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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 09:33

RÈGLES DE VIE

 

 

Version française – RÈGLES DE VIE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Lebensregel – Erich Mühsam – 1914


Poème d'Erich Mühsam, dans le recueil intitulé “Wüste-Krater-Wolken” publié en 1914.
Musique de Gary Bachlund, chanteur lyrique et compositeur qui vit entre Los Angeles et Berlin.

 

 

 

 

"Sois toujours un enfant jouette..."

dit Erich Mühsam à l'enfant

 

 

 

 

La canzone commence par la règle de vie essentielle :

« An allen Früchten unbedenklich lecken », autrement dit : « Goûte sans hésiter à tous les fruits de la vie », qui renvoie à l'évidence au propos des Épicuriens, à cette philosophie matérialiste de l'Antiquité qui serait bien le fondement de toute civilisation « heureuse ».

 

Rien d'étonnant à cela, dit Lucien l'âne, quand on sait qui est Erich Müsham – militant révolutionnaire, poète libertaire et penseur anarchiste – ou l'inverse : révolutionnaire militant, libertaire poète et anarchiste penseur ; à moins que ce ne fut : poète anarchiste, militant libertaire et révolutionnaire penseur ou toute autre combinaison de ces mots-là. Il appliqua ces « règles de vie » jusque dans ses derniers instants où les nazis lui firent subir la torture jusqu'à ce que mort s'ensuive. Pendant ce temps-là, il leur récitait des poèmes...

 

On trouve, ajoute Marco Valdo M.I., un écho de ces « Règles de vie » chez Raymond Queneau, lorsqu'il disait :

« ...
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures. »

Raymond QUENEAU (1903-1976)
L'instant fatal (1948)

 

 

Mais nous reparlerons de tout cela en présentant « Si tu t'imagines » qui fut la première chanson de Juliette Gréco.

 

 

Alors, dit l'âne Lucien en souriant de toutes ses dents brillant dans son immense mâchoire d'âne, voyons ces règles de vie d'Erich Mühsam, qui ressemblent tant aux nôtres et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde coincé, boulimique, retors, oppressif et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Goûte sans hésiter à tous les fruits de la vie ;
Devant dieu et diable ne dépose jamais les armes ;
Ignore le futur, ne regrette pas le passé ;
Ne te tracasse pas pour l'instant, ne le crains pas ; et
Participe à la vie ; n'envie pas la chance d'un autre ;
Sois toujours un enfant jouette, curieux aussi de la souffrance ;
Sois indifférent à ta propre destinée -

Alors, elle te sera propice et bénéfique.

 

 
RÈGLES DE VIE
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Marco Valdo M.I.
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 16:52

LE RETOUR DE DON QUICHOTTE

 

Version française – LE RETOUR DE DON QUICHOTTE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Il ritorno di QuixoteMarco Rovelli – 2013

 

 


Dédiée à Don Quichotte et au chœur de tous les fous visionnaires de l'Histoire.

 

 

Voici donc à nouveau un Don Quichotte... Un personnage que l'on rencontre assez souvent ici... à commencer par qui insère des chansons dans ce site sous le nom de Don Quichotte 82 et par celui qu'incarna Jacques Brel [[39065]]. Mais la chanson qui raconte le retour de Don Quichotte est de Marco Rovelli, lui-même assez libertaire. On va donc avoir un retour de Don Quichotte dans la quotidienneté que nous connaissons : « peuplée de rapaces, de marchands et de banquiers » ; et, tout comme il s'en était pris dans le passé aux géants, aux moulins... le Don Quichotte d'à présent va se déchaîner contre le système et ses servants.

 

 

J'aime beaucoup, dit Lucien l'âne en se redressant du col. J'aime beaucoup l'idée d'un Don Quichotte libertaire. Cela dit, il me semblait qu'il l'était déjà depuis longtemps. Et je suis bien placé pour en parler, car comme je te l'ai sans doute déjà dit, j'étais en ces temps-là l'âne de Sancho qui suivait à la trace Rossinante et son cavalier fantasque. Comme bien d’autres fois, il faut le dire ici sans honte, je fus battu et je dus prendre la fuite. Avec un tel compagnonnage, c'était presque une habitude de vie.

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, je te vois d'ici comme si j'y étais te carapatant dans la caillasse entraînant Sancho loin des plaies et des bosses. Et, soit dit en passant, tu avais parfaitement raison de prendre la fuite. Face à pareilles brutes, je ferais pareil, encore aujourd'hui.

 

 

Tu sais, Marco Valdo M.I., il y a une chose que j'ai apprise au travers de toutes ces tribultaions : il y a un art de la fuite... D'ailleurs, on ne fuit pas, on ne déserte pas pour épargner les autres, par grandeur d'âme, par héroïsme... Mais d'abord et principalement, pour se sauvegarder – ce qui est le début de la sagesse et de toute façon, la seule façon de préserver une quelconque possibilité d'avenir et tout simplement, de vie. Ce qui est quand même l'essentiel. Le martyr n'a pas d'avenir.

 

 

Donc, te voilà cavalant... pour assurer l'avenir et la vie à Sancho, à toi-même et conserver ainsi à Don Quichotte ses indispensables amis. Qu'aurait-il fait sans vous ? Et puis, la fuite... Regarde ce qu'il en fut des « héros » cités dans la canzone... Après avoir un temps vaincu, Spartacus a dû fuir – mais pas assez tôt, pas assez vite, pas assez loin... Ce fut l'hécatombe et la fin du rêve. Les anabaptistes de Münster n'ont pas fui, mal leur en a pris, ils furent tous massacrés. Pour Dolcino et Marguerite, la chose est claire... Ils n'avaient pas grand choix...

 

 

Cela, je le sais aussi, vu que c'était moi qui portait la Marguerite, dit Lucien l'âne, alors que nous fuyions les armées de déments que le pape avait mis à nos trousses, et comme durent le faire les autres partisans de Valdo, nous prîmes la route et les chemins des Alpes pour finir en haut de ce qui est aujourd'hui le monte Rubello (Mont Rebelle), qui leur doit son nom. Monte Rubello où il y a le monument qui rappelle le massacre de que les sbires catholiques firent des dolciniens, coupables essentiellement de répandre leur message d'égalité et de fraternité et aussi, évidemment de liberté, y compris amoureuse. Ce sont des successeurs de la Fraternité des Pauvres de Valdo... Je me souviens avec beaucoup de tendresse comment les deux amoureux s'en allèrent se faire brûler par les papistes.

