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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 16:21

 

 

Les Filles de Zinovie

 

 

Chanson française – Les Filles de Zinovie – Marco Valdo M.I. – 2025


 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

FEMMES DE ZINOVIE

 

 

Olga Grechina – 1985

 

 

 

 

Épisode 275


 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

C’est le retour de Grand-Mère, dit Marco Valdo M.I., celle qui parlait toujours des filles de là-bas – la plupart du temps des filles d’Iran que le régime des vestales poilues, ordinairement nommées ayatollahs et autres mollahs, forçait à cacher leurs cheveux, emprisonnait, torturait et même tuait purement et simplement.

 

Oui, oui, répond Lucien l’âne, je me souviens très bien des chansons où elle donnait de la voix aux filles de là-bas. J’ai même la conviction qu’en prenant la défense de ces filles-là, Grand-Mère entendait bien prendre celle des filles d’autres lieux encore comme par exemple, l’Afghanistan, le Soudan, le Congo. Ce me semble une caractéristique de l’espèce humaine que cette manière brutale, grossière, méchante et criminelle de traiter les femmes et de plus, souvent, au nom de leur Dieu. Par parenthèse, il est tout aussi curieux de constater que ce Dieu unique est un personnage que l’on rencontre à de multiples exemplaires, tous exclusifs et exigeant la fidélité la plus sévère de la part de ceux qui y croient. Hormis les oppressions et les crimes qui en découlent, il y a de quoi rire. Je me souviens d’une scène au temps de Till où un brave homme à qui un religieux racontait de saintes paroles, avait conclu, sceptique : « En a ga geluuf dat... » (traduction : « et je vais croire ça... »).

 

Je vois, Lucien l’âne mon ami, que tu sais qui est Grand-Mère. Cette fois, elle vient parler des filles de Zinovie.

 

« Grand-Mère dit : Cette fois-ci,

Je viens parler des filles d’ici. »

 

Ces filles sont une chanteuse, coupable de fredonner en rue une chanson mal vue par le Guide, qui victime de dénonciations haineuses de la meute nationale est arrêtée et emprisonnée.

 

« la meute nationale se rue,

Bave, aboie, grogne, gronde

Et dénonce la jeune blonde

À la voix douce, à la voix digne,

Qui chantonne l’histoire du cygne. »

 

Je connais ce genre de meute, dit Lucien l’âne, baveuse et ahanant la langue à terre, prête à tuer et courant démente à la curée ; c’est la foule en délire. Mais quelle est cette histoire du cygne ? A-t-elle quelque chose à voir avec Le Lac des Cygnes ou avec la mort du cygne ?

 

Exactement, dit Marco Valdo M.I., cette histoire du cygne est contée par une chanson de Zinovie qui est un leitmotiv des opposants au régime du Guide et à la guerre contre le pays voisin. Puis, Grand-mère évoque les prisons et les camps pour femmes en Zinovie, où la jeune chanteuse risque fort de faire un très long séjour.

 

« En Zinovie, on a des prisons,

Camps de travail, lieux de punition,

Colonies pénitentiaires pour les dames,

Pour les filles, pour les femmes. »

 

Ce sont des endroits sévères à l’image du régime :

 

« Là, on les force à travailler, on les exténue

On les bat, on les torture, on en tue.

L’administration ne fait pas le détail,

Elle traite les détenues pis que du bétail. »

 

Pour une fois, dit Lucien l’âne, j’ai un peu l’impression qu’il y a égalité de traitement pour les femmes et les hommes. Le pire, évidemment !

 

Ensuite, continue Marco Valdo M.I., arrive un soldat qui vient raconter ce qu’il en est des « veuves noires ». C’est une espèce qui reparaît à chaque guerre quand vient le temps des héros morts au combat qui font bénéficier leur veuve des récompenses posthumes qui leur sont légalement attribuées. C’est toute une affaire, écoute :

 

« La bonne affaire : Épousez un soldat,

Un idiot qui signe le contrat.

Votre veuvage est votre droit

Et réclamez l’argent à l’État. »

 

 Tout ça est malsain, dit Lucien l’âne. Mais s’il n’y avait pas de guerre, cette « bonne affaire » n’existerait tout simplement pas.

 

En effet, dit Marco Valdo M.I., la solution est claire. Mais le Guide préfère la guerre qui consolide son pouvoir. Et pour finir, vient l’aviateur, un personnage qu’on n’avait pas encore rencontré ici, suivi d’un marin. Le premier dit :

 

« De nos avions, je compte les malheurs.

Écoutez bien ceci, les amis :

Nos coucous meurent au nid,

Nos avions s’en vont au paradis. »

 

et l’autre en écho ajoute :

 

« Nos navires meurent au port.

Au large, ils ont perdu le nord. »

 

Eh bien, dit Lucien l’âne, je me réjouis de lire ces histoires. Maintenant, tissons le linceul de ce vieux monde décati, décadent, décapant, délitant, délirant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Grand-Mère dit : Cette fois-ci,

Je viens parler des filles d’ici.

D’une fille de dix-huit ans,

Encore presque une enfant.

Ils ont emprisonné cette chanteuse :

Elle fredonnait dans la rue,

Pour les gens, une mélodie heureuse.

Aussitôt, la meute nationale se rue,

Bave, aboie, grogne, gronde

Et dénonce la jeune blonde

À la voix douce, à la voix digne,

Qui chantonne l’histoire du cygne.

 

En Zinovie, on a des prisons,

Camps de travail, lieux de punition,

Colonies pénitentiaires pour les dames,

Pour les filles, pour les femmes.

Là, on les force à travailler, on les exténue

On les bat, on les torture, on en tue.

L’administration ne fait pas le détail,

Elle traite les détenues pis que du bétail.

On emprisonne, on enferme, on incarcère

Pour un blasphème, pour un mot, pour un air.

Les plaintes se perdent en chemin ;

L’administration étouffe les cris de chagrin.

 

Le soldat dit : Souvent, au front, là-bas,

Les blessés au combat ne survivent pas.

C’est du pain bénit pour les veuves :

Devant Dieu, elles jurent leur foi ;

Elles le font même plusieurs fois.

Elles peuvent acheter une maison neuve

Et vivre de leur pension.

Ce sont de juteuses opérations.

« La bonne affaire : Épousez un soldat,

Un idiot qui signe le contrat.

Votre veuvage est votre droit

Et réclamez l’argent à l’État. »

 

Moi, dit une voix, je suis aviateur.

De nos avions, je compte les malheurs.

Écoutez bien ceci, les amis :

Nos coucous meurent au nid,

Nos avions s’en vont au paradis.
En vol, l’ennemi les mitraille – Normal !

Au sol, les bombes les écrasent – Normal !

Au décollage, nos artilleurs les abattent – Spécial !

Et avec ça, on doit garder le moral.

Moi, dit une autre voix, je suis marin.

Nos navires meurent au port.

Au large, ils ont perdu le nord.

 


 


 


 


 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ;

191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit

FEMMES DE ZINOVIE   Olga Grechina – 1985

FEMMES DE ZINOVIE Olga Grechina – 1985

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Published by Marco Valdo M.I.
14 octobre 2025 2 14 /10 /octobre /2025 15:03

 

La Vie telle qu’on la vit

 

 

Chanson française – La Vie telle qu’on la vit – Marco Valdo M.I. – 2025


 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

LE GÉNÉRAL HYPERDÉCORÉ

 

Enrico Baj – 1972 ça

 

 

 

Épisode 274


 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

D’abord, dit Marco Valdo M.I., je voudrais te dire deux mots de ce Général hyperdécoré, qui illustre la chanson et particulièrement, attirer ton attention sur le peintre italien qui l’a conçu et qui n’est autre qu’Enrico Baj, auteur de multiples généraux décorés. Enrico Baj peut être considéré comme un de nos contemporains – il vivait encore il n’y a pas si longtemps, tout au début de ce siècle. Je l’avais rencontré lui et d’autres artistes italiens, notamment Sergio Dangelo, du côté de Noli ou d’Albisola sur la côte ligure. Je ne dirai pas quand, on me prendrait pour un dinosaure.

 

Ohlala, tu exagères, Marco Valdo M.I., mon ami. Cela dit, je sais pertinemment que c’était avec l’ami Théodore Koenig, qui était l’infatigable animateur du groupe et de la revue Phantomas.

