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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 23:10

GÖTTINGEN

 

Version française – GÖTTINGEN – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – GöttingenFranz Josef Degenhardt – 1983

 

 

 

 

 

 

 

 

Connais-tu la Gänseliesel de Göttingen ? Je vois à ton œil joyeux que bien évidemment, tu la connais et que sans doute, comme tant d'autres, tu l'a embrassée de façon gourmande…

 

Sûr que je l'ai embrassée et pourquoi ne l'aurais-je pas fait, vu que telle est la coutume et que, dit-on, cette charmante gardienne d'oies est la jeune personne la plus embrassée de par le monde… Les pulpeuses dénudées des magazines n'ont qu'à aller se rhabiller… C'était même récemment encore chose interdite… Il est vrai que le ridicule ne tue que rarement. Mais pourquoi me parles-tu de cette aimable Lison de Göttingen ? En serait-il question dans la canzone dont tu viens de faire une version française ?

 

Exactement, mon ami Lucien l'âne perspicace. D'ailleurs, la canzone se nomme : « Göttingen » et je précise tout de suite que son auteur, Franz-Josef Degenhardt savait très bien que la chanteuse française Barbara avait auparavant elle aussi écrit et interprété une chanson intitulée Göttingen [[705]]. En voici donc une deuxième, dans laquelle on trouve une explicite référence à la première :

« Ici, Barbara chantait les enfants blonds
Les roses aussi et la mélancolie, »

Mais bien évidemment, tu connais Degenhardt, la canzone raconte aussi autre chose… Le passage de l'avocat Degenhardt dans la ville est escorté du passage du chanteur Degenhardt, armé de sa guitare. Il raconte l'histoire de l'Allemagne (version ouest), son évolution marquée par les mouvements de contestation politique et écologique, par aussi certaines évolutions désastreuses nées de la désespérance d'une jeunesse allemande brisée dans ses élans généreux et libertaires.

« Car nous avons enterré une amie morte,
Qui s'était tiré une overdose de neige. »

Une histoire semblable était contée par la chanson Golden Shoot à Stuttgart [[41548]], qui parlait de 1971. Et comme tu le vois, des années plus tard, la même désespérance… Et maintenant encore, elle perdure… Le Mur [[7911]] auquel se heurte la population n'est pas encore tombé

 

 

Au fait, dis-moi, qu'en est-il advenu de ce « Christian Klar », dont parle la chanson…

 

 

Après 26 ans, Christian Klar est enfin sorti de la prison où on l'avait jeté en raison de ses activités révolutionnaires au sein de la Rote Armee Fraction. Il avait notamment participé en 1977 à l'enlèvement et à l'assassinat du patron des patrons allemands de l'époque (avant ça, Président de Daimler Benz), Hans Martin Schleyer, un nazi, officier SS de haut rang et à ce titre, du temps de l'occupation, responsable de la politique d’extermination en Tchécoslovaquie.

 

 

On comprend évidemment la désespérance qui ronge ce pays, qui n'a pas su vraiment se purger de son infection nazie. Comme quoi, il importe que nous continuions à tisser le linceul de ce vieux monde gangrené, désespérant, mortifère et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Göttingen


Dans cette ville, on devrait cavaler, my love,
Comme un hussard, la cape au vent,
Se laisser glisser sur la Lison aux oies
S'asseoir, les cheveux flous,
Boire des coups de sa bière, se taire
Et se ressouvenir des nuits d'août :


On jouait là de l'harmonica et du violon,
Et autour de la fontaine, nous dansions sans façon.
Adenauer était en partance,
Nous chantions à haute voix une république libre,
Beaucoup rêvaient d'une nouvelle alliance
Noble orgueil de prince et chance d'enfant sale.


J'ai chanté ma chanson dans cette ville,
Éclaboussé et malmené par la gazette.

Elle me traitait de sale gamin prolétaire.
Ça m'a peu servi auprès des camarades.
Là, des enseignants ont tiré sur des élèves,
Dans ma robe, face à la Cour, j'ai hurlé.
Avec la guitare, j'ai riposté.
J'étais témoin, mais ici, on ne m'a pas fait confiance.
Ici, Barbara chantait les enfants blonds
Les roses aussi et la mélancolie,
Qu'en eux les enfants de vaincus ont,
Jusqu'à devenir des Mescaleros, et libérer leur vie.

 

e cours dans le vent sur les tombes.
Par exemple, l'Hans voulait poursuivre la ville,
Car nous avons enterré une amie morte,
Qui s'était tiré une overdose de neige.

Laisse-moi guider et allons à la Tour de Bismarck
Le pensionné aveugle cliquette tout comme un étudiant
Dans les duels corporatifs, il exhibe le sabre de Bismarck
Un ruban, un chapeau et une chemise tachée de sang.
Je cours dehors et je vois devant moi sur le rempart
Peint en rouge : « Vengeance pour Christian Klar ».
Je découvre encore toujours plus précisément,
Que ce pays ne restera plus comme il était avant.

