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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 20:30

Les Présidents, les Indiens et le Général

 

La question indienne ou comment faire disparaître 18 000 000 de personnes pour prendre leur territoire.

 

Chanson française – Les Présidents, les Indiens et le Général – Marco Valdo M.I. – 2017

 

 

 

 

 

Dialogue maïeutique

 

Donc, Lucien l’âne mon ami, personne ne contestera que les États-Unis d’Amérique soient une grande nation, ni même qu’ils sont une grande puissance qui domine la planète depuis au moins un peu plus d’un demi-siècle, ni qu’ils possèdent la plus puissante force armée du monde.

 

Certes, Marco Valdo M.I. mon ami, je ne contesterai pas ces affirmations qui me paraissent exactes, du moins pur ce que j’en sais.

 

Ça tombe bien, dit Marco Valdo M.I., car la chanson e rapporte directement à leur histoire et singulièrement, à la façon dont ils se sont constitués laquelle est fondée sur la spoliation des terres indiennes et l’élimination physique des populations qui y vivaient.

 

J’avais connaissance de cette expropriation forcée des territoires indiens, dit Lucien l’âne. Ce fut, me semble-t-il, l’application pure et simple de l’adage : « Tire-toi de là que je m’y mette ! » et si j’ai bonne mémoire à peu près l’ensemble de ces expropriés furent tués par les armes ou décimés d’autres façons.

 

C’est en effet ce qui s’est passé, Lucien l’âne mon ami. Tous les moyens ont été utilisés, y compris l’empoisonnement et l’inoculation de maladies. On y ajouta pour faire bonne mesure l’alcool et la drogue. Tout cela est bien connu. Ce qu’on sait moins c’est que les populations indiennes ainsi réduites à néant étaient composées d’un nombre énorme d’individus. Les calculs établis le plus récemment et le plus scientifiquement chiffrent les victimes de ce génocide à 18 000 000 de personnes. Dix-huit millions de personnes ont été rayées des vivants en quelques dizaines d’années. Et pour atteindre un tel résultat, il a fallu le faire systématiquement. Tel est le décor de notre chanson.

 

Un tel génocide est proprement consternant, dit Lucien l’âne en raclant le sol avec mépris. Mais qu’en ont dit les autorités de ce pays qui, si je ne m’abuse, se considère comme un défenseur des droits de l’homme, comme une des plus vertueuses démocraties de tous les temps. Elles ont, par exemple, sans doute voulu empêcher pareils massacres et à tout le moins, ont condamné ces agissements criminels.

 

 

 

Détrompe-toi, Lucien l’âne mon ami. Tout au contraire, elles ont encouragé et justifié ces assassinats massifs. C’est le sujet même de la chanson qui reprend (quasiment) mot à mot les propos de plusieurs Présidents des États-Unis et de plusieurs hauts responsables- tous censément des gens respectables. Elle accuse donc nommément d’avoir cautionné le génocide des populations indiennes :

 

Georges Washington (Président 1)

Benjamin Franklin (Bonhomme Richard)

Thomas Jefferson (Président 3)

James Monroe (Président 5)

John Quincy Adams (Président 6)

Andrew Jackson (Président 7)

John Marshall (Président de la Cour Suprême)

William Henry Harrison (Président 9)

Theodore Roosevelt (Président 26)

Philip Sheridan (général).

 

Enfin, j’ajoute que j’ai trouvé tous ces renseignements dans un ouvrage scientifique publié par le géographe étazunien, Jared Diamond, intitulé « Le troisième chimpanzé ».

 

Voyons cette chanson et reprenons notre tâche et tissons de conserve le linceul de ce vieux monde massacreur, spoliateur, expropriateur, génocidaire, suicidaire et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Le Président 1 (1732-1799) dit :

 

Destruction totale de leurs villages,

Dévastation de leurs terres,

Incendier toutes leurs récoltes,

Empêcher leurs moissons nouvelles.

 

Le Bonhomme Richard (1706-1790) dit :

 

Les sauvages doivent disparaître

Dit la Providence

Les Cultivateurs de la terre, c’est l’évidence

Sont les seuls maîtres.

 

Le Président 3 (1743-1826) dit :

 

Cette race de façon inopinée

Contre la civilisation s’est rebellée.

Elle mérite l’extermination,

Telle est notre décision.

 

Le Président 5 (1758-1831) dit :

 

La vie à l’état sauvage est

Incompatible avec le Progrès.

Face au monde civilisé,

Elle doit s’effacer.

 

Le Président 6 (1767-1848) dit :

 

Quel droit a le chasseur sur la forêt

Pour y chasser le gibier,

Où il s’aventure sans respect

De notre propriété ?

 

Le Président 7 (1767-1845) dit :

 

Ni intelligence, ni assiduité au travail,

Ni désir d’amélioration, ni comportement moral,

Contemporains d’une race supérieure – la nôtre,

Ils doivent se replier et disparaître.

 

Le Président de la Cour (1755-1835) dit :

 

La découverte a créé le droit

De mettre fin par conquêtes et achats

À l’occupation par les Indiens

Du territoire américain.

 

 

Le Président 9 (1773-1841) dit :

 

Cette belle partie du globe

Ne peut rester hantée par les sauvages.

Le Créateur lui a donné une destination :

Devenir le siège de la civilisation.

 

Le Président 26 (1858-1919) dit :

 

Le colon, le pionnier

Avaient la Justice de leur côté.

Ce continent n’est pas une réserve

Pour d’ignobles sauvages.

 

 

Conclusion du général (1831-1888) :

 

« Je le redis encore :

Les seuls bons Indiens

Sont les Indiens

Morts ! »

Les Présidents, les Indiens et le Général
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Published by Marco Valdo M.I.
19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 20:21

LA FABRIQUE DE LA DOMINATION

 

 

Version française – LA FABRIQUE DE LA DOMINATION – Marco Valdo M.I. – 2017

d’après la version italienne de Riccardo Venturi – LA FABBRICA DELLA DOMINAZIONE – août 2017

d’une chanson catalane – La factoria de la dominació – Brams – 2011

 

 

Révolte catalane des Faucheurs

1635

 

 

 

Un juge fabrique des condamnations, un policier de la répression, un journaliste

 

 fabrique des mensonges, un militaire fabrique de la peur, un banquier fabrique des  dettes et un évêque de la soumission, c’est fabrique de la domination.

 

 

 

 
 

Dialogue maïeutique

 

Ah, Lucien l’âne mon ami, voici une nouvelle fois une chanson catalane et comme on a déjà pu le constater, les chansons catalanes réservent souvent des surprises. C’est le cas cette fois-ci aussi avec « La factoria de la dominaciò » que j’ai mise en français sous le titre de « LA FABRIQUE DE LA DOMINATION ».

 

Je vois ça, Marco Valdo M.I. mon ami, et je devine sans doute ce qu’elle signifie et qui devrait fortement ressembler à l’Espagne, mais je préférerais que tu me le révèles. Car, vois-tu, j’aime beaucoup découvrir tes explications qui, comme les chansons catalanes, réservent des surprises.

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, tu as raison de patienter un peu afin de connaître mes explications qui s’éloignent parfois du sujet de la chanson. Parfois même, elles s’en écartent tellement qu’elles n’arrivent pas à y revenir dans les temps. Cependant, il faut s’y faire, car ce sont les mots et la main qui conduisent le texte. Donc, ici, je pense qu’on ne s’éloignera pas trop du sens de cette « fabrique de domination », dont tu as parfaitement deviné qu’elle désignait l’Espagne.

