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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 16:02

LA BALLADE D'ATTILIO

 

 

Version française – LA BALLADE D'ATTILIO – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – La ballata di Attilio – Franco Trincale – 1970

 

Qui cherche la fortune trouve la mort

 

Attilio est un garçon sicilien émigré en Suisse et qui, épargné par les catastrophes minièresfut tué par des voyous helvétiques, racistes et xénophobes qui, encore dans les annéesoixante et septante, traitaient les Italiens comme des chiens. Dans ce texte Trincale, en plus de rappeler les morts de Mattmark (et de Marcinelle)fait une allusion ironique et amère au fait que les frais de voyage pour les rapatriements des corps des émigrés morts dans des circonstances violentes étaient à charge de l'État - chose qui revient souvent dans les chansons de l'émigration. Consolation vraiment maigre pour une vie brutalement détruite.

 

Depuis ce temps où Trincale faisait cette chanson, Lucien l'âne mon ami, les choses ont évolué, en apparence, mais dans les faits n'ont pas changé. Et sans doute, ont empiré.

 

Comment ça ? Je n'ai pas entendu parler de beaucoup d'accidents de mine, je n'ai pas entendu parler de beaucoup d'émigrants italiens morts dans les usines...

 

Certes. Mais la raison est simple : il n'y a plus de mines (ou quasiment), il n'y a plus d'usines ou en tous cas, beaucoup de moins de travailleurs dans les usines et de plus, les migrants italiens sont devenus dans la plupart des cas, des gens du pays dans le pays d'émigration, même si souvent, ils gardent certains caractères spécifiques. Je maintiens cependant l'affirmation que les choses ont empiré et sans doute, vont-elles empirer encore... On en assassine plus, à présent et même, on les renvoie vers la mort et je ne vois pas comment on pourra parer à cette terrible dérive. Au fond, la vérité, c'est qu'il n'y a pas de moyens connus pour éradiquer la connerie, la bêtise, la méchanceté, l'avarice, l'avidité et la peur qui y préside. Nombre d'habitants de nos contrées ont peur et principalement, peur d'eux-mêmes, peur de leurs propres faiblesses, peur de leur sentiment d'infériorité, qu'ils déguisent en une affirmation de leur supériorité face à tout nouveau venu. Ils parlent même de civilisation...

 

Et des nouveaux venus, il va y en avoir beaucoup et de plus en plus et qui viennent de bien plus loin que l'Italie, de venir du bout du monde, dit Lucien l'âne en hochant son grand front pensif. Et ce n'est qu'un début. Ils sont des dizaines de millions à errer dans le monde. Et ce en quoi, Marco Valdo M.I. mon ami, tu as pleinement raison, c'est qu'ils ne sont pas mieux traités, sinon pire, que leurs prédécesseurs qui étaient venus ici (et ailleurs) suite – tiens-toi bien – à la guerre, mais surtout, ô, surtout, en fuyant la misère. L'Italie, par exemple, dans ces années-là, et spécialement dans ses campagnes, crevait de faim et le pays – payant ainsi vingt ans de fascisme – exportait ses habitants. Uomini contro carbone… entre autres choses. Résultat : sur place, des bouches en moins à nourrir, des jeunes en moins à éduquer… et de l'argent frais venant de l'étranger.

 

Eh bien, Lucien l'âne mon ami, c'est évidemment la même situation que l'on trouve aujourd’hui sous le nom de « réfugiés politiques » pour ceux qui fuient la guerre et de « réfugiés économiques » pour ceux qui fuient la misère ; ces derniers font d'ailleurs l'objet d'une vindicte particulière, comme s'il était normal de mourir de faim… De la part de qui ? Et voilà un indigne paradoxe : de la part de gens qui ont connu (tous indistinctement nous sommes des ex-migrants – l'humaine nation n'ayant jamais cessé de se déplacer et de se mélanger) le même destin (directement ou dans leur ascendance).

 

Moi, je dis que ce sont d'indignes ex-migrants, d'indignes ex-paysans, des gens qui – si on leur avait appliqué ce qu'ils exigent aujourd'hui qu'on applique aux autres – notamment par leur vote et leurs manifestations diverses, ne seraient pas ici maintenant. On pourrait résumer leur attitude par un slogan : « Les étrangers dehors et à droite, toute ! ».

 

Et cette façon brutale et barbare d'accueillir l'étranger n'est paradoxale qu'en apparence. C'est, dans les faits, encore un effet de la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches font aux pauvres, les puissants aux plus faibles, les installés aux nouveaux arrivants. « Frères humains qui ... [[5843]]»

 

Et dire qu'ils parlent de civilisation… et tout ce qu'ils savent faire, c'est compter leurs sous. Enfin, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde peuplé d'émigrés en tous genres, suant la misère, puant la richesse et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 


Si tu veux voir l'enfer, mon ami,
Viens avec moi, je t'emmène,
Il s'appelle Mattmark et Marcinelle
Où sans laine vont les brebis.