 

 
GÖTTINGEN
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Marco Valdo M.I.
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 21:01

EN GUERRE

 

 

Version française - EN GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson allemande – Im Krieg – Franz-Josef Degenhardt – 2000

Poème d'Andreas Gryphius - 1636

 

 

Andreas Gryphius 

 

 

 

 

Franz-Josef Degenhardt introduit ainsi la chanson :

Pendant la guerre de l'OTAN contre la Yougoslavie, pendant que les bombes ravageaient le pays auquel on voulait prodiguer les droits humains, ensemble parmi d'autres à Rudolf Scharping, avec lequel j'avais déjà manifesté à Mutlangen contre les missiles de l'OTAN, je lus encore une fois des textes d'Andreas Greif, qui se faisait appeler Gryphius. Pendant la guerre de Trente Ans, en 1636, Andreas Gryphius écrivit ce poème :

 

 

Nous sommes déjà complètement dévastés, et plus encore :

Les peuples en foule insolente, la saquebute enragée,

L'épée toute poisseuse de sang, dans le tonnerre des couleuvrines,

Ont sueur, chair et raison pulvérisées.

 

 

Les tours sont en flammes, l'église a croulé

L'hôtel de ville est ravagé, les forts écrabouillés,

Les filles sont violées et maintenant où que l'on regarde

On voit le feu, la peste, la mort ; le cœur et l'esprit s'effondrent.

 

 

Des fortifs et de la ville, le sang frais toujours dégouline

Et ça fait déjà bien trop longtemps que notre fleuve engorgé

De tas de cadavres ne s'écoule plus qu'avec peine.

Mais il me faut encore révéler

Pire que la mort, pis que la peste, le feu et la famine :

Le trésor de l'âme même fut à tant de gens, arraché.

 EN GUERRE
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 09:36

SOUS LE PONT DU DIABLE

Version française - SOUS LE PONT DU DIABLE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Sottoil ponte del diavolo - Luf – 2005

 

 

 

Sous le pont du diable
Où 
se glisse l'eau noire

 

 


Sous le pont du diable
Où 
se glisse l'eau noire
Il y a un homme qui sème la haine
Et 
recueille seulement la tempête
Un autre homme regarde au loinMoi, un jour l'ai vu partir
Les arbres me 
l'ont dit cette nuit
Demain il 
reviendra pour mourir

 

Cet homme, c'est peut-être mon père
Et à cette heure je dois rentrer
Empoigner ma guitare
Et recommencer à tirer
Serrer ma guitare
Et recommencer à chanter
Cette terre est ma terre
Et personne ne pourra l'empoisonner


Sous le pont du diable
Où se glisse l'eau noire
J'ai enterré mes rêves les plus beaux
J'ai planté mon drapeau.
Quand il sera plus grand
Je dirai à mon fils de l'aller chercher
Avec les pieds posés sur les montagnes
Mais le bleu de la mer dans les yeux.
Avec deux sous de pain en poche,
Mais dans le coeur le soleil au crépuscule
Quand il sera grand
Il gagnera son morceau de monde

 

Cette terre est ma terre
On ne peut pas ni la vendre ni l'acheter
Cette terre est ma terre
Et personne ne pourra l'empoisonner

 

 
SOUS LE PONT DU DIABLE
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Marco Valdo M.I.
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 09:34

La Croisière des Nanavortées

 

ou

 

Amsterdam-sur-eau

 

Chanson française - La Croisière Des Nanavortées ou Amsterdam-sur-eau – Agnès Varda – 1965 (+/-)

 

 

 

 

 

 

Dans les années un peu passé le milieu du siècle dernier, ou si l'on veut dans les années d'après-guerre ou de guerre froide ou après la guerre de Corée ou autour de la guerre d'Algérie ou pendant la guerre du Viet-Nam…

 

 

Quelle énumération… On dirait que le monde est étalonné par les guerres, dit Lucien l'âne un peu interloqué…

 

 

Mais précisément, c'est le cas… Évidemment, il y a une explication globale à cela, c'est que les guerres sont des événements marquants et spectaculaires. En somme, il y a de l'action et dans notre monde où l'image animée, le bruit et la rumeur font marcher le commerce des médias, les guerres sont d'un très bon rapport. C'est aussi le paysage de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de maintenir et d'accroître l'écart qui les sépare de la valetaille.

 

 

Maintenir l'écart ? Accroître l'écart ?

 

 

Et bien oui ! Maintenir et accroître l'écart – soit d'une part, les riches toujours plus riches ; d'autre part, les pauvres toujours plus pauvres. Et pas seulement en ce qui concerne les biens matériels ou les conditions de vie, mais aussi dans tous les domaines. Réfléchis un instant à ceci : À quoi servirait-il d'être riches si on ne voyait pas la différence, si on ne marquait pas la différence, si on n'était pas reconnus comme tels. Donc, j'en reviens à la canzone, au milieu un peu passé du siècle dernier et à ce voyage étonnant de ces femmes sur les canaux d'Amsterdam.

 

Pourquoi Amsterdam ?, demande l'âne Lucien en agitant les oreilles pour attirer l'attention.

