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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 20:22

LE BAL D'AURÉLIEN

 

Version française – LE BAL D'AURÉLIEN – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Il ballo di Aureliano Modena City Ramblers - 1997

 

 

 

 

 

NESTOR CARTOLINI

 

 

Dédiée à Nestor Cartolini, commandant du « TupacAmaru », groupe de guérilla guévariste du Pérou.


Alberto Cottica explique : « Un certain Fujimori, d'origine japonaise mais né au Pérou, fut élu démocratiquement Président ; un beau jour, il décide de suspendre pour une durée indéterminé les élections et réalise une espèce d'auto-coup d'état. Il est le président et il gouverne. Il gouverne un peu bien et un peu mal. M. Cartolini pense qu'il gouverne plus mal que bien, et en ne trouvant pas une manière civile et démocratique pour protester vu que M. Fujimori contrôle aussi tant de « belles affaires », il décide d'occuper l'ambassade japonaise pendant une réception où il y a les diplomates de tout le monde. On les retient sans aucune violence, en libérant un peu à la fois pendant qu'ils cherchent une négociation avec les autorités péruviennes. Cette situation dure pendant environ un mois jusqu'à ce qu'un groupe spécialisé de commandos fait irruption et tue tous les guérilleros, Cartolini compris.

« Le bal d'Aurélien » raconte comment on peut arriver à un geste extrême quand on se trouve dans une situation extrême, sans juger, en cherchant à comprendre… »

 


Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

On peut m'appeler partisan, bandit ou bien illuminé
Soldat d'une guerre perdue avant de commencer
Je suis la conscience sale, je suis un vieux paysan
Je suis l'ortie dans ton jardin, je suis l'indien, le mendiant,
Mes camarades sont déjà morts ou pourrissent en prison
Pourtant, je suis encore ici à crier au monde entier
« Vive la révolution ! » .

 

Les années passent, les mythes vieillissent, les murs s'écroulent.
Les drapeaux d'autrefois sont pendus dans les stades.
Les Japonais et les gringos font des affaires.
Tout maintenant est vendu aux multinationales.
Avec ces dollars, les Généraux organisent la répression.
Et nous, nous sommes encore ici à crier à la cantonade :
« Vive la révolution ! »


Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

 

Avec une entaille à la tête, dans les villages je suis allé
Beaucoup de maisons se sont ouvertes, de nombreuses fois on a rappelé
La légende de Paddy Garcia, de celui qui ne cesse de rêver
Dans l'utopie de la révolte et n'est pas fatigué de lutter
Pour celui qui s'unit est la victoire ou le peloton d'exécution
Pourtant nous sommes encore ici à crier au monde entier
« Vive la révolution ! »

 

Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

 

Maintenant tu peux m'appeler Aurélien, Don Quichotte ou Pancho Villa
Je suis un feu encore vif, je suis le hurlement de la guérilla
Je ne combats pas les moulins à vent et l'ennemi est devant moi
Ce soir j'offre un bal au monde entier
Les cloches donnent le signal, tout autour c'est la confusion
À présent au monde, je peux hurler
« Maintenant et toujours : Vive la révolution ! »

 

Ce soir dans la rue résonne mon tambour.

 

 

 

LE BAL D'AURÉLIEN
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Marco Valdo M.I.
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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 21:21

PÂTES NOIRES

 

Version française – PÂTES NOIRES – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Pasta nera – Modena City Ramblers – 2013

 

 

 

« Rien de nouveau sur le front occidental » est un double album des Modena City Ramblers, le treizième de leur carrière.Les dix-huit les chansons contenues dans l'album ont été écrites, arrangées et produites par les Modena City Ramblers.

Face A: Niente di nuovo: Niente di nuovo sul fronte occidentale - Occupy World Street - È primavera - C'era Una Volta - La Guèra D'L Baròt - Pasta nera - Fiori d'Arancio e Baci di Caffè - La luna di Ferrara- Beppe e Tore
Face B: Sul fronte occidentale: Il Violino di Luigi - Due magliette rosse - Tarantella Tarantò - La Strage delle fonderie - Afro - Kingstown Regatta - Il giorno che il cielo cadde su Bologna - Nostra Signora dei Depistati - Briciole e spine

 

Entre 1945 et 1952, plus de 70.000 enfants du Sud (de l'Italie) plus mal en point, furent reçus temporairement par des familles du Centre-Nord. Ces enfants prirent ces années-là le premier train de leur vie pour laisser derrière eux, la pauvreté et les décombres de l'après-guerre et vivre une expérience que jamais plus ils n'oublieraient. « Pâtes Noires » rapporte un des meilleurs exemples de solidarité et d’esprit unitaire dans l'histoire de notre Pays.

 

Les pâtes noires étaient faites de ces très peu de grains de blé brûlés qui restaient à terre après la récolte ; les pauvres les disputaient aux animaux ; pour les gens misérables, c'était la dernière ressource pour se nourrir. La découverte d'une alimentation de pure subsistance est l'aspect qui peut-être est resté le plus marqué dans la mémoire des enfants après le voyage, et le contraste avec la texture immaculée des tagliatelles d'Émilie est devenu un peu le symbole des pâtes noires, le souvenir de la misère laissée derrière soi.

