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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 10:03

CHANSON ENRAGÉE

 

Version française – CHANSON ENRAGÉE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Canzone arrabbiata – Anna Melato – 1961 ‎

Paroles et musique de Nino Rota

 

 

 


Je vais et je chante 
La rage que j'ai.

 

 

 

 

 

 

Originairement écrite pour le film des « Fantômes à Rome » d'Antonio Pietrangeli et réutilisée dans
colonne sonore du « Film d'amour et d'anarchie ou bien : ce matin à 10 heures, rue des Fleurs, dans la maison de tolérance bien connue… », réalisé en 1973 par Lina Wertmüller.
Anna Melato est accompagnée par l'orchestre dirigé par Carlo Savina.

 

 

En 1932, un paysan lombard, Antonio Soffiantini dit Tunin (Giancarlo Giannini), après le meurtre de la part des carabiniers d'un de ses compagnons anarchistes, se rend à Rome pour assassiner Mussolini. Dans la capitale, il entre en contact avec Salomé (Mariangela Melato), une prostituée amante d'un anarchiste du groupe, qui le reçoit dans la maison close où elle travaille en le présentant pour son parent. Là, Tunin tombe amoureux d'une autre prostituée, Tripolina (Lina Polito), auquel il dévoile la raison qui l'a amené à Rome. Le matin de l'attentat, il se réveille en retard. Angoissé, il perd la raison et commence à tirer sur les forces de l'ordre qui étaient dans le bordel seulement pour un contrôle de routine.
Arrêté et battu par la police politique, Tunin meurt en prison mais sa mort est déguisée en suicide. (it.wikipedia)

Après le grand succès international de « Mimì metallurgico ferito nell'Onore » (« Mimi métallurgiste frappé dans son honneur »), Lina Wertmüller repropose le prodigieux masque avec des yeux écarquillés de Giancarlo Giannini (dans beaucoup de premiers plans) dans un autre rôle de héros malheureux : elle lui remplit le visage de taches de rousseur, le place, comme un poussin dépaysé, dans un bordel romain, symbole d'une Italie divisée dans des dialectes, et en fait une icône en piteux état mais puissante de la lutte antifasciste. C'est typique du cinéma de la réalisatrice de faire des oeuvres formellement raffinées, grâce aussi à son mari décorateur/costumier Enrico Job, dans lequel elle place des personnages immondes et aux moeurs vulgaires ; la première partie, située dans la maison de tolérance, on se divertit parmi tant de prostituées triviales (parmi lesquelles grande Mariangela Melato, putain « camarade » de Bologne) retirée, jusqu'aux poils et aux pores de la peau, dans toute leur joyeuse véracité, avec modalités plus felliniennes (ce n'est pas par hasard qu'il y a Nino Rota pour la musique) que son œuvre précédente (qui était « germaine ») ; la partie centrale se plonge, avec une tendresse unique, dans la romantique histoire d'amour ; celle finale, fait triompher l'Idéal, la politique des malheureux avec les couilles pleines de Duce, en un cri désespéré et tragique, illustré par une citation d'Errico Malatesta (« Ces assassins sont même des saints et des héros… et ils seront célébrés le jour où on oubliera le fait brutal pour se rappeler seulement l'idée qui les éclaira et le martyre qui les rendit sacrés »). ...

Le personnage d'Antonio Soffiantini, dit Tunin, interprété de Giancarlo Giannini, est probablement inspiré de la figure et de l'aventure de l'anarchiste Michele Schirru qui en 1931 arriva à Rome de New York avec l'idée de tuer le Duce ; il tomba amoureux d'une danseuse, fut arrêté avant même qu'il put mettre au point son plan, il tenta le suicide et donc, il fut fusillé « pour ne pas avoir commis le fait »…
Je renvoie à ce propos aux chansons
Kenze neke, du groupe homonyme de Siniscola, et à Antonio Soffiantini, detto Tunin‎, elle aussi interprétée par Anna Melato.

 

 

 

 

 

 

À propos d'attenter à la vie de Mussolini, de Michele Schirru et d'autres, juste une petite suggestion, dit tout bas Lucien l'âne. Lisez la canzone [[35005]] de mon ami Marco Valdo M.I. ; elle résume très bien l'affaire.

 

 

 

 

Je chante pour qui n'a pas de chance
Je chante pour moi
Je chante par rage à cette lune
Contre toi
Contre qui est riche et ne le sait pas
Qui salira la vérité
Je vais et je chante
La rage que j'ai.

 

Je pense à tant de gens dans l'obscurité
À la solitude de la cité
Je pense aux illusions de l'homme
Tous ces mots qui l'assomment.


Je chante pour qui n'a pas de chance
Je chante pour moi
Je chante par rage à cette lune
Contre toi
Je chante ce soleil qui viendra
Qui se couchera, qui renaîtra
Aux illusions déjà
À la rage qui me tient là.


Je pense à tant de gens dans l'obscurité
À la solitude de la cité
Je pense aux illusions de l'homme
Tous ces mots qui l'assomment.

 

 

Je chante pour qui n'a pas de chance
Je chante pour moi
Je chante par rage à cette lune
Contre toi
Je chante ce soleil qui viendra
Qui se couchera, qui renaîtra
Aux illusions déjà
À la rage qui me tient là.

