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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:46

ROSSANA

 

 

Version française – Rossana – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Rossana – Mercanti di Liquore e Marco Paolini – 2008.

 

 

 

Chère Rossana, ce n'est pas que je sois enragé,

Seulement je me demande où nous nous sommes trompés

Si ma fille pour trouver un emploi

Doit aller au loin faire le soldat.

Je ne te retiendrai pas, je ne veux pas t'arrêter

Toujours à ta tête, tu ne te laisses pas commander

Tu feras ton chemin dans ce grand marché

Qui bouge chaque jour, qui continue à changer.

Tu ressembles à ta mère, son portrait tout craché,

Je lui avais promis, tu sais, que tu serais diplômée

Et toi, pour étudier, tu as étudié, Rossana

Mais ce n'était pas pour en arriver là ...

Pas pour être soldat, Rossana.


S'il est juste d'exporter le courage italien

Pour montrer au monde qui nous sommes dans les guerres ?

... Que dois-je en dire ? Je n'en sais rien.

Pourtant, vois-tu... Ici, ça ne change rien.

A ton retour, il y aura encore beaucoup à faire.


À présent, il est tard et bientôt je te saluerai.

Puis, j'irai au syndicat pour essayer

De comprendre si ici, tout est terminé

Ou si le travail qui reste peut encore être sauvé.

 

 

De ton père tu peux dire que parfois il t'a manqué
Mais tu ne peux pas me dire que je n'ai pas lutté
Je bois de la boue comme eau potable
Et pour cela aussi, je m'appelle Misérable


... P.S. Rossana, au début, je me suis trompé

Car maintenant que j'y pense, je suis vraiment enragé.

Un travail comme le tien, un travail où on ne peut pas faire grève...

Ce n'est pas pour nous, déserte !

Ton père.


Chère Rossana, ce n'est pas que je sois enragé,

Seulement je me demande où nous nous sommes trompés

Si ma fille pour trouver un emploi

Doit aller au loin faire le soldat.

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:43

L'ITALIE

Version française – L'ITALIE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – L'Italia – Mercanti di Liquore e Marco Paolini– 2005

 

« Quand je l'ai connue l'Italie était déjà femme
De constitution robuste, forte et saine
Plus que travailler, je dirais qu'elle s'agitait,
Et comme elle était grasse, elle suait… »

« Deux bêtes dans l'étable et une chorale de poules,
Qu'on calmait en les serrant par le cou.
Pour nous faire fête, l'Italie s'inventait
Des histoires fabuleuses, tirées d'on ne sait où… »

« Si tu l’emmenais faire un tour, l'Italie en maillot rose,
Montait à l'arrière en voiture car elle était bienséante…
Moitié du siège à elle, et moitié à nous ses frères,
Pas vraiment de Mameli, cependant assez seyants… »

« Quand elle allait dîner dehors, elle dévorait, après quoi
On pouvait se regarder dans le plat,
Et le ventre plein, brusquement elle se levait,
Faisait une révérence, notre Italie et ensuite, dansait.
Nous là, muets et fascinés par le rythme de ses pas.
Elle dansait vraiment bien comme souvent font les gras,
Dans le tourbillon, notre Italie haletait et se démenait
Parfois, tombait mais toujours, elle se relevait »

« Lorsque je l'ai connue, nous étions compatriotes,
Elle puait de misère et avait des manières étranges
Avec cette grosse voix et un rire du tonnerre,
Contente de vivre, en plus de survivre
À la guerre d'après-guerre et la guerre d'après encore
Une nature de putain en habit de nonne,
Maîtresse ès ruses et un peu girouette
Mais respectueuse d'autrui, plus tendre et plus humaine.
Elle avait les yeux ardents et une belle gestuelle,
Le sein ample, l'allure familiale,
Un corps très gauche un peu hors mesure
Contenu avec peine par des points de suture,
Encore belle pourtant, magnifique et attrayante,
D'une beauté impudique et parfois indécente,
Encline et bien disposée aux vices du plaisir,
l'Italie savait même jouir… »

