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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 18:46

 

L’ÂNACORNE

 

Version française – L’ÂNACORNE – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – La ballata del ciucciocornoDario Fo – 1973

Texte : Dario Fo et Franca Rame

 

 

 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

 

Cette fois, Lucien l’âne mon ami, je vais te faire découvrir une fable. Une fable tout à fait dans la tradition d’Ésope, de Phèdre, de Jean de Capoue et de Jean de La Fontaine, pour ne citer qu’eux, et tu dois connaître assez les fables d’avoir été si souvent sur ces scènes sollicité.

 

Évidemment, d’ailleurs ne suis-je pas moi aussi un animal fabuleux, étant Lucien l’âne, figure moderne de cet Âne d’Or que l’on connut autrefois, dont je me demande parfois s’il ne viendrait pas de Chine et passant par l’Inde. Peut-être, me dis-je, car j’ai en tête de lointains souvenirs de mes pérégrinations en ces pays où je fus bien avant d’arriver par ici ; il m’en reste aussi quelques idées de sagesse et de raison. Dès lors, je le sais pardi que dans les récits des fabulistes, l’âne est un personnage qu’on rencontre fréquemment.

D’ailleurs, avant même de l’entendre, j’imagine une certaine parenté entre la chanson et la fable de La Fontaine où l’âne est trompé et raillé et condamné pour avoir mangé un peu d’herbe et surtout, de l’avoir avoué, alors que les pires dévastateurs et les plus odieux criminels niant tout continuent leurs méfaits en toute équanimité.

Une fable dont Chamfort estimait qu’elle racontait l’histoire humaine. Tu sais, celle qui se termine par cette morale quasiment universelle et qui pourrait figurer parmi celles de la Guerre de Cent Mille Ans :

 

« Selon que vous serez puissant ou misérable,

les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ».

 

Au cas bien improbable où tu ne l’aurais pas reconnue, il s’agit…

 

De l’une des plus célèbres du fabuliste français, « Les Animaux malades de la peste », enchaîne Marco Valdo M.I. et tu l’as pointée à juste titre, car elle me semble avoir inspiré Dario Fo et je ne pense pas que ce fut à son insu.

Dario Fo, homme de théâtre, ne pouvait ignorer les fabulistes, leurs fables et leur fabuleuse technique du récit.

Ainsi, comme tu l’auras compris, cette chanson, cette histoire est une fable. On y voit évidemment les animaux carnassiers assemblés sous la présidence du roi Lion, lesquels sont bien embêtés et empêchés de commettre leurs habituels crimes et forfaits à cause du fait que l’âne est nanti d’une redoutable corne terriblement dissuasive, d’où son nom « ciucciocorno » que j’ai rendu en français par « ânacorne », animal rappelant à l’évidence la mythique licorne, dont nul n’a encore percé le secret.

Les fauves délibèrent en Congrès d’une alliance et organisent ainsi un piège pour se débarrasser de ce défenseur des plus faibles (plus spécialement ici, des herbivores), cet empêcheur d’assassiner en rond, cet affameur de tigres, de chacals et de lions. Les conjurés l’attirent à de grandes agapes faussement végétariennes, organisées afin de prouver leur innocuité et le convainquent ainsi de se laisser scier la corne, afin – disent-ils – de les rassurer et de ne pas mettre en doute leur bonne foi.

Évidemment, ce qui devait arriver, arriva et à peine la corne coupée, ils s’en prennent à l’ânacorne (sans corne), qui réussit à s’échapper et les fauves se répandent dans les environs tuent moutons, chèvres et autres paisibles ruminants. Et le vieux bouc, animal sage et prudent, qui avait prévenu l’âne et lui avait dit de se méfier de cette embuscade et de surtout, surtout ne pas se laisser désarmer, l’accuse de négligence, de stupidité et de trahison.

 

Oh, dit Lucien l’âne en rigolant, je n’ai jamais eu de corne, mais j’ai de solides sabots et des dents assez dures ; de plus, j’ai un cerveau et je sais m’en servir et je connais les arcanes de la Guerre de Cent Mille Ans que les forts font aux faibles. Pour ce qui est de cette histoire, elle me semble des plus classiques, mais j’imagine qu’elle a d’autres dimensions.

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, il fallait s’y attendre avec un auteur comme Dario Fo, dont les représentations théâtrales furent plusieurs fois interdites et qui fut lui-même poursuivi et censuré.

Donc, la canzone parle du coup d’État qui eut lieu au Chili en 1972 qui mit fin à l’illusion démocratique et dévoila l’impossible union des militaires et de la démocratie, disons, évolutionniste de Salvador Allende, président élu du Chili, arrivé au pouvoir porté par une coalition des gauches chiliennes, elles-mêmes soutenues par tout un peuple.

 

Excuse-moi d’interrompre ton propos, mais il me semble avoir compris, Marco Valdo M.I. mon ami, qu’elle raconte aussi d’autres choses, cette canzone.

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, elle va plus loin et raconte aussi une histoire italienne, celle de la démocratie imaginée dans la Résistance au fascisme et qui aurait dû se traduire dans la Constitution et abolir les lois et structures mises en place par le régime mussolinien.

Là aussi, après le référendum instaurant la République, voulu et remporté par la résistance, on allait tout changer et il y eut un grand congrès – la Constituante et comme dans la canzone, il y eut une victime des agissements stupides d’un « ânacorne » et cette victime ou plutôt, ces victimes, ce furent le peuple partisan, ces gens qui avaient donné ou risqué leur vie et celles des leurs pour liquider le fascisme, l’éradiquer jusqu’au fondement et pour établir une république généreuse et pacifique.

Aux gens d’Italie, cet ânacorne italien promit la démocratie et le peuple une fois désarmé, on lui a resservi les anciens plats et on inséra dans la Constitution les Accords du Latran, autrement dit la religion d’État, la domination de l’Église catholique, et conséquemment, celle de la démocratie chrétienne, courroie de transmission d’un pouvoir en quelque sorte théocratique.

Et sous la houlette de l’ « ânacorne », les communistes du PCI, censés être les meilleurs défenseurs du peuple lui ont raconté une histoire à la Pangloss, comme quoi tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes – imagine, Lucien l’âne mon ami, ils étaient au gouvernement. Il convenait d’y rester.

C’est ainsi que se fiant aux promesses de la démocratie chrétienne, ils ont de fil en aiguille, de compromissions en compromis « historique », été complètement laminés et ce sont les gens d’Italie qui à présent encore doivent payer le prix de cette brillante politique. C’est ce que j’ai appelé la Trahison des Clercs à l’italienne. Évidemment, comme pour toutes les fables, la vérité transcende la petite histoire.

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I., tout cela est bien désolant. À la lecture de cette Trahison des Clercs en Italie, il me semble qu’il y a eu une sorte de coup de Jarnac à la dernière minute et que cette position de ralliement subit du PCI aux sirènes vaticanes est surtout le fait d’un homme et que, dès lors, ce serait donc lui cet « ânacorne » dont il est question dans ta chanson.

 

À la vue des événements historiques et à celle de la biographie du personnage, on peut sans crainte désigner Palmiro Togliatti, comme l’« ânacorne ». à la fin de la toute dernière séance consacrée au vote de l’article 5 de la Constitution – l’article qui insère les « Accords du Latran » dans la Constitution, C’est lui, Togliatti Palmiro, secrétaire général du PCI, qui va contrairement à toute attente et à ce qu’il avait promis au peuple, conclure son discours par le ralliement aux manigances chrétiennes et cela, à l’encontre de l’avis du peuple italien et de la Constitution elle-même, qui proclamaient l’Italie comme une république laïque. Voilà pour les événements.

 

Et, il me semble Marco Valdo M.I. mon ami, que tu as évoqué des éléments biographiques pour expliquer cette volte-face de Palmiro Togliatti.

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, mais je ne vais pas faire sa biographie, d’autres s’en sont chargés ou s’en chargeront. Je retiendrai deux ou trois faits terriblement clairs. D’abord, en 1936, le dénommé Palmiro Togliatti lance, depuis l’exil, un « Appel aux fascistes » :

« Pour le salut de l’Italie, réconciliation du peuple italien ! La cause de nos maux vient du fait que l’Italie est dominée par une poignée de grands capitalistes. (...) Seule l’union fraternelle du peuple italien obtenue par la réconciliation entre fascistes et non-fascistes pourra abattre la puissance des requins dans notre pays. (...) Les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 qui est un programme de paix, de liberté, de défense des intérêts des travailleurs. Peuple italien, fascistes de la vieille garde, jeunes fascistes, luttons ensemble pour la réalisation de ce programme ! »

 

On dirait un cauchemar, une blague, dit Lucien l’âne. Un discours digne du grand Dictateur de Chaplin ou du Big Brother d’Orwell.