 

CHANSON ENRAGÉE
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Marco Valdo M.I.
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 09:39

ALLER SIMPLE

 

Version française – ALLER SIMPLE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Solo andata - Canzoniere Grecanico Salentino – 2014

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=47549

Paroles de Erri De Luca
Musique de Daniele e Mauro Durante
Videoclip d'
Alessandro Gassmann
 



 


La Méditerranée porte dans ses bras
Les migrants d'Afrique et d'Orient




 

 

 

« ALLER SIMPLE » naquit de la collaboration entre Erri De Luca et le Canzoniere Grecanico Salentino. L'historique groupe de musique populaire a mis en musique, en réinterprétant de façon prenante les sonorités traditionnelles des Pouilles, un poème de l'auteur napolitain. La fusion a été ensuite mise en valeur dans un beau film d'Alessandro Gassmann. Le projet artistique a reçu le soutien d'Amnesty International, dont Gassmamn est témoin.


Le clip a été tourné à Sbiaggiabella (Lecce). De la mer sombre et agitée émergent les figures de quelques migrants, qui avec des brasses essoufflées rejoignent le rivage. Le tout se passe sous les yeux d'un vieux pêcheur, interprété par Manrico Gammarota, qui, face à l'élan désespéré des naufragés, reconnaît l'humanité de sa mère, migrante elle aussi, qui remonte à la surface du passé en créant un pont imaginaire entre histoire et futur. « Dans le vidéo, la mer nous montre son côté assassin, violent. Une image très différente de celle communément associée à Salento », dit Gassmann. « Avec ce travail, j'ai voulu parler d'un thème qui m'est cher ».

 

« En Italie, les portes pour les migrants sont fermées seulement au niveau des palais du pouvoir, dans les hautes sphères », a commenté Erri De Luca. « Sur le terrain, les gens comprennent très bien qui sont ces personnes : de nouveaux citoyens, de nouvelles énergies qui viennent secouer à une société vieille et fatiguée. Je pense que les descendants de ceux qui ont débarqué à Lampedusa deviendront nos présidents, et seront orgueilleux de leurs grands-pères ».

 

Nouvelle du jour : il y a au moins dix victimes d'un naufrage qui s'est produit à 40 milles des côtes libyennes. Une quarantaine d'autres naufragés seraient disparus. Un canot pneumatique chargé de migrants s'est renversé et a coulé. Le naufrage remonte à hier après-midi. Entre temps plus de 260 migrants ont débarqué la nuit passée dans le port de Catane où ils sont arrivés sur un cargo battant pavillon d'Antigua-et-Barbuda, qui les avait secourus dans le canal de Sicile. Cinq personnes ont été hospitalisées. Les immigrés extracommunautaires, pour la plupart érythréens, ont été conduits dans des installations sportives communales, dont la Palanitta, de laquelle un bon nombre se seraient déjà éloignés.

 

 


Nous sommes les innombrables
Infinie nation des grains de sable
Nous pavons de corps votre mer
Pour atteindre la terre

 

Vous ne pouvez pas nous compter :
À nous dénombrer, nous augmentons,
Enfants de l'horizon
Qui nous déverse en quantités

 

Aucune police ne peut nous subjuguer
Plus qu'on nous a déjà outragés
Esclaves, nous ferons les enfants que vous ne faites pas
Nos vies, sont les aventures que vous ne vivrez pas

 

Nous rapportons Homère et Dante,
Le pèlerin et l'aveugle
L'odeur que vous perdîtes
L'égalité que vous avez réduite

 

De partout, de toute l'immensité
Nous arrivons à millions de pas
Pieds, nous portons votre poids
Nous déneigeons, nous peignons vos prés

 

Nous sommes les journaliers
Nous ramassons les tomates et le crachat
Nous sommes les pieds
Et nous connaissons le sol pas à pas

 

Nous sommes le rouge et noir de la terre
Un outre-mer de sandales défoncées
Le pollen et la poussière
Dans le vent de la soirée

 

Un de nous, c'était son tour,
A dit « Vous ne vous débarrasserez pas de moi
Très bien, je meurs, mais dans trois jours
Je ressuscite et me revoilà »

La Méditerranée porte dans ses bras
Les migrants d'Afrique et d'Orient
Au creux des vagues sombrant.
Le sac de graines emportées de là-bas
Parmi les algues et les cheveux dispersées
La terre ferme d'Italie est terre fermée.
On les laisse se noyer pour nier tout cela .

 
 
ALLER SIMPLE
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Marco Valdo M.I.
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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 12:45

Le Kangourou Autrichien

 

Chanson française - Le Kangourou Autrichien – Marco Valdo M.I. – 2014

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, quand les Chansons contre la Guerre feront un bestiaire, reprenant les chansons où figurent des animaux, on t'y trouvera sûrement...

 

 

Voilà une idée excellente. On y trouvera certainement aussi des chats, les cochons, l'éléphant, le crocodile, le chameau, le dromadaire, le loup, l'agneau, des oiseaux, la colombe et l'aigle, des poissons, que sais-je...

 

 

Et, vois donc comme vont les choses, Lucien l'âne mon ami, je vais y ajouter le Kangourou et pas n'importe quel kangourou, le kangourou autrichien... Sans doute, l'espèce la plus dangereuse des kangourous.

 

 

Je me demande bien où tu as été pêcher pareil animal ?

 

 

Et bien, tout comme le hornbostel, autre rongeur mythique, il est issu de la fantasmagorie d'Alexandre Vialatte et dans ce cas précis, de sa chronique du 6 octobre 1968 dans le journal La Montagne, publié comme tu le sais, à Clermont-Ferrand, au cœur de l'Auvergne. Chronique intitulée : « Les kangourous sont arrivés ». Ce kangourou autrichien est né à Braunau am Inn en 1889. Il a fallu attendre Vialatte pour en identifier l'espèce et la classer dans les marsupiaux. On avait longtemps cru que ce spécimen relevait de la classe des primates. Le kangourou autrichien a ceci de commun avec le lemming qu'il entraîne à de grands suicides collectifs. Germanique en diable, il perpétue dans le réel la légende du joueur de flûte d'Hamelin. C'est, dit Vialatte, un kangourou inexplicable.

