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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 16:27

SALES TEMPS !


Version française – SALES TEMPS ! – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Che Tempi ! – Ned Ludd – 2007


Juste une petite note à propos de « Les temps sont difficiles » : c'est bien une allusion (et plus que çà) à la chanson de Léo Ferré... qui finira bien par figurer parmi les CCG.





Écoute ce qu'ils ont fait à un ami

Lundi matin, il est allé pointer sa carte

Elle ne passait pas, il a appelé l'employé

Il lui a répondu : “Elle n'est pas démagnétisée”

Il y a qu'ils t'ont licencié.


Tu ne sais pas ce qu'ils lui ont fait à mon cousin

Des bruits circulaient de réduction de personnel

La société a convoqué tout le monde à une méga-réunion

Et ils ont appelé un à un par leur nom

Ceux qu'ils foutaient dehors.


Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Vendredi soir, une maie de ma belle-sœur

Ferme le magasin avant de s'en retourner

Son patron lui donne une recommandée

Elle l'ouvre chez elle et elle lit

Merci pour tout

Nous n'avons plus besoin de vous.


Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Un de mes amis était au travail

Le service du personnel l'appelé

Vous devez partir avec un an de salaire plein

Et l'année prochaine, a-t-il répondu

Qu'est-ce que je mange ?


Une fille qui travaillait avec ma copine

À la fin de son stage était très contente

Mais ils ne lui ont pas renouvelé son contrat

Ils disaient que durant ces mois, tu n'as pas été à la hauteur

Mais pendant les deux ans

Sans contrat

Elle avait été à la hauteur

Même pour les heures sups.


Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Mais quand même de ces temps-ci, faut pas faire le difficile

Ils ont augmenté les heures, même qu'il y en a toujours moins

Au moins chaque mois, il y a le salaire qui tombe


Pour combien de temps encore ?

Vois ce qui est arrivé à ceux d'Alitalia...


Sales temps ! Les temps sont difficiles !

Sales temps ! Les temps sont difficiles !

Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Pour combien de temps encore ?

Pour combien de temps encore ?

 

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Marco Valdo M.I.
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:50

La Description du Monde

La Description du Monde – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 92

La Description du Monde est la nonante et deuxième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 



La Description du Monde est la nonante et deuxième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Ah, Lucien l'âne mon ami qui court au soleil dans les campagnes, vois comme est la condition du prisonnier, comment est le monde où il est condamné à doucement étouffer. Car s'il n'y prend garde, s'il ne trouve pas comme notre ami la parade d'un monde intérieur et inaccessible aux intrusions ennemies, c'est bien cela qui l'attend. Mourir à petits feux... Par suffocation. Telle est la description du monde de la prison.



C'est proprement horrible, dit Lucien l'âne aux yeux si grands qu'on voit tout le ciel dedans. J'en ai froid dans les os et même dans les oreilles. Finir, là-bas, finir ainsi... Même, nous les ânes, qui sommes durs à la peine, on ne le supporterait pas...



Mais regarde bien, Lucien mon ami, la plupart du temps, il ne faut pas, il ne faut même pas des supplices atroces, des tortures sanglantes, des douleurs brutales... Le monde de la prison est à l'image de la société qui l'abrite et qui le façonne. Il est tout en insignifiance, en presque rien, en une longue et étouffante immobilité, surtout ne pas faire de vagues. La règle est tout simplement la stagnation, comme mode lent de strangulation. C'est ce que ce monde applique aux prisonniers, mais aussi à tous ceux que ce monde exclut de ses fastes, de son « train de vie » (« way of live »)... C'est le destin réservé aux pauvres. C'est une manière de scinder le monde entre les gagnants (« winners » : les riches, les puissants) et les perdants (« loosers » : les pauvres, les faibles). La prison est le paradigme du système... Quand on étend le « système » à l'ensemble de la société (leur société, la société comme ils l'imaginent et comme ils veulent l'imposer à l'humanité), on obtient exactement çà : les riches d'un côté, avec leurs sbires, leurs larbins et de l'autre, les pauvres, les rejetés, les enfermés : en prison, à l'asile, au camp de travail, dans l'entreprise, au chômage, nulle part... L'essentiel est de les tenir calmes, d'empêcher toute révolte, tout changement, de protéger et de maintenir les privilèges et les fortunes.



Mais, dit Lucien l'âne, on dirait un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, comme un moment de cette drôle de guerre où tout s'immobilise dans les tranchées. Quelle saloperie que ce monde cacochyme...



Mais, dit Marco Valdo M.I., en prison comme ailleurs, pour la survie – même simplement morale, pour le moral en quelque sorte – il est nécessaire de construire une résistance. C'est cela le sens du « Ora e sempre : Resistenza ! »... Quoi qu'il arrive, quelque destin qu'on te fasse, il faut résister, résister, résister. Maintenant, aujourd'hui et toujours (demain, après-demain...). Comme en prison, il y faut parfois de la patience : « Jour après jour, on nous réduit.

Nous tenons bon patients comme l'araignée

En tissant une toile serrée :

Le saint suaire du monde des puissants. »



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Monde engourdi de la prison,

Univers limité, sans relation.

Toutes nos heures sont feutrées

Le charabia des moteurs

Par les fenêtres fermées,

Étouffe dans la chaleur.

Nos jambes entravées de faiblesses,

De fatigues, d'incertitudes, de détresses

L'insignifiance est notre condition normale,

Nous souffrons de mollesse mentale.

Nous voyons entre les fleurs

Se ternir nos bonheurs.

Notre passé ne se perd pas

Mais bien pire, cette fois

L'ennemi vient de l'extérieur,

Du dessus et de l'intérieur.

L'ennemi est partout.

Se méfier aussi du dessous

Le temps est trop lourd à porter

On doit pourtant tout supporter.

Notre vie se resserre d'ennui.

La couleur s'habille de noir

Jour après jour, on nous réduit.

Nous tenons bon patients comme l'araignée

En tissant une toile serrée :

Le saint suaire du monde des puissants.

On ne voit ici que les carreaux du pavement

Et l'herbe entre les pierres.

Ici, il est conseillé de se taire.

Immobile parmi les choses,

Le temps fait déclore et faner les roses

De compromis en compromis

Ainsi se rétrécit notre infini.

