Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 22:24

L'Homme au Casque Rouge

Chanson française – L'Homme au Casque Rouge – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

 

georg

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, vois comme vont les choses... Il y a à peine trois-quarts d'heure, je postais à l'adresse des CCG un très long travail de traduction, celui de la chanson Via dei Georgofili, l'histoire d'un attentat à Florence le 27 mai 1993. [[44724]]. Et l'aventure de notre ami Ventu, ambulancier volontaire à ses heures, m'avait véritablement ému et m'a paru imposer une chanson. Est-ce à cause de la remarque que R.V. faisait en disant que les chansons sur divers attentats, il y en a assez bien et que sur cet attentat-ci, à part une allusion des Del Sangre, on n'en trouvait pas. J'ai voulu combler ce vide. Je n'en dirai pas plus... Mais cette chanson la voici... Elle est consacrée à un personnage un peu secondaire de cette dramatique histoire florentine... C'est – comme dans les histoires d'Allemagne – le point focal de la narration... Il est là, il regarde, il enregistre... Il encaisse lui aussi le choc... Vingt ans après , il en est encore tout retourné. Pour lui, la nuit du 26 au 27 mai est à jamais une nuit blanche. Cet homme, c'est, tu l'auras deviné, Riccardo lui-même à qui je dédie cette chanson.

 

 

Marco Valdo M.I., mon ami, laisse-moi te dire que tu as bien fait de faire cette chanson, comme ça, tout à trac, comme elle venue... J'espère qu'elle trouvera un musicien... Je voudrais à mon tour dire deux mots de la position particulière du témoin ou de toute personne impliquée (sans y avoir participé d'une quelconque manière) dans un attentat, des dégâts psychiques incroyables que cette personne va subir au fil du temps. Elle est marquée au fer rouge, au plus profond de sa chair et de sa conscience et jamais, ce souvenir indélébile ne la laissera en repos. C'est là ce qui a frappé notre ami Riccardo, comme doivent être ainsi frappés tous ceux qui – professionnels ou non – se portent au secours des autres... et souvent, échouent et c'est sans doute là le pire... cet échec à contrecarrer le malheur. À quand donc un monde sans malheurs provoqués ? Il y a déjà assez de circonstances et d'événements tristes comme ça, sans en rajouter idiotement. Ainsi va le monde, je l'entends souvent cette antienne ... et bien, pour nous, Marco Valdo M.I. mon ami, nous ne pouvons nous résigner à ce que le monde aille comme ça et dès lors, tissons le linceul de ce vieux monde imbécile, brutal, inconscient, pervers et cacochyme.

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

L'homme au casque rouge

Penche la tête comme halluciné

Son tablier blanc déboutonné bouge

Sur le latex gris de ses gants désolés

 

Il dort depuis un moment

Le vacarme le réveille

Il plaisante un instant

Le téléphone tremble et grésille

Il ne se coiffe pas, il ne se lave pas

Appel SOS. Il part sur le champ

Il fonce, fonce et ne s'arrête pas

Chauffeur d'ambulance n'a pas le temps

 

L'homme au casque rouge

Penche la tête comme halluciné

Son tablier blanc déboutonné bouge

Sur le latex gris de ses gants désolés

 

L'homme au casque rouge regarde les pieds du papa

Nadia la petite fille sort des gravats

Un pompier au trop léger fardeau semble ivre

En face, l'étudiant a fini de vivre

Sur un brancard, sous un linceul, une femme

Poussières, ruines, larmes, flammes

Pleurs, peur, frayeur, terreur

La nuit du 27 mai, l'homme au casque rouge compte les heures.

 

L'homme au casque rouge

Penche la tête comme halluciné

Son tablier blanc déboutonné bouge

Sur le latex gris de ses gants désolés

Repost 0
3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 23:05

 

 

Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis !

 

Canzone française – Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis !– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 92

An de Grass 93

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

aiglereich3.jpeg

 

 

 

Il est vivement conseillé de regarder la vidéo, dont l'adresse suit :

 

http://www.vitheque.com/Fichetitre/tabid/190/language/fr-CA/Default.aspx?id=148

 

 

 

 

 

 

 

Écoute bien, Lucien l’âne mon ami, cette histoire d'Allemagne, car – peut-être plus que d'autres, elle nous concerne tous quoiqu'elle date de l'année mil neuf cent nonante-trois et qu'elle se passe en Allemagne. D'une certaine manière, elle donne la clé de toute cette série d'histoires d'Allemagne qu'il faudra bien comprendre comme des histoires d'Europe.

 

 

Ah, Marco Valdo M.I. mon ami, ce que tu dis là recoupe et confirme très précisément ce que j'avais ressenti depuis le début de ces Histoires d'Allemagne, sans trop oser le dire. En quelque sorte, l'Allemagne, c'est l'Europe et l'Europe, c'est l'Allemagne... Et par exemple, la lutte des opposants allemands au troisième Reich était en fait la lutte d'Européens pour la liberté et la survie ; une lutte pour la sauvegarde de tous les Européens. D'ailleurs, il me paraît que c'est là une sorte de point de vue précurseur, une appréciation lucide de ce qui se passe sur le continent... chacun des soi-disant États étant une sorte de province de cette Europe en maturation. Ceci s'impose quelles que soient les prétentions nationales et les constructions institutionnelles. L'Europe, même dans l'état immature où elle se trouve, s'impose par dessus les nations. D'ailleurs, l'Europe existait avant même qu'on la formate en Communauté, en Union ou demain, en je ne sais quoi. Ceci a d'autres conséquences et notamment, le fait essentiel que rien de ce qui se passe en Europe ne peut nous rester étranger ; autrement dit, quoi qu'il se passe en Europe et où que la chose se passe, cela affecte, concerne et touche tous les Européens. Ainsi les malversations de certains politiciens dans un pays sont tout aussi dommageables à l'ensemble des Européens qu'aux nationaux estampillés de cette nationalité. En clair aussi, ce qui est fait aux Grecs non seulement concerne tous les autres Européens, mais aussi est prémonitoire de ce qui va leur arriver demain – si ce n'est déjà fait. Ce qui confirme notre antienne : « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT BIENTÔT ».

 

 

On pourrait d'ailleurs tout aussi bien dire : « Regardez ce qu'ils font aux Hongrois, aux Roumains, aux Italiens, aux Belges, aux Espagnols, aux Portugais... » En somme, il suffit d'un peu de théorie des ensembles... Mais pour en revenir à cette histoire d'Allemagne, elle raconte une série d'événements dramatiques qui étaient des chasses à l'homme, des manifestations contre les étrangers, les immigrés, les gens de couleur, les gens venus de l'est, du sud, d'ailleurs... En toile de fond, il y a la destruction des régions allemandes qui étaient antérieurement parties de ce qui se voulait et s'appelait la République Démocratique Allemande. Cette histoire est comme à l’ordinaire rapportée par un narrateur ; ici, ce personnage est un policier, qui officiait déjà dans l’ancienne république – la démocratique (il avait été ce qu'on appelait alors un vopo) et qui a continué à pratiquer le même métier au même endroit après la réunification. C'était un témoin direct de ces événements. Et un témoin engagé... Au sens militaire du terme... engagé sur le terrain. Mais c'est aussi un policier qui se pose des questions et qui a conscience de ce qui se passe autour de lui et un policier qui entend faire barrage à ce qu'il faut bien appeler par son nom ; le racisme, le fascisme et dans sa version allemande, le nazisme.

 

 

Voilà donc un policier qui adopte un comportement qu'on pourrait qualifier de démocratique et somme toute, de critique. Il doit y en avoir dans chacun de nos pays ; sans doute même, y en a-t-il toujours eus... Mais j'ai comme l'impression qu'il en est d'une autre sorte... Chez nous, on dit : « Il n'y a plus de sadiques dans les rues, ils sont tous dans la police ». Façon de parler, mais, en effet, à voir ce qui se passe en Grèce, cette complicité entre la police et les fascistes d'Aube Dorée, on le penserait bien... Et comme on le dit ici : « Regardez ce qu'ils font aux Grecs... »

 

 

Et ce policier-narrateur, ex-vopo, avec ses principes a presque l'air d'un résistant... Ce qu'il est d'ailleurs pour imaginer, rappeler et en quelque sorte, revendiquer « Un pays nazis non admis »... Il le dit dans sa chanson... Au passage, il fait aussi sauter une dichotomie pernicieuse, celle entre l'est et l'ouest, qui pourrait aussi bien être celle qu'on fantasme entre le sud et le nord... et ce qu'il dit est précisément le titre de la canzone – je rappelle que l'on est en 1993 et que la fusion, disons plutôt l'absorption, le phagocytage de l'Allemagne démocratique, dite de l'Est par l'Allemagne fédérale, dite de l'Ouest, vient de se produire. À Rostock, comme dans le reste de cette ex-Allemagne de l'Est, la reconquête capitaliste laisse des milliers de chômeurs, des entreprises à la dérive, des chantiers navals abandonnés, installe une misère crasse et c'est sur cette décomposition orchestrée par la recherche du profit, que vont avoir lieu des expéditions de nazis qui vont casser du Viet et du nègre... Ce sont ces événements que raconte ce policier-narrateur... Parlant de ces nationaux-racistes à la chevelure réduite, il dit : « Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis ! ». Et il a raison, la frontière n'est pas géographique, elle est politique ; elle traverse de part en part la société...

