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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 13:08

60 ANS
Version française – 60 ANS – Marco Valdo M.I. – 2010
Chanson italienne – 60 Anni – Talco



Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson à clefs ou à tout le moins, une chanson pour laquelle il faut deux ou trois compléments d'explication... Je te dis tout de suite qu'à mon sens, le personnage qui parle n'est autre que le peuple italien lui-même...

J'imagine bien, dit Lucien l'âne, et j'aimerais au moins que tu me dises le sens de certains mots que je ne trouve pas au dictionnaire courant... Je ne parle pas des allusions à des personnages politiques précis... Mais de ces mots qui ont l'air tout à fait communs... comme piduiste, lupara, ou qualunquiste... qu'à mes yeux, tu n'as pas véritablement traduits comme tu l'aurais dû.

Tu as raison, Lucien mon ami l'âne, d'abord dans ta distinction entre les allusions à tel ou tel personnage et les noms communs. Pour ces derniers, je ne les ai pas traduits, dis-tu, comme j'aurais dû. Je sais bien que ce n'est pas un reproche, mais quand même... Je vais prendre la peine d'y répondre comme si c'en était un. Je n'ai pas traduit ces mots... Tout simplement car on ne peut les traduire; ils n'ont pas d'équivalents en français. Voilà qui complique singulièrement les choses... et dans ce cas, la meilleure solution est de conserver le mot et de l'importer tel quel en français. C'est le cas de nombre de mots italiens; par exemple : spaghetti, macaroni, tartufo, tifosi... ou d'autres langues comme bistro, caméra, matador... Comme ils n'avaient pas d'équivalents, il a bien fallu les utiliser tels quels ou légèrement transformés. C'est le cas ici de qualunquiste, de squadriste et de piduiste. Alors, on y va : qualunquiste – littéralement : je m'enfoutiste, mais il a un sens précis en politique en Italie (et sans doute ailleurs), c'est le n'importe quoi, la débrouille, le n'importe comment du moment qu'on arrive au pouvoir et quand on y est arrivé, on y reste. C'est à la fois, l'arrivisme, l'opportunisme, le populisme et ensuite, toutes les dérives qu'on peut voir et celles qu'on ne peut pas voir. Et bien, je n'ai pas de mot pour ça. Donc, j'ai francisé le mot italien. Squadriste est aussi un mot très précis et politique : c'est en fait un de ces nervis fascistes, un membre d'une bande de cogneurs, de tueurs fascistes... Quant à piduiste, il renvoie au même univers des zones noires du pouvoir en Italie : c'est un membre de la Loge P2, une loge maçonnique dévoyée par des arrivistes et des gens malades de la richesse et du pouvoir. Si tu veux des noms, il te faudra lire l'actualité présente en Italie... Tu en trouveras plein de ces gens-là aux premières pages des journaux... En clair – et provisoirement, il faut l'espérer – ceux-là tiennent le haut du pavé. C'est en fait ce système et ce régime du « n'importe quoi pourvu que je reste au pouvoir » que dénonce cette chanson.

Et la lupara ?, demande l'âne Lucien. Tu ne m'as rien dit de la lupara...

C'est normal, on ne parle jamais de la lupara... Je veux dire, on n'en parle pas dans le pays où elle est utilisée... Mais si je devais traduire ce mot, je devrais dire « fusil à canon scié » ou quelque chose du genre... Cependant, çà n'aurait pas le même sens, la même connotation disons sociale, politique ou de menace. C'est en quelque sorte l'instrument de travail des tueurs mafieux... C'est donc aussi une manière de dénoncer la mafia et ses méthodes criminelles et crapuleuses. Alors, on garde le mot lupara...

Décidément, dit Lucien l'âne, ce monde est encore plus tordu, plus en décomposition et plus cacochyme que je ne le pensais.. Viens, mon ami Marco Valdo M.I., il nous faut aller lui tisser son linceul.

En Sicile, comme ailleurs, conclut-il, Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




J'ai soixante ans de deuils et de prisons
Désormais ravagé par ce capital anonyme
Piégé dans un lager de flics et de maçons
De bombes et d'assassins sans patronymes
J'ai payé des fautes de prêtres et de parrains
Et des prisons et des ghettos remplis d'idées
Des rêves trahis envolés des fenêtres
Et des dogmes corrompus protégés à Hamamet.

