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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 15:27

LES TRAINS POUR LYON (VAL DE SUSE – 2050)

 

Version française – LES TRAINS POUR LYON (VAL DE SUSE – 2050) – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – I treni per Lione (Val di Susa 2050) – Lello Vitello – 2012

 

Texte de Lello Vitello
Sur l'air de "I Treni di Tozeur" di Franco Battiato e Alice.

 

Hôte d'honneur : il Vitellino (le Petit Veau) – Lello Vitello

 

 

LES TRAINS POUR LYON (VAL DE SUSE – 2050)

 

 

Version française – LES TRAINS POUR LYON (VAL DE SUSE – 2050) – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – I treni per Lione (Val di Susa 2050) – Lello Vitello – 2012

 

Texte de Lello Vitello

Sur l'air de "I Treni di Tozeur" di Franco Battiato e Alice.

 

Hôte d'honneur : il Vitellino (le Petit Veau) – Lello Vitello

 

 

Lucien l'âne mon ami, il te faudra écouter cette chanson sans attendre. Et sache que j'ai dû la traduire dans le même délai. Sans doute, te demandes-tu le pourquoi de pareille promptitude, d'une telle urgence...

 

On ne saurait mieux dire, dit Lucien l'âne en ricanant un peu de toutes ses dents plantées à la file tout autour de son museau.

 

Je m'empresse de répondre à ton inquiète sollicitation implicite. Il y a à cela deux raisons, au moins... La première, c'est qu'il s'agit d'une chanson de Lello Vitello, dont je n'ignore pas que tu l'aimes bien.

 

En effet, dit Lucien l'âne en souriant de toutes ses dents plantées à la file tout autour de son museau. C'est la pure vérité, je te l'accorde. J'apprécie beaucoup Lello Vitello. Mais, dis-moi, Marco Valdo M.I., mon ami, quelle est la deuxième de ces innombrables raisons ?

 

Ensuite, eh bien, ensuite, c'est le contenu de la chanson de Lello Vitello... Cette histoire des TGV en Val de Suse (un train à plus de trois cents à l'heure qui irait de Lyon à Turin ou l'inverse) et de l'incroyable et interminable lutte que les habitants mènent là-bas pour sauver leur vallée, leurs villages, leurs terres et leurs vies de cette invasion militaro-ferroviaire... Il y a déjà un quart de siècle que la vallée et les montagnes disent non à cette machinerie envahissante, à cette colonisation capitaliste des montagnes. Mais que faire d'autre que de lever l'étendard de la révolte quand on sait que toute cette destruction paysagère et humaine n'a d'autre raison qu'une avidité lucrative... On parlait en milliards d'Euros...

 

Des milliards d'Euros ?, dit Lucien l'âne. Ça doit grouiller autour d'un tel festin... Ça ne doit pas être perdu pour tout le monde...

 

Tu m'as interrompu un peu vite... Je disais : on parlait en milliards d'Euros... au début. Maintenant, on parle en dizaine de milliards d'Euros...

 

Des dizaines de milliards d'Euros ? Ça doit grouiller encore dix fois plus autour d'un tel gâteau... Ça ne doit pas être perdu pour tout le monde... mais au fait, qui va payer tous ces milliards ?

 

En finale, c'est simple... La réponse est toujours la même à ce genre de question... Ceux qui vont payer ? Les pauvres. Rappelle-toi : on est dans la Guerre de Cent Mille Ans – 100.000 ans. Alors, c'est très logiquement les pauvres qui vont devoir payer tout ça. Les pauvres, ceux-là même à qui ont demande déjà d'entretenir l'État des riches (l'Europe des riches... aussi), ceux à qui on impose par la force des lois et des armes, d'entretenir les riches, leurs familles, leurs descendances, leurs nervis, leurs sbires, leurs valets et leurs chiens.

 

Voilà donc un étrange retournement des choses, dit l'âne Lucien ébahi. Habituellement, c'est un monsieur fortuné (même relativement) qui entretient la danseuse et parfois même, plusieurs. Mais ici, c'est l'inverse. Ce sont les pauvres qui doivent entretenir les riches... Mais dans le fond, c'est logique... C'est la pauvreté des uns qui crée la richesse des autres... C'est juste : combien faut-il de pauvres pour faire un riche ?