 

 

Je t'écoute, je t'écoute et il me semble bien que ton kangourou inexplicable et semble-t-il effroyable, serait connu également sous le nom d'Adolf Hitler...

 

 

En effet, en effet, et c'est bien pour cela que je le propose au bestiaire des Chansons contre la Guerre, tout en spécifiant bien que les quarante millions de kangourous antipodes n'ont aucun lien avec la branche autrichienne et adoptent de façon constante un comportement nettement moins belliforme.

 

 

Je l'espère... Sinon, foi d'âne, je ne leur causerai plus. Ceci quand même montre l'importance de la zoologie et des zoologues, des taxonomistes et des naturalistes. Mais trêve de vaticinations scientifiques, retournons à notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde biologique, inconscient, effroyable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

C'est l'Hitler, un kangourou autrichien

Prophète de la virilité du peuple allemand

 

 

 

 

Le kangourou date de la plus haute Antiquité :

Il est scientifiquement composé

D’une tête, d’un tronc, de jambes et de bras.

Il naît dans une poche ici, il grandit dans celle-là.

Le vrai kangourou est un rongeur,

Un incorrigible songeur ;

Né dans le désert, il vit sur le sable ;

Il y croît et se multiplie.

Son destin est impitoyable :

On le chasse, on le pille,

On le traque par tous les temps ;

Sans doute, par désœuvrement.

 

Baldur von Schirach dans ses souvenirs épiques

Décrit un kangourou germanique

Plus étrange qu’un insecte australien :

C’est l’Hitler, un kangourou autrichien,

Prophète de la virilité du peuple allemand

Et de la loi des plus forts.

Ce Gynécophobe impénitent

Ne pratique aucun sport ;

Cet Aryanophile convaincu

Descend tout droit de Néron et du Père Ubu.

Il ne mange pas de viande, se lève tôt

Et se bourre de gâteaux

 

Cet original général,

Sans jamais monter à cheval

Consulte les astrologues,

Hurle à pleine voix

D’hystériques apologues

Dans les micros des radios d’ État.

Ogre des pâtisseries,

Friand de viennoiseries,

Ce kangourou est inexplicable.

Quand il paraît sur les boulevards,

Quand il se mêle de faire l’Histoire,

Ce kangourou est effroyable !

Le Kangourou Autrichien
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Marco Valdo M.I.
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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 09:55

Interview

Canzone française – Interview – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 5

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 

 

 

Q : Professeur, votre âge, dites-moi ?

R : Trente-trois ans.

Q : Quelle coïncidence et vous êtes né où, dites-moi ?

R : Ici. Dans la ville de K.

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, tu as suivi l'histoire d'Adam jusqu'ici ; il ne me faut donc pas la raconter... Et si tu as des trous dans ta mémoire – ce qui arrive aux meilleurs, tu peux toujours retourner aux canzones précédentes, à savoir : Le Grand Bond au Plafond - La Déposition - Secret, secret - La Lettre de l'Oncle Hopner. Cette fois, il s'agit d'une canzone d'un type particulier ; il n'y en a pas beaucoup, si toutefois, il y en a d'autres que celle-ci. Donc, c'est un jeu de questions et réponses...

 

 

Je ne sais pas non plus s'il y en a d'autres, Marco Valdo M.I. mon ami, mais ce qui est sûr c'est qu'elle met en chanson une des habitudes les plus répandues des moyens de diffusion de nos temps. Maintenant, on vous interviewe pour tout, pour rien ; à tout propos, à tout moment. C'est une étrange mode. C'est un des sommets de la vacuité. Mais, dis-moi Marco Valdo M.I., c'est vraiment une interview la canzone ?

 

 

À proprement parler, oui. Elle en a toutes les caractéristiques : il y a celui qui pose les questions, il y a celui qui répond. Elle est pleine d'inanité et surtout, les phrases sont courtes...

 

 

Ah ! Les phrases courtes, il n'y a rien de meilleur. Comme ils disent maintenant, c'est un must. Avec les phrases courtes, on ne perd pas le fil... D'ailleurs, il n'y en a pas. C'est le meilleur moyen de ne laisser aucune place à l'imagination. Évidemment, ça évite de penser et de devoir penser.

 

 

En réalité, c'est le but. Tu verras, Lucien l'âne, qu'avec cette interview, tu n'apprendras rien que tu ne saches déjà. C'est une bouillie répétitive ; une pratique de pipelette, du rabâchage. Un modèle du genre. Son titre lui convient très bien, dès lors. Au début, je me demandais pourquoi elle portait un titre si lapidaire, si synthétique, si net, si dépouillé. En fait, c'est une sorte d'épure, c'est une incarnation du genre. Elle convient très bien au monde du Livre blanc, qui par ailleurs est le nôtre.

 

Je me demande, dit Lucien l'âne en mettant ses oreilles en état de perplexité, c'est-à-dire en forme de points d'interrogation, je me demande si cette manie de l'interview ne relève pas de cette manie du questionnement , de ce penchant inquisitorial qui pourrit le monde...

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, tu dois toucher là à certaine tendance contemporaine, fort déplaisante d'ailleurs...

 

 

Avant de conclure, laisse-moi te dire une chose, Marco Valdo M.I., mon ami. La chanson-interview, c'est bon pour une fois. Et reprenons, si tu veux bien, notre tâche obstinée et tissons le linceul de ce vieux monde rabâcheur, intervieweur, inquisiteur et décidément, cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Q : Professeur, votre âge, dites-moi ?