« Avec les ans, nous nous sommes perdus de vue,
Je lui écrivis nombre de fois mais sans jamais de réponse.
On me dit qu'elle s'était mise dans des affaires étranges
Et qu'elle s'entourait de voleurs et de crapules…
Puis hier, je l'ai rencontrée dans un supermarché,
Mon Italie avec son chariot au rayon des surgelés,
Tellement amaigrie qu'elle paraissait une autre,
Avec ses pommettes refaites et sa frange courte »

« J'aurais voulu lui dire que j'avais la nostalgie
Des temps où je jouissais de sa compagnie,
En somme, que je la trouvais belle, séduisante vraiment
Et que même lointain, j'étais toujours son parent »

« Elle m'a regardé comme on regarde les enfants,
Elle m'a demandé si je savais où étaient les purées,
En me voyant perplexe, elle s'est retournée brusquement
Et en un rien de temps, l'Italie s'en est allée… »

« Italie, mon amour ancienne, tu as perdu ta gaîté
Et tu ne te souviens même pas de la vieille courtoisie,
Et même si j'admets que j'ai mal vieilli,
Que diable, tu pourrais au moins me saluer !
Pourtant malgré tout, je t'aime encore
Quelque chose de moi t'appartient encore,
Il te plaît de faire la salope et de me désespérer,
Mais je sais qu'un jour ou l'autre, je te reverrai danser »

la la la la
la la la la
la la la la

 

 

 

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 21:43

RÈGLE D'EAU


Version française – RÈGLE D'EAU – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Regola Acquea – Mercanti di Liquore – 2004


 

Cela faisait un bout de temps que je parlais avec un âne et vois-tu, mon ami Lucien l'âne, voici des fleuves qui parlent... Des fleuves et des rivières qui parlent car ils n'en peuvent plus de se taire... Ils n'en peuvent plus de porter l'eau pour toute la terre... De la porter pour les hommes, pour les animaux, pour les plantes depuis les plus hautes cimes jusqu'à la mer et aux océans... Un effort gigantesque, une tâche énorme et infinie... et de voir le peu de cas que les humains font de ce service rendu gratuitement. Car l'eau est gratuite... Naturellement gratuite, comme l'air, comme la terre, comme les plantes, comme les animaux, comme les humains eux-mêmes.

 

 

À mon sens, dit Lucien l'âne en remuant ses oreilles en signe d'assentiment, à mon sens, ils ont parfaitement raison. Que ferait-on sans eau ? Et les fleuves ont raison, il est évident que l'eau comme bien d'autres, comme toutes les autres choses de la nature, est normalement gratuite, naturellement gratuite... Et il est indécent de vouloir en tirer profit... Comme d'ailleurs, il est tout aussi indécent de vouloir tirer profit d'un âne, par exemple. Autre chose est d'user de l'eau pour les usages utiles et de la respecter dans son être d'eau, de la rendre au monde aussi propre qu'il est possible... Bref, de ne pas en mésuser... Là, les nuées, les dieux du ciel, les gouttes de pluie, les pluies elles-mêmes, les rus, les ruisseaux, les rivières, les lacs, les fleuves, les mers, les océans... acceptent qu'on les utilise, mais encore une fois, ils entendent bien ne pas être grugés, ne pas être trompés et exploités à des fins mercantiles. Car bien entendu, le seul problème, la seule vraie pollution inacceptable, c'est celle qui provient de la recherche du profit, de la transformation de l'objet naturel en marchandise... Comme dit la chanson des fleuves : « L'eau n'est pas un sous-produit de Coca-Cola » et j'ajoute : elle ne peut pas le devenir. L'eau veut bien qu'on la boive, l'eau accepte de vous laver, l'eau aime désaltérer, l'eau aime irriguer, l'eau aime porter les bateaux, l'eau aime que les personnes et les animaux viennent s'y baigner... L'eau arrose les plantes, l'eau nettoie de bon gré, l'eau héberge les poissons et mille plantes et animalcules...