Il est terrible de ne pas savoir

Si la soufrière cessera de bouillir

Si les cyprès redeviendront droits...

Un jour, pourtant, on va en sortir

Et revivre hors de cet endroit.





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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 22:39

LA VÉRITABLE HISTOIRE DE JEAN DE LEYDE

Version française – LA VÉRITABLE HISTOIRE DE JEAN DE LEYDE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La vera storia di Jean di Leida – Max Manfredi – 1994

 



Prologue



Allemagne vers 1500 : les signes de la fin sont proches

La réforme protestante de Luther se répand

Mais un groupe de fanatiques plus radicaux,

Dits Anabaptistes (Rebaptiseurs)

S'emparèrent en force de la ville de Münster

Et fondèrent le « Royaume des Justes »,

La « Jérusalem céleste ».

Après la mort au combat de son ami Jean Matthys,

Le tailleur et saltimbanque Jean de Leyde

Décide de se revêtir des attributs du Christ

Adoré par les gens pour son talent de guitariste

Il exerça le pouvoir absolu sur Münster,

Pratiquant la polygamie et ordonnant des exécutions

Capitales aussi parmi les siens.

Mais son royaume dura peu

Juste le temps d'un siège; un royaume affamé,

Épuisé, un royaume de cadavres, de rats,

De femmes en délire
L'évêque et les nobles protestants
Reconquirent Münster, massacrant ses habitants

L'Agneau grandit à l'ombre du Boucher

Et même le Boucher a son Ange.


Ils attendaient le Royaume des Justes

Et y en avait qui attendaient.

Jean de Leyde avait des amis robustes :

« Debout les gars, on a à faire ».

C'étaient des temps difficiles, naissaient des enfants à deux têtes

Et le diable était dans tous les couvents, il y avait des croix sur les fenêtres.


Sur la porte de sa boutique, Jean vit l'Ange du Boucher,

Il le reconnut tout de suite à son regard sombre.

Il parlait le dialecte des bêtes de boucherie

Et il lui dit: « Fais-toi loup, Jean, ou ceux-là te feront agneau ».

La morale de cette histoire, la morale est un cheval bai

Qui galope où il veut et porte l'Ange du Boucher.

 

Avec la foi comme épée, la bible comme bouclier

Dans son Royaume des Justes, Jean de Leyde était nu.

Pour édifier son royaume, Jean coupa court;

L'Antéchrist avait mille faces

(Et chacune connaissait le feu).

Il mit l'ombre sur ses épaules, l'ombre comme manteau;

Il vit le feu à l'horizon (C'était le sang de l'Agneau !)

Il épousa dix-huit femmes et une fut reine

Ses apôtres couraient prêcher sa doctrine

« À la potence les riches et les prêtres,

C'est le moment de la gloire.

Les biens et les femmes sont à tous et rideau sur l'histoire ! »

 

La morale de cette fable

Est un évangile, sûr, mais de « bon poids ».

Tout sera retiré au pauvre, même ce qu'il a repris.

Avec la foi comme épée, avec la bière comme bouclier,

Entre des prophètes, des rats et des guitaristes, Jean de Leyde régnait nu.

 

Dans l'assaut de la faim, il revit l'Ange du Boucher;

Mais ils ne se reconnurent pas; ils avaient le regard sombre.

Lors de la peste d'avril il y avait un tremblement de voix:

« Ils ont chopé ton ami, ton règne est neige au soleil ! »

Et ils prirent d'assaut ta belle Jérusalem

Ils crachèrent sur ton trône et piétinèrent tes gemmes.

Tous les jours la torture avec la foule qui applaudissait

Et ses femmes qui suivaient un évangile à la dérive.

Et puis, on le mit en haut,

Dans une cage d'acier.

Et il resta pour le veiller l'Ange du Boucher.

Tous les anges de pierre ne pipèrent mot;

Peut-être avaient-ils des affaires avec la poudre d'Orient.

Avec la foi comme épée, avec la bible comme bouclier

Par sa Jérusalem, Jean de Leyde allait nu... nu.


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Marco Valdo M.I.
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 22:01

Comme une Cigarette

Comme une Cigarette– Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 91

Comme une Cigarette est la nonante et unième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.


Depuis la fin des hostilités, lorsqu'en 1918, après Caporetto, Verdun, la Somme, l'Yzer et autres Piaves, les belligérants s'étaient dit avant de rentrer chez eux – lucides – « À la prochaine ! », est né le divin enfant : le célèbrissime « Soldat Inconnu ». Il n'y a pas plus connu que le soldat inconnu. Un soldat créé tout exprès pour la cause patriotique, un soldat choisi au hasard dans un gigantesque tas de cadavres...

Et , commente Lucien l'âne qui avait vu la guerre de Troie, vu le nombre de soldats inconnus accumulés en ce temps-là, il a dû y en avoir des veuves du soldat inconnu.

Passons, dit Marco Valdo M.I. en le coupant sèchement, l'heure n'est pas à la gaudriole. D'autres s'y complaisent. Ici, on parlera du simple soldat inconnu, n'importe lequel de ces poilus disparus sous les hontes européennes, everyman, elkerlijk... l'incarnation par millions de l'homme de la rue perdu dans la tranchée.
Tout ce tas de morts réduit à une petite flamme... Voilà ce que raconte la canzone et le souvenir de notre guerrier-prisonnier-blessé, soldat inconnu lui aussi, guetté par son vautour. D'un côté, les morts; de l'autre, les ganaches. Avec sa flamme, comme l'enfant d'Auschwitz de Guccini, le soldat inconnu (ces millions de cadavres de paysans, d'hommes de la rue) « S'envole en fumée iridescente
Comme une cigarette. » Note bien ceci, Lucien mon ami, que parlant du soldat inconnu, la canzone aprle en même temps de tous les autres soldats inconnus, un à un :
« Mort et remort dans les champs
Rongé par les insectes par les rats par les chiens errants. »

 

Et quelle dérision, dit Lucien Lane, finir ainsi : « Comme une cigarette... »

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Sans tambour, ni trompette

Mégot aujourd'hui oublié

Dans un monde trop pressé

Comme une cigarette

Le pauvre poilu

Toujours plus inconnu,

Flamme tremblante

S'envole en fumée iridescente

Une autre réalité se détache

Hitler, gestes et moustaches.

