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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:58

LA GUERRE

 

 

Version française – LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – La guerra – Francesco De Gregori – 2012

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, voici une chanson sur la guerre, toute fraîche – la chanson ; elle est de Francesco De Gregori et elle pourrait bien s'inscrire sans aucune réserve dans les classiques du genre. Du moins en ce qui concerne la guerre militaire, celle où des armées s'affrontent et se massacrent sérieusement. Classique par son contenu, classique par sa forme et quasiment un canon, un étalon, un archétype. Comme à l'ordinaire, je l'ai traduite pour savoir ce qu'elle racontait une histoire toute simple : ce sont de jeunes mariés, il s'en va à la guerre, elle reste seule... Contrairement à Adèle [8254], elle vit et l'attend dans la maison vide...

 

 

Donc, si je te comprends bien, dit Lucien l'âne en souriant, il s'agit là d'une belle chanson du modèle classique qui raconte la souffrance de la jeune épousée et de son jeune mari. Somme toute, elle aurait pu s'intituler « Tant qu'il y aura des guerres... »

 

 

Exactement. Tant qu'il y aura des guerres, il y aura des jeunes hommes (ou maintenant, comme en Israël et ailleurs sans doute, des jeunes femmes) qu'on enverra massacrer et accessoirement, se faire massacrer et des jeunes femmes (ou de jeunes hommes, tout se vérifie de nos jours – les couples ne sont plus ce qu'ils étaient) qui les attendront seul(e)s avec leur cœur et leur lessive pour en rester au schéma de la chanson. Cependant, justement aujourd'hui, dans une correspondance expédiée de Londres, parue dans le quotidien La Repubblica (édité à Rome), on annonce la fin de la guerre, la paix perpétuelle pour 2050. « Pace perpetua per 2050 ». Voilà qui devrait réjouir les amis des Canzoni contro la Guerra. « ...la fine delle guerre è quasi a portata di mano » (La fin des guerres est quasi à portée de main... »). Tu imagines, Lucien l'âne mon ami, voilà une bonne nouvelle et scientifique avec ça. Et même, mathématique.

 

 

Comment ça, scientifique et même mathématique ?, fait Lucien l'âne, complètement abasourdi.

 

 

Oui,c'est là une prédiction scientifiquement établie, mathématiquement modélisée et calculée, enfin presque. C'est un politologue de l'Université d'Oslo qui l'affirme, on ne saurait être plus crédible.

 

 

J'admets, dit Lucien l'âne en hochant doctement le chef et balançant ainsi ses oreilles derechef, surtout venant d'Oslo. Ce qui m'inquiète un peu, c’est ton « enfin presque ».

 

 

J'ai dit « enfin presque » pour plusieurs raisons. Celles tirées de l'article lui-même à savoir que d'ici là, il y aura encore beaucoup de conflits et que si les guerres vont disparaître en 2050, ce sera parce que la guerre serait tout simplement « passée de mode » – je n'invente rien, il est bien indiqué dans l'article : « passare di moda ».

 

 

Évidemment vu comme ça, la guerre n'a plus aucune chance... Passée de mode ? Et que fera-t-on des militaires ? Au chômage ?

 

 

Rassure-toi pour les militaires, on ne les mettra pas au chômage... On les gardera bien au chaud dans leurs casernes à continuer à faire leurs exercices et leurs manœuvres jusqu'à la retraite ou une pré-retraite anticipée. De toute façon, comme pour les objets superflus, on les gardera car « on ne sait jamais, ils pourraient toujours servir... » Mais...

 

 

Mais, dit Lucien l'âne... Mais quoi ?

 

 

Mais l'article dit aussi que cela ne concerne que les guerres militaires, les guerres officielles en quelque sorte, les guerres normatives... Car, dit notre politologue, ou plutôt un autre et peut-être même d'une autre Université, d'une autre ville, d'un autre pays même, on ne sait, bref, un politologue (peu importe, de toute façon, les politologues sont des gens sérieux et rigoureusement scientifiques) dit que tout en ne contestant pas que ces guerres-là vont s'éteindre, elles seront remplacées par des « confliti intestini sempre più aspri provocati da una crescente disegualianza sociale tra ricchi e poveri... » (conflits intestins toujours plus âpres provoqués par une inégalité sociale croissante entre les riches et les pauvres...).

