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10 février 2024 6 10 /02 /février /2024 18:00

 

 

 

Un Camp, c’est un Camp


 

Chanson française – Un Camp, c’est un Camp – Marco Valdo M.I. – 2024

 

 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


 


 

Épisode 187


 

 

 

 

 

AU CAMP

 

EN ATTENTE D'ÊTRE FUSILLÉS

 

Nikolaï Getman - 1987

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Un camp, c’est un camp, dit Lucien l’âne, voilà une belle tautologie. On a comme l’impression que ça relève de l’évidence et qu’il n’y a rien à y ajouter et surtout, à y comprendre. Ce sont des mots perdus.

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, là, tu te trompes, car derrière cette apparente banalité se cache une banalité plus grande encore, du moins de puis le siècle dernier, où cette banalité avait atteint le plus effroyable des sommets. Mais je vois à ton œil noir et brillant d’incompréhension qu’il me faut m’expliquer plus avant. Voici : quand on parle de camps dans l’histoire contemporaine, il vient immédiatement à l’esprit les camps de concentration et d’extermination et même si l’usage de ces camps s’est étendu au monde entier, les grands précurseurs, ceux qui jusqu’aujourd’hui ont été les plus célèbres et les plus ravageurs sont les camps de travail et extermination nazis et les camps d’internement, de travail et de facto, d’extermination soviétiques. Et même si il fut un temps – entre 1941 et 1945, où les deux régimes n’étaient pas dans le même camp, les caractéristiques communes des camps venaient du caractère dominant du système dont ils dépendaient, à savoir le totalitarisme. Ainsi, un camp, c’est un camp.

 

Vu comme ça, dit Lucien l’âne, je ne peux qu’acquiescer. Maintenant, j’aimerais en savoir plus de la canzone, dont je sais évidemment qu’elle rapporte les échos des voix de Zinovie et via celle de Grand-Mère, celle des filles de Perse et d’Iran.

 

Exactement, dit Marco Valdo M.I. ; c’est ainsi qu’on retrouve au début notre ami le trouvère qui accueille un nouveau personnage qui rentre d’un long séjour dans un de ces camps dont la Zinovie a le secret ; un de ces camps qui ont vu défiler et mourir des millions de gens. C’est ce rescapé qui ensuite fait part de son dépaysement face au monde qu’il retrouve. Tout a changé.

 

« J’arrive à l’instant de la gare.

L’extérieur a changé, c’est bizarre.

Et me voilà dans un pays inconnu. »

 

Le deuxième couplet l’entend dévoiler ce pourquoi il a , lui et plein d’internés, contre toute attente, été relâché. Ce n’est vraiment pas un cadeau que cette liberté rendue quasiment de force, car il ne pourra en disposer que s’il revient (vivant) de la guerre d’invasion du pays voisin de la Zinovie. Une invasion que le Guide, atteint de folie des grandeurs (il veut bâtir un empire) et de paranoïa (il croit que le monde entier veut l’attaquer), a décrétée.

 

En effet, dit Lucien l’âne, c’est un bon diagnostic qui s’étend à tous ses supporters.

 

Ensuite, continue Marco Valdo M.I., c’est au tour du soldat qui s’en vient prévenir le revenant de ce qui l’attend là-bas et de ce que l’armée zinovienne est contrainte de faire de ses prisonniers. Parenthèse : outre les militaires, les prisonniers sont les gens qui restent dans les villes et les villages et qui refusent de collaborer avec l’occupant quand tous les autres ont pu fuir ou sont morts assassinés. Je ne parlerai pas de ceux qui se rallient à l’envahisseur.

 

Tu as raison, dit Lucien l’âne, ceux-là sont des gens méprisables ; ignorons-les.

 

Donc, dit Marco Valdo M.I., pour ceux qui sont prisonniers, le destin est d’aboutir dans les camps d’où l’on a extrait les « revenants » pour en faire des soldats exterminateurs.

 

Oh, dit Lucien l’âne, voilà une belle armée et quel jeu de vases communicants !

 

Enfin, reprend Marco Valdo M.I., Grand-mère intervient et rapporte la lutte des femmes d’Iran contre les religieux théocratiques – La peste soit des religions et des religieux ! :

 

« Que deviennent les filles de Perse et d’Iran

Qui ont ôté le voile et arraché les turbans ?

Elles continuent, dit Grand-Mère, le mouvement

Contre les massacres des opposants. »

 

Puis, Grand-Mère relaie l’histoire de Mojan, une artiste peintre qui est enlevée chez elle, conduite en prison, battue et torturée, comme tant d’autres au pays des mollahs.

 

« Un matin, vingt personnes, ont forcé ma porte,

Dit Mojan, tout pris et m’ont arrêtée.

Avec un bandeau sur les yeux, tête baissée,

En prison, brutalement, on m’emporte. »

 

J’imagine, dit Lucien l’âne, que ce n’est là qu’une infime partie de l’atroce vérité, mais elle me remplit déjà d’effroi. Plus que jamais tissons le linceul de ce vieux monde totalitaire, exacteur, oppresseur, criminel et cacochyme.

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le trouvère dit, on te disait disparu.

On pensait : il ne reviendra plus.

Moi, j’en sors, dit le nouveau revenu,

J’arrive à l’instant de la gare.

L’extérieur a changé, c’est bizarre.

Et me voilà dans un pays inconnu.

Ces autos, ces magasins, ces néons criards,

Tous ces gens, ces avions, ces boulevards.

Avec ça, je ne le reconnais pas.

J’ai passé plus de vingt ans là-bas.

Tout était resté comme du temps d’Ivan.

Dans le fond, un camp, c’est un camp.

 

Vous savez, je n’avais pas le choix.

Ils m’ont mis dans un train et me voilà.

Demain, je pars au front, dit le revenant.

Avec tout un régiment de condamnés,

D’abord, on va au camp d’entraînement ;

On nous donnera un salaire mirobolant

En plus, on a promis beaucoup d’argent

Et puis, après, au retour, la liberté.

Le soldat dit : « Ils t’ont relâché maintenant.

J’imagine pour aller faire la guerre,

Crois-moi, c’est une mauvaise affaire.

Une chance, si tu en sors vivant.

 

À propos, vous devez savoir, c’est évident

Là-bas, on fait des prisonniers :

Des hommes, des femmes, des enfants.

On les interroge, on les fait parler.

Après, on les emmène secrètement

Et personne ne sait où ils sont allés.

En fait, ils nous remplacent dans les camps,

Dit le revenant et là, pas question d’avocat.

Sans procès, ils n’existent pas.

On peut les chercher longtemps.

Beaucoup ont essayé de les retrouver

Et tous, face au mur du silence, ont échoué.

 

Que deviennent les filles de Perse et d’Iran

Qui ont ôté le voile et arraché les turbans ?

Elles continuent, dit Grand-Mère, le mouvement

Contre les massacres des opposants.

Un matin, vingt personnes, ont forcé ma porte,

Dit Mojan, tout pris et m’ont arrêtée.

Avec un bandeau sur les yeux, tête baissée,

En prison, brutalement, on m’emporte.

