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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 20:45

WACATROIA WACATANCA

Version française - WACATROIA WACATANCA – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne d'Alberto Martino d'une

Chanson comasque (italien) - Wacatroia Wacatanka - Davide Van De Sfroos

 

 

Il faut toujours se demander, dit Marco Valdo M.I. de l'air docte du savant, le pourquoi des choses...

 

Certes, dit Lucien l'âne en hochant la tête qu'il a grosse comme celle d'un âne. Mais encore...

 

D'abord, ce titre mystérieux... On dirait une langue inconnue et peut-être l'est-ce réellement, mais pour moi, je le traduirais volontiers... Je rappelle avec prudence que je ne suis ni traducteur, ni linguiste et moins encore, étymologiste... Mais, quand même, comme on dit, par ci, « En avant, y a pas d'avance ! »

 

Ah oui, dit Lucien l'âne, et je voudrais bien voir comment...

 

C'est tout simple..., dit Marco Valdo en souriant d'un air bizarre comme s'il venait de découvrir un œuf de colombe. Et de plus, ça éclairerait bien la chanson tout entière. Je m'explique, car je vois ton regard incrédule. On retrouve deux fois le même début : wacca ou vacca... Autrement dit : vache. Je te rappelle que Van De Sfroos vient d'une région montagneuse du Nord de l'Italie où le mot « vacca » signifie très clairement : « vache » et où de fait, il y en a pas mal sur les plateaux herbeux. On doit d'ailleurs y faire d'excellents fromages... mais passons...

 

Va pour la vache..., dit Lucien l'âne. Ce sont des bêtes placides avec lesquelles je m'entends assez bien. Et elles me sont très sympathiques. Et le reste...

 

Il y reste : troia et tanca... Pour troia, je m'en tiendrai à la signification que peut en donner un italien, c'est-à-dire truie ou, dans un sens dérivé, putain. Donc, putain de vache !

 

Admettons, dit l'âne Lucien complètement hilare... J'en connais plein des vaches de ce genre... Elles meuglent comme des folles et ennuient tout le monde dans les prés. Et la suite...

 

Là, c'est plus compliqué... Peut-être notre ami, Gian Piero qui est de la même région pourrait-il nous éclairer... mais, moi, je vais te dire ce que j'en crois. Tanca... en Sardaigne, c'est le pré... Comme bien tu penses, les prés et les vaches vont ensemble... Mais le K me ferait penser plutôt à une vache tank... À moins que ce ne soient tout bêtement que des imprécations à une divinité... Comme quoi, tu le vois, Lucien l'âne mon ami, l'étymologie est une science difficile. Cela dit, la chanson rapporte la réflexion ou la récrimination d'un Amérindien à propos de l'invasion de son univers par les Visages Pâles... Un récit plein d'humour, mais un rappel saumâtre de l'indignité de cette extermination dont les Européens se sont rendu coupables ce qui nous ramène au début de notre conversation... Le pourquoi de cette chanson écrite en comasque.

 

Je crois deviner, dit Lucien l'âne, qu'il nous faut établir certain parallèle avec ce qui s'est passé dans les régions de montagne... N'y a-t-on pas vu venir des gens (les touristes ? Les industries du tourisme?) qui ont repoussé les paysans, qui les ont délogés des meilleurs endroits ? Qui repoussent les montagnards et qui on transformé les villages en désert ? Bref, n'y a-t-il pas eu là aussi une invasion civilisatrice ou une « civilisation forcée » ? Regarde ces « macaques à la face blanche venus pour prier » qui tiennent leur divinité clouée sur une croix pour qu'elle ne s'en aille pas... Souviens-toi de notre « Noi, non siamo cristiani, siamo somari »...

 

En effet... Et, dis-moi Lucien l'âne mon ami, ce « train plein de gens qui mange nos plaines » ne te rappelle-t-il rien ? Remplace plaine par vallée, donne de la vitesse à ce train... Bien sûr tout cela n'est que supputation... Mais quand même, ça me rappelle le combat de Marco Camenisch (que les autorités suisses tiennent toujours en prison... pour un assassinat qu'il n'a pas commis et pour faire taire une voix intransigeante) pour le sauvetage des alpages, contre l'invasion électrique, autoroutière, ferroviaire... touristique... C'est une chanson de résistance... Ora e sempre : Resistenza !, semble-t-elle dire.

