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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 09:45

 

LES STRATÈGES DU VENT.



Chanson italienne – Gli Strateghi del vento – Alfredo Bandelli – 1991

Version française – Les stratèges du vent – Marco Valdo M.I. – 2008





Il s'agit d'un texte écrit par Alfredo Bandelli en 1991 avec l'intention, jamais réalisée, de le mettre en musique. Il s'inspire de la « première guerre du Golfe », déclenchée en janvier 1991 contre l'Irak par une coalition de puissances occidentales, dirigée par les États-Unis.



Ces stratèges du vent, rien que ce titre m'avait fait penser aux déserts et aux étendues rocailleuses et venteuses de lointaines montagnes. J'avais vu la tempête sur un désert et les courants ascendants partir à l'assaut des pentes de l'Himalaya et dévaler ensuite dans les hautes plaines, desséchant tout sur leur passage.

Et de fait, dans le texte d'Alfredo Bandelli, on sent tout cela et on pressent l'Irak et l'Afghanistan, les ravages et les orages.

Les massacres n'honorent jamais les héros. Attendons la suite...

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.





Les stratèges du vent

formés à n'importe quelle science

ont cassé la lune en deux tirs croisés

émiettés les terres

fait rouler les étoiles

et ont donné au monde

un nouvel ordre armé.

Le désert recouvre déjà

le mensonge et la vérité.
La faim croît sur les débris

dans le ciel passent des nuées noires.

Plus aucune lumière.


Pharisiens sans gloire

Ils ont retourné l'histoire

Ils ont changé le passé

Piégé la raison

Ils ont répandu leurs guerres

sur les plus belles choses.

Ils ont armé chaque homme

en féroce soldat

et le fer brûle déjà

le mensonge et la vérité.

De la mer arrivent les épaves

Les héros sont tous déconfits

Plus aucune paix.

Dans le Palais de Verre

Il y a un silence profond

Tous attendent un signe

du maître du monde.

Ce sont des fantômes suspendus

de nations et de pays

des simulacres d'États dépréciés et écrasés

et le ciel recouvre déjà

le mensonge et la vérité.

Des camps, de mille cheminées

Des montagnes et du fond des mines

s'élève un chant

Ce sont les gens qui savent

Qu'on ne tue pas la liberté.



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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 16:12

LIGNE D'OMBRE


Chanson italienne – Linea d'ombra – Litfiba – 1992

Version française – Ligne d'ombre – Marco Valdo M.I. – 2008


Le titre de cette chanson est manifestement repris d'un des plus fameux romans de Joseph Conrad ( marin au long cours et écrivain polonais de langue anglaise), intitulé “La ligne d'ombre” (The Shadow Line, en angliche).

Le titre lui-même, déjà chez Conrad, pose un problème d'interprétation. Si l'on va au fond des choses, et c'est le cas de le faire comme on va le voir, la traduction littérale de “The Shadow Line” pose un gros problème. En fait, on peut traduire indifféremment “La ligne d'ombre” ou “La ligne fantôme” (Shadow cabinet se traduit par cabinet fantôme). Mais si par ailleurs, on sait que Joseph Conrad était considéré ( et l'est encore) comme très proche de Freud dans sa façon de concevoir l'homme ou de le raconter, on peut fort bien avancer une autre manière de traduire ou d'interpréter ce titre énigmatique et suggérer quelque chose comme “la ligne cachée”, la ligne – au sens de guide, façon d'agir – sousjacente, souterraine, inconsciente, finalement, secrète... Bref, une sorte de boussole intérieure... et pourquoi pas “La ligne intérieure” ou “La voix de la conscience”...

On verra à la lecture du texte de la chanson que ces apparentes élucubrations éclairent en fait fort bien le propos....



Moi, j'objecte

Je désobéis

Guerres pour le fric

Enfance assassine

Fruit pourri de l'avidité.


D'une certaine manière

farcis de plumes de cheval (1)

Déguisés en soldats

Tous aux garde-à-vous, si señor


Nous... Les poings dans les poches, les rêves dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue; on ne plaisante pas !


D'une certaine manière

Celui qui casse les plumes de cheval

S'en va un peu en enfer.

