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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 15:55

LE DRAPEAU

Version française – LE DRAPEAU – Marco Valdo M.I. - 2010

Chanson italienne – La bandiera – Edoardo Bennato – 1974


Regarde-moi çà, Lucien l'âne mon ami. Quelle chanson, mes aïeux ! Un vrai régal ! On se croirait revenu au dix-neuvième siècle. Une chanson digne de Déroulède et surtout, des deux fameux pasticheurs Müller et Reboux. À ce propos, tu te souviens certainement de leur chanson immortelle : Le Salut au Drapeau (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=9143&lang=it).


Oh, oui, dit Lucien l'âne en se gondolant comme une mer démontée. J'en ris encore rien que d'y penser. Et celle-ci, paraît sortir du même moule... Une ironie plus froide, peut-être, mais bien sentie quand même. Et si c'était le clairon (tout aussi militaire, tout aussi cocardier), on pourrait l'intituler : « Hymne à la çonnerie ». Décidément, il me plaît beaucoup cet Edoardo...


Avant de conclure, laisse-moi te rappeler que le drapeau est une pièce essentielle de l'artillerie patriotarde...

« Beau drapeau

Le plus beau des drapeaux... »


me rappelle une autre chanson, de Boris Vian cette fois : Allons z'enfants, ou Le conscrit, dans laquelle on trouve :


« Et dans ma compagnie
On dit
Que j'suis
Le plus con des conscrits. »


Ah ! Que la Guerre de Cent mille Ans est jolie et amusante, parfois... Quand elle sombre ainsi dans le ridicule..., dit Lucien l'âne en souriant de son piano aqueux.


Cette fois-ci, ta réminiscence est d'Apollinaire... Regarde, regarde Lucien, (tré)passer le cavalier :


L'adieu du cavalier

    Ah Dieu ! que la guerre est jolie
    Avec ses chants ses longs loisirs
    Cette bague je l'ai polie
    Le vent se mêle à vos soupirs

    Adieu ! voici le boute-selle
    Il disparut dans un tournant
    Et mourut là-bas tandis qu'elle
    Riait au destin surprenant


Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)




Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane




Beau drapeau

Le plus beau des drapeaux

Cher drapeau

Le plus cher des drapeaux


Aime ton drapeau

C'est le plus beau des drapeaux

Aime ton drapeau

C'est le plus beau des drapeaux


Sens quel bonheur,

Flotte ton drapeau

Sens, ce coup au cœur,

Flotte ton drapeau...


Regarde, il y a un drapeau

Qui n'a pas les couleurs du tien

Regarde, il y a là un drapeau

Qui n'a pas les couleurs du tien...


Regarde ces gens

Qui n'agitent pas ton drapeau

Regarde, ces gens qui ont un drapeau

Par les couleurs, différent.


Déteste, ces gens

Qui n'agitent pas ton drapeau

Déteste, ces gens

Qui n'agitent pas ton drapeau


Déteste tous les gens

Qui n'agitent pas ton drapeau

Déteste tous les gens

Qui ont un drapeau

Par les couleurs, différent.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 12:37

Comme si

Comme si – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 100



Comme si est la centième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.


Centième, la centième canzone, dit Lucien l'âne en rigolant, tu t'imagines. Cela dit, quand donc cela finira-t-il ?