 

 

Petit parenthèse à propos de ce monument à Dolcino : en 1907, quelques bonnes gens édifièrent en haut du monte Rubello un obélisque de 12 mètres commémoratif du combat, de la résistance et du massacre des Dolciniens par les gens de l'Église Catholique Apostolique et Romaine. Vingt ans plus tard (1927), les fascistes s'empressèrent d'abattre ce monument à la liberté... On réinstalla une stèle au même endroit en 1974 ; une lapidaire rappelle l'attentat fasciste...

 

AU  SIXIÈME CENTENAIRE
1307-1907
DU MARTYR DE
FRA DOLCINO
LE PEUPLE ÉLEVA CET OBÉLISQUE
DÉTRUIT DE NUIT PAR LES FASCISTES (EN 1927)
SYMBOLIQUEMENT RÉÉDIFIÉ LE 15 -9-1974

 

 

 

On devrait aller y faire un tour un de ces jours du côté de Bielle... Je m'y dégourdirait un peu les jambes..., dit Lucien l'âne en souriant aux étoiles.

Et puis, dans la canzone, dit Marco Valdo M.I., il y a Giordano Bruno... Giordano Bruno, lui aussi, a droit à une statue à Rome au Campo dei Fiori. On sait que Giordano Bruno a lui aussi tenté de fuir l'Inquisition, ce qui l'obligea à un grand périple. C'est ainsi qu'il fut ballotté ici et là, jusqu'à ce que mis nu, la langue entravée par un mors de bois l'empêchant de parler et de crier, sur le Campo de' Fiori, il fut supplicié sur le bûcher. En souvenir de cette atrocité, on y dressa une statue le représentant. L’histoire de cette statue est elle aussi assez intéressante... et née d'une résistance à l'impérialisme catholique qui tente d'écraser toute vie civile. Ainsi, proposée en 1879, elle fut d'abord interdite sous pression de l'Église ; suite à l'excommunication des francs-maçons (rationalistes, athées...) par le Pape de l'époque – en 1884, on l'autorisa. Elle fut créée et édifiée par le sculpteur Ettore Ferrari en 1889. Aux temps de Mussolini, le sculpteur Ferrari fut l'objet de mille persécutions en raison également de son appartenance au Grand-Orient, dont il fut le grand-maître de 1904 à 1917. Le lieu est toujours fleuri aux couleurs de la liberté – liberté de parole, liberté de pensée, chaque année.

 

Giordano Bruno..., dit Lucien l'âne un peu rêveur. Je l'ai accompagné lui aussi un temps dans ses pérégrinations au travers de l'Italie d'abord, puis à Genève chez les calvinistes, puis en France, puis à Wittenberg chez les luthériens... Non, je ne l'avais pas accompagné à Londres chez les anglicans ; à l'époque, figure-toi que j'étais en Espagne et pour cause... je suivais les aventures de Don Quichotte. Puis, pour Giordano Bruno, il y eut son malheureux retour en Italie et son procès... qui finit si mal. Sais-tu qu'il déclara à ses juges lors de sa condamnation :  « Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à la recevoir. » Giordano Bruno fut souvent sollicité par les autorités à se rétracter, comme notre ami Adam.[[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=47896]]

 

 

Le personnage suivant est désigné par son prénom de Baruch... Il s'agit à l'évidence du philosophe Baruch Spinoza, qui quant à lui, s'il n'a pas voulu fuir sa communauté (juive), dont il était banni, n'en a pas moins poursuivi sa route avec moult prudence et la prudence est une des formes les plus subtiles de la fuite. Malheureusement, il n'avait pas vu venir une ennemie des plus terribles : la silicose ; ce fut elle qui l'emporta.

 

 

La silicose ? Un philosophe ?, dit Lucien l'âne. Cela peut paraître surprenant, mais en fait, moi qui l'ai vu faire, c'était car pour vivre il devait exercer le métier de tailleur de verres de lunettes – en tous genres. C'était un travail très méticuleux, de haute précision et comme tu l'as dit, très dangereux, la poussière des verres taillés finissait dans les poumons et les détruisait.

 

 

Passons les deux peintres, repris ici pour leurs créations et il me reste à te dire le militant de la décolonisation et de la révolution en Afrique et en Amérique latine que fut George Matéi, mort en l'an 2000, successivement marin en Afrique équatoriale, soldat en Algérie, passeur de frontières, fabricant de faux papiers, journaliste et écrivain.

 

 

Comme quoi, Marco Valdo M.I. mon ami, la canzone est souvent plus signifiante qu'il n'y paraît et sur ses airs, elle emporte pas mal d'Histoire ; elle raconte le monde et découvre bien des facettes de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres afin de maintenir leur domination, d'imposer leur système, d'empêcher toute mise en cause de leurs privilèges et de conséquence, toute pensée nouvelle et par nature contestatrice de l'ordre existant, laquelle est irrémédiablement qualifiée d'hérétique (autrefois), de terroriste (aujourd'hui) et d'anarchiste (toujours). Dès lors, il nous faut reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde persécuteur, excommunicateur, inquisiteur, répressif et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 


Mais mon cher Cervantès, la liberté
Quel mot étrange, liberté
Liberté pourquoi, pour qui liberté
Liberté putain, putain de liberté
La seule liberté, c'est rêver sans maître
Celle que j'aime, la seule dont je veux dépendre

Dans un temps de rapaces rusés
Où les dieux sont marchands ou banquiers,
Je reviens avec Rossinante combattre
La lance au poing, la voilà ma liberté.
Liberté, c'est pouvoir dire : je te donne,
Je te donne la main
Même si l'homme est un loup pour l'homme,
S'il n'y a pas de pardon pour qui aime plus, qui aime mal,
Je n'ai jamais cessé de lutter
Contre les moulins du mal
Libre d'enchaîner, de moudre du vent,
D'épandre tempête, ce dont le trône ne se soucie pas mal.

Alors, je reviens prendre d'assaut le ciel des géants .

 

Mais mon cher Cervantès, la liberté
Quel mot étrange, liberté
Liberté pourquoi, pour qui liberté
Liberté putain, putain de liberté
La seule liberté, c'est rêver sans maître
Celle que j'aime, la seule dont je veux dépendre



Semer des visions comme le sable sur l'arène
Ne pas presser le temps
Car chaque chose vient en son temps
Comme Spartacus qui par l'épée brisa les chaînes

 

Comme ensuite firent à Münster ces frères anabaptistes
Et sur les montagnes Dolcino avec la belle Marguerite
Qui montèrent sur le bûcher entouré de soldats
Et le soleil se dénoua entre leurs doigts

 


Comme Giordano Bruno sur cette place
Maintenant défleurie, savait que la vie est une et sans fin…
Et Baruch le renégat dans son habit d'étoiles
William Blake chante, jouit, rit
Et mon bien aimé Van Gogh, saint parmi les saints


Avec Georges Mattéi, une communauté d'amis
Et le poète illuminé de la commune, sont de grandes gens
Et l'infini défilé d'anonymes gens
Et moi parmi eux à faire chorus et à dégainer la lance
Accompagné Sancho Pança, plein de vaillance

 

Mais mon cher Cervantès, la liberté
Quel mot étrange, liberté
Liberté pourquoi, pour qui liberté
Liberté putain, putain de liberté
La seule liberté, c'est rêver sans maître
Celle que j'aime, la seule dont je veux dépendre

 

C'est pour la liberté, pour elle seule que nous vivons
La liberté, c'est être à la hauteur de l'humaine nation
Car je le sais, je le crois, le temps ensuite viendra
Où à la peur, la liberté jamais plus ne cédera.