Interrogatoire, dès l’aube, très tôt,

Jusqu’au soir, des questions, des coups.

Je n’ai plus de nom, juste un numéro.

Ces gens sont des barbares fous.

 

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

 

 

 

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ; 186. Le chouette Boulot

 

AU CAMP  EN ATTENTE D'ÊTRE FUSILLÉS   Nikolaï Getman - 1987

AU CAMP EN ATTENTE D'ÊTRE FUSILLÉS Nikolaï Getman - 1987

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Published by Marco Valdo M.I.
7 février 2024 3 07 /02 /février /2024 12:37

LA NOUVELLE LUNE

 

 

Version française – LA NOUVELLE LUNE – Marco Valdo M.I. – 2024

d’après la traduction italienne de Riccardo Venturi - Il villaggio aspettava la luna nuova - 2024
d’une chanson populaire finlandaise (de Carélie ou Ingrie) – Anonyme – Kylä vuotti uutta kuuta Première attestation : 1877

 

 

 

 

 


LE CANARD SAUVAGE ET LES CORPS CÉLESTES

Joseph Alanen - 1920

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Lucien l’âne mon ami, depuis l’an dernier, on se demandait quoi, mais on n’osait pas demander.

 

Quoi ?, Marco Valdo M.I., que pouvait-on se demander ?

 

Mais voilà, on a la réponse, reprend Marco Valdo M.I., par l’intéressé lui-même. Je veux dire Riccardo Venturi. Je te fais un résumé de sa longue intervention de « retour » dans les chansons contre la guerre sous le titre approprié : « Riccardo Venturi attend le lever du soleil » . J’en profite pour le saluer et bon vent, bonne route pour la suite.

 

Oui, dit Lucien l’âne, nous n’en dirons pas plus. Nous l’emmènerons avec nous tisser le linceul de ce vieux monde malade de la guerre, de la peste, de la crédulité et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


 


 

Riccardo Venturi attend le lever du soleil

 

Bonne année à tous et à toutes ! À présent, vous pourriez peut-être raisonnablement demander pourquoi je fais ce vœu le 6 février, alors que l'année a déjà commencé depuis plus d'un mois ; le fait est que j'ai disparu du site depuis plus de deux mois. Le début de l'année n'a pas été bon pour votre serviteur, entre la maladie et le décès d'une amie chère (dont j'ai hérité du chat) et de progressifs et inexorables problèmes de vue, du moins jusqu'à ce qu'on se décide à opérer deux cataractes oculaires, dont l'une ressemble maintenant à une cataracte du Nil. Tout cela m'oblige, entre autres, à lire et à écrire avec beaucoup de difficultés, en plus pendant la sombre saison hivernale. Certes aujourd'hui, il y avait un beau soleil de printemps et une belle lumière qui, n'est pas suffisante, mais elle aide. Ainsi, avec les caractères de mon PC gonflés à l'extrême, me revoilà, enfin décidé à ne pas prolonger mon absence de ce lieu qui est ma seconde maison.

 

...Voici donc cette improbable rentrée avec une chanson folklorique finlandaise, Kylä vuotti uutta kuuta. Finlandaise certes, mais en réalité originaire de Carélie (Karjala) - une région historique dont il n'est restée que très peu entre les mains des Finlandais après la guerre et qui, pour l'essentiel, se trouve aujourd'hui en Russie.


Cette chanson pourrait, entre autres choses, avoir son origine non seulement en Carélie, mais aussi dans une autre région historique, l'Ingrie (Inkeri ou Inkerinmaa). On y parlait notamment une langue autonome, l'ingric, l'ingrian ou l'ingro, également de souche finno-ougrienne, mais bien distincte du finnois (elle s'apparentait plutôt à l'estonien). Aujourd'hui, il semble qu'il reste à peine une centaine de personnes qui en connaissent encore quelques mots.
 

D'après les (rares) informations repérées sur le net, il semble que la chanson ait été enregistrée (au sens d'"attestée" par écrit) pour la première fois en 1877, c'est-à-dire à l'apogée du "finlandisme" et du renouveau des traditions folkloriques. Je vais vous la raconter en quelques mots. Il y a un village, plongé dans l'obscurité boréale, qui attend la nouvelle lune, alors que le monde entier attend le lever du soleil. Une jeune fille attend le retour de son frère (veijo), qui doit arriver avec sa nouvelle épouse. Celle-ci a un très long cou, car c'est un cygne. Sera-t-elle alors vraiment une femme ? Dans ce village reculé de Carélie qui attend la nouvelle lune, tout semble bien "palmipède", entre canards qui restent et sarcelles. Mais, du mythe de Léda aux nombreuses Swan Ladies de la ballade anglo-écossaise, il y aurait à en dire des choses, comme je le faisais quand j'y voyais un peu mieux et que je commençais à creuser. Qui sait, tôt ou tard, je m'y remettrai peut-être.

 

La chanson a été interprétée par une pléthore d'artistes finlandais.

 

... J'attends le lever du soleil. [RV]

 

 


Le village attendait la nouvelle lune

Et le monde que le soleil se lève.

Et moi, j'attendais ma belle-sœur,

Et moi, j'attendais ma belle-sœur.

 

Canard, élève-toi et arrête de ramer,

Canard, élève-toi et arrête de ramer.

Lève-toi sans que personne ne te lève,

Envole-toi que personne ne te prélève.

 

Mets le pied sur l'échelle,

Et puis encore sur le pas.

Marche au pas de l'oie,

Bats la patte comme la sarcelle.

 

Plie et déplie ton jeune cou

Comme la pointe du putier de chez nous,

Ou comme un genévrier à sa croissance,

Ou comme un genévrier à sa croissance.

 

Mais qui a raconté ce mensonge ?

Mais qui a raconté ce mensonge,

Que mon frère reviendrait sans personne,

Que mon frère reviendrait sans personne ?

 


Mon frère n'est pas revenu sans personne,

Mon frère n'est pas revenu sans personne

Et son destrier n'a pas galopé en vain,

Et son destrier n'a pas galopé en vain.

 

Plie et déplie ton jeune cou

Comme la pointe du putier de chez nous,

Ou comme un genévrier à sa croissance,

Ou comme un genévrier à sa croissance.

 

Le village attendait la nouvelle lune

Et le monde que le soleil se lève.

Et moi, j'attendais ma belle-sœur,

Et moi, j'attendais ma belle-sœur.

 

Et moi, j'attendais ma belle-sœur,

Moi, j'attendais ma belle-sœur.

LE CANARD SAUVAGE ET LES CORPS CÉLESTES  Joseph Alanen - 1920

LE CANARD SAUVAGE ET LES CORPS CÉLESTES Joseph Alanen - 1920

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Published by Marco Valdo M.I.
6 février 2024 2 06 /02 /février /2024 12:21
LES CONQUISTADORS

 

Version française – LES CONQUISTADORS – Marco Valdo M.I. – 2024

d’après la version italienne INVASORI de Riccardo Gullotta – 2024

d’une chanson en anglais – Conquistadores – Running Wild2015

Paroles et musique : Running Wild
Album: Blessed & Possessed

 

 


LA COLONISATION DU MEXIQUE

Diego Rivera - 1934-35

 

 

 

Pour conquérir de nouvelles terres, sur les océans,

Les troupes déployées par l'Église,

Dûment sanctifiées et bénies, partent

À la croisade, impitoyable fléau des incroyants


Ils combattent, ils tuent, ils violent

Sous la bannière de la "sainte" Église.

