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20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 09:27

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jeudi 17 novembre 2022

 
Les Pommes
 

 

Les Pommes

 

 

Chanson française — Les Pommes Marco Valdo M.I.

 

 

 

082. LES POMMES — 082. Les Pommes

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 

Épisode 82

 

 

 

 

 

PIQUE-NIQUE

 

Vjacheslav Vlasov - 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Qu’est-ce que c’est encor que cette histoire de pommes ?, demande Lucien l’âne.

 

D’abord, répond Marco Valdo M.I., c’est vraiment une histoire de pommes et d’une quantité astronomique de pommes dont le destin est contrarié par l’incompétence des autorités. Bien entendu, c’est un récit parabolique. Ainsi en Zinovie, dans une région particulièrement favorable à la culture des pommes, il avait été décidé d’étendre encore et encore les vergers et d’augmenter en conséquence, la quantité de pommes produites. Sauf que, comme le rapporte une des voix anonymes de la chanson, au moment de la récolte, on s’est aperçu qu’il n’y avait pas les moyens nécessaires pour les pommes, ni pour les entreposer. Résultat : les pommes sont restées en tas, sur place. Plus surréaliste encore, pour compenser la perte, les autorités ont décidé de doubler la production et donc, d’étendre en conséquence les pommeraies.

 

Et si je suis bien l’affaire, dit Lucien l’âne, ce qui se passe avec les pommes est à l’exemple des autres secteurs sous contrôle des autorités.

 

En effet, dit Marco Valdo M.I., il faut sans doute le comprendre de cette façon. Cependant, à en croire une autre voix, plus orthodoxe, l’opinion publique soutient sans faille le Guide et ses aventures politiques :

 

« Le Guide donne le la,

L’opinion marche au pas.

Elle approuve sans sourciller

La nouvelle constitution

Et du pays voisin, l’invasion. »

 

Tous ces propos sont tenus au cours d’un pique-nique — un moment de détente où la vie est belle et les gens sont contents — où classiquement :

 

« Les femmes s’occupent du casse-croûte,

Les hommes ouvrent les bouteilles. »

 

C’est vrai, dit Lucien l’âne, ça plaît bien aux gens des moments comme celui-là, même si tout alentour, la vie est terne et difficile.

 

Juste, dit Marco Valdo M.I., de tels instants de détente sont précieux. Pourtant, parfois, ils peuvent aussi faire tomber certaines réserves et déclencher de terribles mélancolies comme ici, celle qui s’empare du Vieux et qui débonde son angoisse en disant :

 

« Le Vieux a un coup de mélancolie.

Je n’attends plus rien, ma vie est finie,

Je vais prendre ma retraite, je vais partir ;

On n’a plus besoin de moi »

 

À cela, dit Lucien l’âne, il faudra qu’il se fasse et qu’il entre dans cette phase de vie où tout son quotidien est à reconstruire ; il est vrai que nombreux sont ceux qui n’y arrivent pas. Pour ceux-là, la vieillesse est un naufrage et souvent, ils périssent noyés dans leurs pleurs. Quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde vieillissant, sénescent, brinquebalant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Notre région est le paradis des pommes

Il faut voir comme

On y plante d’années en années

D’immenses pommeraies

Sur des hectares, des kilomètres-carrés.

Fabuleux ce que produisent ces vergers.

Des tonnes et des tonnes de pommes.

À récolter et à entreposer,

Il faut des bras, il faut des hommes,

Des camions pour les transporter.

On n’a rien de ça, on laisse tout en tas.

On doublera la production la prochaine fois.

 

Un chœur de millions de voix

Supporte le Guide et sa politique

C’est l’opinion publique,

L’opinion organisée par l’État.

Un avis soutenu, répercuté

Par les journaux, les médias,

Très structuré, très organisé :

Le Guide donne le la,

L’opinion marche au pas.

Elle approuve sans sourciller

La nouvelle constitution

Et du pays voisin, l’invasion.

 

En Zinovie, nous tombons amoureux

Nous mangeons, nous dormons

Nous nous promenons, nous bavardons

Nous faisons les enfants à deux.

On trouve une colline au soleil ;

Les femmes s’occupent du casse-croûte,

Les hommes ouvrent les bouteilles.

Les retardataires arrivent par la route.

On passe à table un bon moment.

On s’en souviendra l’année entière.

La vie est belle. Encore un verre.

Le monde est beau ; le monde est content.

 

Le Vieux a un coup de mélancolie.

Je n’attends plus rien, ma vie est finie,

Je vais prendre ma retraite, je vais partir ;

On n’a plus besoin de moi,

Qu’est-ce qu’il me restera ?

On n’essaie même pas de me retenir.

Je ne suis pas un élément essentiel,

Je n’ai rien, aucun bien matériel,

Pour ainsi dire, pas de souvenirs.

Hormis cette musique étrange et belle :

Que j’entends depuis longtemps,

Depuis l’enfance et même au camp.

 

 

 

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ; 079 : Bruit de Fond ; 080 : Une résistible Ascension ; 081 : La Zone interdite ;

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Published by Marco Valdo M.I.
20 janvier 2024 6 20 /01 /janvier /2024 09:24

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samedi 19 novembre 2022

  LA TERRE
 

 

LA TERRE

 

Version française — LA TERRE — Marco Valdo M.I. — 2022

d’après la version italienne — È la Terra — Gaspard de la Nuit — 2022

d’une chanson polonaise — To ziemiaStan Borys1968

Paroles : Jonasz Kofta
Musique : Juliusz Loranc
Album : Stan Borys & Bizony — « To Ziemia » (LP)

 

 

 

 

 

 

LE BERGER ENDORMI

Alexei Venetsianov — 1824

 

 

 

Vos sourires illuminent l’heure ordinaire.