Très prochainement, mon ami Lucien l'âne. Très prochainement. Il y aura donc un peu plus de cent canzones. Ce n'est pas là un choix délibéré, mais bien le résultat de la lecture systématique de la traduction française du Cahier ligné de Carlo Levi; traduction, je te rassure, que j'ai faite de mes propres mains et de mes propres nuits. Il y a fallu au moins deux ans... Je te rappelle que canzone après canzone, ce rêve éveillé du prisonnier-blessé-guerrier a suivi les méandres de cet étrange livre, qui est à la fois un roman et tout autre chose; un immense pamphlet contre l'enfermement. Comme les plus grands textes de la littérature de ce monde, c'est un voyage, c'est une déambulation. C'est un peu comme le récit que ferait quelqu'un qui se promènerait dans la vallée encaissée d'un fleuve depuis sa source, puis déboucherait dans une plaine large, une sorte de delta, pour finir dans son estuaire et puis, dans la mer où il se perdra. D'ailleurs, au moment où on arrive à la fin d'une telle aventure, il se crée comme un vide devant soi. Cela faisait une année presque entière que jour après jour, j'avançais dans cette vallée de songe et suivant obstinément le cours de l'eau, je participais (et toi aussi, au demeurant) aux pensées et aux douleurs de notre ami le songeur. Une année entière (sans compter celles qui l'avaient précédées et qui avaient été consacrées à traduire et à comprendre le texte étonnant de Carlo Levi).


Et moi, dit Lucien l'âne en redressant ses oreilles, moi qui attendais la suite avec une certaine impatience et qui trouvais souvent le temps long entre deux canzones. Note qu'à la longue, j'avais pris le rythme et je savais qu'il me faudrait attendre trois ou quatre jours - parfois, plus encore - pour un nouvel épisode de la lutte de notre ami le songeur. Maintenant, j'espère que tu pourras les regrouper en une seule suite et qu'on pourra ainsi les voir dans leur complexité, dans leur complétude. Car j'ai bien l'impression que c'est un tout, une sorte de roman en canzones... Et puis, moi qui suis entré dans ce jeu en cours de route, rappelle-toi, au départ, je n'y étais pas. Je ne sais même plus quand je suis arrivé, quand j'ai commencé ces conversations avec toi à propos de ces canzones. Est-ce que tu t'en souviens, toi-même ? Vois-tu, Marco Valdo M.I. mon ami, j'espère que l'on gardera aussi la trace de nos petites conversations.


Bien évidemment que je le crois aussi et que j'y veillerai. Pour ce qui est de la première fois qu'on a discuté de ces canzones... Non, Lucien mon ami l'âne, je ne m'en souviens pas. Il faudrait revoir l'ensemble et étudier la chose, mais c'est un détail cependant. Car pour moi, il me semble que tu es là depuis toujours. Pour en revenir à la centième canzone, elle s'intitule « Comme si ». L'essentiel se trouve dit dans ce vers : « Tout est comme si, mais en vérité n'est pas ». C'est la définition du monde contemporain, ce monde factice fait d'images et de mensonges, monde entièrement construit sur l'apparence et qui court ainsi droit dans le mur. Ce monde, tel qu'il est décrit ici par notre songeur, a de ces allures orwelliennes... Mais cela n'a rien d'extraordinaire, Big Brother est maintenant au pouvoir dans la plupart des pays où l'image, c'est-à-dire comme dans 1984, la télévision pèse sur l'esprit des gens en un gigantesque et permanent lavage de cerveau... Big Brother vous sourit et vous parle quasiment chaque soir, si possible sans contradiction, ni contradicteur. Pour nos amis italiens, par exemple, ce « monde comme si » est avec cette marionnette aux allures de pervers pépère, au maquillage de vacancier revenu d'Afrique du Nord et à la chevelure synthétique, « un'incubo », un cauchemar. Et mutatis mutandis, la tendance est la même dans d'autres pays. Tel est aussi le sens de la canzone.



Chuuut, Marco Valdo M.I. mon ami, laissons la canzone dire son histoire...



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.




Une scène enchanteresse de femmes et de moniales,

Enlacées dans un tourbillon de danses

Terribles et amicales

Illumine d'une très gracieuse cadence,

Les blancs et les noirs, les mouvements et les pas.

Tout est comme si, mais en vérité n'est pas.

Et pourtant, il faudrait

Vivre comme si c'était.

Monde comme si

Civilisation navrante et nauséabonde.

Société de masse, de marché, aussi

Nous sommes enfermés dans la caisse noire,

Contraints sans échappatoire

À accepter ce pseudo-monde :

Plaisirs comme si,

Sentiments comme si,

Traditions comme si,

Images comme si.