 

 

Tout simplement, car à l'époque, la Hollande, les Pays-Bas étaient une nation très en avance sur le reste de l'Europe en ce qui concerne les libertés et les solidarités. Du moins, pendant un moment. Ils ont un temps (trop court, malheureusement) laissé entrevoir une Europe tolérante, intelligente et proche des gens. C'est le temps où 50 ans avant tout le monde, Amsterdam avait mis à disposition des vélos gratuits, où la liberté sexuelle n'était plus réprimée, où un monde à la fois égalitaire et libertaire était sereinement envisagé, où germaient 68 et ce qui s'ensuit encore aujourd'hui … Forcément, un tel univers était (et reste) intolérable pour le système, pour la société, pour leur monde… Nous, comme tu le sais, nous, toi, moi, les mais, on s'en accoutume fort bien, mais pas les riches et pas leur suite. Toujours cette question de l'écart… Par exemple, à cette époque, en Hollande, aux Pays-Bas, les dames, les femmes, les filles, nos compagnes qui le souhaitaient (traduire : que la vie contraignait à), pouvaient être « aidées » en toute clarté, dans des conditions médicalement acceptables, sans faire l'objet de réprobation … En Belgique et ailleurs, cela viendra plus tard… Après bien des combats contre l'obscurantisme … Même si de courageux médecins, y compris les médecins de famille, mais aussi des infirmières, des étudiants… pratiquaient cette solidarité – chacun avec leurs capacités tentaient de pallier aux obstructions légales. De façon générale, on en était à la clandestinité organisée… dans le meilleur des cas. Il y avait aussi forcément le pire. Le pire risque bien de revenir quand les gens des services de santé – les médecins, les para-médicaux font ce qu'ils appellent joliment de l'objection de conscience… Belle conscience qu'on a vue à l’œuvre ici quand les nonnettes revenant du Congo ont été avortées avec la bénédiction papale et la couverture de toute l'Église. Toujours ce fameux : « deux poids, deux mesures ».

 

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I., mon ami, tu le sais bien quand ce diction : « Dieu reconnaît les siens ! » ; en l'occurrence, les siennes. Rappelle-toi, le procès du Softenon, où une femme euthanasia son enfant pour lui éviter de vivre l'enfer sur terre… Le pape de l’époque (et celui d'aujourd'hui ferait pareilcondamna ce geste généreux. Comme disait Léo Ferré : « Quand tu verras un Pape sans bras, avec quoi donc, il te bénira ? » ; je cite de mémoire, mais la chanson s'intitulait : Les Temps Difficiles. [[41561]]. Mais il n'empêche, tu as raison, c'est une honte que cette soi-disant « objection de conscience » de gens sans conscience humaine. D'autant que pour les riches (toujours cet écart), la chose (innommable et innommée – et je ne parle pas de Dieu, mais de l'avortement !) ne pose aucun problème… Ils ont de quoi payer, de quoi voyager et en plus, ils font partie de la société protégée… Jamais, au grand jamais, on ne les condamnera ; d'ailleurs, on étend un voile pudique sur leurs écarts.

 

 

Donc, voici une chanson de l'époque, écrite par Agnès Varda, une de ces dames, qui deviendra une grande cinéaste… Une chanson qui raconte le voyage en Hollande. Un voyage organisé… Rentabilité oblige ! Une nef des mères forcées, moderne et terrible, vue par une des participantes. Et dire que certains – ici, en Europe, au vingt et unième siècle, voudraient y revenir. Des malades, ces gens-là … Quand les prêtres, les évêques, les archevêques, etc... accoucheront, ils pourront émettre un avis sur la question… En attendant, qu'ils mangent leur dieu et laissent le monde en paix.

 

 

Et pourquoi n'as-tu pas cité le Pape dans cette énumération ecclésiastique ?

 

 

Par hommage à la Papesse Jeanne qui accoucha lors du défilé de la Fête-Dieu… Évidemment, le bon peuple de Dieu s'empressa de la massacrer et de massacrer aussi l'enfant. En fait, remarque Lucien l'âne mon ami que le vrai scandale n'était pas que la papesse accouche, mais le vrai scandale était que cet événement révélait soudain que le pape était une femme… Au passage, on notera que la Marie était aussi une femme… Quant au père de l'enfant de Marie … On ne sait trop. C'est un mystère.

 

 

Pauvre Jeanne ! Chez ces gens-là, Monsieur, on ne pardonne pas, Monsieur, on tue, aurait dit le grand Jacques. Quant au tourisme sanitaire, il risque bien de reprendre cours dans les temps qui viennent… Du moins, dans certains coins de l'Europe… L'Infâme et ses partisans relèvent la tête, redonnent de la voix, envahissent à nouveau les rues, ils remuent… Ils s'en prennent à l'humaine nation. Raison pour laquelle nous ne pouvons cesser de tisser le suaire de ce vieux monde réactionnaire, cagot, pompier, rétrograde et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Glissant sous les ponts d’Amsterdam
Sur un bateau-mouche hollandaise
Nous les éclopées de la baise
Nous les mamzelles, nous les madames,
Les maladroites et les niaises
Les distraitresses abusées
On a fait — ne vous en déplaise —
La croisière des nanavortées.

 

C’est pas romantique
Le vaporetto
Après la clinique
Amsterdam-sur-eau
Tulipe et vélo
Je m’en souviendrai…

 

En voyant passer les vélos
On a parlé de la pilule
De nos amours au fil de l’eau
De nos enfants de nos ovules
On a ri, on a dégoisé
Sans avoir peur du ridicule
Sur un bateau trop pavoisé
Baladant des nanavortées.

 

Quarante ans ou seize
C’est le même lot
Le même malaise…
Amsterdam-sur-eau
Tulipe et vélo
Je m’en souviendrai…

 

Le long des canaux d’Amsterdam
Au son du trilingue blabla
D’une guidesse à cheveux plats
Nous les mamzelles, nous les madames
Celles qui voulaient se libérer
Et celles qui n’en parlaient pas
On a fait en riant ou pas
La croisière des pauvres nanas.

