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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 19:16

BUNDESWEHR

 

Version française – BUNDESWEHR – Marco Valdo M.I. – 2016

Chanson allemande – Bundeswehr – Slime – 1982

 

 

 

 

 

 

Bundeswehr, Bundeswehr, ça me dit quelque chose, dit Lucien l’âne en s’ébrouant par saccades. Ne serait-ce pas l’armée allemande ?

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, la Bundeswehr est l’armée allemande actuelle.

 

Ce qui m’inquiète, moi, dit Lucien l’âne d’un ton inhabituellement grave, c’est qu’elle est forcément l’héritière de celle qui l’a précédée et que de ce fait, elle pourrait se comporter comme celle-là et rejouer certain scénario dont nul être sensé ne voudrait voir la répétition.

 

Tu as directement mis le doigt sur le nœud du problème que pose l’existence d’une armée allemande, enchaîne Marco Valdo M.I. Laissons de côté la réflexion sur l’utilité ou non d’une armée régulière, ce n’est pas le sujet ici. Ici, l’objet de la chanson est de critiquer la Bundeswehr et au travers de cette critique particulière, en effet, laisser entendre le rôle néfaste de l’armée, telle qu’elle est et telle qu’elle fonctionne.

Pour ce qui est de la Bundeswehr, elle a comme qui dirait une tare congénitale, car on la considère – à mon sens à juste titre – comme l’héritière de ses grandes aïeules, même si elle a évolué par rapport à ce passé. Ainsi, après tous ses exploits, ses erreurs, ses désastres qui se sont étalés sur plus d’un siècle, l’armée allemande est devenue la Bundeswehr et depuis presque trois quarts de siècle, elle s’est assagie. C’est en tout cas ce que pensent les voisins ; ça fait plus de septante ans qu’elle ne les a plus envahis. Néanmoins, il y a des choses qui ne s’oublient pas.

 

Mais dis-moi, Marco Valdo M.I., pourrais-tu rafraîchir la mémoire à propos de cette histoire d’armées allemandes en cascade.

 

Tout commence avec la Prusse, un royaume combattant, dont certain commentateur de l’époque disait : « La Prusse n’est pas un État qui possède une armée, mais c’est une armée qui possède un État » ou quelque chose d’approchant. C’est tout dire. C’était il y a deux cents ans.

Ensuite, dans un passé plus récent, disons un bon gros siècle d’ici, elle avait été transformée en armée allemande par – tiens qui voilà ! – Otto von Bismarck, dont – je te le rappelle – l’ensemble de nos Histoires d’Allemagne constitue le Rêve, c’est-à-dire cette Grande Allemagne encore en gestation et qui devra bien, un jour, se muer en grande Europe en se diluant parmi les autres gens du continent. C’était la Deutsches Heer (1871-1919), qui fut remplacée par la Reichswehr (1919-1935), née sur ses cendres.

Ensuite, nouveau pouvoir oblige, on créa la Wehrmacht (1935-1945), mais comme les nazis se méfiaient des militaires – qui n’étaient pas nécessairement des enthousiastes du régime, ils la flanquèrent d’une armée nazie, la Waffen SS.

Ensuite, suite à l’immense déroute de l’armée du Reich de Mille Ans qui n’en dura que douze (et c’était douze de trop), elle fut mise en quarantaine – de 1946 à 1955. En 1955, elle renaît en puisant largement dans ses cadres anciens – ce qui explique la présence de nombreux (ex-) nazis parmi les officiers de la nouvelle armée reconstituée sous le nom de Bundeswehr en République fédérale et pendant un temps, en République démocratique, sous le nom de Nationale Volksarmee (1955-1990), laquelle « armée du peuple » sera en quelque sorte absorbée par la Bundeswehr lors de la réunification allemande.

 

Soit, Marco Valdo M.I., voici connue la généalogie de la Bundeswehr, mais cet historique n’est pas, je le suppose, l’histoire que raconte la chanson.

 

Pour bien la comprendre, Lucien l’âne mon ami, il faut que j’ajoute un élément d’explication complémentaire. En 1982, la situation était quand même fort différente d’aujourd’hui : l’Allemagne était encore divisée et il y avait encore un service militaire obligatoire des deux côtés. Ce service militaire était imposé aux hommes et impliquait donc le passage par la Bundeswehr et par la NVA (Nationale VolksArmee) ; un séjour généralement non choisi et peu apprécié par la plupart et pas nécessairement en raison d’un engagement pacifiste ou par objection de conscience, mais principalement en raison de l’absurdité du système militaire.

De plus, la population allemande jeune, celle qui devait être incorporée dans cette armée n’était pas vraiment convaincue des mérites et de l’utilité de cette héroïque institution. Sans doute devait-il en aller de même façon avec l’incorporation dans la Nationale Volksarmee, mais dans la canzone, il n’est question que de la Bundeswehr.

 

Oui, oui, Marco Valdo M.I. mon ami. Ce régime de la conscription n’est pas une nouveauté pour moi ; je l’avais vu naître en France lors de la Révolution où les hommes s’en allaient chantant la Marseillaise affronter les troupes des envahisseurs – « Aux armes ! Etc », où ce régiment de Sambre et Meuse marchait toujours au cri de Liberté.