 

C’est, en effet, une proclamation aux ordres d’un grand Dictateur. Mais il va persister dans ses attitudes conciliatrices avec les fascistes et les gens de l’autre bord et il va y pousser tout le PCI et avec lui, tous ceux qui lui ont fait confiance, c’est-à-dire une bonne part des ouvriers et des gens du peuple italiens.

Parmi ces gestes de conciliation, il y a l’inquiétante amnistie qu’il va – comme ministre de la Justice – accorder aux fascistes dès 1946. On s’étonnera après qu’il n’y eut pas de véritable défascistisation de l’Italie.

Et, bien entendu, cette allégeance au Vatican et à la démocratie-chrétienne qu’est son ralliement à l’inclusion des Accords du Latran – signés entre les fascistes et la Papauté, qui font de l’Italie un protectorat pontifical, une sorte de Catholie, de Catholand ou de Catholikistan, selon l’endroit d’où on la regarde.

 

Tu y vas fort, Marco Valdo M.I. mon ami. Mais il me semble bien, à voir l’Italie d’aujourd’hui et son histoire depuis la fin de la guerre, que tu pourrais avoir raison. Ce pourrait bien être la vérité vraie à voir cette désolation : un parti qui a commencé son histoire avec Antonio Gramsci et l’achève avec Matteo Renzi.

Enfin, soupire Lucien l’âne, passons et – retrouvant son sourire – voyons cette canzone de l’ « ânacorne » et reprenons notre tâche qui est de tisser sans jamais dévier le linceul de ce vieux monde ignoble, ambitieux, avide, croyant, conciliateur et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Le lion a trouvé dans un livre de la Curie

Qu’au lieu de cabri, on peut manger la pastèque ;

La pastèque rouge dite aussi melon

Sera dorénavant la pitance des lions.

Le loup est fou des pommes de terre,

Le lynx, aux poules, les choux et les raves préfère,

La hyène est folle de la salade,

La fouine raffole de céleri et de carottes.

Ah, dit le lion, pour toi et les tiens, ne crains plus rien,

Nous sommes à présent tous végétariens.

Tu pourras le vérifier à notre Congrès des fauves

Et des rapaces où personnellement, je t’invite.

 

L’ânacorne se rend à ce congrès de brigands ;

Le croisant le vieux bouc lui dit sagement :

Attention, Ânacorne, c’est un piège !

Surtout, ne laisse pas couper ta pointe !

Car l’arme terrible de ta corne

Est notre plus sûre défense.

L’ânacorne se mit à braire

Et dit : Je suis un âne, certes ;

Je suis cornu, oui, mais ne suis pas bête !

Je la connais cette bande de gangsters.

 

Au Congrès, le lion et la panthère,

Lui firent grande fête,

On l’installa sur le trône du roi

Et commença le fastueux repas.

Œufs durs, aubergines au fromage,

Haricots verts et pois chiches.

Le tigre buvait de l’eau plate,

Avec un sandwich à la ricotta douce.

Étendu langoureux, un fort reptile

Léchait gourmand un sorbet à la fraise.

Le renard suçait des scorsonères,

Il criait : « Plutôt le choléra que manger de la chair ».

C’était à se pisser dessus

De voir tous ces carnassiers se gaver de légumes crus ;

Le loup grignoter le melon, boire son jus,

La hyène suçoter des choux pourris et des fruits charnus.

Et tous mangeaient avec grand plaisir,

À son tour, en cachette, chacun allait vomir.

Fini le repas, le roi lion demanda :

Alors, Ânacorne, il t’a plu ce petit repas ?

 

Tu vois, depuis longtemps, tel est notre régime ;

Nous sommes des êtres pacifiques à cette heure.

Il est temps qu’on vive ensemble en bonne entente,

Qu’on collabore pour édifier un monde de bonheur.

Le tigre entre ses dents murmure :

Il n’y a plus rien à craindre ;

Le faucon crie en se lissant les plumes :

Oublions nos rancunes !

Déposons les armes, les becs, les griffes et les cornes,

Il faut la confiance pour créer un nouveau monde

Et tous le cajolaient de façon presque sincère :

L’ours embrassait Ânacorne et même la panthère,

Le python ensuite d’une telle étreinte le serre

Qu’il s’en faut de peu qu’il l’étrangle.

 

Eh bien, dit le lion,

Maintenant que règne la confiance,

Cette corne au front,

Que veux-tu en faire encore ?

Je la garde pour nous défendre moi et mes amis,

Mais si tu es armé où est la démocratie ?

Avec cette corne, tu nous tiens tous en respect,

Dit le renard et pleurniche le crocodile,

On dirait que tu nous trouves suspects,

La confiance et la bonne foi sont choses civiles.

Maintenant que nous sommes végétariens,

Cette corne est un comportement de vilains.

Nous te donnons notre parole de citoyens,

Parole de vrais démocrates et chrétiens :

Jamais plus les armes ne saliront nos doigts !

Parole de vieux militaire, parole de roi,

Parole de prêtre, d’évêque, de pape et de sacristain,

Ôte cette corne et nous te baiserons les mains.

 

Mais l’ânacorne n’était pas crétin

Pourquoi n’ôtes-tu pas ton bec, Faucon, mon ami ?

Car il me sert à picorer le raisin ;

Sans mon bec, je ne peux pas vivre ainsi !

Et pourquoi ne scies-tu pas tes dents, cher Lion ?

Avec quoi mangerais-je la pastèque et le melon ?

Sans dents, je ne peux pas me nourrir ;

Sans la pastèque, de faim, je vais mourir.

Et les fauves tous en chœur se désespèrent :

Les griffes, becs et dents ne sont pas des armes,

Ce sont des couverts ; sans eux, on ne peut manger.

Si on nous en prive, on est condamnés

Comme des enfants sans leur mère.

Ému, gêné, honteux, pleure l’ânacorne.

Alors, il plie le genou ; à la scie, il abandonne,

En baissant le front, sa longue corne.

 

Quand la corne fut sciée et l’âne désarmé,

Les fauves se mirent à crier :

Âne ! Nigaud ! Nous t’avons bien coincé !

Coups de patte et grandes morsures,

Blessures profondes, presqu’égorgé,

L’ânacorne fuit par le bois jusque sur la montagne

Où il arrive presque mort et sans souffle.

De là-haut, il voit lions, tigres, loups et panthères,

Happer les moutons, dépecer les vaches et les chèvres.

Il voit impuissant égorger ses enfants, ses compagnes ;

Il voit du sang et des larmes couler dans les campagnes.

 

Ils m’ont trahi – criait-il – cette bande de chacals,

M’ont dupé le renard prêtre, le lion général

Et la louve perverse de la démocratie chrétienne.

Ils m’ont rempli la tête de fanfares,

De promesses et de louanges, ces charognards.

Ne pleure pas – dit le bouc en furie

Dorénavant à juste titre par tout le monde, tu seras appelé

L’âne cocu, cornu, décorné pour la vie

Qui par cette bande de truands s’est laissé désarmé.

Tu as cru au compromis historique, comme à la démocratie

Croient les vieux socialistes séduits par la bourgeoisie.

Tu ne mérites aucune compréhension,

Juste du mépris pour ta compromission,

Une ruade terrible de vieux bouc en colère

Et méritent pareil sort tous ceux qui s’entichent

De collaborer dans cette guerre

Avec les fauves, les puissants et les riches !

 

 

L’ÂNACORNE
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Marco Valdo M.I.
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 10:04

GANDHI

Version française – GANDHI – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – GandhiAlessandro Mannarino – 2017

 

 

 

 

« J’en ai contre les icônes pop comme Marylin Monroe et Einstein, contre la paix édulcorée de Gandhi. Je vois une subtile ligne qui divise le pacifisme de la complaisance et de la résignation, car celui qui passe sa vie à asphalter des routes sous le soleil cuisant d’août, on ne peut pas enseigner le pacifisme, il le subit. Dans mes fréquents voyages au Brésil, à Rio de Janeiro, j’ai vu toutes les contradictions enter celui qui vit dans les favelas et celui qui par contre vit entouré du luxe, forcé cependant à se barricader chez lui. Où est la méchanceté du pauvre ? Il serait utile refonder la pensée de l’être humain. J’en ai contre les intellectuels que je trouve totalement abstraits de la réalité. Je ne suis pas parmi ceux- même si j’ai étudié philosophie, je fais un travail manuel et je me salis les mains comme un ouvrier ».

