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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 17:43

TÉLÉGRAMME AU PRÉSIDENT

 

Version française – TÉLÉGRAMME AU PRÉSIDENT – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Telegramma al presidente – Franco Trincale – 1971

 

 

 

Le Président (de la République) en question n'était pas encore Giorgio Napolitano, mais une autre vache sacrée de la social-démocratie italienne, Giuseppe Saragat.

 

Bien que datée de 1971, il y a quarante ans, cette chanson reste d'une brûlante actualité... En somme, il n'y a pas un mot à y ôter... Nous en sommes toujours au temps des assassins...

 

 

 

Monsieur le Président, vous faites tant de télégrammes

Envoyez-en un, même un peu court

Au père d'un enfant mort de faim.

Adressez-le à Venise

Pas à la Mostra ni au casino

Mais dans une maison qui branle

Pleine de trous et sans chauffage

Où seuls les rats peuvent se nourrir.

 

Votre Seigneurie, qui télégraphiez à la police

Envoyez-en un à la pauvre mère

D'un enfant tué par la bourgeoisie...

 

Vous étiez si indigné

Par ce policier tombé en service

Un télégramme alors vous avez envoyé

Dénonçant d'imaginaires auteurs de ces sévices

Maintenant que vous savez qui sont les assassins

De nos pauvres bambins

Ce sont ceux qui laissent pourrir les vivres

Et qui par la faim les empêchent de vivre.

 

Alors, Monsieur le président

Envoyez un télégramme urgent

Et indiquez dessus que les gouvernants de l'État

Tuent les fils du prolétariat !

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 17:42

L'ORDONNANCE

Version française – L'ORDONNANCE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – L'attendente – Franco Trincale – 1971


Une histoire d'ordonnance... Entre deux guerres... Chveik [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8859&lang=it]] est monté en grade... Le Lieutenant est devenu capitaine....

 

 

Ma chère maman, je viens t'annoncer

Que le capitaine m'a envoyé

À un cours spécial auquel je dois me tenir

Et qui, dans le civil, pourra me servir.

 

J'apprends à faire la cuisine

À dépoussiérer les plafonds et les meubles

Je suis devenu un excellent ordonnance

Et le capitaine m'a engagé de confiance.

 

C'est pourquoi, maman, je veux t'informer

Que mon adresse a changé

Maintenant, c'est chez mon capitaine

Que le balai à la main, je sers la patrie à longueur de semaine.

 

Tralalala, tralalala, lalalalala

 

Et de jouer ainsi à l'ordonnance

J'ai gagné la confiance

De la femme de mon capitaine

Qui me confie sa bestiole naine...

(Ouah, wa !) je sers ainsi la patrie

En menant le chien faire pipi.

 

J'accompagne l'enfant à l'école

Et puis je passe au marché

Acheter la viande, le caviar et l'alcool

Pour nourrir la patrie-officier

Pour moi qui suis simple soldat, il y aura

Une gamelle pleine de rata.

 

Tralalala, tralalala, lalalalala

 

Après quinze mois de comédie

Le capitaine me congédie

Me salue et me congratule

Et me dit avec émotion :

« Bien, tu es un brave. C'est un honneur d'être soldat.

Tu as bien fait ton devoir ! Ainsi, mon garçon,

Tu as servi la patrie et tu as appris sur le tas ! »

 

Enfin, maman, me voici libéré

Et ne pleure pas si j'ai … maigri

J'ai donné dix kilos au pays

Et quand je mourrai, je serai décoré.

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 09:15

BALLADE DE L'OUVRIER

Version française - BALLADE DE L'OUVRIER – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne - Ballata dell'operaio – Franco Trincale – 1968


Des rythmes gris du quotidien...

 

Une chanson jubilatoire....