Les sabres, les chapeaux, les bandeaux

Des corsaires, des généraux,

Des guerriers héroïques

Les lunettes noires des mafieux

Les discours des politiques,

Se mêlent à qui mieux mieux.

Un manteau, un brouillard, une fumée en l'air

Couvre, submerge et cache la terre

Voile, brume, torpeur.

Retrouver le sommeil ancien,

Retrouver les rêves antérieurs

S'échapper, s'échapper enfin

Songes biscornus d'un monde d'aphasie

Atteint d'atrophie mentale,

De lamentable disharmonie,

D'une voyante dégénérescence morale.

Les blancs et les noirs, les mouvements et les pas.

Tout est comme si, mais en vérité n'est pas.

Et pourtant, il faudrait

Vivre comme si c'était.


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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 18:19

À LA MERDE

Version française – À LA MERDE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson espagnole – A la Merdia – SKA-P

 

Orgueil national, patriote virtuel

Héros militaire, Xénophobie

Pantin démentiel, paralysie mentale

Scorie cérébrale

Va à la merde, réactionnaire

Je m'en fous, tu peux aboyer

J'ai toujours aimé la liberté...

Comme il est difficile de parler avec un mur

De réduire ta stupidité, ta xénophobie

De te faire comprendre qu'à ton agressivité

On peut répondre plus méchamment.


Va te faire foutre...

Fuir la raison, perdre ta dignité

Ta forme de penser.

Je veux te rappeler que nous somme bien plus

Et que nous combattrons ta xénophobie.

Va te faire foutre...

Oh !! Je poursuivrai dans ma position radicale

Je crierai plus jamais de nazis !!

Va à la merde.



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Marco Valdo M.I.
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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 18:18

CRIMEN SOLLICITATIONIS

Version française - CRIMEN SOLLICITATIONIS – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson espagnole – Crimen Sollicitationis – Ska-P

 

cure2.jpg

 

Quelle histoire, mes aïeux !, dit Lucien l'âne. C'est pas chez nous les ânes que de telles dépravations se trouveraient. Bien sûr, je dirais même que nous avons en la matière des idées larges et qu'une belle cavale nous sourit toujours. Les ânesses ont l'œil humide en voyant un bel étalon, fût-il zèbre et tout ça se passe dans une aimable connivence. Et je ne dis rien des bonobos... qui m'ont l'air d'être de joyeux lurons. Cela dit, nous n'avons – nous, les ânes – pas la prétention d'être à l'image de Dieu (au fait, qui c'est celui-là ? On ne le voit jamais et il prétend tout régenter. Comme on dit maintenant, il se la pète ! D'autre part, si j'ai bien compris, il serait universel et ce serait lui qui serait à l'origine de tout ce bazar; donc, y compris de ces sympathiques congrégations si friandes d'éducation sexuelle)... Mais trêve de choses ecclésiastiques et de perversions sexuelles, je constate Marco Valdo M.I. mon ami, que tu as encore une fois dépassé les bornes de ton champ et que tu as imprudemment été traduire dans le champ du voisin. N'était-elle pas en espagnol cette chanson ? Et sérieusement, que connais-tu à l'espagnol ?

 