 

 

Autrement dit, dit Lucien l'âne en dressant ses oreilles en points d’exclamation virulents, la Guerre de Cent Mille Ans va se poursuivre plus clairement, plus âprement que jamais.

 

 

C'est bien cela... La guerre va être remplacée par des conflits... entre riches et pauvres. Comme si ce n'avait pas toujours été le cas, comme si ce n'était pas son fonds de commerce, son principe fondamental à cette foutue Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres depuis si longtemps déjà. Il suffit, par exemple, de regarder ce qu'ils font aux Grecs... Si ce n'est pas une guerre aux pauvres, qu'est-ce ?...

 

 

Mais tout simplement « uno conflitto intestino sempre più aspro provocato da una disegualianza sociale tra i ricchi e i poveri... » (Un conflit intestin toujours plus âpre provoqué par un déséquilibre social entre les riches et les pauvres....) REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN... Dès lors, dit Lucien l'âne en brontolant, il nous faudra bien continuer à tisser le linceul de ce vieux monde assez désuet, prêt à passer de mode, sans guerres mais encombré de conflits intestins, ravagé, obstinément arcbouté sur la défense de ses privilèges et de son « way of life », de son « niveau de vie », intraitable, cruel et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Il y a un soldat au milieu du pré

Et une maison dans la vallée

Attention petit soldat

Le soleil se couche derrière toi,

Au soleil tu es une silhouette

Une cible au milieu du feu

Et pour viser ta tête

Il suffit d'un rien, il suffit de peu.

 

Yeux noirs de charbon

Bouche de corail sombre

Petit soldat attention

Le coq chante, le jour sombre

Dans la maison, reste l'épousée

Avec son cœur, désespérée

Elle ne dort plus depuis ce jour

Où partit soldat son amour

Elle est toujours seule seule

Dans son lit vide, vide

Des yeux de charbon noir

Sont prêts pour le traquenard

 

Nous avons pris la campagne

Nous avons perdu la ville

Nous avons pris l'innocence

Vous avons perdu la bienveillance

 

D'être partis qui nous remerciera ?

D'être revenus qui nous saluera ?

D'être partis qui de nous se rappellera ?

De nous être sauvés qui nous pardonnera ?

 

Et repense le petit soldat

À son foutu rata

À l'odeur de la nuit

Au sang qui s'est enfui

Cette fois où la mort

Est passée juste à côté

De travers l'a regardé

Et en boitant s'en est allée.

Dans la poitrine de la mariée

Bat un cœur énamouré

Elle chante fort et doucement rit

Pendant qu'elle met à sécher

Le soleil brûle à midi

Sur la maison au milieu du pré

Il y a une mariée éperdue

Et le soldat n'a pas d'issue.

 

Nous avons pris la campagne

Nous avons perdu la ville

Nous avons pris l'innocence

Vous avons perdu la bienveillance

 

D'être partis qui nous remerciera ?

D'être revenus qui nous saluera ?

D'être partis qui de nous se rappellera ?

De nous être sauvés qui nous pardonnera ?

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 20:32

LE PENDU

 

Version française – LE PENDU – Marco Valdo M.I.– 2012

Chanson italienne – L'impiccato - Francesco De Gregori– 1978

 

Dans les Chansons contre la Guerre, on trouve une série de chansons qui parlent de pendu :


Ballade des pendus [Épitaphe Villon](Serge Reggiani)
Gaetano, gracié et pendu(Marco Valdo M.I.)
La messe au pendu(Georges Brassens)
Le pendu(Germano Bonaveri)
Le Jeu du Pendu(Marco Valdo M.I.)
Le pendu(Jacques Brel)

Tortures et Suicides d’État (Marco Valdo M.I.)

et probablement encore d'autres...

En voici une de Francesco De Gregori...



Le premier, ils l'ont pris hier soir, jeune jeune,

C'est fils de bonne famille.

Mais un voleur, fils de bonne femme,

Avec un sourire carnassier

Il se cachait derrière une série de "Qu'est-ce que j'en sais?".

 

Puis ils en ont pris un autre, père de famille,

Figure sombre sombre, habillé de gris,

chemise et cravate,

le regard perdu à son arrivée en préfecture.

