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1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 18:31
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samedi 24 décembre 2022
GÉRONIMO
https://chansonsdumonde.blogspot.com/2022/12/geronimo.html
 
 
 
 
GÉRONIMO

 

Version française — GÉRONIMO — Marco Valdo M.I. — 2022

Chanson italienne — GeronimoU.N.O. [Unidentified Noisy Object]2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GÉRONIMO

 

 

 

Andy Warhol — 1986

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Lucien l’âne mon ami, connais-tu le pays où les Indiens vécurent ? Te souvient-il de Géronimo, ainsi dénommé du nom de Saint Jérôme par les militaires hispanisants du Mexique ? Je l’espère en tout cas, même si je n’imagine pas un instant (quoique…) que tu l’aies véhiculé sur ton dos dans les montagnes attiques. Comment aurait-il traversé l’Atlantique ?

 

Oui, Marco Valdo M.I. mon ami, je connais Géronimo, même s’il vivait dans la lointaine Amérique. Enfin, je le connais de réputation ; je ne l’ai jamais personnellement rencontré. Alors, ce que j’en sais, je le sais par des échos qui ont rebondi sur l’océan.

 

Je pense aussi, Lucien l’âne mon ami, que tu n’ignores rien de la fête d’Halloween qui est la fête des morts, celle des enfants (petits et grands) masqués et celle des bonbons ; elle nous est revenue, elle aussi, en surfant sur les vagues océaniques.

 

Évidemment, Marco Valdo M.I. mon ami, comme moi, je circule sur mes quatre pieds, je rencontre les gens et lors de ces soirs d’Halloween, il m’arrive de croiser ces masques qui s’efforcent de faire peur. À la vérité, ce n’est rien d’autre que beaucoup de bruit pour rien.

 

Fort bien, reprend Marco Valdo M.I., et maintenant, écoute bien ce que je vais te raconter, car cela te permettra de comprendre la chanson et ses mystères. Donc, on raconte là-bas en Amérique que Géronimo fut enterré au cimetière du camp militaire étazunien de Fort Still en Oklahoma. C’était au début du siècle dernier en 1909. Quelques années plus tard, une société secrète — c’est une manie des universitaires de là-bas, en l’occurrence, les Skull & Bones (Les Crânes et les Os) de l’Université de Yale, ont profané sa tombe et volé ses os et son crâne et servent d’emblème à leur confrérie. Parmi ces joyeux lurons de l’époque, il se trouvait un certain Prescott Bush, père et grand-père des Bush père et fils qui furent de successifs présidents des États-Unis. C’est ce que raconte la deuxième strophe :

 

« C’est la tête du président américain,

C’est la nuit d’Halloween

Petit-fils de Prescott qui profana le tombeau

Dans la nuit d’Halloween

Et qui vola le crâne du grand Géronimo. »

 

Dans la chanson, c’est Géronimo en personne, du moins son fantôme, qui furieux d’être ainsi manipulé, ça, c’est la strophe 3 :

 

« L’homme blanc nous humilie en utilisant ma tête.

Comme marchepied dans sa macabre fête.

Sa puissante armée qui fait trembler la Terre

N’arrêtera pas de Geronimo la colère. »

 

s’en vient reprendre ses os et son crâne et se venger ainsi de l’humiliation subie :

 

« Ce n’est pas un homme, c’est un esprit qui crâne

Un esprit revenu parmi les vivants reprendre son crâne. »

 

 

Oh, dit Lucien l’âne, comme on sait, la vengeance est un plat qui se mange froid et les nuits de novembre peuvent être très froides. Pour ce qui me concerne, revenons à notre métier et tissons le linceul de ce vieux monde farceur, tricheur, superstitieux, présidentiel et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

C’est la nuit d’Halloween ;

Qui est cet homme déguisé en Indien ?

C’est la nuit d’Halloween ;

À qui appartient la tête qu’il tient dans sa main ?

C’est la nuit d’Halloween ;

Ce n’est pas un homme, c’est un esprit qui crâne

Dans la nuit d’Halloween,

Un esprit revenu parmi les vivants reprendre son crâne.

 

C’est la nuit d’Halloween ;

Geronimo a un scalp qui pend à sa main.

C’est la nuit d’Halloween ;

C’est la tête du président américain,

C’est la nuit d’Halloween ;

Petit-fils de Prescott qui profana le tombeau

Dans la nuit d’Halloween

Et qui vola le crâne du grand Géronimo.

 

Silencieux est le pas du puma :

À son passage, le lièvre ne se réveille pas.

C’est le vent sur son cou qui souffle,

C’est le tonnerre qui frappe.
 

C’est la nuit d’Halloween ;

L’homme blanc nous humilie en utilisant ma tête.

C’est la nuit d’Halloween ;

Comme marchepied dans sa macabre fête.

C’est la nuit d’Halloween ;

Sa puissante armée qui fait trembler la Terre

Dans la nuit d’Halloween

N’arrêtera pas de Geronimo la colère.


Silencieux est le pas du puma :

À son passage, le lièvre ne se réveille pas.

C’est le vent sur son cou qui souffle,

C’est le tonnerre qui frappe.

 

« Par les rochers au pas du puma,

Je trace ma voie,

Même le lièvre ne se réveille pas

Au silence de mon pas.

Mais quand je frapperai,

Avec la force du tonnerre, je frapperai ;

Comme la foudre à l’aube, je frapperai ! »

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Published by Marco Valdo M.I.
1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 18:27

Publié sur blogspot

Samedi 24 décembre 2022

https://chansonsdumonde.blogspot.com/2022/12/le-pays-gris.html
Le Pays gris
 

 

 

Le Pays gris

 

 

Chanson française — Le Pays gris Marco Valdo M.I. — 2022

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

Épisode 89

 

 

 

 

 

 

 

 

BOIRE

 

 

 

Marevna - 1962

 

 

 

 

 

Tout le monde boit en Zinovie.

 

Chacun boit selon sa capacité,

 

Chacun boit selon son rang.

 

Boire est le signe du talent.

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

 

Le pays gris, dit Lucien l’âne, en voilà un nom. Moi, je connais bien le Pays noir qui est le Pays de Charleroi, du moins, dans nos régions. J’imagine d’ailleurs qu’il doit y avoir d’autres régions usinières et minières, charbonneuses à souhait que leurs habitants dénomment pays noir. Mais le pays gris, je ne connais pas, je n’en ai même jamais entendu parler. Où est-il ? Quel est-il ?

 

Eh bien, répond Marco Valdo M.I., le pays gris – du moins, celui-ci – c’est la Zinovie et si l’on en croit la chanson, ce n’est certainement pas le pays du sourire.

 

Et pourquoi, demande Lucien l’âne, cette appellation de pays gris ? Que signifie-t-elle ?