Vous ne disparaîtrez pas dans la foule,

Si vous savez écouter

Quand chante l’oiseau,

Si vous savez vous arrêter

Quand chante l’oiseau.

 

Distance, distance, long est le chemin ;

Vous savez bien : sans fin,

La route mène quelque part,

La route mène autre part.

 

Un monde pas encore chanté,

Des lumières endormies

Éclairent votre visage reposé.

Des nuages d’une blancheur réfléchie,

Fruits de l’arbre couleur du jour,

Se prolongent à leur tour,

Durent en vous toujours

 

Dans ces affaires humaines,

Vous n’êtes pas solitaire.

Un oiseau vole, une fleur espère.

Il y a la Terre,

La Terre, la maison humaine.

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Published by Marco Valdo M.I.
15 janvier 2024 1 15 /01 /janvier /2024 18:20

 

 

Les Émules d’Attila

 

Chanson française – Les Émules d’Attila – Marco Valdo M.I. – 2023

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 183


 

 

 

 

TERRE RAVAGÉE

 

Paul Nash - 1918

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Sais-tu, Lucien l’âne mon ami, qui est cet Attila dont parle le titre de la canzone ?

 

Évidemment, dit Lucien l’âne, je m’en souviens bien. C’était le roi des Huns et il fit des ravages épouvantables au travers de l’Europe et du Moyen-Orient.

 

Sais-tu alors, Lucien l’âne mon ami, que son nom signifie « Petit Père », qu’il portait le titre de « tzar » ou quelque chose d’approchant et qu’il a tenté, à partir d’un bloc de peuplades d’Europe de l’Est de bâtir un empire englobant l’Europe romanisée. C’était au cinquième siècle.

 

Oui, oui, dit Lucien l’âne, j’en ai eu connaissance il y a déjà bien longtemps. Attila est resté dans ma mémoire, tout comme dans la mémoire commune, avec une fameuse réputation de ravageur, de massacreur et de grand ambitieux. Ses incursions étaient si totalement redoutables qu’on a dit de lui que là où il passait, l’herbe ne repoussait plus. C’est évidemment une légende, mais elle dit bien ce qu’elle veut signifier. Voilà ! Maintenant, parle-moi du reste de la chanson.

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, elle commence, de façon habituelle, par l’interpellation de Grand-Mère par le trouvère qui se désespère de l’évolution de la société zinovienne, qui se décompose moralement au point de tuer les poètes.

 

« Ils continuent ces vilaines façons.

Tant ils ont peur de ces têtes

Qui pensent et rient avec les mots.

Maintenant, ils les écrasent en auto,

Après quoi, dans leurs hôpitaux

Sereinement, leur font la peau. »

 

Je comprends, dit Lucien l’âne, que cela t’inquiète et je sais aussi que lorsque un pays, une nation, un empire, un monde en arrive à s’attaquer à ses poètes, il atteint un comble de son propre pourrissement. C’est un signe très net des déploiements d’une maladie mortelle, d’une nécrose mentale, d’une métastase des plus profondes. L’indignité le ronge jusqu’au tréfonds de son être.

 

 Ainsi, Lucien l’âne mon ami, en va-t-il de la Zinovie actuelle. Elle avait atteint un pareil degré d’ignominie sous le règne du Grand Guide. Je suppose que tu n’ignores pas ce qu’il fit au poète Ossip Mandelstam, lequel se réjouissait hautement d’être l’objet de la vindicte officielle en disant, (je cite de mémoire) : « Je suppose que je ne devrais pas me plaindre. J'ai la chance de vivre dans un pays où la poésie compte. On tue des gens parce qu'ils en lisent, parce qu'ils en écrivent ». Il se venge encore aujourd’hui avec son poème dédié au Grand Guide : « Le Montagnard du Kremlin ».

 

Oh, dit Lucien l’âne, je le connais ce poème et je t’en cite le début, juste pour montrer combien ce poète était audacieux et sa poésie percutante :

 

« Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds,
À dix pas personne ne discerne nos paroles.
On entend seulement le montagnard du Kremlin,
Le bourreau et l'assassin de moujiks. »

 

Et moi, continue Marco Valdo M.I., je te cite la suite de cette première strophe :

 

« Ses doigts sont gras comme des vers,
Des mots de plomb tombent de ses lèvres.
Sa moustache de cafard nargue,
Et la peau de ses bottes luit. » 

 

Cependant, répond Lucien l’âne, je ne peux m’empêcher de trouver dans les mots de Mandelstam venus de temps et de lieux des plus noirs comme une odeur, un goût, une saveur, un air, une effluve, enfin, une atmosphère proche de celle de ce Voyage en Zinovie et ce qui est dit du Grand Guide peut tout aussi bien s’appliquer à l’actuel.

 

Exactement, dit Marco Valdo M.I., j’en suis frappé par cette re-re-relecture que j’en fais avec toi de la vérité transhistorique de ce texte. Écoute la deuxième strophe, je ne peux m’empêcher de te la rappeler :

 

« Autour, une cohue de chefs aux cous de poulet,
Les sous-hommes zélés dont il joue.
Ils hennissent, miaulent, gémissent,
Lui seul tempête et désigne.
Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,
Qu'il jette à la tête, à l'œil, à l'aine.
Chaque mise à mort est une fête,
Et vaste est l'appétit de l'Ossète. »

 

Et là, tout se confirme ; on dirait le poème taillé sur mesure pour le temps présent de la Zinovie. Mais le but de ce dialogue maïeutique n’est pas de raconter les tristes mésaventures des écrivains et poètes du temps passé. Venons-en à la canzone, où le soldat qui, tout au long du reste fit le récit de ce que les soldats zinoviens se doivent de faire au pays voisin et à sa population. Le soldat pour mieux dire cela compare les troupes zinoviennes à des « émules d’Attila ».

