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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 08:44

ALMIRANTE

Version française – Almirante – Marco Valdo M.I. – 2009
Chanson italienne – Almirante – Roberto Benigni – 1972



Pour résumer les chapitres précédents : L'Italie avait connu vingt ans d'un régime assez douteux, dont les relents méphitiques avaient empoisonné le monde entier et failli le faire crever. De ce magma en putréfaction, on vit ressurgir, parmi bien d'autres qu'on avait épargnés, Giorgio Almirante qui recréa ( dès 1946) le parti fasciste – officiellement interdit – sous le nom de Mouvement Social Italien. Mêmes méthodes, mêmes odeurs. Mêmes prétentions, mêmes ambitions. L'objectif d'Almirante était de faire renaître l'Italie fasciste, de réimplanter les semences de la bête immonde. L'affaire allait bon train déjà. Nous étions en 1972. Almirante rebâtissait l'avenir du fascisme. Du M.S.I., on passa à l'Alliance Nationale et comme pour paraphraser le divin marquis, on conclura : « Italiens encore un effort pour réinstaurer le régime... »

Roberto Benigni, jeune artiste toscan, crachait toute sa colère contre Almirante et tout ce qu'il représentait. C'était en 1972. Pour le reste, voir le commentaire de Riccardo Venturi sur Canzoni contro la guerra (http://www.prato.linux.it/~lmasetti/canzonicontrolaguerra/index.php?lang=it)... Nous sommes en 2009.

Moi aussi, j'aimais beaucoup Benigni.

Allons donc relire « Non Mollare » publié à Florence le 12 avril 1925 et ses principes essentiels. Résumons : ne jamais se commettre avec le régime ou avec ses affidés.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.



Petite note explicative : Les personnages cités : Terracini, Pajetta, Natta ou Ingrao, Lama et Berlinguer étaient tous des responsables en vue du Parti Communiste Italien.

Fils de la lupa – jeune fasciste, équivalent du louveteau chez les scouts; Ballila : idem, scout fasciste.







Maudite soit l'heure,

Le jour, la seconde

Où deux emmerdeurs

Te mirent au monde.


Maudite, l'heure soit,

Le jour et l'année

Où ta mamma te donna

Ta première tétée.


Maudite soit l'heure de la nuit

Et plus encore la nuit de sabbat

Où un crétin te convainquit

D'être un fils de la lupa.


Si fallait te maudire

Je ne saurais comment en finir

Maudit soit ce jour-là

qui te fit ballila.


Maudite soit l'heure

de cette année calendaire

où mille crétins de malheur

te firent secrétaire.


Maudite la personne de choix

Qu'elle se sente toujours mal

Qui pour la première fois te parla

De la Droite Nationale.


La porte s'ouvrira.

Sans que tu t'en aperçoives encor

Entrèront les femmes et les amis

de tous les partisans morts.


Ils t'ouvriront la bouche

Et de mai au carnaval

Ils te feront sous la douche

Chanter l'Internationale.


Puis viendra; comment s'appelle-t-il ?

Terracini, non, Pajetta, Natta ou Ingrao

Qui te chiera sur les cils

Tout en chantant Bella Ciao.


À la fin, il s'en ira

Et te voilà content

Mais te pisse dessus Lama

Tout en chantant Siffle le vent.


Un malheur frappera ton ego

Ce sera un accident

Les hommes sont tous égaux

Mais toi, tu es différent.


Ta vessie éclatera (boum !)

Tes couilles éclateront (poum ! Poum !)

En un mois t'éclateront

Trente-trois révolutions.


Que la fièvre te prenne !

Qu'un abcès te tienne !

Que dans ton cul explosent

Toutes les bombes que tu poses !


Tous les morts des guerres

Sauteront ta moukère

et un fils te naîtra

Qui à Berlinguer ressemblera !

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 16:20

L'HYMNE DU CORPS LIBÉRÉ – FAITES CACA, PAS LA GUERRE !



Chanson italienne – L'inno del corpo sciolto – Roberto Benigni – 1975

Version française – L'hymne du corps libéré Faites caca, pas la guerre ! – Marco Valdo M.I. – 2008







« Donc mon grand-père, après dîner, prenait le journal sous le bras et disait : « Je m'en vais au champ » (Roberto Benigni)

... il tombe comme un cadeau de Noël pour toutes et tous, puisque à Noël nous sommes tous meilleurs ! Faites caca, pas la guerre !



Faites caca, pas la guerre ! Une chanson de pets... pour la paix. Quelque chose comme La Grande Bouffe en chanson.

Cette canzone de Roberto Benigni (Ah ! Le bon petit diable ! Ah ! Le monstre !), pas seulement canzone, un hymne ! La chose est des plus solennelle et c'est bien le moins compte tenu de la performance quotidienne (du moins, on l'espère !) qu'elle suppose, compte tenu du sujet et de la matière. Un hymne digne des plus grands, de Rabelais, de Quevedo (1580-1645) et son chef d'œuvre scatologique : « Heurs et malheurs du trou du cul » d'où l'on retiendra : « Le trou du cul est plus nécessaire que les yeux ; car sans les yeux on peut vivre, mais sans trou au cul, ni vivre ni mourir. »

En quelque sorte, les grands esprits se rencontrent.

Saluons au passage, la sagesse des paysans chinois qui remerciaient le voyageur de bien vouloir déposer son bien sur leur champ.

Quant au lyrisme de la chose, à la joyeuse dose d'ironie qu'elle répand, j'entendais le duo Pierre Dac et Francis Blanche chanter sur l'air du Brazero de Ravel : « L'hymne du Parti ». Une décapante approche de la défécation électorale. Un pas dans l'isoloir et plouf dans l'urne !

Ou encore l'adorable Zazie quand elle disait : « Napoléon, mon cul ! Cet enflé avec son chapeau à la con ! »

Bon appétit à tout le monde ! Et, bien entendu, bonne merde !


Ainsi parlait Marco Valdo M.I.




C'est l'hymne

du corps libéré

Ne peuvent le chanter que ceux qui chient à mort

Si vous vous étonnez

Votre réaction est étrange

Car chier est le propre de l'homme.

Nous nous éveillons et

dès le matin

notre corps songe sur les latrines

Nos membres se posent

au milieu du jardin

C'est l'hymne

L'hymne du corps libéré


Ils nous ont dit vilains

laids et mauvais

mais ce sont des jaloux constipés

Notre corps est sain

Notre regard est pur

Nous sommes ceux qui ont chié tranquillement


Avec des feuilles de courge, de bette ou de vigne

Se curer le cul donne une joie infinie

Dès lors chiez

car c'est démontré

On se cure le cul après avoir chié.


Vive les pots

Bénis soient-ils

Vive les chiottes, les toilettes et les cabinets

Vive les champs

à engraisser

Vive la merde

et ceux qui aiment chier.


Ce qu'il y a de bien c'est quand on est colère
on se calme tout seul en en faisant tout un seau.

Je voudrais la retenir

pendant toute une saison,

et puis avec ma merde, faire la révolution !


Nous irons travailler, remplis de merde

et tout d'un coup, on fait ce qui nous plaît

et à ceux qui nous disent, disent

tu fais ceci, tu fais cela

nous leur chions dessus et nous les noyons jusqu'au cerveau :

Caca géant !

Puanteur majeure !

Merde immense !

Étron canon !

Que la merde qui m'échappe

dégouline sur toi !




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