 

Ces florins qu’on claque
C’est pas rigolo
Quand on est patraque
Mais c’est moins gros cœur
Quand on est plusieurs
On a moins le trac.

 

On n’est pas unique
C’est moins trémolo
C’est plus sympathique
Amsterdam -sur-eau
Tulipe et vélo
Je m’en souviendrai…

 

 
La Croisière des Nanavortées  ou  Amsterdam-sur-eau
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Marco Valdo M.I.
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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 21:22

PRIÈRE POUR LES PRISONNIERS

 

 

 

Version française - PRIÈRE POUR LES PRISONNIERS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande - Gebet für die GefangenenKurt Tucholsky – 1924

 

 

 

 

Spartakiste arrêté - 1919

 

 

 

 

 

 


Texte de Kurt Tucholsky, publié - sous le pseudonyme de Theobald Tiger - dans Die Weltbühne, 23 décembre 1924. Ensuite inséré dans « Deutschland, Deutschland über alles » (1929), un « journal de lutte réalisé avec des photographies de tendance » écrits de Tucholsky et appareil iconographique (photographies et montages photographiques) d'Helmut Herzfeld, en art John Heartfield 
Musique de Hanns Eisler.
Interprétée 
par Ernst Busch, mais aussi par d'autres artistes sur sa musique, comme Peter Janssens et Leon Boden avec Bernd Klinzmann.

Après la répression de la révolution sparta
kiste de 1919, les prisons de la République de Weimar (nouveau-né de l'alliance entre l'armée impériale et la social-démocratie) se remplirent de communistes, si bien que ensuite en 1933, les S.A. de Hitler finirent seulement l'efficace travail commencé à cette occasion  par les « Freikorps » de la République, les assassinats de presque tous les dirigeants du « Novemberrevolution », de Rosa Luxemburg à Kurt Eisner, de Karl Liebknecht à Leo Jogiches, de Gustav Landauer à Eugen Levine, et de centaines de militants…

 

 

 

Seigneur Dieu !
Si tu as par hasard le temps, entre deux cotations boursières
Et une bataille idiote au Maroc de - peut-être,
T'intéresser aux pauvres :
Écoute en Allemagne
Geindre en prison sept mille communistes ?
Kyrie eleison - !


Il y a là-dedans de pauvres gars, qui se tenaient tous

Et maintenant, sont entre les mains des juges ;
Sur eux, s'est abattu le bâton de la police,
Qui pend perpétuellement au-dessus de nous tous…
Kyrie eleison - !


Il y a là aussi des plus âgés qui avaient des convictions,
Du cœur et du courage -
Ce n'est toutefois pas au goût de ces juges,
Et pour eux, cela n'augure rien de bon
Kyrie eleison - !

 

Là aussi se trouvent ceux qui ont cru défendre

Une république - aux couleurs : Noir-rouge-or ! (**)

Mais Fritz Ebert (*) lui n'a pas voulu le faire.
Car il a beaucoup plus peur de ses amis
Que de ses ennemis - 
Kyrie eleison - !

 

Seigneur Dieu ! Ils sont assis depuis des années dans de petites cellules
Et sont malades, pâles et sans femme ;
Par Monsieur l'Inspecteur Maschke, ils sont brutalisés,
Insultés, emmenés dans la cave et là en bas, tabassés…
Kyrie eleison - !


Certains ont une araignée ; c'est leur amie ;
Beaucoup sont cassés, tous sont désespérés et mélancoliques -
Un jour, Grand Dieu, là-bas dure mille ans !
Kyrie…


Peut-être es-tu bienveillant,
Et consultes-tu parfois le Nouveau Testament ?
Chez nous, les pasteurs lisent ça, mais le dimanche seulement ;
En semaine, seuls comptent le code pénal

Et le Président du tribunal régional.
…. eleison - !

Tu sais peut-être, Bon Dieu, pourquoi ces sept mille
Se trouvent dans les prisons allemandes ?
Moi je le sais. Mais moi je ne le dis pas. Tu peux bien l'imaginer par toi-même.
Amen. 

(*) Fritz Ebert (1894-1979), social-démocrate, il survécut aux camps de concentration nazis et à la guerre et ensuite, il devînt un haut dirigeant de l'Allemagne communiste.
(**) Schwarz-Rot-Gold, noir-rouge-or, les couleurs de l'Allemagne mais surtout, à l'époque, était ainsi appelé le « Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold », la puissante organisation paramilitaire du parti social-démocrate (tellement puissante qu'en 1933, elle se liquéfia comme neige au soleil).