 

Quant à la canzone, Lucien l’âne mon ami, cette chanson est une sorte d’adresse à un gars qui a accepté de faire le service militaire – bon gré, mal gré, on ne sait pas trop – dans cette Bundeswehr qui, comme je te l’ai dit, sans doute sous la pression d’une grande partie de la population allemande, elle-même mise sous pression par les voisins et les autres pays du monde, s’est assagie et ne paraît plus partager les mêmes ambitions que ses aïeules, ni se préparer aux mêmes débordements.

Quant à la chanson, elle essaye de convaincre ce jeune conscrit de l’inanité de la chose militaire. Comme bien tu le penses, c’est une chanson nettement antimilitaire et même aujourd’hui où le service militaire a été aboli et où donc, on n’entre dans la Bundeswehr que comme volontaire, elle garde tout son sens.

 

Eh bien, Marco Valdo M.I., voyons-la et reprenons notre tâche volontaire et tissons le linceul de ce vieux monde armé, trop armé, encombré de militaires, casqué et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Tu as un joli uniforme vert,
Tu ne fais rien en dehors de la norme,
Tu t’es parfaitement adapté ,
Pourtant tu iras quand même tout de suite taule.

 


Il faut apprendre à tuer pour le pays,
Mais le pays aura cramé.
Avant même que tu aies tiré,
L’ennemi l’aura déjà détruit.

 

Tu te laisses commander ainsi
Par un ancien officier nazi,
Mais qu’importe la morale,
Fais ton devoir, peu importe le reste.

 

Il faut apprendre à tuer pour le pays,
Mais le pays aura cramé.
Avant même que tu aies tiré,
L’ennemi l’aura déjà détruit.


Gauche 2, 3 ! Gauche 2, 3 !
Marche ! Soldats ! Marche !
Gauche 2, 3 ! Gauche 2, 3 !
Jusqu’à crever dans la boue
Gauche 2, 3 ! Gauche 2, 3 !


Que vous soyez là ou non,
Comme avant, votre pays de merde

L’aura dans le cul, si la guerre éclate.
N’aie pas d’opinion propre !
Fais d’abord ton devoir !


Le cerveau plein de merde, à la main le fusil.
Oui, c’est la Bundeswehr, la grande armée.
Il faut apprendre à tuer pour le pays
Mais le pays aura cramé
Avant que tu n’aies tiré,
L’ennemi l’aura déjà détruit.


L’ennemi l’a déjà détruit
Gauche 2, 3 ! Gauche 2, 3 !
Marche ! Soldats ! Marche !
Gauche 2, 3 ! Gauche 2, 3 !
Jusqu’à crever dans la boue
Gauche 2, 3 ! Gauche 2, 3 !
Que vous soyez là ou non,
Comme avant, votre pays de merde

L’aura dans le cul, si la guerre éclate.

 

 

 

 

 

 

 

 

BUNDESWEHR
Marco Valdo M.I.
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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 19:08

 

HAINE

 

Version française – HAINE – Marco Valdo M.I. – 2016

Chanson italienne – OdioStinky Rats – 1984 – 1986

 

 

 

 

 

Des lacs de sang m’ont entouré,
Des enfants ravagés aux yeux cernés.

Hommes, hommes, je vous hais tous !
Hommes, hommes, je vous hais tous !


Des morts dans la rue,
Des lambeaux de chair m’entourent.
Mort dans le ciel, mort sur la terre !


Hommes, hommes, je vous hais tous !
Hommes, hommes, je vous hais tous !

Hommes, hommes, je vous hais tous !
Hommes, hommes, je vous hais tous !

 

 

HAINE
Marco Valdo M.I.
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 22:18

REFUS

 

Version française – REFUS – Marco Valdo M.I. – 2016

Chanson italienne – Rifiuto – Stinky Rats – 1985

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon ami Lucien l’âne, j’espère que tu t’entends bien avec ces autres mammifères que sont les muridés, autrement dit, des rats et spécifiquement, des rats d’égout, les mêmes que l’on trouve dans la « filastroca », la « litanie », la « ritournelle », la « turlutaine », qu’on désigne souvent sous ses premiers mots : « J’en ai marre, marabout ».

 

Oh, Marco Valdo M.I. depuis le temps que je la connais celle-là. Allez, je te la récite :

 

« J’en ai marre,

Marabout,

Bout de ficelle,

Selle de cheval,

Cheval de course,

Course à pied,

Pied de cochon,

Cochon de ferme,

Ferme ta gueule,

Gueule de rat,

Rat d’égout,

Dégoûtant ! »

 

Fort bien, cela dit, avant daller plus avant dans cette introduction à la chanson, il me serait utile que tu me dises où en sont tes rapports avec les muridés.

 

Bof, dit Lucien l’âne, il m’arrive d’en croiser sur les bords des rivières, des canaux, dans les campagnes, en ville, près des décharges, dans les étables, sur les marchés… Bref, un peu partout. Et pour ce qui me concerne, les relations avec ces charmants rongeurs se passent plutôt bien.