 

LE RETOUR DE DON QUICHOTTE
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Marco Valdo M.I.
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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 16:46

REQUIEM POUR UN ENNEMI INCONNU

 

Version française – REQUIEM POUR UN ENNEMI INCONNU – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Requiem per un nemico ignoto – Gesualdo Bufalino – 1944

Musique et interprétation de Marco Rovelli (2014)
Poème de Gesualdo Bufalino
De "Annali del Malanno"
in "L'amaro Miele", Einaudi, Collezione di poesia 176, 1982.

 

 

 

 

 

Qu'espérais-tu, héros,

De nous à qui tu portas la tempête

Et la haine, à la tête

D'une abjecte troupe de héros ?

 

 

 

 

 

 

Au sens habituel, ce n'est pas une chanson, et ce ne l'a jamais été. C'est une poésie, et une des plus terriblement belles, de Gesualdo Bufalino. Jusqu'à ce qu'il parvienne à ses soixante et un ans, on n'avait rien su de ce réservé, discret et très cultivé professeur de Comiso en Sicile; sur l'insistance de quelques amis, parmi lesquels Leonardo Sciascia, il publia "Diceria dell'untor" et se retrouva catapulté d'un jour à l'autre parmi les écrivains italiens majeurs du XX siècle. « Le discours s'adresse à un officier allemand, moribond après une attaque partisane, amené en urgence dans ma chambre d'hôpital » ; ainsi s'explique brièvement Bufalino dans son petit volume de poésies de toute une vie. Le poème fut écrit à l'hôpital de Scandiano, en province de Reggio Emilia, en février 1944. Il y a quelques jours, à la maison de ma mère où il gisait depuis vingt ans, j'ai repris son « Amaro miele » (Miel amer) et je l'ai ramené chez moi. Bufalino n'était pas un écrivain-né, ni un poète au langage simple ; il écrivait d'une manière rare, recherchée mais en même temps, pleine d'humanité populaire. On le baptisa « sicilien atypique », mais ne sachant ce qu'est un sicilien « typique », je m'abstiendrai de quelque autre commentaire à ce sujet. Je sais seulement que sa poésie plonge dans les recoins de l'être humain souffrant, et face à la mort dans un climat de haine qu'on ne peut refuser et d'une violence qui s'insinue jusque dans les fissures des existences ; et (poésie) qu'on ne trouvait nulle part dans ce « grand réseau » qui n'a pas encore réussi à être aussi grand que les pages des livres. D'une d'elles, je tire ce poème, le livrant à la connaissance. Non, je ne pouvais pas faire moins. [RV]

 

 

Gesualdo Bufalino n'aimait pas les diableries modernes ; déjà lorsqu'il dut abandonner les disques 78 tours, il avait souhaité aller en enfer. Comment donc aurait-il réagi en apprenant que son poème, grâce à l'introduction dans une diablerie authentique comme un site internet, aurait été choisi, mis en musique et chanté. Pourtant c'est vraiment ce qui s'est passé : il a suffi de quelques mois à compter du 15 avril 2014 pour que Marco Rovelli l'y trouva, le prenne et il lui donne une musique. Il l'a présenté pour la première fois le 4 août passé à Fosdinovo, au festival « Fino al Cuore de la Rivolta », en rendant du haut de la scène, un hommage à cette diablerie de site. Nous vous la présentons ici, en sortant avec grand plaisir le poème de Bufalino, qui est devenu une chanson, des « Extras » où on l'avait confiné. Il nous plaît de penser que notre diablerie aide, dans un cas comme celui-ci, la poésie à trouver musique et instruments ; et nous concédons que Gesualdo Bufalino a émis un grognement, mais accompagné d'un sourire.

 

Riccardo Venturi - 13/8/2014 - 13:11

 

 

 

 

Deux mots pour notre ami Venturi, qui se plaint de trous de mémoire...

On pourrait lui appliquer ce début de la chanson

« De trous noirs tout meurtri,

Leutnant Riccardo Venturi...

Dans cette chambre de géhenne »...

 

 

Trêve de jeux de mots, moi qui suis là depuis la plus haute antiquité et qui devrait être la mémoire des mémoires, des trous dans la mémoire, j'en ai aussi et pas un peu. Pour tout dire, les mots m'échappent et quand j'arrive à en rattraper un, il s'en éclipse mille autres. C'est le privilège de mon grand âge. Il n'y a rien là que de très normal... Les mots s'en viennent, les mots s'en vont. Pour montrer ce qui finalement en découle, voici une version française de ce Requiem.

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

De trous noirs tout criblé,

Leutnant Adolf Henne Henne

Dans cette chambre de géhenne,

Je te cède la place volontiers .

 

À mon « Morior ergo sum »

Déclamé contre le mur

Tu viens ajouter le murmure

Monotone de ton « Warum ? »

 

Viens, viens ici sur ton lit en fer ;

Entre mon lit de camp et la porte,

Il y a aussi ta mort,

Mon pauvre malheureux frère.

 

Mais d'abord, faisons au moins connaissance,

Échangeons un ja contre un sí,

Leutnant Rudolf Onneséqui

D'Onneséou du côté de Coblence.

 

Ouvre les yeux, vois : scintille

Sur les vitres et se tord une anguille

De lumière sèche se colorant

Au sang de ton pansement.

 

Le soleil à la fin juin

Est cruel ; il culmine,

Se hérissant de poils et d'épines,

Il se fait dur comme le poing.

 

C'est un temps sublime et lâche,

Vous l'avez fait ainsi.

Le talion ne fait pas relâche:

Couteau contre fusil.

 

Te souviens-tu ? Hier encore,

Tu plantais de tes mains rouges

Dix croix sur dix tombes…

Ne me demande pas miséricorde.

 

Qu'espérais-tu, héros,

De nous à qui tu portas la tempête

Et la haine, à la tête

D'une abjecte troupe de héros ?

 

Parfaite machine maléfique

Étrangère, tu nous fus antipathique

Du bord de ta casquette

À la pointe de tes bottes !

 

Et pour ton dernier dîner

Bonne ou mauvaise guerre

Il te faudra la manger, la terre

Où fleurit l'oranger.

