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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 09:07

JE TE RACONTE

 

 

Version française – JE TE RACONTE – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – Io ti racconto – Claudio Lolli – 1973

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce morceau Claudio Lolli raconte toute sa vie et il en tire son motif de pessimisme. Il est d’un pessimisme tout à fait radical qui ne couvre pas seulement la nature des choses, mais aussi leur réelle importance de communication de l’expérience.

 

Honnêtement, j’ignorais cette chanson, je l’ai découverte dans Calibre 77 de Gang. Avec Lorenzo, nous nous sommes dits qu’elle manquait… Certes, elle parle de prison et de guerre, mais en s’arrêtant à une lecture superficielle, on peut penser que Lolli parle vraiment d’une prison avec ses barreaux et d’une guerre avec ses bombes, ses chars et cetera, mais on parle d’une prison intérieure et d’une guerre intérieure. Cependant peut-être, parle-t-il de la tristement célèbre guerre de 100 000 ans qui nous relègue à vivre à la marge.

 

 

Dialogue maïeutique

 

 

Comment, Lucien l’âne mon ami, comment rendre vraiment la vraie poésie d’une chanson quand on n’a pas – comme le chanteur – l’occasion de l’enrober de son ; en somme, quand on passe de l’oreille à l’œil, de l’ouïe à l’audition.

 

E effet, Marco Valdo M.I. mon ami, c’est une question que je me pose souvent, car elle est à chaque fois présente quand tu publies une version française d’une chanson étrangère ou même, quand tu proposes une chanson en langue française. Peu importe finalement, puisque à chaque fois quand il s’agit du texte, c’est l’œil qui perçoit et la vision devient le guide de l’émotion.

 

Si c’est exact, mon cher Lucien l’âne, si ce processus est clair et si la vue prend le dessus, cela ne règle par entièrement la question. Il reste qu’il y a d’autres élément qui entrent en jeu. Laissons de côté l’image ou la photo, qui à coup sûr sollicitent et impressionnent celui qui les voit et tenons-nous-en au texte. Là aussi, les choses sont moins simples qu’il n’y paraît. En gros, la distinction entre prose et vers est pertinente et même, elle est contraignante. Autrement dit, il y a une forme du texte – disons d’un roman, qui l’identifie nettement et une autre qui identifie tout aussi nettement le texte « poétique » ou qui – du moins – en a la prétention et la chanson est de ceux-là.

 

Évidemment, Marco Valdo M.I. mon ami, mais cela nous mène où ? Où veux-tu en venir avec cette réflexion à propos de la poésie et de la prosodie ? Parle-moi plutôt de la canzone de Lolli, qui m’a l’air bien intéressante.

 

Mais justement, Lucien l’âne mon ami, je ne fais que ça. Je te parle de la chanson de Claudio Lolli, qui dans la version italienne (l’originale ?) apparaît sous une forme inhabituelle et qui lui donne des airs de prosodie, plus que de poésie. Mais elle n’est là que la transcription de ce qui est chanté. Pour celui qui veut écouter le chanteur, il n’y a là rien d’embarrassant. Mais, voici où je voulais en venir, pour celui qui établit une version dans une autre langue et se doit de la présenter par écrit, la forme doit refléter l’idée de chanson. C’est l’oeil qui sera l’interprète premier. Mais encore une fois, pas seulement.

 

 

Je comprends bien ce que tu dis, Marco Valdo M.I. mon ami, et je suis persuadé de tes raisons. Cependant, que cache ce « pas seulement » ?

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, ce que cache ce « pas seulement », c’est qu’en définitive, ce n’est pas seulement l’œil qui absorbe et recrée l’émotion, c’est le cerveau, qui – comme l’instrumentiste, le soliste – interprète ce qu’il voit et qui l’ingère et l’intègre – en lui-même. Incidemment, je viens de te décrire le processus d’élaboration de la culture.

 

Où vas-tu ainsi, Marco Valdo M.I. mon ami ? Arrête-toi, reviens à la chanson, à la version française que tu proposes de la canzone de Lolli.

 

Je le fais, Lucien l’âne mon ami. Tout ceci est venu car dans sa version italienne « visuelle », la canzone de Lolli n’avait pas l’air d’en être une, elle n’avait pas du tout un air poétique et à la traduire telle quelle, j’étais gêné et j’avais une sensation, un sentiment d’incomplétude. Dès lors, je lui ai donné une forme (une morphè) poétique ; je l’ai restructurée pour qu’elle rende la musique. Dès lors, à comparer les deux textes, on a l’impression que le second (le mien) n’est pas la version française du premier (celui de Lolli) et pourtant, je maintiendrai qu’il s’agit du même.

 

Je te reconnais bien là, Marco Valdo M.I., toi et tes façons de faire et c’est ce qui me plaît bien chez toi ; ces manières d’assaisonner le monde à ta façon. Néanmoins, il me faut conclure et nous ramener à notre tâche banale et si semblable d’une fois à l’autre qui nous entraîne à tisser le linceul de ce vieux monde informe, désespéré, répétitif, terne, inerte et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Je te conte la misère d’une vie vécue à l’heure,

De gens qui ne savent plus faire l’amour.
Je te dis la mélancolie de vivre en
banlieue,

Du temps gris qui nous emporte.
Je te raconte ma vie mon passé m
es jours,

Même si à toi, je le sais, peu importe.
Je te raconte des semaines,

Faites d’angoisses surhumaines,

De vie et de tourments de personnes étranges.
Et de dimanches féroces
passés

À écouter les voix d’amis recrutés à la pizzeria.
Je te raconte tant de gens qui vivent

Et ne comprennent rien à la recherche d’un peu de joie.

