas et continue donc à m'expliquer...

 

Donc, je disais, le tarot est instrument de divination et c'est dans ce rôle qu'il apparaît dans les chansons de Germano Bonaveri, tout comme il apparaît dans l'excellent livre d'Italo Calvino – auquel comme tu sais, d'étranges secrets me lient. Ce livre s'intitule « Il castello dei destini incrociati », « Le château des destins croisés ». Tout un livre bâti sur le tarot, tout un album construit sur le même tarot... Le tarot dit de Marseille, un des plus anciens connus... Voilà pourquoi les titres sont en français, même en italien. Mais cette chanson intitulée LA JUSTICE, comme on le verra, parle des rapports entre la Justice et le Pouvoir, situation des plus complexes et des plus ambiguës. Je te résume les deux positions : du point de vue du pouvoir, la Justice est une simple auxiliaire et si elle doit s'appliquer à tout le monde, elle ne peut s'appliquer au pouvoir lui-même, lequel se considère comme son maître.

 

En somme, dit Lucien l'âne, le pouvoir se considère hors d'atteinte de la Justice... et c'est bien ce qui se passe quand la Justice est serve.

 

Exactement. Quand la Justice est à la botte (n'y vois, je t'en prie aucune allusion...), le pouvoir ou son incarnation, dit à la Justice ce qu'elle peut faire, ce qu'elle doit faire et ce qu'elle ne peut pas faire, ce qu'elle doit ignorer... C'est là que la Justice devient aveugle. Quand on lui bande les yeux et plus encore, quand on les lui crève.

 

Et que se passe-t-il dans le cas contraire, quand la Justice relève la tête, retrouve sa dignité et fait ce pourquoi elle est là ?

 

C'est l'autre position évoquée plus... Quand la Justice ne soucie pas des injonctions du pouvoir, quand la Justice n'est pas serve, quand elle peut agir en toute conscience, en toute liberté de paroles et d'action... C'est la conclusion de notre chanson : « Dame Justice est revenue – Et l'empereur décapité. »... Enfin, je te renvoie à la chanson qui en dit bien plus que ça : elle parle d'équité, de révolution, de coup d'état, de dictature, de démocratie dévoyée... Bref, elle parle de notre quotidien...

 

Je vois, je vois, dit Lucien l'âne... La justice, quelle belle dame, quelle égérie... Il lui faudrait se débarrasser de ses chaînes en or et refuser d'appliquer la loi des riches, refuser de prendre leur parti dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres... Elle devrait refuser d'être leur servante et dire qu'il est injuste d'accumuler les choses, injuste de vouloir dominer les autres, injuste d'exploiter les gens, injuste de tirer des profits, injuste d'accaparer les biens communs... voilà aussi pourquoi j'aime bien cette chanson, et pourquoi, quand même, il nous faut tisser – comme les Canuts – le linceul de ce vieux monde inique, léonin, truqueur, injuste et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Le dimanche au marché

Arriva dramatique la notice

Qu'un commando masqué

Avait enlevé Dame Justice.

La foule estomaquée resta sans voix

Tandis qu'on l'emmenait,

Prisonnière d'un petit roi

Dame de compagnie au palais.

 

Les ploutocrates rapidement

Contrôlèrent l'information

Le résultat ne se fit pas attendre longtemps

Les pauvres gens tombèrent en confusion.

Les plus imbéciles se rassurant

Prirent le fait avec euphorie

Une dictature en rampant

Chassa la démocratie.

 

Dame Justice n'était pas un laideron

Elle fit de vertu nécessité

De son magnifique cul rond

Elle s'ouvrit les portes de la félicité.

Neuf mois après cette dévotion

Arrivèrent les fruits de ce bonheur.

Elle les baptisa Châtiment et Condamnation

Enfants illégitimes de la rancœur.

 

Belle Dame

Ayez confiance,

Car il viendra le temps

De la vengeance.

 

Plus par talent que par chance

Elle fut la favorite de l'Empereur

Maintenant elle est la Reine

Des putains de Sa Grandeur.