 

 



Sur les trains du bétail, les enfants partent aujourd'hui ,
Sur les trains d'Émilie, un enfant par famille.
Il y a la fête, les chants et puis, les drapeaux rouges,
Le tricolore et un train qui unissent le pays.

 

De Naples, de Rome, pour Modène ou pour Reggio,
Ne s'ouvrent pas les villas abandonnées par les riches
Mais le cœur et les maisons des travailleurs honnêtes
Accueillent ces enfants expédiés dans les wagons à bestiaux.

 

Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !

 

Attention en Alta Italia, on mange les enfants,
Mais la faim fait plus peur encore, une légende

Ne peut arrêter cette nouvelle révolution, une Italie à recoudre,
Le sud n'est plus qu'un point cardinal, maintenant.

 

Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !

Ils sont noirs les grains de blé brûlés par les rayons du soleil,
Tombés à terre pendant la moisson en temps de récolte, arrachés de l'épi, laissés ainsi,
Comme la guerre qui écrase et qui laisse là.

 

Imagine quelle nuit, les visages aux fenêtres,
Les enfants rient jouent hurlent.
Maintenant sur les rails voyage l'espérance,
Maintenant sur les rails arrive la conscience.


Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !


Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !


Les pâtes noires sont là

Pour les pauvres,
Pour les humbles,
Pour qui n'est pas l'État.
Ce sont des pâtes noires

 

Car où on mange à six,
On mange à sept aussi !

PÂTES NOIRES
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Marco Valdo M.I.
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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 20:56

C'EST LE PRINTEMPS

Version française – C'EST LE PRINTEMPS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – È primavera – Modena City Ramblers – 2013

 


 

Printemps arabes ?
Auto - Théo - Démo ?





Avant de parler de la chanson elle-même, avais-tu remarqué, Lucien l'âne mon ami, que l'album d'où elle est tirée porte un titre (Niente di nuovo sul fronte occidentale : Rien de nouveau sur le front occidental) qui semble inspiré du titre d'un roman d'un des personnages-clés de nos Histoires d'Allemagne, l'écrivain Erich Maria Remarque qui écrivit « À l'Ouest, rien de nouveau »... Je dis ça, car cette Guerre-là commençait il y a tout juste cent ans... Maintenant, la chanson s'intitule «È primavera », que j'ai traduit par « C'est le printemps »... Elle parle du Printemps arabe... Le printemps arabe ? Selon Wiki, en langue française, l'origine du terme « printemps arabe » renverrait aux épisodes relativement comparables que connut l’Europe en 1848. On sait ce qui s'en suivit...

 

 

En effet, le siècle suivant connut mille bouleversements... Pour le printemps arabe, on est, à peine, quelques années plus tard et il me semble que la rose et le jasmin ont des parentés … comme du reste l'avait bien vu les Chanson+bifluorée, dans leur version de l'Internationale.

 

« C´est la lutte finale
O gué vive la rose
Groupons nous et demain
O gué vive la rose
Car l´Internationale
Vive la rose et le lilas
Sera le genre humain
Vive la rose et le jasmin ! »

 

 

En effet, mon cher ami Lucien l'âne, ce jasmin a de fortes parentés avec la rose et sans doute connaît-il le destin de la rose, tel que l'entrevit François de Malherbe dès 1598, dans sa Consolation à Monsieur Du Périer.  :

 

« Mais elle était du monde où les plus belles choses
    Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin. »

 

 

C'est toujours ainsi jusqu'à présent dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour conserver leur domination, pour assurer leur pouvoir, pour protéger et accroître leurs richesses, pour imposer à jamais le droit d'exploiter, de tout exploiter : les choses, les situations, les peuples, les hommes, les femmes, les enfants, les animaux, les plantes, la planète entière... Et ils le font avec une rude opiniâtreté, en toute conscience de leur violence, sans aucun regret et leur peur de perdre tout ça est telle qu'ils sont capables d'être doucereux quand il le faut, de s'accorder d'une paix et d'un partage, mais comme dit le loup au Petit Chaperon Rouge : « C'est pour mieux te manger, mon enfant ! » et ce qui a finalement leur préférence, de manier bien vite le bâton en lieu et place de la carotte. Et c'est ce qui s'est passé bien souvent... Mais la force des pauvres, c'est leur infinie patience et leur absence d'envie... Ils savent, comme nous les ânes, que l'essentiel de la vie, le sens de la vie : c'est de vivre. Grains de sable recouverts par la vague aux destins calmes ou chahutés... Il n'empêche que notre tâche minuscule – à notre taille, en somme – est de tisser le linceul de ce vieux monde sournois, amer, âcre, âpre, aboulique, avide, arrogant, ambitieux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le printemps revient, c'est le printemps,
Mille et un récits portés par un vent sévère
C'est le printemps, à nouveau le printemps,
Le jasmin naît au cœur du désert !