 

Ainsi, allant tout-à-fait dans le sens de ton propos, les fleuves et rivières de Lombardie-Vénétie – mais ils relaient tous les cours d'eau du monde – ont formulé et signé la Règle de l'eau... Une sorte de mémoire en sept points et quelques considérations supplémentaires qui fixe les usages qu'on peut en avoir et en quelque sorte, les règles qu'il faut respecter pour le bien de l'ensemble des vivants de la planète... Une vision de ce bien commun qu'il convient de défendre...

 

Pourtant, il en est encore qui n'ont pas compris cette exigence de la nature et ils mettent en danger la vie elle-même sur cette planète aux seules fins de s'assurer des profits, de s'emparer des biens communs à des fins personnelles, de favoriser leurs privilèges et leurs caprices... Ces gens-là sont des malfaisants, des escrocs, des assassins... Je te le dis Marco Valdo M.I., mon ami, il est singulièrement utile que nous tissions sans relâche le linceul de ce vieux monde accapareur, pollueur, profiteur et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Pour mémoire :

 

Un :

Toutes les espèces et les écosystèmes ont droit

À leur quota d'eau sur cette planète.

 

Deux :

C'est un fil liquide qui nous lie entre nous les humains

Et nous lie aux autres espèces

Il s'appelle cycle et ne peut être coupé, détourné

Ou il ne pourra plus recommencer à couler.

 

Trois :

L'eau est gratuite, mais peut coûter cher ;

Dès lors ne la gaspillez plus, ne la déviez plus

Ne la tarissez plus, dans l'illusoire assèchement

Le dommage serait incalculable

 

Quatre :

L'eau est un don, n'exclure personne

Qui veut la transformer en marchandise en tube ou en bouteille

Vole aux pauvres pour vendre aux riches.

 

Cinq :

Il y a assez d'eau sur cette planète

Si nous apprenons à l'économiser, ce n'est pas qu'elle coûte,

Mais c'est qu'elle vaut plus que ce qu'elle coûte.

 

Six :

L'eau n'est pas un brevet, ni une marque, ni un logo

Comme l'air elle se fout des frontières et s'en va libre

De traverser nations et propriétés car l'eau

Qui ne vagabonde pas, meurt.

 

Sept :

N'en use pas, elle n'est pas à toi, elle n'est pas à nous

Nous en sommes les gardiens, pas les patrons

Chaque permis de polluer, tout usage industriel exagéré

Est une escroquerie légale contre notre planète, contre nous tous

Aucune marchandise ne pourra la remplacer.

 

L'eau n'est pas un sous-produit de Coca-Cola

 

Vous qui pensez encore en vendre, acheter, saloper, jeter,

Vous vivez déjà sur une autre planète.

 

Signé, jusqu'à présent, nous fleuves de Lombardie-Vénétie :


Seveso, Lambro, Olona, Adda, Ticino, Serio, Oglio, Mincio, Adige,
Brenta, Sile, Piave, Livenza, Isonzo, Tagliamento e Po, ...

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 18:34

DEUX ATOMES D'HYDROGÈNE POUR UN D'OXYGÈNE

 

Version française – DEUX ATOMES D'HYDROGÈNE POUR UN D'OXYGÈNE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Due parti di idrogeno per una di ossigeno - Mercanti di Liquore e Marco Paolini

 

En voilà une affaire pour l'eau... Moi, je vais à la rivière et je bois, tout mon content depuis la plus haute antiquité..., dit Lucien l'âne en dodelinant tranquillement de sa large tête, bien fournie de sa crinière noir de jais. C'est évidemment la chose la plus constante du monde que l'eau soit à tous sans restriction, sauf dans les déserts où il nous faut bien partager. C'est un bien commun inaliénable, comme l'air... et que les hommes aient organisé sa distribution de façon publique et commune, cela me semble vraiment un trait de civilisation. Ce devrait d’ailleurs être le cas pour toutes les choses utiles à la vie... Personne ne devrait pourvoir s'en accaparer et en tirer profit, sous quelque prétexte que ce soit.