Ils chassent, ils mentent, ils trichent, ils volent,

Ils commettent leurs crimes à l’appel de l'Église.

 

Conquistadors,

Assoiffés d'or,

Ils font ce que dicte le fol religieux.

Les conquistadors,

Chevaliers religieux,

Par orgueil sèment chaos et mort.

 

Perles de verre contre lingots d'or ;

Violence, force et fausseté ;

Ils prennent la vie de l'Indien ou son trésor

Pour alimenter leur insatiable avidité.


Les païens en chrétiens doivent se convertir,

Ils doivent "croire ou mourir".

Arrogance et cécité sont la force de la religion ;

Les croyants n’entendent jamais la raison.

LA COLONISATION DU MEXIQUE  Diego Rivera - 1934-35

LA COLONISATION DU MEXIQUE Diego Rivera - 1934-35

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Published by Marco Valdo M.I.
5 février 2024 1 05 /02 /février /2024 18:37

  

Le chouette Boulot



 

 

Chanson française – Le chouette Boulot – Marco Valdo M.I. – 2024

 

 

 


 

 

LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

Épisode 186


 

 

 

 

LA FILLE DE PERSE ET LES LIVRES

 

2024

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Le chouette boulot, demande Lucien l’âne. Je me demande de quel boulot il s’agit. Il y a plein de boulots qui peuvent être chouettes.

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, il y a plein de chouettes boulots, mais ici, c’est celui de journaliste. Malheureusement, comme le rapporte la chanson, le journaliste en question a dû l’abandonner.

 

« J’étais journaliste, c’était un chouette boulot ;

J’ai cassé ma plume, j’ai rangé mon stylo. »

 

Il a dû l’abandonner, s’étonne Lucien l’âne, un boulot qu’il trouvait chouette ? Et pourquoi donc ? Est-ce qu’on le sait ? Est-ce qu’il le dit ?

 

Oui, on le sait, répond Marco Valdo M.I. En Zinovie, les journalistes qui font sérieusement leur métier et qui donc, ont comme critères essentiels l’exposition des faits et de la vérité et de ce fait, font barrage à la propagande du pouvoir et se refusent à jouer le rôle honteux d’informateur, sont chassés et même, pourchassés par la suite, y compris à l’étranger s’ils ont réussi à partir en exil à temps. Pour ta gouverne, le rôle d’« informateur » consiste à « informer » les services de police et de renseignement qui sont le fondement du pouvoir en place.

 

En quelque sorte, dit Lucien l’âne, informateur serait synonyme d’indicateur, de délateur, dénonciateur et même d’indic, de cafard, de cafardeur, de cafteur, etc.

 

Et même, ajoute Marco Valdo M.I., de mouchard, de donneur, d’espion ou de sycophante. Cela dit, le journaliste raconte que sous la pression des menaces, il avait dû partir en exil comme la plupart de ses confrères non-inféodés au régime. Cependant, il est revenu en raison de son âge, car, dit-il, il entend bien mourir chez lui et à sa place dans le cimetière patrial.

Ensuite, c’est au tour du soldat de prendre la parole pour raconter la guerre et la révolte qui gronde dans le pays.

 

« On vit vraiment dans une société immonde ;

Heureusement, en dessous, la révolte gronde. »

 

Enfin, il diagnostique la maladie qui ronge la Zinovie et exprime sa rage.

 

«  Moi, j’ai la niaque

Contre cette patrie paranoïaque

Qu’en vérité, personne n’attaque. »

 

Et maintenant, dit Lucien Lucien l’âne, je me demande ce que peuvent bien mijoter le trouvère et la Grand-Mère ?

 

Là, répond Marco Valdo M.I., tu anticipes et tu as raison. Ainsi, le trouvère prolonge les propos du journaliste et du soldat en disant son radical détachement par rapport aux gens intégrés dans cette société, qu’en fait, il débecte copieusement. Il refuse d’en être le complice tant il les trouve odieux. La raison de sa résistance est qu’il est resté fidèle à lui-même et aux rêves de sa jeunesse.

 

« Moi, jamais de la vie comme eux.

Non, vraiment, je n’en suis pas.

Il n’y a rien à dire, c’est comme ça.

Je rêve encore les rêves de ma jeunesse... »

 

Quant à la Grand-Mère, elle revient nous décrire la situation des filles d’Iran et la terreur qui les poursuit, qui détruit leur pensée et leur talent et conduit les belles filles de là-bas à résister aux cloportes du régime.

 

« Ah, dit Grand-Mère, là-bas, c’est la loi :

Les filles doivent marcher tête en bas.

La pensée étouffée est morte,

Le talent décrié est éteint,

La terreur balaye les chemins,

Les cloportes sonnent aux portes. »

 

Il faut faire quand même une parenthèse particulière pour signaler l’échappée poétique du propos de Grand-Mère.

 

« Filles, dispersez-vous, ralliez-vous !

Pas d’autre voie pour vous.

Nous n’irons plus au bois,

Les têtes hautes sont coupées,

Les belles filles de là-bas,

Dans leur cœur, les ont embaumées. »

 

Eh bien, dit Lucien l’âne, il ne reste qu’à voir la chanson entière et s’en laisser imprégner. Ensuite, tissons le linceul de ce vieux monde cafard, cafardeux, triste, sombre, obscur et cacochyme.

 

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

J’étais journaliste, c’était un chouette boulot ;

J’ai cassé ma plume, j’ai rangé mon stylo.

Si on dit la vérité, on nous chasse ;

Même à l’étranger, on vous pourchasse.

Le quidam ajoute : pour mon honneur

Et mon malheur, je ne suis pas un informateur,

On vous agresse, on vous menace,

Beaucoup de mes confrères ont dû fuir ;

En prison, ils ne voulaient pas finir.

Je suis honnête, je suis tenace.

Trop vieux pour l’exil, j’ai voulu revenir.

Au cimetière patrial, je ne leur céderai pas ma place.

 

Le soldat dit : Moi, j’ai la niaque

Contre cette patrie paranoïaque

Qu’en vérité, personne n’attaque.

Au front, on continue à morfler et à crever.

On fonce vers la mort dès le lever ;

Trop finissent sous le ciel éventrés.

Le pouvoir ment, tout le temps.

À l’école, on dit aux enfants

De dénoncer leurs frères et sœurs, leurs parents,

Les cousins, les amis, les voisins, tout le monde.

On vit vraiment dans une société immonde ;

Heureusement, en dessous, la révolte gronde.

 

Moi, dit le trouvère, je suis un raté,

Un parfait raté, complet, total.

Tout mon bonheur est fatal.

Ceux qui ont réussi, regardez,

Fiers, ils sont carrément odieux.

Moi, jamais de la vie comme eux.

Non, vraiment, je n’en suis pas.

Il n’y a rien à dire, c’est comme ça.