 

 

 

Le réveil sonne, je saute du lit

À la hâte je file au boulot

Hi, hii, hiiii, hiiiii

À la hâte je file au boulot

 

La sirène crie, je suis là
Et à huit heures, je suis au boulot

Ha, haa, haaa, haaaa

Et à huit heures, je suis au boulot

 

La sueur coule, il fait trop chaud,

Je compte les heures au dur boulot

Ho, hoo, hooo, hoooo

Je compte les heures au dur boulot

 

La sirène hurle, il est midi
Arrêt d'une heure, on va manger

Hi, hii, hiii, hiiii

Arrêt d'une heure, on va manger

 

Au bar en face, j'ai mon endroit

Je bois un petit blanc en mangeant

Ha, haa, haaa, haaaa

Je bois un petit blanc en mangeant

 

Une salade de tomates et puis

Il faut retourner au boulot

Hi, hii, hiii, hiiii

Il faut retourner au boulot

 

La sirène chante, sept heures enfin

C'est la fin du turbin

Enfin, fin, fin, fin

C'est la fin du turbin.

 

L'enveloppe tant attendue

Je l'ai retournée au patron

Hue, huue, huuue

Je l'ai retournée au patron

 

Sonne, sonne sirène de l'ouvrier

Qui va pouvoir se revenger

Hé, héé, hééé, héééé

Qui va pouvoir se revenger.

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 20:54

LA BALLADE DE L'INCARCÉRÉ

Version française - LA BALLADE DE L'INCARCÉRÉ ( ou La Marche du prévenu)– Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne - La ballata del carcerato – Franco Trincale – 1967

 

Je me suis gouré une seule fois ? (dit le prisonnier) Et toi, étais-tu toujours innocent ? Mais cela ne compte pas. Tu as été en prison et dès lors, tu es marqué pour la vie, définitivement.

 

 

Ah, Lucien mon ami l'âne, il y a pire que d'être âne chez les humains,

 

 

Ah, je me demande bien quoi,mon ami Marco Valdo M.I., car je n'ose imaginer pire destin que le nôtre.

 

 

Et bien, c'est d'être incarcéré. Lucien l'âne mon ami... C'est un destin pire que le tien ou celui de tout autre âne...C'est un destin des plus pénibles que celui de prisonnier. Sais-tu au moins de quoi il s'agit ? Sans doute...

 

 

Certes, je l'imagine, car nous les ânes on est prisonniers depuis tant de temps, on est esclaves et enfermés depuis tant de temps, sauf moi qui cours les montagnes et les vallées, moi qui mange le thym à la racine, moi qui me fais un petit quatre heures de menthe et d'herbes sauvages dont vous les humains ne connaissez même ni le nom, ni la saveur.

 

Comme tu sais ce qu'est un destin de prisonnier, je ne dois pas te l'expliquer... Mais sais-tu ce qui se passe chez les humains – et seulement, chez eux – car chez les ânes et toutes les autres espèces, cela ne se passe pas ?

 

 

Mon ami Marco Valdo M.I., je ne peux que l'ignorer. Tant que tu ne me dis pas de quoi il s'agit, je ne peux que faire des supputations...

 

 

Je t'explique... Voilà, que l'on condamne quelqu'un à être enfermé à vie en raison du fait qu'il présente réellement un danger pour les autres, un danger mortel ou en tous cas un grand danger, s'entend... Je le comprends parfaitement. C'est à la fois nécessaire et c'est une aide pour la personne qui ne peut maîtriser ses pulsions, ses impulsions, son agressivité... Une personne qui ne peut mesurer ses gestes et ses comportements. Bref, un danger public... Et il y en a... On doit l'aider à ne pas commettre l'impardonnable, on doit aider les autres pour qu'ils ne soient pas victimes du mal de vivre de celui-là, du mal à vivre, de la difficulté qu'un de nous peut avoir à maîtriser certains débordements libidineux ou sadiques, ou que sais-je ? Dictatoriaux, d'avidité, de délire de pouvoir, de volonté de puissance ou d'envie de domination ou de pouvoir... Qu'on les mette hors d'état de nuire, je trouve même que c'est une nécessité vitale pour l'humaine nation... Imagine qu'on ait enfermé ainsi Adolf ou Benito, Franco ou d'autres du genre... Pour ne parler qu'au passé... On eût aisément évité quelques dizaines de millions de morts... Pour d'autres, on éviterait à des milliers et de millions de gens d'indésirables destinées... Et pareil pour les amateurs, les artisans du crime ou délit qui n'en commettent que par unité... Bref, il faut d'une part, placer la chose sur le plan de la salubrité publique – il s'agit de tenir à l'écart tout tueur, escroc, etc..., disons manuel, artisanal et aussi, sur le plan plus général de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leurs richesses, de renforcer leur domination , d'étendre leurs pouvoirs, de développer l'exploitation, d'augmenter leurs plus-values... Là, on retrouve la grande dimension...