 

Je te raconte le carnaval,

La fête qui finit mal,

Les faussetés d’une ville industrielle.
Je te raconte le rêve étrange

de poursuivre de la main

un horizon toujours plus lointain.
Je te raconte la névrose de vivre

Les yeux fermés à la recherche d’une compagnie.
Je te dis le désespoir de qui ne trouve pas l’occasion

De connaître un jour de lion.
De celui qui traîne sa vie, si las,

Dans une médiocrité infinie,

Avec quatre sous serrés entre les doigts.
Je te raconte la folie

Qui s’achète en église ou en épicerie,

Un peu de vin, un peu de religion.

 

Mais toi qui écoutes une chanson,

Connais-tu la prison ?

Sais-tu à quoi sert une gare ?
Sais-tu ce qu’est une guerre ?

Et combien il y en a sur terre ?

À quoi peut servir une guitare ?
Nous sommes tous morts

Et nous ne nous en sommes pas aperçus,

Et nous continuons à dire qu’il en soit ainsi.
Nous sommes tous morts

Et nous ne nous en sommes pas aperçus,

Et nous continuons à dire qu’il en soit ainsi.

 

 
JE TE RACONTE
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Marco Valdo M.I.
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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 13:02

LES SEIGNEURS DE LA GUERRE

 

Version française – LES SEIGNEURS DE LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – Signori della guerra – Uniko neurone – 2013

 

 

 

 

 

 

Vous, vous n’avez pas besoin
De religion ni de foi ;

Vous ne prenez pas soin 
De vos morts partant pour l’au-delà.

 

Vous êtes seulement vous ! 
Les seigneurs de la guerre.
Vous êtes seulement vous ! 
Les maîtres de la Terre.

 

Vos mains sont sales de sang, 
Vos mains sont sales de mort.
Vos mains sont sales de sang,
Vos mains sont sales de mort.

 

On ne vous voit jamais faire
Vos putains de guerres ;

Vous laissez les autres faire
Vos putains de guerres.

 

Vous êtes seulement vous ! 
Les seigneurs de la guerre.
Vous êtes seulement vous ! 
Les maîtres de la Terre.

 

Vos mains sont sales de sang, 
Vos mains sont sales de mort.
Vos mains sont sales de sang,
Vos mains sont sales de mort.

 

Ceux qui sont morts pour vous

Ne vous importent pas du tout ;
Ces êtres humains ne sont
Que chair à canon.

 

Vous êtes seulement vous ! 
Les seigneurs de la guerre. 
Vous êtes seulement vous ! 
Les maîtres de la Terre.

 

 

Vos mains sont sales de sang, 
Vos mains sont sales de mort.
Vos mains sont sales de sang,
Vos mains sont sales de mort.

LES SEIGNEURS DE LA GUERRE
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Marco Valdo M.I.
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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 20:55

LA BALLADE DES MORTS BLANCHES

 

Version française – LA BALLADE DES MORTS BLANCHES – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – La ballata delle morti bianche – Uniko neurone – 2013

 

 

 

 

 

Lucien l’âne mon ami, sais-tu ce qu’est la mort blanche ?

 

Évidemment, Marco Valdo M.I. mon ami, que je le sais. Elle a frappé aussi tant d’ânes qui étaient, comme tout le monde le sait, des bêtes de somme, de véritables esclaves, contraints, forcés au travail. La mort blanche est la mort au travail, car le travail tue et tue beaucoup.

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, c’est bien d’elle qu’il s’agit, même si l’expression « mort blanche » désigne d’autres choses. En premier, la mort qu’entraîne une avalanche de neige ou une tempête de neige ou plus généralement, la neige, mais aussi, les périodes de grand froid des régions polaires désertiques ; puis, aussi, plus curieusement, la « mort blanche » est un tireur d’élite finlandais qui dans les guerres contre les Russes – les batailles se déroulant dans la neige du grand nord, tout camouflé de blanc, tua plusieurs centaines d’ennemis au fusil. C’est aussi le nom du sucre en raison de ses effets terribles sur la santé – dont notamment le diabète et l’obésité. C’est aussi la mort, causée elle par des bactéries et qui frappe les bancs de coraux, qui perdent leur belle couleur orangée ou rougeâtre et deviennent tout blancs. Il est aussi question d’un roman, d’un film et que sais-je d’autre encore ? Néanmoins, dans la chanson, c’est de la mort au travail qu’il s’agit et comme tu le dis, elle tue beaucoup. Il y a le plus évident, ce sont les morts directes sur le lieu de travail suite à un accident (chute, noyade, accident de machine, collision, explosion, électrocution, effondrement, écrasement…) ou une catastrophe (incendie, éboulement, avalanche, naufrage…) et puis toutes les autres, celles qu’on n’identifie pas comme des morts résultant du travail – dépression, suicide et celles qu’on ne voit pas directement, et parmi elles, celles qui se passent en dehors des lieux et du temps de travail, mais qui résultent du travail ; on pense immédiatement à des crises cardiaques ou des choses du genre, au karoshi ou la mort par surtravail ou excès de travail ; mais il y a les plus insidieuses comme les maladies professionnelles, les effets des produits sur l’organisme (l’amiante par exemple ou le charbon ou les peintures…), les cancers dus aux émanations ou aux radiations toxiques et sans doute encore bien d’autres façons possibles de mourir au travail ou à cause du travail. Le slogan n’est pas celui libéral de l’ « Arbeit macht frei », mais celui qui dit : « Le travail tue ! ».

 

Que le travail tue, Marco Valdo M.I. mon ami, nous les ânes, nous le savons depuis très très longtemps et de plus, nous n’aimons pas le travail. Tout comme toi d’ailleurs, il suffit d’aller voir ta chanson « Mort au travail ! » et Monsieur de Cro-Magnon  non plus, si on en croit sa chanson où parlant de nos époques :

 

« Il dirait sans faire de détail
Vraiment que nos descendants sont bêtes
D’avoir inventé le travail ! »

 

Et, reprend Marco Valdo M.I., il aurait bien raison ; ces descendants – les vivants d’aujourd’hui vivent dans un monde idiot où l’invention du travail est à l’origine d’une guerre interminable et de ses innombrables victimes. Car, ce foutu travail est une des dimensions fondatrices de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants mènent quotidiennement aux pauvres afin de les contraindre au travail et d’en tirer mille et mille profits.

