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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:24

Le travail, c'est la santé

 

Chanson française - Le travail, c'est la santé – Henri Salvador – 1965

 

Texte de Maurice Pon

 

 

Finalement, Lucien l'âne mon ami, la voici cette chanson dont des millions de travailleurs ont fait leur chant de combat au grand dam des responsables des organisations qui les encadrent et qui promeuvent (encore !!! Si, si....) la « valeur sûre » du travail et à la grande terreur des patrons. Cette chanson, ils ont toujours voulu la ramener, la réduire au rang d'un chansonnette un peu ridicule et simplette. Mais il faut savoir lire entre les lignes et voir que dénoncer ainsi le travail est une œuvre de salubrité publique. En règle générale, le travail – comme l'alcool – tue lentement, sauf accident... et il y en a... Beaucoup ! Alors, on meurt tout de suite ou on est mutilé à vie...

 

Oui, en effet, dit Lucien l'âne en baillant comme une baleine. Moi, le travail, ça me tue. Et voilà bien une chanson qui réduit en miettes un des slogans les plus affectionnés de la propagande des riches : « Le travail, c'est la santé ! »... Quelle blague ! C'est tout aussi fou qu' « Arbeit macht frei – Le travail rend libre ». Mais ici, la solution, le traitement approprié est donné immédiatement dans la chanson : « rien faire, c'est la conserver ».

 

Tu as raison, Lucien l'âne mon ami, cette chanson quand on écarte toute la déconsidération, tout le mépris, tout l'opprobre, toute l'ignominie dont on l'a accablée pour cacher son sens réel qui est le rejet du travail mercenaire et de l'exploitation humaine, on voit bien qu'elle dit une vérité fondamentale. Toutes les études le démontrent . Je le répète : « Le travail est néfaste pour l'homme – pour l'âne aussi... Le travail tue ». Cette chanson met au jour directement le fond de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les obliger (précisément) à travailler de sorte à pouvoir les exploiter, à s'enrichir, à accroître leurs profits, à étendre leur pouvoir, à renforcer leur domination... D'ailleurs, au-delà de cette chanson, on voit bien que cette guerre fait rage tous les jours. L'Europe, l'institutionnelle, leur Europe fait la chasse aux chômeurs, aux pauvres et même, aux handicapés.

 

Quoi ? Dit Lucien l'âne éberlué...

 

Oui, Lucien l'âne mon ami, tu m'as bien entendu. Leur Europe fait la chasse aux handicapés, comme elle le fait aux réfugiés, aux émigrés... Un commissaire européen (un certain De Gucht) vient de déclarer qu'il y avait « trop de handicapés » en Wallonie. Ici, au cœur de l'Europe, aujourd'hui et nos bons nationalistes de notre Nord à nous (Vlaanderen et leur parti, la NVA, ce qui correspond à la Lega, au Front National... Bref, des néo-fascistes) accusent notre Sud à nous (Wallonie) d'abriter trop de handicapés... Pour les chômeurs, ils le disaient déjà depuis longtemps...

 

Mais, dit Lucien l'âne, ça me rappelle quelque chose. On a déjà entendu ça dans l'Allemagne de tes histoires à partir des années 1920... et en Italie, à la même époque. Bon sang, voilà que ça recommence...

 

Oui, Lucien l'âne mon ami, ça recommence. En fait, ça n'a jamais cessé. Cette foutue Guerre de Cent Mille Ans, comme je te l'ai souvent dit, ne cessera que lorsque les riches, la richesse, la poursuite infantile et absurde de l'avoir et du pouvoir cesseront... En attendant, nous devons continuer à tisser, comme les Canuts, le linceul de ce vieux monde obstinément idiot, oppresseur, exploiteur, tuant et cacochyme.

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Le travail, c'est la santé.
Rien faire, c'est la conserver.
Les prisonniers du boulot
Ne font pas de vieux os.

Ces gens qui courent au grand galop,
En auto, métro ou vélo,
Vont-ils voir un film rigolo?
Mais non, ils vont à leur boulot!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.


Ils bossent onze mois pour les vacances
Et sont crevés quand ils en ont, ben, ils sont morts!
Un mois plus tard, ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot!!!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.

Dire qu'il y a des gens en pagaille
Qui courent sans cesse après le travail.
Moi, le travail me court après.
Il n'est pas près de me rattraper!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.


Maintenant, dans le plus petit village,
Les gens travaillent comme des sauvages
Pour se payer tout le confort.
Quand ils en ont, ben, ils sont morts.

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.

Hommes d'affaires et meneurs de foules
Travaillent à en perdre la boule
Et meurent d'une maladie de cœur.
C'est très rare chez les pétanqueurs!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.

 

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Published by Marco Valdo M.I.
25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:20

AU BONHEUR DES ITALIENS

 

Version française - AU BONHEUR DES ITALIENS – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne - Gli italiani son felici – Skiantos – 1987

 

Ce n'est pas exactement une CCG DOC (Chanson contre la Guerre – Dénomination d'Origine contrôlée) mais, peut-être, trouver sa place parmi les nombreuses « chansons de la guerre de cent mille ans que les riches font aux pauvres », comme dirait notre Marco Valdo M.I..



Dédicacée aux mesures et aux mesurettes sur le dos des habituels idiots (nous), aux Tremonti (Ministre de l'Économie et des Finances...) et au crépuscule de notre « Paese scarpa » (littéralement « pays soulier », en référence à la forme de botte de l'Italie – titre d'une autre chanson des Skiantos), toujours pour citer les Skiantos.



Voici une chanson comme je les aime, dit Marco Valdo M.I. à Lucien l'âne qui pendant ce temps s'étire col, échine, pied avant droit, pied arrière droit, pied avant gauche, pied arrière gauche et la queue. Ironique à souhait... J'aime les chansons qui manient la dérision et l'auto-dérision comme des marteaux-pilons.