 

Au fourreau l'épée, le mot est plus fort,
Il est sang, mémoire, rythme, énergie,
Sur les ailes du vent, il est chant de vie,
Voix qui élève les cœurs confus encore.

 

Il ouvre les esprits, appelle au rassemblement,
Mémoire, conte, poésie, lumière,
C'est le printemps, le printemps,
Mille et un récits portés par le vent.
C'est le printemps, encore le printemps,
Le jasmin naît au cœur du désert !

 

La vie est souffle, souffle est le mot,
Cœur, flèches, caresse rebelle,
C'est une prière qui ébranle le destin,
Un baiser de lumière à l'heure la plus sombre,
Le marteau qui vole et casse les chaînes,
Le réseau qui s'étend au-delà des frontières.
À Sidi Bouzid, le printemps
Place Tahrir, le printemps
À Bayt Al Qasyd, le printemps,
Dans les champs de Gaza, viendra le printemps !

 


C'est le printemps, revient le printemps,
Mille et un accords portés par le vent
C'est le printemps à nouveau le printemps,
Naît un jasmin au cœur du désert
C'est le printemps, revient le printemps,
Mille et un contes portés par le vent
Naît un jasmin au cœur du désert
C'est le printemps, revient le printemps.

C'EST LE PRINTEMPS
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Marco Valdo M.I.
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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 16:03

LE SOLDAT FATIGUÉ

 

 

 

Version française – LE SOLDAT FATIGUÉ – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande - Der müde Soldat – Felicitas Kukuck – 1996

 

 

Poème de Klabund [1919]
Musique de Felicitas Kukuck [1996]



C'est le poème qui donne son titre au cycle de « Lieder gegen den Krieg » (Chansons contre la guerre) que Felicitas Kukuck mit en musique en 1996. Klabund (pseudonyme du poète Alfred Henschke, 1890-1928), l'écrivit en faisant semblant qu'il s'agissait d'une traduction du chinois, ou peut-être sous la précise influence des poésies chinoises qu'il traduisait en allemand. Elle fait partie du drame pacifiste Der Kreidekreis (« Le cercle de craie », 1919, qui par la suite inspira Bertolt Brecht pour Der kaukasische Kreidekreis (« Le cercle de craie caucasien »). Klabund, au début de la guerre fervent interventionniste (écrivit même ballades patriotiques et militaristes), au cours d'une de ses fréquentes hospitalisations en sanatorium, en 1916 (était tombé malade de tuberculose depuis l'âge de 16 ans), se convertit au pacifisme radical en écrivant en 1917 une lettre au Kaiser Gugliemo II pour l'inviter à abdiquer. Devînt communiste et partisan de la République des Conseils (Räterepublik) de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht.

 

 

 

 

Sous les arbres, je m'étends ;

Je ne veux plus être soldat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiré du chinois.

 

 

Une fille dénudée. Haie blanche déboisée.
Debout sur le chemin. Je m'écarte.
Tous sont ainsi : rang par rang
Et pas à pas.


Que sais-je encore des sources sacrées
Et de la tombée du jour au village ?
J'ai mille couteaux dans le flanc
Et tant de fatigue de tant de trépas.

 

Les yeux des enfants sont comme une pluie dorée,
Dans leurs mains, scintille le calice.
Sous les arbres, je m'étends ;
Je ne veux plus être soldat.

 

 

LE SOLDAT FATIGUÉ
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Marco Valdo M.I.
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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 13:40

DANSE MACABRE
 

Version française – DANSE MACABRE – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

D'une chanson tchèque – Danse Macabre - Jaromír Nohavica – 1996


Texte et musique de Jaromír (Jarek) Nohavica
dédiée à
Leonard Cohen

 

 

 

Singulière idée que de faire un chanson avec un titre pareil : « Danse macabre »... Qu'en penses-tu, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. Certains font remonter cette idée de « danse macabre » jusqu’au Moyen-Âge...

 

 

Oh, dit Lucien l'âne, c'est une tradition fort ancienne que ces danses macabres. Tout comme bien des étrangetés, tout comme bien des fêtes bizarres, tout comme des légendes, des contes, des récits, elles existent depuis la plus haute antiquité,au temps de la préhistoire, déjà. Et la chose est assez normale, dès lors qu'il y a un partage du territoire entre les vivants et les morts. Cependant, il est vrai qu'elle a été revivifiée par la peinture, la poésie au cours du Moyen-Âge ; un « revival », une récupération, tout comme on récupérait le personnage de la sorcière bienveillante sous le costume de la Vierge. Et puis, je vais te dire que j'en sais quelque chose, moi qui suis déjà une sorte de mort-vivant, une manière d'être entre les deux : d'un côté, comme mort ; de l'autre, éternel vivant. Mort à moi-même et vivant dans un autre moi. Et tout cela, note-le bien car c'est là le point important, par la faute d'une sorcière, initiée elle-aussi à bien des mystères. Le plus étrange, c'est qu'on pense que je suis devenu âne après avoir été « jeune homme »... C'est exact, mais je vais te confier un secret encore plus étrange, que je n'ai jamais confié à personne et c'est qu'avant d'être ce « jeune homme », qui était mon déguisement pour approcher cette sorcière, j'avais été bien d'autres figures de la danse vitale. Je naissais et mourais sans discontinuer, dans une sorte de «danse macabre - danse vitale alternées», passant sans cesse d'un état à l'autre. Mais aussi cheminant tout au travers du monde; je venais à ce moment de faire un long périple en Asie. En somme, éternel errant.