 

 

Si je comprends bien, c'est en fait un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans... Cette Guerre que les riches font aux pauvres pour par la terreur leur imposer de se soumettre à leurs exigences, pour leur imposer leur éternelle (du moins, ils le croient et l'espèrent) domination, pour accroître leur empire, pour les écraser et en tirer les profits les plus étendus. C'est par la peur, la peur la plus irraisonnée qu'ils imposent ce monde absurde et très certainement, inique. Car sur cette planète, on peut et même, on doit être capables de mettre en place un monde où si on le considère et si on l'organise rationnellement, il y aurait de quoi satisfaire tout le monde, de quoi assurer à chacun de vivre aisément, où l'équité serait la règle, où chacun disposerait de ce dont il a réellement besoin et où chacun ferait ce qu'il est capable pour le bien commun. Voilà pourquoi, pour que ce monde intelligent advienne, il nous faut reprendre notre tâche quotidienne et tisser, envers et contre tout, le linceul de ce vieux monde absurde, irrationnel, inintelligent, carrément idiot, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Moi, je vous le dis

Face à ces têtes de bandits

Nous, les petits flics de rien

On ne pouvait plus rien, rien de rien

 

Chez nous, l'effectif était maigre

En face, les crânes rasés, des centaines

Pour chasser les Viets et les nègres

Avec leurs battes et des chaînes

 

Avant, dans la démocratique

Un pays nazis non admis

Tout ça, tous ces bandits

On ne les voyait pas, bernique !

 

Maintenant, ils sont revenus

Ni d'Est, ni d'Ouest, nazis !

Ils sont tous là, ils tapent, ils crient

Mais à Mölln et Solingen, ils tuent

 

Maintenant, il n'y a quasiment plus d'emplois

Vous croyez qu'on peut soigner ça

Avec des manifestations à la bougie

Ce chômage, cette misère infinie.

 

Avant, dans la démocratique

Un pays nazis non admis

Tout ça, tous ces bandits

On ne les voyait pas, bernique !

 

Mais, vous savez ce qu'on dit

C'est l'Allemagne, la peste brune

L'Allemagne est un étrange pays

Perdu parmi ses brumes et ses runes

 

Ah ça ! Vous trouvez ça normal ?

Pareil en France, en Italie, chez les Anglais

L'Europe ? Oui, oui, affreusement normal !

Vous savez, moi, ce que j'en disais...

 

Avant, dans la démocratique

Un pays nazis non admis

Tout ça, tous ces bandits

On ne les voyait pas, bernique !

Repost 0
17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:11

La Véridique Histoire De La Disparition Du Rouge

 

Chanson de langue française – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

vive-la-commune.jpeg

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici en chanson la version française de cette histoire « vraie » racontée par Andrea Camilleri, « histoire vraie » dont j'ai tiré cette petite chanson. Bien évidemment, une parodie, c'est ma manie. Comme tu le sais autant que moi, les chansons durent et se diffusent tout partout. C'est ma modeste contribution de citoyen européen à la nécessaire ingérence des « étrangers européens » dans ce désastre vers où certains mènent l'Italie. Car, je l'ai déjà dit il y a un certain temps, l'Italie nous importe en ce qu'elle est partie de notre monde et que lorsqu'elle a dérapé l'autre fois et qu'elle s'était livrée quasiment sans réserve à un cavalier hurlant, elle mena le reste de l'Europe et du monde à un terrible massacre – plusieurs dizaines de millions de personnes furent tuées, des millions et des millions d'autres en subirent de terribles dommages. Tu comprendras aisément qu'il est plus qu'utile de décréter un droit d'ingérence et de sauter allègrement les Alpes. On ne peut laisser les Italiens seuls face à cette farce tragique qui se joue actuellement entre les deux rives du Tibre. Et puis, il y a la honte qu'en tant qu'être humain, on ressent de voir agir impunément une telle bande de cuistres. Dès lors, voici une chanson prophylactique.

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, cela me réjouit le cœur et l'esprit. Même si ce n'est pas la première fois que tu t'en prends aux loups de Rome[[8929]] et que tu sonnes ici le tocsin. Trop is te veel !, dit-on par ici. Mais, dis-moi, d'où t'est venue l'idée de cette chanson sur la disparition du rouge...

 

 

Je te dirai tout. Il m'arrive, vois-tu, de lire Micro-Méga, une revue italienne de belle tenue. Et dans le numéro qui sort ces jours-ci, j'ai trouvé ce texte d'Andrea Camilleri (http://temi.repubblica.it/micromega-online/camilleri-e-montalbano-sabato-tutti-in-piazza-con-la-fiom/), qui comme tu sais, est écrivain et a quelques accointances avec notre José Saramago, auquel tu voues une admiration... Je le sais et je sais aussi que tu regrettes un peu qu'il ait raconté le Voyage de l'Éléphant plutôt que celui de l'âne... Mais que veux-tu, on ne peut pas tout faire. Si j'insiste sur ces accointances, c'est qu'elles ont un rapport direct avec la canzone... Dans les Intermittences de la Mort, José Saramago racontait qu'elle (la mort...) envoyait préalablement à sa visite, préalablement au moment où elle venait enlever un homme ou une femme pour l'emmener vers le néant, elle envoyait une lettre dans une enveloppe violette. Il raconte aussi qu'elle fit exception pour une personne, un homme qui sans doute avait pu la séduire. C'est un peu le cas ici...Quoique ce ne soit pas vraiment la séduction de ce bellâtre qui ait attiré cette gente dame. Le fatum de Camilleri était un arc-en-ciel, le nôtre, c'est la camarde qui s'en vient chercher son cavalier pour l'emmener faire la noce aux enfers...

 

J'aimerais cependant, Marco Valdo M.I., afin de faire certaines comparaisons que tu me lises le texte de Camilleri, je veux dire ta version en langue française...

 

Pour te complaire, la voici :

 

 

Fable Véridique *
d' Andrea Camilleri

Élu par un peuple en délire président de tout (de la République, du Sénat, de la Chambre, du Conseil), le Cavalier réunit ses ministres et dit : « Depuis longtemps j'avais préparé la réforme de la Constitution. Prenez des notes. J'ai déjà envoyéle texte à la Gazette Officielle ». Diligentement, les ministres se munirent de papier et de plume.


« Article 1 » dicta le Président. « Iliata est une République fondée sur les travaux du Cavalier. »

Les ministres opinèrent.


« Article 2 », poursuivit le Président. « La couleur rouge, symbole du communisme détesté, est déclarée anticonstitutionnelle et par conséquent, elle est abolie.

 

« Comment ferons-nous pour la Ferrari ? » demanda le ministre de l'Industrie.

« Il n'y a pas problème. Elles deviennent azur » reétorqua le Cavalier.

« Et avec le Tricolore ? » demanda à son tour le ministre de la Défense.

« Il reste tricolore, mais au rouge on substitue l'azur » fit sèchement le Cavalier.
Et ainsi de suite.

Furent établies des amendes salées pour celui qui, impliqué dans un n'importe quel incident, montrerait publiquement le rouge de son sang, avec les désherbants, on fit disparaître les roses et toutes les fleurs rouges, la viande rouge ne fut plus admise à la vente tandis que le poisson azur fut exalté, l'unique vin dans commerce resta le blanc.

Submergés de tout cet azur, les Iliatani commencèrent bien vite à souffrir de nostalgie du rouge, une nostalgie qui devenait de jour en jour toujours plus aiguë.

Il y eut alors les premiers attentats revendiqués par le Grar (des Groupes révolutionnaires des adorateurs rouge).

Les contrebandiers faisaient des affaires d'or non pas avec les cigarettes ou les clandestins, mais avec les boîtes de sauce de tomate, absolument interdites en Iliata.

Jusqu'à ce que un matin, après une très violente averse, apparut dans le ciel un gigantesque arc-en-ciel qui couvrit le pays tout entier. Le rouge de cet arc-en-ciel n'était pas seulement une couleur, mais un fracassant cri de révolte, décidée et limpide. Cet arc-en-ciel marqua, toujours porté par un peuple en délire, la fin du Cavalier.