Moi aussi, dit l'âne Lucien en continuant à assouplir sa carcasse matinale. Mais dis-moi, car tu as tout bonnement oublié de le faire, dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, ce que raconte de si désopilant cette chanson et aussi, son titre...



Elle parle du bonheur des Italiens... Du bonheur qu'ils (et nous aussi ici) à se faire exploiter la vie durant, à travailler comme des ânes pour finalement se traîner comme des ânes (presque) morts (ou des âmes mortes) en attendant la fin. Quant au titre, ,il est clair : traduit littéralement :« Les Italiens sont heureux » et en référence à Zola et au groupe rock du même nom « Au bonheur des dames » [[http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_Bonheur_des_dames_%28groupe%29]], le titre de la version française : « AU BONHEUR DES ITALIENS ».



Oh, dit Lucien l'âne tout réjoui, quel bonheur, en effet... Cela me rappelle, comme une lointaine réminiscence, un chanson française qui n'est pas sur le site des CCG et qui, à mes yeux d'âne, aurait dû y être depuis longtemps par son contenu et par son poids de dérision...



Laquelle donc, Lucien l'âne mon ami ?



C'est une chanson toute simple et bourrée d'ironie.. Rien que le titre est déjà d'une belle drôlerie... Elle s'intitule, c'est à ne pas croire : « Le travail, c'est la santé... ». Elle était chantée par Henri Salvador... qui venait de Cayenne... Il en savait un bout sur le travail forcé...



Elle est de fait d'une portée énorme et c'est d'ailleurs pour cela qu'on a tenté par tous les moyens de la noyer dans un bocal de conformisme et Salvador avec elle. Et pourtant, pourtant, elle tourne... pourtant, elle a surnagé à toutes les dérisoires tentatives de la déconsidérer en l'accusant (un comble !) d'être drôle, comique, pas sérieuse, d'être une sorte de galéjade ??? Alors qu'elle est une solide mise en garde, une chanson de combat de tous les travailleurs du monde. Sous ses airs anodins, elle est le pendant nécessaire et joyeux de l'Internationale....



Tu devrais la mettre dans les CCG, je pense, dit Lucien l'âne... En attendant, nous deux, on peut avec nos amis reprendre notre tâche quotidienne et infinie, mais joyeuse elle aussi, de tisser le linceul de ce vieux monde triste, mercantile, exploiteur et cacochyme.



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.





Si tu as déjà été ouvrier

Tu sais par toi-même que ce n'est pas drôle

Peut-être y avait-il la saison

Mais il n'y avait pas l'émotion.

Si tu as déjà été ouvrier

Tu sais par toi-même que ce n'est pas drôle

Et ce n'est pas drôle.

 

Peut-être es-tu pensionné

Car tu as toujours travaillé

Tes sept veines te font mal

Tu te sens assez mal

Peut-être es-tu pensionné

Car tu as toujours travaillé

Hmmmm travaillé...

 

Les Italiens sont heureux

Quand ils font des sacrifices

Les Italiens sont contents

Quand on leur enlève les aliments.

 

Quand tu as, tu as un emploi pépère

Tu vas souvent à la mer

S'il t'advient une frontale

Elle est presque toujours fatale

 

Les Italiens sont heureux

Quand ils font des sacrifices

Les Italiens sont contents

Quand on leur enlève les aliments.

Yeah !

 

Quand tu as, tu as un emploi pépère

Tu vas souvent à la mer

S'il t'advient une frontale

Elle est presque toujours fatale

Quand tu as, tu as un emploi pépère

Tu vas souvent à la mer

À la mer.

 

Les Italiens sont heureux

Quand ils font des sacrifices

Les Italiens sont contents

Quand on leur enlève les aliments.

Yeah !

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Published by Marco Valdo M.I. - dans Skiantos
24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 14:30

CONTRE

Version française – CONTRE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Sono contro – Skiantos – 1987

 

 

 

Je n'y crois pas

À la carrière

À la pension

Au pognon comme solution

 

Je n'y crois pas

Aux panettones

Aux faux artistes, aux paroissiens

Aux percussionnistes napolitains

Aux réalisateurs américains

 

Et je ne me fie pas

Aux barakis

Aux glandeurs et aux Ramazzoti d'occase

Qui fument des Marlboros

Sincéristes, moralistes, antéchrists

Alabanistes, jem'enfoutistes

 

Contre

Moi, je suis contre

Oui, je suis contre

Et à fond

Et je suis prêt à rester contre

Contre

Je suis contre.

 

Je n'y crois pas

Au nucléaire

À la puissance militaire

Au radical de salon

Au bon sens du bigot

Aux nouveaux fans

Des Duran Duran

 

Je ne me fie pas

Je ne me fie pas

 

Je me défie des racistes

Des chantauteurs écologistes

De la tolérance feinte des barbus

Des binoclards, des intellectuels, des prévenus

Des toxicomanes et des vendus.

 

Contre

Moi, je suis contre

Oui, je suis contre

Et à fond

Et je suis prêt à rester contre

Contre

Je suis contre.

 

Contre

Moi, je suis contre

Oui, je suis contre

Et à fond

Contre

Moi, je suis contre

Oui, je suis contre

Et à fond

 

Contre

Et je suis prêt à rester contre

Contre

Je suis contre.

 

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Published by Marco Valdo M.I. - dans Skiantos
21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 21:37

 

ET NOUS SOMMES PARTIS

Version française - ET NOUS SOMMES PARTIS – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – E semm partii – Davide Van De Sfroos – 2001

d'après la version italienne de Gian Piero Testa (2011)





Comme des enfants portés à bras

À ce navire qui ne veut pas partir

Nous retissions la mer de notre œil pointu

Ici, nous avions l'ancre la plus grosse.