Il perd sa guerre là-dessous

Et silence, silence

Il te dit confiance, confiance

Déguisé en soldat

Par Dieu, non señor...


Nous... Les poings dans les poches, les rêves dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue; on ne plaisante pas !

Ta ligne d'ombre est ton cœur.


Moi, j'objecte ... Je désobéis


Nous... Les rêves dans les poches, les poings dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue; on ne plaisante pas !

Ta ligne d'ombre est ton cœur.

Nous... Les poings dans les poches, les rêves dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue avec ton cœur


Ma ligne d'ombre

est une ligne d'ombre

Non señor....


JE DÉSOBÉIS !




(1) plumes de cheval : en étazunien, «Horse feathers» , expression idiomatique signifiant globalement « conneries », « racontars », « mensonges »....


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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 11:04

CANZONE DE MAI



Chanson italienne – Canzone del Maggio - Fabrizio De André

Version française – Canzone de Mai – Marco Valdo M.I. – 2008


Chanson à propos du « Joli mois de mai », c'est-à-dire Mai 1968, quand la fleur de l'espérance surgissait au cœur de l'Europe.

Son parfum est encore dans l'air. Pour toujours... Il revient, revient et reviendra avec une grave insistance.


Que se passe-t-il ?

Ce sont seulement des étudiants...

Ainsi disaient-ils...



Même si notre mai

S'est passé de votre courage

Si la peur de regarder

vous a fait baisser le menton

Si le feu a épargné

Vos Onze Cents

Même si vous vous croyez dégagés

Vous êtes tout de même concernés.


Et si vous vous êtes dit,

Il ne se passe rien,

Les usines rouvriront,

On arrêtera l'un ou l'autre étudiant,

convaincus que c'était un jeu

auquel nous aurions joué un peu;

vous tentez de vous croire dégagés,

Vous êtes quand même concernés.


Même si vous avez fermé

Vos portes à notre nez

la nuit où les panthères(1)

Nous mordaient le derrière

En nous laissant de bonne foi

Massacrer sur les trottoirs

Même si maintenant vous vous en foutez

Vous cette nuit-là, vous y étiez.


Et si dans vos quartiers,

tout est resté comme hier,

sans nos barricades,

sans blessés, sans grenades,

Si vous avez accepté comptant

les « vérités » de la télévision

Même si alors vous vous êtes dégagés

Vous êtes quand même concernés.


Et même si vous croyez à présent

que tout est comme avant

car vous avez encore voté

Pour la discipline, pour la sécurité

Convaincus d'éloigner

Votre peur du changement

Nous irons frapper à vos portes

et nous crierons encore plus fort

Que même si vous vous êtes dégagés,

Vous êtes pour toujours concernés,

Que même si vous vous êtes dégagés,

Vous êtes pour toujours concernés.


(1) les « panthères » : unités spéciales anti-émeutes – « les casseurs de têtes ».




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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 09:39

UNE BARQUE SOMBRE

 

Version française – Une barque sombre – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Una barca scura – Gianmaria Testa – 2006

 

 

 

 

De l'album "Da questa parte del mare" (2006). C'est un album construit sur le concept des migrations modernes, sans démagogie, sans facilité ou rhétorique. Gianmaria Testa a déclaré à ce propos : « Je parle de ce racisme instinctif qu'ont jusqu'aux enfants, qui est le racisme envers n'importe quelle différence. Ce racisme doit être combattu par l'intelligence, par le raisonnement. Je m'explique très bien celui des Italiens, y compris mon sentiment d'aversion, quelquefois. Je me l'explique, mais je ne l'accepte pas. Ce sont deux choses différentes : je me l'explique, mais je pense qu'il n'est pas juste de l'avoir et qu'il faut le contrecarrer, de quelque manière. »

Dans les concerts, avant de commencer, il lit toujours cette poésie :

 

 

Naufrages

(Erri De Luca, du recueil "Solo andata")

 

Dans le canaux d'Otrante et de Sicile

Des migrateurs sans ailes, paysans d'Afrique et d'Orient

Se noient dans le creux des vagues.

Un voyage sur dix s'accroche au fond.