Lucien mon ami l'âne, tu me mets dans un position délicate, non que j'aie des fréquentations douteuses avec les sectataires de Dieu, mais quand tu fais remarquer que la chanson était en espagnol et que je l'ai traduite. Je n'oserais plus répéter mon ignorance... Pourtant, est-ce le sujet, est-ce la virulence des paroles, est-ce le scandale odieux... Je n'ai pu m'empêcher d'en faire une version française. Mais je t'avoue que je serais bien aise, si Riccardo Venturi, s'il en a le temps, voulait bien revoir ma composition... Cela dit, à propos des turpitudes des serviteurs de Dieu et de leur entourage, j'ai suivi avec intérêt, comme toi, la discussion entre Alessandro et Gian-Piero (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=28143&lang=it#agg70663) et que j'y mettrais volontiers mon grain de sel en indiquant que dans le jeu « abusé - victime - abuseur - bourreau » (et pas seulement sexuel), on trouve à l'œuvre un mécanisme de reproduction sociale et que le « mal » n'est pas intrinsèque à tel ou tel en tant que personne, mais bien à l'église (comprenons bien qu'il s'agit ici essentiellement de l'église catholique, apostolique et romaine...) elle-même, à sa doxa, à sa catéchèse et à sa « morale ». De plus, mon cher Lucien l'âne, tu dois savoir que cette église est un monstre de duplicité, notamment en regard de la Guerre de Cent Mille Ans, cette guerre que les riches mènent contre les pauvres afin de les asservir, afin de maintenir et d'accroître leur puissance, leur richesse et d'assurer la pérennité de leur société. Dans cette guerre, l'Église en tant que puissance, en tant qu'organisation est sans aucun doute du côté des riches, même si sa propagande dit le contraire, même si certains de ses membres se comportent correctement et s'engagent dans la lutte du côté des pauvres.

 

Oh, dit Lucien l'âne, moi qui circule depuis des temps immémoriaux à travers le monde, j'ai pu constater combien tu as raison. D'ailleurs, souviens-toi de ce qu'ils ont fait à fra Dolcino et bien évidemment, à Pierre Valdo et à ses amis. Pour elle, comme pour le reste de ce monde immonde et cacochyme, dont elle est un des piliers, tissons un linceul, un suaire dans la toile dont est faite l'histoire.

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Serviteur de Dieu

Attouchements, sacrements, fellations, jurons

Je t'enseigne ma doctrine sous forme d'érection

J'abuse des enfants, perversion et pur vice

Sous ma soutane tu peux rencontrer Dieu.

Le confesseur est notre « tortionnaire »

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Dans la sacristie règne la pédérastie

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Curés, viol, attentats sur mineur

Curés, qu'est ce que çà peut faire, si personne ne s'en rend compte

Curés, sans précaution, j'ai entière protection

Curés, réfléchissez ! Qui me donne l'immunité ?

JUDAS, MON NOM EST RATZINGER
JUDAS, JE SUIS BENOÎT XVI
JUDAS, JE LE FORMALISE
JUDAS, JUDAS, EN CLOUANT LES BOUCHES


JUDAS, AU NOM DE DIEU
JUDAS, NOUS FINANCERONS SON PARDON
JUDAS, EN LUI DONNANT PRIORITÉ
JUDAS, POUR DISSIMULER LES SCANDALES

Membres de la Curie, curés de la souffrance

Violences cruelles qui lèvent le vent,

Violeurs imbéciles, vous manquez de sentiments

Les larmes des enfants que le pape a cachées.

Prions mes enfants par derrière et par devant

Tous nus aux yeux du seigneur

S'ils chargent mes frères, les chiens du Vatican

De maquiller la merde, qui ne laisse pas de mauvaise odeur


Le confesseur est notre « tortionnaire »

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Dans la sacristie règne la pédérastie

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Curés, viol, attentats sur mineur

Curés, qu'est ce que çà peut faire, si personne ne s'en rend compte

Curés, sans précaution, j'ai entière protection

Curés, réfléchissez ! Qui me donne l'immunité ?

JUDAS, MON NOM EST RATZINGER
JUDAS, JE SUIS BENOÎT XVI
JUDAS, JE LE FORMALISE
JUDAS, JUDAS, EN CLOUANT LES BOUCHES


JUDAS, AU NOM DE DIEU
JUDAS, NOUS FINANCERONS SON PARDON
JUDAS, EN LUI DONNANT PRIORITÉ
JUDAS, POUR DISSIMULER LES SCANDALES

Membres de la Curie, curés de la souffrance

Violences cruelles qui lèvent le vent,

Violeurs imbéciles, vous manquez de sentiments

Les larmes des enfants que le pape a cachées.