Pour ce faire, il me faut pourtant revenir un peu sur les événements actuels en Catalogne afin de vérifier le rapport qu’il pourrait y avoir entre la chanson et ces événements. Je note d’abord – et c’est important – que la chanson n’a pas été écrite à l’occasion de l’actuel conflit, mais des années avant. Pas beaucoup, mais suffisamment pour qu’elle n’y soit pas directement liée. Elle a du recul, si je puis dire. Elle y est liée pourtant comme on va le voir. Disons qu’elle les anticipe, qu’en quelque sorte elle l’est annonce ou à tout le moins, elle dénonce certain penchant à la domination extrêmement préjudiciable à la bonne entente entre voisins. Deux mots d’explication sur les rétroactes de ce qui se produit actuellement et sur l’ignorance, à mon sens intentionnel, des commentateurs des événements de Barcelone quant à l’histoire de la Catalogne et de sa relation tourmentée avec le colonisateur espagnol, essentiellement le pouvoir arrogant des Grands de Castille, pas du petit peuple qui si on le laissait vivre tranquillement n’aurait aucun penchant à dominer ses voisins. Cette occultation de la dimension historique de l’actuelle revendication catalane et parallèlement, de la conquête par la force de la Catalogne, empêche de comprendre le mouvement de fond que constitue la volonté catalane d’indépendance.

 

Oh, dit Lucien l’âne, c’est toujours comme ça. L’aveuglement du pouvoir n’a d’égal que sa mauvaise foi. Le fait est habituel et les exemples sont nombreux dans l’histoire, mais il y a une constante : sauf à éliminer physiquement les colonisés, le mouvement de libération se poursuit par mille voies ; pacifiques quand c’est possible et un tel combat peut être long, très long. Il peut passer par toutes les phases possibles, y compris des répressions violentes, des épisodes militaires, des guerres civiles, mais finalement il n’en démord pas.

 

Effectivement, reprend Marco Valdo M.I., tu m’ôtes les mots de la bouche. Je rappelle, à cet égard, que les Catalans se sont tenus à l’écart de la colonisation des Amériques hispaniques. Je rappelle aussi que le pouvoir madrilène a envahi la Catalogne et a conquis Barcelone par la force et un bain de sang déjà en 1714 et ce même pouvoir espagnol qui est actuellement sous l’influence franquiste, est l’héritier d’une dictature qui a fusillé le précédent Président de la République catalane en 1940, une République catalane fort progressiste et de fait, peu franquiste, qui résista tant et plus aux troupes du Caudillo. Ce sont des choses qui ne s’oublient pas et des souvenirs qui remontent dès que les événements s’y prêtent. Ce qui est le cas actuellement.

 

Oui mais, la chanson dans tout ça, demande en riant Lucien l’âne.

 

Elle raconte, Lucien l’âne mon ami, une histoire d’une ville ou d’un village tranquille et des scènes de la vie quotidienne heureuse et tranquille. Tout va bien jusqu’au moment où on installe une fabrique de domination à quelques encâblures de la cité. On ne peut plus transparent comme récit. Enfin, tu le liras.

 

J’y compte bien, réplique Lucien l’âne. Cependant, il nous faut reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde aux relents coloniaux, aux réflexes autoritaires, aux manières dictatoriales, brutal et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Un fermier avait des laitues ;

Au marché, il les a vendues

Et est allé acheter du pain

Avec les sous qu’il avait en mains.

Le boulanger fatigué

De bosser tout le matin

S’en fut au café

Boire un verre de vin.

Avec les sous du boulanger

Le troquet s’en est venu ici

Chez le menuisier

Faire réparer son lit.

Chez ce peuple si tranquille

Travailler est naturel, tout va bien

Et tout est facile,

Tout le monde a ce qu’il a besoin.

Le jeune menuisier expédie

Le travail en un rien de temps

Et emmène au théâtre une fille

Qu’il connaît depuis longtemps .

L’actrice sort de scène,

Passe en vitesse au vestiaire

Et file chez l'apothicaire :

Elle a la migraine.

 

Le pharmacien en sandales

Va acheter des bottes

D’herbes médicinales

Au marchand de salades.

 

Mais on a construit une fabrique

En dehors de la ville, une sorte d’Escurial.

Elle ne produit pas la moindre brique,

Ni rien de bon pour la population locale.

 

Le juge y produit de la condamnation,

Le policier de la répression,

Le journaliste y produit des affabulations,

Le militaire y produit de la crainte,

Le banquier y produit des dettes,

L’évêque y produit de la soumission,

C’est la fabrique de la domination.

LA FABRIQUE DE LA DOMINATION
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Published by Marco Valdo M.I.
16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 18:38

BERCEUSE POUR NE PAS DORMIR

 

 

Version française – BERCEUSE POUR NE PAS DORMIR – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne – Ninna nanna per non dormire – Sergio Laccone – 2005

Texte : Franca Mazzei
Musi
que : Sergio Laccone
« La Berceuse de Marmottes » est une création de Plink et Plonk, joyeux artistes suisses.

 

 

 

 

 

Les berceuses, en italien Ninna nanna – ce qui est un très joli mot pour dire la chose, comme tu le sais Lucien l’âne mon ami, ces petites chansons sont des ritournelles que l’on sert aux enfants le soir au moment de les mettre au lit ou devant la cheminée et le feu hypnotique, avant de les emmener dans la chambre où l’on aimerait qu’ils s’endorment. Comme dans toutes les langues et dans toutes les régions et chez tous les peuples de la Terre, comme on peut le supposer, il y en a à profusion. Il y a celles que tout un chacun invente en espérant un résultat, autrement dit que sa comptine plaise au(x) petit(s) – celles-là sont innombrables et pour la plupart inconnues ; il y a celles qui ont une diffusion plus vaste, généralement traditionnelles ; ce sont une partie des premières qui se sont transmises de génération en génération, par manque d’imagination ou par nostalgie ou par conviction de ce qu’elles ont fonctionné et devraient fonctionner encore. Elles sont aux comptines ce que les recettes de grand-mère sont à la cuisine. On veut toujours retrouver le bon goût d’antan, la saveur du nanan en oubliant que c’était celui de sa propre enfance et le miracle fonctionne souvent.

 

C’est heureux, dit Lucien l’âne ne riant. Imagine les soirées et les nuits que connaîtraient les parents si ces lénifiantes chansons douces n’étaient pas somnifères, si les ninna nanna étaient faites pour tenir éveillé.

 

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, voici une chanson qui donne vie à ton hypothèse absurde, car c’est une « ninna nanna pour ne pas dormir ». En fait, j’ai bien l’impression que c’est même une berceuse pour réveiller celle ou celui qui dort, chantée par celui qui traverse un moment d’inquiétude, qui vogue sur une vague d’angoisse et une mer de solitude. La berceuse s’adresse à son partenaire.

 

Oh, dit Lucien l’âne, ce sont des moments qui arrivent souvent chez certains. Il y a des gens ainsi qui vivent avec l’inquiétude comme horizon, avec le tracas au milieu de la nuit. De là, à réveiller l’autre, il y a de la marge.

 

Enfin, je ne sais pas trop, Lucien l’âne mon ami, si tu dis juste. Pour la simple raison que la nuit, je dors et à vrai dire, je n’ai pas ces moments d’incertitude. Mais enfin, c’est le thème de la chanson.

 

Note bien, Marco Valdo M.I. mon ami, que la situation du monde a de quoi perturber les meilleurs esprits. Enfin, berceuse pour berceuse, ninna nanna pour ninna nanna, nous reprendrons – avant de nous endormir – notre tâche et nous tisserons un peu encore le linceul de ce vieux monde angoissé, inquiet, perturbé et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ninna ninna nanna

Non, non, ne dors pas
Dans ce monde incolore
Sans dedans et sans dehors
De voix et de parfums estompés
Maintenant que tous s’en sont allés
Et que celui qui reste ne voit pas
Et quand on le touche, ne bouge pas.