 

 

 

 

On se rassemblait sur les places les fleurs à la main.

Suivant la doctrine des gourous indiens,

Nous évitions les coups de fusil en psalmodiant leur refrain.

Toutes les fois qu’un coup de feu sur la rue répand le sang,

Au niveau supérieur, quelqu’un accumule de l’argent.

Un vieil avare a élevé un mur, le jardin pour les grands ;

Le vin blanc frémit encore plus blanc servi avec des gants,

Des gants blancs

Et des ongles noirs sous les gants,

Des mains sales de chantier.

Dans les poumons, des cheminées,

Dans la tête, des fourrés,

Tous à la queue chez l’épicier

Qui nous donne la carte de fidélité,

Avec le visage de Gandhi, de Gandhi

Et nous allons tous en file chez le baron

Nous inscrire pour ouïr la leçon

Sur les discours de Gandhi,

(Pour les petits et pour les grands) Gandhi.

 

Il y a celui qui change de vie et va en Inde,

Le change a plein d’avantages.

Tant gens pour rien lavent, repassent,

Courent les rues nommées,

Je ne vous dis pas ici du nom de qui,

Vous l’avez deviné. Gandhi !

Maintenant méditez, méditez :

À quoi sert de travailler ?

Si les Indiens sont nombreux,

On peut compter sur eux

Grâce à la monnaie avec le visage de Gandhi, de Gandhi.

 

Allons dans les usines parler de Gandhi,

Allons dans les prisons parler de Gandhi,

Allons dans les écoles de quartier

Inaugurer une autre école de Quartier,

Nommée Mahatma Gandhi, Gandhi.

Dans les usines chinoises,

Au milieu des champs de Calabre,

À Raguse, ramassent les tomates

Des adeptes du Mahatma Gandhi,

Gandhi, Gandhi, Gandhi, Gandhi.

 

Quand un pauvre gars

Sur sa croix

Par une mouche a le nez mangé,

Il ne peut la chasser,

La mouche a grandi dans le caca

De la vache sacrée,

La vache a maigri pour pouvoir participer à la corrida.

Riez madame, riez.

Détendez-vous et dites à votre fils de ne plus lancer

De cailloux, s’il vous plaît.

Polichinelle, enlève ton masque,

Baisse le rouleau à pâte,

Et maintenant, qui est la plus belle ?

Calme, détendu, avec le visage souriant,

Tout vêtu de blanc, il rit.

Il me rappelle quelqu’un, ce Polichinelle.

Il me rappelle…

Un certain Gandhi, Gandhi, Gandhi.

 

Luana Gandhi, Moira Gandhi, Natasha Gandhi,

Emanuele Gandhi, Mauro Gandhi, Danilo Gandhi.

Jennifer Gandhi, Cristina Gandhi, Alessandro Gandhi,

Magasins Gandhi, Électricité Gandhi, Collège technique commercial Gandhi,

Pour apprendre à confectionner la tunique de Gandhi.

Machines à laver Gandhi, Gandhi affaires, Institut Gandhi

Polichinelle, comme vous êtes élégant,

Quel plaisir de vous revoir ainsi,

Sans bâton, avec le visage souriant, tout vêtu de blanc.

Polichinelle, l’apéritif est servi

Venez, ne restez pas à penser

Imaginez que, dans cette société,

Il y a celui qui fait la grève de la faim

Et celui qui fait grève, car il a de la faim.

Mais, toujours à la fin,

Arrive la police qui

N’a jamais lu un livre de Gandhi.


 

 

GANDHI
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Marco Valdo M.I.
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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 12:54

 

LE PANZER DE LA PAIX

 

Version française – LE PANZER DE LA PAIX – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson allemande – Friedenspanzer – Rod Gonzalez & Farin Urlaub (Die Ärzte) – 1994

 

 

 

 

 

 

"Friedenspanzer" [LE PANZER DE LA PAIX] est une chanson punk du groupe allemand Die Ärzte, une chanson à propos d’une machine de guerre qui répand la paix, l’amour, les solutions aux problèmes et aide les gens.

 

Dialogue maïeutique

 

Vois-tu, Lucien l’âne mon ami, dit Marco Valdo d’un ton un petit peu docte, contrairement à ce qu’on raconte, la naïveté n’est pas un vilain défaut, même quand elle est fausse.

Et c’est précisément le ton de cette chanson que cette fausse naïveté, voulue ou non, ce n’est pas la vraie question. La vraie question est toujours est-ce une bonne chanson ? Raconte-t-elle quelque chose qui intéresse ?

Car il y a mille et une manières de faire une chanson, comme il y avait mille et une manières de charmer un sultan par des contes susurrés à son oreille. Il n’y faut pas nécessairement la pesanteur académique ou l’amplitude des grandes œuvres, qui d’ailleurs sont rares ; une œuvrette suffit souvent.

 

Oh oui, je le sais bien, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l’âne en se dandinant curieusement. Jean Constantin avait réussi à faire une chanson très appréciée du public avec ce texte assez déconcertant : « Où sont passées mes pantoufles ? » (https://www.youtube.com/watch?v=MrhnnmQzjwA), qui de plus sert de titre à la chanson. Une belle économie de moyens !, rattrapée par un énorme talent de comédien-pianiste-chanteur.

 

On n’est pas à ce degré de simplicité dans les moyens avec LE PANZER DE LA PAIX. On a là une structure plus classique : un soliloque, un monologue transformé en une sorte de discours à la cantonade. Sur le fond, il s’agit d’une réflexion paradoxale où l’on transforme l’engin guerrier et répressif par excellence en machine à paix. L’idée est curieuse et le projet étrange, mais il s’agit juste d’un moyen poétique de dire l’angoisse qui rémane dans la société. Il s’agit d’une angoisse diffuse sans vraiment de raison et de contour précis, mais elle est d’autant plus difficile à exprimer et à traduire en chanson. Et puis, il y a ce souhait – somme toute rassurant – de trouver une solution universelle face à la propension des humains à s’affronter – LE PANZER DE LA PAIX, instrument idéal pour faire la « Guerre à la Guerre ».

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, tout cela me paraît bien sympathique, mais – comme tu l’as laissé entendre dès le départ, carrément cousu de naïveté. Reste à savoir si c’est une naïveté volontaire, ce que tu appelais une « fausse naïveté ».

 

Lucien l’âne mon ami, les choses sont évidemment très claires, car la chanson est portée par un personnage imaginaire qui est effectivement la naïveté personnifiée, une sorte de doux rêveur et donc, si sa naïveté est réelle, celle de la chanson est feinte. C’est un jeu d’ombres, un jeu dans un miroir où tout s’inverse et où cette feinte naïveté sert également à alléger le propos, à médiatiser l’angoisse. Il reste cependant qu’il s’agit d’évoquer cette Guerre de Cent Mille Ans que les puissants et les riches (ou l’inverse) font aux pauvres pour assurer leur domination, bétonner leurs privilèges, renforcer leur pouvoir, étendre l’exploitation et satisfaire leurs ambitieuses avidités.

 

Si c’est ainsi – et ce l’est, alors il ne nous reste qu’à reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde ambitieux, avide, avare, assassin, absurde et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 
 

Le journal télévisé n'est pas ma tasse de thé,

Rien que des meurtres et des tas de morts partout.

Les chiens de guerre sont à nouveau lâchés,

Quand frères et sœurs se détestent tout d’un coup.

Quand tombent les bombes

Les hommes se prennent de haine.

 

Ce qui me vient en tête,

Pour sauver ce monde,

C’est un Panzer de la Paix

Il bombarde d’amour les cœurs,

Il apporte la paix sans douleur,

C’est le Panzer de la Paix, le Panzer de la Paix

 

Il lance des fleurs au lieu d’obus

Il touche tout le monde, même les insensibles

Au lieu de gaz toxique, il envoie du parfum de rose

Il purifie l’air pollué en lançant l’encens dessus

Il ne nous laisse plus jamais solitaires

Vous, moi, tous, nous sommes ses mercenaires.