 

Et ce n'est pas tout... Il faut aussi tenir compte des expropriations, des destructions... C'est la logique des grands projets... Derrière chaque grand projet, il y a une grande rapine... Souviens-toi du Canal de Panama et des malheurs qu'il a engendrés... Et ces gares calatravesques qui détruisent les quartiers populaires pour donner de l'air à des horreurs gigantesques destinées à flatter quelques égos mégalomanes et à verser des milliards encore et encore dans les mêmes poches sans fond. Et derrière tout ça, les mêmes gens qui terrorisent la Grèce, qui effrayent le reste des peuples d'Europe, qui les assomment à coups de dettes inventées. Ah, l'invention ! La belle affaire ! Les belles affaires à faire avec l'invention. L'invention, c'est le progrès, c'est la modernité, c'est le racket organisé. Tel est le sens du progrès et de la modernité.

 

Mais, je pensais que le progrès, l'invention, la modernité et tout ça, c'était nécessaire, c'était le futur radieux de l'humanité... Et voilà que ça ressemble tout-à-fait au contraire...

 

Mais souviens-toi, Lucien l'âne, mon ami, de 1984, ce portrait sans fard et prémonitoire de la société actuelle... Où le Ministère de la Paix menait la guerre... Où est mise à nu la perversion du langage par les hauts-parleurs, par les médias des dominants (riches ou puissants, c'est du pareil au même)... En fait, tous ces discours sur la modernité, l'invention, le progrès... c'est du flanc... C'est propagande, publicité et compagnie. Chants des sirènes et des lobbies... La Guerre de Cent Mille Ans se mène aussi par la persuasion... et la culpabilisation des adversaires, de ceux qui résistent, de ceux qui refusent de s'incliner... La Guerre de Cent Mille Ans se déroule jusque dans les maisons, jusque dans les écoles... Elle envahit tout et s'immisce dans les consciences... C'est la technique des croisades... Sus à l'infidèle ! Sus à l'incroyant ! Montjoie ! Saint denis ! Santiago ! Saint George ! Boo-Ya ! Semper fi ! Oorah ! Sieg Heil ! Banzai ! Cela dit, vois-tu Lucien l'âne, mon ami, et c'est là la vraie difficulté, c'est que dans le monde de la Guerre de Cent Mille Ans, comme Orwell l'a très bien vu, si les mots eux-mêmes sont comme neutres ou comme objectifs, tout va dépendre de la manière dont ils sont reçus par le récepteur, si ce dernier par exemple leur accorde une valeur, un signe positif ou négatif, en quelque sorte un a priori, un pré-jugé. Il suffit alors que l'on recouvre les mots, qu'on enduise les mots d'une couche de négatif ou de positif - par exemple via le prêche, la presse, la télé, la radio, l'école, la rumeur... pour que – pour nombre de gens – la réalité dont on couvre ce mot devienne elle-même « négative » ou « positive » ou soit ressentie et interprétée comme telle. On peut nuancer les choses, mais ça fonctionne bien ainsi. Reste alors à disposer des instruments pour étendre cette couche au travers de la société... Et qui dans la Guerre de Cent Mille Ans dispose de tous ces instruments ?

 

Je me disais bien que les dés étaient pipés, qu'on jouait au poker-menteur social, que les puissants, les riches établissaient le jeu, les règles du jeu et détenaient les cartes... et arrangeaient les choses à leur gré. Voilà d'où me vient cette impression de malaise social, cette impression que ce vieux monde est un monde tricheur, une embrouille, une duperie, une sorte d'escroquerie majuscule... Un monde où, si on est pauvre, si on est du côté des pauvres, quand on joue selon les règles établies, on ne peut que perdre. En somme, e monde me donne la sensation de ne pas être notre monde, mais celui des riches... et voilà d'où vient cette nécessité de lui tisser chaque jour son suaire à ce vieux monde cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Les villages du Val de Suse

Regardent passer les trains

Parfaitement déserts pour Lyon

D'une maison voisine, une vieille les voit

Et se demande pourquoi,

Par habitude désormais.

 

Et pour un instant revient l'envie de dire non

à un Train Grande Vitesse

 

Passent vides et rapides les trains pour Lyon

Dans les maisons abandonnées on prépare des refuges et

Paille et carottes pour les voyages à dos de mulet

Dormir sur la paille dans un vieux tunnel,

Le souvenir d'un thé semble un enchantement

 

Et pour un instant revient l'envie de dire non

à un Train Grande Vitesse

 

Passent vides et rapides les trains pour Lyon

Les villages en Val de Suse regardent passer

Les trains pour Lyon

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 20:34

 

À MON ÂGE

Version française – À MON ÂGE – Marco Valdo M.I. A – 2010

Chanson italienne – Alla mia età – Lello Vitello

 

À mon âge,

Mozart était mort depuis trois ans

Beethoven était sourd d'une oreille

Bukowski était un peu trop jeune,

Elvis était déjà trop vieux.

