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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:20

N'Y CROIS PAS

 

Version française – N'Y CROIS PAS – Marco Valdo M.I. – 3013

Chanson italienne – Non crederci – Anton Virgilio Savona – 1969]

Texte d'Anton Virgilio Savona

Dédiée aux jeunes (même aux plus âgés qui exagèrent)

 

Ils te disent
Que tu te trompes totalement
N'y crois pas.

Ils ne se rappellent pas
Combien ils se sont déjà trompé
Jeunes.

Et tu prendras
La route de la vie
Et tu prendras
La route de l'amour
Et tu n'écouteras pas
Leurs mots vides.

Elles te disent
Que ta voix ne compte pas
N'y crois pas


Ils n'ont peut-être plus
La force de crier
Ils renoncent.

Mais toi qui le peux
Ne t'arrête jamais,
Mais toi qui le peux
Poursuis ton chemin
Jusqu'à ce que tu trouves
Un monde meilleur.

Ils te disent
Qu'il n'y a qu'une route seule
N'y crois pas.

Peut-être le disent-ils
Car ils ont déjà oublié
leurs larmes.

Et tu demanderas
Pourquoi tu dois tirer,
Et tu demanderas
Pourquoi tu dois frapper…
Et ils ne sauront
Que dire
.

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:18

MORT SUR LE PAVÉ





Version française – MORT SUR LE PAVÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Morte sul selciato – Anton Virgilio Savona– 1969

 

 

Encore une chanson sur la violence raciste.

 

 

 

C'est étrange, Marco Valdo M.I., mon ami, mais j'ai l'impression d'avoir déjà vu ce titre-là ou alors, un titre fort proche... N'était-ce pas une de tes canzones ?

 

 

Quelle mémoire  ! Quelle mémoire, tu as, Lucien l'âne mon ami. Il y a effectivement une sorte de coïncidence de titre avec une canzone que j'ai écrite... Une de ces canzones que j'avais nommées lévianes du fait qu'elle provenait directement d'un récit de Carlo Levi. En l'occurrence, cette chanson – du reste, une chanson en deux langues : italien et français, alternés – portait le titre de Morto sul selciato [[7731]]. Mais à part cette similarité de titres – et plus encore en français où Morto et Morte se traduisent tout simplement par  : Mort et de scène : les deux corps sur le pavé... elles ne racontent pas du tout la même histoire ; elles n'ont pas la même signification. Alors là, pas du tout...

 

 

J'imagine bien que c'est ainsi. D'ailleurs, je me souviens de cette séquence, au reste quasiment cinématographique – sur une des places de Florence durant la guerre et de l'élimination silencieuse et discrète d'un traître, d'un dénonciateur, d'un collaborateur. Bref, une scène de résistance... En direct. L'illustration en quelque sorte de la devise : Ora e sempre : Resistenza !

 

 

Dans la canzone léviane, comme tu le dis, il s'agit d'un acte de résistance face au fascisme et au nazisme... On liquide l'oppresseur ou un de ses collaborateurs. Dans celle que je viens de traduire, dans cette canzone d'Anton Virgilio Savona, la personne qui est tuée est l'opprimé ; il est tué en raison de la couleur de sa peau... Comme si cela pouvait avoir du sens... pour un être sensé. Il s'agit-là d'un acte cruel, crapuleux, criminel et absurde. L'une, la canzone léviane, raconte un acte de justice ; l’autre, celle de Savona, une barbarie, une injustice insigne. Encore une fois, on se trouve devant deux épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans où un événement apparemment semblable : on tue quelqu'un sur le pavé, prend son sens en fonction du côté où l'on se trouve...

 

 

Ainsi, nous qui n'avons pas l'intention d'étendre subitement quelqu'un sur le pavé, ni sans doute les capacités de le faire, même si on ne peut jurer de rien et dans certaines circonstances, on y serait peut-être amenés, nous qui sommes des plus pacifiques, il nous faut cependant – justement car nous sommes pacifiques, reprendre notre sempiternelle tâche, qui consiste – faut-il le rappeler, à tisser le linceul de ce vieux monde plein de morgue, raciste, méprisant et méprisable, bêtement assassin, barbare à bien des égards et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dans la nuit étendu sur le pavé, un homme
Et sous son corps, une tache,
Une tache rouge.
Deux fins ruisselets de vie

Vers un égout lentement se glissent .

Il s'était approché en lui criant : « Bâtard ! »

Un homme, un homme blanc
Vomissant des mots dégoûtants
Et planta sans raison – dans

Son corps de noir
Une flamme blanche mortellement.

Il avait dans ses yeux un ciel sans étoiles
Un puits sans fond,
Et d'infinies taches d'huile jaune
Des fleuves de lave violette aux tempes

et il entendait les sons
De cent cloches.

Pourquoi ? – se demandait-il. Pourquoi

Ma mort apportée d'une main
Chargée de haine ? Pourquoi ?

Question sans réponse, soudain

Étouffée par le hurlement

Du vent.

Et maintenant s'élève du pavé dans la nuit
Un cri surhumain
Répété par un écho sans fin
Et la peur s'élargit dans ses yeux – des yeux qui

Cherchent encore
Une espérance.

