Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 20:42

CLANDESTIN

Version française – CLANDESTIN – Marco valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Clandestino – Ratti della Sabina

 

 

Espérons que le capitaine ne me voie pas de là-haut

Car je suis clandestin sur ce bateau

Espérons, espérons qu'il ne vienne pas à le savoir

Car je suis un rêveur et il ne peut vraiment pas me voir.

À ses yeux, ce n'est pas un beau métier

Pour lui, je ne suis pas un passager régulier

De ceux qui passent sans mystère

Moi, je suis différent de ces étrangers

Moi, je ne peux pas le faire

 

Et alors, si on veut continuer à naviguer

Il faut le faire en cachette même quand on a un monde à donner

Qui vit dans ton cœur, qui vit loin du boucan

Que font ces gens sur le pont et qui poursuit depuis toujours le mirage du néant.

 

Je préfère rester ici dessous et vivre ainsi ma vie

Certes, il faut le faire, mais c'est plus digne que de céder à la fascination du vide de l'hypocrisie

Je veux dire ensuite quand avec le temps je me serai acclimaté

Je ne trouve même pas laide la sombre chaudière de ce steamer.

J'espère toujours que le capitaine ne vienne jamais me chercher

Car on sait que les clandestins, on les jette à la mer

Où est prêt le requin qui profitera de la situation :

Il met une croix sur tes jours et sa conscience n'y voit pas d'objection.

 

Espérons espérons que le capitaine ne vienne pas

Voler cette nuit dans mes rêveries

Cette étoile si belle qui éclaire ma voie

Douce épouse de mon temps, douce dame Utopie.

Repost 0
13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 21:17

DAME PATRIE



Version française - DAME PATRIE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Signora patria – Ratti della Sabina – 2001

 

 

 

J'avais quatre filles nées des sillons de ma terre

Mais le destin contraire, un jour, me les a emportées

Leurs noms : « Amour », « Paix », « Justice » et « Liberté »,

Trahies par la vie , il y a déjà si longtemps.

 

J'avais quatre pétales de rose dans mon jardin

Qui perdirent leur tige dans le froid d'un matin,

Quand entrèrent « Vice » et « Pognon », venus de loin

Pour violer leurs rêves, pour les arracher des mains.

 

Maintenant, il me reste le souvenir qui se perd d'un jardin défleuri

Et une grande angoisse au cœur pour les nouvelles que j'ai entendues :

« Amour » se vend pour quelques euros sur les trottoirs

À des politiques, à des bourgeois hypocrites, à des affairistes et des prêtres.

 

« Paix » a été assassinée par l'égoïsme qui ensuite, avec un calme extrême

Qui ensuite, avec un calme extrême, montre un visage de plastique

Qui feint de pleurer sa dépouille.

 

« Justice » a eu plus de chance, car elle s'est seulement perdue

Dans la salle d'un tribunal, dont elle ne trouve plus la sortie,

Et que dire de « Liberté », pour qui j'aurais donné ma vie,

Et dont seulement maintenant, je me rends compte que peut-être elle n'a jamais existé.

 

Comme si elle avait été imaginée pour y caser nos illusions et nos espérances

Mais en réalité, j'avais seulement trois filles, victimes des événements et des circonstances

Et maintenant, je peux seulement espérer dans la force de mon nouveau-né

Quand il viendra au jour, ce fils, s'appellera « Futur ».

Repost 0
12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 10:51

 

LA MORALE DES BRIGANDS

Version française - LA MORALE DES BRIGANDS – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La morale dei briganti – Ratti della Sabina – 2003

 

Les temps changent, mais le présent reste un temps sans temps.

 

 

Monsieur le Duc Grazioli :

 

Nous autres souscrits réclamons la somme de 10.000 Lires (je dis dix mille) car nous sommes des bandits menacés de mort, et que nous pouvons faire machine arrière, ni nous ne pouvons travailler, car nous sommes persécutés par le gouvernement, de sorte que nous devons commettre des vols, et rançonner les pauvres qui doivent gagner leur pain, nous devons demander aux nobles millionnaires, et eux doivent répondre, s'ils ne veulent pas subir de graves dommages et déplaisirs, de plusieurs manières, sans qu'il nous faille l'expliquer en ce manuscrit. »

(Berardino Viola, entre la fin de 1899 et le début de 1900).