1 et 2 est ta religion, 3 et 4, ton âme est déjà sauvée

5 et 6, silence sur ce que vous voyez, 7 et 8, Larmes et Plaisirs

CRIMEN SOLLICITATIONIS

1 et 2, que je ne te voie pas Dieu, 3 et 4, maudits bâtards

5 et 6, je fais attention à ce que tu fais, 7 et 8, Larmes et Plaisirs

Marre des tyrans ! HAINE AU VATICAN

 

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Marco Valdo M.I.
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 20:49

CHÉRISSIMES ITALIENS

 

Version française – CHÉRISSIMES ITALIENS – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Carissimi Italaiani – Briganda

 

 

 

Chérissimes Italiens, quel grand tohu-bohu

On n'arrive même plus à piloter

Les voix des gens couvrent la rumeur

Des chants des pilotes et du moteur

Des chants des pilotes et du moteur

Des chants des pilotes et du moteur

 

Vraiment, nous ne comprenons pas les cris de protestation

Vos gens sont véritablement sans tête

Et pour un rien, ils n'arrêtent pas de crier

Retournez, si vous y arrivez, travailler

Retournez, si vous pouvez, travailler

Retournez, si vous savez, travailler.

 

De la mer à l' Appenin, du jeu à l'assassin
Du cri au silence, du cri dans le silence

Les voix des gens résonnent dans le lointain

Qu'elles soient sur une montagne ou au fond de la mer

Qu'elles soient sur une montagne ou au fond de la mer

Qu'elles soient sur une montagne ou au fond de la mer

 

Mais que pouvons-nous faire pour nous divertir un peu

Réussir à pratiquer un jeu

Si à la place de ballons, de filets et de jeux de grand air,

Nous avons seulement des avions militaires

Nous avons seulement des avions militaires

Nous avons seulement des avions militaires

 

Arrêtez de dire: « Ce n'est pas la première fois »,

Qu'un autre avion a chu en mer sans faute

Nous nous ne paierons pas cette fois, et nous n'avons pas payé

C'est notre seul lien avec le passé

C'est notre seul lien avec le passé

C'est notre seul lien avec le passé


De la mer à l' Appenin, du jeu à l'assassin
Du cri au silence, du cri dans le silence

Les voix des gens résonnent dans le lointain

Qu'elles soient sur une montagne

ou au fond de la mer

Qu'elles soient sur une montagne

ou au fond de la mer

 

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Marco Valdo M.I.
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:32

TRENTE-CINQ
Version française – TRENTE-CINQ – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – toscan florentin – Trentacinque – Lello Vitello – 200?.

 

Le peuple sur l'autobus, ou lieux communs, racismeries, femmes effeuillées et vieux casse-couilles.
De
Riccardo Venturi

Voilà, dit Marco Valdo M.I., c'est toujours des textes dans des variantes de l'italien qu'il me faut traduire et pourtant, j'ai déjà dit que je ne connais pas l'italien et a fortiori, l'italo-toscano-florentin. Pourquoi pas de l'elbois ou du livournais tant qu'on y est... Enfin, je ne garantis pas ma traduction. Faudra que Riccardo Venturi me relise... D'ailleurs, je ne la garantis jamais. Cela dit, pour ce que j'en ai compris, je dois dire qu'en effet, Riccardo a raison : ce doit être la même chose un peu partout, les mêmes salades, les mêmes réflexions pas toujours inspirées de charité chrétienne, si j'ose ainsi dire, moi qui bouffe un curé à tous les petits déjeuners, un évêque au déjeuner et un cardinal au dîner - Bof, eux, ils mangent bien dieu directement. Les nonnes et les béguines, je les garde pour la bonne bouche : elles ont tant de bonnes histoires à raconter. J'espère que Riccardo aimera l'expression bien de parci : « À ras del touffe », qui ne semble pas devoir être traduite. Comment dirait-on en italien central ?

 

Au fait, dit Lucien l'âne, ici les bus ne sont pas rouge, ils sont jaunes, mais on les appelle aussi par leur numéro de ligne. Cela donne des conversations d'initiés, fortement codées. Brel d'ailleurs parlait du tram 33, si je me souviens bien.