 

En effet, dit Lucien l’âne, alors, reprenons notre tâche (qui n’est pas un travail, ce supplice romain) et tissons le linceul de ce vieux monde maniaque, exploiteur, tueur, assassin et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Je suis forcé de travailler.
Bureau ou fabrique, c’est égal.
Étranglé par les taxes, le carburant et le loyer,

Ce n’est pas la vie idéale.

 

Pour survivre, il me faut suer ;
Mais sans argent, on ne peut subsister.
Chaque jour, je me lève tôt
Et dégoûté, je vais au boulot.

 

Si je ne travaille pas, je ne peux faire l'amour ;
Mais à peine à l’usine, je suis assailli par la peur.
Pour arriver au soir, il reste huit heures 
Et toutes les trois minutes, un ouvrier meurt.

 

Mais le patron, ça ne l’intéresse pas
Et le gouvernement il pense à quoi ? 
Le syndicat ne proteste pas :
Il parle, il en parle, et il détourne la tête ; 
Il parle, il en parle et il détourne la tête.

 

Dans mon entreprise, je ne suis pas écouté.
Les alarmes ne fonctionnent pas, tout est détraqué.
Le mois passé pour un câble dénudé,
Un collègue est mort, foudroyé.

 

Le patron veut que je me taise.
C’est lui qui commande, c’est lui qui menace. 
Il ne veut pas dépenser pour la sécurité.
Si on dénonce, on est licencié.

 

Si je ne travaille pas, je ne peux faire l’amour ;
Mais à peine à l’usine, je suis assailli par la peur.
Pour arriver au soir, il reste huit heures 
Et toutes les trois minutes, un ouvrier meurt.

Mais le patron, ça ne l’intéresse pas
Et le gouvernement il pense à quoi ? 
Le syndicat ne proteste pas :
Il parle, il en parle, et il détourne la tête ;
Il parle, il en parle et il détourne la tête.

 

Quel malheur, quelle fatalité ! 
L’échafaudage s’est effondré.
Je suis tombé droit dans le vide 
Et je suis mort, avec les six autres.

 

Je ne me désespère pas, je ne suis pas tout seul.
Nous sommes des millions de morts au travail. 
Il y a de la compagnie, de la musique et des danses 
Pour les milliers de morts blanches.

 

Je ne travaille plus, je ne fais pas l'amour non plus
Et dans cette usine, il ne me faut pas retourner. 
Maintenant, 
c’est le problème du nouveau venu : 
Dans trois minutes, il aura trépassé.

 

Mais le patron, ça ne l’intéresse pas
Et le gouvernement il pense à quoi ? 
Le syndicat ne proteste pas :
Il parle, il en parle, et il détourne la tête ; 
Il parle, il en parle et il détourne la tête.

 

 

 

LA BALLADE DES MORTS BLANCHES
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Marco Valdo M.I.
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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 09:29

CHANSON SYRIENNE

 

Version française – CHANSON SYRIENNE – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – Syrian Song – Anonimo Toscano del XXI secolo – 2017

 

Texte: Anonimo Toscano del XXI Secolo, 12 avril 2017
Musi
que et arrangement : Ensemble “Syria Unite”
(Barack Obama, Hillary Clinton, Donald Trump,
Vladimir P
outine, Bashar al-Assad, Recep Tayyip Erdoğan)
E
xécution sommaire par l’Orchestre “Islamic State Iraq and Syria” - Raqqah
Chœur de l’Union Européenne de Strasbourg

 

 

 

 

Cher Anonyme toscan du siècle présent,

 

Nous aimons beaucoup les anonymes, surtout quand on les connaît et plus encore quand ils demeurent – nous espérons que la mort de l’Anonyme n’est là qu’une feinte, qu’un tour de magie pour faire naître une canzone syrienne, dénonçant sans désemparer les anathèmes et les morts. Ce pourquoi, nous te saluons.

Pour la version française de la chanson, nous nous sommes efforcés de la rendre au plus près et au plus poétique – ce qui ne peut jamais faire de tort, surtout aux morts. Jacques-Bénigne Bossuet s’en était fait une spécialité ; nous recommandons spécialement son Oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre – et son inénarrable : « Madame se meurt, Madame est morte » et sa citation si biblique, si énorme, si drôle d’Ezéchiel, prédisant la ruine de Jérusalem. Écoute, ô Anonyme, le dire du prophète : «Le Roi pleurera, le Prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d'étonnement. ».

Ne sentez-vous pas vos mains tomber à la seule idée de ce qu’un jour l’Anonyme lui-même quittera ce monde ?

Quant à nous, déjà, nous n’avons plus de voix, plus de souffle, le cœur nous faut.

 

Mais cependant, courage, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde mort, mortel, morticole, mortifère, mortifiant, mourant et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Il n’y a plus d’avril, il n’y a pas plus de mai ;
Je suis mort, enfant ou vieil homme,
Femme ou animal, pierre ou fourrage,
Terre ou ciel,
seau ou charrue.

 

On m’a étouffé dans cet avril
Comme
tu seras étouffé en mai ;
Je suis mort de mort hostile,

Mon frère n’est plus qu’un portrait.

 

Je suis mort de mort de l’air
Et mon frère d’
une mort copiée ;
Je suis mort de mort ordinaire
Et ma
sœur par la mort usée.

 

Je suis morte de mort dépareillée,
Ma fille de mort
truquée ;
Je suis mort
e scannée,
Ma mère est morte en tissant
à la veillée.

 

Je suis mort déchiqueté et gazé,
Et tu es mort a
justé dans ton look ;
Je suis mort baveux et allongé
Et tu es mort
sur Facebook.

 

Je suis mort vraiment ou feint,
Et tu es mort pour tout ou
pour rien;
J’
ai l’air d’un mort-vivant,
Et tu es mort
comme un président.