Le soir avec les soldats

Mariposa ou rata vôloira

La nuit passe à lire

Dans l'attente de mourir.

Vague commémoration,

Uniformes, médailles, trompette et clairon

Héros de plumes et de panaches,

Drapeaux, vivats, guerriers, ganaches

Journées radieuses, joyeuses fanfares,

La Piave murmurait. Seul dans le noir.

Moment épique extravagant,

Sur une poule de rencontre, un coq stationne un instant

Patrie, Gloire et Victoire,

Chants patriotiques et baptême de l'Histoire

Mort et remort dans les champs

Rongé par les insectes par les rats par les chiens errants

Le pauvre poilu

Toujours plus inconnu,

Flamme tremblante

Idole parfaite

S'envole en fumée iridescente

Comme une cigarette.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 22:00

FORZA GIUAN, L'IDÉE N'EST PAS MORTE

 

 

Version française - FORZA GIUAN, L'IDÉE N'EST PAS MORTE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Forza Giuan l'idea non è morta – Ivan Della Mea – 1969

 

 

Il suffit d'espérer, Franco, mon ami !

La roue tourne, le monde est bien rond.

La lune, par contre, Cristo, est en forme de poire ;

Celui qui espère vit le jour et meurt au soir.

Les nouvelles ? Un an sans chanter

Un an de silences pour comprendre !

Je ne voulais plus espérer, ni chanter.

Giuan est mort sans rire et sans pleur.

Il est mort de vieillesse, au premier cri :

« Bandiera Rossa ! » à Rome et à Milan.

Un vent nouveau court l'Italie

Giuan est mort. Franco est celui qui ne se trompe pas!

Un vent nouveau, Franco, et il n'a pas le temps

Il n'a pas un moment pour écrire des chansons:

C'est l'heure de la lutte et des actions.

Il crève Giuan, il crève et je suis content!

Il suffit d'espérer, Franco, mon ami !

Le jour juste ne semble pas lointain,

Espérer est idiot. « Faire! », je crie moi :

« Faire quoi ? », faire Viva Mao!

Et je crie Viva Mao moi aussi, dans le vent,

Vent de l'Est, un chœur, une idée.

Espérer est idiot ! Faire... et à l'instant!

Quel moment faire, Della Mea?

Un an, Franco, et puis je me tourne en arrière

Une mer de drapeaux déchirés

De vieux gamins, rompus au vieux jeu

D'être chefs, avec le troupeau derrière.

Et chaque troupeau a son drapeau;

Rouge pour le P.C.I. et recousu de pièces.

Et comme je t'ai montré, patate, c'est le cul

Du chef qui les guide... et il a sa route!

Espérer est idiot? Peut-être! Mais moi je dis

Que l'homme nouveau, pour moi, est une espérance.

Elle est toute à moi., je sais espérer seul!

De chefs, de troupeaux et de pièces j'en ai eus assez.

Espérer est idiot, peut-être!... Peu m'importe,

Aujourd'hui, nous sommes déjà si nombreux, une ligue.

Angelo, moi... Deux ? Qu'est-ce que ça me fait ?

Forza Giuan, l'Idée n'est pas morte!

Forza Giuan, l'Idée n'est pas morte!

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:05

ENFANTS D'HANNIBAL

Version française – ENFANTS D'HANNIBAL – Marco Valdo M.I.– 2010

Chanson italienne – Figli d'Annibale – Almamegretta - 1993


Je ne sais si Hannibal avait vraiment la peau noire ou si, plus probablement, d'une couleur résultat du creuset des races qu'il y avait dans la Tunisie du troisième siècle avant J.C... Ce qui est sûr, c'est que ses troupes étaient fort bigarrées et restèrent effectivement en Italie méridionale pendant 15 ans...

Quoi qu'il en soit, cette chanson, en plus d'être un dub hors norme, est selon moi un des morceaux anti-racistes les plus beaux de l'histoire de la musique italienne. Il en existe cependant une version – comment dire ? – « ultra-dub » qui devint un hymne à l'Afrique « Africa, Africa, Africa, Africa, Africa, Africa... Figli di Annibale, sangue di Africa... » (Afrique... Enfants d'Hannibal, sang d'Afrique... »



Moi, je veux bien, dit Lucien l'âne méditerranéen, et lui-même à certains égards « tunisien », en tous cas de Madaure, mais véritablement, ça ne tient pas debout. Par exemple, la Gaule fut occupée par les Romains pendant bien plus longtemps et on ne relève pas de signes « raciaux » de cette présence... Des routes, un code civil, des langues... Mais pour le reste, il y a eu tellement d'occupants et tellement de visiteurs, même pacifiques... des commerçants, des marins, des émigrés, des touristes... Il en va de même pour le sud de l'Italie (Pour le nord aussi d'ailleurs), de l'Espagne, du Portugal... autant que pour le reste des lieux et des continents. Sur le pourtour de la Méditerranée, le brassage des populations est bien plus profond et plus vaste que celui résultant du passage d'une armée de quelques dizaines de milliers d'hommes, même pendant vingt ans. Résumons la chose : l'humanité est un vaste mélange où il serait vain de vouloir distinguer les uns des autres et encore moins, sur le plan génétique...


D'accord, Lucien mon ami, dit Marco Valdo M.I., mais quand même... j'aimerais bien rappeler que les Étazuniens sont toujours en Europe depuis plus de soixante ans... Et même s'il y a eu des rencontres avec les dames locales (sans doute aussi avec des messieurs), le patrimoine génétique « européen » n'a pas été fondamentalement bouleversé et ni la raideur du poil, ni la couleur de la peau n'ont fort évolué. Dans ce cas aussi, les brassages sont plus complexes et plus profonds que ceux d'une armée d'occupation pendant plus de soixante ans. Cela dit, en effet, Hannibal a eu le bon goût de repartir après quinze ou vingt ans... et en cela, il est exemplaire. Il ne semble pas que nos « alliés » soient disposés à reprendre le large... Ce serait pourtant la moindre des choses... Pour le reste, il faudra bien un jour conclure que l'homme, tout comme l'âne, est terrien..., situation qu'il aura déjà bien assez de mal à assumer sans y ajouter d'absurdes discriminations.



Alors, dit Lucien l'âne énergique, pour en finir avec ce monde raciste et cacochyme, tissons lui un linceul du lin le plus pur, dans lequel on l'emballera avant de le noyer dans les laves de l'Etna, lesquelles se chargeront de le purifier définitivement.