 

Tu te souviens bien en effet. Jacques chantait Madeleine (1962) et il disait :

« Ce soir j'attends Madeleine

On prendra le tram 33

Pour manger des frites chez Eugène

Madeleine elle aime tant ça ».

Quant au 82 du temps où il était encore un tram, il allait de Charleroi à Mons, le nonante faisait le tour de Bruxelles... Remarque que Baudelaire qui avait vécu à Bruxelles a écrit des « Correspondances »... C'était un précurseur.

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 



Récolté sur l'autobus que j'ai pris pendant tant d'années !

Trente-cinq … Brozzi centre.

 

  • On n'a plus les mêmes saisons !

  • Oh, je préfèrerais être belle en dedans.

  • Ben... ! Çà se voit que tu es des Gémeaux...!

    Oh, Trente-cinq...!

    Oh, Trente-cinq...!

  • Oh, je ne suis pas raciste, mais s'ils s'en retournaient un peu chez eux ces Chinetoques...

  • Ah, arrivera ce qui arrivera, mais il a fameusement raison Fini !

  • Mais tu vois, s'il y avait la peine de mort... S'il y avait la peine de mort... Beuh !

  • Il n'y a aucun respect pour les vieux...!

    Oh, Trente-cinq...!

  • Oh, Trente-cinq...!

    C'est qu'avec ces euros on s'est fait baiser à mort, ce qui coûtait cinq mille lires à présent coûte cinq euros, beuh !

  • Et si elles mettent ces minijupes (à ras del touffe ?), c'est normal qu'ensuite on les viole !

  • Mais je voudrais savoir... Qu'est-ce qu'ils vous apprennent à l'école ?

  • Il vous faudrait bien une bonne guerre à vous autres... !

    Oh, Trente-cinq...!

  • Oh, Trente-cinq...!

  • Autrefois, ici c'était tout de la campagne...!

  • Eh, camarades... camarades et ils ont trois voitures pour un, tu sais !

  • Maintenant nous sommes tous américains.

  • Regarde quel trafic !

  • Puis forcément, il y a le trou dans l'orzoro !



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Marco Valdo M.I.
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:31

Les Rats noirs

Les Rats noirs – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 99

 

 

Les Rats noirs est la nonante-neuvième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

Ohlala!, dit Lucien l'âne en grignant comme une dame – par sa grimace, Lucien l'âne renvoie à certaine dame de Grignan, dont Saint-Simon disait qu'elle fut « peu regrettée de son mari, de sa famille et des provençaux » , voilà les rats noirs maintenant. Quel anthropomorphisme ! Mais il est vrai que les rats noirs, a priori, comme çà, ont une réputation peu sympathique. Mais enfin, vous les humains, pourquoi renvoyez-vous toujours sur les animaux vos défauts.

 

Tu as bien raison, Lucien l'âne mon ami, et je le regrette bien. Les rats, même noirs, ont droit au respect... Mais ici, c'est une pure métaphore, qui doit d'ailleurs venir de la nuit des temps où, en effet, les rats couraient dans les maisons, les fossés et les ruelles et où outre de jouer les éboueurs, ils outrepassaient leur tâche (honorable, celle-là) en s'en prenant (dit la vox populi) directement à certains humains et en transportant partout, la peste et autres maladies. Les « rats noirs », ici, sont ces gens qui portent partout la peste brune ou noire. Il fut un temps où dans certain pays, l'Italie, ils se vêtaient d'orbace noire; d'autres, des de la même espèce assassine, dans leurs uniformes noirs à la tête de mort (Totenkopf) massacrèrent des populations entières. À présent, ils circulent en costume trois-pièces, se présentent aux élections, composent des gouvernements, portent la cravate et sourient à la télévision, mais au fond des choses, ce sont les mêmes... Ils assiègent la société depuis des années et – regarde le dernier vers, leur but est bien de détruire jusqu'au dernier souffle, le vent de liberté venu du joli mois de Mai.

