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27 juin 2024 4 27 /06 /juin /2024 17:06

 

La Belle Endormie

 

Chanson française – La Belle Endormie – Marco Valdo M.I. – 2024
 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 208


 

 

 

 

LA BOHÉMIENNE ENDORMIE

 

Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau - 1897

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

As-tu vu, Lucien l’âne mon ami, La Bohémienne Endormie, dit Marco Valdo M.I., une jeune allongée de presque 130 ans, héroïne tranquille d’un tableau d’Henri Rousseau que lui -même interprétait à sa façon – le Lion, sans doute séduit venait la contempler et moi, j’ai choisi cette gitane au lion pour illustrer la « belle endormie » de la canzone, venue du plus profond des contes de fée – il s’agit, bien évidemment, de La Belle au Bois dormant, que Charles Perrault publia en 1697 – pour figurer ici la paix.

 

« Grand-Mère dit : Les filles d’ici

Comme les filles d’ailleurs

Pendant ces cent ans de malheur

Songent et rêvent elles aussi

Au réveil de la belle endormie. »

 

Donc, la « belle endormie » est la paix ; c’est la clé du conte. Ainsi, comme on peut le voir sur le tableau, le lion – en principe, l’agresseur sauvage et barbare – se refuse à la manger et renonce à ses manières de fauve avide et brutal.

 

Oh, dit Lucien l’âne, je n’aurais pas imaginé tout ça, mais dans le fond, c’est la vraie et seule solution à la guerre. Et pour le reste, décris-moi la chanson.

 

Soit, dit Marco Valdo M.I., commençons par la commencement. Lors donc :

- le premier douzain décrit l’ambiance en Zinovie qui est assez délétère. C’est le temps des purges et on découvre un délitement du pouvoir qui ne dit pas son nom.

 

« Le Guide licencie ses ministres

Et limoge ses hauts dignitaires.

Voilà une perspective sinistre,

En plein été, c’est vent d’hiver.

La confiance règne, dit le trouvère. »

 

Et les plus proches alliés du pouvoir plongent dans l’inquiétude et la nuit se demandent si au matin ce ne sera pas eux le prochain à sauter.

 

« Certains n’osent plus sortir le soir

Et guettent la venue du matin.

Qui sera le prochain ?

Que réserve demain ? »

 

Il faut se mettre à leur place, dit Lucien l’âne ; comme on dit, le temps est à l’orage et il n’y a pas d’abri. Mais, poursuis.

 

Le deuxième douzain, reprend Marco Valdo M.I., examine la situation dans les armées ; d’un côté, les grands officiers pris de panique :

 

« tous les généraux ont le trac

De ce qui peut leur arriver.

Glou, glou, glou font les amiraux

En regardant couler les vaisseaux. »

 

Et de l’autre, le fatalisme du soldat :

 

« Nous, dit le soldat, pendant ce temps,

Demain comme hier, là-bas devant,

On n’a pas besoin d’avoir peur ;

Au pire, au matin, on meurt. »

 

Cette dichotomie ne m’étonne pas, dit Lucien l’âne. Sous un régime de dictature, le fatalisme est pour les futurs massacrés une manière de défense mentale.

 

Quant au troisième douzain, dit Marco Valdo M.I., il parle du grand rêve du Guide ; en fait, de son délirant désir de mener une grande guerre patriotique, de prolonger la guerre de cent ans qui frappait les gens de Zinovie. Seulement voilà, personne, aucun ennemi n’attaquait la Zinovie ; il a bien dû déclencher la guerre lui-même et s’inventer un agresseur. Personne ne le croit, mais il n’en démord pas.

 

« Une guerre de cent ans.

Tout pour la guerre,

Tant pis pour les gens.

Après les pères,

On enverra les enfants. »

 

Sinistre perspective, dit Lucien l’âne.

 

Au dernier douzain, paraît Grand-Mère qui porte une fois encore la voix des filles et des femmes.

 

« Leurs voix hautes et claires

Appellent les voix amies

Par delà l’oppression et la guerre

À tracer les voies d’un monde

Plus féminin, moins immonde. »

 

Pour mieux se faire comprendre et fixer la perspective, les filles rappellent une évidence :

 

« Les femmes pétrissent l’avenir

Des petits d’hommes à venir. »

 

Si tu veux bien, Marco Valdo M.I., nous en resterons là. Alors, tissons le linceul de ce vieux monde immonde, meurtri, décrépit et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 


 

 

 

 

En plein milieu de la guerre,

Le Guide licencie ses ministres

Et limoge ses hauts dignitaires.

Voilà une perspective sinistre,

En plein été, c’est vent d’hiver.

La confiance règne, dit le trouvère.

Dans les allées du pouvoir,

Tant les purges vont bon train,

Certains n’osent plus sortir le soir

Et guettent la venue du matin.

Qui sera le prochain ?

Que réserve demain ?

 

Et le chanteur de fredonner :

La pendule fait tic tac, tic tac

Et tous les généraux ont le trac

De ce qui peut leur arriver.

Glou, glou, glou font les amiraux

En regardant couler les vaisseaux.

La perspective a changé,

Les sentiers de la gloire sont bouchés.

Nous, dit le soldat, pendant ce temps,

Demain comme hier, là-bas devant,

On n’a pas besoin d’avoir peur ;

Au pire, au matin, on meurt.