 

D'accord, Lucien l'âne mon ami, mais nous n'en dirons pas plus. Notre intervention est seulement un petit clin d’œil à nos amis italiens pour les encourager dans leur référendum. Quoique les mêmes tentatives de voler l'eau du peuple, de privatiser les biens communs – comme ils l'ont déjà fait des terrains communaux, des réseaux téléphoniques, de la poste aux lettres, des routes, des chemins de fer, des compagnies d'aviation, des services de soins... J'arrête ici l'énumération, mais il y a encore beaucoup d'autres choses... Il paraît même demain qu'ils vont privatiser les côtes, les montagnes, la mer... Si on les laisse faire, ils en viendraient à privatiser la nourriture... Non, c'est déjà fait. Je voulais dire à privatiser nos rêves... Ils ont déjà volé le temps de loisir avec la télévision, les jeux, les vacances... Auparavant, ils avaient volé le temps en inventant le travail obligatoire et cette cuistrerie de l'Arbeit macht frei... Le libéralisme est un véritable cancer de la civilisation...

 

Raison de plus, dit Lucien l'âne, pour tisser le linceul de ce vieux monde libéral, privatiseur, voleur d'air, d'eau, de rêve et de temps et définitivement, cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Le corps humain est fait de nonante pour-cent de quoi ?

D'eau, de sucs , de salive et de crachats

Dans les mers lunaires, on ne plonge, pas

Il n'y a pas une goutte d'eau et les poissons n'y nagent pas

Quelle mer magnifique, quelle magnifique mer !

Mettez-moi sur le rivage, à la limite où l'eau mouille le sec, où la mer devient terre.

Là, demain, nous mettrons propriété privée privée sur un écriteau.
Mais à qui appartient l'eau ?

Car on ne peut imaginer qu'elle soit

Une chose à vendre, à acheter, n'importe quoi.

Tu comprends ce que c'est, mais pourquoi ce ne l'est pas ?

Donne-moi une bonne raison à cela...

 

Et lui me répond comme ça :

 

Pour son universalité,

Pour l'indépendance de ses atomes,

Deux d'hydrogène et un d’oxygène,

Pour son état liquide, solide, gazeux en toute liberté

Pour la conscience de sa masse gigantesque

Trois fois le sol émergé,

Pour la grandeur de son horizon océanique

Car elle est finistère, ligne, limite qui dessine le monde connu,

Pour ses poissons, ses mammifères marins, ses sels inconnus,

Car elle avale le sucre, la fatigue humaine et les déchets organiques

Pour la résistance de ses glaciers aux changements climatiques

Pour sa poussée du bas en haut

Égale à la masse du liquide déplacé,

Pour la patience aoûtienne de la laisse d'eau

Pour sa dignité en mémoire des fleuves empoisonnés

Et asséchés de manière inattendue ou mal calculée

Pour sa capacité de réaction aux compteurs Geiger

À Katrina, à Rita, aux tempêtes aux tsunami et aux marées
Pour le mystère des sources à jamais asséchées

Par les grands travaux des maîtres de la terre,

Pour le brouillard, pour l'humidité de l'air,

Pour la rosée, les neiges et la grêle

Pour sa capacité à laver, à étancher la soif insatiable

À éteindre le feu, à nourrir les plantes
À être ressource, droit, élément comme l'air insaisissable
Et comme l'air fondamentalement inaliénable.
Réellement, quel prix peut-on donner

À la vapeur, à la buée, aux nues

À la pluie, à la neige fondue, aux giboulées...

La giboulée, au bilan des riches, est-t-elle un coût ou un revenu ?