J'ai pleuré votes et idéaux vendus à un Américain
J'ai échangé mon dieu contre le pouvoir d'un démochrétien
Je vis l'erreur et la haine qualunquiste
Tirer dans le ventre de l'utopie
Et la horde funeste du germe centriste
Croître sur la pourriture de la bourgeoisie

J'ai vu encore des juges ingrats
Payer cher leur dignité
Et des templiers ivres avec leurs écus croisés
Tomber dans la fosse de l'immunité
Tu as baisé les mains de puissants piduistes
De riches ploutocrates, de fauteurs de guerre
Tu as acheté mes votes à la lupara et aux pots de vin
Tu as sucé la vie aux ouvriers et aux étudiants

Quand le silence est une douleur assoupie dans un idéal sourd
Quand le spectre des anciens tourments résonne au loin
Je revois le mal dans les yeux brillants
De haine squadriste et de noire nostalgie
Je revois Scelba et la pieuvre fasciste
Le long des enseignes de la police.



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Marco Valdo M.I. - dans Talco
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 13:00

LE PAS DU SOURDINGUE

Version française – LE PAS DU SOURDINGUE – Marco Valdo M.I. a – 2010

Chanson italienne – Il Passo del Caciurdo – Talco

 

Là dans les latrines des jours sans gloire

Des nuits noires bercent le sommeil de l'indécence

Une ombre s'avance balourde et sans mémoire

Elle marche pas à pas derrière le mal de indifférence

 

Depuis les égouts de la race, rampe imperturbable

Entre des consciences inertes qui ne demande pas le pourquoi

Un vieux chemin funeste et fils du passé

D'un fantoche qui brame une histoire qui n'existe pas


Non, il n'y a pas de quoi rire

Ils marchent les déchets d'une histoire qui n'existe pas

Non, il ne doit pas rire

Le sourdingue qui veut aller à reculons

Certes, vous autres messieurs n'ont aucune considération

Au guignol qui ne sait pas marcher en avant

Combien de fois encore caresserez-vous l'illusion

De vivre au jour sans veiller la nuit

Ne dormez pas bêtement ! C'est le pas du sourdingue

Avec ses loques sales de haine, il veut faire le nettoyage

Il rit et se déguise, c'est toujours son pas de sourdingue

Il souille vos rêves du présent et veut s'en aller à reculons.

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Marco Valdo M.I. - dans Talco
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 12:51

TESTAMENT D'UN BOUFFON

Version française – TESTAMENT D'UN BOUFFON – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Testamento Di Un Buffone – Talco

 

 

Fables épuisées et vides de mélancolie

Brouillard qui noie jours et solidarité

Nous dit-on sont nuages et utopie précaires

Mais là dans la métropole s'enfonce la réalité.

 

Sans filtres dans les rues promène le bouffon

Il saute par dessus les débris d'une ville désormais sourde

Il n'y a pas d'espace pour des plaintes ni modération

Pour celui qui a déchiré ses valeurs pour une tranquillité aveugle

Ne courez pas, ne fuyez pas

Un jour ne peut vivre sans son utopie

Ne courez pas, ne fuyez pas

Vous soldez votre lâcheté dans le néant du bien-être

Parmi les vols désespérés des fantômes et des faux jours

Ne courez pas, ne fuyez pas

Réveillez-vous paillasses avant ou ensuite

Comment vous feriez sans rêves

 

Certes un bouffon ne tiendra pas compagnie

Au vieillard qui ne sait plus parler avec ses rêves

Pour qui la caravane est désormais partie

Le prix de son orgueil est de s'enfoncer dans l'erreur

Mais dans les fauteuils armés du je-m'en-foutisme

Traîne une litanie vide d'idées sans identité

Ils disent « Un peu d'opportunisme ne sera pas plus mal »

Merci mais je refuse, j'ai mon intégrité trop à cœur


Mesdames, messieurs, les spectateurs

Un autre train est reparti

Je vous laisse le testament d'un amour qui a suivi sa vie

Avec le sourire, je repartirai en votre compagnie

En avant approchez-vous et qu'il n'y ait de honte dans le cœur de personne

Regardez regardez ne fuyez pas

Il y a ici, un bouffon armé de poésie qui danse encore avec ses rêves

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Marco Valdo M.I. - dans Talco
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 22:20

LA CROISADE DU DICTATEUR BLANC

 