Le paquet de semences se répand dans le sillon

creusé par l'ancre et pas par l'araire.

La terre ferme de l'Italie est une terre fermée.

Nous les laissons se noyer pour nier.

 

Petite note sur le titre et sa traduction en langue française : si l'on s'en tient à une traduction strictement littérale, on pourrait traduire una barca scura par une barque obscure ou une barque foncée. Le choix de traduire par une barque sombre tient à la subite ambiguïté du titre qui renvoie à la nuit, à la cécité, mais aussi et en même temps, à une variante du verbe sombrer, couler au fond, ce qui est précisément ce qui doit être porté au jour.

 

Une barque sombre

 

Au fond de la mer chante

Une sirène.

Toute la nuit, elle chante

et chante doucement,

pour qui veut l'entendre

Elle s'entend à peine.

 

Au fond de la mer chante

Une sirène

et au milieu de la mer va

une barque sombre

qui a perdu le vent, perdu

par sa voile

et qui l'attend

l'attend encore.


Au milieu de la mer va

une barque sombre,

au fond de la mer.

Au fond de la mer profonde

je laisse ma chanson qui ne console pas

pour celui qui est parti et a quitté le monde

au fond de la mer.

Au fond de la mer.

Au fond.

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Published by Marco Valdo M.I. - dans Gian Maria Testa
6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 09:34




LE RÊVE : VOLER



Chanson italienne – Il sogno di volare – Andrea Buffa

Version française – Le rêve : voler – Marco Valdo M.I. – 2008





Jeune, j'avais un rêve :

Voler comme un oiseau

Mais à présent que je fends l'air

de mon poids, il ne me paraît plus aussi beau.

Je vole comme une brique,

Comme un caillou, comme une clé anglaise.

Voler sans ailes

Il y a un problème, me semble-t-il

C'est un problème, me semble-t-il


Et ce matin à six heures

Dans le clair-obscur et le vent glacé

Je fonçais avec mon chien

Je semblais un glaçon affolé

je ne voulais pas être en retard

Avec mon chef qui casse les couilles

On est payé trois Euros septante

À l'heure, si on se tient bien

À l'heure, si on se tient bien


Ainsi Fatima et Mohamed Roberto

ce matin, n'ont pas salué.

Hier soir, j'étais vraiment fatigué

Peut-être avons-nous un peu joué,

Puis je les ai regardés dormir

pendant une heure en couvrant la lumière

Ils ont souri tout le temps.

Cette vie leur plaît encore

Cette vie leur plaît encore.


Et je vole et je vole lentement

du sixième au premier étage

J'ai peur que ne puisse plus jamais

Dire à ma femme combien je l'aime

Combien cela me plaît quand elle resserre

ses cheveux sur sa nuque,

Que moi, j'entends le chant de l'univers

quand je la vois dévêtue.

 

Et il y a quelque chose qui ne me revient pas

dans le peu de temps qui me reste

ce qu'a finalement fait ce beau gars

qui un matin a pris la mer

sur une barque avec cent autres

pour ne pas mourir de guerre ou de faim

dans un cercueil à demi-submergé

sûr seulement de ne jamais retourner.


Car disons-le honnêtement

Crever à trente ans est un vrai péché

Car je serai arrivé à ce point

au moins à quarante, dans mon pays,

et sans prendre la mer,

voir mon frère mourir noyé

et puis, être enfermé

sans avoir jamais commis un délit

et après la fuite, finir esclave

au milieu des tomates, brûlé par le soleil.

Et ainsi, maintenant, le soleil s'éteint

sur le chantier et tout le ciel,

je suis furieux et j'ai très peur

mais maudire me semble mauvais.

Je veux que mon dernier souffle

se resserre autour de ce que j'ai de plus beau

le visage de Laura, le sourire des enfants.

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 09:28

 

LOUISIANE

Chanson italienne – Louisiana – Litfiba – 1988

Version française – Louisiane – Marco Valdo M.I. – 2008




Litfiba 3

Il s'agit de l'album le plus politique de ce groupe florentin. Politique déjà dès la couverture où figure le portrait de Willy Nelson Darden, un noir exécuté sur la chaise électrique en Louisiane le 15 mars 1988, malgré de forts doutes quant à la culpabilité, exprimés par certains membres du jury. Et au thème de la peine de mort est consacré la splendide chanson : Louisiane.



