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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 21:11

TROIS QUARTS

 

 

Version française – TROIS QUARTS – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Tre quarti – Gianmaria Testa

 

L'album entier de Gianmaria Testa « De ce côté de la mer » mérite d'être signalé pour l'idée autour de la quelle il se développe : les soi-disant « clandestins » – mot odieux à bannir – et plus généralement, les migrations.

 

« De ce côté de la mer » est un « album-concept », prix Tenco 2007, entièrement dédié à un thème unique, Comme si tout l'album fut un roman et les chansons, les chapitres, qui toutes ensemble racontent une histoire.

Le thème, le fil rouge qui coud et tient ensemble toutes les chansons, est celui des migrations modernes. Une réflexion poétique, ouverte et sans démagogie sur les énormes mouvements de populations qui traversent nos années. Sur les raisons, dures, du départ, sur la décision, difficile, de traverser des déserts et des mers, sur la signification de mots Comme « terre » ou « patrie » et sur le sentiment de déracinement et d'amertume que le déplacé emmène toujours avec lui. Sous n'importe quelle latitude.

 

« Trois quarts » qui en soi pourrait être seulement une très belle chanson d'amour, de ton intimiste Comme en général chez Testa, "Je ne suis pas un hurleur" est sa déclaration-manifeste.

 

Loin de la rhétorique et de l'idéologie, c'est en réalité une chanson d'amour et de courage Comme la définit l'auteur lui-même. Elle raconte un amour hypothétique qui aurait pu éclore entre deux clandestins qui sont séparés une fois arrivés en Italie.

 

 

Je voulais prendre pour toi

La lune de l'après-midi.

Je voulais la prendre pour toi,

Car elle est seule comme est seul le courage.

Je voulais prendre pour toi,

La lumière du jour

Et je voulais que fût pour toi

Même l'attente qui devient retour...

Et je voulais prendre pour toi

La plus vraie de toutes les roses,

Je voulais la prendre pour toi

Comme toutes les choses...

Comme toutes les choses.

 

Je voulais prendre pour toi,

Une seule de tant de saisons,

Je voulais qu'elle fût pour toi

Pour toi seule et tous les autres dehors.

Et je voulais que fût pour toi

Même le dernier souffle suspendu.

Je voulais le prendre pour toi,

Ce feu qui est allumé...

Ce feu qui est allumé.

 

Je voulais te prendre pour toi

la lune de l'après-midi.

Je voulais la prendre pour toi,

Car elle est seule comme est seul le courage.

Et je voulais prendre pour toi

La plus vraie de toutes les roses,

Je voulais la prendre pour toi

Comme toutes les choses...

Comme toutes les choses...

Comme toutes les choses.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 19:04

DEMAIN PEUT-ÊTRE

 

 

Version française – DEMAIN PEUT-ÊTRE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Forse qualcuno domani – Gianmaria Testa

 

L'album entier de Gianmaria Testa « De ce côté de la mer » mérite d'être signalé pour l'idée autour de la quelle il se développe : les soi-disant « clandestins » - mot odieux à bannir - et plus généralement, les migrations.

 

Demain peut-être quelqu'un oubliera

À la porte de maison une lumière

Oubliera

Allumée à la nuit, aussi allumée au jour qui arrive

Allumée à la nuit et inutile au jour qui passe

Une lumière est allumée pendant le jour seulement pour qui la regarde

 

Demain peut-être quelqu'un

Oubliera

À la porte de maison une voix

Oubliera

Qui parle à la nuit

Et parle aussi au jour qui arrive

Qui parle à la nuit

Et le jour qui passe perd de vue

Qu'une voix de jour s'éteint si personne ne répond

 

Demain peut-être quelqu'un

Oubliera

À la porte de maison son nom

Oubliera

Perdu à la nuit et perdu aussi au jour qui arrive

Perdu à la nuit et au jour qui passe et se consume

Car un nom est perdu pour toujours si personne ne l'appelle.

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 16:28

LE PAS ET L'ENCHANTEMENT

 

Version française – LE PAS ET L'ENCHANTEMENT – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Il passo e l'incanto – Gianmaria Testa – 2006

 

« De ce côté de la mer » est un « album-concept », prix Tenco 2007, entièrement dédié à un thème unique, comme si tout l'album fut un roman et les chansons, les chapitres, qui toutes ensemble racontent une histoire.

Le thème, le fil rouge qui coud et tient ensemble toutes les chansons, est celui des migrations modernes. Une réflexion poétique, ouverte et sans démagogie sur les énormes mouvements de populations qui traversent nos années. Sur les raisons, dures, du départ, sur la décision, difficile, de traverser des déserts et des mers, sur la signification de mots comme « terre » ou « patrie » et sur le sentiment de déracinement et d'amertume que le déplacé emmène toujours avec lui. Sous n'importe quelle latitude.