 

 

Halte-là, Lucien l'âne mon ami, tu nous raconteras ta vie-mort, une autre fois. Cependant, cette chanson ne relève pas de ces « danses macabres », telles qu'elles apparaissaient dans les peintures ou les poésies du Moyen-Âge, ni même dans les danses macabres en musique par Franz Liszt ou par Camille Saint-Saens... D'ailleurs à celles-là, nous reviendrons bientôt. Car ici, ce n'est pas la danse qui est macabre, mais bien la situation qui est macabre... Mais je te laisse découvrir par toi-même...Il y est vraiment question d'aller danser dans un contexte des plus macabres.

 

 

Je compte bien le faire, dit Lucien l'âne et en attendant, reprenons notre tâche – macabre d'une certaine façon, elle aussi – et tissons le linceul de ce vieux monde tremblant, hiératique, macabre et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Par la cheminée, six millions de cœurs se sont envolés,

Mais ce n'est rien, mon amour ; aujourd'hui, excuse-moi,
Avec les paysans dans les joyeux villages, nous irons danser,
Nous nous amuserons, je t'aime… moi.


L'amour est haine, la haine est amour
Le fouet claque, nous partons,
On dirait Ève et Marie avec ta robe rouge de velours

Aujourd'hui, ils me tueront.

Les enfants ont compris, ils regardent mon uniforme,
Le troisième œil est un espace vide sur le nez,
Le Père éternel s'enfile une liqueur balkanique bon marché
L'alcool lui fait toujours cet effet ; après, il faut qu'il dorme.

 

 

 
DANSE MACABRE
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Marco Valdo M.I.
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 20:38

MES BIEN CHERS FRÈRES...

 

Enfin vous voilà !


Version française - MES BIEN CHERS FRÈRES... Enfin vous voilà ! – Marco Valdo M.I. – 2014

d'après la version italienne de Stanislava

d'une

 

Chanson tchèque – Tak vás tu máme (Bratři) – Karel Kryl – 1968

 

 

 

Ryzsard Siwiec (née à Dębica le 7 Mars 1909, mort à Varsovie le 12 septembre 1968) fut la première personne à s'immoler par le feu pour protester contre l'invasion de la Tchècoslovaquie en 1968. Il accomplit ce geste au stade de Varsovie à l'occasion de la fête de la récolte. Bien que son suicide fut repris par une caméra et que tout se fut produit en présence des chefs du parti communiste polonais et de très nombreux spectateurs, son geste n'eut pas d'écho dans les moyens de communication de masse et son nom resta presque méconnu. La presse polonaise n'en fit pas mention et le Parti Communiste Polonais en effaça toute trace. Peu de gens se rendirent compte de ce qu'il avait voulu obtenir par son sacrifice. Seulement après la chute du régime, on lui consacra un film documentaire tourné du réalisateur polonais Maciej Drygas (Usłyszcie mój krzyk – Entendez mon cri) et lui furent conférés des prix tchèque, slovaque et polonais.

 

Merci Krzysztof pour cette contribution ! Il y a quelque temps, je me suis fixé comme objectif d'agrandir un peu la section en langue tchèque de ce site, mais pour l'instant la chose va au ralenti… Honnêtement, il y aurait beaucoup à faire. Parmi tant de chansons que j'avais dans la tête, il y avait aussi celle-ci ici. :)
J'ai vu que dernièrement tu as inséré beaucoup de chansons en polonais. Je connaissais jusqu'à présent trop peu de la musique polonaise en général, c'est donc pour moi une occasion de nouvelles découvertes.
Merci aussi pour la note sur le « prédécesseur » polonais de Jan Palach, je dois admettre que je ne connaissais pas ce fait. Je savais que Palach ne fut pas le seul à accomplir ce geste fatidique mais je n'étais pas au courant qu'il y avait eu des cas même au-delà des frontières. Voilà ce qui se passe lorsque à l'insuffisante diffusion de l'information (souvent voulue et programmée, comme dans ce cas) s'ajoute aussi la barrière linguistique. ! Et ici de barrière linguistique, il n'est même pas licite d'en parler vu que les nôtres sont des « langues sœurs ». Mais souvent je me suis aperçue qu'en dehors de l'aire slave, il existe une énorme difficulté d'interpréter ce monde renfermé à l'intérieur de langues indéchiffrables. Comme du reste, cela se passe pour tant d'autres zones du monde dont les langues ne sont pas parmi les plus connues. Je suis optimiste de par nature et j'ai pu constater que dans le monde entier, il y a pourtant beaucoup de personnes ouvertes aux autres cultures et ce site me semble en être un témoignage des plus clairs, et un excellent point de rencontre. Mais il est plus que compréhensible que, étant donnée la difficulté linguistique, il y ait besoin d'un peu d'aide et collaboration. J'ai dans la tête d'insérer encore différentes chansons en langue tchèque (maintenant on peut dire que j'ai seulement commencé), en racontant un peu aussi leur histoire, et en tentant de les rendre en italien – même si, parfois, elle n'est pas une tâche facile. Pour mettre à disposition certain événement moins connu, quelque fragment d'histoire, des liaisons intertextuelles… Une manière de contribuer… Je ne sais pas à qui peut paraître intéressant ce que je fais, mais de toute façon, ça me plaît de le faire et s'il y a même seulement une personne qui par curiosité lira ce que j'ai écrit, je serai déjà contente. Salut à tous !