 

Ça, Lucien l’âne mon ami, la chanson ne l’explique pas très bien, à première vue, du moins. Mais il suffit juste d’y réfléchir un peu. Elle ne dit jamais vraiment, jamais directement – ce qui est une habitude du pays gris, précisément — et il faut se raccrocher au triple sens du mot gris, qui est généralement considéré comme une couleur terne et métaphoriquement, comprendre ainsi que le pays gris est le pays du terne, du morne, un pays moralement brouillardeux, bourru où forcément la vie en pâtit et semble se dérouler dans un paysage d’ennui éternel où les couleurs sont comme anesthésiées, phagocytées ; littéralement, un pays d’ennui mortel.

 

Ah, dit Lucien l’âne, voilà qui est enthousiasmant ; j’aime autant ne pas être contraint d’y rester ; et moins encore, d’un vivre.

 

Oh, dit Marco Valdo M.I., nous, on ne fait que passer, juste pour savoir ce qui s’y passe. Maintenant, je résume la chanson :

 

— La première strophe définit le gris de Zinovie. Comme on le voit, c’est un gris très particulier que ce gris zinovien :

 

« C’est le gris du pays,

Pas n’importe quel gris,

C’est une couleur morose,

Un gris gris, pas le gris des roses… »

 

— La deuxième strophe est plus mystérieuse encore en ce qu’elle évoque des crocodiles pour opposer au crocodile intelligent des livres illustrés et des films pour enfants au vrai crocodile zinovien :

 

« Donc, il y a ce bon crocodile,

Et puis, il y a le crocodile de Zinovie,

Brute grise sans égards pour la vie. »

 

— La troisième strophe, qui voit se dévoiler la voix du Veilleur de nuit en une sorte de lamentation sur l’ennui de sa solitude et son besoin d’Elle avec qui il entretient une relation à éclipses.

 

« J’ai des amis, des parents

Je les vois de temps en temps.

Mais Elle ? J’ai besoin d’elle,

Comme un oiseau de ses ailes. »

 

— Et la quatrième strophe est la description de l’effet sur la vie de ce gris de tout le pays ou presque et également, l’usage qu’en fait le pouvoir :

 

« Chez nous, pays par l’ennui rongé,

On cultive soigneusement le désespoir.

Que faire d’autre que boire ?

Boire coûte moins cher que manger. 

À chacun selon sa capacité,

C’est le credo du gouvernement.

Mais chacun boit selon son rang.

En Zinovie, c’est l’ultime réalité. »

 

C’est ici qu’apparaît un autre sens de « pays gris », car être gris, c’est être pris de boisson, ce qui semble bien être le cas de la Zinovie.

 

Enfin, dit Lucien l’âne, s’agissant du gris lui-même, il a encore d’autres sens : ce peut être un extra-terrestre (petit-gris), un escargot (petit-gris, gros-gris et gris), un écureuil (petit-gris), du tabac (gris ou gros-gris), un vin (gris), un cheval (gris), un oiseau (perroquet gris du Gabon) et peut-être encore autre chose que je ne connais pas. Mais arrêtons ici et reprenons la tâche qui nous tient à cœur et tissons le linceul de ce vieux monde gris, grisâtre, grisaille, grisouillard, grisé, grimé, grigou, grippé et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

En Zinovie, la couleur grise

Est la teinte de mise.

C’est le gris du pays,

Pas n’importe quel gris,

C’est une couleur morose,

Un gris gris, pas le gris des roses,

Pas le gris mordoré des marbres,

Il donne le tournis aux arbres.

Le gris d’ici est trop gris.

En Zinovie, le gris n’est pas épris

Des couleurs du jour,

Du printemps et de l’amour,

 

Gris vers un peu mélancolique,

À la peau d’un gris vert exotique,

Il dit bonjour aux gens,

C’est le crocodile intelligent

Des livres illustrés

Et des dessins animés.

Donc, il y a ce bon crocodile,

Ce crocodile vit sur une île,

Là-bas, au chaud, tout au loin,

Avec le soleil pour témoin.

Et puis, il y a le crocodile de Zinovie,

Brute grise sans égards pour la vie.

 

De quoi a-t-on besoin ?

D’attention, de sincérité,

De sentiment, de fidélité ?

De quelqu’un qui prenne soin.

J’ai des amis, des parents

Je les vois de temps en temps.

Mais Elle ? J’ai besoin d’elle,

Comme un oiseau de ses ailes.

Minuit était déjà parti.

Elle téléphone enfin.

Elle était chez des amis.

Maintenant, j’attends le matin.

 

Chez nous, pays par l’ennui rongé,

On cultive soigneusement le désespoir.

Que faire d’autre que boire ?

Boire coûte moins cher que manger.

Pour les intellectuels, les artistes, les génies,

Boire est le signe du talent.

Le Guide, les responsables, les opposants,

Tout le monde boit en Zinovie.

À chacun selon sa capacité,

C’est le credo du gouvernement.

Mais chacun boit selon son rang.

En Zinovie, c’est l’ultime réalité.

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ; 079 : Bruit de Fond ; 080 : Une résistible Ascension ; 081 : La Zone interdite ; 082 : Les Pommes ; 083 : La Normalité ; 084 : L’Autorisation ; 085 : L’Exclusion ; 086. Quelle Affaire ?; 087 : Le Vase vide ; 088. Introspection

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Published by Marco Valdo M.I.
1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 18:25

Sur blogspot : mardi 27 décembre 2022

https://chansonsdumonde.blogspot.com/2022/12/maman-ne-regarde-pas-la-tele.html
MAMAN, NE REGARDE PAS LA TÉLÉ !
 

 

MAMAN, NE REGARDE PAS LA TÉLÉ !

 

 

Version française — MAMAN, NE REGARDE PAS LA TÉLÉ ! — Marco Valdo M.I. — 2022

Chanson russe — Мама, не смотри телевизорPussy Riot / Пусси Райот — 2022

 

 

 

 

 

 

QUAND FINIRA LA GUERRE, MAREVNA ?

 

(Diego Rivera, Marevna, Ilya Erhenbourg)

 

Dessin Marevna — 1916

Dans la nouvelle vidéo des Pussy Riot, un an de guerre en Ukraine : « Poutine criminel » et une fin irrévérencieuse.


 

Tiré de Nel nuovo video delle Pussy Riot un anno di guerra in Ucraina : 'Putin criminale'. Il finale irriverente (La Repubblica — 24 décembre 2022)

 

 

Le groupe punk russe Pussy Riot a publié une nouvelle chanson contre la guerre en Ukraine, décrivant le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, comme « un monstre cannibale », « un criminel de guerre » et demandant qu’il soit jugé pour les horreurs commises. Elle s’intitule « Maman ne regarde pas la télé ! ». Elle fait référence aux paroles d’un conscrit russe qui, capturé par les Ukrainiens, a exhorté sa mère à ne pas croire la propagande de la télévision moscovite. « Maman, il n’y a pas de nazis ici. Ne regarde pas la télé !", a dit le garçon. La vidéo s’ouvre sur le bruit des sirènes avant un bombardement. Maria Alyokhina, Olga Borisova, Diana Burkot et Taso Pletner descendent dans ce qui semble être un bunker souterrain où elles commencent leur concert. Au cours du clip vidéo, défilent certaines des images les plus emblématiques des horreurs commises par Poutine et les militaires russes en près d’un an de guerre, depuis qu’ils ont envahi le territoire ukrainien le 24 février 2022. Le bombardement du théâtre de Mariupol, de l’hôpital pour enfants, les assassinats sommaires. La vidéo se termine de manière délibérément irrévérencieuse — comme toutes les performances du groupe d’activistes — en faisant pipi sur une photo géante de Poutine.

