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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 14:11

LES PAUVRES

 

Version française - LES PAUVRES – Marco Valdo M.I. – 2010

d'après la traduction en italien d'une chanson sicilienne « Li Scarsi » de Pino Veneziano (1975)

 

 

J'ai ici avec moi dans ma maison de campagne Pino Veneziano, chanteur. Il vient de terminer de chanter un groupe de chansons gravées sur un disque qui sortira bientôt. Son succès sera certain car Pino à la puissance de la voix ajoute la force dramatique. Les textes sont de lui, les musiques aussi. Un chantauteur, qui fait de la politique et la sublime par la poésie. Son discours est simple, populaire et convainquant. Il réussit à se faire comprendre des paysans pauvres en majorité analphabètes ou semi-analphabètes. Ses arguments sont la vérité, cantate d'un du peuple pour un du peuple, sans mécompréhensions. Les patrons ne sont pas nécessaires, les guerres non plus; les maisons sont nécessaires, car un lapin sans terrier, un oiseau sans nid, sont comme des poissons sans mer, dit-il.

Quand il était enfant, il a à présent quarante ans, Pino était gardien de chèvres, de vaches; il dormait dans la campagne; il fréquenta l'école primaire. Il a toujours été pauvre, pauvre encore aujourd'hui, mais riche de poésie et d'amour pour les humains qui souffraient. Un homme du peuple, qui fait de la culture. Un homme du peuple qui chante la justice et la liberté et les verse dans les cœurs avec sa voix.

 

Moi, si j'étais enfant, je lui porterais sa guitare; je le suivrais partout; je l'écouterais chanter sur les places. Je verrais les paysans pauvres s'émouvoir, s'enthousiasmer et lui, en chantant, leur donner l'espoir. L'espoir que moi, lui, tous les travailleurs avons pour l'aube de demain, pas pour plus tard.

(Ignazio Buttitta, de l'introduction du disque).

 

Étrange titre, dis-tu, mon ami Lucien l'âne, toi qui n'es ni riche, ni pauvre et qui cours le monde comme le vent. Évidemment, « Les Pauvres », un titre pareil, ça claque comme le drapeau de la révolte. Mais tu as bien raison, comme ils disent maintenant « ça ne la fait pas ! »... Elle ne plaît pas aux télévisions... surtout quand une pareille chanson est faite du côté des pauvres et qu'elle dit une vérité vengeresse.

 

Oui, mais, c'est çà qui est bien, dit Lucien l'âne.

 

Question de point de vue, mon cher ami Lucien l'âne. Notre bonne société – à la rigueur – tolèrerait et apprécierait du bout des lèvres ou en compatissant grandement, le premier couplet; elles se désoleraient même les bonnes âmes. Mais la suite... Alors là, non ! Dans ce monde des hommes, dominé par les riches, vois-tu Lucien, la vérité s'arrête là où elle dévoile les privilèges, là où elle commence à mettre en cause le système, là où elle devient une vérité appliquée, un peu comme une science appliquée qui serait libératrice des exploitations. La comparaison est d'ailleurs pertinente. Je m'explique: par exemple, la science appliquée invente une machine qui fait à la place d'hommes certains travaux pénibles, lourds, fastidieux... À ce stade, on peut considérer qu'elle libère l'homme de ces tâches pénibles... la science est bonne fille. Mais les riches immédiatement en profitent pour éliminer l'homme, pour se débarrasser de ces coûteux travailleurs et détourner l'invention scientifique de son but libérateur. Selon leurs habitudes, ils accaparent le bien humain à des fins de profit privé. Il en va de même pour la chanson, les chanteurs, les musiciens, les artistes ... qui souvent sont récupérés à des fins strictement lucratives. C'est évidemment une honte, mais pour les riches, toute honte bue remplit les poches et c'est là l'essentiel.

 

Si je comprends bien, dit Lucien l'âne en dressant ses oreilles en points d'exclamation, la Guerre de Cent Mille Ans se passe aussi dans le monde de la chanson... Et que chaque chanson serait ainsi un moment, un épisode de cette guerre que les riches font aux pauvres pour les voler, les exploiter, les dominer... Et que donc, les chansons « qui ne plaisent pas aux riches » seraient des moments, des actes, des épisodes de cette lutte immémoriale. En somme, si je comprends bien, on peut aussi à coups de chansons tisser le linceul de ce vieux monde assez répugnant et cacochyme. Alors, faisons-le...

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Ceux qui meurent tués dans les usines

Ceux qui meurent écrasés sous les maisons

Ceux qui meurent malades dans les hôpitaux

C'est toujours nous, les pauvres.

 

Ceux qui sont entassés dans les baraques

Ce cimetière des morts-vivants,

Où les enfants sont mangés

Par les rats comme s'ils étaient des déchets.

A-t-on jamais vu une femme riche en deuil

Car son mari est mort au travail ?

Cela arrive seulement à nous les pauvres

Chez qui le mari est tout pour la maisonnée..


Il ne leur arrive jamais un malheur

Ils semblent les amis du Père Éternel,

Si nous voulons cette grâce,

Nous devons prendre le pouvoir.

Mettons fin à cette farce,

Ils vivent dans le luxe depuis trop longtemps.

Unissons-nous tous et sans peur

Présentons-leur le compte.

 

C''est une maladie qui ne pardonne pas,

Qui vient infecter les richards,

Ils se soignent, espèrent qu'elle passe

Mais la maladie rouge est mortelle.

Ils doivent mourir ces loups affamés,

Suceurs de sang comme les vampires,

Seulement quand nous nous en libèrerons,

Le soleil brillera pour nous.


Rouge est le sang

Rouge est le soleil

Rouges sont les fleurs

Rouges, nous sommes, nous les pauvres.

Mais alors qu'est-ce qui est noir ?

C'est seulement la merde.

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Marco Valdo M.I.
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