* un apologue prophétique d' il y a 12 ans, tiré par « Cinq fables politiquement incorrectes », publiées sur « MicroMega », n. 2, Mars 2001, maintenant dans
Come la penso (« Comme je le pense »), Chiarelettere 2013

 

Et avant de te laisser conclure, j'espère que tu connais La Légende de la Nonne, que notre bien-aimé oncle Georges tira d'un somptueux poème du Père Hugo, car c'est elle qui mène la danse. C'est elle qui m'a donné la clé du destin du cavalier aux cheveux mous, président de tout.

Écoute ce que disait la légende et bien évidemment, transpose un peu... Ainsi, la nonne peut-être interprétée comme ce que les Italiens honnêtes appellent la « caste », quant au bandit...

 

« Or quand, dans la nef descendue
La nonne appela le bandit
Au lieu de la voix attendue
C´est la foudre qui répondit
Dieu voulu que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers »

 

 

Eh bien, dit Lucien l'âne en raidissant son échine avec un certain tremblement, puisqu'il me faut conclure, je dirai que je me sens en excellente compagnie avec tous ces écrivains qui à leur manière et mieux que nous assurément, tissent le linceul de ce vieux monde libidineux, délirant, infernal et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Linotte_melodieuse800px-.jpg

 

 

 

Venez, vous dont l´œil étincelle
Pour entendre une histoire encor
Approchez: je vous dirai celle
Du vieux vieillard et de la mort

 

Un épouvantable délire populaire,

Avait élu président de tout

Des assemblées, des ministères

Le cavalier aux cheveux mous

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Fort de ses succès populaires

Et de son Grand Conseil extraordinaire

L'Illustrissime décréta, sans que personne ne bouge

Le bannissement absolu de tout ce qui était rouge

 

À commencer par les drapeaux, les avions et les autos

Puis,on s'en prit aux cravates et aux culottes

Aux poissons, aux limaçons et aux escargottes

Au grand dépit du Vatican, on interdit le rouge aux cardinaux.

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Il anoblit tout son monde, palsambleu

Toute la clique eut dès lors le sang bleu

Il fit décorer les daltoniens et les daltoniennes

C'était, dit-il, l'avant-garde des citoyens et des citoyennes

 

 

Il ruminait jour et nuit

Hanté par une terrible ire

La République, il n'y a rien de pis

Son régime s'établit, il le fit empire

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

 

Au sang rouge, les amendes les plus fortes

La mort bientôt vint frapper à sa porte

Elle lui dit : ô vieillard libidineux et pervers

Vois-tu, de tous, c'est toi que je préfère

 

 

Marions-nous, je te sais célibataire

Allons donc faire la noce en enfer.

Tous tes amis t'y attendent autour de Lucifer

Il y a là Khadafi, Mussolini et Hitler.

 

 

Italiens, voici les gens de la caste

Cachez donc vos rouges idées

 

Repost 0
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:06

 

Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience

 

Canzone française – Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 91

An de Grass 92

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

 

Lutherhaus 

 

La Maison de Luther 

 

 

 

 

 

 

Mon cher ami Marco Valdo M.I., dit Lucien l'âne tout pensif en plissant le front juste entre les oreilles qui pendent et se redressent comme en hésitant entre le bas et le haut, je me demande toujours où tu vas chercher le titre de tes canzones. L'autre jour, tu avais même un titre en latin... Langue, comme tu le sais, qui m'est des plus familières ayant vécu les grandes heures de la République et de l'Empire... Je n'en suis pas pour autant un Asinus portans mysteria. Certes, tu me diras que c'était une traduction et que la citation de Tacite était déjà le titre original et que dès lors, ce titre étrange ne t'était pas imputable. Mais celui-ci, comme bien d'autres auparavant, c'est toi qui l'as choisi...

 

 

C'est bien ainsi et c'est bien ainsi … Je veux dire que c'est bien ainsi que le titre a été choisi et qu'il est bien qu'il en soit ainsi...

 

 

Avec tout ça, tu n'as toujours rien dit, tu n'as toujours pas répondu à ma question...

 

 

Que tu crois, que tu dis... Mais il en va tout autrement et je m'en vais te le montrer. Le titre, dit-on couramment et même, j'en connais qui l’enseignent – et je te rassure, ce n'est pas moi – donc, le titre doit répondre à certains critères et le plus généralement, il doit indiquer ce dont parle le texte ainsi titré. Et ce titre à tes yeux étrange le sera bien moins quand je t'aurai expliqué le pourquoi du comment et même sans cela, il te suffirait de lire ou simplement, de parcourir la canzone. Mais je t'explique : Le Pasteur, l'État disparu et la Conscience. Tu te souviendras que nos histoires d'Allemagne sont généralement contées par un narrateur ou une narratrice. C'est le cas ici aussi et ce narrateur, précisément, est un pasteur, sans doute un représentant de l'Église luthérienne. Peut-être même, habite-t-il dans la maison où vécut Luther ; son récit ne le dit pas. Mais en tous cas, dans sa ville de Wittemberg en Saxe, je veux dire la ville de Luther ; d'ailleurs, elle s'appelle de son nom complet Wittenberg-Lutherstadt.

 

 

Voilà qui est clair, dit Lucien l'âne. On a donc un narrateur, c'est le pasteur. Mais le reste ? Cet État disparu, par exemple.

 

 

Eh bien, voici comment s'explique cet étrange État disparu, qui soudain apparaît comme surgi du néant. Notre pasteur de Wittemberg est appelé à Berlin par des gens qui quelques temps auparavant, vivaient dans la République Démocratique, laquelle – comme tu le sais – a brutalement disparu du paysage en créant au passage d'énormes problèmes de conscience à foule de gens et même, en crée encore, si l'on veut considérer les résultats catastrophiques sur le plan social de la chute du mur [[7911]] et le séisme que vit actuellement l'Europe tout entière. Il suffit de regarder ce qu'ils ont fait aux Grecs, aux Espagnols, aux Portugais... L'état de l'Italie, ce qui se passe à Chypre, en Slovénie... Et ce qu'ils entendent bien nous faire...

 

 

Et ce n'est pas fini, dit Lucien l'âne qui en a vu d'autres. Et tout ça à force de poursuivre le rêve d'Otto.

 

 

C'est donc elle, la Démocratique qui est cet État disparu. Remarque, et je dis ça en passant, remarque que l'État disparu n'a pas été perdu pour tout le monde... Il y a des fortunes gigantesques qui se sont nourries de ses restes... et ce parasitisme est boulimique et s'étend, s'étend... Il avale tout sur son passage. Après avoir fait disparaître en un tour de passe-passe un État complet, pourquoi n'en ferait-il pas disparaître d'autres pour les absorber ? En fait, il a pris goût aux tours de passe-passe et aux bénéfices qu'il en retire et de plus, il en a besoin pour continuer à nourrir sa croissance démentielle.

 

 

C'est bien ce que je vise en parlant du rêve d'Otto... Cela dit, pour moi, un État ou un autre... Ce qui me préoccupe ce sont les gens... et ce qu'on leur fait subir.

 

 

Quant à la conscience...

 

 

Oui, la conscience, je voudrais bien que tu m'expliques ce que c'est, dit l'âne Lucien en relevant la tête d'un geste du cou.

 

 

Oh, dans ce cas-ci, ce n'est pas bien difficile. La conscience, c'est en quelque sorte la boussole qui indique à l'homme ce qui est bien, ce qu'il est décent de faire ou de ne pas faire, le moyen de garder sa dignité... Ainsi, au troisième terme du titre, on en revient à Luther et à ce sursaut de conscience qui l'avait conduit à dénoncer la vente des indulgences par les papes et leurs sous-fifres pour financer les besoins énormes des prélats et de l'Église Catholique Apostolique et Romaine – il faut le préciser, car il y a tant d'églises de par le monde et celle-là n'en est qu'une parmi tant. C'est au nom de la conscience, vois-tu Lucien l'âne mon ami, que Luther avait mis en cause la toute-puissance romaine et avait bien failli la faire basculer. Ainsi en quelques mots, voici un des grands épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, sauf que, sauf que comme tu le sais, Luther finalement a changé de camp, moyennant – à son tour – certains accommodements avec Dieu, qui est le patron des patrons, le maître des maîtres, le capo de tutti i capi... La figure tutélaire icônique. Mais néanmoins, le pasteur – dans notre histoire – fait figure de « spécialiste de la conscience ». Note que ses interventions portent sur deux questions différentes : dans le premier couplet, il s'agit du « drame de conscience » qui surgit face à la Stasi – la police politique du régime de l'État disparu, qui avait réussi à mouiller tout le monde et son chien... ou presque – ici, le mari Karl espionnait sa femme Anastasie [[42010]] ; dans le dernier couplet, il s'agit de juger en conscience des ravages que fait la réalisation du rêve d'Otto et les rapines qui en sont à la fois, l'origine et de développement.