 
 

 

PRIÈRE POUR LES PRISONNIERS
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Marco Valdo M.I.
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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 19:33

LES PATRONS ÉPOUVANTAILS

 

Version française – LES PATRONS ÉPOUVANTAILS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Padroni ci volete spaventare - Franco Rusnati – 1979

Écrite et interprétée par Franco Rusnati
(Sull'aria di "E quei briganti neri")
Accompagné par Ezio CupponeEt d'un groupe d'ouvriers de la Breda Fucine

 

 

En 1979, l'ouvrier de l'industrie métallique Franco Rusnati est délégué syndical FIOM de la Breda Sidérurgica de Sesto San Giovanni ; et 1979 c'est l'année du contrat (convention collective) ouvrier de l'industrie métallique et des élections politiques qui, après le cas Moro, marquèrent une virtuelle défaite de PCI de saint Enrico Berlinguer. Du site resistenze.org, qui avec les frères et camarades du Deposito – Canti di Lotta (Dépôt – Chants de Lutte) publie le texte de cette chanson, nous lisons : « Comme on sait, pendant les élections en Italie la 'lutte des classes' est mise officiellement « au frigo ». Les contrats (conventions collectives) sont congelés et la lutte de classes fait place à la confrontation pacifique à travers le décompte des bulletins de vote. Les résultats obtenus par la lutte syndicale sont au dessous des demandes avancées dans les plate-formes et les syndicats cherchent à mettre à dos des ouvriers de Fiat la faute des maigres résultats atteints dans les négociations. Comme il se passe toujours dans ces cas, dans les assemblées d'usine, le débat est animé. Les bilans et les jugements sur les responsabilités s'opposent. La lutte forme les fronts et détermine les alliances. Le PCI et les partis parlementaires font bloc à l'appui des thèses de CGIL-CISL-UIL (front syndical). Les groupes extraparlementaires présents dans l'usine, avec toutefois des tons différents, font des choix semblables à ceux des syndicats. Comment les ouvriers ont-ils pu approuver un contrat qui ne répond pas à leurs exigences ? Commentse sont exprimés les divers secteurs de travailleurs ? Sur ceci, éclairent les tracts qui suivent. Entre temps, les partis font le bilan des résultats électoraux et naturellement personne n'a perdu ! Par contre les travailleurs, au retour des congés, découvrent des augmentations généralisées des prix. »

 


Comme « il n'y a pas de luttes sans chansons », pendant les grèves de cet année à Sesto San Giovanni, le Syndicat Unitaire Ouvriers de l'industrie mécanique décide de presser un disque, un autoproduit, contenant deux chansons syndicales du délégué ouvrier Gianfranco Rusnati, pour tous Franco, de Bussero. Le disque s'appelle, simplement, « Ouvriers de la Breda de Sesto » et y participe, en accompagnant à la guitare, Ezio Cuppone. Dans un site qui contient Sesto San Giovanni de Gang, il est juste d'accueillir deux chansons qui proviennent authentiquement des ouvriers de Sesto, sans médiation d'art. [RV]

 

 

Patrons, vous voulez nous effrayer

Créant les crises pour ne rien céder ;

Mais c'est une vieille histoire, plus personne ne la croit,

Vous êtes la ruine de tous les pays.

Mais c'est une vieille histoire, plus personne ne vous croit,

Vous êtes la ruine de tous les pays.

 

Désormais même parmi on a mûri

Nous avons formé un seul syndicat uni;

C'est une lutte de classes contre les exploiteurs

Les travailleurs vont unis

C'est une lutte de classes contre les exploiteurs

Les travailleurs vont unis

 

Les mensonges que vous avez racontés

Sont des produits qui n'ont plus de marché ;

Nous sommes des travailleurs de forge et de fonderie

Vous, vous ruinez l'économie.

Nous sommes des travailleurs de forge et de fonderie

Vous, vous ruinez l'économie.

 

Banderoles et affiches préparées

Cloches et sonnailles bien accordées;

Nous sommes tous sur un rang nous vous ferons devenir fous

Nous, nous résisterons une minute en plus que vous.

Nous sommes tous sur un rang nous vous ferons devenir fous

Nous, nous résisterons une minute en plus que vous

 

C'est maintenant que commence la bataille

Pour extirper toute cette patronaille ;

Nous, nous ne voulons pas de guerre, ni croix ni honneurs

Les travailleurs veulent juste ce qui est juste

Nous, nous ne voulons pas de guerre, ni croix ni honneurs

Les travailleurs veulent juste ce qui est juste

 

Nous, nous ne voulons pas de guerre, ni croix ni honneurs

 

Les travailleurs veulent juste ce qui est juste

LES PATRONS ÉPOUVANTAILS
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Marco Valdo M.I.
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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 23:46

CHANT DES PAVEURS

 

Version française – CHANT DES PAVEURS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Lied der Steinklopfer – Kurt Tucholsky – 1929

 

 

 

 

 

 

 

 

Poème de Kurt Tucholsky, dans “Deutschland, Deutschland über alles” en 1929, un « journal de lutte comportant des photographie de tendance » avec les écrits de Tucholsky et l’apparatus iconographique (photographie et montages photographiquesd' Helmut Herzfeld, alias John Heartfield.

Une poésie mise en musique par The Ex, célèbre band anarco-punk néerlandais.
Seul e 1989 (en collaboration avec les Écossais Dog Faced Hermans) ensuite inclus en diverses formations successives. La photo de couverture est la même que celle que John Heartfield utilisa pour illustrer les poèmes de Tucholsky.

 

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, cette fois-ci, il me faut vraiment donner quelque éclaircissement, même si, je peux te l'assurer et à la rigueur, le démontrer, ma version est conforme au texte et à son sens, ainsi d'ailleurs qu'à l'esprit de ce « lied ».

 

 

Quoi, quoi, que dis-tu ? Déjà, je n'ai rien encore dit que te voilà sur tes grands chevaux lancés à plein galop dans une sarabande insensée. Car, en vérité, je te le dis, ton propos me paraît insensé.