Et seul, nous effleure le vent
Qui caresse ce moment.
Nous avons perdu

Et nous avons vaincu,
Nous avons pour âme une grande toile
Avec les couleurs d’une bannière
Trop inutile pour être véritable
Qui ne nous chauffe, ni ne nous console
Dans cette nuit d’une vie solitaire.

 

Réveille-toi mon amour !
Je suis éveillé moi aussi,
Même si entre nous,
Il y a la nuit.
Encore, réveille-toi mon amour !
Reste auprès de moi,
J’ai besoin de toi.

 

Et cette nuit, je voudrais me réveiller
Pour ne pas oublier
D’être le père de tous tes rêves d’enfant,
De tous tes besoins, de tous tes cauchemars
De tous tes doutes dans la nuit noire
Et des parfums du printemps
De ce que j’ai pris et de ce que j’ai donné,
De tout ce que je n’ai pas trouvé.

 

 

Réveille-toi mon amour !
Je suis éveillé moi aussi,
Même si entre nous,
Il y a la nuit.
Encore, 
réveille-toi mon amour !
Reste auprès de moi,
J’ai besoin de toi.

BERCEUSE POUR NE PAS DORMIR
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Published by Marco Valdo M.I.
15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 19:09

Quand on est trump

 

Chanson française – Quand on est trump – Marco valdo M.I. – 2017

Parodie inspirée de « Le temps ne fait rien à l’affaire » de Georges Brassens.

 

 

 

 

Lucien l’âne mon ami, comme tu le sais, j’aime assez les parodies et particulièrement, celles qui s’inspirent d’une chanson de notre Tonton Georges, qui nous a tous élevé dans le monde de la poésie et de la chanson.

 

Au point, Marco Valdo M I. mon ami, je le sais, que ses chansons – comme à moi – te trottent souvent dans la tête.

 

Tu as parfaitement raison ; les chansons de Tonton Georges me trottent dans la tête, elles y font parfois la sarabande. Cela dit, on peut compter sur les doigts de la main ou peut-être des deux mains, ceux qui ont une chanson qui me tourneboule de pareille façon. Disons qu’il y a de fortes chances que tu les trouves rassemblés dans les Chansons contre la Guerre.

 

Comme ça, à première vue, si je devais les citer, je dirais, Marco Valdo M.I. mon ami : Barbara, Béranger, Brel, Boby (Lapointe), Esposito, Fanon, Ferrat, Ferré, Golmann, Léveillée, Ogeret, Tachan, Trenet. Il en est sans doute d’autres, mais…

 

Oui, il en est d’autres, Lucien l’âne mon ami, mais là n’est pas le sujet. Je voulais juste te présenter la parodie que je viens d’écrire et qui est née d’une de ces chansons qui trottent dans la tête. Elle m’est revenue en lisant les dernières nouvelles du monde et la dégoutation qui rient la planète face au Président infantile qui est à la tête d’un des grands pays de ce monde et qui est en train de faire un de ces gâchis à la taille de sa bêtise. Il n’est certes pas le seul, mais il fait très fort. Et voyant tout cela, je me disais : « Quand on est Trump, on est trump ». Voilà comment elle est venue ma chanson. Je l’ai griffonnée et la voici telle qu’elle est sortie de mon clavier. C’est juste une parodie, il ne faudrait pas la prendre pour ce qu’elle n’est pas. Elle sert juste à mettre en garde contre les délires d’un homme aux mains de qui on (Qui?) a confié une part de notre destin. Écoute-moi bien, Lucien l’âne mon ami. Tu aurais dit le tiers du quart des conneries qu’il dit chaque jour, on t’enfermerait vite fait aux fins de te soigner le mental.

 

Oh, dit Lucien l’âne, je le sais. Mais c’est ainsi dans la Guerre de Cent Mille Ans ; on y voit des bandes s’emparer du pouvoir ici ou là et s’y accrocher par tous les moyens. C’est une manière de faire de riches et de puissants qui veulent assouvir leur ambition, imposer leur domination, en tirer mille privilèges et de somptueux bénéfices. Le pire, c’est qu’on les laisse faire, qu’on trouve la chose normale… Nous, nous n’y pouvons pas grand-chose à part reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde ambitieux, arrogant, amer, absurde et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Quand il fut élu,
Qu’il est devenu
Président,
Tous les légalistes
Ont accepté ce turfiste
En grinçant.
Quand il est apparu
Qu’il n’était élu
Que par accident,
Tous les hommes de cœur
Ont dénoncé
Ce tricheur.
Moi, qui ne suis que de passage,
Je leur adresse à tous un message :

 

Le temps ne fait rien à l’affaire,
Quand on est Trump, on est trump.
Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père,
Quand on est Trump, on est trump.
Face au Trump, pas d’hésitation,
Trump escroc ou Trump président,
Petit Trump de la dernière élection,
Vieux Trump des affaires d’antan.

 

Vous, les Trumps naissants,
Les Trumps débutants,
Les jeunes Trumps,
Qui ne le niez pas
Marchez sur les pas
Du vieux Trump,
Vous, le Trump âgé,
Le Trump usagé,
L’ancien Trump
Qui, c’est évident
Joue au président
Comme un Trump,
Méditez l’impartial message
Que je vous adresse au passage :

 

Le temps ne fait rien à l’affaire,
Quand on est Trump, on est trump.
Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père,
Quand on est Trump, on est trump.
Face au Trump, pas d’hésitation,
Trump escroc ou Trump président,
Petit Trump de la dernière élection,
Vieux Trump des affaires d’antan.

 

Quand il déclenchera la guerre

Ce vieux pépère,

Ce pseudo-Président,

Tous les militaires
S’assiéront par terre
En pleurant.
Quand il tombera
Abattu par accident,
Dans le monde entier

Les gens vont respirer

Bien contents.

Moi, qui n’aime pas les carnages,
Je lui adresse ce message :

 

Le temps ne fait rien à l’affaire,
Quand on est Trump, on est trump.
Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père,
Quand on est Trump, on est trump.
Face au Trump, pas d’hésitation,
Trump escroc ou Trump président,
Petit Trump de la dernière élection,
Vieux Trump des affaires d’antan.

 

 
Quand on est trump
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Published by Marco Valdo M.I.
13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 17:31

UNE RÉELLE HISTOIRE ROYALE

Version française – UNE RÉELLE HISTOIRE ROYALE – Marco Valdo M.I. – 2017

d’après la version italienne anonyme UNA STORIA REALE

d’une chanson espagnole – Una historia real – Ardor Destómago – 2010

 

Transition de Franco à Juan Carlos 

 

Nous saluons ici Juan Carlos I de Bourbon, le roi élevé par Franco pour en faire son successeur et qui a dit aujourd’hui vouloir abdiquer et laisser la place à son fils.

 

Les trois membres du groupe punk espagnol « Ardor Destómago » se sont pris 900 Euros d’amende

pour « outrage à la couronne », alors même qu’il est difficile de nier la véracité des faits racontés dans la chanson, qui retrace la vie du monarque, depuis qu’à 18 ans, en un « mystérieux incident », il tua son frère. 

 

 

Dialogue maïeutique

 

 

Mon ami Lucien l’âne, je m’en vais, une fois encore, et en quelque sorte sur demande, nous informer – via une chanson venue de là-bas – de la Vie et des pompes de la monarchie des Bourbons, qui est – comme tu le sais sûrement – la démocratique descendance du Régent d’Ispagna, le « Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios ».

 

Houlala, dit Lucien l’âne en sautillant, quels cadavres va-t-on encore voir surgir des placards ibériques ? Je sens là comme une odeur de mort, de trahison, de menteries et de corruption. Est-ce que je me trompe ?