 

Je suis mort des politiques intérieures
Et tu es mort pour
des raisons supérieures,
C’est que la mort, c’est pas le top
Entre une arme chimique et Photoshop.

 

Et je suis morte pour les rebelles
Et tu es mort
d’une fusillade,
Je suis mort
dans une poubelle
Et tu es morte d’une twittade.

 

Et je suis morte envoyée au diable
Comme si j’étais une sorte de spam,
Et tu es mort
à table
Tout était déjà sur Instagram.

 

J’oubliais que je suis mort
Aussi d’intempestives analyses ;
Toi, tu es morte à raison ou à tort
Car tu ne les as pas comprises.

 

Le résultat : nous sommes tous morts,
Vrais et inventés, réunis
dans le merdier
Des jeux merdeux d’autres morts
Qu
i, vivants, savent seulement tuer.

 

Nous sommes morts de tous ces jeux.
Morts
de la route, morts d’on ne sait quelle chose.
Morts
par erreur ou morts sous le feu,
Morts instantanés ou morts prenant la pose.

 

CHANSON SYRIENNE
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Marco Valdo M.I.
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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 09:35

INDE

 

 

Version française – INDE – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – India – Le Orme (Antonio Pagliuca ed Aldo Tagliapietra) – 1974

 

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l’âne mon ami, je m’en vais te raconter une histoire véritable qui illustre on ne peut mieux la canzone « India » – « INDE » et qui dit aussi pourquoi j’ai pris cette peine d’en faire une version en langue française. Elle concerne, comme on l’oublie aisément, principalement, deux pays qui à eux seuls représentent à peu près un tiers de la population de la planète et si on y ajoute le troisième intervenant, on se rapproche encore de la moitié des humains. C’est dire si elle a de l’importance et de la gravité et singulièrement, dans le cas d’un conflit entre eux. On va voir que ce conflit a été éloigné par la possession de l’arme de dissuasion la plus forte : la bombe atomique. Cependant, de ce côté-ci du monde, on a fortement tendance à négliger cette partie du monde et l’histoire qui la concerne et a fortiori, on néglige aussi le poids des événements dans ces pays si (peu) lointains.

 

Si peu lointains, en effet, Marco Valdo M.I. mon ami, que j’y suis allé moi-même depuis très longtemps. Pour tout dire, des siècles avant Zéro. Au passage, et pour des raisons de neutralité absolue, je rappelle que j’ai décidé de compter le temps en prenant comme point de référence, un point arbitraire nommé Zéro, une appellation intacte de toute religion et scientifiquement recevable par tous les humains indistinctement de leur race (concept absurde et discriminatoire – il n’y a qu’une seule race humaine), de leur couleur, de leur âge, de leur religion (usage absurde, discriminatoire et criminogène). Donc, des siècles avant Zéro, j’ai vu le Cathay et les Indes, j’y ai traîné mes sabots et j’ai rencontré des philosophes à dos de buffle et des dieux réincarnés en toutes sortes de figures tutélaires. Ici, on en était encore aux prémisses d’un monde organisé. Mais dis-moi, la canzone, de quoi parle-t-elle ?

 

Oh, Lucien l’âne mon ami, elle dénonce à sa manière la réalisation par l’Inde d’une explosion nucléaire. Cependant, il faut bien dire qu’il y a de quoi être plus nuancé quand on se reporte aux événements de l’époque. Certes, on va le voir l’Inde fait exploser une bombe nucléaire, certes elle la dit « pacifique » – ce pourquoi la canzone l’accuse de duplicité, mais il est vrai – et la chanson n’en fait pas état – que l’Inde est cernée par des voici assez hostiles et qui eux aussi, disposent (Chine) ou vont disposer (Pakistan) de l’arme nucléaire. Plusieurs guerres ont démontré l’inimitié qui règne dans cette partie du monde et la difficile position indienne. Il convenait à mon sens de dire ces choses et d’incriminer les premiers armés – en l’occurrence : la Chine. Je t’ai préparé un résumé des événements pour faire comprendre l’ambiance, vue sur place et non de l’autre bout du monde.

Ainsi donc, face à la puissance chinoise, l’Inde avait perdu la guerre en 1962. Dans ce contexte, l’option nucléaire s’est imposée à l’Inde pour établir un équilibre (face à la bombe chinoise – première explosion : octobre 1964) de la terreur, indépendant du nombre de divisions, de chars ou de combattants.

Dès cette époque, dans un de ses discours Nehru (premier ministre « historique » de l’Inde) évoquait « La Bombe » : « Nous devons développer l’énergie atomique, sans idée de guerre. Je pense vraiment que nous devons la développer à des fins pacifiques. Bien sûr, si en tant que Nation, nous sommes contraints de l’utiliser à d’autres fins, alors aucun argument sentimental ne nous retiendra de l’utiliser à cette fin ». Ainsi, L’Inde lança son programme de « Bombe nucléaire pacifique ». Elle arrivera à le concrétiser en 1974 – soit 10 ans après la Chine.

En 1964, la Chine procède à des essais nucléaires. En 1965, deuxième guerre indo-pakistanaise. Le Premier ministre pakistanais, Ali Bhutto, déclare que si l’Inde développe des armes nucléaires, le Pakistan va « manger de l’herbe ou des feuilles, voire même jeûner » afin de développer à son tour un programme nucléaire. 1971 : Nouvelle guerre entre l’Inde (alliée au Bangladesh) et le Pakistan. Début 1973, Indira Gandhi, premier ministre indien, dit à propos de la bombe : « Let’s have it » (Ayons-la !).

Le 2 mai 1974, à 8H05, la première explosion nucléaire indienne a lieu. Cela se passe à Pokharan dans le désert du Thar. Elle est d’une puissance moins élevée que la bombe lancée sur Hiroshima. Quelques minutes après l’explosion, les scientifiques envoient un télégramme au premier ministre, dont le libellé est "The Buddha is Smiling" – « Bouddha sourit ». L’Inde appelle cet essai : une "Peaceful Nuclear Explosion" : « Une explosion nucléaire pacifique ».

