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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 19:31

 

CHANT DES MOISSONNEURS

 

 

Version française – CHANT DES MOISSONNEURS – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Canto dei mietitori – Joe Fallisi – 1993

 

Le texte traite du fait que les moissonneurs qui sont ceux qui produisent et qui travaillent, n'ont rien et leurs enfants souffrent de la faim, tandis que les « seigneurs » pour lesquels ils travaillent s'engraissent.

Texte de Mario Rapisardi. Musique et interprétation de Joe Fallisi. Guitare: Pasquale Ambrosino, Luigi Consolo, Roberto Ruberti, Ruggero Ruggeri - Pise, 29/10/1993. La chanson se trouve dans l'album "L'uovo di Durruti" (L'Oeuf de Durruti) de Joe Fallisi.

 

 

Regarde Lucien cette chanson des moissonneurs... Ne te rappelle-t-elle pas quelque chose ? Bien sûr, il ne s'agit pas vraiment du même métier, mais c'est un chant de métier, un chant de travailleurs qui disent qui ils sont, qui disent ce qu'ils font, qui disent leur misère et qui disent leur révolte...

 

Évidemment, que je sais de quel chant tu me parles; ceux-ci sont moissonneurs et forcément, ils fauchent les têtes de ces seigneurs qui les exploitent et les oppriment; les autres, ceux auxquels tu fais allusion, ce sont les Canuts de Lyon, ils tissent le linceul de ce vieux monde... Tout comme nous le faisons en gardant précieusement leur souvenir. Et je trouve que ces moissonneurs sont assez vigoureux dans leur annonce... Quand ils disent : « Nous danserons la polka et la carmagnole et puis...oh, héros, Nous faucherons les têtes à vosseigneurs ».Ils s'expriment avec une certaine franchise, une certaine netteté, qui me plaît bien... Il me semble que ce n'est plus le cas maintenant... Je n'entends plus que les sirènes du politiquement correct... Qu'a-t-on pu bien faire pour émasculer pareillement le peuple ? Par ailleurs, elle me rappelle une autre canzone de moissonneurs que tu m'as fait connaître dans le temps...

 

 

Oui, je crois bien me souvenir que c'était une canzone de Rocco Scotellaro qui s’intitule « Noi non ci bagneremo », que j'avais traduite pour nos amis immigrés sous le titre « Nous, nous ne nous baignerons pas ». En effet, elle traite du même sujet et je vais suivre ton conseil implicite et je la mettrai prochainement à disposition des C.C.G.. Eh bien, cela dit, Lucien l'âne mon ami, tu es sans doute plus perspicace que bien des gens... À mon avis, cette émasculation cérébrale et morale de populations entières, c'est en grande partie le résultat lénifiant des médias (principalement la télévision, la presse à la botte de la publicité) et le ralliement massif de toutes ces professions au système, au consensualisme d'ambiance, à la collaboration avec le parti des installés, des riches... Pour une poignée de dollars, d'euros, de francs, de lires, de roubles, de yens, de livres, de pesetas, de pesos, de deniers, de sous, de n'importe quoi... De tout ce qui tinte et scintille, nombre de gens s'écrasent. Ainsi, le veau d'or est toujours debout...[[ http://www.expressio.fr/expressions/adorer-le-veau-d-or.php]] et l'opéra de Gounod ( Faust de Charles Gounod – 1818-1893) le chante d'une voix de baryton... [[http://video.google.com/videoplay?docid=4860794497187505553#]], mais il faudra y revenir, car c'est un moment de la grande dénonciation de l'avidité et donc, de ce qui est le moteur de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour accroître toujours et toujours leurs richesses, de protéger leurs privilèges, d'assurer leur pouvoir et d'étendre leur domination. En fait, ils ne pensent qu'à ça. Ainsi, nombreuse, immense, incommensurable est l'armée des laudateurs du système et des frotte-manche des gens au pouvoir. Ce qui est redoutable aussi, c'est ce discours qui tente d’imposer l'idée qu'il faut respecter leurs règles, leur loi et leur ordre social, qu'il faut accepter leurs institutions, qu'il convient de tenir un discours positif, de ne pas critiquer... On enseigne cela aux enfants, on serine ça aux gens et quand ils ne veulent pas s'y soumettre de plein gré, on leur impose par mille méthodes... Voilà une des plus grandes causes des maux du peuple, de son endormissement, de son asservissement et dès lors, de la perpétuation de sa misère morale et matérielle. Pendant ce temps-là, vois-tu Lucien l'âne mon ami, les gens crèvent de misère, se font jeter de leurs emplois (pour ceux qui ont pu en avoir un), les gens sont traités comme moins que rien... Comme des moissonneurs, comme des canuts, comme ils (leursseigneurs) ont toujours traité les pauvres...