 

Les Gretchen, les Liselotte,

Dans ta maison là-bas au Nord,

Sous la lampe, tricotent

Ignorant ta mort.

 

Tout seul : à qui parler ?

À elles ou au furet rassasié

Qui sous le drap te déchire

Paresseusement les viscères ?

 

Et ce gargouillis qui peut-être

Dans ta langue dure

Me dit une chose et se perd,

Est-ce remords, cri ou prière ?

 

Tu presses avec les ongles ton abdomen,

Dans un effort, tu te retournes ; par en dessous

Tu me regardes ; tu sais déjà que je t'ai absous,

Leutnant Hermann Sansnom. Amen.

 

 

REQUIEM POUR UN ENNEMI INCONNU
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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 17:22

JE SUIS LE DÉSERTEUR

 

 

Version française – JE SUIS LE DÉSERTEUR – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Il disertore – Kalashnikov – 2014

 

 

 

 

 

JE SUIS LE DÉSERTEUR
(Gabin - 1938 - Quai des brumes)

 

 

 

 

 

 

 

Salut à toi, Lucien l'âne mon ami, voici une nouvelle chanson des Kalashnikov. Nouvelle... on ne peut dire mieux, vu qu'elle est de cette année. C'est un peu comme une nouvelle récolte.

 

Et tu l'as déjà traduite ? Si ça continue, Marco Valdo M.I. mon ami, tu traduiras les canzones avant même qu'on les publie, et... Non, ça tu ne le feras pas, car c'est vraiment impossible, tu les traduiras avant même que les auteurs ne les aient conçues...

 

 

Allons, allons, Lucien l'âne mon mai, ne me charrie pas comme ça, j'ai autre chose à te dire à propos de cette chanson.

 

 

Je l'espère bien, dit Lucien l'âne en battant des oreilles tant il rit.

 

 

Comme tu le sais, la chanson inaugurale de ce site, la numéro 1 fut – la chose est historique – un chanson de Boris Vian, intitulée : « Le Déserteur » ; ce fut la première chanson, mais aussi, le premier déserteur des Chansons contre la Guerre. Depuis, il y en a eu tout plein.

 

 

Oui, cela je le sais... Mais alors, quoi ?, dit Lucien l'âne en balançant la tête, question de montrer tout son intérêt pour cette question.

 

 

Alors... Et bien, il y en a tant que tant de déserteurs, ça crée une certaine confusion et que si on les intitule toutes « Le Déserteur », on ne saura pas trop duquel on parle... En fait, de laquelle (canzone) on parle. D'autre part, rien que pour celle de Vian, il y a répertoriées dans ce site (à cette date) 124 versions. Alors, même si en italien, elle s'intitule « Il desertore », j'ai préféré lui donner comme titre en langue française : JE SUIS LE DÉSERTEUR.

 

 

Bonne idée, dit Lucien l'âne... Tu n'aurais quand même pas pu l'intituler : « Je suis un déserteur » , car celle-là, elle existe déjà. Pour le reste, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce monde plein de guerres, de paix armées, de confrontations brutales et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 


Il n'est pas une lame qui n'entaille pas, une entaille qui ne fasse pas mal
Il n'est pas de sang qui puisse se laver, de blessure qui ne puisse se cicatriser
Avec mon fusil je construis un crucifix et je prie sur les tombes des ennemis
Avec mon drapeau je construis un cerf-volant et j'oublie les mensonges de la guerre
Il n'est pas une lame qui n'entaille pas, une entaille qui ne fasse pas mal
Il n'est pas de sang qui puisse se laver, de blessure qui ne puisse se cicatriser
Avec les bibles des religions, j'élève les colonnes de mon temple
Ennemis de toute race, regardez mes mains, jetez les armes, je suis le déserteur

 

 

 

JE SUIS LE DÉSERTEUR
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Marco Valdo M.I.
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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 12:58

CECI EST LA PAIX,

CECI EST LA GUERRE, DIT-IL.

 

Version française - CECI EST LA PAIX, CECI EST LA GUERRE, DIT-IL - Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Chi sta in alto dice: questa è pace, questa è guerra – Kalashnikov – 2014

 

 

 

Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre, 

Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.

Peinture de Marc Chagall

 

 

 

 

 


Pour ce morceau que nous avons gravé, nous avons emprunté une poésie de Bertolt Brecht, en la ciselant ci et là pour l’adapter à la chanson. Nous croyons que le camarade Bert aurait été ravi de nous prêter sa composition. Ou non ? De toute façon, c'est fait ! Le texte cherche à mettre en discussion l'idée qu'une nette ligne de séparation court entre l'état de guerre et celui de paix ; cette démarcation existe peut-être plus dans notre imagination, ou bien dans les livres d'histoire, qu'en réalité. Le morceau se veut même être une réflexion sur la signification que nous donnons aujourd'hui aux mots de paix et de guerre, qui cachent une subtile ambiguïté, une valence idéologique : un vide sémantique. Dans les années 1990, on n'a rien fait d'autre que parler de « missions de paix » rapportées à des campagnes de guerre qui ont apporté plus ou moins l'habituelle dose que morts, de misère et de destruction. Cette hypocrisie linguistique et conceptuelle est le miroir de notre société, dans laquelle les mots sont toujours plus décollés de la réalité, dans laquelle les médias ne racontent pas le monde qui nous entoure, mais le modèlent.

 

Du Collectif Kalashnikov.

 

************

 

 

Regarde Lucien l'âne mon ami, regarde, cette canzone du collectif Kalashnikov, elle va te plaire tout comme elle me plaît et je vais te dire pourquoi...

 

En effet, dit l'âne Lucien un peu interloqué qui dresse subitement les oreilles en points d'exclamation. En effet, pourquoi ? Ce serait bien que tu précises un peu...

 

Ce serait déjà fait, si tu ne m'avais pas interrompu... Donc, je reprends où j'en étais. Regarde leur commentaire et regarde aussi le texte du poème de Bertolt Brecht... Tous parlent très précisément de la Guerre de Cent Mille Ans, de « leur guerre », celle que les riches font aux pauvres pour s'enrichir plus encore, pour maintenir et étendre leur domination, pour renforcer l'exploitation, pour maintenir leurs privilèges et satisfaire les folles ambitions... Une guerre qu'ils mènent depuis tant de temps, cette guerre qui est la mère de toutes les guerres, cette guerre qui se cache sous les oripeaux d'une paix qui se veut sans histoire.

 

 

Voilà qui est bougrement intéressant, dit Lucien l'âne en se dandinant des quatre fers... Même si, comme toi, je savais bien que d'autres que nous y avaient songé et bien avant nous... À part peut-être le nom sur l'étiquette, à part sans doute aussi la manière de la raconter... Pour le reste, primo, cette guerre était là et secundo, nous deux, on est comme Laverdure : « On cause, on cause, c'est tout ce qu'on sait faire ».