 

C’est exact, Lucien l’âne mon ami, et pour en terminer avec Enrico Baj, je dirai qu’il gravitait dans ce groupe et que par ailleurs, il se voulait et était anarchiste. Il avait fait un tableau représentant les funérailles de l’anarchiste Pinelli, lequel fut défenestré du quatrième étage lors d’un « interrogatoire » par la police politique italienne ; tableau qui fut longtemps interdit d’exposition. Ce sont des choses qui ne s’oublient pas. Donc, parmi les voix de la chanson, il y a un général hyperdécoré, un vrai sapin de Noël, comme tous les généraux en Zinovie.

 

« La paix ?, dit le général hyperdécoré.

Je connais ça, mon père disait déjà :

« Jamais plus ! ». On ne recommencera pas.

Avec le Guide, on a recommencé. »

 

Il m’a l’air plutôt lucide et direct, ce général, dit Lucien l’âne et il va carrément à l’encontre des discours officiels. Habituellement, en Zinovie, un général qui énonce pareillement la vérité finit mal. D’ailleurs, s’il est là à nous parler, c’est qu’il est déjà entré en clandestinité.

 

Sans doute, dit Marco Valdo M.I., en tout cas, il vaudrait mieux pour lui. Les temps sont durs en Zinovie. Pour le reste, un petit résumé de la chanson comme à l’ordinaire. En premier, le Veilleur tient un discours un peu nostalgique sur la Zinovie « heureuse » qui aurait dû être et un discours désabusé sur ce qu’elle est. C’est le sens du titre : La Vie telle qu’on la vit. Après quoi, lui aussi, est entré en clandestinité et avait dégotté ce boulot discret et solitaire de Veilleur de nuit dans une vague entreprise, où personne n’aurait l’idée d’aller le chercher. C’est sa solution pour vivre quand même, mais à l’écart.

 

C’est une solution, dit Lucien l’âne, mais il faut malgré tout se tenir à carreau.

 

Oh, dit Marco Valdo M.I., le veilleur est un vieux briscard, il sait voir venir. Au besoin, il saute dans le premier train pour n’importe où ailleurs. De ce que j’en sais, il l’avait déjà fait antérieurement. Ça ne l’avait pas empêché d’exposer la vérité du régime :

 

« Pour eux, le pouvoir et l’argent

Et de somptueux logements.

À nous, la débrouille et la crasse.

Je suis parti sans laisser de traces. »

 

Puis, parle le soldat – est-ce le même que l’autre fois ? Je ne sais pas. Il tient des propos qu’on dirait séditieux et qui le mèneraient tout droit au camp ou au-delà.

 

« De toute façon, c’est une guerre perdue.

Notre invincible armada de chars est foutue.

Notre armée est bonne pour la casse. »

 

En effet, dit Lucien l’âne, ça sent le fagot. Il pourrait bien y laisser la vie.

 

Il reste, dit Marco Valdo M.I., encore une strophe où le Guide dévoile tout son programme et c’est proprement consternant. Un programme applicable à tous ceux que le régime parvient à soumettre, y compris ceux des pays qu’il colonise.

 

« Le Guide dit : C’est la libération par la terreur :

Prisons, déportations, pillages, viols, assassinats,

Les soumettre tous par la peur. »

 

Eh bien, dit Lucien l’âne, voilà qui est réjouissant. Il n’y qu’à espérer que le soldat a raison et que la Zinovie perde rapidement cette guerre et dans la foulée, se débarrasse de son Guide et de sa bande d’assassins. En attendant, tissons le linceul de ce vieux monde homérique, shakespearien, dantesque, balzacien et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Le Veilleur dit : nous, on imaginait la vie

Avec un avenir radieux en Zinovie,

La belle vie, le bel avenir en Zinovie.

Cette vie-là ici n’a rien d’une vie.

Eux ont mis dans cette belle vie

Les cafards, les punaises et les indicateurs.

Bilan final de la lutte : vie de malheur.

Pas question d’atteindre le bonheur.

Pour eux, le pouvoir et l’argent

Et de somptueux logements.

À nous, la débrouille et la crasse.

Je suis parti sans laisser de traces.

 

Le soldat dit : je reviens de là-bas.

Vivant, vivant avec le déshonneur

De n’être pas mort au champ d’honneur,

Sous la mitraille au coin d’un bois.

Eux veulent m’y renvoyer.

C’est juste une guerre dégueulasse.

En principe, on y laisse sa carcasse.

Moi, je ne veux pas y retourner,

Un fameux tour de passe-passe.

De toute façon, c’est une guerre perdue.

Notre invincible armada de chars est foutue.

Notre armée est bonne pour la casse.

 

Le Guide a dit : « On va libérer

D’eux-mêmes, les pays voisins,

De leurs idées et de leurs stupidités.

Liberté, démocratie ne sont rien. »

Le Guide dit : C’est la libération par la terreur :

Prisons, déportations, pillages, viols, assassinats,

Les soumettre tous par la peur.

Leur apprendre à marcher droit.

Désertification, désolation économique,

Imposer notre langue, imposer notre Loi,

Effacement culturel, répression politique,

Imposer notre Église, imposer notre foi.

 

La paix ?, dit le général hyperdécoré.

Je connais ça, mon père disait déjà :

« Jamais plus ! ». On ne recommencera pas.

Avec le Guide, on a recommencé.

Et plus d’une fois, et la der des ders,

À mon avis, n’est pas la dernière.

On va remettre ça. C’est sérieux.

Que faire sinon de notre invincible armée ?

Un million aujourd’hui ; demain, deux.

Il en meurt beaucoup. C’est épatant !

Ces héros, c’est de la gloire concentrée,

Un exemple pour les enfants.

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

 

 

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ;

Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ;

LE GÉNÉRAL HYPERDÉCORÉ  Enrico Baj – 1972 ca

LE GÉNÉRAL HYPERDÉCORÉ Enrico Baj – 1972 ca

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Published by Marco Valdo M.I.
10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 18:15


 

LE RENARD ANTIMILITARISTE

 

Version française – LE RENARD ANTIMILITARISTE – Marco Valdo M.I. – 2025

Chanson italienne (Romanesque) – La vorpe antimilitarista – Trilussa1920

Langue : italien (Laziale romanesco)

 

Poème : Carlo Alberto Salustri (Trilussa)

Favole di Trilussa (note anche come « Favole Moderne »), 1920

 

 

 

 

 

 

LE RENARD

 

Rosa Bonheur – ca. 1890

 

 

TRILUSSA

 

Carlo Alberto Camillo Salustri, dit « Trilussa » d’après l’anagramme de son nom, est né à Rome le 26 octobre 1871, un an après la brèche de Porta Pia. À l’âge adulte, il était une sorte de géant (il mesurait près de deux mètres). Il obtint difficilement et tardivement son diplôme d’études primaires, et il en résulta un homme d’une très grande culture et d’une lecture infinie, devenant et restant cependant la véritable âme d’une certaine Rome. Il réussit à publier son premier sonnet en 1887, à l’âge de seize ans ; trouvant son expression privilégiée dans la fable satirique, il devint le dernier maillon authentique de cette chaîne millénaire qui, depuis Ésope et Phèdre, passe par La Fontaine et Perrault et aboutit, justement, à lui. Il fut rédacteur en chef du journal Il Don Chisciotte de Rome, écrivant des articles qui visaient la politique de Francesco Crispi tout en s’occupant de l’actualité citadine. Plus tard, il n’a jamais été fasciste, mais ne s’est jamais déclaré antifasciste, préférant se définir comme « non-fasciste » et entretenant d’ailleurs avec le régime des relations qui n’ont jamais été conflictuelles.

La satire politique et sociale est une constante dans l’œuvre de Trilussa, mais ce n’était certainement pas sa seule source d’inspiration ; sa satire a d’ailleurs presque toujours un arrière-goût de scepticisme populiste qui, sans aucune intention offensive, représente en quelque sorte la « marque de fabrique » de la romanité (ou peut-être de toute « âme populaire » de n’importe quel lieu et de n’importe quelle ville). Le « peuple » de Trilussa n’était toutefois pas celui de Belli (les couches les plus populaires et « basses » avec leur langage) ; Trilussa cherchait à élever le romanesco, en le rendant plus proche de l’italien et, surtout, en remplaçant la Rome populaire par la Rome bourgeoise. Peut-être que la définition de « poète satirique » pour Trilussa devrait être « poète humoristique », mais d’un humour jamais mal vu par le pouvoir, et qui égratigne rarement.