 

 

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, la chanson d'aujourd'hui raconte une histoire de bandits. Elle me rappelle d'ailleurs une autre histoire de bandits et de brigands de Sicile racontée par notre ami Carlo Levi : http://marcovaldo.over-blog.com/article-22065267.html. Je pense que tu en as connues, toi aussi, toi qui as fréquenté tant de lieux et tant de gens pendant tant de temps...

 

En effet, Marco Valdo M.I. mon ami. J'en ai croisé des bandits dans bien des lieux; spécialement, des bandits paysans, des bandits montagnards. Du moins pour ce qui concerne cette chanson-ci. Laisse-moi te dire, comme cela semble être d'ailleurs ton souhait, que je pense d'après mon expérience ancienne, qu'il y a toujours eu des bandits, mais aussi qu'il y a des bandits de sortes différentes. Il y a comme pour les rats (et comme tu sais, je n'ai rien contre les muridés, c'est juste une référence au bon vieux Jean de la Fontaine), des bandits des villes et des bandits des champs. Déjà, c'est pas pareil. Et puis, il y a, comme pour les autres professions, les bandits du type artisanal, les bandits pauvres en quelque sorte et les bandits industriels ou financiers; les bandits (des) riches. D'ailleurs, je pense qu'à ce niveau, ce ne sont plus vraiment des bandits. Ce sont des entrepreneurs en banditerie, des hommes (ou des femmes) d'affaires qui finissent par étendre leur emprise sur des villes et des régions entières, des pays, des états, des fédérations et des confédérations entières, des continents, le monde entier et cela dans bien des domaines de l'activité humaine – illicites et même, officiellement, licites. On ne saurait confondre l'un avec l'autre, le paysan sans terre et le latifundiaire.

 

Je commence à comprendre et à suivre le fil de ta pensée. Selon toi, mon cher Lucien l'âne, il y aurait à distinguer entre brigands et gangsters, entre bandits et mafieux, en quelque sorte. L'affaire me semble complexe...

 

Elle l'est d'ailleurs, dit Lucien l'âne en souriant de son piano aqueux. Et pour en revenir à la chanson, au bandit, brigand Berardo, elle pose la limite « Entre celui qui déjeune et dîne / Et celui qui peine au pain. ». Entre celui (homme d'affaires) qui se comporte en parasite de l'ordre existant, s'en contente, y creuse son trou et même le conforte, le protège et le défend, bref, celui qui s'arrange des institutions, qui – quand il le peut – passe des accords avec ses représentants, se coule en elles, qui se hisse même à la tête de celles-ci et celui (le « bandit ») qui s'oppose à cet ordre social écrasant et d'une manière ou d'une autre, appelle à un ordre plus juste, un monde de justice (sociale) et de liberté.

 

Voilà , me semble-t-il, répond Marco Valdo M.I., la réponse à la question de la chanson : « La morale est-elle unique ou Berardo Viola a raison lui aussi ? ». La voici en clair : la morale est comme le monde, elle est à deux vitesses : la morale des pauvres et la morale des riches. La morale des riches a ceci de particulier qu'elle est faite pour protéger l'ordre inéquitable et pour l'imposer comme un carcan aux pauvres. La morale des pauvres, à l'inverse, est libératrice.

 

Ainsi, dit Lucien l'âne pensif, Berardo Viola a raison...

 

C'est bien cela, dit Marco Valdo M.I., Berardo Viola a raison, car son brigandage est rébellion contre l'ordre établi, contre l'extorsion massive du monde par les riches ou les candidats à la richesse... Sa lutte, à laquelle la misère le contraint, c'est une autre facette de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent sans répit contre les pauvres afin d'assurer leurs richesses, leurs pouvoirs et leurs privilèges. Leur morale, la morale des riches est toute simple : que crève le monde pourvu que je le domine et que j'en profite. Et tout est bon pour que j'y arrive : la flatterie, la publicité, le vol, le mensonge, le crime, l'assassinat, le génocide... Tous les moyens, même les plus vils, les plus sordides.