Stanislava- 11/9/2013 - 22:58


Et donc vous voilà là, mes frères du sang de Caïn,
Messagers de la nuit qui nous enfoncez un poignard dans le dos,
Vous voilà là, donc, frères, neveux de Staline,
Cependant, pas comme hier, désormais sans les fleurs de lilas.
Eh bien merci pour les colombes de la paix en fer,
Merci pour vos baisers au goût d'amandes amères.
Sur une terre gracieuse, on a assassiné la foi.
Sur le sentier les fruits rouges de l'églantier, en manière de monument aux morts.

 


À vous nos remerciements et nos bras chaleureux
Pour les provocations et pour les tirs contre nos enfants,
Que nos maisons soient vos maisons.
Les cimetières odorant de plomb sont témoins.
Je sais, ce serait une erreur de cracher sur les tombes,
À nous reste l'espoir, nous fûmes et nous serons.
Bien merci à vous, frères agresseurs,
Merci beaucoup, nous n'oublierons jamais,
Nous n'oublierons jamais !

 

MES BIEN CHERS FRÈRES...  Enfin vous voilà !
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Marco Valdo M.I.
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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 22:05

 

Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.



Les Funérailles d'antan

Chanson française - Georges Brassens 1958

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=bwb5k4k2EMc (idem avec texte en espagnol)

 

Et en cadeau : Brassens chez lui :

 

 

 

 

 

J'avais traduit « L'Uomo » de Guccini et il y avait là un relent d'âme pas très ragoutant. Mais j'avais quand même traduit, juste primo parce que c'était Francesco Guccini, ensuite, deuzio, parce que je dois d'abord traduire pour comprendre, troizio, car il y avait une excellente (que dis-je, une superbe... rien que pour elle, j'aurais tout traduit) introduction de Riccardo Venturi et quatrio, car le Guccini m'avait tellement pompé l'air avec son histoire d'âme que j'ai voulu y mettre aussi une petite introduction à ma façon. On ne se refait pas, même si on se réincarne – en âne, par exemple, comme tu en es le plus estimable représentant.

Et puis, cette conclusion du bon Guccini :

« Seulement quelque chose qui s'envole
Dans l'air calme
Et puis s'évanouit,
On ne saura jamais pour où.
jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... », j'y avais répondu à ma manière, celle du mécréant élémentaire, descendant par vocation du célèbre Monsieur de Cro-Magnon, lequel campait en Europe bien avant toute racine de l'âme.

 

 

Cependant, dit Lucien l'âne en riant de plus belle, il y avait déjà à l' époque de Cro-Magnon et même bien avant, et là tu peux le croire sans réserve, ce « quelque chose qui s'envole
Dans l'air calme Et puis s'évanouit, On ne saura jamais pour où. jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... »... Quoi donc ? Les pets et, je te l'assure, ceux de l'ure et l'auroch trouaient à qui mieux mieux la couche d'ozone. Imagine les diplodocus ou les tyrannosaures... Mais quel rapport que tout cela peut bien avoir avec la chanson dont tu veux me tenir le texte et l'interprétation ?