 

Ce qui me vient en tête,

Pour sauver ce monde,

C’est un Panzer de la Paix

Il bombarde d’amour les cœurs,

Il apporte la paix sans douleur,

C’est le Panzer de la Paix, le Panzer de la Paix

 

Il bouche le trou de la couche d’ozone,

Il replante sans tarder une forêt équatoriale.

Avec son canon à tofu, il arrête les famines.

Il empêche la pêche à la baleine,

Il neutralise même la bombe à neutrons,

À se demander si ce n’est pas la solution.

 

Ce qui me vient en tête,

Pour sauver ce monde,

C’est un Panzer de la Paix

Il bombarde d’amour les cœurs,

Il apporte la paix sans douleur,

C’est le Panzer de la Paix, le Panzer de la Paix

 

Il met fin à toute dictature :

Comment il fait ça, je me le demande.

Il nous aide pour la rime,

Il porte les sacs des grands-mères.

C’est le Panzer de la Paix,

Le Panzer de la Paix !

 

 
LE PANZER DE LA PAIX
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Marco Valdo M.I.
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 11:59

MOINS CINQ

Version française – MOINS CINQ – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson allemandeFünf vor zwölf Campino (Andreas Frege) et Andi (Andreas Meurer) [Die Toten Hosen] – 1990

Reprise sur le disque collectif intitulé : « Nazis Raus ! (Nazis Dehors !) » en 1991, republié en CD en 2003.

 

 

 

Lucien l’âne, à voir ce qu’on y raconte, on ne dirait pas que c’est une chanson qui date de plus d’un quart de siècle. Elle raconte l’attaque d’un commerçant, un verdurier, un épicier turc quelque part dans une ville allemande.

 

Chez nous aussi, il y a des commerçants turcs qui vendent les légumes, le pain, l’épicerie. Il y a aussi le « paki », le « marocain »… Drôle comme on désigne les gens ainsi par une sorte de qualificatif générique. Comme si parlant de moi, il dirait « l’âne » ; pas Lucien l’âne, mais juste « l’âne ». À propos, le garagiste du coin est d’origine turque, mais tout le monde l’appelle Jacky. Il y a plus de vingt ans qu’il est là. Mais en face, le marchand de pneus est « italien », la supérette sur la place est tenue depuis vingt ans par des « italiens »- tiens, c’est Nino et Francesca. On remarquera que dans ces dénominations génériques, on oublie souvent la majuscule ; c’est sympathique, mais aussi symptomatique. En fait, au stade suivant et généralement à la génération suivante, les gens commencent à appeler ceux venus d’ailleurs par un nom, généralement un prénom. Mais, revenons à la chanson.

 

Oui, alors, reprend Marco Valdo M.I., cette histoire est simple . Comme on est en Allemagne, il est Turc, originaire de la Mer Noire, il se nomme Erdal ; le protagoniste de la chanson qui raconte qu’il va chez ce « Turc » chercher ses légumes, on comprend ainsi que cet « immigré » est là depuis un certain temps – des années sans doute. Il est là probablement depuis que l’Allemagne (la Fédérale, celle de l’Ouest) est devenue tellement obèse qu’elle a dû importer des travailleurs étrangers – spécialement, Turcs ou Grecs, pour suppléer à son manque de main d’œuvre pour remplir les fonctions et les tâches subalternes de la société. Cependant, il faut quelques années, sans doute de longues années, à un immigré pour installer un commerce et ensuite, avoir pignon sur rue. Dans la chanson, il n’est pas dit s’il est de première ou deuxième génération d’émigration. Par ailleurs, si cette histoire s’était déroulée ailleurs en Europe (disons, de l’Ouest), il aurait tout aussi bien pu être Kurde, Roumain, Bulgare ou si l’on élargit le spectre à la Méditerranée : italien, marocain, grec, algérien ou même, portugais ou espagnol.

 

Oui, cela peut se produire maintenant ici, à tout moment, dit Lucien l’âne. C’est devenu banal.

 

C’est bien ce qui encore plus inquiétant, dit Marco Valdo M.I. On aurait pu penser que ces attitudes xénophobes s’estomperaient avec le temps et avec la banalisation de la présence des émigrés – de tous horizons, dans les villes et les agglomérations d’Europe. Il semble bien que ce ne soit pas le cas et que contrairement à ce qu’on pouvait espérer il y a une cinquantaine d’années, l’humanisation de la société n’arrive pas à éradiquer les comportements imbéciles.

 

Dans quoi donc vasouille notre « civilisation » ? Quels sont ces gens qui traitent les autres par le mépris, les maltraitent, les matraquent et finissent par les tuer ? Sont-ce vraiment des gens, ces gens-là ? Il est vrai que bon nombre d’entre eux cherchent le sens de leur propre vie dans des entités extérieures à eux-mêmes prétendent appartenir à un groupe, un parti, une nation, une religion, un Dieu, un Prophète ou que sais-je encore. Dans tous les cas, une seule chose ressort de ce constat, c’est qu’ils ne s’appartiennent pas et ispo facto, se transforment eux-mêmes en pions, en sujets obéissants d’une chose qui les envoûte, qui les englue, qui les englobe, qui les enferme. Ils vivent prisonniers d’une entité qui les manipule.

 

Ainsi, conclut Lucien l’âne, l’homme a encore pas mal de chemin à faire pour devenir lui-même et ne plus envier ou haïr ses semblables. Par parenthèse, un des premiers pas vers l’humanisation de l’homme serait qu’il accepte d’être lui-même, qu’il se débarrasse des armures psychologiques dans lesquelles il s’enferme et qu’il garde pour lui-même ses croyances bien au chaud dans son intimité. Je dis cela, car dès lors qu’il ne ferait plus état, ni usage de ces béquilles mentales, il grandirait à ses propres yeux et entretiendrait des rapports détendus avec les autres humains. Ce serait un excellent début. Quant à nous, chi siamo somari, reprenons notre tâche, aidons l’humanité à se débarrasser de ces poids encombrants et trompeurs et tissons de ce fait le linceul de ce vieux monde envieux, avide, ambitieux, absurde, atroce et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Chez lui, j’achetais toujours mes légumes.
Il a dans la trentaine, un enfant et une femme.
Nous nous comprenons très bien,
Nous buvons parfois une bière ensemble
Au café d’en face,
Quand on s’y rencontre.
Lundi, son magasin si matinal
Au lever n’était pas ouvert encore.
Des voisins me dirent,
Il est à l’hôpital.

 

Erdal vient de la Mer Noire,
Cependant, il habite dans notre ville.
Il est chez lui ici.
Erdal – peux-tu m’entendre ?
Cela se passe toujours ici aussi –
Je suis avec toi, l’ami !

 

Il a buté dans vos rangs,
En marchant dans notre rue paisiblement.
Vous chantiez des slogans,
Ne plus jamais voir Erdal.
Seul, il a essayé encore de résister,
Vous étiez bien cinq contre Erdal.
Avant que ça ne soit commencé ,
C’était aussi déjà terminé.

 

Qui ici croit encore
Que cela ne nous concerne en rien ?
Quand vient la rage
Qui desserre tous les freins ?

 

Erdal – tu m’entends ?
Je veux te dire seulement ,
J’ai honte de tout ceci !
Erdal – tu m’entends ?
Face à ce qui se passe encore ici -
Je suis avec toi, l’ami !

Erdal vient de Turquie
Et celui qui ici est contre lui,
Est mon ennemi aussi !

MOINS CINQ
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Marco Valdo M.I.
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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 13:49

Ils ont marché sur la Lune

Chanson française – Ils ont marché sur la Lune – Jacques Debronckart – 1969

Interprètes : Isabelle Aubret et Christophe. (Mp3 : http://musicandmusic.centerblog.net/2365-isabelle-aubret-ils-ont-marche-sur-la-lune)

 

 

 

Lucien l’âne mon ami, il est des chansons qui passent inaperçues et qui mènent une petite vie de chanson sans jamais atteindre à la notoriété auprès des grandes foules. C’est le cas de cette chanson de Jacques Debronckart, dont je n’ai pas trouvé le texte et j’en ai donc fait une transcription « à l’oreille ». C’est toujours délicat ces transcriptions à l’oreille, surtout si la chanson est ancienne et qu’on ne dispose pas d’un enregistrement de bonne qualité. De plus, c’est une chanson enfantine et qu’une partie est chantée par un enfant.