Dans les siècles d'antique civilisation, sa nature indivise

Qui arrêtait la propriété privée aux bords des rivières

Pour la première fois dans l'histoire, n'a pu être sauvée de l'état de marchandise

Dans l'ouest lointain, celui qui s'emparait d'une terre

Devenait aussi maître de l'eau car il avait fusil et revolver

Les nés natifs de l'Amérique étaient exclus de la course,

Car, étant sur place, ils étaient avantagés.

 

Ainsi naquit et se répandit l'idée de la vendre et de l'acheter

Pour boire, il nous faudra payer le bouchon !!

 

L'eau à canaliser, endiguer, dévier, barrer, entuber,

Prélevée à la source, les rus invisibles qui font les fleuves

Dans l'embarras de ne jamais reconnaître la bouche, mais quel delta, quel estuaire !

 

Le prix... Difficile de ne pas penser aux conséquences d'une dévaluation

De la race humaine, dès le moment que l'eau représente

Nonante pour cent du corps humain.

Dès lors, quel prix donner à la vie ? Quelle valeur, plus ou moins ?

Six bouteilles d'eau minérale, c'est pas mal, on en convient !

 

Et la préemption ? Si c'est une marchandise, il y a une échéance.

Que fera-t-on des étangs pestilentiels, des lagunes-musée,

Des flaques polluées, mais surtout de l'eau

Des vases des fleurs fanées... Dans le bilan hydrique de la planète...

Où les met-on, dans les coûts ou dans les recettes ?

 

Dans les mers lunaires, on ne plonge, pas

Il n'y a pas une goutte d'eau et les poissons n'y nagent pas

Quelle mer magnifique, quelle magnifique mer !

 

Dans les mers lunaires, on ne plonge, pas

Il n'y a pas une goutte d'eau et les poissons n'y nagent pas

Quelle mer magnifique, quelle magnifique mer !

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 14:33

FRANKENSTEIN

 

Version Française – FRANKENSTEIN – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Frankenstein – Mercanti di Liquore – 2002

 

J'aime beaucoup de dialogue avec Frankenstein. Je trouve que c'est une bien grande chanson. Du moins par son contenu et sa forme. Cette dénonciation de la médiocrité comme apex de la société, comme point apical de son désir me paraît si exactement refléter l'état de la société actuelle dans bien de nos pays.

 

Qu'est-ce que tu racontes ? Je n'y comprends goutte, dit l'âne Lucien en prenant un air si ahuri avec ses deux oreilles en points d'interrogation, une pose si désolée...

 

Je dis simplement que la médiocrité est l'ambition ultime de nos sociétés et que cette chanson dénonce cette maladie qui ronge le monde. Tu vois, Lucien l'âne mon ami, pour que Monsieur Frankenstein devienne quelqu'un de fréquentable et même ici, de préférable, un peu comme si à ta place, ici pour me tenir compagnie, il y aurait Monsieur Frankenstein, il faut que ce monde soit pourri, soit vraiment imbuvable.

 

Mais il l'est, mon ami Marco Valdo M.I., il l'est.

 

Et la conclusion de la chanson est des plus exactes, des plus contemporaines, si tu y réfléchis un peu. Pense un peu en l'actualisant : « Tout le mal est face à nous, tout le bien dans notre cœur. »

 

C'est bien ainsi dans un monde divisé par la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et leurs affidés (les rats, rats bienpensants de la chanson – les marchands et leurs fourbes fils nombreux et courageux comme des lapins, les ménagères, les vagabonds et le beau monde) mènent contre les pauvres pour leur imposer une exploitation si possible éternelle... Je te le dis, Marco Valdo M.I. mon ami, en vérité, il nous faut tisser le linceul de ce vieux monde bestial et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Remercions dieu, Monsieur Frankenstein; ici personne ne nous connaît

Écoutez quel bourdonnement Monsieur Frankenstein, ce sont des rats, des rats bienpensants.