 

Le Guide a fait un rêve,

Un rêve immense et imposant,

D’une lutte sans trêve,

Une guerre de cent ans.

Tout pour la guerre,

Tant pis pour les gens.

Après les pères,

On enverra les enfants.

Moi, dit le revenant, je songe

À une paix qui se prolonge

Et coule éternelle et tranquille,

Dans les campagnes et les villes.

 

Grand-Mère dit : Les filles d’ici

Comme les filles d’ailleurs

Pendant ces cent ans de malheur

Songent et rêvent elles aussi

Au réveil de la belle endormie.

Leurs voix hautes et claires

Appellent les voix amies

Par delà l’oppression et la guerre

À tracer les voies d’un monde

Plus féminin, moins immonde.

Les femmes pétrissent l’avenir

Des petits d’hommes à venir.

 


 


 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ;

151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207. La Paix, c’est la Fin de la Guerre

LA BOHÉMIENNE ENDORMIE   Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau - 1897

LA BOHÉMIENNE ENDORMIE Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau - 1897

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Published by Marco Valdo M.I.
25 juin 2024 2 25 /06 /juin /2024 11:56
JE VOUDRAIS TANT...

 

Version française – JE VOUDRAIS TANT… – Marco Valdo M.I. – 2024

Chanson allemande - Ich möchte gerne…Carlo & Erika Taube – entre 1941 – 1944
‎[1941/1944]‎
Parole
: Erika Taube
Musique du compositeur germano-américain Gershon Kingsley, tirée de son œuvre théâtrale et musicale intitulée Voices From The Shadow, réalisée en 1997 et publiée en 2005.

 

 

 

LE PIANISTE DE TEREZIN
Bedřich Fritta – 1943 - 1944

 

 

 

Carlo et Erika Taube, juifs, autrichiens, ont été déportés à Theresienstadt en 1941 avec leurs enfants. À Terezín, Carlo fut le chef passionné de l'orchestre du camp, en plus de donner d'innombrables concerts de piano solo. Erika écrivit des poèmes, que son mari mit parfois en musique (Ein jüdisches Kind). En octobre 1944, Carlo, Erika et leurs enfants ont été transférés à Auschwitz, où ils ont été immédiatement assassinés.


 


 


 


 

Je voudrais tant entendre à nouveau la rumeur

D’un train qui m'entraîne ailleurs,

Le rail qui chante la mélodie

Du lointain, si jolie.

 

Je voudrais tant être un homme à nouveau

et pas prisonnier derrière les barreaux.

Et tout seul avec toi sur un petit coin de terre

Regarder le ciel, la lune et les étoiles.


 

LE PIANISTE DE TEREZIN Bedřich Fritta – 1943 - 1944

LE PIANISTE DE TEREZIN Bedřich Fritta – 1943 - 1944

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Published by Marco Valdo M.I.
23 juin 2024 7 23 /06 /juin /2024 19:46
ON S'EN TIRE


Version française – ON S'EN TIRE – Marco Valdo M.I. – 2024

Chanson italienne - Tira a campare - Edoardo Bennato – 1974

 

 

 

NAPULE

 

Mural - 2024

 

 

 

 

Un vieux, très vieux et fameux morceau

 

Un vieux, très vieux et fameux morceau d'Edoardo Bennato. Il a cinquante ans : il est de 1974, de l'album "I buoni e i cattivi" (Les bons et les mauvais) ; pour beaucoup de gens de ma génération, ce seront les souvenirs classiques de l'adolescence, quels qu'ils soient. Un morceau écrit sur une ville précise, Naples, la ville de son auteur ; une ville qui, il est bien de le rappeler même si c’est dit entre les lignes dans le texte de la chanson, en 1974 avait plus d'une raison d'être "fatiguée et malade", et peut-être moribonde, vu que l'année précédente seulement (1973) elle avait subi, la dernière ville européenne à le faire, d'une épidémie de choléra.

 

Vinrent ensuite les guerres de la Camorra, le tremblement de terre, le milieu, tout le reste. Cinquante ans sont passés et tout est allé vraiment de mal en pis. Pourtant, rien ne m'empêche de dire que, cinquante ans plus tard, c'est une chanson tellement actuelle qu'elle pourrait être adaptée à toute l'Italie, sans préjuger d'aucune spécificité. Peut-être même à toute l'Europe. À la différence près que si, en 1974, il restait - à Naples et ailleurs - au moins un peu d'humanité, au jour d’aujourd'hui, elle a presque totalement disparu même celle-là. Tuée par tant de choses que nous avons sous les yeux et que, bien sûr, nous refusons de voir. Nos villes ont été déplacées dans des banlieues inhumaines et ont été remplacées par Airbnb, des boîtes de nuit à la mode, des bars à vin, des bureaux de représentation, des locations de films pourris et des mariages de nababs. L'humanité a tout simplement été expulsée. Ceci à Naples comme ailleurs.