 

J'aime mieux çà, dit Lucien l'âne, ton explication me rassure. Je croyais que notre ami le rêveur était devenu raciste. En somme, c'est une parabole, c'est une fable, comme en faisaient Ésope et La Fontaine et bien d'autres encore.

 

En somme, c'est là un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans. Tu sais, Lucien mon ami l'âne, tu sais bien cette guerre que les riches et les puissants mènent par tous les moyens contre les pauvres en vue d'accroître leurs privilèges, leurs minables richesses et leur exécrable domination.

 

Reprenons alors notre patient tissage, dit Lucien l'âne. Faisons comme les Canuts de Lyon, « tissons le linceul du vieux monde », de ce vieux monde détestable et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Mi-tempête, mi-ouragan,

La chaleur est revenue subitement

Les rats noirs ont grandi

Leurs dents ivoires aussi.

En bandes, ils rongent les fils téléphoniques

Ils sautent le fossé historique

Ils arrivent avec les incisives prêtes

Et des sourires de fête.

Si nous résistons,

Nous vivrons.

Le médecin enfile un tensiomètre,

Au bras du géranium, sur l'appui de fenêtre;

Sur la terrasse, la bougie allumée

N'ose plus qu'une flammèche exténuée;

Quelque chose leur manque pour vraiment exister:

Il manque l'air de la liberté,

Il manque le la du diapason.

Ainsi, nous étouffons

Sans futur, sans chanson.

Quand nous rentrons,

Nous retrouvons l'armoire ouverte

Les rapports, la table jaune-verte,

Les géraniums malades, le corridor

Et ses allures de croque-mort.

Cette nuit agitée, cette nuit

Mi-tempête, mi-ouragan,

La terreur est revenue subitement

Les rats noirs se sont ressaisis

Et sont ressortis de leurs palais

Pour effacer le joli rêve de Mai.

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 22:54

JE HAIS LE SYSTÈME CAPITALISTE

Version française – JE HAIS LE SYSTÈME CAPITALISTE – Marco Valdo M.I. – 2010

D'après la version italienne de Giorgio d'une chanson étazunienne – I Hate de capitalist system – Sarah Ogan Gunning – dans les années 1930.

 

 

Nous aussi, dit Marco Valdo M.I., et pour les mêmes raisons, c'est-à-dire à cause des souffrances, des millions d'affamés et de pauvres que ce système engendre. Le système capitaliste est le système criminel le plus perfectionné de tous les temps; il est la plus puissante machine de guerre que les riches ont mis en marche contre les pauvres. Dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres pour accroître leur domination, leurs richesses et leurs privilèges, c'est la plus vaste et la plus meurtrière offensive connue jusqu'à présent.

 

C'est exactement çà, dit Lucien l'âne en raclant le sol de ses deux sabots antérieurs, c'est une guerre sans merci que ce système mène contre les humains et il convient d'en débarrasser la planète avant qu'il ne soit trop tard... Car en plus, il met en péril mortel la vie elle-même sur la planète, y compris celle des autres espèces. Pour cela, mon ami Marco Valdo M.I., tissons le linceul de ce vieux monde assassin et cacochyme. Ora e sempre : Resistenza !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Je hais le système capitaliste

Et je vais vous dire pourquoi

Il m'a infligé tant de souffrances

Et il a fait mourir mes plus chers amis.

 

Oui, je sais que vous vous demandez

Qu'est-ce qu'il a bien pu me faire,

Alors je vous dirai

Que mon mari a eu la tuberculose

 

Causée par son dur travail et son bas salaire

Et de n'avoir jamais assez à manger

Et d'aller toujours dépenaillé et affamé

Sans même des chaussures aux pieds.

 

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Marco Valdo M.I.
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 09:50

SYMPHONIE DE LA DESTRUCTION

Version française – SYMPHONIE DE LA DESTRUCTION – Marco Valdo M.I. – 2010

à partir des versions italiennes et anglaise.