 

Le troisième, accusé d'outrage,

N'eut pas le temps d'ouvrir la bouche

Qu'un poing le fit asseoir.

Alors, il demanda une cigarette et confessa en vitesse

Tout ce que le commissaire voulut savoir.

 

Le quatrième s'appelait Tommaso

et il priait et il pleurait, il demanda à téléphoner à son avocat,

Mais l'avocat ne répondait pas.

Le cinquième fut mis en prison

pour un indice de rien, il fut mis en prison.

Le cinquième fut mis en prison pour un indice de peu

Et il fut torturé par le fer et par le feu.

Par erreur ou peut-être, car il avait été découvert,

Ou pour un aveu implicite

Ou seulement par découragement

Et tous se demandèrent de quel signe était le mort.

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 10:28

TOUS ONT UN COEUR

 

Version française – TOUS ONT UN COEUR – Marco valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Tutti anno un cuore – Francesco De Gregori – 1996

 

« Tous ont un cœur » fait surgir de sinistres éclairs d'inquiétude juvénile... « Dans la première partie, on parle de gêne sociale. La seconde par contre est inspirée d'un voyage au Chili avec des amis chiliens qui pour la première fois rentraient au pays après la chute de la dictature de Pinochet. J'arrivai à Santiago aux premières heures de l'aube. De l'avion s'écoula un flot de personnes qui se dirigeait avec des charrettes et des caisses vers une décharge de détritus pour chercher quelque chose à vendre ou à manger. C'est le thème de la démocratie manquée. En somme, les Chiliens libres d'aller leur chemin, de dire ce qu'ils ont envie, mais pas encore libres ? La démocratie en fait peu manquer soit de la faute de colonels, soit car on empêche les jeunes de grandir et d'étudier. Et alors, ce n'est pas seulement un problème du tiers-Monde. »

Interview auCorriere della Sera, 1996

 

 

 

Ils vivent de vraie lumière comme des étoiles comme des anges en prière,

Ce sont les jeunes sentinelles de cette longue soirée.
Ils ont le regard féroce et innocent,

L'air dur des criminels

Ils vivent dans cet extrême Occident, des rêves marginaux.

 

Ou enfermés dans une voiture, ils font des trous dans la nuit,

Jusqu'à la voir passer et éclater dans leurs bras cassés.
Quelques-uns ont une musique dans la tête, les mots ne leur plaisent pas,

Toute la vie une musique en tête, en quête d'auteur....
Et tous ont, tous ont, tous ont un coeur.

 

Le couvre-feu commence plus tôt chaque soir et les mesures sont exceptionnelles.
Nous reconnaissons les amis dans un procès-verbal d'arrestation ou dans les empreintes digitales.
Mais ils ne l'écrivent pas dans les livres de texte et ils ne le disent pas dans les journaux.
Ce présent le même chaque jour , ces nouvelles toutes égales.
Et puis tu les vois encore avant l'aube, des gens qui viennent d'ailleurs.
Ils creusent dans la terre et les ordures, pour chercher on ne sait quels trésors.
Dans les ordures du monde, des hommes sans nom

Ils cherchent un bout de miroir à vendre ou un reflet du soleil.
Et tous ont, tous ont, tous ont un coeur.

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 18:39

 

VIVE L'ITALIE

Version française – VIVE L'ITALIE – Marco Valdo M.I. – 2007

Chanson italienne – Viva l'Italia – Francesco De Gregori – 1979

 

 

 

 

« VIVE L'ITALIE ». Une chanson contre la guerre ? Déjà plusieurs fois, vous me l'avez refusée (justement). Mais selon moi, elle serait pleinement à sa place. Peut-être est-ce une chanson nationaliste, mais déjà le fait que la Lega se soit irritée car Davide Van De Sfroos la chante à San Remo me fait penser que ça pourrait aller autrement cette fois. Et pour supporter Viva Italia, .je rappelle deux chansons parmi les CCG Le radici ca tieni (Si tu n'oublies pas tes racines, respecte pourtant celles des pays lointains) Se non ti dimentichi le tue radici rispetti pure quelli dei paesi lontani) et Io non mi sento italiano (Je ne me sens pas Italien), par chance et malheureusement je le suis. Et au fond, nonobstant notre Président du Conseil, nonobstant 50 – 60 années de politique corrompue, d'affairisme, de terrorisme et de carnages d’État, cette Italie il faudrait l'aimer... Et peut-être nous indignons-nous pour tout cela, car justement nous l'aimons bien.