 

Bien sûr. Des médicaments, pour cette fatigue et cette maladie, ont été essayés un tas. Et des médecins aussi. Pour en revenir à la forme habituelle de l'euthanasie à l’italienne, qui n'a pas grand-chose à voir avec "eu" ("bon" en grec). Appelons-la plutôt "cacotanasie" : la cacotanasie du fascisme, c'est-à-dire le système qui choisit l'inhumanité comme sa propre structure programmatique. Une Cacotanasie qui est en place, de manière irréversible. Nous n'avons d'autre choix que d'en prendre acte, en nous berçant d'illusions sur une forme de "résistance", ne serait-ce que pour nous opposer à l'éternel cupio dissolvi (désir de renoncement, masochisme d’autodestruction) qui appartient à l'histoire de toute l'Europe. S'il y a une chose dans laquelle l'Europe a toujours été vraiment unie, c'est la volonté de s'autodétruire. Et elle y est toujours parvenue, même sous les formes et les déclinaisons les plus insolites et les plus imaginatives.

 

Réécoutons donc cette vieille chanson. Edoardo Bennato, idole des enfants de ma génération, né en 1946, a aujourd'hui septante-huit ans. Putain, comme le temps passe vite. Et pourtant, j'en suis certain : quelqu’un (ou plutôt, des tas) penseront qu'il s'agit de l'habituelle "philosophie napolitaine" de résignation et d'indifférence, celle, précisément, du « On s’en tire ». Nous sommes tant à avoir essayé de faire quelque chose, de "résister", chacun à sa manière, chacun avec ses possibilités et ses inclinations, chacun avec ses utopies, dystopies et toutes les "topies" du monde. Pour ensuite se retrouver, constamment, à s’en tirer dans des villes, des pays et des situations de plus en plus inhumaines.

 

AT-XXI

Anonimo Toscano del XXI Secolo

 

 

 

 


 

Oui, elle est belle, je sais qu’elle est belle,

C'est ma ville.

Oui, elle est fatiguée et malade

Et peut-être qu'elle ne vivra pas.
 

 

Oui, je sais qu'elle va de mal en pis,

Oui, je sais que c’est tout un combat.

On dit : « On s'en tire ! Ici,

De toute façon, rien ne changera. »

 

Ils disent :

"On s'en tire, rien ne changera ;

En bien ou en mal, tout passe,

Mais pour nous, ça ne changera pas. »

 

Ils disent :

"On s'en tire, rien ne changera ;

En bien ou en mal, tout passe,

Mais pour nous, ça ne changera pas.»

 

Moi qui suis né, moi qui ai vécu

Au milieu de ces gens perdus,

Moi, parfois étranger, dans ces rues

Où rien ne fonctionne.
 

Oui, je sais, je l'ai dit moi-même,

Que c'est erroné et que ce n'est pas bien,

Qu'il faut faire quelque chose,

Mais maintenant, vous ne comprendrez rien.

 

Si je dis :

"On s'en tire", vous ne comprendrez rien.

Même moi, qui suis médecin

Qui ai fait l'université,

 

Si, je dis :

"On s'en tire, c'est mieux ici",

Bien ou mal, au moins, ici,

Il y a encore un peu d'humanité.


Et alors je dis, moi aussi :

"On s'en tire, c'est mieux ici"

Que voulez-vous, que savez-vous

Vous qui n'avez jamais vécu ici ?


Je dis :

"On s'en tire, c'est mieux ici".

Au moins, bien ou mal, ici,

Il y a encore un peu d'humanité.

 

Et alors je dis moi aussi :

"On s'en tire, c'est mieux ici".

Au moins, bien ou mal, ici,

Il y a encore un peu d'humanité.


 
 NAPULE   Mural - 2024

NAPULE Mural - 2024

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21 juin 2024 5 21 /06 /juin /2024 16:34

POUR LA GLOIRE


Version française – POUR LA GLOIRE – Marco Valdo M.I. - 2024

Chanson italienne - Ad GloriamLe Orme – 1969

 

Paroles : Nino Smeraldi
Musique : Italo Salizzato e Aldo Tagliapietra



 

Pour moi, un chef-d'œuvre absolu.

Un manifeste possible de beaucoup, peut-être le mien et le vôtre, certainement celui de tous les précaires, les sous-payés, les exploités, les licenciés, les baisés par ce système économique qui est le nôtre, ou plutôt le leur.

 

Bernart Bartleby

 

 


 

 

LES CONSTRUCTEURS

Fernand Léger – 1953


 

 

 

Petit dialogue maïeutique


 

 

Voilà, Marco Valdo M.I. mon ami, un titre retentissant. L’univers palpite, on entend des clameurs des trompettes et des clairons. On s’attend à une marche solennelle avec mille oriflammes et de flottantes bannières. On pressent une chanson pleine d’enthousiasme et de satisfaction.

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, c’est ce que laisse présager le titre, mais. Mais il n’en est rien. Et c’est prévisible dès le titre, si l’on veut bien considérer l’usage intensif de l’acide ironique. En fait, « pour la gloire » quand il s’agit de l’expression populaire – du moins en langue française, signifie « pour rien », « pour la peau », « pour des prunes » et c’est bien le sens du titre de la chanson. Une chanson qui est celle de quelqu’un, un quelqu’un du « peuple », qui fait le bilan de son existence. Un bilan un peu amer, j’en conviens, comme nous pourrions le faire nous aussi.

