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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 21:31

DING DING DÉLIRE

 

Version française - DING DING DÉLIRE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – DingDingdelirio - Io?drama – s.d. (2010 ?)

 

Plus de terreur constante crée un malaise déchirant

Toi tu n'entends que ce ding !

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous violentez Violette car elle a une crête.Vous lobotomisez Tommaso qui a mal à la tête.Ils n'ont pas de respect pour l'évêque… mais moi-même,
Je n'ai pas de respect pour l'évêque.

 

Cowboys écorchez vifs ces Peaux-Rouges :
Comme des punaises ils nous encerclent, un point c'est tout.
Ne pas t'allie aux sauvages et aux pauvres :
Sans armes, ce ne sont pas des hommes.

 

Crucifions ce journaliste,
Il a du mal a se tenir coi et la tête basse.
Refoulons son concept de dialogue.
Qui dit la vérité est à la solde du diable.


Les bombes amputent les jambes et puis broient des enfants,
Plus de pétrole, plus de sang refournit les pompes.
Plus de terreur constante crée un malaise déchirant
Toi tu n'entends que ce ding !


Ding! Ding! La monnaie tombe le fond.
Ding! Ding! La monnaie actionne le monde.
Mais c'est l'heure. Il est l'heure.
(Aujourd'hui les États-Unis doivent chercher hors de leurs frontières

Soixante pour cent du pétrole nécessaire 
Du pétrole à importer, il n'en existe pas presque plus ! ).


Violette maintenant est violente.
Ding! Ding! Pour l'instant.

 
 
DING DING DÉLIRE
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Marco Valdo M.I.
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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 22:13

PETIT CHANT DE MARCHE

 

Version française - PETIT CHANT DE MARCHE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande - Kleines Marschliedchen – Erich Kästner – 1932

 

Musique de Holger Münzer [1972]
Interpr
étation : Holger Münzer [1976] et Georg Schneyder [1986]

 

 

 


En rangs par quatre, vous et votre bêtise déambulez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Kleines Marschliedchen (petite chanson de marche) d'Erich Kästner a été conçue en 1932, c'est-à-dire à la veille de la prise de pouvoir (par les Nazis) en janvier 1933.

On y découvre les pensées qui vinrent à un pacifiste comme Kästner, quand il vit marcher « les colonnes brunes » dans les rues.

 
 

Il n'y a donc rien d'étonnant, dit Lucien l'âne en redressant l'échine, à ce que les mêmes Nazis mirent les écrits d'Erich Kästner au bûcher.

 

 

Tu n'as pas tort. Ce qui est plus étonnant, c'est qu'Erich Kästner affronta la bête dans son antre – comme le fit le peintre Max Liebermann [[38296]] et même s'il fut réduit (provisoirement – le temps des 12 ans du Reich de Mille Ans) au silence, il persista dans son combat ; ce qui lui valut plus d'une invitation dans les bureaux de la Gestapo. Il fut probablement le seul écrivain allemand à assister (être présent physiquement) à l'autodafé de ses œuvres et de celles des autres « écrivains dégénérés ». J'ajouterais volontiers une petite réflexion à l'intetion de nos contemporains. La voici : on réduit souvent – dans nos contrées – Erich Kästner à l'écrivain de romans pour enfants ; ce qu'il fut aussi. C'est un peu court, on le voit aux extraordinaires chansons reprises dans les Chansons contre la Guerre ce qui, d'ailleurs,n'est qu'une petite partie de son œuvre. Cependant, on ne saurait trop conseiller ces romans aux enfants et à leurs parents. Que diriez-vous d'une petite lecture du « 35 mai » ? C'est excellent pour décrasser les esprits lobotomisés par les téléviseurs, ces célèbres « machines à décerveler ».

 

 

Certes, dit Lucien l'âne en riant, ce serait une belle découverte et pourquoi pas continuer par Petit Point ou Émile et les détectives ? Sans oublier cette incroyable histoire des deux jumelles qui échangent leurs parents sans que ceux-ci s'en doutent…

 

 

Je vais te faire une confidence, mon ami Lucien l'âne … Je crois bien que c'est avec ces histoires que j'ai connu Erich Kästner.

 

 

Confidence pour confidence, Marco Valdo M.I. mon ami : moi aussi. Enfin, reprenons notre tâche tranquille – comme le fit Kästner tout au long de sa vie – et tissons le linceul de ce vieux monde ennuyeux, triste, conformiste, idiot et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

(M.V.M.I. et L.L.)




En rangs par quatre, vous et votre bêtise déambulez

Dans les casernes du passé.

Ne croyez pas que nous sursautons quand vous criez,

Car ce que vous pensez, ce que vous criez est à pleurer.

Vous fîtes bouillir l'âme à peine arrivés ;

L'âme bouillit, et la raison se glaça.

La vie vous l'aimez seulement quand vous marchez,

Car alors on chante et on ne parle pas .

 

Marcher devant les princes vous émeut aux larmes,

Pourtant vous marchez au pas de l'oie.

On dit que ce qu'on n'a pas dans la tête,

On doit l'avoir dans les jambes.

 

Vous aimez la haine ; c'est votre mesure du monde.

Vous mettez la bête en l'homme.

Quand en vous la bête profondément s'insère,

La bête en l'homme mange l'homme.

Vous désirez faire pousser des carottes sur les décombres,

Et comme jamais, des églises et des casernes.

Vous aspirez au retour de la vieille dynastie

Et à goûter du pain des intermédiaires.

 

Vous voulez retarder les aiguilles du temps,

Et croyez ainsi modifier la course du temps.

Touchez à l'horloge. - Personne n'arrête le temps ;

L'horloge n'ira plus jamais correctement.

 

C'est un rêve, l'Allemagne ne se réveillera pas,

Car vous êtes idiots et on ne vous élit pas.

Le temps viendra où on dira :

Faire un État avec ces gens, on ne peut pas.

 

C'est un rêve, l'Allemagne ne se réveillera pas,

Car vous êtes idiots et on ne vous élira pas.

Le temps viendra où de vous, on dira :

Faire un État avec ces gens-là, on ne peut pas.

 
 

 

PETIT CHANT DE MARCHE
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Marco Valdo M.I.
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 18:49

LA BERLOQUE

 

Scène de guerre – Rêve de Peur

 

Chanson française – LA BERLOQUE – Marco Valdo M.I. – 2014

 

 

Au loin, sonne une trompette.

La flammèche vient droit sur ma tête,

La mèche entre dans ma bouche,

Mon ventre est bourré de cheddite.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque.

 

 

 

 

 

La Berloque…

 

 

La breloque !

 

 

Non, la berloque, comme je te le dis.

 

 

Sûr ?

 

 

Sûr et certain, que je suis. Je te l'accorde : berloque et breloque sont deux mots très proches et aisément confondus. Il n'empêche que c'est bien de berloque qu'il est question. Et de plus, il faut l'entendre aux sens propre et figuré.