Par ailleurs, on ne peut mettre en doute l’opposition à la guerre de Trilussa (ce qui est un sentiment populaire authentique) : son poème le plus célèbre, Ninna nanna de la guerra (qui est également devenu une chanson très variée), en fait foi, avec d’autres de ses poèmes. Celui-ci, Le Renard antimilitariste, en revanche, est manifestement une satire visant spécifiquement l’antimilitarisme, exprimée sous la forme habituelle d’une métaphore animale. Un jeune coq castré, voyant passer un détachement de bersagliers avec des plumes sur leur chapeau, s’indigne en pensant au nombre de ses frères qui ont été plumés pour orner les couvre-chefs des soldats, et prône l’abolition de l’armée. Le renard lui fait écho, légèrement intéressé, le renard incite le coq à détruire le poulailler sûr en lui promettant « protection ». Une fois le refuge éliminé, le renard naturellement en profite pour croquer le chapon, qui « meurt tué », mais sauve ses plumes. C’est comment dire : attention à ne pas trop jouer les antimilitaristes et les pacifistes, car quelqu’un pourrait profiter de votre idéalisme (spécialement certains révolutionnaires…).

 

Le texte (qui n’a jamais été mis en musique, mais « des recherches sont en cours ») fait partie des « Favole Moderne » (Fables modernes), dont la première édition date de 1920. Curieusement, j’en ai trouvé l’écho dans le Pasquino Coloniale, revue satirique sur l’immigration italienne au Brésil, n° 1023 du 23 février 1929-VII E.F. Les « Favole Moderne » (à proprement parler : « Favole di Trilussa »), publiées par la Società Editrice di “Novissima” à Rome, illustrées par Duilio Cambellotti (1876-1960) et préfacées par l’écrivain et homme politique florentin Ferdinando Martini (1841-1928), de foi réactionnaire avérée, signataire du « Manifeste des intellectuels fascistes » promu par Giovanni Gentile, gouverneur de l’Érythrée de 1897 à 1907 et ministre des Colonies dans divers gouvernements de l’Italie pré-fasciste, sont l’œuvre fondamentale de Trilussa.

[RV, 8/9-10-2025]


 


 

Un chapon disait : « À mon lever,

Quand j’ai vu passer les bersagliers,

J’ai eu la chair de poule, j’ai tremblé ! »


 

Combien de fils de mère

Avaient-ils cousus sur leurs chapeaux !

Sur la tête d’un colonel, bien haut,

J’ai revu les plumes de mon père,

J’ai revu la queue d’un frère !


 

C’est une vraie barbarie !

Il faut agiter les esprits,

Cria le renard révolutionnaire,

Pour abolir l’armée et les canons

Et abattre toutes les barrières

Entre les nations.


 

Élève la voix, toi qui as du courage !

Si tu décides de démolir la barrière

Qu’ils ont construit autour du poulailler,

Si nécessaire, je saurai te protéger.


 

Dès qu’il trouva le passage libre,

Aussitôt, le Renard s’y engouffra

Et le pauvre chapon organisé

Mourut tué, mais sauva ses plumes.


 


 

Le Renard antimilitariste


 

Version en prose [R.V.]


 

Un chapon disait : « Ce matin, quand j’ai vu passer les bersagliers, j’ai eu la chair de poule ! Combien de fils à maman nous avaient cousu sur leur chapeau ! Il suffit de dire que, sur la tête d’un colonel, j’ai revu les plumes de mon père et même la queue d’un frère ! » « C’est une véritable barbarie », s’écria le renard révolutionnaire, « il faut commencer à militer pour abolir l’armée, afin de détruire toute barrière entre les nations. Élevez la voix, vous qui avez du courage ! Si vous décidez de démolir l’abri qu’ils ont construit autour du poulailler, je vous protégerai si nécessaire. » Dès qu’il trouva le passage libre, le Renard s’y engouffra, et il va sans dire que le pauvre chapon organisé mourut tué, mais sauva ses plumes.

LE RENARD  Rosa Bonheur –  ca. 1890

LE RENARD Rosa Bonheur – ca. 1890

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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 09:52

 

LA BALLADE DU FEU ÉTERNEL


 

Version française – LA BALLADE DU FEU ÉTERNEL – Marco Valdo M.I. – 2025

Chanson (en langue) russe – Балладa о вечном огнеAleksandr Arkad'evič Galič / Александр Аркадьевич Галич – 1968

 

 

 

 

 

Alexandre Galitch

 

« Alexandre Galitch, l’homme le plus populaire de l’U.R.S.S., le poète le plus connu par la jeunesse soviétique vient de mourir à Paris. Auteur de théâtre et de cinéma, il a été exclu en 1971 de l’Union des écrivains et de celle des cinéastes avec interdiction de publier et d’apparaître en public. Après avoir vendu ses livres et ses meubles, il fut obligé de quitter son pays, tout simplement pour ne pas mourir de faim… Galitch composait des poèmes qu’il chantait en s’accompagnant à la guitare et qui sont de petits romans ou de petits drames d’une concision verbale extraordinaire, et dont les personnages sont les gens de la rue négligés voire oubliés par la littérature officielle chauffeurs, infirmières, petits employés, caissières, retraités… Nous, leurs compatriotes, nous sommes toujours heureux de reconnaître la voix de ces gens, leur langage, leur intonation. Les chansons de Galitch ont fait ce qui est le devoir de la prose : elles ont incarné toute la société… dans une vingtaine de personnages tracés avec précision, humour et bonté. Galitch a créé à lui seul… une « comédie humaine ».

Galitch n’était ni conspirateur ni terroriste ; il était la bonté même. Pour le régime soviétique, la bonté est dangereuse. Galitch chante au nom des défavorisés, des humiliés. Il veut donc nous faire croire qu’il y a des malheureux dans notre société, qui est une démocratie parfaite ; il veut nous faire croire qu’il y a des mécontents, des mal-pensants, des marginaux. Donc, c’est un calomniateur, un dissident, un agent de l’impérialisme. Dehors ! »

 

Efim Etkind – Le Monde – 17 décembre 1977

 

 

 

 

 

CHAMP DE COQUELICOTS

Claude Monet – 1890

 

 

 

 

 

LA BALLADE DU FEU ÉTERNEL

 

Les raisons de cette chanson sont présentées par Galitch lui-même dans l’introduction parlée de la chanson. Le texte original polonais de Czerwone maki na Monte Cassino est de Feliks Konarski. …« Les coquelicots rouges de Monte Cassino » – chanson de la Résistance polonaise. Il s’agit d’une longue et magnifique ballade sur les péripéties d’un soldat polonais qui, après s’être échappé des camps nazis, rejoint le bataillon des résistants polonais, intégré aux forces alliées, qui a combattu à Monte Cassino en 1944. Une fois rapatrié, il doit à nouveau échapper aux persécutions staliniennes…


 


 

Chanson dédiée à Lev Kopelev

On m’a raconté que la mélodie préférée des responsables du camp d’Auschwitz, celle qui accompagnait l’envoi à la mort d’un nouveau groupe de prisonniers, était la chanson « Tum-balalaïka », généralement interprétée par l’orchestre des prisonniers.


 

 

 

« L’inconnu », de gloire guerrière rutilant,

Malheureux prophète ou héros vaillant?!

Au son des tambours, tous s’agenouillant

Devant cette énigme des chefs de gouvernement !

Sur les tombes muettes – on crie ! – des pierres tombales…

Les pierres ne sont pas réelles, mais imitées,

À force, on occulte la douleur et la vanité reste

Sur le granit noir gravées en lettres dorées.

 

Tout a-t-il été chanté ?

Avec la douleur pour l’éternité ?

Dans le ghetto, la trompette, déjà

Appelle les morts au combat !

Chante, trompette, chante !

Chante ma Pologne, chante !

Chante ma mère, chante !

Dans la fosse commune,

Toum-bala, toum-bala, toum-balalaïka,

Toum-bala, toum-bala, toum-balalaïka,

Toum-balalaïka, joue balalaïka,

Mon cœur se brise et pleure !

 

À Poznań, viennent les marchands,

Ils achètent des fourrures et des vêtements

Il se fait tard, maintenant,

N’oubliez pas comme c’était !