R : Trente-trois ans.

Q : Quelle coïncidence et vous êtes né où, dites-moi ?

R : Ici. Dans la ville de K.

Q : Dites-moi, Professeur, vous enseignez quoi ?

R : Le dessin et la gym à des jeunes gens.

Q : Où çà ? Dites-moi ? 

R : À l'école supérieure de la ville de K. 

Q : C'est un établissement important.

R : Oui, il y a beaucoup d'étudiants.

Q : Et vous y êtes depuis longtemps ?

R : Il y a déjà quelques ans.

Q : Vous marchez au plafond, je crois...

R : Ça m'est arrivé. Oui.

Q : Plusieurs fois ?

R : Plus d'une fois, oui.

Q : Au plafond, vous ne faites que marcher ?

R : Non, non, je me couche et je m'assieds aussi.

Q : C'est un miracle, vous pensez ?

R : Pas du tout. C'est juste une question de volonté.

Q : Alors, moi aussi, je pourrais faire ça ?

R : Certainement. Avec beaucoup de volonté.

Q : Une petite démonstration rien que pour moi ?

R : Pourquoi pas ? Écartez-vous de là !

Q : Vous êtes à cinq mètres du sol, professeur...

R : Les pieds en l'air, la tête en bas

Q : Et le record du monde de saut en hauteur ?

R : Battu, archi-battu et je ferai mieux la prochaine fois

Q : Mais c'est la fin du sport, professeur

R : Je n'avais jamais pensé à ça.

Q : La fin du sport, professeur, la fin du sport, la fin du sport

R : La fin du sport, savez-vous pourquoi ?

Q : Je n'en sais rien, mais professeur, dites-le-moi :

R : Comme la loi, battu une fois, un record... n'est plus un record.

 

 

 
Interview
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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 21:12

HYMNE INDIVIDUALISTE

 

Version française – HYMNE INDIVIDUALISTE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Inno individualista – anonimo – vers 1900

 

 

 

 

Vittorio Pini
Anarchiste

 

 

 

 

 

« Je vous envoie ce chant anarchiste du début du 20ième siècle ; décidez s'il convient de l'insérer. Ravachol (pseudonyme de François Koenigstein) [[36944]] et [[37588]], fut un anarchiste français né en 1859 et mort guillotiné en 1892 sous l'accusation d'homicide. » [Renato Stecca],


D'auteur anonyme, de date incertaine. Il en existe deux versions avec un texte varié et des musiques différents. Dans une précédente version au lieu de Gaetano Bresci, il est question de Vittorio Pini, [http://www.umanitanova.org/n-5-anno-91/achille-vittorio-pini] anarchiste expropriateur milanais mort à Cayenne. (Pour info : la Cajenna est le nom donné à deux prisons sardes : l'Asinara et San Sebastiano à Sassari ; la Sardaigne était appelée de ce fait « la Cajenna d'Italia »); le texte se trouve dans l'opuscule "Il bosco degli alberi"(« le bois des arbres »), histoire d'Italie de l'unité à aujourd'hui à travers le jugement des classes populaires, par Gianni Bosio et Francot Coggiola (2LP des Dischi del Sole), Nuovo Canzoniere Milanais, 1972.
« Garrote », alias le garrot était une machine en service en Espagne qui étranglait lentement le condamné ; Montjuich est la prison de Barcelone où en 1909 fut fusillé le pédagogue anarchiste Francisco Ferrer, fondateur de l'École Moderne.

 

Silva - 23/5/2013 - 18:05

 

 

Avant de mourir dans la boue de la vie,
Nous imiterons Bresci et Ravachol ;
Qui te tend la main, ô bourgeoisie,
Est un homme indigne de regarder le sol.

 

Les machines grondantes déchirent les pauvres
Et pâles et pleurant vont les épouses, toujours
Les champs restent incultes, les mineurs sous terre
Et les ouvriers abattus par homicide, toujours.

 

Et à qui ne succombe pas, s'ouvrent les tombes,
S'affile le poignard, se préparent les bombes,.
L'idéal, c'est l'action !

 

La France, par la guillotine
Tranche la tête qu'elle veut châtier;
La vile Espagne garrotte et assassine ;
L'Italie fusille qui ne veut trembler.

 

En Amérique pendus, en Afrique égorgés,
En Espagne torturés à Montjuich, toujours;
Mais la triste engeance des messieurs dorés
L'individualiste sait la frapper, toujours.

 

Et à qui ne succombe pas, s'ouvrent les tombes,
S'affile le poignard, se préparent les bombes,.
L'idéal, c'est l'action !

 

Tant que nous restons un troupeau, il est juste que
Pour décréter des lois, domine une clique
Tant que ne brillera pas le soleil de l'anarchie;

Nous verrons toujours massacrer le peuple.

 

Sbires, soyez horrifiés, si vous entendez
La dynamite exploser contre l'oppresseur ;
Nous les avons tous contre nous, sbires et tueurs,
Et seul contre tous nous saurons les éliminer.

 

Et à qui ne succombe pas, s'ouvrent les tombes,
S'affile le poignard, se préparent les bombes,.
L'idéal, c'est l'action !

 

 
HYMNE INDIVIDUALISTE
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Marco Valdo M.I.
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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 09:30

La Lettre de l'Oncle Hopner

 

Canzone française – La Lettre de l'Oncle Hopner – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 4

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 

 

Notre Maître Jan Hus contre la papauté

Avait raison et croyait bien faire

Regarde comme il a fini ce révolutionnaire

Condamné et tout cuit sur un bûcher

 

 

 

 

 

 

Il faut se ressouvenir, Lucien l'âne mon ami, qu'il s'agit ici d'histoires, de raconter des histoires et que les histoires, toujours, s'insèrent dans l’Histoire.