Je rêve encore les rêves de ma jeunesse,

Le ratage, le vagabondage ont préservé

Ma vie, mon intégrité et ma dignité.

Je respire et pour mourir, rien ne presse.

 

Ah, dit Grand-Mère, là-bas, c’est la loi :

Les filles doivent marcher tête en bas.

La pensée étouffée est morte,

Le talent décrié est éteint,

La terreur balaye les chemins,

Les cloportes sonnent aux portes.

Filles, dispersez-vous, ralliez-vous !

Pas d’autre voie pour vous.

Nous n’irons plus au bois,

Les têtes hautes sont coupées,

Les belles filles de là-bas,

Dans leur cœur, les ont embaumées.

 

 

 

 

 

LA ZINOVIE


 

Tous les épisodes précédents sont accessibles ici :


 

 

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ;

Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 64 : Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; Épisode 71 : Un Conflit avec l’Étranger ; Épisode 72 : Petit Manuel de Survie ; Épisode 73 : La Banalité ; Épisode 74 : La Ligne de Conduite ; Épisode 75 : Les Femmes de Zinovie ; Épisode 76 : La Légende ; Épisode 77 : Le Devoir sacré ; Épisode 78 : Les nouveaux Soldats ; Épisode 79 : Bruit de Fond ; Épisode 80 : Une résistible Ascension ; Épisode 81 : La Zone interdite ; Épisode 82 : Les Pommes ; Épisode 83 : La Normalité ; Épisode 84 : L’Autorisation ; Épisode 85 : L’Exclusion ; Épisode 86 : Quelle Affaire ? ; Épisode 87 : Le Vase vide ; Épisode 88 : Introspection ; Épisode 89 : Le Pays gris ; Épisode 90 : Tout un Style ; Épisode 91 : L’État unique ; Épisode 92 : Le Veilleur de Nuit ; Épisode 93 : Le Questionnaire ; Épisode 94 : Le Roi des Rats ; Épisode 95 : Si tu veux la Paix ; Épisode 96 : Les Vieilles et la Guerre ; Épisode 97 : L’Étoile filante ; Épisode 98 : La Guerre nécessaire ; Épisode 99 : Les Méditations ; Épisode 100 : La Guerre des Boutons ; Épisode 101 : Hurler avec les Loups ; Épisode 102 : Les Cantines éternelles ; Épisode 103 : L’Homme debout ; Épisode 104 : Les Nouveaux Cerisiers ; Épisode 105 : La Logique du Soldat Mort ; Épisode 106 : Les Fuites ; Épisode 107 : Les Ratures ; Épisode 108 : Les Lombrics philosophiques ; Épisode 109 : Les Réservistes ; Épisode 110 : La Logique de la Paix ; Épisode 111 : Le Citoyen et le Régime ; Épisode 112 : Les Ennemis extérieurs ; Épisode 113 : L’Oiseau de Feu ; Épisode 114 : Le Rêve du Guide ; Épisode 115 : Le Bourbier atomique ; Épisode 116 : L’Exilé ; Épisode 117 : La Journée ordinaire ; Épisode 118 : Les Commandeurs ; Épisode 119 : Sainte et Martyre ; Épisode 120 : La Patrie en Danger ; Épisode 121 : Les Églantiers sauvages ; Épisode 122 : Le Temps restant ; Épisode 123 : L’Invincible Armée ; Épisode 124 : L’Explorateur ; Épisode 125 : La Mémoire ; Épisode 126 : Souvenirs du Vieux Temps ; Épisode 127 : La Pauvreté chaleureuse ; Épisode 128 : Du Village à la Ville ; Épisode 129 : À l’École de la Capitale ; Épisode 130 : Le meilleur Élève ; Épisode 131 : Le Rire doux ; Épisode 132 : Les belles Jambes ; Épisode 133 : La Guerre et la Paix ; Épisode 134 : Le Moyen Âge ; Épisode 135 : Roman ; Épisode 136 : L’Aventure guerrière ; Épisode 137 : L’Âme de la Guerre ; Épisode 138 : Les Illusions perdues ; Épisode 139 : Contes et Mécomptes ; 140. Les Apories ; 141. Les Bâtisseurs de l’Avenir radieux ; 142. Les Écrevisses ; 143. La Fin des Ascèses ; 144. En aparté ; 145. Le beau Voyage ; 146. La Marche de l’Histoire ; 147. Les Morts froids ; 148. L’Industrie de la Guerre ; 149. Les Fruits mûrissent ; 150. Les Faux Pas ; 151. Les Soldats ; 152. Les Mamelles de la Guerre ; 153. Le Trouvère ; 154. Les Pillards ; 155. La sainte Reddition ; 156. Amiral, on coule ; 157. L’Art naïf ; 158. Les Filles de là-bas ; 159. Les Oies cendrées ; Épisode 160 : Les Grondements ; 161. L’État de Guerre ; 162. Comme autrefois ; 163. Traîtres à la Nation ; 164. Les Journalistes ; 165. Le Clown sénile ; 166 : Exils ; 167 : Écoutez les Gars ; 168. L’Acide nostalgique ; 169. Les Chaussettes roses ; 170. La Régurgitation ; 171 : Parlez-moi de la Paix ; 172 : Les Hybrides de la Foi ; 173 : L’Espace infini du Temps ; 174 : Les Chiens enragés ; 175 : Les Lombrics de Darwin ; 176 : Gare au Gorille en Zinovie ; 177. Le Dictateur ; 178. L’Éternité ; 179 : L’interminable Victoire ; 180. Les trois Rosiers ; 181. Les Obus ; 182. Les Fils sont partis ; 183. Les Émules d’Attila ; 184. Le Joueur de Pipeau, le Guide et les Vestales pileuses ; 185. La Statue tend le Bras ;

 

 


 

LA FILLE DE PERSE ET LES LIVRES   2024

LA FILLE DE PERSE ET LES LIVRES 2024

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Published by Marco Valdo M.I.
4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 20:53

L’Église se renouvelle 2024


 

Chanson française – L’Église se renouvelle 2024 – Marco Valdo M.I. – 2024

In memoriam Giorgio Gaberski


 

 

DESCENTE DE CROIX

Clovis Trouille - ca 1948

 


 

Dialogue Maïeutique

 

 

Mon ami Lucien l’âne, il te souviendra que j’avais in illo tempore présenté la chanson La Chiesa si rinnova, chanson de Giorgio Gaber et en complément aux trois versions 1964, 1971 et 1995 de laquelle, j’ai donné les versions françaises sous le titre générique L’ÉGLISE SE RENOUVELLE. Cette fois, en souvenir de Giorgio Gaber et en quelque sorte, en une sorte de psaume à sa gloire, j’en ai établi une version en langue française de mon cru. Avant d’aller plus loin, je te prie de porter attention au refrain de celle-ci qui dit :

 

« Il faut savoir coûte que coûte garder sa dignité

Et malgré ce qu’il en coûte, s’en aller sans se retourner. »

 

Que j’ai tiré pour l’offrir à la réflexion de l’Église catholique et de toutes les autres, la chanson de Charles Aznavour : Il faut savoir. On trouvera ici comme refrain le distique aznavourien.