 

http://www.gianmariatesta.com/album/mare.htm

 

 

De certains endroits seulement, je regarde la mer

La mer sombre, l'insondable mer.

Tôt ou tard, elles nous prennent : la mer et la terre

Et je laisse la rue aux autres, je les laisse déambuler

Et je leur laisse un discours qui ne peut me ressembler.

 

Mais j'ai déjà été là

Dans un autre enchantement

J'ai déjà été là

Je reconnais mon pas

 

Le pas de qui est parti pour ne jamais rentrer.

Et regarde ses pieds et la route blanche

La route et ses pieds tant le reste manque

Et derrière soi, même pas un salut à oublier

Derrière, le ciel dans les yeux et c'est bien assez.

 

Mais j'ai déjà été là

Dans un autre enchantement

J'ai déjà été là

Je mesurais mon pas

 

Il vaut mieux ne pas faire de bruit quand on arrive

Étrangers au hasard sur un autre rivage

Étrangers à l'enclos d'un autre rivage

De la mer qui te rejette comme une épave

De la mer sévère qui nettoie ses vagues.

 

Et je suis venu là

En retournant sur mon pas

Je suis venu là

Pour retrouver l'enchantement

 

L'enchantement dans ces yeux noirs de sable et de sel

Yeux refusés à la peur et aux larmes

Yeux déclos seulement pour moi

Refuge au délire froid de la traversée

Yeux qu'encore je sens à côté de moi

 

Nous nous sommes perdus là

Volés par l'enchantement

Nous nous sommes séparés là

Et je ne retrouve pas mon pas

 

De certains endroits seulement, je regarde la mer

La mer sombre, l'insondable mer.

Tôt ou tard, elles nous prennent : la mer et la terre

Et je laisse la rue aux autres, je les laisse déambuler

Et je leur laisse un discours qui ne peut me ressembler.

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 14:18

SALUTATIONS CORDIALES


 

Version française – SALUTATIONS CORDIALES – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Cordiali salutiGianmaria Testa – 2011

 

 

CORDIALI SALUTI e SOTTOSOPRA sont deux chansons présentes dans le spectacle que Gianmaria a monté avec l'acteur Giuseppe Battiston, “18 mila giorni – Il pitone”, mais ici, elles apparaissent sous une tout autre manière musicale. SALUTATIONS CORDIALES, une lettre de licenciement sordide et mielleuse...

Du Site officiel – Dal sito ufficiale

 

 

 

Bravo à ce Testa qui n'est pas moi, malheureusement. De mon côté, une lettre comme celle-là, on l'appelle « menavia » (lettre de renvoi, lettre de remerciement, billet de sortie... et plus cynique : faire-part). Et on ne sait jamais s'il vaut mieux recevoir le coup de pied avec une délicatesse onctueuse ou plus virilement et sans dentelles à l'endroit où il est destiné.

(Gian Piero Testa)

 

 

Merci pour votre collaboration

Vous avez été un collaborateur

Précieux et votre nom

Ne sera jamais oublié

Votre grande abnégation

Et tout le temps passé

Pour la cause commune

Et dans le futur

Vous pouvez en être sûr

On tiendra compte

De vos hauts enseignements

Et puis de votre sérieux, de votre polyvalence,

De votre grande humanité.

Plus que des collègues nous avons été

Des parents

Faites-moi savoir

À votre meilleure convenance

Où verser vos indemnités

Et ce qui reste

De vos émoluments.

Nous on voulait faire aussi une fête

Rien de très particulier

Juste un vin d'adieu

Cependant on connaît votre discrétion

Et votre allergie

À toute forme ou geste de salut

Quelqu'un vous a cru arrogant

Mais c'est seulement car

Il ne vous a pas vraiment connu

Ainsi, on m'a chargé

De tous celui qui

A toujours été

Dans le travail

Votre collaborateur

Le plus fiable

Et ne vous dérangez pas à passer

Nous pourvoirons

À vous faire ravoir vos effets personnels

Et tout ce que vous

Avez laissé.
Je n'arrive même pas à imaginer

Tout ce que vous pourrez faire

De votre temps sans plus de patron

Vous avez certainement une passion

Un rêve, un désir ancien

Et finalement, l'occasion se présente

De pouvoir vous consacrer corps et âme

À ce qui hier encore

Semblait une illusion.