 

 

Quelle histoire ! Que me contes-tu là ? Et de quelle histoire finalement me parles-tu ? C'est à n'y rien comprendre. On était – il y a quelques années, j'en conviens – dans une école du côté de Prague, il y avait un professeur qui marchait au plafond et des autorités en panique qui tentaient d'étouffer l'affaire et d'autres qui voulaient, au contraire, en faire toute une histoire... Et soudain, nous voici cinq cents ans en arrière en compagnie d'un hérétique de grande envergure, un homme que j'ai promené au travers des montagnes de Bohême. Un type bien, d'ailleurs, qui savait parler et qui avait un grand sens de la justice. C'est simple, il voulait instaurer un monde de justice, d'égalité, un monde sans richesses, un monde où tous auraient une vie décente et agréable... J'allais de mon petit pas sur mes sabots d'Hellène le menant vers Constance où par traîtrise, ils l'ont enchaîné, torturé, brûlé à petit feu et pour finir, assassiné. Il avait à peine quarante-cinq ans.

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, tu as parfaitement reconnu Jean Huss. Et c'était bien là qu'il était question d'Histoire. Jean Huss, c'est en quelque sorte un homme qui s'est mis à marcher au plafond, lui aussi. Il l'a fait de Prague au moment où Prague était un des hauts lieux de la connaissance et de l'intelligence de l'Europe. En tuant Huss, on anéantissait pour longtemps ce foyer d'ébullition intellectuelle, on donnait un fondement à la Tchécoslovaquie, on déclenchait une guerre terrible qui allait durer des dizaines et des dizaines d'années et ravager des régions entières à coups de croisades contre les Hussites, Taborites... comme on l'avait fait auparavant contre les cathares, les Albigeois, les Vaudois. Sans compter, s’agissant d'Adam, les Adamites eux-mêmes. Mais, laisse-moi te rappeler Lucien l'âne mon ami, le voyage que tu fis deux cents ans avant l'aventure de Jean Huss, quand tu avais porté Pierre Valdo, fondateur de la fraternité des pauvres, de la vallée du Rhône jusqu'en Bohème... Il y a continuité et c'est ça l'Histoire des histoires ; ce fil qui court au travers des temps ; son autre nom est la Guerre de Cent Mille Ans qui, comme tu le sais, est cette guerre qui n'ose pas dire son nom, cette guerre sournoise que les riches mènent sans discontinuer contre les pauvres, que les puissants font aux faibles afin de maintenir leur pouvoir, d'assurer leur domination, d'imposer encore et toujours l'exploitation, de multiplier les profits, d'empêcher toute égalité de sort...

 

 

Oui, je vois bien que c'est ce à quoi ce paysan tchèque qu'est l'oncle Hopner fait allusion et l'avertissement qu'il lance quant aux terribles représailles qui attendent celui qui transgresse la loi ou la foi (ce qui est la même chose ; en italien : la stessa cosa – on me comprendra ) et sa prudente disposition face aux réactions de la réaction. Ainsi donc, c'est une histoire qui prend place dans l’Histoire et elle y insère le Livre Blanc tout entier. C'est une clé pour comprendre le reste des aventures d'Adam. Mais poursuivons notre chemin, reprenons notre œuvre et tissons le linceul de ce vieux monde inquisitorial, réactionnaire, conformiste en diable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Une loi transgressée une fois

Cesse d'être une loi

L'oncle Hopner a écrit

Ma chère sœur, tu me dis

Qu'Adam, mon neveu, marche au plafond

Moi, j'ai pas de conseil à donner à ton garçon.

 

Avec ma femme, j'ai vu à la télé

Quand on a marché sur la lune et depuis

Moi, je dis, ça devait arriver

Mais faut être prudent aussi, moi je dis.

Une loi transgressée une fois

Cesse d'être une loi.

 

Notre Maître Jan Hus contre la papauté

Avait raison et croyait bien faire

Regarde comme il a fini ce révolutionnaire

Condamné et tout cuit sur un bûcher

Une foi transgressée une fois

Cesse d'être une foi.

 

Moi je dis, Adam, mon neveu, doit se méfier

Il y a toujours des jaloux, faut pas l'oublier

Moi je dis, il ferait mieux de tout oublier

Adam, mon neveu et puis aussi de se marier.

Une loi transgressée une fois

Cesse d'être une loi.

 

 

 
La Lettre de l'Oncle Hopner
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Marco Valdo M.I.
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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 09:28

LAMENTATION D'UNE MÈRE

 

Version française - LAMENTATION D'UNE MÈRE – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne – LAMENTO DI UNA MADRE – Salvatore Quasimodo – 1954

d'une chanson sicilienne - LAMENTU D’UNA MATRI – Ignazio Buttitta - 1947-53

 

 

 

 

 

Prends mon souffle,

Le dernier qui me reste,

 

 

 

 

 

I

 

 

J'entendis en ce premier

Mai, la musique

Résonner dans le quartier,

Et je dis à mon homme,

Qui dormait encore

En le secouant fort :

« Debout lève-toi, Turi

On entend la musique dehors,

Est venu Li Causi ! » (*)

Et à mon fils je dis:

« Aujourd'hui ton béret

Tout neuf, tu le mets,

Pour que ce premier mai

Nous donne l'espoir et la paix ».

 

 

II

 

 

J'ouvris la porte,

Le soleil entra

Et tout de rouge

La maison se combla.