 

 

 

 

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 22:46

DEUX MÈTRES SUR DEUX, DURE PRISON

 

Version française - DEUX MÈTRES SUR DEUX, DURE PRISON – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Due metri per due, carcere duro – Anton Virgilio Savona – 1969

 

 


 

Ah, mon ami Lucien l'âne, voici une chanson qui me parle comme qui dirait en direct. Elle me semble sortie tout droit de ces combats sourds et terribles qui coururent tout au travers de l'Europe pendant un siècle ou un peu plus. Elle me vient au cœur car elle me semble parler d'un des auteurs qui m'ont le plus intéressé... Un auteur de langue française, né à quelques dizaines de mètres de l'endroit où je vis le jour, dont le parcours intellectuel, mental, moral... à bien des égards recoupe le mien. D'abord, le lieu... Quelque part pas loin des étangs. Ensuite, la même organisation de jeunesse... On l'appelait la Jeune Garde... Mais entre nous, plus d'un demi-siècle d'écart... Et sa vie si tumultueuse et si étourdissante. Et regarde comment va la vie, il écrivit dans le même journal que moi...

 

 

Te voilà en veine de confidences, mon ami Marco Valdo M.I. Bien loin de ta réserve habituelle...

 

 

Je n'en dirai pas plus, mais cette chanson ressemble à s'y méprendre à un de ses romans... Car il est aussi un des grands écrivains de langue française et de cette trempe, on n'en eut pas beaucoup. Paul Nizan, peut-être. En fait, dans toute la littérature mondiale, on en trouve peu, si peu de ce calibre. Lui, il écrivait en français. Orwell écrivait en anglais. Mais laissons-là mes remembrances.

 

 

Je te trouve bien rimbaldien, ce matin, dit l'âne Lucien en riant de toutes ses dents et en sortant sa langue sur le côté.

 

 

Regarde bien cette canzone... Sur l’aventure politique que décrit cette chanson, Semprun écrivait en français ou en espagnol, je ne sais plus... Lew Davidovitch écrivait en russe... Et bien d'autres dans de multiples langues... Il y aurait de quoi faire à les recenser... Je ne le ferai pas, rassure-toi. Enfin, sans aucun doute, ils furent nombreux à les connaître ces deux-mètres sur deux... Carlo Levi, par exemple... Rappelle-toi la saga du Cahier ligné, contée ici en plus de cent canzones... Et Marco Camenisch... Soit, le contexte politique est différent... Je te l'accorde, mais la cellule est toujours la même. Beaucoup jusqu'à ce que mort s'ensuive. La broyeuse était singulièrement efficace. C'est le sort de tous les dissidents : ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui – en Chine, par exemple et ceux qui viendront demain. Les dieux ont soif.

 

 

Certes, dit l'âne Lucien, les dieux ont toujours soif. ; ils ont toujours eu soif. Évidemment, si on supprimait les dieux, en somme, si on se débarrassait d'eux, de leur religion et de leurs religieux... En fait, la seule question qui se pose, ce n'est pas de savoir s'il convient de se débarrasser d'eux, mais bien comment aboutir à cet indispensable résultat. C'est tout le destin des hommes que de se débarrasser de la religion, des religieux, des dieux et de tout ce qui s’ensuit.

 

Certes, certes, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. tout songeur... Comment y arriver ? Mais cela même n'y suffirait pas à mettre un terme à la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres pour les contraindre au travail, pour imposer leur domination, pour assurer leurs richesses, pour renforcer leur exploitation... Mais enfin, c'est cependant une chose nécessaire, mais pas suffisante.

 

 

N'empêche, dit Lucien l'âne en grattant le sol devant lui de son noir sabot, on pourrait toujours commencer par là ou mener de front les deux tâches... Oui, mener de front les deux tâches et tisser ainsi le linceul de ce vieux monde assoiffé, écrasant, étouffant, mortifère et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo .I. et Lucien Lane

 

 

 

Sur la photographie grande comme un mur
Dans une salle de l'exposition, même lui y était
Portraituré parmi les vieux copains de lutte
Avec sa casquette à visière et son blouson de cuir.
Ils étaient loin les temps de la prison,
Quand ceux de l'ancien régime
L'avaient enfermé pour trois ans dans une cellule

De deux mètres sur deux, dure prison .
Maintenant, il était chef parmi les chefs,
Mais la lutte n'était pas finie :
Il fallait combattre encore
Pour la victoire complète,
Resserrer les rangs
Trouver les ennemis dans l'ombre,
Chasser les traîtres à l'idée,
Tenir des meetings, enflammer les masses, défendre la victoire
Et lutter, lutter, lutter
« Les traîtres ! Les dissidents ! Les incertains !Les faux conseillers ! »

Et lutter, lutter, lutter.
Le temps courait, le temps courait, le temps courait
Et vint un jour, – il vient toujours un jour,
Où il voulut faire davantage, il voulut se dépasser
Et il dit qu'il était important

Pour que l'idée triomphe définitivement

De respecter l'opinion de tous
Et d'ouvrir une discussion libre
Même avec les opposants.
Il dit : « Liberté de pensée », il dit : « Liberté de la presse »,

Et il en arriva même à citer Bertrand Russell.
Ah non, garçons, l'idée est l'idée, la liberté n'a rien à y faire.
Des fleuves de mots, analyse doctrinaire, Inquisition !
« Renégat !  » dirent-il, « Réactionnaire !  ».