Mais comme dans toutes les espèces, il y a chez les rats également des mauvais coucheurs et des spécimens agressifs. Ceux-là font rapidement connaissance avec le célèbre coup de pied de l’âne, coup rapide et terriblement efficace et pas lâche pour un sou. C’est un coup noble qu’on ne donne qu’en dernier ressort, en légitime défense. Un peu comme si assailli par un malotru, tu lui donnais un coup de poing ; simplement, l’âne n’a pas de poing, mais il a des pieds. Et il est rare qu’ils y reviennent.

 

Et je les comprends, car un coup de pied d’âne est souvent très douloureux et dans le cas qui nous occupe, celui d’un animal aussi petit qu’un rat, il peut être carrément mortel.

 

C’est sûr, mais nous les ânes, on fait attention, on dose nos coups. Enfin, la chose est sûre, je n’en ai jamais tué. Cependant, ajoute Lucien l’âne, on ne confondra pas mon coup de pied avec le coup de pied de Vénus, nettement moins hygiénique, mais aussi plus redoutable et qui laisse d’autres traces qu’une simple bourrade.

 

Oui, oui, je t’approuve totalement, répond Marco Valdo M.I. en riant dans sa barbe, l’imberbe. Cela dit, les rats sont des animaux fort intelligents et avec les ânes, parmi les plus intelligents. Il y aurait beaucoup de choses à en dire, mais ici, on ne refait pas l’Encyclopédie.

 

Tu as raison, Marco Valdo M.I. mon ami, nous n’avons pas le temps de refaire l’Encyclopédie et pour en revenir à notre propos, je me demande pourquoi tu as commencé cette histoire de rats.

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, si je t’ai demandé si tu t’entendais bien avec les muridés, c’est tout simplement parce que le groupe punk qui est l’auteur de la chanson s’est lui-même présenté sous le nom de Stinky Rats – Rats puants – en italien : Topi Puzzolenti. Ils avaient écumé les salles et les oreilles dans les années 80 du siècle dernier et on avait sauvé leur production dans une compilation publiée en 2009.

Un commentateur italien dit à leur égard – je résume : « Malheureusement, on ne dispose pas d’autres informations à propos du groupe ; leur musique se laisse écouter et on apprécie particulièrement le fait que les paroles sont claires et les textes appréciables.

Il s’agit de morceaux qui peuvent être goûtés par les amateurs du hardcore le plus pur comme de ceux du punk, ou de n’importe quel autre genre, du fait qu’ils sont bien joués, furieux mais en même temps, mélodieux et dénués de ce tapage qui peut être sans doute prenant, mais qui distrait sans équivoque l’auditeur du message : le message est la chose plus importante dans les genres musicaux comme le punk, le hc (hard core), et cetera) »

 

 

Voilà de bien belles considérations à propos de ces jeunes gens, mais, Marco Valdo M.I. mon ami, qu’en est-il de cette canzone, finalement ?

 

J’y viens, Lucien l’âne mon ami, j’y viens. C’est l’histoire d’un refus, d’un refus radical de cette société et des obligations, des servitudes qu’elle inflige à ses membres. C’est un chant de révolte.

 

Un de plus (mais on n’en fera jamais assez !) dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres afin de les assujettir, de les dominer, de leur imposer leur pouvoir, de les exploiter. Il nous revient de reprendre notre tâche et de tisser – nous aussi – le linceul de ce vieux monde dominateur, oppresseur, dictateur, démocratique et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 


Ils t’ont dressé à dire toujours oui ! 
Comme un tigre dans une cage, 
Ils t’ont privé de ta vie
Et ils t’en ont refilé une autre,
Engluée dans leur morale répressive.
Tu te caches dans ta monstrueuse ignorance,
Sans pouvoir reprendre ta propre vie
Et tu ne peux plus rien faire, 
Car maintenant, tu es devenu l’un d’eux.


Ils m’ont enfermé dans cette ville,
Sans issue sans pitié.
Ils me retiennent en cellule,
Ils me battent à sang sans pitié.

 

Je refuse votre autorité,
Je refuse vos ordres,
Je refuse vos systèmes,
Je refuse vos fausses libertés !

 

Ils te font militaire,
Ils t’envoient à la guerre
Tuer des femmes, tuer des enfants,
Tuer des femmes, tuer des enfants !
Ils 
m’ont enfermé dans cette ville,
Sans issue sans pitié.

Je refuse votre autorité,
Je refuse vos ordres,
Je refuse vos systèmes,
Je refuse vos fausses libertés !

 

 

Rat d'égout - rattus norvegicus

Rat d'égout - rattus norvegicus

Marco Valdo M.I.
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 22:18

LE FOU QUI RIT


Version française – LE FOU QUI RIT – Marco Valdo M.I. – 2016

 

Chanson italienne – Il pazzo che ride  Litfiba – 2000

 

 

 

 

 

 

Vois-tu, Lucien l’âne mon ami, en faisant la version française de ce « fou qui rit », il m’est venu à l’esprit que Victor Hugo avait écrit – il y a de cela bien longtemps sans doute, un roman gigantesque intitulé : « L’Homme qui rit », dont je n’ai certes pas l’intention de te raconter l’histoire, si la chose t’en dit, il te suffit de trouver le livre et de lire. Lire Hugo n’est certes pas une perte de temps.