 

Comme des enfants soulevés par jeu

Par les ondes brisées qui savent tout,

Vers un horizon avec le soleil au cou,

Se balançant toujours, mais ne tombant jamais.

 

La vague d'hier pousse la vague d'aujourd'hui

L'œil du vieillard a été l'œil d'un garçon.

 

Et nous sommes partis, nous sommes partis

Pour cette Amérique trop vite imaginée

À double face comme la monnaie

Et une valise remplie de rien

Et nous sommes partis, nous sommes partis

Comme des morceaux de verre d'un verre en morceaux

Une vie neuve quand finit la mer

Pendant que l'ancienne te frappe dans le dos...

Et nous sommes partis, nous sommes partis

 

Comme des enfants salués de la main

Par des gens qu'on n'arrive plus à voir,

Des mouchoirs blancs qui ne peuvent voler,

Ils ne nous suivront pas, ils resteront là.

 

Comme des enfants frappés de coups pieds au cul

Par une paire de chaussures neuves

Et leurs yeux brûlent sans bruit,

Ce n'est pas le vent seul, ce n'est pas le sel seul.

 

La vague d'hier pousse la vague d'aujourd'hui

L'œil du vieillard a été l'œil d'un garçon.

 

Et nous sommes partis, nous sommes partis

Pour cette Amérique qui dévore tout

Un gratte-ciel, un révolver

Comme la fortune m'embrassera.

Et nous sommes partis, nous sommes partis

Comme un crachat contre le vent,

Si j'arrive à changer ma vie

Même si ce n'est pas à fond, ce sera mieux que rien

Et nous sommes partis, nous sommes partis

 

Comme des enfants attrapés au vol

Par cette statue qui cache le ciel.

Elle a une face dure et nous regarde bizarrement

Serons-nous sympathiques à la liberté ?

 

Et nous sommes partis, nous sommes partis

Pour cette Amérique trop vite imaginée

À double face comme la monnaie

Et une valise remplie de rien

Et nous sommes partis, nous sommes partis

Comme des morceaux de verre d'un verre en morceaux

Une vie neuve quand finit la mer

Pendant que l'ancienne te frappe dans le dos...

Et nous sommes partis, nous sommes partis

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Published by Marco Valdo M.I. - dans Van De Sfroos Davide
21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 20:32

VIVE LA LIBERTÉ !

 

Version française – VIVE LA LIBERTÉ ! – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson romanesque (italien) – Viva la libbertà! (o Der libbero pensiero)a - Armando Trovajoli – 1973

 

 

Dans « La Tosca », film de Luigi Magni de 1973, tiré de l'opéra de Puccini et du drame de Victorien Sardou ; le morceau est chanté par Gigi Proietti e Umberto Orsini, qui interprètent les ami jacobins Mario Cavaradossi et Cesare Angelotti, devant une Monica Vitti stupéfaite, dans le rôle de Tosca.


Nous sommes les porteurs de la libre pensée

À présent le ciel est encore noir, mais demain il sera éclairé

Vive la liberté !

 

Ici aucune feuille ne bouge si le peuple ne le veut pas

Qui veut régner par le bourreau, par le bourreau périra.

Vive la liberté !

 

Nous sommes les tyrannicides, nous nous armons de couteaux

Et hop à bas de son piédestal le tyranneau

Vive la liberté !

 

L'homme propose, mais le peuple dispose

Le chien a un maître, mais pas l'homme

Vive la liberté ! Vive la liberté !

 

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Published by Marco Valdo M.I.
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 12:37
DON QUICHOTTE

 

Version française – DON QUICHOTTE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Don Chisciotte – Francesco Guccini - 2000

Texte de Giuseppe Dati et Francesco Guccini
Musique di Giuseppe Dati et Goffredo Orlandi

Don Quichotte est interprété par Guccini, Sancho Pança par Juan Carlos "Flaco" Biondini.

 



Excusez-moi si j'apporte un peu d'eau à mon moulin, mais cette strophe : « Il potere è l'immondizia della storia degli umani e, anche se siamo soltanto due romantici rottami, sputeremo il cuore in faccia all'ingiustizia giorno e notte » (Le « pouvoir » est l'ordure de l'histoire des humains, et, même si nous ne sommes que deux romantiques pantins, nous cracherons à la gueule de l'injustice même le dimanche) place de droit cette chanson parmi les CCG, en plus d'être celle qui il y a longtemps m'inspira mon pseudo informatique DonQuijote82.

 

 

Cher Don Quichotte – DonQuijote82,

 

Il y a ici, dit Marco Valdo M.I., je veux dire dans les CCG, une belle bande de personnages qui se réclament du monde insensé des conteurs d'histoire. Une belle bande de trouvères et de troubadours de nos temps perturbés. Tous peu ou prou, redevables de la vie à Cervantès, Chrétien de Troyes, Laurence Sterne, Homère, Léon Tolstoï, Alexandre Vialatte, Italo Calvino, sans oublier Apulée et Carlo Levi. Il y en a certainement bien d'autres... Il suffit de lire la liste interminable des auteurs des chansons... Et Brel... L'Homme de la Manche [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=39065]], que je placerai ici aussi – et pour les mêmes raisons de droit. Ce sera aussi un peu à ton intention... Strophe pour strophe, voici celle du grand Jacques, devenu pour plus de cent-cinquante soirs Don Quichotte lui aussi : «  Pauvre monde, insupportable monde / C'en est trop, tu es tombé trop bas / Tu es trop gris, tu es trop laid / Abominable monde »...