 

À mon âge,

Branduardi avait encore des cheveux

Edouard premier agrandissait l'Angleterre

Mon grand-père s'était déjà tapé

Trois ans et demi de guerre

 

À mon âge,

Il y a des femmes encore vierges,

D'autres conduisent leurs enfants au lycée

Dansent la salsa sud-américaine

Puis vont à la plage en paréo.

 

À mon âge,

Il y a celui qui grimpe

Il y a celui qui éclate

Puis, il y a celui qui découvre l'échangisme

Un certain Bill Gates encaisse des milliards

 

À mon âge,

Dante s'en allait dans la forêt obscure,

Taureau Assis était dans la plaine

Jim Carey inventait la face de con

Quatre Marines changeaient de sexe.

 

À mon âge,

L'un a des enfants, l'autre a une femme,

L'autre a oublié ce qu'il voulait

L'un divorce sans conviction,

Un autre tue pour la nation.

 

À mon âge,

J'ai encore envie de faire l'imbécile

J'ai écrit tant de chansons, peut-être mille

Et ne passe pas l'envie

D'être pour toujours votre Lello Vitello.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 19:00

 

LA PIERINA VOULAIT PISSER

 

 

Version française – LA PIERINA VOULAIT PISSER – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Pierina voleva pisciare – Lello Vitello – 2010

 

Tirée de « Effetto Domino » de Riccardo Venturi

 

 

« Ne vous laissez pas tromper par le titre apparemment facétieux; cette chanson parle de rien de moins que de la fin du monde ! »

 

Elle rappelle aussi la fragilité de notre existence et que nous pouvons disparaître à l'instant seulement pour une pissade; l'inspiration de cette histoire vient d'une aventure vécue en personne par mon [notre] ami Riccardo Venturi.

 

Quand il me la raconta, nous élaborâmes cette dramatisation extrême, dont il tira l' « Effetto Domino » [voir son excellent blog : Blogue-toi toi-même], tandis que moi, je promis d'en tirer une chanson. La voilà; je me suis permis d'y insérer facilement reconnaissables deux citations de personnes qui écrivent beaucoup mieux que moi ».

(Lello Vitello, dal suo sito ufficiale)

 

Ajout de R.V. : Les faits rapportés dans la chanson se sont effectivement déroulés au moins jusqu'à la partie « catastrophique », dans une rue florentine dans la nuit du 7 au 8 janvier 2010; le post « Effetto Domino » que j'ai écrit sur mon blog les décrit fidèlement jusqu'au début de la « partie imaginaire », explicitement annoncée. L'intervention au domicile de la Pierina et de son ineffable servante a duré exactement 4 heures, de 2 h 35 à 6 h 30; l'exclamation « Dans cet appartement, ils sont tous morts ! » a été prononcée par de nombreux voisins. La « partie imaginaire », dans le post comme dans la chanson de Lello Vitello, cache une profonde vérité : certaines guerres ont éclaté pour des motifs encore plus futiles qu'une pissade. Si vous ne croyez pas, lisez l'histoire de la Guerre du Foot [La Guerre du foot et autres guerres et aventures (Wojna futbolowa), 1978, 2003 (Plon), rééd. Il n'y aura pas de paradis, Pocket, 2004 de Ryszard Kapuściński ] en juillet 1969 entre le Honduras et le Salvador. Presque six mille morts pour un match de foot. Dans la série : quand la réalité dépasse – et de loin – l'imagination.

 

 

Ah !, dit Lucien l'âne, en se secouant pour faire tomber la dernière goutte, j'aime beaucoup les pissades et dès lors, cette chanson aussi qui en raconte une aventure. Comme tu le sais, Marco Valdo M.I. mon ami, nous les ânes, nous n'avons pas grand chose à faire – quand on ne nous oblige pas par la force à travailler comme des humains – et d'ailleurs, nous aimons bien disposer ainsi de notre temps. Nous y faisons mille choses agréables et notamment, des siestes et des pissades. Nous en faisons même des concours. Au cours du temps, j'en ai gagné quelques-uns de ces concours de pissades, tant par la durée que par la qualité et la beauté de mon jet... Quand je le propulse dans le soleil (par beau temps évidemment), on y voit un arc-en-ciel.