 

Version française – LA CROISADE DU DICTATEUR BLANC – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Crociata del Dittatore Bianco – Talco

 

2000 est le nouveau millénaire

Année de grande commémoration

Année d'engagement et de réflexion

Il y a celui qui veut rendre la conscience claire

Et part en un voyage glorieux

Pour guérir les péchés capiteux

La croisade de la rédemption

Le bain sacré de la religion

Le dictateur à l'habit blanc

Tout maculé d'immoralité

S'approche du mur des lamentations

Et demande pardon à l'humanité

D'être resté passif face

À tant de sang versé pour rien

Sans égard pour qui est à ses côtés

Et pleure encore ses gens.

 

Parmi des scénarios de haine et de violence

De mensonges, d'injustices et de douleur

Parmi des idéaux réprimés dans le sang

La mémoire est le pire ennemi

De celui qui a attaqué la vie de l'homme

En embrenant son identité

Le remords n'en aura pas de trêve

Le souvenir n'en aura pas pitié

 

Il prêchait ses commandements

La voie juste pour l'âme pure

Pas d'avortement dans ses enseignements

Ni l'amour différent contre nature

Le bienfaiteur propose au pauvre

Mon credo est ta guérison

Mais il éteint la fureur du vice

Entre les griffes de l'Inquisition !

 

 

 

 

 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:28

BARAQUE

Version française – BARAQUE – Marco Valdo M.I. – 2010

d'après la version italienne de Riccardo Venturi (2010) la chanson grecque Παράγκα de Dionysis Savvopoulos / Διονύσης Σαββόπουλος (1975)


La Grèce des années 60-70, entre une démocratie fragile marquée par le « Parastato » (para-état) fasciste, la dictature septennale des colonels et le retour à une démocratie qui maintient cependant presque inchangés les centres de pouvoir économique. Avec un dénominateur commun : la pauvreté infinie de grandes couches de la population, qui contraignait à l'émigration en masse en Allemagne (« par troupeaux bandes tas dans les ministères »), à chercher fortune dans les loteries, à la prostitution enfantine, à espérer de la « bienfaisance » des prêtres, à ramasser les mégots dans la rue. Le tout avec le flic du glacial vers final, avec ce contrôle policier qui n'a jamais cessé ( de ce dont est capable la police grecque, infiltrée de fascistes en tous genres, on l'a bien vu). Une baraque au toit troué … Voici l'Italie de Pasolini et des quartiers romains. Voici le Portugal, pays qui a avec la Grèce plus d'une chose en commun. Voici un passé qu'on dit révolu et qui au contraire regagne chaque jour plus de terrain, en Grèce, en Italie et ailleurs. [RV]


D'abord, deux petites réflexions : la première, on annone aujourd'hui dans la presse qu'une jeune dame néozélandaise (étudiante – 19 ans) vient de vendre aux enchères sur un machin du genre « Fesse Bouc » son, disons, son hymen pour un paquet de dollars américains... comme quoi, RV a raison, ça continue... Note que des paysans sud-américains vendent leur sang pour survivre... La deuxième remarque, c'est le flic qui nous colle au cul... J'aurais dû traduire « qui nous suit de près », mais la réalité est plus forte... Le surveillant, l'animateur, l'éducateur, le grand frère, l'oeil est là jusque dans les lieux les plus saufs grâce (si on ose dire) à la télévision et aux caméras de surveillance... qui envahissent tout comme les sauterelles. Orwell avait raison : Big Brother is watching you... e anche noi tutti.


Cela dit, regarde-moi çà, mon ami Lucien l'âne qui te contente d'une étable toi aussi comme tous les ânes, cette histoire de baraques... Les humains réduits à la misère, à une baraque sans toit, en somme, à un destin de bêtes de somme... Noi, non siamo cristiani, siamo somari... Nous, nous ne sommes pas des chrétiens ( en clair : « Nous, nous ne sommes pas des hommes », car dans la colonisation de l'espèce par le Vatican et autres sectes, ne peuvent être des vrais humains que ceux qui sont de la secte...), nous sommes des bêtes de somme » était déjà encore et toujours, le destin des paysans au-delà d'Eboli, c'est-à-dire tous ceux qui dans les villes et les campagnes sont écrasés par la misère ou méprisés par le pouvoir. Bien sûr, nous nous reconnaissons bien tous les deux dans cette expression et même, on en ferait bien une de nos devises... Regarde aussi ce que dit Riccardo dans son commentaire... Moi, je trouve qu'il a raison et que c'est là un mouvement mondial, un peu comme la tectonique des plaques...