 

En fait, pour conclure, il faudrait demander l'avis du fantôme du lac... dont toutes les rives sont mangées par les « résidences », les hôtels... et la mercantilisation. Il nous faut vraiment continuer notre tâche et tisser obstinément le linceul de ce monde rétrograde, destructeur, inconscient, attilesque et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Vaccatroia, Wacatanka

Ici, pour tous, c'est l'abondance

Mais pourquoi les Visages pâles

Veulent-ils tout pour eux seuls ?

Nous étions ici, beaux avec nos peintures

Avec les plumes sur nos têtes

Ce doit être pour ça qu'ils nous ont pris pour des Alpini

Qu'ils ont commencé à nous faire boire leur whisky

Et leurs trains pleins de gens

Mangent toutes nos plaines

Alors, nous avons essayé de prendre leurs femmes

Mais elles étaient trop difficiles à déshabiller

Et leurs trains pleins de gens

Nous ont apporté aussi la peur.

Quand il pleut, ils restent à l'intérieur

Quand il fait soleil, ils prennent une ombrelle.

Ils sont venus prendre notre monde

Avec un plat sur la tête.

Prenez garde, wacatanka

Aux macaques à la « face blanche »

« Nous sommes venus pour prier »

Et maintenant, il y a une banque.

Mais qui croient-ils être

Coiffés comme des poissons ?

D'abord, ils m'ont photographié

Et après, ils m'ont tiré dessus.

Ils sont arrivés en bas sur la plage

Sur une île qui voyageait

Un Gênois qui s'était trompé de route

A amené les autres avec une épée

Et tous, ils ont une montre

Pour savoir quand vient le soir

Et une selle sur leur cheval

Pour ne pas s'écraser les balles.

Ils ont tué leur dieu

Et ils lui demandent pardon à voix basse

Mais par peur qu'il s'échappe,

Ils le tiennent cloué sur une croix.

Wacatanka, je suis ici

Nu, au sommet de la montagne

Et je peux voir à présent leur bannière

Effacer mon tableau.

Nous avons essayé de leur faire entendre raison

Et de discuter ensemble sous une tente

Ils ne nous ont pas donné de réponse

Et ils ont même rejeté notre demande.


Vaccatroia, Wacatanka.

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Published by Marco Valdo M.I. - dans Van De Sfroos Davide
19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 20:15

COQ ROUGE

 

Version française - COQ ROUGE – Marco valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Lorenzo Masetti d'une

Chanson argentine (espagnol) – Gallo Rojo - Los Fabulosos Cadillacs

 

Chanson dédiée à Ernesto « Che » Guevara

 

 

 

« AU MATIN DU GRAND SOIR,

LE COQ ROUGE PONDRA L'OEUF NOIR »

Marco Valdo M.I.

 

 

Il fut un temps où tu étais fort

Où tu te battais comme un coq,

Un coq rouge, très vaillant

Commandant de ce quartier,

peu importe s'ils étaient dix,

S'ils étaient vingt ou mille

Tu étais grand, soleil de Mai.

Aujourd'hui, les gens dorment

Rien ne peut les réveiller.

 

C'est pour ça que je te demande

De nous ramener à la vie

De réveiller tout ce sang

Qui est endormi.

Un jour ce coin sera

Comme vous le voulez

Et le lendemain, tout le quartier

Te suivra

 

Quand monte la marée

Je reste dans le quartier

Car je porte tes chaussures

Et ton sang quand je marche

Et demain ils seront dix

Ils seront vingt, ils seront mille

À ton côté soleil de Mai

Il fut un temps où tu luttais

Et ce temps est revenu

 

C'est pour ça que je te demande

De nous ramener à la vie

De réveiller tout ce sang

Qui est endormi.

Un jour ce coin sera

Comme vous le voulez

Et le lendemain, tout le quartier

Te suivra

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:09

PRIÈRE D'ENFANT

 

Version française – PRIÈRE D'ENFANT – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson allemande – Bitten der Kinder – Bertolt Brecht – 1945

Texte : Bertolt Brecht
Musique : Paul Dessau

 

 

 

Dresde, février 1945

 

Les maisons ne doivent pas brûler

Il ne faudrait pas connaître les bombes

La nuit est faite pour dormir

La vie ne peut être une punition

Les mères ne doivent pas pleurer

 

Personne ne peut tuer un autre

Tous doivent construire quelque chose

Auquel on peut se fier

Les jeunes peuvent y arriver

Et les vieux aussi.