« Lâche !  », « Traître !  »

Il vacilla, il crut être devenu fou.
Il crut être possédé du démon,
Il baissa la tête et dit :
« Je me repens, je me repens de mon péché »
« Bien, garçon, chante trois fois l'hymne de l'idée et tu auras l'absolution. »
Et il chanta, trois fois, et fut absous.
Mais, en effet, le démon devait le posséder
Car il ne se passa pas beaucoup de temps avant qu'il ne pécha de nouveau :
Il parla (l'imprudent) de crise économique
Due au manque de liberté politique
Il parla de domination autocratique
Il souhaita (le fou !) un système au moins bipartite
Et il continua à faire le charlatan
Radotant stupidement
« Liberté », « Liberté », « Liberté ».
« Tu écris, pauvre idiot, tu écris, tu fais le héros :
Tu accuses tes camarades de lutte
En disant que ce sont eux, et pas toi,
Qui sont les vrais traîtres à l'idée.
Et qu'avec eux est née une nouvelle classe :
La classe du pouvoir sans limites,
plus de forte qu'aucune qui l'avait précédée :
La classe des techniciens, des bureaucrates
La classe des nouveaux propriétaires, des nouveaux exploiteurs…
Pauvre idiot, tu écris en jouant à faire le devin,
En inventant des folles prévisions,
Prophétisant des luttes du peuple contre les nouveaux oppresseurs, comme un déséquilibré ! »
Trois ans de prison, et puis, six autres.
Encore dans la même cellule
Celle où t'avaient jeté les charognes
De l'ancien régime,
Toujours elle, toujours la même :
Deux mètres sur deux, dure prison.

Deux mètres sur deux, dure prison.

Deux mètres sur deux, prison dure.

 

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 16:33

LE TESTAMENT DU TAUREAU

 

Version française – LE TESTAMENT DU TAUREAU – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Il testamento del toro – Quartetto Cetra – 1960

Texte de Giovanni "Tata" Giacobetti
Musique de Anton Virgilio Savona

 

 



 

 

Le-testament-du-taureau-copie-1.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson qui devrait te ravir... Toi et tous les animaux que l'idiotie humaine fait souffrir. Elle s'intitule « Le Testament du Taureau ». Elle est d'ailleurs assez proche dans l'esprit des Toros de Jacques Brel, [[39270]]. Vu les dates (1960 - 1963), on peut même penser que Brel aurait pu connaître celle-ci au moment d'écrire la sienne.

 

Ah, qui nous dira..., dit Lucien l'âne en commençant à chantonner.

 

Tu as certainement connu bien taureaux au cours de ta longue existence et certains plus fabuleux encore que les autres. Cette chanson vise évidemment la « tauromachie » - « combat de taureau », où devant des demoiselles en sueur sous le soleil de l'après-midi, devant une foule en délire, des hommes armés s'en prennent à une bête qui n'en demandait pas tant et qui se serait bien contentée de vivre encore dans la prairie ou sur les plateaux de la sierra.

 

Oui, oui, j'en ai souvent entendu parler et s'il y avait déjà des taureaux dans les arènes de Grèce, on n'en faisait pas une boucherie, on les utilisait comme partenaires des jeux du stade. Mais autres époques, autres mœurs.

 

Il arrive pourtant que le taureau vienne à bout de ses bouchers... C'est le cas dans la chanson, comme tu vas le voir. Je tiens cependant à te dire que comme à l'habitude et plus encore cette fois, j'insiste sur le mot « version française » ; car, je n'ai pu m'empêcher de modifier certains personnages de la chanson et de les remplacer par d'autres qui me paraissaient plus – disons – à mon goût. Ceci, évidemment, a comme conséquence de changer aussi le sens de certains vers... sans pur autant compromettre le sens général de la chanson.

 

Dis-moi donc quelles sont ces modifications..., Marco Valdo M.I., mon ami.

 

Je te laisse les rechercher. Mais pour ta peine, j'y ajouterai cette petite histoire qu'on m'a racontée et qui concerne le même sujet. Une petite histoire qui circule depuis longtemps, qu'on se raconte à l'occasion... et puis qu'on perd de vue et qui un jour, revient par ailleurs. Donc, si tu la connais déjà, je t'en prie ne rouspète pas... Dis-toi qu'ici, la petite histoire restera et qu'un jour ou l'autre quelqu'un qui ne la connaît pas la lira.

 

Ou même, dit Lucien l'âne, même s'il connaît déjà, trouvera-t-il plaisir à se la remémorer. Raconte-la donc...

 

C'est forcément une histoire où il est question d'un taureau... Un voyageur de passage en Espagne, dans une ville du Sud... Sans doute, en vacances... Se trouve au restaurant et s'apprête à commander un repas. Le serveur – appelons-le, si tu veux bien, Giacinto... Tu sauras un jour pourquoi... Giacinto vient auprès du voyageur et l'invite à commander son repas. Et pour, Monsieur, ce sera... Là, un silence. Le voyageur réfléchit et à ce moment, il voit passer un plat magnifique que l'on porte à une table voisine... Ah, voilà... J'aimerais manger çà, dit-il en montrant le plat qui passe. Ah, pour ça, Monsieur, je suis désolé, aujourd'hui, nous n'en avons plus... Bien, bien... dit le voyageur un peu dépité. Et quand donc en aurez-vous ? La semaine prochaine, Monsieur... Il vous faudra attendre, la semaine prochaine, même jour, même heure et bien entendu, il vous faut réserver ce plat, d'ailleurs assez coûteux. Le prix n'a pas d'importance, je le réserve. Mais à propos de quoi s'agit-il ? Et bien, Monsieur, ce que vous avez vu passer et qui faisait l'essentiel de ce plat de viande : ce sont des testicules... Des testicules de taureau et ce sont celles du taureau qui a été tué cet après-midi même à la grande corrida. Il vous faut donc attendre la prochaine corrida... Vous connaissez, je suppose, Monsieur la coutume qui veut que diverses parties du vaincu soient données au vainqueur. Ce dernier, un torero de grand renom, qui est végétarien et cupide, nous cède les testicules à prix d'or. Et ce sont donc les testicules de ce pauvre vaincu que nous aurons l'honneur de vous servir la semaine prochaine.