Oh, Louisiane !

Il pleut sur nous

Nos chaînes

Louisiane

Il suffit d'attendre

et arrive le moment

de chevaucher l'éclair

Louisiane


Oh, Louisiane !

L'ultime cigarette

Mèche de tabac

Puis mon trône explosera

Ouvrez les fenêtres

Sonnez les cloches

Le monstre électrique noir.



Oh, Louisiane !

Il pleut sur nous

Des routes imparfaites

Rien ne veut changer

Mais tout brûle déjà

Brûlent les déserts

de l'humaine charité

Louisiane

Il plut sur nous

Louisiane


Il pleut, il pleut

sur ton continent de papier

Il pleut, il pleut

Un océan de papier.


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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 12:06

TANGO


Chanson italienne – Tango – Litfiba – 1987

Version française – Tango – Marco Valdo M.I. – 2008


Chérie, Chérie

Je voudrais rester encore

Enlace ton cœur et le mien

Il n'est pas, il n'est plus temps d'espérer

L'air est déjà en feu

Et je ne résiste plus

Tout me paraît inutile

Chérie, Chérie

Maintenant, je dois partir

Quelqu'un a décidé pour moi

Il n'est pas clair si parmi nous

Quelqu'un espère encore la guerre

Moi, je chercherai à le tuer

Je ne l'envie pas

Je voudrais seulement le tuer.

Oui, j'ai peur car

je ne peux comprendre

Peur déjà ici

Le ciel est en feu

Chérie, Chérie

je voudrais rester encore

Et vivre libre

Mais toute guerre est sacrée

Ma vie est merdique

Je ne l'envie pas

Je voudrais seulement le tuer

Je ne l'envie pas

Je voudrais seulement le tuer

Je ne l'envie pas

Oui, oh, oui, oh !

Peur car je ne comprends passerelle

Peur déjà ici

Le ciel est en feu

Oui !

Seul... Déjà ... Feu !

Seul ... Déjà ... Feu !

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 11:28

Silvia Baraldini



CHANSON POUR SILVIA.


Chanson italienne – Canzone per Silvia – Francesco Guccini – 1993

Version française – Chanson pour Silvia – Marco Valdo M.I. – 2008




Silvia, la Silvia de la chanson, c'est Silvia Baraldini.

Elle fut arrêtée en emprisonnée aux Zétazunis en 1982 pour sa participation à la lutte pour les droits civiques des Noirs. On la condamna à 43 ans de prison.

Le FBI ( comme le faisaient les polices fascistes...) a plusieurs fois offert à Silvia Baraldini de l'argent en échange de dénonciations. Pour avoir refusé, sa peine fut augmentée de trois ans.


Elle fut enfermée au pénitencier de Lexington où elle fut soumise à un régime carcéral d'isolement, de fouilles corporelles, de censure de la poste, de limitations des visites et de contrôle de tous les instants, y compris les plus intimes. Une « Achtung Banditen ! » en quelque sorte !


Silvia malade d'une tumeur dut être opérée, enchaînée sur la table.

La prison de Lexington fut fermée après la dénonciation des conditions par Amnesty International.

Silvia fut transférée au quartier de haute sécurité de la prison de Marianna.

Un mouvement pour sa libération fut mené pendant des années en Italie; y participèrent entre autres : Antonio Tabucchi, Dario Fo, Umberto Eco, Francesco Guccini et bien évidemment, Alfredo Bandelli auteur lui aussi d'une chanson À Silvia.


Après son extradition en Italie en 1999, Silvia dut encore attendre 7 ans avant de recouvrer la liberté en 2006.





Les cieux d'Amérique sont mille cieux au-dessus d'un continent,

Le ciel de la Floride est une étoffe baignée de bleu,

Mais le ciel, là, en prison, n'est pas un ciel; c'est quelque chose qui couvre

le jour et le jour d'après et encore un autre jour, toujours du même rien.



