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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 21:57

Le Voyage en Russie

 

 

Chanson française – Le Voyage en Russie – Marco Valdo M.I. – 2017

Canzone léviane tirée de « Il futuro ha un cuore antico » de Carlo Levi.

 

 

 

 

 

 

Les voyages ont toujours titillé l’imagination, la curiosité; l’ailleurs, l’autre, le différent, l’étranger, l’étrange m’ont toujours fasciné, dit Marco Valdo M.I.

 

Moi aussi, dit l’âne, j’ai toujours aimé aller ailleurs, aller voir plus loin, rencontrer d’autres paysages, d’autres ânes, d’autres gens, d’autres herbes. J’ai toujours aimé voir le soleil se lever de l’autre côté de la montagne. J’aime aller dans les villages, j’aime voir les pays inconnus et marcher sur des chemins ancestraux ou sur les routes qu’ont chantés les aèdes.

Fort bien, dit Marco Valdo M.I, et depuis les temps reculés où tu es en route, tu as eu le temps d’en voir du pays ; mais, dis-moi, Lucien l’âne mon ami, que sais-tu de la Russie et des grands espaces de là-bas ? Que sais-tu de la nuit quand elle tombe sur la Mer Blanche ou sur la Mer Noire et de ce grand soleil d’été qui sur la plaine sibérienne ne se couche presque plus ?

 

Rien , dit l’âne, mais j’aimerais bien.

 

Et toi, que sais-tu de tous ces gens qui vivent là-bas, demande l’âne.

 

Rien, dit Marco Valdo M.I. Ça ne m’empêche pas de faire une chanson sur un voyage en Russie ; c’est une chanson (c’est encore une chanson léviane) qui chante l’angoisse du voyageur devant l’immensité du voyage que propose la Russie – à l’époque encore partie, mais partie maîtresse, de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (en abrégé : U.R.S.S.) ; un voyageur (en l’occurrence, Carlo Levi) est invité à faire ce périple dans les meilleures conditions sur la foi de sa réputation d’écrivain et de journaliste, à parcourir le pays en long et en large – aux frais de la princesse – pendant un mois.

 

Oh, dit Lucien l’âne, ce n’était pas donné à tout le monde. Est-ce qu’on t’a invité, toi, dans telles conditions ?

 

Eh bien, pour répondre à ta question, Lucien l’âne mon ami, j’avais un ami qui en ce temps-là avait reçu pareille invitation, mais en ce temps-là, lui aussi, il exerçait l’honorable profession de journaliste. Mais pour des raisons personnelles, il avait refusé cette invitation. C’était d’ailleurs une pratique courante d’inviter des journalistes ou des écrivains ; en fait, c’est une des formes les plus fréquentes de la propagande ou de la promotion touristique, une forme de relations publiques à l’échelle d’un pays, d’une région, d’une ville.

Mais le cas de Carlo Levi est différent, car il n’était pas homme à se laisser conter des balivernes. Il a d’ailleurs fait d’autres voyages du genre en Inde, en Chine, en Allemagne et aux États-Unis dont il a rendu compte dans des articles ou des livres entiers. Personne ne pouvait s’attendre de sa part à trop de complaisance. Ceci dit, sa façon d’aborder le voyage est reprise dans la chanson ; c’est même le thème central de celle-ci. En fait, la chanson ne parle que de la façon dont le voyageur envisage le voyage avant son départ. Comme ce fut le cas dans le réel, le voyageur explique à son accompagnateur-interprète (dans le cas de Levi, il s’agit de son traducteur, de celui qui a traduit ses romans en russe et notamment, Cristò si è fermato a Eboli – Le Christ s’est arrêté à Eboli) ce qu’il attend du voyage, ce qu’il veut voir, dans le livre qui raconte cette épopée, car c’en fut une, il est intéressant de noter que Carlo Levi, grand lecteur et connaisseur de Dante, appelle Virgile – il dit « mon Virgile » des dizaines de fois, sinon des centaines – ce guide qui fera tout le voyage avec lui, comme celui qui accompagne Dante dans son voyage aux enfers.

 

Arrête, Marco Valdo M.I. mon ami, sinon tu vas nous servir un cours sur Carlo Levi et tous ses écrits. Je sais que tu es capable de le faire, mais ce n’est pas le lieu, il n’y a pas la place pour un pareil discours.

 

Une dernière chose cependant, Lucien l’âne mon ami, j’y tiens. Il me paraît valoir la peine de faire ressortir combien la façon dont Carlo Levi envisage le voyage s’éloigne de celle que développe l’industrie touristique qui ronge notre monde et qui pratique allègrement une sorte de colonialisme touristique en débarquant dans des endroits réservés et préservés des millions de colons intermittents et en forçant les populations locales à se comporter en esclaves serviles.

 

On ne peut nier pareille dérive, mais là aussi, il y faudrait un développement. Cependant, il nous faut reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde malade du tourisme, perclus de suffisance, atteint d’obésité et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 
 
 
On m’avait dit surtout

Il faut un plan détaillé

Et dire où on veut aller.

On part de Moscou,

Après, il y a toute la Russie

Avec ses villes et ses villages,

Toute l’Union soviétique

En Europe et en Asie

Avec ses routes et ses paysages,

Ses seize républiques,

Ses territoires si grands,

Nord, Sud, Occident, Orient,

Enfin, tout. Mais où ?

Faut-il aller partout ? Jusqu’où ?

On ne sait que penser :

Par quel bout commencer ?

Que laisser de côté ?

On est dérouté,

On ne sait pas,

Qu’en dépit des détours,

Un voyage commence toujours

Par un premier pas.

 

On pense aux gens,

Le monde est vivant

On pense aux choses,

Tout est si différent.

On veut tout voir.

Mais choisir ?

Choisir, quelle histoire !

J’ai tous les désirs.

Se perdre dans l’infini

Des plaines à perdre la vue,

Déambuler dans les rues,

Sur les places à midi

Quand le soleil danse

Dans le ciel immense

Et en écoutant ses pas

Marcher encore à minuit.

On oublie parfois,

Qu’en dépit des détours,

Un voyage commence toujours

Par un premier pas.

 
 

 

Un plan est une chose terrible

Moi, je choisis tout

En un mois, c’est pas beaucoup

Un plan, mission impossible.

Dès demain, allons au hasard,

Où mèneront les trains, où seront les gares,

Demain, on part.

En un mois, il faut tout voir :

Les maisons, les usines, les écoles,

Avec les gens et les enfants dedans

Les paysans, les artisans, les artistes

Les ouvriers, les marins, les savants

Les hôpitaux, les fermes, les champs

Les journaux, les théâtres, les cinémas

Cordial, un peu sourd, gentil, limpide,

Aux accents grands russes de sa voix profonde

En riant aux éclats,

Mon ami me dit tout bas :

Et surtout, n’oubliez pas,

Qu’en dépit des détours,

Un voyage commence toujours

Par un premier pas.