Comme le feu noir nous fauchait

Dans cette dernière attaque aveugle…

« Coquelicots, sur le Mont-Cassin, coquelicots»,

Comme on tombait dans ces coquelicots.

Et les roubles et les marks roulent

À la foire, tout est beau,

« Coquelicots, sur le Mont-Cassin, coquelicots »,

Ah, comme vous avez noirci, coquelicots !

 

La trompette appelle là-bas,

Elle ordonne : « Au combat ! »

Chante, chante-nous les plus fécondes,

Les plus solides valeurs du monde !…

Toum-bala, toum-bala, toum-balalaïka,

Toum-bala, toum-bala, toum-balalaïka,

Toum-balalaïka, joue balalaïka,

Mon cœur se déchire et pleure !

Hébété, marchait le bouffon, là-bas,

Sur l’Appelplatz, souviens-toi,

Dans la chambre à gaz, les morts dansent…

Toum-balalaïka, joue balalaïka,

 

Et encore voilà :

En une petite mazurka,

Parfois marchant, parfois rampant

S’en vont deux « enfants »

En mazurka, en mazurka,

Ils cherchent la « langue », en hésitant !

Affublés de fausses moustaches,

Ils ont caché dans leur sacoche

Une montre volée, un trophée !

À Poznan, nous on va, à la soirée.

On boit trois jours et trois nuits

De son côté, lui, il est parti ;

Et la patrouille m’a repris !

Oh, aubes turquoise,

Couchers de soleil framboise !

Mes soldats en kaki

Vers Berlin sont partis ;

Le tonnerre gronde tel un volcan.

Sur la ligne de feu, sur un rang,

Mes soldats en kaki vont de l’avant,

Mais sans moi, maintenant !…

Là, près du méandre de la rivière,

Dans un lit vert,

Dort un soldat entraîné,

Blessé, entraîné

À tirer et à tuer !

Au milieu de la route, passant,

Se trouve mon dernier logement.

Mais il n’y a pas, comme il se doit,

D’étoile sur une planche en bois.

 

Ne sois pas triste, ma mère chérie,

Repose en paix, dors tranquille.

Adieu, mes amies, adieu mes cousines,

Adieu, camarade Staline !

Ne te fais pas de souci, ma mère chérie,

Comme on dit, le destin est aveugle,

Et il se peut que le peuple

Ne laisse pas l’herbe envahir le chemin qui mène à moi…

Et encore, là où, sous la neige durcie,

Nous errions dans la zone de KaEra,

Nous cherchions des racines pourries,

Aucun Premier ministre jamais ne viendra

Les pantalons retroussés, aucun ne s’agenouillera !

Au-dessus de la taïga sibérienne, au-dessus de la Kama, au-dessus de l’Ob,

Ni couronnes, ni bannières ne seront déposées sur les tombes !

Comme un feu éternel, seules gloires du passé,

Les piles ! Les piles ! Les piles de bois flotté !

 

Plus tard, mes amis, plus tard,

On en finira avec la douleur, plus tard.

Chante, trompette, chante !

Appelle au combat  et chante !

 

De toute ta chair, chante

Ma Potma !

Chante mon frère, chante

Dans la Vallée glacée, tout là-bas !

 

Chante, trompette, ne tremble pas,

Chante, trompette, que ta force ne faiblisse pas,

Pour que comme à Auschwitz, nous nous levions matin,

Au milieu des cendres en nous tenant par la main !

 

Ah, que ce cuivre amer vienne nous appeler

À nous lever pour combattre, à nous lever pour oser !

Toum-balalaïka, joue balalaïka,

Chant qui vers la mort nous a menés !

Toum-balalaïka, toum-balalaïka, toum-balalaïka,

Toum-balalaïka, toum-balalaïka, toum-balalaïka,

Toum-balalaïka, joue balalaïka,

Mon cœur pleure, mon cœur est brisé!

 

31 décembre 1968, Doubna

 

Notes

Les « KaEry » étaient les prisonniers et les déportés en vertu de l'article 58 du code pénal soviétique pour « activité contre-révolutionnaire ». Le terme « KaEr » est un acronyme formé à partir des initiales KR [KP en alphabet cyrillique] des éléments constitutifs du mot контрреволюционер [KontrRevoljucioner], « contre-révolutionnaire ».

 

Pot'ma est une gare ferroviaire sur la ligne reliant Moscou à la Pologne.

 

CHAMP DE COQUELICOTS Claude Monet – 1890

CHAMP DE COQUELICOTS Claude Monet – 1890

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Published by Marco Valdo M.I.
7 octobre 2025 2 07 /10 /octobre /2025 19:07

LE SILENCE EST D’OR

 

 

Version française – LE SILENCE EST D’OR – Marco Valdo M.I. – 2025

Chanson (en langue) russe – Molchaniye – zolotoAleksandr Arkad'evič Galič / Александр Аркадьевич Галич1963

Paroles et musique : Aleksandr Arkad'evič Galič (1918-1977), Poète, dramaturge, chanteur et compositeur soviétique, mort en exil à Paris dans des circonstances qui n’ont jamais été tout à fait élucidées.

 

 

 

 

 

 

Alexandre Galitch

 

 

 

« Alexandre Galitch, l’homme le plus populaire de l’U.R.S.S., le poète le plus connu par la jeunesse soviétique vient de mourir à Paris. Auteur de théâtre et de cinéma, il a été exclu en 1971 de l’Union des écrivains et de celle des cinéastes avec interdiction de publier et d’apparaître en public. Après avoir vendu ses livres et ses meubles, il fut obligé de quitter son pays, tout simplement pour ne pas mourir de faim… Galitch composait des poèmes qu’il chantait en s’accompagnant à la guitare et qui sont de petits romans ou de petits drames d’une concision verbale extraordinaire, et dont les personnages sont les gens de la rue négligés voire oubliés par la littérature officielle chauffeurs, infirmières, petits employés, caissières, retraités… Nous, leurs compatriotes, nous sommes toujours heureux de reconnaître la voix de ces gens, leur langage, leur intonation. Les chansons de Galitch ont fait ce qui est le devoir de la prose : elles ont incarné toute la société… dans une vingtaine de personnages tracés avec précision, humour et bonté. Galitch a créé à lui seul… une « comédie humaine ».

Galitch n’était ni conspirateur ni terroriste ; il était la bonté même. Pour le régime soviétique, la bonté est dangereuse. Galitch chante au nom des défavorisés, des humiliés. Il veut donc nous faire croire qu’il y a des malheureux dans notre société, qui est une démocratie parfaite ; il veut nous faire croire qu’il y a des mécontents, des mal-pensants, des marginaux. Donc, c’est un calomniateur, un dissident, un agent de l’impérialisme. Dehors ! »

 

Efim Etkind – Le Monde – 17 décembre 1977

 

 

 

 

UNE RÈGLE UTILE : LE SILENCE EST D’OR

 

Le silence est d’or, une règle qui s’appliquait certainement à l’Union soviétique, en particulier à l’époque stalinienne, mais qui peut également s’avérer utile dans les régimes « démocratiques » modernes, si l’on aspire à faire carrière…

 

 


 

 

LES DIRIGEANTS


 


 


 

Nous nous disions adultes depuis longtemps,

Nous avons oublié d’être enfants,

Nous n’avons jamais cherché le trésor sur l’île enchantée,

Nous n’allons pas vers des lointaines contrées,

Ni au pôle glacé, ni dans le désert,

Ni en bateau… sur la haute mer.

Mais comme le silence est d’or,

Nous aussi, nous sommes des chercheurs d’or.


 

Tais-toi, riche tu seras !

Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !


 

Ignorant notre cœur et notre raison,

Par sécurité, Cachant nos yeux, toujours

Nous nous sommes tus de mille façons,

Pas contre évidemment, mais pour !

Où sont passés les geignards et les râleurs ?

Ils ont disparu dans leur jeune candeur.

Les silencieux sont devenus chefs, alors,

Car le silence est d’or.


 

Tais-toi, sinon on t’aura !

Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !


 

Maintenant, nous sommes les premiers,

Nous radotons des discours entiers.

Mais sous toutes ces perles verbales,

Notre mutisme s’étale.

Que les autres crient leur chagrin,

Leur désespoir, leur douleur, leur faim !

Nous savons que le silence rapporte plus encore,

Car le silence est d’or !


 

Comment devenir riche ? Comme ça !

Comment devenir chef ? Comme ça !

Comment devenir bourreau : Comme ça !

Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !

LES DIRIGEANTS

LES DIRIGEANTS

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Published by Marco Valdo M.I.
7 octobre 2025 2 07 /10 /octobre /2025 10:30
LA ROMANCE DE SAINT-PÉTERSBOURG

 

Version française – LA ROMANCE DE SAINT-PÉTERSBOURG – Marco Valdo M.I. – 2025

Chanson (en langue) russe – Петербургский романсAleksandr Arkad'evič Galič / Александр Аркадьевич Галич – 23 août 1968

 

« Alexandre Galitch, l’homme le plus populaire de l’U.R.S.S., le poète le plus connu par la jeunesse soviétique vient de mourir à Paris. Auteur de théâtre et de cinéma, il a été exclu en 1971 de l’Union des écrivains et de celle des cinéastes avec interdiction de publier et d’apparaître en public. Après avoir vendu ses livres et ses meubles, il fut obligé de quitter son pays, tout simplement pour ne pas mourir de faim… Galitch composait des poèmes qu’il chantait en s’accompagnant à la guitare et qui sont de petits romans ou de petits drames d’une concision verbale extraordinaire, et dont les personnages sont les gens de la rue négligés voire oubliés par la littérature officielle chauffeurs, infirmières, petits employés, caissières, retraités… Nous, leurs compatriotes, nous sommes toujours heureux de reconnaître la voix de ces gens, leur langage, leur intonation. Les chansons de Galitch ont fait ce qui est le devoir de la prose : elles ont incarné toute la société… dans une vingtaine de personnages tracés avec précision, humour et bonté. Galitch a créé à lui seul… une « comédie humaine ».

Galitch n’était ni conspirateur ni terroriste ; il était la bonté même. Pour le régime soviétique, la bonté est dangereuse. Galitch chante au nom des défavorisés, des humiliés. Il veut donc nous faire croire qu’il y a des malheureux dans notre société, qui est une démocratie parfaite ; il veut nous faire croire qu’il y a des mécontents, des mal-pensants, des marginaux. Donc, c’est un calomniateur, un dissident, un agent de l’impérialisme. Dehors ! »

 

Efim Etkind – Le Monde – 17 décembre 1977


 

 

 

Pour votre liberté – et pour la nôtre.

La banderole lors de la manifestation de protestation sur la Place Rouge contre l’invasion

de la Tchécoslovaquie – 25 août 1968

 


 


PRAGUE 1968

 

 

Galitch écrivit cette chanson le 22 août 1968, en référence à la veille, quand les chars soviétiques envahirent la Tchécoslovaquie pour arrêter la politique de déstalinisation du pays. Quelques jours plus tard, un groupe de personnes, peut-être influencé par les derniers vers du poème a organisé une manifestation sur la Place Rouge à Moscou. Les manifestants ont tous été arrêtés et emprisonnés ou internés dans des asiles psychiatriques.

Contrairement à Mandelstam, Galitch n’a jamais été éliminé physiquement en URSS, car il était célèbre en dehors des frontières soviétiques et son élimination aurait causé des problèmes à l’État. Galitch était donc « libre » de poursuivre son travail. Galitch avait tendance à écrire constamment des poèmes sur l’actualité en URSS, révélant ainsi des informations inconnues au reste du monde. Galitch a écrit « La Romance de Saint-Pétersbourg » le 22 août 1968, en référence à la veille, lorsque les chars soviétiques ont envahi Prague, la capitale de la Tchécoslovaquie, en raison de la déstalinisation du pays. Il était l’une des rares personnes à avoir écrit sur ces événements sous un angle positif, sachant qu’il risquait d’avoir des problèmes à cause de cela. Le poème a été rendu public presque immédiatement. Quelques jours plus tard, un groupe de huit personnes s’est révolté contre l’État soviétique et a manifesté sur la Place Rouge, peut-être influencé par les derniers vers du poème. Ils ont tous été qualifiés de fous et envoyés en prison ou dans un asile, où ils ont été torturés pendant des années.

An analysis on Galitch's work

 


 

 


 

LE CHEVAL DE CLODT ET LE GARS

Peter Clodt von Jürgensburg, sculpteur germano-balte (Finlande), connu également sous le nom russe de Piotr Karlovitch Klodt – ça 1860


 

« Il ne faut pas avoir pitié de soi

On est soi-même responsable de tous ses malheurs,

Il faut endurer ce qui peut être enduré sans méchanceté… »

(N. Karamzine)


 


 

Être plus calme, il le faut

Ne pas paraître, mais être !

Ici, les ponts sont les chevaux,

La nuit, ils se cabrent !

Ici, toujours en carré, là

À l’aube, les régiments

Sont du Synode au Sénat,

Alignés sur quatre rangs !

 

Ici, au comptoir à vin,

Près du feu jusqu’au matin

Tant de choses ont été enchantées,

Tant de choses ont été griffonnées,

Tant de choses ont été enchantées,

Tant de choses ont été griffonnées,

Va-t’en les répéter !

 

Toutes les peines de la terre immense

Ont frappé cette région…

À présent, par notre silence,

Nous payons notre implication !

Les gars étaient imberbes.

Jeunes soldats et jeunes aspirants,

Ces garçons fous étaient superbes,

À mes conseils, ils étaient indifférents.


Qu’ils se soignent plutôt,

Qu’ils boivent de l’eau.

La nuit, ils crient : « Patrie !

Tyran ! Aube de la liberté chérie ! »

Moi, je suis colonel, pas aspirant ;

Moi, j’ai combattu vaillamment

Et toute cette bande de chiots

Me paraissait un jeu de marmots.

 

Et j’avais aussi crié : « Tyrans ! »

Et j’avais aussi glorifié la liberté ;

Avec nos discours chatoyants,

On buvait le vin sans compter.

Et en ce matin fatal,

Il paraissait normal,

Il semblait très sage

D’être parti en voyage.

 

Pourquoi alors est-il arrivé

Que s’estompe toute ma gloire

Telle un vieil écu mité

Devant leur gloire solaire ?

Je souffre de mes blessures

Quand le temps est mauvais ;

Les années passent tristement, mais…

Moi aussi, j’avais crié : « Tyrans ! »

Et j’avais glorifié la liberté, avant !

 

Les murmures se sont répétés,

Nous marchons dans les traces.

Mais jamais personne n’a été sauvé

Par l’expérience !

Oh, jusqu’à quand, jusqu’où,

Et pas seulement ici, mais partout

Les chevaux de Clodt, depuis longtemps mort,

Se soumettront-ils enfin au mors ?!

 

Et ce n’est toujours pas plus facile,

Notre époque nous met à l’épreuve :

Pourras-tu sortir sur la place,

Oseras-tu sortir sur la place,

Peux-tu sortir sur la place,

Sortir sur la place, oseras-tu,

Le moment venu ?!

 

Seront-ils encore

À l’aube, les régiments

Du Synode au Sénat,

Alignés sur quatre rangs ?


 

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Published by Marco Valdo M.I.
5 octobre 2025 7 05 /10 /octobre /2025 11:37

 

 

N’ayez pas Peur !

 

 

Chanson française – N’ayez pas Peur ! – Marco Valdo M.I. – 2025


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

ALEXANDRE GALITCH

 

Il NE FAUT PAS AVOIR PEUR

 

 

 

Épisode 273


 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

Te souviens-tu, Lucien l’âne mon ami, de cette chanson où Zorba le chat disait à Basile, et ouvrier de Zinovie qui à lui seul, tenait dans les airs libres La Radio Pacifique.

 

Certainement, dit Lucien l’âne, que je m’en souviens de cette Radio Pacifique où Zorba le chat disait :

 

« Viens, dit Zorba le chat, visiter

Les coins secrets du pays.

On ira roder sur les toits,

Puis, chez nous, on rentrera. »

 

Mais pourquoi me demandes-tu ça ?

 

Eh bien, reprend Marco Valdo M.I., je le fais, car c’est un peu la même histoire que celle de la chanson du jour où « N’ayez pas peur ! » et de son auteur mythique en Zinovie, Alexandre Galitch. Voici la nouvelle telle qu’elle parut dans Le Monde le 17 décembre 1977 : « Le poète et chanteur Alexandre Galitch, qui vivait en exil depuis trois ans et qui avait été déchu de la citoyenneté soviétique, a été trouvé mort, électrocuté par un poste de radio, jeudi après-midi 15 décembre, à son domicile parisien. Il était âgé de cinquante-huit ans. »

 

« Un clair matin, très tôt,

Il est mort sur son magnéto.