 

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Published by Marco Valdo M.I.
18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 11:48

LA CHANSON DU PEINTRE HITLER



Version française – LA CHANSON DU PEINTRE HITLER – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson allemande – Das Lied vom Anstreicher Hitler – Bertolt Brecht – 1933

 


Poème de Bertolt Brecht
Musique de Hanns Eisler
Du recueil intitulé “Lieder Gedichte Chöre” (Chants Poésies Chœurs) publié à Paris en ‎‎1934.‎

 


 

Le peintre Hitler

Dit : Chers compatriotes, laissez-moi faire !

Il prend un seau de peinture fraîche

Et repeint à neuf la maison allemande

La maison allemande tout entière.



Le peintre Hitler

Dit : rénovation en un tour de passe-passe !

Les trous, les fissures et les crevasses

On couvre simplement tout.

La merde recouvre tout.



Oh, peintre Hitler

Pourquoi n'étais-tu pas maçon ?

Quand la pluie délave la peinture de ta maison

La crasse ressort à nouveau

Ta maison de merde renaît à nouveau.



Le peintre Hitler

N'avait jamais appris que la peinture

Et alors quand on le laissa faire

Il l'a toute salopée

Toute l’Allemagne, il l'a salopée.

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Published by Marco Valdo M.I.
17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 21:33

LES POÈTES

 

Version française - LES POÈTES – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne - I poeti - Roberto Vecchioni

 

 

 

 

Ho, dit Lucien l'âne en relevant le front, que voilà une étrange sorte de poètes. Moi qui suis enfant de l'un d'eux, moi qui ai connu Homère et les autres, moi qui ai croisé Hugo, Rimbaud, Verlaine, Lautréamont, Apollinaire, Toulet, Eluard, Aragon, Brassens, Ferré... et tant d'autres... pour m'en tenir aux seuls poètes de langue française, je puis assurer du contraire de ce qu'elle raconte cette chanson. Peut-être vise-t-il un poète en particulier, ou certains poètes de sa connaissance... Peut-être a-t-il des comptes à régler... Qu'il s'en prenne alors à celui-là ou à ceux-là... Clairement... Mais pas à toute la corporation... Il aurait aussi bien pu dire la même chose ou quelque chose de similaire des chanteurs, des danseurs, des plombiers, des dentistes, des garagistes, des croque-morts, des modistes, des footballistes, des toreros, des journalistes, des hommes politiques, des cireurs de chaussures ou des livreurs de pizzas.

 

 

De fait, Lucien l'âne mon ami, c'est assez déroutant. Tu dis juste en pensant qu'il pense à quelqu'un en particulier ou à quelques autres... Mais il aurait sans aucun doute dû préciser davantage... Quand je pense à Nazım Hikmet, poète turc, qui fit tant de prison, qui résista avec tant de courage et qui disait : « la poésie est le plus sanglant des arts »... Ou à Essenine, Maïakovski, Mandelstamm ou Brecht... Ou à des centaines d'autres présents ici dans les canzoni contro la guerra... Par ailleurs, les poètes ne sont pas différents du reste de l'humaine nation et de ce fait, il doit bien y en avoir qui correspondent au portrait que Vecchioni en trace... Il y a toujours eu des poètes à la botte, des lèche-culs du pouvoir, des chantres de la crédulité, des propagandistes, des évangéliques, des margoulins, des jean-foutres, des minables, des mercantiles... Des idiots, des pompiers... Mais aussi, il faut aller voir, lire, entendre le fabuleux portrait que Léo chante de ceux qui font de la poésie car telle est leur destinée... Moi, j'aime mieux voir ces poètes-là...

 

 

Et moi aussi..., conclut Lucien l'âne.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Les poètes sont jeunes et beaux

Et portent en leur cœur

La lumière du soleil

Un chant d'oiseaux

La rue du bourg natal

La pluie sur les toits

Et le pauvre monde aimé par les Dieux.

 

Poésie, poésie,

Protège-moi où que je sois

Poésie poésie.

 

Les poètes sont de vieux messieurs

Qui mangent les étoiles

Étendus sur les prés

De leurs villas

Et s'inventent des Gitanes et des Maures

Pour être crédibles aux yeux du monde

Avec leur douleur.