 

Le gouvernement de Poutine est un « régime terroriste », déclare le groupe dans un communiqué. « C’est la musique de notre rage, de notre indignation, de notre désaccord, un cri de reproche désespéré contre les fantoches sanguinaires de Poutine, dirigées par un monstre cannibale dont la place est dans les flammes éternelles de l’enfer alimentées par les os des victimes de cette terrible guerre. » « La propagande russe empoisonne le cœur des gens avec la haine », déclare le collectif punk. Les Pussy Riot étaient devenues mondialement célèbres avec une performance anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou en mars 2012.


 

 

 

Marioupol et les hululements,

Sous le ciel bleu du dôme,

Un trône sacré ne reste jamais vide

Et son pouvoir est convoité de longtemps.

Le Président Effaceur gomme tout sur son passage.

Le sigle “Z” est une croix gammée

Et les chars pour la fête armée,

Un classique russe, un vieil usage.

De rubans, les vieux sont décorés.

Nous devenons des « agents étrangers »

 

Pour la mère patrie, en contrebande le Cargo 200 part ;

Ils ne vous montrent pas ça aux nouvelles du soir.

« Finie l’école — prenez un fusil ! »,

15 ans de prison pour une affiche anti-guerre.

« Navire de guerre russe va te faire foutre ! »

Les tanks dans les marais engloutis,

L’avenir radieux — au trou.

Le culte de la victoire comme base de tout

Pour les députés, les cendres des morts mêlées de coke en fixe

Routine sadique, mélange Loubianka.

Et pour ceux qui ne se taisent pas :

Laboratoire X.

 

Maman, je suis prisonnier.

Ne crois pas la télé !

Maman, il n’y a pas de nazis ici.

Mère, pourquoi cette guerre-ci

Est appelée une « opération spéciale » ?

Spéciale ?

Ce n’est pas normal.

 

Poutine apprécie votre indifférence.

Depuis 10 ans, l’Occident a fourni

Des armes à la Fédération de Russie :

Meurtres, peines, sanctions, indigence.

Opinion indépendante ? Dissidence ?

D’où venait l’attaque contre la Biélorussie ?

Ta mort est sans importance, ta famille aura une récompense.

Pour les autres, la guerre est la guerre ; pour nous, c’est une mère.

« C’est tout, maman t’aime ! Adieu, la mère. »

Ongles rouges, mains dans la terre.

 

BOUTCHA


Chère sœur, nous sommes ici sans croix.

Le printemps monstrueux est venu comme ça.

La constitution fut modifiée inutilement,

Le temps est venu de se révolter.

Moscou a brûlé

La paix dans le sang

Qu’on ne peut laver.

Pour le couvrir, il n’y a

Que de la terre, mais ils ont pris la Crimée.

Pardonnez-nous de tout ça.

Ces erreurs ne peuvent être pardonnées.

 

Maman, je suis prisonnier.

Ne crois pas la télé !

Maman, il n’y a pas de nazis ici.

Mama, pourquoi cette guerre-ci

Est appelée une « opération spéciale" ?

Spéciale ?

Ce n’est pas normal.

 

Ukraine,

Je t’aime !

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Published by Marco Valdo M.I.
1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 18:17

Sur Blog spot : 27 décembre 2022

https://chansonsdumonde.blogspot.com/2022/12/ballade-du-conseiller-national-hugo.html

 

BALLADE DU CONSEILLER NATIONAL

HUGO SANDERS

 

Version française — BALLADE DU CONSEILLER NATIONAL HUGO SANDERS — Marco valdo M.I. — 2022

d’après la traduction italienne — Ballata del Consigliere Nazionale Hugo Sanders — Riccardo Venturi — 2022

d’une chanson suisse en bernois (Bärnüüdsch) — Ballade vom Nationalrat Hugo SandersMani Matter — 1972

 

Paroles et musique : Mani Matter
Album : I han a Zündhölzli azündt [1972]

 

 


 

 

L’ORATEUR

 

Honoré Daumier — 1850

 

Nous ne saurons jamais ce que, il y a une cinquantaine d’années, le candidat au parlement fédéral Hugo Sanders — créé par Mani Matter laissant ses auditeurs libres de décider si toute référence à des personnes existantes était ou non purement fortuite — a voulu dire dans son discours révolutionnaire pour lequel il a été élu Nationalrat (« Conseiller national », une position correspondant plus ou moins à celle de sénateur dans d’autres pays) avec beaucoup de comités et de slogans. Aurait-il voulu abolir le fameux secret bancaire suisse ? Aurait-il voulu donner des droits civils et politiques aux travailleurs immigrés ? Aurait-il voulu libérer enfin les vaches suisses de leur joug séculaire  (Chue am Waldrand – LA VACHE AU BOIS)? Ou punir le chaticide par la peine capitale  (Dr Ferdinand isch gstrob -FERDINAND EST MORT) ? Révéler tous les secrets de la fondue moitié-moitié ?

 

Démolir, bien avant la chute du mur de Berlin, le Röstigraben  ( En Suisse, ce qu’on appelle en Belgique la frontière linguistique) ? Mettre fin à la neutralité de la Suisse et déclarer la guerre ? Le fait est que, dès son élection, le conseiller national Hugo Sanders a vite compris que ce n’était pas comme ça que ça marchait au Parlement et que son « grand discours » qui aurait tout changé ne lui aurait apporté que des ennuis. Il revoit donc, corrige et intègre le discours pour le rendre “acceptable” — c’est-à-dire totalement anodin et inoffensif —, continue à dire qu’un jour « tout changera » et, entre-temps, termine la législature sous les moqueries de ceux qui, comme d’habitude, ne veulent rien changer. Traduction : c’est ainsi que fonctionne la démocratie parlementaire, en Suisse et ailleurs. La chanson fait partie de l’album I han a Zündhölzli azündt, qui est sorti en 1972 ; mais, comme d’habitude, on ne sait pas exactement en quelle année elle a été composée. En d’autres termes, on ne sait pas s’il est antérieur, contemporain ou postérieur au fameux Dynamite dans lequel Mani Matter a d’abord sauvé le Parlement fédéral du dynamiteur anarchiste, mais a immédiatement commencé à avoir des doutes par la suite. On ne sait pas si, le cas échéant, le conseiller national Hugo Sanders, dont le grand discours révolutionnaire se perdait dans les entraves de l’immobilité, serait également dynamité. En tout cas, rien ne me fait douter que les deux chansons ne sont pas étroitement liées. Terriblement connecté. [RV]

 


 



 

Quand Hugo Sanders avant les élections

Faisait ses grands discours, tout le monde croyait,

S’il était élu, que tout changerait.