 

La chanson enfantine est un genre un peu trouble : il se doit d’être enfantin, de s’adresser aux enfants, tout en sachant qu’il parle aussi aux adultes.

 

Quel mic-mac entre les Dupondt et le Pierrot Lunaire de Giraud, celui de Brahms et celui de Schoenberg, on s’y perd, sans compter le Tintin marchant sur la Lune avec 15 ans d’avance d’Hergé et rencontrant les scaphandriers marcheurs étazuniens.

 

Une chanson d’actualité puisque c’est le jour où Eddy Merckx remporte son premier Tour de France sur les Champs-Élysées, ce qui devait plaire à Tintin et Haddock scotchés devant leur télé et qui ont découvert dans la même journée que deux Zétazuniens, qui étaient partis bien avant eux, arrivent quatre heures plus tard qu’Eddy à l’étape du jour, mais il est vrai, sur la Lune.

 

C’était aussi une étape dans la grande compétition internationale entre États dans le Tour de la Guerre. Tiens, ils recommenceraient bientôt qu’on ne s’en étonnerait pas.

 

À mon avis, ils n’ont jamais cessé. C’est juste la forme et les lieux qui ont varié. Cependant, je te comprends, le Tour de la Guerre revient d’Ukraine et de Syrie ; on dirait une noria tirée, poussée par un baudet aveuglé et la pierre moud, moud, moud les gens comme si c’étaient des grains à faire une farine pour enrichir les riches meuniers. Écoutons la chanson et reprenons notre tâche et tissons, tissons, tissons le linceul de ce vieux monde guerrier, compétitif, militaire, belliciste et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Ils ont marché sur la Lune, tu sais ;

Ils ont marché sur la Lune, c’est vrai !

Ils ont mis le pied là-haut,

Chez Pierrot,

Sur la Lune,

Sur la Lune, sur la Lune !

 

Alors, dis-moi !

Dis-moi, pourquoi,

Je n’ai pas le droit

De mettre le pied, c’est vrai

Sur les pelouses de la Terre ?

La Terre est à nous, tu sais,

Tandis que la Lune, elle est aux Lunaires.

 

Et pour aller sur la Lune, tu sais,

Marcher sur la Lune,

Ils ont allumé un feu merveilleux,

Le plus grand feu

Qu’on ait jamais vu, tu sais

Pour aller sur la Lune.

 

Alors, dis-moi !

Dis-moi, pourquoi,

Il y a des enfants qui meurent de froid

Dans certains pays.

Le maître me l’a dit.

Et pourquoi, en hiver

On n’allume pas

Des feux comme ça

Partout sur la Terre, pourquoi ?

 

Et pour aller sur la Lune, tu sais,

Sur la Lune, c’est vrai,

Sur la Lune,

Il a fallu des milliards, des milliards,

Des milliards de dollars

Pour aller sur la Lune.


Alors dis-moi !

Dis-moi pourquoi

Il y a des malheureux

Et pourquoi

Dans tous ces milliards,

Pourquoi

Il n’y en a pas un ou deux

Pour eux ?


Tu as raison, cent fois raison,

Mais vois-tu, vois-tu, petit garçon,

Peut-être un jour, les gens de la planète Terre

Deviendront meilleurs pour leurs frères

Quand ils auront marché sur la Lune, tu sais

Sur la Lune, c’est vrai.

Sur la Lune,

Ils ont mis le pied là-haut,

Chez Pierrot,

Sur la Lune,

Sur la Lune, sur la Lune !

Ils ont marché sur la Lune
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Marco Valdo M.I.
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 12:24

Ils ont brûlé

 

Chanson française – Ils ont brûlé – Marco Valdo M.I. – 2017

 

 

 

 

 

 

Avant de parler de la chanson, Lucien l’âne mon ami, je reviens un instant sur son titre et sur son antienne.

 

D’accord, Marco Valdo M.I. Et pour dire quoi exactement ?

 

Ceci très exactement que cette chanson comme d’autres de celles que j’ai écrites, est bâtie sur une ritournelle qui me trotte en tête ou sur une chanson antérieure qui me sert de canevas. Ici, c’est une chanson de Léo Ferré qui sert de base à cette histoire : « Ils ont voté », dans laquelle Léo Ferré dit, notamment :

 

« Ils ont voté et puis, après ? »

 

Ce qui pour moi reste la question centrale qui se pose à la « démocratie ». Il suffit de penser à quelques grands pays de notre monde… Je te laisse le choix.

Ici, il ne s’agit pas seulement de voter, mais aussi de brûler. Et ça sent.

Je raconte l’affaire pour qu’on situe la chanson. Elle se réfère à un événement tout, tout, tout récent.

 

Dernière petite nouvelle d’Italie :

 

Dans la région de Florence, quelque part en Toscane, le 3 janvier 2017, à 11 heures du matin, ils ont brûlé un bâtiment détruisant tout le matériel de La Ronce, une commune agricole autogérée. Un repaire de communistes ? Oui, la Ronce est une commune comme en faisaient autrefois les socialistes, les anarchistes et les communistes – avant qu’ils ne deviennent des apparatchiks.

La Ronce accueille aussi des réfugiés, des émigrés.

Elle s’est bâtie au fil des années sur cette terre en désuétude, sur cette terre abandonnée. La loi italienne de 1948 prévoyait pourtant que les terres abandonnées étaient libres d’occupation et qu’elles revenaient alors à ceux qui les entretiennent et les cultivent. L’a-t-on abrogée cette loi ?

Je ne sais, mais on a pris prétexte de l’occupation de la terre pour refuser d’alimenter la commune en électricité.

Les gens de la commune n’ont pas baissé les bras. Ils se sont passé des raccordements à la modernité urbaine.

La Ronce : c’est le travail en commun, c’est les légumes et les fruits au naturel et frais, c’est un lieu d’accueil et de fêtes aussi. On y travaille, on y chante, on y mange, on y boit et mille autres jolies choses aussi. Elle augure d’un autre monde.

Mais ça ne plaît pas. Alors ? Alors, on brûle. Ô, on ne sait pas qui, ni vu ni connu. Ô ce sont certainement des malfaiteurs qui ont fait ça. Des malfaiteurs ? On a déjà connu ça vers 1920 : ils se nommaient eux-mêmes des fascistes.

Au début aussi, on brûla juste un bâtiment pour donner un avertissement, pour impressionner, pour faire peur. Il n’y eut pas de poursuites ; dans le fond, la chose arrangeait bien les gouvernants.

Puis, on brûla une grange, on brûla une ferme, on en brûla plusieurs. Puis, on bastonna les paysans, puis, on tua les gens. La chose fit scandale un moment. Il n’y eut pas de poursuites ; dans le fond, la chose arrangeait bien les gouvernants.

De fil en aiguille…

On connaît la suite : elle mit le monde à feu et à sang.

Donc, ça recommence : c’est un recommencement.

Dans le fond, la chose arrange bien les gouvernants.

Et pas seulement en Italie…

 

La question est : va-t-on une fois encore fermer les yeux et faire semblant de rien ?

Je vais conclure, dit Lucien l’âne, car tel est mon rôle. Joseph – sur la couverture de Dachau Express – disait :

« Refuser le fascisme. La bête vit encore. Elle sourit à la télévision ».

Il est temps de relire L’Ode à Kesselring ! Dans laquelle Piero Calamandrei, un Florentin perspicace, disait : Ora e sempre : Resistenza !

Il le disait à Kesselring, mais ça vaut pour les autres nazis et fascistes :

Si tu voulais un jour revenir sur ces routes,
Tu nous trouverais à nos postes :
Morts et vivants avec le même engagement,
Peuple serré autour du monument
Qui s'appelle
Aujourd’hui et pour toujours
RÉSISTANCE !

Nous, on est là, dit Lucien l’âne. On n’en démordra pas. Jamais. C’est notre tâche et notre volonté de tisser le linceul de ce vieux monde avide, hargneux, envieux, sournois, fourbe et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane

 

 

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Chez ces gens-là, c’est une habitude,

Jamais tombée en désuétude.

Hier encore, près de Florence,

Ils ont brûlé la Ronce.

Ils sont fascistes :

Ça existe.

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils brûlent les livres,

Ils tuent les gens.