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane


Hannibal, grand général noir

Avec une colonne d'éléphants traversa les Alpes et en sortit indemne

En ces temps-là, les Européens ne réussissaient même pas à les passer à pieds

Mais toi, Hannibal, grand général noir, tu les passas avec une mer d'éléphants

Savez-vous comme ils sont grands, gros et lents les éléphants ?

Et pourtant Hannibal leur fit passer les Alpes avec nonante mille Africains.

Hannibal défit les Romains, resta en maître en Italie pendant quinze ou vingt ans.

Voilà pourquoi beaucoup d'Italiens ont la peau sombre

Voilà pourquoi beaucoup d'Italiens ont les cheveux foncés

Un peu du sang d'Hannibal est resté à tous dans leurs veines

Si, il est resté à tous dans leurs veines

Personne ne peut e dire « Tu dis un mensonge, non

Si tu connais ton histoire, tu sais d'où vient la couleur du sang.


Durant la guerre, un petit nombre d'Afro-américains remplirent l'Europe d'enfants noirs

Que croyez-vous qu'ils eussent pu faire en vingt ans de domination militaire

Une armée d'Africains en Italie méridionale !!!


Voilà pourquoi, voilà pourquoi

Nous sommes des enfants d'Hannibal

Méridionaux

Enfants d'Hannibal

Sang méditerranéen.

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Marco Valdo M.I.
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 23:01

Vox Media


Vox Media – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 90


Vox Media est la nonantième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

Vox Media, dit Lucien l'âne, que veux-tu dire par là ? Entends-tu signifier une voix , car vox si je me souviens bien veut dire voix en latin, donc, une voix moyenne, une voix du milieu ou une voix dont le nom serait Media...

Ce serait plutôt dans ce sens qu'il faut aller, mon ami Lucien l'âne. Media est une sorte de nom international qui désigne les moyens de diffusion – et non de communication comme certains essayent de le faire croire. On diffuse, un point, c'est tout. Juste un mot à ce sujet : pour qu'il y ait communication, il faut qu'il y ait une voie à double sens, un aller-retour, une expression et une réponse et de surcroît entre deux parties égales. On est loin du fonctionnement des médias où il y a d'un côté, un diffuseur, une voix massive, forte, puissante et unilatérale et de l'autre, des récepteurs minuscules, atomisés et sans voix. Une partie qui seule a le droit de parler, de l'autre, celle qui a le devoir de rester muette. Je te laisse deviner qui détient le pouvoir et dans quelle mesure ce pouvoir est discrétionnaire. C'est donc bien de la Voix des Médias qu'il s'agit ici et tu devines bien également pourquoi la canzone parle aussi de Vox Merda... Pour le reste, tu découvriras par toi-même quelles sont les méandres de la méditation de notre prisonnier. C'est une réflexion sur le pouvoir... Tu verras qu'il est question aussi de la grosse mouche bleue... qui s'appelle Merda.

Oh ! Les mouches, je ne les supporte pas. Surtout, les taons et les grosses mouches bleues qu'on appelle chez nous les mouches à merde. Tiens, Marco Valdo M.I., je ne sais si c'est intentionnel, mais la canzone me rappelle un auteur de pièces de théâtre grec, le dénommé Aristophane,qui faisait dans la satire et avait écrit une histoire où il était également question d'un stercoraire, d'un bouseux mangeur de merde. Un cousin de Merda, la mouche bleue qu'on voit sur tous les écrans de télévision et les premières pages des journaux, entourée de son essaim de gardes du corps. Une vraie marionnette, celui-là.

Plus sérieusement, et pour en revenir à la Vox Media, c'est un instrument de pouvoir redoutable en ce que, vois-tu Lucien l'âne, mon ami, les humains sont crédules et terriblement influençables... Souviens-toi, je t'avais déjà parlé de George Orwell et de sa mise en garde : « Big Brother is watching you ! », que l'on pourrait traduire par « Papi vous regarde ! » et vous montre ( offre de voir, faut-il dire) toutes ces belles personnes et leurs avantages.

Comme disait Boby Lapointe : Davantage d'avantages avantagent davantage..., dit Lucien l'âne en riant de tout son piano.

Mais tu sais, Lucien mon ami l'âne, peu importe le guignol au pouvoir... En fait, détenir la Vox Media est une arme formidable dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leurs richesses, leurs privilèges et leur pouvoir. Vox Media, Vox Merda... C'est la voix de ce monde cacochyme et puant... Nous lui tisserons un linceul à sa mesure....

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


Il y a bien longtemps
Il y a mille deux cents ans
À Aix, en Allemagne,
Alcuin disait à Charlemagne
Vox populi, vox Dei,
Semper insaniae proxima sit.
Voix du peuple, voix de Dieu, et patati et patata ...
Se trouve toujours proche de la folie.

Media, Merda,

Et patati, et patata...

Toujours proche de l'escroquerie

L'équipe marque des buts et ne perd pas

Media, Merda

Mensonges, faits déformés.

Et patati, et patata

Le sommeil descend se coucher

Sur la pensée et les livres absents.

Turpitudes mégagalactiques, détails insignifiants.

Là-bas dans le palais, là-bas dans sa villa.

A qui le tour ?, dit-il béat.

A moi, à moi ! crient les Vénus impatientes,

Ce sont des dames bien méritantes

Gloussements, rires obscènes,

On devine l'examen, on imagine la scène

Dans le palais, là-bas

Là-bas dans sa villa.

Et partout on l'entend, et partout, on le voit

Regard fixe sur la caméra

Media, Merda,

Et patati, et patata...

On ne réussit

Ni de jour, ni de nuit,

À chasser ce spectre louche

Merda, importune mouche

Une grosse apparition bleue

Qui naît, croît et prospère

Agite ses ailes et sa queue

Et d'un coup, tombe à terre.

Et patatras

Vox de la folie

Media, Merda

Vox de l'escroquerie

Media, Merda

Et patati, et patata

Media, Merda,

Et patati, et patatras

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 22:58

GRANDCHANT

Version française – GRANDCHANT – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Cantagranda – Ivan Della Mea – 2000



L'insertion de « Grandchant » dans les CCG est due essentiellement à deux strophes au caractère clairement antimilitariste (et, dans une moindre mesure, aussi à la présence dans cette très longue chanson – dix neuf minutes et trois secondes – d'une allusion à la mort de Giuseppe Pinelli (Ces strophes sont en gras). Pour le reste, à propos de ces très vaste chanson (dont le texte est ins&éré pour la première fois sur le net) je reprends un article publié le 22 juillet 2005.