 

Pas vraiment, rétorque Marco Valdo M.I., ton flair est étonnant. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet (façon de parler), je vais devoir te faire une réflexion générale sur la vénérable institution monarchie en général (c’est d’ailleurs souvent le cas de le dire). La monarchie est ce type d’organisation d’un État, fortement hiérarchisé, où le pouvoir est incarné par une personne et une seule. Tu connais le grec aussi bien que quiconque et tu peux aisément décomposer le monarque en : monos : un, unique ; archos : pouvoir.

 

D’accord, reprend Lucien l’âne. Un seul au pouvoir ? C’est la définition de la dictature ; le monarque est un dictateur.

 

Exactement, sauf quand on le réduit à un rôle protocolaire, mais c’est une manœuvre risquée ; les débordements sont toujours possibles, répond Marco Valdo M.I. Donc, je reprends, le monarque est un dictateur, mais un dictateur sanctifié soit par un procédé magique ou religieux (ce qui est la même chose), soit par un procédé plus rationnel et vaguement démocratique (en finale, c’est du pareil au même, ou presque).

 

Pour ce que j’en sais, dit Lucien l’âne en souriant, le monarque est sacré et quand on le met en cause, quand on le prend à partie de façon nette et déterminée, on risque fort d’être accusé de « crime de lèse-majesté ». Ce qui empêche et punit par avance toute critique un tant soit peu sérieuse. C’est tout dire.

 

En effet, Lucien l’âne mon ami, le monarque dispose d’une immunité infinie, illimitée et éternelle. Comme le pape, mais sans le dire ouvertement, il est infaillible et il garde le pouvoir jusqu’à ce que mort s’ensuive. C’est pourquoi il faut les assassiner, ont pensé bien des gens dans l’Histoire. L’acte qui consiste à assassiner un monarque s’appelle un régicide. Concrètement, dans le réel, il s’agit d’un geste politique et souvent, louable à bien des égards.

 

Oh, dit Lucien l’âne toujours souriant, tout ça est bel et bon ; mais si tu parlais un peu de la chanson, tu m’en verrais ravi.

 

Un instant encore, Lucien l’âne mon ami, juste un instant encore pour te dire que, comme tu le sais, mais c’est encore mieux en le redisant : on est monarque de père en fils, de mère en fille, de mère en fils, de frère à sœur, d’oncle à neveu et même, parfois, c’est le cas ici, de famille adoptive.

 

Cependant, dit Lucien l’âne en riant, si je résume, le monarque génétique est fort prisé dans les hautes sphères de la société. J’ai entendu dire qu’il existe des monarques d’entreprise ou des monarques-présidents. En fait, comme le capitaine sur son navire, il convient d’être le seul maître à bord ; souvent, ils ajoutent, mais c’est pour la forme : seul maître, après Dieu. C’est de la foutaise destinée à abuser et à rallier les croyants et le plus curieux, c’est que ça marche.

 

Pour notre chanson qui relate des affaires royales de l’Hispanie, continue Marco Valdo M.I., la filiation est simple : Francisco Franco Bahamondo, général, usurpateur, traître, assassin de la République, dictateur s’était instauré « Régent d’Espagne », et bien des années plus tard, sentant venir sa fin, il décida sans témoin de céder le pouvoir à une sorte de fils adopté, un bâtard en quelque sorte : Jean-Charles Ier, alias Juan Carlos Ier, lequel a cédé à son fils fratricide Philippe (alias Felipe VII). Garde bien ça à l’esprit, car la chanson révèle leurs secrets cachés, leurs manœuvres sourdes et dévoile leurs crimes fondateurs et annonce sans doute, ceux qui vont venir encore. Quant à celui qui est visé par la chanson, il s’agit, tu l’auras deviné de Juan Carlos, le père de l’actuel figure de proue de l’Hispanie, dont l'avenir nous réserve probablement des surprises.

 

J’imagine, dit Lucien l’âne. Il a de l’hérédité. En attendant la suite, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde réactionnaire, conservateur, dictatorial, monarchiste et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Qui a tué son propre frère

Avec un pistolet chargé ?

Qui a tiré

Dans ces circonstances obscures ?

 

Qui fut désigné successeur

Par un détestable dictateur ?

Qui était l’Elefante Blanco ?

Qui était toujours de l’avis de Franco ?

 

Ce fils de pute, c’est le Roi !

Ce fils de pute, c’est le Roi !

Ce bâtard de Roi !

 

À qui banquiers et entrepreneurs 

Offrent des barcasses en bois ?

Qui est au-dessus de la loi

Et joue le jovial et l’enjôleur ?

 

Qui trafique des affaires scabreuses ?

Qui fréquente les maisons mafieuses ?

Qui a mal parlé du premier ministre démissionné

Face aux officiers rassemblés ?

 

Ce fils de pute, c’est le Roi !

Ce fils de pute, c’est le Roi !

Ce bâtard de Roi !

 

Qui fomenta le putsch de ces militaires armés

Pour les abandonner quand ça a mal tourné ?

Qui a fait un discours à la télévision

Comme guide de la Transition ?

 

Qui donc on protège comme ça

Avec les secrets d’État ?

Qui traîne des lèche-tout

Qui le suivent partout ?

 

Ce fils de pute, c’est le Roi !

Ce fils de pute, c’est le Roi !

Ce bâtard de Roi !

UNE RÉELLE HISTOIRE ROYALE
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Published by Marco Valdo M.I.
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 21:07

DIEU SAUVE LE ROI

 

Version française – DIEU SAUVE LE ROI – Marco Valdo M.I. – 2017

d’après la version italienne de Anonimo Toscano del XXI Secolo d’une

Chanson espagnole – Dios salve al rey – Los Muertos de Cristo – 2004

 

 

 

 

Felipe 4 

 

 

 

 

Après les chansons catalanes Jo vull ser rei et Agafant l'horitzóvoici Lucien l’âne mon ami, une chanson espagnole.

 

Ho, Marco Valdo M.I. mon ami, ne me parle pas des Espagnols, ces gens ont un premier ministre et un roi tellement peu crédibles, d’une insondable stupidité et bornés à souhait, leur brutalité coloniale n’a comme vertu que de prolonger l’agonie de leur nation.

Mais enfin, Lucien l’âne mon ami, cette chanson est espagnole et elle est l’œuvre de gens d’Espagne non suspects de collusion avec le régime (post-)franquiste, une chanson dont le titre rappelle l’hymne national britannique, qui comme tu le sais, selon les saisons s’intitule « God save the queen » ou « God save the king » ; évidemment, je le vois à ton œil rigolard, que se passera-t-il le jour où ils auront un roi ou une reine qui se déclarera transexuel(le) ? C’est une question de première importance, même si la réponse n’est pas urgente.

 

Au fait, Marco Valdo M.I. mon ami, tu as raison ; on ne sait jamais, ça pourrait arriver et à ce moment, il sera trop tard pour avoir le temps de réfléchir posément à la question. Dans ces matières, il vaut mieux s’y prendre longtemps à l’avance.

 

Bref, Lucien l’âne mon ami, cette chanson s’intitule tout à fait logiquement « Dios salve al rey » – « Dieu sauve le roi ». C’est une proposition optative, un pur souhait et inutile avec ça. À mon sens, un souhait lancé dans le vide, vu que celui à qui il s’adresse n’existe pas. Elle est d’ailleurs assez baignée d’acide ironique et vise très précisément Philippe, l’actuel roi d’Espagne  (alias Felipe 7; il y en a eu donc 6 avant lui) et son père, Jean Charles. Elle montre aussi le retour de la monarchie dans les caissons d’artillerie du franquisme.

 

En fait, les rois, c’est comme les ours et différents des jours… Je te vois tout ahuri, dit Lucien l’âne. Mais la solution de cette énigme est que les jours se suivent et ne se ressemblent pas ; au contraire des ours, car les ours se suivent et se ressemblent. Enfin, elle m’a bien l’air d’être un cauchemar, cette chanson, Marco Valdo M.I. mon ami. Du moins pour ce malheureux rêveur qui rêve chaque nuit que dieu sauve le roi.