Il disait tout le secret de l’État,

Ce que tous, on pense tout bas. »

 

Curieuse mort en effet, dit Lucien l’âne, pour quelqu’un qui utilisait son magnétophone depuis des années, mais on sait bien que même en exil, loin du pays, un Zinovien est toujours suivi par les sbires du Guide.

 

Oui, dit Marco Valdo M.I., même lointain, même inaudible ou presque, il dérangeait. Son portrait a été publié dans le même journal le même jour, tracé par Efim Etkind ; j’en ai extrais quelques lignes :

 

« Alexandre Galitch, l’homme le plus populaire de l’U.R.S.S., le poète le plus connu par la jeunesse soviétique vient de mourir à Paris. Auteur de théâtre et de cinéma, il a été exclu en 1971 de l’Union des écrivains et de celle des cinéastes avec interdiction de publier et d’apparaître en public. Après avoir vendu ses livres et ses meubles, il fut obligé de quitter son pays, tout simplement pour ne pas mourir de faim… Galitch composait des poèmes qu’il chantait en s’accompagnant à la guitare et qui sont de petits romans ou de petits drames d’une concision verbale extraordinaire, et dont les personnages sont les gens de la rue négligés voire oubliés par la littérature officielle chauffeurs, infirmières, petits employés, caissières, retraités… Nous, leurs compatriotes, nous sommes toujours heureux de reconnaître la voix de ces gens, leur langage, leur intonation. Les chansons de Galitch ont fait ce qui est le devoir de la prose : elles ont incarné toute la société… dans une vingtaine de personnages tracés avec précision, humour et bonté. Galitch a créé à lui seul… une « comédie humaine ».

Galitch n’était ni conspirateur ni terroriste ; il était la bonté même. Pour le régime soviétique, la bonté est dangereuse. Galitch chante au nom des défavorisés, des humiliés. Il veut donc nous faire croire qu’il y a des malheureux dans notre société, qui est une démocratie parfaite ; il veut nous faire croire qu’il y a des mécontents, des mal-pensants, des marginaux. Donc, c’est un calomniateur, un dissident, un agent de l’impérialisme. Dehors ! »

 

En somme, dit Lucien l’âne, Galitch, c’était une voix des voix de ce temps-là. Dans notre voyage, on pourrait  le rencontrer sous le masque du Trouvère ou du Veilleur ou d’un ami de Zorba le chat. Mais que dit-elle encore ta chanson ?

 

 

Une dernière précision, commence Marco Valdo M.I., avant de parler du reste de la chanson. Alexandre Galitch est le nom de plume de Alexandre Aronovitch Ginzburg , né le 19 octobre 1918 à Ekaterinoslav (aujourd’hui Dnipro) en Ukraine. Il avait créé son pseudonyme GALITCH d’après les lettres de son nom : Ginzburg (G) Alexandre (AL) Arkadievitch (ITCH).

Donc, il reste trois strophes, et elles reprennent ce que dit la chanson « Il ne faut pas avoir peur » de Galitch dont elles sont quasiment une version française. C’est elle qu’on vient à entendre parmi les voix de ce Voyage en Zinovie ; peut-être est-ce Galitch lui-même qui nous la serine, mais la voix reste anonyme. Je t’en confie quelques vers, juste pour te donner une idée :

 

« Il y a des choses pourries

Au pays de Zinovie.

Il faudrait s’en occuper »

 

C’est une charge directe contre le régime de la peur :

 

« Femmes, hommes, n’ayez pas peur !

De leurs insultes, n’ayez pas peur !

De leurs menaces, n’ayez pas peur !

De leurs prisons, n’ayez pas peur ! »

 

Et elle appelle carrément à chasser le Guide…

 

« Le Guide qui dit : « Je sais ce qu’il faut faire ;

En toute confiance, ce qu’il faut faire »,

Chassez-le !, ne le croyez pas, il ment.

En vérité, le Guide ment tout le temps. »

 

Décidément, dit Lucien l’âne, même si elle bégaye, l’Histoire se répète et les Guides, comme les ours, se suivent et se répètent. Quant à nous, tissons encore et toujours le linceul de ce vieux monde impérial, impérieux, impéritieux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

En exil, on l’a fait partir.

Il n’a jamais pu revenir.

Un clair matin, très tôt,

Il est mort sur son magnéto.

Il disait tout le secret de l’État,

Ce que tous, on pense tout bas.

C’est la voix dans nos oreilles,

Elle parle encore d’or et de merveilles.

Au creux du lit, Galitch comptait les moutons

À Paris, au bout de la nuit.

Maintenant, avec ses ballades, avec ses chansons,

On n’a plus peur, on oublie nos ennuis

 

Il y a des choses pourries

Au pays de Zinovie.

Il faudrait s’en occuper

Le siècle nous tient entre ses griffes serrés.

Les larmes guère plus salées que le sang

Coupent court à toute tentative d’élan.

Tous les malheurs de notre humanité

Sont en dessous des discours relégués.

Femmes, hommes, n’ayez pas peur !

De leurs insultes, n’ayez pas peur !

De leurs menaces, n’ayez pas peur !

De leurs prisons, n’ayez pas peur !

 

Craignez celui qui dit de lui-même :

« Ayez confiance, je sais ce qu’il faut faire ;

En toute confiance, ce qu’il faut faire »,

Le Guide qui jure à tous : « Je vous aime »

Avec un pieu d’acier, il parcourt la terre,

Il étouffe nos songes,

Il les noie dans le sang ;

Il répand de tels mensonges,

Il en raconte tant et tant

Qu’aux heures de désespoir

Dans la baraque du camp,

Ils hantent nos mémoires.

 

Les larmes pas plus salées que le sang

Sont une marchandise qui ne coûte guère.

L’eau est de suie ; de cendres, la terre ;

Têtue, l’histoire va de l’avant.

Femmes, hommes, n’ayez pas peur !

Des cris, des huées, n’ayez pas peur !

De la fournaise, du gel, n’ayez pas peur !

De leurs camps, n’ayez pas peur !

Le Guide qui di: « Je sais ce qu’il faut faire ;

En toute confiance, ce qu’il faut faire »,

Chassez-le !, ne le croyez pas, il ment.

En vérité, le Guide ment tout le temps.

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

 

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ;

171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales

ALEXANDRE GALITCH

ALEXANDRE GALITCH

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Published by Marco Valdo M.I.
29 septembre 2025 1 29 /09 /septembre /2025 13:17

 

Les Nuits glaciales

 

 

Chanson française – Les Nuits glaciales – Marco Valdo M.I. – 2025

 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

LA  PROMENADE

 

Euphrosinia Kersnovskaïa - ca 1968


 

Épisode 272


 

Dialogue maïeutique

 

De la météo maintenant ? Les nuits glaciales ?, s’exclame Lucien l’âne, pas encore, je t’assure, pas encore, mais sans doute, ça viendra d’ici quelques semaines. Et à part ces propos évasifs sur le temps qu’il fait ?

 

À part ça, répond Marco Valdo M.I., ces nuits glaciales de la chanson ne sont pas les nôtres, ce sont celles de la chanson, celles que l’on connaît dans le grand Nord de la Zinovie, ce sont les nuits punitives qui frappent les opposants au régime. Et comme il est de séculaire tradition, ils sont des milliers et des milliers à subir ces rigueurs policières. Voici ce qu’en dit le Guide lui-même dans la chanson, mais va-t-en savoir quelle voix rapporte ce discours  :

 

« Dans le grand nord de la Zinovie,

Plus encore sous la loi martiale,

Les nuits sont glaciales.

Peu en reviendront en vie. »

 

Mais ce n’est là qu’un des aspects évoqués par les voix – et sans doute, mais ce n’est pas dit, celle du Revenant, du Trouvère ou du Veilleur ou d’un anonyme ; la canzone aborde d’autres pans de cette réalité.

 

Forcément, dit Lucien l’âne, mais lesquels ?