Des gens ont créé une organisation

« Votez pour Sanders » , avec le slogan :

 

« Tout va changer en Suisse, finalement ! »

 


Élu, d’abord il voulut, ça se comprend,

Voir comment les choses vont au Parlement ;

Et donc, pour ne rien dire d’irréfléchi,

Peut-être valait-il mieux ne rien dire du tout.

Et ainsi, Sanders dit :

« En Suisse, vous verrez, on va changer tout ! »


 

Il se mit au travail avec un air sévère

Et un grand zèle en attendant l’opportunité

De faire ce discours qu’il avait déjà préparé

Et que personne n’avait jamais osé faire.

Opiniâtre et déterminé, Sanders dit,

« Vous verrez, tout va changer, promis ! »


 

Mais jamais il n’en eut l’opportunité ;

Le temps passa, il se mit à penser

Que son message sacro-saint

Allait peut-être un peu trop loin.

Ce n’était pas si simple et Sanders dit,

« Je vais dire autrement ce que j’ai dit ! »


 

Il a dû reconnaître que certains faits

Et certains détails n’étaient pas parfaits,

« Il faut, pensa-t-il, que le Parlement

Accepte le changement ! »

Se heurtant à un mur, Sanders dit :

« C’est inutile ! Rien ne changera ici ! »


 

Et il continua ses ajouts, ses corrections,

Ses révisions encore et encore.

Jusqu’à ce que la législature expire

Sans son discours à la nation.

Les gens se moquaient de Sanders en disant,

« À quoi s’attendait-il vraiment ? »


Justement, ceux qui n’avaient jamais

Rien fait pour le changement, étaient

Ceux qui se moquaient le plus de lui.

Alors Sanders dit :

« Rien ne changera jamais, dormez tout votre soûl ! »

Alors Sanders dit :

« Rien ne changera jamais, dormez tout votre soûl ! »

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Published by Marco Valdo M.I.
30 décembre 2023 6 30 /12 /décembre /2023 17:05

LES ENFANTS JOUERONT-ILS ENCORE ?

 

 

Version française – LES ENFANTS JOUERONT-ILS ENCORE ? – Marco Valdo M.I. – 2023

d’après la version italienne DOVE GIOCHERANNO I BAMBINI? de Lorenzo Masetti - 2023
d’une c
hanson anglaise – Where Do The Children Play? - Cat Stevens / Yusuf Islam – 1970

 

De l’album "Tea for the Tillerman" 1970.
 

 

 

L’ENFANT JOUE

 

Thomas Eakins - 1876



 

Je pense que c'est un divin talent

De construire des avions géants,

Ou de s’en aller un jour

Sur un train cosmique

Allumer d’une allumette électronique

L’été et son grand four.

Si vous voulez, dites ce que vous voulez,

Car maintenant, on peut tout avaler.

 

Nous avons fait de longs détours,

Et nous changeons de jour en jour,

Mais les enfants joueront-ils encore toujours ?

 

Vous déroulez vos routes

Sur l'herbe fraîche et verte

Pour vos camions géants

Qui se gavent de carburant,

Et vous les allongez,

Et vous les renforcez.

Et ils avancent encore et encore,

Et vous ne pouvez pas en descendre.

 

Je sais, je sais, nous avons fait de longs détours,

Et nous changeons de jour en jour,

Mais les enfants joueront-ils encore toujours ?

 

Soit, vous avez fendu le ciel,

L’air s’emplit de gratte-ciel.

Allez-vous continuer à construire plus haut

Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place là-haut ?

Allez-vous nous faire rire ?

Nous faire pleurer ?

Et vous nous direz

Quand vivre, quand mourir ?


Je sais, je sais, nous avons fait de longs détours,

Et nous changeons de jour en jour,

Mais les enfants joueront-ils encore toujours ?

L’ENFANT JOUE  - Thomas Eakins - 1876

L’ENFANT JOUE - Thomas Eakins - 1876

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Published by Marco Valdo M.I.
28 décembre 2023 4 28 /12 /décembre /2023 18:32

 

 

 

Les Obus

 


Chanson française – Les Obus – Marco Valdo M.I. – 2023

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

Épisode 181

 


 

 

LE GUIDE SEUL – 2023

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Cette fois-ci, Lucien l’âne mon ami, il est question d’obus et pas de petits, pas des obus de pacotille, des pétards de carnaval, mais des vrais, des durs, des très mortels. Voici d’ailleurs ce qu’en dit le soldat :

 

« On fait pleuvoir drûment là-bas

Par tous les engins possibles

De gros obus bien gras

Et rendre la vie impossible. »

 

Bref, la guerre continue à massacrer. Obus, missiles, avions, navires et sous-marins, tout fait farine au moulin de la mort, tout est utilisé, usé, surexploité pour détruire la vie et ultérieurement, la possibilité même de la vie dans de vastes territoires du pays voisin. Il y a là une forme pernicieuse d’éradication du lieu propice à la vie, une forme d’hypergénocide prémédité.

 

J’en ai la nette impression, dit Lucien l’âne. Pire, j’en ai la conviction. C’est l’assassinat d’un pays – terre et homme – volontairement perpétré, systématiquement planifié et dûment orchestré par le Guide et son aréopage, composé de frénétiques cacopatrides.

 

Holà, Lucien l’âne mon ami, voilà des appellations qui vont forcer nos lecteurs à quelque recherche du côté de l’antique Athènes. Cela dit, j’aime beaucoup cette façon de qualifier cette bande de gouapes du Guide. Maintenant, pour le reste de la canzone, le soldat n’hésite pas à désigner le responsable de tous les malheurs de la Zinovie contemporaine :

 

« À qui, à qui, attribuer les torts ?

Pour sûr, dit le soldat, au Guide fou. »

 

Ça me paraît, dit Lucien l’âne, un diagnostic exact. Qu’en est-il du reste ?

 

Après le soldat, continue Marco Valdo M.I., vient le trouvère qui nous entretient de la campagne électorale du Guide et de la technique que ce dernier emploie pour la gagner à coup sûr :

 

« Il envoie quiconque le critique

Au-delà du Cercle arctique. »

 

C’est, en effet, constate Lucien l’âne, une méthode qui permet de geler la situation à son avantage.

 

Ensuite, reprend Marco Valdo M.I., on voit revenir le veilleur de nuit. Il n’a guère le temps de s’appesantir sur la guerre et dès lors, il n’y va pas par quatre chemins et en regard de la soi-disant « opération militaire », il laisse paraître son scepticisme :

 

« En vérité, les gars, je n’ai que faire

De cette histoire d’opération militaire.

À moi, on ne me la fait pas :

Un chat est un chat,

Un militaire est un militaire,

Et la guerre, c’est la guerre. »

 

Ah, dit Lucien l’âne, le Veilleur de Nuit. Je suppose que c’est le même qui disait dans sa chanson :

 

« Les voies mystérieuses de l’histoire

Sont longues, lentes et noires.