Et dehors, il y a une route à l'infini, longue comme l'espoir,

et tout au long, il y a un village effiloché : motel, église, maisons, buissons

Des marais où en un temps lointain régnait le Séminole,

Mais autour de la prison, c'est un désert ou souvent danse le vent.


Tant d'années ont passé et tant doivent encore passer

Des jours et des jours et des jours qui font des mois qui font des années et des années amères.

Que reste-t-il à Silvia, là, en prison ? Il ne lui reste qu'à regarder.

L'Amérique dans les yeux en souriant de ses yeux limpides et clairs...


L'Amérique est grandiose et puissante, tout et rien, le bien et le mal,

Des villes avec des gratte-ciel, avec des slums et la nostalgie d'un grand passé,

Des technologies avancées et à l'horizon, l'horizon des pionniers

Mais parfois l'horizon est seulement une prison fédérale.


L'Amérique est une statue qui t'accueille et symbolise, blanche et pure,

la liberté, et du haut, fière, elle embrasse toute la nation.

Pour Silvia, cette statue symbolise seulement la prison

car l'Amérique a peur de cette petite Italienne.

Peur du différent et du contraire, de qui lutte pour changer,

Peur des idées des gens libres, de qui souffre, se trompe et espère.

Nation de bigots ! Maintenant je vous demande de la laisser rentrer

car il n'est pas possible d'enfermer des idées dans une prison...


Le ciel d'Amérique sont mille ciels au-dessus d'un continent,

mais le ciel que tu enfermes là, n'existe pas; c'est seulement un doute ou une intuition;

Je me demande s'il y a des idées qui valent la peine de rester là en prison

et Silvia n'a tué personne, jamais et jamais, n'a rien volé.

Je me demande à quoi on pense le matin quand on retrouve le soleil

ou comment on fait entre ces murs pour chasser sa grande nostalgie

ou quand à l'improviste une averse brise la monotonie,

je me demande ce que fait pour l'instant Silvia pendant que moi ici doucement je la chante...


Je me demande, mais je n'arrive pas à me l'imaginer; je pense à cette femme forte

Qui lutte encore et espère car elle sait à présent qu'elle ne sera plus seule.

Je la vois avec , sur son dos, sa chemise où il est écrit :

Que toujours l'ignorance fait peur et son silence est égal à la mort;

Que toujours l'ignorance fait peur et son silence est égal à la mort;

Que toujours l'ignorance fait peur et son silence est égal à la mort;


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Published by Marco Valdo M.I. - dans Francesco Guccini
5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 11:24

À SILVIA





Chanson italienne – A Silvia -Alfredo Bandelli – fin des années 1980

Version française – À Silvia – Marco Valdo M.I. – 2008



Alfredo Bandelli a longtemps chanté cette chanson; jusqu'à tant qu'il a pu chanter. Dans le répertoire de Bandelli, elle a une chanson-sœur (Bella Bimba – La belle fille sans nom), qui l'a sans doute précédée. [ Je ne sais si tu es au courant , disait Luciano Filippi – Gildo dei Fantardi à Riccardo Venturi, que cette chanson était d'abord intitulée Bella bimba et elle n'avait rien à voir avec Silvia Baraldini. Quand suurvint l'affaire, Alfredo Bandelli utilisa la mélodie de Bella Bimba et ne fit cette splendide composition.], Celle-ci « A Silvia » est consacrée à Silvia Baraldini, une militante pacifiste et anti-raciste italienne qui arrêtée en 1982, fut condamnée à 43 ans de prison et qui fut emprisonnée des années aux Zétazunis en raison de son engagement dans la lutte pour les droits civiques des Noirs. Puis en Italie, après son extradition en 1999; elle n'en sortit qu'en 2001 et ne fut entièrement libre qu'en 2006.


Ce phénomène des chansons-sœurs n'est pas fréquent et mérite qu'on s'y arrête un instant pour en définir les limites. En l'occurrence, il s'agit d'une même musique et d'un texte presque semblable; en somme, une variante. Dans la chanson française, on peut citer « Carcassonne » et « Le nombril des femmes d'agents »... chansons de Georges Brassens ou encore, chez le même Brassens, le mariage de Francis Jammes – auteur catholique et de Louis Aragon – auteur communiste, par le biais d'une musique commune pour « La Prière » du premier et du second : « Il n'y a pas d'amour heureux ».