 

Je suis de plus en plus persuadé, Marco Valdo M.I. mon ami, qu'il nous faut arriver à enterrer ce monde décidément avide... et pour ce faire, tisser, tisser son linceul avec obstination et joie.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Nous sommes la phalange des moissonneurs

Et nous fauchons les moissons de vosseigneurs

 

Quand vient le soleil brûlant, le soleil de juin

Qui nous cuit le sang et nous dessèche le groin

Et nous remet la faux dans le poing

Quand nous fauchons les moissons de vosseigneurs.

 

Nous sommes venus de bien loin

Pieds nus, en haillons, avec la canne à la main

Malades de l'air paludéen

Pour faucher les moissons de vosseigneurs.

 

Et nos petits n'ont pas de pain

Et qui sait ? Peut-être mourront-ils demain,

En rêvant au pain de votre chien

Et nous fauchons les moissons de vosseigneurs.

 

Ivres de soleil, chacun nous tanguons

D'eau et vinaigre, d'un quignon et d'un oignon

Nous nous désaltérons, nous nous rassasions et nous repartons,

Nous fauchons, nous fauchons les moissons de vosseigneurs

 

Le soleil cuit, la fatigue nous gagne

La cornemuse muse et nous accompagne

Jusqu'à ce que nous tombions en pleine campagne

Nous fauchons, nous fauchons pour vosseigneurs.

 

Moissonneuses ou moissonneurs joyeux

Nous sommes, c'est vrai, en lambeaux et miséreux

Mais vosseigneurs sont tellement heureux !

Nous fauchons, nous fauchons les moissons de vosseigneurs.

 

Que voulez-vous ? Nous sommes pauvres et vulgaires

Nous sommes nés pour vivre comme des vers

Et mourir afin d'engraisser la terre

Nous fauchons, nous fauchons les moissons de vosseigneurs.

 

Oh bienveillants seigneurs, oh, gras héros,

Venez un peu ici où nous fauchons; oh, héros,

Nous danserons la polka et la carmagnole et puis...oh, héros,

Nous faucherons les têtes de vosseigneurs.

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Marco Valdo M.I. - dans Joe Fallisi
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 13:48

LA VICTOIRE DE SPARTACUS


Version française – La Victoire de Spartacus – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – La Vittoria di Spartaco – Joe Fallisi


« Un matin, je m'éveille soudain et j'ai dans les yeux cette image : le camarade thrace ( Salut, grand Spartacus !) est debout à la proue, le visage baigné par la brise marine. Il chante vers le ciel très pur et avec lui tout le peuple, tandis que les dernières étoiles disparaissent à l'horizon qu'empourpre le soleil. Les pirates levantins ont tenu parole, les navires sillonnent la mer vers les côtes siciliennes. L'histoire n'est pas encore écrite... »


De fait, Spartacus (on est en – 72) repoussé dans le Sud de la Calabre, coincé à Reggio, s'en remit aux pirates siciliens pour traverser le détroit, échapper aux légions de Crassus pour reprendre des forces et réorganiser la révolte durant l'hiver. La réalité historique fut que les pirates refusèrent leur aide aux esclaves et paysans pauvres révolutionnaires et que malgré leur courage et leur intelligence militaire, Spartacus et l'armée des pauvres furent écrasés et massacrés. Crassus fit crucifier six mille esclaves sur la route menant à Rome. Joe Fallisi imagine – un peu comme dans Le Siège de Lisbonne de Saramago (les Portugais et les Croisés sont défaits... Le Portugal reste Maure) ou Le Maître du Haut Château de Philip Dick (Les forces de l'Axe ont gagné la guerre... Un autre monde, en effet) que l'histoire à ce moment s'inverse et que Spartacus reçoit l'aide des pirates... et qu'ainsi, il finit par gagner sa révolte (révolution) contre Rome.