 

Ohlala, dit Lucien l’âne, te voilà devenu une sorte d’imprécateur. De toute façon, c’est dans nos cordes puisque nous partageons l’antienne : « La peste soit des religions et des religieux ». Par ailleurs, je crois inutile d’insister sur le fait que nous sommes également de foutus athées et sans doute pire encore, des anarchistes tranquilles.

 

Sans aucun doute, reprend Marco Valdo M.I., mais revenons à la canzone qui demande quelques précisions. La chanson propose à l’Église une voie vers l’humanisation, car sa situation est bien triste. Il y avait de quoi pleurer, elle se dépeuple, elle vieillit mal sauf à poursuivre sa mise à jour que les versions de Gaber avaient déjà notée. La chanson l’invite à poursuivre donc dans la voie de la laïcisation et de l’autosacrifice pour la plus grande gloire de la vie elle-même, seul bien commun aux gens du monde entier. En fait, à la naissance, on est tous athées et c’est le point commun de l’humanité. Elle rappelle d’abord le grand âge de l’institution et sa vocation qu’elle entend poursuivre. Puis, elle reprend en substance les versions précédentes : le prêtre en pantalon, la messe en langue locale et elle ajoute des éléments importants de glissements ultérieurs à 1995, date de la dernière version de Gaber. Mais l’essentiel de la nouveauté est noté dans la dernière partie où il est indiqué comment l’Église est amenée à se fustiger et en quelque sorte à nettoyer ses écuries comme le fit Héraklès pour Augias. En fait, elle se doit de se purifier – et c’est timidement en cours – des dérives de certains de ses membres :

 

« Les prélats manipulateurs, les prêtres sexuels prédateurs

Et les sœurs et les frères d’enfants les assassins et les tueurs. »

 

Mais aussi, aller de l’avant sur de nouvelles voies , ce qu'elle fait d’ailleurs :

 

« Alléluia, elle s’accoutume des nouveaux couples :

Poussée par le progrès, elle bénit les divorcés,

Elle marie les homosexuels garçons et filles,

Et depuis ce jour, ordonne prêtres des mariés pères de famille. »

 

Bon, dit Lucien l’âne, va pour les divorcés, les homosexuels, mais quand même « ordonner des prêtres mariés et pères de famille, c’est une nouveauté pour l’Église catholique romaine.

 

Peut-être, dit Marco Valdo M.I., mais c’est ainsi et ça date d’aujourd’hui. Voici ce qu’en dit la presse :

 

« David Nas, séminariste de 33 ans de la communauté chaldéenne en Belgique, a été ordonné prêtre, samedi, en la basilique de Koekelberg. C’est la première fois que l’archidiocèse de Malines-Bruxelles procède à une ordination presbytérale d’un homme marié depuis sa création en 1559.

Le cardinal Louis Raphaël Sako, le patriarche de Bagdad, a présidé la célébration ce samedi avec Mgr Luc Terlinden, archevêque de Malines-Bruxelles.

Le prêtre s’est marié en 2013. Le couple a trois enfants. En 2015, David Nas s’est inscrit au séminaire Jean XIII à Louvain. Il a été ordonné diacre en février de l’an dernier à Malines. »

 

C’est assurément nouveau et ouvre la voie à des mutations inattendues. Cela dit, pour moi, l’Église et ses gens peuvent faire ce qu’ils veulent entre eux ; ça les regarde et en quelque sorte, relève d’une affaire de famille, sauf bien sûr à aller à l’encontre des lois civiles. Mais comme je te l’ai dit, il s’agissait seulement de faire un « in memoriam » à Giorgio Gaber.

 

Oui, dit Lucien l’âne, assurément, c’était le but, mais c’est toujours intéressant de savoir comment les choses évoluent. Juste pour savoir. Alors, tissons le suaire de ce vieux monde évolué, évolutif, évolutionniste et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



 


 


 

Le temps fuit, le monde continue à changer.

Il faut savoir coûte que coûte au rythme s’adapter.

Saint Père, l’Église doit savoir encore mieux faire ;

Il importe en son troisième millénaire

Qu’elle annonce de Rome sa pure évolution

Aux hommes de toutes les nations.

 

Il faut savoir coûte que coûte garder sa dignité

Et malgré ce qu’il en coûte, s’en aller sans se retourner.

 

On a déjà donné acte aux monseigneurs

D’avoir rendu le service divin meilleur.

Depuis le temps que les fidèles attendaient

Que la messe en vernaculaire se dirait.

Le prêtre, homme parmi les hommes, sans façon

Peut s’habiller en homme et porter le pantalon.

L’Église se modernise et se fait tolérante ;

La fréquentation de l’office est chose mouvante.
 

Il faut savoir coûte que coûte garder sa dignité

Et malgré ce qu’il en coûte, s’en aller sans se retourner.

 

De nos jours, on va dans l’espace, plus rien d’étonnant,

L’Église, toujours pionnière, s’en va de l’avant.

Elle condamne, ce que n’ont pas fait les anciens,

Certes avec retard, les dérives des siens :

Les prélats manipulateurs, les prêtres sexuels prédateurs

Et les sœurs et les frères d’enfants les assassins et les tueurs.

L’Église a deux mille ans et l’échine souple,

Alléluia, elle s’accoutume des nouveaux couples :

Poussée par le progrès, elle bénit les divorcés,

Elle marie les homosexuels garçons et filles,

Et depuis ce jour, ordonne prêtres des mariés pères de famille.


Il faut savoir coûte que coûte garder sa dignité

Et malgré ce qu’il en coûte, s’en aller sans se retourner.

DESCENTE DE CROIX Clovis Trouille - ca 1948

DESCENTE DE CROIX Clovis Trouille - ca 1948

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Published by Marco Valdo M.I.
4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 20:18


 

L’ÉGLISE SE RENOUVELLE

Version 1971

Version française - L’ÉGLISE SE RENOUVELLE Version 1971 – Marco Valdo M.I. - 2024

Chanson italienne – La Chiesa si rinnovi – Giorgio Gaber – 1971
 


 

SAINT PIERRE

Caspar van Wittel - 1712

 

 

 

Petit Dialogue maïeutique

 

Ah, Lucien l’âne mon ami, voici une commande. Non pas « une commande du Diable » comme dans l’annonce de la chanson de Léo Ferré « Thank You Satan ».

 

Oui, dit Lucien l’âne, je m’en souviens fort bien. Léo Ferré disait : « Le Diable m’a dit : « Ferré fais-moi une chanson. C’était une commande. Et puis, une commande du Diable… Mon Dieu, ça change. »

 

Je vois que tu as, comme moi, une mémoire d’âne. Mais pour en revenir à la canzone de Gaber, c’était une commande des amis des Chansons contre la Guerre. Comme j’avais introduit cette chanson en italien et donné des versions françaises de deux versions, ils m’ont prié de faire la troisième version française – celle de la version de 1971. Ce qui est maintenant fait. Et je t’annonce déjà que j’ai l’intention d’offrir « In memoriam Gaberski » une version 2024 de ma façon, dont je ferai une chanson à part entière et que je te commenterai dans son dialogue maïeutique particulier.