 

 

Bien. Je t'explique. Comme disait Ferré : « On vit, on mange et puis on meurt », voilà le point de contact. On meurt. Généralement, on ne le fait pas exprès, mais peu importe. Et puis, une fois mort, il y en a qui se rengorgent, qui se font porter en terre ou en feu comme des divinités égarées, fiers de leur importance (dès lors passée), rodomontades et compagnie, pleurs, fleurs, couronnes, discours, cortèges... Bref, pompes funèbres à tout va. Évidemment, la chose coûte et cher encore bien. C'est là un des aspects de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres – même déjà morts. Même morts, ils veulent parader, ils veulent imposer. La chose est folle, mais c'est la chose. Elle est folle, elle est ridicule, elle est pédante, elle est arrogante et c'est ce que raconte la chanson. Oh, ce n'est pas n'importe quelle chanson et surtout, ce n'est pas n'importe quel chanteur, auteur, poète ironique... C'est Tonton Georges soi-même qui les chante en rigolant dans ses moustaches ces « Funérailles d'antan ». Et cette merveilleuse approche de la lutte finale : « J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où
Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout. »

 

 

Oui, ben moi aussi... et en plus, elle permet de faire un peu le point sur cette vieille blague qu'est la mort et ce qui s'ensuit. Tu vois, Marco Valdo M.I., mon ami, nous les ânes, on ne fait pas tant d'histoire. On se contente de finir la vie en mourant – comme Boris Vian, qui disait, je cite de mémoire d'âne : « Un mort, c'est complet. C'est terminé. On n'est pas complet tant qu'on n'est pas mort. »  Le fond de l'affaire, c'est la complétude. Après, ce n'est plus notre affaire, peut-être et même certainement, est-ce celle des mouches et des vers. Ou des flammes, maintenant qu'on vous brûle pour que l'on prenne moins de place. Au fait, à partir en fumée, on est des millions, on est des milliards et finalement, on le sera tous quand la Terre explosera... En attendant, occupons-nous de la vie en souriant, en riant même et tissons sans nous en faire le linceul de ce vieux monde prétentieux, superstitieux, religieux, imbécile et décidément, cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain,
De bonne grâce, ils en faisaient profiter les copains.
" Y a un mort à la maison, si le cœur vous en dit,
Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi... "
Mais les vivants aujourd'hui ne sont plus si généreux,
Quand ils possèdent un mort, ils le gardent pour eux.
C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années,
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.

Mais où sont les funérailles d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres.
On ne les reverra plus
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert,
Emportent les trépassés jusqu'au Diable Vauvert.
Les malheureux n'ont même plus le plaisir enfantin
De voir leurs héritiers marrons marcher dans le crottin.
L'autre semaine des salauds, à cent quarante à l'heure,
Vers un cimetière minable emportaient un des leurs,
Quand, sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis,
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

Mais où sont les funérailles d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres.
On ne les reverra plus
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.


Plutôt que d'avoir des obsèques manquant de fioritures,
J'aimerais mieux, tout compte fait, me passer de sépulture,
J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où
Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.
Ô, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil,
L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil,
Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu,
Les gens avaient à cœur de mourir plus haut que leur cul.
Les gens avaient à cœur de mourir plus haut que leur cul.

 

Mais où sont les funérailles d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres.
On ne les reverra plus
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

 
 
 
 
 
 
 

 

 
  Les Funérailles d'antan
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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 20:40

LES EMPERLEUSES

 

Version française – LES EMPERLEUSES – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne (vénitien) – Le ImpiraresseLuisa Ronchini – 1977

D'après la version italienne de Rino De Michele d'une canzone de la seconde moitié du XIXième siècle

 

http://chansonsdumonde.blogspot.com/2014/07/lesemperleuses-versionfrancaise-les.html

 

Chant de lutte recueilli par Luisa Ronchini et publié en 1978 dans le disque « la femme dans la tradition populaire ». Les « impiraresses », les enfileuses de perles vénitiennes, travaillaient à domicile pour le « conterìe », les verreries de Murano. Un travail qui consistait à enfiler des petites perles de verre ou sur des fils de coton spécial, pour être utilisé dans l'habillement (des broderies et des colliers), ou bien sur le fil de fer, pour créer des objets décoratifs. Un métier qui demandait de la patience et de l'adresse et qui aussi était une des activités les moins payées, avec une exploitation de la main-d’œuvre à bas coût qui commençait dès huit ans et se poursuivait jusqu'à un âge tardif.

 

 

 

 

 

Nous sommes les enfileuses de perles
Nous sommes là le cœur plein
Dans nos veines coule
Le feu du sang vénitien.

 

Rien ne nous arrête
Quand nous sommes en colère

Nous sommes des femmes qui emperlons

Et qui emperle a raison

 

Tout le jour, on travaille
Comme des machines vivantes
Entre tromperies et privations
Au milieu de mille humiliations.

 

Nous sommes des filles qui brûlent
Les plus belles années de leur vie
Pour quelques deniers
Qui ne suffisent pas pour manger.

 

Même notre écope peut le dire
Chaque larme que nous faisons
Chaque perle que nous enfilons
Est une goutte de sueur.

 

Pour nous autres pauvres
Il n'y a rien d'autre à faire
Qu'abaisser toujours la tête
Et travailler en silence.


Ils nous maltraitent quand nous sommes silencieuses
Si nous nous plaignons
Nous sommes traitées de voleuses
Et jetées en prison.


Aux patrons qui veulent
Tout pour eux
Avec notre écope, nous défaisons
À leurs dames le chignon .

 

 
LES EMPERLEUSES
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Marco Valdo M.I.
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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 22:24

Communiqués

 

Canzone française – Communiqués – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 8

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 

 

 

Mon ami Lucien l'âne, encore une canzone paradoxale, comme son titre te l'indique : « Communiqués ».