 

 

Moi, je veux bien, dit Lucien l'âne un peu éberlué, mais je ne sais rien ni de l'un, ni de l'autre.

 

 

Alors, je t'explique. Berloque n'est pas un mot d'usage courant… Au point que les dictionnaires les plus usités n'en disent mot. Cependant, quand on cherche, on trouve. Ainsi, berloque est attesté par Littré, ce qui – en soi – est une référence et aussi, par le dictionnaire de l'Académie française, référence redoutable, s'il en est.

 

 

Ça ne me dit toujours pas de quoi il s'agit, dit Lucien l'âne dépité.

 

 

Alors, voici ce qu'en dit Littré et puis l'Académie.

 

Donc, Littré : « Terme militaire. Batterie de tambour pour les repas, les distributions. Battre la berloque. On dit aussi, et plus souvent, breloque.
Fig. Battre la berloque : divaguer et ne savoir où donner de la tête. »

Et l'Académie : « n. f. Batterie de tambour ou sonnerie de clairon qui donne au soldat la permission de rompre les rangs. »

 

Dès lors, ici les deux sens s'appliquent également et créent ainsi une atmosphère amphibologique. Comme disait Victor Hugo : « J'écris avec intention cette phrase amphibologique, parce que les deux sens en sont vrais. »

 

 

D'accord, mais foin de littérature, venons-en à la chanson. De quoi qu'elle cause ?

 

 

Eh bien, c'est un rêve – étrange et pénétrant – que fait un soldat blessé, entouré d'autres grands blessés, de mourants, d'amputés... couché dans un poste de secours quelque part sur le front vers 1916 du côté du Chemin des Dames. Il délire et c'est ce délire que l'on entend. Ce soldat n'est autre que l'auteur du roman Clochemerle.

 

 

Gabriel Chevallier ?, demande Lucien l'âne tout interloqué.

 

 

C'est bien lui, mais dans un autre de ses romans, intitulé tout simplement « La Peur ». Un livre comme tu vas pouvoir en juger ici plein de terreur et de bruits, qui relate en direct son expérience de « poilu », qui se résume principalement à la peur, la peur, la peur ; jour et nuit, la peur… pendant des années, la peur du soir au matin et du matin au soir. En dormant, éveillé, en mangeant, en pissant, en chiant : la peur. Pour être tout-à-fait complet, j'ajoute que ce rêve est relaté dans le roman La Peur- édition de poche PUF 1951 aux pages 117 à 119.

 

 

 

Sans aucun doute, « La Peur » est le meilleur titre pour un roman sur la guerre, celle qu'il raconte et toutes les autres possibles et inimaginables. Et certainement pas, toutes les « turlutaines » qu'on serine généralement : gloire, courage, héroïsme… et autres billevesées.

 

 

 

De ce titre redoutable, Chevallier disait : « … Il y aurait improbité à parler de la peur de ses camarades sans parler de la sienne. C'est pourquoi il décida de prendre la peur à son compte, d'abord à son compte. Quant à parler de la guerre de la guerre sans parler de la peur, sans la mettre au premier plan, c'eût été de la fumisterie. On ne vit pas aux lieux où l'on peut être à tout instant dépecé à vif sans connaître une certaine appréhension. » Et cette conclusion finale à la sortie de l'enfer :

 

« Soldats, je vous félicite, vous avez atteint votre objectif : la Fuite. Vive la Fuite ! »

 

et un peu plus loin encore :

 

« Mon cher général, je viens vous informer que désormais nous nous passerons de vos services et que nous laisserons à la providence le soin de remplir les cimetières. Nous vous informons que, notrevie durant, nous aimerions ne plus entendre parler de vous ni de vos estimables collègues. Nous voulons qu'on nous foute la Paix, la Paix, la Paix ! Rompez, général ! »

 

 

On ne peut mieux dire… Saluons Gabriel Chevallier et reprenons notre modeste tâche qui consiste à tisser jour après jour le linceul de ce vieux monde indécent, imbécile, incongru, incendiaire, insensé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Avec le soir, les cris redoublent,

Le délire s'empare des hommes.

Là-dedans, l'air est irrespirable ;

La température est insupportable ;

Le climat est effroyable ;

Ça sent le pus là-dedans,

Les pansements et le sang

Et puis, les excréments.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque

 

La tête me tourne, la fièvre me prend ;

On étouffe doucement.

Je tremble, j'hallucine.

Dans mes yeux, un bûcher fulgurant ;

Debout, disloqués, grimaçants,

Des soldats bleus, des soldats gris s'assassinent

Un peu décapités, sanguinolents

Sans gencives, sans dents.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque

 

Bleus, gris, c'est le massacre ;

Ils se démènent, ils s'acharnent.

Hommes et rats partagent le champ.

Leurs mâchoires ricanent.

Le crâne ouvert ballotte,

Une main s'enfonce et sort en riant

Une bouillie aux vermicelles,

L'amas gluant de la cervelle.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque

 

Alors, tranquille, indifférent,

Il gobe son œil qui pend,

Puis, ouvre sa capote,

Déroule ses intestins dégoulinants,

En fait un nœud coulant.

D'un geste sûr, il enserre

Le cou de l'Allemand.

La langue sort lentement.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque

 

Une femme vient qui allaite

Un enfant ;

Elle le pose doucement

Sur la barricade en flammes ;

Il remue en pleurant ;

La mère émue part en gémissant.

Cochon de lait à la broche,

L'enfant grésille.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque

 

 

On emplit les seaux de sang ;

On récupère le rôti d'enfant

Qu'on emporte pour la popote

Du haut commandement.

Là, on prend l'apéritif en observant

De loin, à la lunette,

Vainqueurs, vaincus également,

Les cadavres indifférents.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque

 

En première ligne, tout à l'avant,

Je sers la mitrailleuse,

Cette tueuse bégayeuse.

Un papillon s'en va voltigeant

Dessus la côte crayeuse ;

Au pied coule la Meuse.

Tuez ce papillon, dit le commandant

Mais ce papillon, c'est mon cœur volant.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque.

 

Mon ennemi le colonel descend

D'une auto et craque une allumette.

Sur la boue, les rats sont à la fête.

Une petit lueur avance en bondissant ;

Au loin, sonne une trompette.

La flammèche vient droit sur ma tête,

La mèche entre dans ma bouche,

Mon ventre est bourré de cheddite.

Toc, toc, toc !

Dehors, on bat la berloque.