 

Que voilà une belle histoire... Mais qu'en est-il de la suite ?, s’impatiente Lucien l'âne. Allons vivement à la semaine suivante.

 

Ah, bonsoir, Giacinto. Bonsoir, Monsieur... Vous vous souvenez certainement que je vous ai commandé ce plat fabuleux... En effet, Monsieur, il arrive tout de suite. Et en effet, quelques instants plus tard, Giacinto apporte le plat au milieu duquel trônent deux misérables petites boulettes... Mais, Giacinto, dit le voyageur tout déconfit et fort coléreux... Ce n'est pas ce que j'avais demandé... Oh, que si, Monsieur... Ce sont bien des testicules... Simplement, cette semaine, vous n'avez pas de chance... C’est le taureau qui est vainqueur... et le torero de grand renom... Voyez ce qu'il en reste...

 

Quelle belle histoire... Je te remercie et je te propose une pensée, assez parente, qui me fut transmise par un de mes amis, qui avait été sollicité pour écrire l'éditorial d'une revue de chasse... et dont l'article ne fut jamais publié. L'article était intitulé : « Et si les lapins avaient des fusils ? »

 

Ohlala, dit Lucien l'âne en riant de toute sa mâchoire d'âne, combien de tartarins seraient moins fiers... Mais c'est pas tout ça, il nous faut revenir à notre tâche quotidienne ou presque de tisser le linceul de ce vieux monde assassin, lâche, pervers, cupide et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Il est quatre heures de l'après-midi

Déjà accourt la foule madrilène

Occuper les places dans l'arène.

Il est quatre heures de l'après-midi

 

Il est quatre heures et quart

Déjà prêt le célèbre torero

Pense à qui lancer son sombrero..

Il est quatre heures et quart

 

Mais les taureaux destinés à la corrida

Tiennent conseil entre eux

Et le taureau le plus furieux

Qui préside au débat

Dit aux autres, tous anxieux

 

Camarades taureaux, cinq heures approche...

Mon horoscope me prédit une fin moche !

Amis taureaux, en vue de l'événement,

Connaissant le torero, je fais mon testament!

 

Mais d'où tiens-tu toutes ces propriétés?

Tu dois nous dire qui va hériter !

 

Amis taureaux, appelez-moi le notaire et quelque témoin

J'en veux deux au moins

 

Amis taureaux, voici arrivé le grand moment

Prenez papiers et stylo, je fais mon testament !

 

La peau à qui tu vas la donner ?
À un pauvre cordonnier !

Ta crinière flamboyante ?

À un chauve méritant

Et tes yeux si perçants ?

À une célèbre voyante

Tes oreilles si belles?

À une jeune demoiselle !

 

Aïe, aïe, aïe,

Dis-nous encore

Ce que tu feras

Aïe, aïe, aïe,

Dis-nous encore

À qui tu donneras

 

Ta queue si puissante?
À une vieille tante
Tes sabots lourds?

À un gros balourd.
Ta bouche frémissante ?

À mes amantes !

Et ton mugissement?

À un ténor du parlement !

 

Aïe, aïe, aïe,

Dis-nous encore

Ce que tu feras

Aïe, aïe, aïe,

Dis-nous encore

À qui tu donneras

 

Ton très grand nez ?
À un chasseur bien élevé.
Tes jambes si véloces ?

Je les offre à un gosse

Ta langue bavarde?
À une vieille cafarde
Et finalement tes cornes??..

Ah ! Mes cornes....

 

Parle, taureau !

Parle, il le faut !

 

Le taureau arrivé à ce point ..

Prend un air pénétré

Et sans hésiter

Dit d’un ton hautain

 

Parle, taureau !

Parle, il le faut !


Mes cornes, à qui je les donne ?

Oui, tes cornes, à qui les donnes-tu ?

Mes cornes, à qui je les donne ?

Ne nous dis pas que tu ne le sais plus

Mes cornes, à qui je les donne ?

Vas-tu te décider

Mes cornes, je vais les donner...

 

À qui ?

 

À qui ?

 

Parle, taureau !

Parle, il le faut !

 

À mon torero !

À mon torero !

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 20:34

L'ASSASSINAT DE GIACOMO MATTEOTTI

 

 

Version française – L'ASSASSINAT DE GIACOMO MATTEOTTI – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – L'assassinio di Giacomo Matteotti - Anton Virgilio Savona - 1985

Sur l'air de la « Leggende del Piave »

 

 

 

 

Après deux ans de terreur au Parlement

Ils obtinrent un résultat heureux finalement .

En édifiant leur répugnante force titanesque

Ils brisèrent la nation.

 

Crut opportun de tout révéler.

Il aurait tout mis au jour

Si les traîtres ne l'avaient pas espionné,

 

Mais il ne put pas sortir à ce moment-là

Car par un piège lâche, ils l'ont supprimé .

Réunis en conseil ces maudits assassins

Mirent en action leur projet.