La Zinovie s’enfoncera

Encore plus à fond dans l’ordure. »

 

Le même, évidemment, répond Marco Valdo M.I., et après lui vient, il faut s’y attendre, la Grand-Mère qui n’en démord pas de conter la misère des Filles de Perse :

 

« N’oubliez pas, dit Grand-Mère,

Les Filles de Perse dans leur désert,

Certaines déjà lapidées,

D’autres pendues, d’autres violées. »

 

Mais elle rappelle aussi qu’il est un pays plus heureux, un pays où malgré le Grand Eunuque Taxis – incarnation de tous les religieux austères, il est loisible aux filles d’aller promener en tenue d’Ève avec un mouchoir noué aux quatre coins sur la tête – c’est leur voile léger, léger et joliment disposé laissant voir les cheveux et tout le reste. Ce pays, c’est le royaume du Roi Pausole.

 

« Chez le bon roi Pausole, quelle balade !

Sur la tête, à l’heure de la promenade,

Les filles nues posent un mouchoir. »

 

L’auteur à l’imagination duquel on doit cette merveilleuse utopie – Les aventures du Roi Pausole – était né à Gand. Qu’on se rassure, on ne pourra pas lui dédier une fatwa et lancer à ses trousses de fanatiques tueurs : Pierre Louÿs est déjà mort ; c’était en 1925.

 

Oh, dit Lucien l’âne, j’irais volontiers y faire un tour dans ce royaume enchanté. En attendant, tissons le linceul de ce vieux monde pénible, rugueux, infiniment bête et cacochyme.

 

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Ah, dit le soldat, la guerre continue

Gaillarde, elle va bon train

Et les avions virevoltent au loin

Comme des mouches saugrenues.

On fait pleuvoir drûment là-bas

Par tous les engins possibles

De gros obus bien gras

Et rendre la vie impossible.

Devant, tout n’est que trous,

Boues, ruines, cadavres et mort.

À qui, à qui, attribuer les torts ?

Pour sûr, dit le soldat, au Guide fou.

 

Dernière nouvelle, dit le trouvère.

Avant même un vote vide,

Seul face à lui-même, le Guide

Mène une campagne exemplaire.

Avant même le premier débat,

Comme dans ses précédents combats,

Il envoie sur le champ au vestiaire

Sa seule crédible adversaire.

L’opposition, dit-il, c’est bon

Pour meubler les prisons.

Il envoie quiconque le critique

Au-delà du Cercle arctique.

 

Le veilleur de nuit accourt essoufflé.

Il dit : Salut, je ne fais que passer.

En vérité, les gars, je n’ai que faire

De cette histoire d’opération militaire.

À moi, on ne me la fait pas :

Un chat est un chat,

Un militaire est un militaire,

Et la guerre, c’est la guerre.

Chaque alerte, chaque sirène

Réveille en moi les vieilles peines

Du temps où j’étais soldat.

Je tremble encore à chaque fois.

 

Chez le bon roi Pausole, quelle balade !

Sur la tête, à l’heure de la promenade,

Les filles nues posent un mouchoir.

Là-bas, on leur impose un voile éteignoir.

N’oubliez pas, dit Grand-Mère,

Les Filles de Perse dans leur désert,

Certaines déjà lapidées,

D’autres pendues, d’autres violées.

Ainsi, le clergé sans ambage

De ses pattes aux ongles noirs

Sur les femmes de tout âge

Met le voile, emblème de son pouvoir.

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

 

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers

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24 décembre 2023 7 24 /12 /décembre /2023 12:01
LE REGGAE RUSSE


Version française – LE REGGAE RUSSE – Marco Valdo M.I. – 2023

d’après la version italienne de Lorenzo Masetti – REGGAE RUSSO – 2023

Chanson anglo-russe – Russian ReggaeNina Hagen - 1985

 

Texte et musique : Nina Hagen
Album "In Ekstasy / In Ekstase"

 

 

 

 

 

 

LES GARS REGGAE RUSSE - 1985

 

 

Tamara, Tatiana, Olga et Marina,

Nina, Natasha, Iskra et Anastasia,

Ces filles russes sont des reines de la danse !

Hourra pour leurs jeans russes !

Si douces, elles parlent en cadence.

Hourra pour leur twist à la russe !

 

À Moscou, elles sortent le soir.

Hourra, tout va bien, ce soir,

Moscou est l'endroit à la mode

Pour toi, moi et tout le monde.

 

L’Union soviétique

Veut la coexistence pacifique.

Comme ça, il n'y aura

Jamais plus de combats.

 

Les Nations Unies viendront

À nos glorieuses célébrations.

Sans la guerre atomique,

Ce sera fantastique.

 

Ivan et Aljosha, Pavel et Serjosha,

Leonid et Vladimir, Juri et Grigori,

Ces gars russes chantent bien aussi.

Hourra, hourra, kalinka,

Kalinka, kalinka, kalinka moya !

 

L’Union soviétique

Veut la coexistence pacifique.

Comme ça, il n'y aura

Jamais plus de combats.

 

Les Nations Unies viendront

À nos glorieuses célébrations.

Sans la guerre atomique,

Ce sera fantastique.

 

Non, non non non non non non non non non non !

Nyet nyet nyet nyet nyet nyet nyet nyet nyet nyet !

Nein nein nein nein nein nein nein nein nein !

 

Ces filles russes sont des reines de la danse,

Hourra pour leurs jeans russes !

Si douces, elles parlent en cadence,

Hourra pour leur twist sur le rythme russe !

À Moscou, elles sortent le soir ;

Hourra, tout va bien, ce soir,

Moscou est l'endroit à la mode

Pour toi, moi et tout le monde.

 

Moscou est l'endroit à la mode

Pour toi, moi et tout le monde.

Moscou est l'endroit à la mode

Pour toi, moi et tout le monde.

 

L’Union soviétique

Veut la coexistence pacifique.

Comme ça, il n'y aura

Jamais plus de combats.

 

Les Nations Unies viendront

À nos grandioses célébrations.

Sans la guerre atomique,

Ce sera fantastique.

 

No, no no no no no no no no no
Nyet nyet nyet nyet nyet nyet nyet nyet nyet
Nein nein nein nein nein nein nein nein nein

Kalinka, kalinka, kalinka moya !
Kalinka, kalinka, kalinka moya !

Kalinka, kalinka, kalinka moya !

Kalinka, kalinka, kalinka moya !

Et toujours vive la mamma !
Et que je sois toujours moi !
Et toujours l’avenir radieux !
Et toujours le ciel bleu !

Et toujours vive la mamma !
Et que je sois toujours moi !

Oui, oui, oui, oui, oui, oui…. Moi !

 

LES GARS REGGAE RUSSE - 1985

LES GARS REGGAE RUSSE - 1985

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22 décembre 2023 5 22 /12 /décembre /2023 18:07

 

Les trois Rosiers

Chanson française – Les trois Rosiers – Marco Valdo M.I. – 2023

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 180


 

 

LA FILLE ET LES ROSES

 

Venus Verticordia

 

Dante Gabriel Rossetti - 1868

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Ne t’imagine pas, Lucien l’âne mon ami, que je me lance subitement dans l’horticulture ou que j’essaie de t’appâter en sachant ton goût pour les roses. Ces rosiers-là de la canzone sont des plantes hautement symboliques, comme on va s’en apercevoir.