 

Une « explosion nucléaire pacifique » ?, Marco Valdo M.I. mon ami, on aimerait bien y croire et sans doute, était-ce vrai dans l’esprit des dirigeants de l’époque. Le sera-ce encore demain ? De toute façon, la prolifération nucléaire se poursuit et jusqu’à présent, elle a paralysé des conflits majeurs. Mais demain ?

 

En fait, Lucien l’âne mon ami, la vraie question, à mon sens, n’est pas la bombe, mais le nationalisme, mais la division de l’humanité en nations, religions et autres moteurs de guerre ; la vraie question, c’est la guerre, la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches et les puissants font aux pauvres et aux plus faibles pour imposer leur domination, accroître leurs richesses, étendre leurs pouvoirs et perpétuer l’exploitation. Le vrai danger pour l’humaine nation, c’est l’avidité, l’arrogance, l’ambition et face à ces périls, la question des armements est assez secondaire. La faim, la soif, la maladie et la bêtise tuent plus que les armes et même parmi les armes, ce sont les « armes conventionnelles » qui sont et de loin, les plus meurtrières – jusqu’à présent, elles ont fait des centaines de millions, si ce n’est des milliards de cadavres.

 

Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche et tissons encore et toujours le linceul de ce vieux monde amer, avide, arrogant, ambitieux, absurde et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Femme mystique au corps de bronze,
Tu puises aux trésors d’amours ancestrales.
Désert immense de cendres chaudes,
Le soleil conserve tes fièvres anciennes.

 

Terre féconde de diamants bleus, 
Tu emprisonnes dans la boue tes fruits orgueilleux.
Folle source de pluies invoquées,
Tu ramènes la vie sur les plaines assoiffées.

 

Dans les cieux de feu, avec tes danses,
Tu 
escamotes le souffle des affamés,
Tu 
verses des larmes dans le fleuve vicié, 
Mais un tonnerre plus fort te dé
montre menteuse.

 

 

De quelle sagesse résonne ton sitar ?
Et t
on encens, quel poison rare ?

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Marco Valdo M.I.
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 10:50

Qui suis-je ?

 

 

Chanson française – Qui suis-je ? – Guy Béart – 1965

 

 

 

 

Mon ami Lucien l’âne, je suppose que comme moi, tu connais – au moins de nom, Guy Béart. J’en suis même certain. Je me persuade assez que tu sais qu’il est né en Égypte, qu’il parcourut le monde toute sa prime jeunesse à la suite de ses parents, qu’il vécut longuement au Liban avant de finir en France. Mais rassure-toi, je n’ai pas l’intention de faire la biographie de Béart, d’autres s’en sont chargés.

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, nous ne sommes pas des biographes et si jamais, il te venait à l’idée de t’atteler à une biographie, j’aimerais mieux que tu fasses la tienne, car il y a tant de choses à comprendre dans la vie de chacun et tant de zones grises, tant de moments enfuis et enfouis qu’il est toujours intéressant de tenter de s’en souvenir. Cependant, il n’y a rien là d’urgent, ni de nécessaire. Je disais ça comme ça en passant.

 

Écoute, Lucien l’âne mon ami, comme à l’ordinaire, tu parles d’or. Ce n’est pas que je sois pénétré de l’envie ou l’ambition de me tracer un portrait, mais c’est que justement, ton intervention me ramène à la chanson, dont le titre est précisément « Qui suis-je ? ».

 

C’est en effet, Marco Valdo mon ami, la question qui préside à toute autobiographie.

 

Remarque, mon ami Lucien l’âne, que cette question est aussi celle qui résonne dans la philosophie et particulièrement, à l’époque où Guy Béart écrit cette chanson. C’était au temps où Paris, le Paris des brasseries, des bistrots et de la nuit se targuait d’existentialisme ; un penchant philosophique mondain qui se coula dans la Seine avec Paul Celan. On avait changé ; le « Qui suis-je ? », le « Qu’y puis-je ? » de la chanson étaient passé de mode ; on envisageait des consommations culturelles de masse ; on n’essayait plus de comprendre, on se contentait du pré-emballé. Je ne sais même pas, si on pourra en sortir bientôt. Comme je te l’ai dit, globalement, statistiquement, commercialement, la chanson de Guy Béart n’a plus cours. Elle est partie d’un autre monde, mais il y aurait intérêt à y revenir.

 

Honnêtement, Marco Valdo M.I. mon ami, moi qui ai vécu tant de lieux et tant de temps, je ne saurais dire ce qu’il va en être dans les temps prochains. Cependant, ce dont je peux t’assurer, c’est que pour y revenir, on y reviendra ; l’humaine nation ne peut perdurer dans la fange financière. Il est des moments – courts ou longs, peu importe, où elle s’y prélasse et puis, un jour, elle se met à se réfléchir, à se voir et à se rendre compte par elle-même ; elle s’étonne, elle s’indigne d’elle-même, elle s’ébroue et elle se convainc à nouveau que vivre, c’est d’abord et avant tout, vivre. Et elle revit.

 

Certes, Lucien l’âne mon ami, ces fluctuations, ces plongées dans l’horreur suivent le rythme du temps des grands groupes humains, un rythme pareil à celui du temps du calendrier et des saisons. Cependant, s’il s’applique aux grands ensembles, il n’a que peu d’influence sur les individus et là réside la chance de l’humanité. Au travers des individus, unité par unité,l’humaine nation s’humanise et surmonte les pires désespoirs. C’est le phénomène de résistance tel que décrit par le grand Victor de son exil îlien :

 

« Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S’il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! »

 

Marco Valdo M.I. mon ami, arrêtons là ! Il ne s’agit que de chanson, nous n’avons pas l’envergure des grands, ni philosophes, ni poètes, on est juste des causeurs infinis et pour ce qui est de causer, nous avons tout le temps. Concluons pour aujourd’hui et pour cette chanson par notre antienne favorite : « Ora e sempre : Resistenza ! » et reprenons notre tâche qui se veut tranquille et qui nous mène à tisser, tisser inlassablement le linceul de ce vieux monde caduc, obèse, essoufflé, pesant, ambitieux, avide et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien l’âne

 

 

 

Je suis né dans un arbre
Et l’arbre, on l’a coupé.
Dans le soufre et l’asphalte,
Il me faut respirer.
Mes racines vont sous le pavé
Chercher une terre mouillée.
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en litige ?
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en émoi ? 