 

Certes, Lucien l’âne mon ami, ce doit être éprouvant de chaque nuit subir un pareil sauvetage, alors qu’on souhaiterait plutôt que le rêve soit celui de la liberté, de la fraternité et de l’égalité. En somme, la meilleure chose qui pourrait arriver à ce rêve c’est qu’il n’ait rien à voir avec des rois, des reines et tous leurs soupirants. On imagine qu’un rêve soit au moins celui d’une république, d’un monde unifié, d’un monde où les riches et l’idée-même de richesse auraient disparu, seraient abolis pour le plus grand bien commun ; un monde où personne n’opprimerait personne, où chaque peuple ou nation ou région admettrait l’autonomie et la liberté des autres, un monde où nul n’aurait l’idée saugrenue d’une intangibilité, un monde où l’autorité s’inclinerait devant l’intelligence, où personne n’aurait le pas sur les autresBref, un monde bien différent du nôtre.

 

Oh, dit Lucien l’âne, c’est évidemment, vu d’ici et d’à présent, et surtout sur le territoire de l’Ibérie et pour les gens qui y vivent, un rêve extraordinaire et bienfaisant, mais en raison de l’attitude des colonisateurs, un rêve difficile à mettre en œuvre. Et pour ce qui nous concerne, il ne nous reste qu’à reprendre notre tâche et à tisser le linceul de ce vieux monde colonial, périmé, suranné, désuet et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 
 

 

Ici, je conte l’histoire, celle qu’impose le vainqueur,
Qui tient le peuple sous le joug de la terreur…
C’est une histoire très simple,
Faites attention quand même,
Celle où le roi descend des cieux
Envoyé par dieu.

 

Divin, intelligent,
Démocrate impénitent,
Avec sa jolie moto,
Il nous a vendu la transition,
Il ne travaille pas ni 
ne produit,
Par la 
grâce de dieu,
C’est la grâce qu’il nous fait,
À nous, le peuple travailleur.

 

Qu’elle est jolie la famille royale,
Et son discours de Noël m’enchante,
Je m’en vais tatouer cette majesté si séduisante,
Sur mon cul, sa tête et la bannière nationale,
Ainsi chaque fois que je vais chier, ça m’enchante
De voir chaque jour la famille royale, de la famille royale,
La famille royaaaale.

 

Et au nom de Franco, du fils et du Saint Esprit,
De Rome en Espagne, ce monarque est revenu au pays,
Régner sur un peuple souverain qui après quarante ans
De bastonnade, a su oublier l'histoire pourtant.

 

DIEU SAUVE LE ROI, DIEU SAUVE LE ROI
QU’
IL L’EMPORTE AU CIEL AVEC LE FRANQUISME
QUI L’
A MIS AU POUVOIR

 

Hier soir, j’ai fait un rêve et je ne pouvait pas me réveiller,
Sonnaient les trompettes du jugement dernier,
Dieu de sa voix profonde n'arrêtait pas d'appeler
Tous les chrétiens honorables et de bonne volonté,
Alors sont arrivés les banquiers et vinrent le militaire,
Et la famille royale tout entière.

 

La terre fut libérée de ce clan infernal,
Qui vit seulement de l'ignorance populaire,
Mais le rêve a cessé et j’ai retrouvé le réel,
Et quelle a été ma surprise au réveil,
De voir que le peuple devait payer encore,
Les frais du mariage du Quartet Royal.

 

Comme je suis bien éduqué, je veux donner,
Une branche de fleurs à sa divine majesté,
Pour qu’elle soit très heureuse dans l'éternité.
Que le dieu des cieux ne la fasse pas lanterner,
Car elle est belle la famille royale, et moi
Je rêve chaque nuit QUE ! Dieu sauve le roi !

 

DIEU SAUVE LE ROI, DIEU SAUVE LE ROI
QU’
IL L’EMPORTE AU CIEL AVEC LE FRANQUISME
QUI L’
A MIS AU POUVOIR

 

 

Telle est l’histoire, celle qu’impose le vainqueur,
Qui tient le peuple sous le joug de la terreur…

DIEU SAUVE LE ROI
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Published by Marco Valdo M.I.
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 11:40

DIALOGUE D’UN VENDEUR D’ALMANACHS ET 

 

D’UN BADAUD


À propos derécents événements de Catalagna

 

Version française par Marco Valdo M.I. de :

DIALOGO DI UN VENDITORE DI ALMANACHS E DI UN BADAUD
A proposito de’ recenti avvenimenti di Catalagna

par un Anonimo Toscano del XIX secolo

 

 

 

 

 


 

 

Venditore – Almanachs, almanachs nuovi ; gazzette d’oggi. Bisognano, signore, almanachs o gazzette?

 

Vendeur – Almanachs, almanachs nouveaux ; gazettes d’aujourd’hui. Pour vous, monsieur, almanachs ou gazettes ?

 

Badaud –Vous avez les gazettes d’aujourd’hui même ?

 

Vendeur – Oui monsieur  ; voici la Petite Gazette des Venises, le Moniteur de Forlimpopoli, le Courrier de Lucques

 

Badaud – Et, dites-moi, ces gazettes et ces courriers donnent les dernières nouvelles à propos de la Catalagna… ?

 

Vendeur – Certes oui, monsieur, et avec beaucoup de détails. Elles contiennent les déclarations de Sa Majesté le roi d’Ispagna, de ses ministres, les grands défilés de foules à Barcelone et les transcriptions des assemblées du Parlement de Catalagna.

 

Badaud – Et ils contiennent également les résultats du plébiscite pour l’indépendance… ?

 

Vendeur – Monsieur, évidemment.

 

Badaud – Vous croyez vraiment que l’indépendance de la Catalagna se fera… ?

 

Vendeur – Monsieur, moi, je suis un personne peu instruite… vous me demandez mon avis sur des événements d’une si grande importance dans une région si lointaine… ?

 

Badaud – Oui, et votre opinion m’intéresse  ; d’autre part, à vous autres qui vendez les gazettes, ne vous arrive-t-il jamais d’en lire l’une ou l’autre… ?

 

Vendeur – À dire vrai, je le fais volontiers, et ça me plaît de me tenir au courant des choses.

 

Badaud – Fort bienvous vous êtes donc formé une opinion.

 

Vendeur – Elle est assez vague, monsieur ; mais, à mon avis, une région ne peut pas se détacher facilement d’un royaume ancien, puissant et illustre comme celui d’Ispagna. Ce sont là des fantasmes brumeux.

 

 
 

Badaud – Croyez-vous donc que le peuple de la Catalagna ne puisse pas avoir le désir, et même le droit, de réclamer son indépendance vis-à-vis d’un ancien et illustre royaume ? Pensez à notre Patrie, à l’Italie, et à ses efforts pour que tant de terres se détachent de l’Empire autrichien… Vous croyez que c’était à bon droit ?

 

Vendeur – En vérité oui, mon bon monsieur. Je suis bon patriote et je me suis battu pour l’Italie à Curtatone et Montanara.

 

Badaud – Et comment pouvez-vous alors soutenir que le peuple de Catalagna n’ait pas le même droit ? Chez nous aussi, c’était un fantasme ?

 

Vendeur – Oh noncertainement pas ! Mais nous autres, mon bon monsieur, nous sommes bien différents des Boches, des Slaves et des barbares de Hongrie. Les Catalans sont des Espagnols comme ceux de Madrid, de Tolède et de Séville…

 

Badaud – Ignorez-vous donc que la Catalagna possède son idiome divergé de l’espagnol, et que les Espagnols ne connaissent pas, ni sa littérature, ni sa culture ? Ignorez-vous que la Catalagna fut longtemps souveraine, et qu’elle fait partie de l’Ispagna seulement depuis lonze septembre de l’an mil et sept cent quatorze… ?