 

Ils appelèrent Dumini, Albino, Corsi, Corviola,

Des bandits de la vieille école

Cesare Rossi, Naldi e Filippelli,

Et le caporal Marinelli,

 

Ils payèrent cette maudite bande

Mais Dumini réalisa l'affaire d'imparfaite manière.

 

Cette fois, tout s'est mal terminé :

Ils se trouvent à Regina Coeli

Et plus, au Viminale.

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 19:59

 

LA BALLADE DE LA VIA TIBALDI

 

Version française - LA BALLADE DE LA VIA TIBALDI – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Balata di via TIbaldi – Anton Virgiliio Savaona – 1972

 

 

Milan, 6 juin 1971. Dans le délogement des maisons occupées de la Via Tibaldi

meurt Massimiliano Ferretti, un bébé de sept mois.

6 juin 1971. 4000 agents des forces de police procèdent avec violence au dégagement des maisons IACP occupées de la Via Tibaldi. L'agression policière est bestiale. La police tire à l'aveugle des grenades lacrymogènes.

Un bébé d'à peine sept mois, Massimiliano Ferretti, malade du cœur et affecté d'une bronchite, est touché par les gaz. Emmené à la clinique Mangiagalli, il cessa de vivre. Les familles délogées rejoignent al faculté d'Architecture occupée par les étudiants qui les recueillent. Durant l'assemblée, le chantauteur sicilien Franco Trincale déclara quitter le PCI, qui a abandonné les luttes sociales.

 

Le 9 juin 1971. À Milan, les forces de police procèdent avec violence au dégagement de la Faculté d'Architecture occupée par les étudiants du mouvement et par les familles délogées de la via Tibaldi. Parmi les autres est sorti même le président de la faculté, le professeur Paolo Portoghesi, solidaire avec les occupants. Vingt étudiants furent arrêtés. À Rome pendant ce temps, après une assemblée d'étudiants et de famille sans logis à l'Université, dans la nuit sont occupés des appartements à Centocelle et à Pietralata. À Messine, un cortège de familles sans logis et d'occupants conteste une manifestation de al gauche officielle … en criant : « Milan, Rome, Messine... Même combat » Durant ce mois sont occupés 200 appartements libres au quartier San Paolo Camaro. D'autres occupations d'appartements libres sont en cours à Milan, Lentini, Avellino et Novara.

 

29 juin 1971. À Milan, la police intervient encore à la Faculté d'Architecture où sont hébergés les les délogés des maisons de la via Tibaldi....


Sur les faits de Via Tibaldi, voir également les chansons Da via Tibaldi et Tarantella di Via Tibaldi

 

 

 

Ils étaient venus nombreux à Milan

Pour survivre et pour travailler;

Et ils s'étaient installés dans de vieilles baraques

En payant même le loyer à la Gescal.

Mais un jour ils apprirent que Via Tibaldi

Avec les loyers payés par eux

On faisait une maison, mais seulement pour les riches

De celles avec trois salles de bains.

 

Vive l'Italie ! L'Italie des saints,

Des grands poètes et des navigateurs.

 

Quand une voix dans les ghettos ouvriers

Dit : « Reprenons ce qui est à nous. »

La maison fut occupée en signe de protestation

Contre les patrons et contre la Gescal.

En fermés là-dedans avec femmes et enfants

S'aidant du mieux entre eux

Ils pourvurent au ravitaillement du lieu

Jusqu'à ce qu'éclate un pandémonium.

 

Vive l'Italie ! L'Italie des saints,

Des grands poètes et des navigateurs.

 

Ils furent pris par deux mille

Gars chauves de la police

Ils durent déloger avec l'habituel chantage :

La menace d'expulsion.

Ils se retrouvèrent au milieu de la rue

Avec leurs petits serrés sur la poitrine.

La pluie ce matin-là tombait tout dret

On sut ensuite qu'un bébé était mort.

 

Vive l'Italie ! L'Italie des saints,

Des grands poètes et des navigateurs.

 

Les hommes qui étaient chefs de famille

Furent tous emmenés à la questure.

Les femmes et les enfants de ces pauvres gens

Devaient aller dans les hospices

Et ce fut ainsi que les camarades étudiants

Les accueillirent tous à l'Architecture

Mais pour les policiers ce n'était pas le lieu adapté.

À nouveau, ils déclenchèrent l'assaut.

 

Vive l'Italie ! L'Italie des saints,

Des grands poètes et des navigateurs.

 

Tous furent chassés avec délicatesse

Femmes, enfants; étudiants et chercheurs

Traités avec des égards par le gaz et les matraques

De la Fatebenefratelli

Deux jours plus tard, ils revinrent encore

Et la bataille fut plus dure encore

Traqués par les rues, entassés en cellule

Et puis, un par un, fichés.

 

Vive l'Italie ! L'Italie des saints,

Des grands poètes et des navigateurs.

 

De cet enfant qui était crevé

Et en attente à la morgue,

On annonça que son père, gardien d'immeuble

Était un bandit, un évadé.

La presse a ensuite précisé

que cet évadé dans le fond était bon

Car il avait par une lettre déclaré :

« J'ai été séquestré par les rouges. »

 

Vive l'Italie ! L'Italie des saints,

Des grands poètes et des navigateurs.