 

 

Tiens alors, à propos de Laverdure, Raymond Queneau – je rappelle, à toutes fins utiles, que Laverdure est un des personnages principaux de Zazie dans le métro, roman hyperbolique dudit Queneau et que c'est un perroquet – donc, à Marguerite Duras qui l'interviewait, Raymond Queneau disait de Laverdure : « Dans « Zazie dans le métro », il y a un personnage qui rappelle les autres à l’ordre, c'est Laverdure, le perroquet. Il dit toujours : « Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire » Dès que les gens commencent à envelopper ce qu'ils disent, à « mettre la sauce », c'est le rappel à l'ordre. » Et bien voilà, tu m'as rappelé à l'ordre.

 

 

Ça alors, une interview de Raymond Queneau par Marguerite Duras, qui aurait imaginé pareille rencontre... C'est fabuleux ! Je m'en vais de ce pas la lire...

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, ne t'en va pas comme ça ! On n'a pas fini de causer de la canzone. Et d'abord, il convient de signaler combien elle rejoint aussi certaine idée de George Orwell en ce qui concerne l'usage de la langue et des mots et leur place centrale dans la manière dont le système s'instaure et s'installe à demeure, y compris et surtout, dans la tête des gens. Avec ces amplificateurs d'hypnose sociale que sont les mass-média, ces moyens de diffusion massive qui s'insinuent partout, jusque dans les chambres, jusque dans les lits, comme les tristes touristes de Ricet Barriet ; en fait, il vaudrait mieux dire les vacanciers...

 

 

 

Tu avais raison de m'arrêter, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l'âne en faisant demi-tour sur place. Tu avais bien raison, car c'était fort grossier de ma part de tout planter là et puis aussi, il n'était pas correct de ne pas tenir mon rôle... Car sans moi, le dialogue s'interrompt et même, reste suspendu dans un vide désolant. Mais rassure-toi, je ne vais pas jouer la fille de l'air. Car, il me revient quand même que c'est à moi de conclure en te rappelant à l'ordre et à notre tâche qui, comme tu le sais sans doute, est de tisser – tels de modernes Canuts – le linceul de ce vieux monde doublement guerrier, faussement paisible, exacteur, rongeur et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 


Leur paix et leur guerre ne sont pas d'essence différente
Elles sont comme le vent et la tempête.
De leur paix naît la guerre
Comme l'enfant d'une mère
Qui voit son visage dans le sang d'une mare.

 

Ce que la paix a épargné est tué par leur guerre
Leur paix est une guerre qui prépare le massacre.
Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre,
Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.

 

Leur paix et leur guerre ne sont pas d'essence différente
Elles sont comme le vent et la tempête.
De leur paix naît la guerre
Comme l'enfant d'une mère
Qui voit son visage dans le sang d'une mare.

 

Ce que la paix a épargné est tué par la guerre
Leur paix est une guerre qui prépare le terrain au massacre.
Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre,
Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.

 

Ce que la paix a épargné est tué par la guerre
Leur paix est une guerre qui prépare le terrain au massacre.
Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre,
Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.

 

 

PAIX ET GUERRE : LÉGENDES D'EN HAUT

 

Le texte du poème de Brecht dont le Kalashnikov se sont inspirés :
Tiré de « Svendborger Gedichte » (« Poésies de Svendborg »), le premier recueil de poèmes que Brecht écrivit en exil, publié en 1939.

Poème allemand de Bertolt Brecht : Die Oberen Sagen: Friede Und Krieg – 1939

 

 

 

Elles sont de matières différentes.
Mais leur paix et leur guerre
Sont comme le vent et un orage.


Elle surgit de leur paix, la guerre
Comme le fils de la mère.
Elle emporte
Leurs trains terribles.

 


Leur guerre tue
Ce que leur paix
A laissé.

CECI EST LA PAIX,  CECI EST LA GUERRE, DIT-IL.
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Marco Valdo M.I.
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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 20:17

Rétractation

 

Canzone française – Rétractation – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 9

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 

 

 

Galilée explique sa conception...

 

 

 

 

 

 

 

Sais-tu, mon ami Lucien l'âne, ce qu'est une rétractation ?

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, ou tu me prends pour un ignare ou c'est une figure rhétorique, une façon d'introduire la chose... J'espère pour nos relations que c'est la deuxième de ces suggestions que tu as en tête. J'ai beau être bête comme un âne, de la rétractation, j'en ai entendu parlé et souvent, tu peux en être persuadé. Aurais-tu oublié qui je suis et d'où je viens ? Je sais évidemment que non et que donc, je conclus logiquement, que c'était manière d'introduire la canzone que cette question idiote.

 

 

De fait, de fait. Mais néanmoins, car tu n'es pas le seul en cause, je m'en vais situer la rétractation en général et celle dont parle la canzone en particulier. En somme, la rétractation – en général – peut se résumer comme suit : « Je retire ce que j'ai dit », ce qui fut une déclaration mémorable d'un Premier Ministre belge face à la colère qu'avait déclenchée une de ses précédents déclarations où, lors d'une grève des médecins, il avait évoqué le film « Le temps des Assassins ». Passons, revenons à la rétractation elle-même. Je veux dire à la canzone.

 

 

Oui, oui, bonne idée, Marco Valdo M.I. mon ami, excellente idée. J'ai hâte de savoir de quoi elle cause, cette canzone.

 

 

Il s'agit bien sûr de ce que arrive à notre ami Adam et de ce qui découle de son étrange pouvoir de se tenir debout, assis ou couché au plafond. Et plus encore, du fait qu'il a ainsi tout simplement transgresser la loi de la gravitation universelle ou de façon plus imagée, une conviction bien établie et tu le sais, les convictions bien établies comme les lois de la nature sont intangibles… Il a affolé les autorités – toutes les autorités : politiques, scientifiques, religieuses. On a donc , en haut lieu, imaginé une solution ; faire déclarer à Adam que tout cela était faux, qu'il n'est jamais monté au plafond, que la loi reste la loi... Bref, de faire une rétractation.

 

 

Oh, dit Lucien l'âne en riant, je vois de quoi il s'agit. L'idée n'est pas mauvaise ; c'est moins brutal que de le faire disparaître en l'enfermant, en le pendant, en le fusillant, en l'écartelant ou en l’empoisonnant... Que sais-je moi ? Il y a mille manières qui ont été attestées dans l'Histoire et pour ce que j'en sais, on en a brûlé pour moins que ça.

