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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 14:43

 

QUAND LES ARMES SE SONT TUES

 

 

Version française – QUAND LES ARMES SE SONT TUES – Marco Valdo M.I. – 2019

Chanson allemande – Als die Waffen schwiegen Saltatio Mortis – 2015

 

 

 

 

 

Stille Nacht! Heilige Nacht!

 

Alles schläft; einsam wacht

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

M’est avis, dit Marco Valdo M.I., qu’ils auraient mieux fait de créer des chorales  et de chanter, même des cantiques idiots, toute la journée jusqu’à épuisement. Au moins pendant ce temps-là, comme celui qui siffle quand il va sur les arbres cueillir les cerises, ils n’auraient pas fait tant de conneries.

 

Dont acte, dit Lucien l’âne ; mais quand même, évitons les chants sirupeux. Allons, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde crédule, gluant, manipulé, peuplé de niais et d’escrocs et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Il faisait froid dans les Flandres le jour de Noël,

Après trop de guerres,

En 1914, à l’hiver du monde,

Quand les armes se sont tues.

Contre la mort, hors des tranchées

Retentit une chanson simple,

Une « Douce nuit » en plusieurs langues ;

Ça ressemblait à un miracle.

 

Quand les armes se sont tues.

Et quand le silence éclata,

Un chant des tranchées

Promit la paix.

Un moment, personne ne voulait plus vaincre ;

Le soldat fut aussi un homme,

Quand les armes se sont tues.

 

Une mer de bougies au long des tranchées,

Éclairait la nuit,

Et des sentinelles courageuses ont levé la main,

Ont quitté leur poste.

Bientôt, ils chantèrent ensemble.

Ennemis, soldats,

Par-dessus les tranchées,

Célébraient Noël

Dans la guerre, avec la mort et la boue.

 

Quand les armes se sont tues.

Et quand le silence éclata,

Un chant des tranchées

Promit la paix.

Un moment, personne ne voulait plus vaincre ;

Le soldat fut aussi un homme,

Quand les armes se sont tues.

 

Il y avait tellement d’espoir à ce moment-là,

Il y avait tant de bonheur à ce moment-là.

Le moment était une promesse,

Mais le chemin repartit en arrière,

Retour vers les tranchées froides,

Retour vers la souffrance et la mort.

Tout espoir s’est éteint

À l’aube.

Quand les armes se sont tues…

 

 

 QUAND LES ARMES SE SONT TUES
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Published by Marco Valdo M.I.
20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 20:19

 

 

TUONS LE CLAIR DE LUNE

 

 

Version française – TUONS LE CLAIR DE LUNE – Marco Valdo M.I. – 2019

Chanson italienneUccidiamo il chiaro di lunaFahrenheit 451 – 1998

Texte et musique : Andrea Manzo

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Je suppose, Lucien l’âne mon ami, toi qui marchas sur toutes les rives de la Méditerranée, et je suis même certain que tu connais Venise, son passé prestigieux et sa réputation.

 

 

Oh, dit Lucien l’âne, tu ne peux pas te tromper beaucoup en disant ça ; tu pourrais même y ajouter la Mer Noire, le Pont Euxin, les bords du Bosphore, la mer Égée et tant d’autres. Pour faire court, j’ajouterai l’Adriatique au fond de laquelle se cache la lagune et sa Cité-perle, Venise. J’ai parcouru aussi les rives de l’Atlantique et je suis allé sur d’autres rivages au bout du monde, mais c’est là une autre histoire. Tout ça pour dire qu’en effet, j’ai connu Venise et j’ai vu les temps de sa splendeur orgueilleuse. J’ai même entendu dernièrement des échos de son triste destin.

 

 

Eh bien, reprend Marco Valdo M.I., c’est précisément ce sort funeste qui est le thème de la chanson. Enfin, d’une partie de ce sort, car elle n’aborde pas le lent enfoncement de la cité dans le creux de la lagune, cette lente et longue agonie, irréfrénable, semble-t-il. Certaine même. Sans doute faudra-t-il entendre un jour cette interjection de sermon :

 

 

« Venise se meurt, Venise est morte ! »

 

 

À cela, me paraît-il, selon ce que j’ai entendu, dit Lucien l’âne, il n’y a pas grand-chose à faire et ce qui serait fait ne ferait que retarder un peu l’échéance. Mais laissons cela qui est assez sinistre et si ce n’est pas ce malheur, voyons les événements catastrophiques qu’envisage la chanson.

 

 

Donc, Lucien l’âne mon ami, laissant de côté ce destin de noyade, en soi déjà épouvantable, il y a aussi que Venise se vide de ses habitants – de ceux qui la font vivre quotidiennement, autant dire de son sang et qu’elle se transforme en une sorte de parc à thème pour touristes en mal de séjour romantique, suivant en cela un mouvement général. Le délire touristique, nourri de l’avidité des marchands illusionnistes, étrangle la vie partout dans le monde, jusqu’au sommet de l’Everest où cet été, on fait la file jusqu’à en mourir. Pour ce qui est de Venise, la ville paye cher sa réputation de clair de lune que vise expressément la chanson. Le groupe Fahrentheit 451 a parfaitement raison de crier :

 

 

« Tuons le clair de lune... »

 

 

Vraiment, elle a raison, dit Lucien l’âne. Rien de pire que les clairs de lune. Maubeuge aussi en a souffert, elle qui se meurt à deux pas de chez nous dans la célébration de son clair de lune. Souviens-toi, Marco Valdo M.I. mon ami, de ce fameux clair de lune qui perça les oreilles populaires jusqu’à les user. Mais pour qu’on n’en perde pas la trace, je te la récite en entier telle que l’avait écrite et interprétée son auteur, le chauffeur de taxi parisien Pierre Perrin. Donc voici, « Un Clair de Lune à Maubeuge » (1961)

 

 

Je suis allé aux fraises,
Je suis rev
enu de Pontoise,
J’ai filé à l’anglaise
Avec une Tonkinoise.

Oui, j’ai roulé ma bosse,
Je connais l’univers,

J’ai même roulé carrosse
Et
j’ai roulé les R
Et je dis non, non, non, non, non !
Oui ! Je dis non, non, non, non, non, non, non, non, non !
Tout ça ne vaut pas
Un clair de lune à Maubeuge ;
Tout ça ne vaut pas
Le doux soleil de Tourcoing

Coin, coin ! Coin, coin !
Tout ça ne vaut pas
Une croisière sur la Meuse,
Tout ça n
e vaut pas
Des vacances au Kremlin-Bicêtre.

 

J’ai fait toutes les bêtises
Qu’on peut imaginer,
J’en ai fait à ma guise
Et aussi à Cambrai.
Je connais toutes les mers :
La Mer Rouge, la Mer Noire,
La Mer-diterranée,
La
Mer de Charles Trenet
Et je dis non, non, non, non, non !
Oui ! Je dis non, non, non, non, non, non, non, non, non !