Le Voyage en Russie
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Published by Marco Valdo M.I.
8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 18:38
AINSI VA LE MONDE
Version française – AINSI VA LE MONDE – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Il mondo va così – Franco Battiato – 1967

 

C’est un des premiers 45 tours de Battiato (1967) ; elle est une adaptation d’Et moi, et moi, et moi de Jacques Dutronc . Les auteurs de la version originale sont Jacques Lanzmann (Texte) et Jacques Dutronc (Musique) ; la version italienne est de Herbert Pagani et de V. Buffoli.

 

 

Des millions de gens d’ici
Comme moi, comme moi,
Devant la télé tous les soirs

 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

Ah, Lucien l’âne mon ami, je suis content de te voir, car me voilà bien embêté.

 

Salut, Marco Valdo M.I. mon ami, moi aussi , je suis heureux de te voir et je serais encore plus heureux de t’aider. Dis-moi ce qui ne va pas et ce qui te désole pareillement.

 

Ce qui me désole et m’ennuie tant, Lucien l’âne mon ami ? Je vais te le dire à l’instant. C’est cette chanson de Franco Battiato que je viens de traduire. Enfin, ce n’est pas la chanson italienne elle-même qui fait problème, mais ma version française, car je ne peux m’empêcher de la mesurer à l’aune de la chanson française d’origine, ce « Et moi » de Lanzmann et Dutronc, dont Franco Battiato avait fait une adaptation en italien, celle que précisément je viens de remettre en français.

 

Et pourquoi donc, ça te désole à ce point, Marco Valdo M.I. mon ami.

 

D’abord, car comme je te l’ai dit, Lucien l’âne mon ami, j’avais toujours trouvé fort réussie la chanson de Dutronc et je ne devais pas être le seul, car elle fit fureur dès sa création dans les années 60 du siècle dernier ; par ailleurs, je l’avais en tête et elle venait toujours se mettre entre moi et ma tentative de version de celle de Battiato. Bref, je suis gêné aux entournures et cette gêne doit sans doute beaucoup à ce mécanisme embrouillé qui a présidé à la réalisation de ma version française. Souviens-toi, Lucien l’âne mon ami, de ce fantastique « Et moi et moi et moi », de l’effet qu’il fait quand on l’entend pour la première fois – et même après, mais ce n’est plus pareil et de sa pertinence quand il expose le nombril de l’Européen moyen face à la misère du monde et face à l’immensité du monde.

 

Encore que, Marco Valdo M.I. mon ami, c’est une formidable caricature et que de ce fait, elle ne fait pas dans la dentelle, ni dans le détail, car en Europe (et d’ailleurs, laquelle ?), on trouve aussi bien des misères.

 

Soit, mais je pense que ce qui me gêne surtout – et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive et pour tout dire, ça m’arrive souvent, j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur de ma tâche et des auteurs des textes d’origine.

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, on ne t’en demande pas tant. Finalement, tout ce qu’on te demande, c’est une version française et basta. Il y en aurait de pire, il y en aurait de meilleure ; peut-être, mais pour cela, il faudrait déjà qu’il y en ait. C’est d’ailleurs vrai pour l’ensemble des chansons que l’on traduit, qu’on adapte, qu’on transpose. Donc, la version française que tu fais, elle plaira, elle ne plaira pas, on ne sait. Mais, c’est sans grande importance ; son principal mérite est qu’elle existe. Maintenant, je t’invite à m’aider à tisser avec moi le linceul de ce vieux monde trop plein, trop peuplé, trop riche, trop guerrier, trop imbu de lui-même et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Sans paix, le monde n’a pas de chance
Et moi ici
Sur l’autre plateau de la balance,
Avec mon aspirine et ma crampe.
Ainsi va le monde
Et ce n’est pas fini.

 

Un milliard de sans-logis
Et moi ici
Avec mon auto, mes chats

Et mon appartement sur le toit
Ainsi le monde s’en va
Et ne finit pas là

 

Trois cents millions de chars d’assaut
Et moi ici
Avec mon matelas d’eau,
Mon tourne-disque et mes photos.
Le monde va ainsi
Et ce n’est pas fini.

 

Plus d’un milliard de crève-la-faim
Et moi ici
Avec mes chips, mon embonpoint
Et mon régime méditerranéen.
Le monde va ainsi 
Et ce n’est pas fini

 

Un milliard d’hébétés sont là 
Et moi ici
Avec la peur du noir, du jaune, du rouge et du sida
Et leurs enquêtes sur l’amour à trois.
Le monde va ainsi 
Et ce n’est pas fini.

 

Cent milliards de Martiens 
Et moi ici
Je collectionne des objets anciens,
Eux préparent l’invasion de demain.
Le monde va ainsi 
Et ce n’est pas fini.

 

Des millions de gens d’ici
Comme moi, comme moi,
Devant la télé tous les soirs
Et puis au lit dans le noir.
Ainsi, le monde va
Et ce n’est peut-être pas fini.
Le monde va ainsi,
Et ce n’est pas fini,

Et ce n’est pas fini.

AINSI VA LE MONDE
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Published by Marco Valdo M.I.
8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 09:11

L’Homme en gris

Chanson française – L’Homme en gris – Marco Valdo M.I. – 2017

chanson inspirée de Morto sul selciato – Mort sur le pavé  – Marco Valdo M.I. – 2005

 

 

 

 

 

Pour faire sourdre le caractère éminemment poétique de l’écriture de Carlo Levi, son traducteur Marco Valdo M.I. (c’est-à-dire le soussigné) s’est essayé à moduler sous forme de chansons – chansons, au sens italien de canzone, comme l’entendaient Pétrarque ou Umberto Saba ou Pier Paolo Pasolini, c’est-à-dire de poèmes destinés (éventuellement) à être chantés et en tous cas, de paroles teintées d’une musicalité intérieure, quelques passages des « romans » ou des « écrits » de Carlo Levi. Il en présente le résultat ci-après. Celle-ci (et d’autres canzoni leviane ou comme j’aime les appeler en français canzones lévianes) fut écrite dans les deux langues qui se font écho l’une à l’autre, comme dans un duo de deux sœurs.

Avec les amis de la Fondazione Carlo Levi (Rome), c’était en 2005, j’ai cherché un chanteur, un groupe, un musicien qui aurait pu mettre en musique et en scène ces canzones. Idéalement, elles pourraient être chantées soit en italien seul, soit en français seul. Soit en italien et en français, un couplet après l’autre, un français, un italien. Ou encore par deux chanteurs ou chanteuses ou une combinaison des deux, l’un chantant le français, l’autre l’italien ou en alternance. Comme je suis traducteur (mais pas interprète, ce qui est tout autre chose), je sais combien une telle performance est complexe et difficile. Mais, quand même, qui veut relever le gant ?

 

À l’heure où j’écris ces lignes, douze ans plus tard, nul ne s’est encore présenté. Finalement, peu importe ; Homère attend toujours.

De toute façon, je viens de refaire entièrement la chanson ; certains diront que c’est une autre chanson. D’ailleurs, le titre lui-même est changé. Au titre explicite Morto sul selciato – Mort sur le pavé, j’ai finalement préféré un intitulé plus sobre : L’Homme en gris.