 

« On cherche à imposer nos misères

À toutes les populations,

Aux autres comme aux uns,

Fidèles émules d’Attila,

Nous sommes des Huns.

Là où on passe, rien ne restera. »

 

Tu liras le reste ; c’est épouvantable. Alors, juste un mot pour signaler l’allusion à Rutebeuf :

 

« La vie, l’eau et la terre mortes

Ont fait le vide devant leur porte. »

 

et à la chanson avec laquelle Léo Ferré en fit mémoire : Pauvre Rutebeuf, ou Complainte de l'amitié. Enfin, pour la dernière strophe, le soldat trace, dessine, peint à la manière des gens des pays mosans une fabuleuse danse macabre. Parlant de l’armée zinovienne, de ses déserteurs, de ses suicidés en masse et de ses dizaines de milliers de cadavres, le soldat conclut sur sa volonté de vivre :

 

« Nous sommes un cheval fou qui se cabre,

Un convoi mortifère, une danse macabre.

Moi, je veux vivre, juste vivre

Pacifique, tranquille et content.

Ah ! Fuir, là-bas, fuir, maintenant

Et paisible, recommencer à vivre. »

 

Holà, halte-là, Marco Valdo M.I. mon ami, on n’en finira pas. Alors, tissons le linceul de ce vieux monde macabre, funéraire, funèbre, sépulcral, spectral et cacochyme.

 

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Tristesse, Grand-Mère, dit le trouvère,

De la Zinovie, je désespère.

La pauvre est condamnée à se taire

Sous l’empire véreux de ces gangsters.

Ils ont toujours mis les poètes

À pourrir et mourir en prison ;

Ils continuent ces vilaines façons.

Tant ils ont peur de ces têtes

Qui pensent et rient avec les mots.

Maintenant, ils les écrasent en auto,

Après quoi, dans leurs hôpitaux

Sereinement, leur font la peau..

 

Le soldat dit : Les civils, ils nous font tuer,

Bombarder les habitations, les écoles,

Les hôtels, les cliniques, les maternités,

Les fermes, les silos et les hangars agricoles.

Nous, on s’arrange pour manquer les cibles

Mais dans la troupe, malheureusement,

Il y en a qui croient comme à leur bible

Aux discours hallucinés du gouvernement.

Qu’on va libérer le monde entier,

Apporter aux gens notre avenir radieux,

Que tous vont l’apprécier

Et ici, personne n’en veut.

 

En un sens, notre guerre a ses raisons

Qu’à la nation, le pouvoir ne peut taire.

On cherche à imposer nos misères

À toutes les populations,

Aux autres comme aux uns,

Fidèles émules d’Attila,

Nous sommes des Huns.

Là où on passe, rien ne restera.

Ni bêtes, ni hommes, ni maisons,

Ni arbres, ni plantes, ni poissons.

La vie, l’eau et la terre mortes

Ont fait le vide devant leur porte.

 

C’est à détester le jour qui se lève.

Beaucoup cherchent à se rendre,

Certains veulent se faire prendre,

Être prisonnier : le rêve.

Sinon, il reste à se suicider

Et nombreux sont les suicidés.

Nous sommes un cheval fou qui se cabre,

Un convoi mortifère, une danse macabre.

Moi, je veux vivre, juste vivre

Pacifique, tranquille et content.

Ah ! Fuir, là-bas, fuir, maintenant

Et paisible, recommencer à vivre.

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis

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14 janvier 2024 7 14 /01 /janvier /2024 12:54

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lundi 21 novembre 2022

CHANGER
 

 

CHANGER

 

Version française — CHANGER — Marco Valdo M.I. — 2022

d’après la version italienne de Lorenzo Masetti — CAMBIAMENTO — 2022
Chanson étazunienne (Anglais) — ChangeLana Del Rey — 2017



Le spectre de la guerre nucléaire, le besoin de changement dans le monde et en soi, l’importance de comprendre la valeur de la vie humaine, un appel à l’humanité. Une chanson poignante et magnifique.
A change is gonna come blowin' in the wind : les références à deux chansons fondamentales sont à mon avis explicites.

 

 

 

 

 

 

LIBERTÉ

 

 

 

Ilia Répine — 1903

 

 

 

 

Il y a quelque chose dans le vent, je sens le souffle.

Ça vient en douce sur les ailes d’une bombe.

Il y a quelque chose dans le vent, je sens le souffle.

Ça vient en fusion, ça vient en trombe.

Parfois, je pensais : un autre doit s’inquiéter de ça ;

Qui suis-je pour agir quand tout le monde s’en fout ?

Je pensais : quelqu’un d’autre s’en occupera.

Qui suis-je pour le tenter ? Voilà tout.

Changer est chose puissante, les gens sont puissants.

J’essaie de trouver la force en moi d’oser.

Changer est chose puissante, en moi, je le sens.

Peut-être d’ici la fin de l’été,

Je serai capable d’être honnête, capable

De vous tenir dans mes bras sans vous laisser tomber.

Même si je ne me sens pas belle ou stable,

Il suffit d’être là où on est, car à la vérité,

On court et on ne sait pas pourquoi.

On ralentit, on le sent proche, maintenant,

Un changement arrive, on ne sait ni où ni quand.

Mais quand il se produira, on sera là.

Il y a quelque chose dans le vent, je sens le souffle.

Ça vient en douce sur les ailes d’une chanson.

Il y a quelque chose dans l’eau, je sens ce poison.

Amer, dans mon sang, dans mon souffle.

Avant, je pensais : quelqu’un d’autre s’en occupera.

Qui suis-je pour agir quand tout le monde s’en fout ?

Je pensais : quelqu’un d’autre s’en occupera.