 

Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, pourquoi me parles-tu de Hugo et son « Homme qui rit » ?

 

D’abord, comme je te l’ai signalé, par l’étrange similitude, la curieuse proximité des deux titres. Ensuite, comme tu me connais, simplement pour dire quelque chose, car, comme toi, je cause, je cause, c’est tout ce que sais faire. Cependant, j’ai des raisons plus précises de le faire. Les deux personnages se ressemblent ; tous les deux sont des mutilés de la société, marqués par un destin terrible. Et tous les deux affrontent le malheur avec l’irrésistible envie de vivre.

 

C’est, en effet, le meilleur et le seul moyen d’y faire face. Il me semble toutefois que tu avais toi aussi, il y a déjà un certain temps, conté l’histoire d’une personne atteinte de ce haut mal. Tu sais bien cette femme qui criait « Hou ! Hou ! » ; moi, j’ai toujours sa détresse au cœur.

 

Oh, Lucien l’âne mon ami, tu as de la mémoire, une mémoire d’âne antique, une mémoire immémoriale. J’avais bien écrit une chanson à propos de Clara la folle et en effet, elle s’intitulait Hou hou ! » et j’ai fait quelques versions françaises de chansons italiennes parlant de fou, d’enfermement, de folie… Et des chansons sur ce thème, les CCG en recensent plus d’une centaine… On a dû créer un parcours à part, spécialement dédié à ce sujet : Les camps des fous : la guerre des asiles.

 

J’irai en faire le tour un de ces jours. Maintenant, il nous faut reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde fol, affolant, affolé, foutu et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

J’entends les voix
Je vois les couleurs, mais,
Mais tu ne me crois pas
Je voudrais m’expliquer, je voudrais...
Et te faire comprendre… Mais
Quelqu’un me liera.


Nous faisons la fête,
Arrive un nouveau malheur.
En plaisantant tu le nieras
Et l’antéchrist
Vêtu en docteur
Certainement le soignera.


Je suis le fou qui rit
Qui dit seulement des menteries.
Le navire appareille,
Il transporte la terreur… Pourtant,
Personne ne l’arrête.
Je rirai… Il est tard maintenant.


J’ai l’air d’un prophète,
Prophète de malchances
Certainement tu m’éviteras
Mais peu importe,
Il faut qu’on les arrête,
Peut-être, quelqu’un m’écoutera.


Je suis le fou qui rit
Qui dit seulement des menteries.
L’indifférence
Cache la terreur… Pourtant,
Personne ne l’arrête.
Je rirai… Il est tard maintenant.

 

Je suis le fou qui rit
Qui dit seulement des menteries.
L’inconscience,
Cache la terreur…Pourtant,
Personne ne l’arrête.
Je rirai… Il est tard maintenant.

 

 

Je suis le fou qui rit
Qui dit seulement des menteries.
Les fleurs du mal s’en vont
Prospères dans ce désert de non.

LE FOU QUI RIT
Marco Valdo M.I.
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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 13:27

Le Jour où la Paix viendra

Chanson française – Le Jour où la Paix viendra – Marco Valdo M.I. – 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon ami Lucien l’âne, écoute-moi, je t’en prie et avec beaucoup d’attention.

 

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, tu sais bien que je ne fais que ça…

 

 

Alors, tu te souviens certainement, Lucien l’âne mon ami, que l’autre jour, j’avais été rechercher il y a presque un demi-siècle une chanson de Gilbert Bécaud, intitulée « Le Jour où la Pluie viendra ». J’y avais noté des accents prophétiques et écologiques qui évoquaient le réchauffement climatique et la désertification de zones entières dans presque tous les continents. En fait, dans tous les continents, car même les déserts glacés et les sommets arides se désertifient. Ce n’était pourtant pas là le premier moteur de cette chanson qui se voulait chanson d’amour, propre à frapper au cœur les midinettes, qui étaient la clientèle principale de ce joli chanteur.

 

 

Il me semble bien m’en souvenir. Je n’ai quand même pas la mémoire qui flanche, Marco Valdo M.I. mon ami. Au fait, cette mémoire qui flanche n’était-ce pas une chanson de Cyrus Bassiak ? En somme, cette chanson de Bécaud avait mis le doigt sur ce qu’on appelle aujourd’hui la crise de l’eau. Et si j’ai bien fait attention à ce qui commence à se dire avec force dans le monde des humains, l’eau est en passe de devenir un problème majeur et sa pénurie pourrait bien être la cause de migrations énormes à côté desquelles celles qu’on a connues jusqu’à ce jour ressembleront à d’innocentes promenades.