Par ailleurs, on ne peut passer sous silence la chanson « Canzone per Silvia » que plus tard, Francesco Guccini consacra à son tour (1993) à cette militante des droits de l'homme (fût-il noir...).



Silvia est renfermée dans sa cellule

à cause d'un rêve, pour un idéal,

dans cette Amérique sœur

progressiste et libérale.

Condamnée à la mort lente

dans une prison spéciale

par le maître blanc et fort

en son juste tribunal.

Non, il ne s'arrêtera pas

ce combat ne s'arrêtera pas !

Non, il ne s'arrêtera pas

égalité, paix et liberté !


Écoutez votre conscience,

démocrates et chrétiens,

qui siégez à toutes les tables

qui serrez mille mains.


Rendez à Silvia un peu d'air,

rendez à Silvia un peu de vent,

pour qu'elle puisse défaire

ses ailes du ciment !

Non, il ne s'arrêtera pas

ce combat ne s'arrêtera pas !

Non, il ne s'arrêtera pas

égalité, paix et liberté !


Et vous muets, arbres fatigués

Soulevez vos racines

vous, oui vous, camarades avancez

sans sourires hypocrites.


À bas les barres, à bas les gendarmes,

ce sera la liberté ou les flammes !

Que chaque Silvia soit recueillie...

ce sera liberté ou révolte !

Non, il ne s'arrêtera pas

ce combat ne s'arrêtera pas !

Non, il ne s'arrêtera pas

égalité, paix et liberté !

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 11:20



LA BELLE FILLE SANS NOM

Chanson italienne – Bella bimba – Alfredo Bandelli – 1988

Version française – Belle fille sans nom – Marco Valdo M.I. – 2008


Alfredo Bandelli a longtemps chanté cette chanson; jusqu'à tant qu'il a pu chanter. Il lui a donné une chanson-sœur qu'il a consacrée à Silvia Baraldini, une militante pacifiste et anti-raciste italienne qui arrêtée en 1982, fut condamnée à 43 ans de prison et qui fut emprisonnée des années aux Zétazunis en raison de son engagement dans la lutte pour les droits civiques des Noirs. Puis en Italie, après son extradition en 1999; elle n'en sortit qu'en 2001.

Ce phénomène des chansons-sœurs n'est pas fréquent et mérite qu'on s'y arrête un instant pour en définir les limites. En l'occurrence, il s'agit d'une même musique et d'un texte presque semblable; en somme, une variante. Dans la chanson française, on peut citer « Carcassonne » et « Le nombril des femmes d'agents »... chansons de Georges Brassens ou encore, chez le même Brassens, le mariage de Francis Jammes – auteur catholique et de Louis Aragon – auteur communiste, par le biais d'une musique commune pour « La Prière » du premier et du second : « Il n'y a pas d'amour heureux ».



Où cours-tu si essoufflée

Belle fille sans nom ?

Où emportes-tu ton joli visage ?

Où emportes-tu tes ondulations ?


Je vais retrouver mon compagnon

qu'ils ont mis en prison

Lui porter mon cœur

Lui porter cette fleur.


Va, belle fille, va

égalité, paix, liberté.

Va, belle fille, va

égalité, paix, liberté.


Où cours-tu si essoufflée

Belle fille sans nom ?

Où emportes-tu ton joli visage ?

Où emportes-tu tes ondulations ?


Je vais rejoindre mes camarades

qui ont été licenciés

Je vais demander justice

pour tous les exploités.

Va, belle fille, va

égalité, paix, liberté.

Va, belle fille, va

égalité, paix, liberté.

Où cours-tu si essoufflée

Belle fille sans nom ?

Où emportes-tu ta rage ?

Où emportes-tu tes ondulations ?

Je vais dans les rues marcher

contre l'arme nucléaire

contre toutes ces sales guerres

qui détruisent la terre.


Va, belle fille, va

égalité, paix, liberté.

Va, belle fille, va

égalité, paix, liberté.


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