On n'est pas là pour faire des analyses politiques, dit Lucien l'âne, mais quand même, il faudrait repenser toute cette histoire de démocratie clignotante (un coup çà va, un coup [d'État] çà ne va plus) dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches (de Grèce et d'ailleurs) mènent avec acharnement contre les pauvres afin de renforcer leur pouvoir, d'accroître leurs richesses et leurs privilèges. Le tout, crois-moi, foi d'âne, pour satisfaire leurs caprices infantiles de possession, du moi-je, de l'égo en mal de démesure. On comprend aisément à partir de là ces incohérences apparentes et le fait que le régime importe peu pourvu qu'ils aient le pouvoir. En somme, pourquoi pas la démocratie tant qu'on ne touche pas à leurs fortunes et qu'on leur laisse le loisir de se gonfler encore... Et c'est là un monde bien dégoûtant, ce vieux monde cacochyme auquel nous allons de ce pas tisser le linceul...


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





De quelque côté qu'on regarde

Toute la Grèce est une immense baraque

Baraque, baraque, baraque d'intempéries

Et on en parle comme d'un cadavre



Les gens, les gens sur les trottoirs

Demandent des sucreries et des billets de loterie,

Par troupeaux, par tas entiers dans les ministères

Se font les demandes pour l'Allemagne



Les dames et les prêtres de bienfaisance

Travail à la pièce, psalmodies, sérénades,

Evanthula pleure avant de s'endormir

Elle met sa virginité aux enchères.

Sur les terrains de sport soupire la Grèce,

Dans les cafés, billard, blagues et cartes,

On s'arrête pour lire au kiosque

Des revues populaires à un drachme et demi.



Non, non, ce n'est pas une chanson,

C'est le toit troué d'une baraque.

C'est le mégot ramassé par un pauvre,

C'est le flic qui nous colle au cul.

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Marco Valdo M.I.
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 09:07

'sti Messieurs


Canzone léviane – 'sti Messieurs – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 85

'sti Messieurs est la huitante-cinquième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

Tu vois, Lucien l'âne mon ami, si j'osais – c'est juste une façon de parler, car tu l'entends bien, j'ose – je dirais que cette canzone en italien devrait être intitulée « 'sti Signori » ou quelque chose comme çà, avec l'apostrophe, avec l'élision de dérision. Je m'explique, car je vois ton œil gauche interloqué et ton œil droit qui clignote comme un phare breton. En fait, la canzone s'intitule en français Ces Messieurs et on entend bien toute la dérision que cela comporte. Qu'est-ce à dire...Ce sont ces gens de la caste, ceux qui si l'on replace cette canzone dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font impitoyablement aux pauvres, ceux qui sont résolument et arrogamment dans le camp des forts, dans le camp des riches et qui se pavanent en se poussant du menton, en lissant leurs cheveux en polissant leur sourire et en méprisant tout ce qui n'est pas eux ou à tout le moins, de leur monde.

 

Oh, oh, dit Lucien l'âne, voilà bien de petits messieurs que ces messieurs.

 

C'est exactement çà que veut dire mon « 'sti signori », mais je ne te garantis pas qu'il soit connoté ainsi habituellement. Pour le reste, notre méditation-rêve-songe de notre ami le prisonnier-guerrier-blessé continue sous la forme d'un voyage en train quelque part en Allemagne, mais est-ce bien Trêves (rime de rêve), à moins que ce soit Brême (rime de crème) ou Breslau (rime d'eau), voyage dans le temps où il était libre, peintre et pas encore enfermé. Et ces messieurs, « 'sti signori » était-ce hier ou est-ce là maintenant... Charme flou de la méditation.

 

Mais, à t'entendre, Marco Valdo M.I. mon ami, il me semble que la conclusion, le sens est clair en qui les concerne...  « 'sti messieurs » sont proprement méprisables, ce sont, me semblent-ils les hommes de pouvoir et leurs larbins zélés... Tristes engeances. L'expression « pourritures terrestres » qui les désigne est une belle trouvaille, qui me rappelle un peu les fameuses « nourritures terrestres » de Gide, cet écrivain que j'ai croisé en Algérie ou en Russie, je ne sais plus exactement. Quant aux « 'sti messieurs », ils sont l'incarnation-même de ce monde en putréfaction et cacochyme pour lequel toi, moi et des millions d'autres tissons ou tisserons un splendide linceul...