 

Je conclurai pour une fois... Tissons, dit Lucien l'âne, toi Marco Valdo M.I. mon ami, moi et vous tous qui nous entendez, le linceul de ce vieux monde menteur, assassin et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Pour entrer dans l'histoire,

Dans la mémoire fugitive des futurs citoyens

Souvent servent les sous, peu importe comment,

Par mérite ou par méfait, l'important est d'accumuler

Un patrimoine immobilier qui vous rend aussi puissant

Aux yeux des gens, car si tu ne te grandis pas, ils te prennent pour un brigand.

C'est à cela que je pense après avoir lu et relu

La requête de Berardo à un noble boyard

Et je me pose l'énigmatique doute qui assaille le genre humain,

La morale est-elle unique ou Berardo Viola a raison lui aussi ?

Vous ne savez certes pas qu'il demanda cent balles

À un riche et grand seigneur et qu'il vit son garçon qui allongeait la main

Pour voler le grain blond et charger en cachette quatre sacs de la ferme.

Jugeant ce fait un gravissime méfait

Son intelligence aiguë rompit toute réticence

Et Berardo, brigand coupable, eut un éclair de lucidité et dit :

« Mais si le garçon, déjà ,payé par le patron, vole aussi

N'est-il pas légitime, pardieu, comme un homme désespéré

Que je lui vole moi aussi avant d'être fusillé ? »

Je ne crois pas qu'il soit jamais allé à l'école,

Mais Berardo Viola est très subtil.

 

Mais la question est limpide, justement pour qui en sait tant

Et je réponds, oui, Berardo tu as raison, mais en retard

Car le riche quand il est puissant est une personne intelligente

Et s'il ne devient pas un grand, c'est un terrible brigand

Établir ce qui est mal est une entreprise colossale,

Entre celui qui déjeune et dîne

Et celui qui peine au pain.

Je demande à vous professeurs, juristes, messieurs :

La morale est-elle unique ou Berardo Viola a raison lui aussi ?

Repost 0
9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 21:47

 

UNE RAISON DE VIVRE

Version française – UNE RAISON DE VIVRE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Una ragione per vivere – Ratti della Sabina





Voici un très ancien chant KURDE, tel que chanté par les Ratti della Sabina.





Tu sais, Marco Valdo M.I. mon ami, nous les ânes et moi en particulier, nous passons partout et spécialement, dans les pays montagneux. Nous en savons des choses du bout de nos petits sabots. Nous les ânes, nous connaissons les peuples des hommes et spécialement ceux des montagnes... Et nous savons bien des peuples qui rêvent, comme les Kurdes, comme nous, comme moi, de trouver la rose rouge de la liberté. Et nous savons aussi que d'autres peuples ne veulent pas voir fleurir cette fleur... Nous les ânes, nous savons que ces peuples oppresseurs ont grand tort et que d'opprimer un autre peuple ne grandit jamais une nation. Et la chanson a raison, un jour, un jour, peut-être demain déjà, la rose rouge fleurira.



Et pendant ce temps, mon ami Lucien l'âne au grand cœur, avec tous les opprimés du monde, tissons le linceul de ce vieux monde étouffant et cacochyme.



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Je descends par les sentiers de la haute montagne

Je regarde vers la vallée où il y a ma cabane.

Pas après pas, je m'éloigne du ciel constellé,

Je cours vers les lieux où bébé, j'ai entendu chanter

Pour moi, les premières berceuses
Le fleuve déboule, mord les pierres, berce les poissons doucement

Et le saule pleureur se mire dans l'eau

Tandis que de splendides cavaliers paraissent au loin

Sur des chevaux qui hennissent au chant des bergers

C'est un chant étrange qui te prend l'âme et l'esprit

Et fait croître plus encore aux cœurs le désir ardent

D'être libres, de vivre libres

Sur une terre aux mille enchantements.
Une rose rouge fleurira un jour

De tout le sang versé dans la poussière par de jeunes vies.

Ce jour-là, enfin, il y aura

Pour tout un peuple le droit de vivre

Pour tout un peuple, ce jour-là, il y aura

Une raison de vivre.