Ivan Della Mea est des mêmes années que Guccini et que De André. Lui aussi de 1940, année de guerre; il est né un seize octobre, curieusement le même jour que ma mère (qui il y a quelques jours, l'a écouté pour la première fois de sa vie...) On me dit qu'il n'est pas très bien et qu'il n'a pas seulement mal à sa tocante; il serait cependant trop facile d'accrocher à « Grandchant »l'étiquette de testament. Della Mea n'a jamais villonné, brassensé, poétisé … mais s'est battu, a lutté comme une bête en tirant ses guitarades, et il continue à le faire. En faisant ainsi, il est arrivé même « en passant » d'écrire certaines parmi les plus belles chansons de vie et d'amour qui aient jamais été écrites dans ce pays de merde. …


Le « Grandchant » fait partie du dernier album d'Ivan Della Mea, auquel il donne son titre. Il est de 2000. Il dure dix-neuf minutes et trois secondes, comment l'appeler ? Appelons-le simplement une chanson, une très longue chanson dense somme un mélange de miel et de pétrole. Della Mea ne perd pas de temps pour le dire; dès le premier vers : « Il y a tant de choses que je veux dire ». Et il en dit; parfois, j'ai l'idée qu'il les a dites toutes ou qu'au moins, il s'en est approché. C'est une chanson qui parle de ce monde, avec un son « doux et aimable »... C'est encore une fois une chanson de capitulation et de résignation; et ce n'est pas facile, avec ce clair de lune, de ne pas céder et de ne pas se résigner. C'est la description exacte de tout ce qui se passe sous nos yeux, dans ce monde qui « enseigne à mourir »; des prêtres de mort aux « prophètes qui comptent les lires », de la vie à la conscience renvoyée, retardée et annihilée par l'anéantissement des choses les plus belles et les plus dignes créées par l'être humain. C'est comme la nature qui se rebelle en silence et par l'abandon de ses caractéristiques (le merle qui tait son chant, le saule pleureur qui ne pleure plus, jusqu'à la rose qui épouse un figuier [ lequel est aussi un « minet », un « poseur », un « m'as-tu vu ? »...]), la mer qui dit à la mouette d'aller à Milan car désormais c'est dans les villes qu'on trouve le plus de choses à manger [Milan ???? le plus de choses à manger? Il y en a qui en savent quelque chose...] (Avez-vous jamais vu combien de mouettes volent au dessus des décharges et des mégadépôts d'immondices métropolitains?), mais il y a celui qui a encore un bateau et une réserve de voiles « Pour graver la mémoire du passé et du présent ». Et c'est là la révolte la plus efficace, celle que nous serons tous appeler à accomplir, mais aussi à chaque instant. Les cent, les mille, les dix mille révoltes de la mémoire.


Ne jamais perdre aucun fait, aucun nom, aucune histoire. Ce sont des choses qui, un jour, donneront leur fruit. Ce sont des choses que l'on foutra dans la gueule et dans le cul de ces bâtards qui maintenant se complaisent à pontifier, à ironiser et à montrer à tout moment et en tout lieu leur plus intime essence de serviteurs. Ceux-là, semble dire Della mea, méritent le pouvoir qui les rend esclaves, « riches de tout et de rien »; ils supportent mal que quelqu'un, encore, n'entend pas se déclarer vaincu.


Ils devraient lire, ceux-là, les mots de Della Mea réserva au « pauvre dieu qui pleure déconfit »; car s'il y a bien dans ce monde un vaincu total dans ce monde, c'est Dieu. Et plus il est invoqué à vide, plus il est mâchonné par des foules adorantes et puantes de pieds, d'eaux bénites et de télévisions, plus il est jeté dans les métros et les cours suprêmes, plus il est représenté par de saints hommes qui inhalent le pouvoir du trou du cul et le revomissent de leurs balcons sur les têtes des « ouailles ». Jamais mot ne fut plus approprié. Le monde est fait d'ouailles, de brebis bêlantes. Et ainsi, ce « pauvre Dieu »N'est même plus mort. Il est mort et enterré, enfin. Ailleurs qu'au Ciel : dans les viscères de la terre. Qu'il y reste jusqu'à la mort du soleil, si vraiment, comme jacassent ces pauvres

nullards qui se disent « croyants », « l'homme a été fait à son image et à sa ressemblance ». Belle ipage, belle ressemblance, il n'y a pas à dire. Mais du reste, le signe le plus tangible et la preuve la plus irréfutable de l'inexistence de Dieu sont justement ces ramassis d'infamies, de mensonges et d'oppressions qui circulent sous le nom de « religions ». En 1259, peu avant d'être assassiné, le grand poète islandais Snorri Sturluson, l'auteur de l' « Edda en prose », créa pour la religion une « kenning »qui est la désignation la plus terrifiante et la plus exacte qui fut jamais : «  þrallagervari », qui signifie, à la lettre, « faiseuse d'esclaves ».


La vérité est que ça fait mal de rêver, comme dit le « genêt » qui, dans le registre bigarré du « Grandchant », Della Mea tire, avec « le col isolé »d'où « il n'y a plus d'infini », de Leopardi qui semble traverser en sautillant l'ensemble du texte (et le « Grandchant » est sans doute dans son essence une « opérette morale »).

Il faudrait pourtant voir précisément à qui fait vraiement le plus mal de rêver, si c'est à qui rêve ( autrement défini souvent, avec mépris, « utopiste » ou quelque chose du genre), ou à celui qui ne rêve jamais. Si c'est à qui est dans les nuages car il s'est aperçu que du haut on perçoit immensément mieux la réalité, ou si c'est à celui qui bavarde constamment de « pieds sur terre » sans se rendre comppte que la terre sur laquelle il se pose risque d'être sa tombe vivante. Et le « Grandchant » pazraît justement dédié à ces grandes quantités de morts-vivants qui vaguent sur cette planète désormais « consacrée Au dieu argent, au fils profit Et au saint esprit du marché».