Quoi qu’il en soit, la chanson nous renvoie à Florence au moment où Carlo Levi (revenu d’exil clandestinement, rattrapé par la police, emprisonné aux Murates, libéré en juillet 1943 par la chute du dictateur, retourné à la clandestinité quelques mois plus tard) mène le combat pour la libération de Firenze, dont il fut un des protagonistes, et dans le même temps, écrit Cristò si è fermato a Eboli.

Mais ce n’est pas tout, car Carlo Levi n’est pas un héros isolé ; il est même au centre d’un mouvement clandestin depuis des années. Il en est un des dirigeants et une des têtes pensantes. On approche de l’épilogue et la lutte se mène dans des conditions nouvelles. La République Sociale (RSI) est purement fasciste ; en plus de ses milices, son armée, sa police sont fascistes et pire encore, l’armée allemande a envahi et occupe la partie de l’Italie où il se trouve. Sur Florence et sur toute l’Italie occupée, la pression militaire et policière est énorme ; elle est à la mesure du danger qui guette l’occupant et le régime fasciste. La bête est aux abois.

Cependant, faisons un peu de clarté. Quand on dirige un mouvement de résistance dans une guerre, il est entendu qu’on se doit de mener le combat et de recourir aux moyens les plus adaptés aux circonstances. Si on veut survivre, il faut assurer sa sécurité et celle de l’ensemble du mouvement. Il faut affronter sa propre mort, mais aussi, celle qu’il faudra bien infliger à l’ennemi. En particulier, il faut éliminer les traîtres.

C’est un épisode de ce genre que raconte la chanson : l’élimination d’un traître, d’un donneur, d’un délateur. C’est un événement net, précis ; un travail pensé, voulu et (c’est le cas de le dire) parfaitement exécuté. Il y fallait la précision et le calme sûr du chirurgien.

Il me reste à poser la question qui depuis des années m’intrigue, à savoir si Carlo Levi ne serait pas lui-même un des acteurs de cette scène de mort, s’il ne serait pas cet homme « de gauche », vêtu de gris, qui avance d’un pas tranquille. N’est-ce pas lui ce parfait exécuteur ? On ne le saura jamais.

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 

 

 

 

Sur la place ensoleillée,

Les enfants en pleine journée,

Jouent à la guerre.

Ils courent, ils crient, ils tirent

Pour les fusils : pan, pan, pan ;

Tac, tac, tac : pour la mitraille.

Marquant le pas, passe la patrouille

Et soudain, fuient les enfants.

Sous le soleil, la place déserte

Se fige sous l’alerte.

 

 

 

De droite, vient un homme

Tout de noir vêtu.

De gauche surgit un homme

Tout de gris vêtu,

Il avance tranquille

Sur la place de la ville.

La sirène s’est tue,

Les hommes se croisent.

Dans ce silence,

Ils vont tête nue.

 

 

 

Un seul bruit, clac.

L’homme en noir se couche,

En une lente flaque,

Du sang coule de sa bouche.

L’homme en gris marche

Sans presser le pas.

Il marche

Et ne se retourne pas.

Le mort était boucher,

Délateur, traître, exécuté. 

L'Homme en gris
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Published by Marco Valdo M.I.
3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 17:07

L’Aube

Chanson française – L’Aube – Marco Valdo M.I. – 2017

 

 

 

 

Cette canzone est une évolution d’une canzone léviane que j'avais écrite à partir d’un passage de L’Orologio, roman étonnamment poétique de Carlo Levi. Cette évolution se justifie par le contexte auquel renvoie la jeunesse de Carlo Levi – le Turin de la guerre (1915 sqq) où le jeune Carlo (lycéen – il était né en 1902) le nez sur les Alpes et les grands massacres sur fond blanc prenait le parti du refus de cette guerre. Il faut dire qu’il avait de l’ascendance, sa mère, prénommée Annetta, était la sœur de Claudio Treves, journaliste et militant socialiste et pacifiste convaincu. Claudio Treves fut un précurseur de l’antifascisme et d’un antifascisme net et clair, irrémédiable. Déjà en 1915, il affronta au sabre et saigna à l’oreille le futur dictateur. Cependant, après la débâcle de Caporetto et redoutant l’invasion de l’Italie par les Austro-hongrois, sans abandonner ses convictions internationales et pacifiques, il s’engagea et rejoignit le front.

Dans les années qui suivent la guerre, il participe activement au combat des socialistes. C’est le temps où l’Italie (essentiellement au Nord) est secouée par des mouvements révolutionnaires et parcourue par de violentes bandes armées réactionnaires, qui par la force la plus bestiale écrasent tous les espoirs émancipateurs.

Quand le fascisme, mis au pouvoir par la monarchie et les possédants, en vient à enlever et assassiner ses opposants politiques parlementaires, dont notamment, le député socialiste Giacomo Matteotti, Treves (comme tous les dirigeants socialistes) est contraint à l’exil, d’où il continua – à sa manière – la lutte contre le fascisme, jusqu’à sa mort dans la petite chambre qu’il occupait dans un petit hôtel à Paris.

Cependant, dans la canzone, il ne s’agit que d’une évocation, d’un moment fantasmatique, car le jeune Carlo à ce moment de sa vie (vers 1915-17, né en 1902, il était adolescent) était trop âgé pour être l’enfant ici évoqué ; de plus, son père n’était pas mort à ce moment. C’est donc la reconstruction d’une enfance hypothétique, mais vraie, de cette vérité poétique, plus vraie d’être inventée.

Dans le fond, cette chanson pourrait être celle de ces millions d’enfants que la guerre priva de père ou en fit de lointaines images, parfois entrevues lors de rares retours. Souvent même, en finale,il ne resta que cette image et quand on sait les gueules cassées, on se dit qu’il valait mieux qu’il en fut ainsi. Dans ces cas-là, on trouve bon que certains pères ont la fâcheuse habitude de mourir.

Mais combien il y en eût-il de ces bambins orphelins perdus, éperdus qui cherchaient la consolation – la leur et celle de leur mère – dans les effusions des matins blancs ?

 

La canzone continue.

L’enfant a vieilli ; l’enfant se souvient. L’enfant est-il devenu un de ces partisans, dans le blanc des Alpes ? Où sont-ce d’autres grondements qu’il entend ? D’où viennent-ils ? D’où reviennent-ils tout le temps ? D’ici, d’ailleurs ou d’autre part. Deux choses : primo, le malheur qui frappe l’enfance perdure tout au long de la vie – à en mourir ; secundo, jusqu’à présent (Est-ce le reflet de la guerre de cent mille ans ?) mais toujours dans le lointain reprennent les grondements. Regrets de l’enfance, regret de l’absent, serait-ce cette obsession qui réveille les grondements ?

La guerre se poursuit dans la mémoire ; elle n’a jamais fini d’en finir avec elle-même.

