Jeudi 9 juillet 2009

LES ÉTOILES DANS LE FOSSÉ



Version française : Les étoiles dans le fossé – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Le stelle nel fosso – Mario Di Leo

 


Un matin sur les montagnes franchissant la frontière

Même pas un frisson, en pensant à la prison

C'était la voix du cœur que je devais suivre :

On ne laisse pas mourir des gens ainsi !”

 

Ces trois petits anges souffraient beaucoup

L'étoile cousue par mépris sur leur poitrine

J'ai caché dans une tanière cette femme

Avec ses trois petits attachés à sa jupe.

Serrés à bras entre la paille et l'épouvante,

Leurs cœurs affolés battaient la tourmente.

Un palais ne sert à rien à celui qu'on aime.

Un peu de place comble qui a de la peine.

Attendant l'aube pour passer la frontière

Laissant là les injures et les épines

L'étoile scélérate dans la boue d'un fossé,

À peine passée la barrière d'un pas.

Il vint une bande, et ils vinrent une centaine

Ils cassèrent tout, ils jetèrent tout au vent.

Muet comme un poisson, ma bouche cousue

par son silence insultait cette injuste blessure.

Je pris tant de coups de pieds et de poings

Une huile infâme massacra ma nuit.

Je pris les mains vides le chemin du retour

Hurlant de rage, aboyant

 

Ni la louche matraque ne put me faire parler

Ni la purge répugnante me faire trahir

Les marques restèrent, mais la torture passa

Passèrent les coups, je leur passai la peur

 

La faux de la lune soulignait leurs yeux

Elle céda le pas à l'aurore qui teinte d'or les pics.

Voici qu'est arrivée l'heure d'arracher

Les fausses étoiles pour les jeter au fossé.

Alors, baptisé d'un nouveau nom

Je saute toutes les barrières, je taille le barbelé

J'aide qui je peux à passer les frontières

Et je regarde les étoiles embourbées dans le fossé.

Car un cœur libre ne craint pas la prison

Il sait lutter de jour, il lutte encore la nuit

Toujours la tête haute, pas après pas,

En piétinant les étoiles perdues dans le fossé.

 

Et contre vous qui semez la mort

Vous qui avez ouvert les portes aux barbares

Avec vous “race damnée”, on ne pactise pas

La liberté ne se mendie pas, la liberté se prend.

Par Marco Valdo M.I.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 9 juillet 2009

LE PÈLERIN FLORENTIN.

Version française – Le Pèlerin florentin – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Fiorentin pell'Isdrael – Riccardo Scocciante – 2009

 

 


S'insérant de force dans le débat à propos de l'invasion de Gaza, d'Israël, du sionisme et du comportement plus ou moins démocratique des médias et des politiciens italiens, Riccardo Scocciante nous envoie une petite composition en florentin basée sur une chansonnette toscane appelée Pellegrin che viaggia a Roma. - Un Pèlerin qui va à Rome. Cette chansonnette raconte l'histoire d'un paysan lequel n'avait jamais quitté son village et voulait se rendre à Rome en grand pèlerinage, et imaginant Rome au bout du monde, avant de partir « fit le plein », mangeant cinq ou six plats de pain et de macaronis et un sac de châtaignes. Le résultat se fit sentir peu après sur le train. Dans sa version, Riccardino Scocciante imagine un Florentin qui, après avoir lu dans le journal « La Nazione » l'appel à participer à une manifestation de « soutien à Israël et à la démocratie », avant de monter sur l'autobus, se renseigna et se « remplit » des intéressantes publications d'Oriana Fallaci, de Magdi Allam et de Fiamma Nirenstein (nom qui en yiddish signifie « calcul rénal »). Le résultat .....[AWS/CCG Staff]



Mais , ajoute Marco Valdo M.I., le résultat en effet est assez croquignolet. C'est pas qu'on soit scatophile, mais cette aventure de ce jeune gars égaré, qui finit par prendre les bureaux d'un journal favorable au régime de Cheese Berlu pour un lieu d'aisance, est vraiment drôle. D'autant, ajoute à titre personnel Marco Valdo M.I., que ce journal à la Libération fut l'organe du CNL, c'est-à-dire de la Résistance et qu'il eut parmi ses directeurs Carlo Levi, qui fut un des grands résistants au régime de l'époque et pendant vingt ans; Carlo Levi dont j'ai le plaisir d'être un des traducteurs. Pour en revenir à la canzone de Scocciante, il y a là quelque chose d'assez dans la manière de Marx, Groucho évidemment. Qu'alliez-vous penser ? Ou alors, dans la meilleure veine d'un Hara Kiri Hebdo, qui fit les beaux jours de la presse française d'opinion et qui fut interdit pour cette raison qu'il dénonçait le régime gaullien et la presse lèche-bottes. À moins que l'ami Scocciante ne s'inspira d'Aristophane de son bousier, véhicule de paix ou de ses réflexions stercoraires dans une pièce à la dénomination incontestable dans ce site : La Paix.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.