Qui suis-je pour le tenter ? Voilà tout.

Changer est chose puissante, les gens sont puissants.

J’essaie de trouver la force en moi d’oser.

Changer est chose puissante, en moi, je le sens.

Peut-être d’ici la fin de l’été,

Je serai capable d’être honnête, capable

De vous tenir dans mes bras sans vous laisser tomber.

Même si je ne me sens pas belle ou stable,

Il suffit d’être là où on est, car à la vérité,

On court et on ne sait pas pourquoi.

On ralentit, on le sent proche, maintenant,

Un changement arrive, on ne sait ni où ni quand.

Mais quand il se produira, on sera là.

Oui, chaque fois, on sera là.

Chaque fois, on sera là.

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14 janvier 2024 7 14 /01 /janvier /2024 12:51

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mardi 22 novembre 2022

La Normalité
 

 

 

La Normalité

 

 

Chanson française — La Normalité Marco Valdo M.I.

 

 

 

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

Épisode 83

 

 

 

 

 

 

LA MANIFESTATION

 

Benjamin Alexeievitch Safonov — 1968

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

La normalité, demande Lucien l’âne, que peut-elle être en Zinovie ? Serait-ce un autre nom pour la conformité ?

 

En quelque sorte, oui, Lucien mon ami, comme on va le voir. C’est du moins ce que prétend montrer cette chanson. Mais reprenons. Il y a donc une voix qui aborde cette question de façon assez systématique, vu qu’elle commence par l’enfance et sa prise en charge par l’institution, en l’occurrence, le jardin d’enfants. Il est le premier lieu de la « mise à niveau » d’un enfant. La mise à niveau, certes, mais au niveau le plus bas.

 

Ah, dit Lucien l’âne, chez nous, on appelle ça le nivellement par le bas.

 

C’est exactement ça, dit Marco Valdo M.I., et ce n’est pas du tout un effet du hasard. L’abaissement est un effort vers la normalité, la mise à la norme, l’alignement sur le plus petit commun niveau. On aligne tout le monde sur les moins avancés. C’est une manière d’homogénéiser l’ensemble. Au passage, on apprend que l’enfant de la chanson avait plutôt bien commencé (trop bien), il savait beaucoup de choses, il avait développé certains talents. C’est précisément cette insolente prétention – née du souci légitime de parents attentionnés – à un développement individuel qui doit être réprimée.

 

« Arrivé au jardin d’enfants,

On a pris soin de lui,

On l’abêtit, mon petit gars.

On l’a remis au niveau adéquat. »

 

Bon sang, dit Lucien l’âne, moi, j’aurais fait tout le contraire ; je l’aurais félicité, je l’aurais encouragé cet enfant.

 

Soit, dit Marco Valdo M.I., mais ce n’est pas tout. La normalisation se poursuit à l’école et puis, toujours dans le sens de l’égalisation par la formation du citoyen, afin de coïncider à la volonté du Guide :

 

« On les conforme à la réalité,

On les éduque à la société.

On traîne leur personnalité

Vers une parfaite normalité.

Ainsi, chaque citoyen coïncide

Avec les objectifs du Guide. »

 

Et puis ?, demande Lucien l’âne.

 

Oh, dit Marco Valdo M.I., ensuite, il y a la manifestation du premier mai solidement encadrée, puissamment amplifiée et relayée par toutes les bouches possibles. Et il est très difficile d’y échapper et d’ignorer ses vacarmes. La seule solution est de se planquer et de se boucher les oreilles.

 

« l’assistance en cadence

Crie, mugit, rugit, applaudit.

Désespéré, je me tourne dans mon lit,

La tête sous l’oreiller, je me tords

Et loin des bruits, je me rendors. »

 

Quelle belle ambiance, dit Lucien l’âne, et le pire est que sauf à s’enfuir (encore faut-il en avoir la possibilité), il faut subir. Quel pays, quelle vie ! J’en suis tout rabougri. Allons tissons le linceul de ce vieux monde triste, égalitaire, assommant, oppressif et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Mon fils est grand maintenant.

Petit, je lui lisais des contes,

Je lui montrais des images.

Un peu à la fois, je le faisais lire,

Je lui apprenais à dessiner, à écrire.

Arrivé au jardin d’enfants,

On a pris soin de lui,

On l’abêtit, mon petit gars.

On l’a remis au niveau adéquat.

À l’école, on lui a appris

Comme à tous les enfants

À se taire, à rentrer dans le rang.

 

En Zinovie, on forme le citoyen

À s’adapter aux moyens

De la société. L’État fabrique

Selon un modèle dynamique,

Le citoyen producteur

Et le citoyen consommateur.

On les conforme à la réalité,

On les éduque à la société.

On traîne leur personnalité

Vers une parfaite normalité.

Ainsi, chaque citoyen coïncide

Avec les objectifs du Guide.

 

Les fêtes de mai approchent

Devant les magasins,

Les queues s’allongent,

On n’en voit pas la fin.

Les choses disparaissent

À peine posées en rayons,

Comme dans le ciel, les avions.

On vide la ville des saletés de l’hiver,

Des mendiants et des suspects divers.

On triple la milice et les policiers,

On décuple les gardes volontaires,

Les agents déguisés hantent les quartiers.

Le peuple boit plus que d’ordinaire.

 

Le premier mai, on a les fanfares,

Les hauts-parleurs, quel cauchemar !

Dès le matin, les radios et les télés

Retransmettent les musiques, le défilé,

Diffusent les discours de circonstance.

Moutonnant, l’infini cortège paraît

Une mer surchargée de portraits

Du Guide. Et l’assistance en cadence

Crie, mugit, rugit, applaudit.

