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7 septembre 2026 1 07 /09 /septembre /2026 15:51

Les Deux Côtés de la Frontière


 

Chanson française – 322. Les Deux Côtés de la Frontière – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

 

CLAIRVOYANCE

 

René Magritte – 1936

 

 

 

 

 

 

 

Épisode 322


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

Il va sans dire, dit Lucien l’âne, qu’une frontière a toujours deux côtés ; c’est même ce qui la caractérise et c’est même le but rechercher que de déterminer deux côtés et du même coups, deux pays indépendants qui se font face.


 

Bien sûr, dit Marco Valdo M.I., et c’était l’intention de ce titre de le rappeler et de rappeler que souvent, de chaque côté d’une frontière vivent les membres d’une même famille et des gens qui ne se sentent pas nécessairement ennemis et n’ont aucune intention d’agresser ou d’envahir leurs voisins ; et moins encore de tuer leurs familiers et leurs amis. Dans la chanson, c’est un (ex-) soldat qui met la chose en évidence :


 

« Mon frère vit chez ma grand-mère

De l’autre côté de la frontière.

Ils m’ont envoyé le massacrer ;

Alors, j’ai déserté. »


 

Ainsi s’explique le titre.


 

Je le comprends mieux maintenant, dit Lucien l’âne. Mais que raconte-t-elle d’autre la chanson ?


 

Elle commence, dit Marco Valdo M.I., par raconter l’histoire de la dame de Zinovie qui consacrait sa vie à aider les enfants atteints de cancer et les saisons qu’elle passait avec eux en atténuant autant que faire se peut les effets de l’enfer dans lequel la maladie les plonge.


 

« Les enfants s’en allaient vers l’hiver

Où les menait leur cancer.

La dame prenait soin des enfants.

Face à l’inéluctable moment.

Avec eux, elle a affronté

Leur dernier printemps… »


 

C’est une femme admirable, dit Lucien l’âne. Mais que peut-on donc bien lui reprocher ? Et qui peut avoir cette indignité ?


 

Tout simplement le Guide et sa bande, répond Marco Valdo M.I., qui au lieu de la soutenir et de l’encourager, lancent les juges et leurs sbires contre elle, car elle avait eu le malheur de dire son aversion de la guerre.


 

« Elle peste contre la guerre ;

Ils l’ont mise aux fers. »


 

On rigole pas en Zinovie, dit Lucien l’âne.


 

On ne sourit même pas aux enfants malades, continue Marco Valdo M.I. ; ensuite, la chanson fait écho à une poétesse (le mot « carnassière » est tiré des écrits de Nadejda Mandelstam et évoque la terreur qui frappait la Zinovie au temps du Grand Guide), à un peintre (on peut penser à René Magritte) et un chanteur : tous considérés comme « agents de l’étranger » et seront aussi condamnés – sans doute à la prison ou au camp et souvent, pour longtemps.


 

C’est ainsi en Zinovie à présent, dit Lucien l’âne. Et ensuite ?


 

Ensuite, continue Marco Valdo M.I., la chanson parle des femmes du pays envahi qui sont promises comme récompenses aux soldats zinoviens.


 

« Les femmes du pays envahi

Sont un avant-goût de paradis.

Notre armée promet à ses soldats

Les corps de ces houris-là. »


 

M’est avis, dit Lucien l’âne, que tout est bon pour satisfaire l’ambition démente du Guide impérial. Quelle bassesse, quelle vilenie ! Ce Guide est d’un sordide.


 

Heureusement, à la fin de la chanson, dit Marco Valdo M.I., le soldat parle de la paix et de comment la faire advenir. Et sa solution est à la fois, simple et radicale.


 

« Cette guerre me désespère.

Comment l’arrêter ?

Il suffit de ramener

Tous nos militaires

Dans leur foyer.

De ce côté-ci de la frontière. »


 

C’est l’évidence même, dit Lucien l’âne. Une guerre s’arrête quand il n’y a plus d’agression et l’agression s’arrête quand l’agresseur est rentré chez lui et répare les crimes et les torts qu’il a commis. Alors tissons le linceul de ce vieux monde agressif, stupide, idiot, criminel et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

Les enfants s’en allaient vers l’hiver

Où les menait leur cancer.

La dame prenait soin des enfants.

Face à l’inéluctable moment.

Avec eux, elle a affronté

Leur dernier printemps.

Elle a adouci l’été,

Elle a embelli le temps.

À l’automne, elle leur a souri.

Dans le néant, les enfants sont partis.

Elle peste contre la guerre ;

Ils l’ont mise aux fers.


La poétesse, la femme poète

Sous cette terreur carnassière,

Chaque jour, inlassable, répète

Son horreur et sa haine foncières

Des vols, des viols, des idoles,

De tout ce qui fait la guerre.

Le peintre de sa colombe symbole

Dénonçait la même misère.

Le chanteur de sa voix

Dit le même désarroi.

Tous seront condamnés

Comme agents de l’étranger.

 

Les femmes ont des appas,

Les hommes y sont sensibles.
Les femmes sont des appâts

Aux effets irrésistibles.

Les femmes du pays envahi

Sont un avant-goût de paradis.

Notre armée promet à ses soldats

Les corps de ces houris-là.

Ce sont là des récompenses,

Une forme de reconnaissance

Pour les héros médaillés

D’avoir tant cadavéré.

 

Mon frère vit chez ma grand-mère

De l’autre côté de la frontière.

Ils m’ont envoyé le massacrer ;

Alors, j’ai déserté.

Cette guerre est une absurdité.

C’est de la pure cruauté.

Cette guerre me désespère.

Comment l’arrêter ?

Il suffit de ramener

Tous nos militaires

Dans leur foyer.

De ce côté-ci de la frontière.

 

 

 


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ;

 

 

Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ;

141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ;

241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut ; 290 : La Guerre depuis cent Ans ; 291. Tout n’est que Cendres ; 292. Cultiver notre jardin ; 293. Soldat, dis-moi ; 294. Trouvère, prends garde !; 295. L’Armée rose ; 296. La Voix des Poètes ; 297. Le grand Banquet ; 298. Tout va pour le mieux ; 299. La Guerre à mille Temps ; 300. Le Banc attend ; 301. Salut beau Militaire ! 302. Le Volcan dans la Ville ; 303. La Grande Parade ; 304. Le Souffle au Cœur ; 305. Que reste-t-il de tous ceux-là ?; 306. Ça tangue dans l’entrepont ; 307. Les Furies ; 308. Le Trou du Guide ; 309. Les Métamorphoses ; 310. L’Asphyxie ; 311. Hier encore ; 312. Les Gens ordinaires ; 313. L’Étoile noire ; 314. Le Saboteur ; 315. Le Terminus ; 316. Les Femmes des Soldats inconnus ; 317. Les Mouches ; 318. La Raffinerie ; 319. L’Éradication ; 320. Agent de l’Étranger ; 321 : Le Génocide prémédité

 

CLAIRVOYANCE – René Magritte – 1936

CLAIRVOYANCE – René Magritte – 1936

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Published by Marco Valdo M.I.
7 septembre 2026 1 07 /09 /septembre /2026 14:39
Pour faire court, ce communiqué fait suite à la fermeture par décision du gouvernement étazunien de fermer et de couper toutes les ressources au réseau internet qui supporte LES CHANSONS CONTRE LA GUERRE, lequel support est situé en Italie. Il s'agit donc de l'intervention des services étazuniens sur un territoire étranger et qui plus est en Europe. Qui seront les suivants ?
 
 
 
COMMUNIQUÉ
Équipe CCG/AWS

Traduction: Marco Valdo M.I.