 

Je mets à mon homme

Une fleur à la boutonnière ;

Je l'embrasse, je le serre :

Je le respecte et je l'aime.

 

Au fils et au papa,

Je joins les mains :

« Li Causi parle là-bas ,

Courez sur le terrain ».

 

Mon fils met aussitôt

Son nouveau béret

On crie « Hourra Barbato ! »

Sur la route, là plus haut.

Mon cœur, il m'a semblé

Fuyait d'un côté ;

Je levais les bras bien haut :

« Hourra Barbato ! »

 

 

III

 

 

Puis, j'entendis tirer,

Tirer au bout du chemin;

Je ne vis plus rien,

Je me mis à crier.

 

Sur ma porte :

« Voisins ! Voisines !

De sang innocent,

On fait des torrents ! »

 

Je fonce à toute allure

Franchissant fossés et pierres

Les épines me déchirent

Jusqu'à la chair.

 

Je tombe à la renverse,

Courbée sur le terrain,

Mes dents et mes mains

Agrippent la terre.

 

Et je monte encore,

Le coeur au bord de l'explosion,

Au milieu des voix des mères

De la fumée et des lamentations.

 

Et là, à la seconde

Je vis mon fils tué

Et le monde

S'écrouler.

 

 

IV

 

 

Mon fils ! Mon aimé !

Pourquoi t'ont-ils tué,

Quel mal as-tu fait,

Ainsi je lui disais :

Tu étais un ange éternel,

Une colombe de sucre et de miel.

 

Mon fils ! Mon aimé !

Tu as tant de sang sur le visage !

Laisse-moi le laver

De mes larmes ;

Prends mon souffle,

Le dernier qui me reste,

Ouvre tes yeux, je t'en supplie :

Que je les voie luire

Au moins une fois encore !

 

Mon fils ! Mon aimé !

Je ne peux plus t'appeler

Pour t'éveiller le matin,

Et te préparer l'huile et le pain.

 

Mon fils ! Mon aimé !

Jamais, je ne te laisserai,

Si tu te mets en chemin

Je ferai la route avec toi ;

Où tu dormiras

Moi, je serai ton oreiller,

Mes bras seront ta couche ;

Et où tu iras

Je te suivrai ;

Qu'il y ait feu ou flammes

Je m'y jetterai,

Je ferai miennes tes épines ,

Et quand ton pleur débondera

Mon cœur le boira.

 

Ô mon enfant d'amour,

Ton béret neuf fera usage,

Maintenant et toujours

Tout au long de ton long voyage.

 

 
LAMENTATION D'UNE MÈRE
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Marco Valdo M.I.
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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 14:25

EN PRISON QUI DEMANDE PAIN

 

ET TRAVAIL

 

Version française – EN PRISON QUI DEMANDE PAIN ET TRAVAIL – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson lucanienne (Italien) – ‘N galera chi pane e lavoro – Rocco Scotellaro – 1951

Dans la section “Canti popolari” du recueil “Tutte le poesie (1940-1953)”, Milano, Oscar Mondadori, 2004.
Texte tiré de Rabatana, bagatelle e cammei tricaricesi.

 

Rocco Scotellaro

 

 

 

 

 

 

 

Juste un rappel, dit Lucien l'âne : 

 

"Noi, non siami cristiani, siamo somari...", disaient les paysans de Lucanie tout comme leurs frères du monde entier.

 

 

Exactement, dit Marco Valdo M.I. et nous aussi... Et ce pendant, en effet, nous, on ne lui a rien fait à ce Christ et de plus, on n'a pas l'intention de lui faire quoi que ce soit à ce gars-là.

 

 

Surtout qu'il est mort depuis si longtemps... Alors tissons le suaire de ce monde prosélytique, chrétien, apostolique et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 


Que lui avons-nous fait à votre Christ

Qui veut nous tuer,
Qui veut nous brûler ?
Nous ne lui avons fait rien à votre Christ :
On ne doit tuer personne,
On ne doit brûler personne !

 

 

 
EN PRISON QUI DEMANDE PAIN  ET TRAVAIL
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Marco Valdo M.I.
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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 11:31

LE DOUX PAYS

 

Version française – LA DOUCE NATION – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Il dolce Paese - Sergio Endrigo – 1968

 

 

 

 

Les deux maròs (avec le béret, à droite )
 ont effectivement tiré et ont effectivement tué
deux pêcheurs indiens 



Je propose cette chanson, toutefois prudemment comme Extra, parce que je trouve que ses strophes et sa marche musicale de fanfare de village un peu débile, avec mandolines et tubas, est le meilleur commentaire de cette journée grondante de rhétorique patriotarde (En Italie, le 2 juin est dite « fête de la république » et jour de la parade militaire nationale) à laquelle on a immanquablement ajouté l'embrassade à « nos » deux « maròs » (fusiliers marins ou commandos de marine italiens) emprisonnés en Inde depuis plus de deux ans, qui justement aujourd'hui ont pensé à bien élever la voix en professant leur innocence et en affirmant avoir seulement obéi aux ordres…

Eh bien, sur cet événement embrouillé, le meilleur commentaire est sûrement la première strophe de cette chanson d'Endrigo. Et en effet, cette histoire des deux maròs est « une affaire gonflée, tuméfiée, une des plus absurdes « narrations toxiques » des derniers temps, dans laquelle les fascistes et les escrocs, les droites politiques et médiatiques de cette douce nation se sont employés à semer des mensonges et irriguer le champ avec l'habituel mélange de victimisme national, de provincialisme arrogant et de lieux communs racistes ». La citation est tirée du livre « Les deux Maròs. Tout ce qu'on ne vous a pas dit », écrit par le correspondant international Matteo Miavaldi, dont on trouve de vastes extraits et la synthèse, par exemple, sur Giap della Wu Ming Foundation.