Leur vérité ne me convainc pas, elle ne me plaît pas, et ils me regardent férocement

Vous verrez que tôt ou tard, ils s'en prendront à nous

Ce sont des bêtes plus que vous, plus que vous

Oh, quelle nostalgie, Monsieur Frankenstein, ils devenaient fous de peur

Aujourd'hui, pourtant vous, Monsieur Frankenstein, vous faites pâle figure

 

Leur vérité est une pure connerie et ils me regardent férocement

Vous verrez que tôt ou tard ils s'en prendront à nous

Ce sont des bêtes plus que vous, plus que vous

Il vaut mieux partir Monsieur Frankenstein, avant que la ville ne s'éveille

Car alors arrivent les marchands et leurs fourbes fils

Nombreux et courageux comme des lapins, les ménagères, les vagabonds et le beau monde.

Et tous à la recherche d'un coin ou d'un rêve éternel

Qui les éloigne un peu de leur besoin, ce sont des bêtes affamées de médiocrité.


Leur vérité est une pure connerie et ils me regardent férocement

Vous verrez que tôt ou tard ils s'en prendront à nous

Ce sont des bêtes plus que vous, plus que vous.

 

Tout le mal était face à nous, tout le bien dans notre cœur.

Tout le mal était face à nous, tout le bien dans notre cœur.

Tout le mal était face à nous, tout le bien dans notre cœur.

Tout le mal était face à nous, tout le bien dans notre cœur.

 

 

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 07:59

BERCEUSE

 

Version française – BERCEUSE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Ninna nanna – Mercanti di Liquore

 

 

Ferme les yeux et dors, le matin viendra

Ce sont là tes jours, n'en mésuse pas.

C'est qu'il y a un monde, il te perturbera

Il y en a qui disent qu'il est beau, il y en a qui disent qu'il ne l'est pas.

Il ne faut pas avoir peur de lui

Tu es beaucoup plus fort, petit

Tu verras de multiples choses, des villes et des pays

Il y a celui qui perd sa vie et celui qui est né

Tu comprendras qui commande, tu comprendras la pauvreté

les têtes emplies de guerre et les mains qui demandent pitié

Tu ne fermeras pas les yeux, jamais

Tu ne feras pas semblant de rien, jamais.

Ferme les yeux et dors, le matin viendra

Ce sont là tes jours, n'en mésuse pas.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 19:35

LE LÂCHE



Version française – LE LÂCHE – Marco Valdo M.I. - 2010

Chanson italienne – Il Vigliacco – Mercanti di Liquore – 2002

 

Et criez, criez, criez, que m'importe …

Et parlez, parlez, parlez, je feindrai de vous écouter

Pour l'ixième fois.

 

Vous êtes une auto de course et il n'y a pas moyen de vous ralentir

Et vous n'avez jamais rien à dire car vous ne savez pas écouter.

Et combien de douleur gratuite, jetez-vous par le monde

Au lieu de nager vous râlez au fond.

Je suis un lâche, le cœur me faut

J'ai trop à faire... Je fais pousser une fleur !

Vous feriez n'importe quoi pour vous faire une réputation

Et il vous plaît de vous entourer de gens qui vous donnent raison

Le sang, mon sang, ne vous a jamais tourmenté

Le sang de vos mains, vous l'ôtez au savon.

 

Je suis un lâche, le cœur me faut

J'ai trop à faire... Je fais pousser une fleur !

Je suis fragile en dedans et vous le savez bien

Et de vous observer, me frappe d'effroi

Vous vous mordez forcenés pour savoir qui est le plus fort

Prêts à violenter la vie en vous vêtant de mort.

 

Je suis un lâche, le cœur me faut

J'ai trop à faire... Je fais pousser une fleur !

Vous n'y croirez pas mais vous me comblez de tendresse

Car la main la plus forte oublie la caresse

Dès lors, je vous abandonne à votre sereine tuerie

Ma présence ne vous serait d'aucune utilité

 

Je suis un lâche, le cœur me faut

J'ai trop à faire... Je fais pousser une fleur !