 

Poésie, poésie, poésie, poésie.

 

Les poètes comblent le temps

De leurs souvenirs

La maison, la maman, les choses qu'on perd

Et puis ils s'étendent sur les subjonctifs

Si je fusse, si j'eusse, si tu eusses et si tu fusses,

Si nous fussions vivants.

 

Poésie, poésie,

Protège-moi où que je sois

Poésie poésie.

 

Les poètes ont vu la guerre

Avec les yeux des autres

Dont beaucoup ont perdu la peau à vouloir vivre

Ils écrivent ainsi en pleurant des oignons

Sur leurs barbes prophétiques teintées de vin

Lequel sert aussi.

 

Poésie, poésie, poésie, poésie.

 

Les poètes sont les serfs libres de roi et de cardinaux

Qui vont répétant : nous sommes tous égaux

Et ils se teignent de rouge vif

Chacun pensant": "Le jour du Nobel

Je ferai l'antistar."

 

Poésie, poésie,

Protège-moi où que je sois

Poésie poésie.

 

Les poètes sont de litres de vin bus par ennui

Pour écrire des mots avant le matin

Pendant qu'ils rêvent de fillettes nues

Qui en sortant d'école

Les prennent par la main et leur donnent la violette.

 

Les poètes sont des jeunes fatigués qui servent l'État

En lui crachant à la figure pour qu'il soit damné

Et ils agitent cieux et fontaines

Messages et colombes

À nous les cloches, aux riches les trompettes.

Poésie, poésie.

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Published by Marco Valdo M.I.
17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 07:54

COMPTINE DES EXPLOITÉS

 

Version française – COMPTINE DES EXPLOITÉS – PRÊT POUR LA COURSE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne - Ninna nanna degli sfruttati / Pronto per la corsa Ned Ludd – 2007

 

Album: "Lavoro e dignità" - « Travail et dignité »
Texte et musique : Ned Ludd



35 musiciens, dont :
Karine Polwart (Écosse), lauréate des BBC Folk Awards
Marino et Sandro Severini des Gang;
Aidan O’ Rourke (Écosse) meilleur musicien écossais de 2006 e membre du trio écossais Lau;
Massimo Ghiacci des Modena City Ramblers;
Mattie Foulds (Canada), batteur e producteur
Giuseppe de Trizio des Radicanto;
Maria Letizia Beneduce, violiniste, orchestre d'Ennio Morricone;
Alessandro Mottaran des BEV
Gianluca Zammarelli, Gianni Berardi, Felice Zaccheo,protagonistes de la musique populaire du Lazio (Latium).


 

 

Ned Ludd, Lavoro e dignità
Lavoro e dignità - Che tempi! - Chiuso per sciopero - Buon Natale - A zero ore - Risorsa umana - Pronto per la corsa - Il volo - Se 36 ore - Oggi hanno firmato - Sesto San Giovanni

 

 

Comptine de la terre

De jeunes employés vont en guerre

Pas de grèves ni de syndiqués

Comptine des exploités

Je suis prêt moi aussi ici

Flexible comme le serpent

Avec la bonne mentalité pour la nouvelle économie

Par ailleurs, le chef du gouvernement

L'a dit

Oubliez le travail à vie.


Il est juste que les jeunes

Dès maintenant apprennent

À ne se pas sentir en sécurité

À ne pas s'installer

 

Transformez mon entreprise

En société par action

Divisez-la en entreprises plus petites

Vous le faites pour nous, nous le savons.

 

Puis, dans deux ans, vous direz que malheureusement

Le marché va mal, qu'il n'y a plus d'argent

Sans parler de ce que vous avez mangé

Vous avez bu, que vous vous êtes goinfrés

 

Nous voici, nous sommes prêts

 

Et alors en avant en nom du changement

Avec les promotions, prolongements d'horaire

Et alors en avant avec réduction de salaires

Et l'usage rationnel des ressources humaines

 

Prêt pour la course

Enlevez-moi aussi le bar

Et la lecture du journal dans l'horaire de travail

Prêt pour la course je ne veux pas de distractions

Pour ma sainte et vitale mission

 

Et ma mère peut attendre

Et ma femme peut attendre

Et ma fille peut attendre

Car baby, je suis né

Pour travailler

 

Je vous prie mettez-moi dans les tourments

Je veux un contrat irrégulier

Je veux marcher sur les charbons ardents

Pour produire bien, je ne dois pas me reposer

 

Je suis prêt moi aussi ici

Flexible comme le serpent

Avec la bonne mentalité pour la nouvelle économie

Par ailleurs, le chef du gouvernement

L'a dit

Oubliez le travail à vie.