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Qui sont donc ces messieurs,

Ces hommes impeccables et fiers d'eux ?

Ces étranges personnages agitent mes rêves

Ils traversent les gares, les places

On part pour un lieu incertain, comme Trêves

Dans un wagon de troisième classe,

Un vieux wagon à couloir central.

Bondé des voyageurs du matin.

Je descends acheter un journal

En revenant, mon linge est parti avec le train.

Dans ce jardinet semi-oriental,

Parmi les bustes de marbres rares

Polis par les tailleurs de Carrare

Au crépuscule qui descend sur l'eau,

Le soleil bas rend difficile de trouver

Des ombrages où mettre la blancheur rugueuse de mes tableaux.

De grandes peintures d'arbres secs et de rochers.

Dans cette nuit trop sombre, çà chuchote tout bas

Que font donc ces messieurs,

Rassemblés dans leurs auberges "All'Isoletta",

Ces hommes impeccables et fiers d'eux,

Qui contournent et transgressent toute loi,

Avec l'arrogance et l'astuce de ceux

Qu'on trouve dans les villas de rivages lumineux

Dans les gares, dans les aéroports, aux commandes de l'État ?

On les retrouve plastronnant dans les villes.

Sveltes, cupides, complices et serviles,

Certains journalistes, certains avocats,

Pour ces pourritures terrestres se courbent bien bas.

Ils en adoptent le langage, obscur, allusif, mielleux.

Leurs mots gargouillent visqueux comme la poix au feu,

Avec de grosses bulles opaques, ils disent leurs n'importe quoi.

Qui sont donc ces messieurs,

Dans les gares, dans les aéroports, aux commandes de l'État,

Ces hommes impeccables et fiers d'eux ?

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:08

VAGUE LIBRE

 

Version française – VAGUE LIBRE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Onda Libera – Modena City Ramblers – 2009

 

C'est une vague qui s'étire

Comme quand l'air annonce l'orage

Une énergie qui monte et se répand

Et on ne peut l'arrêter

 

Tu la sens qui te pique les lèvres

C'est une bonne fièvre qui te nourrit

Et avant de comprendre elle est déjà dans ta peau

Cette secousse qui prépare le changement

 

Vague libre, vague libre ! La vague libre arrive !

Vague libre, vague libre ! Libre fréquence, libre expérience

Vague libre, vague libre ! La vague libre arrive !

Libre conscience, libre présence

Libre terre, libres pensées et rêves et libres nos voix !

 

Elle descend sur les places et dans les rues

Elles suit les fleuves et les montagnes

Elle passe avec les oiseaux en vol

Et saute avec les grillons et les cigales

 

Tu la sens qui te pique les lèvres

C'est une bonne fièvre qui te nourrit

Et avant de comprendre elle est déjà dans ta peau

Cette secousse qui prépare le changement

 

Vague libre, vague libre ! La vague libre arrive !

Vague libre, vague libre ! Libre fréquence, libre expérience

Vague libre, vague libre ! La vague libre arrive !

Libre conscience, libre présence

Libre terre, libres pensées et rêves et libres nos voix !

 

Elle libère la terre, elle libère l'amour

L'amour pour cette terre

Qu'on ne peut mesurer

Une terre où tu naquis

Avec tous tes sentiments

C'est une terre de misère, une terre de noblesse

Une terre exploitée, une terre de sueur

Ni mafia, ni camorra

Ne peuvent te faire abandonner

Lutte pour cette terre

Lutte pour cet amour

Qui bat en ton cœur

Et ne peut jamais mourir

Terre de sueur, terre de chaleur

Terre de culture, terre de liberté

Terre de musique, terre qui ne meurt

Terre d'un peuple qui lutte

Et qui ne se rend jamais

 

 

Elle libère la terre, elle libère l'amour

L'amour pour cette terre

Qu'on ne peut mesurer

Une terre où tu naquis

Avec tous tes sentiments

C'est une terre de misère,

Une terre de noblesse

Une terre exploitée, une terre de sueur

C'est ta terre et on ne peut jamais te la prendre

Lutte pour la terre, lutte pour l'amour.