 

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, tu as résumé ce qui pourrit se passer de pire. Le pire, c’est que si on applique la loi de Murphy, on peut être assuré que ce pire-là va se produire. À ton œil incrédule, je vais rappeler ce qu’est la loi de Murphy : si parmi toutes les évolutions possibles, il en existe une plus catastrophique que les autres, elle va se produire. Certes, je te le concède, Murphy ne se baignait pas tous les matins dans la mer de l’optimisme, mais il se fait qu’empiriquement, sa fameuse « loi » s’est trouvée vérifiée à de multiples occurrences. Par exemple, ce fut vrai dans l’Histoire où on remarque que lorsqu’il y a une probabilité qu’un personnage dangereux accède au pouvoir, il y accède : Mussolini, Hitler, Staline, Franco, Mao, Pinochet… et c’est vrai dans l’actualité : Poutine, Erdogan, Assad, Trump, Orban… Je ne peux pas recenser tous les dirigeants du monde. De toue façon, cette loi s’applique à tous les niveaux de pouvoir et dans quelque domaine que ce soit.

 

Parenthèse, dit Lucien l’âne en souriant, je propose dans ce cas de parler de loi d’Ubu.

 

Formidable, Lucien l’âne, c’est une vraie trouvaille. La loi d’Ubu me paraît une constante universelle. Une loi qui permet de comprendre que la sentence : « Le pouvoir rend fou » est inexacte ; elle est à l’opposé de la réalité du pouvoir ; le pouvoir ne rend pas fou ; c’est la folie qui est la condition première pour vouloir accéder au pouvoir. Et donc, je reviens à la chanson…

 

Et donc quoi demande, demande Lucien l’âne en dressant soudain ses oreilles à la verticale au-dessus de son crâne.

 

Et donc, Lucien l’âne mon ami, le pire est que suite à ces exodes massifs – soit pour les enrayer, soit pour s’assurer les réserves en eau disponibles, on assistera à l’émergence de conflits qui pourraient bien dégénérer en une conflagration très large, d’abord et ensuite, en un conflit généralisé ; bref, une guerre mondiale.

 

Une troisième guerre mondiale, s’exclame Lucien l’âne en frissonnant de tous les poils de son échine. C’est épouvantable. Un tel conflit va entraîner des destructions effroyables, gigantesques, laissant loin derrière elle en quantité de destructions, toutes les guerres précédentes. On pourrait en arriver à de vraies extrémités et à la liquidation prématurée de toute l’espèce humaine et en conséquence – dégât collatéral – de bien d’autres espèces qui n’y sont strictement pour rien, à commencer par nous, les ânes. Car, nous les ânes, en tous cas, on n’y coupera pas. Il restera peut-être les bactéries dans l’océan ou dans le fond des quelques grottes. Il est plus que temps de sonner l’alarme.

 

Oh, reprend Marco Valdo M.I., ils sont nombreux à tirer la sonnette d’alarme et à donner des coups de trompe, à sonner le tocsin et à annoncer le désastre. Cependant, en ce qui me concerne, même si je me tue à dénoncer la guerre, à faire comprendre la Guerre de Cent Mille Ans et à en désigner les responsables (les riches et les puissants et leurs prétendants), je préfère de loin poser le dilemme autrement et tracer une ligne nette vers ce qui pourrait être au-delà de la fin de la guerre – de toute guerre généralement quelconque et in fine, de la Guerre de Cent Mille Ans.

Cette fin, cet au-delà de la richesse, du pouvoir, de l’ambition et de l’avidité est la seule voie de survie et de vie de l’humaine nation.

C’est donc dans cet esprit que j’ai fait cette chanson que j’ai intitulée : « Le Jour ou la Paix viendra » pour indiquer que la « pluie » ne suffira pas et que tout autant, il est périlleux au plus haut point de rêver d’être « les plus riches du monde », d’avoir « les plus beaux fruits du monde » et des « colliers jolis, jolis ». Il y en a tellement qui veulent tout cela et ceux qui le font, sont précisément ceux qui sont cause des malheurs humains de l’humaine nation. Je précise « malheurs humains » pour ne pas mettre sur les dos de ces gens les « malheurs naturels ». Quoique.

 

Alors, dit Lucien l’âne en souriant, c’est une chanson qui a certainement son utilité. Mais, dis-moi, décris-la-moi.

C’est tout simplement une chanson qui parodie celle de Gilbert Bécaud, mais une parodie volontaire, une réponse point par point. Ainsi, à la place de la richesse, on trouve la chance, le bonheur ; aux perles et aux colliers se substituent les bonheurs, les amours, les rêves et la vie retrouvée. Et dans le dernier couplet, je me suis amusé à rappeler une autre chanson de paix en le faisant à la manière de Paul Fort et de sa Ronde autour du Monde. Et puis aussi, pur ce qu’il restera après, j’ai en tête ce passage de la Valse Jaune de Boris Vian :

 

« Et le soleil
De 
l’autre côté du monde
Danse une valse blonde
Avec la terre ronde, ronde, ronde, ronde
Le soleil
Rayonnant comme un faune
Danse une valse jaune
Pour ceux de 
l’autre ciel »

Voilà.