Chansons Contre la Guerre

Comme l’a annoncé le Collectif Autistici/Inventati le 6 septembre 2026, cette plateforme, qui héberge ce site et des milliers d’autres, fermera prochainement. Les raisons devraient désormais être connues, et nous ne nous attarderons pas davantage sur ce sujet.

« Canzoni Contro la Guerra » / « Antiwar Songs » / « Chansons Contre la Guerre » est une base de données de chansons antimilitaristes, pacifistes, sociales et de lutte, en ligne depuis le 20 mars 2003. Ce n’est certes pas le plus ancien site encore en activité du Web italien, mais il a atteint un âge non négligeable. À ce jour, il contient près de 40 000 chansons en 176 langues et plus de 60 000 traductions et commentaires en 228 langues.

Comme nous risquons de disparaître d’ici peu, et sans préavis (le blog est déjà inactif, puisqu’il est hébergé sur la plateforme Noblog d’A/I), nous avertissons toutes celles et tous ceux qui, au fil des ans, ont participé et continuent de participer à divers titres à la vie d’AWS (CCG - Chansons contre la Guerre), que nous travaillons à la fois pour sauvegarder l’ensemble du contenu qui s’y trouve et pour le rendre accessible via une autre plateforme.

Tout cela, bien sûr, en continuant à rappeler comment la plateforme Autistici/Inventati a été supprimée par des présidents américains fascistes, avec la collaboration du gouvernement italien et de banques quasi éthiques. Nous aimerions certes sauver notre petit jardin, mais en gardant toujours à l’esprit qu’une forêt entière a été abattue. Quoi qu’il en soit, de nombreuses chansons présentes sur ce site parlent des migrants, et nous aussi, nous serons cet nous serons nous aussi contraints de migrer. On ne sait pas encore où.

Dans le cadre de notre activité, nous avons toujours catégoriquement refusé de nous mêler à la poubelle des « réseaux sociaux », que nous aurions volontiers laissés au bavardage mondial, à la fausse « amitié » et aux tragiques mensonges planétaires. Malheureusement, dans cette période particulière où nous pourrions disparaître soudainement, il s’est avéré nécessaire d’ouvrir une page « Facebook » afin de maintenir un canal de communication, même minime. Nous utiliserons cette page exclusivement pour communiquer et faire le point sur ce que nous faisons et sur ce qui se passe au fur et à mesure. Cette page n’acceptera pas de chansons, de traductions ni d’autres contenus, mais sera exclusivement « de service ». Elle sera fermée dès que la situation, comme nous l’espérons, se sera normalisée.

En attendant, tant qu’elle sera disponible, antiwarsongs.org/(https://www.antiwarsongs.org/)  poursuivra son activité quotidienne habituelle, à savoir mettre librement à disposition des chansons et de la musique. Chacun pourra continuer à envoyer librement ses contributions. Il en sera ainsi jusqu’à la dernière seconde.

Merci et « Restons humains »

 

Chansons Contre la Guerre

 

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Published by Marco Valdo M.I.
1 septembre 2026 2 01 /09 /septembre /2026 11:03

LES OXYMORES

 

Version française – LES OXYMORES – Marco Valdo M.I. – 2026

Chanson chanson italienne – Ossìmori [Canzone degli accenti spostati] – Anonimo Toscano del XXI secolo2026

 


 


 


 

 

 

UN SYCOMORE


 


 


 

Assis ici, à l’ombre des sycomores,

Je songe, seul, aux oxymores.

Le temps passé a perdu ses heures

Et notre époque, oui, est pleine de peurs.


 

À présent, tout est possible,

Comme la croissance durable ;

Si quelqu’un conteste ou contredit,

La décroissance heureuse lui sourit.


 

L’amicale caméra toujours allumée

Me suit jusque dans mon lit,

On vit un esclavage affranchi,

On subit une liberté surveillée.


 

Il fut un temps où la réalité réelle

Se distinguait de la réalité virtuelle ;

La solitude solitaire n’est plus tolérée,

Seule nous reste la solitude connectée.


 

Et le capitalisme éthique,

D’en parler, j’en ai mal à la tête,

Mais ce qui vraiment m’embête,

C’est la banque éthique.


 

Oreste et Pylade ne sont plus normaux,

Euryale et Niso ne sont plus nos idéaux ;

Reste douze mille inconnus globaux,

Ce sont nos amis digitaux.


 

Avec la destruction créatrice et le monopole

Concurrentiel sur le gaz et le pétrole,

Jamais ne cessent la guerre humanitaire,

Ni l’homologation identitaire.


 

N’oublions pas les bombes intelligentes,

Ni les missions de paix sur les continents,

Même les ganaches parties en mission,

Au retour, hantent la maison.


 

En vacances en repos forcé,

Je fuis le chaos calculé ;

Si, par hasard, je me sens mal,

Reste toujours la distanciation sociale.


 

Solaire, on est mort,

L’ennui envahit le décor ;

Fin du dur labeur, place à la manière légère,

On renforce alors cette stabilité éphémère.


 

Explose l’intelligence artificielle,

Triomphe la mondialisation locale ;

Enthousiaste de la bulle rationnelle,

Je mue en interconnecté asocial.


 

Adieu, glace brûlante, feu glacé,

Adieu oxymores du passé ;

Adieu, silence assourdissant,

Bel oxymore si pertinent !


 

Assis ici, à l’ombre des sycomores,

Je médite en mes solitaires efforts,

Je deviens un hikikomore,

Notre époque est pleine d’oxymores.

UN SYCOMORE

UN SYCOMORE

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Published by Marco Valdo M.I.
30 août 2026 7 30 /08 /août /2026 15:24

Le Génocide prémédité


 

Chanson française – Le Génocide prémédité – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 

 

 

 

 

L’INCENDIE DE LA BIBLIOTHÈQUE

 

D’ALEXANDRIE

 

Hermann Goll – 1876

 

Épisode 321


 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

Je sais ce que c’est un génocide, dit Lucien l’âne ; et même, un génocide prémédité. En gros, il s’agit de faire disparaître un peuple, un pays, une nation, d’effacer totalement une langue, une culture, une civilisation. C’est une vieille habitude des empires et des empereurs ou impératrices – car il y en a eu aussi – qui se prennent pour le nombril du monde. Pour y parvenir, ils inventent une légende dont ils affirment qu’elle est leur véritable histoire. Aucun mensonge, aucune tromperie, aucune escroquerie, aucune vilenie, aucune tuerie, aucune boucherie, aucune hécatombe ne les rebutent et pourtant, il y en a beaucoup et d’énormes. Il me semble d’ailleurs qu’on avait déjà abordé le sujet dans une précédente chanson intitulée L’Éradication avec le Lieutenant qui disait :


 

« De ce peuple esclave encore debout,

On va changer les bases.

On ne laissera pas un bout

De sa vie, de sa langue, de sa culture;

On l’étouffera sous notre dictature. »


 

C’est exact, dit Marco Valdo M.I., mais il se trouve qu’un quidam de passage, un soldat échappé du front, vient témoigner à son tour et dire son horreur de ce qui se passe et de la façon odieuse dont la Zinovie du Guide mène sa guerre de conquête. Pourtant, sans doute abusé par la propagande d’État et poussé par les circonstances – la perte de son emploi, il était parti comme on dit : « la fleur au fusil », tout remonté dans son uniforme.


 

« Je suis parti il y a trente mois,

En uniforme, fier de moi,

Faire la guerre là-bas.

Obligé aussi ; j’étais sans emploi.

J’avais signé le contrat. »


 

Et que dit donc ce soldat disons « repenti » ?, demande Lucien l’âne.

 

Ce qu’il raconte ?, dit Marco Valdo M.I. ; il parle du front au moment où il y était arrivé et déjà alors, tout était en ruines. Mais, il ajoute, depuis tout s’est encore aggravé.