 

Et puis, moi, Lucien l'âne, je me souviens très bien de Don Quichotte et de l'aventure contre les moulins... Car, l'âne de Sancho, en vérité, c'était moi. Mais personne ne l'a jamais su... J'ai donc vu tout cela de très près... Mais enfin, si on veut connaître le détail de nos aventures, il suffit de lire le grand livre de Miguel de Cervantès...

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, je te propose de reprendre parmi nos devises, ces deux vers de la chanson :

« Et, même si nous ne sommes que deux romantiques pantins

Nous cracherons à la gueule de l'injustice même le dimanche »

 

Bonne idée, dit Lucien l'âne, ils viendront s'ajouter à nos autres devises, comme Ora e sempre : Resistenza ! et à notre engagement, directement revendiqué des Canuts, de tisser le linceul de ce vieux monde fleurant bon l'ordure et le gravat, pourrissant, empestant l'acide sueur des pauvres, noyé dans les parfums délétères de la mort et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

[Don Quichotte]

 

J'ai lu mille histoires de chevaliers errants,

D'aventures et de victoires de justes sur les puissants

Pour rester encore enfermé avec mes livres dans cette salle,

Comme un lâche oisif, sourd à toute souffrance.

Dans le monde d'aujourd'hui, plus qu'hier encore, domine l'injustice

Mais des héroïques chevaliers, nous n'avons plus de nouvelles ;

C'est pourquoi, Sancho, on a besoin surtout,

D'un généreux élan et peut-être même d'un rêve fou.

Va me chercher ma selle, car mon engagement ardent

Je l'ai promis à ma belle, Dulcinée du Toboso,

À toi, Sancho, je te promets de te gagner un château,

Et je n'accepterai pas un refus. Selle mon étalon, en avant !

Tu seras mon écuyer, mon ombre réconfortante

Avec ce cœur pur, avec mon bouclier et avec Rossinante,

De ma lance, je frapperai l'injustice même le dimanche

Car je suis Don Quichotte de la Manche.

 

 

[ Sancho Pança ]

 

Ce fou n'est pas bien, il a besoin d'un docteur

On ne peut pas le contredire, il n'est jamais de bonne humeur.

C'est la plus triste figure qui soit apparue sur la Terre

Un chevalier sans peur d'une guerre solitaire

Commencée par amour d'une femme connue

Dans une chambre de passe où elle se prostitue

Mais en croyant voir une vraie princesse

Il a voulu à toutes forces faire cette promesse.

Et ainsi, depuis des jours, nous recevons des coups de pied au cul,

Nous ne savons pas où nous sommes, sans manger et sans avoir bu.

Ce fou déchaîné est le plus ingénu des enfants

Et pas plus tard qu'hier, il s'est embroché aux ailes de moulins.

C'est un têtu, un idéaliste, il a trop de songes dans son cerveau,

Moi, qui suis réaliste, je me contenterais d'un château.

J'aurai des terres en abondance quand il me fera gouverneur

Je m'appelle Sancho Pança tant il est vrai que moi aussi, j'ai un cœur.

 

 

[Don Quichotte]

 

Debout, Sancho, il est tard, je ne veux plus dormir encore,

Seuls les cyniques et les couards ne se lèvent pas à l'aurore.

Pour les premiers, ce n'est qu'indifférence et mépris des valeurs

Et pour les autres, c'est une réticence aux devoirs de l'honneur !

L'injustice n'est pas le seul mal qui dévore le monde

La maladie de l'âme de l'homme est bien profonde

Et nous devons faire vite, car plus le temps passe

Et plus l'ennemi se cache et plus la clarté s'efface.

 

 

[ Sancho Pança ]

 

À propos de cet obscurcissement des choses,

L'autre jour quand il a vu ces brebis sans défense,

Il les a attaquées comme si c'était une armée maure

Et à la fin outre les chiens, les bergers le mordirent.

C'était clair comme le jour, n'est-il pas vrai, mon maître ?

Je suis peut-être un couard et je dors, mais je ne suis pas un traître ;

Je crois seulement ce que je vois et pour moi, la réalité reste à la fin

Le seul critère que je possède, comme il est vrai... que j'ai faim !

 

 

[Don Quichotte]

 

Sancho écoute-moi, je te prie, moi aussi j'ai été un réaliste

Mais aujourd'hui désormais je m'en fous et, même si j'ai une bonne vue,

L'apparence des choses, comme tu le vois, m'escroque

Je préfère les surprises de cette âme tyrannique

Qui transforme avec ses trucs la réalité que tu as là devant

Mais t'ouvre de nouveaux yeux et attise tes sentiments.

Avant ce jourd'hui, je m'ennuyais et même, je voulais mourir

Mais à présent, je suis un homme neuf qui ne craint pas de souffrir...

 

 

[ Sancho Pança ]

Monsieur, moi, pour mon malheur, je suis un pauvre ignorant

Et de votre discours abstrait, j'ai compris un grand néant

Mais même si j'admets que votre courage efface ma paresse,

Est-ce que nous réussirons seuls à ramener la justice ?

Dans ce monde où le mal est chez lui et a toujours vaincu,

Où règne le « capital » aujourd'hui plus encor sans pitié

Réussira-t-il avec cette rosse et cet inutile écu

À mettre mat le pouvoir et à sauver le monde entier ?

 

 

[Don Quichotte]

Veux-tu me dire, Sancho, que je devrais faire marche arrière

Car le « mal » et le pouvoir ont un aspect si dégénéré ?

Devrais-je renoncer à un peu de dignité

Me faire humble et accepter leur réalité mercenaire ?

 

 

[Ensemble]

Le « pouvoir » est l'ordure de l'histoire des humains

Et, même si nous ne sommes que deux romantiques pantins

Nous cracherons à la gueule de l'injustice même le dimanche :

Nous sommes les « Grands de la Manche »

Sancho Pança... et Don Quichotte.