Désespéré, je me tourne dans mon lit,

La tête sous l’oreiller, je me tords

Et loin des bruits, je me rendors.

 

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ; 079 : Bruit de Fond ; 080 : Une résistible Ascension ; 081 : La Zone interdite ; 082 : Les Pommes ;

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14 janvier 2024 7 14 /01 /janvier /2024 12:48

samedi 26 novembre 2022

 
L’Autorisation
 

 

 

L’Autorisation

 

 

Chanson française — L’Autorisation Marco Valdo M.I.

 

 

084. L’AUTORISATION — 084. L’Autorisation

 

 

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 


 

Épisode 84

 

 

 

 

 

 

 

PORTRAIT À LA BARBE

 

Chaim Soutine — 1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Oui, je sais, Lucien l’âne mon ami, encore un épisode de notre voyage en Zinovie et encore une fois, un titre sibyllin « L’autorisation » à comprendre comme une règle d’application générale, comme un ukase sociétal. Pratiquée à ce nouveau, celui de la société entière l’autorisation est un instrument de domination et même de domestication d’une population.

 

Sans doute, dit Lucien l’âne, et de subordination, assujettissement et d’infantilisation. Comme j’ai pu m’en rendre compte depuis longtemps, les sociétés humaines se partagent de deux grandes catégories selon qu’elles considèrent la population comme un ensemble de gens doués de liberté et de la capacité à l’autogestion, chacun porteur d’une part d’elle-même — dans la chanson, l’individualiste — et de ce fait la constituant ou qu’elles voient leur population comme une troupe — dans la chanson, le collectiviste — d’éléments interchangeables qu’il convient de guider. La première a comme règle fondamentale une sorte d’axiome, de postulat, de principe de libre choix qui peut être synthétisé ainsi : « Tout ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé » ; la deuxième dispose une règle inverse : « Tout ce qui n’est pas expressément autorisé est interdit ». Dans la pratique, jusque dans les détails de vie quotidienne, ça fait deux mondes différents. L’un où le citoyen est par principe libre et doué de raison ; l’autre où le citoyen est ramené à un élément du groupe, et soumis et tenu de se soumettre.

 

J’entends, Lucien l’âne mon ami, que tu as saisi le sens de « L’autorisation ». Ensuite, dans le reste de la chanson, la voix anonyme montre deux types d’être et deux modes de penser le monde : la philosophie et l’idéologie qui découlent de cette dichotomie : la première est l’individu et l’autre est le groupe, le collectif. Quoi qu’il en soit dans la chanson, il faut garder à l’esprit que chacun est chacun et qu’il se pose en définitive la question que Jean-Roger Caussimon serinait dans « Comme à Ostende » :

 

« On se demande si c’est utile

Et puis, surtout,

Si ça vaut le coup

De vivre sa vie. »

 

L’homme a son humanité devant lui, à portée de soi et si on lui en laisse le temps et si on n’y contraint pas son pas à marcher au pas, il pourrait y parvenir. Pour en savoir plus, de ce qu’il en est en Zinovie, il suffit de parcourir la chanson.

 

 

C’est ce que je fais, dit Lucien l’âne. Ensuite, tissons le linceul de ce vieux monde toujours plus vieux, trop vieux, massif, collectif et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

C’était un beau rêve de fête.

Il se réveille avec un mal de tête.

Avez-vous l’autorisation

De porter la barbe ?

Pas le droit de porter la barbe ?

Terrible situation.

Pour faire la demande,

Illogique, le règlement commande :

Se présenter avec sa barbe.

C’était un beau rêve de fête.

Il se réveille avec un mal de tête.

Un vrai cauchemar de Zinovie :

On l’accuse, le menace encore

À tout mécontent, la peine de mort,

Peine capitale, condamnation à vie.

 

Les grandes tendances de l’avenir,

Vie et destin donnent à réfléchir.

Le collectiviste, lui, aime les groupes,

Il se glisse aisément au sein de la troupe,

Il adopte les avis et les sentiments

Du collectif, c’est le bon élément.

Il se laisse porter par la houle.

Son univers, c’est la foule.

Contraint dans cet entassement,

De vivre de semaine en semaine

Dans la concentration humaine,

L’individualiste évite les attroupements.

 

L’individualiste agit en solitaire,

En grande indépendance des autres.

Dans la masse, ce qu’il préfère

C’est une position singulière.

Il ne cherche pas l’autorité,

Son moteur, c’est sa liberté.

Les honneurs l’indiffèrent,

Il n’entend pas faire carrière,

Ça ne l’empêche pas en société,

De donner de son temps, d’aimer les gens,

De se dévouer à la collectivité.

L’individualiste est bon enfant.

 

L’individualiste se voit comme

Un État souverain,

Un être autonome,

Un humain parmi les humains.

Envers et contre tout, il vit,

Il se joue des interdits.

Face au nous du pouvoir,

Il joue le rôle du miroir.

Il rappelle aux gens

Qu’un jour, ils ont été l’enfant

Qui allait, qui venait,

Qui rêvait, qui imaginait.

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ; 079 : Bruit de Fond ; 080 : Une résistible Ascension ; 081 : La Zone interdite ; 082 : Les Pommes ; 083 : La Normalité ;

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14 janvier 2024 7 14 /01 /janvier /2024 12:45
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29 novembre 2022

DRÔLES DE NOMS
 

 

DRÔLES DE NOMS

 

Version française — DRÔLES DE NOMS — Marco Valdo M.I. — 2022
D’après la traduction italienne — SOPRANNOMI BUFFI de Lorenzo Masetti — 2022

d’une chanson anglaise — Funny NamesBig Audio Dynamite — 1988


Écrite par Mick Jones e Don Letts
Album : “Tighten Up, Vol. 88”

 

 

 

 

 

HARLEM

 

William Johnson - 1939

 

 

 

Un étranger est un copain,

Juste, tu ne le sais pas.