 
 
 
LA BERLOQUE
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Marco Valdo M.I.
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 21:29

SERGENT BRAILLARD

 

Version française – SERGENT BRAILLARD – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande - Sergeant Waurich – Erich Kästner – 1930

aus: "Was nicht in Euren Lesebüchern steht"   von und mit Holger Münzer

Texte: 1930 Sergeant Waurich (Laerm im Spiegel)

Musique : Hans Eisler – 1966

Adaptation: Holger Münzer (1972) Interprétation: Holger Münzer (1976)

 

 

 

 

 

« Si tu avais mon revolver maintenant -

Tu me tirerais dessus, là tout de suite, ici ? »

J'ai dit : « Oui » !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson d'Erich Kästner. Comme telle, elle vient de loin… De l'an 1930. Et ce n'est pas sans intérêt de connaître la date de sa création, surtout si on la met en relation avec le titre de la canzone et certains des éléments qu'elle contient.

 

Écoute, Marco Valdo M.I. mon ami, une chanson d'Erich Kästner ne me laisse jamais indifférent. C'est vraiment un très grand monsieur, un vrai poète, un superbe romancier, un non moins extraordinaire chroniqueur et un journaliste comme on n'en trouve que rarement.

 

Mon ami Lucien l'âne, tu ne peux pas savoir combien tes propos me comblent. Tout ce que tu dis de Kästner est rigoureusement exact. Dès lors, a priori, cette canzone est d'un grand intérêt pour les Chansons contre la Guerre. Ensuite, elle raconte l'histoire d'un sergent nul, brutal, idiot, sadique ; ce qui en fait un texte anti-militariste et même, anti-militaire. Mais elle est bien plus que ça… Et là, intervient la question de la date et du grade de l'individu dénommé ici : Sergent Braillard. Je t'ai dit  : écrite en 1930. Enlève « une douzaine d'années » ; on est en 1917-18. Donc, un gars qui était sergent à cette époque. Un de ces militaires, casques d'acier… des corps francs.

 

 

Ne serait-ce pas certain gueulard moustachu ?, dit Lucien l'âne en clignant de l'oeil.

 

 

Certes, dit Marco Valdo M.I. en souriant, je vois bien que tu penses à quelqu'un d'autre, dont ce pourrait être le portrait… Mais ce « gueulard moustachu », ce « blechtrommel », ce tambour de fer blanc n'a jamais pu atteindre le grade de sergent. Il est resté caporal. De plus, il n'a jamais exercé la fonction d'instructeur militaire, même bête, même incompétent. Bref, Kästner ne l'a pas connu durant la guerre ; il ne pouvait quasiment rien prévoir en 1930 de ce qui allait faire d'un caporal minable un tyran dément de première envergure.

 

 

Cependant, son texte est prophétique, je te le dis, dit Lucien l'âne en secouant sa noire crinière. Et pour savoir combien, il suffit de le lire ou de l'écouter…

D'ailleurs, il est fort dommage qu'il n'ait pas mis en acte ce qui est dit dans la canzone :


… il m'a demandé :
« Si tu avais mon revolver maintenant -
Tu me tirerais dessus, là tout de suite, ici ? »
J'ai dit : « Oui » !

Et en effet, on aurait peut-être pu éviter bien des tribulations et des morts.

 

 

Mais ce n'est pas sûr… Regarde bien, Lucien l'âne mon ami, le personnage ici décrit par Kästner, qui ressemble tellement à ce Ratatin de malheur, à ce hâbleur, cette idole haineuse d'horribles hyènes honteuses, ce nain maléfique, ce moulin à paroles… avait été produit à des milliers d’exemplaires par la décomposition de l'Empire de Guillaume, comme un cadavre produit en masse les vers qui vont le dévorer. Le point essentiel est que, comme disait le loup à propos du mouton, si ce n'était lui, c'eût été un de ses clones. Et dès lors, l'assassiner précocement n'aurait peut-être pu éviter le désastre. Je reconnais cependant que c'est une idée plaisante. Ceci dit,le texte d e Kästner a tout d'un discours de Cassandre et montre, une fois encore, combien la poésie ouvre les horizons de la pensée.

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, il y aurait tant de choses encore à dire à propos de cette canzone. Mais laissons l'imagination es uns et des autres faire ses circonvolutions et reprenons notre tâche, simple mais si nécessaire et tissons le linceul de ce vieux monde imbécile, militarisé, bestialisé et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Il y a une douzaine années maintenant,
C'était notre sergent.
Nous avons appris de lui : « Présentez arme ! »
Quand l'un de nous tombait, en riant
Il crachait devant lui dans le sable.

 

« À genoux ! » était sa sentence préférée.
Bien deux cents fois, il l'a braillée.
Nous étions là sur la place désolée,
Où nous avons plié les genoux
Et appris la haine du même coup.

 

À celui qui déjà était à quatre pattes,
Il arrachait sa veste
Et hurlait : « Salopard, tu vas geler des fesses ! »
Puis, il s'en allait. On fait encore
Des soldes de jeunesse.

 

Il m'a jeté par amusement sur le sable
Ensuite, il m'a demandé :
« Si tu avais mon revolver maintenant -
Tu me tirerais dessus, là tout de suite, ici ? »
J'ai dit : « Oui » !

 

Celui qui l'a connu, ne l'oubliera jamais.
On se le garde au frais !
C'est un animal. Il vomit et il braille.
On appelle le sergent Braillard : « le bétail »,
Comme ça, tout le monde le reconnaît.

 

 

L'homme m'a retourné le foie.
Lui, ça ne le touche pas.
Il provoque et fait mal et martèle à haute voix.
Et quand avant de dormir, commence à poindre la nuit,
Alors, je pense à lui.

SERGENT BRAILLARD
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Marco Valdo M.I.
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 21:51

NOTRE MARCHE EST UNE BONNE 

 

CHOSE

 

 

Version française – NOTRE MARCHE EST UNE BONNE CHOSE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Unser Marsch ist eine gute SacheDieter Süverkrüp1964

Paroles et musique : Hannes Stütz
Arrang
ement musical : Dieter Süverkrüp
I
nterprétation : Fasia Jansen, Ingrid & Dieter Süverkrüp eHannes Stütz.

 

 

 

 

Nous marchons pour le monde

Débarrassé des armes
 








 

 

 

 

 

 

Imagine, Lucien l'âne mon ami, que cette chanson date de cinquante ans, d'un demi-siècle…

 

 

Oui, j'imagine fort bien. Mais je connais bien d'autres chansons qui datent depuis bien plus longtemps encore ; certaines depuis des centaines d'années et plus. Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, je me demande ce que tu as derrière la tête en évoquant ce demi-siècle…

 

 

Plusieurs choses, en effet. Particulièrement, quoi que tu en dises, la durée écoulée. Certes, cinquante ans pour une chanson, ce n'est rien ou peu de choses, mais à l'échelle d'une vie d'homme, c'est beaucoup. Et cette chanson est une chanson de marche civile avec une forte charge politique pacifiste et porteuse d'un projet que d'aucuns jugeront utopiste, un monde sans armes, un monde meilleur, le meilleur des mondes. Ni l'est, ni l'ouest, contre la politique des blocs antagonistes (et surarmés)… Il s'agit de conjurer la troisième guerre mondiale en gestation… Donc, cinquante ans, c'est long… Mais les choses ont-elles réellement changé ?