 

Enlevez-moi ma pièce

Et puis aussi les murs

Changez-moi chaque jour de place

Et s'il vous plaît je vous le demande à genoux

Donnez-moi des défis continus pour mon ambition

 

Je suis prêt moi aussi ici

Flexible comme le serpent

Avec la bonne mentalité pour la nouvelle économie

Par ailleurs, le chef du gouvernement

L'a dit

Oubliez le travail à vie.

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Published by Marco Valdo M.I.
16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 15:35

  JOUR D'INFAMILLE

Version française – JOUR D'INFAMILLE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Infamily Day – Malasuerte Fi*sud – 2010

 

 

Le nouvel album du groupe militant florentin Malasuerte Fi*sud porte comme titre un jeu de mots. Les jeux de mots sont souvent faits pour confondre les idées, mais pas dans ce cas-ci : il s'agit bien des infamies des « family days » (jours de la famille, célébrations propagandistes de la plus sainte eau) – moralisme, répression sauvage, travail « flexible » et tout le reste. L'album a été enregistré en mars 2010 au CPA Firenze Sud, et fut présenté par les Malasuerte au concert du Premier Mai à l'Espace Occupé "K100" (Camilo Cienfuegos) de Campi Bisenzio. [RV]

 

 

+++++++++

 

Que voilà une chanson digne de l'âne, dit Lucien l'âne en riant, secoué comme en un autobus un voyageur. Je veux dire de l'Asino, ce petit journal joyeusement anticlérical qui connut tant de succès en Italie du temps où le pays n'avait pas encore perdu toute sa dignité et ne s'était pas encore courbé jusque terre devant les grenouilles de bénitier et leurs pères sévères. C'est pas pour dire, mais elle me réjouit grandement.

 

 

Moi aussi, Lucien l'âne mon ami, elle est claire, nette et sans bavures. On croit toujours, à l'étranger, par exemple, ici dans un autre coin d'Europe, que l'Italie n'est peuplée que de bigots et de bigotes... De gens inféodés au Vatican... C'est ce qui ressort des présentations officielles, des crucifix dans les écoles, des croix dans les tribunaux, de l'attitude servile de certains médecins face aux saintes huiles du Vatican, notamment en matière de contraception et d'avortement, de racontars débiles à propos d'un suaire, des privilèges fiscaux exorbitants de l’Église, des génuflexions des représentants officiels jusqu'au plus haut niveau... On a même l'impression que l'Italie a deux capitales : l'une cachant l'autre en son sein. Rome pour la façade, le Vatican qui impose son refrain. Tout cela n'est que léchage de bottes, de reliques et de saints. Mais heureusement, il est d'autres voix, il est d'autres gens... Même si la censure, cet étouffoir qui avance masqué, pèse si lourd que les média (presse, télé, radio, éditeurs...) pratiquent systématiquement le « politiquement correct » et ne relaient que le laïus conformiste.

 

 

À propos du berger bavarois, dont parle la chanson, il me plaît de rappeler ce petit poème de Jacques Prévert :

 

 

« Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon ? Vous n'avez pas bien compris, je recommence.

 

Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon ? Vous n'avez pas bien compris, je recommence.

 

Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon ? »

 

 

Et à propos de mort du Pape..., dit Marco Valdo M.I. Ce qui nous plairait à nous ( je te rappelle notre devise : Noi, non siamo cristiani, siamo somari), ce n'est pas tellement la mort d'un pape... Il en viendrait bientôt un autre... Mais la disparition de tous les papes et surtout, de cette foutue toile d'araignée qui enserre la société qu'est l’Église catholique, apostolique et romaine, qui prêche la soumission aux pauvres et se vautre dans la richesse et les honneurs.

 

 

Oui, tu fais bien de le souligner, l'Église est partie prenante dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent avec une obstination de croisade contre les pauvres afin d'assurer leur domination, de poursuivre sempiternellement l'exploitation, d'imposer l'obligation du travail (Tu gagneras ton pain avec ta sueur... ce slogan vient de loin...). Elle a depuis longtemps choisi son camp et même, elle est l'inspiratrice de bien des répressions, de bien des dictatures, de bien des soumissions à l'ordre établi (en fait, le sien...). Dès lors, tissons, tissons le linceul et même le suaire de ce vieux monde rabatjoie, péniblement conformiste, crédule, censeur et cacochyme. (Heureusement !)

