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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 08:51

CHÔMAGE TECHNIQUE

 

Version française – CHÔMAGE TECHNIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La cassa integrazione – Alfredo Bandelli – 1970

Texte et musique d'Alfredo Bandelli

 

 

 

alfband-copie-1.jpg

 

 

 

 

Écoute, Alfredo, maintenant on arrête de plaisanter. Comme on dit, le jeu est beau lorsqu'il dure peu. Voudrais-tu continuer à nous faire croire que tu serais « mort » en 1994 ? Quelques mois après la première victoire électorale de Berlusconi ? Et alors comme se fait-il que je te vois toujours là près de la station de Pise, avec ta grande barbe, gratter tes chansons et tes luttes sans quartier ? Qui chantent encore aussi les jeunots au ticheurt antifà, et même la Lucia dont les camarades de quinze ans existent encore, on ne sait pas comment mais existent ? Et cette chanson-ci ? De 1970 ? ! ? Mil neuf cent septante ? ! ? Mais quoi, tu te fous vraiment de nous, c'est une chanson au grand maximum de deux mille dix, maximum deux mille onze, mais elle pourrait être même d'il y à un quart d'heure… En somme, Alfredo, comment je dois te le dire de sortir, décide-toi… ? ! ? !

 

 

Ton ami et collègue Ibrahim le Cariste, Navacchio, Pise, Italy

 

 

 

 

 

 

Il a raison Ibrahim le cariste... Cette chanson n'a pas d'âge... Elle est d'hier, elle est d'aujourd'hui ou de demain aussi bien que d'avant-hier ou peut-être de toujours. Du moins, depuis qu'il y a des usines et des patrons... Avant, pour les paysans ou les artisans, c'était pareil, mais il n'y avait pas de chômage technique, ni d'indemnités... Et alors, c'était la misère, la famine, dont les autres noms sont : l'insuffisance alimentaire, la malnutrition, la dénutrition... Et c'est encore ainsi aujourd'hui pour de très grandes parties du monde... On le sait bien ici dans les Chansons contre la Guerre que c'est là une des causes des grandes migrations. Cependant, il faut absolument faire la distinction entre misère et pauvreté. La pauvreté, on peut vivre avec elle et même, sans doute, vivre bien et bien vivre – ce qui, sémantique pour sémantique, ne veut pas dire exactement la même chose que vivre de biens. Vivre bien, bien vivre ne nécessite que peu de choses... En somme, quand on a assez, on est content. Tandis que vivre de biens nécessite beaucoup de choses, nécessite une croissance permanente, c'est pour les riches... Mais la faim, la misère... Il n'y a qu'à fuir, là-bas fuir... Et on fuit par millions... Résumons : on a fui les campagnes, on a fui les famines d'Irlande, de Wallonie et de Flandres, on a fui celles des montagnes, on a fui le soleil de Sicile, de Lucanie ou de Sardaigne... On a fui la Grèce ou l'Allemagne ou la Roumanie... La Norvège, la Suède se sont vidées de leurs habitants... L'exode part dans tous les sens... On fuit d'Afrique, on fuit d'Asie... On fuit du Mexique ou d'Andalousie... On a fui le Sud, on a fuit le Nord, on a fuit l'Est, on a fuit l'Ouest... Et on fuit encore... Une hémorragie sans fin. Une litanie qui dure autant que la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour renforcer leur pouvoir, accroître la terreur, imposer le travail à bas coût, tirer des profits infinis, rabaisser les autres hommes pour se grandir eux-mêmes … Car, pense-z-y, Lucien l'âne mon ami, la richesse n'a de sens que s'il y a des pauvres, des pauvres vraiment pauvres et mieux encore, s'il y a de la misère. Et c'est ce qui se joue actuellement : comme ils n'en ont jamais assez, les riches deviennent de plus en plus riches, démentiellement riches dans le même temps – et c'est voulu, ce n'est pas du tout un hasard, c'est le fondement-même de la richesse, ils appauvrissent les pauvres. Avec urbanité, en costume et cravate (Ah, la cravate, sans elle...), entourés de gardes du corps... Les pauvres n'ont pas besoin de gardes, ni qu'on les regarde. Les riches, oui ! Et ce point est souvent ignoré – volontairement ; on ne veut pas mettre à jour le premier moteur du riche, sa boulimie d'autosatisfaction, son addiction à la vanité. Vanité, inanité, insanité des riches... Dureté, cruauté, méchanceté des riches. Car, je sais que le terme est inhabituel, les riches sont fondamentalement mauvais et méchants. Cela dit, on peut très bien vivre dans un monde où tout le monde serait pauvre – je te rappelle qu'il faut distinguer pauvreté et misère... Un monde où on arrêterait de produire quand il y en a assez, un monde où les gens seraient contents d'avoir leur content... Foi de Valdo, on peut vivre dans la fraternité des pauvres...

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., je le sais, je l'ai toujours vécue cette fraternité et comme tu vois, je ne m'en porte pas si mal. Et j'ai vu tant de riches se détester et se combattre... ils appellent ça la concurrence... Cependant, nous ne pouvons quand même pas faire la révolution à nous deux... Mais nous pouvons préparer la fin de ce monde et lui tisser un linceul doré à ce vieux monde dur, cruel, méchant, vaniteux, insane et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Chômage technique et puis, licenciement

Le chômage arrive en traître

Et jour après jour, dans le coin, il n'y plus rien à faire

On ne s'en sort pas, si on ne trouve pas un arrangement.

 

Il faut sauver la production
Restructurons et licencions.
Tous d'accord, pacte social
Et reprenons le travail.

 

« Messieurs les patrons, faites-nous travailler,
Un mois de chantier ou un jour à décharger »
Sans assurance, les heures, les jours volés
Le désespoir fait tout accepter.

 

Maintenant ton contrat est signé
Ne va pas te plaindre si on t'a couillonné.
Attention à toi, à tout moment
On peut te coller un licenciement.

 

Ils veulent nous licencier pour nous effrayer
Nous faire chanter et nous empêcher de lutter,
Mais notre réponse pour ne pas nous faire baiser
C'est « Avec ou sans travail, nous voulons exister ».

 

La crise la dévaluation empirent
Mais on s'en fout de la production.
Notre droit à la vie nous le voulons
Nous voulons nous organiser pour en finir.

 

Luttez camarades, crevez patrons
L'heure est proche, révolution !

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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 23:05

VIE DE VIRÉ

 

 

 

Version française – VIE DE VIRÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Tagliato fuori – Del Sangre – 2002

 

 

 

Dis, Marco Valdo M.I. mon ami, toi qui as écrit des « chansonchômes », des chansons de chômage, dont une se termine également par un suicide...