 

Eh bien, dit Lucien l’âne, alors tissons le suaire de ce vieux monde croyant, crédule, ridicule et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo et Lucien Lane


 


 


 


 

Le monde est pressé, il n'arrête pas de changer ;
Pour rester dans la course, il faut s'adapter.
Même l'Église veut toujours mieux faire ;
Alors, on réunit les pères conciliaires.
Alors, arrivent à Rome avec grande conviction,
Vingt-cinq mille prêtres de toutes les nations.

 

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société ;
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

 

Il faut en donner acte à ces monseigneurs,
L’urgence a rendu le service divin meilleur.
Depuis le temps que nous l'espérions en vain,
La messe, finalement, se dit en italien.
Et on a établi, après mille discussions
Que le prêtre, étant un homme, peut porter le pantalon.
Si le vendredi vous ennuie de manger du poisson,

Ne vous gênez pas, mangez du saucisson.

L'Église se renouvelle pour la nouvelle société ;
L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

De nos jours, les problèmes sont tellement,

Mais l’Église n'abandonne pas, elle va de l’avant.

Si le divorce est smaccum tremendum,

La lutte continue, il y a toujours le référendum

Et si dans le monde, il y a un drame,

Toujours prêt, le pape envoie un télégramme.

Bref qu’il s'émeuve, qu’il déplore, qu’il compatisse,

Ça le désole comme une personne ordinaire.

Après tout, suite à une interview extraordinaire,

On insinue que le pape est communisssss.


L'Église se renouvelle pour la nouvelle société ;

 L'Église se renouvelle pour sauver l'humanité.

SAINT PIERRE  Caspar van Wittel - 1712

SAINT PIERRE Caspar van Wittel - 1712

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Published by Marco Valdo M.I.
4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 10:19

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Samedi 29 octobre 2022

 
La Légende
 

 

 

La Légende

 

 

Chanson française — La Légende — Marco Valdo M.I. — 2022

 

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ;

 

Épisode 76

 

 

 

 

 

ALEXANDRE NEVSKI

 

Ivan Degtev — 2019

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Tout le monde le sait, Lucien l’âne mon ami, ou tout le monde est censé le savoir, une légende est une légende.

 

Oui, c’est-à-dire, demande Lucien l’âne.

 

C’est-à-dire, répond Marco Valdo M.I., qu’elle est une pure invention qui entretient de lointains rapports déformés avec la réalité. En fait, elle s’empare un fragment de réel et elle l’accommode à sa façon. Autrement dit, c’est une histoire arrangée pour faire croire quelque chose qui n’est pas tout à fait, ni vraiment la vérité. C’est l’enfant bâtard de la propagande. En somme, la légende, c’est une vérité arrangée pour donner aux choses, aux événements, aux opinions des gens un sens qu’ils n’ont pas de façon à les rendre agréables et favorables à celui qui la raconte. Et la propagande étant ce qu’elle est, la ficelle est toujours grosse et s’emmêle dans le pompeux et le ridicule.

 

Soit, dit Lucien l’âne, comme disait la grand-mère : « la menterie, tant plus elle est grosse, tant plus elle ment ». Mais pourquoi la chanson s’intitule « La Légende » ?

 

Oh, dit Marco Valdo M.I., elle aurait pu prendre un autre titre. Par exemple, « Le Bouffon » ou « La Bouffonnerie » ; cependant, elle s’intitule « La Légende » en référence à celle d’Alexandre Nevski, dont le Guide — qui, entre parenthèses, s’identifie à lui — prétend qu’il fut le créateur de la Zinovie. Ce qui est bien possible, tout compte fait. Encore que le monde est le monde depuis que le monde est monde. Pour ramener les choses à leurs vraies dimensions, disons que ce « fondateur » — peu importe qui il est — n’a jamais rien été d’autre qu’un prédateur peu scrupuleux, un égo hypertrophié, paranoïaque, avide de pouvoir et de richesses prises sur le dos des gens du lieu et même, d’autres lieux au fur et à mesure qu’il les asservissait et que sa folie s’étendait.

 

Donc, son titre « la légende », dit Lucien l’âne, cible ce passage où il est question d’Alexandre Nevski, un passage qui me semble assez démystificateur.

 

« Le glorieux et vénéré saint héros Alexandre Nevski,

De la terre à la tête, mesurait un mètre quarante-huit.

C’était un grandiose génie stratégique.

Après sa fabuleuse et mythique victoire,

Les habitants unanimes le chassèrent du territoire. »

 

Démystificateur, il l’est certainement, répond Marco Valdo M.I., mais la vérité en Histoire est très souvent démystificatrice ; elle déshabille le personnage et le met à nu et la plupart du temps, le roi mis à nu n’est pas à son avantage et ceux qui croient à sa grandeur s’en trouvent tout marris. Il suffit de voir comment la propagande a traité au cinéma et en musique, cette affaire de la bataille de glace dans le film « Alexandre Nevski » de Serge Eisenstein, musique de Serge Prokofiev, grand succès de 1938. En l’occurrence, ici, au travers de cette commémoration de Nevski et des grandes fêtes patriotiques, c’est le Guide lui-même qui est l’objet des sarcasmes, c’est lui qui est visé.

 

C’est ce que j’avais compris, dit Lucien l’âne, et il le mérite — plutôt un million de fois qu’une. Que tout ceci ait été dit ici me réjouit grandement. Maintenant, tissons le linceul de ce vieux monde légendaire, fabulateur, racontard, vantard et cacochyme

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Gigantesques silhouettes de tous les âges,

Grands et folkloriques personnages,

Écoutez, vous tous, ma chanson

De quand j’étais encore bon garçon.

Il fait bon d’être sultan,

On a des femmes tant et tant,

Mais il y a un inconvénient,

On ne peut boire le vin, c’est gênant.

Il est bien d’être pape,

On boit du vin, on se la tape,

Mais il y a un inconvénient,

On n’a pas de femmes, c’est embêtant.

 

En Zinovie, le Guide, historien averti,

Sait parfaitement cette vérité fortuite :

Le glorieux et vénéré saint héros Alexandre Nevski,

De la terre à la tête, mesurait un mètre quarante-huit.

C’était un grandiose génie stratégique.

Après sa fabuleuse et mythique victoire,

Les habitants unanimes le chassèrent du territoire.

Pour Nevski, avec orgueil, le Guide revendique

Cet autre sublime exploit historique :

L’effondrement soudain de la glace sous les pas

Des destriers des chevaliers teutoniques.

La légende crée un monde qui n’existe pas.

 

En Zinovie, générale est la folie

Engendrée par l’idéologie.

Avec cette manie de l’expansion,

Où va notre Zinovie, où va notre nation ?

Pas besoin d’être devin,

Pour savoir où mène ce chemin.

Le bouffon est un bavard tenace et sagace

Avec son amère face, il agace, grimace, menace.

Au royaume des bouffons,

La bouffonnerie est une terrible vocation,

C’est le grand œuvre du bouffon.

Le Guide sévère entretient sa domination.

 

« Bouffon, je suis. Bouffon, tu es.

Et lui et nous, bouffons, on est.