 

« Maintenant, c’est pire encore,

On bombarde sans arrêter

Les écoles, les hôpitaux, les maternités.

Les immeubles, les gares, les ports.

On vise les bibliothèques, les imprimeries,

Les musées, les expositions, les galeries. »

 

Et il conclut en portant une terrible accusation contre la Zinovie , contre l’armée dont il faisait partie :


 

« C’est une culture, tout un peuple assassinés.

En vérité, c’est un génocide prémédité. »


 

Et il avait, dit Lucien l’âne, comme qui dirait le nez dessus, il sait de quoi il parle. Il ne serait pas étonnant qu’il ne veuille pas y retourner, qu’il ne veuille plus rien à voir avec pareil crime, car c’est bien d’un grime de guerre dont la Zinovie et son armée sont coupables.

Et c’est bien ce que le soldat va faire, répond Marco Valdo M.I. Il est complètement désemparé, mais bien décidé à ne plus s’en laisser conter, à ne plus collaborer, à ne plus être complice de cette mascarade. Alors, il annonce sa décision à ses amis : il fuit, il s’en va en exil loin de cette turpitude.


 

« Je ne sais trop que faire, ni où aller

Ici, dans mon propre pays,

Il me reste l’exil à l’étranger.

Je vous salue, je m’en vais

Loin, très loin de ce vent mauvais. »


 

Et puis quoi ?, demande Lucien l’âne.


 

Et puis, reprend Marco Valdo M.I., une nouvelle voix vient déverser la vérité toute crue : l’armée est dépeuplée, c’est un énorme gaspillage et il va falloir remobiliser.


 

« Ils n’ont plus assez de soldats,

Pour continuer ainsi le combat.

À nouveau, il faut mobiliser

Des centaines de milliers de gens

Pour meubler leurs régiments.

Ils en ont tant gaspillés. »


 

Et le Veilleur, un ancien parmi les anciens, conclut quant à lui qu’à un jeu pareil on ne l’aurait jamais eu. Il fait partie de toute cette population de Zinovie qui vit dans une semi-clandestinité depuis fort longtemps. D’ailleurs, souviens-toi, s’il est devenu Veilleur (de nuit), c’est pour échapper aux regards inquisiteurs.


 

« Je suis trop vieux pour cette aventure.

Même jeune, je n’aurais jamais voulu

Mourir pour cette guerre coloniale,

Tuer pour cette folie impériale. »


 

En effet, dit Lucien l’âne, dans un pareil système, sous un pareil régime, il est prudent de vivre caché et c'est ce que fait généralement ce qu’on appelle le peuple. Il se tient coi dans son coin en attendant la fin de l’orage. Même si sous cette apparence, se développe une forme de résistance. Pour nous, il est temps de tisser encore et toujours le linceul de ce vieux monde vicieux, pervers, guerrier, prédateur, voleur, violeur et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu’hier, dit le quidam, j’étais soldat.

Je suis parti il y a trente mois,

En uniforme, fier de moi,

Faire la guerre là-bas.

Obligé aussi ; j’étais sans emploi.

J’avais signé le contrat.

On avait dû fermer l’usine ;

Les pièces n’arrivaient plus de l’étranger.

Du coup, on était dans la débine.

Avec les autres gars de l’atelier,

En train, on a fait un long voyage.

On a vu beaucoup de paysages.

 

Au front, dans l’autre pays envahi,

Le monde avait changé.

Tout était brisé, brûlé, écrasé,

Un désert : tout était détruit.

Maintenant, c’est pire encore,

On bombarde sans arrêter

Les écoles, les hôpitaux, les maternités.

Les immeubles, les gares, les ports.

On vise les bibliothèques, les imprimeries,

Les musées, les expositions, les galeries.

C’est une culture, tout un peuple assassinés.

En vérité, c’est un génocide prémédité.

 

Les amis, je ne reste pas.

Dans mon dos, après moi,

Je les sens toujours.

Le jour, je fuis, je fais des détours,

Je visite les parcs, les cimetières.

La nuit, je me terre

Dans un coin, dans un abri précaire.

Je ne sais trop que faire, ni où aller

Ici, dans mon propre pays,

Il me reste l’exil à l’étranger.

Je vous salue, je m’en vais

Loin, très loin de ce vent mauvais.

 

Ils n’ont plus assez de soldats,

Pour continuer ainsi le combat.

À nouveau, il faut mobiliser

Des centaines de milliers de gens

Pour meubler leurs régiments.

Ils en ont tant gaspillés.

Moi, dit le Veilleur, ils ne m’auront plus.

À pied, à cheval ou en voiture,

Je suis trop vieux pour cette aventure.

Même jeune, je n’aurais jamais voulu

Mourir pour cette guerre coloniale,

Tuer pour cette folie impériale.

 

 

 

 


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

 

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ;

161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ;

L’INCENDIE DE LA BIBLIOTHÈQUE D’ALEXANDRIE – Hermann Goll – 1876

L’INCENDIE DE LA BIBLIOTHÈQUE D’ALEXANDRIE – Hermann Goll – 1876

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Published by Marco Valdo M.I.
28 août 2026 5 28 /08 /août /2026 10:25

SCOCCIANTE, L’ANARCHISTE

VENU DE L’ISOLOTTO

Version française – SCOCCIANTE, L’ANARCHISTE VENU DE L’ISOLOTTO – Marco Valdo M.I. – 2026

Chanson italienne – Scocciante, l’anarchico venuto dall'Isolotto – Riccardo Scoccianteaoût 2026

Paroles : Riccardo Scocciante

Musique : Dino Simone (e Lisetta Luchini) : Bresci, l’anarchico tornato dall'America

 


 


 

 

 

TRUMPETTE DE LA MORT


 


 

Comme on le sait, notre Riccardo Scocciante refait surface de temps en temps. Cette fois-ci, après avoir appris que le « secrétaire d’État » américain, Marco Rubio (fils d’exilés cubains à Miami Bitch [Miami la pute]), veut tout mettre en œuvre pour éliminer les dangereuses organisations terroristes « antifa » (c’est-à-dire rien, puisqu’il n’existe aucune organisation « antifa » si ce n’est dans le cerveau malade de Trump et de ses lèche-culs), parmi lesquelles le Collettivo Autistici / Inventati qui nous héberge depuis des temps immémoriaux (ce pourquoi, sachez-le, antiwarsongs.org, ou CCG, ou AWS, est depuis hier, le 26 août, une organisation terroriste internationale à part entière), en homme d’action qu’il est, il s’est déclaré prêt à partir immédiatement pour les États-Unis, afin de résoudre cette question à l’amiable. Il le réaffirme dans cette chansonnette, pour laquelle il s’est inspiré du chef-d’œuvre populaire de Dino Simone et Lisetta Luchini, Bresci, l’anarchico tornato dall'America (Bresci, l’anarchiste revenu d’Amérique). Un voyage à l’inverse de celui de Gaetano Bresci : « J’y vais, je le tue et je reviens, certain que l’humanité tout entière m’en sera reconnaissante », a déclaré avec sa modestie habituelle Riccardo Scocciante. Nous ne pouvons que le soutenir ! [Équipe CCG/AWS]

VOIR AUSSI :
https://www.open.online/2026/08/27/autistici-inventati-sanzioni-usa-terrorismo-cosa-e/

Le site des Chansons contre la Guerre est ressuscité. On peut s'y rendre à l'adresse : https://antiwarsongs.org/

 

 

 

Petit Dialogue Maïeutique

 

 

Voilà bien une curieuse version d’une étrange chanson, dit Lucien l’âne.