 

 

Et puis, l'ont bien aimée ceux qui l'ont libérée, ceux qui lui ont donné une des plus belles (et plus modernes) Constitutions jamais écrites, ceux qui ont cherché la justice et pour cela sont morts, ceux qui se battent contre les mafias, ceux qui font honnêtement leur travail. Dès lors, pour tous ces motifs, insérez-là dans les CCG et si je ne vous ai pas complètement convaincus, au moins comme extra...

 

DonQuijote82

 

 

Cher Don Quichotte,

En réalité, tu as parfaitement raison. Cette chanson ( qui selon moi n'a rien de nationaliste) a plus d'un motif de paraître dans ce site, au moins pour la référence à la Résistance et à la tuerie de Piazza Fontana. Nous voulons la dédier à toi et à toute cette partie de l'Italie oubliée qui, malgré tout, résiste encore.

[CCG / AWS Staff]

 

O, Lucien l'âne mon ami, laisse-moi te raconter une petite anecdote à propos de cette chanson de Francesco De Gregori, intitulée Vive l'Italie.

 

Vas-y, vas-y, Marco Valdo M.I. mon ami.

 

Tu remarqueras, si tu fais attention à ce genre de choses, que la traduction est datée de 2007, soit trois ans avant l'insertion dans les CCG de la chanson en italien. J'avais pourtant hésité à spécifier ici cette date. Et pourquoi l'ai-je mise cependant ? Tout simplement car c'est vraiment la bonne date et que j'avais traduit cette chanson pour la publication d'un livre « Storia della Leonardo da Vinci di Seraing »... dans lequel elle fut insérée par ceux dont je racontais l'histoire... Angelo, Gino, Toto, Mario, Mauro, Piero, Giuseppe, Maria-Rosa, Maria-Antonietta, Luisa, Bruna, Egle... Tous immigrés italiens en Wallonie. Eux, militants ouvriers, pour la plupart porteurs de cette association culturelle ou d'associations similaires, avaient très bien perçu tout le sens de cette chanson...

 

En somme, une raison de plus pour qu'elle soit présente ici... dit Lucien l'âne.

 

 

En effet, c'est très exactement ça. Mais il y a plus encore, il y a que cette chanson est aussi une chanson qui a un sens particulier pour ceux qui sont en exil, ceux qui sont émigrés d'Italie et immigrés ailleurs... Parfois au bout du monde. Ceux qui ne rentreront peut-être jamais en Italie, mais qui gardent en leur cœur un vif sentiment pour le pays (souvent rêvé) de leur jeunesse ou de celle de leurs parents, grands-parents... Leurs racines, quoi...ou une partie d'entre elles. Et il est bien aussi, comme le pense Don Quichotte, de souligner combien cette chanson sauve la dignité de l'Italie (celle qui résiste) en ces temps de ridicule, de honte et d'indignité qui, vu de l'étranger, l'entraînent vers une mise au ban universelle.

 

Italie, regarde la Tunisie, dit Lucien l'âne. Italie, réveille-toi, redresse-toi et d'un coup de pied énergique, envoie promener tous ces parasites, débarrasse-toi de ce pantin libidineux, vorace et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Vive l’Italie

L’Italie libérée

L’Italie de la valse

L’Italie du café

L’Italie dépouillée et frappée au cœur

Vive l’Italie l’Italie

Qui ne meurt pas.

 

Vive l’Italie

Prise en traître

L’Italie assassinée par les journaux

et le béton

L’Italie aux yeux secs dans la nuit obscure

Vive l’Italie

L’Italie qui n’a pas peur.

Vive l’Italie

L’Italie qui est au milieu de la mer

L’Italie oubliée

Et l’Italie à oublier

L’Italie moitié jardin moitié prison

Vive l’Italie

L’Italie toute entière.