Mais il y a celui qui continuera à « chanter avec les fous, avec les chats et avec la mer » et à avoir « son propre temps pour la joie et la douleur ». Il y a des mouettes qui, volant par dessus les palces, s'apercevront qu'elles sont toujours plus emplies de vieillesse, de solitude et de mort, et voudront encore réserver leur vol à une espérance … qui s'appelle lutte. Qui s'appelle « communisme », cette chose dans laquelle Della Mea découvre « un dieu qui a créé les choses les plus belles ». Celui qui s'appelle Anarchie, dont le nom est Beppe tué par une fenêtre, qui est le nom de celui qui va défaire toute chose en restituant au pouvoir « un peu de son désordre et de son bruit », qui est le nom le plus répandu dans vos prisons de merde. Mais un jour, comme chantait un ami de Della Mea qui s'appelait Alfredo Bandelli, on en fera bon usage de vos prisons.

Nous avons encore, et la chose doit vous mettre en grande rage vu la bile que je vois couler des vésicules automobiles, un lambeau d'amour pour moyen. Nous avons encore une conscience qui se fait toujours plus précise plus on la frappe, avec sa soeur et camarade mémoire. Une consicence qui n'a pas honte du tout, bien que issue de mille origines , fomrations, cultures et expériences, à se définir de « classe ». Et si Della Mea , avec tant d'autres, a vu « Et j'ai vu le déclin

D'une classe dite ouvrière » 'ici il parle seulement de déclin, mais dans une autre chanson terrible, il parle plus simplment de la « Grande classe morte des camarades... »)...



Ivan Della Mea sait utiliser son arme et sa « guitare d'ancienne protestation » à qui il demande «  seulement la corde bien tendue Pour donner des sons de joie et de fête » dans la strophe finale de ce « Grandchant » multicolore – aussi dans son langage parsemé de vieilles assonances lucchaises et lombardes. Ce n'est certes pas un hasard s'il y a intercalé l'ancien chant de quête qui accompagnait le rite du « Cristé », en Brianza...



Quant à la « Vispa Teresa », dit Marco Valdo M.I., c'est d'abord une comptine enfantine – dont l'autre titre est « Petit papillon », mais aussi une chanson moins innocente où la Vispa est une « guêpe » (elle est fine la guêpe) un peu piégée par la vie... Voir l'histoire récitée par Andrea Camilleri (http://www.youtube.com/watch?v=F4dp3R5wuns). C'est une chanson dès lors présente dans le folklore dès l'école et dont apparemment, on se souvient bien des années plus tard.



Il y a tant de choses que je veux dire,

au vol comme l'abeille ou la vispa Teresa,

J'utilise un son doux et gentil

Pour que mon chant soit d'une grande longueur.


J'ai vu des lieux proches et lointains

J'ai vu un monde qui enseigne à mourir,

J'ai vu des prêtres manger des chrétiens

Et des prophètes compter les lires.

J'ai vu Ithaque revenir à Ulysse,

J'ai vu Ulysse retourner à sa mer,

« Quand je rentre, je pars », me dit-il,

« Et quand je pars, il me faut rentrer. »


J'ai vu des murs de pierre et je fatigue

À tirer des soirs de veilles constantes,

Là la parole est plane et amie,

Elle dit des choses sages et des soupirs aimants.


Et j'ai vu des dents d'excavatrices lascives

Crever les murs lissés à la main,

Des résultats magnifiques et des progrès

Y font des orphelins d'hier et demain.

J'ai vu des enfants trahis au berceau

Prêts pour la vie à quarante ans,

Riches de tout et de rien,

Victimes peut-être, peut-être tyrans.


Mesdames nous venons chanter ici le « christ »

Pour mener à bien les vers à soie

Si vous donnez un œuf

Nous ferons réussir aussi les cocons

Si vous donnez un sou

Nous guérirons les cocons malades

Mesdames nous venons chanter ici le « christ »

Pour mener à bien les vers à soie.


J'ai vu une cloche sans son

Et une pie-grièche chercher sa branche,

Elle disait : « À la vêprée, il n'y a plus de magie

Si même l'Ave ne trouve pas Marie. »


J'ai vu le merle taire son chant,

J'ai vu le saule tarir son pleur,

J'ai vu la rose du plus vieux rosier,

Se marier en mai avec le figuier.

J'ai vu un homme vêtu de blanc,

Venir presque chaque jour chez moi

Me dire : « Tu sais, je te vois un peu fatigué,

J'ai une place blanche exprès pour toi »

« Je ne peux pas », dis-je, « je dois avancer,

Je n'ai pas d'alpage et je suis berger,

Je chante avec les fous, les chats et la mer,

J'ai un temps pour la joie et un temps pour la douleur.

Et j'ai un bateau, et j'ai des voiles de secours

Pour graver la mémoire du passé et du présent,

Forza Giuan, car l'idée n'est pas morte,

Qui est camarade est fou et conscient. »


Mais le genêt me dit : « Berger,

Du col isolé, il n'y a plus d'infini

L'erreur errante est d'errer pendant des heures

Et de faire du vieux avec la fleur passée. »

Donne-moi, genêt, un vent levant,

Et l'aventure je l'ôte du rêve.

« Comment t'appelles-tu, berger chantant ?

Prénom : Rien, Nom : Besoin. »

Je connais les nuits souriantes à la vue

De ciels profonds parsemés d'étoiles,

J'ai découvert dans mon dieu communiste,

Un dieu qui a créé les plus belles choses.


Pauvre Dieu, qui pleure déconfit

Dans chaque banque que l'homme a consacré

Au dieu argent, au fils profit

Et au saint esprit du marché.


« La vérité », me dis-tu, ô saule,

«  Est que ça fait mal, fait mal de rêver,

On ne peut dire « La saison est ainsi

Et l'avenir », me dit-il, « est déjà grave. »

Mesdames nous venons chanter ici le « christ »

Pour mener à bien les vers à soie

Si vous donnez un œuf

Nous ferons réussir aussi les cocons

Si vous donnez un sou

Nous guérirons les cocons malades

Mesdames nous venons chanter ici le « christ »

Pour mener à bien les vers à soie.