 

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Published by Marco Valdo M.I. - dans Francesco Guccini
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 08:05

TÉLÉVISION

 

Version française – TÉLÉVISION – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne (Comasque Laghée) – Televisiòn – Davide Van De Sfroos– 2001

d'après la version italienne de Gian Piero Testa

 

 

 

 

« … il est trop tard désormais, désormais il ne m'importe plus de savoir pourquoi ils allaient sur la lune et ramenaient des cailloux et sur la terre, ils continuent à s'assassiner... »

 

 

 

 

Mon bon et brave ami Lucien l'âne, tu en as de la chance d'être un âne...

 

Ah, oui... et pourquoi ? , demande l'âne Lucien en faisant de ses deux grandes et magnifiques oreilles d'un noir d'encre de Chine de superbes points : d'interrogation avec celle de droite et d'exclamation avec celle de gauche, de sorte qu'il exprime à la fois : par la droite, sa dubitation (comme disait Michel de Montaigne) et par la gauche, sa stupéfaction. Sa dubitation et pas son doute... Car cette dernière est action tandis que le doute est un fait, un état ; en somme, elle est la mise en doute...

 

Pourquoi ? Je vais te le dire, mais ça risque de prendre un peu de temps. En résumé, tu as la chance de ne pas avoir dû subir la télévision et à ce fait, j'attribue ta vivacité d'esprit, ta capacité à réfléchir ainsi que ton ouverture sur le monde. Il faut dire évidemment que depuis plus de deux mille ans que tu le parcours, tu en as vu des choses, tu as eu le temps d'y penser et de les méditer. En vérité, tu mérites bien ton attribut de « somaro », du moins tel que je le conçois.

 

Au fait, je ne te suis plus trop, mon ami Marco Valdo M.I. Ce n'est pas que cela me gêne d'être ce que je suis, d'être un âne, une bête de somme, un « somaro », mais en quoi cela peut-il être gratifiant ? Il faut que tu me l'expliques.

 

Souviens-toi des paysans pauvres de Basilicate qui disaient, ainsi que le rapporte Carlo Levi dans « Le Christ s'est arrêté à Eboli » : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari »... et nous, nous en avons fait notre devise. Et ils avaient raison ces paysans pauvres de Lucanie, c'est bien ainsi que les considèrent les gens de la « Civilisation ». Ce qui ne fut en aucun cas le sort de bien des humains dits civilisés... Civilisé – en gros, dans notre coin du monde et pour l'esprit du temps, cela veut dire « cristiani » –

« chrétiens »... Cette dichotomie, cette opposition implicite faite par les paysans de Lucanie entre cristiani d'une part et somari (c'est-à-dire eux-mêmes) d'autre part, désigne très exactement l'état du monde au temps de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches (civilisés, cristiani, etc...) font aux pauvres (somari, pauvres, etc...) pour accroître leurs richesses et leur pouvoir.

 

Cette division du monde, qui est la conséquence et la cause de cette Guerre de Cent Mille Ans, a l'air fort simple... et pour certains, elle peut sembler simpliste... Je les entends d'ailleurs déjà ces voix de crécerelle...

 

Peut-être est-elle simple, mais elle recouvre une réalité bien complexe ; on la trouve à l'œuvre dans toutes les activités humaines ; elle traverse de part en part toute la vie de l'homme et même, de la Terre...

 

Et qui sait ?, dit Lucien l'âne en souriant à pleines dents. Demain peut-être s'en ira-t-elle dans l'espace... On ne sait jamais avec les progrès...

 

En effet, tu as raison. Ce pourrait bien être le cas, si on ne résout pas cette affaire avant ce grand saut... Et comme je l'ai déjà exposé, seule la disparition de la richesse, de l'idée-même de richesse, de cette poursuite infantile de l'avoir, de ce voyage dans l'avide, de cette manie de l'accumulation peut mettre un terme à cette Guerre, dont toutes les guerres ne sont que des épisodes. Et c'est dans ce cadre particulier et complexe qu'il faut situer le rôle de la télévision...

 

À propos de la télévision, dit Lucien l'âne, il me semble qu'il n'y a pas très longtemps qu'elle est arrivée dans les maisons et on dirait, à t'entendre, à entendre la chanson, on dirait pourtant qu'elle occupe presque toute la vie des gens. Un peu comme le faisait avant elle, l'église...

 

C'est un peu ça, dit Marco Valdo M.I. Aujourd'hui, disons depuis quelques dizaines d'années, la vieille chaîne médiatique (celle qui enchaînait les peuples) qu'était le réseau des églises, celle qui diffusait le message « civilisateur » a été submergée par les chaînes de la télévision. Car, et c'est important de le comprendre, la télévision fonctionne exactement comme l'église ou comme une religion (quelle qu'elle soit d'ailleurs). Il y a là au centre un émetteur (et sa structure) qui diffuse la bonne parole, via un nombre incalculable (ou presque) de relais, et de ce fait, impose sa vision du monde, c'est-à-dire ses propres intérêts à l'ensemble (ou presque) de l'humanité. Pour les détenteurs du pouvoir et donc de la télévision, il s'agit d'inculquer l'image de « leur société » dans la conscience, c'est-à-dire imprimer le modèle de « leur société » au cœur-même de la conscience (au sens où on dit « il a repris conscience ») de chacun, au plus profond de ce qu'en d'autres temps, on nommait l'âme ; il s'agit en réalité d'agir sur le processus vital, d'imposer le modèle unique et – enfoncez-vous bien ça dans la tête... – le seul possible. Pour ce faire et pour que cela fonctionne au mieux, il faut court-circuiter toute autre voie de réflexion, de fonctionnement, d'action... il faut éteindre toute source de divergence et dès lors, empêcher tout phénomène concurrent ou perturbateur afin de pouvoir installer une vision du monde (et une seule) et une façon de penser conformes à l'objectif poursuivi... Comme on ferait pour le dressage d'un chien. Dans cet exercice (du pouvoir), la télévision est un instrument presque parfait en ce qu'elle éteint toute velléité de pensée grâce à son effet hypnotique.