 

Elle garda Condamnation adolescente

Courtisée par les ruffians assassin

Châtiment qui s'impatiente

Les chasse comme des chiens.

 

Ce fut en ces instants interminables

Qu'elle décida d'agir avec diligence

Et ce fut une fille des invisibles

Qui dut exécuter la vengeance.

 

Un dimanche qui lui était propice

Elle se mit en route pour le marché

Le soir même, Dame Justice

Porta dans son giron son péché.

À la cour du Grand Sultan

Personne ne savait la vérité

À sa naissance, pourtant, il parut un peu étonnant

Qu'elle voulut l'appeler Équité.

 

Belle Dame

Il ne faut pas tarder

Le temps est venu

De retourner.

 

Tout se passa rapidement

Le coup d'État fut dénoncé

En présence de tous les gens

Le tyran fut condamné.

La sentence fut exemplaire

Équité témoigna de l'affaire

Il revint à Condamnation de fixer

Et donc, à Châtiment d'exécuter.

 

La nouvelle est parvenue

Sur la place du marché
Dame Justice est revenue

Et l'empereur décapité.

 

 

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Bonaveri Germano
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 20:42

POUR MIKIS THÉODORAKIS

 

 

Version française - POUR MIKIS THÉODORAKIS – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson allemande - Für Mikis Theodorakis - Franz-Josef Degenhardt – 1968

 

 

Pendant que Degenhardt écrivait et chantait cette chanson (insérée dans son album de 1968), Mikis Théodorakis – la personne à laquelle cette chanson était consacrée, était traînée d'un camp de concentration à un autre, de Leros à Oropòs. Les prévisions de Degenhardt se sont heureusement avérées exactes, mais … on en peut s'empêcher de penser que l'histoire pourrait bien se répéter. Et depuis peu, il n'y a plus Degenhardt pour le rappeler [RV]

 

Les voilà : les grands industriels et les grands propriétaires

Les généraux, les Popes et les chars ,

La troupe bien connue.

Encore une fois, ils veulent arrêter le temps

À Athènes, au Cap, à Bogota

À Berlin et à Quang Ngai.

Leurs froides mains de vieillards cherchent

Les cœurs chauds, Théodorakis,

Et toi tu sais, comme elles sont froides.

Et nous savons aussi, qu'elles sont trop froides

Qu'elles sont beaucoup trop vieilles, qu'elles seront mortes

Alors, quand notre jour commencera.

Ce jour-là,

Le soleil dansera.

Le jour rouge de la liberté à Athènes

Ce jour-là,

Nous danserons dans les rues

Et nous nous reverrons.

 

 

Les ennemis de ces parasites, ce sont

Tes amis. Ils sont innombrables

Et ils vivent partout.

Tout au long de leurs longues marches, tes chants sont

Le court repos dans une vallée rafraîchissante.

C'est pourquoi nos ennemis détestent les chants.

Ton nom tel une gifle

Frappe leurs oreilles véreuses

Et dans les abois de leurs voix,

Dans leurs yeux à la vue courte,

Gît l'angoisse de ce jour-là.

 

Ce jour-là,

Le soleil dansera.

Le jour rouge de la liberté à Athènes

Ce jour-là,

Nous danserons dans les rues

Et nous nous reverrons.

 

Et ils gèlent dans leurs maisons blanches,

Ces vieux vieillards. Leurs angoisses mille fois

Mille fois regardées.

Comme leur grand-père blanc

Ce tueur de peuple Johnson,

Ils n'éteignent plus jamais la lumière la nuit.

Alors, ils savent, que ceux qui attendent

Sont tout partout, le matin,

Ce sont des lève-tôt.

Voyez ! La nuit court déjà sur sa fin

Leur étoile s'éteint.

Le jour commence bientôt.

 

Ce jour-là,

Le soleil dansera.

Le jour rouge de la liberté à Athènes

Ce jour-là,

Nous danserons dans les rues

Et nous nous reverrons.

Par Marco Valdo M.I.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés