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4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 10:05

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vendredi 4 novembre 2022

PARFOIS
 

 

 

PARFOIS

 

Version française — PARFOIS — Marco Valdo M.I. — 2022

d’après la version italienne QUALCHE VOLTA — Riccardo Venturi — 2013

d’une chanson grecque Καμιά φοράKaterina Gogou / Κατερίνα Γώγου — 1981

Texte : Katerina Gogou
(De son recueil Τρία Κλικ Αριστερά, 1978)
Musique : Kyriakos Sfetsas
Autre musique et interprétation : Aris Zarakàs

 


 


 


 

Je reste là, je n’ai pas bougé

Pour que vous puissiez me retrouver.


 

Au moins, à en juger par une réaction directe que j’ai vue hier soir, cette histoire de Katerina Gogou doit réussir encore à faire sursauter. Hier soir, je me trouvais au CPA de Florence, depuis quelque temps est fréquenté par des étudiants antifascistes grecs engagés dans un travail de contre-information et de sensibilisation (avec l’organisation d’expositions, de conférences, de manifestations) contre Aube dorée ; en parlant à une étudiante, Myrsini, je lui ai parlé de Katerina Gogou et précisément de ce poème. Je l’ai vue se mettre à le réciter presque en hurlant et en tenant mon bras en l’air. Myrsini a 23 ans, donc quand Katerina Gogou a écrit Καμιά φορά (Parfois), elle n’était pas encore née, et quand elle s’est suicidée, elle avait trois ans. [RV]

 

 

 

 


Parfois, lente s’ouvre la porte et vous entrez

En habit blanc et chaussures en lin.

Votre main met dans ma main

Septante-deux drachmes et vous partez.

Je reste là, je n’ai pas bougé

Pour que vous puissiez me retrouver.

Il s’est passé un long moment,

Mes ongles sont devenus grands,

À me voir, mes amis sont effrayés.

 

Je cuisine des patates, geste commun.

J’ai perdu ma fantaisie,

J’entends “Katerina”et je suis transie.

Je devrais dénoncer quelqu’un.

 

J’ai gardé des coupures de presse où

On disait que c’était vous.

Touché aux jambes, qu’ils ont dit,

Je sais, les journaux ont menti,

Je sais, ils ne tirent jamais dans les jambes.

Leur cible, c’est la tête,

Votre tête.

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Published by Marco Valdo M.I.
4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 10:00

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dimanche 6 novembre 2022

LA CHANSON DES TRAVAILLEURS
 

 

LA CHANSON DES TRAVAILLEURS

 

Version française — LA CHANSON DES TRAVAILLEURS — Marco Valdo M.I. — 2022

d’après la version italienne — Canzone dei lavoratori — Lucone — 2022

d’une chanson anglaise — Workers' SongDick Gaughan1981

 

 

 

Chanson écrite par Ed Pickford, mineur anglais et auteur-compositeur-interprète de Durham, auteur et interprète de nombreuses chansons de combat.

La musique de ce « Worker's Song » a été arrangée au début des années 1980 par Dick Gaughan, qui l’a incluse dans son célèbre album de 1981 « Handful of Earth ».
Les Dropkick Murphys l’ont insérée en 2003 dans l’album “Blackout”

 

 

 

 

LES TRAVAILLEURS
 

Otto Griebel — 1929

 

Oui, je chante pour nous, les travailleurs qui peinons jour et nuit,

Gagnons notre salaire du cerveau et des mains,

Qui depuis des siècles pour rien de plus que notre pain,

Comptons nos morts et saignons pour nos pays.

 

Dans les ports et dans les mines, dans les moulins, dans les ateliers

Nous adapter aux temps nous a été imposé,

Pour rendre nos talents inutiles, ils ont morcelé les métiers.

Et avec la règle et le chronomètre, ils ont volé notre fierté.

 

Premiers à mourir de faim, premiers à mourir,

Premiers à faire la queue pour un bout du gâteau.

Et toujours les derniers au moment de répartir,

Car nous, on travaille quand on distribue les morceaux.

 

Et quand le ciel s’assombrit et que vient la guerre,

On nous donne une arme, on nous pousse au front.

Et on attend de nous qu’on meure pour la nation

Sans avoir jamais possédé un misérable pouce de terre.

 

Premiers à mourir de faim, premiers à mourir,

Premiers à faire la queue pour un bout du gâteau.

Et toujours les derniers au moment de répartir,

Car nous, on travaille quand on distribue les morceaux.

 

Travailleurs on fait tant et tant

Du port d’arme au labour des champs,

Attelés au soc depuis la nuit des temps

Et toujours obligés de porter le chargement.

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Published by Marco Valdo M.I.
4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 09:58

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lundi 7 novembre 2022

LES DÉSERTEURS
 

 

LES DÉSERTEURS


 

Version française — LES DÉSERTEURS — Marco Valdo M.I. — 2022

Chanson italienne — I disertoriAndrea Sigona — 2022


 

 

 

 

 

 

ENFANTS JOUANT AU SOLDAT

Francisco Goya — 1779


 

 

 

Nous avions des fusils de bois, des mouchoirs sur le visage,

De fausses barbes et des pastels pour faire les Indiens.

Nous avons vu la poudre noire près des grillages,

Nous avons gagné toutes les guerres sans les humains.

 

On regardait les nuages blancs entre les étoiles,

La pluie trempait nos pantalons, on avait peur.

Et les premières poésies d’amour… Les plus belles…

On criait, riait, plaisantait, on rêvait de deux cœurs.
 

La guerre arriva pour de vrai et appela aux armes,

Sur nos visages, faim, soif, peur et silence,

Une géométrie de rayons, de tirs et de lumière,

La vie se gelait derrière la lune obscure.

 

Le laid temps noir arriva entre mille questions

Pour nous, pêcheurs de sel, paysans de rien.

On a compris et vint le jour de fuir au loin

Dans les bois, sur les sentiers ivres vers l’horizon.


À présent, plages et monts reposent certains soldats ;

Le retour est toujours heureux pour qui rentre chez soi.

Comme histoires et utopies, la neige sur les prés fuit

Et ce ciel aujourd’hui, à le voir, on pleure et on maudit.

 

La guerre s’arrêta pour de bon et on redevint manœuvres.

Et sur chaque visage, fatigue, peur, soif et faim…

Les phares, géométries lointaines de lumière.

Le Duce est pendu, la mort décampe pour rien.

 

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Published by Marco Valdo M.I.
29 janvier 2024 1 29 /01 /janvier /2024 19:02

 

 

 

La Statue tend le Bras



 

 

Chanson française – La Statue tend le Bras – Marco Valdo M.I. – 2024

 

 

 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 185


 

 

 

 

 

 

LA MÉTAMORPHOSE D’UN GUIDE

 

Evgeni Anatolyevich Rastorguev – 1985

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

N’est-ce pas une allusion à « panta rhei » ?, demande Lucien l’âne. C’est Héraclite qui avait en ce temps lointain établi cette sentence. Oui, Héraclite, j’en suis sûr, car je l’ai bien connu quand je m’égarai du côté d’Éphèse. C’était un homme, cet homme-là qui ne parlait pas pour ne rien dire. C’était lui aussi un accoucheur d’idées et plus proprement, de vérités universelles. Tandis que nous allions ainsi trottinant sous le soleil de printemps, lui sur mon dos, moi sur mes quatre pieds, il me disait – je cite de mémoire d’âne - : « Les ânes préfèrent la paille à l’or » et moi je lui ai répondu : « Le son, Héraclite, le son ; les ânes préfèrent le son, pas la paille. Et certainement pas l’or, car la paille sèche, l’or dure et le son se mange. »

 

Sans doute, Lucien l’âne mon ami, et si de leur côté, les hommes, dit-on depuis Hélène, préfèrent les blondes, il convient pour mieux comprendre la canzone de se référer à la sentence complète : « panta rhei kai ouden menei » - Tout s’écoule et rien ne reste, car on comprend mieux l’intervention du trouvère :

 

« Tout bouge, tout s’écoule...

Nulle chose ne reste comme avant.

...

Demain est plein d’aléas

Et le Guide se fait vieux. »

 

me s’il convient de se souvenir que le prince sicilien soutenait que la ruse des puissants est que « tout change pour que rien ne change ».

 

Mais, dit Lucien l’âne en balançant les oreilles, foin de dissertation, que dit d’autre la canzone.

 

Après le trouvère, donc, dit Marco Valdo M.I., surgit d’un lointain nulle part, ou d’un éloigné partout, n’importe où dans les pays (hors la capitale) de Zinovie, le Veilleur qui s’en était allé vagabonder et prendre l’air du temps. Il confirme diverses choses. D’abord, que là-bas aussi, tectonique des populations, tout bouge, la croûte de la société se craquelle, l’unanimisme de façade (la société Potemkine) se ternit, des étincelles témoignent de curieux courts-circuits et la « guerre qui n’est pas » n’a fait qu’accélérer un lent processus qui maturait depuis longtemps.

 

Oui, oh, oui, dit Lucien l’âne, il est long le temps de l’histoire, long le temps des grandes masses de gens, long le temps de l’accumulation des insatisfactions, des rancunes et des éveils des inassouvis. Mais, nul ne sait quand, nul ne sait exactement où, un jour, tout se met à trembler, à bouger et puis, à précipiter le mouvement.

 

Et, reprend Marco Valdo M.I., les gens qui voient bien où va l’argent public, où s’en vont les détournements de leurs privations que l’État, le pouvoir affectent à la guerre et aux dépenses militaires, les gens veulent la fin de ce gaspillage.

 

« Les revenus stagnent depuis deux étés

Où la guerre qui n’est pas a commencé.

Les manifs, les émeutes, les incendies,

Les gens veulent arrêter la gabegie. »

 

Ma foi, dit Lucien l’âne, ma foi qui est à la fois foi et moi-même, ils ont raison. Mais encore ?

 

Eh bien, dit Marco Valdo M.I., voici qu’intervient un nouveau venu, un pilote et il n’y va pas de main morte pour décrire le désastre :

 

« Maintenant, nos avions tombent du ciel

Comme de vulgaires mouches à miel.

Dans les carcasses désintégrées, on ramasse

Ce qui reste de nos meilleurs aviateurs. »

 

et demande qu’on y mette fin :

 

« Il est temps de mettre fin à cette casse.

Chaque heure qui passe est un crève-cœur. »

 

M’est avis, dit Lucien l’âne, que voilà que se lève un vent de vérité et je ne sais ce qui en résultera, je ne sais.

 

Moi non plus, dit Marco Valdo M.I., comme toi, je ne fais qu’écouter les voix des Zinoviens qui s’interrogent sur l’état de la Zinovie. Pour finir, il y a la Grand-Mère qui à son ordinaire, vient présenter le message des filles de Perse ou d’Iran, c’est pareil. Elles s’en prennent à nouveau aux vestales barbues et barbares, les envoient « bêler dans les divins déserts » et dénoncent leur oppression et les assassinats. J’arrête là ; au texte, je te renvoie.

 

Fort bien, dit Lucien l’âne, et tissons le linceul de ce vieux monde mouvant, mu, mutant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Tout bouge, tout s’écoule

Le temps, les jours, les ans,

Les lustres, les siècles déboulent,

Nulle chose ne reste comme avant.

Les vérités, les certitudes s’écroulent

S’effondrent les empires puissants.

Les anciens s’en vont, le sol s’effrite

Sur sa stèle, la vieille statue tend le bras,

Elle montre l’avenir du doigt.

Et dit le trouvère, comprend qui veut,

Demain est plein d’aléas

Et le Guide se fait vieux.

 

Salut, dit le Veilleur, je débarque

D’une région loin de la capitale

Et là aussi, la rumeur signale

Que la terre insensiblement craque.

Tout bouge, tout a augmenté :

Le prix des œufs, du lait, du pain.

De l’essence, de la vodka et du train.

Les revenus stagnent depuis deux étés

Où la guerre qui n’est pas a commencé.

Les manifs, les émeutes, les incendies,

Les gens veulent arrêter la gabegie.

 

Rien ne va plus. Faites vos jeux,

Pour leur pari, nos vies sont l’enjeu.

Et ce n’est pas tout, dit le pilote,

Sur mer, on a déjà perdu la flotte ;

Maintenant, nos avions tombent du ciel

Comme de vulgaires mouches à miel.

Dans les carcasses désintégrées, on ramasse

Ce qui reste de nos meilleurs aviateurs.

Et dit le soldat, plus le temps passe,

Plus augmentent les chances qu’on meure.

Il est temps de mettre fin à cette casse.

Chaque heure qui passe est un crève-cœur.

 

Ah, dit la Grand-Mère, les hommes résolus,

Les vrais compagnons des Filles d’Iran

Mettaient leur vie et leur pas dans leur rang.

Les vestales à la barbe dure les ont pendus.

À moi aussi, le temps me dure

De voir ces religieux bourreaux s’en aller

En troupeau, dans les divins déserts bêler.

Ils ont tué tant de filles, tant de jeunes gens.

De leurs malédictions, les filles n’ont cure :

Sous les tchadors, les yeux brillant de sang,

Pour elles, cheveux au vent, vivre leur nature

Est un dessein bien suffisant.

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;


 

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ;

Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses

LA MÉTAMORPHOSE D’UN GUIDE  Evgeni Anatolyevich Rastorguev – 1985

LA MÉTAMORPHOSE D’UN GUIDE Evgeni Anatolyevich Rastorguev – 1985

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27 janvier 2024 6 27 /01 /janvier /2024 11:46
UN TRAIN

 

Version française – UN TRAIN – Marco Valdo M.I. – 2024

Chanson italienne – Un treno - Gianni Siviero – 1988

 

Paroles et musique : Gianni Siviero
 

 

 

 

LE TRAIN

Johan Axel Gustav Acke dit J.A.G. Acke, ca. 1910-20

 

 

 

LE TRAIN A SIFFLÉ

Extrait de la nouvelle "Il treno ha fischiato" (Le train a sifflé) de Luigi Pirandello

 

Messieurs, Belluca avait oublié depuis de très nombreuses années - mais vraiment oublié - que le monde existait.

Absorbé dans le tourment continuel de sa misérable existence, absorbé toute la journée dans les comptes de son bureau, sans jamais un moment de répit, comme une bête aux yeux bandés, attachée à la barre d’une noria ou d’un moulin, il avait oublié pendant des années et des années - mais vraiment oublié - que le monde existait.

 

Deux nuits auparavant, alors qu'il s'était endormi épuisé sur ce canapé, peut-être à cause d'une fatigue excessive, insolitement, il n'avait pas réussi à s'endormir immédiatement Et soudain, dans le silence profond de la nuit, il avait entendu, de loin, siffler un train.

 

Il lui était apparu que ses oreilles, après tant d'années, qui sait comment, soudain s'étaient débouchées.

Le sifflet de ce train lui avait déchiré et emporté un morceau de la misère de toutes ses horribles angoisses, et presque d'un sépulcre découvert, il s'était trouvé retrouvé à errer haletant dans le vide aéré du monde qui s'ouvrait énorme autour de lui.
 

Il s'était instinctivement accroché aux couvertures qu'il jetait sur lui tous les soirs, et avait couru en pensée après ce train qui s'éloignait dans la nuit.

 

Il y avait, ah ! il y avait, en dehors de cette horrible maison, en dehors de tous ses tourments, il y avait le monde, si, si lointain, vers lequel ce train se dirigeait... Florence, Bologne, Turin, Venise... autant de villes qu'il avait fréquentées dans sa jeunesse et qui, bien sûr, brillaient encore de mille feux sur la terre cette nuit-là. Oui, il savait la vie qu’on y vivait ! La vie qu'un temps, il avait vécue lui aussi ! Et il suivait, cette vie, il l'avait toujours suivie, tandis que lui là, comme une bête aux yeux bandés, il tournait la barre du moulin. Il n'y avait plus pensé ! Le monde s'était refermé pour lui, dans la tourmente de sa maison, dans l'étroitesse aride et hirsute de sa comptabilité... Mais voici à présent, comme par une crue violente, il rentrait dans son esprit. L'instant qui le frappait, ici, dans sa prison, se répandait comme un frisson électrique par tout le monde, et lui, l'imagination soudain réveillée, pouvait, oui, pouvait le suivre par les villes connues et inconnues, les landes, les montagnes, les forêts, les mers... Ce même frisson, cette même pulsation du temps. Il y avait, pendant qu'il vivait ici cette vie "impossible", tant et tant de millions d'hommes dispersés sur toute la terre, qui vivaient différemment. Maintenant, au même moment où lui souffrait ici, il y avait les montagnes enneigées et solitaires qui dressaient leurs fronts azurs vers le ciel nocturne... Oui, oui, il les voyait, il les voyait, il les voyait ainsi... Il y avait les océans... les forêts…

 

Et donc, lui – maintenant que le monde était revenu à son esprit – pouvait en quelque sorte se consoler ! Oui, en se relevant de temps en temps de son tourment, pour prendre par l’imagination une bouffée d'air dans le monde. Cela lui suffisait !

Naturellement, le premier jour, il avait exagéré. Il s'était saoulé. Tour le monde, tout d'un coup : un cataclysme. Peu à peu, il s’était ressaisi. Il était encore ivre du trop trop d'air, il le sentait.

Il serait allé, à peine remis du tout, s'excuser auprès du chef de bureau, et aurait repris comme avant sa comptabilité. Seulement, le chef de bureau désormais ne devait plus exiger trop de lui comme par le passé : il devait lui permettre, de temps en temps, entre un morceau et l’autre à enregistrer, qu’il fasse un petit saut, oui, en Sibérie... ou... ou... dans les forêts du Congo :
 

- C'est fait en un instant, mon seigneur Chevalier. Maintenant que le train a sifflé....


 


 


Le train avance lentement

Hurlant de fatigue,

Tel une chenille, maladroitement

Il rampe à travers la ville.


Derrière les vitres sales,

Des regards hébétés

Cherchent des habitudes

Ou une rue, qui sait ?


Un regret, une idée vaine,

Quelque chose qui confirma

Qu’il avait valu la peine

D'avoir vécu là.


Le train s'étire.

Désormais, c'est la campagne

Ouverte comme le purgatoire

D'une irréalité apathique.


Et il perce la nuit

Suçant le rail usé,

Traînant ses yeux fermés

Et sa chasteté derrière lui.

 

À l'aube, où la mer s’abandonne,

S’est perdu le mûrier,

Et le tronc tordu des oliviers

Au regard se donne.

 

Avec un dernier raclement,

Le train éteint son hurlement.

Les êtres ici reviennent

À leur pauvreté ancienne.

 

La poussière aussi est d’antan

Qui, tombant lentement,

Couvre les valises nouvelles

Et les chaussures de ville,

Et des chaussures de ville...

 

 

 LE TRAIN  Johan Axel Gustav Acke dit J.A.G. Acke, ca. 1910-20

LE TRAIN Johan Axel Gustav Acke dit J.A.G. Acke, ca. 1910-20

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Published by Marco Valdo M.I.
21 janvier 2024 7 21 /01 /janvier /2024 19:52

 

Le Joueur de Pipeau, le Guide et les

 

Vestales pileuses.



 

 

Chanson française – Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses – Marco Valdo M.I. – 2024

 

 

 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 183


 

 

 

 

 

 

LE JOUEUR DE PIPEAU ET LE RAT

 

 

Willy Bosschem – ca 1980

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Sans doute, Lucien l’âne mon ami, connais-tu l’histoire du joueur de flûte ; on en avait déjà parlé en présentant la chanson d’Hugues Aufray : Le Joueur de Pipeau et celle d’Hannes Wader: Der Rattenfänger. Elle est légendaire et à ce titre, elle a atteint comme on va le voir dans la canzone, mais à la fin et de manière très énigmatique, comme on le verra.

 

Certes, dit Lucien l’âne, je connais la légende du joueur de flûte et je sais donc qu’il finit par emmener les enfants de la ville qui vont l’accompagner dans un long voyage tout au travers du monde. En somme, ces enfants, déçus de la vergogneuse avidité des dirigeants, s’en vont à la suite du musicien, qui est l’incarnation du destin et de la conscience – s’essaimer partout. Et si j’ai bien suivi ce que j’ai entendu jusqu’ici dans notre voyage en Zinovie, ils s’exilent pour fuir le Guide, son ambition impériale et la guerre qu’ils sont honteux de lui voir mener et plus honteux encore de devoir la faire – du moins pour ceux qui en reviennent vivants.

 

C’est bien là le sens de la canzone, répond Marco Valdo M.I., mais ce n’est qu’une partie de cette dernière et de plus, le joueur de pipeau n’apparaît que tout à la fin.

 

Que raconte-t-elle donc avant ? , demande Lucien l’âne.

 

Je m’en vais te le dire, reprend Marco Valdo M.I. ; elle commence par un duo entre le trouvère et la Grand-Mère, ce qui comme on sait va mettre en écho la situation en Zinovie et celle en Perse, autrement dit en Iran. Une situation qui est assez semblable dans les deux pays, sauf qu’en Perse, ce sont les filles qui expriment les voix du refus, de l’opposition et de la résistance aux régime dictatorial. Et de fait, les propos des unes et des autres se rejoignent pour établir que les dirigeants - le Guide et sa bande de malfrats en Zinovie ; les religieux de tous poils en Perse – sont absolument des fous furieux et belliqueux. Dans ce second couplet, les filles de Perse dénoncent les religieux : ces pileuses vestales ; autrement dit, ces vestales à poils au menton.

 

Oh, dit Lucien l’âne, j’aime beaucoup cette manière de présenter des barbus vierges en vestales à barbe. Il suffit de voir leurs immenses portraits pour les imaginer dans une baraque de foire s’exhibant sous l’étiquette racoleuse : « Les Vestales à Barbe », saints frères de ces femmes à barbe de nos fêtes foraines.

 

Mais, Lucien l’âne mon ami, les filles de Perse ne se laissent pas impressionner par ces pieux pileux et elles dénoncent sans fard leur hypocrisie et leurs délirants slogans :

 

« La guerre est une mission glorieuse,

Tuer, être tué est une bénédiction.

La foi est la chose la plus précieuse,

Dieu tout puissant protège notre nation. »

 

Je vois, dit Lucien l’âne, ce sont vraiment des fous furieux et nous prêterons volontiers à ces dames et ces demoiselles notre antienne favorite : « Ora e sempre, resistenza ! » - « Maintenant et toujours : résistance ! »

 

Ensuite, reprend Marco Valdo M.I., c’est au soldat d’intervenir et il parle de la guerre que la Zinovie fait au pays voisin ; une guerre-éclair qui s’éternise et qui est donc – en soi – déjà un immense échec. Pour le reste, il conclut en précisant que le mieux pour le soldat est de rentrer chez soi.

Enfin, et c’est le Veilleur de Nuit qui en parle, il est question d’un opposant que le Guide, qui n’avait pas réussi à le faire mourir en l’empoisonnant, a fait enfermer dans un cellule au-delà du cercle polaire et on comprend que cet opposant est très proche du joueur de pipeau. Tout reste assez énigmatique et surtout, la fin de la canzone qui annonce :

 

« Personne ne voit le joueur de pipeau

Et le jour se lèvera bientôt. »

 

Oui, dit Lucien l’âne ; ce doit bien signifier quelque chose comme « Demain, il fera jour ; demain est un autre jour » et il me semble qu’il y a là de quoi inquiéter le Guide et les vestales poilues. Cela dit, la peste soit des religions et des religieux. Enfin, tissons le linceul de ce vieux monde barbu, moustachu, poilu, pieux, pileux, pelu, velu et cacochyme.

 

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Vraiment, c’est la réalité, dit le trouvère,

En Zinovie, les dirigeants sont fous.

En Perse, ils sont fous à lier, dit la Grand-Mère,

Et pire, ces religieux mènent le pays au trou.

Et si on laisse faire ces déments,

Ils entraîneront le monde entier

Dans les plus épouvantables tourments.

Fous et dangereux, on ne peut le nier.
Ennemis de tout le monde,

Ils sèment la terreur et la peine

En une hideuse et vicieuse ronde

Qu’ils nourrissent de peur et de haine.

 

Forcées, les filles de Perse s’habillent de noir

Pour caboter entre les îles du désespoir.

Sur les murs de la ville, elles lisent

Des horreurs qu’elles méprisent :

« La guerre est une mission glorieuse,

Tuer, être tué est une bénédiction.

La foi est la chose la plus précieuse,

Dieu tout puissant protège notre nation. »

L’eau fuit dans le ciel ; les lacs, les fleuves

S’assèchent et le désert s’installe.

Et les gens aussi loin qu’ils peuvent

Émigrent de ce nid de pileuses vestales.

 

Oh, savez-vous la nouvelle, dit le soldat ?

On me renvoie encore au combat.

Cette guerre-éclair n’en finira donc pas ?

De victoire en victoire, on reste là.

Quand on avance d’un côté,

On recule d’un autre, en vérité,
Et toujours de nouveaux cadavres.

Et toujours de nouveaux candidats

Au statut d’immortel héros de l’État.

Quand donc rentrera-t-on au havre ?

Pourtant, que pourraient faire de mieux

Les soldats que rentrer chez eux ?

 

Le veilleur de nuit dit : pas plus tard qu’hier,

Du fond de sa cellule auprès du cercle polaire,

Un opposant annonce la chute de l’Empire

Du Guide, de ses femmes et de ses sbires.

Au fin fond du pays, les gens discutent,

La terre remue et s’ébroue de l’hiver,

Une odeur de printemps s’immisce dans l’air.

Le légendaire son guilleret de la flûte

Hante les rues et les impasses des bourgs,

Monte à pic le long des grandes tours.

Personne ne voit le joueur de pipeau

Et le jour se lèvera bientôt.

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ;

Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila

LE JOUEUR DE PIPEAU ET LE RAT    Willy Bosschem – ca 1980

LE JOUEUR DE PIPEAU ET LE RAT Willy Bosschem – ca 1980

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20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 09:45

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Mercredi 9 novembre 2022

Bruit de Fond
 

 

Bruit de Fond

 

Chanson française - Bruit de Fond - Marco Valdo M.I. - 2022
 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 


 

Épisode 79

 

 

 

 

LE VIEUX

 

 

 

Anonyme - s.d.

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Dans ce voyage en Zinovie, Lucien l’âne mon ami, ce qu’on entend la plupart du temps forme une sorte de brouillard sonore, ce sont ces voix qu’on entend et qui émergent de ce brouhaha de gens qui parlent, qui parlent ; c’est la vie de Zinovie qui se fait vague sonore. C’est l ‘écume de leurs parlotes, de leurs sempiternelles discussions qui vont et viennent dans tous les sens. En quelque sorte, on pourrait imaginer que tous ces gens parlent pour parler comme s’ils parlaient pour faire du vent, pour souffler du souffle et d’autre part, on dirait que de cette façon, ils affirment leur existence.

 

Oh, dit Lucien l’âne, les oiseaux font la même choses et si les hommes braillent, les ânes braient ; quant aux limaçons, je ne les ai jamais entendu.

 

Passons, dit Marco Valdo M.I., passons et venons-en à la chanson qui est quand même plus fournie que ça. En fait, c’est un monologue, le monologue d’un vieux, du vieux. C’est lui qui parle du bruit de fond et puis de lui-même, de sa vie détruite par son internement en camp, dont il ne connaît même pas la raison. Il pérore, mais dit cependant des choses fort dures sur la Zinovie telle qu’elle fut et telle qu’elle est, sur le poids inique du collectif qui écrase l’individu, sur la puissance du Guide ; en vérité, des Guides successifs. Il évoque, avec une sacrée dose d’incroyance et d’ironie, l’homme nouveau :

 

« Il faut des caractères d’acier trempé,

Des cœurs blindés face aux sentiments.

L’homme nouveau vivra mieux,

Il marchera d’un pas content

Sur la route de l’avenir radieux. »

 

Oh, dit Lucien l’âne, les bâtisseurs d’empire veulent toujours créer un homme nouveau, empreint de pureté et de force, allant d’un pas décidé vers un avenir lumineux. Le bonheur est toujours pour demain. Je connais ça, j’en ai rencontré beaucoup dans mon périple. Cela dit, il m’a l’air plutôt sympathique ce vieux.

 

Je pense aussi qu’il l’est, répond Marco Valdo M.I. et sans trop en avoir l’air, il dit aussi des choses terribles et il fait entrevoir l’univers destructeur qu’est, en réalité, la Zinovie du Guide. Il fait aussi surgir cette rébellion qui couve comme la lave du volcan dans le cœur des gens :

 

« Au bout du compte, au bout de tout ce temps,

En secret, on s’y fabrique très patiemment

Une terrible cassure de la conscience

Et l’envie de bousiller toutes les instances. »

 

En même temps, dit Lucien l’âne, je trouve aussi très drôle ce monument en forme d’œuf pour glorifier le Guide. Enfin, laissons courir la chanson.

 

Oui, Lucien l’âne mon ami, laissons courir, dire, parler la chanson ; elle dit tout et tant et tant de choses qu’on ne les découvre qu’en la laissant conter.

 

C’est ça, dit Lucien l’âne, laissons la chanson conter et tissons le linceul de ce vieux monde terne, morne, oppressif, oppressant, oppresseur et cacochyme

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Allonger la vie, tous pluricentenaires ?

En Zinovie, dit le vieux, ce serait l’enfer.

Ici, il y a toujours ce bruit de fond

Ce ne sont que discussions et rediscussions ;

De ci, delà, on parle, on cause de tout, de rien,

N’importe où, n’importe quand, de n’importe quoi.

On dit, on redit, on re-redit, on rabâche tant de fois ;

À la fin, on ne comprend plus, on ne sait plus bien,

On parle pour parler, on parle pour exister.

On entend un brouhaha sans système, sans logique.

Pour le reste, les gens vivent retirés

Ils font leurs petites affaires, c’est psychologique.

 

Moi, dit le vieux, j’ai une chienne de vie ;

C’est comme ça pour beaucoup en Zinovie.

Quand les dirigeants priment,

Les peuples dépriment,

Disait la grand-mère et bien entendu,

Toujours, le collectif écrase l’individu ;

Toujours, le collectif mate les réticents.

Ainsi, le Guide est très puissant.

On annonce un objectif limpide :

On va construire, en forme d’œuf,

Un monument à la gloire du Guide,

Qui refait le monde à neuf.

 

Avec les opinions, les émotions,

Dit le Guide, on ne fait pas de caleçon.

En Zinovie, tout ça ne compte pas,

Que faire du sens moral, de la dignité ?

Que faire de la conscience, de la bonté ?

Chez nous, c’est encombrant, ça ne sert pas.

Résidus surannés, restes du passé.

Il faut des caractères d’acier trempé,

Des cœurs blindés face aux sentiments.

L’homme nouveau vivra mieux,

Il marchera d’un pas content

Sur la route de l’avenir radieux.

 

Moi, dit le vieux, j’étais pilote-officier,

J’aimais voler, j’aimais mon métier.

Ils m’ont arrêté, ils m’ont séparé de ma famille,

Ils ont brisé ma carrière et gommé ma vie.

Ensuite, ils m’ont expédié au camp,

Dans ce bout du monde, j’y suis resté dix ans.

Le camp, dit le vieux, c’est l’école du désarroi ;

Le camp, dit le vieux, c’est une amputation de soi.

Au bout du compte, au bout de tout ce temps,

En secret, on s’y fabrique très patiemment

Une terrible cassure de la conscience

Et l’envie de bousiller toutes les instances.

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ;

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20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 09:42

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jeudi 10 novembre 2022

 
À 9 ANS
 

 

À 9 ANS

 

 

Version française — À 9 ANS — Marco Valdo M.I. — 2022

d’après la traduction italienne de Riccardo Venturi — A 9 anni — 2022

d’une chanson grecque — Ετών 9Katerina Gogou / Κατερίνα Γώγου — 2011

Paroles : Katerina Gogou
Du recueil Τρία κλικ αριστερά, 1978
Musique : Makis Seviloglou
Olia Lazaridou : Πάνω κάτω η Πατησίων » (βιβλίο με cd), Εκδόσεις Οδός Πανός, 2012.

 

 

 

L’ENFANT DORT

 

 

Athènes — 2022

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

À 9 Ans, dit Marco Valdo M.I., est une chanson adressée à une enfant, à une petite fille par sa maman. Comme toujours chez Katerina Gogou, cette poésie est quasi certainement autobiographique. Ainsi, elle écrit une chanson, un poème à sa fille pour lui dire certaines choses mystérieuses concernant son propre départ pendant que l’enfant dort ; des choses mystérieuses et inquiétantes. Un mot à son enfant endormie — sans doute, n’aurait-elle pu partir si l’enfant avait été éveillée — pour lui dire son éclipse et lui laisser quelques instructions pour la suite. Et aussi, surtout, lui dire de ne pas trop chercher à savoir le pourquoi, à voir l’étendue de la misère contre laquelle s’est heurtée sa mère.

 

En effet, dit Lucien l’âne, tout ça paraît bien mystérieux.

 

Mais je pense que ce ne sont pas là des cachotteries cependant, Lucien l’âne mon ami. Ce sont juste des choses difficiles à dire, des arrières scènes qu’on a du mal à éclairer. Toutes les chansons de Katerina Gogou que j’ai rencontrées — et dont j’ai fait une version française — étaient pleines d’un hermétisme particulier et j’ai souvent dû m’y orienter à l’aveuglette. D’ailleurs, j’ai prévenu le lecteur en annonçant une version française et pas une traduction. Et encore, une version française tirée des traductions italiennes. Cependant, ce mystère-là finit par s’éclaircir ; la version finit par faire un tout et je crois bien qu’il donne une idée de l’original. Plus difficile est ce que Katerina Gogou entend dure tout en ne le disant pas directement. Elle avance masquée, mais c’est une des habitudes de la poésie qui procède par images, métaphores, allusions, faux semblants. Cette fois, par exemple, je n’ai pu conclure si cette disparition était une fugue ou si la chanson annonçait un suicide. À la vérité, je pense qu’il s’agit de l’intention profonde de Katerina Gogou de fuir sa vie quotidienne qui était fort difficile à vivre. La chanson le fait très bien comprendre ; elle anticipe, sans doute. De toute façon, à un moment ou plus tard, la fin de Katerina Gogou, fut parfaitement tragique.

 

Oh, dit Lucien l’âne, je pense que tu en as assez dit et la chanson elle-même est là pour dire le reste. À chacun d’aller y voir. Quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde terrible, dur, insupportable, invivable et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


 

 

Si un matin, tu te réveilles

Et tu ne trouves pas à terre

Mes pilules, pull et soutien-gorge,

Si tu frappes à la porte

Sans entendre mon « Tais-toi ! » hystérique,

Surtout, ne pleure pas

Et puis, cherche-moi

Sur ma photo d’enfance où je te regarde.

Moi déjà, je n’y arrivais pas.

Même dans mes stupides écrits.

Je t’ai menti. Je t’ai toujours dit

Des gens, des couleurs, de la musique, la beauté.

Alors, compte ce que j’y ai gagné,

Ainsi tu sauras comment j’ai subsisté.

Puis compte notre loyer,

Je n’ai jamais eu assez pour le payer.

Et combien de lumière j’ai brûlé

À chercher un moyen d’y arriver.

Alors va chercher l’argent chez ton père

Pour la dernière fois, la dernière,

Pour payer mes dettes.

Ensuite, lave-toi la figure

Et ne laisse personne te dire

Ce qui est arrivé à ta mère.

Seulement, fais une chose :

Au bas de ces foutues factures

Et de ces rappels, dessine un soleil,

Un soleil comme toi seule en imagine

Et sous ce soleil,

Trace de tes lettres de petite fille :

PAYÉ ! PAYÉ !

PAYÉ ! PAYÉ !

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Published by Marco Valdo M.I.
20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 09:36

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Samedi 12 novembre 2022

 
Une résistible Ascension
 

 

Une résistible Ascension

 

 

Chanson française — Une résistible Ascension — Marco Valdo M.I.

 

 

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 


 

LA ZINOVIE
 

Épisode 80

 

 

 

 

LE SOLEIL DE ZINOVIE

 

Arkhip Kouïndji — 1875

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Oui, Lucien l’âne mon ami, sais-tu ce que c’est qu’une résistible ascension ?

 

Évidemment, dit Lucien l’âne, que je le sais et que je sais même à quelle source tu as été pêcher cette expression un peu particulière, car il s’agit certainement d’une allusion, d’une référence, d’un renvoi à la version française établie par Armand Jacob d’une pièce de Bertolt Brecht, intitulée — en allemand : « Der aufhaltsame Aufstieg des Arturo Ui » et en français « La résistible ascension d’Arturo Ui ». À ce propos, je voudrais insister sur le fait que ce titre en français est tellement évident et remarquable que toutes les versions ultérieures l’ont repris. Ça vaut la peine de le noter et c’est donc Armand Jacob qui a inventé ce splendide oxymore : « résistible ascension », qui à l’évidence indique l’envers d’une « irrésistible ascension » et l’effondrement final qui la ponctue. Toutefois, le mot « résistible » est ancien en langue française ; Bossuet l’utilisait déjà au temps de Louis XIV.

 

C’est tout à fait ça, répond Marco Valdo M.I., et d’ailleurs, le texte de la chanson l’expose clairement :

 

« Solide, le Guide mène seul la patrie

Oui, en une résistible ascension,

Tout au fond d’un précipice profond. »,

 

ainsi le Guide, suivi de sa camarilla, court tout droit à la ruine, à l’échec, au désastre, à la déconfiture. Au fait, tant que j’y pense, il faut avertir ici que toute ressemblance des personnages et des situations dans ces chansons de Zinovie avec des personnages ou des situations existantes serait purement fortuite.

 

C’est certain, dit Lucien l’âne, et qui donc aurait jamais imaginé que l’imaginaire Zinovie serait le miroir d’une histoire et d’un pays contemporains ? Et encore moins, penser à certain Guide et à certaine guerre en cours.

 

Cela étant, reprend Marco Valdo M.I., rien n’empêche de voir dans cette histoire de Zinovie certaines coïncidences avec l’actualité du monde. On peut toujours établir de tels parallèles, ça aide à comprendre. C’est le sens général de ce voyage en Zinovie que de comprendre et présager — s’il y a lieu — ce qui se passe sous nos yeux.

 

Oui, excellent, dit Lucien l’âne ; c’est aussi là une des surprises que réserve l’imprévisible destin qu’on distingue toujours a posteriori dans la société des hommes. Quant aux détails de la chanson, il est simple de les lire et c’est ce que je vais faire. Pour le reste, tissons le linceul de ce vieux monde en voie d’ascension résistible, d’ébullition, d’ignition, d’ultérieure glaciation et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le vieux savant est maintenant

Un retraité encore vaillant.

Au temps du Grand Guide,

Il inventait des avions ;

Ses énormes machines splendides

Faisaient la gloire de notre aviation.

Avec leurs pilotes ainsi sacrifiés,

On les envoya à la guerre.

Peu revinrent entières à terre.

À présent, le vieux savant retraité

Fait chaque jour un petit trot à l’air

Pour conserver sa chancelante santé.

 

La Zinovie est une grande nation,

Une saine société tout entière bâtie

Sur la vision issue d’une illusion.

Solide, le Guide mène seul la patrie

Oui, en une résistible ascension,

Tout au fond d’un précipice profond.

C’est, dit-il, un élan vers le rebond.

Postulat : tout le monde est content

Approuve et soutient son action.

Les seuls mécontents sont forcément

Des fous. Ceux-là dénigrent tout ;

Donc, on va les mettre au trou.

 

En Zinovie règne l’égalité

Dans la plus parfaite légalité.

Tous les pauvres sont égaux

En richesse.

Tous les malheureux ont l’égo

En détresse.

Pour tous, le soleil se lève.

Tous les soldats reçoivent

Tout ce qu’il leur faut

Porter chacun sur le dos.

Ils iront où ont leur dira.

En Zinovie, ça ne plaisante pas.

 

Rester, c’est servir

Et partir, c’est trahir.

Les gens s’en vont d’ici.

Si on se disperse comme ça,

Au train où ça va,

Qui restera encore au pays ?

Pour les gens, fuir est un désir.