 

Je m'en souviens si bien, celle que j'avais été chercher chez Trénet et qui s'intitulait : « Je chôme »... Cette chanson [[9561]] où le chômeur qui se pend, se retrouve fantôme et terrible vérité, les gens se moquent de lui : « Un fantôme qui chôme, on trouve ça rigolo »... Avec son côté surréaliste et primesautier, elle est d'une épouvantable véracité... Tout comme celle-ci. Regarde sa vie à ce futur chômeur, ce futur rejeté, ce futur viré... Elle est déjà pas drôle... Il a bien eu une jeunesse un peu enthousiasmante ; ancien boxeur, il a dû connaître des heures de gloire pour avoir accumulé quelques trophées. Mais après... Comme dit Claude Léveillée... « La vie t'a bouffé, comme elle bouffe tout le monde... »[http://www.youtube.com/watch?v=_JQPREYIXZo]. Une vie d'ouvrier, une vie de rien, peut-être même, une vie pour rien. Qui sait ? Laminé par le laminoir... C'est pas par hasard que parfois, certains, ou tous, allez savoir, veulent en finir avant l'heure. Mais avant l'heure, c'est pas l'heure... Après, il est trop tard pour philosopher.

 

 

Mais quand même, trente-cinq ans, ce ne devrait pas être l'heure... Ni pour un suicide, ni pour une vie de viré.

 

 

De toute façon, on ne sait pas grand chose du suicide ouvrier... Je sais, je sais, je vois tes yeux... Mais il n'y a pas de statistiques sur le suicide ouvrier, ni d'ailleurs sur le suicide des chômeurs... Suicide express : un balle et hop dans le néant. Suicide plus lent, au jour le jour, à l'usine, au boulot... Le travail tue lentement, sauf accident. Mais tue, à l'usure. Et puis, à partir du moment où on fait partie de la classe ouvrière, du grand parti des travailleurs, du combat ouvrier... Se suicider devient de la désertion. Même ceux qui ont le même destin de « vie quand même », « ceux en qui tu croyais », te rejettent, t'accusent de trahison. Désertion par le suicide sur le front du travail... Quelle dérision ! Toi qui te lèves face à ce « réveil qui viole nos rêves », même seul, même en n'allant pas jusqu'au bout de ta douleur...

 

 

Quel monde, quel monde absurde et dégueulasse. Oh, la vie dans les montagnes d'Ionie était dure, mais au moins, elle n'avait pas ce goût amer de la modernité, avide de rentabilité et de bénéfices – seules causes des malheurs des hommes . Alors, dans les vents venus de la mer pas si lointaine, elle n'avait que le goût d'elle-même, que le goût de la vie. Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, aide-moi à tisser le linceul de ce vieux monde suicidaire, oppresseur, étouffeur, mortifère et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

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Vie de tous les jours, vie quand même,
Le réveil viole nos rêves
Ceux en qui je croyais, ont baissé la tête à présent
Et on m'a cassé les dents
Aujourd'hui on fait la file pour être refusé
Ce sont des temps durs pour les gens du chantier
Il souffle un vent mauvais
Qui m'emporte d'avoir bu trop après
Pour étourdir le mal qui m'avait miné
Ma femme et mon fils de trois ans s'en doutaient
Le monde auquel je croyais m'a viré

 

Vie à racler le fond du puits
La dignité s'est enfuie
Je me souviens encore des engagements
Emportés par le vent
J'ai jeté mes trophées de boxeur
Fini un peu plus tard au chômage
J'ai trente-cinq ans et plus de coeur
Je vous jure le meilleur de mon âge
Ils me l'ont pris, ces voleurs.

 

Vie de tous les jours, vie quand même,
On recommence, sans savoir comment ça finira
J'ai pointé désespéré une arme sur ma tête
Mais je n'ai pas eu le cœur de faire ça.

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Marco Valdo M.I.
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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 22:24

L'Homme au Casque Rouge

Chanson française – L'Homme au Casque Rouge – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

 

georg

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, vois comme vont les choses... Il y a à peine trois-quarts d'heure, je postais à l'adresse des CCG un très long travail de traduction, celui de la chanson Via dei Georgofili, l'histoire d'un attentat à Florence le 27 mai 1993. [[44724]]. Et l'aventure de notre ami Ventu, ambulancier volontaire à ses heures, m'avait véritablement ému et m'a paru imposer une chanson. Est-ce à cause de la remarque que R.V. faisait en disant que les chansons sur divers attentats, il y en a assez bien et que sur cet attentat-ci, à part une allusion des Del Sangre, on n'en trouvait pas. J'ai voulu combler ce vide. Je n'en dirai pas plus... Mais cette chanson la voici... Elle est consacrée à un personnage un peu secondaire de cette dramatique histoire florentine... C'est – comme dans les histoires d'Allemagne – le point focal de la narration... Il est là, il regarde, il enregistre... Il encaisse lui aussi le choc... Vingt ans après , il en est encore tout retourné. Pour lui, la nuit du 26 au 27 mai est à jamais une nuit blanche. Cet homme, c'est, tu l'auras deviné, Riccardo lui-même à qui je dédie cette chanson.

 

 

Marco Valdo M.I., mon ami, laisse-moi te dire que tu as bien fait de faire cette chanson, comme ça, tout à trac, comme elle venue... J'espère qu'elle trouvera un musicien... Je voudrais à mon tour dire deux mots de la position particulière du témoin ou de toute personne impliquée (sans y avoir participé d'une quelconque manière) dans un attentat, des dégâts psychiques incroyables que cette personne va subir au fil du temps. Elle est marquée au fer rouge, au plus profond de sa chair et de sa conscience et jamais, ce souvenir indélébile ne la laissera en repos. C'est là ce qui a frappé notre ami Riccardo, comme doivent être ainsi frappés tous ceux qui – professionnels ou non – se portent au secours des autres... et souvent, échouent et c'est sans doute là le pire... cet échec à contrecarrer le malheur. À quand donc un monde sans malheurs provoqués ? Il y a déjà assez de circonstances et d'événements tristes comme ça, sans en rajouter idiotement. Ainsi va le monde, je l'entends souvent cette antienne ... et bien, pour nous, Marco Valdo M.I. mon ami, nous ne pouvons nous résigner à ce que le monde aille comme ça et dès lors, tissons le linceul de ce vieux monde imbécile, brutal, inconscient, pervers et cacochyme.

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

L'homme au casque rouge

Penche la tête comme halluciné

Son tablier blanc déboutonné bouge

Sur le latex gris de ses gants désolés

 

Il dort depuis un moment

Le vacarme le réveille

Il plaisante un instant

Le téléphone tremble et grésille

Il ne se coiffe pas, il ne se lave pas

Appel SOS. Il part sur le champ

Il fonce, fonce et ne s'arrête pas

Chauffeur d'ambulance n'a pas le temps

 

L'homme au casque rouge

Penche la tête comme halluciné

Son tablier blanc déboutonné bouge

Sur le latex gris de ses gants désolés

 

L'homme au casque rouge regarde les pieds du papa

Nadia la petite fille sort des gravats

Un pompier au trop léger fardeau semble ivre

En face, l'étudiant a fini de vivre

Sur un brancard, sous un linceul, une femme

Poussières, ruines, larmes, flammes

Pleurs, peur, frayeur, terreur

La nuit du 27 mai, l'homme au casque rouge compte les heures.