 

Une étrange chanson, née d’une curieuse colère, dit Marco Valdo M.I., et une colère justifiée, car voilà-t-il pas que la Trumpette a frappé les Chansons contre la Guerre – www.antiwarsongs.org.. Pourtant, comme son nom l’indique, un site « contre la Guerre », un site des plus pacifique et même, à bien des égards pacifiste. Face à cette dictature mondiale et à son hydre imbécile, Riccardo Scocciante a réagi et posé cette chanson dans le site des Chansons contre la Guerre, avant que ce dernier ne soit occulté brutalement ce 28 août 2026. Le site a donc été immédiatement censuré comme si la Terre entière était une sorte de basse-cour de la Trumpette et de ses emplumés. Un effet de mégalomanie paranoïaque de cette Trumpette de la Mort qui empoisonne le monde. Il fallait que ce soit dit et noté ici. Cela dit, assassiner Trumpette et ses carpettes, ils n’en valent pas la peine. Ils finiront par mourir tout seul et le monde continuera sans eux et pur cela, bien plus heureux.

 

Fort bien, dit Lucien l’âne. Qu’ils disparaissent dans le grand trou de mémoire qui les attend. En attendant, avec cette chanson, l’écho s’en ira d’oreille en oreille jusqu’au bout du monde porter notre réprobation aux actes absurdes de cette Trumpette de la Mort et de ses drôles. Quant à nous, nous continuerons (même bâillonnés) à tisser le linceul de ce vieux monde brutal, brut, stupide, parano, mégalo et cacochyme ;

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 


 


 

Au milieu du brouillard, comme une litanie,

Le bateau fait demi-tour, sans se presser.

Gaetano voulait rentrer en Italie,

Moi, je vais en Amérique pour « travailler »…

Visages abrutis par leurs portables hypnotisés,

Celui-ci tourne un vidéo, celui-ci va scroller,

Moi, quatrième classe, je mange mon pain amer,

Et je les emmerde, eux et leurs mères… !


 

C’est sûr, je reviendrai, Maman, ne pleure pas,

Je les tuerai, puis toujours avec toi, je resterai

Dans le Nouveau Monde, on respire la cruauté,

Je tire un coup, je m’enfuis et puis, on verra !


 

Même en Amérique, la rumeur court

Qu’un président dément, féroce et sourd

Veut, avec son secrétaire, éliminer

Les Autistici/Invèntati, il veut les écraser…

Et le Roi prépare décrets et ordonnances,

Le Vice-roi cubain ouvre la danse,

Mais il est temps maintenant qu’ils se cachent,

L’anarchiste de l’Isolotto arrive… !


 

Maman, ne pleure pas, bientôt, je reviendrai !

Je vais tirer un coup de feu, puis je m’enfuirai.

Je te ferai savoir, apporte-moi des brioches et du café,

Je suis un anarchiste, et le roi, je veux assassiner !

Je suis un anarchiste, et Rubio va te faire voir, malappris !

Ne touche pas à nos serveurs, sinon je t’assassinerai toi aussi !

TRUMPETTE DE LA MORT

TRUMPETTE DE LA MORT

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Published by Marco Valdo M.I.
24 août 2026 1 24 /08 /août /2026 15:10

Agent de l’Étranger


 

Chanson française – Agent de l’Étranger – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 

 

 

 

L’OGRE DÉVORE SES ENFANTS

 

Francisco de Goya – circa 1820

 

 

 

 

 

Épisode 320


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

Dans quel diable de pays, demande Lucien l’âne, n’y a-t-il pas des agents de l’étranger ? À mon sens, il y en a partout ; c’est un fait très banal et j’irais jusqu’à dire, normal. Ne fût-ce que l’ambassadeur et tous ceux qui l’entourent. Je ne vois rien là de très particulier qui vaudrait une chanson.


 

D’accord, Lucien l’âne mon ami, c’est une situation banale quand ces personnes sont dans des situations telles que celle que tu décris. Mais ce n’est évidemment pas de ça qu’il s’agit. En Zinovie, ce sont ses propres citoyens qui sont obligés de se définir comme des agents de l’étranger, même et surtout quand ce n’est pas le cas.


 

Et pourquoi donc ?, demande Lucien l’âne.


 

Tout simplement, répond Marco Valdo M.I., car ils sont critiques du régime et dénoncent la dictature du Guide et de ses acolytes. C’est notamment le cas des journalistes et des artistes, des écrivains et de façon générale, tous les opposants, y compris de rares élus de l’infime opposition officielle. Et cette infamie n’est qu’un début, car suivent bientôt les insultes, les poursuites, les perquisitions, les arrestations, les procès univoques et l’enfermement dans une cellule de prison ou dans un camp ou dans un hôpital psychiatrique. De ces traitements, peu d’entre eux se remettent vraiment. Souvent, ils meurent de façon mystérieuse. Voilà ce que sont en Zinovie les agents de l’étranger : des citoyens ordinaires qui ont juste le défaut de critiquer le Guide et de s’opposer, ne fût ce que verbalement ou par écrit, à toutes les vilenies du pouvoir. Et leur sort n’est pas enviable, car ils sont ostracisés dans leur propre pays, ils sont mis en quarantaine comme s’ils étaient porteurs d’une maladie mortelle et pouvaient en répandre les germes. C’est d’ailleurs d’une certaine façon la vérité ; le régime réagit contre ce qu’il considère comme un virus qui en s’épandant créerait une épidémie qui emporterait le Guide et toute sa bande.


 

« Vous devez le savoir, dit Grand-Mère,

C’est une chose claire,

Je suis un agent de l’étranger,

Quelqu’un qu’on ne peut fréquenter. »


 

Je vois ça d’ici, dit Lucien l’âne. On va les dire infréquentables…


 

C’est exactement ce qui se passe, dit Marco Valdo M.I., voici ce qu’en dit Le Trouvère – lui aussi « agent de l’étranger ».


 

« Et moi, dit le Trouvère,

La chose va de soi depuis hier,

Un indésirable, un extrémiste,

Et sans doute, demain, un terroriste. »


 

Et un journaliste, qui sait de quoi il parle et qui connaît le destin de ses confrères qui faisaient leur métier, vient expliquer qu’il ne peut plus travailler au pays et qu’il va fuir, partir en exil.


 

« Alors, je suis venu vous dire

Que je m’en vais ;

Avant d’être condamné

Et pour longtemps, emprisonné. »


 

Il a raison, dit Lucien l’âne, à partir d’un certain moment, il vaut mieux fuir. Que raconte-t-elle d’autre ensuite la chanson ?


 

Eh bien, continue Marco Valdo M.I., dans le troisième douzain, elle conte l’histoire détaillée de ce qui arrive à tous ces gens. Notamment celle d’un opposant empoisonné au camp qu’on punit même après sa mort en l’enterrant en prison de sorte qu’on ne peut savoir vraiment de quoi il est mort.


 

« Par sûreté, on nous enterre en prison,

Ainsi s’éteint notre dernier son.

Même mort, on nous ostracise

Et notre exil intérieur s’éternise. »


 

Quelle pétaudière !, dit Lucien l’âne. Un jour ou l’autre, elle explosera, à moins que, miracle, le régime se dissolve de lui-même.


 

N’y compte pas trop, répond Marco Valdo M.I., les gens installés tiennent à leurs positions et à leurs avantages et ils ne sont pas près de laisser leur place à la mangeoire. Mais la fin de la chanson décrit le Guide comme l’Ogre qui dévore ses enfants.


 

« L’Ogre habite le palais,

La bête absurde dévore sans arrêt

Les hommes par millions… »

 

Je te laisse deviner la fin…


 

Certes, dit Lucien l’âne, je vais le faire, car j’imagine qu’elle raconte la mort du Guide et ce qui s’ensuit.