 

Alors, on aura nous aussi vécu pour la gloire, dit Lucien l’âne. Mais dans le fond, qu’importe, on vit encore, assez contents d’être là et c’est la seule chose qui importe. Quant à la « vraie gloire », la richesse, les honneurs et tous ces oripeaux, ils nous indiffèrent et le prix à payer pour les avoir et les conserver est bien trop élevé pour nos cœurs tranquilles. La Grand-Mère disait parlant du héros que la gloire illumine : Lui, l’est mort et moi, je suis ici.

Alors, tissons le linceul de ce vieux monde amer, aigri, tristounet, désabusé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


 

 

 


J'ai travaillé toute ma vie, mais

Je n'ai pas eu un sou en poche – jamais !

J'ai donné ce que je pouvais, mais

Je n'ai rien eu – jamais !

J'ai aidé ceux qui me demandaient de l'aide, mais

Mais personne ne m'a aidé – jamais !

Je voulais avoir le monde entre mes mains

Au lieu de cela, je n'ai rien

Pour la gloire...

Maintenant je le sais,

Mais trop tard !

J'ai tout fait pour la gloire,

Pour la gloire, pour la gloire,

Pour la gloire, pour la gloire,

Pour la gloire, pour la gloire !

 

J'ai travaillé toute ma vie, mais

Je n'ai pas eu un sou en poche – jamais !

J'ai donné ce que je pouvais, mais

Je n'ai rien eu – jamais !

J'ai aidé ceux qui me demandaient de l'aide, mais

Mais personne ne m'a aidé – jamais !

Je voulais avoir le monde entre mes mains

Au lieu de cela, je n'ai rien

Pour la gloire...

Maintenant je le sais,

Mais trop tard !

J'ai tout fait pour la gloire,

Pour la gloire, pour la gloire,

Pour la gloire, pour la gloire,

Pour la gloire, pour la gloire !

LES CONSTRUCTEURS  Fernand Léger – 1953

LES CONSTRUCTEURS Fernand Léger – 1953

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Published by Marco Valdo M.I.
20 juin 2024 4 20 /06 /juin /2024 17:13

 

 

 

 

La Paix, c’est la Fin de la Guerre

 

Chanson française – La Paix, c’est la Fin de la Guerre – Marco Valdo M.I. – 2024
 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 207


 

 

 

LE GUIDE FACE À SON MIROIR

2024

Miroir, beau miroir, qui est le premier ?

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Oh, dit Lucien l’âne, voilà une sentence bien sentie et absolument irréfutable, tout comme l’éléphant dont parlait Vialatte. « La Paix, c’est la Fin de la Guerre » , c’est un bon titre pour une chanson contre la guerre.

 

Évidemment, répond Marco Valdo M.I., c’est la solution la meilleure ; elle parfaite et facile à appliquer.

 

« Arrêter la guerre n’a rien de difficile.

On abandonne les combats,

On dépose les armes, on rentre chez soi.

Ce sont là choses agréables et faciles. »

 

Mais voilà, pour ce qui est de le vouloir, en paroles de propagande, le guide ne veut que ça. La réalité, c’est qu’il n’en veut certainement pas. Que pourrait-il encore signifier dans un pays en paix, où il lui faudrait s’atteler à travailler au bonheur des gens, petits et grands ? Comme dit Grand-Mère :

 

« Le Guide n’en veut pas.

La paix, la vie, notre bonheur, notre joie

Et toutes ces choses-là, l’indiffèrent.

Son grand jeu à lui, c’est la guerre ;

Il aime jouer aux petits soldats. »

 

Et puis, travailler pour le bien public, ce sont des choses que lui et sa bande ne savent pas faire. Pour cela, il leur faudrait être des gens intelligents, honnêtes et compétents. Tout cela est hors de leur portée.

 

Avec toutes tes réflexions, dit Lucien l’âne, je ne sais pas ce qu’il y a dans la chanson, comme elle se compose, comme elle va et même si je l’imagine, où elle veut en venir.

 

Exact, Lucien l’âne mon ami, je vais remédier à ça et de manière ordonnée et systématique. Lors donc, le premier à intervenir, comme c’est souvent le cas, c’est notre ami le trouvère. C’est lui qui lance ce curieux débat où – chose rare et interdite en Zinovie – on discute de la paix. Le trouvère, homme un peu romantique, veut la voir en amoureux et il la trouve très belle, cette demoiselle, même si elle est introuvable, même si elle doit se terrer à l’abri des cerbères du régime.

 

« Parlons un peu

De la paix en amoureux.

Moi, je me souviens d’elle :

Une demoiselle très belle.

Étrangement, à ce qu’il paraît,

Tout le monde veut la paix

Et on ne la fait pas.

Nul ne sait quand elle reviendra. »

 

Quoi qu’il en soit, dit Lucien l’âne, c’est un bon début que présenter la paix sous les apparences d’une Vénus fantomatique, tant désirée et si peu réelle. Et ensuite ?

 

Et ensuite ?, reprend Marco Valdo M.I., c’est le soldat qui enchaîne et affirme fortement tout un programme ambitieux :

 

« Il serait temps, dit le soldat

Que vienne le temps de paix.

Mettre fin à la guerre

Ferait le bonheur des civils et des militaires. »

 

Et nous fait part du raisonnement logique du lieutenant de son régiment, raisonnement catégorique d’un homme qui a de l’expérience en la matière, vu que c’est déjà sa deuxième guerre.