Avec une poignée de main,

On pourrait franchir le pas.

J’ai l’air un peu fadasse,

On m’appelle gringo.

Tu as une drôle de tignasse,

On t’appelle négro.

 

Sous la peau, on est tous pareils, dit-on.

Pourquoi quand je tourne le dos,

Vous m’affublez de drôles de noms ?

Pourquoi quand je tourne le dos,

Vous m’affublez de drôles de noms ?

De drôles de noms ?


Comme vous, je ne suis pas ;

Vous n’êtes pas comme moi.

Ne pensez pas que ça changera,

C’est évident, on le voit.

Vous n’êtes pas comme moi ;

Comme vous, je ne suis pas.

Mais on peut s’entendre

Et s’apprécier l’un l’autre.

 

Sous la peau, on est tous pareils, dit-on.

Pourquoi quand je tourne le dos,

Vous m’affublez de drôles de noms ?

Pourquoi quand je tourne le dos,

Vous m’affublez de drôles de noms ?

De drôles de noms ?
 

Faut reconnaître la différence :

Nous ne sommes pas les mêmes, crénom.

De la vie, la variété est l’épice

Hé, mec, quel est ton nom ?

Certains vivent en ville,

Certains dans les bas-fonds

Mangent un drôle de pain,

Parlent un drôle de jargon.

Oui, un étranger est un copain.

Maintenant, tu le sais

Toujours à tes côtés

Comme l’ombre, dès le matin.

 

Sous la peau, on est tous pareils, dit-on.

Pourquoi quand je tourne le dos,

Vous m’affublez de drôles de noms ?

Pourquoi quand je tourne le dos,

Vous m’affublez de drôles de noms ?

De drôles de noms ?

Vous m’affublez de drôles de noms ?

De drôles de noms ?

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14 janvier 2024 7 14 /01 /janvier /2024 12:43

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mardi 29 novembre 2022

 
CERVANTÈS
 

 

CERVANTÈS

 

 

Version française — CERVANTÈS — Marco Valdo M.I. — 2022

D’après la traduction italienne de Riccardo Venturi — Cervantes — 2022

d’une chanson polonaise — CervantesJacek Kaczmarski — 1979

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MIGUEL CERVANTÈS

Bernard Buffet — 1989

 

 

Bien que tous connaissent Don Quichotte (au point même de décider de le lire un jour), il convient de préciser que cette chanson de Jacek Kaczmarski est dédiée à son auteur, Miguel de Cervantès Saavedra. Cervantès, comme on sait, avait combattu en 1571 à Lépante (sur la galère Marquesa, qui faisait partie de la flotte de la Sainte Ligue) ; dans cette bataille, il avait été blessé par une arquebuse et, par la rupture d’un nerf, avait perdu à jamais l’usage de sa main gauche. Hospitalisé pendant des mois à l’hôpital de Messine, Cervantès a pris le nom de Saavedra (au lieu de matronyme) à partir d’un terme d’argot espagnol (dérivé de l’arabe sha'ibedraa) signifiant “manchot”. Néanmoins, Cervantès, une fois rétabli, poursuit sa carrière militaire, en Tunisie et en Grèce. En 1575, parti de Naples pour l’Espagne sur la galère Sol avec des lettres de recommandation qui auraient dû lui assurer le commandement d’une compagnie, il est fait prisonnier par les pirates du renégat albanais Arnaut Mami et retenu à Alger pendant cinq ans jusqu’à ce qu’une rançon soit versée par les missions trinitaires. Cervantès a été libéré le 24 octobre 1580.

 

C’est précisément à ces moments-là que se situe la chanson historique de Jacek Kaczmarski, qui pourrait être résumée par quatre mots et un point d’interrogation : « À quoi bon ? » De retour en Espagne, la vie de Cervantès n’est qu’une succession de malheurs, d’humiliations, d’épreuves et de difficultés financières ; vers 1590, il parvient même à subir non pas une, mais deux excommunications. En 1597, il est emprisonné pour banqueroute frauduleuse, et en 1602 pour des infractions administratives. Comme le lui fait dire Jacek Kaczmarski dans le dernier couplet : il est dans l’immondice (mieux dit : dans la merde) jusqu’à la taille. Et pourtant, avec ses regrets, avec sa certitude que sa carrière militaire n’a servi à rien d’autre qu’à perdre une main et à collectionner les malheurs et les emprisonnements, il part, immergé dans ces déchets, parcourir les chemins de la gloire immortelle grâce, finalement, à un gigantesque parodie de chevalerie, de gloire militaire et de vertus héroïques — même si « le monde s’en fout de rire ». Et pour finir, il se fit donc que parmi les nombreux monuments qui lui sont érigés, il y en a aussi un à Lépante. [RV]

 


 

 

 

 

 

 

« Ah, si les gens se divisaient seulement

Entre croyants et incroyants… »

J’ai pensé à ce moment-là,

Quand les galères allaient à leur perte

Et les Turcs criaient et nos croix

Enfumées sur la vague verte.

Mes pensées furent étouffées ;

Avec l’acier, ma main paralysée.


« Ah, si vraie était la vérité

Que le monde va s’améliorer… »

J’ai pensé à la double garde,

À l’éclat des yatagans,

À la puanteur des cendres

À la viscosité du sang,

Aux têtes coupées en prière,

J’ai demandé de combien d’humains

S’augmentera la lignée des saints.

 

« Ah, si la cause que je sers

Devenait digne de ses serfs… »

J’ai pensé dans la file des prisonniers,

Marchant aux coups de fouet répétés,

Aux trafiquants d’esclaves, à leur cupidité,

À l’animalité des humiliés,

J’ai imaginé une autre vie,

J’ai rêvé dans une nuit d’insomnie.