 

Dis, Lucien l'âne mon ami, je ne connais que Manneken-Pis pour te tenir tête. Lui aussi, comme Janneke-Pis, sa soeur en urinade, il tient le coup et il y a parfois aussi des arcs-en-ciel dans son jet et je te garantis qu'il a du succès. Des millions de personnes se déplacent pour venir regarder ce qu'elles peuvent voir tous les jours chez elles ou chez le voisin, sans quitter leur rue ou leur village, sans même quitter leur maison. Mais connerie pour connerie, celle-là, cette pissade éternelle est au moins pacifique.

Quant au mot, juste deux mots de traducteur, quant au mot « Pissade » - je le préfère à « pissat » - il figure déjà chez Rabelais et dans la bouche de Pantagruel. Parenthèse, il me paraît qu'il faut rétablir en langue française l'usage du suffixe « ade » comme dans ambassade, embrassade,accolade, marmelade, promenade, sérénade, ballade, balade, bravade, brandade, débandade, arlequinade, myriade, engueulade, mascarade, rigolade... et bien évidemment, couillonnade. Je suggère bien évidemment pissade, chiade, dégueulade, .. mais aussi, dans un autre genre, massacrade, téléphonade... le tout à inventer à l'avenant. La marche se fait en marchant.

 

Pour en revenir à la chanson, dit Lucien l'âne, elle me fait irrésistiblement penser à mille choses : à mes propres aventures de jeunesse au temps où j'étais Loukios, à Rabelais évidemment, à certaines histoires de Sterne, à Carlo-Emilio Gadda et à son « Quer pasticciaccio brutto de via Merulana» et pour la chanson, à notre bon Tonton Georges, qui conta des histoires célestes et assez lestes – celle de Mélanie, la servante du curé qui vaut bien la badante (servante) de Pierina.

 

Bref, Riccardo Venturi et Lello Vitello n'ont pas à rougir, ils sont en bonne compagnie. En outre, conclut Marco Valdo M.I., j'aime beaucoup qu'elle rappelle Primo Levi, mais aussi cette morale à la Brecht... : Tout peut finir par une pissade.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

La Pierina voulait pisser

Elle se leva la nuit, mais tomba

Elle resta à terre, pauvre petite mémé

Elle appela la servante, qui ne se montra pas

 

Un peu après, elle la cherche au téléphone

Mais était-elle là ? Personne !

Alors Pierina appelle l'ambulance

Il était trois heures, je pense

 

Le Secours sonne la servante

Mais rien à faire; absente !

Dans l'immeuble, il sonne le branle-bas

En espérant qu'on ne tire pas

 

Un homme à la fin ouvrit l'huis ;

On était la nuit du mercredi

On alla sonner à la porte de la servante

La sonnerie se tut, prudente.

 

Il ne resta rien à faire qu'appeler les pompiers

Qui se pointent avec la police sans tarder.

L'immeuble est réveillé, la rue entière est levée

Des renforts arrivent et quelle mêlée !

 

On répand des bruits fous et incontrôlés

« Ils sont tous morts ! », peut-être même ressuscités,

Douaniers et carabiniers, chacals et coquecigrues

Toute la police est désormais dans la rue.

 

Finalement, la servante, nue et haletante

Se montre, à la porte : « Oooh ! Il y a un mort ! »

On avait seulement entrevu son corps

À vue de nez, elle baisait la bandante.

 

Et pendant ce temps-là, à la bijouterie

La police n'y était pas et on emporta le gros lot

Le coup du siècle, des millions d'Euros

Pour Al Quaïda, qui remercia la mairie.

 

Ce financement depuis tant d'années attendu

À présent était là et l'uranium à peine reçu :

Une Pierina atomique par Al Quaïda fut construite

D'un coup, La Mecque et Jérusalem furent détruites.

 

Conséquence : tous contre tous, d'un coup

Destructions, feux et champignons partout,

En un seul jour, il n'y eut plus personne là-bas

Quel mobile idiot ! Mais nous, nous n'y serons pas.

 

Vous qui vivez tranquilles dans vos maisons douillettes

Et regardez dehors avec une âme inquiète

Rappelez-vous que tout peut finir en capilotade

Seulement pour une pissade.