 

 

Encore faut-il avoir une conscience, dit Lucien l'âne. Je commence à croire, Marco Valdo M.I. mon ami, que tes histoires d'Allemagne, que je pensais être des historiettes, des anecdotes, ont une portée qui dépasse leurs narrateurs... Mais cela ne doit pas nous empêcher de poursuivre inlassablement notre tâche terre à terre et de tisser avec obstination le linceul de ce vieux monde boulimique, avide, parasite, dément et cacochyme.

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

J'ai quitté la ville de Luther, le soir venu

Pour aller à leur rendez-vous dans l'État disparu

Pourquoi ces gens ont-ils appelé un pasteur ?

Et pourquoi moi, qui suis pasteur

De Wittenberg-Lutherstadt, réminiscence

Des condamnations du commerce des indulgences ?

Évidemment, à ce moment-là, ça avait du sens

D'interroger un spécialiste de la conscience.

 

Comment s'appelle-t-il, comment s'appelle-t-elle ?

Je ne le dirai pas. Par conscience professionnelle.

Déontologie, discrétion, et cetera.

Le cas n'est pas banal, en tous cas

De, disons : Karl et Anastasie

D'une femme espionnée par son mari

Pour le compte de la Stasi

Ah, la Stasi, d'ennui m'anesthésie !

Mais la Stasi n'est plus et je suis là

Allez savoir pourquoi ? Oui, pour quoi ?

Quel intérêt à rabâcher tout ça ?

Accuser l'État disparu et pas celui qui est là.

 

Je suis de la ville de Luther, ange déchu

Je me souviens de l'État disparu

Pourquoi ces gens ont-ils appelé un pasteur ?

Mais pourquoi moi, qui suis pasteur

De Wittenberg-Lutherstadt, réminiscence

Des condamnations du commerce des indulgences?

Évidemment, aujourd'hui, ça a du sens

D'interroger un spécialiste de la conscience.

 

 

 

Repost 0
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 21:37

J'ai peur ! J'ai peur !

 

Canzone française – J'ai peur ! J'ai peur !– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 90

An de Grass 91

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

 

Porte-de-Brandebourg-1991.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai peur ! J'ai peur !, quel titre terrifiant, dit Lucien l'âne, en frissonnant comme un saule par un vent de printemps. La peur, je connais ça. Ce n'est pas une chose facile à admettre, mais je la connais bien cette mégère. Et vraiment on se sent mal, on a chaud, on a froid, on tremble, on transpire, on ferme les yeux, on regarde partout... Moi, j’aplatis mes oreilles, je rentre la queue entre mes jambes, je me fais tout petit, je respire à petits coups pour ne pas faire de bruit, je me tiens coi, je me fais du cinéma... La peur, la peur, je connais ça... Mais dans ta canzone qui donc a peur, si peur et le dit aussi crûment...

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, ils sont nombreux à le dire, des milliers et des milliers et ils ne font pas que le dire, ils le crient, ils le hurlent. Ils se rassemblent, marchent dans les rues et ils crient « J'ai peur ! J'ai peur ! ». Ils ont quitté l'école, ils n'ont rien dit à leurs parents, ils se sont rassemblés et ils vont de par les places et les rues et ils crient leur peur. C'est un phénomène inédit et étonnant... Une sorte de révolte des enfants face à la guerre qu'ils regardent ou qu'ils voient incidemment à la télévision.

 

Un phénomène étrange, assurément. Moi qui ai connu tant de guerres, tant de gens, moi qui ai vu tant d'enfants... Je n'ai jamais vu pareilles processions. J'ai bien sûr vu des milliers de manifestations, j'ai vu les croisades, j'ai vu massacrer les gens de Béziers et les Albigeois, j'ai vu passer les armées de la Révolution et celles de Napoléon [[9210]], j'ai vu les légions romaines dans le désert, je les ai vues qui traversaient la Gaule, j'ai vu arriver les Huns, débarquer les Normands, je me souviens d'Alexandre caracolant sur Bucéphale et de Spartacus emmenant les esclaves libertaires à la campagne contre la grande Rome et j'ai vu plusieurs fois massacrer la population de Jérusalem, j'ai vu la Parizer Platz le 30 janvier 1933 quand passaient cent mille hurleurs habillés de brun, illuminés par leurs flambeaux [[38296]], j'ai accompagné les réfugiés de la République espagnole à travers les Pyrénées et les troupes d'Hannibal au travers des Alpes, j'ai vu François Ier et son armée marchant sur Pavie, j'ai vu, j'ai vu, j'ai tant vu et pourtant, je n'ai jamais vu, ni même ouï dire de telles manifestations d'enfants. Mais ce me semble, je le dis sans détour, un sorte de miracle, même si à première vue, elles ne purent rien empêcher.

 

 

Lucien l'âne, mon ami, tu parles d'or... Je crois bien d'ailleurs te l'avoir déjà dit en d'autres occasions. Mais qu'importe ! Tu parles d'or et converser avec toi est toujours un moment d'intense plaisir. Comment dire ? On se sent devenir intelligent et c'est une sensation très agréable. Pour le coup, tu dis juste : il s'agit d'une sorte de miracle... Je dirais plutôt de sortilège magnifique. Et ta nuance me charme... Car, en effet, il s'agit là d'un événement extraordinaire, d'un moment magnifique et dont il n'y a pas de traces antérieures dans l'histoire... Du moins, nous n'en connaissons pas. Et tu as raison aussi quand tu dis que ces marches d'enfants et leurs cris ne purent rien empêcher ni les bombardements, ni les gaz, ni les bombes au phosphore, ni tout simplement la guerre et toutes ses affrosités. Mais ce qui me ravit particulièrement, car c'est cela qui – à mon sens – compte le plus, c'est ce « même si à première vue »... C'est là que commence la réflexion. Qu'en est-il donc d'une deuxième, d'une troisième vue et ainsi de suite... ? Pour la deuxième, on peut augurer que les enfants ou les jeunes filles, les jeunes gens qui participaient à ces cortèges et portaient ces bougies en criant « J'ai peur ! » – surtout, en osant transgresser le tabou de l'aveu de la peur, n'oublieront jamais ce moment. Jamais, ils n'oublieront qu'ils ont renversé le sacré, qu'ils ont bousculé la figure tutélaire du guerrier sans peur, l'aura du chef impavide auquel il faut s'assimiler. Mais poursuivons encore un instant... La troisième vue, c'est ce qui en résultera à plus long terme... Que sera-t-il transmis au travers des ces cris à l’humaine nation, que sera-t-il changé dans la perception du monde, dans la composition du monde ? C'est infinitésimal... Le grain de sable, la vague, une génération humaine aussi... sont infinitésimaux... Et même si la Guerre dure Cent Mille Ans, chaque instant, chaque geste compte, chaque cri, chaque pensée... C'est ce qui fait la complexité et la complication de la réflexion sur la guerre et les moyens de s'en débarrasser, qui est tout de même la question centrale des Chansons contre la Guerre. Saluons donc ces enfants...

 

Salut, salut à vous, braves enfants de Germanie... [[704]], entame d'une voix envoûtante, Lucien l'âne en levant le front et les oreilles, tout à la fois. Comme tu l'entends, je suis plein d’enthousiasme et je te rappelle à notre quotidien devoir – lui aussi infinitésimal – qui est de tisser le linceul de ce vieux monde belliqueux, terrifique, mortifère, pétrolifère, gâteux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

 

 

Bon voilà autre chose maintenant

Ce ne sont plus que cortèges et manifs d'enfants

Gosses défilant dans les rues avec des bougies

Avec leurs baskets et leurs jolis vêtements

Sur les places, des milliers de gosses crient

Pas des mots d'ordre, pas des slogans

Ils crient qu'ils ont peur

Juste : « J'ai peur ! J'ai peur ! »

Ils ont vu la guerre à la télé

En direct, chez papa, chez maman

Sans y avoir été vraiment préparés

Comme dans leurs jeux sur écran

En somme, la cathodique vérité

Du vrai bombardement

Vu du ciel, comme s'ils étaient dans l'avion

Comme s'ils étaient dedans

Et en bas, des gens, des maisons

Des morts, des incendies, des illuminations

 

 

Dans les rues des milliers de gosses crient

Pas des mots d'ordre, pas des slogans

Ils crient qu'ils ont peur

Juste : « J'ai peur ! J'ai peur ! »

 

 

Quand ça flambe, le pétrole, ça flambe

Dans la même région, tu sais, c'est le Golfe

Là, il y a du pétrole et du sable

Il y avait eu une guerre juste avant

Elle avait duré huit ans

Plus d'un million de morts, y compris les enfants

Mais c'était entre eux, là-bas entre ces gens

Même si les enjeux étaient grands

Et pèsent toujours maintenant

Ça n'avait pas fait bouger les enfants

D'Hanovre, de Hambourg, de Berlin

De Rostock, de Stuttgart, de Munich, de Schwerin.