 

 

Eh bien, Marco Valdo M.I. mon ami, rien ne va droit dans cette histoire du Livre Blanc. A-t-on déjà vu une chansons constituée de communiqués ? Car j'imagine que c'est de cela qu'il s'agit...

 

 

En effet, c'est bien de cela qu'il est question : une chanson constituée de communiqués. Comme tu le sais, le communiqué est – dans notre univers médiatique – une forme très particulière de message. Je résume : entre personnes, on converse, on parle, on échange des propos, on communique l'un avec l'autre et réciproquement. C'est d'ailleurs le sens du verbe « communiquer ». Mais, si à ce stade la communication est assez informelle et s'en va au gré des relations entre les personnes et des mots, des idées, des sentiments qu'elles se communiquent, la communication prend d'autres allures quand il s'agit de communication venant d'institutions. Il s'agit de peser les mots et de peser du poids de l'institution sur le monde qui l'environne. On opère alors sur de plus grands nombres de gens. On ne peut laisser la chose au hasard, il s'agit d'une communication qui engage divers responsables et dès lors, elle prend des allures officielles et de ce fait, plus guindées. Ce type de message, cette communication formelle prend la forme du « communiqué ». C'est un texte « ne varietur » qui est diffusé par les moyens les plus appropriés et généralement, les plus étendus.

 

 

Tout cela est fort bien et cependant, je ne vois toujours pas ce que devient dans cette histoire de communiqués notre histoire d'Adam, qui marchait au plafond.

 

 

J'y viens, j'y viens. Évidemment, comme tu le dis, rien ne va droit dans cette affaire. L'aventure d'Adam, le premier homme qui marche au plafond – et pas seulement, il s'y assied, il s'y couche, il y dort … perturbe pas mal de monde et sape les fondements sur lesquels reposent de solides institutions qui ne peuvent dès lors laisser faire les choses sans réagir. Et c'est ainsi qu'on a droit à un communiqué de l'Académie des Sciences, un deuxième du Ministère de l'Éducation et un troisième de la Fédération sportive, sans compter tous les autres qui ne sont pas repris dans la chanson. Je te rappelle qu'on a déjà eu l'opinion du clergé avec Le Jeu du Diable. Je te laisse le plaisir de les découvrir. Mais une dernière réflexion, dans notre société médiatisée où la communication est en quelque sorte une phase de guerre, le communiqué est une arme lourde et plus lourde encore lorsqu'elle vise des personnes. D'ailleurs, la forme la plus achevée du communiqué est sans doute le communiqué de guerre et son double : le communiqué de presse. Le communiqué permet beaucoup de choses et vise avant tout pour l'institution qui l'émet à marquer sa position, désigner son camp et à stigmatiser ses ennemis. Ici, c'est notre Adam qui est au cœur de ce tir de barrage.

 

 

Je l'imaginais bien. Tout comme, j'imagine que ces communiqués rejoignent au panthéon des bêtises tous les communiqués du monde. De toute façon, avec le communiqué, comme on dit chez nous : « Ça ne rigole plus ». Le communiqué, c'est la parole en uniforme... Cela dit, il nous revient de poursuivre notre tâche et de tisser inlassablement le linceul de ce monde médiatique, communicant, institutionnel et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

L'Académie des Sciences communique :

 

L'homme devient le maître de la nature

Il a vu la face cachée de la Lune
Le monde est connaissable

Ses lois sont formulables

Galilée formula l'inertie

Newton formula la gravitation

Einstein formula sa théorie

Ce sont là les conceptions

De l'essor humain vers

Les limites de l'Univers.

 

 

Le Ministère de l'Éducation communique :

 

L'enseignement de la physique

N'est en rien modifié

Le programme des examens n'est pas changé

Enseignants et professeurs de physique

Doivent s'en tenir aux directives

Ils ne peuvent agir d'initiative

En aucune manière,

Sous peine, que la chose soit claire,

De sanctions disciplinaires

Extrêmement sévères.

 

 

La Fédération de l'Éducation Physique et des Sports communique :

 

 

Vive le sport ! Vive le sport ! Vive le sport !

Tous les records de saut en hauteur,

De saut à la perche, de saut en longueur

Et de triple saut restent valables

Les seules performances sportives acceptables

Sont celles réalisées sans intervention

De l'intellect et de la réflexion.

En saut, les nouveaux champions

Devront se soumettre aux tests normalisés

Leur quotient intellectuel ne pourra excéder

Les limites fixées, sous peine de disqualification.

Vive le sport ! Vive le sport ! Vive le sport !

 

 

 

 
Communiqués
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Marco Valdo M.I.
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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 21:38

Le Jeu du Diable

Lettre pastorale à tous les prêtres et fidèles de l’Archevêché

 

 

Canzone française – Le Jeu du Diable – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Le Livre Blanc 7

 

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.