 

Pour le savoir, Lucien l’âne mon ami, je me propose de parcourir rapidement le texte, strophe après strophe. La première parle d’un lieu effroyable, d’une gare de triage pour les morts ou de ce qu’il en reste qu’on ramène du front ; sans doute, est-ce la voix du Trouvère. Une morgue immense qu’il faut constamment agrandir pour accueillir les nouveaux convois. C’est une nouvelle industrie qui se développe à toute allure ; on y trouve déjà des spécialistes de cette logistique macabre. La chanson explique que c’est à cet endroit que de toute la Zinovie, viennent les mères à la recherche de leurs enfants, qui un beau matin, étaient partis en soldats conquérir le pays voisin. Elles sont là en un perpétuel cortège funèbre :

 

« En tenue de deuil, pies

Piaillant en un chœur grinçant

D’indicibles pensées impies. »

 

Je vois ça d’ici, dit Lucien l’âne ; c’est une idée ingénieuse, née d’un esprit centralisateur qui semble vouloir tout contrôler, y compris les cadavres. De son point de vue, il n’a pas tort : on ne sait jamais, il pourrait y en avoir des qui viendraient lui reprocher leur mort et qui sait ?, le traiter d’assassin et de criminel.

 

Certainement, continue Marco Valdo M.I., et dans la strophe suivante, le soldat-poète et versé dans la philosophie enchaîne une réflexion à la Hamlet et fait une description de la guerre telle qu’il l’a vécue.

 

« Dans le soir, les morts se suivent,

Leurs pas lourds se ressemblent.

Disloqué, leur cortège dérive.

À les voir, la terre tremble. »

 

M’est avis, dit Lucien l’âne, qu’il en connaît un bout, ce soldat-poète, lui qui a passé quelques dizaines de nuits là-bas depuis le temps que cette opération spéciale dure. Pour une promenade de santé, ce cortège avec les morts, c’est une fameuse promenade.

 

Et, continue Marco Valdo M.I., les deux dernières strophes sont une sorte de monologue intérieur du Guide, qui réfléchit à sa propre situation. Dans la troisième strophe, où c’est la voix du Veilleur qu’on entend, on trouve une sombre rumination du Guide qui se dit que malgré l’omerta d’État qu’il a imposée sur la réalité de ces morts et le nombre catastrophique de cadavres, sans même compter ceux qui ont été perdus ou abandonnés sur place qu’on peut ignorer, il lui faut envisager la suite avec une certaine angoisse, il entrevoit son destin et songe à fuir. Mais où ?

 

« Demain à l’heure du grand départ,

Fuir ? Où fuir ? Nulle part !

Aucune caverne, aucun abri

Pour accueillir les proscrits. »

 

Bonne question, dit Lucien l’âne. Il a raison de se la poser. Évidemment, de telles interrogations doivent pimenter ses nuits.

 

C’est précisément, explique Marco Valdo M.I., ce qui, dans la dernière strophe, par la voix du Revenant, est conté et le Guide, à part soi, se dit qu’il faudrait les éliminer tous ces opposants qui le mettent en cause ; et il prend de rigoureuses résolutions :

 

« Tous les jours, on en arrête.

Chaque jour, il en revient.

Qu’on les condamne, qu’on les éjecte !

Il le faut, je le décrète. »

 

Oh, dit Lucien l’âne, je ne le plaindrai pas de ses nuits et de ses aurores agitées, ni des ulcères qui pourraient en résulter, mais décidément, il se comporte en tyran éternel. Dès lors, quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde tyrannique, fielleux, puant d’une puanteur putride et cacochyme.

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

À la morgue nationale militaire,

Immense entrepôt des héros morts,

Centre collectif de tri des morts,

Viennent les dolentes mères

Chercher les restes de leurs enfants.

Les cœurs des mères martèlent,

Leur pleur fait un bruit de crécelles.

Elles errent là lentement

Murmurant une mélopée sempiternelle,

En tenue de deuil, pies

Piaillant en un chœur grinçant

D’indicibles pensées impies.

 

Au bout du compte, quelle différence ?

Mourir tôt, mourir tard ?

La vie se vit pareille. Quelle existence ?

Il y a le début – c’est le hasard.

Il y a la fin – c’est la nécessité.

Où est partie la gaieté ?

Dans le soir, les morts se suivent,

Leurs pas lourds se ressemblent.

Disloqué, leur cortège dérive.

À les voir, la terre tremble.

Elle jette hors de ses entrailles,

Envahisseurs, bourreaux et médailles.

 

Au moment du décompte final,

Seuls comptent les morts retrouvés,

Les morts perdus, les abandonnés
Les anonymes ne vont pas au bal.

Figé par l’ampleur du dégât,

Le regard du Guide

Se perd dans le vide

De l’omerta de l’État.

« Demain à l’heure du grand départ,

Fuir ? Où fuir ? Nulle part !

Aucune caverne, aucun abri

Pour accueillir les proscrits. »

 

Seul, sous l’oreiller, chaque matin,

Renfrogné, le Guide se complaint.

Qu’ont-ils donc dans la tête

Ces embarrassants témoins ?

Tous les jours, on en arrête.

Chaque jour, il en revient.

Qu’on les condamne, qu’on les éjecte !

Il le faut, je le décrète.

Dans le grand nord de la Zinovie,

Plus encore sous la loi martiale,

Les nuits sont glaciales.

Peu en reviendront en vie.

 

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ;

Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ;

200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271: La Comédie zinovienne ;

LA PROMENADE   Euphrosinia Kersnovskaïa - ca 1968

LA PROMENADE Euphrosinia Kersnovskaïa - ca 1968

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Published by Marco Valdo M.I.
21 septembre 2025 7 21 /09 /septembre /2025 17:55

 

 

La Comédie zinovienne

 

Chanson française – La Comédie zinovienne – Marco Valdo M.I. – 2025


 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

 

 

JE SUIS UNE PUISSANCE NUCLÉAIRE

 

 

 

 

 


 

Épisode 271


 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

Décidément, s’exclame Lucien l’âne, chaque titre est une surprise, chacun d’eux attire le regard et laisse l’interlocuteur interloqué. Ce titre-ci me rappelle évidemment Balzac et sa Comédie Humaine.

 

Eh oui, dit Marco Valdo M.I., tu ne penses pas si bien dire. C’est effectivement à une comédie que la chanson doit son titre : celle que le Guide et sa troupe de charlatans jouent à a population de Zinovie et au-delà, au monde entier ; une comédie, soit, mais sinistre et criminelle. Une comédie humaine, si on songe à Balzac, mais aussi, vu le délire céleste du Guide, une comédie divine et là, on songe à Dante Alighieri.

 

Oh, dit Lucien l’âne, j’y avais déjà pensé à ces deux comédies ; surtout, à la Divine Comédie de Dante qui a ceci de commun avec notre périple qu’elle est un voyage de deux interlocuteurs (Dante et Virgile, comme tu le sais) et qu’elle est peuplée des voix du monde qu’ils visitent. Mais qu’y a-t-il au-delà du titre ?

 

En synthèse, dit Marco Valdo M.I., le Trouvère annonce qu’il écrit, en effet, la « zinovienne comédie » et Zorba le chat fait un commentaire judicieux. La strophe suivante parle du suicide d’un dirigeant. Ce n’est évidemment pas le premier et la chanson sous-entend que c’est là une habitude du Guide de faire mourir ceux qui lui font de l’ombre ou qui contrarient ses lubies. C’est dans cette strophe aussi qu’on découvre l’ultime folie du Guide :

 

« Le Guide a décollé de la Terre,

Il courtise ses rêves d’Empire :

« Je suis une puissance nucléaire ».

Pour finir, Rome même a connu le pire. »

 

Certes, dit Lucien l’âne, Rome s’est effondrée, mais il a fallu du temps. Je préférerais que le Guide s’en tienne à l’Empire Millénaire rêvé par un de ses récents prédécesseurs ; un empire qui (si je compte bien) s’est essoufflé après douze ans. En tout cas, au plus vite, au mieux. Et ensuite, que dit la chanson ?

 

Dans la troisième strophe, reprend Marco Valdo M.I., on découvre l’histoire du pianiste mort dans le silence de sa prison et la polyphonie des pianos qui chantent sa mémoire. On y trouve aussi l’histoire de ce garçon dénoncé par ses professeurs et ses amis et celle de son destin incertain :

 

« L’adolescent dénoncé,

Par ses amis, par ses professeurs,

Seul, il résiste à la terreur.

Nul ne sait pourtant

S’il en sortira vivant. »

 

Pour finir, le Veilleur indique qu’en Zinovie, ils sont des millions en résistance face au régime du Guide et à ses tueurs.