Ils marchent, par milliers, en se taisant

Puis, soudain, ils crient : « J'ai peur, j'ai peur »

Et ça, c'est nouveau, ce « J’ai peur ! J'ai peur ! »

Jamais, on n'aurait dit ça, nous, de notre temps.

Oui mais, le pétrole ? La guerre ?

Ne t'inquiète pas... Il y en aura toujours sur la Terre.

 

 

Dans les rues des milliers de gosses crient

Pas des mots d'ordre, pas des slogans

Ils crient qu'ils ont peur

Juste : « J'ai peur ! J'ai peur ! »

Repost 0
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 15:07

Le Pragmatisme saxon



Canzone française – Le Pragmatisme saxon– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 89

An de Grass 90

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

Ah, dit Lucien l'âne, moi, je connaissais le génitif saxon... Du moins, j'en ai déjà entendu parlé... N'est-ce pas cette étrange manière de dire les choses qui fait surgir des phrases aussi étranges que : « Le docteur, son chien a mordu la dame, sa chatte ».

 

 

Ton exemple, Lucien l'âne mon ami, et je te reconnais bien là, est pour le moins scabreux, même s'il est rigoureusement exact. Mais enfin, tu n'as pas pu t'empêcher de faire une digression... Cependant, où veux-tu en venir exactement ?

 

 

À ceci que si je connais le génitif saxon, je n'avais jamais rencontré jusqu'ici le pragmatisme saxon qui fait le titre de ta nouvelle histoire d'Allemagne. On dirait l'intitulé d'un chapitre d'un livre ou d'une leçon de philosophie. Je vois assez bien ce que peut être le pragmatisme et je résumerais ce que j'en sais en disant qu'il s'agit selon toute vraisemblance d'une attitude ou d'une doctrine qui ne voit de vérité que dans la valeur pratique et vraisemblablement, de façon générale ici (hic et nunc – ici et maintenant – dans cette société-ci...), j'imagine dans la valeur la plus pratique qui soit : l'argent, la richesse... Autrement dit, le pragmatisme est la définition-même de l'attitude, de la posture du riche dans la Guerre de Cent Mille Ans qu'il mène contre les pauvres aux seules fins de les dépouiller systématiquement.

 

 

On ne saurait mieux définir la chose...On dirait mon ami Lucien l'âne, que tu as l'âme et l'esprit d'un philosophe... Mais la chose ne peut m'étonner sachant d'où tu viens... Cela dit, si tu vas ainsi directement au fond des choses, certains diront que ceci, que cela et encore autre chose... Bref, trouveront toujours à redire aux paroles d'un âne. Cependant, afin de couper court à toute argutie, je dirai qu'avec certitude et sans discussion possible, ta définition du pragmatisme correspond tout à fait à celle qu'il conviendrait d'appliquer à ce « pragmatisme saxon », qui est l'objet de la chanson. Ainsi, notre narrateur, une fois encore Günter Grass lui-même, se rend à Leipzig, donc en Saxe, à l'occasion des « premières élections libres », qui vont voir une victoire écrasante de la CDU – le parti de la droite allemande et ici, pan-allemande, le parti qui (et c'est le cas aujourd’hui encore) porte à bout de bras le fameux « rêve d'Otto », dont nous avons déjà souvent parlé.

 

 

En somme, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses belles dents, pour paraphraser Sully, on pourrait dire que « pragmatisme et nationalisme sont les deux mamelles de la CDU » . Il est hébergé pour l'occasion chez un « hygiéniste », il faut évidemment comprendre d'un marchand de produits d'hygiène (est-ce ce qu'on nomme ici un droguiste ou alors, un bandagiste – je n'ai pas réussi à le démêler...)... L'essentiel est qu'il s'agit d'un marchand, qui personnifie le « pragmatisme saxon ». Lequel pragmatisme l'a conduit à « récupérer » toutes sortes d'objets publics, dont il garnit son jardin : chaises, réverbère, Christ, apôtres... Il n'y a pas de petit profit ! Au regard de ce qui se passe actuellement en Europe, ce pragmatisme saxon aurait tout aussi bien pu être qualifié de « germanique » et c'est d'ailleurs lui qui guide l'Allemagne d'aujourd'hui...

 

 

J'imagine que tu veux parler de cette Allemagne écrasante et avide qui veut imposer sa loi à l'Europe entière... REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN... (si ce n'est déjà commencé...).

 

 

C'est en effet de celle-là qu'il est question et ce qui va se passer là chez ce personnage de l'hygiéniste est la prémonition de ce que vont vivre les lambeaux de la Démocratique lors de la réunification – la « récupération » des biens publics par le privé et les craintes d'un démantèlement social et économique et dès lors, sociétal... vont se révéler exactes... . En contrepoint, on trouve un autre personnage, Jakob qui vient rappeler ce dont est capable le « pragmatisme saxon » quand on l’applique à une échelle plus vaste... Et Jakob le fataliste de conclure : « C'est comme ça, la démocratie... » et sans doute, pensait-il, « la démocratie de marché ».

 

 

Et bien, Marco Valdo M.I. mon ami, voici de quoi méditer...et aussi de quoi nous inciter à poursuivre sans discontinuer notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde pragmatique, soucieux de valeur pratique, hygiéniste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane,

 

 

 

 

À Leipzig, au fait, pourquoi pas ?

On se retrouverait Jakob, Leonore, Ute et moi

Jakob et Leonore étaient déjà là

On arrivait de Stralsund Ute et moi

Chez l'hygiéniste saxon à Wiederitzsch

Jakob, lui, était un enfant de Oetzsch

Né Suhl, dans un pauvre quartier de Germanie

Émigré en 1938, juste à temps

Pas de chance pour sa maman

Un Einzastzgruppe en Lituanie mit fin à sa vie.

Avec les Juifs à fourrure, dit Jakob, on n'avait rien à voir

Les échos du vieux temps sonnaient sur le battoir

L'arrière-cour où pendait la lessive

Les reliques de sa jeunesse : l'école, le gymnase...

 

 

Dès la fin de l'hiver, le désastre électoral préluda

Au démantèlement des années nonante

Leonore photographiait les visages d'épouvante

Le dépouillement de l'ancien pays commença

Dans le jardin de l'hygiéniste saxon peuplé

D'objets pragmatiquement récupérés

Pierres de cimetières, statues d'église

Ciel bleu, nuages gris, eau turquoise

Le Christ bénit les deux robots japonais

Qui nettoyaient la piscine pendant qu'on parlait

Sur les chaises en fonte, sur les chaises en pierre.

Souvenez-vous : de Leipzig, tout était parti hier.

Jakob se réveilla et dit :

C'est comme ça, la démocratie.

Repost 0
24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 19:57

Gloire aux Femens !

 

Chanson française - Gloire aux Femens ! - Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

http://static.euronews.com/images_news/img_pod_22-12-PIC-OF-DAY-Belgium-femen-activist-arrested.jpg

 

 

 

 

L'Italie est vraiment un enfer, dit Lucien l'âne en faisant une épouvantable grimace. Les flics sont tellement mal élevés qu'ils s'en prennent aux femmes... (http://www.corriere.it/politica/speciali/foto/2013/elezioni/nudi-al-voto/attiviste-femen-seno-nudo-contro-berlusconi_8cd6df56-7e7c-11e2-b686-47065ea4180a.shtml#1). Comme en Russie, comme en Chine, comme en Belgique... Et tout ça pour protéger une girouette politique...

 

 

D'accord, dit Marco Valdo M.I., ils ont fait fort, mais il faut bien reconnaître qu'à Anvers, ils cognent sur les mecs et c'est tout aussi dégueulasse. Mais, c'est à Mortsel, bij Antwerpen...

 

 

Cependant, quand même, avec un seul neurone sous leur couvre-chef, ces flics-là (à Milan, capitale de la Lombardie...) auraient pu et dû saluer ces femmes-là, courageuses et honnêtes – chapeau bas et respect; ils auraient dû leur faire la haie d'honneur, les escorter, s'agenouiller, leur baiser la main comme de galants chevaliers et s'en prendre vigoureusement à ce vieux salaud – pervers, grossier, con, escroc et menteur qui depuis des années, sous sa cuirasse de Président du Conseil des Ministres, derrière ses gardes du corps se pavane et trompe son monde et le nôtre. Car, figure-toi, Marco Valdo M.I. mon ami, cet éminent homme d'État, cet homme le plus intelligent du monde (qu'il dit!), ce héros des temps modernes (qu'il croit!), ce courageux paladin a besoin de gardes du corps (sept, dix, treize, cent, mille, dix mille ?) On est quand même en pleine Guerre de Cent Mille Ans que les riches font contre les pauvres pou imposer leurs mœurs par la terreur.... Il ne serait rien sans un tas de gardes du corps pour le protéger, car dans le réel, ce brillant Cavalier se cache derrière une troupe de mercenaires et n'ose pas affronter le monde directement... Il le fait seulement, par écrans interposés... Cet homme (mais en est-ce un?) fait la honte au peuple d'Italie, à tous les gens d'Europe et aux hommes du monde entier. Et encore, je modère mes propos, il pourrait y avoir des enfants qui nous lisent.