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 

 

 

 
 

À l’aube de ma vie,

Quand j’étais gamin,

À l’aube de ma vie,

J’avais ce plaisir malin ;

Ce plaisir du matin,

Mon plaisir,

Mon vrai grand plaisir,

Au matin,

À l’aube,

Mon plaisir de roi,

À l’aube,

Mon plaisir à moi

Était

D’aller dans le lit de ma mère

Quand mon père

Était parti au loin.

À l’aube

Quand j’étais gamin

Dans le lit de ma mère.

À l’aube.

 

Quand mon père

Était au loin

À l’aube,

Dans un prétendu voyage,

Moi, je savais bien,

Au matin,

Sorti de mon lit-cage

Qu’il était dans une tranchée,

Ma mère à peine éveillée,

Je me levais

Et je courais

Et, je sautais tout de suite

Dans le vrai lit,

Dans ce gigantesque lit

Sans limites,

Dans cet immense lit,

Cette grande mer calme,

Aux îles sans palmes,

Ce Pays enchanté des blanches collines,

Blanches comme les sommets des Alpes.

 

La tête sous

Les draps de lin,

Le matin,

La tête sous

Les draps de lit,

À l’aube,

Quand j’étais petit,

Très tôt,

À l’heure de l’assaut,

À l’heure valeureuse,

Où sonnaient les clairons,

Où crépitaient les mitrailleuses,

Où grondaient les canons.

À présent,

À l’aube levée,

Dans la tranchée, l’obus est tombé,

Le régiment s’est couché,

Et ne s’est plus relevé.

De l’autre côté de l’enfer,

Il guerroie sous terre.

 

Moi, j’étais au paradis

Des tout-petits

À l’ombre ténébreuse

De la caverne du matin.

Dans la grotte merveilleuse,

Dans ce paradis enfantin,

Perdu pour toujours, maintenant

Pour toujours et pourtant

À l’heure de l’aube,

Dans ma tête,

Reprennent les grondements.

Mon enfance est si loin à présent,

Cependant, dès l’aube franche,

Sur les mêmes montagnes blanches,

Soudain reprennent les grondements.

Quand mon père

Était au loin

À l’aube,

Dans un prétendu voyage,

Moi, je savais bien…

L'Aube
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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 15:10

L’Heure des Rêves

Chanson française – L’Heure des Rêves – Marco Valdo M.I. – 2017

 

À l’heure des songes,

Dans un lit moelleux,

Le temps prolonge

Le merveilleux.

 

Vois-tu Lucien l’âne mon ami, dans notre monde agité par une incessante guerre, par des troubles divers, où chacun est assailli par mille et mille tracas, par mille et mille ennuis, il existe cependant un moment, un instant, une heure où on peut rencontrer la paix.

 

La paix, dit Lucien l'âne perplexe. Un moment de vraie paix ? Où donc ? Ce doit être un moment magique.

 

Là, dit Marco Valdo M.I., Lucien l’âne mon ami, tu m’épates. Je n’aurais pas songé à le qualifier ainsi cet instant, mais c’est très exactement le mot qui convient. Il y a un moment magique où la paix peut exister, entièrement. Et c’est de ce moment que parle la chanson et tu conviendras, mon ami l’âne, que même rien qu’une heure, une minute seulement, connaître la paix est une véritable bénédiction.

 

J’en conviens, Marco Valdo M.I. mon ami, mais j’aimerais que tu précises un peu la chose, que tu me dévoiles ce moment mystérieux.

 

Eh bien, en fait, il n’y a pas de mystère, déclare Marco Valdo M.I., car ce moment est connu de tous ; car tous, au moins parfois, en font l’expérience et j’imagine que toi également. C’est un moment universel ou presque ; c’est l’heure des rêves, le glissement entre le sommeil et le réveil, cet espace-temps imprécis, indéterminé, quasiment insaisissable. C’est un moment qui nous fait ressentir la vie autrement, où la paix est notre vraie nation, celle d’après la fin de la Guerre de Cent Mille Ans , quand tous les hommes (les femmes, les hommes, les enfants, les vieux de toutes les couleurs et de tous les genres) seront égaux, aimables, libres et où il ne viendra même plus à l’idée d’aucun de vouloir tirer profit des autres. Comme tu le vois, c’est un moment précieux, un instant de répit et de trêve, juste un rêve qu’on fait dans l’avant-matin.

 

Oh, ça me fait penser qu’il y en a même un célèbre de ces rêves, celui d’un pasteur noir qui s’était écrié : « I have a dream ». Vraiment, j’aime déjà cette chanson, dit Lucien l’âne ravi.

 

Et, dit Marco Valdo M.I., tu fais bien d’aimer cette chanson, car elle a le mérite de sa vérité ; elle ne cherche pas à endormir, ni à maquiller le monde ; c’est une bonne fille, une bonne fée aussi ; elle apaise juste un instant, ne fût-ce qu’un instant et elle n’asservit. Elle est le rêve et elle ne saurait se confondre avec le réel ; elle fixe ses limites et n’y enferme pas le rêveur.

 

Moi j’aime que ce soit comme ça, dit Lucien l’âne en souriant. Une bouffée d’air et on replonge dans les remous des jours. D’ailleurs, il nous faut y replonger et reprendre notre tâche et tisser, tisser le linceul de ce vieux monde aride, avide, avare, agité, ambitieux et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Le sable glisse dans les clepsydres

Avec un frisson subtil.

Il court sur un fil

Comme une coque légère

Emportée par le vent.

À ce frisson, je m’endors.

À ce frisson, je m’endors,

Et le vent, le vent

Clame haut et fort

Le clair matin violent.

 

Ce lit tiède

M’ensommeille

Encore.

Dehors,

C’est l’hiver

Et la neige couvre la terre.

Je glisse sur un fil,

Vers le matin ;

Vers le matin,

Léger et subtil.

 

Voilà l’heure invisible

Des rêves

Où le soleil déjà explose.

Sonnent les trompettes,

Appellent les sirènes,

Bourdonnent les cloches,

Tournent les aiguilles.

Dehors tombe l’eau,

Les voix des filles

Percent les rideaux.

 

À l’heure des songes,

Dans un lit moelleux,

Le temps prolonge

Le merveilleux.

On voit des choses

Qui n’existent pas.

Derrière la porte close,

On entend les pas

De l’heure active

Qui arrivent.

L'Heure des Rêves
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 20:24

La Lune à Bascule

 

Chanson française – La Lune à Bascule – Marco Valdo M.I. – 2017

 

 

 

 

 

 

Lors de son voyage en Inde, au début des années soixante du siècle dernier, à l’occasion du Congrès des écrivains d’Asie, Carlo Levi resta un mois entier au pays de Nehru et s’en fut, escorté par l’un ou l’autre écrivain indien, voir les villageois, voir les paysans, voir les conditions de vie des gens des campagnes aussi bien qu’il s’en fut voir la vie de ceux des faubourgs des grandes villes indiennes.

Vies de misère, vies d’infinies souffrances, vies où le temps est perdu quelque part dans l’indéfini entre moussons et sécheresses. Tout comme en Lucanie, le temps tourne sur lui-même, le temps se morfond dans un cycle éternel. Nuit et lever du jour au bord du Gange, entre les bûchers funéraires ; après-midi dans la campagne. Il lui arriva toutes sortes d’aventures.