 

Oui, dit Lucien l’âne, j’aurais sans doute dû, si l’on en croit la légende qui me concerne, être très friand de roses et donc, très intéressé et très attiré par ces rosiers. Cependant, je rappelle que si, depuis la plus haute antiquité, il est établi que je me dois de manger des roses pur retrouver ma forme humaine, il a toujours été clair qu’il s’agissait de roses trémières, fleurs d’une plante très différente des rosiers auxquels, comme je le devine, la canzone fait référence. La rose est une rosacée et la rose trémière ou rose papale est une malvacée. Par parenthèse, comme je te l’ai déjà dit, je n’ai aucune envie de recouvrer ma forme humaine initiale ; c’est d’ailleurs une des principales conclusions que je tire de ma longue expérience multiséculaire.

 

Soit, Lucien l’âne mon ami. Donc, il s’agit simplement d’introduire cette canzone intitulée Les trois Rosiers. Ce que signifient ces rosiers est établi dans la deuxième strophe ainsi :

 

« Ohé, les amis, dit l’ouvrier.

Moi, cette guerre, elle ne me plaît pas.

J’y ai laissé tantôt mes trois gars.

Leur mère a planté trois rosiers ;

Elle arrose de ses larmes nos enfants. »

 

Comme on peut le voir, c’est la première fois qu’apparaît ici, dans notre voyage en Zinovie, le personnage de l’ouvrier lequel outre de déplorer la mort de ses trois fils à la guerre actuelle, rappelle que lui-même avait déjà – sous le précédent Guide – mené une guerre, où l’armée zinovienne, défaite et meurtrie, avait dû abandonner la lutte.

 

« Pourtant, à faire au loin la guerre d’avant,

J’avais déjà perdu trop d’ans.

À la fin, on a foutu le camp. »

 

Eh bien, dit Lucien l’âne, m’est avis qu’on devrait appeler cette fuite : une opération militaire spéciale de repli stratégique.

 

Bien vu, dit Marco Valdo M.I., et de plus, une opération militaire spéciale de repli stratégique nécessaire. Ainsi, l’ouvrier propose une solution à l’impasse dans laquelle le Guide a fourré la Zinovie entière, une solution qui éviterait de multiplier encore les pertes et les effondrements que la Zinovie a déjà subis et retrouver le doux temps de la paix chez soi.

 

« Maintenant, il faudrait remettre ça :

Laisser tout là et rentrer chez soi.

On pourrait revivre tranquillement

Et enfin travailler au bien des gens. »

 

On ne peut mieux dire, conclut Lucien l’âne. Mais je suppose que la canzone ne s’arrête pas là.

 

Non, certes, dit Marco Valdo M.I., car voici le soldat qui s’invite au débat pour dire le mal qu’il pense de cette « guerre qui n’en est pas » et surtout, le Guide tant dans son attitude que son cynisme à l’égard des gens qu’il envoie par centaines de milliers à la mort, sans jamais s’y risquer lui-même. Il fait un excellent portrait du Guide :

 

« Et sur tous les tons, sur tous les écrans,

Sur toutes les scènes, sur tous les divans,

Seul avec lui-même, le Guide débat,

Mais jamais, il ne vient au combat.

Pour faire distingué, pour faire sérieux,

Il met un uniforme, il met un nouveau costume,

Il peigne sa raie, il rabat ses cheveux. »

 

Puis, le trouvère reprend, commente et complète de sa voix poétique et toute d’acide ironique les propos de l’ouvrier :

 

« Bientôt, on sera pourvu

De la plus grande roseraie du monde

Et les filles y danseront la ronde

Macabre de leurs hommes perdus.

Que sont nos amours devenus,

Si près tenus et tant aimés ?

Le Guide là-bas nous les a volés.

Faire des enfants, on ne peut plus. »

 

et une fois de plus, il invoque la mort du Guide :

 

« La Zinovie martyrisée de tant subir.

De ces soins attentionnés, elle se relèvera

Quand le Guide, mort ou vif, s’en ira. »

 

Et pour finir, Grand-Mère fait écho aux litanies des filles de Perse entendent bien que les enfants qu’elles feront – quand elles les feront – accèdent à :

 

«  à la plus libre liberté,

Pas au ciel, pardi, mais sur terre. »

 

Que tes canzones sont terribles et denses et d’aucuns pourront te le reprocher, dit Lucien l’âne. Quant à moi, j’aime assez, car ça donne de la profondeur et ça oblige à réfléchir, un exercice des plus stimulants pour mes antiques méninges. Enfin, tissons le linceul de ce vieux monde triste, endeuillé, sourd, gourd et cacochyme.

 

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Oh, salut mes camarades, dit le soldat,

Ici, on dit camarade chez les militaires.

Nous, on meurt par milliers là-bas à faire

Chez eux, cette guerre qui n’en est pas.

Et sur tous les tons, sur tous les écrans,

Sur toutes les scènes, sur tous les divans,

Seul avec lui-même, le Guide débat,

Mais jamais, il ne vient au combat.

Pour faire distingué, pour faire sérieux,

Il met un uniforme, il met un nouveau costume,

Il peigne sa raie, il rabat ses cheveux.

Et nos morts, il congratule. C’est la coutume.

 

Ohé, les amis, dit l’ouvrier.

Moi, cette guerre, elle ne me plaît pas.

J’y ai laissé tantôt mes trois gars.

Leur mère a planté trois rosiers ;

Elle arrose de ses larmes nos enfants.

Pourtant, à faire au loin la guerre d’avant,

J’avais déjà perdu trop d’ans.

À la fin, on a foutu le camp.

Maintenant, il faudrait remettre ça :

Laisser tout là et rentrer chez soi.

On pourrait revivre tranquillement

Et enfin travailler au bien des gens.

 

Le trouvère dit : Bientôt, on sera pourvu

De la plus grande roseraie du monde

Et les filles y danseront la ronde

Macabre de leurs hommes perdus.

Que sont nos amours devenus,

Si près tenus et tant aimés ?

Le Guide là-bas nous les a volés.

Faire des enfants, on ne peut plus.

Le Guide a beau les réclamer

Par cinq, par dix pour regarnir

La Zinovie martyrisée de tant subir.

De ces soins attentionnés, elle se relèvera

Quand le Guide, mort ou vif, s’en ira.

 

Grand-Mère dit : Les filles de Perse

Hésitent elles aussi à faire des petits,

Filles ou garçons, au destin maudit

Que de pervers sorciers bercent

Et entraînent vers un paradis

Aux sombres jardins artificieux.

Nos enfants, comme nos cheveux,

Aiment l’air et la lumière,

En filles et fils de leurs mères,

Pas encore conçus, pas encore nés,

Seront prêts à la plus libre liberté,

Pas au ciel, pardi, mais sur terre.

