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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 15:31

LE CARNAVAL

 

Version française – LE CARNAVAL – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Il Carnevale – Michele Contegno

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, nous voici au Carnaval ! Ici, dans ce pays, on en a un par semaine; un dans chaque commune et généralement, on le prépare par des fêtes prémonitoires... Ainsi, de décembre à l'été, on carnavale de tous les côtés. Et comme tu le sais, le Carnaval est temps de réjouissance et aussi de dénonciation – un peu cathartique je l'admets – des puissants qu'on traîne dans un fleuve de ridicule. Une chanson sur le carnaval, donc, on ne peut manquer de la traduire. D'autant que tu y apparais toi-même en grande pompe... Hihan...

 

Marco Valdo M.I. mon ami, tu sais que comme toi, je connais le carnaval et tu as parfaitement raison, on m'y associe souvent; mais comme tu peux le constater, mon rôle est assez piquant, me voilà promu au rang de prêcheur et de Saint-Just populaire... Cela me convient bien et il me plaît de pouvoir ainsi dénoncer le grand Caïman, le grand saprophage, l'homme qui saccage l'Italie à son propre profit : "et des femmes de bordel

Couvrent d'or et d'écus

Le grand Vizir des Coquerelles !"

 

 

Je ne relèverai pas le côté carnavalesque et graveleux des Coquerelles, sorte de bivalves ou de moules... Cela dit, moi, j'aime beaucoup les crustacés... Comme disait Boby Lapointe, à propos de la maman des poissons : "Elle est bien gentille et moi, je l'aime bien avec du citron..." Alors, Lucien mon ami l'âne, allons-y...

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Au milieu des abois et des pétards

D'une meute de bâtards

Parmi des nuages de pucerons

Dans le flottement des chiffons

Tiré par des cabots

Entre le roi des camelots

Qui ouvre d'un geste royal

Les folies du carnaval.

 

On fait fête et grand boucan

Au passage du roi Caïman

Et la foule lui rend hommage

D'immondes et répugnants coprophages

Apportent oboles et tributs

Des étoffes et des femmes de bordel

Couvrent d'or et d'écus

Le grand Vizir des Coquerelles !

 

Apportent oboles et tributs

Des étoffes et des femmes de bordel

Couvrent d'or et d'écus

Le grand Vizir des Coquerelles !

 

Mille fanfares balayent les rues des villes...

Le carnaval se moque de la civilisation !

 

L'âne étrille les fidèles (hi han)

Valorise les péchés capitaux (hi han)

Dans les enceintes sacrées (hi han)

Raille ses commandements (hi han)

Lance des prêches multiples

De la chaire sur les disciples

Puis il communie et confesse

Pour servir la sainte messe

 

Permettez belle audience

Deux mots en confidence

Car les présages sont noirs

Les temps sont à la merci des loups

Ils rient tous, excepté le fou

Prison sans espoir

L'échange est fait désormais

Entre la vie et un méfait !

 

L'existence est une pute

Qui s'en fout de ton rut

Qui sans sourciller te délaisse

Qui t'épuise entre ses fesses

Où l'homme glisse comme un ver

Esclave du grand Gourou

Au cœur du monde à l'envers

Il boit tout et pisse tout !

 

Où l'homme glisse comme un ver

Esclave du grand Gourou

Au cœur du monde à l'envers

Il boit tout et pisse tout !

 

Mille fanfares balayent les rues des villes...

Le carnaval se moque de la civilisation !

 

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 16:19

CALADRONES, A.D.1636



Version française - Caladrones, a.D.1636 – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne - Caladrones, a.D.1636 - Michele Contegno & La Grande Bevuta


Le titre de cette chanson de Michele Contegno pose une question de traduction. Faut-il traduire « Caladrones a.D. 1636 » ou laisser cette curieuse dénomination baigner dans son mystère ? Après réflexion, mais a-t-il raison, Marco Valdo M.I. pense que les Caladrones doivent être les relations, les chroniques que tenaient les Jésuites espagnols pour l'année 1636. Voir le petit texte en latin à la fin de la chanson :

« Unus Papa non-Urbanus,
unus rex non-Christianus
et cardinalis infernalis,
frater Joseph consodalis… »

et la note qui l'explicite :

Il s'agit d'une partie d'une strophe satirique tirée des relations des jésuites sur l'Espagne du dix-septième siècle. La chansonnette fait allusion en négatif aux puissants de l'époque : non-Urbanus est le pape Urbain VIII Barberini - Maffeo Barberini (Florence, avril 1568– Rome, 29 juillet 1644) (l'homme qui fit condamner Galilée et fit réaliser le baldaquin de Saint-Pierre); un roi non-chrétien (rex non-christianus) est le roi de France « christianissime » Henri IV, roi de France et de Navarre - né Henri de Bourbon (Pau – 1553 – Paris 1610) (l'homme de l'Édit de Nantes, de « Paris vaut bien une messe », celui qui pensa jusqu'à cinquante ans que c'était un os, bref, l'homme de la poule au pot et qu'il faut comprendre selon certains, comme l'homme de la poule au pieu); le cardinalis infernalis – il s'agit de Richelieu (en effet, Cardinal et infernal) quant au frater Joseph, François Leclerc du Tremblay, dit le père Joseph, (1577- 1638 à Rueil) dit l' « éminence grise », de la couleur de sa robe de capucin ; c'est bien le confident et conseiller, y compris militaire du Cardinal de Richelieu.



Quant au pendu présomptif, il doit être le héros du spectacle de Michele Contegno.

N'oublions pas de faire paraître les remerciements adressés à Tom Waits pour « le coq de toutes les trahisons » qui chante en introduction à la chanson.

Pour le reste, tout cela a de fortes odeurs d'Inquisition, même s'il n'y est pas directement question de bûcher. Le peuple s'apprête au grand spectacle de la pendaison, la foule se presse comme pour toutes les exécutions publiques (en ces temps-là, il n'y avait pas la télévision...). Mais il y a un happy-end : le héros s'en sort (par la fugue), ce qui est finalement assez réjouissant.


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