« Ah, le ridicule de vouloir donner

Du sérieux et du sens au destin ! »

Racheté de l’esclavage, j’ai pensé,

Sans amertume, sans chagrin,

À la grossièreté, la saleté et l’amour monnayé.

Ils ont accueilli l’héroïque spadassin

Où ce qui est, sera, était à venir

Dans le monde par des rires.

 

Dans la nostalgie de ma maison sombre,

L’épée rouillée s’irise,

Et les bastions font de l’ombre

Sur les plaines d’immondices

D’où chevalier enlisé jusqu’à la taille, je me carapate.

De la gloire, je suis les sentiers ;

Les tempêtes orageuses se battent

Dans mon corps estropié.

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14 janvier 2024 7 14 /01 /janvier /2024 12:40
 
 
 
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mercredi 30 novembre 2022

BARRICADES DE TOUS PAYS
 

 


 

BARRICADES DE TOUS PAYS

 

Version française — BARRICADES DE TOUS PAYS — Marco Valdo M.I. — 2022

Chanson italienne — Barricate in ogni paeseFrancesco Pelosi — 2022

 

Paroles et musique : Francesco Pelosi
Album : Cantata per Picelli

 

 

 

 

GUIDO PICELLI ET LES BARRICADES DE PARME - 1922

 

 

Francesco Pelosi est de retour, lui qui, à vrai dire, était dernièrement un dessinateur de bandes dessinées ; mais la bande dessinée, la chanson et le théâtre se confondent, ou se fondent, dans sa remarquable initiative en cette morne année 2022 qui marque, comme vous le savez, le centenaire de la prise du pouvoir par le fascisme en Italie. Tout part d’un roman graphique que Francesco Pelosi a écrit, avec des dessins de Rise, à l’occasion d’un autre centenaire : celui de la révolte des Oltretorrente, à Parme, dans les premiers jours d’août de la même année 1922. Une révolte antifasciste avant même que le fascisme ne prenne le pouvoir, dix mille chemises noires menées par Italo Balbo repoussées par les prolétaires d’Oltretorrente, Naviglio et Saffi et chassées de la cité ducale : Balbo, t’è pasè l’Atlantic, mo miga la Pèrma ! (Balbo, tu as passé l’Atlantique, mais sûrement pas Parme !)

Le roman graphique de Francesco Pelosi et Rise est intitulé : Guido Picelli, un antifascista sulle barricate (Edizioni Round Robin, Parma 2022), et se concentre sur la figure et la vie de Guido Picelli, le combattant militant et antifasciste qui a inspiré et guidé les barricades d’Oltretorrente et qui est mort, dans des circonstances d’ailleurs très obscures (sans doute assassiné par le NKVD, service secret soviétique), pendant la guerre civile espagnole, à Algora, le 5 janvier 1937. À partir de ce roman graphique, Francesco Pelosi a réalisé un album de ses chansons, la Cantata per Guido Picelli, et une pièce de théâtre, ou lecture chantée, avec Simone Baroni, qui porte le même titre que le roman graphique.

Comme ce soir, avec quinze autres personnes, je suis allé voir le spectacle (dans lequel Francesco Pelosi, en plus de ses chansons, interprète des chansons de lutte comme L’Internazionale de Fortini, Figli dell'officina et, bien sûr, ¡A las barricadas !), qui s’est déroulé dans l’étonnant décor du XVIIIe siècle de l’usine historique Richard Ginori à Sesto Fiorentino (qui abrite la bibliothèque publique Ernesto Ragionieri — voir ici sur le site de l’Institut Ernesto De Martino), j’ai immédiatement voulu mettre cette chanson sur le site.

 

Une chanson pour laquelle je passe immédiatement un mot dont je n’ai pas l’habitude : bouleversant. Une chanson, d’ailleurs, qui va des barricades d’il y a un siècle à celles d’aujourd’hui, ou qu’il serait nécessaire de dresser aujourd’hui dans chaque pays. Une chanson comme un pont entre l’histoire et l’actualité et qui prolonge un passé à son retour, sous des formes seulement apparemment différentes. Une chanson qui fait transmigrer les barricades d’hier, d’Oltretorrente à l’Espagne, vers les barricades d’aujourd’hui, à ériger non seulement dans des situations de lutte et de conflit ouvert, mais aussi dans toute situation humaine d’oppression : travail, dégradation urbaine, inégalité, consommation, marginalisation, exploitation. Les barricades étendues à l’environnement, aux cris de douleur des fleurs, des arbres, des animaux. Maintenant et toujours, Résistance, oui ; résistance globale ! [RV]

 

 


Avec les pierres du ruisseau, avec les pierres de la place,

Avec des armoires et des charrettes, avec des bancs d’église,

Barricades dans les maisons, barricades dans les rues,

Barricades dans chaque village !

 

Avec les habits de la fête, avec les haillons du travail,

Avec le paysan, avec l’ouvrier, avec la mère, avec l’enfant,

Barricades dans chaque poing, barricades dans chaque cœur,

De l’Oltretorrente au Naviglio.

 

Nous sommes des gens que personne ne voit, que personne n’entend,

Nous sommes des vies à peine commencées, déjà presque finies.

Nous sommes le cri qui explose au cœur de la nuit,

Nous sommes le feu, nous sommes vos peurs de ne plus rien avoir.


Avec la faim qui nous dévore, avec la soif qui nous brûle,

Avec des mains et des visages tout noirs, tout défaits,

Barricades de Syrie, barricades d’Espagne,

À Paris, à Val di Susa, à Gênes.

 

Des plages des migrants aux champs du caporalat,

De chaque centre commercial, entreprise, bureau,

Prison, favela, bidonville, township, ghetto.

