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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 22:09

ALLAH

 

Version française – ALLAH – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Allah – Bisca – 1999

Texte de E. Manzo, S. Maglietta

Album : Lo sperma del diavolo (Le Sperme du Diable)

 


LE FESTIN DES DIEUX 
Bernard De Ryckere - 1570

 

 

Hé hé, Lucien l'âne mon ami, viens donc voir la chanson que voici, que voilà, que je viens de traduire. Ce n'est pas une chanson très nouvelle, elle date du siècle dernier, mais rien qu'à son titre, on comprend qu'elle a une certaine actualité. Elle s'intitule tout simplement Allah.

 

 

Avec un titre comme Allah, en effet, elle peut paraître d’actualité ; on n'entend plus parler que de ça. Mais je te dirai que moi, l'actualité, je m'en contrefiche. L’actualité est cette chose déjà périmée au moment où on en parle. Avec l'actualité, on perd son temps ; il faut courir pour la suivre et si jamais, on la rattrape, elle se dissout. Mon idée est que les choses du monde sont trop importantes et trop complexes pour se soucier de l'actualité. Il est aussi temps de mettre au jour certaine inertie qui introduit la nécessaire lenteur de la vie. Moi, par exemple, je me déplace lentement, mais depuis tant de temps et puis, peu importe la longueur du chemin parcouru, car il reste toujours le chemin du début jusqu'à sa fin. Il forme un tout. Toutes ces histoires d'Allah, Jésus, Bouddha sont tellement sassées et ressassées que leur présent n'a aucun sens. L'horreur d'hier a effacé celle d'avant-hier ; celle d'aujourd'hui avale celle d'hier… Quant à demain et après-demain et après… Panta Rhei.

 

D'accord, Lucien l'âne mon ami, ce sont là de brillantes réflexions, mais je me demande, si des fois, tu n'aurais pas mangé trop de foin de philosophie… Cependant, tu as raison, cette chanson n'a de valeur en regard de l'actuel qu'en raison-même de son intemporalité. En clair, elle vaut aujourd'hui ce qu'elle valait hier et ce sera pareil demain. Car…

 

 

Car ?, dit Lucien l'âne d'un air un peu interdit.

 

 

Car, laisse-moi reprendre mon souffle et rassembler mes idées que je viens de laisser filer quand tu m'as interrompu…

 

 

Retrouve tes idées et ton souffle, Marco Valdo M.I. mon ami, et dis-moi de quoi elle cause cette chanson et comment.

 

Je commencerai par le comment. Elle se oint d'huile d'ironie, huile sainte s'il en est. Ainsi ointe, elle enfourche le cheval du héraut et dénonce – l'air de rien – la plus grande escroquerie de tous les temps, à savoir la religion.

 

 

La religion ?, dit Lucien l'âne. Mais laquelle ?

 

 

Oh, elle ne fait pas trop le détail, car ces religions se valent toutes. Donc, ici, la religion signifie toutes les religions ou n'importe laquelle. Bref, donc, j'ai usé du mot escroquerie, mais j'aurais aussi bien dit : tour de passe-passe, bonneteau, élucubration, vaticination, divagation, entourloupe, embrouille, carambouille, cavalerie céleste, ersatz, contre-façon, micmac. Là, tout n'est que message et mensonge, propagande et prêchi-prêcha. Pour savoir précisément ce qu'en dit cette chanson, il me semble que le mieux est de la lire ou de l'écouter. Je n'en dirai rien de plus que ceci : les faussaires y sont dénoncés et leurs noms sont clairement prononcés : Allah, Jésus, Bouddha, Shiva, Mahomet, Joseph, Abraham… J'ajoute volontiers : et tous les autres.

 

 

Je comprends ça, dit Lucien l'âne en hochant le crâne. Je le comprends, car la liste ne peut être close ; elle est longue, pour ne pas dire infinie, la liste des charlatans et des prophètes…

 

 

Ainsi pour résumer la chose, c'est une chanson iconoclaste et forcément, athée. Comme ça, tu sais tout.

 

 

Va pour la chanson iconoclaste et athée, j'aime ça. Tu as donc bien fait de la mettre en langue française afin, comme on dit dans les jugements, afin que nul n'en ignore et maintenant, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde adepte, inféodé, emprophétisé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Allah est grand, Jésus est maigre
Et Bouddha est si gras que même sa graisse est sacrée
On croit être dans une fête foraine
Avec ses attractions, ses lumières et ses fusées :
« Le Paradis est ici. Venez chez moi ! »
« Peuple élu, viens chez moi ! »
La marchandise exposée est toujours la même :
Paix Éternelle et Justice Universelle.
Mais ensuite on creuse, toujours plus bas, on creuse
Il y a une femme à payer

Puis un jeu un peu brut et vague
Pour, s'il en est besoin, confirmer
Que c'est le mâle, le mâle qui commande.

Shiva, Mahomet, Saint Joseph et Abraham
Chacun avec son style de Dieu fait sa réclame :
« Venez à moi et vous serez bénits.
Si vous suivez mon credo, vous irez au Paradis. »

Allah est grand, mais les Arabes tout petits,
Bouddha est gras et les Hindous très amaigris
Et Jésus-Christ, cet ascète émacié
De l'Occident gras est le symbole incarné !

ALLAH
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Marco Valdo M.I.
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 22:04

 

Adresse aux religions et aux religieux

 

Chanson française – Adresse aux religions et aux religieux – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

 

Ô Dieux uniques,

Ô mères éternelles,

Ô célestes puissances !

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, je me demande si tu te rappelles qu'il y a déjà un certain temps, deux années peut-être, j'avais fait une version française d'une chanson espagnole de Joan Manuel Serrat qui s'intitulait Los macarras de la moral  et à laquelle j'avais donné le titre de LES MACS DE LA MORALE.

 

Si je m'en souviens ? Et comment donc ! Comment, Marco Valdo M.I., mon ami, peux-tu en douter un seul instant ? J'y avais fait un joli petit commentaire assez acide…

 

En effet, et c'est précisément de ce commentaire que j'ai tiré une chanson et je l'ai intitulée : « Adresse aux religions et aux religieux ». En fait, je te dois mes plus grands mercis, car finalement, je n’ai pas eu grand-chose à faire. Il m'a suffi de transformer ton commentaire en chanson. Je te rassure, la chanson est au moins aussi anti-religieuse que ce dernier. Pour être précis, j'ajouterais antireligieuse et forcément, athée, rapport à la déclaration universelle des droits .

 

 

Voilà qui me plaît…, dit Lucien l'âne en souriant de toutes ses dents et en agitant doucement les oreilles de contentement.

 

 

Une différence cependant. Toi, tu situais dans le passé certaines de tes constatations. Je te cite : « On vous a vus quand vous dressiez vos bûchers et rôtissiez toute une humanité, on vous a entendus quand vous prêchiez la croisade et quand depuis des temps immémoriaux, vous appeliez aux meurtres… On vous a connus bénissant les bannières, les chevaux et les canons. »

Je les ai mises au présent ; la chose s'imposait d'elle-même.