 

« La guerre, on y perd toujours.

On y perd son temps et son argent ;

Parfois, le pianiste y perd ses doigts,

Parfois, le violoniste y laisse un bras.

Toujours, le soldat y meurt par accident. »

 

En effet, dit Lucien l’âne, moi qui en ai vu beaucoup et depuis fort longtemps, je peux le confirmer : la guerre est très dangereuse, surtout pour ceux qui vont la faire sur le terrain ; ceux-là meurent souvent à la guerre, ou ils y laissent des morceaux.

 

Puis, continue Marco Valdo M.I., notre vieille connaissance, le Veilleur,  se lance dans une jolie envolée poétique pour conclure, avec cette question lancinante : pourquoi ?

 

« Ensuite, soleil ou givre,

Merle ou grive,

L’œil brillant, l’âme vive,

On recommence à vivre.

On ne connaît rien de meilleur.

Alors, demande le Veilleur,

Pourquoi, pourquoi, pourquoi

On ne le franchit pas ce pas ? »

 

Et Grand-Mère de révéler le caractère profond du Guide, son inanité, sa viduité d’avec la vie, son intense autoadmiration :

 

« Le Guide a la morale guerrière.

Il aime se montrer, se pavaner,

De lui-même faire grand cas.

À son miroir, le soir, il aime se confier.

Miroir, beau miroir, qui est le premier ? »

 

Eh bien merci, Marco Valdo M.I., de tout ton commentaire ; on comprend mieux le Guide et ses penchants absurdes. Maintenant, tissons le linceul de ce monde romantique, amoureux, contrarié, blessé, désolé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le trouvère dit : Parlons un peu

De la paix en amoureux.

Moi, je me souviens d’elle :

Une demoiselle très belle.

Étrangement, à ce qu’il paraît,

Tout le monde veut la paix

Et on ne la fait pas.

Nul ne sait quand elle reviendra.

Il serait temps, dit le soldat

Que vienne le temps de paix.

Mettre fin à la guerre

Ferait le bonheur des civils et des militaires.

 

La paix, c’est la fin de la guerre

Et inversement, m’a dit le lieutenant,

À qui on ne peut pas la faire.

C’est sa deuxième guerre au lieutenant.

C’est un homme d’expérience,

On peut lui faire confiance.

Il m’a dit sans détour :

La guerre, on y perd toujours.

On y perd son temps et son argent ;

Parfois, le pianiste y perd ses doigts,

Parfois, le violoniste y laisse un bras.

Toujours, le soldat y meurt par accident.

 

Arrêter la guerre n’a rien de difficile.

On abandonne les combats,

On dépose les armes, on rentre chez soi.

Ce sont là choses agréables et faciles.

Ensuite, soleil ou givre,

Merle ou grive,

L’œil brillant, l’âme vive,

On recommence à vivre.

On ne connaît rien de meilleur.

Alors, demande le Veilleur,

Pourquoi, pourquoi, pourquoi

On ne le franchit pas ce pas ?

 

Tout simplement, dit Grand-Mère,

Le Guide n’en veut pas.

La paix, la vie, notre bonheur, notre joie

Et toutes ces choses-là, l’indiffèrent.

Son grand jeu à lui, c’est la guerre ;

Il aime jouer aux petits soldats.

Tant plus il en perd, tant plus il en a.

Le Guide a la morale guerrière.

Il aime se montrer, se pavaner,

De lui-même faire grand cas.

À son miroir, le soir, il aime se confier.

Miroir, beau miroir, qui est le premier ?

 


 


 


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

 

 

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ;

151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe

LE GUIDE FACE À SON MIROIR  2024  Miroir, beau miroir, qui est le premier ?

LE GUIDE FACE À SON MIROIR 2024 Miroir, beau miroir, qui est le premier ?

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18 juin 2024 2 18 /06 /juin /2024 18:32
LA VIEILLE VILLE

 

Version française – LA VIEILLE VILLE – Marco Valdo M.I. – 2024

Chanson italienne – La città vecchia - Fabrizio De André – 1965
Paroles : Fabrizio De André
Musique : Elvio Monti


 


 

FABRIZIO DE ANDRÉ AU MUR


 

Gênes - 2024


 


 

Petit dialogue maïeutique

 

Aujourd’hui, Lucien l’âne mon ami, sous le torrent d’eaux grises qui nous dégringole dessus en venant de je ne sais quelle mer, de je ne sais quel port, j’avais presque envie de ne rien dire de cette canzone. Je trouvais que la version que je venais d’en faire était en harmonie avec ce temps portuaire. Mais je me ravise à présent.

 

Tant mieux, dit Lucien l’âne, car je pense qu’il y a des choses à dire à propos de cette vieille ville. D’abord, en marquer l’intemporelle et la quasi semblance de toutes les villes de port ; au moins,  de grands ports où grouillent des populations attirées par les mouvements perpétuels enclenchés par la mer et les allées-venues des bateaux de quatre coins du monde. Mais qu’avais-tu en tête ?