 

Eh bien voilà, Marco Valdo M.I. mon ami, découvrons-la ta nouvelle chanson et puis, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde riche, atrabilaire, avide, ambitieux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le jour où la paix viendra, 
Nous serons, vous et moi,
Les plus chanceux du monde,

Les plus chanceux du monde ! 
Et riant tous de bon cœur,

Nous chanterons tous en chœur

Tous les bonheurs du monde,
Tous les bonheurs du monde !
Ce jour-là !

 

La triste, triste, triste terre
Qui meurt et meurt sans arrêt
Écrasée par cette longue, longue guerre
Se gorgera de paix, de paix
Et la joie déferlera sans trêve
Sur nos amours réveillées
Et nous chanterons nos rêves
Et notre vie enfin retrouvée.

Ce jour-là !

Le jour où la paix viendra
Nous serons, vous et moi
Et les enfants du monde,
Les plus heureux du monde.
Tous nous tenant par le bras,
Sur la terre ronde, ronde, ronde,

Nous danserons la ronde ronde
Des plus beaux jours du monde,
Ce jour-là !

 

 
Le Jour où la Paix viendra
Marco Valdo M.I.
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 22:22

Le Jour où la Pluie viendra

Chanson française – Le Jour où la Pluie viendra - Gilbert Bécaud – 1957

Paroles : Pierre Delanoë.

Musique : Gilbert Bécaud

 

 

 

 

 

À la fin des années cinquante du siècle dernier, dit Marco Valdo M.I.

 

Oui, à la fin des années cinquante du siècle dernier ? Mais encore ? Qu’y avait-il de si particulier dont tu veux me parler ?, Marco Valdo M.I. mon ami.

 

Tout simplement, Lucien l’âne mon ami, tout simplement d’une chanson. D’une chanson française qui fit des ravages en France et dans les pays voisins de langue française et puis, ensuite, elle se répandit – une fois traduite -, dans le monde entier. Elle y emmena aussi son interprète.

 

Bien, bien, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l’âne. Mais tout cela ne me dit pas de qui et de quoi il s’agit. Aurais-tu l’obligeance d’éclairer ma lanterne ?

 

Pour ce qui est de la chanson, répond Marco Valdo M.I., elle s’intitule « Le Jour où la pluie viendra » qui avait été écrite par l’excellent parolier Pierre Delanoë et son interprète mondialement connu (par la suite), Gilbert Bécaud. Cependant, cette chanson a eu d’autant plus de succès (et pourrait en avoir plus encore dans le futur) qu’elle remuait une situation archétypale, celle de la sécheresse et de la pluie bienfaisante ; elle satisfait aux plus profondes aspirations des gens du Sud. On comprend moins vu d’ici où on penserait volontiers le contraire ; ce n’est pas l’eau du ciel qui nous manque.

 

C’est vrai, confirme Lucien l’âne, je peux l’attester moi qui ai parcouru tant et tant de fois les paysages brûlés par le soleil, la sécheresse dans les pays du Sud (dans l’hémisphère Nord) sont une vraie calamité et déclenche de terribles désastres.

 

Mais ici, Lucien l’âne mon ami, comme tu t’en doutes, c’est tout le contraire qui est imaginé et apprécié.

 

En somme, suggère Lucien l’âne, il faudrait chanter quelque chose comme : « Le jour où la pluie cessera… ». Ç’aurait pu être également le refrain préféré de Noé et des animaux au temps du déluge.

 

Mais, Lucien l’âne mon ami, trêve de plaisanterie et revenons à cette chanson. Elle porte le rêve d’un futur meilleur et cela d’autant plus qu’elle s’adresse à un public de plus en plus nombreux en raison même du réchauffement climatique.

 

Évidemment, dit Lucien l’âne, tout est une question d’interprétation. Arrêtons là et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde asséché, malmené, exploité et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Le jour où la pluie viendra,
Nous serons, toi et moi, 
Les plus riches du monde,

Les plus riches du monde. 
Les arbres, pleurant de joie, 
Offriront dans leurs bras
Les plus beaux fruits du monde,
Les plus beaux fruits du monde,
Ce jour-là.

La triste, triste terre rouge
Qui craque, craque à l’infini ;
Les branches nues que rien ne bouge
Se gorgeront de pluie, de pluie
Et le blé roulera par vagues
Au fond de greniers endormis
Et je t’enroulerai de bagues
Et de colliers jolis, jolis.

Le jour où la pluie viendra,
Nous serons, toi et moi,
Les fiancés du monde
Les plus riches du monde.
Les arbres, pleurant de joie,
Offriront dans leurs bras
Les plus beaux fruits du monde,
Les plus beaux fruits du monde,
Ce jour-là…

 

 
Le Jour où la Pluie viendra
Marco Valdo M.I.
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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 15:35

AU NOM DE DIEU !

Version française – AU NOM DE DIEU ! – Marco Valdo M.I. – 2016

Chanson italienne – In nome di Dio  Litfiba – 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le morceau le plus dur de l'album, dédié aux victimes du Bataclan. Une terrible dénonciation de tous les assassins au nom de Dieu et contre l'impérialisme américain. Au nom de Dieu !