 

Vive l’Italie

L’Italie qui travaille

L’Italie qui se désespère

Et l’Italie qui s’amourache

L’Italie moitié devoir moitié chance

Vive l’Italie

L’Italie sur la lune

 

Vive l’Italie du 12 décembre

L’Italie avec ses drapeaux

L’Italie pauvre comme toujours

L’Italie avec ses yeux ouverts dans la nuit

triste

Vive l’Italie

L’Italie qui résiste.

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 20:12

JEANNE D'ARC

Version française – JEANNE D'ARC – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Giovanna d'Arco – Francesco De Gregori – 1994

 

 

De l'inquiétante « vocation » de la Pucelle d'Orléans, paysanne de Domrémy et soldate « avant la lettre »

 

Et Jeanne la bonne Lorraine qu'Anglais brûlèrent à Rouen..., disait François Villon. C'est bien d'elle qu'il s'agit ici...

 

Voir aussi la version de Fabrizio De André et celle de Leonard Cohen, la seconde ayant inspiré la première.

 

Pour en revenir à Jeanne, une fameuse timbrée, une qui entendait des voix et qui rêvait d'en découdre au nom d'une monarchie de droit divin, crois-moi mon cher Marco Valdo M.I.. J'en sais quelque chose moi qui l'ai croisée là-bas en Lorraine, jeune enfant encore et qui l'ai revue plus tard, chef de bande et pillarde. Et dire qu'on en a fait une héroïne nationale, une Madame Propre qui allait balayer tout sur son passage, avec l'aide des voix divines. Ce symbole de pureté de la France me pique au nez pire que la moutarde dijonnaise la plus rude. Pas étonnant que les nationalistes et les fascistes de France l'aient toujours vénérée et en ont fait leur icône et vont jusqu'à fêter une Sainte-Jeanne d'Arc.

 

On risque d'ailleurs de sombrer dans l'Arcomanie d'ici un an ou deux... Car, vois-tu, Lucien, la donzelle est née – quasiment au pays de ma grand-mère, elle-même fille de berger – en 1411 (fin) ou 1412 (ou tout début), selon les sources. Il y aura donc six cents ans... un fameux bail. Pour le reste, il eut mieux valu la traiter dès l'apparition des fameuses voix... Comme on dit maintenant, elle était vachement atteinte, carrément à la masse... Un de mes amis disait pour décrire une hystérique du genre: « Pour mi, celle-là, il lui manque une case et si elles y sont toutes, elles sont dans le désordre ». Une dernière remarque pour défendre mon ami le poète parisien...Quant à ce qu'en disait François Villon, il a des excuses, c'était vers 1450... C'étaient un peu les faits-divers de l'époque.

 

Je suis content que tu aies remis un peu les choses à leur place, conclut Lucien l'âne avec un de ces sourires aux allures de piano, et je t'en remercie surtout pour Villon.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Toute cette étendue de blé

Pas encore mûri

Tout ce beau champ

Pas encore coupé

Et ce soleil qui resplendit

Au dessus de ma tête de soldat

Tout ce beau soleil qui descend

N'est pas encore passé

Ah si je t'avais trouvé,

Ah si je t'avais cherché...


Dans ces boîtes chinoises

Qu'on appelle coeurs

Et dans les regards enflammés

Qu'on appelle amours

Dans cette nuit infinie

Sur le point de finir

Dans cette eau pour boire

Que j'ai demandée à genoux

Mais qui tarde à venir

Ah ! Si seulement il pleuvait

Juste un peu...

Et cependant, j'ai vu la France de la terre à la mer

Et à la pointe de ma lance un homme pâlir et trembler

Les colombes, les serpents et les sots

Et le rouge et le noir

J'ai chanté tout cela de ma voix à moi

Et cependant, j'ai vu mon destin, mon étoile de fille

Sanguinaire et s'écouler sous ma cuirasse

Et on dit qu'une nuit

J'ai entendu une chanson

Une voix qui m'appelait

Et connaissait mon nom

Et connaissait mon nom...

Toute cette étendue de blé

Pas encore mûri

Tout ce beau champ

Pas encore traversé

Et cette lune qui meurt

Au dessus de ma tête de soldat

Tout ce ciel qui change de couleur

Ce chemin tracé.

Ah si je t'avais trouvé,

Ah si je t'avais cherché...