 

 

 

Ainsi, Adam, encore une fois, croise le destin de Galilée et de bien d'autres qui durent eux-aussi pratiquer la rétractation. Curieux procédé en vérité qui se pratique généralement devant un tribunal – dans le cas de Galilée, celui de la Sainte Inquisition. Heureusement, si on peut dire, avec le temps elle était devenue de plus en plus une déclaration formelle et pour autant que le rétractaire continue à taire sa vraie conviction, on le laissait relativement tranquille. Pour ce qui est d'Adam, il devra lire une déclaration, rédigée par le directeur, devant une assemblée... Sa rétractation.

 

 

Cela étant, comme je te l'ai dit, je suis très curieux des vicissitudes qui surviennent dans la vie de notre ami Adam... Alors, place à la chanson ! Quant à nous, il nous faut poursuivre notre tâche et de tisser sans discontinuer le linceul de ce monde inquisiteur, punisseur, branlant et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Le bruit courait qu'Adam

Ne pourrait plus enseigner.

Les bruits disaient : Adam

Devra se désavouer.

Le directeur dit : Adam,

Il faut vous rétracter ;

Sinon, voyez-vous, Adam,

Il me faudra vous sanctionner.

Car, à cause de vous, Adam,

L'ordre public est menacé.

De votre faute, Adam,

La jeunesse est en danger.

De votre chef, Adam,

Le monde a perdu sa tranquillité.

Je vous ordonne, Adam,

Je vous somme de vous rétracter.

 

 

Tout le monde vous attend, Adam.

Voici le discours que vous lirez.

Quand faut y aller, Adam,

Il n'y a pas à hésiter.

Il tremble de la tête aux pieds, Adam.

Il s'attend au pire,

Il ferme les yeux, Adam ;

Il inspire, il soupire, il transpire.

L'heure est venue, Adam,

Ce n'est pas le moment de flancher ;

Ce n'est pas un cauchemar, Adam,

C'est la réalité.

Ouvre les yeux, Adam ;

Ouvre la bouche pour ânonner

Ta rétractation, Adam.

Soudain, ce discours imposé

Se désintègre et Adam

E pur si muove..., hop, envolé

Au plafond, Adam, Adam ;

Adam ne s'est pas rétracté.

Plus de rétractation !

Adam rit, rit Adam

Au plafond, debout au plafond.

 

 
Rétractation
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Marco Valdo M.I.
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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 07:47

HITLER BAVE

 

Version française – HITLER BAVE – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi d'une

Chanson maori – Hitara waha huka – Tuini Ngawai – 1943

 

 

 


Il n'y a pas très longtemps, nous avions proposé (dans les Chansons contre la Guerre) la chanson, The Gold in Africa de Neville Marcano « The Tiger » provenant de Trinidad et Tobago : un calypso composé à l'époque de l'agression fasciste italienne contre l'Éthiopie, chanson tournée expressément contre Benito Mussolini. Une authentique particularité qu'aujourd'hui nous répétons en poussant encore plus loin : dans l'antipodale Aotearoa, à savoir le nom avec lequel le peuple Maori désigne sa terre, la Nouvelle Zélande. Nous le faisons avec cette chanson du plus grand chantre moderne Maori, Tuini Ngawai, qui en 1943 composa dans sa langue cette « waiata » qui se moquait de Hitler et Mussolini. Il faut à ce point faire un petit point à propos de la langue Maori, qui a une phonétique déconcertante et simple : très riche de voyelles brèves et longues (qui donnent son rythme particulièrement harmonieux), possède seulement treize consonnes. Des consonnes communes comme « s » et « l » sont entièrement des absentes du Maori, qui doit donc pourvoir comme il peut ; des indiens pour lesquels « Hitler » devient « Hitara », et Mussolini « Mahurini ». Ceci dit, laissons Tuini Ngawai et la manière par laquelle même chez les Maoris était ridiculisé le gros pansu de Predappio ; la waiata fut exécutée pour la première fois en 1943, précisément pendant qu'aux antipodes « Mahurini » réduisait l'Italie à un monceau de décombres et à des morts, par un chœur d'enfants à Ngati Porou. Le texte et la traduction anglaise sont repris de New Zealand Folk Song. [RV]

 

 

 

« Cette chanson se moquant de Hitler et de Mussolini fut chantée la première fois par des enfants de Ngati Porou exécutant chez le Ngarimu VC Hui en 1943 »


« En 1940-41 - 42,  des milliers de Néo-zélandais étaient en Afrique du Nord combattant les armées de l'Allemagne et de l'Italie, emmenées par Adolf Hitler et Benito Mussolini.

Le plan d'Hitler avait été d'entrer par l'est d'Allemagne en Russie et puis au sud pour prendre les gisements de pétrole persans, alors que l'armée italienne se déplaçait du sud de l'Italie en Afrique du Nord et devait prendre le canal de Suez. Alors utilisant cette route et les approvisionnements énormes de pétrole persans, ils traverseraient l'Inde et rejoindraient l'armée japonaise en Birmanie.

Mais ici en 1943, quand cette chanson fut chantée, les Italiens avaient déjà abandonné le combat et les forces terrestres de l'Allemagne qui étaient intervenues en Afrique du Nord pour les aider étaient en retrait. Ils avaient été repoussés en Italie du Nord près de Rome par la 8ème armée britannique qui a inclus le Bataillon Maori dans ses rangs de première ligne. – NZ Folk Song (Chanson folklorique de Nouvelle-Zélande).

 

 

 

Les Augustes : Benito et Adolf

 

 

 

 

 

 

 

HITLER BAVE

Hitler a l'écume à la bouche, ce cochon !
Il continue le combat et ne se rend pas,
En Russie, ils ne rigolent pas !
Ils lui ont foutu une de ces raclées à ce con !

Frappe à droite, frappe à gauche

Enfonce ta hache dans sa tête !
Dessus, cogne, fils, casse-lui la mâchoire
À ce putain d'enculé de Hitler !

À Rome, Mussolini a senti
Tout proche de lui , notre bataillon Maori !
Allons, pressons ! Il ne peut nous échapper,
Il a peur... On voit son cul trembloter !

 

HITLER BAVE
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Marco Valdo M.I.
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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 13:56

Schefferville, le dernier train

Chanson québécoise de langue française – Schefferville, le dernier train – Michel Rivard – 1983

 

 

 

 

Schefferville - la mine - 1980
2014 - il reste 213 habitants

 

 

 

 

 

Comme, Lucien l'âne mon ami, comme tu disais l'autre jour en commentaire à une autre chanson : « « Pensez-vous que ne voulons pas rester ?
Ici nous sommes nés et ici nous voudrions vivre. »...
On dit et on pense la même chose dans le grand Nord québécois... »

 

Je m'en souviens bien, c'était une chanson de Calabre ; un coin situé on ne peut plus au Sud de l'Italie. C'était « Si dìcie c'all'Italia avim' a libbertà » [[47870]]. Tu l'avais traduite, d'ailleurs. Ce qui devait bien donner comme titre : « ON DIT QU'EN ITALIE NOUS AVONS LA LIBERTÉ ».