 

C’est exactement ça, enchaîne Marco Valdo M.I. et le la disparition du Guide, il s’ensuit une fête immense et ce que deviendra le Guide en son cercueil.


 

« Au son des carillons,

On fêtera la mort du dragon.

Et l’immonde bouffi de tant d’orgueil

Grouillera à l’étroit dans son cercueil. »


 

Pouah !, conclut Lucien l’âne, je ne voudrais pas trop voir ce grouillamini et puis, je plaindrais les vers obligés de digérer pareil pâté. Enfin, en attendant tissons déjà le linceul de ce vieux monde pourri, moisi, corrompu, décomposé, gangrené et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Vous devez le savoir, dit Grand-Mère,

C’est une chose claire,

Je suis un agent de l’étranger,

Quelqu’un qu’on ne peut fréquenter.

Et moi, dit le Trouvère,

La chose va de soi depuis hier,

Un indésirable, un extrémiste,

Et sans doute, demain, un terroriste.

Et moi aussi, dit le Veilleur,

On me poursuit,

Mais c’est une erreur.

Alors, je fuis, je vis la nuit.

 

Le journaliste dit : Moi aussi,

On me traite en ennemi.

Je ne fais que dire

Le meilleur et le pire.

C’est mon métier,

Je le fais en entier.

Les gens ne peuvent plus me parler,

Ni me saluer, ni même me sourire.

Alors, je suis venu vous dire

Que je m’en vais ;

Avant d’être condamné

Et pour longtemps, emprisonné.

 

Attrapez, identifiez, cernez !

Ne les laissez pas s’échapper !

Même exilé, on est empoisonné.

Au tribunal, on est toujours condamné.

Arrêté, en cellule, on tue le temps,

Et le temps nous tue, et on meurt au camp

Et le mur du silence écrase

Notre parole la plus rase.

Par sûreté, on nous enterre en prison,

Ainsi s’éteint notre dernier son.

Même mort, on nous ostracise

Et notre exil intérieur s’éternise.

 

L’Ogre habite le palais,

La bête absurde dévore sans arrêt

Les hommes par millions,

Impose aux femmes sa dévotion

Et prépare les enfants

À l’héroïsme militant.

Un jour, tu verras

Le pays se réveillera ;

Au son des carillons,

On fêtera la mort du dragon.

Et l’immonde bouffi de tant d’orgueil

Grouillera à l’étroit dans son cercueil.

 

 

 


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ;

 

 

 

Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ;

261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut ; 290 : La Guerre depuis cent Ans ; 291. Tout n’est que Cendres ; 292. Cultiver notre jardin ; 293. Soldat, dis-moi ; 294. Trouvère, prends garde !; 295. L’Armée rose ; 296. La Voix des Poètes ; 297. Le grand Banquet ; 298. Tout va pour le mieux ; 299. La Guerre à mille Temps ; 300. Le Banc attend ; 301. Salut beau Militaire ! 302. Le Volcan dans la Ville ; 303. La Grande Parade ; 304. Le Souffle au Cœur ; 305. Que reste-t-il de tous ceux-là ?; 306. Ça tangue dans l’entrepont ; 307. Les Furies ; 308. Le Trou du Guide ; 309. Les Métamorphoses ; 310. L’Asphyxie ; 311. Hier encore ; 312. Les Gens ordinaires ; 313. L’Étoile noire ; 314. Le Saboteur ; 315. Le Terminus ; 316. Les Femmes des Soldats inconnus ; 317. Les Mouches ; 318. La Raffinerie ; 319. L’Éradication

L’OGRE DÉVORE SES ENFANTS – Francisco de Goya – circa 1820

L’OGRE DÉVORE SES ENFANTS – Francisco de Goya – circa 1820

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Published by Marco Valdo M.I.
23 août 2026 7 23 /08 /août /2026 11:43
LE BAPTÊME CIVIL

 

 

Version française – LE BAPTÊME CIVIL – Marco Valdo M.I. – 2026

Chanson italienne (Laziale Romanesco) – Er battesimo civileTrilussa – 1912

 

 

 

 

LE BAPTÊME DE CLOVIS

 

vers 1150

 

 

Ils se font appeler « Cialtroni sul palco » [« Garnements sur scène »] : ils sont anarchistes, romains à 100 %, exubérants et boivent comme des citernes. Quand, il y a quelques jours, Daniela et moi sommes arrivés au « Festival du 16 août » qui se déroule à Roccatederighi, en pleine Maremme de Grosseto, ils étaient à une table à « répéter », c’est-à-dire boire et faire un vacarme inénarrable, en chantant sur l’air de « La società dei magnaccioni » un inoubliable « Ma che ce frega / d’Alessio Lega » [Qu’est-ce qu’on en a à foutre d’Alessio Lega?] (qu’ils auraient dû chanter le jeudi 20 au soir, aux côtés d’Alessio Lega qui a malheureusement dû déclarer forfait en raison d’un malheureux incident). La fameuse soirée du jeudi 20, au cours duquel la Banda Putiferio aurait également dû se produire, c’est justement le putiferio [tintamarre] qui s’est déchaîné sur Roccatederighi : une véritable tempête de pluie torrentielle, de tonnerre et d’éclairs. On aurait vraiment dit que le Père étrnel, noir de rage en raison des propos sans cesse très irrespectueux que lui adressait une nombreuse bande d’anarchistes complètement ivres, avait voulu se venger. Eh bien, se réfugiant tant bien que mal sous un auvent, au risque de se faire tous foudroyer, puis plongés dans le noir à cause d’une coupure d’électricité qui a touché toute la région, les Cialtroni sul Palco ne se sont pas laissés abattre (mais évidemment… ! D’un souffle, ils auraient abattu un rhinocéros) et ils ont poursuivi un véritable spectacle spectaculaire et sensationnel. Au cours duquel, justement, ils ont interprété (en le récitant) ce sonnet de Trilussa, méconnu de la plupart, datant de 1912. Un vrai (dé)baptême civil d’une petite fille prénommée Anarchia, arrosé de Frascati et devant un étendard rouge et noir (manifestement ni celle du Milan, ni de Foggia). Longue vie à Anarchia ! Et voilà, au milieu de la tempête, on lui a mis dans le cul encore une fois. La prochaine fois, qui sait ce qu’il nous enverra : un tremblement de terre, des sauterelles, l’ange exterminateur de Buñuel… [RV 23-8-2026]

 

 

 

Pour ne pas faire un vrai baptême,

J’ai baptisé ma petite fille

Avec du vin de Frascati, sur le comptoir du bar,

Devant un étendard rouge et noir.

 

Zi' Pippo, l’hôte, prêtre pour la soirée,

Présenta ma petite fille, l’appela Anarchie,

Et blasphéma la Vierge Marie

Par égard pour la libre pensée ;

 

Après deux ou trois verres, le bonhomme,

À cheval sur son tonneau de Frascati,

Fit un… vers et dit tout un poème ;

 

La demoiselle, à voir cette scène,

Regardait les invités

Comme pour dire : « Ça commence bien ! »

 

 

 

 LE BAPTÊME DE CLOVIS – vers 1150

LE BAPTÊME DE CLOVIS – vers 1150

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Published by Marco Valdo M.I.
11 août 2026 2 11 /08 /août /2026 17:41

L’Éradication


 

Chanson française – L’Éradication – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

 

 

 

 

LE PASSÉ BROUILLÉ

Dmitry Innokentievich Berezovsky – circa 1950

 

 

 

Épisode 319


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

L’éradication, Lucien l’âne mon ami, c’est l’élimination, la destruction, l’arrachement jusqu’aux racines. C’est une terrible chose et plus effroyable encore quand on l’impose à tout un peuple et même, historiquement, à plusieurs et dans le futur, sans doute encore à d’autres. Il s’agit en quelque sorte de promouvoir l’assimilation de populations entières (contre leur gré, évidemment) à un empire, à une nation, à un peuple supposé supérieur. C’est le sens du premier douzain :


 

« De ce peuple esclave encore debout,

On va changer les bases.