 

Il y a l'enfer sur terre, mes amis,
Là où le soleil se cache dans la nuit,
Là où la neige tue les émigrants.
Là, il prend la couleur du sang.

 

Attilio quitta son village,
Embrassa sa maman au clair de lune
Et il partit à l'étranger avec sa valise
À la recherche du travail et de la fortune.

 

Il trouva le travail et fut insulté,
Par des voyous suisses, il fut tué.
La mort dans la mine l'avait épargné
Mais par la main de l'étranger, il fut frappé.

 

Vêtue de noir avec les yeux en larmes
Sa maman attend, la pauvre :
Avec le billet gratis, donné,
Dans un cercueil, Attilio est rentré.

 

Il y a un train chaque jour à la station
Qui a l'enfer pour destination.
De l'émigrant tel est le sort :
Qui cherche la fortune trouve la mort.

 
 
LA BALLADE D'ATTILIO
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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 17:52

 

LA GUERRE EST FINIE

 

 

Version française – LA GUERRE EST FINIE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – La guerra è finita – Claudio Lolli – 1973

Album "Un uomo in crisi" (1973).

 

 

 

 

On apporte à table une tarte aux pommes 

Avec vingt bougies 

 

 

 

 

On apporte à table une tarte aux pommes 
Avec vingt bougies 
Et le mousseux de l’an passé, 
Gardé au frigo, un peu oublié.

 

On apporte à table l’émotion,

Tous les souvenirs de jeunesse. 
La roue tourne, tourne le timon 
Pointe un peu de tristesse.

 

Bouillonne un peu de rage, 
Resurgit une vie dégoûtante, 
Revient au clair le jour où la mère
Donna son fruit de jeune épouse.


Le voici mon garçon, le voilà jeune et fort, 
Il n’aura jamais de la peur de la mort .
Il ne vivra jamais ma vie de merde. 
Et désormais, il n’y a pas plus de guerre, 
La guerre est finie.


Sonne à la porte un peu de joie, 
Ce sont les enfants de ton frère, 
Ils viennent faire la fête, 
Car maintenant quelqu’un s’ennuie.

 

Un cadeau de trois mille lires, 

Pour remercier, tu ne sais que dire, 
Ta mère voit à l’instant, 
Qu’il n’est pas vrai que tu sois content.

 

Quelqu’un dit « Aujourd’hui, tout est différent » 

Et un autre rétorque le contraire. 
On blague une tête blanche maintenant 
Pour consoler une larme fatiguée.


Le voici ton gars, le voilà jeune et fort, 
Il n’aura jamais de la peur de la mort. 
Il ne vivra jamais ta vie de merde. 
Et désormais, il n’y a pas plus de guerre, 
La guerre est finie.

 

Passe minuit ainsi à bavarder, 
Quelqu’un veut s’en aller, 
Il dit que ça n’a pas d’importance, 
Même si on n’a pas mangé la tarte.

 

Et tu les salues là sur la porte 

Et tous disent des bêtises, 
Que tu es un beau jeune homme, 
Et qui plaît aux filles.

 

Même s’il a sommeil, ton père insiste,

Pour que tu souffles ces vingt lumières,
Que tu coupes une tranche de tarte aux pommes, 
« Nom de Dieu », dit-il, « c’est ton anniversaire ! ».

 

Le voici notre garsle voi jeune et fort, 

Il n’aura jamais de la peur de la mort. 
Il ne vivra jamais notre vie de merde
Et 
désormais, il n’y a pas plus de guerre, 
La guerre est finie.

LA GUERRE EST FINIE
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Marco Valdo M.I.
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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 20:58

LA GUERRE SOUABE, 

 

OU LE TAMBOUR ROULE

 

 

Version française – LA GUERRE SOUABE, OU LE TAMBOUR ROULE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson allemande – Schwabenkrieg, oder Die Trommel schlägt – August Heinrich Hoffmann von Fallersleben – 1836


Poème : August Heinrich Hoffmann von Fallersleben
Musi
que : Ernst Richter (1808-1879)
Publi
cation dans les Unpolitische Lieder (1841)

 

 

Le tambour roule, dehors à la guerre
Avec des piques, des épées, des canons !
Vraiment, c’est un combat terrible !

 

 

 

La Guerre de Souabe se déroula entre les Habsbourg d'Autriche et les Suisses en 1499 et se conclut par la victoire des Suisses.

 

 

 

 

Le tambour roule, dehors à la guerre
Avec des piques, des épées, des canons !
Vraiment, c’est un combat terrible !
Nous partons avec armes et bagages,
Epersonne ne reste en arrière.