 

En somme, c'est la même chose, sauf que l'escroquerie, l'usage de la force et autres marques de puissance et d'avidité passent au stade supérieur. On passe du petit artisanat au niveau de l'industrie. On passe du niveau individuel ou du petit groupe à celui de grands groupes, de l'État ou de peuples entiers. Dans la Guerre de Cent Mille Ans, comme dans ses divers épisodes, on passe de l'unité aux dizaines de milliers, aux millions. Les outils aussi changent : on passe du couteau à la bombe à fragmentation, à phosphore, atomique... mais ces gens-là, eux, la plupart du temps, arrivent à échapper aux mesures prophylactiques...

 

Pour en revenir à la canzone, elle raconte l'histoire d'un gars qui finit par sortir de prison (dans ta précédente nomenclature, un artisan, en quelque sorte) et qui doit se réinsérer dans la société telle que nous la connaissons (travail obligatoire, chômage, misère...), alors qu'il est marqué d'infamie (il a été en prison, c'est un délinquant...)... et qu'on (les patrons) ne veut pas de lui... Et bien évidemment, de ce fait, il y repique... à son artisanat.

 

 

Que veux-tu qu'il fasse d'autre ? Ainsi va (mal) le monde des humains, où la société des riches et des possédants écrase les pauvres... J'entends encore ce que me disait (et redit en sa ballade) ce poète français avec qui je me baladais du côté de Montfaucon... « Frères humains … N'ayez les cœurs contre nous endurcis » [[http://www.youtube.com/watch?v=cDDl01I5KA4]] ou [[http://www.youtube.com/watch?v=_69nDyRaiYs&feature=related]], le François Villon et puis aussi, ce que disait Rutebeuf [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=9138&lang=it]] : « Ne convient pas que vous raconte Comment je me suis mis à honte En quelle manière ». Ainsi, au nom de la poésie qui est la voix des poètes et des gens de misère, qui est la voix de notre fraternité, tissons, Marco Valdo M.I. mon ami, le linceul de ce vieux monde injuste, impitoyable, insensé et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Signe-toi à peine sorti

Et dit : « Je ne veux plus revenir ici

Je cherche un travail qui doit être meilleur

Que de rester là à attendre à l'intérieur. »

 

 

Passent les jours, cherche, prie et implore

Et tu ne trouves pas de travail encore

Désespéré, tu as la tentation

Et tu dis : « Non ! Je ne retourne pas en prison ! »

 

 

Et finalement, tu commences à travailler

Mais ton patron vient d'apprendre ton passé

« Rien à faire ! », tu es licencié,

Ce moraliste ne peut pardonner.

 

 

Tu cherches un emploi, mais personne ne te veux

Tu portes la « marque de l'inculpé »

Le seul métier qui te reste, c'est de voler

Tu voles de faim et déjà, à nouveau, ils t'ont condamné.

 

Telle est l'histoire d'un homme désespéré

Qui portait la « marque de l'inculpé ».