Et cependant, j'ai vu la France de la neige à la mer

Et ma vie peser sur le plateau de la balance

Les colombes, les serpents et les sots

Et le rouge et le noir

J'ai chanté tout cela de ma voix à moi


Et cependant, j'ai vu mon destin, mon étoile de fille

Sanguinaire et s'écouler sous ma cuirasse

Et on dit qu'une nuit

J'ai entendu une chanson

Une voix qui m'appelait

Et connaissait mon nom

Et connaissait mon nom...

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 20:49

LA FILLE ET LA MINE

 

Version française – LA FILLE ET LA MINE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Donna e la miniera – Francesco De Gregori – 1983


 

L'utilisation et l'extraction du charbon fossile en Belgique et plus particulièrement en Wallonie, remonte à la nuit des temps. Dans le pays, il y a les plus anciennes mines du monde. L'extraction du charbon fut pendant longtemps une activité saisonnière; les travaux des champs alternaient avec ceux de la mine.
Le développement de l'industrie charbonnière a été fondé sur l'exploitation sauvage de masses d'ouvriers, dont les conditions de travail et de vie furent les plus difficiles et les plus précaires. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, être mineur était une activité familiale qui se transmettait d'une génération à l'autre. Puis, suivit le reflux, jusqu'au refus quasi-total des Belges de descendre dans la mine. Raison pour laquelle le gouvernement belge favorisa et promut par tous les moyens l'immigration. Léonard Louis Bertollin, Valdôtain de Saint-Christophe fut le premier mineur italien officiellement recensé. Ironie du sort, il commença à travailler la veille de Noël de 1888 dans la mine de Bois-du-Luc, la plus vieille société minière belge.

Ainsi commençait le dur chemin de l'émigration italienne vers la Belgique, remplie d'événements dramatiques ( 867 mineurs italiens morts par accident entre 1946 et 1963) auxquels il faut ajouter la longue liste des mineurs décédés silencieusement de la silicose ( reconnue seulement en 1964 comme maladie professionnelle).

Dans les années où furent conclus les accords bilatéraux entre l'Italie et la Belgique, comme le protocole du 23 juin 1946 et celui du 11 décembre 1957, les immigrés italiens rejoignirent de nombre considérable les mines de charbon de Belgique : 24000 en 1946 et plus de 46000 en 1948.

Pour convaincre les personnes à aller travailler dans la mine en Belgique, l'Italie fut tapissée d'affiches de couleur rose qui présentaient uniquement les avantages du métier de mineur : salaire élevé, charbon et voyages en train gratuits, chèques famille, congés payés, pension anticipée...En 1961, les Italiens représentaient 44,2 % de la population étrangère en Belgique, atteignait les 200.000 unités.
Enfin, la tragédie. Le 8 Août 1956, dix ans après la signature de cet accord, 262 mineurs restèrent coincés dans la mine de Marcinelle; parmi ceux-ci, 136 Italiens. Ce désastre passa à l'histoire comme le tragédie de Marcinelle. Une explosion et immédiatement, les flammes envahirent les galeries de la mine, des galeries pas plus hautes que 50 cm (par endroits) où ils étaient contraints de travailler.

Le 11 août, trois jours plus tard, les sauveteurs réussirent à extraire de la mine les deux premiers corps à la cote 835 mètres. Mais c'est seulement après onze jours de dur labeur que les corps des 260 autres mineurs furent rendus à leurs familles. Le travail à la mine repris en avril 1957.

La mine fut fermée définitivement en 1967.

Ces travailleurs venaient principalement des régions du Sud. Des 136 mineurs italiens qui périrent à Marcinelle dans les entrailles de la mine du « Bois du Cazier », 60 étaient des Abruzzais, 22 Pouillais, 12 Marchisans, 7 Molisans, 5 Vénitiens et 4 Calabrais, pour citer les régions les plus frappées. Trente personnes étaient originaires de Manoppello et Lettomanoppello dans la province de Pescara.

Maman qui sait s'il valait la peine

De faire tant tant de route et d'arriver là.

Les gens sont les mêmes, et la scène ne change pas,

La même que j'ai laissée, il y a un temps

Ils ont faim de sous, ils ont faim d'amour

Et ils courent à cent à l'heure.