Bribes de pensées et d’allusions,

Tout est vanité et illusions.

Bouffons, sans hésitation,

Aux magnifiques fêtes patriotiques,

On danse la danse de la révolution.

La prétention du Guide est pathétique.

Quand parfois, le Guide tourne le dos,

Le monde entier le trouve rigolo.

La Zinovie des temps modernes

A le cœur et le moral en berne.

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4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 10:17

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mercredi 2 novembre 2022

 
CREUSER UN TROU
 

 

 

CREUSER UN TROU

 

Version française — CREUSER UN TROU — Marco Valdo M.I. — 2022

D’après la version italienne — SCAVA UNA FOSSA — de Riccardo Venturi — 2022

d’une chanson étazunienne (Anglais) — Dig a HoleWoody Guthrie — 1942


écrite pendant la seconde guerre mondiale par Woody Guthrie (Woodword Wilson Guthrie), mise en musique et enregistrée en 2022 par les Dropkick Murphys. Sortie sur « This machine still kills the fascists » (« Cette machine tue les fascistes »), un disque acoustique (sans instrument électronique — en quelque sorte, nature ; comme à l’époque, l’étaient tous les disques) entièrement composé de chansons de Woody Guthrie.

 

CETTE MACHINE TUE LES FASCISTES

WOODY GUTHRIE - Woodrow Wilson Guthrie

 

 

 

M. Hitler, M. Hitler,

Dites-moi ce que vous allez faire ;

À l’Oncle Sammy, déclarer la guerre.

Trop pour que vous puissiez avaler,

Trop pour que votre ventre le digère.

 

Creuser un trou, un trou dans le pré,

Creuser un trou dans le sol froid, froid ;

Creuser un trou, un trou dans le pré,

Bande de fascistes, on vous aura.

 

Une fois, j’ai vu ces fascistes,

Dans une petite ville belge ;

Les dégâts et la peine la frappaient

Et les bombes pleuvaient.

 

Creuser un trou, un trou dans le pré,

Creuser un trou dans le sol froid, froid ;

Creuser un trou, un trou dans le pré,

Bande de fascistes, on vous aura.

 

Hitler à Göring parlait

Et voici ce qu’il disait :

Ces foutues neiges ne me plaisent pas,

Elles sont trop chaudes pour moi.

 

Creuser un trou, un trou dans le pré,

Creuser un trou dans le sol froid, froid ;

Creuser un trou, un trou dans le pré,

Bande de fascistes, on vous aura.

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4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 10:13

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mercredi 2 novembre 2022

 
Le Devoir sacré
 

 

Le Devoir sacré

 

 

Chanson française — Le Devoir sacré — Marco Valdo M.I. — 2022

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ;

 

Épisode 77

 

 

LE TRAIN DE KAKHÉTIE

Niko Pirosmani - Ca. 1905

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Tu peux me croire, Lucien l’âne mon ami, la grandiloquence est une pratique courante en Zinovie et sans doute, en d’autres lieux aussi. À lui seul, le titre de la chanson le démontre et ne manque pas de vous en persuader.

 

En effet, dit Lucien l’âne, c’est assez évident. Mais qui donc et pourquoi a l’idée saugrenue d’invoquer ainsi « Le Devoir sacré ». Ça relève normalement de l’hagiographie, de l’héroïsme, de l’exaltation programmée. En plus, ordinairement, ça sent la guerre, le sacrifice et la mort. C’est très solennel.

 

C’est bien ainsi, répond Marco Valdo M.I., qu’il faut habituellement le comprendre. Cependant, ici, il y a une surprise. Je m’en vais te l’exposer, mais pour cela, il faut préalablement résumer l’affaire et même comme on peut le voir, il y a une affaire dans l’affaire. Il y a donc une voix anonyme qui raconte que le locuteur s’en va en vacances, plus précisément, dans un centre de vacances, dans une maison de vacances. C’est comme ça que ça va en Zinovie : on part en vacances dans une structure collective ; il en existe de diverses catégories où l’on accède selon son rang dans la société. Celle qui nous occupe n’est pas destinée aux rangs les plus élevés ; bien au contraire. Disons qu’elle est dans la moyenne. Devant la Maison de Vacances, il y a une inscription sur un portique : « Le repos est un devoir sacré ». Je ne sais si c’est de l’humour, de la dérision ; je laisse chacun apprécier l’ironie de pareille sentence.

 

Oui, dit Lucien l’âne, je perçois cette ironie. Normalement, on se serait attendu à une formule plus conforme du genre : « La Défense de la Patrie… », « L’Obéissance au Guide… » ou encore, « Le Travail… » et d’autres déclarations du même tonneau.

 

Enfin, reprend Marco Valdo M.I., cette histoire de « devoir sacré » étant éclaircie, j’en viens au reste de la chanson qui, lui aussi, est barbouillé de sarcasmes. Pratiquement, il s’agit d’un voyage en train et passage de la ville à la campagne. Cette excursion hors de la vie routinière et sans doute, morne, terne et ennuyeuse mène notre voyageur inconnu vers une sorte de paradis. Sur le trajet, comme je l’ai dit, on trouve une affaire dans l’affaire – malheureusement, cette brève rencontre ferroviaire n’aboutira pas et tout au bout du voyage, c’est l’arrivée à la Maison de Vacances qui, on le verra, tombe un peu en ruines.

 

Comme je vois, comme je comprends, dit Lucien l’âne, il y a de la joie. Mais je t’en prie, n’en dis pas plus. Avec ce que tu m’en as dit, j’en ai l’eau à la bouche, et je préfère découvrir les choses moi-même. Et puis, il est temps, il nous faut tisser le linceul de ce vieux monde soucieux, sérieux, vertueux et cacochyme

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

La Zinovie est grande, voyez

Son territoire est immense.

Le Guide pourtant n’en a pas assez,

Il rêve d’empire et de puissance.

À ce délire, je ne veux plus penser,

Pour l’instant, je suis en vacances.

À la Maison de vacances, le slogan affiché

Enthousiasme les consciences :

« Le repos est un devoir sacré. »

Pour nous, c’est l’entrée du paradis

Avec l’avenir radieux, c’est décidé :

Le Guide l’apportera à tous les pays.

 

Le train fonce vers les champs,

Vers les bois, vers le printemps.

Au-dessus de ma tête, mon bagage

Balance en cadence : roulis, tangage.

Et la fille assise, de ses pieds,

De ses jambes suit le mouvement,

Son visage ne m’est pas indifférent.

Que dire ? Comment lui parler ?

Vous fumez ? Ici, c’est interdit !

Je vais à la maison de vacances ;

Elle sourit et dit : « Je rentre au pays. »

Pas le même endroit, malchance !

 

Nostalgie, nostalgie, mon amie,

Aujourd’hui, la cité m’est ennemie ;

La nature cligne des deux yeux ;

Elle me dit, viens mon amoureux.

Et le train du loisir s’élance

Loin de la ville et de ses slogans :

« Victoire ! Gloire ! En avant ! »,

Des banlieues grises, des immeubles morts,

Des maisons et des maisons encore.

Où sont les arbres, où sont les prés ?

La ville partout a proliféré.