On ne laissera pas un bout,

De sa vie, de sa langue, de sa culture,

On l’étouffera sous notre dictature. »


 

Ce n’est malheureusement pas une chose nouvelle, dit Lucien l’âne. J’ai vu ça depuis la plus haute Antiquité. Cependant, j’ai vu aussi tous les empires s’effondrer les uns après les autres et ça, c’est rassurant.


 

J’ajoute, dit Marco Valdo M.I., dans toute cette chanson, il y a des réminiscences de chansons françaises que tu as certainement entendues. Dans le premier, il y a des allusions à Eugène Pottier et L’Internationale, à Jacques Prévert (Les Feuilles mortes) et à Jacques Dutronc (On nous cache tout, on nous dit rien – Paroles de Jacques Lanzman). Je te laisse les retrouver. Elles ont souvent approximatives pour deux raisons : la première est que je tire de ma mémoire et la seconde, c’est que ce ne sont pas des citations.


 

Assurément, je vais le faire, dit Lucien l’âne. Mais je ne dirai rien non plus. Et ensuite, qu’y a-t-il d’autre ?


 

Pour en revenir aux allusions, dit Marco Valdo M.I., ce deuxième douzain est quasiment tiré de cette chanson de Prévert, chantée par Yves Montand et bien des autres : Les Feuilles mortes. Cependant, elle parle de la même guerre que la Zinovie fait au pays voisin.


 

« Les jours heureux de l’autre pays,

Quand la vie était si belle

Et le soleil plus souriant qu’aujourd’hui.

Là-bas, les cadavres se ramassent à la pelle

Avant de finir dans l’oubli. »


 

En somme, dit Lucien l’âne, ce sont comme des exercices de style, des à la manière de Raymond Queneau. Mais quand même, sur le fond, c’est très violent.


 

Oui, dit Marco Valdo M.I., comme tous les envahisseurs, les Zinoviens sont d’une violence et d’une méchanceté insignes, du moins ceux qui obéissent aveuglément aux désirs et ordres du Guide et de ses officiers. Certains ont de remords ou même, ont réussi à s’échapper de cette emprise et à retrouver leur humanité. C’est le cas du lieutenant de cette chanson, qui en fait, s’il est présent dans ce « groupe de paroles » est un déserteur et à tout le moins, un opposant au régime et à sa guerre. Cela dit, le reste de la chanson parle du Guide sous divers angles. Le troisième douzain fait était du grand rêve d’immortalité historique du Guide, qui se compare à un Dieu. Cependant, on le verra dans sa confession intime, le Guide voit son rêve commencer par le même cauchemar qui le poursuit depuis toujours. Il vit très mal sa nullité humaine. Il le fait à la manière d’Édith Piaf, dans un chanson très sensible : Non, rien de rien (paroles de Michel Vaucaire). Voilà pour le cauchemar :


 

« Non rien de rien,

Non, je ne regrette rien.

Ni les gens que j’étouffais,

Ni le mal que j’ai fait.

Guide, je suis vide, je ne suis rien.

Un rien de rien, un moins que rien. »


 

Et la vérité de son rêve caché, enfoui sous des montagnes taciturnes, mais qui s’entend jusqu’au bout du cosmos :


 

« Je veux être célébré, vénéré.

Comme un dieu, j’incarne le passé.

De moi, je veux un musée gigantesque,

Une mémoire, des statues titanesques. »


 

Je vois, dit Lucien l’âne, encore un ego en délire. Ce sont des gens épouvantables stupides et dangereux. Ils ne voient pas plus loin que leur fatuité. L’ennui, c’est qu’il en a tant à la tête des empires, même des plus grands. Et toute notre philosophie n’y pourra rien. Juste la mort peut y mettre un terme.
 

En effet, dit Marco Valdo M.I., la mort seule pourra régler la question du Guide, mais il risque d’y avoir un successeur. Comment débarrasser l’espèce humaine de telles tares ? Ce qui rassure, c’est parfois, on arrive à les tenir à l’écart, mais ils sont pires que les mauvaises herbes. Cette hydre ressort toujours de son marais. Et le dernier douzain est le récit d’une jeune personne venue spécialement du fin fond du pays pour raconter le miracle du Guide, car le Guide fait des miracles.


 

« Le Guide fait des miracles.

À la pompe, en file dans nos bagnoles,

Depuis des jours, on attendait le pétrole.

Et le Guide est arrivé chez nous,

Et le pétrole a coulé à flots, »


 

Il est vrai que ça ne dure que ce que dure le temps de son passage ; les miracles du Guide sont éphémères. Tout est dit dans la chanson.


 

« Le Guide était reparti,

Le pétrole s’est tari.

Et nous, en file dans nos bagnoles

Pendant des jours, on attend le pétrole. »


 

Évidemment, dit Lucien l’âne, c’est toujours ainsi avec les miracles. Ce sont des simulacres, des coups montés, des tours de passe-passe, vite périmés. Quant à nous, on n’a rien de magique et il nous faut tisser jour après jour, comme de simples canuts, le linceul de ce monde aberrant, assassinat, miraculant, faux, falsifiant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Là-bas, dit le lieutenant, on replace

Les statues des fantômes sur les places.

Là-bas, dit le lieutenant, plus rien n’est stable.

On efface tout comme la mer sur le sable.

On casse tout, on n’oubliera rien.

On détruit tout, on ne laissera rien.

Du passé, on fait table rase.

De ce peuple esclave encore debout,

On va changer les bases.

On ne laissera pas un bout,

De sa vie, de sa langue, de sa culture,

On l’étouffera sous notre dictature.

 

Dans l’Histoire, le Guide ne veut voir

Perdurer que sa seule gloire ;

Pour le futur, le Guide ne veut avoir

Dans le souvenir qu’une seule mémoire.

Le Guide n’aime pas qu’on rappelle

Les jours heureux de l’autre pays,

Quand la vie était si belle

Et le soleil plus souriant qu’aujourd’hui.

Là-bas, les cadavres se ramassent à la pelle

Avant de finir dans l’oubli.

Et le monde ne va jamais oublier

Ce que le Guide voudrait tant effacer.

 

La nuit, le Guide confesse

L’ennui insondable de sa détresse :

Non rien de rien,

Non, je ne regrette rien.

Ni les gens que j’étouffais,

Ni le mal que j’ai fait.

Guide, je suis vide, je ne suis rien.

Un rien de rien, un moins que rien.

Je veux être célébré, vénéré.

Comme un dieu, j’incarne le passé.

De moi, je veux un musée gigantesque,

Une mémoire, des statues titanesques.

 

Le Guide se donne en spectacle :

Le Guide fait des miracles.

À la pompe, en file dans nos bagnoles,

Depuis des jours, on attendait le pétrole.

Et le Guide est arrivé chez nous,

Et le pétrole a coulé à flots,

À moitié prix, le plein de nos autos.

Deux jours entiers et puis, ce fut tout.

Le Guide était reparti,

Le pétrole s’est tari.

Et nous, en file dans nos bagnoles

Pendant des jours, on attend le pétrole.