Leurs enfants ne ressemblent à rien,

L'adolescence les dévore d'un coup.

 

Et si je pouvais retourner en arrière,

En arrière, je retournerais,

Si je pouvais recommencer au début,

Je ne referais pas ce que j'ai fait.

 

À présent, il y a une fille de vingt ans qui vit ici,

Avec elle, je dors la nuit, je partage la nuit

Et une nuit sans doute, elle m'épousera.

À présent, c'est une mine qui nous donne mille lires l'heure pour descendre.

Quand nous sortons, nous trébuchons dans les étoiles,

Car les étoiles désormais nous ne les voyons presque plus.

 

C'est pas plus mal qu'il y ait toujours quelqu'un pour chanter

et nous fasse passer notre tristesse?

Sinon, notre vie serait une barquette au milieu de la mer,

Où entre la fille et la mine, il n'y a apparemment pas de frontières,

où la vie est un travail à la pièce

Et notre cœur un buisson d'épines.

 

C'est pas plus mal qu'il y ait toujours quelqu'un pour chanter

et nous fasse passer notre tristesse?

Sinon, notre vie serait une barquette au milieu de la mer,

Où entre la fille et la mine, il n'y a apparemment pas de frontières,

où la vie est un travail à la pièce

Et notre cœur un buisson d'épines.

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 18:00

HIROSHIMA

 

Version française – HIROSHIMA – Marco valdo M.I. a – 2009

Chanson italienne – Hiroshima – Francesco De Gregori

C'est une très belle chanson non publiée de Francesco De Gregori. On ne lui connaît pas de titre, mais celui-ci « Hiroshima » conviendrait bien.

 

« Ceci est seulement un maquillage »,

Dit le rêve au musicien.

« Ici il y a peu de choix,

Et tant de routes. »

Chaque fois que je me retourne,

Mon ombre me le confirme

Ce sont mes pas qui cheminent

Et la terre qui tourne.

À Hiroshima, les mannequins

Nues à cause du vent,

Marchaient sur le vent.

L'embarras désormais est éteint.

Et le pilote était tranquille

Le virage était parfait

Et le torero souriait

Et l'arène était infinie.

Et le fleuve croissait

Et les têtes des poissons

Dansaient par millions

Et le fleuve grossissait

Et le soleil fébrile

Jouait sur l'eau tranquille.

Je marchais sur le pont
Je marchais sur le pont

Je marchais sur le pont

Avec mes mains et mes rêves.

 

Je marchais sur le pont

Je marchais sur le pont

 

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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 18:03

CENT CINQUANTE ÉTOILES.

Version française – Cent cinquante étoiles – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Centocinquanta stelle – Francesco De Gregori – 1982




Cent cinquante étoiles en file indienne

Dans cette nuit humide qui sent la marjolaine,

Dans cette nuit splendide qui sent la mauve,

Cent cinquante étoiles dans cette nuit chaude.


Cent cinquante étoiles ou cent cinquante et une

et moi qui les compte dans ce ciel noir de fumée.

Je les compte et je les recompte et je suis le tango

dans cette nuit qui sent l'égout.


Et sautent certaines bombes que personne n'attendait

Dans cette nuit historique sans lapilli et sans lave

Et sautent certaines bombes qui ressemblent à des jouets

Qui tuent les personnes et épargnent les écureuils.


Cent cinquante étoiles et plus d'une scintille,

dans cette nuit hystérique qui sent la camomille

Cent cinquante étoiles ou mille cinq cents

Et moi, je les recompte et peu à peu, je m'endors


Cent cinquante étoiles et une étoile solitaire

dans cette nuit hypocrite qui sent le Coca-Cola

Une nuit si amicale à en dormir dans un sac à poil.

Cent cinquante étoiles au milieu du ciel.


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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 17:52

L'ACCOUTREMENT DU CHAUFFEUR.