Une vache meugle, on est arrivés.

 

Dans le jardin, il y a un monument :

Un groupe pose éternellement :

Un homme, une femme et un enfant,

Tous nus comme au temps d’Adam.

Déploient leurs membres exaltants.

La saine famille chante l’hymne à la vie

Et l’immortelle beauté de la Zinovie

Malheur, la sculpture est en plâtre,

Elle s’effrite à la pluie et se brise au vent.

Un membre tombe, on y met un emplâtre.

Le sculpteur attitré est très content,

Il faut la restaurer plusieurs fois l’an.

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4 février 2024 7 04 /02 /février /2024 10:10

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jeudi 3 novembre 2022

 
Les nouveaux Soldats
 

 

 

 

Les nouveaux Soldats

 

 

Chanson française — Les nouveaux Soldats — Marco Valdo M.I. — 2022

 

 

LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.

 

 

 

LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; Épisode 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ; Épisode 43 : Le Pantalon ; Épisode 44 : La Secrète et la Poésie ; Épisode 45 : L’Édification de l’Utopie ; Épisode 46 : L’Ambition cosmologique ; Épisode 47 : Le Manuscrit ; Épisode 48 : Le Baiser de Paix ; Épisode 49 : Guerre et Paix ; Épisode 50 : La Queue ; Épisode 51 : Les Nullités ; Épisode 52 : La Valse des Pronoms ; Épisode 53 : La Philosophie spéciale ; Épisode 54 : Le Pays du Bonheur ; Épisode 55 : Les Pigeons ; Épisode 56 : Les Temps dépassés ; Épisode 57 : La Faute à la Contingence ; Épisode 58 : Guerre et Sexe ; Épisode 59 : Une Rencontre en Zinovie ; Épisode 60 : La Grande Zinovie ; Épisode 61 : La Convocation ; Épisode 62 : Tatiana ; Épisode 63 : L’Immolation ; Épisode 6: Que faire ? ; Épisode 65 : Ni chaud, ni froid ; Épisode 66 : Le Congé éternel ; Épisode 67 : À perdre la Raison ; Épisode 68 : Les Sauveurs de l’Humanité ; Épisode 69 : L’Eau qui dort ; Épisode 70 : Le Régime en Place ; 071. Épisode : Un Conflit avec l’Étranger ; 072 : Petit Manuel de Survie ; 073. La Banalité ; 074. La Ligne de Conduite ; 075 : Les Femmes de Zinovie ; 076. La Légende ; 077 : Le Devoir sacré ;

 

 

 

 

Épisode 78

 

 

 

 

 

 

 

 

LE NOUVEAU SOLDAT

 

Mikael VOLODINE - 1949

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Mon cher ami Lucien l’âne, voici à nouveau un écho de Zinovie, une voix inconnue qui réfléchit au destin, à l’histoire, au présent et au passé de la Zinovie. Apparemment, il s’agit de la voix de quelqu’un qui a été, est peut-être encore soldat ou officier là-bas, engagé dans une guerre.

 

Oh, dit Lucien l’âne, ça arrive même aux militaires de devoir s’engager dans une guerre.

 

Donc Lucien l’âne mon ami, la voix du soldat raconte la guerre en trois tableaux. Le premier laisse penser que le bataillon, le régiment, l’armée entière peut-être où il est depuis quelque temps en campagne, a connu de grands revers, de grandioses pertes et n’a plus assez de soldats, au point qu’il a fallu en faire venir d’autres, faire venir de nouveaux soldats. Ce sont ceux dont parle le titre. Bien entendu, comme les soldats ne se fabriquent pas en usine, il a fallu en puiser dans les civils de Zinovie.

 

Ah !, dit Lucien l’âne, c’est ça les nouveaux soldats ; ce sont des civils qu’on reconvertit aux charmes de la guerre. Mais qui donc décide tout ça ?

 

Normalement, Lucien l’âne, c’est l’État et en Zinovie, l’État est incarné par le Guide, lequel est un animal totémique mi-civil, mi-militaire. C’est donc lui qui théoriquement décrète tout ce qui doit se faire en la matière. Cependant, ce qui se passe sur le terrain échappe à sa prise directe ; il doit déléguer. De ce fait, il voit les choses de loin, en grand, en gros et il n’en apprend les détails que par intermédiaire. C’est ainsi, il lui faut bon gré, mal gré confier la conduite des opérations à d’autres qui parfois, font des erreurs. On en trouve un bel exemple dans la chanson, dont je n’en dis pas plus, sauf que la chose est surprenante et quand même, assez extraordinaire.

 

Bien, bien, dit Lucien l’âne, je vais m’en informer tout à l’heure.

 

Ensuite, reprend Marco Valdo M.I., la voix détaille, expose la façon dont l’armée zinovienne agit à la guerre. À la suite de ce récit critique, la même voix décrit et dénonce l’énorme injustice qui préside aux existences des Zinoviens. C’est assez fumant, comme tu pourras t’en rendre compte.

 

Encore une fois, merci, Marco Valdo M.I., et sans hésiter, je vais m’y atteler. Mais quand même tissons le linceul de ce vieux monde millénaire, militaire, précaire, prompt à la guerre et cacochyme

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

On attend les nouveaux soldats,

Les autres ont fondu à l’été.

Qu’allons-nous faire, cette fois ?

On va recommencer

Sur tous les fronts à la fois

La grandiose offensive avortée.

Les troupes fraîches sont arrivées.

Maintenant, il va faire froid

On s’est emparé de la localité.

Les autres n’avaient pas fui,

C’étaient des nôtres, ces assiégés.

On s’était trompé d’ennemi.

 

Quand on attaque, c’est pas pour rire.

Dans le passé, il y a eu des carnages,

Agrémentés de juteux saccages.

Nous, on améliore la tradition, on fait pire.

La certitude de la future victoire

Vibre dans nos chants, dans nos voix.

C’est la course à la gloire.

On fonce dans les champs, dans les bois ;

On avance toujours, on ne recule pas.

On bombarde, on fait d’énormes dégâts

On détruit sans ambages, on fout le bazar,

Pour effrayer le monde, pour étonner l’Histoire.

 

Parfois, on fait des erreurs,

Ce sont des erreurs isolées.

Les anciennes horreurs

Remontent à de longues années,

On les a rectifiées.

Les gens les ont déjà oubliées.

En Zinovie, on ne laisse rien au hasard,

On élimine seulement le superflu,

On fait fuir les individus.

Quel ennui, un plus un finit,

À la fin, par dépeupler le pays

Et le pays épuisé n’en peut plus.

 

Ici, officiellement, le monde est parfait

Le Guide et les puissants se débrouillent,

Pauvres, insignifiants, les citoyens dérouillent.

Ainsi, en Zinovie, le monde est injuste tout à fait.

Les gens du commun voient bien l’injustice

Et ils ne voient pas comment l’éliminer,

Nul ne sait comment établir la justice.

Un gars, un vieil instituteur, a essayé

Pendant des années et des années,

Aux instances, il envoyait des courriers.

Contre l’iniquité, il a protesté.

À la fin, dans un camp, ils l’ont interné.

 

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Published by Marco Valdo M.I.

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