 

J'ai aussi la nette impression qu'elle cherche à noyer tout le monde dans une sorte de mélasse sirupeuse et plus que tout, à disqualifier la pensée, la réflexion, la méditation... « Vu à la télé »... Elle paralyse et séquestre...Elle enserre comme une pieuvre... Comme il est dit dans la chanson : « Assis dans mon divan, enfermé chez moi... J'ai la télécommande et je ne dois même plus me lever. »

 

Oui, oui, de plus, elle tente d'imposer l'idée que ce qui n'apparaît pas à la télévision, ce qui n'est en quelque sorte sanctifié par l'écran n'est pas digne d'exister, n'est pas à prendre en considération... C'est la recette des religions, c'est la recette de la publicité commerciale, c'est la recette de la politique où le produit vanté est le politicien lui-même.

 

Si j'ai bien compris l'effet hypnotique, c'est une sorte de lanterne magique qui s'allume et qui comme le prestidigitateur capte le regard du spectateur et puis, l'emmène dans une série de tours de passe-passe qui l'empêchent de voir ce qui se passe réellement. La télévision est un éteignoir à pensées. Elle joue un peu les artifices religieux qui pour camoufler les misères terrestres parlent du paradis à venir...

 

 

Certainement, mais il y a une grande différence dans l'efficacité à court terme. Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, la télévision, elle ne promet pas le paradis, elle l'offre. Certaine religion promet au martyr (un croyant qui s'est sacrifié pour la bonne cause) un Eden rempli de jeunes personnes aux charmes ravageurs... La télévision l'offre sur un plateau tous les jours, à toutes les heures... D'où, l'abondance de culs, de fesses, de nichons, de cuisses... sur les écrans et leur nécessaire présence, leur omniprésence. Car la télévision est ubiquitaire, comme Dieu. Dieu est partout ; en fait, Dieu pour être Dieu doit être partout, le même et en même temps – ce que fait très exactement l'écran cathodique. D'où le fait que les écrans sont de plus en plus grands pour voir ce qu'on voit au fond du temple, c'est-à-dire le vide hypnotique.

 

Je ne sais trop comment votre humanité (et nous avec vous) va pouvoir échapper à pareille assuétude et sortir des griffes de pareille bête de proie, ni quand finira la Guerre de Cent Mille Ans, mais ce que je sais, par contre, c'est qu'il nous faut assumer modestement et sans trop barguigner notre tâche qui, tu le sais comme moi, consiste à tisser le linceul de ce vieux monde abondant, avide, arrogant, ambitieux et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Il y eut de tout dans cette télévision :

Nous la regardions au bar posée sur le comptoir,

Des visages en noir et blanc passaient à grande vitesse,

Le monde en blanc et noir dans cette petite boîte...

D'abord, il y en a un qui chante une chanson

Et puis s'interrompt la transmission...

On a tué un Président, police – quel bazar -

Là à Dallas dans une voiture sans capote.

On a dit qu'il était brave, on a dit qu'il était bon,

Mais quand même ils l'ont tué d'un balcon,

On a dit qu'il était brave et il a fait tant de promesses

Et tant d'Étazuniens le pleurent encore à présent...


Télévision, combien de jours combien de nuits dans ce divan

Télévision, combien de jours combien de nuits avec ce bouton


Et nous en Italie, on voyageait en Cinqcents

Et nous changions tant de choses selon le vent,

Arrivait le carrousel avec toutes les nouveautés

Que le jour d'après, nous allions acheter

Le Pape de Bergame qui parlait comme nous

Nous a fait penser à devenir meilleurs

Et encore aujourd'hui que sont passées tant d'années,

Posé peut-être sur le téléviseur,

Tandis qu'on parle de San Remo, de foot ou de destinée.

 

Télévision, combien de jours combien de nuits dans ce divan

Télévision, combien de jours combien de nuits avec ce bouton

 

Et combien de beaux films le lundi soir

John Wayne les descendait tous sans même viser

Et combien de fois Mike Bongiorno le jeudi soir,

Quand tu connaissais la réponse, tu ramenais le blé

Et quand on diffusa les matchs en couleurs

Ce fut comme quand après la pluie le soleil est arrivé

Et tout le monde alors était dans cette balle

Avec la télévision au bureau ou à l'étable

On criait, on buvait comme autant de gâteux !

Convaincus que l'arbitre pouvait nous entendre...

Et ils allaient sur la lune et ils ramenaient des cailloux...

Et par toute la Terre, on continuait à s'assassiner.

 

Télévision, combien de jours combien de nuits dans ce divan

Télévision, combien de jours combien de nuits avec ce bouton

J'ai vu le monde entier et toutes ses villes

Assis dans mon divan, enfermé chez moi.

J'ai vu touts les choses qu'on a voulu me faire voir,

J'ai su toutes les choses qu'on a voulu me faire savoir,

J'ai la télécommande et je ne dois même plus me lever.

Mais désormais il est trop tard, désormais je n'en peux plus

Car ils allaient sur la lune et ils ramenaient des cailloux...

Et par toute la Terre, on continuait à s'assassiner.

Car ils allaient sur la lune et ils ramenaient des cailloux...

Et par toute la Terre, on continuait à s'assassiner.