Je vais vous raconter

L'évènement assez coquin

L'autre jour arrivé

à un pauvre Florentin.

 

Qui voulut aller manifester

Pour Israël. Comme la presse

Entre nichons, flics et fesses.
Et son journal l'y avaient incité.

 

Avant de partir, dès le matin

De monter dans le tram

Il lut cinq ou six bouquins

D'Oriana et Magdi Allam

Comme il lui fallait davantage

que ses six ou sept bouquins,

Il emporta en plus un ouvrage

De Fiamma Nirestin.

 

Quand il fut sur le tram,

Afin de se donner des idées

Il ouvrit les ouvrages de ces dames

Et se mit à les dévorer.

 

Tout d'un coup, son corps

Se mit à maronner.

Le pauvre malheureux

Ne sut plus quoi penser.

Dieu que je me sens mal,

Ohlala, je n'en peux plus !

Putain, arrêtez ce vicinal,

Je vais me chier dessus.

Alors, une grande puanteur

Submergea les passagers florentins

Qui pour chasser l'épouvantable odeur,

De tout ouvrir furent contraints.

 

Puis, comme Dieu le voulut

Devant la Nazione, qui l'aurait cru,

Ce pauvre gars, le feu au cul

Descendit comme un obus.


Tout en dégrafant sa braguette,

Il fonça comme un taureau

Mais au lieu des toilettes

Il entra dans un bureau.

Tandis que ce malheureux

Chiait avec délectation

Entra tout coléreux

Le chef de la rédaction.

« Espèce d'andouille idiote,

Tu es vraiment un veau

Au lieu d'aller aux chiottes

Tu chies dans mon bureau ! »

Alors le pauvre gars

À toutes jambes s'enfuit

En montrant son troulala

À toute la compagnie.

 

Et dans le bus, il cria tout éperdu :

« J'en ai marre de ce bordel

Manifester ainsi pour Israël

On ne m'y reprendra plus ! »

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Riccardo Scocciante
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 8 juillet 2009

Rêve de çà.

 

Chanson freudienne – Rêve de çà. - Marco Valdo M.I. – 2009




Une chanson freudienne, une chanson d'amour-haine révèle les rêves incendiaires qui traversent les nuits des prisonniers, ou des blessés, ou des enfermés... Car l'homme est l'homme et la femme, la femme. Et le sexe empêché par la porte revient par la fenêtre.

Rêves moites, rêves humides, rêves brûlants, rages subites envahissent les nuits torrides du solitaire qui n'est pas de bois. « Quand je pense à Fernande... », disait Tonton Georges. En somme, on se console comme on peut... Tout le monde ne peut pas être séminariste et se contenter d'une fleur entre les pages d'un missel...

Ah, dit Lucien l'âne, je comprends ce prisonnier-blessé. Il est seul. Son arbre pousse et le ciel est trop loin. Nous les ânes, on connaît bien çà. En ces moments de douleur, on brait, on brait et on appelle l'ânesse... La lune nous regarde et de son œil humecté, elle nous console et nous plaint.

Que celui qui n'a jamais ressenti les ardeurs de la nuit, jette la première pierre. Saint-Pierre et Sainte-Marie et Sainte-Marie-Madeleine, cette escort de l'antique pays du Jourdain, cette Bocca di Rosa di Palestina ou di Giudea, l'avaient très bien compris... et avaient soigné leur spleen de la meilleure façon.

À propos des derniers vers de cette canzone freudiane :
« Au nom de Saint-Pierre, je te prie
Perverse Sainte Marie
De dégager mon chant
Ou je te recogne encore
Et encore
Sainte-Marie au champ. »
il me faut te dire, mon cher Lucien, qu'il s'agit là des villages qui entourent Libramont, commune de l'Ardenne wallonne et qui se nomment respectivement : Sainte-Marie, Saint-Pierre, Recogne et Ochamps. Certains habitants se délectent beaucoup de cette circonstance où « Saint-Pierre recogne (en wallon, cougni ou cogner doit se traduire par le français « baiser »; recogne est seulement le redoublement de la chose) Sainte-Marie au champ ». Dès lors, en clair, Saint-Pierre saute Sainte-Marie deux fois dans la prairie et grand bien leur fasse.