 

 


 

LA ZINOVIE


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 


Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ;

Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ;

211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut ; 290 : La Guerre depuis cent Ans ; 291. Tout n’est que Cendres ; 292. Cultiver notre jardin ; 293. Soldat, dis-moi ; 294. Trouvère, prends garde !; 295. L’Armée rose ; 296. La Voix des Poètes ; 297. Le grand Banquet ; 298. Tout va pour le mieux ; 299. La Guerre à mille Temps ; 300. Le Banc attend ; 301. Salut beau Militaire ! 302. Le Volcan dans la Ville ; 303. La Grande Parade ; 304. Le Souffle au Cœur ; 305. Que reste-t-il de tous ceux-là ?; 306. Ça tangue dans l’entrepont ; 307. Les Furies ; 308. Le Trou du Guide ; 309. Les Métamorphoses ; 310. L’Asphyxie ; 311. Hier encore ; 312. Les Gens ordinaires ; 313. L’Étoile noire ; 314. Le Saboteur ; 315. Le Terminus ; 316. Les Femmes des Soldats inconnus ; 317. Les Mouches ; 318. La Raffinerie

 

LE PASSÉ BROUILLÉ – Dmitry Innokentievich Berezovsky – circa 1950

LE PASSÉ BROUILLÉ – Dmitry Innokentievich Berezovsky – circa 1950

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Published by Marco Valdo M.I.
8 août 2026 6 08 /08 /août /2026 18:53
LA PETITE VILLE
Version française – LA PETITE VILLE – Marco Valdo M.I. – 2026
Chanson italienne - Piccola città - Francesco Guccini - 1972

 

Paroles et musique : Francesco Guccini

Album : Radici

 


 

 


 

Pourquoi ce jeune homme qualifia sa petite ville natale de « foutu bled » on le devine du texte de sa chanson d’il y a cinquante ans, qui évoque toute un après-guerre entre la Via Emilia et l’Ouest américain, les armes et la bille, les sœurs noires, le premier amour, et l’adolescence qui correspond parfaitement aux critères exprimés par Paul Nizan. En réalité, cette petite ville n’est un endroit ni plus ni moins « bâtard » que d’autres ; c’est simplement un lieu où le hasard t’a projeté dans certaines circonstances (sociales, temporelles, etc.). L’après-guerre est le protagoniste de la chanson, bien qu’on ne sache jamais très bien où les après-guerres se fondent dans la période suivante, qui est toujours celle où la mémoire commence à s’éroder jusqu’à un point où, désormais perdue, voire raillée et ridiculisée, on pense et on agit avec détermination pour préparer une autre guerre (qui, bien sûr, sera la dernière) et, bien entendu, une nouvelle « période d’après-guerre » où d’autres viendront passer leur enfance, leur adolescence et leur jeunesse. Puisque nous, en tout cas, nous n’y serons pas, nous ne pouvons que dire, pour conclure, que ce jeune homme, Francesco G., qui a aujourd’hui quatre-vingt-deux ans, a vécu quelque temps dans la grande capitale régionale, « un petit Paris » (par transitivité, on pourrait même dire que Paris est un grand Bologne), puis est retourné vivre parmi ses montagnes et ses châtaigniers, où il attend.

Il a cessé de composer des chansons, il a écrit un livre, seul ou en collaboration, on l’interviewe de temps en temps dans sa cuisine avec ses chats, attendant qu’il dispense sa sagesse (et cela, on le voit bien, l’agace – à juste titre – considérablement) et les médecins doivent lui avoir dit d’arrêter de fumer. Mais une cigarette, j’en suis sûr, il se la ferait bien volontiers. Il y a quelques jours, il est arrivé que cette chanson soit citée ; d’où l’envie de la mettre en ligne. Il va de soi qu’elle est très fameuse, et qu’elle n’aurait aucun besoin d’être glissée parmi les quelque 35 000 chansons d’un site vieux presque vingtenaire et consciemment privé du support des « réseaux sociaux » pour être connu ; le couplet sur la Via Emilia et l’Ouest n’est pas seulement devenu le nom d’un immense concert d’il y a près de quarante ans et d’un album « live », mais il est aussi, pratiquement, entré dans le langage courant et même devenu un proverbe. Qu’il soit donc considéré comme une sorte d’hommage, de coup de fraîcheur de la onzième heure et, peut-être, même de conjuration. [RV]


 


 


 

 

 

Petite ville, bâtard d’endroit ;

À peine né, je te compris, ou était-ce le destin qui, en trois mois, me chassa

Petite ville, je te connais, toi ;

Brouillard et fumée, je ne sais te donner le parfum du souvenir qui améliore.

Mais dans mes pensées, elles sont là les rues d’hier et elles reviennent :

Visages et souffrances et saisons, amours et briques qui parlent.

 

Petite ville, ensuite je revis

Tes pierres inconnues, tes maisons détruites par la guerre ancienne.

Mon étrange ennemie, tu es lointaine,

Avec les péchés parmi les décombres et les jeux épuisés au Florida…

Cent fenêtres, une cour, les voix, les disputes et la misère,

Moi, la montagne au cœur, je découvrais l’odeur de l’après-guerre.

 

Petite ville, vitraux violets, bancs de bois,

Premiers jours d’école, la parole et la triste odeur de la religion.

Vieilles sœurs noires, qui, avec foi,

Ces soirs-là, nous avez donné le sens du péché et de l’expiation…

Nos yeux vous regardaient, mais rêvaient de héros, d’armes et de billes,

Entre la Via Emilia et l’Ouest, courrait la fantaisie vers la prairie.

 

Naïve adolescence, stupide et fausse innocence,

Continence, vide mythe américain de troisième main

Souvent hurlée à mi-voix, puberté malheureuse,

Sur des tons aigus, des sentiments chastes dénigrés, recherchés en vain.

Si je pense à un jour ou à un moment, je retrouve seulement la mélancolie,

Et tout un cauchemar sombre, une période obscure bannie.

 

Petite ville, vieille gamine

Qui me fus si fidèle, à qui je fus si fidèle pendant trois longs mois…

Les coins de rue, témoins de mes songes érotiques,

Frustrations jamais comprises et amours platoniques.

Où es-tu maintenant, que fais-tu, tu refuses encore ou le samedi soir tu te donnes ?

Celles d’aujourd’hui, tu les méprises, ou les envies et sanglotes si elles passent devant toi ?

 

Petite ville, courettes vieilles,

Songes et dieux printaniers, rimes et fois de jeunesse, fillettes désormais vieilles.

Je pleure et je ne regrette pas ta poussière, ta boue, tes vies,

Tes pierres, l’or et le marbre, les taudis…

Tu es si différente maintenant, je suis toujours pareil, toujours différent,

Je cherche les nuits et la fiasque, si je meurs je renais, tout autant.

 

VIA EMILIA

VIA EMILIA

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Published by Marco Valdo M.I.
3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 16:06

 

 

 

 

La Raffinerie

 

Chanson française – La Raffinerie – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

 

 

 

EN VOL VERS LA LIBERTÉ

 

Arkady Alexandrovitch Rylov – 1915

 

 

 

Épisode 318


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

Vois-tu, Lucien l’âne mon ami, depuis des temps immémoriaux, les oies migrent sans se soucier des frontières humaines. Chaque année, elles passent et repassent dans le ciel. Elles font un bruit très reconnaissable ; on lève la tête, on les voit et c’est un spectacle fascinant et banal. Maintenant, on entend un bruit, on lève la tête, on voit passer d’autres oies. C’est ce que conte la chanson.


 

« Ce soir, le ciel est tout bleu.

Les oies à grand bruit

Volent en triangle vers la nuit. »


 

Il y a donc, demande Lucien l’âne, deux sortes d’oies ?


 

En quelque sorte, oui, répond Marco Valdo M.I. Deux sortes d’oies : les oies de chair et de plumes et les oies mécaniques ; les oies de paix et les oies de guerre. On abat ces dernières et les débris incendient le pays.


 

« On en fait des hécatombes.

Mais les bris d’oiseaux incendient

Les usines, les dépôts, les raffineries. »


 

Quoi, dit Lucien l’âne, des morceaux d’oies mettent le pays en feu ?