Je suis un lâche et je ne vous porte pas rancœur

J'ai bien autre chose à faire... Je dois vous cacher une fleur !

Et criez, criez, criez, que m'importe …

Et parlez, parlez, parlez, je feindrai de vous écouter

Pour l'ixième fois.

 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 21:49

LE SUPRÊME



Version française - LE SUPRÊME – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – L'Altissimo - Mercanti di Liquore e Marco Paolini

 

 

 

4 novembre 1918 – Du Commandement Suprême : la guerre contre l'Autriche-Hongrie, où sous la haute conduite de Sa Majesté, le Roi Guide Suprême, l'armée italienne inférieure en nombre, en moyens...

 

La haute conduite, un mètre cinquante-huit de monarque... Un monarque en réduction... un monarq, un monar, un mon... Prenez-en un autre vous autres si vous le voulez et vous aurez une haute conduite !



Le Suprême d'en haut envoie la tempête

Le Suprême d'en bas mange ce qui reste

Le Suprême d'en haut envoie la tempête

Le Suprême d'en bas mange ce qui reste

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Deuxième strophe :

Le Suprême d'en haut attend sous terre

Le Suprême d'en bas envoie faire la guerre

Le Suprême d'en haut attend sous terre

Le Suprême d'en bas envoie faire la guerre

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...
Petits points, petits points, petits points...


Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...
… Nous restons très pauvres.

 

 

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 20:23

LOMBARDIE

Chanson italienne - Lombardia – Mercanti di Liquore – 2002

Version française – Lombardie – Marco Valdo M.I. – 2008





Atterris comme un 747 à Brianza (1)

Nous avons grandi en cachette, comme des châtaignes folles (2)

La reine Teodolinda (3) nous clignait de l'œil,

mais nous pas reconnaissants, nous ne lui avons pas fait la révérence.


Nous avons appris la guitare pour avoir une occasion

par peur de nous sentir comme un meuble à Lissone

puis nous nous sommes déguisés en mercenaires

pour chercher à grimper cette plaine pentue.



Lombardie, comme il est facile de ne pas t'aimer

Tu ne fais pas de sourires et maltraiter te plaît

Mais nous, nous sommes des enfants tordus, nés dans un bistrot

et nous réussissons à respirer, tout en étant en Lombardie.


A Milan, nous avons construit un manège de cristal

mais la pluie de monnaie l'a détruit au meilleur moment.

Nous nous sommes réfugiés dans les quartiers de la périphérie

car sous l'immondice est cachée la magie.



Et ce fut la nuit longue, soûle dans les faubourgs.

Nous avons appris à marcher du pas des balourds,

le parfum de l'asphalte et le nom des couteaux;

nous sommes devenus des ordures, nous sommes devenus fort beaux.



Lombardie, comme il est facile de ne aps t'aimer

Tu ne fais pas de sourires et maltraiter te plaît

Mais nous, nous sommes des enfants tordus, nés dans un bistrot

et nous réussissons même à voler, tout en étant en Lombardie.



Quand est venu l'ouragan, il nous surprit au-dessus de Lecco (4).

Nous le prîmes par la queue et nous le fichâmes dans notre sac.

Le lac aussi fut gentil, il nous a révélé son mystère

en échange de la promesse de ne pas le divulguer à la ronde.



Nous avons attrapé une étoile de la nuit bergamasque.

Tandis que le diable riait, nous lui avons volé sa farine,

puis, nous avons demandé à la montagne de nous chanter une chanson

et dans la vallée dessous, tous firent l'amour.



Lombardie, comme il est facile de ne pas t'aimer

Tu ne fais pas de sourires et maltraiter te plaît

Mais nous, nous sommes des enfants tordus, nés dans un bistrot

et nous réussissons à respirer, tout en étant en Lombardie.