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 09:01

MORT D'UN POÈTE

 

Version française – MORT D'UN POÈTE – Marco Valdo M.I.. – 2010

Version italienne - Morte di un Poeta – Modena City Ramblers

 

 

 

Si je devais tomber au plus profond de l'Enfer

Dans un fleuve noir d'encre

Rouler perdu entre des sacs d'immondices

Dans un gouffre sans retour.,

Si je devais disparaître dans les méandres de la terre

Et ne plus voir la lumière du jour

Mais c'est toujours la même vieille histoire et personne ne le comprend

Et laissez-moi ici dans mon coin de ciel à noyer mes mauvais souvenirs

Dans les rues de New York, le poète est seul et personne ne s'en soucie,

Dans le dix-neuvième, la vie passe vite

Entre les immeubles et les boulevards de Paris,

Les immigrés qui dansent des rythmes tziganes,

Et s'écoulent les noirs et les verts

l'édenté suit les filles étrangères

Aux chapeaux et aux robes légères,

Mais c'est toujours la même vieille histoire et personne ne le comprend

Et laissez-moi ici dans mon coin de ciel à noyer mes mauvais souvenirs

Dans les rues de Paris, le poète est seul et personne ne s'en soucie,

Vieille et sale Dublin pour un enfant qui revient

Tu es une mère qui attend à la tombée du jour

Avec la puanteur de l'alcool, avec des baisers et des chansons,

Pour celui qui fut longtemps prisonnier,

Il y a une bombe et un pistolet, un Anglais à buter

Et un uniforme vert de l'armée

Mais c'est toujours la même vieille histoire et personne ne le comprend

Et laissez-moi ici dans mon coin de ciel à noyer mes mauvais souvenirs

Dans les rues de Dublin, le poète est seul et personne ne s'en soucie,

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 15:21

Cinq Doigts


Canzone léviane – Cinq Doigts – Marco Valdo M.I. – 2010

Cycle du Cahier ligné – 84


Cinq Doigts est la huitante-quatrième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.


Ah, Lucien l'âne mon ami, tu te souviens certainement de la canzone précédente, celle que j'avais intitulée bizarrement Crapoeuf et de cette comptine qui la commençait et de celle qui la finissait... Deux rébus enfantins... Celui-ci, celui-ci... Si tu les comptes, tu verras qu'ils sont cinq et que le dernier se distingue des autres... Et bien, ce sont les cinq doigts de la main qui servent à domestiquer l'enfant dans une gestuelle expressive et hypnotique. Ce sont eux qui reviennent ici. Et comme l'autre fois, le cinquième n'accepte pas de s'incliner, il n'accepte pas la loi du silence qui est la loi de la terreur, la loi de la peur, la loi de l'oppression.


Je la connais bien cette vieille pratique, je l'ai souvent rencontrée... Elle sert à maintenir la domination de ceux qui détiennent le pouvoir, même occulte, surtout occulte... C'est bien celle-là qu'on appelle l'omertà... Ce serait donc une canzone qui dévoile le mécanisme fondateur de tout pouvoir, de l'acceptation de la mafia et des privilèges qu'elle sert à protéger et à développer.


C'est bien cela... Mais tu verras, comme dans l'histoire du Petit Poucet ( le petit pouce... est aussi le petit doigt, le cinquième...), c'est le petit dernier qui se rebiffe et résiste. Juste au passage, je te signale cet hommage à Beppino Impastato, enfant de mafieux qui mena le combat contre la mafia jusqu'à en mourir... Cento Passi... C'est lui . ( http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=4266&lang=it). Je pense cependant que la canzone va bien au-delà de la lutte contre le pouvoir illégal, mais qu'elle met en cause tous les pouvoirs et le conformisme qu'on impose dès le plus jeune âge aux enfants, cette domestication systématique de l'être humain... Il te faut cependant lier les deux canzones, car c'est dans la première que se trouve décrite l'issue positive de ce piège – j'en profite pour cette démonstration des cinq :

« L'enfant,

Dans un paysage calciné

De coquilles vides et d'os de seiche

Subit le règne des maîtres.