Chanson étazunienne – Symphony Of Destruction – Megadeth – 1992

 

Prenez un mortel

Et mettez-le aux commandes

Attendez qu'il devienne un dieu

Regardez rouler les têtes des gens

Des gens...

 

Comme le joueur de flûte

Conduisait les rats par les rues

Nous, nous dansons comme des marionnettes

Ondoyant à la symphonie

De la destruction.

 

Agissant comme des robots

Au cerveau de métal corrodé

Vous cherchez à prendre son pouls

Avant que sa tête n'explose

Explose...

La terre commence à trembler

Les grandes puissances s'effondrent

Et dans la guerre pour les cieux

Un homme pacifique se dresse

Dresse...

 

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Marco Valdo M.I.
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 19:28

LA TOUR DE BABEL

 

Version française – LA TOUR DE BABEL – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Torre di Babel – Edoardo Bennato - 1976

 

 

Regarde un peu, Lucien l'âne mon ami, voilà qu'ils vont refaire la Tour de Babel. Aux dernières nouvelles d'ailleurs, dans un lieu sans intérêt (sauf bancaire), au milieu de nulle part, dans un désert situé entre le vide de terre et le vide de mer, ils ont construit une tour de plus de huit cents mètres de haut... et voilà qu'elle s'écroule, je veux dire commercialement – on ne peut la vendre... Malheureux riches, malheureux financiers...

 

Oui, c'est çà, et quoi encore, tu ne vas pas les plaindre... dit Lucien l'âne aux pieds de lave dure, aux pieds de basalte que rien ne décourage. D'ailleurs, je te fiche mon billet (de banque) qu'il y aura bientôt un crétin majuscule qui voudra une tour plus haute encore, d'au moins un kilomètre... Suivi d'un autre qui essayera d'atteindre deux kilomètres, et ainsi de suite... La bêtise de l'homme est en expansion infinie. C'est ce que, dit-on, prétendait Albert Einstein...

 

En effet, il aurait dit exactement, enfin presque : « Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine, mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. » Quant à cette chanson, tu imagines bien qu'elle est ironique et même, s'agissant de l'espèce humaine, auto-ironique. Surtout les derniers vers :

« La tour de Babel doit se faire

Car elle sert à démontrer

Que l'homme est supérieur à tout autre animal. »

 

À moins que, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses grandes et blanches dents, à moins que, pour en revenir à Einstein, on ne mesure la connerie à la hauteur des tours et que l'homme soit supérieur en cela – je veux dire en connerie – du fait qu'il édifie des tours de plus en plus grandes.

 

À mon sens, Lucien mon ami l'âne, les tours sont l'expression de l'arrogance et de l'avidité de certains – les riches et les puissants. De ces tours, les pauvres à la vérité s'en foutent complètement... Un endroit au ras du sol leur suffit... Ils préfèrent une petite maison à ces mastodontes prétentieux et malcommodes.

 

À voir toutes ces tours, parfaitement offensantes au regard de la misère, dit Lucien l'âne en grondant de colère, il me semble que la seule chose raisonnable à faire serait de les abattre...

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Ne vous arrêtez pas, vous devez construire votre tour

La tour de Babel toujours plus grande

Toujours plus haute, toujours plus belle

Vous êtes ou vous n'êtes pas les maîtres de la terre ?

Arrachez tous les secrets à la nature

Et alors il n'y aura plus rien qui vous fera peur

Ce sera vous qui ferez tourner la terre

Du haut d'une étoile au bout d'un fil comme une toupie

Et cette étoile sera votre quartier-général pour conquérir

Ce qui reste encore à conquérir

De cette étoile par tout l'univers

L'homme se répandra pour se dépasser

Ne vous arrêtez pas, vous devez construire votre tour

La tour de Babel toujours plus grande

Toujours plus haute, toujours plus belle

Vous êtes ou vous n'êtes pas les maîtres de la terre ?

Ne vous arrêtez pas, vous devez construire votre tour

La tour de Babel doit se faire

Car elle sert à démontrer

Que l'homme est supérieur à tout autre animal.

 

 

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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