 

 L'archevêque de K

Bien chers frères

Nous vous parlons avec confiance

Nous savons votre chrétienne obéissance

Fondée sur une foi dure comme fer

 

 

Le Jeu du Diable, mon ami Lucien l'âne, est une lettre pastorale. Et sais-tu ce que signifie une lettre pastorale ? J'imagine bien que oui, mais pour que les choses soient bien claires, je préciserai quand même qu'il s'agit d'un message fort envoyé par un évêque ou un archevêque aux fidèles de son diocèse ou de son archevêché – en somme, l'équivalent d'une lettre qu'un maire pourrait envoyer à ses administrés. Mais c'est aussi une lettre comminatoire, une injonction solennelle, une mise en garde, un rappel à l'ordre et l'indication par le pasteur du bon chemin à ses brebis. Elle passe par l'entremise des curés et des officiants des paroisses qui sont priés de la lire en chaire le dimanche et aussi, de la diffuser par toutes voies. En somme, c'est la ligne du parti, c'est la voix de l'orthodoxie. En somme, l'Église prend position et assure ses arrières. Voilà pour la théorie.

 

 

Au moins avec toi, les choses sont claires. Mais, dis-moi Marco Valdo M.I. mon ami, que peut-elle bien raconter cette lettre pastorale ? Et de quel archevêque vient-elle ?

 

 

Pour l'archevêché, la réponse est aisée : de l'archevêché dans lequel se situe la ville de K. On l'appellera pour la facilité du discours, l'archevêché de K et l'archevêque : l'archevêque de K. En fait, l'archevêque de K. intervient vigoureusement d'une part, pour soutenir l'ordre établi mis en danger par ce brave Adam Juracek et ses promenades au plafond et d'autre part, tout débordement hérétique. Imagine un instant que certains croyants y voient un miracle, un signe du ciel et en Adam, je ne sais pas moi, un nouveau messie, un sauveur... Au minimum, un saint... C'est très périlleux pour l'archevêque, car c'est périlleux pour l'Église en général... Et puis, il lui faut encadrer son troupeau et même, donner le « la » à ses curés. La question qui se pose à tous : mais quelle est donc la position de l'Église ? Que faut-il penser ? Qu'est ce qui est conforme et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Et puis, en cas de dérapage, il faudra rendre des comptes en haut lieu... D'où cette lettre pastorale.

 

 

Si je suis bien, il condamne Adam...

 

 

Et pas un peu. Il va même l'accuser de faire le jeu du Diable et ça, c'est sans doute la plus terrible accusation. Du temps de Jean Huss, c'était le bûcher après une multitude de tortures, toutes plus douloureuses et atroces les unes que les autres. En somme, le bûcher, c'était l'ultime récompense, c'était la délivrance... Mais chaque chose en son temps...

 

 

Attendons donc la suite de l'histoire ; je suis même assez curieux de ce qui va advenir. Pour le reste, tissons le linceul de ce vieux monde bigot, clérical, croyant, crédule, superstitieux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Bien chers frères

Nous vous parlons avec confiance

Nous savons votre chrétienne obéissance

Fondée sur une foi dure comme fer

Une foi, mes frères

Due à notre Mère l'Église, à notre Père

Et au Seigneur, notre Sauveur.

Jésus était un grand faiseur

D'incroyables miracles

Il multiplia les poissons et les pains

Et aux mariages, même le vin.

Mais il ne se donnait pas en spectacle.

 

Bien chers frères

Nous vous parlons avec confiance

Nous savons votre chrétienne obéissance

Fondée sur une foi dure comme fer.

Certains, d'autres, inspirés par l'Esprit

Objets des sarcasmes de nos ennemis

Ont rendu le faible fort

Fait voir l'aveugle, entendre le sourd

Marcher le cul-de-jatte, resurgir l'amour

Ils ont même réveillé les morts.

C'étaient des miracles de la foi

Reconnus par l'Église ; c'est la loi.

 

Bien chers frères

Nous vous parlons avec confiance

Nous savons votre chrétienne obéissance

Fondée sur une foi dure comme fer.

Seuls les miracles authentiques sont admis

Nous le réaffirmons solennellement ici

Mais des brebis au cœur endurci

Insensibles à la grâce de Jésus-Christ

Mettent à profit malicieusement

Certain exploit invérifiable

Pour crier au miracle et les inconscients

Font ainsi le jeu du diable.

 

Bien chers frères

Nous vous parlons avec confiance

Nous savons votre chrétienne obéissance

Fondée sur une foi dure comme fer.

Car, mes bien chers frères, marcher au plafond

Ce n'est pas un miracle, c'est une trahison

Qui dépasse toutes les limites

On ne peut laisser faire cette engeance maudite

Il faut dénoncer cet exploit révolutionnaire

C'est une action du Malin, elle doit être interdite

Priez, priez, mes bien chers frères

Allez en paix, la messe est dite.

 

 
Le Jeu du Diable
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Marco Valdo M.I.
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