 

 

D'ailleurs, nous aussi, mon cher Lucien l'âne, mon ami, on crie hourra !, on salue ces femmes, on les vénère, on leur envoie nos plus chaleureuses félicitations et on jette la honte sur ces policiers sans conscience et sans ce qui fait d'un homme, un homme, sur ces policiers, tout juste bons à être gardiens de Dachau ou d'Auschwitz... Tout juste bons à obéir aux ordres sans même réfléchir...

 

 

Ah, Marco Valdo M.I. mon ami, penses-tu un seul instant que de tels êtres soient capables de penser ? Pour le reste, leur côté animal reproducteur, je n'en sais rien... On en sait peut-être quelque chose au Vatican... Mais comme toi, j'imagine que s'ils en avaient (Habent et bene pendentes ?), ils ne s'en seraient pas pris à des femmes... Ils auraient eu un sursaut de résistance (Ora e sempre : Resistenza!). S'ils avaient un peu de dignité... Qu'on ne me dise pas que c'est impossible... Il y a des exemples... Par exemple, les soldats du Dix-Septième de ligne... [[704]] qui malgré les injonctions virulentes du gouvernement et de leurs officiers, ont refusé de s'en prendre aux viticulteurs et ont tranquillement retourné leurs baïonnettes. Donc, si ces policiers milanais (ou d'ailleurs) avaient été des gens d'honneur et de courtoisie, ils n'auraient jamais, au grand jamais accompli pareille infamie... Si c'était le cas... si c'eût été des gens corrects, on le saurait et en plus, ils n'auraient même pas été engagés dans ces meutes... ou alors, ils dénonceraient tous les jours à la face du monde ce que font leurs collègues véreux ou tout ce qu'on les obligerait à faire, tout en refusant de le faire... Avec obstination, insubordination et dignité humaine.

 

 

Je sais, je sais... Enfin, en ce qui concerne ces flics-là qui s'en sont pris à des femmes et en plus, à des femmes sans armes, pacifiques, partiellement et dans certains cas, totalement dénudées (signifiant ainsi qu'elles n'ont que leurs corps pour affronter les armées des puissants et des riches) et qui en plus énonçaient une vérité éclatante (ce monsieur est un personnage ignoble), je suis persuadé qu'ils tueraient père et mère, s'ils en recevaient l'ordre... C'est pour elles d'abord que j'ai fait cette chanson et leurs (nos) soeurs. C'est une parodie de la chanson de Montéhus, dont tu parlais tout à l'heure, qui peut se chanter sur son air et qui s'intitule « Gloire aux Femens ! ». Pour ce qui est des lâches comportements de la police, j'aimerais beaucoup qu'on me montre le contraire... par exemple, un flic refusant d'accomplir un ordre contraire à la morale, à la raison, à la dignité (la sienne ou celui de sa future victime) ou même, aux droits de l'homme, de la femme, des étrangers, des travailleurs, des chômeurs, des pauvres... ou tout simplement, refusant d'exécuter un ordre idiot... Note que j'ai connu ça : un jour, il y a bien longtemps, un agent s'est excusé de m'avoir bousculé avec son engin contondant dans une manifestation. Ce fut une exception... D'autres m'ont frappé, d'autres m'ont emmené, d'autres m'ont arrêté, d'autres m'ont enfermé et j'attends toujours leurs excuses.

 

 

Il faut bien, dit Lucien l'âne, une exception pour confirmer la règle.

 

 

Bref, j'aimerais que parmi ces gens-là, on me montre des hommes droits et corrects... Simplement, corrects. Mais je vois bien qu'à l'exception près, ils n'ont ni conscience, ni cerveau, ces gens-là. En fait, ce sont des chiens de garde... On siffle et sur ordre, ils attaquent... Ils frapperaient et tueraient n'importe qui... Les exemples ne manquent pas, d'ailleurs. Dans les années 40, en Allemagne, ils auraient eu droit à un uniforme noir, avec une tête de mort... Ce sont des tortionnaires, des malappris, des machos et des imbéciles...

 

 

En effet, Marco Valdo mon ami, on pourrait rêver de policiers honnêtes et consciencieux qui refusent d'accomplir des ordres contraires à la loi ou quand la loi est insuffisante ou malhonnête ou contraire aux lois humaines (par exemple, on ne s'en prend pas à une femme désarmée), contraire aux lois de l'humaine raison (on n'attaque pas des gens paisibles ou des gens qui réclament leurs droits, des gens qui marchent pour la paix, des gens qui demandent à manger, des gens qui protestent contre des injustices, qui dénoncent la misère ou des gens qui disent la vérité...) ou on pourrait rêver d'agents des services ou de la puissance publique qui refusent d'appliquer les ordres ou la loi elle-même quand elle va à l'encontre de l'humaine raison ou de l'humaine nation.

 

 

C'est d'ailleurs ce que dans certaines bonnes constitutions, on appelle pour les fonctionnaires et les agents de l’État ou pour les agents des services publics et les agents des forces publiques (eux qui somme toute, sont, par délégation, la force mandatée par les gens du peuple), y compris les policiers et les militaires, y compris les magistrats et les ministres, on appelle le droit de réserve, le droit de conscience... Mais évidemment, quand on n'a pas de cerveau, on ne peut y penser... et même si on s'en souvient et qu'on y pense, il faut encore oser l'appliquer... Louis Jouvet disait : « Pour être un homme, il faut avoir des couilles au cul... »

 

 

En effet, il est difficile d'être digne quand on a peur du maître, quand on mange dans la gamelle, quand on fait carrière... Et puis enfin, quand on n'a pas de dignité, on ne veut pas y penser : on veut oublier ce qu'impose la dignité humaine... Ainsi, il appert que ce vieux monde est en décomposition avancée, il sombre de partout, il pue de tous les côtés... Tissons donc son linceul, il est plus que temps d'y mettre fin et de le remplacer par un monde de vivants honnêtes et sains. Ne sentez-vous pas ses remugles malsains... Il est cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Légitime est votre colère
Votre refus est un grand devoir
On ne doit jamais laisser faire
Les grands qui sont au pouvoir
Femmes, votre conscience est nette
Il faut mettre au jour tous leurs méfaits
En récusant les malhonnêtes
Femmes, oui, vous avez bien fait.

 

Salut, salut à vous
D'avoir agi ainsi quand même
Salut , salut à vous
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous
À votre geste magnifique
Vous auriez en restant chez vous
Assassiné la République

 

Comme les autres vous aimez la vie
J'en suis sûr même vous l'aimez bien
Mais sous le beau ciel d'Italie,
Les riches se moquent des citoyens
La vie, c'est d'abord d'êtres libres
Et de vivre bien parmi les siens
Et vaut mieux même aller en galère
Que d'accepter de tels aigrefins

 

Salut, salut à vous
D'avoir agi ainsi quand même
Salut , salut à vous
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous
À votre geste magnifique
Vous auriez en restant chez vous
Assassiné la République

 

Espérons qu'un de ces jours, patience
Il n'y aura plus de guignols comme ceux-là
Ayons tous au cœur cette espérance
Que bientôt ce grand jour viendra
Vous avez montré votre courage

Et votre admirable volonté
Quand la révolte tournera à l'orage
Ce jour-là, vous serez toutes fêtées.

Salut, salut à vous
D'avoir agi ainsi quand même
Salut , salut à vous
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous
À votre geste magnifique
Vous auriez en restant chez vous
Assassiné la République

Repost 0
22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 20:56

La vie continua



Canzone française – La vie continua – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 88

An de Grass 89

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

  TRABANT MUR

 

 

 

 

 

 

Mon ami Lucien l'âne, je sais bien que les ânes ne circulent pas en automobile, même s'ils en sont d'une certaine manière les ancêtres. Cependant, je voudrais savoir si tu connais la Trabant et la Wartburg, des voitures, qui si elles n'existent plus, je veux dire si on ne les fabrique plus, ont marqué bien des mémoires. Déjà par leur aspect, puis aussi par le bruit si caractéristique que leurs moteurs deux-temps émettaient et par l'odeur d'huile qu'elles répandaient. C'étaient les voitures fabriquées en Démocratique et c'étaient elles qui occupaient à peu près seules les routes et les rues du pays. Ce sont les héroïnes de l'Histoire d'Allemagne de cette année 1989.