L'humour populaire prend des allures touristiques... dit l'âne Lucien, rigolard.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

Tu es nue dans mes rêves
Tu me poursuis
Sans trêve
Au creux de mon lit
Ces rêves m’inondent de vice
Et la peur renforce mon supplice

La chose est simple, n'est-ce pas
Comprends-moi ou ne me comprends pas
Je veux encore faire çà
Tu vois, mais plus avec toi

Tu élèves la voix
Tu lèves tes bras
Et cette superbe odeur
Me soulève le cœur
Parmi les ombres de la nuit
Et tu m’ennuies

La chose est simple, n'est-ce pas
Comprends-moi ou ne me comprends pas
Je veux encore faire çà
Tu vois, mais plus avec toi

La vie est bien trop brève
Je t'en prie, sors de mes rêves
Faits de mondes insensés.
Laisse-moi simplement rêver
Cache ton disque d’argent
Et les replis de ton croissant.

La chose est simple, n'est-ce pas
Comprends-moi ou ne me comprends pas
Je veux encore faire çà
Tu vois, mais plus avec toi

A l’heure du hibou
Je reprends mes cailloux,
Je récupère mes poux
Garde tes poils, mon chou
Et tes bijoux,
Pour d’autres genoux

La chose est simple, n'est-ce pas
Comprends-moi ou ne me comprends pas
Je veux encore faire çà
Tu vois, mais plus avec toi

Je veux te voir éclater
Je veux te voir imploser
Avec deux trous rouges
À ton côté droit
Deux trous rouges
Où tremper mon doigt

La chose est simple, n'est-ce pas
Comprends-moi ou ne me comprends pas
Je veux encore faire çà
Tu vois, mais plus avec toi

Au bout de ma nuit,
Je tuerai l'ennui
Et je regarderai
Tes humeurs s'étaler
Sur la pelouse pelée
De tes lèvres gercées

La chose est simple, n'est-ce pas
Comprends-moi ou ne me comprends pas
Je veux encore faire çà
Tu vois, mais plus avec toi

Au nom de Saint-Pierre, je te prie
Perverse Sainte Marie
De dégager mon chant
Ou je te recogne encore
Et encore
Sainte-Marie au champ.

La chose est simple, n'est-ce pas
Comprends-moi ou ne me comprends pas
Je veux encore faire çà
Tu vois, mais plus avec toi.

 

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Marco Valdo M.I.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 8 juillet 2009

LA BALLADE DEL SOR MEDIOS

Version française – LA BALLADE DEL SOR MEDIOS – Marco Valdo M.I. – 2009 à partir de la version italienne de Riccardo Venturi - La Ballata del Sor Medios – 2007 de la chanson grecque « Η μπαλάντα του Kυρ-Μέντιου » - Nikos Xylouris / Νίκος Ξυλούρης


Kostas Varnalis (1883-1973), Grec de la diaspora (né à Burgas en Bulgarie où il vécut longtemps) est un des plus grands poètes de la Grèce moderne. Mais, bien que très cultivé, ce fut un poète populaire au sens le plus vrai du mot; un qui, comme Kavafis, faisait circuler ses poésies sur des feuillets imprimés à ses frais. (Note de Marco Valdo M.I. : aurait-il connu le site des Canzoni contro la Guerra, il aurait pu faire connaître ses poésies à bien des gens...). C'était aussi un de ces chanteurs qui arrivent à moduler leur langue d'une manière proprement vertigineuse, en se fondant sur les modes traditionnels les plus anciens; ce n'est pas par hasard qu'il traduisit en langue moderne Aristophane et Euripide (en plus de Molière et d'anciens poètes chinois). Ses poésies ont été définies comme « dionysiaques », en raison de leur sens musical frénétique, mais harmonique qui s'adapte si bien à la satire; et il fut poète satirique, mettant son art à la disposition du marxisme auquel il avait adhérer dès sa jeunesse.

LA BALLADE DEL SOR MEDIOS est présentée ici non seulement en raison du contenu antimilitariste d'une de ses strophes, mais aussi pour son contenu contre l'exploitation par le travail et celle d'un pauvre animal... C'est probablement sa poésie la plus célèbre... C'est une chanson qui parle d'un âne, le Sor Medios, autrement dit du travailleur exploité, de la bête de somme massacrée par le travail, frappée et moquée... Mais qui songe à la révolte, une révolte qu'il croit individualiser dans « le ciel rouge » qui a surgi « sur une autre mer et sur une autre terre ». C'est une référence claire à la Révolution d'Octobre. On a vite fait de ces temps-ci de … parler de faillites historiques », mais la Révolution d'Octobre, dans le monde entier, a représenté un rêve de reconquête pour les travailleurs, les exploités, toutes les bêtes de travail, tous les ânes, les Sor Medios du monde. Sans compter que ces mêmes conditions du Sor Medios sont à présent aggravées et globalisées; c'est le travailleur-esclave qui trime jour et nuit dans la société capitaliste; c'est aussi le soldat qui, comme un âne, « traîne les canons » pour engraisser les patrons avec le sang des peuples, pour se retrouver à la fin de sa vie, réduit à un déchet, à un « bois mort » et sur la rue.