Ici, dans ce village, il est accueilli par des musiciens et des danseuses tout comme il aurait pu l’être dans un village de la Grèce antique, ou dans les campagnes d’Italie ou de France ou d’Allemagne dans les temps où l’Europe était encore essentiellement rurale.

 

Mais de ce côté-ci du monde, le voyageur n’aurait pas vu cette lune à bascule, cette « luna barcollante », cette barque lunaire flottant sur les vagues du ciel. Le croissant de la lune en Inde, et sans doute dans toute cette partie du monde, est posé à l’horizontale. La lune est devenue une gondole et elle se balance, tranquille, sur la lagune étoilée.

 

Il est toujours intéressant, et même passionnant de lire Carlo Levi le politique, Carlo Levi, le polémiste, Carlo Levi, le romancier, Carlo Levi, grand journaliste, Carlo Levi, en une sorte d’ethnologue-anthropologue, Carlo Levi, curieux de tout, Carlo Levi avec son œil acéré et gourmand de peintre, avec sa main si désireuse de raconter le monde et de le triturer, de radiographier de ses yeux de hibou ses recoins les plus ombragés.

Carlo Levi dont les paysans du Sud avaient fait leur « ambassadeur » au cœur de la civilisation urbaine, Carlo Levi, Turinois de naissance, était devenu un homme du Sud, du Sud en qu’il est le lieu de la paysannerie obstinément confrontée à la nature et au temps cyclique. Gigliola De Donato, qui fut sa « curatrice », a bien eu raison d’intituler sa biographie : « Carlo Levi, un torinese del Sud » – « Carlo Levi, un Turinois du Sud ».

Carlo Levi, ce poète du bout du monde, est fascinant quand il chante la fascination qui le consume devant le pays des origines. Pour Carlo, L’Inde est la matrice première, la mère éternelle. La lune est sa complice, elle berce le monde.

India, texte d’où est tirée cette chanson, est un texte chatoyant et au sens strict, bouleversant.

Cette chanson léviane, comme les autres chansons lévianes, sort tout droit de la fascination de Marco Valdo M.I. pour l’aède Carlo Levi.

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I

Deux femmes assises

Sous le porche

D’un cabanon de terre ;

Deux sœurs, peut-être,

Peut-être, deux sœurs,

Assises sous leur porche.

 

Comme deux sœurs,

Comme deux fleurs,

Deux visages,

Deux femmes ornées,

Devant une entrée :

Ce sont les danseuses du village.

 

La plus petite, la plus jeune,

La plus gracieuse,

S’embellit, se maquille ;

L’autre fille

Grosse, maternelle,

M’interpelle.

 

Comme deux sœurs,

Comme deux fleurs,

Deux visages,

Deux femmes ornées,

Devant une entrée :

Ce sont les danseuses du village.

 

Elles m’invitent à entrer,

Elles me font entrer ;

Elles m’enlèvent les chaussures,

Elles me font asseoir à terre,

Sous les instruments de musique,

Appuyés au mur couleur brique.

 

Comme deux sœurs,

Comme deux fleurs,

Deux visages,

Deux femmes ornées,

Devant une entrée :

Ce sont les danseuses du village.

 

 

On a fermé la porte.

Les trois musiciens,

Sarangis et tambourins,

Jouent monotones.

La fille ornée danse,

La fille maquillée chante.

 

Comme deux sœurs,

Comme deux fleurs,

Deux visages,

Deux femmes ornées,

Devant une entrée :

Ce sont les danseuses du village.

 

La fille s’assoit

À côté de moi.

Par la main, elle me prend,

Elle se couvre le visage,

Elle demande de l’argent,

La fille parfumée et sage.

 

Comme deux sœurs,

Comme deux fleurs,

Deux visages,

Deux femmes ornées,

Devant une entrée :

Ce sont les danseuses du village.

 

 

Sous le voile, la danseuse

Se balance

Oscille, se tord, se penche

Elle susurre

Tout contre moi :

« Je suis à toi ».

 

Comme deux sœurs,

Comme deux fleurs,

Deux visages,

Deux femmes ornées,

Devant une entrée :

Ce sont les danseuses du village.

 

Je remets mes chaussures

Je remonte en voiture.

Au passage à niveau, on s’arrête

Une locomotive étrange, ridicule,

À la cheminée longue, haute,

Crachote sous la lune à bascule.

 

Comme deux sœurs,

Comme deux fleurs,

Deux visages,

Deux femmes ornées,

Devant une entrée :

Ce sont les danseuses du village.

 

La Lune à Bascule
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 19:49

CE MATIN

 

Version française – CE MATIN – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – Stamattina – Nanni Svampa – 1966

Paroles de Nanni Svampa – Musique de Lino Patruno

 

 

 

Ce matin,

Le Père éternel est devenu fou 

 

 

 

Voici, Lucien l’âne mon ami, une chanson qui a déjà plus de cinquante ans.

 

Et alors ?, demande Lucien l’âne un peu interloqué. Il n’y a là rien d’inhabituel et cependant, tu me le dis comme s’il y avait quelque chose d’extraordinaire ou à tout le moins, de spécial.

 

Exactement, c’est bien mon idée, dit Marco Valdo M.I. Il y a là matière à réflexion ; une réflexion sur le temps qui est passé et sur l’évolution des mentalités dans nos sociétés. Suis bien, je t’en prie, mon raisonnement.

 

Oui, dit pensivement Lucien l’âne. Je suis, je suis et même, je pense.

 

Certes, je le vois, Lucien l’âne mon ami. Tu penses, donc tu suis. On ne saurait être plus raisonnable que de penser. Donc, quand en 1966, Nanni Svampa – c’est l’auteur et l’interprète – écrit et interprète cette chanson, elle est reçue par le public comme une chanson osée, un texte d’avant-garde du point de vue social et pour beaucoup qui se trempaient encore dans le bénitier, elle sonnait comme une provocation du fait même qu’elle attente (c’est le cas aujourd’hui encore, un demi-siècle plus tard) au religieusement correct ou au politiquement religieux ; bref, aux prétentions privilèges insensés des religions à l’innocuité et à l’immunité face aux analyses et aux critiques. Pour un peu, à l’époque où la chantait pour la première fois Nanni Svampa, on l’aurait volontiers interdite. Heureusement, aujourd’hui, pour la très grande majorité des gens d’ici, elle a tout juste l’air d’une aimable taquinerie. Quand je dis « les gens d’ici », je parle de l’ensemble de la société dans cette partie de l’Europe ; cependant, même ici, il y a encore toujours des culs bénits pour s’en offusquer. Globalement, et c’est rassurant, il y a eu un basculement : on est passé de l’horrible scandale à l’amusante gaminerie ; on a changé d’ambiance et on vit à présent dans une société civile plus décontractée ; on est passé d’une société bétonnée de religion à une société en voie de libéralisation. Ce n’est pas le cas partout, et de plus, il y a un mais.

 

Oh, dit Lucien l’âne, un mais ? Mais que mais ?