 

 

Il est vrai, comme tu le dis si judicieusement, Marco Valdo M.I. mon ami, que les ânes circulent rarement en automobile et c'est également mon cas. Par contre, cela n'implique pas que l'on ne connaisse pas les autos. Tu comprends bien que nous les ânes, les routes et spécialement les routes anciennes et secondaires, ça nous connaît. J'ai personnellement croisé des milliers de vos puantes voitures et un peu partout, du simple fait que je suis moi-même asinomobile, à moins qu'il ne faille dire oinomobile. J'ai traîné mes sabots dans les coins les plus bizarres, les plus inattendus. Dès lors, j'ai bien évidemment croisé des Wartburgs, des Trabants... Et tu as raison, j'en garde un souvenir olfactif des plus émus. Mais, dis-moi, que viennent-elles faire dans cette Histoire du jour... En quoi intéressent-elles le narrateur, car je suppose qu'à l'ordinaire, il y a un narrateur et puis d'abord, qui est-il ?

 

 

Notre narrateur du jour est l'auteur soi-même. Il répond à cette question-bateau, mille et mille fois posée : que faisiez-vous ce jour-là ? Et ce jour-là est celui où le Mur est tombé... Comme tu le sais, seulement d'un seul côté.[[7911]]... Il raconte « Tranquille, tranquille » que la radio annonce l'événement, la réaction à chaud face à l'événement : « C'est dingue ! », il pèse le sens de l'événement : « bonne nouvelle ou bombe à retardement ? », il voit ce qu'il voit sur le Mur : « À califourchon, à califourchon » et évidemment, comme je te disais, les voitures : « Voyez les Wartburgs, voyez les Trabants » et il conclut sur un constat de frayeur : « Joie et terreur, le Mur tomba ; joie et terreur, la vie continua ».

 

 

Avec le recul, dit Lucien l'âne un peu pensif, il me semble qu'il n'avait pas tort dans sa double appréciation. Ce qui rejoint assez bien la réflexion du maçon sur le deuxième côté du mur, qui n'est toujours pas tombé près d'un quart de siècle plus tard.

 

 

On en saura plus d'ailleurs dans les années à venir où le narrateur reviendra sur cette dichotomie et sur le pénible destin qui attend la Démocratique, qui va se faire bouffer toute crue par la Fédérale... et sombrera dans un insondable abîme économique, dont les conséquences sociales sont encore aujourd'hui des plus désastreuses. Et regarde bien ce qui est raconté ici et ce qui a été fait là-bas en ce temps-là, ce démantèlement de tout un monde afin d'en extraire jusqu'au dernier Mark... Car c'est ce qui attend à présent bien des régions d'Europe, qui sont victimes de ce « rêve d'Otto », dont je t'ai déjà entretenu.

 

 

Ah, dit Lucien l'âne en riant, il me vient à l'esprit un énorme calembour à propos de ce rêve... C'est en faisant miroiter le « rêve d'autos » qu'on piège les gens et qu'on réalise le « rêve d'Otto »... On fait rêver les peuples crédules aux « berlines allemandes ». Et cet ersatz de bonne vie paye bien des collaborations, suscite bien des ralliements et provoque les plus stupides aveuglements. C'est une de ces phases de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font contre les pauvres, avec mille ruses et mille illusions afin de les appauvrir encore, de les serrer si fort qu'ils sentent en leurs cœurs le froid de la terreur... On en est là dans cette Europe qui étrangle la Grèce – REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN (s'ils n'ont pas déjà commencé...), a posé des pattes griffues sur l'Espagne et le Portugal, louche désespérément sur l'Italie, etc... À quelle sauce seront mangés les autres ? On peut aisément l'imaginer... On comprend ainsi aisément que nous soyons ne résistance (Ora et sempre : Resistenza!), pourquoi nous tissons obstinément le linceul de ce vieux monde leurré, trompé, manipulé, manœuvré et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

On roulait sur l’autoroute vers Berlin

Tranquilles, tranquilles

La radio culturelle égrenait son train-train

Tranquille, tranquille

Et puis, elle dit : le mur est tombé à Berlin.

Tranquille, tranquille

 

 

Joie et terreur, le Mur tomba

Tout le monde cria : C'est dingue !

On but une Pilsen, puis une autre

Joie et terreur, la vie continua

On but encore une Pilsen, puis une autre

Et on cria encore : C'est dingue !

 

 

Nos amis de l'autre côté l'apprirent

Fortuitement, comme en passant

Tout juste un bruit de fond, une mire

À la télé allumée par désœuvrement

Et durant un instant, ils se réjouirent

Mais bonne nouvelle ou bombe à retardement ?

 

 

 

 

Wartburg 353 W

 

 

 

 

 

 

 

Sur le Mur, des jeunes gens grimpaient

À califourchon, à califourchon

La police des frontières regardait

Bras croisés, ces polissons, ces polissons.

Mais tout changeait, tout basculait

Quand on mettait le son, quand on mettait le son.

 

 

Le Mur était tombé, oyez, oyez

Voyez les Wartburgs, voyez les Trabants

Qui passent la frontière ouverte, voyez

Les gens dans leurs Wartburgs, dans leurs Trabants

Tous ensemble, quel embouteillage, oyez, oyez

À l'odeur d'huile des moteurs à deux temps.

 

 

 

 

 

 

TRABAN

 

 

 

 

 

 

 

Tout le monde cria : C'est dingue !

On but une Pilsen, puis une autre

On but encore une Pilsen, puis une autre

Et on cria encore : C'est dingue !

Joie et terreur, le Mur tomba

Joie et terreur, la vie continua

Repost 0
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 20:27

Faut bien qu'ils vivent

 

[2013]
Paroles de Marco Valdo M.I.
Chansonchôme wallonne de langue française
Parodie de « Faut bien qu'on vive » - Gilles (Jean Villard) – 1935

 


 

 

 


 

 

 

Tout est foutu (chanson également de Gilles) 

 

 

 

Je sais, je sais, j'en avais déjà fait une de parodie avec la même chanson de Gilles et sur le même sujet... Elle s'intitulait : La Chanson des Chômeurs.

Et alors ?

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 


 

 

Sous prétexte qu'on est des chômeurs
Y en a des qui se foutent de notre gueule
Y en a même qui nous engueulent
Et nous disent la bouche en cœur
Qu'on n'a qu'à chercher du travail
Qu'à l'usine, il faut qu'on y aille

Nous, on aurait bien voulu
Mais des usines, y en a plus
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Faut bien qu'on vive !

 

On pourrait vu qu'on n'a plus un rond
Comme les banquiers recevoir des millions,

Et avec tout ce tas de pognon,
Nous en aller faire le tour du monde
On serait des chômeurs en goguette
On ne prendrait pas toute la galette
Nous, on préfère rester honnêtes
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Faut bien qu'on vive !

 

Nous du travail, on n'en trouve pas
Paraît qu'y en a dans les usines,

Mais y a plus qu'un mec par machine

Pas étonnant que pour nous, du boulot y en a pas

Et les patrons qui vivent à l'aise,

Avec des salaires grands comme ça

Menacent de supprimer des emplois.
Et en plus réclament des aides de l'État
Faut bien qu'ils vivent !

 

Ils pensent à l'argent tous les jours
Même, si nous, on a des fins de mois atroces

Nous, on pense surtout à nos gosses
Qui ne rigolent pas toujours
Nos enfants ont au moins un avantage
Quand leurs parents sont au chômage
Ils peuvent les voir tous les jours
Un peu de bonheur, quelle dérive
Faut bien qu'ils vivent !

 

Si on passe notre vie au café
Si, au loto, on taquine la chance
C'est uniquement par bienfaisance
Et par respect pour l'ouvrier
Son boulot, faut pas qu'on y touche
Ça serait lui arracher le pain de la bouche
Comme on n'a pas d'autre alternative
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Et les travailleurs aussi, faut bien qu'ils vivent !

Repost 0
30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 23:49

L'Injure

ou

Prophètes, dieux et déesses

 

Chanson française – L'Injure ou Prophètes, dieux et déesses – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 


 

 

 

 « Noi, non siamo cristiani, siamo somari... » est une de nos devises et elle est particulièrement indiquée pour cette chanson où il est question des prophètes, des dieux et des déesses et de leurs aficionados. Tous d'une susceptibilité effrayante et prompts aux insultes et aux massacres.

 

 

Voilà bien un étrange sujet... et pourquoi donc te préoccupes-tu des dieux, des prophètes et des déesses, à présent ?, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents. J'imagine que tu es repris d'une crise d'aédisme... Cependant, je croyais la question réglée depuis la plus haute Antiquité par mon maître Épicure... Qui, s'il n'avait pas explicitement fait profession d'athéisme, avait tranquillement renvoyé les dieux à leurs oignons et aux joies de l'Olympe en les priant de foutre la paix aux humains. Les humains et les vivants, la terre et le réel d'un côté et les dieux de l’autre, dans le néant. Chacun chez soi et les vaches seraient mieux gardées et la pauvre Io à l'abri de ce vieux libidineux pervers et travesti.