 

 

Si on considère la canzone et le mouvement qui la portait, on peut répondre par l'affirmative. Ces grands mouvements pacifistes et porteurs d'idées révolutionnaires ont disparu ; où sont-ils allés, je n'en sais rien. Vont-ils revenir, je le sais encore moins.

 

 

Une autre raison, c'est que ces mouvements étaient fondamentalement généreux et ouverts sur le monde, ils portaient le message de l'humaine nation… Aujourd'hui, les grandes manifestations - en France, par exemple – dans le meilleur des cas, portent sur des thèmes restreints, catégoriels et certaines sont franchement réactionnaires…

 

 

Oui, dit Lucien l'âne en raclant le sol d'un petit sabot noir et nerveux. Elles m'irritent et on sent derrière ces tristes défilés de bigotes et pères la pudeur la main du Vatican et une sorte de racornissement du monde. Quant à nous, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche un instant interrompue et tissons le suaire de ce monde en réaction, répressif, méprisant, méprisable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Notre marche est une bonne chose
Car elle avance pour une bonne cause –
Nous ne marchons pas par haine ou pour nous venger
Nous ne conquérons pas de territoire étranger !
Nos mains sont vides
La raison est notre arme
Et les gens comprennent notre langue !

 

Marchons-nous contre l'est ?
Non !
Marchons-nous contre l'ouest ?
Non !
Nous marchons pour le monde
Débarrassé des armes
Pour nous, c'est le meilleur des mondes !

 

Nous n'avons pas besoin de général
Pas de bunker, pas de quartier général –
L'enseignant devient maréchal
Les mères, officiers au grand cœur !
L'assembleur et le coiffeur
L'étudiant qui travaille
Et les peintres – tous vous appellent !


Marchons-nous contre l'est ?
Non !
Marchons-nous contre l'ouest ?
Non !
Nous marchons pour le monde
Débarrassé des armes
Pour nous, c'est le meilleur des mondes !

 

Toi peuple allemand, tu as marché
Souvent pour des motifs frelatés
À la fin, il restait des gravats –
Sais-tu aujourd'hui, où on te mène ?
Prends ton destin à bras,
Ne mets pas ta tête dans le sable
Et ne te laisse plus séduire !

 

Marchons-nous contre l'est ?
Non !
Marchons-nous contre l'ouest ?
Non !
Nous marchons pour le monde
Débarrassé des armes
Pour nous, c'est le meilleur des mondes !

 
NOTRE MARCHE EST UNE BONNE   CHOSE
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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 22:16

Le Joueur De Pipeau

Chanson française – Hugues Aufray – 1966

https://www.youtube.com/watch?v=s_bvblMl23w

 

 

 

Les petits enfants en chemise de nuit

Cherchèrent le vent et le pipeau dans la nuit

 

 

 

Voici donc la chanson dont je t'avais parlé à propos du Charmeur de Rats [[48281]] . Elle est plus accessible, notamment par les enfants et d'ailleurs, elle est illustrée ici par un dessin animé. Mais, elle n'a pas du tout la portée de la version allemande. Elle irait même à l'encontre de celle-ci.

 

 

Que veux-tu dire ?, Marco Valdo M.I. mon ami. Elle dirait donc blanc où la version d'Hannes Wader

dirait noir, ou rouge, ou bleu… Que sais-je ? Une autre tonalité, une autre couleur ? Un autre sens…

 

 

Exactement. Ce Joueur de Pipeau, je te le dis tout de suite, est très conforme à la version traditionnelle. Le vagabond est définitivement le méchant, il va tuer les enfants pour se venger. C'est le message que la bonne société, celle qui se voit comme la bonne société, la société des bonnes gens, ces gens de quelque part, de ces gens atteints de respectabilité et d'une inguérissable avidité qui remettent toujours sur d'autres leurs propres turpitudes… On voit bien où mène cette condamnation de l'étranger, de celui venu d'ailleurs, de celui qui n'a pas pignon sur rue…

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, ne m'en dis pas plus, je vois très bien de quoi il retourne. Reprenons notre tâche qui n'est certes pas de jouer du pipeau ou de dératiser les villes, mais bien de tisser le linceul de ce vieux monde respectable, conscient de sa haute valeur, considérable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Un étranger est arrivé un beau soir
De son pipeau, il tirait des sons bizarres
Ses cheveux longs
Lui donnaient l'air d'un vagabond

En ce temps-là
La ville était envahie
Par tous les rats
Venant du fond du pays
Privés de pain
Les habitants mouraient de faim

Le musicien leur dit
"Si vous le voulez,
Je peux sur l'heure
Du fléau vous délivrer"
Pour mille écus
Le marché fût bientôt conclu

Devant l'église, il joua de son pipeau
Comme le berger qui rassemble son troupeau
Et de partout, les rats sortirent de leur trou

Et tous ces rats qui le suivaient dans la rue,
Chemin faisant, ils étaient cent mille et plus
Ils arrivèrent à la rivière
Et s'y noyèrent

"C'est un sorcier !" s'écrièrent les bourgeois
Et déjà chacun le désignait du doigt
À coups de pierres
Et sans parjures, ils le chassèrent

Tout le village dormait paisiblement
Lorsque soudain, on entendit dans le vent
Un doux refrain
Que les enfants connaissaient bien..

Les petits enfants en chemise de nuit
Cherchèrent le vent et le pipeau dans la nuit
Ils arrivèrent à la rivière
Et s'y noyèrent.

 

 
Le Joueur De Pipeau
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 22:03

LE CHARMEUR DE RATS

 

Version française – LE CHARMEUR DE RATS – Marco Valdo M.I. – 2016 (nouvelle version)

Chanson allemande – Der Rattenfänger  Hannes Wader  1974

 

Paroles et musique de Hannes Wader

 

 

Jusqu’à ce que toute la vermine couinante me suive dans la Weser

 

Le joueur de flûte de Hamelin, chanté par Hannes Wader, libère la ville des rats en échange de la simple promesse d’être rétribué. Cependant, quand, le travail fait, il se présente pour encaisser son dû, les autorités de la ville non seulement refusent de l payer et le raillent, mais ils le font massacrer et dévorer par des chiens, ignorant que le joueur de flûte – figure semblable au « Juif errant » – est une créature surnaturelle, un immortel.