Repost 0
31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 22:24

LAMENTO

Version française – LAMENTO – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Lamento – Ratti della Sabina





La version française est, en fait, un peu composite; comme il y avait la chanson italienne et le poème allemand qui l'avait inspirée, et qu'il paraissait difficile d'ignorer Hermann Hesse, elle a tenu compte autant que possible des deux et s'est tenue au plus près tantôt de l'une tantôt de l'autre. Exercice périlleux, s'il en est.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.



Il ne nous est pas permis d'être, nous sommes

Seulement un fleuve; nous nous coulons dans chaque forme

Du jour et de la nuit, de la caverne au dôme

Nous passons outre : l'angoisse nous presse.



Nous remplissons forme après forme, sans répit

Aucune ne nous est patrie, joie ou peine

Nous sommes toujours en chemin, toujours hôtes

Aucun champ, aucune charrue ne nous requiert, pour nous ne lève aucun pain.



Et nous ne savons ce que Dieu veut de nous

Il joue avec nous, l'argile dans sa main

Muette et malléable, ne rit ni ne pleure,

Mille fois pétrie, mais jamais cuite.



Ah devenir pierre ! Ah durcir !

Le voilà, notre éternel désir

Et un frisson nous glace éternellement

Et nous ne trouverons pas de paix sur notre route.

Repost 0
31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 20:17

L'INCENDIE

Version française – L'INCENDIE – Marco Valdo M.I. - 2010

Chanson italienne – L'incendio – Ratti della Sabina

 

Vint une nuit

Le monstre de feu aux yeux assassins

Détruire le blé

Descendant de la montagne, au pied du haut-plateau

Manger le travail des paysans

Laissant derrière lui désert et abandon

Brûlant le futur des enfants

Des enfants de l'Homme

Ni faux, ni prière, ni sueur

Ni pluie, ni espoir, ni courage, ni douleur

Ne réussirent à arrêter sa rage méchante

Du brasier et de la haine qui lentement croissait

Et vinrent les enfants de la guerre et du mal

Qui nourrirent la bête, l'égoïsme occidental.

 

Et quand l'incendie fut trop grand désormais

Pour être dompter là sur les montagnes

Dans les campagnes où tout était noir

Les gens confondirent le faux et le vrai


Il n'y avait plus de rêve, ni idée, ni idéal

Tout désormais était noir

Tout, désormais, tout était égal.

Grâce à un sinistre mirage

Caché par le feu

L'homme trompé était attiré

Et dévoré par le monstre

Qui sait si le bon sens tuera la créature

Chassera la peur de la chaleur et des flammes

Qui sait si le futur éteindra cet incendie

Chassera ce mal, enfant du siècle dernier

Qui sait si le futur éteindra cet incendie

Chassera ce mal,

Enfant du siècle dernier.

Repost 0
19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 16:08

LA LETTRE JAMAIS ÉCRITE

Version française – La Lettre Jamais Écrite – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Lettera mai scritta – Ratti della Sabina – 1998



Est-ce une femme, est-ce une enfant ? On ne sait, peut-être les deux ? On ne sait celles que l'amour enveloppe et réclame... L'une peut être fille de l'autre... Allez savoir ! La chose n'est pas claire. Mais toujours les amours s'entremêlent et ont de ces reflets moirés. Le vieux Corneille aurait tout aussi bien pu dire : “L'amour n'attend pas le nombre des années”. Est-ce un jeune soldat, perdu dans un camp, et où et quand, qui s'adresse à sa mie ? Ou est-ce déjà un (jeune) père enlevé à son enfant...

Dans les deux circonstances, c'est l'amour qui est triomphant – amour pour l'amie, amour pour l'enfant, amour pour les deux, amour pour la vie, amour de vivant. Même par delà cette disparition, même par-delà cette lettre qui ne fut jamais écrite de la main d'un vivant. C'est le titre qui le dit...

Tout cela a des parfums de tragédie suspendue dans l'infini du temps...





Douce fille à la chevelure moire.

Tu sais que je pense encore à toi

Et cet hiver glacial passera

Passera même cette nuit noire.



Dans le ciel, nos hirondelles reviendront

Dans les champs, nos marguerites fleuries

Et de nos chemins de pierre, les chars s'en iront

Et pour un temps, disparaîtront de nos vies.