Et quand la barbare bataille a commencé,
Quand nous dûmes nous frapper,
Je dis alors : Donnez-moi mon homme -
En quoi me concerne donc votre guerre ? -
Avec lui, je veux m’accorder.


La proposition était étonnement neuve,
Pour les courageux comme pour les lâches.
Chacun pensa, ma foi et sans prétention,
Je ne suis pas un tigre, je ne suis pas un lion,
Et je veux rester un homme.

 

L’ennemi se mit à penser ainsi bientôt.
Et baissa ses drapeaux :
Nous voulons être unis fraternellement,
Et tant que pour nous, le soleil brillera au firmament,
Passer de bons moments.

Nous avons arrosé l’accord, sans délai
Et chanté des chants de paix ;
Et quand finit le banquet,
Chacun dit : ah, quand donc viendra le jour, 
Où nous nous battrons de retour !

 

 

 

LA GUERRE SOUABE, OU LE TAMBOUR ROULE
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Marco Valdo M.I.
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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 23:14

Jef, l'âne du diable

 

Chanson française – Jef, l'âne du diable – Marco Valdo M.I. – 2015

Ulenspiegel le Gueux – 14

 

Opéra-récit en multiples épisodes, tiré du roman de Charles De Coster : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs (1867).

(Ulenspiegel – I, LVII)

 

Cette numérotation particulière : (Ulenspiegel – I, I), signifie très exactement ceci :

Ulenspiegel : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs, dans le texte de l’édition de 1867.

Le premier chiffre romain correspond au numéro du Livre – le roman comporte 5 livres et le deuxième chiffre romain renvoie au chapitre d’où a été tirée la chanson. Ainsi, on peut – si le cœur vous en dit – retrouver le texte originel et plein de détails qui ne figurent pas ici.

 

 

 

Les sergents déjà l’avaient encerclé

L'âne rua, braya ; tous dans l'effroi,

Reculaient pétrifiés.

 

 

 

Nous voici, Lucien l’âne mon ami, à la quatorzième canzone de l’histoire de Till le Gueux. Les onze premières étaient, je te le rappelle :

 

01 Katheline la bonne sorcière [[50627]] (Ulenspiegel – I, I)

02 Till et Philippe [[50640]](Ulenspiegel – (Ulenspiegel – I, V)

03. La Guenon Hérétique [[50656]](Ulenspiegel – I, XXII)

04. Gand, la Dame [[50666]](Ulenspiegel – I, XXVIII)

05. Coupez les pieds ! [[50687]](Ulenspiegel – I, XXX)

06. Exil de Till [[50704]](Ulenspiegel – I, XXXII)

07. En ce temps-là, Till [[50772]](Ulenspiegel – I, XXXIV)

08. Katheline suppliciée [[50801]](Ulenspiegel – I, XXXVIII)

09. Till, le roi Philippe et l’âne [[50826]](Ulenspiegel – I, XXXIX)

10. La Cigogne et la Prostituée [[50862]](Ulenspiegel – I, LI)

11. Tuez les hérétiques, leurs femmes et leurs enfants ! [[50880]](Ulenspiegel – I, LII)

13. Indulgence [[51015]] (Ulenspiegel – I, LIV)

 

Cette fois, Lucien l'âne mon ami, c'est un grand moment que raconte la chanson. Celui de la rencontre de Till et de l'âne Jef, qui deviendra son ami. Till aura ainsi un interlocuteur, en quelque manière, personnel. D'expérience et c'est tout à ton honneur, je peux dire qu'un tel compagnonnage est précieux.

 

Je n'en doute pas un seul instant, dit Lucien l'âne en riant. Un âne est toujours un compagnon très précieux.

 

Et la chanson en rend compte, après l'auteur d'Ulenspiegel lui-même. Il suffit de voir comme l'âne est introduit, comme je le dirais si je parlais le charabia contemporain, car en franglais, on dit : « Puis-je vous introduire Madame Machin ? Ou Mesdames, Messieurs, je vais vous introduire Monsieur Truc. » Je t'assure tout de suite que personnellement, je ne vois pas d'un bon œil que l'on m'introduise Madame Chose ou Monsieur Untel et je n'ose imaginer où.

 

Moi non plus. Comme toi, je n'aimerais pas qu'on m'introduise qui que ce soit, ni quoi que ce soit… Encore que si j'ai bien entendu, il n'est pas question, dans cette phrase bâtarde, d'introduire dans l'âne… Mais d'introduire l'âne. Ce qui n'est pas moins curieux ; qui voudrait qu'on lui introduise un âne, tout entier ? Car la chose là aussi n'est pas claire. Pour ce qui est des ânesses, je m'introduirai bien tout seul.

 

Je l'imagine et je l'espère. Mais revenons au texte de la canzone. Donc, je disais avant qu'on ne s'égare un instant, je disais : il suffit de voir comment l'âne est présenté, avec toute la solennité d'une statue de procession ; c’est un âne de cortège, un âne de prestige comparable et comparé à la Vierge elle-même lors de sa grande sortie annuelle du 15 août. C'est un âne de fête. J'aimerais bien te voir ainsi déambuler couvert de « flocquarts, pendilloches et de clous ».

 

Là, il faut que tu m'expliques, car ce français-là m'échappe un peu. Que sont-ce ces flocquarts et pendilloches ? Que viennent faire là des clous ? J'ai eu beau consulter mes meilleurs dictionnaires, mais aucun n'en parle.

 

 

Et ils ont tort et tu as raison.Aucun n'en parle et pourtant, ce sont de beaux mots et qui existent dans la littérature française. Je t'en garantis la présence chez au moins un grand écrivain de langue française du dix-neuvième siècle, le père d'Ulenspiegel, notre Virgile : j'ai nommé Charles De Coster.

 

Soit, mais cela ne m'explique pas ce que sont les drôles de choses, ces pendillards et ces flocquets.

 

Eh bien, Lucien l'âne mon ami, comme disent les enfants qui jouent, tu brûles. Tu t'approches fort du sens de ces mots. Mais, laisse-moi conduire la danse. Comme toi, j'ai été surpris de trouver pareils mots, quoique j'en subodorais le sens. Alors, je me suis plongé, comme toi, dans les dictionnaires, pour confirmation de mon sentiment. Posons a priori qu'il devrait s'agir de machins qui floquent et d'autres objets qui pendouillent.

 

 

C'est comme l'eau de la Meuse, dit Lucien l'âne tout réjoui.

 

Si le mot flocquart n'existe pas dans les dictionnaires, c'est qu'on ne l'y a pas mis. La faute en est aux dictionnaires ; ça ne l’empêche pas d'exister et d'être connu sous d'autres formes. Comme bien des mots anciens, il est sans doute une variante d'une forme plus communément usitée par la suite. Je te rappelle que le récit se situe vers 1525-1550 et dans la partie nord de la France. J'ai trouvé la variante auvergnate « floquet » dans le Gaspard des montagnes d'Henri Pourrat, que je te cite : « Leurs chevaux, tous harnachés de même, à grelots et à floquets de laine bleue ». Cette phrase presque identique à celle de l'Ulenspiegel (lequel est bien antérieur) explique nos deux mots. On aura donc : floquet ou flocquart : petite touffe de laine » qui décore le tissu ; pendilloches ( à rapprocher de cloches, mailloches, veilloche, vailloche …) ou grelots : clochettes qui pendillent ou pendent sur un vêtement, une parure. Quant aux clous, dont je vois qu'ils t'inquiètent, ils sont de cuivre doré et ornent le harnachement de cuir.

 

Merci Beaucoup, dit Lucien Lane. Je n'en demandais pas tant. J'aimerais quand même connaître l'histoire que raconte cette canzone. 

 

Comme tu viens de le voir, Till rencontre un âne. Autour de cet âne, il y a un attroupement de vieilles femmes et de sergents, qui sont des soldats de ville ou de policiers ; mais l'âne ne se laisse pas approcher. Il rue, il brait, il se fâche. On dirait un démon. Il est d'ailleurs, médisent les vieilles, l'âne de Gilles, le tueur d'enfants. Ce Gilles, je te le confie, ne serait dès lors autre que Gilles de Rais, seigneur breton à qui des jaloux et des extorqueurs dirent une sinistre mémoire pour le dépouiller, aidés en cela par l'Église, le roi et les bien-pensants qui ne supportaient pas le franc-parler et la franche conduite de GillesPour cela, ils l'ont accusé de rébellion (refus de s'incliner), de pacte avec le diable (magie, sorcellerie…) et d'actes contre nature (sodomie…). Bref, les accusations classiques contre ceux qui ne voulaient pas se soumettre ou contre ceux dont on voulait se débarrasser. Cependant, Till va en quelque sorte amadouer cet âne soi-disant démoniaque, le baptiser Jef (diminutif de Joseph) et s'en aller avec lui aux nez et aux barbes des vieilles et de la maréchaussée. Une histoire à la Brassens. Je te laisse découvrir le reste et la façon dont Till console Jef des piqûres de taon.

 

Avant de conclure, je dois dire que je suis très heureux que Till ait donné un si joli nom à l'âne et qu'il me plaît également qu'il entame une aussi jolie conversation consolante, à la manière de Jacques Brel, qui chantait : « Viens Jef, t'es pas tout seul ! », une chanson qui vous prend au ventre. Concluons quand même et reprenons notre tâche qui tient en ceci que nous tisserons le linceul du vieux monde, de ce vieux monde superstitieux, cancanier, médisant, stupide, avide et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Till vagabondait par voies et sentiers ;

Sur sa route se tenait un âne enharnaché,

Paré comme une madone au quinze août

De flocquarts, de pendilloches et de clous.

 

Des vieilles se dandinaient autour de lui,

Parlant toutes à la fois, faisant grand bruit.

C'est l'âne de Gilles, le tueur d'enfants,

Le diable le protège, c'est une âme de Satan.

 

Interloqué, l’âne se tenait coi.

Les sergents déjà l’avaient encerclé

L'âne rua, braya ; tous dans l'effroi,

Reculaient pétrifiés.

 

C'était un braire de démon ;

On le laissa brouter le chardon.

Et les poules caquetaient et les pies jacassaient

Au mouvement de la queue du baudet.

 

Alors, Till vînt qui le premier, l'âne considéra.

Il lui donna l'avoine et le monta.

Il bénit les vieilles, les sergents et s'en alla tout droit.

À l'âne, Till dit : Jef, je te baptise et mon ami, tu seras.

 

Viens Jef, tu n'es plus tout seul à trotter

On est deux à présent à tirer la queue du diable

Un peu plus tard, l'âne broutait, broutait, à l'arrêt.

Till dit : « Moi aussi, j'aimerais me trouver une table ».

 

Halte, Jef, ne te lamente pas

Tu as comblé ton estomac

N'étaient les taons suceurs

Ce serait le bonheur.

 

Ainsi, Jef, ne te lamente pas

Chacun a son taon, comme toi,

L'homme à la Sainte Pantoufle et les rois,

Et jusqu'à moi, dont le taon le sang boit.

Jef, l'âne du diable
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Marco Valdo M.I.
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 11:33

BLUES DE L’HOMO SAPIENS

Version française – BLUES DE L’HOMO SAPIENS – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson italienne – Blues dell’Homo sapiens – Vintage Violence – 2011 
Album: Piccoli intrattenimenti musicaliParoles et musique : Rocco Arienti

 

 

 

Tels sont nos ancêtres et les racines de l'humaine nation

 

La petite chanson dont je viens de faire une version française me plaît beaucoup et je pense, elle te ravira. Déjà par son titre : « Blues dell’Homo sapiens ». Car, Lucien l’âne mon ami, l’homme a le blues. Enfin, il l’a depuis que les esclaves noirs d’Amérique l’ont inventé sur ce continent lointain pour exorciser leurs peurs, exprimer leurs douleurs et exhaler leurs nostalgies. Ils chantaient ainsi la mort de leur liberté.

 

Nous aussi, les ânes, les somari, les bêtes de somme comme ces hommes à la peau foncée venus d’Afrique, nous connaissons la nostalgie et la douleur de la privation de la liberté et de la dignité et nous remâchons cette mauvaise avoine en trottinant le long des chemins.

 

Sache, mon ami Lucien l’âne, que les bipèdes que nous sommes actuellement sont tous des homo sapiens sapiens, même si « sapiens », ils ne le sont pas beaucoup, à voir le nombre exagéré de massacres qu’ils perpètrent entre eux et parmi les autres espèces. Ils en sont à présent à rendre la planète insalubre à la vie, à détruire la vie organique sur la planète elle-même. Ce qui, comme je te l’ai déjà dit, m’indiffère assez, car mourir seul ou mourir tous ensemble… On finit tous par mourir. D’ailleurs, la planète elle-même connaîtra le même sort.

 

Certes, Marco Valdo M.I. mon ami, mais en attendant ?

 

En attendant, certes… C’est mieux si c’est plaisant.

 

Juste une dernière question, dit Lucien l’âne en papillotant de ses noires paupières. Je me demande, à voir le schéma de l’évolution de l’homo jusqu’au sapiens, où peuvent bien se trouver ces fameuses racines chrétiennes de l’Europe ?

 

Eh bien, c’est tout simple. Il n’y en a pas. C’est une marchandise d’importation. On ne saurait considérer comme des racines les effets d’une colonisation tardive. L’humaine nation n’a d’autres racines qu’elle-même et il n’y a pas lieu d’y insérer des intrusions de propagandistes religieux. C’est ce que raconte la canzone :

«  La religion ne nous représente pas.
Pour vivre entre angoisse et confusion, la conscience suffit
Et c’est bien ainsi.
Nous sommes nés ainsi... »

 

Certes, dit Lucien l’âne en opinant de deux oreilles, l’âne est l’âne et l’homme est l’homme, même quand il revendique une ascendance du côté de Monsieur de Cro Magnon. [[7817]] Cela étant, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde enraciné, malade du sida, de la peste porcine, de la grippe aviaire et des religions, théologique, téléologique et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 