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire

LA FILLE ET LES ROSES   Venus Verticordia   Dante Gabriel Rossetti - 1868

LA FILLE ET LES ROSES Venus Verticordia Dante Gabriel Rossetti - 1868

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Published by Marco Valdo M.I.
17 décembre 2023 7 17 /12 /décembre /2023 19:42

 

L’interminable Victoire



 

 

Chanson française – L’interminable VictoireMarco Valdo M.I. – 2023

 

 

 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 179

 

 

 

 

CHANSON
Sergey Yurievich Sorokin - 2008

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Comme bien on peut en penser, Lucien l’âne mon ami, cette interminable victoire est la sœur jumelle, vue en miroir, de la défaite sans avenir qu’évoquait en même temps que les corbeaux d’après la déroute de Sedan, Arthur Rimbaud.

 

Je comprends fort bien, dit Lucien l’âne, que cette victoire interminable ne pourrait en être une que terminée. L’expression « victoire interminable » est une façon de dire qui noie le poisson.

 

C’est bien ainsi, répond Marco Valdo M.I., qu’il faut la comprendre. Mais venons-en à la canzone la quelle se compose – comme presque toutes les autres chansons de ce voyage en Zinovie – de quatre parties, de quatre strophes. Je vais te les présenter dans l’ordre.

Donc, que dit la première ? Et d’abord, qui parle ? C’est Grand-Mère qui voit arriver le soldat qui chante un refrain un peu particulier pour lequel j’ai fait une préparation spéciale, à savoir l’insertion dans les Chansons contre la Guerre d’une chanson populaire française qui de chanson à boire était devenue chanson de marche patriotique des poilus de 14-18 : « Encore un petit Verre de Vin », dont le refrain est devenu ici – en Zinovie :

 

« Encore un petit verre de vodka,

Pour se mettre en route, demain.

Encore un petit verre de vodka,

Pour se mettre en train. »

 

Oh, dit Lucien l’âne, même cause, même effet. Vin – vodka : même combat ! Et ensuite ?

 

Ensuite, reprend Marco Valdo M.I., le trouvère qui a reconnu l’origine de ce refrain montre à son tour toute l’horreur de cette guerre où la Zinovie envoie ses soldats à l’abattoir au prétexte qu’ils sont les plus nombreux et il ne reste aux survivants qu’à :

 

« Entasser les cadavres mous

Sur la colline, dans le petit bois.

On avait pourtant dit plus jamais ça. »

 

Soit, dit Lucien l’âne, la référence à la guerre de 14-18 est évidente ; surtout quand se répète l’incroyable illusion du « Plus jamais ça ! », mais encore, la troisième strophe, qui la présente ?

 

Eh bien, logiquement, Lucien l’âne mon ami, c’est le soldat, qui est arrivé entretemps dans le groupe. Il parle d’une terrifiante moisson et de fallacieuses promesses du Guide.

Pour la moisson, elle a nettement des accents rimbaldiens :

 

« Et à l’été, viendra la moisson

Des corps morts qu’on voit

Sur les champs, où les corbeaux

Noirs et lents tournoient très haut. »

 

dont je te parlais en commençant. Quant à ce qui touche au Guide, le soldat est assez acide. Il dénonce le Guide comme menteur et hâbleur.

 

En Zinovie, il faut l’oser, remarque Lucien l’âne.

 

En effet, dit Marco Valdo M.I., il ne fait déjà pas bon d’émettre le moindre désaccord ; alors, y aller bille en tête, c’est souvent se retrouver dans un oubliette digne du plus sinistre Moyen Âge. Quand même, le soldat dit :

 

« Et pendant ce temps-là, le Guide,

Sans souci des senteurs putrides,

Annonce encore et encore

Des lendemains cousus d’or. »

 

et montre toute la perversité menteuse et obséquieuse du Guide quand :

 

« Il invite chacun à boire

À son interminable victoire. »

 

Mais, dit Lucien l’âne, il reste encore une strophe. Je soupçonne que Grand-Mère va nous chanter les filles de Perse et le triste destin de leur pays.

 

Exactement, dit Marco Valdo M.I., parlant des filles de Perse, elle s’en prend aux religieux (ces mollahs, ces ayatollahs qui veulent dominer le monde) et qui :

 

« Impuissants, incapables de vivre heureux,

Ils méprisent les femmes, ces religieux !

Ils les humilient, ils cachent leurs cheveux,

Musellent leurs voix, éteignent leurs yeux.

Ils les font battre et violer par leurs nervis.

En étranglant, en pendant, ils tuent le pays.

 

En voilà du fort toubac, comme on dit ici, conclut Lucien l’âne, et cependant, il m’est avis qu’on ne pourrait dire moins au sujet de ces gens-là. La peste soit des religions et des religieux ! Alors tissons le linceul de ce vieux monde pervers, vicieux, démentieux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Ohlala, dit Grand-Mère, ohlala !

Regardez là, voilà, le soldat !

Il revient de là-bas.

Comme il a le front bas.

Écoutez son chant bien noir

C’est le refrain du désespoir :

Il le chante à pleine voix,

Comme si c’était la dernière fois :

Encore un petit verre de vodka,

Pour se mettre en route, demain.

Encore un petit verre de vodka,

Pour se mettre en train.

 

Ohlala, dit le trouvère, ohlala !

C’est bien là, une chanson de soldat !

Oui, oui, mon ami le trouvère,

Une chanson d’une autre guerre,

Les soldats reprenaient en chœur

Le refrain pour se donner du cœur,

Avant d’aller comme nous

Vers un impossible horizon,

Courant à perdre la raison

Entasser les cadavres mous

Sur la colline, dans le petit bois.

On avait pourtant dit plus jamais ça.

 

Ohlala, dit le soldat, ohlala !

On sème des hommes à foison

Et à l’été, viendra la moisson

Des corps morts qu’on voit

Sur les champs, où les corbeaux

Noirs et lents tournoient très haut.

Et pendant ce temps-là, le Guide,

Sans souci des senteurs putrides,

Annonce encore et encore

Des lendemains cousus d’or.

Il invite chacun à boire

À son interminable victoire.

 

Et les filles de Perse, dit Grand-Mère,

Filant la chanson de leur douce haleine

Psalmodient leur furieuse haine

Aux ogres barbus des ministères.

Impuissants, incapables de vivre heureux,

Ils méprisent les femmes, ces religieux !

Ils les humilient, ils cachent leurs cheveux,

Musellent leurs voix, éteignent leurs yeux.

Ils les font battre et violer par leurs nervis.

En étranglant, en pendant, ils tuent le pays.

La vie y est un perpétuel ennui.

Quand donc finira cette nuit ?

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité

CHANSON  Sergey Yurievich Sorokin - 2008

CHANSON Sergey Yurievich Sorokin - 2008

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Published by Marco Valdo M.I.
16 décembre 2023 6 16 /12 /décembre /2023 17:39

 

 

 

Encore un petit Verre de Vin

 

Chanson française - Encore un petit Verre de Vin – anonyme – circa 1914 – 1915

 

 

 

 

 

INFIRMIÈRES 14-18

 

Pierre Albert Leroux - circa 1920

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Voici, Lucien l’âne mon ami, une chanson française populaire, réputée « chanson à boire » - et elle l’est ; mais je suis absolument sûr qu’elle a eu un tout autre sens du côté de Verdun et autres lieux du genre entre 1914 et 1918.