 

L'homme au casque rouge

Penche la tête comme halluciné

Son tablier blanc déboutonné bouge

Sur le latex gris de ses gants désolés

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 20:57

VIA DEI GEORGOFILI

 

 



Version française – VIA DEI GEORGOFILI – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Via dei Georgofili - Raja Marazzini – 2009

Dans l'album des Gang avec Daniele Biacchessi "Il paese della vergogna" « LE PAYS DE LA HONTE » (2009)

 

Texte du poète Raja Marazzini en hommage aux victimes de l'attentat de la via dei Georgofili, Florence – 27 mai 1993

 

 

 

JE L'AI DÉJÀ VU
de Riccardo Venturi, 26 mai 2007

 

 

 

Je revois dans sa destruction
La pierre sculptée des mains
Des poussières anciennes, la vie
Estropiée, les images arrêtées ;
Me cueillirent ici, dans la nuit
De mai, les épaules un peu courbées
Pendant que déjà, au loin, explosait
Dans le rêve, la douleur, la fin.

 

C'est de cette nuit du 27 mai 1993 que je vais répétant une chose, périodiquement, chaque fois qu'elle me revient à l'esprit ou bien quand je vois un œuf Kinder. Je dis, toujours, que peu importe si je vais en enfer ; je l'ai déjà vu.

 

Je l'ai vu du lit de la via San Salvi, où je dormais. Deux heures avant, j'avais téléphoné, ou peut-être était-ce une heure et demie, ou peut-être, n'a-t-elle jamais été et l'ai-je rêvée ; oui, je dormais, mais d'un de ces sommeils étranges de cette année-là. Ce n'étaient que chiens indolents, puants d'alcool, souillés d'illusions, embrouillés à la folie. On entendit un terrible vacarme .

 

Mon logeur, un fou très intelligent, l'entendit aussi ; nous nous retrouvâmes dans le couloir, en caleçon, presque en plaisantant. « Ils bombardent », dit-il en riant. « Maintenant, voici les hélicoptères », je lui répondis ; je retourne au lit. Sonne le téléphone.

 

« Riccardo, vite, il y a une boucherie, un massacre  !

 

À l'autre bout du fil, quelqu'un de l'association du volontariat sanitaire dont je fais partie depuis maintenant je ne sais pas combien d'années, à en perdre le décompte. Instinctivement et immédiatement, je reliai la chose à l'explosion entendue quelques minutes auparavant.

 

Je pris ma tenue et je m'habillai comme je pus en une demi-minute. Une minute après, je fonçais au local dans ma vieille Ford Escort blanche, celle que deux mois plus tard, je décapoterai en allant cogner du toit la plate-forme abaissée d'un camion parqué en travers, risquant de me décapiter moi aussi.

 

Au local, il y avait quarante personnes, réveillées comme moi, l'explosion, l'appel téléphonique. Parmi eux, quatre médecins qui s'étaient mis à disposition gratuitement. Sans rien dire. Une équipe était déjà partie ; on fit partir les autres ambulances. J'étais le chauffeur d'une d'elles. Un Fiat Ducato, immatriculé Milan 4.

 

Depuis ce moment, sont passés quatorze ans exactement. Et j'ai encore tout dans les yeux. La ville bloquée par la police, les agents, la Protection Civile. Le parcours obligé par le lungarno de la Zecca Vecchia et du cours des Teinturiers, déjà fermé avec des barrières. Les gens qui ne comprenaient pas ce qui avait bien pu se produire. Et l'arrivée.

 

Piazza Signoria transformée en un cimetière de vitres cassées ; par terre, il y en avait une couche de dix centimètres.

 

Les fenêtres du Palazzo Vecchio arrachées.

 

La colonne de fumée qui montait derrière les Uffizi.

 

L'ambulance s'arrête. On descend et on court à pied avec le brancard, les couvertures, les médicaments, l'équipement de réanimation.

 

Via Lambertesca.

 

Via dei Georgofili.

 

Peu m’importe d'aller en enfer. Je l'ai déjà vu.

 

Je revois dans sa destruction
La pierre sculptée des mains

 

Les gravats

Les blocs de pierre tombés

La fumée

Les flashs

 

L' "Antico Fattore" brûlé, avec les marques de l'enseigne « Trattoria », qui avait fondu, encore visibles sur le mur.

 

Les gens qui continuaient à s'enfuir.

 

Les cris.

 

Une ancienne porte de bois, qui devait peser trois tonnes, balayée. À l'intérieur, une Mercedes sombre enterrée sous les décombres. Seul ressortaient le coffre arrière et la plaque : FI H9 .....

 

De poussières anciennes, la vie
Estropiée, les images arrêtées

 

Les pompiers qui creusaient.

 

Et moi, et nous là, avec nos casques protecteurs rouges sur la tête.
Je me sentis ridicule.
Je ne pus pas ne pas me sentir ridicule avec l'enfer devant les yeux.
Je fermais les yeux toutes les deux secondes et je les rouvrais en espérant que ce fût un cauchemar.

 

Pointaient deux pieds glaçants, d'un adulte.

 

Il était encore en pyjama.

 

Sortit une fillette morte. Elle avait un œuf Kinder dans sa main.

 

Et, puis, sa petite sœur de quelques mois. De quelques jours. On crut qu'elle vivait encore. Elle était encore vivante. Un pompier la prit, enveloppée dans une couverture, la porta à une ambulance.

 

Elle mourut elle aussi.

 

Comme était déjà morte sa mère, qui avait été la première à être extraite des décombres de la Torre dei Pulci.

 

Comme mourut un jeune étudiant de l’immeuble en face.
Il vivait avec sa copine.
Il était réveillé.
Il étudiait.

 

Il y a quatorze ans que je pense à cette fille.
Où elle serait maintenant.
Ce qu'elle ferait.
Si elle était à nouveau tombée amoureuse.
Ou bien si son amour aura pour toujours vingt-deux ans.

 

Me cueillirent ici, dans la nuit
De mai, les épaules un peu courbées

 

Une photographie de la revue « Epoca », pendant que le pompier portait le nouveau-né. Les épaules courbes, la tête se baisse.

 

Je restai toute la nuit, toute la matinée, tout le jour là.

 

J'ai vu arriver les autorités, des politiciens, des journalistes. Carlazzeglio Ciampi, qui à l'époque était Premier Ministre, et dont la cohorte de gorilles me donna un coup dans le dos qui, pour un peu, m'envoyait rouler à terre.