 

Ça et bien d’autres choses, répond Marco Valdo M.I., à commencer évoquer l’ambiance qui la caractérise ; une senteur de bas fonds et pour cause, c’est l’odeur de ces quartiers portuaires ; un mouvement permanent, incessant, parcourt leurs petites rues anciennes, elles aussi. Des corps agitent le décor. Ce sont aussi ces quartiers où les dames de vie attendent les marins de mer, mais pas seulement, on y trouve aussi attirés par d’insondables désirs, des gens de toutes sortes. Jusqu’à ce pensionné qui pauvre d’un pension assez maigre, la ruine en une bacchanale mensuelle. Le reste du temps, il ne lui reste qu’une mélancolique méditation à ruminer. Il y a là d’étranges senteurs marines. Voilà tout. Mais tu as raison, c’est une sorte de marine en mots que De André a peint là. ; ce n’est pas un portrait précis d’une ville précise, qu’il décrit. Certes, sans doute, ce doit être Gênes, mais ce serait aussi Anvers, Amsterdam, Marseille, Naples, Le Pirée, Malaga et des centaines d’autres sur tous les continents et en cela, il a extrait la quintessence de la ville portuaire.

 

« Si vous vous promenez le long des vieux quais,

En cet air chargé de sel, gonflé d'odeurs, épais »

 

Avec ce paradoxe qu’il n’y est question, ni de marins, ni de bateaux, ni du large… Et en effet, c’est aussi un des mystères de ces villes de vivre repliées sur elles-mêmes au bord du monde. Avec comme lien, ces dames de compagnie.

 

Bien, dit Lucien l’âne. Je sentais bien qu’il y avait quelque chose de bizarre dans cette chanson et je pense que tu as mis le doigt dessus. Ceci dit, tissons le linceul de ce vieux monde iodé, marin, glauque, triste, humide et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


 


 


 


 


 

 

 

Dans les quartiers où le soleil du Bon Dieu réduit sa flamme,

Déjà trop occupé à réchauffer les habitants d'autres endroits.

Une fille chante l'ancienne chanson de la jeune dame.

Ce que tu ne sais pas encore, tu l'apprendras dans mes bras.


Et si à ton âge, te manques la compétence ;

Bientôt s’affineront tes gestes avec l'expérience.

Où est passé le temps de Junon ?

Où pour faire le métier, suffisait la vocation.


Une jambe ici, une jambe là, toujours buvant,

À table, quatre pensionnés cirrhosés,

Là par tous les temps, hiver comme été,

Maudissent les femmes, le temps et le gouvernement.

 

Ils cherchent le bonheur dans un verre

Pour oublier ce qui les désespère.

À l’heure de leur agonie, nageant dans le vin fort,

Le bonheur les fera sourire dans les bras de la mort.
 

Professeur, qu’allez-vous chercher dans ce recoin ?

Celle-là qui seule sait vous séduire.

Le jour, vous l’appelez femme publique, avec dédain,

La nuit, elle fixe le prix de vos désirs.
 

Vous la cherchez, vous l’invoquez. Et plus d'une nuit,

Vous soupirerez en renvoyant tout ça au jour béni,

Où vous encaisserez et dilapiderez votre pension

Pour vous faire dire "Mon chaton, méchant garçon".

 

Si vous vous promenez le long des vieux quais,

En cet air chargé de sel, gonflé d'odeurs, épais,

Vous trouverez les voleurs, les assassins

Et l’étrange type qui a vendu sa mère à un nain.

 

Si en bon bourgeois, vous pensez et jugez :

À cinq mille ans plus les dépens, vous les condamnez ;

Mais si vous les comprenez, au bout, finalement,

Vous voyez que ce sont seulement des enfants

Victimes de ce monde écrasant.

FABRIZIO DE ANDRÉ AU MUR    Gênes - 2024

FABRIZIO DE ANDRÉ AU MUR Gênes - 2024

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15 juin 2024 6 15 /06 /juin /2024 16:15
LA CHASSE AUX MAUX

 

 

Version française – LA CHASSE AUX MAUX – Marco Valdo M.I. – 2024

Chanson italienne – Scacciamali – Piero Pelù – 2024

 

Album "Deserti"

 


 

LES ENFANTS ONT FAIM

Kathe Kollwitz - 1924

 

 

 

Chassez, chassez les maux !

Fini les guerres, les armes, les arsenaux.

Chassez, chassez, chassez les maux !

Plus aucune bombe sur les maisons et les hôpitaux.

Chassez, chassez les maux !

L'ignorance est le pain des requins.

Chassez-les, chassez-les, chassez les maux !

Ôtez le pouvoir des mains des assassins !
 

Chasser les maux et la haine !

Chassez les maux et la haine !

Voyez la violence de la faim !

Dans les guerres, les enfants ont faim.

 

Chassez, chassez les jours de malheur !

La paix, la paix, arrêtez ces tirs !

Chassez, chassez tous les dictateurs !

Et la haine et le pire !
 

Chasser les maux et la haine !

Chassez les maux et la haine !

Voyez la violence de la faim !

Dans les guerres, les enfants ont faim.

 

Chasser les maux et la haine !

Chassez les maux et la haine !

Voyez la violence de la faim !

Dans les guerres, les enfants ont faim.

 

Chassez, chassez les jours de malheur !

La paix, la paix, arrêtez ces tirs !

Chassez, chassez tous les dictateurs !

Et la haine et le pire !