 

Ah, oui !, s’étonne Lucien l’âne, et comment tu sais ça et comment tu peux en être si sûr.

 

Tout simplement à cause de ma grand-mère, réplique Marco Valdo M.I., qui la chantait souvent quand j’étais enfant. J’ai encore dans l’oreille ce refrain qu’elle fredonnait comme ça :

 

« Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en rou-ou-ou-ou - te ;
Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en train. »

 

 

Oui, dit Lucien l’âne, d’une voix ironique et nettement sceptique, mais encore ?

 

Oh, Lucien l’âne mon ami, quand elle me chantait ça, évidemment, vu que c’était ma grand-mère et que ma mère était son quatrième enfant, c’était une adorable vieille dame – du moins, à mes yeux de gamin – et très joyeuse avec ça. Ce qui explique mon respect pour les grands-mères, même quand elles sont d’un ennui considérable. Elle l’est restée jusqu’à bien tard, quarante ans plus tard et quand ça la prenait, elle chantait encore :

 

« Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en rou-ou-ou-ou - te... »

 

Par contre, son mari, un vrai brabançon bruxellaire, même s’il avait fini dans ses bras dans un hôpital à l’arrière du front, ne la connaissait – cette chanson – que par ouï-dire et ne la chantait pas. Et pourquoi ?

 

Oui, dit Lucien l’âne, pourquoi ? Je me demande quelle est la clé de ce mystère ?

 

C’est tout simple, dit Marco Valdo M.I., ça tient à l’Histoire de cette époque et de cette partie de la France – je veux dire la Champagne et les régions voisines. C’était une chanson du terroir français et elle était d’autant plus populaire qu’on donnait aux soldats leur ration de vin avant de les envoyer au casse-pipe - le vin est l'opium du peuple ; mon grand-père, lui, il était belge ; en Belgique, la boisson populaire était la bière, pas le vin. Donc, on était en ce temps-là, entre 1914 et 1918, un peu occupé à se lancer des obus, des bombes et des balles sur la gueule. En fait, je devrais dire : les hommes étaient occupés à… Ma grand-mère, une jeune fille, née un peu avant le siècle, était la treizième enfant d’un berger champenois, de surcroît transhumant vers les Vosges. La guerre venue, elle s’est engagée comme garde-malade, aide-soignante, infirmière, que sais-je ?, dans les hôpitaux militaires. Il y avait d’ailleurs de quoi faire, on recrutait à tour de bras. Elle a donc passé la guerre avec les poilus en morceaux, à laver, soigner, consoler ces gueules cassées. C’est là qu’elle a :

1. appris la vie, quoiqu’elle devait déjà en savoir un bout – les agneaux, ça meurt aussi.

2. su ce qu’étaient les hommes ;

3. entendu et retenu leurs chansons et leurs expressions – fussent-elles les plus crues, les plus paillardes. C’est elle qui disait quand ça pressait : « Change pas de main, je sens que ça vient ! », quand elle croyait que je ne comprenais pas. Après, quand elle a compris que je comprenais, elle a continué en me faisant un clin d’œil.

4. rencontré et épousé mon grand-père, qui l’a importée en Belgique après la fin des hostilités. Ils se marièrent et eurent 5 enfants.

Donc, ma grand-mère avait fait ses universités avec les poilus, des gens qui ne gardaient pas leur langue dans leur poche. J’imagine aussi leurs mains, quand ils en avaient encore.

 

Oh, dit Lucien l’âne, dans un pareil bazar, on ne voit pas les choses de la même façon que dans une salle de classe, un salon où on cause, un catéchisme ou un confessionnal, sauf peut-être dans celui de Jean Meslier (Il testamento del parocco Meslier) ou d’autres curés comme lui qui avaient appris de la vie – encore elle – bien des choses et bien des compassions. La vie en territoires de guerre et de souffrances n’a pas les mêmes repères. La morale ordinaire en prend un coup et l’empathie a de ces tolérances, larges, mais aux limites fermement précisées. C’est toute l’histoire aussi de la Madelon.

 

Donc, encore, pour conclure, reprend Marco Valdo M.I., cette « chanson à boire » était aussi une grande chanson du désespoir, à double sens – au moins. Voyez ce passage et sa légère adaptation :

 

« Ceux qui voudront s'en aller s'en iront,
Ceux qui voudront rester resteront…

 

et l’adaptation :

 

« Ceux qui devront s'en aller s'en iront,
Ceux qui pourront rester resteront. »

 

Comme on le sait, ils furent des millions à « devoir s’en aller ». Heureusement pour moi, ma bonne grand-mère et mon bon-papa furent de ceux qui ont pu rester.

 

Eh bien voilà, dit Lucien l’âne, on en restera là. Et puis, tissons le linceul de ce vieux monde (tout ça, c’était déjà il y a plus d’un siècle) dément, autodestructeur, résilient malgré tout et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



 

 

Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en route ;
Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en train.
Ceux qui voudront s'en aller s'en iront,
Ceux qui voudront rester resteront.


Nous partons en ballade,
À la fête d'Argenteuil, ah, ah !
Le petit bleu camarade,
Va nous taper dans l’œil, ah, ah !
Vous êtes comme moi sans doute,
Avant de faire la malle,
Je casserais bien une croûte,
En buvant un guindal.

 

Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en route ;
Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en train.
Ceux qui voudront s'en aller s'en iront,
Ceux qui voudront rester resteront.

 

Mon vieux propriétaire,
Est l' modèle du quartier, ah, ah !
Jamais de ses locataires,
Il n'augmente le loyer, ah, ah !
Le dimanche il nous mène,
Tous chez le marchand de vin,
Et chante à perdre haleine,
Avec nous ce refrain :

 

Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en route ;
Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en train.
Ceux qui voudront s'en aller s'en iront,
Ceux qui voudront rester resteront.

 

Dans ce soir de ripaille,
Deux copains sont tombés, ah, ah !
Mais avant qu'ils s'en aillent,
L'un d'eux se met à crier : ah, ah !
Allez la tenancière,
Apportez le litron, ah, ah !
Une goutte, c'est la dernière,
Ma vieille, et nous partons.

 

Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en route ;
Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en train.
Ceux qui voudront s'en aller s'en iront,
Ceux qui voudront rester resteront.

 

Je suis matérialiste,
Et avant qu'il fasse jour, ah, ah!
Je dois à l'improviste,
Retrouver mes amours, ah, ah !
Adieu les camarades,
Mais avant de nous quitter,
Je vous offre une rasade,
Voulez-vous accepter :

 

Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en route ;
Encore un petit verre de vin,
Pour nous mettre en train.
Ceux qui voudront s'en aller s'en iront,
Ceux qui voudront rester resteront.

 

INFIRMIÈRES 14-18   Pierre Albert Leroux - circa 1920

INFIRMIÈRES 14-18 Pierre Albert Leroux - circa 1920

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Published by Marco Valdo M.I.

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