 

Et toi, mon ami l'âne Lucien, tu voulais qu'on mette ici la chanson de Michel Rivard : Schefferville, le dernier train ... La voici. On y découvrira qu'au nord, au Grand Nord, comme au Sud, au grand Sud, c'est partout pareil, c'est toujours la même chose, comme disait le hérisson qui piquait... Partout la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres a les mêmes conséquences : une sorte de ruée vers l'or (le fer, le cuivre, le charbon, la lignite, le pétrole, l'uranium...) où toutes formes de production et d'exploitation sont rageusement développées et puis, quand le filon s'épuise... On jette tout et les profiteurs s'en vont recommencer leurs manigances ailleurs ; alors, dans un vague désert de ruines, restent à survivre comme ils le peuvent les désenchantés... qu'on avait déracinés pour les planter là...

 

En effet, au Nord, au Sud, à l'Ouest, à l'Est, partout sur la planète et demain (si on n'y met pas fin à cette foutue Guerre de Cent Mille Ans qui, ainsi que le faisait remarquer George Orwell, se camoufle en paix...) partout dans l'espace, on nous fait toujours le coup du prince charmant, ainsi que le raconte le hérisson qui piquait... Dès lors, reprenons notre tâche sempiternelle et tissons tranquilles, tranquilles (dans ce marathon, l'essentiel c'est de tenir, résister... Ora e sempre : resistenza !, y compris dans le Grand Nord, le Grand Sud, le Grand Ouest, le Grand Est...) le linceul de ce vieux monde profiteur, exploiteur, auto-destructeur, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Il n’y a plus rien au Roxy
Depuis quelques mois
Y’a de la neige dans la porte
Du vieux cinéma
Dans la rue un chien jappe
Et se prend pour un loup
La nuit tombe sur la ville
Qui m’a donné le jour

A la brasserie ça chante
Plus fort que d’habitude
Pour la fête à Johnny
Qui s’en retourne dans le sud
Mais le sud de Schefferville
C’est pas la Jamaïque
C’est Québec ou Matane
Ou le Nouveau-Brunswick

En novembre passé
Ils ont fermé la mine
J’ai vu pleurer mon père
Sur la table de cuisine

C’était pas tant de perdre
Une job assurée
Que de voir s’évanouir le rêve
De trente années

Quand je suis venu au monde
Ils étaient jeunes mariés
Venus trouver l’amour
Et la prospérité
Dans une ville inventée
Par une grosse compagnie
En plein nord, en plein froid
Et en plein paradis

Aujourd’hui ça m’fait mal
De voir tout le monde partir
C’est icitte que j’suis né
C’est là que j’veux mourir
Avec une caisse de douze
Une aurore boréale
Et la femme de ma vie
Couchés sous les étoiles

J’ai passé ma jeunesse
A  prendre les bois
A la chasse à la pêche
A boire avec les gars
Un skidoo ent’les jambes
et l’orgueil dans le coeur
Je suis devenu un homme
Et j’ai connu la peur

Sur les traces de mon père
J’suis parti travailler
Et la mine de fer
Est devenue réalité
Comme l’amour de ma femme
Et la chaleur de mon foyer
Et la peur de m’faire prendre
Tout ce que j’ai gagné

Aujourd’hui ça m’fait mal
De voir tout le monde partir
C’est icitte que j’suis né
C’est là que j’veux mourir
Avec une caisse de douze
Une aurore boréale
Et la femme de ma vie
Couchés sous les étoiles
Couchés sous les étoiles

Et au bout de la ligne
C’est l’histoire qui décide
Si le poids de nos rêves
Nous entraîne dans le vide
Je suis monté à pied
Sur la côte du radar
J’ai vu mourir ma ville
Sous le soleil du nord

C’est pas moi qui peut changer
Le cours de la vie
Si y’a personne qui reste
J’vas partir moi aussi

Mais c’est moi qui veut fermer
Les lumières de ma ville
Lorsque le dernier train
Partira pour Sept-Iles
Lorsque le dernier train
Partira pour Sept-Iles

 

 
Schefferville, le dernier train
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Marco Valdo M.I.
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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 13:55

La Ballade d'Hoboken

Chanson française – La Ballade d'Hoboken – Claude Semal – 1977

 

 

 

Chanson écrite et composée par Claude Semal en 1977, "La ballade d'Hoboken " (Hoboken est une commune industrielle proche d'Anvers), est une chanson, qui dénonce la pollution par le plomb diffusée par l'usine d'Hoboken de l'entreprise belge de métaux Métallurgie Hoboken. Cette chanson fut « traduite en justice » en même temps que son auteur et interprète pour "diffamation". Ils seront acquittés.

 

 

Pour mieux connaître les chansons et le chanteur : http://users.skynet.be/selkirk/semal/chansons.htm – toutes les chansons de Claude Semal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la banlieue d’Anvers près du chantier naval
Un enfant m’a montré à côté du canal
Des cages sans oiseaux et des fleurs sans pétale
Voici l’histoire vraie de ce fait peu banal
Sous un ciel gris de plomb les enfants couraient
Oh ! l’air était si lourd le vent soufflait si frais
C’est un étrange orage qui se préparait
Dans le ciel au-dessus de Métallurgie-Hoboken

La Métallurgie produit des métaux sans fer
2.000 travailleurs y gagnent leur salaire
Mais sur les capitaux règne majoritaire
L’or de la Générale et de l’Union Minière
A plus d’un kilomètre tombe sur les jardins
La poussière du zinc, du cuivre, de l’étain
A plus d’un kilomètre tombe sur les maisons
la poussière du plomb de Métallurgie-Hoboken

Avril 73 on découvre dans un champ
Huit vaches et deux chevaux morts d’empoisonnement
On trouve assez de plomb incrusté dans leurs dents
Pour remplir les crayons de tout un parlement
Sous un soleil de plomb les enfants couraient
Le soleil était si chaud le sol était si près
Est-ce bien la chaleur qui les fait transpirer
La nuit dans le quartier de Métallurgie-Hoboken

Après ces incidents un comité d’habitants
D’Hoboken: ouvriers, employés, paysans
Découvrent en colère que depuis 20 ans
l’usine crache dans les airs 200 tonnes de plomb par an
Croyez -vous après ça qu’on va filtrer les tuyaux
Monter la cheminée, c’est déjà bien trop beau
25 mètres de briques pour polluer d’un peu plus haut
Voilà le seul cadeau de Métallurgie-Hoboken