La religion ne nous représente pas.
Pour vivre entre angoisse et confusion, la conscience suffit
Et c’est bien ainsi.
Nous sommes nés ainsi
Et on ne peut s’arrêter à chaque pas.
Dans un kilo de cerveau, on ne se reconnaît pas
Et c’est bien ainsi.
On mourra ainsi :
Civilisés sans l’avoir choisi,
Forcés à mentir, à obéir
Pour mieux nous sentir.
Tous font ainsi.
Il suffit de dire de oui.
Mais on ne peut s’arrêter à chaque pas ;
Dans un kilo de cerveau, on ne se reconnaît pas
Et c’est bien ainsi.
On mourra ainsi.
Vivre entre évolution et révolution,
Âme et corps, sang et utopie
Mais à la fin de tout, on sera surpris,
On n’y aura rien compris
Et on finira en pleurant de nostalgie

 

 
 
BLUES DE L'HOMO SAPIENS
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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 19:04

LES DANSES SONT FINIES

 

Version française – LES DANSES SONT FINIES – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Fine delle danze – Bandabardò – 2002

Paroles : Erriquez

MusiqueErriquez / Finaz)

Album "Bondo Bondo" (2002)

 

 

 

 

 

 

Les danses sont finies

Ils étendent un voile

 

Des oiseaux noirs 

Descendent dans le ciel du soir

 

 

 

Cette chanson parle, comme les autres du recueil, des faits de juillet 2001 au G8 de Gênes. 
De 
la façon dont les danses peuvent se finir et dont l’espoir se transforme en massacre.

 

 

Je m’approchais tranquillement,
L’air de rien… l’air innocent
Mais la rage m’a submergé
La vérité est que je ne sais pas danser
Alors j’ai choisi décidément
Au milieu des gens… au milieu des gens
Qu’il me plairait
De pouvoir te hurler ma vérité

 

Parle-moi, arrache de moi la pensée de l’homme noir
Parle-moi, déshabille-moi, donne-moi encore de l’espoir

La lumière change, je suis tout innocence
Quelle belle fête, belle fête ! ! !
Mais le cri : « espérance »
Tourne au hurlement et devient massacre.


Les danses sont finies
Ils étendent un voile

Des oiseaux noirs 
Descendent dans le ciel du soir
C’est une punition, un sortilège
Une danse de sorcières, un sacrilège
Queues de crapaud 
Ailes de pipistrelles
Sur des cheveux d’or, sang de taureau
Treize lunes
Cheveux rouges
Dansent les sorcières 
Elles s’élancent


Parle-moi, arrache de moi la pensée de l’homme noir,
Parle-moi, déshabille-moi, donne-moi encore de l’espoir !

Aime-moi, serre-moi soleil chaud et sincère
Aime-moi, serre-moi, parle-moi, déchire-moi !
Remplis tes yeux de mystère !

Serre-moi soleil chaud et sincère, aime-moi !

LES DANSES SONT FINIES
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Marco Valdo M.I.
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 22:22

TOUJOURS CONTENTS

 

 

Version française – TOUJOURS CONTENTS – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne - Sempre allegri - Bandabardò – 2004

 

 

 

« Donnez-moi les moulins à vent,
Les clés du couvent,
La solution à tous mes tourments »

 

Il n’y a pas beaucoup de raisons d’être contents, mais cette chanson me rappelle deux CCG : There But For Fortune [[4]] « la fortune est un fait de géographie » et ensuite il cite (Dario Fo lui-même) Ho visto un re [[1157]], outre la référence, plus ou moins directe à Don Quichotte.

 

 

Mais voici, Lucien l’âne mon ami, une canzone qui sans doute, sans aucun doute, sans doute aucun, te plaira. Tu devrais te sentir comme chez toi, car je sais que tu as vécu dans l’ombre de Don Quichotte, toi aussi. Et puis, tu es d’un naturel paisible, subtilement ordonné et plein de joie de vivre. C’est d’ailleurs assez réjouissant pour ceux qui sont, comme moi, amenés à te fréquenter : tu diffuses la joie comme une centrale nucléaire diffuse des radiations.

 

Hou là, que me chantes-tu là, Marco Valdo M.I. mon ami ? Arrête tout de suite tes dithyrambes, elles sont superfétatoires et nettement excessives. Cela dit, j’aime la joie et je me sens tout guilleret lorsque je fredonne « Y a de la joie » ou dans une interprétation beaucoup plus récente et où l’on entend que la voix a changé, « Y a de la joie » de Monsieur Trenet. Chanson qui, soit dit en passant, est une des plus grandes chansons de paix (et donc contre la guerre) que je connaisse. On devrait l’insérer dans les Chansons contre la guerre…

 

 

Sans doute, sans doute… Mais qui le fera ? Ce serait une bonne chose d’autant qu’elle comporte à un degré très élevé ce qui fait la qualité de la chanson de la bande à Bardot… Cet humour, cette ironie décalée, cette vision à côté du monde… Qui laisse pantois le réalisme et casse la monotonie des discours. J’en ai d’ailleurs ajouté un brin – ô rien qu’un petit grain d'ironie onirique – dans ma version française.

 

 

Je parie qu’il y a encore de la rime là-dessous.

 

 

Très juste. La rime me pousse à commettre des incartades et il est juste aussi que je ne les regrette jamais. Pour la bonne bouche, je vais t’indiquer où j’ai posé mon grain de sel sur la queue de l’oiseau chanteur, en commençant par le texte italien et puis, en jouxtant la version française…

« sempre allegri bisogna stare
che il nostro piangere fa male al re
fa male al ricco e al cardinale
diventan tristi se noi piangiam. »

et voici ce que c’est devenu :

« Il faut être toujours content
Car nos pleurs font mal aux dents,
Font mal au roi, au cardinal et au riche.

Quand nous pleurons, ils sont tristes. »

 

En effet, je trouve que ce mal aux dents pose comme une distance, un geste d’Arlequin, un mot de Guignol… En tous cas, il ne dépare pas.

 

À bien y songer, elle m’a fait aussi – comme il m’arrive souvent et je m’en suis déjà expliqué – prendre un mot pour un autre ou faire glisser le sens. Cela dit, je te montre de quoi il s’agit – en italien et puis, en français ; ensuite, je m’explique.

« Datemi i mulini a vento
le chiavi del convento
la soluzione a tutti i difetti miei »

et

« Donnez-moi les moulins à vent,
Les clés du couvent,
La solution à tous mes tourments ».

Lors même qu’il aurait fallu traduire « mes défauts » pour « i difetti miei », mais ça ne rimait pas… et puis, une solution à tous les tourments… On ne saurait trouver rien de mieux… C’est bien pour ça que je dis que je fais des versions… À L’ATTAQUE - MIEL ET TABAC - ET VIN NOIR CONTRE L’ACIDITÉ

 

 

Alors, arrêtons nos divagations et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce monde triste, ennuyeux, bruyant, rythmé et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Donnez-moi les moulins à vent,
Les clés du couvent,
La solution à tous mes tourments,
C’est la solitude (mais je ne la voudrais pas)… 
À l’attaque miel et tabac ! ! ! ! ! ?

 

Je suis né sur les os cassés
De la part du plus fort 
La fortune est un fait de géographie 
Je veux une deux chevaux armée d’énergie


À L’ATTAQUE
MIEL ET TABAC
ET VIN NOIR CONTRE L’ACIDITÉ


La danse de l’arrogance
Doit finir et finira vite
Je ne laisserai pas la barre au temps
Je regarde l’horizon chaque instant
Je cherche des solutions et des trucs de magie
Je crois qu’à la fin toujours arrive la cavalerie

 

À L’ATTAQUE
MIEL ET TABAC
ET VIN NOIR CONTRE L’ACIDITÉ

Sans permission, je crie ! ! !
Sans bruit, personne ne peut entendre.
Donnez-moi les moulins à vent
Les clés du couvent
La solution à tous mes tourments.

 

Il y a la solitude, pourtant…
Il faut être toujours content
Car nos pleurs font mal aux dents,
Font mal au roi, au cardinal et au riche.

Quand nous pleurons, ils sont tristes.

TOUJOURS CONTENTS
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Marco Valdo M.I.
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 09:51

LE SOLEIL D'AUSTERLITZ

 

Version française – LE SOLEIL D’AUSTERLITZ – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Il sole di AusterlitzGiuni Russo – 1981
Écrite par
Alberto Radius et Franco Battiato
Enregistrée par Giuni Russo pour la première fois dans Energie (1981) ; puis, dans Morirò d’amore (2003)

 

 

au soleil d'Austerlitz

J'ai fui les feux de la bataille

 

 

 

On entendait à peine un son de cloches
Des pas rapides sur des branches sèches
Des bruits de grilles qui s'ouvraient
De maisons néoclassiques
Exposées au soleil d'Austerlitz

J'ai fui les feux de la bataille
Les champs d'artillerie militaire
Je suis parti sans saluer
Et en revenant à la maison du travail
Nous accueillit en route le son de la guerre
Un bruit de personnes qui fuyaient
Des maisons néoclassiques
Cachées au soleil d'Austerlitz
J'ai fui les feux de la bataille
Les champs d'artillerie militaire
Je suis parti sans saluer

 

 

 

LE SOLEIL D'AUSTERLITZ
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Marco Valdo M.I.
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 22:53

 

CHOEUR DES ORPHELINS DE

 

GUERRE

 

 

 

 

Version française – CHOEUR DES ORPHELINS DE GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson allemande – Chor der KriegerwaisenMascha Kaléko – 1931

Poème de Mascha Kaléko (née Golda Malka Aufen, 1907-1975).
Mis en musique par des artistes comme Konstantin Wecker (“Wecker”, 1982) et Linard Bardill (“Strampedemi, Lieder gegen den Krieg”, 1991)

 

 

 

Mascha Kaléko

 

 

La famille de Golda Malka Aufen, comme des centaines de milliers de Galiciens, abandonna le pays dans les années suivant la Grande Guerre, à l’époque de la grande crise économique qui frappa la région. Ils s’établirent à Berlin, où en 1928, la jeune Mascha épousa l’enseignant Saul Aaron Kaléko. 
Mascha Kaléko commença à publier des poésies en 1929 et fut vite appréciée de poètes et d’intellectuels comme Erich Kästner et Kurt Tucholsky.
Ses deux premiers recueils, « Lyrisches Stenogrammheft » de 1933 et « Das kleine Lesebuch für Gros » de 1935, se heurtèrent immédiatement à la censure nazie.

 

En 1938, Mascha Kaléko fuit aux USA avec son mari, le compositeur Chemjo Vinaver, et leur fils Steven, d’à peine d’un an.
Kaléko revint à Berlin en 1956 où, trois ans après, elle reçut un prix littéraire prestigieux, le Fontane-Preis (Prix Fontane), qu’elle refusa parce qu’elle aurait dû le recevoir des mains d’un ex-officier nazi.
Cette même année – 1959 – elle se transféra à Jérusalem avec la famille.

 

 

Nous sommes les enfants du « Temps de Fer »,
Nourris de soupes de rutabagas.
Nous avons assez des conflits et de la guerre 
Et des poupées vert de gris qui marchent au pas.


Enfants, nous ne l’avons jamais été ;
Dans notre sommeil,  la faim seule nous a bercés
Car Papa était dans la tranchée,
Pour l’empereur et la patrie, tombé.

Un seul coup et il s’en est allé.

 

Enfants, « Mort en héros » était notre désespoir
Notre recueil de contes : « Éditions spéciales »,
Notre délice : le pain noir,
Et notre « sauveur » : Guillaume.

 

Les livres d’école clamaient noir-blanc-rouge avec fierté
Alors, :« Mort aux Français ! », on apprenait 
« On ne dit pas Adieu, on dit Grüß Gott », on s’exerçait 
Et on s’emballait pour des maillots d’acier

 

Et un jour, une lettre est arrivée
- Depuis longtemps n’avait pas écrit notre père.
Alors, de « noir », notre mère s’est habillée
Et nous étions des orphelins de guerre.

 

On fit l’expérience de l’Histoire et de la Révolution
Dans notre propre individu.
Nous avons sué pour l’argent de l’inflation,
Qui plus tard n’en fut même plus.

 

Nous sentons encore aujourd’hui à chaque pas
Le legs de ces temps admirables,
Et jouez aux soldats – nous, nous ne jouons pas,
Car nous avons une bonne mémoire…

 

 
 
CHOEUR DES ORPHELINS DE GUERRE
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Marco Valdo M.I.
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 11:35

PAPPAS MAMA

 

Version française – PAPA PAS MAMA – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Mama non mamaBandabardò – 2004

 

 

 

 

l’histoire se rappellera

La main qui sème le grain, pas celle de l’avidité.

 

 

 

 



Une chanson un peu cryptique, mais avec une série de refus, celui du pouvoir, de la guerre, de l’argent. Un peu « Faites l’amour, pas la guerre »

 

 


Je vois des étoiles seulement si l’horoscope est gentil
Ce soir me semble bon pour acheter des fleurs.
Je joue à papa pas mama, je n’ai pas d’amie,
Je demande à la nouvelle lune la lumière pour voir le noir avec fantaisie 
Où les gens courent dans la gueule de la destinée
Offrant leur esprit au pouvoir le plus proche…


Je ne sais pas où je vais
Mais je sais que j’y vais.
Je marche à contre-sens,
Aveugle et sourd à l’appel
De la voix du patron,
De l’opinion.

Je ne sais pas où je vais,
Mais je sais que j’y vais,
Mais je sais que j’y vais.

 


Seulement dans les bras d’un amour, ma peau ira,
Jamais décolorée en uniforme ou dans un champ à faire le tournesol.
Stoppe visage blanc, l’histoire se rappellera
La main qui sème le grain, pas celle de l’avidité.

Je ne sais pas où je vais,
Mais je sais que j’y vais.
Je marche à contre-sens,
Aveugle et sourd à l’appel
Des faciles occasions,
Des peines, des pardons.
Je ne sais pas où je vais,
Mais je sais que j’y vais.
Je ne sais pas où je vais,
Mais je sais que j’y vais.
Mais je sais que j’y vais.

PAPA PAS MAMA
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Marco Valdo M.I.
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