 

LES ENFANTS ONT FAIM  Kathe Kollwitz - 1924

LES ENFANTS ONT FAIM Kathe Kollwitz - 1924

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14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 15:48
DON QUICHOTTE

 

Version française – DON QUICHOTTE – Marco Valdo M.I. – 2024

Chanson italienne – Don ChisciottePiero Ciampi – 1975


Album : Dentro e fuori
(Ciampi - Pavone - Marchetti)


 

 

 

DON QUICHOTTE À LA GUITARE

Piero Ciampi - 1975

 

 

 

 

Si je prends ma guitare,

Ami, fais attention à mon regard.

Je tire sur toi, sur lui, confiance... jamais !

Avec deux notes, je pulvérise un palais,

Car ma guitare

Est une arme mortelle.

Je tire en haut, en bas, que chacun se terre !

Mais où est ma fidèle épée, où est-elle ?

D'un seul coup, je mets les brutes à terre.

Si je perds, par malheur,

Je fuis dans le refuge de ton cœur.

 

Si je prends ma guitare,

Mieux vaut rester à l’écart.

Peut-être ne le sais-tu pas : la confiance jamais !

Mais où est ma Dulcinée ? Je ne sais.

Si je prends ma guitare,

Près de moi, vaut mieux se taire ;

Je tire ici, là. Si on y touche, des ennuis !

J'ai gagné ce poulet à la guerre,

C'est pour nous, les amis.

 

Je reviens de la guerre

Rempli de blessures,

Mais, par les dieux, où es-tu, mon aimée ?

Toujours à prier à l'église, ma Dulcinée ?

Ils m’ont cassé ma guitare,

Ils étaient plus de cent, ces soudards.

Si tu viens, tu ne me reconnaîtras pas ;

Dulcinée, tu te promèneras avec moi.

L’amour est un tourment :

Plus j’en donne, plus j’en prends,

Mais je suis vainqueur,

Car je reste en ton cœur.

 

Quand je reviens de la guerre,

Toujours une soupe chaude, tu vas me faire.

Dulcinée, Dulcinée, enfin te voilà !

Mais quel est cet homme avec toi ?

Il est de la Croix-Rouge, je le vois

Et tu l'as amené pour ça.

Dulcinée, Dulcinée, te voilà doctoresse ;

Alors, soigne mes détresses.

DON QUICHOTTE À LA GUITARE  Piero Ciampi - 1975

DON QUICHOTTE À LA GUITARE Piero Ciampi - 1975

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12 juin 2024 3 12 /06 /juin /2024 10:46
HITLER EN GALÈRE PERPÉTUELLE


 

Version française – HITLER EN GALÈRE PERPÉTUELLE – Marco Valdo M.I. – 2024

Chanson italienne - Hitler in galera – Piero Ciampi1977


 

 

 


 


 


 


 

 

HITLER

Victor Brauner - 1934


 


 

Une chanson surréaliste dans laquelle vous imaginez un Hitler... repentant. Tout à fait dans le style incomparable de Piero Ciampi. Un chant de paix "à sa manière".

"Il sera damné pour l'éternité, cet oiseau d'Hitler. Je l'ai mis en prison et il y restera pour l'éternité. Eh... pouvez-vous imaginer l'éternité en prison ? Le voilà, ce maudit lâche ! » (P. Ciampi, 1977).

 

 

 

Le pénis se posa sur un marécage,

Juste après, on célébra la naissance

D’une folie immonde.
 

Il atterrit, il maudit, il maugréait ;

Désespéré, il pleurait et hurlait.

Maintenant, elle était là la réalité :

Le nœud coulant ou l'éternité.
 

« Je ne veux pas mourir,

Je ne ferai plus le pire ;

Je vous en conjure, tentez,

Je serai la bonté. »

 

Il refusait. Il patientait,

Puis son peuple, il appelait.

Ce combat était une folie,

La terreur de l’autre vie.
 

« Ne me faites pas du mal,

Le reste m’est égal.

J'ai tué des millions de gens ;

Je serai un amour, maintenant. »
 

Le bourreau entrait, saluait,

Le nœud coulant attendait.

Maintenant, elle était là la réalité :

Le délire dans l'éternité.

 

« Je vous en conjure, essayez,

Je ne veux pas mourir, non plus.

Si vous faites ainsi vous me damnez,

Je n'en peux plus ! »
 

Qu'il en soit ainsi !

 


 

HITLER  Victor Brauner - 1934

HITLER Victor Brauner - 1934

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Published by Marco Valdo M.I.
11 juin 2024 2 11 /06 /juin /2024 15:51

 

 

La Vie n’est pas un Songe

 

Chanson française – La Vie n’est pas un Songe – Marco Valdo M.I. – 2024
 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 206


 

 

 

 

PAPA, MAMAN ET LES ENFANTS

 

Igor Sergeevich Kabanov - 1953

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Cette fois, Lucien l’âne mon ami, la messe est dite dès le début de la chanson. Elle est dite par le trouvère qui rapporte, comme il se dit, l’avis des voix que les services et les pseudo-lois du régime du Guide font taire. En Zinovie, tout qui a une opinion contraire à celle prônée par le pouvoir est de ce fait assimilé à un « agent de l’étranger ».

 

C’est assez logique, dit Lucien l’âne, si on considère – ce qui est le cas des autorités – que le régime a par nature raison. Il en va de même pour les propos du Guide, bien entendu. Ce fut toujours le propre des dictatures et des régimes autoritaires ; c’est une de leur caractéristique fondamentale. Mais au fait, que dit le trouvère ?