Et un jour, peut-être, je t'embrasserai

Nous déferons cette guerre qui nous a séparés

Même que ce n'est pas la guerre qui me fait peur

C'est de ne plus voir tes sourires, mon cœur.



Douce fille, distante à présent encor

Je te rêve en amie, je te vois en épouse

Même si rêver maintenant demande un effort

Mais tu le sais, l'espérance toujours repousse



Et peut-être c'est juste cela qui nous aide à tenir

Et à survivre à l'horreur de la prison

Cette espérance qui sait partir

Plus haut que le fracas des canons.

Et que nulle barrière ne peut retenir.



Il me revient d'imaginer parfois et je le sens vraiment

Le parfum des champs de blé où mon père

M'emmenait quand j'étais enfant

Cet absurde conflit est si éloigné de ces temps.



Douce fille, je lance tous mes mots au vent

Et aux oiseaux de printemps,

Je leur confie ces pensées

Par le soleil d'un matin enluminées.



Et si pour de vrai, on se retrouve bientôt

Dans ce monde qui paraîtra meilleur

Nous inventerons de nouveaux mots

Nous donnerons aux pétales de nouvelles couleurs.



La guerre n'est peut-être qu'un moment délicat

Mais pense à tous ceux qui ne la raconteront jamais

Et si je devais être de ceux-là

J'espère, myosotis, que jamais

Jamais, tu ne m'oublieras.



Tu dors cette nuit, mon bébé

Puisque le noir ne te fait plus peur

La guerre est finie, l'orage s'est éloigné

Les gens se promènent encore à cette heure.



Maintenant, le temps est venu de recommencer

Tant de sang pour un drapeau

La guerre est finie, l'orage s'est éloigné

Et le calme est revenu à nouveau.

Repost 0
19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 16:08

LA RÉVOLUTION

Version française – La Révolution – Marco Valdo M.I.- 2009

Chanson italienne – La Rivoluzione – Ratti della Sabina



"Et puis nous nous inventerons
Une autre ronde
Qui unira les mains de tous les gars du monde !"
Je ne sais pas à quoi – ou plutôt je le devine bien – ce passage de cette chanson me fait penser. Très précisément à un poème de Paul Fort (Reims 1872 - Montlhéry 1960) , tiré des Ballades françaises : La ronde autour du monde.
Que voici :
"La Ronde autour du monde
Si toutes les filles du monde voulaient s' donner la main,
tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde.
Si tous les gars du monde voulaient bien être marins,
ils feraient avec leurs barques un joli pont sur l'onde.
Alors on pourrait faire une ronde autour du monde, autour du monde,
si tous les gars du monde voulaient se donner la main."

Paul fort a écrit une œuvre considérable, dont Brassens tira quelques unes de ses très belles chansons : Le Petit cheval, Comme hier, L'Enterrement de Verlaine, La Marine...

Cela dit, La Rivoluzione est une très belle chanson....

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.


Parlé:


J'ai vu par un jour triste et froid une fourmi

Donner à la cigale la moitié de ses provisions. Tout changea

Les nuages, les fables, les personnes, généreuse fourmi :

C'est une révolution.


Enfants soyez prêts, prenez position

On part faire la révolution.

Et soyez sages, personne ne se fera mal.

Car cette révolution

Sera un peu particulière.


Réunissons tous les drapeaux

de toutes les couleurs en les cousant ensemble.

Pour en faire

Un seul drapeau,

Plus grand et qui

Contiendrait le monde.

Ce sera l'occasion

Pour enseigner aux grands

Qu'on peut faire la révolution sans armes

Car il n'existe aucun vrai changement

Si la révolution ne se fait pas d'abord dans l'esprit.

Et alors, prenons les mines des frontières

Prenons les toutes et lions les ensemble

Pour les faire devenir un grand cercle explosant

Et autour nous ferons une ronde sur une musique qui fait...

Instrumental


Et vive les couleurs ! Vive les couleurs !

Criez-le au ciel en les extrayant

De toute votre voix

Et offrez la au souffle du vent !

Vive les couleurs, vive les couleurs !

Peintes sur les pétales des fleurs

Vive la joie, vive la vie

Vive les parfums de chaque saison

Et vive le cœur qui s'approche

Pour faire cette révolution.