 

Celui-ci en effet revient bientôt en ville, le dimanche, quand tous les adultes, faux et hypocrites, sont à la messe et seuls les enfants sont restés à la maison. Le joueur de flûte les rassemble au son de sa flûte et leur chante son malheur, si bien que les gamins décident de l’aider à obtenir justice contre leurs pères. La réaction ne se fait pas attendre : les parents, mis au pilori, n’hésitent pas à frapper leurs propres enfants et, en réponse à leur détermination et à leur résistance, ils en arrivent à les emprisonner, à les faire disparaître, en les chassant de la ville, cherchant ensuite à faire endosser la faute au joueur de flûte.
Mais les enfants de Hamelin ne sont pas morts ; au contraire, ils se sont répandus dans le monde entier et continuent à lutter contre la terreur, les mensonges et la violence infligés par le Pouvoir.

 

 

Dialogue maïeutique

 

Connais-tu toi aussi, Lucien l’âne mon ami, cette histoire des enfants d’Hamelin, qui fut contée par les frères Grimm, reprise sous diverses formes par bien d’autres et par exemple, dans la chanson française, par Hugues Aufray, auteur et interprète d’un « Joueur de Pipeau », auquel nous reviendrons un de ces quatre.

 

Et comment donc que je la connais cette légende, Marco Valdo M.I. mon ami. Et depuis très longtemps, crois-moi et même bien avant qu’elle soit écrite par Goethe, les frères Grimm, Mérimée et sans doute, d’autres encore. Car cette histoire courait d’oreille en oreille, elle allait sur les routes et traversait le monde. À tel point que je l’avais entendue dans ma jeunesse quand j’étais encore en Grèce chez les Atrides. En ce temps-là, les rats étaient des sortes de guêpes, de grosses mouches qui mordaient, piquaient et poursuivaient sans relâche les habitants de Mycènes, depuis l’assassinat d’Agamemnon. Elles ne me gênaient pas trop, car comme tu le sais, les ânes ont la peau dure, un poil dru et une queue solide et agile, qui frappe sans erreur les bestioles importunes. Et j’ai de mes yeux vu les Érinyes quitter la ville à la suite d’Oreste, le rédempteur.

 

Hou la, tu vises haut, Lucien l’âne mon ami, et tu ferais ainsi remonter cette histoire de charmeur de rats aux Érinyes, qui si j’ai bonne mémoire étaient en effet elles aussi de sales bêtes…

 

Certes, mais par la volonté d’Athéna, elles se muèrent sur le tard en Euménides, écoute bien ça, chargées de faire régner la justice… Mais le mythe du rédempteur va resurgir sous diverses formes et pour ce qui nous intéresse ici, sous la forme du Charmeur de rats d’Hamelin, dont il me paraît que la chanson raconte parfaitement l’histoire. Quant à cette mutation des Érinyes en Euménides, gardiennes de la justice, on en retrouve la marque dans la légende allemande d’Hamelin dans le passage de rats en enfants, qui entourent le « rédempteur » afin que justice se fasse et puis, qui s’en allèrent en exil, installant ce souci partout dans le monde au travers de la diaspora qui s’ensuivit. Je laisse à ta sagacité le soin d’établir le lien de cette légende avec la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de perpétuer leur exploitation, d’étendre leur emprise, d’assurer leur pouvoir et d’imposer leur domination. Quant au reste, il nous faut reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde endormi, vasouillard, mielleux, sournois, violent et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Presque tout le monde sait ce qui s’est passé à Hamelin, il y a mille et une années,

Comment des rats ont mangé tout ce qui n’était pas en fer ou en bois.
Après un long voyage, j’étais arrivé comme musicien en ville, ce matin-là
Et au marché, j’ai entendu les hérauts crier,
Celui qui libèrera – avec l’aide de dieu ou tout seul – la ville des rats,
À la municipalité, cent thalers d’or sont prêts pour celui-là.


J’ai pris mon sac, ma flûte et ma lyre et je me suis présenté au Conseil.
On m’eut à peine vu qu’on refermait la porte
Et j’entendis les messieurs dire qu’un homme d’une drôle de sorte,
Dépenaillé, puant, en haillons bariolés, avec un anneau dans l’oreille.
Cet homme dit aux messieurs qu’il venait de loin et même au-delà,
Et qu’il offrait son aide, car il est charmeur de rats.

J’attendis longtemps, puis au travers de la porte fermée, j’entendis une voix :
« Détruis les rats et tu obtiendras les thalers promis pour cela ! »
Et je partis dans la nuit et sur un seul ton de la flûte, j’ai joué –
Si haut que seuls les rats l’entendaient, et aucun ne put s’échapper,
Jusqu’à ce que toute la vermine couinante me suive dans la Weser
Et au matin, dans le courant dérivaient cent mille cadavres vers la mer.

Quand les citoyens d’Hamelin ont vu les rats dans la Weser,
Ils ont dansé dans les rues, aucun n’a même pensé à moi.
Et moi, j’allai à nouveau devant l’hôtel de ville et j’exigeai mon salaire.
Cette fois encore, j’ai trouvé porte de bois.
En se moquant, ils disaient que seul le diable pouvait avoir guidé mon bras,
Ce pourquoi il était juste que je touche de lui mes cent thalers.

J’ai attendu heure après heure ; jusqu’au soir, je suis resté,
Les édiles assis à l’intérieur ne se sont pas montrés.
Avec la nuit, des types armés, une douzaine ou plus, sont arrivés ;
Ils me frappèrent de leurs piques et hors de la ville, me poussèrent à coups de pieds,
Lançant leurs chiens sur moi et ces bêtes féroces ne m’ont pas épargné,
M’ont mordu et sur mon visage ensanglanté, ont pissé.

 

Au clair de lune, j’ai rapetassé mes chiffons, lavé mes blessures dans le courant
Et j’ai pleuré ma faiblesse et ma rage, jusqu’à ce que la nuit me ferme les yeux.
Puis, je suis retourné en ville et j’ai mis en œuvre mon plan.
C’était dimanche, les citadins se rendaient à l’office religieux ;
Ainsi, les enfants restaient seuls en attendant
Et j’espérais qu’ils se montreraient plus justes que leurs parents.


J’avais couvert mon visage déchiqueté d’un masque bariolé
Et garni ma blouse de plumes de coq, afin qu’on n’en voie pas les trous.
J’ai joué et chanté, aussitôt les enfants vinrent à moi de partout
Pour entendre ce qu’avec colère, je chantais et que je ne pourrai jamais oublier
Et les enfants ont décidé de m’aider et de ne plus rester
Où règne l’injustice, mais de toujours s’y opposer.

 

Et les enfants d’Hamelin ont tenu parole et par justice,
Mis au clair la méchanceté et les mensonges de leurs parents
Et ont ainsi, chez leurs aïeuls, suscité une honte
Et, car il avait honte, un père a frappé son enfant.
À chaque coup, le courage des enfants grandissait
Et les citoyens impuissants au Conseil se plaignaient.


Cela arrive encore aujourd’hui, là où la tranquillité vaut plus que le droit,
Car là où les puissants veulent leur tranquillité, l’autorité ne va pas droit.
Ainsi, il fut décidé l’expulsion d’une génération entière.
Dans la nuit du même jour, l’action infâme a commencé ;
Sous la garde de leurs propres parents, menottés et ligotés,
On a emmené les enfants de Hamelin hors de la ville de leurs pères.