 

 

Post-scriptum :

 

Et si vous n'avez pas envie de lire le livre ou les longs extraits sur Internet, je vais synthétiser :

- les deux maròs italiens n'étaient pas engagés dans une mission internationale et même pas pour la défense d'intérêts stratégiques nationaux ; ils étaient en mission de protection d'intérêts privés ;
- l'Italie participe à des missions internationales antipiraterie et le fait avec ses navires de guerre ;
- la loi, fut voulue par La Russa (ministre de la défense, fasciste notoire) et votée à très large majorité (gouvernement Berlusconi), introduisait une possibilité qui existe dans le système de très peu de pays, d'avoir des groupes de protection sur les bateaux commerciaux et, comme cette loi ne prévoyait pas la possibilité de recourir à des mercenaires, les mercenaires sont devenus les fusiliers de Marine, prêtés par l'État aux armateurs privés qui en oit demandés et payés par l'État presque 500 Euro par jour de navigation ;
Les deux maròs étaient donc là pour l'argent et avec l'aval des autorités militaires et du gouvernement italiens ; c'étaient, pour ainsi dire, des mercenaires au service de privés mais payés par l'État, et non des soldats au service de la Nation ;

Les deux maròs ont effectivement tiré et ont effectivement tué deux pêcheurs indiens ;
Le bateau sur lequel les deux maròs étaient embarqués, au moment de l'incident, ne se trouvait pas dans les eaux internationales (et dès lors sur le territoire indien).

 

Ceci dit, il s'agit d'un double homicide né d'une erreur d'évaluation, de deux sots qui se sont laissés éblouir par quelques milliers d'euros « faciles », par des politiciens d'abord incompétents et ensuite irresponsables qui ont posé toutes les prémisses pour créer un cas de deux « démocraties », l'italienne et l'indienne, infectées par leur inefficience, le nationalisme et le populisme…

 

Et quant à ces deux pêcheurs indiens, les vraies victimes dont personne ne parle jamais, eux c'est sûr, ne pourront jamais plus rentrer chez eux. Au soussigné il plairait que les deux maròs rentrassent en Italie… mais seulement à condition que ce jour-là, ils aillent vite casser la gueule à La Russa et à la racaille comme lui qui les ont mis dans le pétrin si bêtement.
Et ensuite direct en prison au moins pour un temps (car jusqu'à présent ils n'ont pas du tout assumé), et sans manger. Autre chose que des héros !

 

Bernart Bartleby - 2/6/2014 - 21:56

 

 

 

Je suis né dans une douce nation
Où qui casse ne paye pas les verres
Où qui crie le plus fort a raison
Où il y a le soleil et la mer

 

Nous sommes nés dans une douce nation
De gens aimables où on chante toujours
Où on parle seulement d'amour
Tellement qu'on a perdu la passion


L'amour y est seulement un prétexte
Avec des rimes de cœur et douleur
Pour vivre à toute allure et oublier au plus vite
Les soucis et les problèmes de l'heure

 

Dans cette douce et charmante nation

 

L'amour y est seulement un prétexte
Avec des rimes de cœur et douleur
Pour vivre à toute allure et oublier au plus vite
Les soucis et les problèmes de l'heure


Dans cette douce et charmante nation
Vivent les plus anciennes gens du monde
Et avec deux sous de pain et d'espérance
Boivent un verre et avancent

 

 
LE DOUX PAYS
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Marco Valdo M.I.
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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 17:22

NOUS SOMMES LES INDIGÈNES DE

 

TRIZONÉSIE

 

 

Version française - NOUS SOMMES LES INDIGÈNES DE TRIZONÉSIE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande - Wir sind die Eingeborenen von Trizonesien – Karl Berbuer – 1948

 


http://www.youtube.com/watch?v=24zmxUw6dcQ

 

 

 

Nous sommes les indigènes de Trizonésie,

Trizonésiennes, Trizonésiens, tschimmela-tschimmela-boum !

 

 

 

 

 

Mon ami Lucien l'âne, tu me vois bien embarrassé... et embarrassé pour publier dans les Chansons contre la Guerre une chanson allemande que personnellement, je trouve des plus intéressantes en ce qu'elle peut être vue de diverses façons... J'en avais déjà touché un mot en parlant avec toi de la chanson des Histoires d'Allemagne - Kölle Alaaf : Qui va payer ça ?, qui se situait justement en 1948. [[39368]]

 

 

Je m'en souviens, et tu avais noté qu'une autre de ses chansons, « Heidewitzka, Herr Kapitän » n'était pas trop appréciée des nazis...

 

 

Celle-ci vient après la disparition du régime nazi, c'est une chanson de 1948, juste au moment où dans l'Allemagne encore occupée, on commence à doucement se remettre de la folle aventure du Reich de Mille Ans et où tant bien que mal, la vie continue. Et pour les habitants, les survivants des carnages déclenchés par leurs dirigeants imbéciles, c'est le temps de l'occupation par des armées étrangères, d'une administration sous contrôle étranger... Pour ceux qui avaient collaboré et soutenu le régime nazi, la chose ne doit pas leur plaire, mais comme on dit, ils l'ont mérité et ils ont même de la chance que ce ne soit pas pire. Mais pour ceux qui avaient déjà dû subir le Reich nazi (sans compter pour certains ce qui l'a précédé : le Reich de Guillaume, la Guerre, la défaite de 18, l'occupation des années 20, etc...), il devait être très pénible de supporter une nouvelle occupation avec tout ce que cela comporte. C'est cela que raconte la chanson... Elle s'élève avec humour contre cette situation, cette réduction de leur lieu de vie en zone occupée, en territoire occupé. Je répète pour que cela soit bien clair : pour ceux qui avaient été nazis, bien fait pour leur pomme... Pour les autres, une telle chanson devait être la bienvenue.