 

 

Oui, dit Lucien l’âne, je l’imagine et c’est rassurant, car la détestation d’un régime commence toujours dans le silence des consciences et elle finit par accumulation en une gigantesque explosion, sauf évidemment si le régime se dissout avant. Patience donc ! Alors, en attendant, tissons le linceul de ce vieux monde instable, infernal, incertain et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Le Trouvère dit : Quel pays la Zinovie !

Alors, moi, j’écris la zinovienne comédie.

On nous espionne la nuit,

On nous dénonce au matin.

À cinq heures le lendemain,

On fonce nos portes à grand bruit.

À ruminer comme l’ours en hiver,

On dort un œil entr’ouvert.

Zorba le chat dit : nous, on vit comme ça

Toujours sur le qui-vive, en éveil,

Des radars dans les oreilles.

On s’y fait, on n’a pas le choix.

 

Un corps à terre en exposition,

Une lettre dit sa dépression.

Encore un dirigeant suicidé.

Le Guide est un assassin avéré,

Un manipulateur infatué.

Qui doute de lui doit être tué.

Le Guide se gonfle, se contorsionne,

Et personne, il n’impressionne.

Le Guide a décollé de la Terre,

Il courtise ses rêves d’Empire :

« Je suis une puissance nucléaire ».

Pour finir, Rome même a connu le pire.

 

Procès truqués et faux témoins.

Perdu dans les froids lointains,

Dans l’intense silence de sa prison,

Le pianiste est mort.

Les pianos du monde encore

Chantent sa chanson.

Au camp, battu, terrifié,

L’adolescent dénoncé,

Par ses amis, par ses professeurs,

Seul, il résiste à la terreur.

Nul ne sait pourtant

S’il en sortira vivant.

 

Le Veilleur dit : on est des millions

Contre le Guide et ses larrons.

Je le sais, je veille toutes les nuits,

J’écoute les moindres bruits,

Les voix murmurent à l’unisson,

Voix de gens de toutes conditions

Ouvriers, artistes, paysans,

Vieux, jeunes, femmes, enfants.

Le jour, jamais, on ne les voit.

Muettes, elles pensent à mi-voix

Vaquant aux choses le visage en berne

En ce temps trop triste, trop terne.

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ;

191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition

 
JE SUIS UNE PUISSANCE NUCLÉAIRE

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Published by Marco Valdo M.I.
15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 10:47

 

 

La Tradition

 

Chanson française – La Tradition – Marco Valdo M.I. – 2025


 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

 

UNE PIÈCE, UNE LAMPE, UN BUREAU

 

 


 

Épisode 270


 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

Cette chanson, Lucien l’âne mon ami, comme tu peux le voir, est présentement intitulée « La Tradition ».

 

C’est un beau titre, dit Lucien l’âne, quoiqu’un peu mystérieux. De quelle tradition peut-il être question ? Et puis d’abord, quels sont les titres qui ont été abandonnés ?

 

Pour ce qui est des titres, répond Marco Valdo M.I., tous s’expliquent dans la chanson comme tu pourras le constater. Cette canzone a d’abord été titrée « L’Enlèvement » :

 

« Ils m’ont bandé les yeux,

Emmené coincé entre deux d’eux…

On a roulé vite et longtemps ;

Ça tanguait dans les tournants. »

 

Et son deuxième titre était « L’Aveu » :

 

« Ils m’ont sommé d’avouer,

De signer leurs papiers miteux.

Même faux, même préfabriqué,

Ils voulaient un complot, un aveu. »

 

Ces deux titres auraient été appropriés, mais celui-ci – La Tradition – m’a paru meilleur, car il inscrit ce qui se passe actuellement en Zinovie dans une longue tradition des régimes qui s’y sont succédé depuis plus d’un siècle :

 

« C’est une tradition, dit Zorba le chat,

Elle vient de la police des tsars.

Chez eux, c’est tout un art.

Le Grand Guide le pratiquait déjà. »

 

Oui, certes, dit Lucien l’âne, mais ce sont là des propos tenus par des voix. Alors, quelle est donc celle qui raconte tout ça ? Qui c’est ? Oh, je ne demande pas de dénoncer qui que ce soit, j’ai horreur des délateurs et des sycophantes. Je veux simplement dire : est-ce une voix particulière, la connaît-on déjà ?

 

Il n’y a là, répond Marco Valdo M.I., rien de très secret puisque la voix principale ne se cache pas, c’est celle du Revenant. Ainsi commence la chanson :

 

« Le Revenant dit : J’avais vingt ans

Et l’habitude de parler librement. »

 

Donc, on l’a déjà rencontrée, mais aussi, vu ce qu’il a déjà connu (ses années et ses années de camp), le Revenant a su se gagner sa liberté de parler, sa liberté d’homme libre, même dans un système clos, dans une prison à l’échelle d’une nation. Les peurs viscérales qui tordent le ventre et hallucinent les pensées et les rêves :

 

« Je songeais à mes manies,

L’enfant qui jouait aux billes

Je pensais : « Tu n’en reviendras pas, toi… »

Je revis tout ça. J’étais comme mort. »

 

Et pourtant, il en est revenu ; mithridatisé, il sait y faire face. Il est une preuve vivante qu’on peut vivre sans se soumettre.

 

Ah, dit Lucien l’âne, il a de la résistance, une capacité phénoménale à tenir tête et sauf la mort, rien ne pourra en venir à bout. Mais au fait, a-t-il peur de la mort, peut-elle faire pression sur lui ?

 

Oh, continue Marco Valdo M.I., ce n’est pas dit dans la chanson, mais comme on connaît le personnage, la mort – la sienne – n’a pas de quoi l’effrayer. Quand elle viendra, je suis certain qu’il l’accueillera sereinement. Ce n’est pas pour rien qu’il a comme compagnon un chat.

 

« Que le diable les emporte !

Ils ont défoncé ma porte,

Le chat s’est carapaté,

Ils n’ont pas pu le tuer. »

 

Comme tu le sais, le chat n’a pas peur de la mort ; quand elle vient, il se contente d’un soupir et il ferme les yeux. À propos de chat, la deuxième voix qui s’exprime ici est celle de notre ami Zorba le chat.

 

Zorba le chat !, dit Lucien l’âne, je suis content de le retrouver, mais cela dit, tissons le linceul de ce vieux monde hostile, horrible, horrifié, horrifiant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le Revenant dit : J’avais vingt ans

Et l’habitude de parler librement.

Depuis un moment, je les sentais

Me suivre partout ; ils me pistaient.

À pied, en voiture, en vélo.

Un sbire à vélo, c’est rigolo.

L’autre matin, ils m’ont arrêté,

Quand ils en ont eu assez.

De mille choses, ils m’ont accusé.

D’être un agent de l’étranger,

Un espion, un ennemi camouflé.

Sans procès public, ils m’ont condamné.

 

Dis le Revenant, tu sais pourquoi ?

Pourquoi ? Je ne le sais pas.

Un matin, ils sont venus ;

Comme chaque nuit, je dormais nu.

Que le diable les emporte !

Ils ont défoncé ma porte,

Le chat s’est carapaté,

Ils n’ont pas pu le tuer.

Habille-toi, qu’ils m’ont dit,

Ces brutes aux têtes de bandits.

Ils m’ont bandé les yeux,

Emmené coincé entre deux d’eux.

 

On a roulé vite et longtemps ;

Ça tanguait dans les tournants.

Je respirais à peine, je restais coi.

Je songeais à mes manies,

L’enfant qui jouait aux billes

Je pensais : « Tu n’en reviendras pas, toi… »

Je revis tout ça. J’étais comme mort.

Je transpire, je rumine, j’erre encore ;

Dans ma tête, tout fout le camp.

Soudain, on me pousse, on me prend.

On libère mes yeux ; décor nouveau :

Une pièce, une lampe, un bureau.

 

On vit dans un pays de délation.

Ils avaient monté un dossier,

Une montagne de papiers

Remplie de dénonciations.

Ils m’ont sommé d’avouer,

De signer leurs papiers miteux.

Même faux, même préfabriqué,

Ils voulaient un complot, un aveu.

C’est une tradition, dit Zorba le chat,

Elle vient de la police des tsars.

Chez eux, c’est tout un art.

Le Grand Guide le pratiquait déjà.

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268. Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné

UNE PIÈCE, UNE LAMPE, UN BUREAU

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Published by Marco Valdo M.I.

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