 

 

Certes, certes, il me faut sans doute expliquer un peu le pourquoi du comment et quelle mouche m'a piqué., dit Marco Valdo M.I. Tout est venu de ce que le jeune Alber Saber, étudiant en philosophie du côté du Caire ou d’Alexandrie ou de quelque part en Égypte, a dû fuir son pays, car il était poursuivi par la justice pour le crime d'athéisme. Comme on avait déjà tenté de l'assassiner plusieurs fois, comme il avait déjà goûté aux prisons locales, il a préféré s'exiler quelques temps, si ce n'est pour la vie entière – ce que je lui conseillerais volontiers. Apprenant son aventure et lisant le même jour que le stercoraire, le fameux bouseux d'Aristophane, cet insecte qui pousse par devant lui une boule de merde, traversait l'univers comme nos plus vaillants capitaines en se guidant sur les positions de la Voie Lactée [http://www.cell.com/current-biology/retrieve/pii/S0960982212015072] et me souvenant que ce bouseux, bouffeur de merde était – pour les mêmes Égyptiens et depuis la plus haute Antiquité, le Dieu vivant sur la Terre, j'en ai fait cette chanson. Que je vais faire précéder de la lecture intégrale de ma traduction du petit article de l'Uaar (Union des Athées et Agnostiques rationalistes – italiens) qui raconte l'histoire d'Alber Saber. Voici donc la chose :

« 

Le blogger athée Alber Saber fuit l'Egypte


L'Égyptien Alber Saber, le jeune blogger athée condamné à trois ans pour blasphème et libéré sous caution en attente de la fin de son procès, a quitté son pays. En Egypte, après la révolution qui a mis fin au régime de Hosni Mubarak, on est remporté les élections les Frères Musulmans représentants du président Muhammed Morsi. Et une chape d'obscurantisme est ombée sur ceux qui étaient accusés d'offenser l'Islam.

 

La procédure judiciaire contre Saber, au tribunal pour avoir géré un groupe Facebook d'athées, n'est pas encore terminée. Le jeune homme a décidé de fuir l'Egypte en préférant l'exil ce 26 janvier, date de la dernière audience, pour sauvegarder lui-même et sa famille. Il l'explique dans une longue et passionnent interview

au Daily News Egypt. Il y raconte son expérience de vie, son activité pour la laïcité et les droits. Et où il esquisse le cadre politique égyptien, dans l'espoir qu'il puisse évoluer.

 

Malgré les menaces et les agressions subies même pendant le procès et en prison, Saber revendique le droit d'affronter et de critiquer la religion. « Je n'ai jamais renié mon athéisme », explique-t-il, « Ce sont mes opinions et elles se basent sur des études sérieuses de religion comparée », ajoute-t-il en rappelant qu'il est étudiant en philosophie. La police, au lieu de le protéger, l'a arrêté. Ses camarades de cellule ont été montés contre de lui et le soumettaient à des vexations : il leur avait été dit que Saber « avait insulté aussi bien le christianisme que l'Islam ». Tant qu'un d'entre eux lui a blessé le cou avec un rasoir.

 

Alber Saber raconte comment il est devenu athée, entre 2001 et 2005...

Bien avant la révolution, il rejoint les mouvements contre le gouvernement. Il fréquente l'université, où il révèle que les islamistes, le considérant « dangereux » pour ses vues critiques, le provoquent constamment et tentent de l'assassiner par trois fois.

 

Il expose donc ses vues laïques et démocratiques, en critiquant la pesante influence de la religion sur la politique et sur les lois. « J'estime que nous devrions avoir des mariages civils », explique-il. Pour arriver à la laïcité de l'État il faut selon Saber « accroître la conscience » : « nous devons expliquer ce que signifie vraiment le mot « laïcité » », « comment l'État soit une institution et ne puisse pas adopter une religion particulière. Nous avons besoin d'expliquer des choses comme la « dictature de la majorité » et que la démocratie signifie aussi protéger les droits des minorités ».

 

Il critique également la Constitution à peine approuvée pour sa position confessionnaliste. Il explique que dans l'article 44 on dit que des « prophètes et autres figures religieuses ne peuvent pas être insultés ».

« Les chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète : est-ce une insulte ?  », se demande-il, « Si un chrétien l'affirme, devrait -il être soumis à un jugement ?» 

« Les islamiques ne croient pas que Jésus soit Dieu : est ce une insulte aussi ? »

 

Saber est un activiste politique qui retient la laïcité indispensable pour une démocratie accomplie. Il militait entre autres dans le National Association for Change, formée de mouvements qui soutenaient Mohamed El Baradei à la présidence et s'opposait à l'autorité stricte du président Morsi. « Je ne crois pas dans un « État civil » » — un « euphémisme » employé par les laïques en Égypte pour ne pas irriter les intégristes islamiques — « un État non religieux s'appelle « État laïque » et c'est ainsi que nous devrions l'appeler », revendique-t-il.

 

Une histoire, celle du jeune Alber Saber, qui représente vraiment l'espoir pour un printemps arabe dont puisse émerger une nouvelle génération laïque. Avec des jeunes engagés qui s'activent pour la défense des droits civils et de la démocratie, contre l'intégrisme religieux qui prend pied. Une leçon que nous devrions apprendre même en Italie. Les vicissitudes d'Alber Saber, auquel va notre solidarité, doivent ensuite nous faire réfléchir sur les cas croissants de non-croyants persécutés dans le monde. Des cas, rappelés aussi par le Center for Inquiry, qui ne trouvent malheureusement pas d'espace sur nos moyens d'information.

 

La rédaction

(http://www.uaar.it/news/2013/01/29/blogger-ateo-alber-saber-lascia-legitto/)

Comme tu le verras par le jeu des poils, cette chanson se veut rattachée aux traditions de chansons d'étudiants – manière de saluer Alber Saber l'étudiant en philosophie persécuté et d'affirmer haut et fort une joyeuse impiété. Car Noi, non siamo cristiani...

 

 

Finalement, je trouve que tu as très bien fait de raconter cette double histoire et je pense quant à moi, qui je le rappelle à dessein, moi qui suis un âne – depuis la plus haute Antiquité et qui ai vu bien des massacres à Jérusalem, par exemple où ils se sont tous entretués avec véhémence, sur les bûchers d'Espagne et de Navarre, dans Paris-même un jour de Saint-Barthélémy, sans compter les persécutions contre les amis de Valdo et contre Valdo lui-même, sans compter tout se qui se fit et se fait au nom de Dieu ou de ses prophètes, simple maquillage de l'ambition de domination et de possession indue du monde, camouflage utilisé dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent avec une triste obstination contre les pauvres, je pense donc que nous qui en effet : « Non siamo cristiani, siamo somari » – nous devons reprendre notre tâche et tisser le suaire de ce vieux monde menteur, hypocrite, croyant car crédule et crédule car croyant, oppresseur, massacreur, d'une infinie stupidité et définitivement cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

On ne peut insulter les dieux ni les déesses

Poils aux tresses

Et moins encore les prophètes

Poils aux côtelettes

Les Chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète

Poils sur la tête

Est-ce une injure ?

Poils sous la ceinture

Les Islamistes ne croient pas que Jésus soit un Dieu

Poils aux yeux

Est-ce une injure ?

Poils sous la ceinture

Ma noi, non siamo cristiani,

Siamo somari

Et nous qui ne sommes pas chrétiens

Nous sommes des humains

Poils dans la main

Humains, nous ne croyons

Poils aux ischions

Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils

N'y voyez pas malice

Poils au pubis

 

 

Les Hindous qu'on le sache

Ont la plus grand dévotion pour la vache

Poils à la moustache

Les Mayas adoraient un oiseau- serpent

Poil aux dents

Les Incas se disaient fils du Soleil

Poils aux oreilles

Les Babyloniens avaient un dieu-poisson

Poils à l'hameçon

Et nul n'y voyait d'injure

Poils sous la ceinture

Ma noi, non siamo cristiani,

Siamo somari

Et nous qui ne sommes pas chrétiens

Nous sommes des humains

Poils dans la main

Humains, nous ne croyons

Poils aux ischions

Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils

N'y voyez pas malice

Poils au pubis

 

 

Les Égyptiens depuis la nuit des temps

Poils aux dents

Regroupés sur les bords du Nil

Poils au nombril

Croient que le coléoptère stercoraire

Poils au derrière

Poussant sa boule de merde séchée

En se fiant à la Voie Lactée

Poils aux péchés

Est le Dieu vivant, le grand Ra de lumière

Poils à la mentonnière

Et nul n'y voyait d'injure

Poils sous la ceinture

Ma noi, non siamo cristiani,

Siamo somari

Et nous qui ne sommes pas chrétiens

Nous sommes des humains

Poils dans la main

Humains, nous ne croyons

Poils aux ischions

Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils

N'y voyez pas malice

Poils au pubis

Repost 0