 

Vendeur – Ohlala, mon bon monsieur, je l’ignorais. Les gazettes, savez-vous, écrivent qu’ils sont tous Espagnols. Avec çaje ne comprends pas pourquoi elle devrait se détacher d’un royaume si sublime qui lui donna renommée et richesse.

 

Badaud – Il donna la richesse, mais il l’a surtout prise ; et les gazettes rapporteront certainement les menaces que les Bourbons d’Espagne ont proféré à la Catalagna, ruiner ses commerces, les échanges et sa réputation alors que les nations d’Europe se sont rassemblées dans un marché commun.

 

Vendeur – Elles en parlent, et je crois que le roi d’Ispagna n’a pas tort. Et j’ajoute qu’un grand nombre de Catalans désirent continuer à faire partie de l’Ispagna…

 

Badaud – C’est vrai aussi ; comme vous savezà cet égard, le peuple de Catalagna avait été appelé à un référendumafin qu’il s’exprime, mais le roi d’Ispagna et le premier ministre don Mariano l’empêchèrent, en envoyant la troupe écraser cette consultation, en l’attaquant et en l’interdisant.

 

Vendeur – Ce ne fut pas bien fait.

 

Badaud – Donc, vous êtes aussi d’accord à propos de ce qu’on devait faire.

 

Vendeur – On devait faire, mais avec tout ceci je crois qu’on ne peut attaquer l’unité de l’Ispagna, mon bon monsieur. Elle existe depuis des siècles. Les royaumes et les États ne se font et défont pas à loisir.

 

Badaud – Cependant dans l’histoire, combien d’Étatsde royaumes et aussi des empires se sont faits et défaits. Pensez à l’Empire romain. Il était beaucoup plus puissant que le royaume d’Ispagna, ne croyez-vous pas ? Ou pour venir plus près de nous dans le temps, pensez au démembrement du royaume de Croatie, de Serbie et de Slovénie, qui entraîna tant de ruines et de deuils, il y a quelques années…

 

Vendeur – Mais ce royaume vivait sous une dure tyrannie. L’Ispagna est un royaume où le peuple a la parole.

 

Badaud – LEspagne est restée longtemps sous une pareille et dure tyrannie sous la férule du dictateur don Francisco Franco et Bacamondi, qui se rebella il y a quatre-vingts ans et mena avec des Maures une horrible guerre intestine ; ensuite, il opprima pendant quarante ans son peuple, et encore plus durement, les Catalans et les Basques.

 

Vendeur – Mais don Francisco obéissait au roi et à la Sainte Religion ; dans le royaume des Slaves c’étaient desans Dieu.

 

Badaud – Et croyez-vous donc aussi que les Catalans sont des sans Dieu ?

 

Vendeur – Pour ce que j’en sais, je croirais volontiers que ce sont des malfaiteurs qui proclameront l’abolition de la Foi, détruiront et pilleront les temples et arriveront à renverser tout le système.

 

Badaud – Les Catalans sont des têtes chaudes, c’est aussi vrai. Nonobstant cela, ne croyez-vous pas qu’ils auraient le droit de se gouverner tous seuls s’ils le désirent ?

 

Vendeur – Il se pourrait que oui, mon bon monsieur ; pourtant leurs pensées et leurs actions ne me convainquent pas. Mieux vaut faire partie d’une Ispagna puissante et forte, que se réduire à un petit royaume de peu d’importance, ou – Dieu nous en préserve – à une république.

 

Badaud – Savez-vous que même notre grand héros, Giuseppe Garibaldi, était partisan d’une république.

 

Vendeur – Oui, mais ensuite, il obéit aux souverains savoyards et il fit bien.

 

Badaud – Comment vous voyez donc l’avenir de la Catalagna ?

 

Vendeur – Ils iront de l’avant, mais ils seront durement écrasés et punis leur avenir est celui-. Il ne me rend pas heureux, mais je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

 

Badaud – Malheureusement, ici je dois me déclarer d’accord avec vous. Les référendums sont justes, mais si un peuple désire s’éloigner d’un royaume dont il ne se ressent pas comme une partie, la seule action à entreprendre est la formation d’une armée du peuple guidée par de bons généraux et par des officiers qui sachent affronter victorieusement les forces de l’oppresseur.

 

 
 

Vendeur – On verrait ainsi s’ils désirent vraiment l’indépendance, ou si ce sont seulement propos et bavardages de quelque agitateur. Il n’y a pas d’autre voie ; les référendums et les illusions se ressemblent comme des frères jumeaux.

 

Badaud – C’est ainsi. Et rappelez-vous que toutes les autorités de ce monde – royaumesempires et républiques, ont toujours un début, mais aussi une fin.

 

Vendeur – Et il est possible que, dans un lointain avenir, la Catalagna pourrait désirer se réunir à nouveau à l’Ispagna.

 

Badaud – À l’Ispagna, à la France ou au Monde de la Lune. Qui peut savoir, monsieur. Entre temps, c’est à voir ; chanceusement, chez nous, de tels périls n’existent pas. L’Italie est une et indivisible.

 

Vendeur – Jle pense moi aussi ; au fond, ce sont des histoires de pays lointains.

Badaud – Très lointains et perdus. Dites-moi, vous vendez également le Starnazzatore della Padania (L’Échotier de la Padanie) ?

 

Vendeur – Désolé de vous décevoir, mon bon monsieur, mais cette feuille cessé d’être publiée il y a déjà quelque temps.

 

Badaud – Je l’ignorais.

 

Vendeur – Je peux vous donner, si vous le désirez, un exemplaire de la Gazette du Loisir avec les dernières et intéressantes nouvelles des tournois de paume, de tambourin et de lutte.

 

Badaud – Je me demandais justement si notre équipe s’était qualifiée pour le tournoi mondial de paume qui doit avoir lieu dans l’Empire russe, royaume institué par Dieu et qui n’aura jamais de fin. Donnez-moi alors un exemplaire de la Gazette du Loisir.

Vendeur – Le voici, monsieur ; il vous en coûte une maille et un félin. Merci très illustre sire, et à vous revoir. Almanachs, almanachs nouveaux  ; gazettes d’aujourd’hui !

 

 

 

Note. Ce petit dialogue, ou œuvrette morale, fut écrit par un de mes lointains parents dans la seconde moitié du XIX siècle  ; selon la tradition ancestrale de notre lignée, il était lui aussi rigoureusement anonyme. J’ai retrouvé ce document parmi les vestiges de famille et j’ai pensé que, dans ces circonstances, il pouvait être de quelque utilité à lire à propos des événements de la Catalogne (alors dite « Catalagna ») de ce temps, et de la manière dont les contemporains s’exprimaient à ce sujet. – L’Anonyme Toscan du XXI Siècle

À PROPOS DES ÉVÉNEMENTS RÉCENTS EN CATALAGNA
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Published by Marco Valdo M.I.
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 09:34

LES PAUVRES N’ONT PAS DE PATRIE

 

 

 

Version française – LES PAUVRES N’ONT PAS DE PATRIE – Marco Valdo M.I. – 2017

d’après la version italienne « I POVERI NON HANNO PATRIA » de Kiocciolina – 2008

Chanson espagnole – Los pobres no tienen patria – Los Muertos de Cristo – 1999

 

 

 

 

 

 

Mon ami Lucien l’âne, voici une chanson au titre très lourd de signification qu’il s’agit de bien interpréter. C’est d’ailleurs ce que fait la chanson. Elle s’intitule « Les Pauvres n’ont pas de Patrie » et c’est tout à fait exact. Les pauvres vivent toujours dans la patrie des riches et cela se comprend dès qu’on élucide le sens de ce mot étrange de « patrie », c’est-à-dire « domaine du père » et là, on découvre de quoi il est exactement question. Car, si les pauvres n’ont pas de patrie, c’est tout simplement que pour avoir une patrie, encore faut-il que le père eût un domaine, une propriété foncière, un fief, une terre qu’il domine, possède et entend bien conserver (et même étendre) au besoin par la force. Et comme on le devine, les seuls qui possèdent, conservent et veulent étendre leurs possessions, ce sont les riches. Dès lors, les seuls à avoir une patrie sont les riches ; pour les pauvres, il n’y a pas de patrie ou alors, c’est la patrie des autres, celle des riches.