 

 

Rassure-toi, Lucien l'âne mon ami. Il ne l'est en rien, même si l'apparence est trompeuse. C'est d'ailleurs une des caractéristiques de l'apparence que d'être trompeuse. Laisse-moi te conter l'affaire. D'abord, ce chant des paveurs est bien évidemment un chant qu'il faut interpréter à la lanterne politique – tu connais assez Kurt Tucholsky et Theobald Tiger pour savoir cela. Donc, ces paveurs pavent la route de l'avenir ; on les y pousse, on les y force. Et ils le savent et ils le disent. Ils savent qu'on les manipule, ils savent aussi qu'ils ne peuvent l'être indéfiniment. Ils attendent l'heure…

 

 

Je vois mieux maintenant de quoi il retourne . Cependant, à lire la canzone, on le comprend. Et 1929 est tellement près des sinistres années 30.

 

 

En effet, l'affrontement final (remarque, je n'ai pas dit la lutte finale...car c'est une autre histoire…) est provisoirement circonscrit à l'Allemagne et ses territoires de linguistique extension – premier pas impérialiste que cette revendication territoriale linguistique… Je dis ça tout à fait fortuitement et comme on dit souvent : Toute ressemblance ou coïncidence avec des événements contemporains est rigoureusement à exclure et spécialement, en ce qui concerne la territorialisation linguistique dans certain petit État où nous demeurons. Je ne voudrais pas qu'on assimile certaines circonstances présentes avec des circonstances passées. Quoique… Même si, pour citer, Alfred Abdank Skarbeck Korzybski, ex-officier de l'armée polonaise ou russe, finalement peu importe : « La carte n'est pas le territoire », il n'en reste pas moins que l'effet et la cause sont liés, comme disait Pangloss. Bref, que les choses s'ensuivent et s'embrouillent pareillement.

 

Mais enfin Marco Valdo M.I. mon ami, vas-tu enfin arrêter de digresser et me dire tout dret ce que tu as en tête ?

 

 

Donc, j'en reviens à la canzone, aux paveurs et à ce que je voulais vraiment dire… à savoir que je trouve que le dernier couplet est – dans sa forme française – assez joli et demande deux mots d'explication à propos de la hie précisément.

 

« La hie danse.
Et frappe en cadence :
Patience.
Patience.
Patience. »

 

Je l'avais en tête cette hie du paveur, mais il me fallut vérifier et en vérifiant, j'ai trouvé cette citation… une merveille, que je ne puis passer sous silence :

« L'ouvrier à mine terreuse (...)

Qui dans sa besogne haïe,

Sent parfois sa force trahie,

Alors qu'il fait danser la hie,

La demoiselle du paveur. » (Pommier, Paris,1866 )

Ce me semblait comme un écho antérieur à la formulation de Tucholsky… Cette hie, cette demoiselle, cette dame que le paveur tient au bout des bras dans cette danse infernale qui finit par le démantibuler. Je vois bien que tu crois que je déraisonne et c'est bien le contraire qui se passe : la hie danse au cœur de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres obstinément et inlassablement à seule fin de conserver et d'étendre leur imperium et les privilèges qu'ils en tirent. La hie tape, tape, tape le sol comme le lièvre et tam-tam des villes tentaculaires répète à l'infini : patience, patience… On les aura...

 

 

Admettons l'augure de la hie. Elle me fait penser à certaine taupe, à la route de Louviers [[43226]]… et comme la hie, la dame, la demoiselle et ces paveurs… dansons nous aussi, dansons la Carmagnole , la Ravachole [[36944]] et tissons le linceul de ce vieux monde [[7841]] inculte, oublieux, borné et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Si chaque pierre était un juge,
Un général de notre armée,
Monsieur Hilferding (*) en frac – :
Alors, nous damerions avec une belle force,
La route serait vite faite –
Rack –
Pickepack –
Tack-tack.

 

Que chaque pierre et chaque pierre
Pénètre si difficilement la terre..
Comme toutes jour après jour,
Elle enseigne que le travailleur
Ne peut plus bosser seulement pour d'autres –
Rack –
Pickepack –
Tack-tack.


Pour celui qui marche avec des fifres, qui hurle
Sur la rue, qui nous manipule ?
Et qui est coupable ?
La hie danse.
Et frappe en cadence :
Patience.
Patience.
Patience.

 
 
 
CHANT DES PAVEURS
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Marco Valdo M.I.
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 22:20

LA TERRE EST RONDE

 

 

Version française – LA TERRE EST RONDE – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson allemande – Die Welt ist rund – Erich Kästner – 1929 

 

 

 

 

ERICH KÄSTNER (1927)

 

D'abord, Lucien l'âne mon ami, je te rappelle à toutes fins utiles que ne connaissant véritablement que le français, toutes les versions que je donne de chansons ou de poèmes venant de n'importe quelle autre langue sont ce que j'ai pu comprendre de l'original et deviennent par le fait-même une recréation à partir de… Il peut donc y avoir certains décalages; bref, j'arrange le monde à ma façon : pour le sens, je fais ce que je peux, je me reconstruis un univers peuplé de ces arrangements, à la manière des peintres qui donnent une représentation du monde… dont le spectateur doit se contenter. Et je suis le premier spectateur. Cela dit, la chanson de Kästner ainsi retravaillée devrait bien te plaire. Elle s'intitule « Die Welt is rund », ce que j'ai intitulé en français : « La Terre est ronde ».