 

Eh bien, le mais auquel je fais allusion, dit Marco Valdo M.I., c’est que cette belle et bonne liberté, conquise au fil des temps, est mise en cause, attaquée et dénoncée par divers groupes dans le monde, qui tendent à réinstaurer l’ordre ancien, à réveiller les démons religieux ou nationaux ; cela se passe chez nous également. On voit ainsi dans des pays d’autres continents des groupes religieux fondamentalistes se répandre de plus en plus, on voit des religieux de diverses croyances ou de diverses confessions fanatiser leurs ouailles et on voit certains gouvernements leur emboîter le pas et même, les soutenir et les inspirer à plus d’activisme. C’est typiquement un mouvement de réaction, une répulsion en marche et il n’est pas absent de certains pays dont aurait pu croire qu’ils échapperaient à ces dérives. Pour faire court, j’en choisirai un des plus étonnants ; la France elle-même n’est pas épargnée par ce mouvement de réaction en marche ; on a vu récemment ces fanatiques marcher dans les rues des villes de France. Pour le reste et d’autres cas du genre, je renvoie à la presse quotidienne ; on y trouve mille indications de ce recul civilisationnel.

 

Certes, Marco Valdo M.I. mon ami, qu’il a encore beaucoup à faire que l’humain atteigne à l’humanité et accepte sans arrière-pensée de vivre sa liberté, sans crainte d’affirmer sa dignité. Tout ceci me renforce dans l’idée qu’il nous faut poursuivre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde encore hanté par les esprits, manipulé par les prophètes, trompé par les religions et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 


 

Ce matin,
Le Père éternel est devenu fou
Il est clair qu’il ne veut plus
Aucune guerre :
De vieux généraux
Aux visages sépulcraux
Sont nommés fondateurs
De la ligue des déserteurs.

 

Ce matin,
Le Père éternel est devenu fou
Et ses ministres du culte et tout
Son Gouvernement et les saints
Ont dit aux bonnes sœurs et aux moines :
« De vos vœux, vous êtes tous libérés !
Vous ne devez plus voter,
Et encore moins prêcher ! ! »

 

 

Ce matin,
Le Père éternel est devenu fou,
Mais les fidèles encore chrétiens
Le prenaient au sérieux. D’un coup,
Les bigotes toutes à la file
Ont demandé, soudain !
Si la fameuse pilule
Donnait un cancer malin.

 

 

Ce matin,
Le Père éternel est devenu fou,
Mais les fidèles l’ont pris
Encore au sérieux tout d’un coup.
Les bigotes toutes à la file
Ont demandé, sapristi !
Si la fameuse pilule
Faisait venir l’orgasme.

 
CE MATIN
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 21:47
Martin Néfertiti

 

Chanson française – Martin Néfertiti – Marco Valdo M.I. – 2017

 

 

 

Néfertiti en Reine,

 

Hiératique, proche, contemporaine

 

 

 

 

 

À l’origine de cette chanson, dit Marco Valdo M.I., il y a une histoire racontée par Carlo Levi dans son livre « La doppia notte degli tigli » – « La double Nuit des Tilleuls » ; un titre qui, pour celui qui sait l’interpréter, est de la plus grande clarté. Cependant, il faut le décoder.

 

Oh, dit Lucien l’âne en souriant, comme je connais Carlo Levi et ce qu’il a écrit, je sais de quoi il s’agit et je m’en vais te le décoder en deux temps, trois mouvements. Commençons par les tilleuls. Comme le récit de Carlo Levi est celui de son voyage en Allemagne en 1959 et que la rue la plus célèbre de Berlin et sans doute, d’Allemagne s’appelle « Unter den Linden » – « Sous les Tilleuls », j’imagine a priori qu’il s’agit de ces tilleuls berlinois, qui furent plantés pour border une allée cavalière. Quant à cette « doppia notte », cette « double nuit », il s’agit de celle qui s’abattait chaque soir sur Berlin, ville qui était divisée en deux parties respectivement dénommées Berlin Ouest et Berlin Est. Je laisse de côté le sens symbolique de cette « double nuit ».

 

Tu laisses de côté l’aspect symbolique, dis-tu mon ami Lucien l’âne, mais je te signale qu’en disant que tu le laisses, tu le fais ressortir encore plus. De toute façon, tu l’avais déjà évoqué dans ta réflexion. Le symbole est exactement ce que tu as rappelé de Berlin, cette double ville à la double vie, nantie d’un Est et d’un Ouest, comme l’Allemagne, double pays elle aussi en ce temps-là.De cet Est et cet Ouest, il en sera question dans la chanson, laquelle y ajoutera un Nord et un Sud. Ce qui permet de raconter l’histoire de Martin et de Néfertiti en quatre parties : Est, Ouest, Sud et Nord. Pour en revenir un instant à la partie symbolique – et comment l’ignorer s’agissant d’une histoire qui mêle le monde contemporain et la plus haute Antiquité, une histoire qui, sans le dire expressément, évoque la division du monde encore en actes aujourd’hui ; une division qui à l’époque – sur fond de potentiel nucléaire, de fusées intercontinentales et e guerre atomique potentielle se cristallisait autour de Berlin au double foyer.

 

J’imagine tout ça, dit Lucien l’âne. D’ailleurs, les fusées et les rumeurs de guerre atomique courent à nouveau autour de la Terre. Quant à la guerre et aux affrontements, ils n’ont jamais cessé. La folie humaine est endémique.

 

Soit, Lucien l’âne mon ami, prenons en note et passons outre. Ainsi, notre chanson est une histoire d’amour impossible entre la belle impératrice d’Égypte Néfertiti (morte en 1333 avant Zéro) et son soupirant éperdu (qui vit peut-être encore) dénommé Martin, tombé amoureux lors de la visite qu’il lui fit au Muséum de Berlin-Est. C’est une ballade onirique qui se balance dans la tête de Martin. Dans la tête de Martin, il y a une pensée qui sinue, s’insinue, se contorsionne, se tourne et se retourne autour de l’idée de Néfertiti, entrevue seulement sous la forme d’une sculpture et d’une tête colorée. Tout le reste est l’imaginaire de Martin en pleine révolution. Martin est hypnotisé, « stregato », ensorcelé par cette tête femme, d’il y a plus de 3000 ans.

 

« Néfertiti en Reine,

En déesse souveraine :

Hiératique, proche, contemporaine,

Du Nil ancienne,

Sans voile, vient

Rappeler le monde ancien »

 

Et toi, Marco Valdo M.I., toi qui t’entretiens avec un âne dont on ne sait quel âge il a, mais certainement plusieurs milliers d’années et quasiment chaque jour sans que cela ait l’air de te chagriner ou de te tournebouler le ciboulot, de te tourniller la comprenette. Bien plus, on dirait que tu y trouves tes aises à nos dialogues et puis, moi, je le trouve fort beau ce rêve perpétuel de Martin, on dirait qu’il joue le boléro de Néfertiti. Alors, nous, notre tâche, qu’on pourrait imaginée développée à la manière du boléro de Monsieur Ravel, composé pour une superbe danseuse russe, est de tisser sans fin, en revenant toujours sur elle-même et en s’amplifiant de son propre mouvement, telle la navette du canut, le linceul de ce vieux monde gris, ennuyeux, racrapoté, ridé et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 
À l’Est, Néfertiti en petite statue,

Impératrice entièrement nue :

Seins de fille, mains sur le giron

Cuisses pleines, ventre rond,

Néfertiti, petite et nue,

Debout en petite statue.