Nous avons fait le pari d'une vie rapiécée

comme quand vient au jeu le deux que tu appelles.

La vulgarité ou le boucan ne nous provoque pas de honte

car même un œil poché peut voir assez loin


Alors, il ne faut pas nous blâmer si nous ne sommes pas révérants.

Il est difficile de parler avec un protège-dents

Si tu ne nous aimer, tiens-nous au moins compagnie

Tu sais où nous trouver... Bonne nuit, Lombardie.





  1. Brianza : région de la Lombardie où est située Monza, ville royale de Teodolinda

  2. châtaignes folles : traduction littérale et poétique de l'italien « castagne matte ». Sans doute, eût-il été plus conforme, mais moins poétique, de traduire « marrons » – ces châtaignes fausses, incomestibles.

  3. Teodolinda : reine des Lombards : +/- 590-627; capitale : Monza et Milan.

  4. Lecco et lac : Lecco est une ville au nord de Milan sur le bord du lac de Côme.

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 17:11


MARCHANDS DE LIQUEUR.



Chanson italienne – Mercanti di Liquore – Mercanti di Liquore

Version française – Marchands de liqueur – Marco Valdo M.I. – 2008


« Tenons-nous serrés ce soir, là dehors rôdent les hyènes ».

En italien, la chanson et le groupe portent le même titre et l'une exprime l'autre : le sens d'un combat artistique et de son urgence.


« Moi qui suis saint et assassin, j'ai une musique de sel et de vin

Houlala, houlala, marchands de liqueur »

Elle est une sorte d'autodéfinition chantée.... Si l'on suit l'histoire de ces « Mercanti di Liquore », Marchands de Liqueur, on verra qu'ils situent leur travail artistique à un niveau d'une grande exigence, ce qu'on ne songera pas à leur reprocher.

Voici un rapide portrait tiré des éléments plus détaillés que l'on peut trouver sur leur site.


Les « Mercanti di Liquore » (en français : Marchands de Liqueur) sont un groupe italien qui fut créé à Monza dans le milieu des années 1990, par trois musiciens d'un groupe rock « Zoo », sous la forme d'une formation orientée vers la musique acoustique.
Dans les derniers temps, les Mercanti di Liquore ont donné de très nombreux concerts et ont fait connaître leur musique dans toute l'Italie.

Tout au long de leur parcours, ils ont marqué leur attachement à la figure de Fabrizio De André.

Notamment, au travers le leur participation à la kermesse musicale en hommage à Fabrizio De André, «  Faber, amico fragile » à Gênes en 2000 et de leur spectacle « Gente invisibile », hommage à Fabrizio De André et à tous ceux qui racontent des histoires manquées. Les émotions et la folie de ces gens invisibles sont racontées à travers les chansons d'auteurs qui ont fait l'histoire de la musique italienne comme De André, Tenco, Ciampi, Lolli, Endrigo et de fragments littéraires et poétiques de Bukowski, Pasolini, Vian...



Aux dernières nouvelles, ils voguent encore au long cours....




Marchands de Liqueur.



Fête qui secoue les têtes, musique suante et puissante

Tenons-nous serrés ce soir, là dehors rôdent les hyènes

Et autour la joute se déroule, elle sent la vitalité

Regardons en face et tenons-nous serrés

Houlala, houlala, marchands de liqueur

Houlala, houlala, marchands de liqueur



Il y a un désir malade de doigts nerveux et contents

qui cassent le cul à la nuit, qui chantent

Houlala, houlala, marchands de liqueur

Houlala, houlala, marchands de liqueur



Moi qui suis marchand, marchand de liqueurs, je reconnais les gens à l'odeur

Moi qui suis saint et assassin, j'ai une musique de sel et de vin

Moi qui suis marchand, marchand de liqueurs, je reconnais les gens à l'odeur

Moi qui suis saint et assassin, j'ai une musique de sel et de vin

Houlala, houlala, marchands de liqueur

Houlala, houlala, marchands de liqueur


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