J'ai vu la mer crier à la mouette

« Il est préférable que tu ailles à d'autres plages

Ici tu meurs éteint, c'est mieux à Milan

Tu y trouves ton content dans chaque quartier. »

Et la mouette vole au-dessus de la place

Des vieux et solitaires qui agitent leurs doigts,

Qui tue le temps, tue son esprit

Ce n'est pas ainsi qu'on achève la vie.

Et j'ai vu le jour des pas perdus

Sans un brin d'amour pour but,

Le temps vif égare les saluts

Seul le vers fait seulement la soie.

Et j'ai vu le déclin

D'une classe dite ouvrière,

Histoire et mémoire ne comptent plus,

Restent des bribes de satire gaie.

Et à siester les heures s'abêtissent,

Dit le surnuméraire sans travail,

Pour la misère qui rime avec douleur,

Il n'est pas de poète qui rende l'honneur.

Et j'ai revu la rose mariée

Sans parfum et aux pétales fanés

Épouser un figuier n'est pas une bonne idée

Si tu n'es pas de noix et les figues sont sèches.

J'ai vu le monde de la chanson

Faire des versets sonnants et trébuchants,

On gagne mieux, il y a plus d'inspiration,

Los compañeros sont tous chantants.

Et j'ai vu un signe de la poésie

Demander au bras une dernière veine

Adieu patience, c'est ainsi, qu'ainsi ce soit,

Ce n'est pas ainsi qu'on assomme la peine.

Et j'ai vu Beppe, de son nom Anarchie,

Tué avec fracas par une fenêtre

Pour qui sait la vérité, son destin est plus pervers

C'est un repenti qui lui tira dans la tête.

Et j'ai vu nos tuteurs de paix

Les blancs armés plus durs et plus prospères

Porter la guerre chez qui déjà succombe

N'étaient-ils pas blancs les lansquenets ?

Tout comme blanche est notre violence,

Tout comme est blanche notre culture,

Puisque la paix découle de la conscience,

Il reste à nier notre nature.

Mais toi, ô genêt, tu me dis encore :

« Comme ça fait mal, fait mal de rêver. »

Moi, rêve dur de chair , de tête

Le Grandchant peut encore chanter.

Mesdames nous venons chanter ici le « christ »

Pour mener à bien les vers à soie

Si vous donnez un œuf

Nous ferons réussir aussi les cocons

Si vous donnez un sou

Nous guérirons les cocons malades

Mesdames nous venons chanter ici le « christ »

Pour mener à bien les vers à soie.

Et j'ai chanté les chœurs de la révolution

Pourtant de toujours une note sonnait faux

Là, entre les voix de grandes passions

Perçait le pouvoir et il chantait, il chantait

D'une voix claire, décidée, scandée,

Mais sans le bleu qu'on trouve dans l'amour,

Qui donne au chant un signe de vie,

Pour dire la joie, pour dire la douleur.

Pour dire la rage et la mélancolie,

La femme à l'homme, leur saison,

Le rythme est histoire, le son est poésie,

Et le chant enfin donne raison


Aux Calendes de mai d'oisiveté et de lenteur

De notre temps pour notre vie.

Cette chanson ne sera jamais finie

Et aucune certitude ne nous attriste,


Et à ma guitare d'ancienne protestation

Je demande seulement la corde bien tendue

Pour donner des sons de joie et de fête
À Grandchant et à des chants aux grandes aires.


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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:04

CAPORETTO 1917

Version française - CAPORETTO 1917 – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Caporetto '17 – Ivan Della Mea – 1973

 

 

 

Juste deux petites remarques : la première concerne le mot : « Hostie » (in italiano : ostia) qui dans un usage ancien – dans les deux langues – signifie : victime sacrificielle – j'ai préféré garder le mot tel quel (et non victime); la seconde, c'est de renvoyer pour le commentaire à Judith à Caporetto (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=22803&lang=it).

 

Ce Badoglio quand même..., dit Lucien l'âne en raclant le sol de colère rentrée. C'est un peu le Pétain italien... La vieille baderne qui avait conquis sa « gloire » sur la peau des autres, qui ordonna mille massacres, s'encourut dès qu'il le put, servit sous le régime et qu'on rappela en sauveur de la nation.... Le Saint Pierre de la chanson a bien raison... et Tonio encore plus, mieux vaut encore s'en aller au diable.... que fréquenter ces gens-là.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Je suis allé en guerre je suis allé en guerre

Ils m'y ont envoyé

Envoyé au front contre l'ennemi

Contre l'ennemi

 

Je suis allé à l'assaut je suis allé à l'assaut

Ils m'y ont envoyé

Et j'ai vu mes compagnons s'enfuir

Je les ai vu s'enfuir

 

D'abord le major puis le capitaine

D'abord le major

Puis le lieutenant et tout derrière moi

Et tout derrière moi

 

Le major dit au capitaine

Dit au capitaine

« Capitaine résistez ici

Résistez ici »

 

Le capitaine dit au lieutenant

Dit au lieutenant

« Lieutenant résistez ici

Résistez ici »

Le lieutenant me dit « Tonio »

Le lieutenant

Me dit « Tonio tu attends ici l'ennemi

Tu attends ici l'ennemi »

 

Je lui ai répondu « Oui mon Lieutenant

Moi, je lui ai répondu

Quand voici qu'une balle vient à me frapper

Vient à me frapper


Et là par terre il y avait un képi

Là par terre

Un beau képi mais de général

Mais de général

 

Tant qu'à crever, je me le suis mis

Tant qu'à crever

Et puis, je suis mort mais en général

Mais en général

Arrivé au ciel près de Saint Pierre

Arrivé au ciel

Près de Saint Pierre et il me regarde

Et il me regarde

 

« Au Paradis tu n'entres pas
Au Paradis

Avec ce képi qui te va mal

Qui te va mal

 

Tu ne le sais pas mais ce képi

Tu ne le sais pas

Celui qui l'a perdu est celui qui t'a eu

Celui qui t'a eu »

Oyi ti, Saint Pierre toi dis-moi la vérité

Oyi ti, Saint Pierre

Tu dois me dire quel est celui qui m'a eu

Qui est celui qui m' a eu.

C'est Badoglio, je te le dis Tonio

C'est Badoglio

Qui à Caporetto s'est embusqué

Il s'est embusqué ».