 

Martin rêve d’amour

Toutes les nuits.

Jour après jour,

Au cœur de la nuit,

Toujours,

Martin songe à Néfertiti.

 

 

À l’Ouest, Néfertiti, la pharaonne

Enfant de Thoutmosis étonne :

Joconde ou Madone ?

Suave idole universelle,

Au sourire de miel,

Se pose en mystère éternel.

 

Martin rêve d’amour

Toutes les nuits.

Jour après jour,

Au cœur de la nuit,

Toujours,

Martin songe à Néfertiti.

 

 

 

Au Sud, Aménophis, Akhénaton :

Long visage, long menton,

Innovateur dissident,

Raffiné, purifié, élégant.

Néfertiti Akhénaton

Enfants incestués,

Enfants d’Aton.

 

Martin rêve d’amour

Toutes les nuits.

Jour après jour,

Au cœur de la nuit,

Toujours,

Martin songe à Néfertiti.

 

 

Au Nord, Néfertiti en Reine,

En déesse souveraine :

Hiératique, proche, contemporaine,

Du Nil ancienne,

Sans voile, vient

Rappeler le monde ancien.

 

Martin rêve d’amour

Toutes les nuits.

Jour après jour,

Au cœur de la nuit,

Toujours,

Martin songe à Néfertiti.

Martin Néfertiti
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 17:54

JE TE REMETS EN LIBERTÉ

 

Version française– JE TE REMETEN LIBERTÉ – Marco Valdo M.I. – 2017

d’après la version italienne (en italien courant) de Riccardo Venturi – In libertà ti lascio – 2017

de la chanson populaire milanaise du XIXe – Lombardo Milanese – « In libertà ti lascio » – anonyme

Interprètes : Nanni Svampa, Enzo Jannacci

 

 

 

Piazza della Vetra vers 1900

(n'est-ce pas la Rina en manteau rouge ?)

 


Et dit Nanni Svampa lui-même (in La mia morosa cara, Canti popolari milanesi e lombardi, Nuova Editrice, Lampi di Stampa, Milano 2007, 1a edizione 1981, p 148) : « Chanson parmi les plus belles et plus intenses concernant la « mala ». Le protagoniste, enfermé à San Vittore [grande et ancienne prison milanaise], revoit en rêve la scène au tribunal quand il a été condamné à vie. La protestation d’innocence revient souvent dans les chansons de prison des différentes régions d’Italie. Ici, il est intéressant remarquer le passage du dialecte à la langue dès qu’entre en scène le juge. Mais la conclusion tragique, le condamné la revit encore dans son dialecte : « mènell à San Vittór » (Emmenez-le à San Vittore)In libertà ti lascio est peut-être la chanson de « mala » la moins chantée et la moins trouvable dans les recueils. Même Frescura-Re [auteurs d’un recueil de chants milanais, ndr], qui ont compilé un recueil spécifiquement milanais, en citent seulement deux strophes dans l’introduction. Il faut cependant dire à propos de ce livre né en plein fascisme (1939) que toutes les chansons comportant l’un ou l’autre vers brûlants sont omises (comme celles de protestation sur les conditions de travail, par exemple). Imaginez celles sur la mala ! Certaines sont à peine citées, autres ignorées, puisqu’à ce moment, en Italie, il n’y avait ni délits ni délinquants, ni ghettos du milieu ! (Lseule inoffensive « E con la cicca in bocca » – « Et avec le mégot à la bouche » a eu l’honneur d’être insérée en totalité). » Le soussigné ajoute enfin ceci : malgré l’interprétation d’Enzo Jannacci et d’autres, cette chanson doit absolument tout à Nanni Svampa. [RV]

 

 

Dans le texte de la chanson, il est question de la Vetra. Riccardo Venturi y consacre une longue note que je repositionne en avant de la chanson et j’y ajoute un commentaire :

[1] Vetra : place historique de Milan (Piazza Vetra, ou Piazza Vetra de’Citadine), dans le quartier des Ticinese (Tessinois) et à brève distance, entre autres, de San Vittore. C’est la zone de la basilique de San Lorenzo et des Colonnes. Place Vetra était connue pour être une des places de la « ligera », le petit milieu milanais. Jusqu’au XIXe siècle, sur la Piazza Vetra, on exécutait même les condamnations à mort. À très peu à de distance de Piazza Vetra, en Giangiacomo Mora, s’élève même la célèbre Colonna Infame (Colonne Infâme – en fait, le pilori) ; à tout ceci, on ajoutera la proximité du Bottonuto, le quartier médiéval milanais (pratiquement collé à la place du Dôme) qui fut démoli à la fin du XIXe siècle. Nous sommes, en somme, dans un lieu hautement évocateur pour la ville de Milan et de son histoire populaire. La Place Vetra était connue même pour la présence de prostituées (voir, naturellement, La povera Rosetta) : si la femme du protagoniste de la chanson « specia sur la Vedra », la chose peut faire allusion à tout un certain monde. Le nom de la place Vetra peut être dérivé de Platea Vetera (« vieille place », mais la place est nommée pour la première fois dans un document du 1579), mais plus probablement des « vetraschi »,c’est-à-dire des tanneurs de peau, ainsi appelés parce qu’ils raclaient les peaux avec des morceaux de verres, ou bien d’un ancien cours d’eau de la zone, dit « Vepra ».

 

Petite note complémentaire : Si on retient, « vepra », il serait bien d’examiner l’hypothèse d’une place de la vêprée ou vesprée, où les gens se retrouvent le soir à la « vêprée » – la « passeggiata » de fin d’après-midi ou du soir. Cette vesprée de Ronsard :

 

Mignonne, allons voir si la rose
Qui se matin avoit déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil. »

 

(Pierre de Ronsard, À ma maîtresse, dans Odes, 1550-1552)

 

Et « si non è vero, è ben trovato », comme on dit dans nos régions où circule un curieux bilinguisme.

 

Mot pour mot, on lira les divers sens de poireauter dans le Trésor de la Langue française. Certains sont assez appropriés ; notamment quand notre condamné rêve à Rina avant de s’endormir. Comprends qui peut.

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 

Enfermé dans ce nid à rats en compagnie des puces
Et des punaises qui ne me laissent pas dormir,
Qui ne me laissent pas dormir,

 

Je pense à ma femme qui poireaute à la Vetra [1].
Je rêve à elle le soir [et] je me plonge dans le sommeil,
Je me plonge dans le sommeil.

 

Et au tribunal, le président dit :
Jeune homme, il ne faut pas mentir mentir en vérité,
Mentir en vérité.