 

Très juste et laisse-moi te dire, à mon tour, combien je suis ravi que tu aies tiré ce commentaire de l'oubli et par voie de conséquence, la très vigoureuse chanson de Joan Manuel Serrat.

 

 

 

C'est là un de ces rebondissements dont les Chansons contre la Guerre sont coutumières. Et c'est une très belle chose, vois-tu, car avant qu'elle ne me revienne en mémoire par je en sais plus quel hasard, j'avais une fois encore oublié que j'en avais fait une version française. Mais je l'ai aisément reconnue… Maintenant, je me demande, Lucien l'âne mon ami, ce que penserait le père Hugo de notre quasi-détournement d'un discours (fameux) d'un de ses plus célèbres personnages. Et je me demande comment il est revenu à ta mémoire d'âne (si tant est…) quand tu fis ce commentaire, dont je maintiens qu'il est splendide.

 

 

 

Que vient faire le père Hugo ici ? Je m'en vais te le dire… Mais exactement, et peut-être moins nettement chez moi que chez Gastibelza de Tonton Georges ou la Légende de la Nonne , le père Hugo vient jouer à plein son rôle de grand aîné de toute la lyrique française. M'est avis d'ailleurs qu'on le néglige plus qu'il ne faut, car on n'ose plus l'affronter. Cela dit le passage auquel on peut relier mon exorde se trouve au Troisième acte, scène deux de Ruy Blas. Le voici :

 

 

 

« Bon appétit, messieurs ! – 

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe ! »

 

Cela dit, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde mangé par les mythes, rongé par les religions, trompé par les religieux, abusé par les Dieux Uniques et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ô grands moralisateurs !

Ô pères la pudeur !

Ô prêcheurs immenses !

Ô célestes puissances !

Ô mères éternelles !

Ô Dieux uniques !

Rentrez sous la terre !

Retournez à vos enfers !

 

L'homme est trop crédule

Qui ne cesse de croire.

L'homme est ridicule

Qui gobe vos histoires,

Vos exordes, vos homélies,

Vos exhortations, vos litanies,

Vos préceptes et vos fables.

Votre suffisance est incommensurable.

 

On vous voit quand vous rôtissez l'humanité,

Vous dressez vos bûchers,

Vos gibets, vos pals, vos potences,

Vos roues, vos engins à souffrance.

On vous entend quand vous prêchez la croisade,

Quand vous en appelez à la Bible, au Coran,

À l'élimination des infidèles,

Au massacre des mécréants.

 

On vous reconnaît à vos bannières,

Vos drapeaux, vos canons,

Vos assassins, vos oraisons,

Votre goût morbide pour la prière.

Vous mettez du Dieu dans toutes vos sauces,

Vous l'engagez dans tous les camps,

Vous vendez le paradis, les vierges et l'indulgence.

L'homme en vous est mort impotent.

 

Retournez à vos enfers !

Rentrez sous la terre !

Ô Dieux uniques !

Ô mères éternelles !

Ô célestes puissances !

Ô prêcheurs immenses !

Ô pères la pudeur !

Ô grands moralisateurs !

 

 

 

 

 

Adresse aux religions et aux religieux
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 08:28

GIORDANO BRUNO, TU CONNAIS LE

 

PRIX À PAYER

 

Version française – GIORDANO BRUNO, TU CONNAIS LE PRIX À PAYER – Marco Valdo M.I. – 2012

à partir de la version italienne « GIORDANO BRUNO, TU CHE SAI QUALE PREZZO UNO PUO’ DOVER PAGARE » de Riccardo venturi

 

 

 

Giordano Bruno, tu attends que le Pape fasse repentance

Hérétique, tu attends depuis quatre cents ans

 

 

 

 

Une chanson qui n'est pas spécifiquement contre la « guerre », (quoique si on la regarde du point de vue de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour mieux et plus les exploiter, y compris dans leur santé..., dit Lucien l'âne), qui parle cependant d'une chose qui lui est tout à fait assimilable : l'expérimentation génétique aux frais des pauvres du monde, qui servent de cobayes. Une expérimentation qui pourrait sauver le vie, qui est utilisée exclusivement pour le bien-être et la santé des pays riches, « ceux qui ont les armes, la technique et l'argent... »... Il ne nous irait pas de mettre des arguments pareils dans les « Extras ». C'est un sujet qui est bien à sa place dans les Chansons contre la Guerre.[R.V.]

 

 

 

 

Ton bûcher sur le Campo dei Fiori et tes cendres dans le Tibre

Punitions pour ta volonté de savoir et pour interdire ce que tu pensais

 

La terreur immobile comme une cicatrice reste

En nous qui devons prendre position et définir une morale humaine

Mais les portes un temps fermées aux vues entre les grilles de la vie

S'ouvrent d'un coup à notre désarroi face à ceux qui détiennent les armes et le capital

 

En Papouasie, en Nouvelle-Guinée, à Panama et à Nairobi

Où on cherche des gênes qui peuvent peut-être sauver le vie,

Ceux qui tiennent les clés et le pouvoir, ceux qui ont la technique et l'argent,

Un Guayani non soigné pourrait avoir un gêne de quelque rendement

 

Nous cherchons à tâtons les valeurs humaines dans un monde où tout se vend

L'argent se multiplie sur la souffrance, ils font des brevets sur l'origine de la vie,

Tout ce qui peut assurer le bien-être du monde riche

Est secrètement confisqué dans le sud à des patients privés de moyens.

 

Giordano Bruno, tu sais...

Le temps perdu par nous sur la terre, les possibles perdus

Nos pas lents vers la lumière et les réactions des forces obscures

Quand la superstition prend les armes et ouvre la voie à la cupidité

Alors c'est le moment d'examiner le contenu de leur société

 

Giordano Bruno, tu attends que le Pape fasse repentance

Hérétique, tu attends depuis quatre cents ans

L'esprit et la science, l'éthique et la technique, d'une certaine manière

 

Peuvent s'harmoniser dans un monde que nous attendons encore.

GIORDANO BRUNO, TU CONNAIS LE   PRIX À PAYER
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Marco Valdo M.I.
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 17:40

En ce temps-là, Till

Chanson française – En ce temps-là, Till – Marco Valdo M.I. – 2015

Ulenspiegel le Gueux – 7

 

Opéra-récit en multiples épisodes, tiré du roman de Charles De Coster : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs (1867).

 

Charles, un jeune homme d'à peine vingt ans

 

 

 

En ce temps-là… Ça me rappelle quelque chose, dit Lucien l'âne.

 

Bien sûr que ça doit te rappeler quelque chose, car c'est une manière ancienne de raconter les contes, les légendes, les épopées, les sagas, les fables, etc. Et en l'espèce, je n'ai fait que reprendre le récit de Charles De Coster qui lui-même s'efforçait de donner cette tonalité à son roman, de sorte à l'inscrire dans une tradition et à donner l'impression qu'il était d'époque. Ça l'authentifiait…

 

 

Un peu j'imagine comme le font les metteurs en scène de théâtre ou de cinéma.

 

 

Exactement. Mais il faut ajouter que c'est aussi une forme de rituel dans les ouvrages religieux, tel la Bible, qui utilisent le même procédé. Quant à la chanson, elle raconte les débuts des longues années de massacres que va déclencher la Contre-Réforme catholique.Le rôle du jeune Charles Quint sera essentiel : ainsi, le 15 juin 1520, le Pape condamne les idées de Luther. L'Empereur Charles Quint, un jeune homme d'à peine vingt ans, fait brûler les écrits de Luther à l'université de Louvain dès décembre 1520. Charles-Quint, sous la pression de l'Église catholique, va mener une terrible répression qui dans nos régions – quart Pays-Bas, quart pays rhénan, quart pays mosan, quart pays flamand – va furieusement ressembler aux croisades contre les hérétiques : Juifs, Arabes, Vaudois ou Albigeois, Cathares, Patarins. L'horreur déferlait sur les populations ; les fleurs rouges des bûchers animaient les places publiques et les pendus les entrées des villes.

 

 

Dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, j'ai une question qui m'obsède : « Et Till dans tout ça ? »

 

 

Till ? Comme tu le verras dans la chanson, Till passe comme un zombie dans ce paysage de désastre, condamné par le ban de trois ans à une errance infernale. Mais, c'est dans cette errance que ses yeux – à force de voir ce qu'ils voient – vont s'ouvrir plus grands encore et modeler la révolte de sa conscience. C'est précisément ce pèlerinage qui devait le soumettre qui va instiller la colère en son cœur et faire de lui un Gueux.

 

 

Voyons donc cette chanson et puis, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde censeur, inconscient, brutal, prédicateur et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

En ce temps-là, Till s'en allait

Par bois, champs, villages et villes

Car le ban de Till

Était de trois ans et lentement coulait.

 

En ce temps-là, inquisiteurs, théologiens, évêques

Abbés, prêtres, moines et tous catholiques

Félicitaient l'Empereur de ses victoires

Et lui remontraient que l'Église soignait sa gloire.

 

En ce temps-là, un archevêque d'Espagne réclama

Six mille têtes bonnes chrétiennes

Tombées en l'hérésie luthérienne ;

Six mille têtes tombèrent ; six mille corps, on brûla. 

 

En ce temps-là, les biens des hérétiques

Revenaient au souverain catholique.

L'Empereur pensait : six mille, ce n'est pas assez

Car la vie est chère pour les majestés.

 

En ce temps-là, Till sentait la terrible odeur.

Partout, Till voyait fleurir l'horreur :

Les têtes fichées sur les poteaux ;

Les filles jetées au fil de l'eau ;

 

Les hommes écartelés nus sur la roue,

Frappés encore et encore de barres de fer ;

Les femmes mises au trou et couvertes de terre ;

Et les bourreaux dansaient dans cette gadoue.

 

Till les regardait toues ces morts avec courage.

À Louvain, il vit brûler d'un coup trente luthériens.

À Limbourg, une famille mourait en se tenant la main.

En ce temps-là, Till ravalait sa rage.

 

En ce temps-là, sur les places coulait le sang,

Tremblait le feu, mouraient les cris, les hurlements.
Till errait muet dans ce monde dément,

Car le ban de Till était de trois ans.

 

 
En ce temps-là, Till
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Marco Valdo M.I.
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 19:19


Ode au Pape

 

Chanson française – Ode au Pape – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

 

Un Pape

 

 

 

 

 

Quoi ? Quoi ? Voilà-t-il pas que tu te mets à écrire des odes à présent et au Pape de surcroît ? En voilà une idée étrange… Tu aurais pu choisir une autre tête de Turc… Mais, tu m'étonneras toujours…

 

 

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, il n'y a rien d'extraordinaire à écrire des odes ; ça fait bien longtemps qu'on en compose. Et puis, j'en ai déjà écrit des odes. Certes, j'en conviens, l'ode est un genre poétique un peu solennel et un peu désuet. Il est d'ailleurs régi par certaines règles que je ne suis pas vraiment sûr de respecter. J'aurais aussi bien pu intituler cette chanson Oraison au Pape. Cependant, tu connais mon goût pour la parodie, genre quelque peu ironique. Cette ode-ci, note-le, est une parodie de cette Ode à Kesselring, version française (que je fis) du très beau texte de Piero Calamandrei : Lo avrai... que l'écrivain toscan adressait au Generalfeldmarschall ad ignominia – afin de marquer de la honte ce criminel nazi.

 

 

Dois-je comprendre qu'il y a là comme un lien, comme une liaison, une sorte de correspondance, comme un soupçon d'ironie… Ce serait sacrilège et il fut un temps où un tel rapprochement, même fortuit, aurait valu les pires ennuis à celui qui l'aurait effectué.

 

 

Je le sais bien. D'ailleurs, le poème de Calamandrei fut très critiqué par les Stahlhelm et les anciens de l'armée hitlérienne. Mais, Lucien l’âne mon ami, c'est précisément face à la résurgence d'une telle domination que j'ai évoqué ce monument. Je te le dis en toute confidence, il ne faut pas s'y tromper, de tous les côtés qu'on se tourne, les religieux et les religions nous assaillent et manœuvrent à conquérir ou reconquérir le monde et à embrigader les humains. Et nous, nous deux et d'autres, nous nous refusons à subir pareilles manipulations. Alors, avec ce petit texte, je nous replace dans la lignée de Valdo et de sa Fraternité des Pauvres, de Marguerite et de Dolcino, de Jean Meslier, de Voltaire…

 

 

Oui, « Noï, non siamo cristiani, siamo somari ». Et pour étendre le propos hors des murs de l'urbs, je te rappelle qu'ailleurs dans le monde, des hommes en massacrent d'autres au nom de Dieu et souvent, ils ajoutent : « le seul Dieu ». Tonton Georges disait à propos des idées  :

« Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ? » et il en va de même de Dieu :

« Un seul Dieu, c'est bien beau, mais lequel ? »

 

 

Bof ! In fine, peu importe. Ce qui compte vraiment, c'est que les sectaires de tous poils laissent les femmes et les hommes (les enfants, les vieillards, les filles, les garçons, les hétérosexuels, les homosexuels et les pas sexuels du tout…) vivre sans jamais interférer dans leur quotidien. Et pour ce qui est de Dieu (lequel, en effet?) qu'il retourne à son néant dont on n'aurait jamais dû le sortir.

 

 

Mais n'est-ce pas là un combat contre des moulins à vent du passé depuis longtemps sans ailes.

 

 

Comme j'aimerais que tu aies raison sur ce point, Lucien l'âne mon ami, toi qui les connais si bien ces moulins, toi qui les as vus de très près ces moulins de Don Quichotte, du temps où tu véhiculais Sancho Panza sur ton dos. Malheureusement aujourd'hui, dans ce monde, on tue les athées car ils sont athées ; dans ce monde aujourd’hui, on voit refleurir les étranges fleurs des bûchers. Et ici, en Europe, au nom d'une soi-disant tradition venue d'ailleurs, de racines exotiques, on veut museler la libre parole, la libre pensée, la libre conscience. On veut soumettre l'individu et sa liberté aux diktats de livres abscons. J'entends certains inspirés réclamer que l'on réinstitue le délit de blasphème, qu'on punisse les mécréants… qu'on abroge les lois qui protègent la liberté humaine . Ces illuminés réclament qu'on aille comme s'en vont les écrevisses, à reculons, à reculons. Voilà le pourquoi de cette chanson et comme tu l'entends, elle ne vise pas seulement le doucereux personnage romain.

 

 

Je le comprends bien, Marco Valdo M.I. mon ami et « qui se sent rogneux qu'il se gratte » ou en picard : « Si i s'sint ronieuw, i n'a qu'à s'gratter ». Enfin, car il faut bien en finir, je ne peux qu'approuver pareille démarche libertaire. Alors, reprenons notre tâche et tissons le linceul (en italien, il sudario – du latin : sudarium) de ce vieux monde insinuateur, doucereux, prédicateur, incendiaire, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Tu l'auras,

Pape de Rome,

Le monument que tu exiges de nous autres humains,

Mais avec quelles mains,

Mais avec quels hommes,

Mais avec quelles pierres on le construira,

C'est à nous de le décider.

 

Pas avec les pierres enfumées

Des villages ravagés par les croisades,

Pas avec la terre des cimetières

Où les mécréants jeunes encore

Furent rejetés au dehors,

Pas avec la neige inviolée des montagnes

Où Marguerite et Dolcino vous défièrent,

Pas avec le printemps de la pensée qui nous vit grandir.

 

Mais seulement avec le silence des torturés,

Plus dur que tous vos bûchers,

Mais seulement avec les bras des mécréants,

Hommes sages et indépendants,

Volontairement engagés

Pour la dignité et pour la raison

Et décidés à effacer

La honte et la soumission.

 

Si tu voulais un jour dominer le monde,

Tu nous trouveras partout à la ronde,

Morts et vivants avec le même engagement

Libres autour du monument

À la liberté et l'amour

Qui clame avec confiance :

Maintenant et toujours,

Résistance !

Ode au Pape
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Marco Valdo M.I.
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 21:38

POUR UNE NUIT SEULEMENT

 

Version française – POUR UNE NUIT SEULEMENT – Marco Valdo M.I. – 2015

d'après la version italienne de Fulvio Senardi – 2004

d'une chanson hongroise

 

 

Géza Gyóni, par un des plus classiques mauvais tours du destin, meurt à Krasnoïarsk pendant sa captivité le jour de son 38ième anniversaire, le 25 juin 1917.

 

 

 

 

Géza Áchim, né à Gyón le 25 juin 1884 (et il tire son nom de plume de celui de sa ville natale : Gyóni signifie « de Gyón »), provenait d'une famille d'étroite observance luthérienne, et fut lui aussi théologien protestant. Il ne sera jamais compté parmi les grands de la littérature et de la poésie hongroises ; on dirait un « mineur » ou quelque chose du genre, face à des noms comme Sándor Petőfi, Endre Ady, Attila József, Mihály Vörösmarty et autres. S'il n'y avait cette poésie, qui n'est pas seulement une de plus célèbres du XXième siècle en langue hongroise, mais même une des plus citées, mises en musique, reproposées, etc. Une poésie, entre autres choses, au destin fort singulier, étroitement lié à celui qui l'écrivit ; elle est, selon toute vraisemblance, devenue la plus célèbre chanson hongroise contre la guerre, la vraie icône du pacifisme et de l'antimilitarisme, et son introduction dans ce site comble vraiment une grosse lacune.

Destin singulier ? Il suffit de connaître, dans ses grandes lignes, la (brève) vie de Géza Gyóni, qui n'était pas du tout – au moins à l'origine, ni un pacifiste, ni un antimilitariste. Pas du tout. L'aventure humaine du poète, à l'aube de la guerre mondiale, était entrelacée avec le brûlant nationalisme hongrois de l'époque. La démagogie nationaliste avait fait son trou en Géza Gyóni comme chez beaucoup d'autres Hongrois, qui voyaient dans la guerre la possibilité d'affirmer définitivement la patrie hongroise ; au point qu'il était parti volontaire. Un de ceux, comme fait à juste titre remarquer Fulvio Senardi dans l'essai sur lequel se base presque totalement cette introduction, « que Thomas Mann (La Montagne Magique) et Italo Svevo (La Conscience de Zeno) nous décrivent en des pages inoubliables au moment où s'en vont euphoriques vers l'abattoir ». Géza Gyóni avait adhéré de façon totale à la folie collective ; réactionnaire de cœur et d’esprit, il haïssait la célèbre revue Nyugat (« Occident »), qui se battait pour des idéaux littéraires et politiques tournés, comme on le déduit de son nom, vers l'Occident en opposition au traditionalisme populaire et rural qui imprégnait encore une grande partie de la culture hongroise de l'époque. Les « Nyugatistes» étaient pour Géza Gyóni, « blasphémateurs d'idéaux et de patrie » et des ennemis des vertus nationales, « empoisonnés de l’esprit décadent de la culture parisienne, imprégnée de cosmopolitisme et de pacifisme, négatrice de la tradition au nom du mirage d'un radieux 'saint Demain' » (Senardi). À la revue objet de ses traits, Géza Gyóni adressa d'autre part des mots durs dans une lettre ouverte (Lével Nyugatra).

Alors pour cerner non seulement la figure du poète, mais aussi ses motivations plus profondes... Parti volontaire pour la guerre, il se retrouva avec des milliers et des milliers de ses compatriotes à se battre en Galicie : il est assiégé dans la forteresse de Przemyśl. Przemyśl est un des monuments des Hongrois, peut-être le principal : des milliers de soldats y trouvèrent la mort. Un authentique massacre qui commença à faire changer d'idée même Géza Gyóni, qui écrivit vraiment dans la rage des combats à Przemyśl, en novembre de 1914, sa très célèbre poésie. D'autre part, ses motivations changeaient fondamentalement d'objet ; si Csak egy éjszakára reste une poésie tournée contre les Nyugatistes et les « intellectuels décadents », écrite dans la métrique (sept strophes de sept vers...) typique des hősi hatos, « chants héroïques » de la poésie traditionnelle hongroise. Mais dans la poésie commencent à s'entendre aussi des échos divergents, particulièrement contre « les patriotes à la longue langue de bois, les factieux, les spéculateurs » et contre un Pays qui a envoyé consciemment au massacre sa jeunesse.

Géza Gyóni avait aussi été victime de la Kultur hongroise, qui « hait de la même manière les mythes occidentaux (progrès, démocratie, humanisme) et l'Orient slave, qui vomit des hordes sauvages dans la douce terre hongroise » ; une Kultur, comme il est facile de l'observer, qui n'a certes pas cessé d'exister en Hongrie. Endre Ady, put écrire, inécouté, : « Le Magyar est un peuple sinistre et triste. /Il vécut dans la révolte et, pour le soigner/ lui firent subir la guerre et l'horreur/des vauriens, maudits dans la tombe ». Ce qui ensuite arriva sur le front de Galice, où Gyóni avait été cantonné après son enrôlement à l'automne 1914, est bien connu : à Przemyśl, ville fortifiée du front nord-oriental, après la faillite de l'offensive autrichienne qui commence la guerre dans les Carpates, tombent aux mains des Russes le 22 mars 1915 presque 120.000 hommes ; Autrichiens, Hongrois, Italiens de l'Istrie, du Trentin et de Trieste, etc. : tous soldats de l'empire multinational et plurilingue. Dans le massacre, le nationalisme de Géza Gyóni cède le pas à un sentiment de fraternité universelle.


Comme tant d'autres, l'existence de Géza Gyóni se conclut de la manière la plus tragique : le 22 Mars 1915 presque 120.000 hommes sont prisonniers des Russes. Ce sont des Hongrois, des Autrichiens et même de nombreux Italiens de l'Istrie, du Trentin et de Trieste. « Commence le calvaire de la captivité sibérienne, dont Gyóni aurait pu être sauvé si son nom avait été repris dans les listes d'échange des blessés et des malades ; mais cela ne se produisit pas. » (Senardi). Géza Gyóni, pour une des plus classiques mauvais tours du destin, meurt à Krasnoïarsk pendant sa captivité le jour de son 38ième anniversaire, le 25 juin 1917. « Les germes d'un tournant pacifiste et humanitaire de sa vision du monde pas n'avaient échappé à la Hongrie officielle, qui lisait avec suspicion ses vers revenus au pays dans d'aventureuses lettres. On monte alors un opéra, difficile de dire s'il est plus imprégné douleur ou indignation : Gõgös Hunniában (Dans la hautaine terre des Huns, 1916), dans lesquels Gyóni déplore, non sans une pointe d'apitoiement sur soi-même, son sort de cygne blessé et ensanglanté condamné à mourir à cause de la haine et des calomnies de ses compatriotes. Les accents francs et douloureux, comme souvent dans les opéras de cette époque, ses poèmes des années de guerre et de captivité qui représentent en effet, par la vibration de leur touchante authenticité, l'aigu de sa veine fragile ; il s'agit des « récoltes sur les champs polonais, prés du feu de bivouac » (Lengyel mező kön, tábortűz mellett, 1914), Lettres du Calvaire (Levelek à Kálváriáról, 1916), et de ses vers publiés posthumes. » (Senardi)

Commence ensuite le parcours de Csak égy éjszakára ; un parcours, comme déjà indiqué, qui le portera en territoires très lointains de ceux d'origine. Un parcours étroitement lié, cependant, au changement de perspective que Géza Gyóni rendait toujours plus manifeste dans les compositions écrites pendant le siège de Przemyśl et ensuite, pendant sa tragique captivité sibérienne ; quelque chose qui rapproche beaucoup de poètes, comme Giuseppe Ungaretti, par exemple. Csak egy éjszakára a connu très vite un processus de popularisation passant nécessairement par le chant (sa structure métrique est pratiquement identique à celle de beaucoup de chants populaires hongrois) ; et le passage à la chanson a accentué démesurément son intrinsèque composante contre la guerre en soi. Dès l'origine, Csak egy éjszakára est devenue une chanson antimilitariste, tournée en particulier contre tout type de « trombone » et de grosse caisse belliciste pendant que les masses sont envoyées à l'abattoir ; et ainsi elle a traversé tout le vingtième siècle hongrois pour devenir au siècle actuel, dans une Hongrie grossièrement retournée à certaines de ses pulsions historiques obscurantistes, xénophobes et fascistes, une véritable icône de n'importe quel mouvement pacifiste, de solidarité et même anarchiste. Preuve en est que la version musicale ici donnée est beaucoup récente et particulièrement, par le band punk anarchique HétköznaPICSAlódások (le nom duquel signifie « illusions quotidiennes »...). Nous avons délibérément choisi de faire connaître ce texte par un band qui se réfère expressément aux Sex Pistols (le morceau est publié dans l'album RIARIAANARCHIA de 2009) pour montrer combien une chanson peut aller loin dans la perception et dans l'usage. [RV]

 


Pour une nuit seulement, 
Envoyez-les ici les factieux, les héros du zèle.
Pour une nuit seulement
Ceux qui à voix haute déclarent :

« Nous n'oublions pas, nous ! ».
Quand la machine de mort joue sa musique au-dessus de nous
Quand invisible descend le brouillard,
Et les mortelles hirondelles de plomb s'éparpillent en vol.

Pour une nuit seulement, envoyez-les ici
Ceux qui importent les obus pendant qu'on casse les poutres.
Pour une nuit seulement :
Quand assourdissante commence à rugir la grenade,
Et la terre gémit sanglante comme si on lui ouvrait le ventre :
Quand s'allume l'éclair d'explosifs projectiles,
Et déborde la vague de sang de la vieille Vistule.

 

Pour une nuit seulement,

Envoyez-les ici les égoïstes, qui étirent leurs sous.
Pour une nuit seulement :
Quand au milieu d'une éruption de grenades
L'homme tourbillonne comme une feuille :
Et s'écroule à terre, oh, chose atroce,
Réduit de héros resplendissant à carcasse noircie.


Pour une nuit seulement

Envoyez-les ici les fiers à bras et les spéculateurs.
Pour une nuit seulement :
Quand s'ouvre la gueule enflammée de l'enfer,
Et coule sur la terre, coule des arbres, le sang
Quand un chiffon de rideau se plaint dans le vent,
Et le soldat en mourant soupire : fils… femme…

 

Pour une nuit seulement,

Envoyez-les ici les patriotes à la longue langue de bois.
Pour une nuit seulement :
Et quand naît la lumière de l'étoile aveuglante,
Qu' on voit leurs visages dans le miroir du fleuve San,
Et quand les eaux ondoyant traînent des nuées de sang hongrois
Qu'ils crient en pleurant : Mon Dieu, basta.


Envoyez-les ici une nuit seulement,
Qu'ils se rappellent le tourment des mères.
Une nuit seulement :
Qu'ils se serrent les uns les autres terrifiés, frissonnants :
Qu'ils se tordent, qu'ils récitent un mea culpa :
Qu'ils arrachent leurs vêtements, qu'ils se battent la poitrine,
Qu'ils implorent en pleurant : Jésus, qu'est-ce encore ?

 

Ô chair de ma chair, qu'est-ce encore, Jésus ? 
Combien de sang me coûte de rester en vie ! ?
Que chacun fasse un vœu,
Et, dans son orgueil incrédule, invoque celui qu'on n'a jamais connu,
Si tu invoques Christ, si tu invoques Dieu :
Jamais plus contre mon sang hongrois, jamais plus.
Une nuit seulement, envoyez-les ici.

 

 

 

 
POUR UNE NUIT SEULEMENT
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Marco Valdo M.I.
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 08:40

VALISES DE CARTON

 

 

Version française – VALISES DE CARTON – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Valigie di cartone – Peos – 1963


Texte de Nuccio Ambrosino

Musique de Giampiero Borella

 

 

 

 


Valises de vieux carton,

Liées d'un bout de ficelle.

 

 

 

 

 

Encore des valises ?, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents.

 

Eh oui, mon ami l'âne Lucien, dit Marco Valdo M.I. en clignant les yeux. Encore… Ainsi l'autre jour, je disais :

 

La valise, la valise, s'il y a bien un objet qui illustre l'immigration, c'est la valise. La vieille valise, sans roulettes, généralement en carton, enfin, celle qu'on porte à bout de bras. En découvrant cette valise de La Tresca, il m'est revenu à la mémoire, outre les histoires racontées par les immigrés, une autre chanson italienne où il était question de « la valise », dont j'avais fait une version française, il y a quelque temps déjà. C'était une chanson de Gianni Rodari. Puis j'ai un peu cherché dans le labyrinthe et j'en ai trouvé d'autres encore sur le même thème :

 

J'ai donc pris la peine de les mettre en français, puisque l'une renvoie à l'autre et inversement.

 

Depuis, il y en a une nouvelle qui s'est ajoutée :

 

Moi, dit Lucien l'âne, j'en suis toujours à me demander s'il y a autant de valises dans les chansons en d'autres langues que l' italien. Qui donc pourra éclaircir ce mystère ? Enfin, reprenons notre douce tâche et tissons le linceul de ce vieux monde plein d'émigrants, d'émigrés, d'exilés, de fugitifs, de cadavres et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Valises de vieux carton,
Liées d'un bout de ficelle.
Tant de gars aux yeux précoces,
Tant de faces brûlées par le soleil,
Tant de choses laissées au pays,
Tant de soleil sur les murs décrépis,
Un curé qui prie le seigneur
Et la terre que le soleil a brûlé.


Allez Salvatore !
Tu es un manœuvre
Non spécialisé.
Cours travailler !
Prends le car !
Achète la carte !
Cours sur un chantier !
Pense à ta famille !
Gaffe à l'ingénieur,
Il peut te licencier !
Tu dois gagner !
Il faut épargner !
Tu dois épargner !


Baraques de vieux cartons usés,
Quel brouillard sur les carreaux embués !
Que de lits sur deux mètres carrés
Bénits par un autre curé.

Allez Salvatore !
Tu es un manœuvre
Non spécialisé.
Cours travailler !
Prends le car !
Achète la carte !
Cours sur un chantier !
Pense à ta famille !
Gaffe à l'ingénieur,
Il peut te licencier !
Tu dois gagner !
Il faut épargner !
Tu dois épargner !

 

Baraques de vieux cartons usés,
Quel brouillard sur les carreaux embués !
Que de lits sur deux mètres carrés
Bénits par un autre curé.

VALISES DE CARTON
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Marco Valdo M.I.
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 22:01

 

Exil de Till

 

Chanson française – Exil de Till – Marco Valdo M.I. – 2015

Ulenspiegel le Gueux – 6

 

Opéra-récit en multiples épisodes, tiré du roman de Charles De Coster : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs (1867).

 

Pélerin pélerinant

 


Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, il arrive un jour où l'oisillon quitte le nid. Mille circonstances y président. Parfois, l'oiseau reste à deux coups d'ailes du pays et sans presser y fait son nid. Parfois, il lui faut partir au loin sans que l'on sache trop bien quand il revient. Parfois, c'est de son plein gré, parfois il est exilé. C'est ce qui arrive à Till. Till doit partir en exil, Till doit s'humilier et devenir pèlerin. Les juges en ont décidé ainsi. Il est heureux pour Till qu'ils étaient du village…

 

 

Mais qu'avait donc fait ce brave garçon ?, demande Lucien l'âne un peu interloqué.

 

 

Oh, rien grand-chose ! Mais ce peu était encore de trop aux yeux des bigots. Till avait – au cours d'une petite beuverie dominicale entre amis – critiqué le parti, le parti des prêtres, le parti de la toute puissante Église Catholique. Il accusait l'Église de tirer profit de la Fête des Morts – ce qu'elle fait encore à présent. Bref, il la disait vénale et chère pour le peuple. C'était une manière de protestation. Et la protestation contre l'Église et ses exactions était vraiment mal vue en ce temps-là. S'en prendre à l'Église, c'était blasphémer et le blasphème était très sévèrement puni.

 

 

On en a brûlé pour moins que ça, dit Lucien l'âne. Je l'ai vu de mes propres yeux tout au travers de l'Espagne, la France, les Pays-Bas et même, l'Italie.

 

 

Je te disais le blasphème… C'est un truc pervers. J'y reviens pour une parenthèse à ce sujet, une parenthèse contemporaine… Till ne serait pas trop rassuré d'entendre nos bons religieux d'aujourd'hui s’efforcer remettre le délit (le « crime ») de blasphème au goût du jour – ici et maintenant, en Europe.

 

 

C'est à n'y pas croire, dit Lucien l'âne.

 

 

Et pourtant, si on laisse faire ces braves gens, on se retrouvera bientôt aux temps de Till et des bûchers. Il me paraît, Lucien l'âne mon ami, qu'il y a là matière à réflexion et à sonner l'alarme.

 

 

En effet, c'est là une nouvelle bien inquiétante. Le pire – et je l'ai vu faire souvent – c'est que ça commence toujours doucement, tout doucereusement. Puis, on serre, on serre jusqu'à l'étranglement des mécréants. Ces religieux ont de ces manières et toujours, ils tentent de faire croire que c'est pour notre plus grand bien. Mais dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, qu'arrive-t-il à Till ?

 

 

Écoute, Lucien l'âne mon ami. Écoute bien, car cela pourrait t'arriver. Tout est donc parti d'une petite fête entre amis… Pourtant, il ne serait rien advenu s'il n'y avait eu un traître dans la bande, qui s'empressa d'aller dénoncer Till.

 

 

C'est toujours comme ça dans les régimes policiers, dictatoriaux, totalitaires, inquisitoriaux ou théocratiques, qui ne sont finalement qu'une seule et même chose, dit Lucien l'âne qui était allé partout. Il y a toujours de bonnes âmes ou de bons citoyens pour aller dénoncer les récalcitrants.

 

 

Comme je te le disais, les juges avaient été assez cléments et sans doute, avaient-ils – comme souvent le font les juges face à des régimes autoritaires – usé de la loi en usage pour protéger Till... À ce stade, même si l'amende, le mois de cachot et l'exil sont de terribles sanctions, Till échappe à bien pire. Ensuite, la chanson narre le départ de Till et le désespoir de sa mère Soetkin, de son père Claes et de son amoureuse, Nelle. Il y a un fait sur lequel j'aime attirer l'attention : c'est cette étrange manie du pardon et de l'humiliation. Ce sont deux pratiques des plus perverses qui soit. Car leur véritable fonction, leur but réel, c'est de rabaisser l'homme libre, la femme libre, l'être libre au rang du disciple, au niveau d'un membre de la communauté. En somme, la brebis doit rentrer dans le troupeau. C'est d'ailleurs là le point central de l'affrontement entre Till le Gueux et le pouvoir, entre l'individu intelligent et la communauté. C'est de cela que veut parler Charles De Coster en écrivant cette épopée.

 

Eh bien, attendons la suite, même si elle doit être terrible et reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde totalitaire, policier, délateur, dictatorial, religieux, communautaire et cacochyme.

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Au milieu des fleurs d'avril

Till parlait et Nelle souriait 

Et le vent de la mer chantait.

J'ai froid, j'ai chaud, disait Till.

 

Le jour des Morts, Till fit la fête.

L'ami Lamme payait les bières.

Tous s'amusaient. Till faisait la bête.

Il dit : la messe des Morts nous coûte cher.

 

Avec l'Église, on ne badine pas.

Un bon fils collabore, se dit un Judas.
Aux bons pères, il se confessa.

Till a dit ceci, Till a dit cela.

 

Un mois en prison, un mois en cage.

Les juges tenaient compte de son jeune âge.

Tristesse, repentance, humiliation.

Till allait pieds nus dans la procession.

 

On bannit l'enfant du pays ; une vilaine punition.

À Rome, on l'envoya chercher sa rémission.

Claes paya l'amende de trois florins

Et munit Till de l’habit de pèlerin.

 

Tous accompagnèrent Till

Quand il dut partir en exil.

Claes et Soetkin pleuraient.

La belle Nelle se taisait.

 

Nelle se taisait, Till partait.

Les morts déçus pleuraient.

Tristesse, repentance, humiliation.

À Rome, elle coûte cher la rémission.

 

Tous les amis accompagnèrent Till

Sur les premiers pas de l'exil.

Sois prudent, dit Nelle, ou ils te feront brûler.

Till dit : Je suis d'amiante et je reviendrai.

 

Au bout du chemin où se perd la vue,

Till continua sans se retourner.

Claes et Soetkin ont pleuré.

Nelle encore plus belle s'est tue.

 

 

 
Exil de Till
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Marco Valdo M.I.
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 17:10

LA VALISE

Version française – LA VALISE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – La valigia – Leo Valeriano – 1970

 

 

 

 

 

Et tout notre courage,

Dans la valise.

 

 

 

La question, Lucien l'âne mon ami, que je me pose… c'est : y a-t-il autant de valises dans les chansons en d'autres langues que l'italien ?

 

 

Franchement, Marco Valdo M.I. mon ami, je n'en sais rien. En fait, je ne le pense pas. J'ai même l'impression que cette foutue valise, qui tient à peine debout parfois, est le symbole-même de l'émigration italienne. C'est en tout cas, comme ça, que les immigrés ici en Wallonie le ressentent.

 

 

De fait, à propos de l'émigration des gens de tous les pays, j'ai entendu parler de bagages, de sacs, de malles, de boîtes, de caisses… de toutes sortes d'autres objets destinés à contenir les affaires de l'exil, mais pas autant de valises que chez les émigrés italiens… Faudrait voir dans d'autres émigrations et donc dans d'autres langues… Peut-être y en a-t-il chez les émigrés espagnols, portugais, grecs, roumains, russes, tchèques , irlandais… Que sais-je ?

 

Enfin, quoi qu'il en soit, ces chansons du départ sont toujours assez mélancoliques ; il est vrai qu'on ne quitte pas son village, sa ville, son pays, sa campagne, ses amis, ses parents pour un exil contraint et indéfini sans y être obligé par des circonstances graves, qu'elles soient économiques ou politiques, ce qui revient au même, car il s'agit toujours d'épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de conserver leurs privilèges, accroître leurs richesses, étendre leur pouvoir, multiplier leurs bénéfices et renforcer l'exploitationL'exil de l'émigré est toujours un départ forcé et sans joie, sans enthousiasme. On est loin là de l'aventurier séduit par la perspective des grands espaces ou les mystères de l'inconnu ; d'ailleurs, ce dernier n'emporte pas de valise… Quant à nous, dit Lucien l'âne en hochant son grand col, même si je connais l'exil itinérant depuis très, très longtemps, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde plein d'émigrés volontaires ou non, d'exils politiques, de fuites devant les persécutions, de courses vers la vie et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Une bouteille de vin du pays,
Dans la valise ;
Une poignée de terre,
Dans la valise ;
Et un ciel bleu,
Dans la valise ;
Et tout notre courage,
Dans la valise.

 

Et tous les champs qu'on a pu voir,
Dans la valise ;
Et les mots qu'on n'a jamais su dire,
Dans la valise ;
Et une grappe de rêves,
Loin, loin, loin, loin, loin…

 


Et maintenant, le train nous tire vers demain.
Il y a la terre perdue avec l'espérance,
Les rêves qui naissent à l'aube,
Et ne se couchent jamais.

 

Une bouteille de vin du pays,

Dans la valise ;

Et tous les champs qu'on retient,
Dans la valise ;

Les au revoir à ceux qu'on ne reverra plus,

Dans la valise ;

Et les yeux de la mère,

Loin, loin, loin, loin, loin…

Dans la valise,

Dans la valise.

LA VALISE
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Marco Valdo M.I.
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 10:43

NOUS QUICHOTTE ou LE RETOUR DE QUICHOTTE

 

 

 

Version française – NOUS QUICHOTTE ou LE RETOUR DE QUICHOTTE – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson italienne - Noi, Chisciotte (Prima : Il ritorno di Quixote) – Marco Rovelli

 

 

 

 

Il faut imaginer un incendie immense

Pour éclairer les lieux où le noir déborda.

Ainsi Quichotte empoigne à nouveau sa lance

Avec l'autre cavalier, au nom de Sancho Panza

 

 

 

 

 

 

 

Voici donc la version française de la chanson de Marco Rovelli. Elle intègre les deux versions en une seule et voici pourquoi.

J'étais revenu à cette chanson, un peu par hasard… Comme le titre en avait été changé, et comme ma mémoire est assez déroutée par les centaines de chansons présentes sur ce site, j'ai traduit cette chanson une nouvelle fois et c'est en tenant de la retrouver dans le site, que j'ai trouvé ma précédente version française et votre requête à traduire la nouvelle strophe introduite entretemps.

Je le fais bien volontiers. Cependant, je trouve dommage d'abandonner la première version et tout spécialement cette deuxième strophe qui était à mes yeux, le passage le plus important de la chanson. Il suffit de lire le long commentaire que j'en avais fait : comment abandonner, occulter Spartacus, les anabaptistes de Münster, Giordano Bruno, Baruch Spinoza, William Blake, Van Gogh et Mattei ? Tous, étoiles éclairant la grande ombre qui enfouit les hommes.

Comment et pourquoi occulter l'histoire ?

Mais bien évidemment, l'auteur peut proposer de nouvelles versions et cela n'empêche pas les anciennes versions d'exister.

Je propose donc une version française où l'on trouve les deux deuxièmes strophes.

 

 

 

Cela me paraît la meilleure des solutions, dit Lucien Lane. Mais cela implique qu'on remette dans la version italienne la première version de la deuxième strophe. On aurait ainsi une chanson complète.

 

 

 

Certes, dit Marco valdo M.I. et j'ai donc reconstitué une version complète en italien, que voici :

 

 

 

Il ritorno di Quixote ou Noi, Chisciotte

 

 

 

 

Dedicata a don Quixote e al coro di tutti i folli visionari della Storia.

trascritta dal video

 

 

 

Ma la libertà mio caro Cervantes
Che parola strana
libertà perché, libertà di chi
Libertà puttana
Sola libertà inseguire un sogno senza padrone
E da quel che amo, da quello solo dipenderò

In un tempo di astuti rapaci
In cui dei son banchieri e mercanti
Io ritorno a montar Ronzinante
E la lancia in resta è la mia libertà
Libertà è potersi dire. io ti stringo
Ti stringo la mano
Anche se l’uomo è un lupo per l’uomo
Se non c’è perdono per chi ama di più
Non ho mai smesso di lottare
Contro il mulinar del male
La sua libertà di macinare vento Incatenare
Di spargere tempesta mentre il trono se la ride
Perciò il cielo dei giganti io ritorno ad assaltare

Ma la libertà mio caro Cervantes
Che parola strana
libertà perché, libertà di chi
Libertà puttana
Sola libertà inseguire un sogno senza padrone
E da quel che amo, da quello solo dipenderò

Seminare visioni sulla terra come il sale
Non affrettare il tempo
che qualcosa al tempo viene
Come 
Spartaco che spezza con la spada le catene
Come poi fecero a Miuster quei fratelli spiritati
E sui monti 
Dolcino con la bella Margherita
Che in mezzo al fuoco
Il sole le si sciolse tra le dita
Come 
Giordano Bruno in quella piazza
Ormai sfiorita sapeva che la vita è una sola ed infinita…
Baruc il rinnegato sulla sulla sua stola di stelle

William Blake canta gode, ride a crepapelle
e il mio amato 
Van Gogh lui santo tra i santi
insieme a George Matai una comunità d'amanti
e il poeta illuminato alla comune in grande gente
e un'infinita schiera d'innominata gente
ed io tra loro a fare il coro e a sfoderar la lancia
insieme ad un altro cavaliere di nome Sancho Panza

 

 

 

Ma la libertà mio caro Cervantes, che parola strana
Libertà per che? Libertà di chi? Libertà puttana!
Sola libertà è inseguire un sogno senza padrone
E da quel che amo, da quello solo dipenderò

Quando il cuore ha sostanza non c'è niente da fare
E un mattino di luglio partii a conquistare
Mi scuoteva la vita, il suo eroico furore
E la buona novella, Dulcinea è la più bella
Seminare visioni sulla terra come sale
Ed affrettare il tempo che qualcosa al tempo viene
Che lo schiavo può spezzare con la spada le catene
Perché libertà è godere delle rose e avere il pane
Un fuoco di incendio bisogna immaginare
Far luce dove il buio sembra straripare
Perciò un Chisciotte torna ad impugnar la lancia
Con l'altro cavaliere, di nome Sancho Panza


Ma la libertà mio caro Cervantes
Che parola strana
libertà perché, libertà di chi
Libertà puttana
Sola libertà inseguire un sogno senza padrone
E da quel che amo, da quello solo dipenderò

E per la libertà solo per quella noi viviamo
la libertà è essere all'altezza dell'umano
perché lo so lo credo che qualcosa poi accadrà
noi scambieremo più il timore libertà

 

 

 

 

Voilà qui est bien... Voyons donc cette fois en français, cette version complète. Et cela fait, retournons à notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde couvert d'ombre, sombre, pénible, baigné de terreur, arrosé de peur et cacochyme.

 

 

 


 


 

Heureusement !


 


 


 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 


Mais la liberté cher Cervantès
Quel mot étrange, liberté
Liberté pourquoi, liberté qu'est-ce
Liberté putain, putain de liberté
La seule liberté de rêver sans maître
Celle que j'aime, la seule dont je veux dépendre

En un temps de rapaces rusés 
Où les dieux sont marchands ou banquiers
Je reviens avec Rossinante combattre
Avec ma lance qui est ma liberté
Liberté est pouvoir se dire. Je te serre
Je te serre la main
Même si l'homme est un loup pour l'humain
S'il n'y a pas de pardon pour les amants
Je n'ai jamais cessé de lutter
Contre le mal tourbillonnant
Sa liberté de moudre du vent, de déchaîner
D'épandre la tempête pour amuser les puissants
Je reviens prendre d'assaut le ciel des géants

 

 

 

Mais la liberté cher Cervantès
Quel mot étrange, liberté
Liberté pourquoi, liberté qu'est-ce
Liberté putain, putain de liberté
La seule liberté de rêver sans maître
Celle que j'aime, la seule dont je veux dépendre

 

 

Semer comme le sel des visions sur la terre
Ne pas précipiter les moments
Chaque chose vient en son temps
Comme Spartacus brisa les chaînes
Comme ensuite firent à Munster ces frères inspirés
Et dans les montagnes Dolcino et la belle Marguerite
Dont le soleil au milieu des flammes maudites
Dénoua les doigts suppliciés.
Comme Giordano Bruno sur cette place
Maintenant défleurie savait que la vie est une et infinie…
et Baruc le renégat dans son étole d'étoiles
William Blake chante heureux, rit à pleine gorge
Et saint parmi les saints, mon Van Gogh tant aimé, 
Avec George Matai font une communauté d'amants
Et le poète illuminé de la Commune, grandes gens
Et un cortège infini de gens jamais nommés
Et moi parmi eux dans le chœur et je dégaine ma lance
Avec Sancho Panza, l'autre cavalier d'errance.

 

 

 

Mais la liberté cher Cervantès
Quel mot étrange, liberté
Liberté pourquoi, liberté qu'est-ce
Liberté putain, putain de liberté
La seule liberté de rêver sans maître
Celle que j'aime, la seule dont je veux dépendre


Lorsque le coeur a de la substance, il n'y a rien à faire
Et un matin de 
juillet, je repartis à la conquête.
La vie me secouaiten sa fureur héroïque
Et la bonne nouvelle, Dulcinea est la plus belle.

Répandre sur la terre des visions comme de grains de sel
Et presser le temps car chaque chose à son temps vient.

L'esclave peut briser ses chaînes,

La liberté c'est jouir des roses et avoir le pain.

Il faut imaginer un incendie immense
Pour éclairer les lieux où le noir déborda.
Ainsi Quichotte empoigne à nouveau sa lance
Avec l'autre cavalier, 
au nom de Sancho Pancha

 

 

 

Mais la liberté cher Cervantès
Quel mot étrange, liberté
Liberté pourquoi, liberté qu'est-ce
Liberté putain, putain de liberté

La seule liberté de rêver sans maître
Celle que j'aime, la seule dont je veux dépendre


Et nous vivons pour la seule liberté 
La liberté d'être à la hauteur de l'humain
Car je sais ce qui adviendra demain :
Nous changerons la peur en liberté.

 

 

 

 

 
NOUS QUICHOTTE ou LE RETOUR DE QUICHOTTE
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Marco Valdo M.I.
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