Tout ça ne vaut pas
Un clair de lune à Maubeuge ;
Tout ça ne vaut pas
Le doux soleil de Tourcoing

Coin, coin ! Coin, coin !
Tout ça ne vaut pas
Une croisière sur la Meuse,
Tout ça ne vaut pas
Faire du sport au Kremlin-Bicêtre. »

 

 

Oh, Lucien l’âne mon ami, j’aime beaucoup cette comparaison, ce lien entre Venise et Maubeuge, car l’une et l’autre ville ont souffert de cette notoriété lunaire. Maubeuge est bourrée de clairs de lune et c’est là toute sa gloire. Venise meurt du tourisme né pareillement de trop de célébrité et du goût glamoureux de certains pour les lunes ; la Sérénissime survit des oripeaux de ses gloires passées. Pourra-t-elle jamais s’en dépêtrer ?

 

 

J’en doute, dit Lucien l’âne. Cela dit, tissons le linceul de ce vieux monde historique, archéologique, fantasmagorique et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

 

 

Comme un sort qui ne veut pas se défaire,

Là-bas, la terre se lie à la mer

Éclairs dorés, échos du temps,

Fragile magie majestueuse de l’enchantement.

 

 

En promenade de venelles en placettes,

En haut, on voit les bannières anciennes

D’une cité autrefois reine

Dominatrice et maintenant, en ruines.

 

 

Comme le sang laisse la blessure vive

Venise se vide et perd sa vie.

Les maisons et les palais restent vides,

Seuls quelques vivants y vivent

 

 

Parmi ces pierres corrodées par les événements

D’une culture qui vit désormais péniblement,

Pourchassés sans pitié et en traître

Pour faire place aux nouveaux maîtres.

 

 

Tuons le clair de lune,

Les gondoles placides sur la lagune,

Cette image de carte postale,

Ces gens en vedette dans les vitrines.

 

 

Tuons le clair de lune,

Les gondoles placides sur la lagune,

Cette image de carte postale,

Ces gens en vedette dans les vitrines,

 

 

Tableaux au mur accrochés

Pour les touristes qui viennent regarder

Ces maîtres un temps des sept mers

Vendus pour trente deniers au marché.

 

 

Seule la dignité nous reste.

Arrêtons les joutes, relevons la tête !

Ponts et canaux reprenons !

Hyènes et requins chez eux renvoyons !

 

 

Tuons le clair de lune,

Les gondoles placides sur la lagune,

Cette image de carte postale,

Ces gens en vedette dans les vitrines.

 

 

Tuons le clair de lune,

Les gondoles placides sur la lagune,

Cette image de carte postale,

Ces gens en vedette dans les vitrines.

 

 TUONS LE CLAIR DE LUNE
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Published by Marco Valdo M.I.
18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 16:49

 

Confiné pour confiné

 

 

Lettre de prison 37

15 juillet 1935

 

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Moi, dit Lucien l’âne, je me demande ce qui se passait à ce moment-là, au moment où le prisonnier politique Carlo Levi écrivait cette lettre à sa mère.

 

C’est une excellente réflexion, Lucien l’âne mon ami, car le prisonnier non plus n’en sait pas grand-chose. Rappelle-toi que les seules personnes qu’il rencontre et à qui il pourrait parler sont les gardiens et les policiers qui l’interrogent et qui, cela va de soi, ne lui disent pas grand-chose. Reste la lecture, mais les seules lectures qu’il peut avoir, ce sont les lettres de sa famille –

 

« Huit jours déjà,

Huit jours que je ne reçois pas

Vos nouvelles lettres. »

 

qui n’arrivent plus, les livres anciens de la bibliothèque et les gazettes sportives. Et encore, pour ces dernières, je ne suis pas que dans sa nouvelle prison, il les reçoive encore. C’est la conséquence d’un isolement voulu par l’Autorité ; ici, la police politique fasciste. L’isolement et l’absence de nouvelles visent à couper le prisonnier du reste du monde.

 

Sans doute, Marco Valdo M.I., s’agit-il de le déforcer, de l’affaiblir, de lui faire ressentir un sentiment, une sensation d’abandon et lui imposer une perte des repères temporels et relationnels. Il s’agit aussi de lui instiller l’impression de sa propre néantisation. Il ne reçoit plus rien de l’extérieur, il n’entend plus rien de l’extérieur, il ne voit plus rien de l’extérieur. On l’incite à penser que l’extérieur ne le connaît plus. Avec un tel système de torture mentale et psychologique, on peut faire très mal ; on peut tuer des gens sans jamais afficher de violence manifeste. On crée des morts-vivants, des sortes de zombies agonisant lentement. Évidemment, les effets se font sentir progressivement – au début. Tout dépend aussi de la capacité de résistance du prisonnier – mais je pense que pour Carlo Levi, la résistance était une qualité intrinsèque ; il fais it partie de ceux qui face au fascisme avaient comme devise : Ora e sempre : Resistenza ! Mais quand même, que raconte cette lettre ?

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, outre le bilan de sa situation passée et actuelle du prisonnier, elle fait part de la grande nouvelle : le « tribunal » a statué sur son sort. Le Dr. Levi est condamné au confinement.

 

« On arrive enfin

Au bout de la procédure.

Je n’en voyais pas la fin.

On m’envoie aux confins »

 

D’un certain côté, dit Lucien l’âne, c’est un soulagement ; il sort de l’incertitude de son sort, qui était une source de tracas.

 

En effet, répond Marco Valdo M.I., il est fixé pour les temps à venir. Au moins, pour les temps proches. De plus, il va quand même sortir de l’atmosphère délétère de la cellule et sans doute, va-t-il trouver une certaine autonomie de mouvement et mieux encore, il va pouvoir se remettre à la création picturale, il va pouvoir peindre. Il s’y projette déjà :

 

« Il me faut

Des couleurs, la grande palette, des pinceaux,

Des toiles, de quoi faire mes tableaux. »

 

Ce sont là de bonnes nouvelles, finalement, conclut Lucien l’âne, car comme d’autres – Gaetano Bresci ou Antonio Gramsci, par exemple, on aurait pu le garder au trou jusqu’à la porte de l’agonie ou jusqu’à ce que mort s’ensuive. Pour le reste, tissons, nous aussi, le linceul de ce vieux monde étouffant, mortel, confiné et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Deux mois déjà,

Deux mois entiers

Sont passés

Depuis le matin froid

Où on m’a arrêté.

 

Huit jours déjà,

Huit jours que je ne reçois pas

Vos nouvelles lettres.

On ne sait jamais pourquoi

Elles traînent d’un bureau à l’autre.

 

On arrive enfin

Au bout de la procédure.

Je n’en voyais pas la fin.

On m’envoie aux confins ;

C’est une mesure très dure.

 

Confiné pour confiné,

J’ai demandé

À être placé

Dans une commune

Où je pourrai faire de la peinture.

 

Je suis invité à la Biennale de Venise.

Pour combien de tableaux ? Je ne sais.

J’aimerais une salle particulière.

Je la remplirais sans difficulté,

Je ne manque pas de matière.