Barricades ! Barricades ! Barricades !

 

Nous sommes des gens que personne ne voit, que personne n’entend,

Nous sommes des vies à peine commencées, déjà presque finies.

Nous sommes le cri qui explose au cœur de la nuit,

Nous sommes le feu, nous sommes vos peurs de ne plus rien avoir.


Du silence des glaciers tombant dans la mer

Au cri de chaque fleur, de chaque arbre, de chaque animal,

Barricades dans chaque poing, barricades dans chaque cœur,

Barricades dans chaque maison, barricades dans chaque rue,

Barricades dans tous les pays !

 

Nous sommes des gens que personne ne voit, que personne n’entend,

Nous sommes le feu, nous sommes vos peurs de ne plus rien avoir.

Nous sommes le feu, nous sommes vos peurs de ne plus rien avoir.

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14 janvier 2024 7 14 /01 /janvier /2024 12:37

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jeudi 1 décembre 2022

L’Exclusion
 

 

 

L’Exclusion

 

 

Chanson française — L’Exclusion Marco Valdo M.I.

 

 

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

 

 

Épisode 85

 

 

 

 

 

 

 

PIERROT ET LA LUNE

 

 

 

Max Ernst — 1973

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

 

Et puis, dit Marco Valdo M.I., après cette malédiction d’un monde soumis à l’obligation de l’autorisation, d’un monde à domination collective, il ne reste plus à l’être humain qu’à fuir, là-bas fuir, où les oiseaux sont ivres et où les femmes et les hommes et les enfants et les vieillards sont libres ; autrement dit, il convient d’établir une société où la vie individuelle prime, quitte à s’arranger du collectif quand il y a péril en la demeure.

 

Certes, répond Lucien l’âne, il ne m’a jamais paru commode de subir la loi du troupeau et mes amitiés sont toujours allées à celle ou celui qui se tenait paisible à l’écart, quitte à se fondre au moment opportun dans la masse le temps d’éviter le coup de grâce. Décidément, Tonton avait raison : « Le pluriel ne vaut rien à l’homme », ni à la femme, ni à l’âne. Mais au fait, qu’en est-il de la chanson ?

 

Oui, précisément, dit Marco Valdo M.I., qu’en est-il de la chanson ? On s’est égarés. Pourtant, pas vraiment, tu vas voir. Comme le titre l’indique, il s’agit d’une exclusion, mais de laquelle ? Telle est la question, comme disait l’homme d’Elseneur. D’une exclusion volontaire et ça change tout. L’homme dont on entend la voix ne veut plus user des mots de la tribu, il entend tenir sa propre harangue.Et que dit-il ? D’abord, il raille les rodomontades glorieuses du Guide et de ses tenants ; il pressent le vent qui emporte les gloires et l’illusoire avenir radieux. Bref, comme il le déclare, il n’en peut plus, il ne veut plut plus jouer le jeu du temps perdu. Il ironise et finit par s’éloigner au sein-même de la Zinovie. Il s’enfonce dans l’insignifiance.

Il se déchoit lui-même de sorte qu’à ce stade, il s’enfonce dans la nuit du veilleur qui lui est un refuge d’où projeter son impitoyable regard et décomposer le spectre qui hante la Zinovie.

 

Ciel, dit Lucien l’âne, voilà le spectre maintenant et que va-t-il nous apprendre ?

 

Oh, dit Marco Valdo M.I., sans doute en aura-t-on des échos dans la suite du voyage.

 

Sans doute, dit Lucien l’âne, en attendant, tissons le linceul de ce vieux monde spectral, lunatique, lunaire, lugubre et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

N’écoutez pas les voix ennemies,

Tous avec le Guide pour l’unité !

Vive la Zinovie, notre belle patrie,

Avenir radieux de l’humanité !

Le vent efface les restes de la fête,

Avec les « Gloire ! » de circonstance,

Le vent écrête mes maux de tête,

Et balaye mon intolérable souffrance.

Enfin, ils ont inauguré le machin.

La nuit passe, vient le matin,

Je n’en peux plus, je ne veux plus

Jouer le jeu du temps perdu.

 

Discours, discours, discours,

 Le Guide promet de beaux jours.

La Zinovie doit avoir la Lune.

Temps vermoulus, paradis perdu,

Pierrot, Pierrot, où c’est la Lune ?

 

Papier perdu, bois disparus.

Pâte à papier, pâte à papier,

Pourquoi gâcher tant de papier ?

Pierrot, Pierrot, où est la Lune ?

Question importune, silence !

Les yeux clos faire confiance

Ou fermer la porte et partir :

On ne peut soi-même se trahir.

 

Donc, je suis un exclu,

Un exclu volontaire,

Une sorte de citoyen déchu

Pour opinions singulières.

Un je ne sais quoi à sanctionner,

À mettre dehors, à enfermer.

Dehors, où ça ? À l’étranger ?

Dedans, chez les fous, l’interner ?

Comment s’en débarrasser ?

Finalement, on m’a licencié.

Sans boulot, où aller ?

À gauche, à droite, j’ai traîné.

 

On m’a ôté mes diplômes aussi.

Alors, je suis veilleur de nuit.

Un salaire de misère,

Tout mon temps à moi

Et une vie nocturne pépère.

Veilleur de nuit, c’est un emploi.

Avec ça, j’ai des papiers

Avec le cachet au bon endroit

Et tout le temps pour étudier

La Zinovie et son État,

Comment on prépare en haut

La venue de l’homme nouveau.

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ; 078 : Les nouveaux Soldats ; 079 : Bruit de Fond ; 080 : Une résistible Ascension ; 081 : La Zone interdite ; 082 : Les Pommes ; 083 : La Normalité ; 084 : L’Autorisation ;

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