 

La Pierina voulait pisser

Elle se leva de nuit, mais tomba

Elle resta à terre, pauvre petite mémé

Elle appela la servante, qui ne se montra pas

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 21:24

PINOCCHIO LE VIEUX

Version française – PINOCCHIO LE VIEUX – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Pinocchio da vecchio – Lello Vitello – 2009

 


pinodav



Les aventures de Pinocchio se terminent quand de marionnette, il devient un enfant, c'est-à-dire quand en réalité sa vie est à peine commencée. Vous ne vous êtes jamais demandé comment a bien pu se passer le reste de la vie d'une personne avec une pareille enfance ?

Et si... à la fin, peut-être, il n'a pas regretté vraiment un statut aussi inhabituel que d'être un être fait de bois ?

 

Cette idée m'a conduit à faire une chanson mélancolique, atypique, avec l'une ou l'autre plaisanterie, mais tous comptes faits j'oserais dire plutôt triste. Peut-être est-ce le début d'une nouvelle phase pour moi, je ne sais, mais je peux dire seulement qu'à moi, elle plaît beaucoup.

La belle image qui accompagne la page de cette chanson a été gentiment prêtée par Serena Romio.

(Lello Vitello, de son Sito ufficiale)

 

 

Je suis Pinocchio, un temps, je fus marionnette

Et de mes fredaines, vous en avez entendu parler

Mais quand à la fin, je devins un garçon,

Il m'a fallu peu de temps pour m'assagir.

 

Dans mon adolescence, j'aimai Annalisa

Elle n'était pas de bois, mais un jour elle se glaça

Elle me dit adieu, et pourtant elle avait un coeur.

En ébène, je n'aurais pas connu cette brûlure

 

C'était chouette en marionnette

De se masturber au couteau

Ou bien de faire l'amour

Avec la jambe de la table.

 

À vingt ans, j'étais chômeur

Lumignon avait un beauf à l'agence d'intérim

En souvenir de ces beaux temps, il me mit à une presse

(Au noir, tu penses bien... Ce n'est plus le pays des jouets).

 

Quand cette chose m'amputa d'un doigt

Geppetto ne vînt pas m'en remettre un neuf,

Je dus même nier d'avoir jamais été là,

Tais-toi sinon... Toute ta main y passera.

 

Je repense au temps où j'étais de bois

Je voyageais sur l'étang

Je le confesse, c'est moi

Qui ai tué l'homme araignée

 

Et puis à quarante ans, j'ai rencontré une jeunette

Elle était fort belle, mais cruelle au-delà de tout

J'ai fui pour elle au coeur des Ardennes

Un jour elle me dit : Mangefeu me donne plus

 

Alors, alors, va chez Mangefeu

On voit que pour toi, c'était seulement un jeu

Je me pends à la première branche, je ne vivrai plus sans toi

Et tu répondis : « Si tu savais comme je m'en fous de toi... »

 

Et moi, j'ai compris : Oh, chanceuse,

Tu es encore de bois...

Je ne brisai pas mon cou

Mais je l'ai brûlé ton bois.

 

Maintenant vieux et seul

Je maudis la Fée Bleue

Et j'envie un bout de bois,

Seulement c'était autrefois...

 

Un roi !

 

Vieux Pinocchio

Vieux Pinocchio

Un vieux Pinocchio

Pinocchio le Vieux ...

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 23:06

IL FAUT AUTRE CHOSE

QU'UNE FLEUR

 

 

Comptine logique

 

 

Version française - IL FAUT AUTRE CHOSE QU'UNE FLEUR – Marco Valdo M.I. A – 2010

Chanson italienne – Ci vuole altro che un fiore – Lello Vitello – 2009

 

 

Certes, certes, mon ami Lucien l'âne, Lello Vitello n'est pas ce qu'on appelle un chanteur de charme, ni un poète romantique et ses chansons sont, pourrait-on dire, dans une tonalité assez leste. D'un autre côté, si j'ose évoquer un pareil concept, Lello Vitello est un chantauteur populaire (pas populiste pour un sou), simplement populaire. Ici, il fait une chanson – en fait une parodie, dans la meilleure des traditions de la parodie, qui je te le rappelle est le mode le plus répandu de création de chansons populaires. Une chanson qui rappelle les comptines enfantines et les raisonnements d'une logique d'autant plus abrupte qu'elle enchaîne des éléments qui habituellement, entretiennent entre eux de lointaines relations.