 

On sut après la version juste

Qui parvint de la contre information

On sut que le message avait été écrit par la main

D'un prêtre ou d'un paroissien

Et il revint à la surface que ce pauvre

Fut menacé et pour le forcer à signer

Ils lui dirent : « Nous te donnons maison et amnistie

Pourvu que tu signes et que tu sois tranquille. »

 

Vive l'Italie ! L'Italie des saints,

Des grands poètes et des navigateurs.

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 08:14

IL Y A DES CHOSES DÉLICATES

 

Version française – IL Y A DES CHOSES DÉLICATES – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Sono cose delicate – Anton Virgilio Savona – 1972

 

 

Bon, alors, une chanson sur la mafia qui s'en prend à un chanteur...Il y a en effet des choses qu'on ne dévoile pas, même en chanson. Il y a des affaires dont on ne s'occupe pas. On ne joue pas à l'homme, sinon... Ici, on entend ceux qui font taire... Il y a des choses délicates... Toi, le chanteur ,on te fait taire, tu retournes à ta misère... Comme disait Léo Ferré dans une chanson intitulée précisément La Mafia :

« Tant pis si t'es dans la débine
T'avais qu'à être dans la mafia.
Un coup de sourdine,
Deux sous de combine
Et t'avais ton rata.... »

 

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.

 

 

 

Des histoires de fous vraiment !

Mais il veut faire cette chose ?

Je dis, pourquoi ne se tait-il pas ?

Que fait-il ? Il se met à protester !

 

Mais comment ? Il vit bien,

Il a une auto, il va à la mer,

et il veut être employé

Et il se permet de parler.

Mais qu'il s'occupe de ses affaires,

Qu'il se contente de vivre, mais de quoi il va se mêler ?

Celui-là veut se perdre

Ce sont des choses délicates

On ne doit pas y toucher !

Qu'il aille au carrousel,

Qu'il chante à la télévision,

Qu'il n'aille pas s'immiscer

dans la contestation

 

Mais celui-là, comment il se permet

de toucher aux choses sérieuses

Alors que depuis l'enfance, il a fait

Le bouffon et la marionnette, ah !

 

Mais qu'il s'occupe de ses affaires,

Qu'il se contente de vivre, mais de quoi il va se mêler ?

Celui-là veut se perdre

Ce sont des choses délicates

On ne doit pas y toucher !

Personne ne dit que c'est interdit

S'il veut écrire des chansons,

Mais qu'il les écrive avec prudence

Sans casser les couilles.

Et qu'il se rappelle que d'accord

La liberté d'opinions,

Quand même il ne doit pas exagérer

Quoi, Il nous prend pour des cons, ah ?

Mais qu'il s'occupe de ses affaires,

Qu'il se contente de vivre, mais de quoi il va se mêler ?

Celui-là veut se perdre

Ce sont des choses délicates

On ne doit pas y toucher !

Tant qu'il se limite à chanter

Celle-là – comment ? - « La fabrique »,

Qu'il le fasse, nous l'écoutons...

Il chante ? Patience ! Et amen.

Mais cette loi, qu'est-ce qu'il pense,

Il veut faire le communiste...

Que fait-il ? Il se met à parodier

Les intellectuels de gauche, ah !

 

Mais qu'il s'occupe de ses affaires,

Qu'il se contente de vivre, mais de quoi il va se mêler ?

Celui-là veut se perdre

Ce sont des choses délicates

On ne doit pas y toucher !

Mais qu'il s'occupe de ses affaires,

Qu'il se contente de vivre, mais de quoi il va se mêler ?

Celui-là veut se perdre

Ce sont des choses délicates

S'il insiste encore

Et qu'il continue à faire chier

On le mettra un peu au repos

À penser et à méditer

Sur les choses délicates

Qui ne doivent pas être … touchées.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 21:37

APRÈS LA PLUIE

 

Version française – APRÈS LA PLUIE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Dopo la pioggia – Ratti della Sabina

d’Anton Virgilio Savona et Gianni Rodari.

 

 

 

 

ET APRÈS LA GUERRE ? 

 

 

 

 

On veut toujours croire que la paix est une conséquence de la guerre. Mais ce serait bien si on avait la paix sans la guerre.

 

Oh, oh, dit Lucien l’âne, voilà une chanson bien aimable. Et quelle belle idée que la paix sans la guerre… Mais ma mémoire d’âne me dit qu’autant que j’ai vécu et parcouru le monde – autant dire depuis toujours ou presque, souviens-toi j’étais à Counaxa, j’étais aux Thermopyles… Je te rassure tout de suite, mon ami Marco Valdo M.I., j’y étais pour ainsi dire de passage… Je ne m’en suis pas mêlé, je les ai laissé se battre et dès qu’ils ont fait mine de s’intéresser à moi, j’ai fui et je me suis caché en attendant qu’ils se calment… J’étais de passage à Counaxa, qui n’est pas très éloignée de l’actuelle Bagdad, question de situer l’affaire et de montrer que la guerre à Bagdad n’est pas une chose nouvelle… On s’est toujours fait assassiner dans ce coin-là, mais ce n’est pas le seul… Donc, ce rappel pour t’indiquer que jusqu’à présent, comme je disais de mémoire d’âne, qui est plus ancienne et plus cultivée que celle d’un président ou d’un militaire étazunien, jusqu’à présent on a surtout connu la guerre sans la paix.