 

Pendant cette journée, j'ai dû téléphoner.
Ou peut-être pas, je ne m'en souviens pas bien.

 

Une voix me répondit. Ou peut-être non. Je racontais. Je devais le raconter à quelqu'un.
La voix était étrange, froide.
Pourtant je me souviens que, peu de jours après, sur un pré, à cette voix, je montrai la photo d'« Epoca ».

 

Pendant que déjà, au loin, explosait
Dans le rêve, la douleur, la fin.

 

Un mois après c'était à mon tour, d'exploser.
Et c'était, là aussi, une explosion qui venait de la même nuit.
Aucune équipe de secours ne fut envoyée pour ramasser les débris.

 

Passent les années.

 

Comme passent les années.

 

Tous les ans, arrive la nuit entre le vingt-six et le vingt-sept mai.

 

Que personne ne me demande, dans cette nuit, de faire quoi que ce soit.

 

Que personne ne mette jamais plus devant moi un œuf Kinder.

 

 

 

LA MAIN
de
Riccardo Venturi, 28 mai 2010.





Voilà qu'est passé un autre vingt-sept mai. Avec ses habituels prémices. Une petite affiche au CPA (Centro Popolare Autogestito FirenzeSud: depuis 1986 activités culturelles et politiques pour l'antifascisme et la solidarité sociale). Un texte sur un autre blog qui le rappelait, avec un poème d'une enfant. Je me disais de ne plus en parler, je me disais.

 

Aussi car, comme toujours, je me serais retrouvé à dire des choses déjà dites et redites. À rappeler, comme je le fais depuis dix-sept ans, que cette enfant de la poésie, je l'ai vue de mes yeux sortir des décombres, à un mètre et demi de distance. À redire comment, depuis lors, je n'ai plus supporté même la vue d'un œuf Kinder. À radoter à nouveau à propos d'un pied en pyjama à lignes, et d'un petit fardeau qui passait devant moi dans les bras d'un pompier. Tout de cette nuit maudite, depuis l'explosion, jusque dans les plus minuscules détails. L'enseigne fondue de l' « Antico Fattore », qui avait laissé seulement la trace noircie de l'inscription « Trattoria ». La Mercedes sombre, immatriculée FI H9 et quelque chose, enterrée dans son garage. Les vitres. Le matin.

 

Et j'aurais dû, encore une fois, prendre en considération ce qui, vraiment dans ces instants, se passait ailleurs. Je n'avais pas cependant la moindre intention de le faire. Doucement doucement cette chose s'est comme diluée dans le temps, et n'en sont restées que des quantités homéopathiques. Demeurent seulement ces images. Je devrais, donc, recommencer à parler de l'enfer, qui ne me fait pas peur car je l'ai déjà vu, à Florence, dans ma ville, la nuit du 27 mai 1993. Avec sur mon dos, une tenue blanche sale, un ridicule casque rouge sur la tête, les épaules courbées, les mains avec les gants de latex.

 

Redire tout cela ; mais je l'ai déjà fait beaucoup, trop de fois. Même si ce ne fut jamais pour dire « moi, j'y étais ». J'aurais voulu ne pas y être du tout. Si je pouvais, je rayerais ce jour. Si je pouvais, je rayerais chaque chose. J'aurais voulu continuer à dormir dans la chambre du magasinier fou. Ce qui arrivait ailleurs, serait arrivé tout pareil ; il n'y avait aucun besoin que cela se double d'un massacre. Je voudrais que ces personnes, cette famille et cet étudiant, fussent encore vivants et aient mené une vie normale. Nadia serait, maintenant, une jeune femme. Sa petite sœur serait une fille. L'étudiant serait diplômé, et maintenant il serait tout ce que le destin aurait voulu : un professionnel confirmé, un vacataire, un satisfait, un déçu, un célèbre, personne, un suicidé. N'importe quoi. Le destin, cependant, a été interrompu. Combien de fois me suis-je posé des questions sur le pourquoi de cette interruption ; je n'ai jamais trouvé de réponses plausibles.

 

Puis, un mois après, ce fut la mienne d'explosion. Je l'ai racontée trop de fois celle-là. Je voulais m'en défaire de n'importe quelle manière, et sa fin fut d'avoir été, au moins par certains, moquée. Mais c'est bien ainsi, il n'y a pas des problèmes. Tout, tôt ou tard, éclate. En ces jours lointains, la Fiorentina se retrouva en série B ; j'aurais dû, peut-être, en parler aussi. Et d'une bicyclette verte, d'un studio plein de paperasses qui me dégoûtaient, de nuits étranges, de personnes parties, de croisements de vent. Pourtant de temps en temps, de ces jours, me revient une molécule ; elle passe et s'en va.

 

Florence, ensuite, a su plus facilement que moi oublier cette nuit. Encore l'un ou l’autre article non lu dans les journaux, encore l'un ou l'autre témoignage, et ensuite tout s'évanouira. La tour, on l'a refaite plus belle et plus ancienne qu'avant. Ils ont refait à la perfection la maison d'en face, et qui sait qui habitera dans la chambre où est mort l'étudiant. Qui sait ce qu'il fera. Ils ont mis une pierre tombale avec le poème de Nadia, et une information écrite dans je ne sais pas combien de langues. L'autre matin, tôt, en passant par hasard en voiture sur le lungarno, je suis descendu un instant ; il y avait un touriste qui traduisait à ses copains dans une quelconque langue slave, tchèque ou slovaque, l'inscription en anglais. On a planté un olivier où il y avait eu le cratère du Fiorino ; mais pourquoi ont-ils choisi pour faire exploser leur bombe justement un fourgon qui portait le nom de l'ancienne monnaie de cette ville. Tout est redevenu tourisme et curiosité. Les Uffizi sont à un pas. Personne, sur cette nuit, n'a écrit même une chanson ; il y en a des dizaines sur la Piazza Fontana, il y a Ringhera de Della Mea sur la Piazza della Loggia, il y a Agosto di Lolli pour l'Italicus. Pour la via dei Georgofili, même pas une. Ce n'était pas un massacre assez d'État, peut-être. C'était la mafia. Naturellement, mafia et État sont deux choses très différentes. Il y a eu seulement les Del Sangre qui, sur la couverture de leur second album, ont mis une image de la via dei Georgofili. Mais, putain, qui les connaît les Del Sangre. Ils font des chansons sur les Indiens en Maremme, sur les partisans romagnols, sur les bandits siciliens et l'un d'eux supporte la Lazio.