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Sur les places, jusque hier encore, ils brûlaient les gens

Et ils se prétendent justes à présent

Mais ils ont béni les croisés qui passaient par l'épée

Ceux qui n'étaient pas comme eux

 

Si je devais me retrouver, prisonnier de mon corps

Végétal pur ni vivant, ni mort

Je déclare : plutôt que de vivre encore

Je préfère mille fois une dignité de mort

 

Cependant, il est un petit royaume au milieu de Rome

Aux coutumes inhumaines, gouverné par de Saints Hommes

Qui ne respectent la vie qu'à certaines conditions,

Ce sont les embryons des Saintes Inquisitions.



Jour d'infamille

 

Ce royaume gouverné par le berger bavarois

Prétend au droit d'ingérence dans la vie du pays

Après avoir prêché sur l'avortement et sur la vie

Ils veulent me dire que faire de mon corps à moi.

 

Mais ces prêtres maudits qui font les moralistes

Habillés de noir à la manière des fascistes

Ont exigé massacres et bûchers et soutenu les dictateurs

Car on prie mieux leur Dieu sous le règne de la peur

Jour d'infamille

 

Tout ceci pour un Dieu que je tiens pour moins réel

Que la poisse que porte un chat noir des ruelles

Mais y croient des millions de bigots et d'ignorants

Qui plus sont analphabètes et plus sont arrogants

 

Si Dieu existait et s'il était omnipotent

Il enverrait feu et flammes pour brûler tous ces gens

Et je regarderais ce spectacle avant d'épandre

Sur les ultimes ruines vaticanes, leurs tristes cendres.

 

Jour d'infamille

 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 21:28

BALLADE DE L'ARBRE ET DES BRANCHES

 

Version française - BALLADE DE L'ARBRE ET DES BRANCHES – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson allemande - Die Ballade vom Baum und den Ästen – Bertolt Brecht – 1931

Paroles de Bertolt Brecht

Musique de Hans Eisler

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, voilà une chanson qui irait bien dans tes Histoires d'Allemagne, tant elle fait écho à celle que tu avais consacrée à la même année 1931 et qui s'intitulait : Nous Voilà ! [[38182]]. Avec ce refrain :

 

« Allemagne, Führer, nous voilà !

Tous ensemble, tous ensemble, Ja ! Ja ! »

 

Et j'en ferais volontiers l'exergue de la chanson de Brecht...

Et, d'ailleurs, je le fais.

 

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, cette chanson que j'avais écrite, en suivant les pas de Günter Grass, fait écho à celle de Brecht mais il n'y a rien là d'étonnant... Brecht, Grass et moi, on parle du même événement... Enfin, moi... grâce au kaléidoscope magique de Günter Grass... Cependant, mon ami Lucien l'âne, tu me fais bien trop d'honneur à me mettre sur le même pied que Bertolt Brecht...

 

 

Ce que j'ai dit, je l'ai dit. Et je l'ai dit ainsi, car je le pense ainsi. Au point-même qu'il suffit de reprendre pour illustrer la chanson de Brecht la fin de notre commentaire à propos de Nous voilà ! et qui disait :

 

« ... l'événement que raconte la chanson, ces cent mille S.A.(Sturm Abteilung – Section d'Assaut) qui se rassemblent à Braunschweig (Brunswick), a réellement eut lieu le 18 octobre 1931 et il ne fut pas pour rien dans l'ascension de Hitler vers le Reich millénaire, son incarnation en Fürher pangermanique.

 

Et comme souvent j'aime à le remarquer, il rapporte un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour asseoir plus encore leur pouvoir, pour assurer leurs richesses, pour étendre leurs prérogatives, pour intensifier leur exploitation. Ainsi, crois-moi Marco Valdo M.I. mon ami, c'est un devoir d'humanité de tisser le linceul de ce vieux monde adulateur, rempli de gloriole et d'ennui, rébarbatif et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane. »

 

 

 

Exergue :

 

Allemagne, Führer, nous voilà !

Tous ensemble, tous ensemble, Ja ! Ja !