 

 

On m’a mis à l’école
Et là, j’ai tout appris :
Des poussières qui volent
À l’étoile qui luit.
Une fois que j’eus tout digéré,
On m’a dit : « Le monde a changé ».
Qui change, qui range
Dans ce monde en mélange ?
Qui change, qui range
Dans ce monde en émoi ?

On m’a dit : « Faut te battre ! »,
On m’a crié : « Vas-y ! »,
On me donne une grenade,
On me flanque un fusil.
Une fois qu’on s’est battu beaucoup,
On m’a dit : « Embrassez-vous ! »
Qui crève, qui rêve
Dans ce monde sans trêve ?
Qui crève, qui rêve
Dans ce monde en émoi ?

J’ai pris la route droite,
La route défendue,
La route maladroite,
Dans ce monde tordu,
En allant tout droit, tout droit, tout droit,
Je me suis retrouvé derrière moi !
Qui erre, qui espère
Dans ce monde mystère ?
Qui erre, qui espère
Dans ce monde en émoi ?

On m’a dit : « la famille,
Les gros sous, les autos ».
On m’a dit « la faucille »,
On m’a dit « le marteau ».
On m’a dit, on m’a dit, on m’a dit,
Et puis, on s’est contredit.
Qui pense, qui danse
Dans cette effervescence ?
Qui pense, qui danse
Dans ce monde en émoi ?

Mes amours étaient bonnes
Avant que les docteurs
Me disent que deux hormones
Nous dirigent le cœur.
Maintenant, quand j’aime, je suis content
Que ça ne vient plus de mes sentiments.
Qui aime, qui saigne
Dans ce monde sans thème ?
Qui aime, qui saigne
Dans ce monde en émoi ?

Et pourtant je me jette,
Et j’aime et je me bats
Pour des mots, pour des êtres,
Pour cet homme qui va.
Tout au fond de moi, je crois, je crois,
Je ne sais plus au juste en quoi.
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en litige ?
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en émoi ?

Qui suis-je ?
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Marco Valdo M.I.
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 08:26

Contre tous les Pouvoirs

 

Chanson française – Contre tous les Pouvoirs – Guy Béart – 1981

 

 

 

 

 

 

Contre tous les pouvoirs !
Qu’il soit blanc, qu’il soit noir,
Qu’il soit bleu, rouge ou rose
Ou de toutes les couleurs ;
Qu’il se dise d’ailleurs ;
Qu’il gouverne ou s’oppose.

 

Contre tous les pouvoirs !
Du grand jour, du grand soir.
Qu’il soit démocratique
Royaliste, impérial
Ou qu’il soit syndical,
Commercial, politique.

 

Contre tous les pouvoirs !
Même ceux du foutoir,
Civils ou militaires,
Ramollis, exaltés,
Qu’ils viennent de la cité
Ou qu’ils viennent de la terre.

 

Contre tous les pouvoirs !
Même si par désespoir,
Il devienne modeste,
Qu’il veuille, pour subsister,
Nous dire qu’il va changer,
Qu’il retourne sa veste.

 

Contre tous les pouvoirs !
Qu’il dise « venez y voir »,
Qu’il ouvre grand ses grilles,
Ou qu’il soit très secret,
Qu’il ne soit pas ce qu’il paraît,
Qu’il soit carpe ou anguille.

 

Contre tous les pouvoirs !
Nostalgique ou d’espoir,
Religieux, qui contemplent
L’autre monde d’ici
Et nous tiennent à merci
Des marchands de leurs temples

 

Contre tous les pouvoirs !
Des beaux laboratoires
Des savantes funérailles
Des médecins demi-dieux
Aux produits merveilleux
Qui nous mènent en cobayes.

 

Contre tous les pouvoirs !
Des salons, des couloirs,
Au clin d’œil sympathique,
Au charme nonchalant,
Des gangsters en gants blancs
À l’œil informatique.

 

Contre tous les pouvoirs !
Des parfaits laminoirs
Aux douceurs infernales,
Aux mâchoires de boa,
Qui digèrent les États,
Ces multinationales.

 

Contre tous les pouvoirs !
Des parloirs, des gueuloirs,
Des oiseaux de ramage :
Journalistes, avocats,
Au pouvoir qui ne va
Qu’avec quelque chantage.

 

Contre tous les pouvoirs !
Des baudruches de la gloire,
Des chanteurs, des artistes.
Aux pouvoirs des médias
Qui, à hue et à dia
Jouent aux équilibristes.

 

Contre tous les pouvoirs !
Des terroirs, des trottoirs,
Car sitôt qu’un esclave
Est devenu le roi
C’est pareil chaque fois :
Dans le sang, il nous lave.

 

 

Contre tous les pouvoirs !
À parler provisoire
Qui du pouvoir abdiquent
Et qui sont rotatifs
Ou bien décoratifs
Et vive la République.

Contre tous les Pouvoirs
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Marco Valdo M.I.
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 10:09

HISTOIRE VRAIE D’ORSI

 

 

Version française – HISTOIRE VRAIE D’ORSI – Marco Valdo M.I. – 2017

 

Chanson italienne (Piémontais) – Da Ursi (Storia vera) – Giuliano Illiani (Donatello) – 1978

 

 

Sûrement vraie du début à la fin (malheureusement), l’histoire des ouvriers de l’entreprise Orsi de Tortona, une prestigieuse fabrique de tracteurs dont la production avait été adaptée pour fabriquer du matériel militaire durant la seconde guerre mondiale

 

 

Chez Orsi, les ouvriers travaillent dur,
Tracteurs et projectiles pour les Allemands,
De la montagne arrivent les rumeurs de mort.