 

Cette bombe me souleva même. Elle me prit. Elle me poussa hors de ma ville. J'ai eu de la peine, une extrême difficulté, pour la récupérer ; la même difficulté à me récupérer moi-même. C'est un effort que je fais encore, et que je ferai toujours. Partout où je me trouvais, me suivaient des ombres. Cette nuit a été une bifurcation, une ligne de partage des eaux ; il y a l'avant et il y a l'après. Voilà, c'est ainsi. J'en parle encore... c'est l'aube, car ce ne sont pas des choses, celles-là, qu'on peut écrire quand le soleil donne. Je ne suis pas arrivé à dormir. Il y a dix-sept ans que je n'arrive plus à dormir autour de cette date. Maintenant, je n'entends plus me bouger de Florence ; cursum perficio. Je suis devenu un spécialiste de ses banlieues, celles-là où aucune mafia ou aucun État ne pensera jamais placer une voiture piégée comme symbole. Je circule pour photographier les vieilles voitures. Il y a eu de tout et le contraire de tout ; des amis devenus des ennemis, des amours devenus des haines. Je ne le savais pas encore, cette nuit, pendant que je voyais emporter ces morts, pendant que je cherchais à secourir les blessés du mieux que je pouvais. Elle me prenait la main cette bombe, et me jetait ailleurs pour la moitié de ma vie, en me faisant ricocher dans tous les ailleurs de ce monde.

 

 

DES CHOSES QUE J'AURAI TOUJOURS DEVANT LES YEUX

Riccardo Venturi - 27/5/2013 – 00:30

 

Vous voudrez bien m'excuser d'avoir inséré dans cette page deux choses écrites chez moi , ailleurs, dans les ans passés ; toutes deux autour de ce vingt-sept mai. Si vous avez déjà lu les deux choses, vous aurez compris que dans cette malheureuse nuit d'il y a vingt ans j'étais là, vraiment là. J'ai vu la destruction. J'ai vu sortir les cinq victimes du massacre de via dei Georgofili. Et ce sont des choses que j'aurai toujours devant les yeux et en moi.

 




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Riccardo Venturi est l'homme au casque rouge



Piazza della Signoria. Pas loin.
Via dei Georgofili, le 27 mai, on est bien dehors.
Taches de couleur : les yeux de la Madone, le nez de l'Enfant.
Les couleurs brillent pendant qu'une famille marche sans penser à mal.

 

Angela Fiume in Nencioni 36 ans
Fabrizio Nencioni 39 ans
Nadia Nencioni 9 ans
Caterina Nencioni 6 mois

 

Une famille qui se promène avant de rentrer à l'hôtel, dans les rues florentines où poussent des hommes de lettres et de peinture.
Les statues sont immobilisées en gestes anciens.
Merveilleuses.
Et la vie, encore donne le meilleur d'elle-même.

 

Dario Capolicchio 22 ans

 

L'une de la nuit.
La lune pâle ombre les rougeurs des amants.
Les huiles éternelles se liquéfient comme des aquarelles à la chaleur des soupirs.
Deux enfants collés à la vespa par les baisers : jambes coincées dans un amour total, même où il ne faudrait pas mais comment faire pour ne pas écouter ses sourires, devenir une seule chose dans l'ombre de la rue, la serrer toujours, ne jamais la quitter.

 

« Encore cinq minutes... »

« Je dois y aller » et puis, rire... ensemble

 

Comment partir sérieusement , on croirait partir pour toujours et alors… Si, un baiser, reste.
« Encore cinq minutes… ce n'est pas fatigant : assieds-toi sur la vespa, devant moi : je veux sentir tes cheveux… parfum de lavande tient loin les moustiques, mais pas moi qui ris attiré dans ton jeu… mais il se fait tard. »
« Il n'est pas encore l'une… »
« Un baiser, je dois y aller. »
« Encore cinq minutes »
« Non, il est tard, je dois y aller… à demain. »
« Si amour, nuit. Un baiser aussi. Douce nuit.  »

 

« Encore cinq minutes »

 

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Marco Valdo M.I.
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 12:53

C'EST TOUT UN PLAISIR

 

Version française – C'EST TOUT UN PLAISIR – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Ogni tanto fa un certo piacere – Dario Fo– 1963

Texte de Dario Fo
Musique de Fiorenzo Carpi

 

 

Regarde quelle coïncidence, Lucien l'âne mon ami...

 

 

Comment ça, quelle coïncidence ? Ce n'est pas clair. Il n'y a que toi qui dois savoir à quoi tu fais allusion.

 

 

En effet, en effet... Je m'explique. Hier ou il y a quelques jours, je t'ai rapporté une Histoire d'Allemagne qui s'intitulait : « Ni d'Est, ni d'Ouest. Nazis ! ». Cette histoire était narrée par un policier qui dénonçait ces bandes de criminels et leurs exactions assassines. Il dénonçait au passage le manque de moyens et d'effectifs pour faire face à ces bandes armées. La chanson d'aujourd'hui, qui nous vient d'Italie, où les choses n'ont pas sensiblement évolué, est chantée par le groupe des assassins et même, par leurs commanditaires – en Italie, ils sont fascistes, qui se réjouissent de la complicité de la police, de la protection qu'elle leur apporte dans leurs actions criminelles.

 

 

Ah, je vois, dit Lucien l'âne. Je me souviens très bien de cette histoire d'Allemagne [[44790]] et mieux, j'en ai encore de l'effroi dans le dos de tous ces nazis au crâne rasé qui massacraient de coups les travailleurs vietnamiens et leurs familles et incendiaient la cité où ils vivaient... Du temps de la guerre d'Algérie et en France, on appelait ça des ratonnades.

 

 

 

ratonnade.jpg

 

 

 

Exactement. À propos de Paris et de skinheads fascistoïdes (je précise et c'est important, car il y a des gens au crâne rasé qui ne sont pas nazis du tout et même, carrément opposés à ces crapules – voir absolument : http://www.redskinheads-de-france.fr/), un jeune homme, venu de Bretagne pour étudier à Paris, vient d'être assassiné alors qu'il sortait d'un magasin et précisément par des skinheads, qu'on qualifie pudiquement de droite... Et finalement, ce n'est pas inexact... Car la droite est comme le vin mousseux... D'abord, elle est pleine de bulles (papales), elle est en quelque sorte graduée... Quand tout va bien, que tout coule dans le sens qui lui convient, son niveau de réactivité est doux et ses propos sont onctueux, ses gestes enveloppants et d'une rondeur évangélique; quand – pour elle, les choses se compliquent, son taux de réactivité passe au niveau, demi-sec – c'est le temps de l'invective, de l'insulte modérée à l'encontre des gens qui ne sont pas de son bord ; on parle, mais on ne fait rien encore ; un cran au-dessus, on en vient aux mots blessants, aux méchancetés, aux manifestations de rue (Paris vient d'en subir quelques unes – et tous les prétextes sont bons : ici, il s'agissait de mettre en cause le mariage des homosexuel(le)s) – avec la bénédiction des évêques et la bienveillance du Vatican ; comme disait Voltaire ; « la caque sent toujours le hareng » ; on m'a dit aussi que c'était le bon Henry de Navarre, du temps où il n'avait pas encore touché le calice empoisonné qui était l'auteur de cette sentence et indiquait ainsi qu'il sentait de loin arriver le papiste et même si je fabule, l'expression et la sensation qu'elle figure sont exactes) ; et puis, quand les événements s'y prêtent, la droite durcit encore le ton et on en vient au niveau brut, qui comme son nom l'indique, est assez musclé – là, on démarre à l'insulte, on cogne, on frappe, on matraque, on assomme, on tue, on assassine... mais en quelque sorte, à petite échelle... Ensuite, à l'étape suivante, c'est Maurras (Charles Marie Photius Maurras – 1868-1952), c'est l'Action française, ce sont les bandes armées, c'est l'affrontement, c'est le putsch, c'est la prise de pouvoir... C'est l'État National ou l'Empire. On est cousin d'Adolf ou de Benito. Je laisse à chacun le soin de transposer cette graduation de la droite dans son aire géographique.