 

Oui, je vois bien de quoi tu causes, Marco Valdo mon ami, le chien prend le chat, le chat prend la souris, la souris prend le fromage... Ce genre de choses. Tous les enfants, par chez nous, connaissent de pareilles enfilades de perles.

 

La seule originalité de la chanson de Lello Vitello, c'est qu'il reprend cette manière enfantine et la transpose dans le monde des adultes, il quitte aussi les références traditionnelles et gentiment insipides, pour nous entraîner dans un monde nettement plus piquant, nettement plus ironique et polémique. Il y met directement en cause le fonctionnement des gens de pouvoir, les ridiculise et in fine, il accuse, il désigne nettement sa cible : le Premier Ministre de l'Italie. Un certain Silvio B., vieillard cacochyme, au demeurant.

 

Cacochyme et libidineux, ajoute Lucien l'âne. L'histoire contemporaine dit qu'il n'est pas le premier Premier à se commettre ainsi et qu'il y eut dans le passé d'autres personnages importants (Premier ministre plusieurs fois, ou Président de la République par accident et démissionnaire par obligation...) qui ont entretenu pareilles relations avec les mafieux...

 

Pour en revenir à la chanson, elle brocarde d'autres personnages... Cela dit, Lucien l'âne mon ami, laisse-moi un peu te parler d'un autre aspect de cette chanson. Ou plutôt, t'expliquer une difficulté de traduction que j'ai rencontrée et comment je l'ai résolue. En fait, il me fallait traduire, transposer en français « pisello » et « fava », qui veulent dire : petit pois et fève, mais aussi dans un double ou triple sens : zizi et zezette, bref, les organes génitaux mâle et femelle chez les humains. Et je me suis dit, chanson pour chanson, pourquoi pas trouver une chanson où – sous d'autres termes – les mêmes organes étaient mis en scène. Et j'ai choisi une chanson fort connue chez nous, folklorique pour tout dire, une sorte de ritournelle que même les enfants connaissent tant elle est populaire. Elle s'intitule La Petite Gayole ou, dit en français courant : La Petite Cage. Tout le monde comprend aisément (sauf quelques attardés bouchés à l'émeri) l'allégorie du petit oiseau – ici, un petit canari et de la petite cage (le petit nid...), la Gayole accueillante dans laquelle il souhaite, il désire entrer... Dès lors, voici ma traduction :

« Pour faire Lello

Il faut le Vitello (le veau)

Pour faire le Vitello

Il faut un jeune taureau

Pour faire un jeune taureau

Il faut un canari

Pour mettre un canari

Il faut une petite gayole

Pour faire un Lello

Il faut une petite gayole. »

Et je ne résiste évidemment pas au plaisir de te la fredonner et accompagne-moi si tu veux :

Èle mè l’avout toudi promis

Et si tu insistes, je veux bien te la traduire... Peut-être que Riccardo Venturi, qui m'avait demandé une chanson en wallon (c'est d'ailleurs la deuxième, après Marie Clapsabot, voir le commentaire de ma chanson Clapsabot), intercédera pour mettre La Petite Gayole dans les « extras » et là, je garantis une belle traduction, à coup sûr. Peut-être même une parodie adaptée aux canzoni contro la guerra.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Pour faire un Pape

Il faut l'hostie

Pour faire l'hostie

Il faut du blé

Pour faire le blé

Il faut du fumier

Pour faire le fumier

Il faut de la merde

Pour faire un Pape

Il faut de la merde
 

Pour faire un politique

Il faut un siège

Pour faire un siège

Il faut un arbre

Pour faire un arbre

Il faut de l'humus

Pour faire l'humus

Il faut un ver

Pour faire un politique

Il faut un ver

 

Pour faire un soldat

Il faut une arme

Pour faire une arme

Il faut un armurier

Pour faire un armurier

Il faut du sperme

Pour faire le sperme

Il faut faut un couillon

Pour faire un soldat

Il faut un couillon

Pour faire un Premier

Il faut une majorité

Pour faire une majorité

Il faut de la publicité

Pour faire de la publicité

Il faut des sous

Pour apporter des sous

Il faut un mafieux

Pour faire un Premier

Il faut des mafieux

 

Pour faire Lello

Il faut le Vitello

Pour faire le Vitello

Il faut un jeune taureau

Pour faire un jeune taureau

Il faut un canari

Pour mettre un canari

Il faut une petite gayole

Pour faire un Lello

Il faut une petite gayole.
 

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