LA BALLADE DEL SOR MEDIOS est une des œuvres les plus humaines, des plus populaires et des plus révolutionnaires de la langue grecque moderne. Ce n'est pas un hasard si elle a à un certain moment croisé Nikos Xylouris, qui la chante sur la musique de Loukas Thanou. D'une poésie-chef d'œuvre, un chef d'œuvre de chanson que notre site est ravi et honoré de proposer... (R.V.)


Voilà comment Riccardo Venturi présentait la chanson en 2007.



Oui, je vois, dit Lucien l'âne. C'est fort bien. Mais moi, j'ai des choses à dire à propos de cette chanson. Je ne suis pas un âne pour rien et de plus, un âne venu tout droit (c'est façon de parler) de la Grèce ancienne. Je suis un âne d'Éphèse. Et je dis moi, l'âne Lucien, que ce que dit la chanson del Sor Medios correspond très exactement à ce que nous les ânes on ressent. Et que de ce fait, je ressens Kostas Varnalis et Nikos Xylouris comme des frères. Ventu aussi, mais ça, il le savait déjà.


Cependant, dans tous ces chefs d'œuvre, je me demande, mon cher Marco Valdo M.I., si ta traduction de traduction va être à la hauteur de l'événement. Pour le cœur et l'amitié avec les ânes – et ton tempérament d'âne – je n'ai aucun doute. C'est sûr, pour être un âne, tu en es un fameux, mais comment oses-tu t'affronter aux chefs d'œuvre, toi qui de ton propre aveu, n'est rien et connais à peine l'italien... Enfin, j'espère – pour les amis, pour mes frères et surtout, pour ta peau d'âne, que tu ne nous déshonoreras pas.


Ben,répond Marco Valdo M.I., la voici ma traduction... Elle vaut ce qu'elle vaut... Je l'ai tissée patiemment, sans me décourager, comme il faut faire... et pour ce qui est de tisser, venant de Lyon comme les Canuts, je sais tisser... Pour le reste, les ânes du monde entier apprécieront.


Ainsi parlait Marco Valdo M.I.


Mes jambes ne se plient pas

Et mes pieds me font mal.

Ils boitent de-ci et de-là

Dans la ravine de la vie.

 

Je vivais de misères et exploité.

Tous me frappaient, maîtres et esclaves.

Tous tant qu'ils étaient, maîtres ou esclaves.

Et ils me laissaient jeûner.

 

Couché à terre, lève-toi,

Monte et descend

Sous le soleil et sous la pluie

Tant que mon âme ne m'échappe pas.

 

Et bête de somme de vingt ans

J'ai creusé toute la carrière

Et j'ai construit l'église

À l'entrée du pays.

 

En avant, victime et putain !

En avant, symbole éternel !

Mais si tu t'éveilles une fois pour toutes

Le monde sera cul par dessus tête.

 

En avant, victime et putain !

En avant, symbole éternel !

Mais si tu t'éveilles une fois pour toutes

Le monde sera cul par dessus tête.

 

Mis au joug comme un bœuf

Mais d'une tout autre stature

Je labourais au creux des vallons

Les grands champs des maîtres.

 

Et à la guerre, un par un,

Je traînais les canons

Pour que les peuples se massacrent

Et engraissent les seigneurs.

 

En avant, victime et putain !

En avant, symbole éternel !

Mais si tu t'éveilles une fois pour toutes

Le monde sera cul par dessus tête.

 

En avant, victime et putain !

En avant, symbole éternel !

Mais si tu t'éveilles une fois pour toutes

Le monde sera cul par dessus tête.

 

Regarde les autres ont bougé,

Le ciel est devenu rouge

Et un autre soleil a surgi

Sur une autre mer, sur une autre terre.

 

Regarde les autres ont bougé,

Le ciel est devenu rouge

Et un autre soleil a surgi

Sur une autre mer, sur une autre terre.

 

Regarde les autres ont bougé,

Le ciel est devenu rouge

Et un autre soleil a surgi

Sur une autre mer, sur une autre terre.