 

 

J'imagine très bien ce que ça doit donner en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Italie... Pour m'en tenir à l'Europe où nous vivons... Ainsi donc, notre tâche est incommensurable et pourtant, il nous faut bien nous y remettre et recommencer à tisser le linceul de ce vieux monde un peu trop gris, un peu trop feldgrau, un peu trop noir, un peu trop brun... un peu trop enclin aux crapuleries, aux assassinats, aux massacres et aux guerres et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dàlli, dàlli, dàlli, dàlli, dàlli,
De temps en temps, c'est tout un plaisir
De pouvoir assommer quelqu'un,
De pouvoir légalement laisser courir
Sa méchanceté sur quelqu'un.
Corsetés de mesquinerie,
Sus, chantons, couvrons de huées
Cette lamentation de bêtes à genoux :
Sus, écrasons-les sans pitié,
Sus sus, écrasons-les sans pitié.
Oh quelle grande invention l'ennemi,
Un ennemi qui est désarmé :
Remercions qui nous l'a procuré,
Indiqué et déjà malmené.
Remercions les autorités :
Avec leurs forces de l'ordre dans la rue
Pour nous, le monde est une aubaine
Chaque chose est faite pour nous
Chaque chose est faite pour nous
Pour nous gens aisés,
Pour nous gens bien-pensants,
Pour nous gens moralisateurs,
Pour nous gens conformistes,
Christ est mort pour nous,
Car nous l'avons fait tuer,
Pour ensuite le faire dorer
Et sur des croix d'argent clouer,
Et sur les trophées et les armes graver,
Afin que l'on sache que, sauf imprévu
Telle est la fin de tout Christ.

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Marco Valdo M.I. - dans Dario FO
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:30

 

 

LE GRAND CIRQUE

 

 

 

Version française – LE GRAND CIRQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne de Riccardo Venturi d'une chanson grecque

To megalo mas tsirko
[1973]
Texte de Iakovos Kambanellis
Musique de Stavros Xarchakos
Interprètes: Nikos Xylouris e Jenny Karezi

 


Une nuit sans sommeil j'ai tenté, pour cette chanson, d'accoucher d'une traduction en vers – parfois irréguliers et qui ne rendent probablement pas la chanson chantable en italien. Une tentative. Sur quelques points, je me suis un peu éloigné du texte original en me forçant cependant de ne jamais le déformer. Une chanson qui, j'espère, trouvera tôt ou tard aussi une traduction française adéquate de la part de « notre » grand Marco Valdo M.I., auquel je veux la dédier. [R.V.]

 

 

fascistes-grecs.jpg

 

 

 

 

Nous voici presque au solstice d'été de l'an 2013 après Zéro et je découvre cette chanson qui s'était perdue dans le labyrinthe des CCG ou peut-être, était-ce moi qui m'y étais égaré... Le résultat en finale est le même. Je suis en retard. J'agite mes grandes oreilles blanches, je balance mon réveil et je salue celui qui m'avait tel un ami laudatif accolé l'épithète de « grand », moi qui ne suis rien d'autre qu'un pauvre rimailleur (un pauvre rimailleur tout couvert de rimées... Je signale pour nos amis qui n'eurent pas l'heur de la récitation française, que Jean de La Fontaine – 1621-1695, un vrai « grand » – avait écrit : « Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée » ; c'est un tic hérité de l'enfance que de paraphraser le brave Jean et bien d'autres) atteint de graphomanie digitale chronique. Je le salue et je le remercie cependant, car venant de lui, c'était quand même un compliment... Mais l'on sait aussi que la Suisse est le plus grand pays du monde... Quand on la déplie... Sans doute, Venturi m'a-t-il déplié... Et je suis très heureux de sa dédicace s'agissant d'une chanson de Nikos Xylouris, d'une chanson dont le titre nous ravit Lucien l'âne et moi... Un texte Iakovos Kampanellis... Le Grand Cirque... Tout un programme de réjouissances. Et d'une traduction italienne de sa main, qui m'a servi à établir une version française – laquelle aussi et à son tour s'éloigne un peu de son modèle et que j'espère cependant à la hauteur de l'auteur et de son primo-traducteur.

 

 

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 

 

 

Je vous rapporte de grandes nouvelles de là-bas

Je respire, attendez un peu, laissez-moi

Dites-moi si je dois ricaner

Ou pleurer ou me taire ou hurler

 

Nos souverains partent, ils s'enfuient

Au port, la mer, le rivage qui fuit

Leurs alliés les chassent du pays.

 

Ils les ont cuits, ils les ont bien eus,

Ils ont creusé leur fosse dès le début.

Nos grand protecteurs, hier encore

Sont devenus nos croque-morts.

 

Qui paiera ce qui a été ravagé ?

Comment de zéro tout recommencer ?

Savez-vous au moins comme ce fut jamais été ?

 

Cependant le destin écrit encore quelque chose

Aidé de trois écrivains, ça impose

Diront les prêtres et les scribouillards

Roublards, vantards et paillards.

 

L'ordre est maintenu par les prétoriens

Et au palais tous les malins

Attendent les nouvelles de demain

 

Les banquiers étrangers se sont concertés,

Les ruffians grecs se sont rasés.

Intérêts de sept et cinquante augmentés,

À sept quarante, ça peut s’arranger.

 

Celui qui croyait reste là sans broncher

Abasourdi et muet à regarder

La Liberté qui soudain se met à marteler.

 

Peuple, il ne faut plus te serrer la ceinture

Ni te laisser manquer de nourriture .

Tes luttes sont du temps gaspillé

Si elles ne te rendent pas le sang versé.

 

Peuple, il ne faut plus te laisser atterrer

Sinon tu auras une peur d'affamé,

D'esclave vivant encore et déjà enterré.

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Marco Valdo M.I.
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 23:05

 

 

Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis !

 

Canzone française – Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis !– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 92

An de Grass 93

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

aiglereich3.jpeg

 

 

 

Il est vivement conseillé de regarder la vidéo, dont l'adresse suit :

 

http://www.vitheque.com/Fichetitre/tabid/190/language/fr-CA/Default.aspx?id=148

 

 

 

 

 

 

 

Écoute bien, Lucien l’âne mon ami, cette histoire d'Allemagne, car – peut-être plus que d'autres, elle nous concerne tous quoiqu'elle date de l'année mil neuf cent nonante-trois et qu'elle se passe en Allemagne. D'une certaine manière, elle donne la clé de toute cette série d'histoires d'Allemagne qu'il faudra bien comprendre comme des histoires d'Europe.

 

 

Ah, Marco Valdo M.I. mon ami, ce que tu dis là recoupe et confirme très précisément ce que j'avais ressenti depuis le début de ces Histoires d'Allemagne, sans trop oser le dire. En quelque sorte, l'Allemagne, c'est l'Europe et l'Europe, c'est l'Allemagne... Et par exemple, la lutte des opposants allemands au troisième Reich était en fait la lutte d'Européens pour la liberté et la survie ; une lutte pour la sauvegarde de tous les Européens. D'ailleurs, il me paraît que c'est là une sorte de point de vue précurseur, une appréciation lucide de ce qui se passe sur le continent... chacun des soi-disant États étant une sorte de province de cette Europe en maturation. Ceci s'impose quelles que soient les prétentions nationales et les constructions institutionnelles. L'Europe, même dans l'état immature où elle se trouve, s'impose par dessus les nations. D'ailleurs, l'Europe existait avant même qu'on la formate en Communauté, en Union ou demain, en je ne sais quoi. Ceci a d'autres conséquences et notamment, le fait essentiel que rien de ce qui se passe en Europe ne peut nous rester étranger ; autrement dit, quoi qu'il se passe en Europe et où que la chose se passe, cela affecte, concerne et touche tous les Européens. Ainsi les malversations de certains politiciens dans un pays sont tout aussi dommageables à l'ensemble des Européens qu'aux nationaux estampillés de cette nationalité. En clair aussi, ce qui est fait aux Grecs non seulement concerne tous les autres Européens, mais aussi est prémonitoire de ce qui va leur arriver demain – si ce n'est déjà fait. Ce qui confirme notre antienne : « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT BIENTÔT ».

 

 

On pourrait d'ailleurs tout aussi bien dire : « Regardez ce qu'ils font aux Hongrois, aux Roumains, aux Italiens, aux Belges, aux Espagnols, aux Portugais... » En somme, il suffit d'un peu de théorie des ensembles... Mais pour en revenir à cette histoire d'Allemagne, elle raconte une série d'événements dramatiques qui étaient des chasses à l'homme, des manifestations contre les étrangers, les immigrés, les gens de couleur, les gens venus de l'est, du sud, d'ailleurs... En toile de fond, il y a la destruction des régions allemandes qui étaient antérieurement parties de ce qui se voulait et s'appelait la République Démocratique Allemande. Cette histoire est comme à l’ordinaire rapportée par un narrateur ; ici, ce personnage est un policier, qui officiait déjà dans l’ancienne république – la démocratique (il avait été ce qu'on appelait alors un vopo) et qui a continué à pratiquer le même métier au même endroit après la réunification. C'était un témoin direct de ces événements. Et un témoin engagé... Au sens militaire du terme... engagé sur le terrain. Mais c'est aussi un policier qui se pose des questions et qui a conscience de ce qui se passe autour de lui et un policier qui entend faire barrage à ce qu'il faut bien appeler par son nom ; le racisme, le fascisme et dans sa version allemande, le nazisme.

 

 

Voilà donc un policier qui adopte un comportement qu'on pourrait qualifier de démocratique et somme toute, de critique. Il doit y en avoir dans chacun de nos pays ; sans doute même, y en a-t-il toujours eus... Mais j'ai comme l'impression qu'il en est d'une autre sorte... Chez nous, on dit : « Il n'y a plus de sadiques dans les rues, ils sont tous dans la police ». Façon de parler, mais, en effet, à voir ce qui se passe en Grèce, cette complicité entre la police et les fascistes d'Aube Dorée, on le penserait bien... Et comme on le dit ici : « Regardez ce qu'ils font aux Grecs... »

 

 

Et ce policier-narrateur, ex-vopo, avec ses principes a presque l'air d'un résistant... Ce qu'il est d'ailleurs pour imaginer, rappeler et en quelque sorte, revendiquer « Un pays nazis non admis »... Il le dit dans sa chanson... Au passage, il fait aussi sauter une dichotomie pernicieuse, celle entre l'est et l'ouest, qui pourrait aussi bien être celle qu'on fantasme entre le sud et le nord... et ce qu'il dit est précisément le titre de la canzone – je rappelle que l'on est en 1993 et que la fusion, disons plutôt l'absorption, le phagocytage de l'Allemagne démocratique, dite de l'Est par l'Allemagne fédérale, dite de l'Ouest, vient de se produire. À Rostock, comme dans le reste de cette ex-Allemagne de l'Est, la reconquête capitaliste laisse des milliers de chômeurs, des entreprises à la dérive, des chantiers navals abandonnés, installe une misère crasse et c'est sur cette décomposition orchestrée par la recherche du profit, que vont avoir lieu des expéditions de nazis qui vont casser du Viet et du nègre... Ce sont ces événements que raconte ce policier-narrateur... Parlant de ces nationaux-racistes à la chevelure réduite, il dit : « Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis ! ». Et il a raison, la frontière n'est pas géographique, elle est politique ; elle traverse de part en part la société...

 

 

Si je comprends bien, c'est en fait un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans... Cette Guerre que les riches font aux pauvres pour par la terreur leur imposer de se soumettre à leurs exigences, pour leur imposer leur éternelle (du moins, ils le croient et l'espèrent) domination, pour accroître leur empire, pour les écraser et en tirer les profits les plus étendus. C'est par la peur, la peur la plus irraisonnée qu'ils imposent ce monde absurde et très certainement, inique. Car sur cette planète, on peut et même, on doit être capables de mettre en place un monde où si on le considère et si on l'organise rationnellement, il y aurait de quoi satisfaire tout le monde, de quoi assurer à chacun de vivre aisément, où l'équité serait la règle, où chacun disposerait de ce dont il a réellement besoin et où chacun ferait ce qu'il est capable pour le bien commun. Voilà pourquoi, pour que ce monde intelligent advienne, il nous faut reprendre notre tâche quotidienne et tisser, envers et contre tout, le linceul de ce vieux monde absurde, irrationnel, inintelligent, carrément idiot, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Moi, je vous le dis

Face à ces têtes de bandits

Nous, les petits flics de rien

On ne pouvait plus rien, rien de rien

 

Chez nous, l'effectif était maigre

En face, les crânes rasés, des centaines

Pour chasser les Viets et les nègres

Avec leurs battes et des chaînes

 

Avant, dans la démocratique

Un pays nazis non admis

Tout ça, tous ces bandits

On ne les voyait pas, bernique !