On ne peut les laisser partir.

Pour l’État, chaque homme

Est un bien précieux, en somme.

Un homme, c’est une tête, des bras ;

C’est potentiellement un soldat.

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ; 079 : Bruit de Fond ;

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Published by Marco Valdo M.I.
20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 09:32

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lundi 14 novembre 2022

 
La Zone interdite
 

 

La Zone interdite

 

 

Chanson française — La Zone interdite Marco Valdo M.I.

 

 

A ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

Épisode 81

 

 

 

 

 

 

 

 

ZONE INTERDITE

 

 

 

Michael Nesterov — 1917

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Encore et encore, ces voix qui, Lucien l’âne mon ami, racontent la vie en Zinovie. Les unes parlent du passé, les autres du présent ; elles racontent mille choses étonnantes et inquiétantes. Ainsi, ici, on entend la confession d’un champion qui nous informe d’une certaine méthode utilisée pour assurer la victoire et la renommée sportive internationale de la Zinovie. Ensuite…

 

Halte, dit Lucien l’âne, j’aimerais être sûr de comprendre. C’est bien l’histoire d’un coureur, d’un athlète zinovien de premier rang à qui on fait obtenir la médaille d’or en éliminant son concurrent plus doué par des méthodes aussi discrètes qu’efficaces. Mais la victoire à ce prix n’est plus une victoire, c’est une escroquerie.

 

Pas vraiment, tant qu’on ne le sait pas ou qu’on ne peut pas le démontrer, dit Marco Valdo M.I., puisque le champion zinovien a bien gagné la course. Certes son adversaire absent aurait sans doute gagné, mais — grâce aux services des services qui l’ont rendu incapable — peut-être même, l’ont-ils empoisonné, que sais-je — il n’a pu concourir. Ce sont des méthodes zinoviennes usitées dans tous les domaines, car ce sportif évincé n’est qu’un exemple, comme le précise la chanson. En somme du point de vue du Guide, pour la Zinovie, la fin justifie les moyens, même su l’inverse ne fonctionne pas.

 

Et ensuite ?, dit Lucien l’âne.

 

Ensuite, reprend Marco Valdo M.I., on découvre une zone interdite. Là aussi, il y a du mystère et du danger. En Zinovie, il ne fait pas bon de s’écarter des chemins. On y risque les pires ennuis, si ce n’est carrément la mort.

 

« Des jeunes s’y étaient aventurés,

On a entendu les chiens aboyer.

Ensuite, aux parents, les autorités

Ont fait savoir qu’ils s’étaient noyés. »

 

Évidemment, dit Lucien l’âne, ils étaient allés dans la zone interdite.

 

Oh, dit Marco Valdo M.I., en ville, dans la vie courante, le danger guette aussi sous la forme de la dénonciation, de la diffamation qui mène à la mise au ban, dans l’éloignement dans un camp.

 

Quelle ambiance effarante, dit Lucien l’âne. Personnellement, je n’aimerais pas vraiment vivre dans un tel bourbier. Et je me demande comment faire là-bas pour vivre quand même une vie.

 

Eh bien, dit Marco Valdo M.I., il y a la solution radicale qui consiste à quitter la Zinovie, mais tout le monde ne peut pas le faire et chacun essaye autant que faire se peut de l’éviter. Reste donc, à trouver une solution intérieure pour échapper à ces tracas, c’est ce que la dernière voix propose.

 

« Il faut se taire, se tenir à l’écart,

Ainsi enfin, vivre peinard. »

 

Oui, dit Lucien l’âne, ce doit être possible, mais pas facile à faire. Crois-moi, nous avons mille fois raison de tisser le linceul de ce vieux monde tordu, boiteux, bancal, bancroche, mal foutu et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Prenons l’histoire de ce coureur de fond,

Ce marathonien est un exemple ;

Fière, toute la Zinovie le contemple.

Champion de Zinovie, il vise le monde.

Il doit garder son titre de champion,

Il tente d’établir un nouveau record,

Il veut conquérir plus de gloire encore,

Avoir de l’argent, la plus haute décoration.

Si vient un nouveau concurrent étranger,

Plus fort, plus doué, plus baraqué.

Pour sauver la Zinovie, il faut l’éliminer.

Grâce aux services, ce sera réglé.

 

Pas loin d’ici, il y a là-bas,

Dans la plus jolie des régions zinovites,

Au milieu des collines, des lacs et des bois,

Une gigantesque zone interdite.

Il ne faut pas aller s’y promener.

À mots couverts, on parle d’un chantier ;

Tout alentour courent des gardes,

Des molosses, des chiens de garde.

Des jeunes s’y étaient aventurés,

On a entendu les chiens aboyer.
Ensuite, aux parents, les autorités

Ont fait savoir qu’ils s’étaient noyés.

 

En Zinovie, au moins un citoyen

Sur dix pratique la dénonciation.

Tous les prétextes sont bons

Et aussi, tous les moyens :

Le téléphone, la lettre, la critique,

La calomnie, la rumeur, l’allusion ;

On dénonce à la police, aux administrations,

Aux chefs locaux, aux autorités politiques,

Ou à tout ce monde à la fois.

Par envie, par jalousie, pourquoi ?

En Zinovie, il y en a tellement

Des jaloux, des ambitieux, des malveillants.

 

Comment vivre chez nous, en Zinovie ?

D’abord, respecter les règles tacites de vie.

Vivre et laisser vivre les autres tranquillement.

Faire tout sans bruit, agir tout doucement.

Chez nous, mieux vaut rester muet

Sur ce qu’on pense, sur ce qu’on fait.

Faire masqué chaque pas,

Se contenter de ce qu’on a,

Un boulot, un peu d’argent ;

Il ne faut pas gêner les gens.

Il faut se taire, se tenir à l’écart,

Ainsi enfin, vivre peinard.

 

 

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ; 079 : Bruit de Fond ; 080 : Une résistible Ascension ;

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