Pourtant je me rappelle

Qu'il y faut de la conviction

et les bons instruments

pour faire la révolution.

Moi ceux que je conseille,

De par mon expérience,

Ce sont les crayons de couleur

et beaucoup d'imagination !


Alors peut-être, les jambes au cou

Qu'on parte pour de vrai

Faire la révolution

Des couleurs et de la pensée

À la face de ceux qui

Crachent seulement des mots

et ne s'aperçoivent pas

Qu'ils nous dérobent le soleil !

Et un et deux et trois

Que se mette à la file qui est avec moi !

Et un et deux et trois

On y va tous, à la fois !

Marchons fièrement

Comme font les grands athlètes !

Nous devons faire trembler

La terre sous nos pieds !

Et puis nous nous inventerons

Une autre ronde

Qui unira les mains de tous les gars du monde !

Et ne donnez pas raison

À ceux qui veulent séparer,

Et à ceux qui en uniforme font leur révolution !



Instrumental



Et vive les couleurs ! Vive les couleurs !

Criez-le au ciel en les extrayant

De toute votre voix

Et offrez la au souffle du vent !

Vive les couleurs, vive les couleurs !

Peintes sur les pétales des fleurs

Vive la joie, vive la vie

Vive les parfums de chaque saison

Et vive qui veut révolutionner

Le concept-même de révolution.


Repost 0
17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 08:57

L'ÉTOILE DU FOU


Version française - L'Étoile du fou – Marco Valdo M.I. – 2009
Chanson italienne - Il Pazzo E La Stella – Ratti della Sabina


Juste quelques mots pour dire combien cette chanson est belle, et comme elle m'a renvoyé à cette très belle nouvelle d'Henry Miller “Le Sourire au pied de l'échelle” (The Smile at the foot of the ladder) qui évoque de façon tout aussi poignante le destin humain, cette étrange finitude... qui en tracasse plus d'un.
Par ailleurs, le titre italien pourrait et devrait se traduire par Le Fou et l'Étoile, mais voilà, j'ai choisi L'ÉTOILE DU FOU, pourquoi ? C'est comme pour le destin, allez savoir. Sans doute, en une sorte de croisement entre L'ÉTOILE DU BERGER qui rassure jusqu'au cœur du désert et en même temps, et LA DIAGONALE DU FOU souvent oubliée et pourtant si redoutable. Allez savoir...





Il y avait plus de mille étoiles
Dans cette tranche de ciel
Que le fou chaque nuit
Regardait de sa fenêtre.
L'une d'elle, filante, en tombant
tailla en deux le firmament
Dans l'obscurité, éclair brillant
Pour disparaître en un moment.
Ce fut ainsi que le fou ferma les yeux
Et exprima le désir
Que son cerveau malade
Lui permette encore de rêver.
Et il demanda au dieu du vent
Que l'automne prenne par la main
Les feuilles orphelines des arbres
Pour les emmener au loin,
De souffler sur ses pensées
Qui ainsi enfin libérées
Des médicaments et des chaînes
Puissent voler au loin
Loin de ce monde gris
Qui les a classées démentes
Loin de l'hypocrisie
et de la méchanceté des gens.
Mais quand il rouvrit les yeux
Il y avait toujours les mêmes cieux
Et il comprit le cœur en effervescence
Que rien n'avait changé.
Et même si la fleur de l'espérance
Est la dernière à passer,
La sienne avait été cassée
Avant même de pouvoir éclore.
Le fou se rendit compte
Que c'était là son destin,
Mais il se sentait heureux étrangement.
Il offrit une larme au vent.
Il comprit que la vie d'un homme
Est en somme comme
cette étoile dans la nuit obscure.
Elle brille l'espace d'un instant
Le temps que le noir la capture.



Repost 0
17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 08:51

LA LIGNE 670


Version française – La Ligne 670 – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Linea 670 – Ratti della Sabina – 2007

La ligne 670 est une ligne d'autobus de Rome qui passe à côté d'un camp de nomades.