Ils rôdent depuis longtemps,

En rangs sur la même piste.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Au début, ils bavaient dans leur coin,

Puis, ils sont sortis dans les campagnes,

Ils ont brûlé les fermes et les foins,

Ils ont chassé les gens et leurs compagnes,

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Puis, ce fut le tour des villages,

Puis, ce fut dans les villes,

Ils rôdent près des usines ;

Partout, ils laissent leur odeur d’urine,

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

La caque sent toujours le hareng.

Ils jouent aux hommes parfois :

Ils sourient, ils font semblant,

Mais nul n’est dupe de ces gens-là.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils vont à la télé, ils ont l’air de braves gens ;

Certains fascistes sont intelligents,

Ils parlent de démocratie en souriant

Et méprisent les autres gens.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Il y en a partout

Dans les parlements, dans les partis,

Dans les églises, sur les parvis,

Il y en a près de chez nous.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils ont des représentants

Ils sont ministres au gouvernement,

Dans des villes, des pays, sur d’autres continents

Ils sont élus présidents.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Ils n’aiment pas qu’on vienne d’ailleurs,

Ils portent les costumes, elles s’habillent en tailleur.

Ils parlent de bonheur, ils apportent le malheur.

Ils se disent apôtres, elles se déguisent en fleurs.

Ils sont fascistes,

Évidemment !

Et puis après ?

 

Ils ont brûlé

Et puis après ?

Chez ces gens-là, c’est une habitude,

Jamais tombée en désuétude.

Hier encore, près de Florence,

Ils ont brûlé la Ronce.

Et puis après ?

Ils brûlent les livres,

Ils tuent les gens.

Ils sont fascistes

Ils rôdent depuis longtemps

En rangs sur la même piste.

Et puis après ?

Après ?

Après, ils restent fascistes

Évidemment !

Ils ont brûlé
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Marco Valdo M.I.
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:09

Toute l’Allemagne transpire

Version française – TOUTE L’ALLEMAGNE TRANSPIRE – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson allemande – Ganz Deutschland im Fieber – Juliane Werding – 1995

 

 

 

 

 

« Toute l’Allemagne transpire », quel titre fabuleux, Marco Valdo M.I. mon ami. J’aime autant ne pas y penser, car rien que d’y penser je me sens mal. Imagine l’atmosphère !

 

Comme dirait Bartleby : « I would prefer not to». C’est d’ailleurs, Lucien l’âne mon ami, l’attitude de Juliane Werding vis-à-vis de toute l’agitation sportive et le fanatisme du fitness dominical et vespéral. Comme tu l’entendras, elle – dans ces cas-là, elle reste au lit. C’est du moins le sens revendicatif de la chanson. Dans les faits, c’est aussi une chanson contre l’effort et sa mythologie, contre le « arbeit macht frei » de si jolie mémoire.

 

À propos de formules qui se rencontrent ou qu’on fait, comme tu viens de le faire, se rencontrer, je trouve ce tandem : « Arbeit macht frei » – « I would prefer not to », absolument renversant et délicieux et conforme, me semble-t-il, au personnage de Melville et à sa confrontation obstinée et en sens contraire avec la logique de Wall-Street.

Mais quand même, tout cela nous éloigne assez de Juliane et d’Essen ou de Berlin, qu’importe. Toute l’Allemagne transpire : il y a ses odeurs, il y a ses allures et ses tenues rigoureusement à la mode. On ne transpire pas n’importe comment, ni n’importe où. Juliane, elle, se tient en son lit le dimanche matin – comme dans la vieille chanson française : « Le dimanche matin, c’est le moment rêvé pur faire la grasse matinée » et en son chez soi, les soirées de semaine. En quoi, elle aurait reçu l’entier soutien de Winston Churchill, lequel interviewé le jour de ses 90 ans sur sa longévité remarquable, répond un porto dans une main et un havane dans l’autre : « Never sport ! ».

 

C’est drôle cette chanson. Moi, je l’aime beaucoup et Marco Valdo M.I. mon ami, elle me rappelle tout à la fois Boris Vian Je ne peux pas travailler et Henri Salvador Le Travail, c’est la santé. Et j’ajouterais volontiers, une de tes canzones : Dormir. Pas étonnant que tu aies été dégotter cette chanson de Juliane Werding.

 

En fait, Lucien l’âne mon ami, tu as raison. D’une certaine manière, il y a une cohérence dans ce monde ; en quelque sorte, tout se tient.

C’est d’ailleurs ce qui m’inquiète aussi, car ce grand mouvement moutonnier d’une large frange de la population allemande et cette aspiration aux exercices au grand air et aux entraînements excessifs font remonter des effluves inquiétants. Oh, je ne parle pas de ces relents de transpiration qui doivent parfumer ces jeunes gens énergiques, je pense plutôt à des remugles anciens. On pratiquait beaucoup le sport en tenue appropriée en Allemagne dans la première moitié du siècle dernier ; ces exercices d’hygiène collective ont conduit à d’innommables défilés. Il y eut d’ailleurs à l’époque toute une jeunesse rétive à la sportivité organisée et musculeuse et tout spécialement, dans la région de la Ruhr où se trouve Essen ; comme tu sembles t’en souvenir, il s’agit bien évidemment des Edelweiss Piraten, dont Franz-Josef Degenhardt racontait l’histoire en l’année 1941.

 

En fait, considéré de ce point de vue, dit Lucien l’âne en riant, Juliane fait de la résistance.

 

Évidemment et ce n’est pas un hasard, déclare Marco Valdo M.I., il suffit de voir d’autres de ses chansons. Mais que dit-elle exactement dans celle-ci ? En fait, elle fait une peinture de genre, elle peint une certaine partie de population qui se livre à ces pratiques sautillantes et elle entend se démarquer nettement de cette coterie. Ce qui n’est pas directement dit, mais qui est exposé, c’est la fracture sociale et les comportements qu’il convient d’adopter si l’on aspire à utiliser l’ascenseur social, à être dans le coup, à profiter de la conjoncture. Et si on replace cette appétence dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans, on comprend le « I would prefer not to » que Juliane oppose à l’effort socialement bien considéré. C’est le sens de tous les signes de reconnaissance sociale, en l’occurrence, c’est la marque (les marques, les bleus, les crampes) de l’appartenance (volontaire) au groupe des prétendants, ceux marqués au signe du buffle, selon Heinrich Böll.

 

Arrête, Marco Valdo M.I. mon ami, arrête tout de suite, tu t’envoles, tu vas te predre dans ton propre discours. On sait toujours quand et où tu commences, mais on ne sait jamais tu vas, ni quand tu vas aboutir. Je te dis halte, suffit, on y reviendra. Maintenant la chanson et puis continuons notre tâche simple et tissons le linceul de ce vieux monde sportif, attelé à l’effort, musculeux et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dimanche matin, quand le soleil sourit,
On s’entraîne dehors,
En short et tricot de sport.
Voyez-les déguisés en Pochettes-surprise,
Manger des Power-Food, d’ISO drinks se gaver,
Courir en baskets dans les bois,
Et faire du vélo par plus de 30 degrés.
C’est admirable, mais pourquoi, pourquoi ?

 

Hey, hey, hey,,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je glande seule au lit.
Je lis un livre, j’ai de la visite
Et en dormant, j’entretiens ma forme.
Hey, hey, hey,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je suis celle, celle qui ne fout rien ;
Je me laisse aller et je me ménage
Et ça me va bien.

Lundi matin – je suis fraîche et dispose,
Les autres sont foutus,
Malgré leurs bleus et leurs crampes
C’est encore tout pour le sport et les exercices
À midi du pissenlit en salade
Et du thé vert, par-dessus
Et le soir quand chez moi, je me délasse,
Alors, ils suent au club de mise en forme.


Hey, hey, hey,,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je glande seule au lit.
Je lis un livre, j’ai de la visite
Et en dormant, j’entretiens ma forme.
Hey, hey, hey,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je suis celle, celle qui ne fout rien ;
Je me laisse aller et je me ménage
Et ça me va bien.