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 09:36

CANTATE DE LA LUPARA

 

Version française – Cantate de la Lupara – Marco Valdo M.I. 2008
(avec l'aide d' Angelo Santamaria)

Chanson sicilienne – La cantata della lupara – Franco Trincale

 

 


La mort de Salvatore Carnevale en 1955 à Sciara (Sicile) et la lutte que sa mère, Francesca a voulu mener devant les tribunaux contre la mafia est encore aujourd'hui la référence pour les femmes siciliennes qui mènent la lutte contre la pieuvre. Ce combat de Francesca est au centre d'un excellent livre de Carlo Levi intitulé "Le parole sono pietre". "Le parole" sont précisément celles que Francesca, mater dolorosa, lançait contre la mafia.
A noter que dans ce procès, qui fut renvoyé sur le continent, les avocats des parties étaient notamment : pour porter la voix de Salvatore mort et accuser la mafia : Sandro Pertini (antifasciste, partisan, socialiste) et pour défendre la mafia : Giovanni Leone (Démocrate Chrétien). Sans (autres) commentaires.
Tous deux deviendront ultérieurement Présidents de la République italienne. Giovanni Leone en premier lieu, qui dut démissionner et Sandro Pertini prit sa succession.


Ballade sur la mort du syndicaliste Salvatore Carnevale, tué par la mafia de Sciara, Palerme, le 16 mai 1955.

 


Elle a chanté la lupara
Encore un mort hier soir
C'était un grand travailleur
Il s'appelait Salvatore.

Il reposait sous un arbre
Comme s'il dormait
Malheureusement, il était assassiné
De deux coups de lupara.

Il avait été sur le continent
Dans les grandes usines
Il avait été ouvrier
Et était revenu expérimenté.

Et il parlait à ses camarades
Tandis qu'il travaillaient
D'améliorer le sort
Des paysans sans terre.

Salvatore, en rentrant
Des usines
Du continent
Revint plus émancipé,
Plus expérimenté,
Et il parlait à ses camarades
Aux manœuvres
D'occuper les terres
De se rebeller,
Contre l'oppression
De leur grand
Patron agraire, mais...


Le patron l'appela
« Calme-toi, ô Salvatore,
Tu es un homme avisé.
Si tu veux être sauvé. »
Des gens vils et malfaisants
De la race des sans cœurs
qui veulent commander
par la loi de la lupara.

Et Salvatore continuait
À parler, et il n'avait pas peur,
Et il parla aux gars :
« Les gars! Les terres
Allons les occuper,
Nous devons nous rebeller
Comme font les ouvriers
Du Nord, tous unis
Contre les patrons.”
Salvatore ne cédait pas
Aux chantages, et ainsi
Les patrons ont payé les mafieux,
Les exécuteurs de crimes
Qui se postèrent
Derrière une haie,
Et au moment où Salvatore
S'en allait au travail
Ils le tuèrent en traître.

Et on a mis une pierre
Où gît Salvatore
Avec, gravée, une inscription
Qui fait pleurer le cœur.

Et l'inscription sur la pierre
Où est la tombe
De Salvatore Carnevale dit ceci :

« Dans l'obscurité du matin
Les mafieux de la Sciara.
De deux coups de lupara
Assassinèrent Salvatore. »

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 09:14

LETTRE DU SOLDAT

Version française – LA LETTRE DU SOLDAT – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne - Lettera del soldato – Franco Trincale – 1970

 

 

La lettre d'un jeune militant syndical qui fait son service militaire à sa mère. Une lettre vieille de quarante ans ! Mais l'armée n'a pas changé entretemps... au moins dans sa substance.

 

 

Oh maman, maman, me voilà soldat,

Je suis déjà fiché, ils savent tout de moi

Le commandant a mon dossier

Écrit au village par les carabiniers

Il y a les dates, les manifestations,

Il y a les grèves contre les patrons

Ils connaissent le journal que je lisais

Et les camarades que je fréquentais

Et à la fin de cette liste,

Ils ont écrit : syndicaliste.

 

Le commandant de mon régiment

M'a fait un long avertissement

« Tu es ici, qu'il a dit pour faire le soldat

Tu dois défendre la patrie et l'Otan

Et de toute pensée, débarrasse-toi

Pas de politique ! Sinon, crac dedans !

 

Et mes jours de liberté

Le commandant me fait surveiller

Avec les camarades, je ne peux pas parler

Seulement avec un aumônier

Et c'est un démo-chrétien enragé

Qui veut changer mes idées.