 

Regarde les autres ont bougé,

Le ciel est devenu rouge

Et un autre soleil a surgi

Sur une autre mer, sur une autre terre.

 

En avant, victime et putain !

En avant, symbole éternel !

Mais si tu t'éveilles une fois pour toutes

Le monde sera cul par dessus tête.

 

En avant, victime et putain !

En avant, symbole éternel !

Mais si tu t'éveilles une fois pour toutes

Le monde sera cul par dessus tête.

 

Par Marco Valdo M.I.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 8 juillet 2009

Pégase à la queue rouge

 

Chanson française – Pégase à la queue rouge – Marco Valdo M.I. - 2009

 

Cette chanson est curieuse. Elle raconte une histoire à la fois ancienne et tout à fait contemporaine et elle emmêle tant les deux qu'on ne sait plus si on est dans une époque ou une autre. En vérité, elle rapporte très exactement « L'Histoire de ma Mort » de Lauro De Bosis, un héros de l'Italie, un héros à l'ancienne : un peu Icare, un peu Pégase. Poète et fils de poète. Lauro De Bosis (Rome, décembre 1901 – dans les environs de l'Île d'Elbe, 3 octobre 1931), antifasciste.

 

Un avion vient de France et survole Rome; il y déverse 400.000 tracts dénonçant l'homme au pouvoir; cet homme qui entraîne les Italiens dans la honte.

 

Ses lettres lancées dans les rues de Rome, le petit avion repart vers la mer où il finira par s'engloutir. Le pilote – Lauro de Bosis – sait ce qui l'attend; il n'a pas assez de carburant. Ceci se passe le 3 octobre 1931, en l'an IX de l'ère fasciste.

 

Que disent ces tracts ? En substance :

 

« Citoyens… jusqu’à quand tolèrerez-vous l’homme qui tient en esclave l’Italie entière ? Il y a neuf ans, il vous donna à entendre qu’il fallait sacrifier liberté et conscience pour avoir un gouvernement fort et capable. Après neuf ans, vous vous apercevez que vous avez non seulement le plus tyrannique et le plus corrompu, mais aussi le plus banqueroutier de tous les gouvernements.... »

 

Cependant, on ne peut s'empêcher de faire certains rapprochements avec le régime actuel et le nouvel Homme Providentiel...

 

À Rome, sous son maquillage

le nouveau maître bombe le torse.

Il répand sur l'Italie

Son irrémédiable bassesse.

 

« Après tout , écrivait Lauro De Bosis, il s'agit de donner un petit exemple civique et d'attirer l'attention de mes concitoyens sur l'irrégularité de leur situation... » On ne saurait mieux dire.

 

« Je vaudrai plus mort que vivant », ce sont des mots mystérieux, des paroles d'un autre monde, comme la voix d'une conscience criant dans les moments de bassesse.

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 

 

J'ai rendez-vous dans un pré avec Pégase

Foudre et sagesse

Pégase aux ailes blanches

Pégase à la queue rouge

Quand j'aurai survolé la Corse

Et l'île de Montecristo

Quand j'aurai vu la Sardaigne

Le Golfe de Gênes et l'île d'Elbe

Je vaudrai plus mort que vivant

 

À Rome, sous son maquillage

le nouveau maître bombe le torse.

Il répand sur l'Italie

Son irrémédiable bassesse.

À Rome, neuf cents appareils de chasse

Ont l'ordre de m'abattre

Quand j'arriverai à Rome vers huit heures du soir

En vol plané, moteur coupé

Je vaudrai plus mort que vivant

 

Au-dessus de Rome, je lancerai

Quatre cents mille lettres

Aux gens de tous les jours, au peuple

Elles diront : cet homme est dangereux

Personne ne prend le Cavalier au sérieux

C'est une erreur

C'est le Loup de Rome tout doucereux

En le dévoilant

Je vaudrai plus mort que vivant

 

Qui que tu sois dans ta honte servile

Qui que tu sois dans ton inertie

Tu dis qu'il n'y a rien à faire

Et tu te désespères

Ton défaitisme est la base de ce régime

Corrompu et méprisable

Le temps est venu de rendre l'air respirable

L'homme de la Providence est vacillant

Je vaudrai plus mort que vivant.

 

Il est vingt heures

Je suis au-dessus de Rome

Mes lettres : une traînée blanche

Le jardin du Quirinal comme sous la neige

Les gens courent ramassent les lettres

Jusqu'à quand tolèrerez-vous

Cet homme qui vous tient en esclave ?

Je vire sur l'aile, cap vers la mer

Je vaudrai plus mort que vivant.

 

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Marco Valdo M.I.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus