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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 19:52

L'âne et l'orang-outan

 

Chanson française – L'âne et l'orang-outan – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

Quoi ? Quoi ? L'orang-outan,

Vous ne le connaissez-pas ?

L'orang-outan est un être vivant,

Une personne comme vous et moi.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

 

Lucien l'âne mon ami, je crains bien que tu vas être ravi, car je viens de finir une chanson dont tu es un des protagonistes et dont tu es également le conteur. Une chanson qui est tombée des nuages gris de cet après-midi.

 

 

Quoi, quoi, quoi ? Que dis-tu ? Que dis-tu Marco Valdo M.I. mon ami ? Je ne comprends rien à tes propos. Je serais le personnage de ta chanson…

 

 

Non seulement le personnage, mais en quelque sorte son inspirateur, car je suis parti du commentaire que tu fis récemment à la chanson de Gilles, L'Homme et le Singe . Cependant comme personnage, tu n'es pas le seul ; le principal intéressé est un orang-outan, un de tes amis dont on a voulu faire un militaire et ce singe, personnage intelligent, n'aime pas ça. Enfin, voici comment les choses se passent dans la chanson : un petit groupe de soldats arrivent en ville ; vous (toi et l'orang-outan) vous les interpellez et les soldats répondent :

« Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure ! »

 

 

On imagine bien comment va se faire pareille démonstration. De fait, c'est le fondement-même de la Guerre de Cent Mille Ans et de toutes les guerres et comme tu l'as si bien montré récemment, le fondement de la politique, lorsque tu évoquais Clausewitz inversé en disant : « La politique est la poursuite de la guerre par d'autres moyens. » Et je compléterais volontiers en ajoutant : « La paix est la poursuite de la guerre par d'autres moyens... ». Mais, dis-moi, il me semble bien déjà avoir entendu certains passages de ta chanson ou en tous cas, j'y vois de jolies allusions : ces « autres soldats qui cherchent Lola » et surtout, évidemment, ce Gare aux gorilles… C'est évidemment fort amusant.

 

 

Oui, ce Gare aux Gorilles renvoie très directement au Gare au Gorille de Georges Brassens et à toutes les versions qui en ont été données en d'autres langues. Mais enfin, il n'y a que du plaisir à s'inspirer d'un tel maître es paroles. Quant à ces soldats à la recherche de Lola, il te faudra aller chercher chez Léo Ferré chantant Aragon : Est-ce ainsi que les hommes vivent ?  À mes yeux, il n'y a rien là que de très normal et il faut considérer ces allusions comme d'incontestables coups de chapeau aux vers originaux. Et puis, nous sommes en bonnes compagnies, car Michel de Montaigne n'y rechignait pas.

 

Laissons cela et reprenons notre tâche et remettons nous à tisser le linceul de ce vieux monde militaire, fort en guerres, méprisant, méprisable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

Ce singe-là est un entêté

Je connais ses opinions.

Il m'en a souvent parlé

Je les tairai par discrétion.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Je ne vous en dirai rien.

C'est bien le moins pour un bon citoyen.

Cependant, je vous laisse deviner

Combien en son âme, il est révolté.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

Quoi ? Quoi ? L'orang-outan,

Vous ne le connaissez-pas ?

L'orang-outan est un être vivant,

Une personne comme vous et moi.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Âne de raison, de toutes les façons,

On ne peut me confondre avec l'orang-outan,

Animal aimable avec qui personnellement,

J'entretiens d'excellentes relations.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

L'orang-outan considère le militaire,

Le militaire habillé en soldat.

Il le tient pour un cerbère,

Et il ne lui parle pas.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Et moi, qui fréquente les orangs-outans

Moi, je vous le dis, je partage entièrement

Et de tout mon cœur, leur cri vengeur :

Vive les objecteurs, vive les déserteurs.

Vive l'orang-outan et sa guenon !

 

Soldats, ô beaux soldats,

Qu'allez-vous faire là-bas ?

Nous allons de ce pas

Une, deux, trois !

Démontrer sur l'heure 

Que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Ainsi parlaient ces soldats-là.

 

Il est d'autres soldats en ville

Des soldats habillés en civil

Qui vont par-ci, qui vont par-là

À la rencontre de Lola.

 

L'armée, ah, l'armée

Avec tous ces soldats

Gare aux gorilles et aux orangs-outans !

L'armée, ah, l'armée

Avec tous ces soldats…

Gare aux gorilles et aux orangs-outans !

Gare aux gorilles

Et aux orangs-outans !

Gare aux gorilles

Et aux orangs-outans !

 

 

 
 
L'âne et l'orang-outan
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Marco Valdo M.I.
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 22:17

CHAIR À CANON

 

 

Version française – CHAIR À CANON – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Carne da cannone - Casa Del Vento - 2001 

 

 

 

Bienvenus dans la tranchée où l'absurde massacre animal est perpétré.

 

 

Ainsi s'appelaient les soldats envoyés à mourir dans les tranchées lors de la Première Guerre Mondiale. Une chanson antimilitariste, sur les gars, fils de pauvres gens, un non grand et ferme contre la guerre.

 

 

Dans ma rue, deux noms et deux fleurs ont un désir :
Oublier la traînée de l'injustice, faire naître une nouvelle pensée.
Chair à canon nous sommes, l'armée des manipulés
Sous l'effet de la grandeur des baratineurs bien entraînés.
Pour satisfaire l'envie des grands de conquérir sans retenue,
Nous avons souillé le champ de rouge et usé tout compromis.
Ils nous ont vendu pain et promesses en première ligne avec leur faux idéal,
Chaque fois envoyés au feu, abattus à peu à peu.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.


La justice des puissants nous a volé le printemps
Sans se soucier de notre tristesse, de notre peur et de notre misère.
Et le peuple de Dieu a stipulé un tacite accord
Que pour chaque contrat de foi soit contemplé un soldat mort. 

Bienvenus dans la tranchée où l'absurde massacre animal est perpétré.
Ils m'ont décrit l'ennemi comme un mauvais fétiche à trucider.
Mais je l'ai vu lutter dans la boue pour survivre et désespérer ;
Il avait deux yeux, deux bras, deux jambes, la même bouche pour parler.


Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

 

On peut nous voir voler en l'air avec peu d’envie de pardonner
Millions de voix en un grand cri, chanter dans le vent on peut nous entendre.
Le fleuve est grand, le fleuve est rouge, il tache la terre comme l'encre,
Tache la terre jusqu'à une mer emplie de voix à écouter.

Frappe la terre avec un bâton, ils peuvent toujours appeler mon nom
Frappe la terre avec un bâton, chair à canon.

CHAIR À CANON
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Marco Valdo M.I.
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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 21:23

COLTAN

Version française – COLTAN – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Coltan – Andrea Sigona – 2015

 

 

 

 

Poussière sur poussière

Faim comme faim

Noir comme le démon

Noir comme goudron

 

 

Lucien l'âne mon ami, avant d'aborder la chanson elle-même, je te ferai remarquer que c'est la première fois que nous entrons dans le labyrinthe des CCG par le portail en français… Comme tu sais, antérieurement, il nous fallait passer par l'italien… Certes, cela ne nous gênait nullement, mais ce devait être un fameux obstacle pour bien des locuteurs de langue française…

 

 

 

Il me semble à moi aussi… C'est donc un jour à marquer d'une pierre blanche...

 

 

 

Et pas noire, en tous cas, comme tu vas le voir avec la chanson sur le coltan. Une étrange chanson pour laquelle il te faudra, Lucien l'âne mon ami, ouvrir grand ta machine à penser, ton cerveau. Car il y a derrière elle des implications qui ne se distinguent pas à première vue. En bref, il s'agit de répondre à deux questions : qu'est-ce que le coltan et que vient-il faire ici dans les chansons contre la guerre ?

 

 

 

Pour ce qui est du coltan, je sais bien de quoi il s'agit ; j'en ai assez porté sur mon dos. Je t'accorde que c'était il y a longtemps et que peut-être était-ce un autre minerai que la colombite-tantale ; en tous cas, un de ces minerais noirs , mais d'un noir qu'on aurait cru mes sabots ou un bloc d'encre de Chine. Bref, des cailloux noirs tirés d'un sol noir…

 

 

 

Généralement, par des Noirs… C'est bien lui et ses mines se situent principalement au Congo. On dit que c'est un minerai stratégique… C'est tout dire. Un minerai stratégique a cette particularité de déclencher des luttes terribles pour sa possession. Et c'est bien ce qui se passe encore aujourd'hui avec le coltan. On raconte que la guerre ou les guerres qui se déroulent pour lui auraient fait la bagatelle de six millions de morts, sans compter les morts-vivants que sont ceux qu'il a blessés et ceux qui encore y perdent leur vie au travail. Telle est en gros la raison de sa présence ici dans les Chansons contre la Guerre. Il y a toute une littérature à ce sujet… Je t'y renvoie en commençant par l'article Coltan dans wiki ou par un article sur le sujet, tel que Le massacre d’un peuple pour le « bonheur » du monde  (http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/rd-congo-le-massacre-d-un-peuple-139469).

 

 

 

En résumé, c'est un nouvel épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les obliger à générer des profits, afin d'accroître leurs richesses encore et encore jusqu'à ce que mort s'ensuive – celle des autres, bien entendu.

 

 

 

Cependant, Lucien l'âne mon ami, cette chanson a un autre aspect que je t'invite à découvrir et c'est le fait que le protagoniste de la chanson, celui qui nous parle au travers de la chanson, c'est le coltan lui-même… On pourrait même l'appeler « Lamentation du coltan »… Du moins, c'est ainsi que je la comprends et que j'en ai fait la version en langue française.

 

 

 

 

 

 

Je m'en vais de ce pas vérifier ce que tu me racontes e et puis, ensemble, reprenons nos habitudes et tissons le linceul de ce vieux monde exploiteur, profiteur, assassin, extorqueur et cacochyme.

 

 

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

Moi qui n'ai jamais vu le soleil
Au-delà de la chaleur et ses pierres
Moi qui n'ai jamais vu la mer 
Avec toute sa soif
Moi qui n'ai jamais vu l'ombre
Car l'ombre a ses contours
Moi qui n'ai jamais vu l'aube
Et la saison des souvenirs


Poussière sur poussière
Noire comme le noir
Pour deux sachets d'or
La paye l'étranger


Moi qui n'ai jamais vu des yeux
La couleur du coucher de soleil
Moi qui n'ai jamais vu un baiser
Le secret de son visage
Et cette terre est dure
Aucune fleur n'est jamais arrivée
Des mains comme des pales au vent
De quel ventre suis-je jamais né


Poussière sur poussière
Faim comme faim
Noir comme le démon
Noir comme goudron


Moi qui n'ai jamais vu la lumière
Aucun ciel sans une chambre
Maudites multinationales
Qui ont éteint mon espoir 
Moi qui n'ai jamais vu le soleil
Au-delà de la chaleur et ses pierres
Moi qui n'ai jamais vu la mer 
Avec toute sa soif

Poussière sur poussière
Terre sans eau et grain
Si pouvaient suffire deux notes

 

 

 

 

COLTAN
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Marco Valdo M.I.
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:42

La Moribonde

 

Chanson de langue française – La Moribonde – Marco Valdo M.I. – 2015

Parodie de la chanson – Le Moribond – Jacques Brel – 1961 – Jacques Brel – 1961

 

 

 

 

 

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien.

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien, tu sais.

J'en crève de crever aujourd'hui

Alors que toi, tu es bien vivant

Et plus solide que l'ennui.

 

 

 

 

 

 

 

Je vois, Marco Valdo M.I. mon ami, à son titre que ta chanson raconte des choses terribles et que c'est une femme ou une personne féminine qui en est la protagoniste. Et, comme je connais assez bien le répertoire de Jacques Brel, j'imagine que cette moribonde parle de sa fin, de sa disparition et de son enterrement. Je pense bien en outre qu'elle entend régler ses comptes avant de s'en aller. Mais, dis-moi, qui est-elle, cette moribonde ?

 

 

D’abord, Lucien l'âne mon ami, tu as raison, c'est bien une parodie… Tu connais mon goût et celui de la chanson populaire pour les parodies… Donc, c'est une parodie d'une chanson du Grand Jacques, comme on l'appelle ici chez nous. Une parodie du moribond… Chez Brel, elle raconte l'histoire d'un homme qui se sent partir dans le néant et qui, en effet, comme tu l'as bien dit, règle ses comptes avec son entourage : son ami, le curé, l'amant de sa femme et sa femme. Il leur dit leurs quatre vérités. Par ailleurs, c'est un mourant dont on ne dit jamais le nom dans la chanson, une sorte de figure anonyme et générale : « Le » moribond, un personnage de la grande comédie humaine. Mais ce n'est pas du tout le cas dans ma chanson. La moribonde, même si on ne dit jamais son nom, il est aisé de savoir de qui il s'agit. Il s'agit tout simplement de l'Europe en train de mourir. À ce sujet, nous ne sommes pas les seuls à le penser ; j'en tiens pour exemple la revue italienne Micro-Mega et son article de tête : « La pagnotta del Quarto Reich. Luglio 2015: il mese che ha riaperto la questione tedesca » [http://temi.repubblica.it/micromega-online/la-pagnotta-del-quarto-reich-luglio-2015-il-mese-che-ha-riaperto-la-questione-tedesca/]

 

 

 

L'Europe en train de mourir ? En voilà une histoire. Ainsi, tu joues ton Bossuet… « L'Europe se meurt, l'Europe est morte » aurait d'ailleurs pu être une autre parodie.

 

 

C'eût pu et cela sera peut-être, si j'ai le temps… Ce serait pas mal de reprendre l'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre telle que la fit l'Aigle de Meaux en 1670. Pas tout, ce serait un immense pensum ; cependant cet extrait me paraît s'y prêter :

« O nuit désastreuse! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle: Madame se meurt, Madame est morte! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts; on trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse. Partout on entend des cris, partout on voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le roi, la reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré, et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète: Le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple, de douleur et d'étonnement. »

Mais ce n'est pas cela en ce qui tient à la chanson. On serait plus proche pour en rester aux classiques du laboureur et ses enfants de La Fontaine :

« Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins... ».

Bref, en ce beau matin de juillet, l'Europe se réveille moribonde et s'adresse à quelques-uns des États qui la composent (mais l'avertissement vaut pour tous : REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN) et les interpellant du nom de leur capitale. Elle plaint la Grèce de son destin d'esclave, elle reproche à la France son inertie, elle annonce à Bruxelles la fin de son rôle de capitale européenne et enfin, elle dit à Berlin, qu'elle se meurt de ce que l'État allemand poursuit le rêve d'Otto von Bismarck, c'est-à-dire la conquête par n'importe quel moyen de tout le continent.

 

 

Eh bien, on n'a pas fini de rire, dit Lucien l'âne en frémissant de toute son échine et en relevant tel un plumeau sa queue vengeresse. Par ailleurs, tu as raison de dire par n'importe quel moyen… pour l'instant, ils ne sont pas militaires, mais il est vrai que – tant qu'on acceptera ces soi-disant contraintes budgétaires, dettes et autres fariboles financières – les capitaux suffiront à étrangler les gens ; le mécanisme est simple : je te prête de l'argent pour que tu achètes mes produits ; je te pousse à la surconsommation ; puis, comme tu ne peux plus faire face aux échéances, je t'étrangle et je te saisis tout à vil prix. En fait, on traitait déjà ce point dans tes Histoires d'Allemagne [[45577]]

 

« Avec la même insouciance moutonnière
Des troupeaux qu'on mène à l'abattoir
Marche maintenant l'Europe entière
Accomplissant le rêve d'Otto ou plutôt, son cauchemar. »

 

 

Heureusement, on peut encore penser que Don Quichotte [[41719]], Rossinante, Sancho, le plat à barbe et moi-même l'âne, pourrons faire obstacle à la PanzerKommission…

« Votre Grande Europe n'est pas notre destin.
Faibles, pauvres, nous sommes l'Europe de demain. 
»

Pour le reste, reprenons notre tâche et tissons contre vents et marées le linceul de ce vieux monde hanté par les fantômes, caporalisé, dressé, tétanisé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Adieu Athènes, je t’aimais bien.

 

Adieu Athènes, je t'aimais bien, tu sais.

J'ai mangé, j'ai bu tous tes vins ;

J'ai fait danser toutes tes filles ;

J'ai conduit à la ruine ta famille.

Adieu Athènes, je vais mourir, tu sais.

C'est dur de mourir au printemps

Mais je pars aux fleurs désespérée,

Car vu que tu es à genoux maintenant,

Je sais qu'ils te prendront même tes musées.

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 

Adieu Paris, je t’aimais bien.

Adieu Paris, je t'aimais bien, tu sais.

Tu aurais dû virer de bord,

Tu aurais dû changer de chemin,

Mais tu n'as pas quitté ton port.

Adieu Paris, je vais mourir tu sais.

C'est dur de mourir à l'été,

J'en crève de crever à présent,

Alors que toi, tu perds ton temps.

Je sais qu'ils viendront au printemps

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 

 

Adieu Bruxelles, je t'aimais bien.

Adieu Bruxelles, je t'aimais bien, tu sais.

Moi je prends le train pour le néant,

Tu prendras le train après le mien,

Mais on prend tous un train suivant.

Adieu Bruxelles, je vais mourir,

C'est dur de mourir à l'automne, tu sais,

Mais je pars aux fleurs sans hésiter

Car vu ce que je t'ai donné jusqu'à présent

Je sais que tu pleureras le bon vieux temps.

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 

 

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien.

Adieu Berlin, je ne t'aimais pas bien, tu sais.

J'en crève de crever aujourd'hui

Alors que toi, tu es bien vivant

Et plus solide que l'ennui.

Adieu Berlin, je vais mourir,

C'est dur de mourir en hiver, tu sais,

Mais je pars aux fleurs sans un sourire

Car vu que tu rêves en allemand,

Je sais que tu veux tout le continent.

 

Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Je veux qu'on s'amuse comme des fous,
Je veux qu'on rie,
Je veux qu'on danse,
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou !

 
 
 
La Moribonde
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Marco Valdo M.I.
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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 22:41

 

Oh ! Le Bel Accord !

 

 

Chanson française – Oh ! Le Bel Accord ! – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 10

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

Trêve de questions, chassez les doutes !

Mach schnell ! Europa en avant toute !

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, voici une chanson pas encore napoléonienne, mais presque. Bonaparte n'est encore que Consul, premier, certes, et revenu d'Égypte, vainqueur déjà des Autrichiens, il signe avec l'Anglais la paix d'Amiens. À eux la mer, à nous, la terre. Peut-être penseras-tu – je le vois au balancement de tes oreilles – que je m’égare et que mon goût pour les histoires se mue en goût pour l'Histoire. Il n'en est rien. Simplement, notre Arlecchino, alias Matthias, alias… vivait en ce temps-là et cette Paix d'Amiens de 1802 est une sorte de repère, une borne milliaire. Ainsi, elle nous précise que nous sommes deux ans après Marengo ; deux ans que notre Matthias vagabonde en tentant quand même d'arriver chez lui, ce qui est en effet le cas. Voilà pour les histoires de notre déserteur. Mais ce n'est pas tout…

 

Et quoi d'autre encore ? Marco Valdo M.I. mon ami, tu m'intrigues.

 

Comment t'expliquer le sens de cette chanson que je découvre en même temps que toi ? En fait, c'est assez complexe. D'abord, par cette paix, l'Europe d'alors momentanément pacifiée, tranquille ne fait plus tant la chasse aux déserteurs. L'urgence n'est palus d'avoir des soldats et l'Autriche vaincue (qui a déjà son arrangement avec la France bonapartiste) ne pense pas encore à reprendre le combat. Mais évidemment, ça ne pourrait tarder… Pour notre Arlecchino, c'est un moment où il peut (un peu) s'assoupir et redevenir civil ; il vient d'arriver chez lui. Mais ce n'est pas tout…

 

Et quoi d’autre donc ? Marco Valdo M.I., mon ami, tu ne cesses de m'intriguer, encore plus que tout à l'heure…

 

Eh bien, c'est que cette chanson, je l'ai écrite aujourd'hui, le 14 juillet 2015 et comme tu le remarqueras à l'écoute, elle parle de l'Europe et d'un accord… et se termine sur un impératif allemand… En clair, elle parle d'aujourd'hui en parlant du passé. Il faut que tu saches, Lucien l'âne mon ami, que ce bel accord, cette paix d'Amiens où tous s'entendaient si bien et si éternellement débouchera un peu plus d'un an après sur de très effroyables guerres européennes qui dureront une dizaine d'années, puis rebondiront une soixantaine d'années plus tard (1870), puis environ cent ans après (1914), puis une vingtaine d'années (1939)… Comme tu ne l'ignores pas, les ravages furent formidables, les morts se comptent en millions.

 

Les soubresauts de la belle Europe ne sont pas sans danger…

 

De fait, Lucien l'âne, malgré tous les accords (rien qu'un autre exemple : Munich), la guerre revient. On attribue à Winston Churchill, à propos de ces fameux accords, une réflexion dont je n'ai pas gardé en mémoire la formulation exacte, mais qui dit à peu près ceci : Vous aviez à choisir entre le déshonneur et la guerre. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. Mais, me dira-t-on, c'était à Munich et le diktat était celui d'un dictateur… Voire, il était chancelier d'Allemagne. Cependant, en effet, les soubresauts de la belle Europe ne sont pas sans danger. En fait, elle n'aime pas qu'on la domestique, qu'on la cornaque, qu'on la tance, qu'on l'asservisse. Et certains s'y emploient ; c'est imprudent. Voilà le sens profond de cette chanson. Une fois encore, c'est Cassandre, une voix perce le mur opaque du futur.

 

Allons, allons, Marco Valdo M.I., mon ami, garde tes oracles… Les augures sont comme les économistes, ils se trompent tout le temps.

 

Certes, certes, Lucien l'âne mon ami, mais rappelle-toi ce que l'on dit ici depuis des années à propos de ce qu'ils font aux Grecs et ce que nos Histoires d'Allemagne ont montré des terribles manières de certains des protagonistes de ces derniers jours (Wolfgang Schäuble était déjà là lors du dépeçage de l'Allemagne de l'Est), qui avaient été en quelque sorte rodées sur les populations de l'Allemagne elle-même. La Treuhand  les avait vendus à l'encan. On disait déjà ici que c'était le modèle de ce qui serait fait aux Grecs… et c'est bien le cas.

 

Je me souviens très bien de ça et j'appuie ton idée en rappelant l'antienne : « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN... ». Dès lors, reprenons notre tâche et Ora e sempre : Resistenza !, tissons le linceul de ce vieux monde exploiteur, colonisateur, ottiste (je t'invente ce néologisme de ma façon : un monde ottiste, une personne ottiste… est un monde, une personne qui poursuivent le rêve d'Otto von Bismarck : la grande Europe allemande) et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

La frégate toutes voiles dehors

Par le travers du Pas de Calais

Fendait la mer et les flots, sous le vent du nord,

Amenant Lord Cornwallis signer la paix.

 

À Paris, une Marianne défraîchie

Saluait le frère Joseph qui s'en allait

En Amiens, plénipotentiaire, signer la paix.

L’Europe déjà se faisait. Ainsi va la vie.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Les Ottomans retrouvaient le pays de Râ.

La Patrie récupérait ses colonies. Ce n'est pas rien !

Toute une Belgique et un pied dans le Rhin.

La paix n'a pas de prix. Rule Britannia !

 

Oh ! Le bel accord ! Oh ! Joie unanime !

Oh ! La belle paix ! Amis à l'ouvrage !

L'Europe rubiconde a belle mine ;

La paix a un si beau visage.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Le temps de paix est une aubaine.

Les hirondelles reviennent à tire d'aile.

Les paysans sèment et s'activent sans peine.

Oui, ainsi, la vie sera belle.

 

Amis, foin de mollesse, l'accord est signé.

Amis d'Europe, reprenez le collier !

Trêve de questions, chassez les doutes !

Mach schnell ! Europa en avant toute !

 

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Oh ! Le Bel Accord !
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Marco Valdo M.I.
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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 20:08

Le Cri du Front

 

Canzone française – Le Cri du Front – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Ce n'était pas un cri de guerre

À peine le son

D'une tête couchée sur son front

Un soir d'août, presque hier.

 

 

Lucien l'âne, mon ami, il te souviendra que l'autre jour, j'avais traduit une chanson italienne, intitulée Natale 1914 [[50233]], que j'avais intitulée en français : Noël 1914. Elle racontait les épisodes de fraternisation qui avaient eu lieu sur le front à ce moment. Je voudrais te faire remarquer deux ou trois choses à ce propos. La première que c'est une chanson écrite par un Italien – Marco Chiavistrelli et que l'Italie n'était entrée en guerre qu'en 1915 et que de ce fait, il n'y a évidemment pas de troupes italiennes qui ont participé à ces embrassades. En fait, et c'est la seconde,de toute façon, c'étaient principalement des rencontres entre les troupes britanniques et allemandes dans ce qui est aujourd'hui le Nord-Pas-de-Calais. Ce sont des épisodes limités, autour du solstice d'hiver, à peine tolérés et qui seront étroitement surveillés pas les autorités des deux camps.

 

 

En effet, je me souviens très bien de cette chanson. Quel rapport a-t-elle avec celle que tu présentes aujourd'hui ?

 

 

Le rapport est que toutes deux relatent des épisodes de fraternisation, mais pas de la même manière et pas du même côté du front et pas le même type d'épisodes. Cette fois, il ne s'agit pas d'une trêve de Noël, celle-ci a comme lieu la Champagne et se déroule probablement en 1916 ou 1917. Dans la chanson, l'initiative de paix vient des poilus français et l'histoire est racontée par un soldat allemand. Ceci s'explique aisément par le fait que l'auteur de la nouvelle, dont la chanson est tirée, n'est autre qu'Erich Maria Remarque [[37758]], l'auteur de « À l'Ouest rien de nouveau » [[43463]], qui fut lui-même un de ces jeunes qu'on obligea à aller tuer des gens qu'ils ne connaissaient pas et qui ne leur avaient strictement rien fait. Pour en revenir à la comparaison des deux chansons, alors qu'en décembre 1914, et spécialement en ce premier Noël au front, il y avait l'idée que cette guerre serait bientôt terminée et qu'en somme, on était face à un malentendu qui serait vite résorbé, quelques années plus tard, on n'en était plus là. On n'en voyait pas la fin de cette guerre. On s'enlisait. Et la guerre devenait sur le front une sorte de routine où finalement, les soldats évitaient – dans les deux camps – de trop en faire. De là, sans doute, ces « ententes » sur le terrain et aussi, la compréhension du mécanisme fondamental de la guerre lorsque descendant ou remontant du front, les soldats croisaient ces camps ou ces colonnes de prisonniers et se rendaient compte qu'ils étaient exactement comme eux, que c'étaient leurs frères qui, comme eux, avaient été envoyés à la boucherie afin de satisfaire des intérêts supérieurs. Ils découvraient – sur le vif, quand il était encore temps pour eux – le sens profond de cette guerre et s'apercevaient qu'elle était un simple épisode de la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches mènent sans relâche contre les pauvres.

 

 

Donc, pour ce qui est de la chanson, ce sont les soldats français qui font les premières avances…

 

 

Exactement. Les lignes de tranchées sont proches et ils lèvent d'abord un panneau « Attention », puis, ils montrent des objets cadeaux, ici des cigarettes… Puis, un drapeau blanc… Tout le monde se comprend et commence une série d'allers-retours au milieu des barbelés. Concrètement, les soldats s'organisent pour attendre la fin de la guerre ; ils tirent pour la frime. Jusqu'à ce que la hiérarchie s'en mêle et relance le jeu de massacre. Du côté allemand, un nouveau commandant est envoyé, un dur. Dès qu'apparaît un des Français confiant des bonnes relations avec l'adversaire (littéralement, cette fois, celui d'en face), il s'empare d'un fusil et s'empresse de le tuer. Résultat : douze morts en représailles dans son camp, dont le commandant lui-même.

 

Pas sûr que ce soient les Français qui l'ont eu, celui-là…

 

 

Pas sûr, en effet ! Les soldats en avaient vraiment marre de cette guerre et de ces cinglés. Tout comme pour les trêves, tacites et clandestines, la littérature foisonne de ces officiers et sous-officiers va-t-en guerre rossés, liquidés par leur propres troupes. Enfin, note ce quatrain où il est fait mention du souvenir qui s'incruste dans les rêves du survivant, de cette souvenance qui n'en finit jamais, de cette horreur polluant les nuits de la paix revenue et pendant tant de temps… Ça, c'est un thème récurrent de Remarque… En fait, ce qu'il ressentait lui-même… des années et des années plus tard. La guerre, vois-tu Lucien l'âne mon ami, continue dans la paix.

 

 

Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, continuons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde toujours en guerre, hâbleur, matamoresque, tricheur et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Soldats, votre conscience est nette,

On ne se tue pas entre soldats !

On serait bien mieux à faire la fête,

À quoi donc rime tout cela ?

 

Pan, pan, pan… Au matin à sept heures

Pan, pan, pan… Salut, on tire au petit bonheur

Pan, pan, pan… Au soir, bain de soleil aux barbelés

Pan, pan, pan… Bientôt, on ira se coucher.

 

En face, un panneau s'agite tout droit :

« Attention ! »… Attention à quoi ?

Un carton de cigarettes danse

« Compris ! ». Tissu blanc, chemise blanche.

 

Hors de la tranchée, un homme vient, un homme rampe

Il pose un cadeau, il décampe.

J'avance heureux, joyeux, hilare ;

Je pose notre cadeau, je repars.

 

Entre les tranchées, deux hommes musardent

« Bonjour, camarade ! »

« Bonjour, bonjour ! »

Et retour.

 

Donne-moi ta main et prends la mienne

Entre nous, la guerre est finie.

J'ai ma vie, tu as la tienne.

Soyons amis, la guerre est finie !

 

Collégiens, commerçants, paysans, ouvriers,

Garçons inoffensifs, maintenant prisonniers

N'étaient pas des ennemis

Avant… Avant qu'on les arme de fusils.

 

Ce faible cri, je vais l'entendre

Je n'entends plus que lui

Je l'entends toutes les nuits

Pas même un mot, juste un cri.

 

Ce n'était pas un cri de guerre

À peine le son

D'une tête couchée sur son front

Un soir d'août, presque hier.

 

Pan, pan, pan… Au matin à sept heures

Pan, pan, pan… Salut, on tire au petit malheur

Pan, pan, pan… Au soir, bain de soleil aux barbelés

Pan, pan, pan… Bientôt, on ira se coucher.

 

Soldats, votre conscience est nette,

On ne se tue pas entre soldats !

On serait bien mieux à faire la fête,

À quoi donc rime tout cela ?

Le Cri du Front
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 17:59

SUD DES SUD

 

 

Version française – SUD DES SUD – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Sud dei Sud - Golaseca – 2015

 

Je suis né et je vis dans le Sud, je parle ma langue 

 


Je suis né et je vis dans le Sud, je parle ma langue
Où le soleil meurt la tête en bas, une guérilla commence
Le travail la nuit ne te suffira pas, maintenant tu as une famille
Ta femme la nuit ne te trahira pas, elle s'occupera de ta fille !

Peu d'argent et on n'arrive pas à la fin du mois
On sera seul et triste, cela ne suffira pas…


Penser que de la mer plus pauvre que toi
Arrive « un clandestin »
Ce sera sa faute ou la faute retombera sur le politicien argousin
Ou la mer clandestine ?

Je suis née et je vis dans le Sud, je parle ma langue à moi
Où le soleil meurt la tête en bas, je ne veux pas d'une guérilla

 

En avant ! Allons, allons, allons…

 

Le travail d'été ne te suffira pas, tu rêves d'une famille
Et ton homme un jour émigrera, il le fera pour ta fille. 

Aucun argent et tu ne couvres plus les frais

Tu seras seule et triste, il ne te suffira pas…

 

Penser que de la mer plus pauvre que toi 

Arrive « un clandestin »
Ce sera sa faute ou la faute retombera sur le politicien argousin
Ou la mer clandestine ?
Ou la mer clandestine ?

 

Penser que de la mer plus pauvre que toi
Arrive « un clandestin »

La faute retombera

Ou la faute "blablabla"

Mais est-ce la mer clandestine ou le politicien assassin ?

 

Penser que de la mer plus pauvre que toi
Arrive « un clandestin »
Ce sera sa faute ou la faute retombera sur le politicien argousin
Ou la mer clandestine ?

Penser que de la mer plus pauvre que toi
Arrive « un clandestin »

La faute retombera

Ou la faute "blablabla"

Mais est-ce la mer clandestine ou ce politicien crétin ?

 
 

 

SUD DES SUD
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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 20:10

NOËL 1914

 

 

Version française – NOËL 1914 – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson italienne – Natale 1914 – Marco Chiavistrelli – 2015

 

 

 

 

Puis, ils reprirent les fusils et ils tirèrent

Tuant à nouveau leurs aimables frères

 

 

 


Des tranchées, mourants, surgirent soudain
Les pauvres soldats, les vrais combattants
Un chant de Noël sonnait étrangement
De la tranchée d'en face, on l'entendait au loin

 

 

Maudite guerre des riches et des puissants,Mais les vrais combattants sont de pauvres paysansMais les vrais combattants sont de pauvres paysans 
Un premier fou se leva au risque d'être fauchéMais une voix dit : il ne doit pas être tué

 

 

Un deuxième se leva et ils trinquèrent d'un sourire 
Ce jour de Noël est apparu un paradis

Un paradis de peuples aimant la vie 
Détruits sans raison par la politique devenue folle
Détruits sans raison par la politique devenue folle

Alors s'éleva des tranchées
Un chant de Noël dans cette longue soirée ;

Il parlait une langue universelle et cultivée ;
La langue des soldats n'était pas encore morte.

Ils coururent les uns vers les autres et s'embrassèrent dans la boue,
Ils jouèrent au ballon et mangèrent ensemble la soupe,
Ils jouèrent au ballon et mangèrent ensemble la soupe. 

Puis, ils rentrèrent avec des cadeaux dans les poches.
Ils s'étaient offert, les uns aux autres, un signal dans les bourrasques.

 

 

 

Puis, ils reprirent les fusils et ils tirèrent
Tuant à nouveau leurs aimables frères

Ce jour de Noël entra dans l'histoire
Un chant contre les puissants. Tués par la gloire
Un chant contre les puissants. Tués par la gloire
Restèrent sur le champ morts et fraternels
Ces pauvres soldats qui s'étaient embrassés,
Ces pauvres soldats qui s'étaient embrassés.

Et restèrent sur le champ, morts et fraternels
Ces pauvres soldats qui s'étaient embrassés,
Ces pauvres soldats qui s'étaient embrassés.

 
NOËL 1914
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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 20:36

CAMPAGNE

 

 

 

Version française – CAMPAGNE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson napolitaine – Campagna – Napoli Centrale – 1975

 

Écrite par Franco del Prete et James Senese
Album: Napoli Centrale
R
eproposée en 2010 par Daniele SepeDans l'album Fessbuk

Pluie ou soleil,

S'en va le journalier,

...

Chaque jour piocher.

 

 

 

Pluie ou soleil,

S'en va le journalier,

Avec le vin plein sa bouteille,

Chaque jour piocher.


Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.


Campagne, campagne
Qu'elle est belle la campagne
Mais elle est belle pour le propriétaire
Qui remplit ses sacs d'or
Et la propriétaire, sa femme,
Qui grossit toujours et encore.
Mais celui qui pioche cette terre
Pour un quignon séché
À la campagne se retrouve
Trempé et le cul cassé.

Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.

Soleil ou pluie,
Pour nourrir la famille,
Même le fils du journalier
Avec son père va piocher.

 

Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.

Elle est belle pour les fils
Du propriétaire de la terre,
Qui y vont seulement
Avec les amis pour s'amuser
Mais pour le fils du paysan,
La campagne, c'est une autre affaire,
La campagne, c'est seulement
Les reins brisés et rien d'autre.

 

Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.

CAMPAGNE
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 20:37

 

LA SOCIÉTÉ

 

 

Version française – LA SOCIÉTÉ – Marco Valdo M.I. – 2015

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une chanson grecque – Η κοινωνία (I koinonía) – Στέλιος Καζαντζίδης Stelios Kazantzidis – 1955

 

 

 

J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,

J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde

 

 

 

 


Voici donc , Lucien l'âne mon ami, une chanson grecque… qui pourrait être la chanson de bien des gens de par le monde. C'est une chanson de pauvres, de ceux-là contre qui les riches mènent une guerre terrible depuis tant de temps. Pour ne rien passer sous silence, il faut dire clairement qu'il s'agit de la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]], dont le but est d'assurer la domination des riches pour leur garantir l'exploitation et les profits et que les pauvres sont – et de loin – la majorité de l'espèce humaine. Comme tu le vois aussi, il s'agit d'une chanson grecque et cela a un sens et une raison. Commençons par la raison : tout simplement, les Grecs pauvres sont depuis des années et plus encore aujourd'hui mis sous pression et font l'objet d'un chantage permanent. Ils sont littéralement vampirisés, on les étrangle un peu plus à chaque moment. Il s'agit de les mettre à genoux et de leur faire admettre qu'il est normal que le loup égorge l'agneau. Pire, on exige qu'ils implorent le pardon de leurs bourreaux, qu'ils les accueillent comme des sauveurs et qu'en plus ils les remercient. C'est de la pure indécence…

 

 

J'ajouterai, dit Lucien Lane, c'est de la pure démence. Car de deux choses l'une : ou ces gens-là - les riches et leurs affidés - se rendent compte du tort que leur possessivité et leur boulimie, sans parler de leur arrogance, font aux autres ou bien ils ne s'en rendent pas compte. Dans le premier cas, c'est méprisable et criminel ; dans le deuxième cas, leur inconscience n'est pas plus excusable. On ne peut que souhaiter (le mot est faible, d'ailleurs) leur disparition. Dès lors, reprenons notre tâche et tissons, encore et toujours tels les canuts [[7841]], le linceul de ce vieux monde amer, inique, hostile, injuste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

La société m'est hostile,

Avec moi, elle a été vraiment injuste

Et mon corps pas un instant n'a cessé
De souffrir et d'être tourmenté.


J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,
J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde. 

Ce que j'aimais, on me l'a enlevé,
Je n'ai pas connu de joie dans ce monde.
La société m'a privé
De ce que je désirais dans ce monde.

 

J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,
J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde. 

Par l'injustice du monde
Qui me persécute sans arrêter,
Dans ma vie d'amertume,
Je serai toujours tourmenté.

 

J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,

J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde. 

 LA SOCIÉTÉ
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Marco Valdo M.I.
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