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, expose la dérive de plus en plus réactionnaire et conservatrice du régime en place en Zinovie, une dérive que bénit le Guide, revenu à des certitudes religieuses. Il prêche en même temps l’avenir radieux et Dieu :

 

« En plus de promettre l’avenir radieux,

Le Guide réquisitionne tous les religieux.

Car Dieu est dieu, on invoque Dieu.

On ne saurait être trop pieux. »

 

Dans la foulée, il renforce l’emprise sur tout un chacun jusqu’au cœur intime des familles. Comme chez Orwell, le « Grand Frère » - à savoir le Guide lui-même – vous regarde, vous poursuit du regard et vous espionne jusque dans votre maisonnée. Ainsi se réduit l’espace de liberté.

 

Je vois, dit Lucien l’âne, c'est un monde où tout le monde soupçonne chacun et inversement; il y a là une fameuse ambiance où il doit faire bon vivre.

 

Exactement, dit Marco Valdo M.I., une atmosphère délétère et mortifère qu’illustre le revenant. C’est lui qui dit :

 

« Ici, c’est sûr, la vie n’est pas un songe.

Juste un errement, une passade, une survie.

La camarde rit, ricane et rode en Zinovie,

La mort morale nous érode et nous ronge. »

 

Ensuite vient le soldat qui parle des mercenaires et dit que la Zinovie, est à court de militaires, car ses soldats meurent à vive allure ou alors, blessés sortent des rangs, sans compter les déserteurs et les exilés volontaires,

 

« Le Guide consomme les militaires

Tant qu’on manque de gens

De chez nous pour continuer la guerre. »

 

et qu’elle est contrainte d’aller chercher ailleurs ce qu’elle ne trouve plus au pays.

 

« Au bout du monde, il s’en va chercher

Des mercenaires par l’argent alléchés.

En des lieux lointains, des pays exotiques,

Du côté des Indes ou de l’Afrique... »

 

On ne peut pas en conclure, constate Lucien l’âne, que l’enthousiasme règne.

 

Pour finir, reprend Marco Valdo, Grand-Mère s’en vient rappeler l’oppression que subissent les femmes et les filles de la part des tenants de la religion :

 

« Faudrait pas oublier les filles de là-bas

Là où la meute des religieux infâmes

Mène encore toujours la chasse aux femmes. »

 

Même si ce sont pour nous des choses évidentes, Grand-Mère insiste pour qu’on n’oublie pas le combat de ces filles face à l’incessante terreur que distillent les vestales poilues.

 

En effet, dit Lucien l’âne, là où domine la fureur de l’actualité, on risque fort de perdre le sens de la durée. Cela dit, je rappelle mon antienne inspirée de Molière : « La peste soit des religions et des religieux ». Alors, tissons le linceul de ce vieux monde superficiel, versatile, oublieux, distrait et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 


 

En plus de promettre l’avenir radieux,

Le Guide réquisitionne tous les religieux.

Car Dieu est dieu, on invoque Dieu.

On ne saurait être trop pieux.

Belle ambiance, dit le trouvère,

Pire encore qu’avant la guerre.

L’école à présent prie les enfants

De dénoncer leurs parents,

D’espionner papa et maman

Et de rapporter tout aux agents.

On met père et mère en prison,

Les enfants en de patriotiques pensions.

 

 

De sa voix cassée, le revenant interpelle :

Soudain, l’été a l’odeur de l’encens.

Elle est là, dans mes os, je la sens ;

Elle murmure, elle grogne, elle appelle.

On meurt comme dans les camps, les prisons.

On meurt dans les rues, au pied de sa maison.

Ici, c’est sûr, la vie n’est pas un songe.

Juste un errement, une passade, une survie.

La camarde rit, ricane et rode en Zinovie,

La mort morale nous érode et nous ronge.

Chaque jour, le Guide la nourrit

De ses mots et de son orgueil pourris.

 

Et le soldat dit : Voyez maintenant,

Le Guide consomme les militaires

Tant qu’on manque de gens

De chez nous pour continuer la guerre.

Au bout du monde, il s’en va chercher

Des mercenaires par l’argent alléchés.

En des lieux lointains, des pays exotiques,

Du côté des Indes ou de l’Afrique,

Il les envoie tuer ou mourir

Pour la grandeur de l’Empire.

Quand ils ne sont pas contents,

On fusille les récalcitrants.

 

Grand-Mère dit : Hé, les gars !

Faudrait pas oublier les filles de là-bas

Là où la meute des religieux infâmes

Mène encore toujours la chasse aux femmes.

Chaque jour, cette pieuvre inlassable

Comme le vent du désert pousse le sable

Insinue ses ternes tentacules partout,

Réduit la moindre parcelle de vie,

Roule, ravage et râpe le moindre caillou,

Pour mettre la sourdine aux voix des filles.

Mais que soufflent tempête ou calme,

Les incantations indiffèrent les palmes.

 


 


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; 

 

Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat

PAPA, MAMAN ET LES ENFANTS     Igor Sergeevich Kabanov - 1953

PAPA, MAMAN ET LES ENFANTS Igor Sergeevich Kabanov - 1953

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