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 08:59

ASILES D'ALIÉNÉS

 

Version française – ASILES D'ALIÉNÉS – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne (Comasque) – Manicomi – Davide Van De Sfroos – 1995

Texte et musique de Davide Bernasconi [Davide Van De Sfroos]

d'après la version italienne de cauboi.it

 

 

 

 

Je me souviens d'une vie avec des bouteilles et des filles,

À 'steur, j'ai un lit et plein de pastilles

Des fenêtres à barreaux, des anges fatigués

En chemises blanches qui volettent

J'ai dans la tête des flocons étrangers

Des rêves taillés en tranches de rosette

Je dors, je veille peut-être

Ici je n'ai rien de mieux à faire.

 


Asile

Nous allons au lit avec le diable

Asile

Finis les problèmes, désormais, nous sommes fous

Asile

Qui vous a dit que les idiots, c'est nous

 

 

Mille piqûres têtes rasées

Nous sommes les yeux de nos peurs

Dans les hurlements de nos pensées

Nous voyons demain et nos anciennes heures

Ils ne savent plus qui nous sommes et ils viennent nous voir,

Nous ne les connaissons pas et ils viennent nous voir,

Ils ne savent pas quoi dire et ils viennent nous voir,

Nous ne comprenons pas leurs propos bizarres.



Asile

Nous allons au lit avec le diable

Asile

Finis les problèmes, désormais, nous sommes fous

Asile

Qui vous a dit que les idiots, c'est nous

 

Nous sommes les fils d'un soleil froid

Avec une lune jamais où elle doit

Des hommes-plantes, en avance d'une guerre

Des hommes-feuilles couchés à terre

Des yeux perdus sans couleur

Des yeux perdus par l'amour et la terreur

Il y a un grand tohu-bohu dans ma tête,

Vous n'entrerez jamais dans ma tête.

 

Asile

Nous allons au lit avec le diable

Asile

Finis les problèmes, désormais, nous sommes fous

Asile

Qui vous a dit que les idiots, c'est nous.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 20:57

LA FRONTIÈRE

 

Version française – LA FRONTIÈRE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson comasque (italien) – La frontiera – Davide Van De Sfroos - 1995

d'après la version italienne de cauboi.it

 

As, valet, sept, belote

Ils jouent aux cartes la frontière

Ils l'ont volée pendant que je dormais

Et à st'heure, elle est en pièces et ils la vendent

Soldes, escomptes de fin de saison

Il y en a qui en veulent en toutes occasions

Des morceaux de frontière à mettre au jardin

Pour faire la guerre avec mon voisin

« S'il vous plaît, Madame, taleggio et gruyère »

« Et celui-ci est le plus beau bout de frontière ».

 

Mais pourquoi ont-ils bougé la frontière

On ne sait plus où elle est,

Regardez là,

À présent qu'il y a la frontière, on ne peut plus passer

Mais pourquoi

À présent, il y a la frontière

Entre toi et moi.

Mais pourquoi

À présent, il y a un mur entre nos pieds...

 

Les contrebandiers n'arrivent plus à comprendre

Par où entrer et par où sortir.

Voici ce monsieur qui en veut un gros bout

Pour enfermer toute une région.

Nous vivrons tous dans des zones séparées

Comme tant de couples divorcés.

Ici l'œil s'accommode mal,

Il y faut un passeport

Pour descendre l'escalier.

Celui-ci est mon locataire,

Il a devant sa porte le mur de Berlin.

 

Mais pourquoi ont-ils bougé la frontière

On ne sait plus où elle est,

Regardez là,

À présent qu'il y a la frontière, on ne peut plus passer

Mais pourquoi

À présent, il y a la frontière

Entre toi et moi.

Mais pourquoi

À présent, il y a un mur entre nos pieds...



 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 21:47

1944 – Lemberg et le Champignon magique

 

Canzone française – Lemberg et le Champignon magique – Marco Valdo M.I. – 2011

Histoires d'Allemagne 43

 

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 –

l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 


Voici encore une fois, mon ami Marco Valdo M.I., un titre bien étrange, dont il faudra bien que tu m'expliques le sens. On dirait un titre de conte de fées ou d'une bande dessinée pour enfants.

Dans un certain sens, Lucien l'âne mon ami, c'est bien ça, vois-tu. Mais ce serait un terrible conte pour adultes, un conte qui conte une aventure effroyable et qui conte aussi celles auxquelles on a échappé. Du moins, partiellement. Je m'en vais t'expliquer tout cela. Et d'abord, Lemberg et comment on y arrive. Il te souviendra que nos histoires d'Allemagne, depuis le début des années quarante, sont vues et racontées par d'anciens correspondants de guerre de revues militaires allemandes... Des gens qui, pour la plupart, sont allés au front, ont accompagné la plume, l'objectif ou la caméra à la main, les armées allemandes lancées à la conquête du monde. C'est cette même conversation, qui s'étalait sur plusieurs jours que durait le colloque, que ces survivants tenaient cinquante ans après la fin des hostilités. Enfin, de ces hostilités-là...

Jusque là, précisément, j'avais suivi. Et j'avais fort bien imaginé que 1944 suivant 1943, prendrait la suite de l'histoire. J'ai beau être un âne...