 

 

Ce que l'on sait depuis la plus haute Antiquité, dit Lucien l'âne en se dandinant. D'ailleurs, je peux te confirmer la chose, moi qui l'ai parcourue dans bien des sens.

 

 

 

Ainsi, la terre est ronde… J'aurais en respectant le sens strict dire : « Le Monde est rond », je le dis au dernier couplet. Sans doute avais-je dans l'oreille des bribes d'autres chansons. D'abord, la Valse Jaune de Boris Vian :

 

« Et le soleil
De l'autre côté du monde
Danse une valse blonde
Avec la terre ronde, ronde, ronde, ronde »

 

et Léo Ferré chantait quelque chose d'approchant dans Les Amoureux du Havre. Il y était question de la terre ronde, mais il n'en tirait pas les mêmes conclusions.

 

Oh oui, dit Lucien l'âne en riant, je m'en souviens de cette rengaine et qui plaisait bien aux jeunes personnes. Elle était d'ailleurs faite pour ça :

 

« Je t'aime tu m'aimes on s'aimera

Jusqu'à la fin du monde

Puisque la terre est ronde

Mon amour t'en fais pas ».

Mais tu disais que celle d'Erich Kästner était d'une autre teinture…

 

 

D'une autre teinture, d'une autre texture, d'une autre voilure, d'une autre envergure… En fait, elle est assez acerbe. Acerbe et terriblement ironique. À se demander d'ailleurs si finalement – en dépit du fait que Kästner n'était pas, vraiment pas un pessimiste, ni un homme à baisser les bras et que dès lors, même s'il considérait et il le considère ainsi ici, que ce vieux monde exécrable devait disparaître afin de laisser place à un monde meilleur…

 

Si finalement, quoi ?, dit Lucien l'âne. Je suis un peu perdu dans ta phrase à rallonge.

 

Si finalement, l'élimination, l'auto-élimination de l'humanité ne serait pas – volens, nolens – le destin qui l'attend vraiment et un destin souhaitable. Et dès lors, la chanson de Kästner qui dit :

« Alors, il n'y aurait plus d'hommes 
Alors, la vie serait agréable. 
Comme les merles et les violettes riraient alors !  »

J'ajouterais : comme les ânes… comme tous les animaux, toutes les plantes… riraient et reprendraient vie joyeusement.

Donc, cette chanson est à double tir : écrite en 1929, elle prévient déjà la catastrophe du Reich de Mille Ans et par delà, elle a de furieux penchants écologistes.

 

 

Comme quoi, il importe que nous continuions à tisser (nous aussi, comme Erich Kästner) le linceul de ce vieux monde roublard, menteur, tueur, idiot et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

La Terre est ronde. Comme elle est là.

Elle n'a ni devant ni derrière.

Nous qui avons vu le monde par derrière, 
Nous avons vu ce visage-là.

 

Certes, il y a le rêve et le clair de lune 
Et quelque part aussi une petite ville
C'est égal. Car cela doit être ainsi

Et quand on meurt, c'est fini.

 

Homme deviens rond, directeur et abonné. 
Le dimanche, porte frac et buse. 
Et si on ne veut pas te respecter

Alors frappe-leur dans la gueule.

 

C'est stupide. Que ce le soit est compris.

Par le plus sot, par le plus dégourdi.

Dès demain dans le service de sécurité
Tutoie Schulz et Krüger.

 

Prends souvent ta femme la nuit près de toi
C'est si banal. Et appelle ça libre choix.

Ça ne coûte pas. Méprise les hommes.

Et même quand le monde est habité, il est vide.

 

Dans le sud, il y a des jardins de cyprès 
Là, le poitrinaire se remet.
Celui qui ne fait rien, n'obtient rien à manger. 
À quatre kilos, les enfants normaux retrouvent la santé.

 

Il ne faut pas trop souvent te laisser aller
À cracher au visage d'autres personnes 
Il ne vaut pas la peine généralement de s'en occuper.
Ils ne sont pas mauvais. Ils ne sont qu'ordinaires. 

 

Oui, si le monde était carré ! 
Et tous les idiots dans la cuvette noyés ! 
Alors, il n'y aurait plus d'hommes 
Alors, la vie serait agréable. 

Comme les merles et les violettes riraient alors !

Mais le monde reste rond. Et tu restes un imbécile.

Ça ne vaut pas la peine. Massacrer les hommes.

Prends une corde. Et donne-toi la mort !

 

 
LA TERRE EST RONDE
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Marco Valdo M.I.
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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 23:09

MARCHE 1945

 

 

Version française – MARCHE 1945 – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Marschlied 1945 – Erich Kästner – 1945

 

Texte d'Erich Kästner, composé à l'époque de son engagement dans les productions de cabaret littéraire à Die Schaubude de Munich (1945-48).
Musique d'Edmund Nick (1891-1974), compositeur et directeur musical allemand

 




Allemagne, 1945. Une route de campagne. L'épave d'un char dans un champ. Une jeune femme vêtue avec des vêtements d'homme, une vieille veste et un sorte de pantalon usé, en chemin vers on ne sait où. Tout ce qui lui est resté : un sac à dos, une valise et la tête encore sur le cou, seulement la vie, sur le fond d'une Allemagne détruite…

 

 

 

 

Au cours des trente dernières semaines
J'ai beaucoup erré par les forêts et les prés.
Et ainsi ma chemise a crevé,
À ne plus pouvoir la mettre.
Je portais des souliers sans semelle,
Et mon sac à dos est mon seul bagage.
Les Polonais ont pris mes meubles

Et la Dresdner Bank, mon argent.
Sans patrie et sans famille,
Sans avenir, sans présent, 
Voilà bien la fameuse

Décadence de l'Occident !