Le calme était revenu entre les murs d’Hamelin, comme autrefois ;
La fourberie fleurit, les conseillers ont rédigé à la hâte une lettre
Jointe à la chronique de la ville, avec le sceau des édiles,
Qui raconte que les enfants furent tués par le charmeur de rats.
Cependant, les enfants d’Hamelin dispersés par le monde,
Ont à leur tour engendré des enfants et ils leur content cette histoire.


Aujourd’hui encore, des hommes soutiennent les droits des plus faibles ;
Ces hommes sont les héritiers des enfants d’Hamelin.
Cependant, le mensonge écrase encore la vérité en ce monde
Et tant que la force et la peur tiendront le pouvoir entre leurs mains,
Je ne pourrai pas mourir, ni fuir, ni me reposer, ni rien de tel.
Car les hommes prennent toujours l’injustice pour un phénomène naturel.

 

Musicien et charmeur de rats, j’irai toujours plus loin,

Condamner la méchanceté et l’injustice.

Demain encore, j’élèverai les enfants contre elles.

Musicien et charmeur de rats, j’irai toujours plus loin,

Condamner la méchanceté et l’injustice.

Demain encore, j’élèverai les enfants contre elles.

LE CHARMEUR DE RATS
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Marco Valdo M.I.
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 20:57

 

LA LÉGENDE DU SOLDAT MORT

 

Version française – LA LÉGENDE DU SOLDAT MORT – Marco Valdo M.I. – 2012

D'après la version italienne LEGGENDA DEL SOLDATO MORTO – Roberto Fertonani – 1971 d'une

Chanson allemande - Legende vom toten Soldaten – Bertolt Brecht – 1918

 

 

 

 

 

Avec les caisses et les au revoir

Et les femmes et les chiens et le curé !

Et le soldat mort noir

Comme un singe bourré.

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

1918 : le jeune Eugen Berthold Friedrich Brecht fils d'un sévère dirigeant de quartier, a un peu plus de vingt ans. Il écrit des poésies. Pas seulement ; il les met en musique, seul, en écrivant les accords pour la guitare et avec une vieille guitare, il les joue pour les amis. Et l'année de la défaite de l'Allemagne du Kaiser, la première « année zéro » d'une Allemagne qui, plus tard, aura à en revivre une autre, plus terrible encore. Il vient alors à l'esprit du jeune Brecht, depuis toujours opposé à la guerre, d'écrire une ballade antimilitariste. Ainsi naquit la « Legende vom toten Soldaten », le 13 août 1918. Une fois encore, il écrit la musique. À vingt ans, Brecht écrit celui qui sera sans doute le plus féroce texte antimilitariste allemand de tous les temps. Celui-là même qui, en 1935, servira de justification aux nazis pour lui ôter la nationalité allemande, alors qu'il était déjà en exil. La même année, Paul Dessau en réécrit la musique. La version anglaise ("The Legend of the Dead Soldier"),dont le texte est jusqu'à présent resté introuvable fut interprétée par Dave Van Ronk [R.V.]

 

 

Tu sais, Lucien l'âne mon ami, être confronté à Bert Brecht, ou à Kurt Tucholsky, ou à Franz Jozef Degenhardt... est une aventure redoutable... On est là soudain devant de la poésie assez rude, assez charpentée et de la poésie qui conte certaines heures effroyables de la guerre de Cent Mille Ans... Loin de Charles d'Orléans ou de Ronsard. Et si l'on se place dans le domaine de la chanson, la constatation est évidemment la même, mais ce que je voudrais ajouter, c'est que ces textes, par ailleurs et pas toujours, musicalisés, montrent nettement le fait qu'il y a des genres et des niveaux très variés dans la chanson et qu'on ne peut en faire abstraction. Ceci m'amène à parler du site des Chansons contre la Guerre lui-même et des chansons qu'il rassemble. Lui aussi, il rassemble des choses exceptionnelles, qui dans leur ensemble, ont un ton particulier. Ce n'est pas tant qu'elles soient contre la guerre – cela va de soi, qui importe, mais bien le fait qu'elles sont la plupart du temps (il y a certes des exceptions...) d'une qualité qu'on ne retrouve que rarement dans ce que déversent les médias et l'industrie du disque.

 

Voilà de bien étranges considérations et je me demande quel rapport il peut y avoir avec la chanson dont tu vas me parler...

 

J'y viens, j'y viens... La raison... C'est que précisément cette Légende du Soldat mort est exemplaire de ce que je viens de te décrire. C'est une poésie, un poème rude, de haut vol, terrible. La musique ne vient qu'ensuite... je veux dire la musique instrumentale, car la musique elle-même est déjà dans les paroles. Et puis, elle est d'une densité au sens strict du mot « extraordinaire ». C'est là une de ces grandes chansons qui content les épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres, que les puissants réservent aux faibles, que les princes d'empire font à l'encontre des paysans révoltés...

 

En effet, Marco Valdo M.I., mon ami, dit Lucien l'âne en secouant sa belle crinière noire, et nombreux sont les empires où ce genre de massacres eut lieu. Maintenant, ce soldat mort m'intrigue... Je n'arrive pas à comprendre qu'on le traîne ainsi par les routes... Quel étrange cortège nocturne... Mais il me rappelle une autre chanson qui parle de ces années-là et dont, sauf ta modestie, tu es l'auteur – avec l'aide de Günter Grass, ce qui n'est certes pas rien... Elle s'intitule : « À la prochaine ! » [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=37758&lang=it]].

 

De fait, avec l'aide de Günter Grass... Tu y vas fort, Lucien l'âne mon mai. C'est plus qu'avec l'aide... Sans lui et son livre, il n'y aurait rien eu. Que savais-je moi de toutes ces Histoires d'Allemagne ? Mais évidemment, pour ce qui est du jeune Brecht, la situation était fort différente... Il avait le nez dedans... Et crois-moi, ça sentait....

 

Ça sent toujours les grands massacres, dit l'âne Lucien d'un air sentencieux. Et c'est une odeur très particulière... Ainsi, les guerres sont une des choses les plus caractéristiques de ce vieux monde où les riches et les puissants entendent bien conserver par tous les moyens leur domination ; c'est ce qui rend ce monde si détestable... mais reprenons notre tâche et tissons le suaire de ce monde valeureux, héroïque, guerrier, fier, cent fois victorieux et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

On en était au cinquième printemps

Aucun espoir de paix devant

Le soldat conclut le propos

Et mourut de la mort du héros.

 

La guerre n'était pourtant pas finie encore

Il ne plaisait pas au Kaiser,

Que son soldat fut mort :

Il lui semblait qu'il était bien trop vert.