Voilà l'œuf (1 – le pouce)

Celui-ci l'a cassé ( 2 - l'index)

Celui-ci lui a ôté la coquille (3 – le majeur – dit le doigt d'honneur)

Celui-ci l'a mangé. ( 4 – le médium)

Celui-là a refusé, ( 5 – l'auriculaire – le petit doigt)

Il a gardé sa liberté. »


C'est à espérer, dit Lucien l'âne, qu'il y en ait de plus en plus des comme çà et qu'ils soient de plus en plus nombreux à échapper aux manigances des riches et des puissants, qui avec leur arrogance, leurs promesses, leurs mensonges, leurs armées, leurs armes et leurs télévisions maintiennent leur domination, à tous prix.


Ce monde est décidément bien répugnant ..., dit Lucien l'âne en tirant une langue aussi longue qu'un jour sans pain. Montrez-lui votre main ouverte et ses cinq doigts qui en français comme italien voudra lui signifier ce que Cambronne disait aux alliés … MERDE ! (en italien : MERDA !) Ainsi, poursuivons le grand œuvre des Canuts et tissons-lui à ce vieillard cacochyme et sans désemparer son linceul dans un lin blanc qui irisera sa disparition et notre bonheur...


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.


Les 5 frères, les 5 doigts

MERDE ! MERDA !

Le silence et l'omertà

Le cinquième qui a parlé

Celui qui a osé parler

Sera puni

Cent pas, cento passi,

Les 5 frères, les 5 doigts

MERDE ! MERDA !

Le silence et l'omertà

Nuit obscure, sommeil, obscurité :

Quelqu'un passe,

Regard à terre, nez baissé.

On ne sait pas qui passe.

On ne peut pas savoir

Il vaut mieux ne pas savoir.

C'est le véritable sens

De la philosophie de l'ignorance.

Les 5 frères, les 5 doigts

MERDE ! MERDA !

Le silence et l'omertà

Le savoir est un couperet.

Ignorer pour être ignorés.

Comme des feux follets

Ils apparaissent et disparaissent

Pour reparaître plus loin.

Qui c'est ? Qui est-ce ?

Baisse les yeux, ne vois rien.

On ne sait pas qui c'est.

Savoir, on ne peut pas

Savoir, il vaut mieux pas

Le savoir est un couperet.

Les 5 frères, les 5 doigts

MERDE ! MERDA !

Le silence et l'omertà

Quand j'étais petit

Mon père me disait, :

Tais-toi, petit

Garde tout secret.

Un jour, j'allais en campagne

J'ai vu sur le versant de la montagne

Deux hommes qui poussaient des cochons.

« Ce sont nos cousins ? Non, non...

Penche-toi à terre et ne regarde pas ».

Criait papa.

Les 5 frères, les 5 doigts

MERDE ! MERDA !

Le silence et l'omertà

Un peu après, trois carabiniers.

« Penche-toi à terre, dis que tu ne sais pas.

Sinon petit, tu resteras sans manger. »

Les carabiniers n'ont rien demandé

Ils étaient seulement trois.

Les 5 frères, les 5 doigts

MERDE ! MERDA !

Le silence et l'omertà

Les 5 frères, les 5 doigts

MERDE ! MERDA !

Le silence et l'omertà !!!!

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 22:24

LAMENTO

Version française – LAMENTO – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Lamento – Ratti della Sabina





La version française est, en fait, un peu composite; comme il y avait la chanson italienne et le poème allemand qui l'avait inspirée, et qu'il paraissait difficile d'ignorer Hermann Hesse, elle a tenu compte autant que possible des deux et s'est tenue au plus près tantôt de l'une tantôt de l'autre. Exercice périlleux, s'il en est.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.



Il ne nous est pas permis d'être, nous sommes

Seulement un fleuve; nous nous coulons dans chaque forme

Du jour et de la nuit, de la caverne au dôme

Nous passons outre : l'angoisse nous presse.



Nous remplissons forme après forme, sans répit

Aucune ne nous est patrie, joie ou peine

Nous sommes toujours en chemin, toujours hôtes

Aucun champ, aucune charrue ne nous requiert, pour nous ne lève aucun pain.



Et nous ne savons ce que Dieu veut de nous

Il joue avec nous, l'argile dans sa main

Muette et malléable, ne rit ni ne pleure,

Mille fois pétrie, mais jamais cuite.



Ah devenir pierre ! Ah durcir !

Le voilà, notre éternel désir

Et un frisson nous glace éternellement

Et nous ne trouverons pas de paix sur notre route.

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