 

Pour aller en relégation

Et même pour rentrer à la maison,

Il me faut

Des couleurs, la grande palette, des pinceaux,

Des toiles, de quoi faire mes tableaux.

 

 Confiné pour confiné
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Published by Marco Valdo M.I.
17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 17:51

 

LA DIGNITÉ DU COCHON EST 

INTANGIBLE  !

 

Version française – LA DIGNITÉ DU COCHON EST INTANGIBLE  ! – Marco Valdo M.I. – 2019

Chanson allemande – Die Würde des Schweins ist unantastbar !Reinhard Mey1991

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Sans commentaires !, dit Marco Valdo M.I., sauf pour dire que Boris Vian avait fait le lien dans son Joyeux tango des Bouchers de la Villette, que je résume :

 

« Faut que ça saigne !
Faut que les peaux se fassent tanner,
Faut que les pieds se fassent paner,
Que les têtes aillent mariner,
Faut que ça saigne !
Faut avaler de la barbaque
Pour être bien gras quand on claque
Et nourrir des vers comaques,
Faut que ça saigne !
Bien fort !

 

C’est le tango des joyeux militaires,
Des gais vainqueurs de partout et d’ailleurs ;

C’est le tango des fameux va-t-en-guerre,
C’est le tango de tous les fossoyeurs !

...

Tiens ! Voilà du boudin ! Voilà du boudin !
Voilà du boudin ! »

 

Oh, dit Lucien l’âne, mourir tout seul, âne, homme ou cochon, on meurt toujours tout Seul, disait Brel :

 

« On est deux à vieillir
Contre le temps qui cogne,
Mais lorsqu’on voit venir
En riant la charogne,
On se retrouve seul. »

 

Et j’ajoute, car cela s’impose absolument, dit Marco Valdo M.I., un poil de philosophie réaliste : mourir seul ou tous ensemble, hommes et bêtes, quelle importance ? Quel est le sens de la vie ?, demande le cochon. Mourir, dit l’homme. The meaning of life ! : « Always Look on the Bright Side of Life », c’est le seul conseil qu’on peut donner à chacun, le seul qui vaille pour tous les destins.

 

Certes, mais la cruauté est-elle bien raisonnable ?, dit Lucien l’âne. Tissons le linceul de ce vieux monde carnassier, carnivore, assassin, condamné à la mort et d’ailleurs, cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

C’était dans une boîte hermétique,

Sur du béton, à l’usage de couche impropre,

Qu’elle a découvert l’éclairage électrique.

Elle était le porcelet numéro quatre,

Trois autres étaient tassés au-dessus d’elle.

Elle faillit étouffer dans une cohue pareille  !

Après deux semaines d’allaitement,

Quelqu’un est venu et a emmené sa maman,

Mais même après que le souvenir se soit défait,

Parfois, il lui arrivait

De se souvenir des mots de sa maman :

« La dignité du cochon est intangible  ! »

 

 

Sa prison est devenue son chez soi ;

Jour après jour, toujours au même endroit

Et toujours assise dans sa propre abjection.

Pour son nez fin, quelle puanteur  !

Elle était triste de cette horreur ;

Puis, il y a eu les injections.

Puis, on l’a forcée à la reproduction,

Elle n’a jamais accepté ça,

La porcitude n’est qu’élevage et engraissement

Et quand on a ouvert son testament,

Elle y disait comme sa maman le disait déjà :

« La dignité du cochon est intangible  ! »

 

 

Puis un jour, la bétaillère est arrivée,

Par la queue et l’oreille, on l’a attrapée

Avec ses compagnons de servitude,

Qui tremblaient et criaient de peur,

Transportée debout pendant des heures,

Beaucoup plus confinée que d’habitude.

La truie est intelligente, elle sent déjà

La situation tragique qui l’attend là.

Elle sait qu’elle va à son dernier reposoir.

Elle reconnaît l’abattoir,

Et elle s’y rend sans se battre.

« La dignité du cochon est intangible  ! »

 

Elle n’a jamais vu le ciel, ni sa lumière,

Jamais été gambader dans un pré vert,

Jamais été assise sur la paille fraîchement cueillie,

Jamais lavée dans la boue en plein air,

Jamais joyeusement accouplée, ni divertie.

Comment pourrais-je manger tant de misère ?

Le menu à la main, mon regard se morfond,

Je réfléchis à ce terrible destin

Et je pense soudain.

Je ne veux pas, pauvres cochons,

Être complice de vos douleurs.

Comme j’étais invité dans ce restaurant,

J’ai commandé à l’instant

Le chou-fleur cuit à la vapeur.

« La dignité du cochon est intangible  ! »

 

 

 


 

 

LA DIGNITÉ DU COCHON EST INTANGIBLE  !
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Published by Marco Valdo M.I.
11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 19:03
 
FRONTIÈRE

 

Version française – FRONTIÈRE – Marco Valdo M.I.2019

Chanson allemande – GrenzeReinhard Mey – 1991

 

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Il y a, Lucien l’âne mon ami, bien des chansons – allemandes, surtout, allemandes – qui parlent du mur de Berlin et de ceux qui y furent confrontés.

 

Oh oui, dit Lucien l’âne, et j’avais beaucoup aimé la version française de celle où Wolf Biermann met en scène François Villon sur le fameux mur et face aux gardes légèrement décontenancés ; si je me souviens bien, elle s’intitulait « Ballade auf den Dichter François Villon » – et la version française « BALLADE DU POÈTE FRANÇOIS VILLON ».

 

En effet, c’était une fameuse ballade, dit Marco Valdo M.I., et Wolf Biermann, à propos du mur et de tout ce qui l’entourait, était – si j’ose dire – bien placé pour en savoir. Il a écrit beaucoup de chansons dans ce contexte assez particulier. Par parenthèse, tout comme pour Reinhard Mey, Franz-Josef Degenhardt, Erich Kästner, Kurt Tucholky ou Bert Brecht et tant d’autres, j’ai comme une envie d’une intégrale, une forte tendance à souhaiter pour ces auteurs que l’on recense ici toutes leurs chansons. La même sensation, le même souhait d’exhaustivité, me prend chaque fois que je me retrouve en présence d’auteurs d’un répertoire de qualité, quelle qu’en soit l’origine ou la langue. C’est d’ailleurs logique, pourquoi, par exemple, couper un morceau du répertoire de Georges Brassens, sachant que tout est dans tout et que la paix et la guerre sont des états d’une seule et même chose et que les meilleures chansons contre la guerre sont sans aucun doute les chansons de paix, celles qui ne racontent pas la guerre, celles qui proposent un moment du monde sans guerre – militaire. La guerre est un moment particulier de la paix et inversement, car la Guerre de Cent Mille Ans se poursuit sans se lasser jamais dans tous les instants de la vie.

 

Du moins, dit Lucien l’âne, tant qu’il y aura des hommes. Cela dit, j’aimerais beaucoup que tu me parles de cette chanson de Reinhard Mey.