 

Ces oies ravageuses, Lucien l’âne mon ami, ne sont rien d’autre que des engins volants qui s’en viennent du pays envahi pour détruire ou incendier des objectifs qui ont une incidence militaire et guerrière : des radars, des centres de commandement, des positions d’artillerie, des camps, des postes de commandements, des aérodromes et bien évidemment aussi, des raffineries, des centrales électriques, des entrepôts, des usines d’armement, des ponts, des voies de chemin de fer. C’est de la légitime défense face à l’envahisseur. Quant aux morceaux, aux bris d’oies, c’est le reflet des communiqués militaires de notre armée qui ne veut pas reconnaître son incapacité à arrêter des drôles d’oiseaux. Elle les détruit tous et ce sont des morceaux qui en tombant font les dégâts ; disons que ces euphémismes sont des façons de parler pour rassurer la population, qui bien entendu n’est pas dupe et accuse le pou!voir de mentir.


 

« Nous ne sommes plus intouchables.

Quoi, quoi, quoi ? C’est épouvantable !

Nulle part on n’est à l’abri.

Mais qui donc nous a menti ? »


 

Oh, dit Lucien l’âne, la propagande peut cacher les choses un moment, mais le réel finit toujours par percer. Mais ensuite…


 

Ensuite, reprend Marco Valdo M.I., il y a l’odeur qui envahit tout le paysage, toute la ville. C’est l’odeur des incendies et nul ne peut l’arrêter, elle s’insinue partout et elle imprègne tout. C’est la senteur de la guerre, c’est le parfum de la peur qui saisit les gens plus encore que les cris des sirènes.


 

« Et on la sent, et on la ressent

Du matin au soir, tout le temps.

Cette mystérieuse puanteur,

C’est la marque de la peur. »

 

Je vois, dit Lucien l’âne, la guerre est dans la ville ; on ne peut plus faire semblant de l’ignorer et les gens commencent en ressentir le prix jusque dans leur lit.


 

Et le dernier douzain, continue Marco Valdo M.I., pose la question embarrassante pour le pouvoir. C’est une femme qui parle. Elle regrette la paix et le bel avenir qu’elle imaginait et raille le discours officiel en interpellant la Victoire, qui devait être une simple formalité de quelques jours et qu’on attend depuis des années. Viendra-t-elle un jour, d’ailleurs ? Et la Victoire répond :

 

« Victoire, où es-tu passée ?

Partie au loin sur les nuages,

Je suis désolée,

Je n’étais qu’un mirage. »

 

Et entretemps, la guerre continue et d’autres gens meurent pour satisfaire le rêve absurde d’un vieillard débile. Bientôt, si la Zinovie n’arrête pas son agression, si elle ne ramène pas tous ses soldats chez elle, il y aura deux millions de morts et Girofla, tout ça pour rien. Allons, tissons le linceul de ce vieux monde égrotant, gâteux, sénile, imbécile et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Le pays est bien protégé,

Il ne faut craindre aucun danger.

Le Guide prêche la confiance

Chaque soir à l’écran.

Mais, portée par les vents,

Il y a cette odeur d’essence.

La raffinerie crache le feu.

Nul ne peut approcher.

On ne peut photographier.

Ce soir, le ciel est tout bleu.

Les oies à grand bruit

Volent en triangle vers la nuit.

 

D’où viennent ces oiseaux inconnus ?

Du pays lointain envahi.

Comment arrivent-ils jusqu’ici ?

On ne les a pas abattus ?

Ils tombent, tombent, tombent.

On en fait des hécatombes.

Mais les bris d’oiseaux incendient

Les usines, les dépôts, les raffineries.

Nous ne sommes plus intouchables.

Quoi, quoi, quoi ? C’est épouvantable !

Nulle part on n’est à l’abri.

Mais qui donc nous a menti ?

 

Dans les rues, circule une odeur.

Dans les usines, dans les écoles,

Plane doucereuse cette senteur.

Cette amère fragrance de colle

Diffuse des hauts le cœur.

Le nez pique, les yeux pleurent

Elle serre la gorge, cette toux.

Elle nous poursuit partout,

Et on la sent, et on la ressent

Du matin au soir, tout le temps.

Cette mystérieuse puanteur,

C’est la marque de la peur.

 

La femme dit : En paix,

On vivait tranquillement ;

À l’avenir, on pensait.

On voulait des enfants,

On imaginait un devenir.

Va-t-elle un jour finir ?

Personne ne sait quand,

Nul ne sait comment.

Victoire, où es-tu passée ?

Partie au loin sur les nuages,

Je suis désolée,

Je n’étais qu’un mirage.

 

 

 


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ;

Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ;

191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut ; 290 : La Guerre depuis cent Ans ; 291. Tout n’est que Cendres ; 292. Cultiver notre jardin ; 293. Soldat, dis-moi ; 294. Trouvère, prends garde !; 295. L’Armée rose ; 296. La Voix des Poètes ; 297. Le grand Banquet ; 298. Tout va pour le mieux ; 299. La Guerre à mille Temps ; 300. Le Banc attend ; 301. Salut beau Militaire ! 302. Le Volcan dans la Ville ; 303. La Grande Parade ; 304. Le Souffle au Cœur ; 305. Que reste-t-il de tous ceux-là ?; 306. Ça tangue dans l’entrepont ; 307. Les Furies ; 308. Le Trou du Guide ; 309. Les Métamorphoses ; 310. L’Asphyxie ;

311. Hier encore ; 312. Les Gens ordinaires ; 313. L’Étoile noire ; 314. Le Saboteur ; 315. Le Terminus ; 316. Les Femmes des Soldats inconnus ; 317. Les MouchesÉpisode 272 : [[69540]] ; Épisode 273 : [[69566]] ; Épisode 274 : [[69606]] ; Épisode 275 : [[69620]] ; Épisode 276 : [[69640]] ; Épisode 277 : [[69676]] ; Épisode 278 : [[69700]] ; Épisode 279 : [[69716]] ; Épisode 280 : [[69727]] ; Épisode 281 : [[69741]] ; Épisode 282 : [[69775]] ; Épisode 283 : [[69808]] ; Épisode 284 : [[69825]] ; Épisode 285 : [[69861]] ; Épisode 286 : [[69867]] ; Épisode 287 : [[69882]] ; Épisode 288 : [[69908]] ; Épisode 289 : [[69926]] ; Épisode 290 : [[69947]] ; Épisode 291 : [[69957]] ; Épisode 292 : [[69975]] ; Épisode 293 : [[69991]] ; Épisode 294 : [[70010]] ; Épisode 295 : [[70020]] ; Épisode 296 : [[70039]] ; Épisode 297 : [[70061]] ; Épisode 298 : [[70076]] ; Épisode 299 : [[70096]] ; Épisode 300 : [[70131]] ; Épisode 301 : [[70146]] ; Épisode 302 : [[70179]] ; Épisode 303 : [[70222]] ; Épisode 304 : [[70234]] ; Épisode 305 : [[70278]] ; Épisode 306 : [[70304]] ; Épisode 307 : [[70309]] ; Épisode 308 : [[70323]] ; Épisode 309 : [[70331]] ; Épisode 310 : [[70359]] ; Épisode 311 : [[70374]] ; Épisode 312 : [[70395]] ; Épisode 313 : [[70403]] ; Épisode 314 : [[70408]] ; Épisode 315 : [[70414]] ; Épisode 316 : [[70429]] ; Épisode 317 : [[70477]] ;

EN VOL VERS LA LIBERTÉ – Arkady Alexandrovitch Rylov – 1915

EN VOL VERS LA LIBERTÉ – Arkady Alexandrovitch Rylov – 1915

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Published by Marco Valdo M.I.