 

Bien vu, Lucien mon ami l’âne baroudeur, j’en conclus qu’on saura faire la paix quand il n’y aura plus de guerre. Cela sans entrer dans de longues diversions à propos de la Guerre de Cent Mille Ans, toujours en cours. Mais, vois-tu Lucien l’âne à l’âme poétique, il y a quelque chose qui me gêne dans cette aimable chanson et c’est qu’on y parle de supprimer l’orage, autant dire de faire disparaître le mauvais temps …

 

Peste… ô rage, ô désespoir… en quoi cela t’attriste-t-il à ce point, mon brave ami Marco Valdo M.I. ?

 

Souviens-toi, Lucien l’âne mon ami érudit, de cette superbe chanson de Georges Brassens, intitulée précisément L’Orage (je vais d’ailleurs la proposer illico aux CCG) qui commence, rappelle-toi, ainsi :

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps

Le beau temps me dégoûte et me fait grincer les dents

Le bel azur me met en rage

Car le plus grand amour qui me fut donné sur terre

Je le dois au mauvais temps, je le dois à Jupiter

Il me tomba d’un ciel d’orage …

 

Tu vois bien qu’on ne pourra jamais accepter de supprimer l’orage… et puis, moi, j’aime la pluie…

 

Moi aussi dit Lucien l’âne, surtout quand elle lave le dos trop chauffé par le soleil… Mais on ne va quand même pas en faire un fromage…

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane (pacifiquement)

 

 

 

Après la pluie, vient le beau temps,

Dans le ciel brille l’écharpe d’Iris

Comme un pont couvert de bannières de toutes les couleurs

Qui font la fête au soleil.

 

Et c’est si beau à regarder, là-haut

Et de faire rouler des pensées entre le rouge et le bleu,

Malheureusement, on le voit

Seulement après l’orage.

 

Et moi, je me demande s’il ne serait pas mieux

De se passer de l’orage ?

Un arc-en-ciel sans tempête

Ce serait une vraie fête.

Peut-être même, une fête pour toute la terre,

De savoir faire la paix avant la guerre,

Ce serait la fête, la plus belle des fêtes,

Savoir faire la paix sans faire la guerre.

 

Peut-être même, une fête pour toute la terre,

De savoir faire la paix avant la guerre,

Ce serait la fête, la plus belle des fêtes,

Savoir faire la paix sans faire la guerre.

 

Savoir faire la paix sans faire la guerre.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 22:13

TOURNONS LA PAGE

 

 

Version française - TOURNONS LA PAGE – Marco Valdo M.I. - 2009

Chanson italienne – Voltiamo il Foglio – Anton Virgilio Savona – 1972

 

 

Sais-tu, Lucien mon ami aux quatre pieds plus noirs que l'ébène, ce que c'est le conditionnement ? As-tu déjà entendu parler de Pavlov et de son chien ? Je ne sais, mais je suis sûr par contre que tu sais très bien ce que c'est que le dressage et la domestication. Et bien, tout cela, c'est une seule et même chose. Sauf ceci que pour les animaux, on parle (on, c'est-à-dire les humains qui font du racisme bête) de dressage, de domestication, mais pour les hommes, on parle de conditionnement. En fait, c'est pour camoufler le sens réel de la manœuvre. Tout comme lorsque pour les enfants des hommes, on parle d'éducation, et pour les enfants des animaux, on parle d'élevage, mais encore une fois, c'est la même chose.

 

En somme, dit Lucien l'âne assez clairvoyant et perspicace, seuls les animaux ont droit à la vérité sans fard.

 

C'est assez juste, en effet. Et la chanson d'Anton Virgilio Savona met en évidence le dressage du petit humain. Dès la naissance, ou presque, on s'emploie à le dompter, à le cadrer, à l'enfermer dans la cage des habitudes, des respects et des croyances, à lui enlever toute envie d'originalité, à lui briser sa personnalité, à réduire sa liberté, à saper son tempérament, à l'émasculer, à le raccourcir, à le rapetisser en quelque sorte. Je vais te donner quelques exemples de raccourcissement de l'homme pour lui inculquer l'art de la soumission : on lui coupe les cheveux (passe encore...) - certains ne veulent pas; on lui coupe le prépuce (hop, un morceau en moins et sois sage, sinon... on te coupera autre chose... la tête, par exemple, pour les plus récalcitrants), tu es fille, on te coupera les lèvres – on appelle cette jolie chose l'excision, on te forcera à mille choses... à la prostitution ou au mariage, par exemple. On te soumettra à toutes sortes de lois et l'exploitation se cachera derrière l'image sans nom, derrière le fantasme d'un qui n'existe pas. En fait, ils ont inventé un Dieu ou des dieux, rien que pour çà... Pour dominer et domestiquer l'homme. Dieu le veut ! justifia les croisades et leurs élégants massacres. Dieu le veut ! ou dit autrement dans d'autres langues ou dans d'autres religions. De l'assassinat comme l'art de promouvoir la civilisation... Façon comme une autre d'échapper à leurs responsabilités dans ce jeu de massacre … et elles sont immenses.

 

Tous comptes faits, dit Lucien l'âne avec énergie, je préfère rester baudet...

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Avant d'aller dormir

Ta prière, tu devras dire

Pour le peu de choses que tu as

Dieu le Père, tu remercieras.

Avant de manger

En silence, tu te signeras

Car tu es un privilégié,

Il y en a pour qui c'est bien pire que pour toi.

C'est là que commence la duperie

Que se dessine déjà ta cage.

Mais l'histoire n'est pas finie,

Tournons la page.