Camarades, déjà l'aube s'approche et sa pâleur

Profile la terre à nos yeux et à notre cœur

Nos voiles se gonflent et nous poussent loin,

Heureux de boire de doux vent lucanien.

Sans esclaves ni maîtres

Sans plus de serfs ni d'exploiteurs,

Nous ne serons plus jamais soumis,

Nous saluons les jours meilleurs !


Tant que nous sommes, tous unis

À la vie à la mort.

Le nouveau monde est à nous,

Âmes et bras forts.

Dans l'air scintillent encore nos épées

Nous avons mis en fuite le passé et les dieux infâmes.

Ô Crassus, repense à ta défaite du Picenum,

Nous serons sans peur sur le sol de la Sicile.

Sans esclaves ni maîtres

Sans plus de serfs ni d'exploiteurs,

Nous ne serons plus jamais soumis,

Nous saluons les jours meilleurs !


Tant que nous sommes, tous unis

À la vie à la mort.

Le nouveau monde est à nous,

Âmes et bras forts.

Ô Thraces, frères Celtes et vous chers Germains,

Brisons en braves les chaînes des Romains.


Romains, ne comptez plus à présent que sur vous-mêmes,

Pour les jeux, pour la guerre, pour la paix et pour le travail.

Sans esclaves ni maîtres

Sans plus de serfs ni d'exploiteurs,

Nous ne serons plus jamais soumis,

Nous saluons les jours meilleurs !


Tant que nous sommes, tous unis

À la vie à la mort.

Le nouveau monde est à nous,

Âmes et bras forts.

Nous travaillerons pour nous seuls et pour nos enfants,

Ni esclaves, ni serfs, si maîtres, ni familles !

Respire ô peuple libéré de tes fers,

Reprends en mains ta vie et ton destin !

Sans esclaves ni maîtres

Sans plus de serfs ni d'exploiteurs,

Nous ne serons plus jamais soumis,

Nous saluons les jours meilleurs !


Tant que nous sommes, tous unis

À la vie à la mort.

Le nouveau monde est à nous,

Âmes et bras forts.

Ô mère nature, ciel et terre qui êtes à tout le monde,

Chantons ensemble en naviguant sur les flots.

Nos larmes, nos peines, notre souffrance sont loin,

Dans notre cœur, nous emportons l'aurore et le lendemain.

Sans esclaves ni maîtres

Sans plus de serfs ni d'exploiteurs,

Nous ne serons plus jamais soumis,

Nous saluons les jours meilleurs !


Tant que nous sommes, tous unis

À la vie à la mort.

Le nouveau monde est à nous,

Âmes et bras forts.

Nature, ô mère mystérieuse, dans ton sein

Nous trouverons toujours réconfort et forces neuves.

Ô fleuves, ô monts, ô vallées, ô lacs, ô mer, ô ciel,

Vous avez la voix de l'ami le plus sincère.

Sans esclaves ni maîtres

Sans plus de serfs ni d'exploiteurs,

Nous ne serons plus jamais soumis,

Nous saluons les jours meilleurs !


Tant que nous sommes, tous unis

À la vie à la mort.

Le nouveau monde est à nous,

Âmes et bras forts.

Éternels, les astres amis resplendissent contents

Nous guidant en sécurité vers des rivages plus heureux.

Le ciel aux mille bras nous donne sa lumière,

Dans le giron de l'avenir, nous conduit la mer.


Sans esclaves ni maîtres

Sans plus de serfs ni d'exploiteurs,

Nous ne serons plus jamais soumis,

Nous saluons les jours meilleurs !


Tant que nous sommes, tous unis

À la vie à la mort.

Le nouveau monde est à nous,

Âmes et bras forts.

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Marco Valdo M.I. - dans Joe Fallisi
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