 

Oh maman, maman, je dois aller soldat,

Je suis déjà fiché, ils savent tout de moi

Mon camarade qui a contesté

Trois jours, ils l'ont emprisonné

Oh maman, maman, quand ici, on ne se tait pas

Même si on est en temps de paix

On est en guerre quand on est soldat

On t'arrête et on te fais un procès.

 

Mon pauvre père est mort partisan

Pour faire la République en Italie

Moi, je suis soldat pour l'Italie

Je ne veux pas défendre les patrons et l'Otan !

Moi, je suis soldat pour l'Italie

Je ne veux pas défendre les patrons et l'Otan !

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 19:37

BALLADE POUR ALFREDO ZARDINI

 

Version française – BALLADE POUR ALFREDO ZARDINI – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Ballata per Alfredo Zardini – Franco Trincale – 1971

 

 

« Quand les Albanais ou les Roumains, c'étaient nous... », il y a seulement quelques années...

Alfredo Zardini (Province de Belluno, 1931 – Zurich, 20 mars 1971) était un travailleur italien émigré en Suisse, tombé victime d'une agression xénophobe.

Après avoir grandi et appris son métier de menuisier dans son pays natal dans le Cadore (Vénétie), à 40 ans Zardini trouva une opportunité de travail comme charpentier dans une entreprise de Zurich.


Ces années-là, la Suisse accueillait un million cent mille travailleurs étrangers, dont environ 650.000 italiens. …

Marié et père d'un enfant, arrivé depuis quelques jours dans la ville et n'ayant pas encore appris un mot d'allemand, à cinq heures du matin le 20 mars 19781, Zardini sortit pour se rendre au rendez-vous avec son futur patron. Le long de la Langstrasse, il s'arrêta pour boire un café... À une table se trouvait Gerhard Schwitzgebel, 35 ans, fiché par la police, comme militant « contre les étrangers ».
Schwitzgebel, carrément bourré et fort de sa prestance (136 kg), attaqua Zardini et le frappa à mort dans l'indifférence des spectateurs. Privé de vie, Zardini fut déposé sur le trottoir et laissé sans secours. Il mourut dans l'ambulance qu'on appela finalement bien plus tard. .

 

Ce n'est que deux jours plus tard que la presse suisse rapporta l'événement, en tenant à souligner qu'il n'avait rien à voir avec la xénophobie. La plupart des quotidiens plutôt que de condamner le cynisme glacial avec lequel on avait abandonné la victime sur le trottoir, crut opportun de stigmatiser le comportement des italiens, qui pour protester, n'avaient pas travaillé le lundi suivant. La municipalité suisse se limita à clore l'affaire en remboursant les frais de rapatriement du corps.

Grâce à des témoignages du tenancier et des autres témoins, Schwitzgebel fut condamné en 1974 à seulement 18 mois de réclusion....

 

Quel étrange pays, la Suisse, mon ami Lucien l'âne. Très accueillant seulement si tu as de l'argent... Je veux dire beaucoup d'argent... Pour ce qui est de l'argent, en effet, la Suisse n'est en rien xénophobe; elle serait même farouchement xénophile...

 

Quel étrange et méchant pays en effet, dit Lucien l'âne en grattant furieusement le sol de ses petits sabots noirs comme le deuil, que cette Suisse qui condamne quasiment à vie (c'est-à-dire à la mort lente en prison) quelqu'un qui n'a pas tué (tous les témoignages concordent) – en l'occurrence, Marco Camenisch, toujours en prison actuellement (l'affaire date de 1982), dont le tort principal est d'être écolo-anarchiste, anticapitaliste, libertaire, défenseur des alpages contre l'invasion des rupins et des bétonnages touristiques... et (cette même Suisse) qui n'inflige que quelques mois de prison à un assassin raciste, avéré.

 

Comme quoi, Lucien l'âne mon ami, il importe vivement de continuer à tisser tranquillement mais obstinément le suaire de ce vieux monde xénophobe et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Oh ma chère femme, mes chers petits,

Mon cœur pleure de devoir vous laisser

Je vais en Suisse chercher du travail

Pour vous donner un lendemain meilleur.