 

 

+++++

 

 

Et ils arrivèrent dans leurs chemises de coton brun

Et le pain et la margarine se firent rares

Et sans gêne, entre leurs discours creux, ils vidèrent les plats

Où il n'y avait déjà presque plus rien.

Ici, on va rien que s'amuser, dirent-ils

Ici, nous pouvons prendre nos aises, dirent-ils

Au moins mille ans.

 

Bien disent les branches

Mais le tronc se tait

On reste ici, disent les clients

Jusqu'à ce que le patron présente l'addition

 

Et ils se trouvèrent de belles places, on installa de nouveaux bureaux

Et ils se sentirent comme chez eux

Et ils ne regardaient pas aux coûts, ils se foutaient de l'argent ;

Ils avaient connu des temps difficiles.

Ici, on va rien que s'amuser, dirent-ils

Ici, nous pouvons prendre nos aises, dirent-ils

Et ils tirèrent leurs bottes.

 

Bien disent les branches

Mais le tronc se tait

On reste ici, disent les clients

Jusqu'à ce que le patron présente l'addition

 

Et ils vident leur pistolet dans les meilleures têtes

Et vont au moins par deux

Et alors, ils vont chercher trois Marks dans leur tirelire dorée

Ils étaient finalement arrivés.

Ici, on va rien que s'amuser, dirent-ils

Ici, nous pouvons prendre nos aises, dirent-ils

Jusqu'à la fin des temps.

 

Bien disent les branches

Mais le tronc se tait

On reste ici, disent les clients

Jusqu'à ce que le patron présente l'addition

 

Et leur peintre repeint les fissures de la maison au badigeon brun

Et ils nivelèrent tout.

Et s'il ne tenait qu'à eux, ils nous tutoieraient ;

Ils pensèrent, alors allons-y tout de suite !

Nous devons nous amuser maintenant, dirent-ils

Alors nous pourrons prendre nos aises, dirent-ils

Et ils nous bâtissent un troisième Reich.

Bien disent les branches

Mais le tronc se tait

On reste ici, disent les clients

Jusqu'à ce que le patron présente l'addition

 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 21:26

LE FANTÔME DU LAC

Version française – LE FANTÔME DU LAC – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Gian Piero Testa d'une

Chanson comasque – El fantasma del laac - Davide Van De Sfroos – 1992

 

 

 

Il est bien sympathique ce fantôme..., dit Marco Valdo M.I. en riant. Il y a déjà quelques mois qu'on parle ensemble et je lui avais promis de lui mettre sa chanson en français... Car il me disait qu'avec tous ces touristes, il essayerait peut-être de se réfugier pour un moment de répit sur un lac en Suisse ou en France, là où on parle le français et sa chanson lui servirait de carte de visite. Trop de touristes, mais aussi, dit-il, le fait que l'Italie lui semble dans une passe difficile et qu'on ne sait jamais... REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VONT NOUS LE FAIRE BIENTÔT. Il n'aimerait pas qu'ils lui prennent son suaire ou qu'on tente de le forcer à travailler...

 

Oui, évidemment... Je le comprends, dit Lucien l'âne, tout frémissant à l'idée qu'on tente de le forcer à travailler. Qu'on lui prenne son suaire, passe encore... Mais si on essaye de le forcer à travailler... Là, c'est un casus belli. Les travaux forcés, le travail obligatoire, c'est une condamnation à vie, d'autant qu'ils veulent encore retarder l'âge de la retraite... Moi aussi, je prendrais la tangente... Je dis tout de suite pour nos amis italiens que « prendre la tangente », en français, ce n'est pas encaisser une somme pas trop claire de manière discrète, comme – dit-on – le font certains politiciens. C'est tout simplement s'éclipser en douce... S'en aller de côté, l'air de rien ; partir tant qu'il en est encore temps.