 

L'été s'étala sur les tombes

Et le soldat dormait comme une bombe.

Quand arriva dans la nuit estivale

Une commission militaire médicale

 

La commission s'installa

Au-dedans du cimetière.

Et d'une pelle consacrée sortit de terre

Le malheureux soldat.

 

Le Docteur examina le soldat

Ou du moins, ce qui restait de celui-là.

Le Docteur trouva le soldat en parfait état

Et il le déclara bon pour le combat.

 

Ils emmenèrent le soldat fantasque

La nuit était belle et bleuie

On peut, quand on ne porte pas de casque,

Voir les étoiles de la patrie.

 

Ils versèrent un schnaps d'enfer

Dans son corps putréfié

Et à son bras, ils mirent deux infirmiers

Et une femme au majestueux derrière.

 

Le soldat puait la rage ou même, pire,

Alors, on vit boiter un curé tout noir

Qui balançait au-dessus de lui un encensoir

Pour qu'on ne puisse rien sentir.


Devant la musique et les grosses caisses

Jouait une marche militaire.

Et le soldat, comme il avait appris à le faire,

Levait les jambes jusqu'à ses fesses.

 

En le tenant fraternellement par le bras

Les deux infirmiers marchaient au pas.

Sans eux, dans la boue, il retomberait déjà

Et cela ne se peut pas.

 

Ils enduisirent son suaire

De rouge de blanc de noir

Et ainsi, ils l'emmenèrent

Sous les couleurs, la saleté s'égare.

 

Un monsieur en frac marchait devant

Avec sa poitrine amidonnée

Il se tenait comme un vrai Allemand

Conscient de devoir assumer.

 

Ils passèrent ainsi avec les grosses caisses

Ils s'engagèrent sur la route sombre

Et le soldat balançait son ivresse

Comme les flocons dans l'ombre.

 

Les chats et les chiens criaient,

Les rats des champs sifflaient sauvagement

Ils ne veulent pas être français

Car c'est un un avilissement

 

Et quand ils traversent les hameaux,

Toutes les femmes sont là.

La Lune brille. Les arbres font les beaux

Et tous crient Hourra !

 

Avec les caisses et les au revoir

Et les femmes et les chiens et le curé !

Et le soldat mort noir

Comme un singe bourré.

 

Et quand ils traversent les hameaux,

Personne ne peut le voir

Tant ils sont autour du héros

Avec les caisses, les hourras et l'encensoir.

 

Tant à brailler et danser autour du héros

Qu'on ne le voit pas.

Peut-être le verrait-on de haut

Où les étoiles brillent déjà.

 

Mais les étoiles ne sont plus là,

Voici l'aurore

Alors, comme il a appris à le faire, le soldat,

Se redresse en héros mort.

LA LÉGENDE DU SOLDAT MORT
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Marco Valdo M.I.
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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 21:14

 

YOUPLALA !

Version française – YOUPLALA ! – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi d'une

Chanson Basque – Yup la la – Etxamendi eta Larralde1973

 

 

 

 

 

 

Youplala!
Les anges chantent :
Va te faire foutre !



La chansonnette présentée ici est de 1973, et parle de l'attentat contre le premier ministre franquiste Luis Carrero Blanco, homme très pieux. Sur toute l'histoire de l'attentat à Carrero Blanco, dit El Ogro (L'ogre), on renvoie à une autre célèbre chanson relative, Carrero voló de SOAK ; une chanson de 1990. L' « envol » de Carrero Blanco se produisit le 20 décembre 1973 Calle de Claudio Coello à Madrid ; et si cette chanson est de 1973, cela veut dire qu'elle dut avoir été écrite ans la foulée des faits. Chose qui pouvait se révéler beaucoup plus dangereuse qu'en 1990.

Le duo qui la composa était composé d'Eñaut Etxamendi et Eñaut Larralde ; les deux Eñaut, tous deux Navarrais et tous deux nés en 1935. Ils étaient connus comme un duo de chansons traditionnelles basques, mais avec Yup la la, ils furent d'un coup célèbres dans tout l'État espagnol, bien qu'ils aient écrit leur « canzoncina » en euskara, langue généralement incompréhensible à n'importe qui en dehors du Pays Basque. Sous la forme d'un chant d'église « a capella », avec des voix de prêtre et de latineries. Chose qui correspondait à Carrero Blanco, qui avait été liquidé par l'ETA justement au sortir de la sainte messe.

 

Une « canzoncina » qui certainement n'a pas cessé d'être connue dans toute l'Espagne. En 2003, la Banda Bassotti l'a reproposée, en s'accompagnant d' accordéon et dans l'original en langue basque, dans l'album « Así es me vida » et l'a portée en tournée même en Espagne, où le groupe est très connu ; ouvre-toi ciel. Protestations vibrantes à El Ferrol, la ville galicienne où il nacquit Francisco Franco, et surtout de la part AVT, de l'Asociación de Víctimas du Terrorisme liée, comment en douter, au Partido Popular de droite. [RV]

 

 


 

 

In nomine patris et filii...
Il a sauté en l'air et ensuite il est retombé !
Il en avait expédié beaucoup au ciel
Et donc nous étions en reste avec Carrero !



Persécuteur cruel,
À présent, puni !
Youplala!
Les anges chantent :
Va te faire foutre !

Et ite, missa est.

 

Et il faut que Madrid et Paris
Apprennent une bonne fois,
On ne peut opprimer les Basques
Éternellement.


Persécuteur cruel,
À présent, puni !
Youplala!
Les anges chantent :
Va te faire foutre !

Et ite, missa est.

Nous t'acclamons, ETA,
Tu es le bras de peuple !
Grand est ta force,
Le peuple est protégé !

 

Persécuteur cruel,
À présent, puni !
Youplala!
Les anges chantent :
Va te faire foutre !

Et ite, missa est.

Persécuteur cruel,
À présent, puni !
Youplala!
Les anges chantent :
Va te faire foutre !

Et ite, missa est.

YOUPLALA !
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Marco Valdo M.I.
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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 22:08

 

ADRESSE AUX MILLIONNAIRES

 

Version française - ADRESSE AUX MILLIONNAIRES – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande - Ansprache an Millionäre – Erich Kästner – 1930

 

 

Ah, il suffirait d'une douzaine d'intelligents
Avec vraiment beaucoup d'argent…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu vois, Lucien l'âne mon ami, toi, tu le vois combien il m'est difficile de traduire l'allemand, car à la vérité, je l'ai déjà dit souvent, je ne connais pas cette langue. Alors, comme tu peux t'en rendre compte, je dois arracher mot par mot, phrase par phrase, ce que finalement, je propose comme version en langue française… et je l'ai déjà expliqué aussi, c'est seulement alors que je comprends ce que j'ai pu ainsi faire venir au jour.