 

En vérité, la vérité, je l’ai dite : moi, je ne sais rien.
Je vous prie président de me remettre en liberté,
Me remettre en liberté.

 

En liberté, je te remets, les mains menottées,
Les portes bien fermées, emmenez-le à San Vittore,
Emmenez-le à San Vittore.

 

Et si la Rina sait que je suis condamné,
Elle donnerait sa vie pour me donner ma liberté,
Pour me donner ma liberté.

 

Je suis condamné à vie enfermé à San Vittore.
Je compterai les heures et les jours passeront
Et les jours passeront.

JE TE REMETS EN LIBERTÉ
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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 12:44
LE ROLAND

 

Version française – LE ROLAND – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – L'Orlando – Sergio Endrigo – 1970

Interprétation : Il Parto delle Nuvole Pesanti

 

 

 

 

Comme tu le sais, dit Marco Valdo M.I., j’ai un ami qui s’appelle Roland.

 

Oh oui, certainement, répond Lucien l’âne en présentant un visage d’âne réjoui, je sais même que tu avais écrit une chanson à propos de son grand-père ; bizarrement d’ailleurs, comme tu l’avais signalé, elle t’était venue en italien.

 

C’est bien de ce Roland-là qu’il s’agit ; ta mémoire ne te trompe pas, Lucien l’âne mon ami. Quant à la canzone-chanson, elle s’intitulait en italien : « Il nonno d’America » et en français, « Le grand-père d’Amérique »[[7955]]. Tout aussi curieusement, elle a été publiée sous son titre français. Eh bien, c’est encore à ce Roland-là que je pensais en faisant cette version française de L’Orlando [[2751]] de Sergio Endrigo. Rien qu’en lisant le titre de l’originale italienne, j’étais déjà content. Et je m’en suis trouvé encore mieux quand j’ai découvert – car tu le sais, une chanson dans une autre langue ne me devient claire que lorsque j’ai établi ma version personnelle, celle que je fais précisément pour comprendre – ce que donc, elle racontait.

 

Et au fait, dit Lucien l’âne dans un souffle, que contait-elle ?

 

Elle disait, Lucien l’âne mon ami, la guerre stupide que les religions et les religieux engendraient dans le temps et encore aujourd’hui. Dans le temps, c’est-à-dire au temps de la chanson qui était celui de Charlemagne et aujourd’hui, un temps où certains fantasment de nouvelles confrontations.

 

Maie enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, cette confrontation, ces affrontements sont absolument absurdes et e peuvent mener qu’à des absurdités. Décidément, j’ai longtemps été trop optimiste, quand je m’imaginais que l’homme allait atteindre à l’humanité et aurait laissé aux oubliettes de l’histoire toutes les calembredaines religieuses.

 

En effet, réplique Marco Valdo M.I., comme bien d’autres, tu es un peu trop optimiste et à m avis, simplement, car tu ne tiens pas assez compte de la durée, des temps différents qui gouvernent les changements. La durée d’une vie d’homme, à condition bien sûr qu’on le laisse vivre, est de l’ordre de quelques dizaines d’années. Pour les grands groupes humains, l’amplitude est celle du siècle ou pour certains, sous doute même, du millénaire. Ceci a des incidences sur les changements et la capacité des hommes vivants de changer les choses. En clair, la durée est une contrainte majeure qu’on en peut compenser par la force.

 

Oh, Marco Valdo M.I., je sais bien tout cela ; je l’avais juste oublié pour un moment ; je devais avoir le sens égaré par je ne sais quel espoir que j’ai toujours à l’esprit et au ventre, de ce que l’homme atteigne à l’humanité et quand ici, je dis l’homme, il faut comprendre « tous les hommes » ou en tout cas, suffisamment d’hommes et de manière suffisamment profondes. Cela arrive parfois pour certains ; le malheur évidemment, c’est que ce ne sont là encore que des exceptions contredites par l’immense majorité attachée à ses crédulités anciennes ou ce qui complique encore les choses, nouvellement inventées. Mais comme il n’est pas de notre ressort d’ainsi philosopher et qu’il est fort probable qu’on nous le reproche, brisons là et reprenons notre tâche qui est principalement, de tisser le linceul, tels les canuts ou les Parques, le linceul de ce vieux monde crédule, croyant, fanatique et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 
 

 

 

Oyez bonnes gens ce que disent les Chrétiens des féroces Musulmans.
Les Maures arriventon voit déjà le croissant
Sur les murs de Palerme, de Grenade et de Barcelone. 
Ils ne parlent pas latin,

Ils ont la peau sombre,
Ils ont coupé en morceaux un sacristain,
Le Pape les craint,
Ils ne savent pas le Notre Père,
Ils détruisent les vignes, 
Ils ne mangent pas le cochon, 
Ils ont des femmes par cent et par mille,

Ils portent des pantalons.

Guerre, guerre !

Au nom du Seigneur.

De la France à l’Angleterre,
Pour la foi et pour l’honneur,

Les attend,

L’épée à la main face aux cimeterres,

La terreur des Mahométans
Le preux Roland.

 

Et que disent des Chrétiens, les fidèles de Mahomet ?

Voilà les fous en cavale
Avec panaches et plumets,
L’évêque à cheval
Et derrière, les pauvres.
Ils jurent 
en latin et en franc,
Esaxon et en allemand,
Ils écrasent les parasites,
Sur leur menton sans barbe,
Ils boivent les vignes,

Ils mangent les cochonet les ongulés,

Ils ont cent concubines,

Mais leur femme est sous clé.
Guerre, guerre !
D
e La Mecque au bout de la Terre,
Tous prêts à donner notre sang
Et nous couperons la tête

Aux ennemis du Prophète
Et au Roland.


Roland était un tremblement de terre,

Le chevalier sans peur, une force de la nature ;
Avec son épée Durandalil cassa mille têtes
En mille guerres saintes.
Il sauva des reines blondes

Ddragon et du géant,
Mais 
entretemps,

L’Empereur Charlemagne
L’a fait paladin ;
Il oublie les amis 
pour les femmes et le vin.
Guerre guerre !, mais 
tout à l’heure,

Roland tombe amoureux, c’est tragique !
La belle Angélique

L’a touché en plein cœur.
Sa force l’abandonne et maintenant

Il n’en retrouve autant qu’avant,
Car il a l’amour en tête,

Le preux Roland
Et dans le doux combat,
Même un grand soldat
Peut perdre la tête totalement.
Sur le champ, on l’a vu

Courir à moitié nu.
Vraiment fou, il fulmine ; 
Son ennemi stient en sa poitrine.
Et 
les Maures foncent par cent et par mille,
Et gardent la tête froide.
Quand dans la maison, il n’y a pas de chat,

Tous les rats font la fête.
Guerre, guerre !, 
mais Roland n’y vient pas :
L’un dit qu’il est un lâche, 
El’autre dit qu’il ne l’est pas.
Mais un seul homme au monde,

 

C’est évident,
Sait la vérité de tout cela.
Roland.

LE ROLAND
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Published by Marco Valdo M.I.

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