 

À gauche, deux, trois, quatre,
À gauche, deux, trois –
Ici est ici ! Je n'ai rien d'autre :
À gauche, deux, trois, quatre,
À gauche, deux, trois –
Si j'ai ma tête, moi j'ai encore ma tête
Solidement plantée sur mes épaules.

 

Je suis une plante de grande ville.
Qui ne vaut pas lerche.
Ni fière, ni brillante, ni exubérante,
Mais plutôt le contraire.
Quand même, les villes meurent…
Le ciel les a tuées…
Sous des gerbes de phosphore et d'acier 
Pour cela nous étions assez bonnes.
Si les autres devaient vivre,
Ce qui durant six ans nous est arrivé –
Mais nous ne voulons pas nous vanter.
En plus, il n'y a pas de quoi rire.

 

À gauche, deux, trois, quatre,
À gauche, deux, trois –
Ici est ici ! Ce que j'ai, est tout juste :
À gauche, deux, trois, quatre,
À gauche, deux, trois –
J'ai ma tête, moi j'ai encore ma tête
Solidement plantée sur mes épaules.

 

Je porte des chaussures sans semelle.
Dans mon pantalon, le vent siffle.
Mais le diable me prendra,
Si je ne trouve pas de toit.
Aux fenêtres, qui sont
Dans l'obscurité, la lumière cligne.
Mais pas dans toutes les maisons.
Non, vraiment pas dans toutes…
Mille ans ont passé
Emportant la moustache et le chancelier.
Et maintenant il faut : Commencer sans retard !
En avant marche ! Bientôt, il sera trop tard !

 

À gauche, deux, trois, quatre,
À gauche, deux, trois –
Du Memel au Palatinat, En avant marche, !
Crachez dans la main et tractez la valise.
À gauche, deux, trois, quatre,
À gauche, deux, trois –
Nous avons notre tête, nous avons encore notre tête
Solidement plantée sur 
nos épaules.

 

 

 
MARCHE 1945
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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 23:01

 

ÈVE AU SOLEIL

 

Version française – ÈVE AU SOLEIL – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Lorenzo Masetti

d'une

Chanson espagnole - Eva tomando el sol - Joaquín Sabina1988

 

 

 

En voyant les poulets entrer,
Ève ne put retenir un cri.
Ils la frappèrent et la jetèrent en bas de l'escalier,
Ces anges déguisés en gendarmes,

 


Une histoire d'amour marginal, de maisons occupées et de dégagements du paradis terrestre racontée par Sabina sous forme de parabole biblique avec simplicité et poésie. Ironie unie à la dénonciation sociale et une trame qui rappelle Bouche de Rose.

 

 

Tout a commencé quand ce serpent
Me donna une pomme et me dit goûte.
Je m'appelais Adam,
Sûr que tu t'appelais Ève.
Nous squattions un étage
Abandonné à Moratalaz.
Quand on n'a pas été là-bas,
On n'a pas vu le paradis terrestre.
Dans une décharge, nous avons pris un matelas
Une table bancale et deux chaises
Tandis que je grattais des partitions,
Tu cuisais les pommes de terre.
Nous avons semé la mariejeanne
Et elle a fleuri sur le balcon
Avec une branche de l'arbre bancal
De la science du bien et du mal.



Ève aimait bronzer
Elle s'étendait chaque après-midi au soleil,
Personne ne vit jamais sirène pareille
Sur un balcon dénudée.
À l'heure du show de mon amie,

Bientôt à chaque fenêtre, il y eut un mari
Même quand la télé donnait en différé
Real Madrid - Benfica.
Un jour, la vipère d'en bas
Surprit son conjoint en train de zieuter
Elle a foutu un bordel et aux flics a téléphoné.
Comme nous n'avions pas de noms,
Ni feuilles de vigne, ni oncle conseiller,
Et pas d'autre Dieu que Cupidon,
Il ne servit à rien de protester.


Ève prenant le soleil, désordre bienfaisant
Baisers, oignon et pain, que veut de plus Adam.


Un juge qui se croyait Dieu décida
D'envoyer un garde sceller notre appartement.
Pas de place au paradis pour deux occupants.
Nous étions nus sur le matelas
Jouant à notre jeu favori ;
En voyant les poulets entrer,
Ève ne put retenir un cri.
Ils la frappèrent et la jetèrent en bas de l'escalier,
Ces anges déguisés en gendarmes,
Sans se soucier un instant de ses larmes,
Ni qu'elle fut enceinte de Caïn, notre aîné.
Aujourd'hui, Ève dans un super-marché vend
Les pommes du péché originel.
Dans la rue, je chansonne l'Éternel
Tout le monde m'appelle Adam.

 

 

ÈVE AU SOLEIL
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Marco Valdo M.I.
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