 

Alors, dit Lucien l’âne, on en revient à la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour conquérir, tenir, maintenir, étendre, développer leur domination et leurs biens (les pauvres n’ont pas de biens, ils n’ont que des maux). Les paléontologues datent la chose d’environ dix mille ans ; ils disent que c’est en ces temps-là que sont apparus la propriété, les chefs et les dieux. Raisons pour lesquelles nous les ânes nous nous revendiquons sans patrie et cela va de soi, athées. Quoi qu’il en soit, Marco Valdo M.I. mon ami, il nous faut poursuivre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde propriétaire, hiérarchisé, religieux, nationaliste, patriotique et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Après des siècles et des siècles de haine et de persécution,
La lutte brise le cœur blessé
Des hommes et des femmes qui doivent émigrer,
Âmes 
en peine, qui cherchent une maison.

 

Étrangers à la terre,
Ils travaillent de l’aube au crépuscule,
Esclaves d’un paradis merveilleux,
Aussi illusoire que Dieu.

 

La misère étouffe,
La faim tue,
Où qu’ils fuient,
Les pauvres n’ont pas patrie.

 

Et les guerres, qui doit les nourrir?
Et qui va 
dans les tombes ?
Ce sont pas les riches,
Ceux pour qui il nous faut mourir.

 

Je ne crois pas aux bannières
Qui défendent la nation,
Je ne crois pas 
aux frontières
Qui divisent la raison.

 

Je veux être libre
Comme les vagues,
Mêler mon sang rouge
À celui de tous les autres.

 

La misère étouffe,
La faim tue,
Où qu’ils fuient,
Les pauvres n’ont pas patrie.

 

 
LES PAUVRES N'ONT PAS DE PATRIE
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 19:30

Aragon et Castille

 

Chanson française – Aragon et Castille – Boby Lapointe – 1954

 

 

 

 

 

Depuis quelques jours, Lucien l’âne mon ami, tu auras sans doute remarqué comme bien des gens que l’Espagne s’est elle-même mise à l’avant-plan de l’actualité. En vérité, elle a frappé de stupeur l’Europe entière et peut-être même qu’elle a enclenché un processus dont elle ne mesure pas les conséquences. En se drapant dans la bannière nationaliste, elle s’est engluée dans un déshonneur aux relents franquistes, qui se répandent partout à travers le monde. On les sent jusqu’ici et c’est assez nauséeux. On ne sait qui en répandra le plus du roi ou du Rajoy.

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, comme cette Espagne-là est détestable et comme on comprend ceux qui veulent s’en débarrasser. En somme, comme on comprend les Catalans, les Aragons, les Basques, les Andalous, les Asturiens, les Galiciens, les Valenciens…

 

À ce propos, Lucien l’âne mon ami, le centre névralgique de cette Espagne-là, si peu recommandable et qui fait honte à l’Europe, est principalement et historiquement la Castille. Pour illustrer cette situation, je me suis souvenu d’une chanson, une jolie et amusante chanson de Boby Lapointe, originaire de Pézenas en Occitanie, si proche du pays catalan. Une chanson, qui comme bien des autres, peut – et ici, doit – se lire au second degré :

 

« Mais la Castille, ça n’est pas l’Aragon !
Ah mais non !
Et l’Aragon, ça n’est pas la Castille !
Et la fille
S’est passée de glaces au citron
Avec vanille
Et le garçon n’a rien vendu,
Tout a fondu.
Dans un commerce, c’est moche quand le fond

Fond ! »

 

Eh bien, Marco Valdo M.I. mon ami, je pense que c’est ce qui pourrait arriver de mieux. Que le fond fonde, en quelque sorte ; que le fond dictatorial espagnol aux arrières goûts coloniaux, ce fond fonde et que la glace en fondant mette fin à l’ère glaciaire qui teint ce pays depuis si longtemps.

 

Tu as raison, Lucien l’âne mon ami. À propos de colonisation espagnole, il ne faudrait pas oublier que les premières colonies des Castillans, autrement dit des rois d’Espagne, ce furent les Andalous, les Galiciens, les Basques, les Catalans… bien avant le Sahara et les Amériques.

 

Justement, dit Lucien l’âne, il est grand temps que ce fond fonde, que la décolonisation advienne – si possible pacifiquement, car une décolonisation par la force, ça fait du dégât et nous tout ce qu’on peut y faire, c’est de poursuivre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde dictatorial, autoritaire, colonial et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Au pays d’Aragon,
Il y avait une fille
Qui aimait les glaces au citron
Et vanille.
Au pays de Castille,
Il y avait un garçon
Qui vendait des glaces vanille
Et citron.

Moi j’aime mieux les glaces au chocolat,
Poil au bras !
Mais chez mon pâtissier, il n’y en a plus
C’est vendu !
C’est pourquoi je n’en ai pas pris,
Tant pis pour lui !
Et j’ai mangé pour tout dessert
Du camembert.
Le camembert, c’est bon quand c’est bien fait.
Vive l’amour !
À ce propos, revenons à nos moutons !

Vendre des glaces, c’est un très bon métier,
Poil aux pieds !
C’est beaucoup mieux que marchand de mouron,
Patapon !
Marchand de mouron, c’est pas marrant !
J’ai un parent
Qui en vendait pour les oiseaux,
Mais les oiseaux
N’en achetaient pas, ils préféraient le crottin de mouton.
À ce propos, revenons à nos agneaux !

 

Au pays d’Aragon,
Il y avait une fille
Qui aimait les glaces au citron
Et vanille.
Au pays de Castille,
Il y avait un garçon
Qui vendait des glaces vanille
Et citron.

Mais la Castille, ça n’est pas l’Aragon !
Ah mais non !
Et l’Aragon, ça n’est pas la Castille !
Et la fille
S’est passée de glaces au citron
Avec vanille
Et le garçon n’a rien vendu,
Tout a fondu.
Dans un commerce, c’est moche quand le fond

Fond !
Poil aux pieds !


À propos de pieds, chantons jusqu’à demain :

 

Au pays d’Aragon,
Il y avait une fille
Qui aimait les glaces au citron
Et vanille.
Au pays de Castille
Il y avait un garçon
Qui vendait des glaces vanille
Et citron.

 

 
Aragon et Castille
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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 13:39

ÊTRE ROI

 

 

Version française – ÊTRE ROI – Marco Valdo M.I. – 2017

d’après la version italienne VOGLIO ESSERE RE de l’ Anonimo Toscano del XXI Secolo

d’une

Chanson catalane – Jo vull ser rei – Els Pets – 1994

 

 

 

 

 

 

 

Une chansonnette amusante et ironique sur les droits sacrés des dynasties, écrite en 1994 (in tempore non suspecto) par le groupe catalan « Els Pets », littéralement : « Les Pets » (ou les prouts). À l’époque, Juan Carlos 1er (Juan Carlos Alfonso Víctor María de Borbón y Borbón-Dos Sicilias) était encore roi d’Espagne ( je n’ai jamais compris pourquoi la reine ou le roi d’Angleterre doivent s’appeler« Elisabetta » ou « Carlo » en italien, et celui d’Espagne ne pourrait pas être Giancarlo – en français : Jean-Charles, d’autant plus qu’il est né à Rome, viale dei Parioli 122 – c’est même un « pariolino » ( nom donné aux habitants de ce quartier assez snob ; dans les campagnes, on dirait « un de la ville » !). Jean-Charles Premier avait été mis sur le trône par Francisco Franco ; ensuite on a dit qu’« il avait facilité le passage à la démocratie ».