 
Toute l’Allemagne transpire
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Marco Valdo M.I.
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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 15:34

La Source

 

Chanson française – Isabelle Aubret – 1968

Interprète : Isabelle Aubret

Auteurs : Henry Djian – Guy Bonnet

 

 

 

 

 

 

 

La Source, Lucien l’âne mon ami, est certainement une des plus belles chansons du répertoire de langue française, une source sourçant tout droit d’une légende répercutée par un film suédois ; intitulé en français : La Source. Cependant, pour la commenter, il eût mieux valu une fille ou une femme ou une ânesse, bref, un être du genre féminin, car, vois-tu, Lucien l’âne mon ami, nous autres, avec nos sabots – mes gros et tes petits – nous sommes trop sujets à certaine pesanteur et nous manquons, je tel dis en vérité, un peu de légèreté. Notre habitude est grande de mettre les pieds dans le plat et je vais m’empresser de le faire à l’instant.

 

M’est avis, Marco Valdo M.I., que tu tournes autour du pot ou comme on dit chez nous, tu touilles. Alors, viens-en au fait et à la canzone.

 

C’est une chanson qui sous des dehors de conte, de légende ou de comptine, raconte une histoire terrible : une histoire de viol et de meurtre. Une histoire qui créant par là même une source et comme tu le sais, les sources sont éternelles – relativement autant que la terre d’où elles surgissent et cette source est la dénonciation de ce viol-assassinat collectif aussi longtemps que la source coulera. Mais, bien évidemment, tu t’en doutes, elle ne dénonce pas seulement ce fait crapuleux particulier, mais elle dénonce toutes les violences que les hommes – seul ou en bande – font aux femmes. En cela, elle est une chanson aussi éternelle que la source qu’elle a engendrée.

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, quelle bonne idée, tu as eue d’aller rechercher cette chanson au fin fond de ta mémoire et de nous la restituer. D’autant meilleure qu’il ne sera jamais dénoncé assez ce foutu penchant masculin, brutal et stupide, de s’en prendre aux femmes. Moi qui suis d’une autre espèce d’homme, de celle qui s’efforce d’atteindre à l’humanité morale et juste, qui ait le plus grand et le plus délicat sentiment de la liberté de l’autre – quel que soit son sexe, je peux assurer que l’homme ne deviendra jamais humain, l’homme n’atteindra à sa propre humanité que du jour où il aura banni cette violence stupide de son comportement quotidien, de ses actes de tous les jours. Cela suppose un effort constant de maîtrise de soi, de remise en cause de ses propres gestes, du fondement de sa personnalité. La chose n’est pas simple : elle demande du courage et de la persévérance ; elle demande aussi de rejeter certaines injonctions religieuses ou sociales. Il s’agit d’être une être humain et de ne plus se soumettre à des ukases prophétiques ou divins.

 

J’entends bien tout cela, Lucien l’âne mon ami, et je pense que tu as raison. Simplement, j’ajouterai qu’il faut aussi prendre en compte tout ce que cette sale habitude des hommes de vouloir dominer les femmes est probablement une des racines les plus solides de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants (ici, les hommes qui se croient tels) font aux pauvres (ici, les femmes que les « mâles » croient telles) afin d’imposer leur domination, de satisfaire leur boulimie, de maintenir l’atmosphère de peur et de terreur et de prolonger et de renforcer leur régime d’exploitation (ici de la femme). Et cette sale habitude est installée dans leur comportement dès l’enfance et renforcée par la religion qui est franchement misogyne.

 

En effet, Marco Valdo M.I., partout où je suis passé, ce que tu rapportes était exact. Mais alors, si cela est exact, pour extirper ce mal, il faut s’y prendre dès l’enfance et en corollaire, il faut empêcher les religions de nuire aux enfants, tout comme il faut empêcher les religieux d’avoir accès à l’enfance et à son intimité. Ce serait là de premières mesures prophylactiques. Quant à nous, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde violeur, violent, avide, boulimique et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

Elle était blonde, elle était douce,
Elle aimait à se reposer
Dans le bois couchée sur la mousse,
Écoutant les oiseaux chanter.
Un jour qu’elle allait à la ville,
Par le bois où elle passait,
Elle vit soudain, immobiles,
Trois hommes qui la regardaient
Trois hommes qui la regardaient

Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

Ils étaient là trois à l’attendre,
Trois hommes loups, cette brebis,
Elle avait la chair bien trop tendre,
Ils avaient bien trop d’appétit.
Elle ne savait pas défendre
Le souffle léger de sa vie ;
Elle tomba sur l’herbe tendre
Comme un oiseau tombe du nid,
Comme un oiseau tombe du nid.

Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

Quand on l’a soulevée de terre
Comme une grande fleur coupée,
Sa robe blanche et la lumière,
On aurait dit une mariée ;
Quand on l’a soulevée de terre
On aurait dit comme un grand lit
Entre les feuilles, entre les pierres,
Une claire source a jailli,
Une claire source a jailli.

Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

La Source
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Marco Valdo M.I.
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 18:25

RELIGION

 

Version française – RELIGION – Marco Valdo M.I.– 2012
Chanson allemande – Religion – Slime – 1983

 

 

 

 

 

 

 

 

L’autre jour, Lucien l’âne mon ami, comme tu le sais, je cherchais une chanson athée en langue allemande. Comme ça, pour voir s’il en existait. Enfin, une chanson franchement athée, une chanson qui dit son fait aux dieux, aux religions et aux religieux, une chanson qui énonce clairement les griefs que tout homme sensé a contre dieux, religions, religieux, prophètes et autres charlatans. D’aucuns penseront que c’est là une marotte et ils auraient raison. C’est une marotte de désintoxication, car il s’agit bien de désintoxiquer l’espèce humaine de ces miasmes.

 

Donc, tu cherchais une chanson de langue allemande contre la religion, les religions, les religieux, le religieux et tous les dieux. La question que je me pose est de savoir si tu as trouvé une telle chanson (on le dirait bien), de qui elle est et ce qu’elle raconte.

 

En fait, je voulais aussi faire un peu le point sur cette question centrale de la nécessité de l’athéisme aux moments où les religions, religieux, prophètes, etc. réenvahissent la monde à grand bruit de bobards, de bottes et de bombes. Je voulais aussi voir comment un tel problème serait abordé. Ainsi, je suis fort surpris de ces derniers vers, où il est que les « églises sont toujours pleines ». C’est très étonnant, mais il s’agit d’une chanson allemande et d’il y a trente ans. Ce n’est évidemment plus le cas dans nos régions et depuis longtemps, où tant le sentiment d’appartenance à une religion que la pratique religieuse sont en chute libre ; malheureusement, elles n’ont pas encore atteint le sol. Elles poursuivent cependant d’année en année leur bienheureuse descente. Selon les études, il semblerait que cette tendance soit semblable en Allemagne, mais avec un certain retard.

 

Alleluia !, s’écrie Lucien l’âne en se dandinant comme à l’office. Alleluia !, mais au fait que dit cette chanson ?

 

Au fait ?, eh bien, Lucien l’âne mon ami, cette chanson est véritablement une attaque frontale contre la religion – essentiellement, dans les formes pratiquées majoritairement en Allemagne, c’est-à-dire chrétienne protestante ou catholique et musulmane. Ce qui fait quand même la quasi-totalité des croyants et des religions locales. Je résume son propos : la religion est un tissu de mensonges, les dieux n’ont jamais existé, elle a tué des millions de personnes, elle est un opium pour le peuple, elle est un instrument d’oppression.

 

Oh, dit Lucien l’âne. Ce sont là toutes des choses exactes, comme on le voit si on jette un rapide coup d’œil sur l’histoire des humains et moi qui ai couru le monde avant l’arrivée de celles-ci, je peux te dire que les précédentes ne valaient pas mieux. En fait, la religion est un instrument de pouvoir, elle l’a toujours été et si on la regarde au travers du prisme de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres, même si parfois certaines d’entre elles prenaient le parti des pauvres, ce ne fut jamais qu’une attitude minoritaire, considérée comme hérétique, excommuniée, exilée, bannie et pourchassée jusqu’à travers les déserts, les plaines et les montagnes et le plus souvent, éliminée par la terreur et les massacres. Les religions et les religieux ne sont pas tendres entre eux, mais ils le sont plus encore avec les athées. Tiens-toi le pour dit, Marco Valdo M.I. mon ami, raison pour laquelle il nous revient de tisser le linceul ou le (saint) suaire de ce vieux monde religieux, croyant, crédule, bigot, dévot, pieux, mystique, fétiichiste, illuminé, fanatique et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ne me dites rien de vos dieux,
Car ils n'ont jamais existé.
Jésus Christ ou Mohammed ou les deux
N'empêchèrent jamais la guerre d’éclater.
N'affirmez pas que vous connaissez
La réponse à la question qui vous ronge !
N'affirmez pas que vous dites la vérité,
Parce que votre vérité est mensonge.
Religion signifie oppression ;
La religion, c'est l'opium du peuple ;
Elle a tué des millions de personnes
La religion, mais les églises
Sont encore toujours pleines.

 

 

Vous avez béni la bombe
D’Hiroshima et Nagasaki
Tout comme vous étiez solidaires

De Hitler et de Mussolini

Ça vous est égal de savoir qui est au pouvoir
Du moment que vous y êtes aussi.
Vous amputez les gens de leur vouloir
Avec votre hypocrisie.
Religion signifie oppression ;
La religion, c'est l'opium du peuple ;
Elle a tué des millions de personnes
La religion, mais les églises
Sont encore toujours pleines.

 

RELIGION
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Marco Valdo M.I.
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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 20:00

ANARCOÏDE

 

Version française – ANARCOÏDE – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – AnarcoideLitfiba – 2012

 

 

Voici, Lucien l’âne, à part le titre, un texte que je qualifierai volontiers de classique.
 
À part le titre ? Et puis, texte classique ?, Marco Valdo M.I. mon ami, tu m’inquiètes ; tu commences à parler comme un professeur. Je dis tout de suite – avant que tu ne te récrimines et que tu ne m’accuses d’analphabétisme ou de je ne sais quoi – que je n’ai rien contre le rôle de professeur et même que je le trouve utile, mais parfois, les professeurs peuvent être bien ennuyeux avec leurs discours.
 
Dis tout de suite que je t’ennuie, Lucien l’âne mon ami. Ce sera plus simple et plus direct et en prime, je ne te dirai plus rien.
 
Ho, Marco Valdo M.I. mon ami, ne prends pas la mouche ainsi et réponds plutôt à mes questions. Par exemple, que veut dire ce titre, que veut-il dire exactement. C’est quand même un mot bizarre que ce mot « anarcoïde », on dirait un alcaloïde anar.
 
Eh bien, soit, Lucien mon ami, je m’en vais te répondre de façon détaillée et forcément, un peu didactique. D’abord, je te félicite, car tu n’es pas loin de la réponse exacte avec ton « alcaloïde anar » ; ce serait même une façon cocasse de faire de l’étymologie brute. Une étymologie brute, comme on parle d’art brut. On pourrait imaginer qu’il serait aussi une sorte de mot provenant du grec ancien où l’on trouvait pour Atrée toute une descendance d’Atrides et là, un anarcoïde (le tréma s’impose en français pour éviter que le « o » suivi de « i » ne soit prononcé « wa ») serait donc un descendant d’« anarco » ou une sorte d’anarchiste héréditaire.
 
En effet, un tel personnage est tout à fait plausible et j’en connais même beaucoup du genre, dit Lucien l’âne en riant. Cependant, ce n’est pas une règle absolue. On naît anarchiste, après, c’est un choix : on le reste ou on se laisse prendre aux sirènes de l’autorité. Comprenons-nous bien : quand je dis qu’on naît anarchiste, c’est qu’au moment où on naît, il n’y a pour le nouveau-né ni Dieu, ni maître. Ce n’est que plus tard qu’il les découvre et qu’il accepte ou refuse qu’on les lui impose.
 
Lucien l’âne mon ami, tu dis là des choses essentielles et bien profondes. Et puis, des choses très belles : « Pour le nouveau-né, il n’y a ni Dieu, ni maître » ; autrement dit, « Au commencement, il n’y a ni Dieu, ni maître ». Bien entendu, si au commencement de la vie, il n’y a ni Dieu, ni maître, cela implique qu’il faut les inventer, les créer et les imposer, car fondamentalement, il n’y a aucune raison qu’ils existent, sauf à y trouver une utilité et cette utilité, c’est l’affirmation et l’instauration du pouvoir. Ainsi commence la Guerre de Cent Mille Ans  que les puissants et les riches font aux pauvres. J’en viens au terme « anarcoïde », tel qu’il doit être compris ici. On dit que spécialement en italien, on distingue « anarchico » qu’on dit en français :« anarchiste » d’ « anarcoïde » qu’on dit en français « libertaire ». C’est évidemment une nuance qu’on ressent très bien, mais qu’il est difficile et délicat de préciser. Pour exposer la chose sur un plan logique ou du point de vue de la théorie des ensembles, on peut dire que tous les anarchistes sont censément libertaires, mais que tous les libertaires ne sont pas nécessairement anarchistes ; autrement dit : l’ensemble des libertaires inclut l’ensemble des anarchistes, mais que l’ensemble des anarchistes ne comprend qu’une partie de l’ensemble des libertaires. Une autre façon de voir est de dire que si on situe ces deux mots très proches sur un axe pouvoir – liberté, l’anarchiste se définit contre le pouvoir et que le libertaire insiste plus sur l’aspect liberté.
 
Étant nettement entendu, précise Lucien l’âne en riant à belle gorge, que ces caractères sont relatifs l’un à l’autre et que le mélange des deux est instable et fluctuant.
 
Oui, reprend Marco Valdo M.I., dit ainsi, c’est plus nuancé et plus proche de la réalité. Et, maintenant, quand on se reporte à la chanson, on s’aperçoit qu’en effet, l’ « anarcoïde » qui en est le personnage principal, celui qui la chante se définit lui-même plus comme libertaire que comme « anarchiste ».
 
Moi, en finale, ce que j’aime le plus, c’est le « Ni Dieu, ni maître ».
 
Je dois t’avouer que pour moi aussi, c’est l’essentiel et j’ajoute un aveu complémentaire du « traducteur », c’est que j’ai ajouté tout à la fin, à ce ni Dieu, ni maîtres… un « ni prêtres », qui faisait si bien la rime et pas seulement, car tous nos amis italiens se plaignent de cette incessante présence des prêtres, curés, prélats de tous rangs, papes et autres nonnettes « à la télé » et bien sûr, dans la presse, dans les écoles et dans les rues… Ils y en a partout et ils mettent leur longs nez jusque dans les affaires intimes des gens.
 
Oui, je les entends aussi ces récriminations de nos amis et ils ajoutent souvent que l’Italie est une véritable Katolikistan. Voyons cette canzone « anarcoïdale » et reprenons notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde autoritaire, dominateur, responsable, religiolâtre et cacochyme.
 
Heureusement !
 
Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
 
 
 
Je suis d’une autre pâte que les gens qui s’abaissent ;
Je veux autre chose que les distractions de masse ;
J’emploie ma tête, je suis un casse-couilles ;
Je suis hors système.
 
Je suis d’une autre pâte que les patrons de la guerre ;
Je suis pacifiste jamais masochiste, je n’use pas de la violence ;
Je suis autre et je ne suis pas un militaire ;
Je suis libertaire, je suis ma voie.
 
Je veux de l’énergie, je veux de l’énergie
Hors des jeux de l’hypocrisie ;
Je veux de l’énergie,
De l’énergie pure contre toute forme de tyrannie.
 
Non l’État n’est pas une entreprise,
L’État est chaque citadin qui pense.
Je veux de l’énergie, je veux de l’énergie
Contre toute forme de lobotomie
 
2+2 fera toujours 4, mais 3 ou 5 en option.
Les mathématiques sont une opinion
Et la réalité est une illusion.
Je suis
un anarcoïde, je suis un casse-couilles ;
Je suis libertaire, je suis ma voie.
 
Je veux de l’énergie, je veux de l’énergie
Hors des jeux de l’hypocrisie ;
Je veux de l’énergie,
De l’énergie pure contre toute forme de tyrannie.
 
Non l’État n’est pas une entreprise,
L’État est chaque citadin qui pense.
Je veux de l’énergie,
je veux de l’énergie
Contre toute forme de lobotomie.
 
Je suis énergie, je suis énergie
Hors des jeux de l’apathie ;
Je suis énergie, pure énergie,
Je veux l’idée, pas de l’idéologie.
Je crois au cerveau, je crois au respect,
Je ne crois pas à ce monde parfait.
 
Nous sommes énergie,
Énergie pure
Hors des jeux de l’hypocrisie
À la télé, ni Dieu, ni maîtres,
Ni politiciens, ni prêtres.
ANARCOÏDE
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Marco Valdo M.I.
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