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, il me faut en premier lieu indiquer, qui s’intitule « Grenze », ce qu’on peut traduire habituellement par « Frontière », a été composée et chantée en 1991, c’est-à-dire après la disparition de la République Démocratique Allemande et après le démantèlement de cette fameuse frontière, qui courait tout le long entre les deux Allemagnes et de ce mur berlinois sur lequel en 1968 dansait François Villon, titillant malicieusement les Vopos frontaliers. C’est que, comme son auteur, elle est d’une autre génération ; elle parle à partir d’un autre moment.

 

Mais que dit donc cette chanson, demande Lucien l’âne.

 

Que dit la chanson ? Écoute, Lucien l’âne mon ami, écoute bien, car il y a un récit caché dans le récit. Donc, la chanson raconte une histoire apparente qui raconte une histoire invisible, mais dans le fond, comme tu le verras, c’est la même histoire. L’évidente, c’est celle du boulon qui une fois vissé ne peut être dévissé et dont les deux bouts continuent à être ainsi liés l’un à l’autre. C’est un casse-tête, une sorte pernicieuse de piège, car ce petit ustensile servait à verrouiller la clôture qui était le dernier maillon de l’important dispositif de la frontière, celle qui donne le titre à la chanson. Il était l’ultime épreuve où venaient s’échouer les fugitifs, qui repérés, étaient abattus sur place par le mitrailleur de service. Comme ces fuyards tentaient l’aventure de nuit, c’était dans le cône de lumière d’un projecteur qu’ils jouaient leur dernière scène.

 

Ah, dit Lucien l’âne, et l’histoire dissimulée, alors, quelle est-elle ?

 

Tout simplement, répond Marco Valdo M.I., sans que ce soit vraiment dit, l’histoire réelle de la séparation allemande et de la frontière entre ces deux pays, qui comme le boulon, n’en ont jamais été qu’un seul – au moins dans l’imaginaire allemand et ont d’ailleurs, finit par se ressouder. C’est l’histoire de ceux qui venus de l’Est, tentaient de gagner l’autre côté, dit de la liberté, en perdant la vie ; du mins, la plupart d’entre eux. Certes, il y en a eu qui ont tenté et réussi le coup en ballon, mais ils furent une exception et ce fut un exploit. J’avais raconté ça dans Le Tambour et mon grand Amour, Nosferatu le Vampire. Quant à ce qu’on appelle habituellement la morale de l’histoire, on la trouve naturellement tout à la fin de la chanson et je te laisse la découvrir.

 

C’est mieux, dit Lucien l’âne, car les histoires allemandes sont parfois bien étranges et comment dire, très allemandes. Et sans doute, est-ce une de celles-là. Quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde alambiqué, inventif, bardé de frontières et de gardes et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Un inconnu, venu de l’Est, m’a remis

Ce boulon de la longueur d’un doigt

Fait d’acier chrome-nickel gris.

« Ce boulon, dit-il, était autrefois.

Vissé à la clôture en fils de fer,

Dressée le long de la frontière

Comme dernier obstacle à la liberté.

On ne peut le desserrer par la force,

Ni par la patience, ni par la ruse,

Car une fois vissé, il ne peut être dévissé.

Je te le donne, regarde-le attentivement,

Dessus collent des larmes et du sang. »

 

 

Avec ces mots, il m’a laissé.

Incrédule, j’ai commencé à le manipuler,

Et doucement, je me suis inquiété.

Les écrous aux deux bouts ont tourné,

Ensemble, en rond, en cadence, enlacés.

Le filet ne bougeait pas d’un pas.

J’ai tiré, j’ai poussé, j’ai essayé une dernière fois,

Ce boulon était d’une diabolique ingéniosité !

Face ces bouts ronds aux extrémités,

Aucune clé dans le monde ne pouvait rien.

Je l’ai tenue dans ma main, serrée dans mon poing.

À cette pensée, le froid m’a submergé.

 

 

Combien d’évasions ont échoué,

Là où la liberté était à portée,

Quand la zone interdite était déjà dépassée

Et la clôture et l’écriteau danger de mort,

Quand la patrouille, toujours par deux, était passée.

Quand dans sa tour, le garde à l’uniforme gris,

Tenait sa mitrailleuse braquée dehors,

Quand ses jumelles fouillaient la nuit.

Les feux clignotent, tout s’illumine soudain,

Des appels, des coups de feu et des aboiements de chien :

Derrière les fossés, les mines, les barbelés,

Combien, dans la lumière, à la dernière clôture, ont échoué !

 

 

Et je me demandais derrière quel front borné,

Dans quel cerveau malade et maléfique,

Avait vu le jour ce brevet diabolique.

Et qui avait donné l’ordre de l’inventer ?

Qui l’avait dessiné et qui l’avait forgé ?

Et qui était le dernier maillon de la chaîne ?

Qui l’avait testé et qui l’avait vissé,

En avait-il honte, avait-il cru à ce machin ?

Était-ce un ostensible mépris de l’homme ?

Et qui avait obéi en silence et qui avait donné l’ordre ?

Quelle que soit la réponse, il était évident

Que c’était sûrement un patron allemand.

 

FRONTIÈRE
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Published by Marco Valdo M.I.
5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 21:06

 

La Tête d’Olympia

 

 

Lettre de prison 36

8 juillet 1935

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Voici, Lucien l’âne mon ami, une chanson qui ouvre des perspectives intéressantes sur le paysage artistique et plus particulièrement, pictural auquel songe Carlo Levi du fond de sa cellule. Il revoit ses années parisiennes.

 

Ohlala, dit Lucien l’âne, comme ce Paris artistique doit lui sembler plus passionnant que les conversations que lui imposent à intervalles irréguliers les commissaires et les enquêteurs du Tribunal Spécial que le régime fasciste a instauré pour poursuivre les opposants politiques.

 

Cependant, elles sont terminées, pense Carlo Levi et en bien ou en mal, il n’y a plus qu’à attendre les conclusions.

 

Ce doit être bien pénible et angoissant, dit Lucien l’âne. Que veux-tu dire avec ce en bien ou en mal ?

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, Le Dr. Levi sait très bien ce qu’on lui reproche et il sait aussi que ces accusations sont fondées et que les enquêteurs le savent. Mais néanmoins, inlassablement, il s’en défend, il réfute, il ne le fera jamais cadeau d’aveux, ni même des renseignements qui pourraient nuire à d’autres ou au mouvement de résistance, dont il fait partie :

 

« de méchantes opinions,

Filles de la diffamation…

D’où viennent ces critiques ?

Ce ne sont que des bruits. »

 

Il se défend notamment de celle-ci qui est souvent utilisée contre ceux qu’on veut diffamer : « des gens me disent millionnaire ». Sur ce point, une chose est certaine, Carlo Levi n’a jamais été millionnaire, sauf peut-être à l’époque où la lire italienne s’était terriblement dépréciée, des années plus tard quand il avait fallu ôter trois zéros à la fin des prix.

 

C’est étrange, Marco Valdo M.I. mon ami, mais cette manière de discréditer par des racontars les opposants politiques, on la retrouve partout où sévissent les populistes, alors qu’on constate invariablement à l’usage qu’ils sont eux-mêmes très friands de richesses et de privilèges. Et que nombre d’entre eux sont à la tête de fortunes aux origines pour le moins douteuses. Comme disent les enfants en jouant, « c’est celui qui dit qui est ».

 

Bref, reprend Marco Valdo M.I., en ce qui concerne Carlo Levi, à aucun moment de sa vie, et plus encore à cette époque lointaine, il ne roulait pas sur l’or et au contraire de Mussolini qui fut financé par le Ministère des Affaires étrangères de France et par la suite, par divers « mécènes », Levi n’était pas homme à se laisser acheter. D’où serait-il venu, cet or ? Sa famille rencontrait d’énormes difficultés, notamment son père dont le commerce d’importation venue d’Angleterre souffrait de la politique autarcique et nationaliste du régime ; son oncle maternel, Claudio Treves, dirigeant socialiste exilé à Paris était mort en 1933 dans une modeste chambre d’un petit hôtel parisien. Quant à Carlo, il vivait de sa peinture.

 

L’exil, dit Lucien l’âne, l’exil politique singulièrement, n’est pas vraiment une sinécure et n’a que peu à voir avec le goût des voyages.

 

Ah, Lucien l’âne mon ami, tu as été patient et réjouis-toi, car je vais maintenant te faire tout savoir sur la tête d’Olympia, qui sert de titre à la canzone. Carlo Levi avait rencontré Olympia à Paris dans un musée ; c’était une jeune personne célèbre et fort peu vêtue – en vérité, pas du tout. Je rappelle qu’en matière d’art et de peinture, Paris était considéré comme la Rome ou La Mecque des beaux-arts. Aller à Paris, c’était en quelque sorte entrer de plains-pieds dans la modernité. Paris, c’était la ville des impressionnistes. On retrouve ça dans le désir du peintre Levi, que rapporte la chanson, d’écrire un

 

« Un livre, tout un livre

Sur la peinture impressionniste »

 

et la tête d’Olympia est, si j’ose dire, une tête picturale. Elle figure en haut du corps d’une dame nue (Olympia), portraiturée dans la même pose et la même tenue que la Vénus d’Urbino du Titien (1538) ; c'est un tableau d’Édouard Manet, qui date de 1863. Comme tu l’imagines, il fit scandale, car la brave Olympia (à l’état-civil, Victorine Meurent) a tous les attributs d’une prostituée de haut vol de l’époque et pire, elle est une allusion à peine voilée à la prostitution (politique celle-là) du régime du Second Empire.

 

Arrêtons ici, dit Lucien l’âne, car on n’en finirait pas. Il nous faut reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde avide, cupide, calomnieux et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

On ne m’interroge plus,

Les enquêtes sont terminées.

Qu’ont-elles conclu ?

Attendons un peu plus

Pour connaître la destinée.

 

Face à de méchantes opinions,

Filles de la diffamation,

À quoi bon réfuter

Les faits particuliers

Qui me sont imputés ?

 

D’ailleurs, des gens me disent millionnaire.

Tout au contraire,

Pour vivre

Un peintre

Doit vendre ses peintures.

 

On me dénonce. Qui ?

On m’attribue des activités politiques.

Lesquelles ? Avec qui ?

D’où viennent ces critiques ?

Ce ne sont que des bruits.

 

Comme le souvenir est incertain.

J’ai voulu dessiner

La tête d’Olympia, quel chagrin !

Je n’y suis pas arrivé.

Pourtant, je vois très bien sa main.

 

Ici, je voudrais écrire

Un livre, tout un livre

Sur la peinture impressionniste –

Avec des dessins d’artistes

Et des poèmes surréalistes.

 

 La Tête d’Olympia
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Published by Marco Valdo M.I.
4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 10:35
ESPLANADE

 

 

Version française – ESPLANADE – Marco Valdo M.I. - 2019

d’après la version italienne – ESPLANADI de Riccardo Venturi

de la version anglaise – ESPLANADE

de Juha Rämö

de la chanson finlandaise (finnois) – EsplanadiHootenanny Trio - 1966

Paroles: Keijo Räikkönen

Musique: Pertti Reponen - Keijo Räikkönen - Juhani Joutsenniemi

 

 

 

 

 

 

C’est l’histoire de la descente aux enfers d’un homme qui a perdu son emploi ; en résumé, voici l’histoire de cette chanson du Hootenanny Trio, formé en 1964 par Pertti Reponen (1941-1998), Keijo Räikkönen (1945) et Juhani Joutsenniemi, et dissous en 1971 avec trois albums à son crédit. Le titre provient du premier album du même nom, Esplanadi de 1966. L’Esplanadi (c’est-à-dire "Spianata", dérivée de l’esplanade française, en italien "piazzale") est, comme chacun sait, le "salon" d’Helsinki : un parc carré et urbain de grande beauté, construit en 1818 par l’architecte Carl Ludwig Engel. Sur l’Esplanadi, il y a le restaurant Kappeli, un endroit luxueux où l’homme va boire son dernier centime et se soûler au whisky. C’est au matin qu’il apprend qu’il a été viré, qu’il est malade, qu’il n’a plus un sou ni rien à manger ou à boire et qu’il doit payer son loyer. Il prend une valise et se rend à pied chez sa grand-mère dans un village rural au nord d’Helsinki. Il est facile de se représenter le petit garçon de la campagne qui est allé travailler dans la grande ville. Mais personne ne se soucie de sa douleur et de sa souffrance : « Allez à l’aide sociale ! ». Mais il ne trouve aucune écoute à l’aide sociale. Même ses chaussures sont cassées et il continue pieds nus jusqu’à ce qu’on le retrouve mort dans la neige, au milieu d’une rue. On vit donc dans un « État social » merveilleusement beau, et cela en Finlande. Figurons-nous chez nous. Autant dire : on perd son emploi et on n’est plus personne. On peut même mourir tranquillement en allant chez sa grand-mère. [RV]

 

 

 

Cette nuit-là, j’étais seul avec ma peine.

Le long de l’Esplanade, il pleuvait.

Et, je m’en fus, mon frère,

Boire chez Kappeli

Et quand à la tête m’est monté le whisky,

Sans plus m’inquiéter du temps qu’il faisait,

Toutes mes peines et mes tracas ont disparus,

Ont disparus.

 

 

Au matin, je suis rentré, j’ai pris la rampe,

Le concierge m’a dit bonjour, j’ai dit bonne nuit.

Je suis monté chez moi me jeter sur mon lit.

Je me frottais les tempes,

Je me sentais malade, en somme,

Comme peut l’être un homme

Qui traîne ses peines partout avec lui,

Ses peines partout avec lui.

 

 

Réveillé le soir par l’appel du téléphone,

J’ai décroché ; je marmonnais contre le jour,

Des cloches sonnaient dans ma tête

Qui se répercutaient jusqu’à Hambourg.

Je me sentais malade, en somme,

Comme peut l’être un homme

Qui traîne ses peines partout avec lui,

Ses peines partout avec lui.

 

 

Le téléphone disait que j’avais été viré.

Alors, j’ouvris l’armoire pour prendre ma valise,

Je n’avais plus de monnaie pour manger,

Ou boire, ou payer mon loyer ;

J’étais pauvre comme un rat d’église.

Ce monde ne me comprenait pas à moitié,

J’ai le droit d’être triste de temps en temps,

Le droit d’être triste de temps en temps.

 

 

Alors, je suis parti chez ma grand-mère,

Mes chaussures lâchèrent avant Hollola.

Mais les gens se fichent de mes ohlalas,

Et ignorent mes misères,

Ils m’ont dit : « Il faut demander de l’aide,

Ou tu es foutu. » ; je n’en ai pas reçu

Et j’ai continué vers chez grand-mère,

Mais à pieds nus.

 

 

Dès l’aurore, sur le sol couvert de neige,

La police a ramassé mon corps sur la route,

Pour que les véhicules ne soient pas gênés

Et que les gens ne soient pas horrifiés.

Ainsi quand un homme lâche la bonde,

Tout le conduit à une issue fatale,

Dans le merveilleux monde

De ce fabuleux État social.

 

ESPLANADE
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Published by Marco Valdo M.I.
3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 16:42

 

 

Juste l’Exécuteur

 

 

Chanson française – Juste l’Exécuteur – Marco Valdo M.I. – 2019

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

Il te souviendra, Lucien l’âne mon ami, des chansons l’une était une chanson allemande intitulée Der Henker, dont logiquement la version française s’intitulait, LE BOURREAU et l’autre, une chanson française de Boby Lapointe qui portait le titre de « Sentimental Bourreau ».

 

Oui, très bien Marco Valdo M.I. mon ami et je me souviens même d’une autre chanson de « bourreau », sortie de ta plume, il y a plus longtemps et qui s’intitulait : « La Faim du Bourreau ». En aurais-tu une nouvelle à proposer ?

 

En effet, Lucien l’âne mon ami. Cependant, je ne vais pas lui donner le titre de Bourreau, mais celui d’un nom synonyme ou presque : celui d’Exécuteur, comme il est d’ailleurs rappelé dans la chanson de Boby Lapointe à propos du petit bourreau beau, qui :

 

« Des hautes et basses œuvres
Était exécuteur »

 

Mais, dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, cette chanson me rappelle quelque chose, à la regarder, on dirait une parodie.

 

Oh, Lucien l’âne mon ami, non seulement tu as des oreilles, mais tu as aussi des yeux. En effet, elle doit rappeler quelque chose à ton œil vigilant, quelqu’autre chanson. En fait, c’est une parodie et même, une double parodie. En premier, je l’ai imaginée en travaillant la version française de « Der Henker », quand il disait :

 

« J’étais juste un petit écrou
De la machinerie géante de l’État
 !
C’était mon travail après tout.
Je ne décidais jamais, moi
 ! »

 

Cette lamentation m’a rappelé celle du fossoyeur de Georges Brassens (Le Fossoyeur – 1953), qui chantait – je la mets en entier pour ceux qui ne la connaissent pas  :

 

« Dieu sait que je n’ai pas le fond méchant,
Je ne souhaite jamais la mort des gens  ;
Mais si l’on ne mourait plus,
Je crèverais de faim sur mon talus.
Je suis un pauvre fossoyeur.

 

Les vivants croient que je n’ai pas de remords
À gagner mon pain sur le dos des morts ;
Mais ça me tracasse et d’ailleurs,
Je les enterre à contrecœur.
Je suis un pauvre fossoyeur.

 

Et plus je lâche la bride à mon émoi
Et plus les copains s’amusent de moi ;
Ils me disent : « Mon vieux par moment,
Tu as une figure d’enterrement. »
Je suis un pauvre fossoyeur.

 

J’ai beau me dire que rien n’est éternel,
Je ne peux pas trouver ça tout naturel ;
Et jamais je ne parviens
À prendre la mort comme elle vient.
Je suis un pauvre fossoyeur.

 

Ni vu ni connu, brave mort adieu !
Si du fond de la terre, on voit le Bon Dieu,
Dis–lui le mal que m’a coûté
La dernière pelletée.
Je suis un pauvre fossoyeur. »

 

Mais pas seulement, car la fin de la chanson est une parodie de Serge Gainsbourg, ou un rappel ou un clin d’œil à son poinçonneur des Lilas, qui disait :

 

« Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous ;
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous. »

Comme tu le verras, c’est un bourreau qui plaide pour lui-même et qui explique sa situation un peu délicate, mais aussi, à juste raison, renvoie la responsabilité de ses actes à la société. Évidemment, depuis la récente disparition – dans nos pays – de la peine de mort, il n’y a plus d’exécutions. Cela dit, le bourreau est-il plus responsable que le militaire qui bombarde ou l’ouvrier qui usine des fusils, des balles, des canons ?

 

Et puis, dit Lucien l’âne, je me demande parfois à voir certains assassins ou autres violeurs en série, s’il est mieux pour eux de séjourner jusqu’à ce que mort s’ensuive dans une cellule. N’est-ce pas une autre forme d’exécution plus perverse encore ? Et puis, c’est pire encore quand on les relâche et qu’ils récidivent. En somme, ça revient aussi à imaginer qu’il y a assassin et assassin, qu’il faudrait distinguer entre l’assassinat et l’assassinat ; qu’il faudrait admettre que la prison n’est pas la panacée et moins encore, l’asile psychiatrique. Laissons de côté l’idée de punition, qui est une véritable absurdité, mais il faut quand même considérer que pour d’aucuns, il faut les mettre hors jeu définitivement. Ce sont d’angoissantes pensées et très dérangeantes. En tout cas, moi, je ne tranche pas. Alors, tissons le linceul de ce vieux monde complexe, contradictoire, angoissant et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Je ne m’appelle pas Don Juan,

Je ne suis pas bourreau des cœurs,

Mademoiselle, pour un amant,

Il faudrait vous adresser ailleurs.

Je suis Juste l’exécuteur.

 

Pour trancher de braves mortels,

Je mets ma tenue la plus belle

Et avec mes gants tout doux,

Je leur arrange le cou.

Je suis Juste l’exécuteur.

 

À celle ou celui que j’étête,

Je dis : « Ne sois pas si bête,

Et surtout, ne tire pas la tête,

Car c’est du travail d’esthète ! »

Je suis Juste l’exécuteur.

 

Ils trouvent tous que je suis effrayant,

Car je coupe tout net le cou des gens

Mais moi, je ne fais qu’exécuter

L’ordre qu’on m’a donné.

Je suis Juste l’exécuteur.

 

Ils disent que ce n’est pas bien

De prendre la vie de l’assassin,

Mais moi, ça me fait mal au cœur

De gagner ma vie comme tueur,

Je suis Juste l’exécuteur.

 

Ma main tue le tueur sans émoi

Et de moi, les gens ont une sainte horreur,

Ils trouvent que je n’ai pas de cœur,

Mais moi, je ne tue qu’un homme à la fois,

Je suis Juste l’exécuteur.

 

Je garde toujours tout mon sang-froid

Quand le sang chaud coule sur mes doigts.

Ça n’a rien de rigolo,

C’est la règle dans ce boulot.

Je suis Juste l’exécuteur.

 

Moi, je tranche les cous sans trembler

Et les têtes tombent dans mon panier.

Je coupe les cous, les petits cous, les grands cous  ;

Les gros cous, les fins cous, toutes les sortes de cous :

Des cous de première classe,

Des cous de seconde classe.

 

Mais faut pas m’en vouloir, j’ai bon cœur.

Je suis Juste l’exécuteur.

Je suis Juste l’exécuteur.

 

Juste l’Exécuteur
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Published by Marco Valdo M.I.
2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 16:40

 

 

ÈVE ÉTAIT NOIRE

 

 

Version française – ÈVE ÉTAIT NOIRE – Marco Valdo M.I. – 2019

Chanson italienne – Eva era neraCrifiu – 2019

 

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Tu vois, Lucien l’âne mon ami, non seulement Dieu est une femme, mais en plus Ève était noire. On l’appelle l’Ève mitochondriale et elle est considérée comme la plus récente ancêtre commune par lignée maternelle de l’Humanité. De sa génération, seule l’Ève Mitochondriale a produit une chaîne ininterrompue de filles jusqu’à aujourd’hui et elle est la seule de laquelle tous les humains descendent en ligne maternelle. Elle vint au monde dans l’actuel Soudan et elle était, comme il est dit, noire. C’était au temps de la préhistoire, voici deux ou trois cent mille ans

 

Il y a de quoi perturber les esprits chagrins, dit Lucien l’âne, mais moi qui ai une longue pratique des Dieux, des Déesses et des apparences colorées des humains, je trouve la chose plaisante. D’autant plus plaisante qu’elle bouscule les certitudes des imbéciles. L’autre jour d’ailleurs, en présentant ta chanson Le Petit Navire, la Capitaine et les Réfugiés, on se demandait ici d’où venaient les Lombards, en disant :

 

« Mais au fait, d’où sont venus les Lombards ? D’Afrique, forcément, comme nous tous, sauf peut-être les Néandertaliens, mais on les a éliminés. »

 

Ah, dit Marco Valdo M.I., ce fut d’ailleurs une idiotie d’éliminer les Néandertaliens, mais on ne peut revenir sur les erreurs passées. Par contre, on peut éviter d’en commettre dans le futur, et même avec intelligence, d’en commettre dans le présent. Ce qui me désole, c’est de voir sans cesse ressurgir les vieilles haines et d’entendre sempiternellement les lieux communs, ces authentiques bêtises colportées depuis tant de temps.

 

Mais que veux-tu, Marco Valdo M.I. mon ami, les gens en place trouvent tous les moyens pour conserver leurs privilèges ; ils ont tellement peur de les perdre, qu’ils diffusent la haine, la peur par mille slogans tous plus idiots les uns que les autres. Ainsi les moutons et les brebis font tout un raffut de leurs bêlements.

 

Enfin, reprend Marco Valdo M.I., ce qui me paraît réjouissant, c’est de voir cette chanson tout frais conçue – elle est de cette année, car elle prouve que malgré les selfies, les touites et les linques, il y a des voix qui vont en sens contraire et obstiné de la détestable « vox populi », vieille matrice de tous les avilissements. Ainsi, face à elle, on ne désarme pas – Ora e sempre : Resistenza ! dans cette Guerre de Cent Mille Ans.

 

C’est en effet à cet avilissement de la société que nous devons résister, nous ne voulons pas d’un monde aveuli. Alors tissons le linceul de ce vieux monde veule, vilain, glauque et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Vous dites « l’Italie aux Italiens », c’est bien beau.

Mais ce sont des Italiens qui ont leurs capitaux

Cachés dans une mallette, attentifs lors des escales,

À la destination choisie : un paradis fiscal.

 

 

Si vous étiez un homme, vous seriez une sale bête.

Qui laisse les navires chargés couler au large des côtes.

Mêlé de gènes de l’Est et de l’Ouest est votre sang,

Mais dans votre tête, vous n’avez pas le bon sang.

 

 

Dans ma tête, il y a des chansons anglaises et espagnoles

Dans mes veines, le savoir de Platon et de Virgile.

Sur ma table des plats de couscous, des kebabs

Et l’islam et je compte en chiffres arabes.

 

 

Mais vous oubliez

Que nous sommes tous enfants d’émigrés

Je ne dis pas de Suisse ou d’Amérique,

Mais directement d’Afrique.

 

 

Ève était noire

Ève était noire

Ève était noire

Ève était noire

 

 

Désolé de vous perturber,

Mais je dois vous révéler

Que vous avez de proches parents

Qui proviennent directement

D’Afrique noire.

Ève était noire,

Ève était noire.

 

 

Excusez quand vous dites : « Aidons-les dans leurs pays »,

Ce sont nos pays que vous avez ravagés à la recherche du profit.

La tête penchée sur le globe, assis à votre table,

Vous avez tracé des frontières à la règle.

 

 

Dans ma langue : des mots français et portugais ;

Dans ma maison : des tapis persans et libanais ;

Dans mes rues : la pluie de sable du Sahara

Et j’ai appris à chanter lala, lala.

 

 

Et puis on a oublié à présent

Que nous sommes tous enfants d’émigrants,

Je ne dis pas de Suisse ou d’Amérique.

Mais directement d’Afrique.

 

 

A-A-Afrique, A-A-Afrique, A-A-Afrique

 

 

Ève était noire

Ève était noire

Ève était noire

Ève était noire

 

 

A-A-Afrique, A-A-Afrique, A-A-Afrique

 

 

Désolé de vous perturber,

Mais je dois vous révéler

Que vous avez de proches parents

Qui proviennent directement

D’Afrique noire.

Ève était noire,

Ève était noire.

 

 

 

ÈVE ÉTAIT NOIRE
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Published by Marco Valdo M.I.
29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 17:20

Le Petit Navire, la Capitaine

 

et les Réfugiés

 

 

Chanson française – Le Petit Navire, la Capitaine et les Réfugiés – Marco Valdo M.I. – 2019

 

 

Capitaine Courage – Carola Rackete, capitaine du Sea Watch 3

 

 

Cette canzone a été écrite pour saluer la capitaine Courage – Carola Rackete, capitaine du Sea Watch 3, qui avait forcé (force majeure que ça s’appelle) le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l’Intérieur d’extrême droite – catho-fasciste, dont on ne veut pas prononcer le nom qui donne la nausée – Que la honte et la peste emportent cet idiot (ce qualificatif est juste la constatation d’un fait) ! Comme chantait Georges Brassens : « Quand on est con, on est con ! »

Carola Rackete a été arrêtée dans la nuit de vendredi à samedi, avant que ne débarquent 40 migrants bloqués à bord depuis 17 jours.

 

 

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

J’avais déjà abordé, commence Marco Valdo M.I.

 

C’est le cas de le dire, dit Lucien l’âne.

 

Ne m’interromps pas, Lucien l’âne mon ami. Donc, j’avais déjà abordé cette question des « boat people » dans une chanson intitulée « Le Radeau de Lampéduse », où il était dit :

 

« Et pendant ce temps-là, en Méditerranée,
Des barques à ras bord remplies,
De toutes parts submergées,
Sans timon ni voile ni quille,
Avec des pleurs et des hurlements
Rejouent sempiternellement
Le Radeau de la Méduse
Sur un canot au large de Lampéduse. »

 

Et tu anticipais fortement les événements, dit Lucien l’âne, dans cette autre chanson « Les grands Sentiments », où il était dit :

 

« Monsieur le Ministre, il faut que je vous explique
Ces personnes ont de grands principes,
Ils ne pensent qu’à sauver les gens
En vertu de grands sentiments.

Monsieur le Ministre, ce sont de braves types
Qui
s’en tiennent à leurs grands principes,
Et qui se fichent des ordres du gouvernement
En vertu des grands sentiments.

Monsieur le Ministre, c’est une petite équipe,
Mais elle a de grands principes,
Et pour l’aider, les gens lui donnent de l’argent,
En vertu des grands sentiments.

Monsieur le Ministre, ce sont des gens très pacifiques
En vertu de leurs grands principes
Mais ils ont armé un bâtiment
En vertu des grands sentiments. »

 

D’ailleurs, je pense qu’il faudrait offrir à ce sinistre ministre un canard en plastique pour qu’il puisse jouer dans sa piscine et foutre la paix aux gens de bonne volonté.

 

Oh, Lucien l’âne, ce n’est pas si simple, car ce genre de ministre, très sinistre, sait jouer des pires sentiments de certaines gens. Et ça marche assurément. D’ailleurs, ce sont les mêmes qui ont mené l’Italie pendant le Ventennio et d’ailleurs, ils l’y ramènent à présent. La fois d’avant, l’addition de leurs bêtises et celles de leurs amis fit quarante millions de morts. Ce sont des gens qui ne font pas dans le détail. Mais c’est une des conséquences de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches, les puissants, les installés, les « premiers occupants » mènent systématiquement contre les pauvres, les faibles, les nouveaux arrivants afin d’assurer leur domination et protéger leurs privilèges. Mais au fait, d’où sont venus les Lombards ? D’Afrique, forcément, comme nous tous, sauf peut-être les Néandertaliens, mais on les a éliminés.

 

Je sais tout cela, Marco Valdo M.I., mais je sais aussi que le « vent tourne » et que malgré les naufrages, les tempêtes, les tirs de barrage, les « limes », les frontières tant gardées finissent par s’effondrer, l’empire (Impero) finit toujours pas céder. Mais dis-moi, la chanson, on dirait une comptine.

 

Mais évidemment, Lucien l’âne, comme si tu ne le savais pas. Tous les enfants de France, de Navarre, du Québec, de Suisse, de Wallonie et même, de très nombreux enfants d’Afrique la connaissent très bien. Ils l’apprennent dès la petite enfance. C’est « Le petit Navire », dont j’ai fait une parodie en gardant la forme et la musique. Tout le monde pourra la chanter ; c’est très facile. Si on la traduit en italien, des chœurs d’enfants pourraient la seriner au ministre sinistre.

 

Et chaque fois, lui offrir un canard jaune en plastique, pour sa piscine, conclut Lucien l’âne. Et puis, lui rappeler à ce sinistre ministre que nous – tous tant que nous sommes – nous sommes tous des migrants ou des descendants de migrants, tous des réfugiés. Imagine simplement que comme veut le faire le ministre sinistre, on renvoie en Italie, tous les migrants et descendants de migrants italiens, qui sont des dizaines de millions à travers le monde et disant : « Bien le bonjour chez vous ! ». Ce serait ignoble, absurde, imbécile, évidemment. Mais c’est ce que le ministre sinistre et ses amis veulent faire avec les enfants d’Afrique. Alors, tissons avec plus d’ardeur encore le linceul de ce vieux monde ignoble, abject, ipséiste et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Il était un petit navire (bis)

Qui s’en allait sauver (bis)

Des réfugiés.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Il entreprit un long voyage (bis)

Sur la mer Mé- Mé- Méditerranée (bis)

Ohé ! Ohé !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Au bout de cinq à six semaines, (bis)

Il repêcha cinquante réfugiés. (bis)

Ohé ! Ohé !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Il les sortit de la mélasse, (bis)

Pour en un lieu sûr les ramener. (bis)

Ohé ! Ohé !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Le soir tomba sur les réfugiés, (bis)

Qui, qui, qui se mirent à pleurer. (bis)

Les morts noyés !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Il met le cap vers le port à proximité, (bis)

Pour déposer les survivants des réfugiés. (bis)

Et demande l’hospitalité

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

En Italie, il y a un ministre, (bis)

Un personnage vraiment sinistre, (bis)

Qui lui interdit d’accoster.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Pendant qu’ainsi on délibère, (bis)

La capitaine monte sur son grand hunier (bis)

Sans se démonter.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Elle lance au monde un message : (bis)

Il faut sauver ces réfugiés, (bis)

On ne peut en enfer les rejeter.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Mais regardant la Terre entière, (bis)

Elle voit des flots !, flots !, flots ! de tous côtés, (bis)

Elle se demande où accoster.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

La réponse est vite arrivée ; (bis)

En Europe, on veut les accepter (bis)

Tous ces réfugiés.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Alors, alors, la capitaine, (bis)

Fille hardie au port de reine, (bis)

Vers un port d’Italie les emmène.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Tout le monde pense le problème réglé (bis)

Et que le bateau va pouvoir accoster, (bis)

Et les sauver.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

C’était compter sans le ministre, (bis)

Qui dans son mental sinistre, (bis)

À la mer veut les rejeter.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

La capitaine dit : « Par devoir humanitaire, (bis)

Mes obligations sur la mer, (bis)

C’est de les conduire à terre.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Alors, la capitaine dit malgré l’interdiction, (bis)

Nous allons accoster au quai sans façon, (bis)

Et l’Europe la salue à l’unisson.

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Pour saluer cette capitaine Courage, (bis)

Cette chanson j’ai composé. (bis)

Nous allons la, la, la recommencer,

Ohé ! Ohé !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots ! !

Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots !

 

Envoi :

 

Quant au sinistre ministre, (bis)

Il n’a plus qu’à, qu’à, qu’à aller jouer (bis)

Avec son canard en plastique !

Ohé ! Ohé ! Matteo, Matteo navigue sur les flots !

Ohé ! Ohé ! Matteo, Matteo navigue sur les flots !

 

 

 

Le Petit Navire, la Capitaine  et les Réfugiés
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Published by Marco Valdo M.I.

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