 

Cependant, Els Pets se demandent, comment est-ce possible, putain, je ne pourrais jamais être roi ? Jamais voté ou élu ? C’est ce que se demandait peut-être lui aussi dans cette circonstance, le successeur de Jean-Charles, un certain Philippe, un beau fieu et affectueux papa de roitelets qui un jour lui succéderont lorsque il donnera sa démission (en jargon, on dit abdiquer, ndr) ou tirera sa révérence, qui est obstinément absolument contre un vote libre et qui n’a même pas dit un mot sur les façons avec lesquelles on a cherché à l’empêcher, bien soutenu par le gouvernement, les partis (même celui « socialiste » !), les militaires et une improbable Union Européenne, qui pourtant, dernièrement, a dû subir la défection d’une ancienne monarchie. La motivation fournie par le roi Philippe est éclairante : « L’économie sera sur les genoux ». Autant dire : Vive les sacrées et indivisibles frontières de la Patrie !

 

Dans la lointaine 1994, cependant, des garçons musiqueux se demandaient, avec un peu de désappointement ironique, pourquoi ils ne pouvaient pas aspirer à être rois, avoir la moto déjà pétaradante au pied de la maison, pouvoir voyager et aller faire du ski en Suisse. Qui voudraient la République ? Peut-être. Entre temps, ici, on voit des images historiques du roi Jean-Charles, qui, bien qu’ayant abdiqué jouit toujours d’une enviable santé (à 79 ans) et remporte même des trophées internationaux en voilier. Le voilier doit être une affaire de roi ; Constantin de Grèce (encore une fois : pourquoi pas Konstandinos ?), par exemple, en était un champion et célèbre, il remporta même la médaille d’or aux Olympiades de Rome de 1960 ; quelques années après, par contre, il gagna un exil doré après avoir mal fait ses calculs à l’occasion d’un coup d’état fasciste (qui, d’autre part, instaura la république ; c’est dire qu’il n’y a jamais rien de parfait dans ce monde).

 

Pour ce qui me concerne moi personnellement en personne, encore tout gamin je tentai, à l’Elbe, de mettre pied sur un petit bateau à voile de classe « Laser », avec des résultats désastreux. Ensuite je m’essayai au windsurf, en me renversant catastrophiquement et en frappant de plein fouet un pauvre oursin qui termina son existence en me plantant vingt-six mille aiguillons dans un pied. Cela prouve que ni moi, ni les Pets catalans ne nous pourrons jamais être rois. Cependant, il me plaît terminer avec les mots d’un sujet d’une monarchie, défini comme « un barbare ne manquant pas de talent », écrits il y a quelque temps pour une de ses pièces. Il s’appelait Guglielmo (je ne vois pas pourquoi l’appeler « William »).


« Oh gentilhommes, le temps de la vie est bref !
Passer cette brièveté dans la bassesse
Serait chose trop longue.
Si nous vivons, c’est pour marcher sur la tête des Rois. » 
[At-XXI]

 

 

 

Dialogue Maïeutique

 

 

Tu vois, Lucien l’âne mon ami, notre ami l’Athée du XXIième siècle est de retour. Saluons-le.

 

Oh, oui, Marco Valdo M.I. mon ami, il convient de toujours saluer les athées, car ce sont des amis, surtout pour nous les ânes qui ne croyons ni à Dieu(x), ni à diable(s) ; ni aux barbus, ni aux cornus. Je le salue donc. Et j’en profite pour lui signaler cet autre marin de plaisance qu’était Guillaume, alias Wilhelm, alias Friedrich Wilhelm Viktor Albrecht von Hohenzollern, tellement passionné de régates du côté de Kielqu’il se fit faire une marine complète avec croiseurs et sous-marins ; les choses se sont mal terminées pour lui aussi et pire encore évidemment pour les populations qui le chérissaient tellement – croyait-il. Là aussi, il y eut des surprises.

 

Tout cela est exact, Lucien l’âne mon ami, mais il me faut en venir à la canzone et d'abord et avant tout, rappeler que c’est une chanson catalane et qu’avec le recul (elle date de 1994 et nous sommes en 2017), elle éclaire d’une singulière lueur les événements qui se déroulent actuellement. Une petite remarque pour attirer ton attention sur le fait que j’ai laissé de côté la référence directe à Porcel, plus exactement Baltasar Porcel le Pujol (1937-2009), important écrivain, essayiste, dramaturge et journaliste majorcain, qui écrivit tant en castillan qu’en catalan. Il fut très lié à Jean-Charles de Bourbon et que je lui ai préféré le nom de « plume », nettement plus général, lequel englobe tous les scribes, écrivassiers, journaleux à la solde du pouvoir. Au passage, on aurait ainsi une interprétation un peu hérétique de l’adage « La plume est serve, mais la parole est libre », que interpréterais et que j’utiliserais de la façon suivante : les plumitifs (gens à la solde du pouvoir central et en ce cas, royal) sont à la botte, mais la parole de la rue est libre. Autre façon d’éclairer les événements. Pour le reste, je te laisse découvrir le texte de cette chanson où la fonction et la personne royales sont plongées dans un bain d’acide ironique.

 

Oh, dit Lucien l’âne en riant de toutes ses dents, c’est une vision très populaire, mais les puissants ne l’entendent pas de cette oreille. Ils n’aiment pas les caricatures ; c’est contraire à leur nature révérencieuse et protocolaire et pour tout dire, imbue d’elle-même plus que raison. Les riches et les puissants détestent qu’on se moque de leurs petits travers et de leurs gros ridicules (grosses bagnoles, costumes d’apparence, démarches guindées, langues ampoulées, cous amidonnés), car – et ils ont raison – ils soupçonnent qu’on met ainsi en cause leur importance. En fait, elle est égale à toutes les autres, c’est-à-dire nulle ou infinie. Ce qui les gêne, c’est surtout qu’elle soit égale. C’est l’égalité qu’ils veulent exclure de la légalité. Quant à nous, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce monde riche, trop riche, inégal, insensé, raide, gonflé de son importance et cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Je veux être roi !
Être, bordel, chef de l’État !
Avoir tout pour moi

 

Parce que je suis le fils à papa ;
Faire tout à ma mode
Sans être jamais élu, jamais candidat ;
Avoir toujours prête
Ma moto en bas de chez moi.

 

Très gêné d’être entouré 
D’une bande de lèche-bottes
Qui suent l’infaillibilité
Tel un dictateur, tel un cacique.

 

Me faire une petite baise
Avec la certitude 
Que l’enfant ainsi né
Aura son avenir bien assuré.
Avoir 
une plume
Qui me défende
Ome fassdes discours
Que tous applaudissent toujours.

 

Très gêné d’être entouré 
D’une bande de lèche-bottes
Qui suent l’infaillibilité
Tel un dictateur, tel un cacique.

 

S’il est certain qu’on est égaux devant la loi,
Pourquoi, bordel, je ne pourrais jamais être roi,
Être roi,
Être roi ?

 

Réclamer
Contre qui m’a mis ici
À ne parler
Que l’espagnol et puis,
Beaucoup voyager
Tant officiellement que pour mon plaisir
Qui est, comme on sait,
De skier en Suisse à loisir.

 

Très gêné d’être entouré 
D’une bande de lèche-bottes
Qui suent l’infaillibilité
Tel un dictateur, tel un cacique.

 

S’il est certain qu’on est égaux devant la loi,
Pourquoi, bordel, je ne pourrais jamais être roi,
Être roi,
Être roi ?

 

ÊTRE ROI
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Published by Marco Valdo M.I.

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