Croyez-moi, il est peut-être vrai

Que nous sommes tous égaux

Ce sont les passions

Qui nous rendent différents et un peu spéciaux

Je vous joins à la présente, pour info

Le compte de liquidation

Avec mes salutations les plus distinguées

Les plus sincères et les plus cordiales.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 17:48

NOTRE VILLE

 

 

Version française – NOTRE VILLE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – La nostra città – Gianmaria Testa – 2006

 

 

 

Je ne crois pas que ce soit un hasard si cette chanson qui parle de sa ville, Cuneo, soit la plus brève de celles qu'ait écrites Gianmaria Testa, mais elle est d'autant plus signifiante qu'elle est située au terme d'un album tout entier dédié aux migrations modernes.

« N'oublie jamais tes racines,

Respecte aussi celles des pays lointains ! »

 

 

Holà, dit Lucien l'âne en se redressant de toute son échine, voilà une bien jolie chanson et qui parle d'une ville que j'ai souvent traversée et que j'aime beaucoup. C'est elle qui se trouve là-bas au bout de la route qui descend en se tordant dans tous les sens du Monte Viso..., une route que j'ai dévalée de mon petit pas d'âne quand elle n'était encore qu'un pas, qu'un chemin muletier. Oh, Cuneo, je la vois encore surgissant dans la brume...

 

En effet, c'est bien elle... La ville qui offrit à Kesselring le monument qu'il réclamait. Souviens-toi ce monument sur lequel est écrit « Lo Avrai » [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=39124&lang=it]]... Et la chanson, courte chanson, la décrit dans sa simplicité de petite ville... Revisitée de loin, par celui ou celle qui s'en est allé courant le monde à la recherche d'un travail, de l'aventure, d'une autre vie, d'un amour, d'un bonheur ou de tout cela à la fois...

 

Ainsi va le monde, dit Lucien l'âne, qui nous entraîne comme le torrent entraîne les pierres des montagnes. Tu nais ici, tu grandis là, tu vis ailleurs, tu vieillis n'importe où et tu meurs où tu peux. En cela, le destin des hommes n'est pas différent de celui des ânes. Et tout irait bien ici et là, s'il n'y avait cette foutue Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres... Cette Guerre qui impose mille déportations au Nord, au Sud, à l'Ouest, à l'Est... De tous côtés... Aux gens de toutes couleurs et de tous pays... Et on garde au cœur un foyer, une famille, un gars, une fille, une ville.... En somme, « On vit, on mange et puis, on meurt. Vous ne trouvez pas que c'est charmant... », disait Léo Ferré [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=7794]]. On s'en passerait bien d'être expédiés au bout du monde... Quand on y arrive vivant à ce foutu bout du monde... C'est ça l'émigration « économique », c'est la traduction dans le réel du slogan libéral : « Arbeit macht frei ». C'est la loi d'airain de ce vieux monde grincheux, autoritaire, totalitaire, global et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

C'est

Notre ville

Une petite ville

Les trams n'y passent pas

Mais y passe le fleuve

Et au-dessus du fleuve les feuilles

Et au-dessus des feuilles le soleil

Qui en novembre est un instant

De fer luisant

Comme dans les villes importantes

Où passent les trams



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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 09:39

UNE BARQUE SOMBRE

 

Version française – Une barque sombre – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Una barca scura – Gianmaria Testa – 2006

 

 

 

 

De l'album "Da questa parte del mare" (2006). C'est un album construit sur le concept des migrations modernes, sans démagogie, sans facilité ou rhétorique. Gianmaria Testa a déclaré à ce propos : « Je parle de ce racisme instinctif qu'ont jusqu'aux enfants, qui est le racisme envers n'importe quelle différence. Ce racisme doit être combattu par l'intelligence, par le raisonnement. Je m'explique très bien celui des Italiens, y compris mon sentiment d'aversion, quelquefois. Je me l'explique, mais je ne l'accepte pas. Ce sont deux choses différentes : je me l'explique, mais je pense qu'il n'est pas juste de l'avoir et qu'il faut le contrecarrer, de quelque manière. »

Dans les concerts, avant de commencer, il lit toujours cette poésie :

 

 

Naufrages

(Erri De Luca, du recueil "Solo andata")

 

Dans le canaux d'Otrante et de Sicile

Des migrateurs sans ailes, paysans d'Afrique et d'Orient

Se noient dans le creux des vagues.

Un voyage sur dix s'accroche au fond.

Le paquet de semences se répand dans le sillon

creusé par l'ancre et pas par l'araire.

La terre ferme de l'Italie est une terre fermée.

Nous les laissons se noyer pour nier.