 

Maintenant, ils sont revenus

Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis !

Ils sont tous là, ils tapent, ils crient

Mais à Mölln et Solingen, ils tuent

 

Maintenant, il n'y a quasiment plus d'emplois

Vous croyez qu'on peut soigner ça

Avec des manifestations à la bougie

Ce chômage, cette misère infinie.

 

Avant, dans la démocratique

Un pays nazis non admis

Tout ça, tous ces bandits

On ne les voyait pas, bernique !

 

Mais, vous savez ce qu'on dit

C'est l'Allemagne, la peste brune

L'Allemagne est un étrange pays

Perdu parmi ses brumes et ses runes

 

Ah ça ! Vous trouvez ça normal ?

Pareil en France, en Italie, chez les Anglais

L'Europe ? Oui, oui, affreusement normal !

Vous savez, moi, ce que j'en disais...

 

Avant, dans la démocratique

Un pays nazis non admis

Tout ça, tous ces bandits

On ne les voyait pas, bernique !

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 22:46

LA RELIGION DES PUISSANTS

 

 

 

Version française – LA RELIGION DES PUISSANTS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - La religione dei potenti (Lascia pur che dica Iddio) – Dario Fo – 1965

 

 

Dieu-chat.jpeg

 

 

 

 

« Gare à vous, riches rubiconds et rassasiés,
Qui tels les chameaux ne passerez pas par le chas
Comme a dit le Seigneur, -
Jamais vous n'entrerez dans mon royaume ».
Et voilà soudain nos seigneurs
Qui vendent tout, jusqu'à leur chemise,
Afin d'être pauvres et dignes de Dieu.
Ils mettent tout à l'abri, ne gardent pas d'argent,
Ils convertissent en banques jusqu'aux couvents
Ils achètent, investissent, mais seulement à prix bas,
Sur les intérêts, ils ne payent pas de taxe.
Ils ont inventé les œuvres de bienfaisance,
Ils ont des milliers de pharmacies,
Ils ont des hôpitaux et des centres de soins,
Ils ont le monopole sur les pompes funèbres.
Ils ne paient pas d'impôts sur leurs gains,
Ils ont des visages tristes, mais ils chantent contents :
Ils laissent dire à Dieu:
« Vous n'entrerez pas dans mon royaume »,
Ferme-la, ferme-la la porte
De ton royaume, que nous importe !
De la politique, ils sont passés maîtres,
En fait, ils feignent d'être maladroits,
Quand ils ont pour ami quelque tyran
Tous le savent tous, mais eux en sont ignorants.
Leur ami tue les gens,
mais eux silencieux font semblant de rien :
Pourquoi le frapper d'anathème,
L'excommunier ? Ça ne vaut pas la peine,
L'important est sauver le trône.
Chantons gaîment, et gaffe à qui détonne :
Quand Dieu viendra nous dire
« Vous n'entrerez pas dans mon royaume »,
Ferme-la, ferme-la la porte
De ton royaume, que nous importe !

 

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Marco Valdo M.I. - dans Dario FO
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 19:56

ANALPHABÉTISATION

 

Version française – ANALPHABÉTISATION – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Analfabetizzazione – Claudio Lolli – 1977

Texte et musique de Claudio Lolli
Instrumentistes : Piergiorgio Bonafé (saxo teneur, saxo soprano, flûte) ; Marcello Castellana (claviers), Roberto Costa (bassement électrique, trombone) ; Bruno Mariani (guitare acoustique, guitare électrique, guitare 12 cordes) ; Adriano Pedini (batterie, percussions).

 

 

PRINTEMPS.jpeg

 

 

 

Ma mère je l'ai appelée pierre,
Car elle était dure,
Mais pas vive.
Mes amis je les ai appelés des pieds
car j'étais heureux seulement
lorsque on partait.
Et ma mer je l'ai appelée ciel,
car mes vagues arrivaient
trop loin.
Et mon ciel je l'ai appelé coeur,
Car il me plaisait d'y toucher le soleil
avec la main….
Je n'ai jamais eu un alphabet tranquille, servile,
Les pages je les tournais toujours avec le feu.
Aucun maître n'a jamais été trop capable,
De respirer mon oxygène et mon jeu.

 

Et le travail je l'ai appelé plaisir,
Car la sémantique ou est violence
Ou bien une opinion.
Mais ce n'est pas ma faute, ne me sautez pas dessus,
Si mon envie de liberté aujourd'hui est aussi besoin
De confusion.
Et le plaisir je l'ai appelé devoir,
Car le printemps m'éclatait au dedans
Comme une caresse.
Fondre, confondre, reprendre
Enfin refondre
L'alphabet de la vie
Sur les pierres de miel
De la beauté.

 

Et le pouvoir,
Dans son immense intelligence
Dans sa complexité,
Ne m'a jamais ému
Avec sa solitude,
Je ne l'ai jamais salué comme tel.
Cependant j'ai relevé le défi,
Avec beaucoup d'élégance et beaucoup de sûreté,
Quand j'ai appelé prison sa félicité...
Et de ce jour, le pouvoir me poursuit,
Avec ses chaussures cloutées de peurs.
Il me poursuit sur ses montagnes,
Ces montagnes que j'appelle des plaines.



 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:13

PANPAN ! QUI C'EST ? LA POLICE !

 

Version française - PANPAN ! QUI C'EST ? LA POLICE ! – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Pum Pum! Chi è? La Polizia!‎ – Dario Fo– 1972

Paroles de Dario Fo – Musique de Paolo Ciarchi


Chanson d'introduction de la pièce du même titre, satire grotesque en deux actes sur les massacres d’État, mis en scène par le collectif théâtral « La Comune ».



DarioFo.jpeg

Cette histoire n'est pas une histoire imaginaire

Cette histoire est une histoire vraie

Dans le monde, il y a une seule loi, celle de la violence,

Sur la violence s'appuie le pouvoir, ce fut toujours ainsi.

 

Qui se fait mouton, on le sait, le loup le mange.
L'âne qui rue toujours est battu à mort.
Mais quand ils sont nombreux à ruer
On voit s'enfuir tous les sbires, ce fut toujours ainsi.

 

Cette histoire n'est pas une histoire imaginaire

Cette histoire est une histoire vraie

Dans le monde, il y a une seule loi, celle de la violence,

Sur la violence s'appuie le pouvoir, ce fut toujours ainsi.

 

Qui se fait mouton, on le sait, le loup le mange.
L'âne qui rue toujours est battu à mort.
Mais quand ils sont nombreux à ruer
On voit s'enfuir tous les sbires, ce fut toujours ainsi.

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Marco Valdo M.I.
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