 

À propos de mot, dit Marco Valdo M.I., je voudrais revenir un instant sur la traduction dans cette version du fantôme du lac du mot italien : « palle »... J'imagine que tu sais aussi bien que moi ce qu'il signifie, mais précisons-le tout de même pour qu'on ne croie pas que nous l'ignorons : les « palle », ce sont les couilles. Ici, je l'ai traduit par « os », non pas que je craigne de dire « couilles », ou n'importe quel mot, mais ici, la tentation de la rime (« Mais qui dira les torts de la rime... » - pour nos amis italiens ou anglo-saxons, j'indique qu'il s'agit un fragment de L'Art Poétique de Paul Verlaine, que je considère comme un des textes poétiques les plus extraordinaires qui soient et surtout, un des plus beaux – je le proposerai sous forme de chanson aux Chansons contre la Guerre..., , car il a été chanté par Léo Ferré) ou plus simplement, le goût d'un mot pour un autre, laissant planer un peu de doute sur la chose (« où l'indécis au précis se joint... »)... Certes, tout ceci est bien vrai, mais aussi, je te rappelle qu'Henry IV, jusqu'à cinquante ans, a cru que c'était un os, au demeurant fort proche de certaines parties du corps que la morale et la décence m'interdisent de préciser davantage. C'est donc un clin d’œil au roi de Navarre, réputé pour son grand nez.

 

Quand tu auras fini de raconter n'importe quoi, tu voudras bien me dire ce que ce fantôme vient faire dans les CCG...

 

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, n'as-tu pas vu qu'il y était question de partisans, de répression fasciste... Qu'il n'est pas le fantôme d'un seul mort que commit cette terreur … Il parle quand même de trois cents morts... Enfin, moi je ne suis que traducteur... Pour d'autres détails, il te faudra interroger Gian Piero Testa qui est du coin et doit en savoir beaucoup plus que ce que je devine. Ce ne serait d'ailleurs pas mal, s'il nous expliquait un peu les songes de ce fantôme... À moins que Davide Van De Sfroos lui-même...

 

En attendant, Marco Valdo M.I. mon ami, fantôme ou pas fantôme, il nous faut continuer notre tâche qui, je te le rappelle, consiste à tisser le linceul de ce vieux monde belliqueux, replet, humainement indigne et cacochyme. (Heureusement!)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Je voyage sur le lac,

Comme une mouche sur le verre,

Je vais, je viens

De Bellagio à Bolvedro,

Et je voyage sur les chemins,

J'épouvante les fillettes

De Cadenabbia à Tremezzo...

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

J'ai vu la guerre

J'ai vu les partisans

Et ceux qui ont massacré

Là au dessus d'Azzano,

Je voyage dans le vent

Et je me gratte une épaule

Cette nuit pour dormir

Je resterai en bas à Sala (Comacina)...

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

Je suis mort trois cents fois

Et je suis encore en paix

Il me plaît de poursuivre

Les jeunettes de Domaso.

Cependant, parfois

J'ai aussi le bleu

Et je pleure un peu

En bas sur la rive de Colonno...

 


Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

Je suis poursuivi

Par les carabiniers d'Argegno

Qui veulent m'emprisonner

Dans une maison de bois

Et me courent après aussi

Les douaniers de Nobiallo

Et je leur dit

De ne pas me casser les os

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

Me coursent aussi

Les frères de Piona

Qui veulent me remplacer

Par une quelconque Madone

Et je fuis

Sans parebrise

Il m'arrive de changer de lac

Et je finis à Porlezza (Lac de Lugano)...

 

Oh, oh, je suis le fantôme du lac

 

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Published by Marco Valdo M.I. - dans Van De Sfroos Davide
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 22:20

LE PEUPLIER DE LA KARLSPLATZ

Version française – LE PEUPLIER DE LA KARLSPLATZ – Marco valdo M.I. – 2012

Chanson allemande – Die Pappel vom Karlsplatz - Bertolt Brecht – 1950
Poésie di Bertolt Brecht
Musique de Hanns Eisler, de “Neue ‎Kinderlieder”, 1950.‎
Interpretée par Ernst Busch.‎



Cependant si la guerre, la défaite, la destruction, la misère ont épargné le peuplier de la Karlsplatz ; il y a encore une espérance.

 

Un peuplier se dresse sur la Karlsplatz

Au milieu de Berlin, ville ruinée

Et quand les gens vont sur la Karlsplatz

Ils voient son vert patiné

 

Mil neuf cent quarante-six, c'est l'hiver

Les gens gèlent et le bois se fait rare

Et nombre d'arbres tombent

Ce fut leur dernière année.

 

Le peuplier est toujours sur la Karlsplatz

Nous montre encore sa feuille verte.

Soyez remerciés, habitants de la Karlsplatz

Qu'on l'ait toujours.

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Published by Marco Valdo M.I.

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