 

Ne pleure pas ma chérie, ce n'est qu'une question de jours

De Zurich, Alfredo écrivait ainsi

Tandis qu'il cherchait chaque jour un logement

Pour recueillir les siens près de lui.

 

Et chaque soir, il serrait sur sa poitrine

Le portrait de sa femme et de ses enfants

Pour trouver la force et le courage

De supporter les insultes des étrangers.

 

Vous êtes des Tziganes, vous autres Italiens

S'entendait-il dire par ces gens étrangers,

Vous êtes des rôdeurs à la recherche de pain !

Il était traité comme un chien

Et un soir dans un bar de Zurich

Contre Alfredo la furie raciste

Se déchaîna avec une violence jamais vue

Et il fut tabassé jusqu'au sang.

Et,laissé mourir, à l'abandon

Par ces lâches et cruels assassins

Qui déshonorent les citoyens

Et les sentiments de l'humanité.

Et à présent Alfredo est rentré en Italie

Dans un cercueil avec le billet payé

Par ce gouvernement qui l'avait insulté

Maltraité et laissé tuer.

Suisse, tu offenses les traditions

Des gens honnêtes et travailleurs.

Et pour çà, tu pleures. Honte à toi ! Répare !

Sinon demain, prépare ton cercueil.

Il y a chaque jour un train à la gare

Qui a l'enfer comme destination

Pour l'émigrant, c'est son destin :

Aller chercher du travail et trouver la mort.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 11:41

LA MONTRE DU DOCTEUR GUIDA

 

Version française – La montre du Docteur Guida – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne - L’orologio del dottor Guida - Franco Trincale - 1969

 

La canzone di Franco Trincale est commentée en ces termes à la page 15 de la revue A-Rivista Anarchica ( n° 3) d'avril 1971 :

" Franco Trincale inculpé.

Le chanteur populaire connu Franco Trincale a été inculpé auprès du juge de Livourne pour le délit d' « outrage aux forces armées ». Cette dénonciation porte sur une ou plusieurs chansons du répertoire de l'ex-chantauteur sicilien, qui dans les dernières années s'est toujours plus politisé au contact direct des exploités; ce fait n'a certainement pas plu aux autorités, qui ont déjà cherché plusieurs fois à l'intimider. Durant le festival-pop de Palerme, par exemple, des policiers bloquèrent la sono, en empêchant ainsi les 10.000 jeunes spectateurs d'écouter les ballades politiques de Trincale et ils « séquestrèrent » l'artiste en lui annonçant une plainte pour son « Lamento per la morte di Giuseppe Pinelli » et pour sa ballade «  L’orologio del dottor Guida », dirigée contre l'alors procureur de Milan, complice direct de l'assassinat de Pinelli. »

 

 

 

La montre du Docteur Guida

S'est arrêtée en ces temps-là;

Il la porte toujours à son poignet,

Il ne veut pas la réparer,

Il ne le veut pas, il ne le veut pas

Il ne veut pas la réparer.

 

Ses aiguilles se sont arrêtées

Quand tomba l'oppresseur;

Le fascisme est abattu

Mais il reste le bon procureur

Mais reste, mais reste

Mais reste le bon procureur.

Il commença sa carrière

En pratiquant un beau métier :

Aux glorieux antifascistes

Il servit de geôlier

Il servit, il servit

Il servit de geôlier.

Homme dur et bien taillé

Aux idées très claires,

Il est arrivé à Milan

Pour ramener le calme

Pour le calme, pour le calme

Pour ramener le calme.


Et il consulte sa montre

Encore arrêtée à ce moment,

Et il voudrait faire des exemples

Comme il faisait en ces jours-là

Comme il faisait, comme il faisait

Comme il faisait en ces jours-là.

 

 

Mais on n'en est plus

Aux purges et aux matraques

Et Milan criera :

La répression ne passera pas,

La répression, la répression

La répression ne passera pas !


 

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