 

Chez Orsi, les ouvriers ont fait grève,
Au mois de mars quarante-quatre,
Pour La liberté, le pain, le salaire.

 

Chez Orsi, les ouvriers sont des partisans,
Ils font les obus en alliage léger,
Et les Allemands tirent de la tôle.

 

Chez Orsi, les ouvriers sont des farceurs,
Ils montent de travers les tracteurs,
Et en Allemagne, les transmissions sautent.

 

Chez Orsi, les ouvriers parlent le dialecte
Pour ne pas se faire comprendre du commandant,
Et ils sifflent quand arrivent les surveillants.

 

Chez Orsi, les ouvriers ont du courage,
Ils ont appris l’art du sabotage

Et mettent des boulons dans les engrenages.

 

Chez Orsi, on a licencié les ouvriers ;

Ils attendent toujours leurs indemnités,

Je n’ai pas oublié leur histoire.

HISTOIRE VRAIE D'ORSI
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Marco Valdo M.I.
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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 18:17

OÙ RÈGNE LA VIOLENCE, LA

 

RÉSISTANCE ESUN DEVOIR

 

Version française – OÙ RÈGNE LA VIOLENCE, LA RÉSISTANCE EST UN DEVOIR – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson allemande – Wo Gewalt herrscht, wird Widerstand zur Pflicht – Bettina Wegner – 1985

 

 

 

 

 

En 1985, Lucien l’âne mon ami, l’Allemagne est toujours divisée et se trouve toujours encore au cœur du nœud noué à la fin du Reich de Mille Ans qui n’en a duré que douze. Avec d’un côté comme de l’autre, de très puissants « alliés », lesquels ont installé sur son territoire des troupes, des bases militaires pour les héberger, des aériennes et bien entendu, des rampes de fusées, potentiellement équipées d’ogives nucléaires.

 

Comme qui dirait, tout est prêt pour le grand feu d’artifice, dit Lucien l’âne.

 

Oui et depuis un certain temps déjà, Lucien l’âne mon ami. On comprend que les populations aient eu peur de cette situation et aussi qu’elles en ont aussi marre de vivre dans l’appréhension, d’autant que le fait n’est pas récent. Ça faisait quarante ans que cette tension quotidienne durait.

Auparavant, il y avait eu la terreur nazie, suivie de la guerre à l’étranger, puis les bombardements et la guerre sur le territoire allemand, l’occupation.

Ensuite, depuis une trentaine d’années, les manifestations contre cet état de terreur larvée se sont succédé sur fond de guerre froide. Ce furent souvent des manifestations de plus en plus fermes et assez énergiques et la répression fut à l’unisson.

 

En effet, Marco Valdo M.I., j’avais bien noté tout cela et le fait que durant ces années-là, les guerres « chaudes »s’étaient déroulées essentiellement à d’autres bouts du monde : en Corée, au Vietnam, en inde, au Proche-orient, en Algérie, etc, mais en Allemagne, c’était une guerre « froide » et même à certains égards, « glacée ». Les canons étaient pointés, chargés, mais ils ne tiraient pas et si les chars ou des forces répressives sont intervenus, c’était à l’intérieur des frontières de l’un ou l’autre camp. On se gardait bien de franchir certaines limites.

Il s’en est passé bien des choses durant ces années-là, mais qu’y a-t-il de si particulier à cette année 1985 ?

 

En fait, Lucien l’âne mon ami, si on se place d’un point de vue général pour examiner ces quarante ans écoulés depuis la fin de la guerre mondiale, on pourrait presque répondre : rien. On pourrait relever qu’on est encore toujours dans le même monde divisé ; en Allemagne, dite de l’Ouest, les manifestants crient encore toujours : « Lieber rot als tot ! » – « Mieux vaut rouge que mort ! », montrant par là qu’en cas de conflit ou d’affrontement avec les armées de l’URSS et leur éventuelle invasion, ils préféreraient ne pas combattre plutôt que de risquer la mort collective et nucléaire. Faut les comprendre, ils étaient aux premières loges.

 

Oh, Marco Valdo M.I., je me souviens très bien de cette sainte terreur qu’inspirait la « bombe » en ce temps-là. Il me semble d’ailleurs qu’à présent, on ait presque oublié son existence et l’effroi qu’on avait à l’idée de la voir surgir dans le grand conflit latent.

 

 

Il est certain, Lucien l’âne mon ami, que si l’un ou l’autre des froids belligérants de cette époque avait été pris soudain d’une bouffée de chaleur nucléaire, le jeu des réactions en chaîne serait enclenché et on n’aurait pas donné cher ce l’humanité entière et sans doute même pour un long moment, la vie sur la planète aurait été compromise. Un moment très long et même, très, très long. Et c’est face à cette perspective que la chanson et son refus des fusées prennent tout leur sens. Derrière ce refus, il y avait une peur immense, une frayeur d’épouvante et en même temps la conscience de la nécessité de mettre le holà à cette confrontation, à cette guerre des nerfs à l’échelle d’un continent et par extension, de la Terre entière.

 

Tout cela est fort bien, mais, dit Lucien l’âne, je me demande encore – c’était ma question – ce que cette année 1985 a de particulier par rapport à cette histoire.

 

J’y viens, j’y viens, Lucien l’âne mon ami, mais il me fallait placer le décor. À mon sens, 1985 est -avec le recul – une année charnière, car cette année-là, les choses commencent à bouger ; on assiste aux prémices d’un lent mouvement de détente. En URSS, le régime en place, qui porte cette politique de terreur, est en train de vaciller. La meilleure image que l’on pourrait donner est celle d’un dégel, de la progressive disparition des glaciers. C’était assez lent, mais c’était doué d’une formidable inertie.