 

 

Je comprends très bien ce que tu veux dire... Mais alors, est-ce que cette chanson prête à confusion, laisse-t-elle penser à une quelconque apologie du régime défait ? Si oui, il faut le dire ; si non, il faut le dire aussi...

 

 

Comment dire, Lucien l'âne mon ami... A priori, deux choses : d'une part, je n'en sais strictement rien ; d'autre part, rien ne l'indique. Je ne peux même pas te donner d'indication sur les rapports qu'entretenait l'auteur de la chanson, Karl Berbuer, boulanger à Cologne et fan de Karnaval, avec le national-socialisme. D'ailleurs, le fait qu'il participe comme artiste, amuseur au Carnaval et aux fêtes, doit être pris en compte. Ainsi, vue avec le recul, la chanson me paraît à la fois drôle, juste dans ce qu'elle exprime la situation des Trizonésiens – c'est-à-dire les habitants de la « trizone », la zone de l'ex-Reich nazi occupée par trois des Alliés : les États-unis, La Grande-Bretagne, la France. C'est une chanson de vaincus... Y a-t-il place pour les vaincus dans l'histoire ? Et les « vaincus » est aussi un terme vague et ambigu... Avec ce mot, on met tout le monde dans le même panier. Peut-on considérer comme vaincu et traiter comme tel quelqu'un qui n'a pas soutenu le régime criminel, sans pour autant le combattre ouvertement, tout en continuant à vivre dans son pays ? Peut-on également imaginer l'exil de tous les opposants ?

 

 

Ce n'est plus un exil, c'est un exode, dit Lucien l'âne. 

 

 

Et puis, à partir de quand faut-il s'exiler ? Certains ont pu s'exiler, mais à quel prix ? On sait combien l'exil est difficile – difficile à envisager, difficile à opérer et difficile à vivre. Pour aller où ? Faire quoi ? Il suffit d'évoquer l'exil des Républicains espagnols en France ou celui des opposants allemands au nazisme en France ou ailleurs... Nombre d'entre eux se sont suicidés : Ernst Töller, Klaus Mann, Stefan Zweig, Kurt Tucholsky, Walter Benjamin, Joseph Roth... Le boulanger Berbuer a continué à faire du pain et peut-être a-t-il été embrigadé, comme des millions d'autres... On ne sait. Mais la chanson, elle, est vraiment une chanson contre la guerre... Elle dit l'humiliation que la guerre impose aux gens – avant, pendant et après. Et on peut tout aussi bien comprendre ici, la chanson comme un sursaut de dignité face à la honte qui noie tout autour de vous... Bien sûr, il y a le « nous » qui ne distingue pas entre les « Trizonésiens », qui ne sépare pas le bon grain de l'ivraie, qui ne dénonce pas le passé crapuleux, et ce nous-là, ce nous les « Trizonésiens », qui est le nous de l'Allemagne fédérale, qui est à présent, le nous de l'Allemagne actuelle ne laisse pas d'inquiéter... Cela dit, voici la chanson...

 

 

Certes, dit Lucien l'âne, tous les Allemands n'étaient pas nazis et d'ailleurs, tous les nazis n'étaient pas Allemands... Il faut faire la distinction. D'ailleurs, cette ambiguïté se retrouve partout. La guerre est une chose complexe, comme le montre la Guerre de Cent Mille Ans où même la paix est un moment ou un état de la guerre. Quoi qu'il en soit, tissons le linceul de ce vieux monde plein de périls, de massacres, d'humiliation, complexe, ambigu et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Mon cher ami, mon cher ami,
Les anciens temps ne sont plus là,
On rit là, on pleure ici,
Le monde continue, un, deux, trois.
Un petit groupe de diplomates
Fait aujourd'hui la grande politique,
Ils changent les États, ils créent des Zones
Et qu'en est-il de nous à l'heure actuelle ?

 

Nous sommes les indigènes de Trizonésie,
Trizonésiennes, Trizonésiens, tschimmela-tschimmela-boum !
Nous avons des Madeleines d'une nature ardemment sauvage,
Trizonésiennes, Trizonésiens, tschimmela-tschimmela-boum !
Nous ne sommes certes pas des cannibales,
Nos baisers sont sans égal.
Nous sommes les indigènes de Trizonésie,
Trizonésiennes, Trizonésiens, tschimmela-tschimmela-boum !

 

 

Messieurs les étrangers, il vous faut savoir,
Un Trizonésien a de l'humour,
Il est cultivé, il aime l'art,
Il va de l'avant sans détour.
Goethe lui-même vient de Trizonésie,
Le grand Beethoven est né ici.
Non, il n'y a rien de tel dans toute l'Asie,
Voilà pourquoi nous sommes fiers de notre pays.

Nous sommes les indigènes de Trizonésie,
Trizonésiennes, Trizonésiens, tschimmela-tschimmela-boum !
Nous avons des Madeleines d'une nature ardemment sauvage,
Trizonésiennes, Trizonésiens, tschimmela-tschimmela-boum !
Nous ne sommes certes pas des cannibales,
Nos baisers sont sans égal.
Nous sommes les indigènes de Trizonésie,
Trizonésiennes, Trizonésiens, tschimmela-tschimmela-boum !

NOUS SOMMES LES INDIGÈNES DE  TRIZONÉSIE
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Marco Valdo M.I.
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