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21 février 2026 6 21 /02 /février /2026 11:22

 

Soldat, dis-moi

 

Chanson française – Soldat, dis-moi – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

LES CORBEAUX

 

August Friedrich Schenk – 1878

 

 

 

Épisode 293


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

Cette fois, Lucien l’âne mon ami, la chanson aurait pu s’intituler L’Histoire du Soldat, si ce titre L’Histoire du Soldat n’était déjà utilisé par Charles-Ferdinand Ramuz, pour le texte et Igor Stravinsky, pour la musique. J’ai donc dû l’abandonner. Cependant, j’aurais pu le garder, car il ne s’agit pas de la même « histoire du soldat ». Dans le cas du soldat de Ramuz-Stavinsky, il y a un lecteur qui conte cette histoire du soldat et du diable ; dans le cas du soldat de Marco Valdo M.I. (je dis ainsi pour éviter les confusions ; loin de moi, l’idée de m’assimiler à Ramuz, mais il faut bien qu’on s’y retrouve), c’est le soldat lui-même qui raconte l’histoire et qui plus est, c’est un soldat de l’armée zinovienne qui a envahi le pays voisin. La scène se passe dans un lieu anonyme de la capitale de la Zinovie au milieu des voix polyphoniques du chœur qui exprime la réticence de la résistance zinoviennes au régime et face à la guerre d’invasion en cours. Quelqu’un – est-ce le Trouvère ?, sans doute – demande au soldat de raconter la vie là-bas, sur le front de guerre et il insiste pour que le propos soit véridique.


 

« Soldat, dis-moi, et surtout, n’invente pas !

Comment c’est là-bas ? »


 

Ça m’a l’air fort intéressant, dit Lucien l’âne, surtout en ces temps d’informations excentriques. Et que dit donc le soldat ?


 

Pour faire court, reprend Marco Valdo M.I., le soldat décrit les conditions dans lesquelles se passe sa guerre sur le front. Il se trouve au bord d’un grand fleuve que depuis des années, l’armée n’arrive pas à traverser. Dans ce paysage brouillardeux, les soldats se cachent, ont peur, crèvent d’ennui et ne pensent qu’à rentrer chez eux.


 

« Le temps coule trop long,

Et les hommes chuchotent dans les abris :

Quand donc on rentrera au pays ?


 

Je le conçois volontiers, dit Lucien l’âne. Mais cette histoire me rappelle aussi Le Désert des Tartares de Dino Buzzati et bien entendu, la chanson de Jacques Brel « Zangra », qui en est inspirée.


 

De fait, dit Marco Valdo M.I., et pour le deuxième douzain, le soldat poursuit autrement la même sérénade :


 

« Qu’on est là comme des rats

À roder au bord de ce fleuve noir,

Où parfois passent des canards

Qui jamais ne descendent voguer

Et sur les vagues divaguer. »


 

Dans le troisième douzain, le soldat donne raison aux gens de l’autre pays :


 

« Et les gens du pays sur l’autre rive

Dans ce monde à la dérive

Résistent, se battent, survivent.

Où voulez-vous qu’ils vivent ?

Ils ont tout à fait raison, »

 

Houla, dit Lucien l’âne, voilà qui ne devrait pas plaire au Guide et à ses supporteurs.

 

 

Évidemment, répond Marco Valdo M.I., ça n’est pas du goût du Guide. Mais, entre nous, tout notre Voyage en Zinovie non plus. Et en effet, le Trouvère conclut :

 

« Soldat, tu penses trop, tu philosophes trop !

Le Guide n’aime pas du tout ça. »

 

Enfin, le dernier douzain dépeint ce qui reste du pays après l’assaut des barbares.


 

« Le nouvel empire du Guide

N’est que ruines et désolation :

Carcasses de chars et d’autos vides,

Fermes et immeubles à l’abandon »

 

Un paysage déprimant au fond duquel on voit l’évacuation des derniers civils :


 

« Les cris des corbeaux font chorus

Aux râles rouillés des charognards.

Au loin, en cahotant passe un bus ;

Il emmène entre les arbres noirs

Les derniers civils à l’écart. »


 

Et dire, continue Lucien l’âne, que tout ceci se passe aujourd’hui sous nos yeux… Que peut-on y faire nous autres personnages télématiques animés par un vieil homme devant un écran au fin fond de nulle part ? Alors tissons le linceul de ce vieux monde perclus, reclus, déçu et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Soldat, dis-moi, et surtout, n’invente pas !

Comment c’est là-bas ?

Le long du fleuve, pendant des mois,

On reste dans le brouillard et le froid.

Dans les fourrés des petits bois

Où se cachent les soldats,

On entend d’étranges sons, les bruits

Terrifiants des fusées, des canons

Et des drones, et la nuit

Le temps coule trop long,

Et les hommes chuchotent dans les abris :

Quand donc on rentrera au pays ?

 

Soldat, dis-moi, et surtout, n’invente pas !

Comment ça va là-bas ?

Ça va encore, couci-couça…

Tant qu’on ne perd pas un bras,

Une jambe, tant qu’on voit,

Tant qu’on ne meurt pas…

Ça fait des mois et des mois

Qu’on est là comme des rats

À roder au bord de ce fleuve noir,

Où parfois passent des canards

Qui jamais ne descendent voguer

Et sur les vagues divaguer.

 

Et les gens du pays sur l’autre rive

Dans ce monde à la dérive

Résistent, se battent, survivent.

Où voulez-vous qu’ils vivent ?

Ils ont tout à fait raison,

Ils défendent leur maison,

Leur femme, leurs enfants,

Leurs parents, leurs gens.

L’aube suinte, la nuit finira bientôt.

La cloche tinte, le soleil refleurira.

Soldat, tu penses trop, tu philosophes trop !

Le Guide n’aime pas du tout ça.

 

Ailleurs, dans la plaine,

La mort étale son domaine.

Le nouvel empire du Guide

N’est que ruines et désolation :

Carcasses de chars et d’autos vides,

Fermes et immeubles à l’abandon

Geignent dans un tenace brouillard.

Les cris des corbeaux font chorus

Aux râles rouillés des charognards.

Au loin, en cahotant passe un bus ;

Il emmène entre les arbres noirs

Les derniers civils à l’écart.


 

 

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ;

Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ;

190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut ; 290 : La Guerre depuis cent Ans ; 291. Tout n’est que Cendres ; 292. Cultiver notre jardin

 LES CORBEAUX – August Friedrich Schenk – 1878

LES CORBEAUX – August Friedrich Schenk – 1878

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Published by Marco Valdo M.I.
17 février 2026 2 17 /02 /février /2026 16:21

LES BLANCHES COLOMBES SONT FATIGUÉES

 

 

Version française – LES BLANCHES COLOMBES SONT FATIGUÉES – Marco Valdo M.I. – 2026

d’après la traduction italienne – Le colombe bianche non volano più – de Riccardo Venturi – 2026

d’une chanson allemande – Die weißen Tauben sind müdeHans Hartz – 1982

Paroles : Christoph Busse


 

 

"Et les faucons volent encore"
 

LE PRÉSENT

René Magritte – 1939

 

 

 

 

 


 

Petite biographie de HANS HARTZ

 

 

Hans Hartz voit le jour le 22 octobre 1943 à Lunden, en Allemagne. Son cursus ne le dirigeait pas du tout vers une carrière artistique puisqu’il entreprit de suivre des études en technologies dentaires, mais il les interrompit… sur les conseils de son professeur. Il enchaîne ensuite les petits boulots, d’abord vendeur, puis il travaille dans un jardin d’enfants, et devient marin. Sa carrière musicale débute lorsqu’il intègre le groupe Tornados (qui deviendra ensuite Lake). Sa voix rugueuse sans pareille attire rapidement l’attention sur lui. La reconnaissance intervient enfin en 1982 lorsqu’il publie en solo « Die weißen Tauben sind müde », issu de l’album Sturm !. L’année suivante, son succès se confirme avec Gnadenlos, qui atteint la douzième place des charts allemands, MorgenGrauen et Neuland-Suite. Il s’essouffle à partir de 1987 malgré le rebond de « Sail Away », qui lui ouvre une voie vers un succès international, grâce à son utilisation dans une pub pour une bière connue. Clin d’œil du destin puisque, depuis quelques années, Hans Hartz, un peu en retrait de la scène, tient un bar avec sa femme… En 2000, il essaie de remettre sur pied une tournée, mais les ventes de billets décevantes pour le premier show coupent court à l’expérience. Deux ans plus tard, l’artiste succombe à un cancer du poumon.


 


 

 

 


 

Marie, remplis mon verre.

Profitons de ce moment éphémère.

Demain, il y aura l’eau à la place du vin.

Marie, ressers-nous maintenant,

Tant de choses seront autres demain.

Marie, le monde s’estompe lentement.


 

Les blanches colombes sont fatiguées.

Elles ne volent plus depuis longtemps.

Leurs ailes sont épuisées,

Leurs becs becquent le vide depuis longtemps.

Là-haut, les faucons volent encore,

Leurs ailes grandissent constamment,

Jamais, ils n’ont été si forts.

Chaque jour, il en vient toujours plus.

Les blanches colombes ne volent plus.


 

Reste, Marie, reste encore un peu.

Il y en a assez pour nous deux.

Demain, le pain deviendra pierre,

Viens nous servir un dernier verre.

Aujourd’hui sera dans son linceul.

Marie, le monde s’en va tout seul.

 

Les blanches colombes sont fatiguées.

Elles ne volent plus depuis longtemps.

Leurs ailes sont épuisées,

Leurs becs sont vides depuis longtemps

Et les faucons volent encore,

Jamais ils n’ont été si forts,

Leurs ailes grandissent constamment.

Chaque jour, il en vient toujours plus.

Les blanches colombes ne volent plus.


 

Regarde là-bas, Marie, le lit vide,

Miroir de notre dernier épisode,

Les éclats à la place des verres.

Marie, remplis nos verres !

Dernière gorgée du dernier vin,

Marie, le monde mourra au matin.


 

Les blanches colombes sont fatiguées.

Elles ne volent plus depuis longtemps.

Leurs ailes sont épuisées,

Leurs becs sont vides depuis longtemps

Et les faucons volent encore,

Jamais ils n’ont été si forts,

Leurs ailes grandissent constamment.

Chaque jour, il en vient toujours plus.

Les blanches colombes ne volent plus.


 

Les blanches colombes sont fatiguées.

Elles ne volent plus depuis longtemps.

Leurs ailes sont épuisées,

Leurs becs sont vides depuis longtemps

Les blanches colombes ne volent plus.

Les blanches colombes ne volent plus.


 

LE PRÉSENT – René Magritte – 1939

LE PRÉSENT – René Magritte – 1939

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16 février 2026 1 16 /02 /février /2026 18:19

 

 

Cultiver notre jardin

 

Chanson française – Cultiver notre jardin – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

VOLTAIRE

 

Maurice Quentin La Tour – 1735

 

 


 

 

Épisode 292


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

Je vois bien, Lucien l’âne mon ami, à tes oreilles frétillantes, que tu te souviens parfaitement de Candide et de sa si remarquable et banale philosophie. Je ne pourrai dès lors plus longtemps cacher notre voltairisme et notre goût des Lumières, tout comme nos doutes vis-à-vis de la divine providence et de la prééminence du sens de l’Histoire sur le sens de la vie. La vie est un parcours individuel dans un monde peuplé de hasards inconnaissables et pour une bonne part d’entre eux, dangereux. Voltaire, ailleurs que dans Candide, avait d’ailleurs utilement précisé : « Presque toute l’histoire est une suite d’atrocités inutiles. » Ce qui se vérifie ici même dans ce Voyage. Dès lors, retenons du grand sage cachectique ceci qu’il s’agit en somme d’abandonner les ambitions démesurées et d’en effet, cultiver son jardin – et ceci sans oublier que celui de l’humanité est en soi catastrophique et titanesque assez.

 

Houlala, Marco Valdo M.I. mon ami, arrête-toi là et parle-moi plutôt de la chanson elle-même. Je précise cependant que comme toi, je nourris et depuis des millénaires, un fort penchant à l’optimisme en dépit des comportements aberrants et absurdes des puissants de ce monde et de leurs séides, comportements absurdes et aberrants tout autant d’ailleurs de la part de ceux qui aspirent à les égaler ou à les remplacer. Cela dit, il était évident depuis le titre de notre « Voyage en Zinovie », sans compter le Dialogue maïeutique, souvent plein d’ironie, que nous entendions nous inscrire dans la foulée et la manière de Voltaire.

 

Cela dit, Lucien l’âne, tu as parfaitement raison, nous avons un penchant pour le conte philosophique. Soyons Candides et continuons à cultiver notre jardin et à tisser notre toile sans trop nous soucier de ce que le monde en fera. Comme tu le demandes, j’en viens à la chanson.

 

Enfin !, dit Lucien l’âne.

 

Oh non, dit Marco Valdo M.I., ce n’est là qu’un début. Donc au début, c’est la voix du Trouvère que l’on entend. Que dit-elle ? Une chose tout à fait étonnante et bouleversante d’intelligence : « Il nous faut perdre la guerre. » À qui s’adresse-t-il ? Aux gens de Zinovie, comme le fait tout poète aux gens de son pays. Et il est formel : « Il n’y a pas d’autre solution ».

 

« Il n’y a rien à faire,

Pas d’autre solution,

À notre nationale équation :

Il nous faut perdre la guerre.

Il faut rentrer en deçà de nos frontières. »

 

Ça ne va pas plaire au Guide et à ses affidés, dit Lucien l’âne.

 

Oh, dit Marco Valdo M.I., tout d’abord, les Guides n’aiment que les rimailleurs qui les encensent et si le Trouvère et les autres voix disent les choses aussi directement, c’est qu’il faut réveiller la conscience de chacun des Zinoviens – du moins, ceux de bonne foi. Car certains rêvent encore et il est urgent d’affirmer qu’il convient absolument de perdre pour pouvoir enfin cultiver (en paix) son jardin.

 

« Perdre, perdre une bonne fois

Et perdre de bonne foi.

Et puis, sans convoiter le bien du voisin,

Cultiver en paix notre jardin. »

 

C’est de bonne philosophie, dit Lucien l’âne. Très au-delà des comportements brutaux et avides des barbares contemporains. Mais ensuite ?

 

Ensuite, continue Marco Valdo M.I., vient le soldat et lui, il sait de quoi il parle – et c’est important ici, car c’est un témoignage en direct du front, un de ces témoignages qu’on n’entend pas souvent. Que dit-il ? Il dit l’ignominie de cette armée d’envahisseurs, leur bassesse, leur grossièreté, leur déchéance face à l’humanité, leur expression ramenée au rang du pur excrément : la merde. Et il détaille la chose. Je laisse à chacun le soin de découvrir cette horreur.

 

« Le soldat dit : La merde

Est notre signature.

En tas, pour que rien ne se perde,

Nous en inondons la nature. »

 

Oups, fait Lucien l’âne, c’est très fécal…

 

Si on veut, continue Marco Valdo M.I., moi, je n’aime pas trop. Puis, dans la strophe suivante, le même soldat parle de l’armée. Là aussi, il en sait quelque chose. En réalité, il parle plus exactement des pertes gigantesques – des pertes en matériel incommensurables et pire encore, des pertes en vies humaines, dont le Guide et sa bande auraient le plus grand mal à justifier la taille abyssale, s’ils devaient arrêter la guerre et tirer le bilan de cette guerre. Combien de cadavres au kilomètre-carré ? Que dire de tous ces morts, que dire de tous ces corps laissés aux corbeaux ? Pour finalement avoir créé et conquis un désert. Alors, c’est la fuite en avant, c’est l’escalade par les pertes et le renouvellement permanent des troupes disparues. Jusqu’à quand ?

 

« Notre armée est une grande malade.

Affolée, elle pratique l’escalade

Par les pertes. Plus on perd

D’hommes, plus elle recrute

De fournées de nouvelles brutes. »

 

Que pourrait-il dire, en effet ?, conclut Lucien l’âne. C’est carrément injustifiable, même s’il existe dans l’Histoire des entêtements similaires qui sont allés jusqu’à la capitulation et à la ruine de l’envahisseur.

 

Certes, dit Marco Valdo M.I., mais certains n’apprennent jamais et ne veulent même pas apprendre, tant ils se mirent dans le miroir magique accroché à leur mur. Miroir, dis-moi, dis-moi et dis-moi que je serai encore et toujours… Et de tout ça, de cet orgueil stupéfiant, se moquent les poètes qui finissent en exil ou en prison. C’est le thème de la dernière strophe. Quelle est la voix qui la chante ? Un poète ? Le Revenant, le Veilleur ? Une jeune femme peut-être ? C’est la voix qui vient des caves ou des endroits clandestins où les poètes se réunissent pour se dire leurs mots, leurs phrases, leurs sons.

 

« Soirées furtives, déclamations clandestines,

Phrases feutrées, sons entravés,

Bravent, moquent, ridiculisent et lutinent,

Les discours solennels dépravés. »

 

Parfois, on les publie aussi… Oh, pas dans leur pays, mais ici… en un écho lointain.

 

Oui, dit Lucien l’âne, je sais cela aussi. Et je sais aussi, de ma longue traversée du temps, que la voix des poètes étouffés s’entend de plus en plus claire avec le temps. Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu…, chantait Trenet. Quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde barbare, crevard, dérisoire et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Le Trouvère dit : Il n’y a rien à faire,

Pas d’autre solution,

À notre nationale équation :

Il nous faut perdre la guerre.

Il faut rentrer en deçà de nos frontières.

Certains rêvent encore,

Ils fantasment, ils ont tort.

Il est loin le temps du rideau de fer.

Perdre, perdre une bonne fois

Et perdre de bonne foi.

Et puis, sans convoiter le bien du voisin,

Cultiver en paix notre jardin.

 

Le soldat dit : La merde

Est notre signature.

En tas, pour que rien ne se perde,

Nous en inondons la nature.

On en met partout :

Sur le pavé, sur le sable,

Dans la cour, dans l’étable,

On sature les égouts.

Dans les maisons, cuisine ou salon,

Sur les tapis, sur les tables,

Notre zèle est inlassable.

On l’étend jusqu’aux plafonds.

 

Notre armée est une grande malade.

Affolée, elle pratique l’escalade

Par les pertes. Plus on perd

D’hommes, plus elle recrute

De fournées de nouvelles brutes.

Le Guide veut continuer la guerre

Pour justifier tous ces cadavres.

Pas de répit, pas de havre.

Par milliers, ils s’entassent

Sur le sol glacé, sur la terre glaise.

Et les corbeaux croassent

Repus, bedonnant d’aise.

 

Les poètes vont en rue, en exil, en prison

Colporter souriants leurs chansons.

Bardés de leurs simples mots,

Ils affrontent le régime godillot.

La honte génère leurs paroles.

Leur conscience randonne dans les caves,

Et refuse ce monde d’esclaves,

Et parle aux enfants hors de l’école.

Soirées furtives, déclamations clandestines,

Phrases feutrées, sons entravés,

Bravent, moquent, ridiculisent et lutinent,

Les discours solennels dépravés.…


 

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ;

Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ;

171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut ; 290 : La Guerre depuis cent Ans ; 291. Tout n’est que Cendres

VOLTAIRE – Maurice Quentin La Tour – 1735

VOLTAIRE – Maurice Quentin La Tour – 1735

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Published by Marco Valdo M.I.
8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 17:56

 

 

Tout n’est que Cendres

 

Chanson française – Tout n’est que Cendres – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

LE GÉNÉRAL EXPLOSÉ

 

Enrico Baj – 1973

 

 

 


 

Épisode 291


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

La guerre, la guerre, dit Marco Valdo M.I., on constate que les voix, les gens de Zinovie n’ont que ce mot-là à la bouche. C’est qu’elle les turlupine, la garce ! Ils connaissent bien ses ravages et cette mémoire nourrit leur rage et leur instinct de résistance. Ils savent bien qu’en fin de parcours, avec la guerre


 

« Sur les plaines et les grèves,

Entre les rives et les méandres,

Tout est silence, ruines et cendres. »


 

et comme ils savent ce qu’on peut y perdre, ils se demandent vraiment ce qu’on peut y gagner…


 

C’est précisément, s’exclame Lucien l’âne, ce que les gens pacifiques se demandent depuis des siècles. Depuis la plus haute Antiquité, je parcours de mes petits pas d’âne des continents entiers et partout, c’est la même rengaine. Partout, il y a toujours des imbéciles pour recommencer encore et toujours. Cependant, la Zinovie s’y emploie avec une obstination méritoire ; je la croirais volontiers atteinte par une virose incurable. Oui, je la pense gangrenée par le virus de la guerre.


 

Sans doute, Lucien l’âne mon ami, en est-il ainsi. Après cette réflexion du Trouvère, dans le second douzain, le Veilleur, en reprenant à sa manière la question d’Erich Kästner « Kennst du das Land, wo die Kanonen blühn ? » (Connais-tu le pays où les canons fleurissent ?), demande :


 

« … connaissez-vous ce pays

Où, quand le diable les emporte,

Les morts rapportent

Des fortunes à leur famille.

Cet étrange pays, c’est la Zinovie. »


 

Il y aurait donc, demande Lucien l’âne, une sorte d’économie de la mort en Zinovie, où les morts seraient des objets de profit pour leur famille ou pour ceux qui se revendiqueraient de cette proximité. M’est avis que c’est un beau nœud d’escroqueries…


 

Et la première de ces escroqueries, précise Marco Valdo M.I., pourrait bien être le fait que pour de sombres raisons administratives les autorités ne paient pas les primes annoncées. Par exemple, on peut imaginer qu’avec tous les corps laissés sur le terrain qu’un disparu n’est pas un mort ; à l’inverse, un mort peut-être un autre, il peut changer d’identité… Il y a là tout un marché. Pour en revenir à la chanson, elle pose ensuite un autre vrai problème, celui de la fin de la guerre. Que faire de tous ces soldats qui reviendront du front et qui perdront ainsi leur revenu très élevé de mercenaire national, car en vérité, à ce tarif – dix à vingt fois le salaire ordinaire, ce sont des mercenaires ?


 

« Si la guerre tourne la page,

Par les corbeaux épargnés,

Les engagés par milliers,

Rentreront dans les villages.

Que fera-t-on alors là

De ces soldats sans emploi ? »


 

Comme quoi, dit Lucien l’âne, quand on y réfléchit, il devient dangereux pour le Guide et sa bande de mettre fin à la guerre. Et pour la suite, que dit la chanson ?


 

La suite, reprend Marco Valdo M.I., c’est le troisième douzain où le Lieutenant lève un autre lièvre. Que va-t-il se passer quand les soldats rentreront en s’attendant à être reçus comme des héros et se sentiront méprisés par les gens du pays pour avoir été complices de cette guerre injuste, pour avoir trempé leurs mains dans le sang d’enfants, pour avoir massacré des civils ? C’est ce qui s’est passé pour les guerres les plus récentes. Et le Lieutenant de conclure : ces soldats sont des victimes du régime qui les a engagés dans cette opération militaire criminelle.


 

« Nos soldats sont des victimes

De la folie impériale du régime.

Demain, comme les autres fois,

En paix, le pays les méprisera. »


 

Ohlala, dit Lucien l’âne, le Guide prépare pour la Zinovie des lendemains qui chantent, un superbe avenir radieux.


 

Dans le dernier douzain, reprend Marco Valdo M.I., c’est la voix du Revenant qui raconte un attentat contre un haut général, un fait d’arme de la résistance intérieure, de ces bras dont on parlait l’autre jour.


 

« Dans une rue de la capitale,

Un beau matin, un général

Sort de sa demeure

Et pan, patatras, poum…  »


 

Ah, dit Lucien l’âne, ça arrive toujours dans les guerres civiles quand les gens se lèvent contre le régime. D’ailleurs, ce n’est pas le premier cas dans la capitale de la Zinovie et je pense bien que ce ne sera pas le dernier. Et généralement (c’est le cas de le dire), on leur fait des funérailles nationales.


 

C’est bien ce que dit le Revenant, indique Marco Valdo M.I., qui remarque le côté banal de la chose.


 

« Ses funérailles seront nationales.

Il y aura des fleurs,

En couronne, de toutes les couleurs.

On y dira des choses banales.

Les mots déjà murmurés à l’heure

De l’enterrement de son prédécesseur.


 

Moi, dit Lucien l’âne, je songe à Brel qui chantait : « Au suivant ! Au suivant ! ». Enfin, quant à nous tissons le linceul de ce vieux monde chahuté, cahotant, cahoteux, chaotique, cabochard, cabossé et cacochyme.


 


 


 

Heureusement !


 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Le Trouvère dit : La guerre

Est une vieille sorcière :

Elle enfante des fantômes.

Elle tue les hommes,

Elle tue les villes,

Elle tue le sommeil tranquille

Des enfants et pollue leurs rêves.

Elle sème la misère

Là-bas, dans des régions entières.

Sur les plaines et les grèves,

Entre les rives et les méandres,

Tout est silence, ruines et cendres.

 

Le Veilleur dit : il existe un étrange pays.

Et connaissez-vous ce pays

Où, quand le diable les emporte,

Les morts rapportent

Des fortunes à leur famille.

Cet étrange pays, c’est la Zinovie.

Si la guerre tourne la page,

Par les corbeaux épargnés,

Les engagés par milliers,

Rentreront dans les villages.

Que fera-t-on alors là

De ces soldats sans emploi ?

 

Nos soldats, dit le Lieutenant,

Sont des envahisseurs, des tueurs,

Des pillards, des voleurs,

Des assassins, c’est évident.

De monstrueux bourreaux,

Des violeurs, des tortionnaires,

Fiers de leur guerre,

Ils se voient en héros.

Nos soldats sont des victimes

De la folie impériale du régime.

Demain, comme les autres fois,

En paix, le pays les méprisera.

 

Le Revenant raconte la dernière

Nouvelle de la guerre.

Dans une rue de la capitale,

Un beau matin, un général

Sort de sa demeure

Et pan, patatras, poum. S’il meurt,

Ses funérailles seront nationales.

Il y aura des fleurs,

En couronne, de toutes les couleurs.

On y dira des choses banales.

Les mots déjà murmurés à l’heure

De l’enterrement de son prédécesseur.

 

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ;

Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 

171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut ; 290 : La Guerre depuis cent Ans ;

LE GÉNÉRAL EXPLOSÉ – Enrico Baj – 1973

LE GÉNÉRAL EXPLOSÉ – Enrico Baj – 1973

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Published by Marco Valdo M.I.
5 février 2026 4 05 /02 /février /2026 19:49
UN HOMME BIEN

 

Version française – UN HOMME BIEN – Marco Valdo M.I. – 2026

d’après la version en langue anglaise – A DECENT MAN – Juha Rämö – 2026

d’une chanson finnoise – Kunnon mies – Tarujen Saari – 1998


 

Traduction en finnois par Tapio Mattlar de « Gironfla, gare à gare », chanson française du XVIIIe siècle également connue sous le titre « Le petit roi de Sardaigne [Gironfla] ».

Extrait de l’album « Helmiä Ja Kuparikolikoita » (« Perles et pièces de cuivre »).

 

 

 

 

VICTOR-AMÉDÉE II DE SAVOIE

 

 

 

Petite note introductive

 

La chose est cocasse. Tout en faisant cette version française d’une chanson finnoise, je me disais, elle me rappelle quelque chose cette chanson-là. Quelque chanson d’antan, une chanson de par chez nous. Eh bien oui, finalement, ce n’est pas du folklore finnois, mais bien plutôt du pays de Savoie qu’elle est venue cette chanson-là. On a donc à l’origine, une chanson savoyarde « Gironfla, gare à gare » ou Le petit roi de Sardaigne [Gironfla] ; c’était au début du 18ᵉ Siècle, moment où le Duc de Savoie Victor-Amédée II, par ailleurs aussi Roi de Sardaigne, s’en alla en guerre contre le Roi de France Louis XIV. Cette chanson a traversé le temps et l’Europe pour aboutir en Finlande où au siècle dernier, Tapio Mattlar en donna une traduction finnoise dont Tarujen Saari en tira une chanson : « Kunnon mies », dont je viens de faire une version française, qui on pourra le constater s’éloigne quelque peu de la chanson originale. Ce sont les charmes de la transposition d’une langue à l’autre, surtout quand la chose se répète au fil des lieux et des temps.

 

Marco Valdo M.I.

 

 

 

 

Notre bon duc, souverain de haut rang,

A fait toute une armée de douze paysans.

C’est un homme bien, un homme bien, c’est sûr !

(C’est un homme bien, un homme bien, c’est sûr !)


 

À chacun une belle lance, une épée à la ceinture

Et une cocarde à son chapeau, sans doute pour renforcer sa foi.

Nous avons une bonne armée, une bonne armée, ma foi !

(Nous avons une bonne armée, une bonne armée, c’est sûr !)


 

Nous avions amené une troupe d’ânes aux chefs militaires,

Ils transportaient beaucoup de navets sur les gerbières.

On a mangé de la bouillie de navets, de la bouillie de navets.

(On a mangé de la bouillie de navets, de la bouillie de navets !)


 

Puis, nous ferons un raid en France, où nous attaquerons

Quiconque tentera de nous arrêter, nous le tabasserons !

Si quelqu’un résiste, le sang coulera à flots,

(Quand nous les tabasserons, le sang coulera à flots !)


 

On arrive à la frontière française, ici,

Il y a beaucoup de soldats ici.

Halte, restons ici un moment.

(Halte, réfléchissons ici un moment.)


 

Tuons-les tous, puis fuyons,

Comme le duc nous l’a ordonné pour cette expédition.

Tuons-les tous, sans en épargner,

(Tuons-les tous sans aucune pitié !)


 

Nul d’entre nous ne peut toujours se battre,

Il faut parfois nous reposer, il nous faut boire un verre.

Buvons à notre santé, buvons encore !

(Buvons à notre santé, buvons encore !)


 

Nous trinquons, en réfléchissant comme ça :

Que notre souverain soit roi de France ou duc de Savoie,

C’est un homme bien, un homme bien, c’est sûr !

(C’est un homme bien, un homme bien, c’est sûr !)

VICTOR-AMÉDÉE II DE SAVOIE

VICTOR-AMÉDÉE II DE SAVOIE

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Published by Marco Valdo M.I.
1 février 2026 7 01 /02 /février /2026 18:10

 

 

La Guerre depuis Cent Ans

 

Chanson française – La Guerre depuis Cent Ans – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

LA GUERRE DEPUIS CENT ANS

 

Alexander Grigriev – 1972

 

 


 

Épisode 290


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

La guerre depuis cent ans, dit Lucien l’âne, voilà qui me rappelle quelque chose de l’Histoire de France et d’Angleterre où, si je me souviens bien, il y eût une Guerre de Cent ans, entrecoupée de trêves et d’accords momentanés. Pour condenser le propos, il y était question de l’occupation par les Anglais de grandes régions de France. L’affaire se termina par le retour des Anglais sur leur île. En somme, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées.


 

Excellent principe, Lucien l’âne mon ami, et il me semble que tu as bien résumé la chose et en même temps révélé le lien entre cette Guerre de Cent Ans et la Guerre depuis Cent Ans dont parle la chanson. Ainsi, la guerre règne en Zinovie depuis cent ans, mais c’est une simplification, un raccourci. Car pour la Zinovie, la guerre dure depuis des siècles et cette limitation à cent ans veut simplement mettre en perspective le régime du Guide actuel, lequel succède à une série de Guides depuis une centaine d’années et comme eux, entreprend des guerres. Antérieurement au « régime des Guides », la Zinovie était régie par un Empereur et fonctionnait différemment. C’était un autre monde.


 

Je vois, dit Lucien l’âne, que tu as répondu à ma demande avant même que je la formule. Cela dit, que raconte la chanson ?


 

Je vais, répond Marco Valdo M.I., en faire une synthèse strophe par strophe. Donc, la première strophe commence par une question du Trouvère qui envisage comme solution pour mettre fin à la guerre l’élimination du Guide et de sa bande :


 

« Si personne ne liquide,

Cette bande d’escrocs et leur Guide,

Avec Eux, dit le Trouvère,

On est parti pour dix ans de guerre. »


 

Le pire, dit Lucien l’âne, c’est que je pense qu’il a raison. Mais ensuite ?


 

Ensuite, répond Marco Valdo M.I., le Revenant, qui après des décennies est sorti du camp et connaît dans son cœur et son corps les péripéties du régime, indique que la guerre actuelle fait suite à une série d’autres depuis cent ans. Il pense que la raison est la taille du pays qui monte à la tête des dirigeants, qui confondent taille du territoire et grandeur réelle du pays et nourrit ainsi leur mégalomanie ; ce qui expliquerait leur idiotie.


 

« On est en guerre depuis cent ans.

Ce pays trop grand, démesuré,

Cette taille absurde monte à la tête

Des dirigeants et les rend bêtes. »


 

Peut-être bien, dit Lucien l’âne, que ça expliquerait cette obstination guerrière et toutes ces rodomontades.


 

La deuxième strophe, reprend Marco Valdo M.I., tout comme la troisième, entend la voix du soldat. C’est bien évidemment un soldat qui revient du front et qui a vu de ses yeux et a pu apprécier toute l’horreur de cette guerre d’invasion du pays voisin et les massacres aussi odieux qu’inutiles qu’elle entraîne. Il en tire une réflexion sur le comportement infantile du Guide et de sa bande :


 

« Dans la cour de l’école primaire,

Le Guide et ses amis jouent à la guerre.

Ils jouent aux petits soldats,

Comme des enfants de cinq ans, »


 

et à l’opposé, le soldat rappelle cette vérité toute crue :


 

« nous, les vrais soldats

On n’est pas fait de plomb,

On est de chair et de sang.

C’est nous qui mourrons. »


 

C’est toujours ainsi dans les guerres ordinaires, répond Lucien l’âne, et comme disait Boris Vian dans « Chantez » , il y a toujours les joyeux compères qui déclarent la guerre et les réverbères où on les pendra…


 

Et, continue Marco Valdo M.I., c’est le troisième douzain où le soldat parle de la vraie guerre, des morts effroyables et des pertes irrécupérables qu’elle engendre, mais aussi de la dissimulation de la réalité par les autorités :


 

« Les troupes suivies par les crématoires,

Les tankistes cuits dans leur char,

Puis les corps des morts lentement

Se décomposent sur la terre noire…  »


 

On dirait, dit Lucien l’âne, qu’il y a là toute une stratégie du pouvoir pour occulter la mort mille fois recommencée de ses propres troupes.


 

C’est bien ça, reprend Marco Valdo M.I., mais comme le dit le soldat, finalement tout réapparaîtra dans les statistiques, plus tard, quand les trous creusés par les morts – une ou deux générations perdues – marqueront les générations futures. Il y faudra du temps pour résorber ces pertes cachées.


 

« Pas question de poser des questions

Sur ces cadavres statistiques.

Une ou plusieurs générations

Pourrissent dans l’ignorance publique. »


 

Oh, dit Lucien l’âne, des civilisations entières ne se sont jamais remises de pareilles saignées… Toute l’Histoire du monde l’atteste.


 

Ah, dit Marco Valdo M.I., l’Histoire, justement. Elle est fort dérangeante, celle-là ; alors, il faut lui clore le bec pour pouvoir raconter la légende utile du pouvoir. C’est le sujet du dernier douzain où est narré le destin de l’historien qui s’entêtait à rapporter l’histoire véridique du régime, à montrer l’ampleur des camps, des massacres des opposants au régime totalitaire en place. On le fait taire en le mettant à son tour dans un camp de travail forcé et pour très longtemps. Comme on ne pouvait quand même pas condamner l’historien d’étudier et de décrire scientifiquement l’histoire, pour le condamner et l’enfermer, ils l’ont accusé d’un crime de droit commun, une accusation aussi odieuse qu’infondée. Devant le tribunal, comme il n’y avait pas moyen de la prouver, cette fausse accusation est tombée d’elle-même, mais ils ont quand même condamné l’historien. Sur quelle base et pourquoi, nul ne le sait. C’est une décision secrète.


 

« Ils ont accusé cet homme bien

D’un crime odieux très louche.

Lui, n’a jamais fait mal à une mouche.

Alors, ils l’ont envoyé

Dans un camp de travail forcé. »


 

En fait, la vraie raison de son élimination est qu’il dérange et qu’il montre l’abjection du pouvoir :

 

« Son tort : être la mémoire

Des crimes du pouvoir. »


 

Il y a de quoi avoir le vertige, dit Lucien l’âne. En attendant, nous ne pouvons que répercuter ce qui se dit ici en Zinovie et tisser ainsi le linceul de ce monde immonde, nauséeux, nauséabond, obscène, répugnant, puant et cacochyme.


 


 


 

Heureusement !


 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Si personne ne liquide,

Cette bande d’escrocs et leur Guide,

Avec Eux, dit le Trouvère,

On est parti pour dix ans de guerre.

De Guide en Guide, dit le Revenant,

On est en guerre depuis cent ans.

Ce pays trop grand, démesuré,

Cette taille absurde monte à la tête

Des dirigeants et les rend bêtes.

Leur horizon mental est demeuré

Aux temps excentriques du passé,

Aux temps des empires déclassés.

 

Le soldat dit : C’est aberrant.

Dans la cour de l’école primaire,

Le Guide et ses amis jouent à la guerre.

Ils jouent aux petits soldats,

Comme des enfants de cinq ans,

Mais nous, les vrais soldats

On n’est pas fait de plomb,

On est de chair et de sang.

C’est nous qui mourrons.

On crie, personne n’entend,

Tant le bruit des fanfares

Chante les fausses victoires.

 

À la vérité, c’est bizarre,

On apprend tout avec retard.

Les troupes suivies par les crématoires,

Les tankistes cuits dans leur char,

Puis les corps des morts lentement

Se décomposent sur la terre noire,

Ils attendent, ils sont patients.

Personne n’entend leur désespoir.

Pas question de poser des questions

Sur ces cadavres statistiques.

Une ou plusieurs générations

Pourrissent dans l’ignorance publique.

 

L’historien révélait patiemment

Les prisons, les pénitenciers,

Les crimes, les charniers

Que le pouvoir nie systématiquement.

Une dénonciation ne coûte rien :

Ils ont accusé cet homme bien

D’un crime odieux très louche.

Lui, n’a jamais fait mal à une mouche.

Son tort : être la mémoire

Des crimes du pouvoir.

Alors, ils l’ont envoyé

Dans un camp de travail forcé.

 

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ;

 

Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ;Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ;

211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple ; 289 : Notre Belzébut

LA GUERRE DEPUIS CENT ANS – Alexander Grigriev – 1972

LA GUERRE DEPUIS CENT ANS – Alexander Grigriev – 1972

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Published by Marco Valdo M.I.
26 janvier 2026 1 26 /01 /janvier /2026 16:40

 

Notre Belzébut

 

Chanson française – Notre Belzébut – Marco Valdo M.I. – 2026

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

LES CROIX DES HÉROS

 

Valery Andreevich Mishin – 1979

 


 


 

Épisode 289


 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique


 

Oh, dit Lucien l’âne, que vient faire Belzébut dans cette histoire ? Il doit certainement personnifier quelqu’un, quelqu’un qui se croit important, quelqu’un qui se voit de la taille d’un Dieu et qui apparaît aux autres être en réalité un démon.


 

C’est bien ça, dit Marco Valdo M.I., mais c’est plus que ça. Disons tout de suite que ce personnage n’est autre que le Guide actuel de la Zinovie, qui effectivement a une vision mégalomaniaque de lui-même et s’imagine en Empereur mondial.


 

Oh, dit Lucien l’âne, pour ça, il n’est pas le seul.


 

Pour sûr, reprend Marco Valdo M.I., mais poursuivons. La chanson commence par se demander quand cette guerre s’achèvera. Ce qui est d’ailleurs la question que nombre de gens se posent. Ici, c’est le soldat qui s’interroge :


 

« À se demander quand finira cette guerre ;

À se demander comment s’achèvera cette misère.

Pour moi, dit le soldat, elle n’en finit pas.

Qui survivra, verra !


 

Pour ça, il a raison, dit Lucien l’âne. Seuls les survivants en verront la fin. Et puis ?


 

Ensuite, dit Marco Valdo M.I., c’est le Lieutenant – un qui sait de quoi il cause – qui répond et ce qu’il dit est assez effrayant et malheureusement, assez en phase avec la réalité :


 

« Pour moi, dit le Lieutenant,

On n’est qu’au début.

Un million de morts seulement,

C’est trop peu pour notre Belzébut. »


 

Et précise-t-il, Belzébut se sent mis en concurrence avec l’ancien Grand Guide et veut battre son record de morts.


 

« Trente millions de morts,

C’était le score record

De la Grande Guerre d’antan.

Il faut le dépasser absolument. »

Évidemment, dit Lucien l’âne, vu comme ça, on ne va pas tout de suite vers l’avenir radieux…


 

La chanson, indique Marco Valdo M.I., continue par la plainte des mères et des enfants – c’est la deuxième strophe. Dans la troisième, Belzébut s’adresse aux mères pour les consoler – enfin, c’est ce qu’il croit faire et au contraire, il leur offre cette incroyable perspective, une déclaration carrément hyperbolique.


 

« Alors, à toutes ces mères,

Belzébut dit : Soyez fières !,

Les morts de maintenant sont le levain

Des vivants de demain. »


 

C’est épouvantable, dit Lucien l’âne, mais le Guide n’avait-il pas une autre fois, il y a quelques mois, offert à des mères de soldats morts en guise de consolation une réception dans son bureau, un bouquet de fleurs et une médaille.


 

C’est bien possible, dit Marco Valdo M.I., c’est dans les manières du régime. Dans le dernier douzain, Belzébut confirme son ambition qui est de conquérir le monde, d’étendre l’Empire d’une Zinovie sans frontières.


 

« Ensemble, on va réécrire

Notre immortelle Histoire

À la taille de sa gloire.

Nous referons l’Empire

Immense, indestructible,

Incoercible, invincible. »


 

Un autre dirait : « The sky is the only limit » et encore…, conclut Lucien l’âne. Quant à nous, tissons le linceul de ce monde plein de dictateurs déments, mégalomanes, pervers, menteurs, tricheurs, imbéciles, infantiles, surfaits et cacochyme.


 


 


 

Heureusement !


 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

À se demander quand finira cette guerre ;

À se demander comment s’achèvera cette misère.

Pour moi, dit le soldat, elle n’en finit pas.

Qui survivra, verra !

Pour moi, dit le Lieutenant,

On n’est qu’au début.

Un million de morts seulement,

C’est trop peu pour notre Belzébut.

Trente millions de morts,

C’était le score record

De la Grande Guerre d’antan.

Il faut le dépasser absolument.

 

Les mères regardent leur écran,

Elles espèrent un mot, une ligne,

Une image, une photo, un signe

De leurs grands enfants

Et les petits enfants dans leur lit

Attendent leurs papas partis

Et l’enfant, tous les soirs,

Pleure tout seul dans le noir.

Dis Monsieur, bon Monsieur,

C’est vrai que papa bientôt reviendra ?

Où il est papa, bon Monsieur ?

Dors tranquille, petit soldat !

 

Alors, à toutes ces mères,

Belzébut dit : Soyez fières !,

Les morts de maintenant sont le levain

Des vivants de demain.

Pour la Patrie, c’est important

D’aller là-bas

Mener le vrai combat,

D’étendre au prix du sang

Notre grand espace impérial.

Un grand pays, c’est capital ;

Pour l’avenir des descendants,

Nous vaincrons assurément.

 

Belzébut dit encore : Nous allons

Avec nos terribles bataillons,

Délivrer le monde mécréant

De lui-même,

Et lui offrir le baptême

De notre sang puissant.

Ensemble, on va réécrire

Notre immortelle Histoire

À la taille de sa gloire.

Nous referons l’Empire

Immense, indestructible,

Incoercible, invincible.

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :

 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ;

Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot ; 187. Un Camp, c’est un camp ; 188. Les Feux du Carnaval ; 189. Le Mystère ; 190. La Boulimie universelle ; 191 : Les Pissenlits ; 192 : Les saintes Guerres ; 193. Les Scores des Guides ; 194. Splendeur et Misère ; 195. À Midi tapant ; 196. Les Concerts ; 197. L’Embrouille ; 198. Les nouveaux Saints ; 199. Il n’y a pas d’Avenir radieux ; 200. La Profession du Trouvère ; 

201 : Lettre au Président ; 202 : Les Dits des Filles de Perse et d’Iran ; 203 : Les Entrechats de l’Étoile ; 204 : L’ancienne Oppression ; 205 : La Lettre du Soldat ; 206 : La Vie n’est pas un Songe ; 207 : La Paix, c’est la Fin de la Guerre ; 208 : La Belle Endormie ; 209 : Les Oiseaux sans Nid ; 210 : Boire pour oublier ; 211 : Tous aux Abris ; 212 : Sur la Place ; 213 : L’Empereur cerné ; 214 : Au Pas de l’Oie ; 215 : Le Désert immense ; 216 : La Rentrée scolaire ; 217 : La Vie comme elle va ; 218 : Le plein Emploi ; 219 : Les Fleurs perverses ; 220 : L’Enfer grotesque ; 221 : Le Chat attend ; 222 : L’Avenir pieux ; 223 : Au Pays des Vents tueurs ; 224 : Les Déserteurs ; 225 : Le Drapeau blanc ; 226 : Les Rescapés ; 227 : La Peur et la Mort ; 228 : Croix de Fer, Croix de Bois ; 229 : Les Oligarques de la Station-Service ; 230 : La belle Guerre ; 231 : Lire, écrire, chanter ; 232 : Les Soldats du Sexe ; 233 : La Course du Grand Ours ; 234 : La Mort et la Prison ; 235 : L’Empire des Cendres : 236 : Vrai à ne pas croire ; 237 : Les Malcontents ; 238 : Alice et le Pays merveilleux ; 239 : Les Prisonniers ; 240 : Les Chercheurs d’Or ; 241 : Les Veuves ; 242 : Le Hachoir à Viande ; 243 : Un Prêté pour un Rendu ; 244 : Radio Antiride ; 245 : Du fond des Prisons de Zinovie ; 246 : La Banquise craquelle ; 247 : Le Banc de Paix ; 248 : La Confession du Quidam ; 249 : La Jambe en l’Air ; 250 : Les Folies militaires ; 251 : Les Rats iront au bout du monde ; 252 : Merci pour tout ; 253 : La Survivante de l’autre Guerre demande la Paix ; 254 : L’Agonie du Soldat ; 255 : Lettres du Partisan ; 256 : Le Rêve du Trouvère ; 257 : La Ruée vers l’Or ; 258 : Jeux de Guide ; 259 : Chveik repart au Combat ; 260 : Chveik fout le Camp ; 261 : L’Invitation au Carnage ; 262 : Le Fossoyeur désenchanté ; 263 : Les Fantômes militaires ; 264 : La Radio Pacifique ; 265 : Perquisition et autres Choses ; 266 : Les Rêveurs ; 267 : Les Esclaves et les Soldats ; 268 : Les Éléphants mécaniques ; 269 : Le Cycliste emprisonné ; 270 : La Tradition ; 271 : La Comédie zinovienne ; 272 : Les Nuits glaciales ; 273 : N’ayez pas Peur ! ; 274 : La Vie telle qu’on la vit ; 275 : Les Filles de Zinovie ; 276 : L’Implosion ; 277 : Le Bagne des Bébés ; 278 : Rien n’est perdu ; 279 : Le Gros Cafard ; 280 : Les bons Élèves ; 281 : La Honte ; 282 : Les Voix des Âmes mortes ; 283 : La Vengeance du Soldat mort ; 284 : L’Ennui ; 285 : Les Usages infamants ; 286 : Le Bazar abandonné ; 287 : Le Soldat et l’Apiculteur ; 288 : Le Silence du Peuple

LES CROIX DES HÉROS Valery Andreevich Mishin – 1979

LES CROIX DES HÉROS Valery Andreevich Mishin – 1979

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Published by Marco Valdo M.I.
24 janvier 2026 6 24 /01 /janvier /2026 18:11
LE CHANT DE TEREZIN

 

Version française – LE CHANT DE TEREZIN – Marco Valdo M.I. – 2026

d’après la traduction italienne – Canto di TerezínRiccardo Venturi, 22-1-2026

d’un chant en langue allemande – Das Lied von TheresienstadtWalter Lindenbaum – 1943-44

Paroles : Walter Lindenbaum.

Musique : Walter Lindenbaum ou d’un compositeur inconnu présent à Terezin.

 

 

 

 

LA FILE À TEREZIN

Helga Weissová – 1943


 

 

 

WALTER LINDENBAUM


 

Viennois, juif, journaliste et écrivain, fondateur de l’association des auteurs socialistes autrichiens, Walter Lindenbaum s’est immédiatement opposé ouvertement au national-socialisme, bien avant et même après l’annexion (Anschluss) de l’Autriche à l’Allemagne en 1938. Au printemps 1943, Walter, sa femme Rachel et leur fille Ruth, âgée de seulement 5 ans, furent arrêtés et internés dans le camp-ghetto de Theresienstadt (Terezin), où Lindenbaum participa activement à la vie artistique en écrivant des chansons pour des spectacles de cabaret.


 

« Nous sommes ici 40 000 Juifs, je pense que plus nous ne pourrions y tenir. Ceux qui ne sont pas expédiés en Pologne sont emmenés enfermés dans une caisse. Quand la nuit tombe, nous restons dans les cours entre les baraques, inquiets. Nous regardons les astres éternels, avec nos cœurs pleins de douleur. Là-haut dans l’espace, à la différence d’ici, les étoiles semblent libres. Et les nuits, nous soupirons dans nos rêves : « Combien de temps cela va-t-il encore durer ? »


 

En septembre 1944, la famille fut, comme tant d’autres, transférée à Auschwitz, où Rachel et Ruth furent immédiatement éliminées dans les chambres à gaz. Quelques semaines plus tard, Walter fut transféré à Buchenwald et, en février 1945, il fut tué à Ohrdruf, un sous-camp du tristement fameux lager…


 


 

Nous sommes 40 000 Juifs ici,

Il y en a eu beaucoup plus, ici

Et ceux qui n’ont pas été déportés en Pologne,

Dans des cercueils, nous les avons emportés.

Dans les cours des casernes, ici,

Nous passons nos soirées dans une amère nostalgie,

Et nous regardons, là-haut, les étoiles éternelles,

Et alors nous ressentons l’angoisse.

La liberté est dans le ciel des étoiles

Et non dans les blocs des casernes,

Et la nuit, nous murmurons dans nos rêves :

Combien de temps encore, combien de temps encore…

Oh, souviens-toi, frère, camarade,

Souviens-toi du chant de Terezín !


 

Nous luttons pour notre survie,

Et chaque jour apporte de nouvelles peines.

Ici, pas de place pour la crânerie,

On mendie un morceau de pain.

Autrefois, c’eut été impensable :

Aller chercher sa soupe dans une gamelle

Et la boire goulûment sans cuillère.

Ici, c’est mange ou crève !

Et se démasque la misère

Sur le visage de chaque créature,

Trompeuse, tourmenteuse, voleuse,

Car ici règne l’égoïsme.

Oh, souviens-toi, frère, camarade,

De la petite chanson de Terezin !


 

Où nous vivons, il n’y a pas de lumière,

Seul l’espoir nous éclaire,

Les chevaux avaient leurs écuries ici,

Soixante hommes y dorment aujourd’hui.

Les joues creusées et maigries,

On ne grossit pas ici avec la nostalgie,

On s’allonge sur sa paillasse la nuit

Et sur ces châlits, on rêve d’un vrai lit

Le jour quand le soleil brille de mille lueurs,

On endure courageusement la douleur

Qui souvent nous déchire le cœur

La nuit où seul, on pleure.

Oh, souviens-toi, frère camarade,

De la petite chanson de Terezin !


 

Terezin, ville des enfants et des vieux,

Les uns, germe de notre espérance,

Les autres s’endorment en silence

Et retournent auprès de leurs aïeux.

La mort, le cavalier noir, vient prendre

Un enfant, qu’il dorme ou qu’il songe.

Alors, toutes les mères poussent

Un cri de douleur qui se prolonge.

Les hommes que rien ne peut troubler,

Tant ils sont endurcis, pourtant

Sentent leur cœur se serrer,

Au cri de la mère pour son enfant.

Oh, souviens-toi, frère, camarade,

De la petite chanson de Terezin !


 

Ainsi nous vivons dans le ghetto « modèle »,

Un destin commun nous lie tous en elle.

Nous, les 40 000 Juifs d’ici,

Résidu de millions d’autres.

Nous avons des chagrins, des soucis

Et encore tant de souffrances,

On vit ici au jour le jour

Mais on vit quand même toujours.

On nous vole beaucoup ici,

Le destin nous a amenés ici,

Mais nous avons gardé la foi

Qu’un jour tout ça changera.

Oh, souviens-toi, frère, camarade,

De la petite chanson de Terezin !


 

Et si un jour changent les choses,

Si prennent fin les épreuves et les souffrances,

Si la paix revient sur terre,

Alors chez moi, je chanterai ma chanson.

Mais si le destin prolonge cette misère,

Si je ne connais pas la liberté,

Et si ici, on m’enterre

Mon poème continuera à vivre.

Et quand les années auront passé,

Pour vous, pleines de bonheur et de rires,

Vous pourrez alors vous souvenir

Et repenser à ce temps désespéré.

Alors chante, ô frère, camarade,

Ma petite chanson de Terezin.


 


 


 

LA FILE À TEREZIN  Helga Weissová – 1943

LA FILE À TEREZIN Helga Weissová – 1943

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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 11:48

  

LE GOINFRE GÉANT


 

Version française – LE GOINFRE GÉANT – Marco Valdo M.I. – 2026

d’après la traduction italienne – Anonimo Toscano del XXI Secolo – 2026

d’une chanson groenlandaise (en anglais) – The Hungry GiantGreenland Defense Front – 2026


 

TUPILAQ

 

 

 

Le « Greenland Defense front », le front de défense du Groenland  est composé d’une armée d’ours blancs prêts à tout pour préserver leur espace. La musique façon folk est entièrement générée par intelligence artificielle, et les paroles sont choisies pour dénoncer la volonté impérialiste d’un « Hungry Giant », un géant affamé.

 

 


 

Ô ancienne terre de glace et de pierre,

Kalaallit Nunaat, pour toujours, notre tanière,

Un géant affamé veut s’emparer de nos côtes,

Manger le minerai et boire le pétrole.


 

Écoutez le tambour résonner dans les profondeurs,

Et réveiller toutes les âmes de leur torpeur.

Front de défense du Groenland, debout !

La main au visage orange s’étend, de ses doigts tombent les bouts !

 

 

Ô, que les tambours marquent ce jour,

Aucun étranger ne nous mènera. L’ours,

Le chasseur, les esprits vont se lever

Pour arracher la cupidité des yeux de l’étranger !

Sculptons le Tupilaq pour chasser le spectre,

Arracher de notre côte sacrée l’esprit abject !


 

Nos chasseurs se déplacent sans un bruit,

Fantômes silencieux nés sur la banquise gelée.

Le grand ours se lève de la neige immaculée,

Le carcajou ne craint aucun ennemi.

 

Les morses se tiennent où les vagues vertes se brisent,

Une force de la nature qu’aucune marée n’ébranle.

Les vents vont venir, les vents vont partir,

Nous avons déjà connu pire.


 

Ô, que les tambours marquent ce jour,

Aucun étranger ne nous mènera. L’ours,

Le chasseur, les esprits vont se lever

Pour arracher la cupidité des yeux de l’étranger !

Sculptons le Tupilaq pour chasser le spectre,

Arracher de notre côte sacrée l’esprit abject !

TUPILAQ

TUPILAQ

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19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 18:51

REJOIGNEZ L’ICE


 


 

Version française – REJOIGNEZ L’ICE – Marco Valdo M.I. – 2026

d’après la traduction italienne de Riccardo Venturi – Entra nell’ICE – 2026

D’une chanson étazunienne – Join ICEJesse Welles2025


 

 

REGARDEZ L’HOMME DE L’ICE

 

 

 

Si vous cherchez un but dans le cirque présent,

Si vous recherchez le respect et l’attention,

Si vous voulez vous sentir important,

Venez avec moi mettre quelques personnes en détention.


 

La semaine dernière a été dure, j’ai menotté un gamin.

J’ai attaché une femme à un van avec des liens.

En ville, on traque les travailleurs au boulot.

Il paraît qu’ils ont de super-avantages sociaux.


 

C’est chouette là, rejoignez l’ICE,

Suivez mon conseil, rejoignez l’ICE !

Si vous manquez de contrôle et d’autorité,

Venez avec moi traquer les minorités.


 

À l’académie, les flics ne voulaient pas de moi.

L’armée ne me semblait pas très amusante.

J’ai trouvé cette opération paramilitaire-ci

D’accord de me donner un fusil.


 

J’étais ridiculisé à l’école, je ne me suis jamais senti si bien.

Il y a un trou dans mon âme qui m’enrage.

Les filles me rejetaient, je me sentais un pantin.

Regardez-moi maintenant, je mets les gens en cage.


 

À l’ICE, nous respectons l’autorité

Rejoignez l’ICE, ils font des heures.

Une prime de 50 000 dollars à la signature.

L’ICE a besoin de vous, et vous d’être respecté.

Rejoignez l’ICE !


 


 

(Regardez-le marcher !)


 


 

Si vous cherchez un but dans le cirque présent,

Si vous recherchez le respect et l’attention,

Si vous voulez vous sentir important,

Venez avec moi mettre quelques personnes en détention.


 

À l’académie, les flics ne voulaient pas de moi.

L’armée ne me semblait pas très amusante.

J’ai trouvé cette opération paramilitaire-ci

D’accord de me donner un fusil.


 

C’est chouette là, rejoignez l’ICE,

Suivez mon conseil, rejoignez l’ICE !

Si vous manquez de contrôle et d’autorité,

Venez avec moi traquer les minorités.


 

REGARDEZ L'HOMME DE L'ICE

REGARDEZ L'HOMME DE L'ICE

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  • : Carnet de chansons contre la guerre en langue française ou de versions françaises de chansons du monde
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