 


Brebis du troupeau sans laine ni fromage,
Viande de boucherie pour un Dieu qui s’en moque ;

Pièges emplis d’assassins, de martyrs et de monstres
Lorgnant au ciel septante vierges avec leurs sept culottes.


Au nom de Dieu !
La vérité, la vérité est dans la bouche du puma.

Au nom de Dieu !
La vérité, la vérité se trouve où jamais le soleil ne va.


Au nom de Dieu !
Le monde est tout à moi,
La terre est toute à moi,
Les hommes, le messie et moi.


Au nom de Dieu !
Son seul fils, c’est moi !
Croisades et talibans :
Les mains dans le sang.


Au nom de Dieu !
On manifeste, car ils bombardent l'histoire
D’enfants kamikaze sur l'autel du pouvoir
Et de nouvelles croisades pour vendre un monde démocrate
Fait de bombardements et qui pue de pétrole.


La vérité, la vérité est  jamais le soleil ne va.

À la vérité, dans la troisième guerre mondiale, on y est déjà.

Au nom de Dieu !
Le monde est tout à moi,
La terre est tout à moi,
Les hommes, le messie et moi.

 

Au nom de Dieu !
L'élu, c’est moi !
Croisades et talibans :

Les mains dans le sang.


Croisades et talibans :
Les mains dans le sang.
Croisades et talibans :
Les mains dans le sang.

 

 
AU NOM DE DIEU !
Marco Valdo M.I.
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 13:30
 

 

TESTAMENT

Testament – Bram Vermeulen – 2004

 

 

 

 

 

J'ai dû - pour des raisons mystérieuses - séparer Bram Vermeulen de son Testament. Mais enfin, le voici d’abord, comme il se doit en néerlandais et ensuite, ma version française.

 

 

« Als ik dood ga, huil maar niet
ik ben niet echt dood moet je weten
het is maar een lichaam dat ik achterliet
dood ben ik pas als jij die bent vergeten.

En als ik dood ga, treur maar niet
ik ben niet echt weg moet je weten
het is de heimwee die ik achterliet,
dood ben ik pas als jij dat bent vergeten.

En als ik dood ga, huil maar niet
ik ben niet echt dood moet je weten
het is het verlangen dat ik achterliet
dood ben ik pas als jij dat bent vergeten
dood ben ik pas als jij me bent vergeten. »

 

Et la version française (2016) :

 

« Si je meurs, ne pleure pas !
Je ne suis pas vraiment mort,
J’ai seulement laissé là un corps.
Je mourrai quand tu m’oublieras.

Quand je mourrai, n’aie pas de chagrin !
Je ne suis pas vraiment parti,
J’ai seulement abandonné la nostalgie.
Je mourrai si tu m’oublies, demain.

Si je meurs, ne pleure pas !
Je ne suis pas vraiment mort,
J’ai jeté le désir par-dessus bord.
Je mourrai quand tu m’oublieras.

Je mourrai quand tu m’oublieras. »

Marco Valdo M.I.
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 13:25

À L’ATTAQUE !

 

Version française – À L’ATTAQUE – Marco Valdo M.I. – 2016

Chanson néerlandaise – Ten Aanval  Bram Vermeulen  2004 (au plus tard !).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eh bien, Marco Valdo M.I. mon ami, je ne t’imaginais pas aussi proche d’un chanteur néerlandais. Je n’imaginais même pas que tu te mettes à faire des versions françaises de chansons néerlandaises, car depuis les années que tu fais des versions françaises de textes venus de multiples langues, tu en avais peu faites venues du néerlandais, alors que tu vis dans un pays censément bilingue, sinon trilingue et où la langue de la majorité de la population est précisément le néerlandais.

 

Oh, Lucien l’âne mon ami, comme tu le vois, je le fais. Et j’ajoute, je le fais avec plaisir, me

même si je le fais mal. Il y a à cela diverses raisons. La principale, c’est que pour une fois, on ne me l’impose pas. Car, vois-tu Lucien l’âne, pelons l’oignon une bonne fois. J’aurais volontiers appris le néerlandais – qu’on m’a enseigné de force pendant au moins quinze ans, s’il n’avait pas été une expression directe de la domination de la majorité et aussi, plus « historiquement » de la création de ce pays bancal, voulu par les puissances contre-révolutionnaires vers 1815. En somme, on nous a coupés de notre Hainaut qui allait jusqu’aux portes de Paris et on nous a insérés de force dans un pays où on nous a réduits à la portion congrue.

 

Oh, dit Lucien l’âne, il est idiot en effet d’imposer de pareilles contraintes à des populations et le faire à des enfants, a des conséquences tout au long de leur vie, si ce n’est au-delà.

Enfin, Lucien l’âne mon ami, il m’a bien fallu vivre avec cette incongruité nationale et trouver refuge dans une de ces réserves indiennes de Wallonie. Passons et revenons à la chanson de Bram Vermeulen et pour commencer à Bram Vermeulen lui-même, artiste antimilitariste et de ce fait, par-delà les idiomes, très proche. Et dans le but de prouver ma sympathie pour ce poète, je m’en vais te faire connaître son testament – c’est une chanson, un poème.