 

Oyï ti, Saint Pierre toi dis-moi la vérité

Oyï ti, Saint Pierre

Tu dois me dire s'ils l'ont condamné

S'ils l'ont condamné

 

« Lui, ils l'ont promu, pauvre Tonio

Lui, ils l'ont promu

Ils l'ont nommé général en chef

Général en chef. »

 

C'est çà cette guerre, ô Saint Pierre

La guerre sainte

Mais des patrons et des généraux
Et des généraux.

 

« Ainsi va le monde, pauvre Tonio

Ainsi va le monde

Et arrive au ciel qui sait patienter

Qui sait pardonner

 

Patience une hostie, ô Saint Pierre

Patience une hostie

Je vais en enfer pour ne pas patienter

Pour ne pas patienter

 

Patience une hostie, ô Saint Pierre

Patience une hostie

L'est mieux l'enfer que patienter

Que pardonner !

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 16:55

L'homme en pain d'épice

L'homme en pain d'épice– Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 89

L'homme en pain d'épice est la huitante-neuvième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Comme tu le verras ou l'entendras, Lucien mon ami l'âne, la rêverie du prisonnier solitaire est comme un voyage autour de sa chambre, ce qui somme toute pourrait être le titre du Cycle du Cahier ligné, s'il n'existait déjà sous ce titre de Voyage autour de ma chambre, une sorte de longue nouvelle ou de roman d'un prisonnier. C'était au temps où l'Italie allait seulement devenir elle-même... Il était sous-titré, dans certaines éditions, ce qui pour nous a de l'importance : Expédition nocturne autour de ma chambre. Et la canzone d'aujourd'hui a comme titre « L'homme en pain d'épice » et commence par la description d'une simple chambre, une pièce pauvrement meublée comme pourrait l'être une cellule de prisonnier ou de retiré du monde. Puis, elle s'ouvre sur le monde et le soleil. Comme au matin, le regard s'ouvre au jour après les angoisses de la nuit et que surgissent les couleurs.



Je connais bien ces moments, ces instants où la paupière décolle de l'autre paupière et que le paysage te saute aux yeux. Mais dis-moi, ami Marco Valdo M.I., on dirait là que tout se mélange... Quel titre étrange... « L'homme en pain d'épice »... Où as-tu bien pu aller pêcher pareil titre ? Et de qui tu causes donc là ? Pourquoi l'appelles-tu ainsi ? Est-il le prisonnier ou bien... ? N'est-ce pas un peintre ? Et que vient-il faire ici ?



Tu as parfaitement raison, Lucien l'âne mon ami. Il s'agit bien d'un peintre, Vincent, fou de la couleur, homme halluciné, à l'oreille coupée, plongé dans les angoisses... Tu auras reconnu Van Gogh et le tableau qui peint la chambre à Arles, un autre qui peint le blé, un autre les tournesols... et ainsi de suite jusqu'aux étoiles. Mais n'oublie pas que Carlo Levi était lui aussi un peintre et non des moindres,et un franc admirateur de Vincent, si ce n'est un de ceux qui ont continué dans la même voie lumineuse... Tout comme il fut un prisonnier... Quant à Vincent, sa prison était une prison dont on a bien du mal à sortir; c'est une prison à l'air libre, celle qui vous suit partout jusqu'au jour où on arrête de courir le monde. Quant à cette appellation d'« homme en pain d'épice », elle vient de la correspondance de Vincent à son frère Théo et c'était, selon lui, le surnom que certains lui donnaient pour le dire inconsistant, faible... Mais à mon sens, c'est là un titre de grandeur morale et un très beau surnom... J'aimerais assez qu'on me nomme ainsi...



On dirait, Marco Valdo M.I., on dirait, mon ami, que dans son grand voyage intérieur notre ami le prisonnier soudain s'identifie au peintre... et la pièce qui l'emprisonne entre dans le tableau...



C'est exactement cela la fin de la canzone... Une dernière chose, sais-tu que Vincent Van Gogh a peint ou dessiné un nombre considérable de mineurs et de tisserands... qu'il aimait beaucoup en raison de leur grande solidarité et de leur esprit d'indépendance et de lutte. On oublie souvent l'engagement de cet homme et son désespoir face à ce monde ... Vincent a souffert de la misère, de la sienne, mais surtout de celle des autres.



Oui, je le dis ainsi : puant et cacochyme, ce monde où les marchands d'hommes pullulent, ce monde où l'artiste doit se vendre... comme la viande morte ou comme une quelconque marchandise... ou comme n'importe quel travailleur... Allons, Marco Valdo M.I., la Guerre de cent Mille Ans (que les riches font aux pauvres au seul but d'accroître leur richesse et leur puissance) n'est pas finie... En l'honneur des mineurs et des tisserands, tissons à notre tour le linceul de ce monde puant et cacochyme...



Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Je contemple cette pièce dépouillée,

Les chaussures, la chaise empaillée,

Le blé qui tremble, le ciel qui ondule,

Le soleil rayonnant qui se recule

Après des nuits d'obscurité

Dans ce néant de bruits répercutés.

Sans répit en masses,

Renaissent mes angoisses.

L'œil de Vincent cherche la couleur

Pour recréer la nature,

Le couteau de Vincent triture la peinture

Pour vaincre la peur.

Son regard blessé comme une oreille coupée

Vacille sous le jaune d'une lumière éclatée.

Les tournesols ne tournent plus.

L'homme en pain d'épices n'en peut plus.

J'entends les lamentations du caroubier

Abattu par le gel et le vent.

Y aura-t-il encore des caroubiers?

D'autres troncs ? D'autres printemps ?

Ainsi, on s'étiole, on s'exfolie

On descend doucement dans la folie

Vincent, halluciné, regarde,

Bleu, rouge, jaune et vert

Le jour qui s'attarde

Bruissant de lumière.

Un hérisson court se cacher

Parmi les herbes et les argiles mêlés

Tout me revient à présent

De l'autre côté du temps :

D'anciennes amours oubliées,

Des figures, des voix retrouvées,

Les fleurs, les maisons, les nuages,

Mille choses, les visages,

Les tisserands, les mineurs, les oiseaux,

La gloire colorée du monde, les tableaux,

La nuit étoilée, les glaces, les sables.

Les fins de jour indéfinissables

Et je contemple cette pièce dépouillée,

Mes chaussures, la chaise empaillée,

Le blé qui tremble, le ciel qui ondule,

Et mon soleil rayonnant qui se recule.

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