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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 21:25

CONNAIS-TU LE PAYS OÙ LES CANONS FLEURISSENT ?

Version française – CONNAIS-TU LE PAYS OÙ LES CANONS FLEURISSENT ? – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Kennst du das Land wo dieKanonen blühn ? – Erich Kästner – 1927

 

 

 

Eh, Marco Valdo M.I. mon ami, savais-tu qu'il y avait une chanson d'Erich Kästner dans les Chansons contre la Guerre ? Seulement, on l'avait attribuée à un chanteur... Du coup, on ne la trouve pas, on ne remarque pas l’important travail poétique contre la guerre de Kästner et à mon sens, c'est dommage. Car des interprètes de cette chanson, il y en a et il y en aura encore, mais l'auteur, il n'y en a qu'un seul et de plus, il n'a pas écrit que cela... Et cette chanson, c'est précisément celle que tu viens de traduire... Kennst du das Land wo dieKanonen blühn...

 

 

 


 

Kästner récite

 

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, tu fais bien de me le dire, cela m'évitera de faire un doublon – chose inutile. Cela dit, il me faut quand même faire une petite parenthèse à propos de cette chanson d'Erich Kästner qui avait un peu le goût de la parodie. Car il s'agit bien là d'une parodie d'un poème chanté lui aussi de Goethe et sans aucun doute, un texte connu de tous les jeunes Allemands... Le texte de Goethe doit figurer dans toutes les anthologies germaniques. J'imagine fort bien ce que un tel texte aurait pu susciter chez Francis Blanche et Pierre Dac... Ici, l'usage qu'en fait Kärstner est clair, limpide et constitue une réussite et fait de la bleuette goethienne ( Kennst du das Land wo die Zitronen bluhn... http://www.youtube.com/watch?v=ZMe22tHvG4c ) une chanson de combat de haute tenue contre le nationalisme armé des rêveurs d'Otto, les très rugueux héritiers du romantisme. On était au temps des casques d'Acier et de tonton Adolphe.

 

 

De fait, cette version résistante (Ora e sempre : Resistenza!) de Kästner me paraît une dénonciation du terrible destin qui frappait en premier lieu les Allemands eux-mêmes. C'est précisément de ce monde-là, ce fameux « là-bas » de Kästner, qu'il nous faut tisser inlassablement le linceul... Un tel monde est oppressant, opprimant, stérilisant, mortifère et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Connais-tu le pays où les canons fleurissent?

Tu ne le connais pas ? Tu feras sa connaissance !

Là-bas, les dirigeants fiers et orgueilleux se tiennent

Dans leurs bureaux, comme si c'étaient des casernes.

 

Là-bas, des galons de caporal soutiennent la cravate.

Et là-bas, on porte des casques invisibles.

Là-bas, on a des visages, mais pas de têtes.

Et celui qui va au lit, se reproduit sans tarder !

 

Quand un supérieur veut quelque chose

- et c'est sa profession de vouloir quelque chose -

On se tient d'abord fixe et ensuite silencieux

Les yeux, droit ! Et on plie l'échine !

 

Là-bas les enfants viennent au monde

Avec de petits éperons et la raie tracée sur la tête.

Là-bas, on ne naît pas civil.

Là-bas, celui qui tient sa bouche cousue est promu.

 

Connais-tu ce pays ? Il pourrait être heureux.

Peut-il être heureux et rendre heureux ?

Là-bas, il y a des champs, le charbon, l'acier et la pierre

L'ardeur, la force et d’autres belles choses.

 

Là-bas, de temps en temps, il y a même l'esprit et la bonté

Et un véritable héroïsme. Mais pas chez beaucoup.

Là-bas, un homme sur deux est un enfant

Qui veut jouer avec des soldats de plomb.

 

Là-bas, la liberté ne mûrit pas. Là-bas, elle reste verte.

Quoi qu'on y construise – ce sont toujours des casernes

Connais-tu le pays, où les canons fleurissent?

Tu ne le connais pas ? Tu le reconnaîtras bientôt.

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Marco Valdo M.I.
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