Voilà le seul cadeau d’un patron capital
Le premier patron belge du secteur métal
Quand on a tant de fric, après tout c’est normal
Qu’on puisse assassiner pour raison commerciale
Du plomb dans le sang plus de cent enfants
Couchés à l’hôpital sont touchés par le mal
Mais les juges d’Antwerpen trouvant ça normal
Acquittent au tribunal la Métallurgie-Hoboken

D’un sommeil de plomb, dormez les enfants
Vous semblez si petits, lorsque vous serez grands
Nous serons des milliers pour faire sauter les plombs
Des barreaux des Barons de Métallurgie-Hoboken

 

 

 

La Ballade d'Hoboken
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Marco Valdo M.I.
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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 14:43

La marche à suivre

 

Chanson française – La marche à suivre – C. Aloïsio - JC Watrin - 1978

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Claude Watrin

 

L'auteur compositeur et interprète belge Jean-Claude Watrin est né (1951) et réside à Saint-Mard, petit village gaumais de la province du Luxembourg (quelque part en Wallonie).

Il a sillonné les routes de Gaume et de Belgique avec ses amis musiciens pour interpréter ses propres textes ainsi que ceux de ses amis Claude Raucy, Joseph Collignon

En 1977, il participe au Festival du Temps des Cerises à Floreffe. En 1978, il participe à l'album collectif
Survivre à Couvin (contribution de plusieurs chanteurs à la lutte contre le barrage de l'Eau Noire). Son 1er album Chansons pour la Gaume paraît la même année. Il y interprète, en patois gaumais ou en français, des chansons de révolte (La marche à suivre, El Mimile et les èlections, Prenez le chemin des bois, Tchantans, tchantans, Chant de revendication) ou dépeignant la Gaume et ses habitants (La maîtresse dè Dampicou, El piquet, Tango de Champenois).

Suivent les albums
L'ouvrier du chapeau (80) avec La mauvaise étiquette, adaptation d'un titre de Brassens, Marie-Hélène (81), Hôtel (85), Rendez-vous (89) et Le chemin des bois.

 

On m'a signalé et j'ai promis de faire suivre... Alors, voilà, je fais ce que j'ai dit...

 

Évidemment, Lucien l'âne mon ami, je sais bien que tu es du genre « Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis » et je sais comme toi que ce n'est pas le cas de tout le monde... Loin de là... Moi, par exemple, je promets mille choses et je n'en tiens que très peu... Mais ce n'est pas de la mauvaise volonté, je ne suis qu'un homme moi, je fais ce que je peux... et comme je ne veux mécontenter personne... Je mécontente presque tout le monde... cela dit, qui est cet « on » qui t'a envoyé cette chanson ? Ce serait bien de le faire connaître...

 

D'accord, j'ai eu tort... Voici le message que j'ai reçu :

« Etes-vous intéressé par des chansons rares de lutte, de contestation, de résistance, de dénonciation... même si pas explicitement contre la ou les guerres?

Je vous livre celle-ci, déjà, en apéro: Jean-Claude Watrin « La marche à suivre ».http://www.bide-et-musique.com/song/.html.

 

Bonne audition.

Merci.

Jacques. »

 

 

 

 

Dès lors voilà, un nouveau chanteur en langue française... je dis ça, car il n'est pas Français, il est Wallon et plus encore, il est Gaumais. Une drôle de bande, les Gaumais... Des têtes dures comme des pavés... Cela dit, un brave zig, quand même. Enfin, vous lirez sa biographie. Il s'appelle Jean-Claude Watrin ; il a été prof, il a fait d'autres choses, il n'a plus rien fait, il a chanté, il a arrêté de chanter, il a recommencé... Toute une vie... Enfin, tu liras sa biographie. Je suis à l'aise pour dire tout ça, car il ne me connais pas.

 

Lucien l'âne mon ami, c'est à moi cette fois de te demander... Et la chanson dans tout ça ?

 

Certes, certes, j'y viens de ce pas. Pour faire court, il suffira de lire la chanson et éventuellement, de l'écouter (c'est mieux pour l'interprète) pour en apprécier la qualité... il s'agit d'une chanson sur le travail, d'une chanson contre le travail... Bref, une chanson qui se place dans le droit fil des chansons contre la guerre... Contre la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de multiplier leurs bénéfices, d'étendre leur domination, de renforcer l'exploitation, de faire croître leurs richesses... Mais reprenons, veux-tu, car il y faut y mettre la main chaque jour, notre tâche et tissons, tels les Canuts, le linceul de ce vieux monde oppressant, oppresseur, tuant, tueur, exploitant, exploiteur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 


Si tu as dix-sept ans
Et qu't'as besoin d'argent
Pendant à peine trois mois
J'ai travaillé dur à
L'usine Levi's d'Arlon
Fabrique à pantalons

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


A l'heure de la sonnette
Il est sept heures quarante
Les poches et les braguettes
Sont déjà en attente
Si tu ouvres la bouche
Pour parler du beau temps
Une contredame débouche
Avec ses arguments

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


On t'met un peu d'Clo-Clo
Du Sheila, du Ringo
Pour faire passer l'idée
Que l'travail n'est pas gai
Si tu demandes du Brel
On t'traite d'intellectuelle
On te r'met du musette
Du brouillard plein la tête

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


A dix heures c'est la pose
Alors tu te reposes
Le temps d'une cigarette
Dix heures à dix heures sept
Et puis ça recommence
Faut tenir la cadence
Les sermons du patron
Poussent à la production

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


Midi c'est l'heure du pain
Du fromage dans la flûte
Et dans dix-sept minutes
Tu reprends le turbin
Juste le temps tu as
D'te priver d'une tartine
Pour tirer deux trois fois
Sur l'mégot d'la copine

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment

 


Si tu veux faire pipi
On t'suit chrono en main
Trois minutes le matin
Et trois l'après-midi
Si tu tombes dans les pommes
Comme moi un beau jour
T'as vingt minutes de bonnes
Pour te remettre au jour

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


Deux heures trente c'est la pose
Alors tu te reposes
Le temps d'une cigarette
Jusque à deux heures trente sept
Et puis ça recommence
Pour la dernière fois
Quatre heure vingt ça sera
L'heure de la délivrance

Du matin jusque au soir
C'est toujours le même geste
Et si tu manifestes
Gare au licenciement
Du matin jusque au soir
Dans le bruit des machines
Tu dois courber l'échine
Sans faire de sentiment


Puis tu t'mets à penser
A tous ces ouvriers
Qui au bout d'la journée
Parlent de se révolter
Plus d'patron plus d'cadences
Plus d'travail à la chaîne
Il faut rompre le silence
Et tous briser nos chaînes

La marche à suivre
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Marco Valdo M.I.
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