En ce qui concerne les fusées, qui est le sujet de la chanson, il y a eu cette année-là, l’annonce d’un moratoire sur l’installation en Europe des SS20, d’un côté, disons dans l’Europe hors des frontières russes et des Pershings, de l’autre côté ; il y avait l’accord de coopération avec les Zétazunis quant à un désarmement bilatéral.

Cependant, comme on peut s’en rendre compte, trente ans plus, on y revient, même si par ailleurs, les choses ont fortement changé tout en restant les mêmes. Le Guépard qui disait : « se vogliamo che tutto rimanga com’è, bisogna che tutto cambi » – « Si nous voulons que tout reste comme il est, il faut que tout change »), disait vrai.

 

Certes, Marco Valdo M.I., il y a des invariants dont l’inertie transcende facilement les régimes et les péripéties de l’histoire. C’est vrai par exemple pour l’Allemagne, c’est vrai pour la Russie. C’est un des effets temporels qu’on peut aisément déceler à l’intérieur de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres afin de s’assurer de la domination, d’imposer leurs volontés, de maintenir leur pouvoir, d’étendre leurs privilèges, de multiplier leurs richesses. En fait, le temps n’est pas le même si l’on considère le temps des régimes et des hommes de pouvoir, qui se mesure en années et en dizaines d’années et le temps de ces entités historiques qui se mesure avec un étalon d’une amplitude beaucoup plus grande qui couvre des périodes pouvant aller jusqu’aux milliers d’années. Quoi qu’il en soit, il nous revient de tisser le linceul de ce vieux monde belligérant, effrayant, mortifère et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien l’âne

 

 

 

 

Nous avons protesté et crié à haute voix
Que dans le pays, nous ne voulions pas de fusées ;
Nous étions nombreux, mais finalement il arriva
Que nous partageons maintenant ce pays avec des fusées.

 

Pourquoi ne partage-t-on pas avec le Tiers-Monde
Pour que personne qui vit là, ne meure de faim ?
Pourquoi ne donnons-nous pas de nos moyens
Contre la disette, puisqu’ici l’abondance règne ?

 

Vous avez claqué l’argent carrément dans l’armement
Et vous avez ignoré le référendum sans un mot
En dépit même de notre Non éclatant.
Il se pourrait que votre fin soit pour bientôt

 

Ne pensez pas que c’était votre victoire.
Vous verrez bientôt quand viendra la facture
Pour la peur des hommes face à votre guerre.
Nous sommes tristes et furieux, mais nous ne sommes pas inertes.

 

Je ne peux tolérer ça, Herr Feldmarschall
Car je suis un homme et j’ai peur maintenant,
Peur de l’explosion atomique, Général !
Je voudrais simplement connaître mes petits-enfants.

 

Je veux un monde, où on peut vivre
Et les enfants des enfants des petits-enfants aussi ;
Où trouver à manger pour chaque femme, chaque homme ;
Un monde qui n’a pas besoin de vous et de vos amis.

 

Vous êtes le pouvoir et vous les avez installées,
Vous n’avez pas demandé ce qu’il fallait faire :
Notre opinion ne vous a en rien intéressé.
C’est pourquoi on vous dit à voix haute et claire :

 

Nous continuons, car nous ne sommes pas encore quittes.
Nous ne voulons pas
de vos fusées de merde,
Remmenez-les ou foutez-les au dépotoir.
Où règne la violence, la résistance est un devoir !

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Marco Valdo M.I.
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 18:30

À LA GARE DE MONZA

 

Version française – À LA GARE DE MONZA – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – Alla stazion di Monza – Anonyme – 1900 – Joe Fallisi – 2014

Tiré des « Canti satirici anticlericali » Leoncarlo Settimelli e Laura Falavolti, Giulio Savelli éditeur, Rome, 1975.
Joe Fallisi
l’a incluse dans son album de 2014 intitulé “L’uovo di Durruti” (L’Oeuf de Durruti).

 

 

À la gare de Monza

Un train est arrivé
On a tué le roi
Trois balles l’ont frappé(1)

 

Nous brûlerons les autels et les églises,
Nous brûlerons les palais et les cathédrales
Avec les boyaux du dernier prêtre
Nous pendrons le pape et le roi. (2)

 

Révolution, guerre à la société,
Révolution, guerre à la société.
Plutôt que vivre, vivre 
écrasé,
Mieux vaut mourir pour la liberté,
Mieux vaut mourir pour la liberté.

 

Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera

Avec le pape dedans
Et si le gouvernement s’oppose
Et si le gouvernement s’
oppose
Et si le gouvernement s’
oppose
Que la révolution explose !

 

Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera

Avec le pape dedans
Et si le gouvernement s’oppose
Et si le gouvernement s’
oppose
Et si le gouvernement s’
oppose
Que la révolution explose !

 

Révolution, guerre à la société,
Révolution, guerre à la société.
Plutôt que vivre, 
que vivre écrasé,
Mieux vaut mourir pour la liberté,
Mieux vaut mourir pour la liberté.

 

J’ai été sur le Mont Amiate
Où est mort Lazzaretti
Lui aussi était socialiste
Et pour la liberté a péri. (3)

 

Prêtre, prêtre, tu me feras mourir ;
Prêtre, prêtre, tu me feras mourir ;
Tu me feras mourir !

 

(1) Référence à l’attentat mortel contre le roi Umberto I, à Monza, le 29 Juillet 1900. L’auteur de l’attentat était Gaetano Bresci, qui conclut les tentatives antérieures faillies de Giovanni Passannante et Pietro Acciarito.

(2) Référence à un célèbre passage du Testament du curé Meslier 

 

(3) Référence à David Lazzaretti, prophète social qui dans la seconde moitié du XIXième prêcha la révolution dans la région du Monte Amiata, en Toscane. Il fut tué des carabiniers en 1878. Voir Fuori dal controllo  de Gang. 

À LA GARE DE MONZA
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Marco Valdo M.I.
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