Maintenant, tu es presque un grand

Tu fréquentes l'école à présent

Ton maître tu écouteras

Et tant de choses, tu apprendras.

Lui en toutes choses est savant

Et toi, tu es un ignorant.

Si tu veux réussir, mon enfant

Tu dois être très obéissant.

 

 

C'est là que se prolonge la duperie

Que se renforce déjà ta cage.

Mais l'histoire n'est pas finie,

Tournons la page.


Te voilà jeune homme à présent

Tu dois marcher bien en rang

Et obéir à tes supérieurs à galons

Quand ils crient « Garde à Vous ! »

Tu dois claquer des talons

Et au cri « Repos ! » obéir itou

Avancer le pied et faire le dos rond.


C'est là que s'étend encore la duperie

Que se renforce encore ta cage.

Mais l'histoire n'est pas finie,

Tournons la page.

 

 

Te voilà bon pour le service

À l'atelier ou à l'office

Programmé pour travailler

Pour qu'un patron puisse t'exploiter

Le soir, la télé

Te tient désinformé

En échange, le dimanche, c'est champion

Elle t'endort avec ses ballons.

 

 

C'est là que tu es couillonné

Tu ne peux t'échapper de ta cage.

Car désormais ils t'ont conditionné

À tourner la page.

 

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 21:08

LE PETIT HOMME VERT

 

Version française – LE PETIT HOMME VERT – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – The Little Green Man – Anton Virgilio Savona – 1969

 

 

 

Keksèkesa ? Cette histoire d'homme vert ?, dit Lucien l'âne noir. Je connaissais des hommes qu'on dit blancs, noirs, rouges, jaunes... Mais verts, je n'en avais jamais entendu parler...

 

 

Lucien, mon ami, malgré ta belle prestance et ton âge vénérable, tu n'es nulle part, dit Marco Valdo M.I. Les couleurs des hommes sont comme comme celles d'un arc-en-ciel infini et irisé : elles sont innombrables. Rien que pour ton édification personnelle, je m'en vais en recenser quelques unes en plus de celles que tu as déjà nommées. Je connais – de nom, s'entend – des hommes gris (spécialement polonais), des hommes bleus (les schtroumphs aussi petits et aussi étranges que notre homme vert ), des hommes bruns, des hommes colorés, des hommes bronzés (de la couleur du bronze), des hommes cuivrés (de la couleur du cuivre) et même des hommes transparents et des hommes invisibles. Comme tu le devines, il y en a pour tous les goûts et d'ici qu'on en découvre d'autres... De toute façon, je n'ai pas la prétention de tous les connaître.

 

 

Oui mais, keskesa vient faire ici ?, dit l'âne Lucien tout ébahi.

 

 

Oh, Lucien, tu causes le nouveau français à présent ? Te voilà devenu un citoyen obéissant, tu te mets à respecter la loi … Fais bien attention, c'est un mauvais chemin. La langue est libre et doit le rester; on ne peut – pas plus que l'âne – la caporaliser sans de grands dangers. Elle fait son lit comme elle a envie de coucher et elle choisit aussi avec qui et comment elle se livre aux plaisirs de la nuit. Mais je vais quand même répondre à ta question à propos de l'homme vert, qui comme je te l'apprends à l'instant est censé être un martien. Oui, oui, comme je te le dis – et ne fais pas ces yeux d'éwaré. Un martien, ce n'est pas comme tu as l'air de le croire un homme de Mars, un guerrier valeureux du genre spartiate aguerri, mais bien un personnage qui proviendrait de la planète Mars, dite la rouge.

 

 

Donc, dit Lucien l'âne en tendant la queue à la verticale pour ponctuer sa remarque en un curieux point d'exclamation ou d'ironie, notre petit homme vert provient de la planète rouge en tombant tout droit d'un ciel bleu et blanc ou violet. C'est très coloré comme affaire...

 

 

Si tu veux, mais le fait est que Mars est censé ne rien connaître aux mœurs de la Terre et des Terriens et envoyer un explorateur : lui. Une sorte de Docteur Livingstone ou plutôt, un Darwin venu de l'espace, qui découvre en véritable anthropologue les us et coutumes, les pratiques et les rapports de pouvoir entre les tenants des deux camps de la Guerre de Cent Mille Ans et il n'y comprend rien. Enfin, qu'il dit...

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Un jour, un petit homme vert arriva de l'espace avec les siens;

Il devait faire – ce petit homme vert – une enquête approfondie sur nous, les humains.

Il interrogea – assez courtoisement – un étudiant , puis un bourrin;

Il entrevit alternativement deux communistes : un à Moscou, l'autre à Pékin

Et à ce moment, il admit franchement qu'il commençait à ne plus y comprendre rien.

 

Il s'en alla parler – notre petit homme vert – à un intégré et à un contestataire

Et il écouta – notre petit homme vert – un réformiste et un révolutionnaire.

Il interrogea – assez prudemment – un Israélien et puis, un Palestinien

Il entrevit par inadvertance des catholiques hollandais et des ultramontains

Et à ce moment, il admit honnêtement qu'il continuait à n'y comprendre rien.

 

Il s'en alla parler – notre petit homme vert – à un objecteur et à un mercenaire

Et il écouta – notre petit homme vert – un patron et un prolétaire

Il fut reçu somptueusement par un sénateur antiraciste étazunien

Mais battu assez violemment par tous les autres – car il était vert et nain

Et arrivé là, il admit amèrement qu'en conclusion, il n'y comprenait rien...

 

 

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