Dans tous les pays de gens sédentaires, il y a pourtant toujours eu maldonne en ce qui concerne les Roms, ce peuple d'éternels migrants, qui vit sur les ailes du vent et de la musique, qui vit avec ses manières qui ne s'accordent pas toujours des tranquillités bourgeoises. « Ils viennent du fond des temps, allant et puis, revenant, les Tziganes... », chantait Léo Ferré. Il disait aussi : « Ce sont nos parents anciens, les Indo-Européens, les Tziganes... ». Ils – les Roms, Tziganes, Gitans... - ont toujours subi d'étranges représailles.

« Dans la Ville Éternelle, où se construisent avec des fleuves d'argent de magnifiques parcours pour que les pèlerins du Jubilé conquièrent leurs indulgences, des enfants Roms et immigrés, selon ce qu'on lit aujourd'hui dans les journaux, conquièrent leurs indulgences bien plus rapidement en mourant de froid dans des camps d' « accueil » pas trop éloignés du Campidoglio et de Saint-Pierre », notait déjà en 1999 l'écrivain Antonio Tabucchi dans l'introduction à son livre intitulé « Gli Zingari e il Rinascimento – Vivere da Roma a Firenze », où il montrait que ce soit à la Renaissance ou dans des temps plus proches, que les Roms n'étaient bien traités ni à Rome, ni à Florence. Le mal est endémique et ne semble pas s'atténuer avec le temps.

Mais diront certains pour défendre l'indéfendable actuel, les Nazis ont fait plus fort et pire encore... Mais les Nazis restent encore parmi les champions du monde du racisme et de l'imbécillité. Et alors, qu'est-ce que les exactions nazies enlèvent aux actuelles ? Les massacres industriels n'atténuent en aucun cas la crapulerie des assassinats à la pièce, l'inexpiable des crimes artisanaux. Le nombre ne change pas la nature de l'horreur.


Tout çà pour dire combien la chanson des Ratti della Sabina dit une réalité ancienne et profonde; combien elle clame une injustice ancienne et profonde, combien elle dénonce un racisme ancien et profond, comme elle met à jour les contours d'une phobie ancienne et profonde.

C'est une autre face, un autre épisode de la Guerre de Cent mille ans, cette guerre que mènent les riches, les puissants, les assis, les installés et tous ceux qui les servent (« les cravates, les cols et les dents blanches », de la chanson ), contre les pauvres et les nomades.

Au fait, que disait François Villon, nomade lui aussi : « Frères humains... »...


Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.


Les enfants jouent, les enfants jouent

Parmi les carcasses d'autos, les lessiveuses et les couvertures

Les enfants jouent, les enfants jouent

Cachés au fond d'un puits où ils noient leurs pensées.

Et le vent les emporte et le vent les accompagne,

Chargé de mer et de mauvaises odeurs.

Le vent est un grand rêve qui arrive du levant,

Il raconte ses histoires et puis disparaît à l'horizon.

Et il court, il court le temps et il danse à pieds nus,

Sur les autos volées qui brillent sous la lune,

Et sur l'asphalte gonflé de chaleur et de sueur,

Des mouches, des moustiques, du vin et des faces au soleil.

Et descendent les étoiles maquillées de neige,

Avec des masques d'argent et toutes leurs dents en vitrine

Et elles apportent des prières et des chansons à jouer,

Quand l'hiver arrive et que chaque nuit est un défi.


Elles ont des yeux taillés dans des faces de serpent

Qui disent des histoires dont il ne faut rien perdre,

Ce sont des jupes colorées, ce sont des mains toujours prêtes,

À parier leur futur sur la bonne aventure.


Et tourne, tourne le soleil en cantilènes étranges

Hurlées à pleine voix entre les sièges du métro,

Entre de vieux accordéons jamais fatigués de jouer,

Qui s'ouvrent et qui se ferment pour qui veut les écouter.

Et à la nuit, il y a les feux qui montent derrière le mur

Qui chauffent des fortunes indifférentes au faux et au vrai

Qui brillent dans les yeux et dans l'écho lointain

De paroles incompréhensibles hurlées contre le ciel.

Ce sont des voleurs, des bandits, des loqueteux, des délinquants,

Des vagabonds, des sans terre, des sales et des je-m'en-foutistes.

C'est toujours mieux que les cravates, les cols et les dents blanches,

De ceux qui donnent d'une main et de l'autre reprennent jusqu'à vingt fois la mise.


Repost 0