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, ne prends donc pas la mouche ainsi... Donc, ces correspondants sont allés partout ou presque, toujours à la pointe du combat... Du moins, certains d'entre eux. D'autres de ces messieurs se sont contentés de rester dans les bureaux des services de propagande à Berlin. Ceux-là plus particulièrement ont une autre vision de la guerre et du régime nazi que ceux qui ont eu le nez sur les massacres, qui ont vu les atrocités commises au nom du peuple allemand, qui ont vu aussi ce qu'était la vie des soldats tant au chaud qu'au froid. Ainsi, il y en eut qui allèrent à Lemberg en Galicie et qui y virent (mais leurs articles se sont perdus dans les bureaux de la censure) le destin des Juifs – de l'édification du ghetto jusqu'à son éradication, ce qu'il en fut des 160.000 (cent soixante mille) Juifs de Lemberg – alias comme il est dit dans la chanson Lviv, Lvov et encore d'autres noms. Parmi ceux qui ont survécu, il y a un certain Simon Wiesenthal [[http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Wiesenthal]], qui sut faire payer l'addition à certains nazis. Mais, vois-tu Lucien l'âne mon ami, il est de ces coïncidences extraordinaires et en voici une... À elle seule, elle justifierait la confection d'une chanson et c'est qu'en fait, il y a deux Lemberg dans la chanson et surtout dans cette fin 1944. L'autre Lemberg est situé en France, précisément en Lorraine dans les environs de Metz. Là, à Lemberg, il y eut une formidable bataille qui dura trois mois et où l'armée allemande joua son va-tout, notamment au travers de l'offensive Nordwind (Vent du Nord). Et puis, voici une deuxième coïncidence, toujours liée à Lemberg... et elle est double elle aussi : le général Kittel commandait l'armée allemande dans les deux régions – la Galicie et la Lorraine ; le général SS Stroop fut le commandant en chef de la Police dans les deux régions...

Voilà donc pour Lemberg... Mais le Champignon magique, alors ?, dit Lucien l'âne absolument captivé par ces explications.

Peut-être que ces deux vers de la chanson vont t'éclairer :
« Mais si on avait eu... avant l'Amérique,
L'arme secrète, le champignon magique »
Il s'agit bien évidemment du champignon atomique... Cependant, vu par la plupart des humains, c'est plutôt un champignon maléfique ou diabolique... Mais pour celui qui en parle là, l'homme de la propagande nazie et toujours aussi nazi un demi-siècle plus tard, et sans doute le restera-t-il pour l'éternité (ce qui justifie la nécessité d'une épuration en profondeur qui n'a pas eu lieu...), c'est un champignon magique. Et en effet, il a raison, si, si, si... Si le Blecktrommel, le Nain maléfique... avait disposé de la bombe... Je n'ose même pas y penser. Là aussi, il y a une coïncidence inouïe, comme un clin d'œil de l'histoire... Le Prix Nobel de chimie fut attribué en 1944 à Otto Hahn [[http://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_Hahn ]] pour sa découverte , qui datait de la fin des années 30, de la « fission de l'atome ». Le reste du propos du correspondant de la propagande tient du délire... mais il ouvre tout grand la porte à d'angoissantes perspectives.

Terrible ta chanson, terrible, l'histoire vue de cette façon... Terribles ces épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres afin de les asservir, les réduire à un statut de sous-homme, de les exploiter afin d'en tirer du profit... et raison de plus pour que nous n'arrêtions pas notre humble démarche qui consiste à tisser inlassablement le linceul de ce vieux monde absurde, exploiteur, vastement assassin et cacochyme.


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.




Désormais, entre nous, il n'était question
Que de retraites : Kiev était tombée, Lemberg
Ville de Galicie, pleine de noms
Lviv, Lwow, Lvov, Llyvo ou Lemberg,
Leopol, Leopoli, Leopolis ou Lemberg
Cent-soixante mille Juifs au début, trois cents Juifs à la fin
Stroop, chef des SS et de la Police et Kittel étaient à Lemberg
Les Russes étaient à Varsovie, ça sentait la fin
S'agissait-il encore de tenir bon ?
Propagande, propagande
L'ennemi écoute ! Ne laissez pas voler le charbon !
Propagande, propagande
Rome tombait sans combattre, on perdait la Péninsule,
Le Mur de l'Atlantique sombrait dans le ridicule
Là, debout, le dos au feu de bois
Le propagandiste n'en démordait pas
Qui a vu l'Europe future ? C'est le führer
Qui a fait barrage au communisme ? Qui ? Qui ?
Jusque dans sa mort, jusque dans son bunker...
Vu d'aujourd'hui, qui, qui ?
S'agissait-il encore de tenir bon ?
Propagande, propagande
L'ennemi écoute ! Ne laissez pas voler le charbon !
Propagande, propagande
L'attentat du 20 juillet, s'il avait réussi
Et finalement, finalement, si, si...
Alors, avec les Américains contre les Russes...
On aurait pu, n'est-ce pas, n'est-ce pas
Avec les Américains contre les Russes
Finalement, on y est arrivé... N'est-ce pas...

Les plages de Grèce et d'Italie – oh, souvenirs !
Les flots bleus et les couchers de soleil
Une guerre de cartes postales – oh, souvenirs !
Les filles de France et les bars de Marseille
Les beaux jours de Rome et les nuits de Paris
L'Europe tout entière en un seul pays
S'agissait-il encore de tenir bon ?
Propagande, propagande
L'ennemi écoute ! Ne laissez pas voler le charbon !
Propagande, propagande
Ah, si... ! Ah, si...! Mais il n'a pas eu le temps
Dernière offensive : les Ardennes en plein vent
Vent du Nord, Nordwind : la bataille de Lemberg
Kittel et Stroop encore près de Lemberg
Village du verre et du Cristal bombardé de décembre à avril
Souvenirs, souvenirs, si fragiles
S'agissait-il encore de tenir bon ?
L'ennemi écoute ! Ne laissez pas voler le charbon !
Là, debout, le dos au feu de bois
Le propagandiste n'en démordait pas
Le Führer, son génie, ses anticipations
Le prix Nobel de Hahn pour la fission
Mais si on avait eu... avant l'Amérique,
L'arme secrète, le champignon magique
Il s'agissait seulement de tenir bon
Ne pas laisser voler le charbon...
Ruminations, tous se regardent
Le silence pèse des tonnes
Les grogs à la frisonne...
Dehors, la tempête s'annonce.
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