 

 

C'est bien ainsi que je te vois faire et vraiment, je ne comprends pas, moi, je ne comprends pas comment tu y arrives. Mais aussi, je dois reconnaître que souvent, c'est fort intéressant… Par ailleurs, je me demande bien comment tu peux savoir qu'un texte que tu ne comprends pas sera un bon texte, sera intéressant.

 

 

Là, mon ami Lucien l'âne, c'est relativement simple. Prenons le cas d'Erich Kästner. Je l'ai connu au travers des romans pour enfants qu'il avait écrits il y a bien longtemps et dont il existe des traductions en langue française. Je l'ai donc lu et connu en français. Il a été traduit dans beaucoup d'autres langues aussi, d'ailleurs. Et il n'y a pas dans la littérature enfantine tant d'auteurs de ce calibre, tant d'auteurs qui racontent des histoires de cette manière et avec tant de considération pour le lecteur, pour sa sensibilité, pour son imagination et pour son intelligence – ce lecteur étant censément une ou un enfant ;mais il est de grands enfants et même, me concernant, de vieux enfants. Enfin, vieux pour être considérés comme des enfants.

 

 

Et moi alors, dit Lucien l'âne tout guilleret. Moi à qui une sorcellerie a arrêté le décompte du temps quand je sortais à peine de l'enfance… Souviens-toi, lors même que je découvrais les joies de la jeunesse… Moi qui suis depuis tant de temps aux portes de l'enfance, sur le seuil d'un autre âge, je peux te garantir qu'on vit du mieux qu'il soit quand on garde en soi les territoires de l'enfance…

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, je te dis foin de ces considérations sur l'enfance ; je reprends mon récit. Et donc un jour, au hasard de mes pérégrinations dans les chansons, j'ai rencontré un chanteur qui chantait un texte d'Erich Kästner... S'il en existait un, il devait en exister d'autres et je me suis mis à chercher les textes "poétiques" de Kästner... Forcément en allemand et puis, je les ai trouvés... J'ai aussi un peu cherché qui était Kästner, sa vie et tout ça. À la suite de quoi pour moi, il était devenu certain que lire et traduire (même mal comme je le fais) Kästner était une bonne idée. Pour le vérifier, il ne me restait plus qu'à traduire… Là, au premier abord, c'est boiteux et souvent pire encore. C'est franchement désastreux… mais cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage… C'est lent, c'est tortueux, mais enfin, il y a un résultat et je trouve qu'il n'est pas si mal. Enfin, à moi, il me convient.

 

 

 

À moi aussi. Je dirais même qu'il me plaît. Et citons ici sans crainte un Maréchal de France, président de la République (en quoi tu vois qu'il ne peut s'agir de l'ignoble Pétain), massacreur des Algériens (déjà) et boucher de la Commune, mieux connu pour un mot presque aussi célèbre que le mot de Cambronne, dont j'ai déjà parlé. Il s'agit d'un descendant d'Irlandais, le célèbre Mac Mahon – célèbre grâce à cette phrase consternante : « C'est vous le nègre ; très bien, continuez ! ». On en a retenu une autre, tout aussi consternante : devant les inondations catastrophiques de la Garonne, on entendit tomber de la bouche du Président de la République, censé réconforter les sinistrés, cette constatation triviale : « Que d'eau ! Que d'eau ! ».

 

 

D'accord, c'est drôle, dit Marco Valdo M.I. en riant, mais au fait, peux-tu me dire pourquoi tu parles de ce Mac Mahon si disert.

 

 

Certes. Tu as l'air de croire que j'ai perdu un peu le fil de ce que je voulais dire. Rassure-toi, il n'en est rien. En l'occurrence, le nègre, c'est toi et c'est à toi que je disais : « Très bien, continuez ! ». Mais dis-moi quand même deux mots de la chanson…

 

 

Oui, bien sûr et elle le mérite, car elle montre un Kästner d'une effrayante lucidité, un homme qui voit venir le pire et qui le dit et qui tente malgré tout de sauver le monde, tout en sachant que c'est peine perdue. Dans l'absolu, la solution qu'il propose de quelques riches intelligents pour contrer la montée au pouvoir des nazis est une belle esquisse, mais – et Kästner le premier le sait – elle ne tient pas… C'est une démonstration par l'absurde, en quelque sorte. Si… Mais on est au cœur de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres pour asseoir leur domination… Et même si quelques riches « intelligents », c'est-à-dire qui comprennent ce qui va se produire et perçoivent l’innommable, les autres vont faire le serment ignoble… Mais laissons courir la pensée poétique de Kästner, elle s'exprime mieux que nous…

 

 

Et reprenons notre tâche, à nous autres somari et tâcherons, qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde riche, trop riche, perclus de richesse et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Pourquoi attendez-vous si longtemps,

Voulez-vous vraiment
Qu'on s'en prenne à vos femmes fardées,

À vous-mêmes et dans le jardin au marbre des poupées ?

Pourquoi alors ne voulez-vous pas vous améliorer ?
Bientôt ils s'imposeront sur les planchers
Et vous poignarderont avec des couteaux de cuisine
Et ils vous pendront aux fenêtres.

 

Ils vous pousseront dans les fleuves.
Cris et prières n'auront plus de sens, alors.
Ils couperont vos têtes.
Il sera trop retard, alors.

Alors, le jet des fontaines se colorera de rouge.
Alors, ils vous colleront au mur du jardin.
Ils viendront et se tairont et tueront.
Personne ne portera votre deuil.

Combien de temps encore allez-vous vous enrichir ?
Combien de temps encore allez-vous stocker de l'or et des papiers
En rouleaux, en paquets en lingots ?
Vous allez tout perdre.

Vous êtes les hommes des machines et des États.
Vous avez pris l'argent et le pouvoir.
Pourquoi ne voulez-vous pas changer le monde,
Avant qu'ils n'arrivent ?

Vous n'agissez pas du tout pour le bien !
Vous n'êtes pas bons. Et eux aussi ne le sont pas !

Il ne s'agit pas de vous, mais du monde à transformer,
C'est votre devoir !

 

L'homme est mauvais. Il le restera demain.

Vous ne devez pas vous lier les mains
Vous ne devez pas être bon, mais raisonnable.
Nous parlons affaires.

On n'aide personne, si ce n'est qui vous aide.
On ne peut avoir de cadeau, seulement si on donne.
Améliorer le monde et quand même gagner -
Ça vaut la peine d'y penser.


Faites un pas. Ordonnez. Montrez la voie.

Organisez la transformation du monde !
Ah, il suffirait d'une douzaine d'intelligents
Avec vraiment beaucoup d'argent…

 

Vous n'êtes pas intelligents. Vous voulez encore patienter.

Ça nous fait de la peine. Vous allez souffrir.

Envoyez quelques cartes postales du ciel !
Cela nous fera plaisir.

 

 

ADRESSE AUX MILLIONNAIRES
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Marco Valdo M.I.
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