 

Il est temps, dit Lucien l’âne, car il est mort en 2004, à la fin de l’été, en Italie ; son cœur l’avait lâché. Et donc, ce testament ?

 

D’abord, pour tout dire, ces histoires de testament me renvoient toujours à François Villon et à la Supplique de Georges Brassens et puis, en cascade, à bien des autres. Et pour tout te dire quand même, en ce qui me concerne, en guise de testament, je me verrais bien revêtir du « Je voudrais pas crever » du bon Boris Vian.

 

 

Et maintenant, quelques mots sur la chanson « Ten Aanval ! ». Que raconte-t-elle ?

 

Eh bien, Lucien l’âne, c’est une attaque en règle contre le militarisme et le goût de certains de provoquer et de faire des guerres. « Ten Aanval » peut se traduire indifféremment par « À l’attaque ! », « Au combat ! » et « À l’assaut ! » et décliné en « Sus ! », « Sus à l’ennemi ! » et toutes les variantes du genre.

 

« À l’attaque ! », « Au combat ! » et « À l’assaut ! » et décliné en « Sus ! », « Sus à l’ennemi ! » et toutes les variantes du genre, quel beau programme !, dit Lucien l’âne en éclatant de rire. On n’en demande pas tant. Nous dont la tâche, bien au contraire, est de tisser encore et toujours le linceul de ce vieux monde guerrier, belliciste, belliqueux, inquiet et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 


Ô ces grands hommes, regardez-les, aller au pas.
Regardez-les ces braves hommes marteler le pas de parade.
Écoutez-les chanter ces hommes fiers le chant du soldat.
À l’attaque, à l’attaque, à 
l’attaque, à l’attaque !


Regardez-les ces hommes obéissants pleins de raison commettre des assassinats.
Regardez-
les ces hommes aveugles combattre pour le grand massacre.
Écoutez-le
s gueuler ces hommes fâchés le bon droit de leur combat !
À l’attaque, à l’attaque, à l’attaque, à l’attaque !

 

Regardez-les s’incliner ces grands hommes devant leurs amis décédés.
Écoutez-les crier, ces hommes peureux, le besoin désespéré.
Regardez-
les pleurer, ces hommes forts, la vie n’a jamais été si grande.
À l’attaque, à l’attaque, à l’attaque, à l’attaque !


Pauvres hommes, grands hommes, hommes stupides, hommes aveugles. 
Regardez-les ces vieux hommes qui auraient dû gagner.
Écoutez-les se taire ces hommes raides pour écouter ce qu’ils entendent du dedans,
Rajeunissez-les, ces hommes stupides, et ils recommenceraient !
À l’attaque, à l’attaque, à l’attaque, à l’attaque !

 

Pauvres hommes, grands hommes, hommes stupides, hommes aveugles.

Drogués à la sensation du combat, pour toujours égarés,

 

Tristes exemples d’humanité. La guerre comme spécialité.
Pauvres hommes, grands hommes, hommes stupides, hommes aveugles.

 

 

Marco Valdo M.I.
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 21:09

UN CHANTEUR DOIT MOURIR

 

Version française – UN CHANTEUR DOIT MOURIR – Marco valdo M.I. – 2016

Chanson de langue anglaise – A Singer Must Die  Leonard Cohen – 1974

 

Un chanteur doit mourir 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Une chanson que Cohen écrivit lorsqu’il apprit qu’il était repris sur les « black lists » d’artistes et personnages publics considérés dangereux et subversifs par l’administration Nixon et, par conséquent, mis sur écoute par la CIA, le FBI et d’autres agences gouvernementales…

 

 

 

 

 

La salle d’audience est tranquille, mais qui admettra.
Est-il vrai que vous nous avez trahis ? La réponse est oui.
Alors lisez-moi la liste de mes crimes,
Je demanderai la grâce que vous aimez refuser.
Et toutes les dames deviennent moites, et le juge n’a pas le choix,
Un chanteur doit mourir pour le mensonge dans sa voix.

 

Je vous remercie, je vous remercie de faire votre devoir,
Vous gardiens de la vérité, vous gardiens de beauté.
Votre vision est juste, ma vision est erronée,
Je suis désolé de polluer l’air avec ma chanson.

 

Ah, la nuit est épaisse, mes défenses sont cachées
Dans les vêtements d’une femme ; je voudrais oublier,
dans les plis de sa soie, dans l’étau de ses cuisses,
Où je dois aller prier déguisé en beauté.
Oh bonne nuit, bonne nuit, ma nuit après nuit,
Ma nuit après nuit, après nuit, après nuit, après nuit, après nuit.

 

J’ai si peur que je vous écoute,
Vos gardes aux lunettes noires en sont la cause.
C’est leur façon de traiter, leurs manières de déshonorer,
Leur genou dans vos couilles et leur poing dans votre visage.
Oui et longue vie à l’État à côté qui le permet,
Monsieur, je n’ai rien vu , je rentrais juste tard chez moi.

 

 

UN CHANTEUR DOIT MOURIR
Marco Valdo M.I.
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