 

Petite note sur le titre et sa traduction en langue française : si l'on s'en tient à une traduction strictement littérale, on pourrait traduire una barca scura par une barque obscure ou une barque foncée. Le choix de traduire par une barque sombre tient à la subite ambiguïté du titre qui renvoie à la nuit, à la cécité, mais aussi et en même temps, à une variante du verbe sombrer, couler au fond, ce qui est précisément ce qui doit être porté au jour.

 

Une barque sombre

 

Au fond de la mer chante

Une sirène.

Toute la nuit, elle chante

et chante doucement,

pour qui veut l'entendre

Elle s'entend à peine.

 

Au fond de la mer chante

Une sirène

et au milieu de la mer va

une barque sombre

qui a perdu le vent, perdu

par sa voile

et qui l'attend

l'attend encore.


Au milieu de la mer va

une barque sombre,

au fond de la mer.

Au fond de la mer profonde

je laisse ma chanson qui ne console pas

pour celui qui est parti et a quitté le monde

au fond de la mer.

Au fond de la mer.

Au fond.

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 14:25

LA MINE EN FLAMMES.

 

Chanson italienne – Miniera – Gianmaria Testa – 2006

Version française – La Mine en flammes – Marco Valdo M.I. – 2008

 

 

 

Alors que dans chaque auberge mexicaine

ils dansent tous au son de l'hawaienne

Un chant vient de loin, si effroyablement triste.

C'est le mineur brun là-bas émigré.

Sa chanson est le chant d'un exilé.

Ciel d'étoiles, ciel couleur de mer

Tu es le même ciel que sur ma terre

Ramène-moi en rêve vers ma patrie

Rapporte-lui un cœur qui meurt de nostalgie


Dans la mine, tout est en flammes

Pleurent enfants, sœurs, mères et femmes

Mais le mineur au visage brun subitement

dit aux sauveteurs, si chacun est chancelant

J'irai seul en bas moi que personne n'attend



et dans la nuit, un cri soulève les cœurs

Mammas, ils sont saufs, ils reviennent, les mineurs

Il manque seulement celui au visage brun

Mais pour le sauver lui, il n'y en a aucun.

Ciel d'étoiles, ciel couleurs de mer

Tu es le même ciel que sur ma terre

Ramène-moi en rêve vers ma patrie

Porte-lui mon cœur qui meurt de nostalgie.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 12:17

Ritals

Chanson italienne – Ritals – Gianmaria Testa – 2006

Version française – Ritals – Gianmaria Testa - 2008


Ritals est dédiée à Jean-Claude Izzo, qui était ami et admirateur de Testa (plusieurs fois cité dans ses romans). Le père d'Izzo était un Salernitain émigré en France et, comme tant d'autres, il avait dû supporter la façon dont les Français appelaient péjorativement les immigrés italiens : Ritals, justement.


Remarques complémentaires de Marco Valdo M.I.


On ne peut - pour les gens de l'univers de langue française – entendre un titre comme « Ritals », sans voir surgir immédiatement la silhouette et les bacchantes de François Cavanna (évidemment fils d'immigré italien) qui publia en 1978 un livre très largement autobiographique intitulé « Les Ritals ». Pour ceux qui ont une mémoire défraîchie, on rappellera que Cavanna fut à l'origine d'Hara Kiri et de Charlie Hebdo, ce qui suffirait largement à le faire figurer au Panthéon des compagnons, où l'on n'oubliera pas de le mettre près de ces autres descendants d'émigrés ritaux : Georges Brassens, Léo Ferré, Serge Reggiani ...

D'une manière plus générale, Marco Valdo M.I. veut à son tour dédier cette traduction à tous ses « compagni » émigrés-immigrés « da dapperttuto nel mondo » et spécialement, à ceux qui au travers de la FILEF ((Federazione Italiana dei Lavoratori Emigrati e Famiglie) s'efforcent de rester des « Ritals », émigrés parmi les émigrés, malgré un éloignement à durée indéterminée.




Pourtant nous la connaissions nous aussi

L'odeur des cales

L'amertume du départ

Nous le savions nous aussi

Et une langue à désapprendre

Et une autre à apprendre en vitesse

Avant la bicyclette.

Nous le savions nous aussi

Et la buée de notre haleine sur les vitrines

Et la tiédeur du pain

Et la honte du rejet.

Nous le connaissions nous aussi

Ce regard muet

Et nous connaissions la patience

De celui qui ne peut s'arrêter

et la sainte charité

du cadeau sacré

nous le savions nous aussi

La couleur de l'offense

Et un habitat maigre et maigre

Qui ne devient pas un chez soi

Et la buée de notre haleine sur les vitrines

Et la tiédeur du pain

Et la honte du rejet.

Nous le connaissions nous aussi

Ce regard muet

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