Chanson italienne – L'abbigliamento di un fuochista – Francesco De Gregori – 1982

Version française – L'accoutrement du chauffeur – Marco Valdo M.I. – 2008


Est-ce vraiment une bonne traduction que celle que j'ai adoptée pour le titre ? L'accoutrement du chauffeur. Est-ce bien cela qui convient ? N'eût-il pas fallu dire : L'habillement du chauffeur ou la tenue du chauffeur ou encore, L'habillage du chauffeur ? Que sais-je ? Mais voilà, le voilà, regardez-le avec un béret de marin, ou alors, une casquette, sa casaque, sa veste et son pantalon carbonisé aux fesses, pauvre, pauvre et condamné aux cales d'un navire noir noir dont ils disent qu'il ne peut sombrer. La mère, la mamma, a raison, elle a déjà perdu son fils. Oh, elle feint de croire qu'il se perdra dans les bras de femmes d'Amérique; mais elle pressent bien qu'il finira dans le lit profond de l'Atlantique. Normal, le bateau s'appelle le Titanic.

De toute façon, peu importe le navire, le fond de cale est toujours noir; le chauffeur a toujours les fesses carbonisées et ce galérien moderne ne voit rien du monde. Il vit dans le noir; c'est un mineur de la mer; c'est un émigrant itinérant. Une fois pris au piège de la cale, une fois monté à bord, le voilà séquestré pour des mois, pour des années, pour la vie, à la merci d'un armateur lointain – souvent milliardaire – qui ne sait rien des hommes de soute, si ce n'est ce qu'ils lui coûtent... Le moins possible.

Maintenant, depuis qu'on n'utilise plus le charbon pour faire avancer les navires, les chauffeurs n'ont plus les fesses carbonisées. Mais ils sont restés des soutiers, des zombies de fond de cale et souvent, Indiens, Pakistanais, Grecs, Moluquois, Coréens, Thaïlandais, Chiliens, Chinois, Polonais, Russes ou Lettons... Allez savoir... Quelquefois, on ne connaît même pas leur nationalité... ils sombrent avec les épaves qu'ils font avancer sur les océans. Ce sont des galériens, des esclaves modernes. Les émigrés de la mer sont des prisonniers flottants.



Tous comptes faits, c'est bien un accoutrement...





Mon fils avec ces yeux,

je dois te voir avec ces yeux,

avec tes pantalons brûlés au derrière,

et ces chaussures neuves neuves.

Fils sans lendemain,

avec ce regard d'animal en fuite

et sur ton essuie de bain, ces larmes

qu'ils ne veulent pas connaître.


Mon fils avec un pied encore à terre

et l'autre déjà en mer

et une veste pour te couvrir

et un béret pour saluer

et des sous serrés dans ta ceinture

pour que personne ne puisse te les prendre,

les gens aujourd'hui n'ont plus peur,

même de voler.


Mais maman, à moi, ils me volent ma vie

quand ils me mettent à la peine,

pour quelques dollars dans les chaufferies,

sous le niveau de la mer.

Dans ce noir noir navire qui, me disent-ils,

ne peut aller par le fond,

dans ce noir noir navire qui, me disent-ils,

ne peut sombrer.


Mon fils avec ces yeux

et cette peine dans le cœur,

maintenant que le navire s'en est allé

et qu'est revenu le remorqueur.

Mon fils sans chaînes,

sans chemise, comme tu es né,

sur cet Atlantique de malheur,

mon fils déjà oublié.


Mon fils qui avait tout

et à qui rien ne manquait

et qui ira mêler ton visage

au visage d'autres gens

et qui te mariera probablement

dans un bordel américain

et qui aura des enfants d'une femme étrange

et qui ne parleront pas l'italien.


Mais maman, pour te dire le vrai,

je ne sais pas ce qu'est l'italien,

et même si je traverse le monde,

je ne connais pas la géographie.

Dans ce noir noir navire qui, me disent-ils,

ne peut aller par le fond,

dans ce noir noir navire qui, me disent-ils,

ne peut sombrer.

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 19:40

PILOTE DE GUERRE

Chanson italienne – Pilota di guerra – Francesco De Gregori – 1987

Version française – Pilote de guerre – Marco Valdo M.I. – 2008


Je n'entends pas discuter le mérite du moteur

Chaque moteur a sa musique et je le sais.

Ainsi, pour toujours dans le vent, je le ferai chanter,

Sur ma pauvre terre du sud au nord, mon moteur.

Et comme l'homme est seul, seul le sait Dieu.

Tandis que je vole au dessus des blessures de la cité,

Et comme un grand amour, je lui dis adieu

et comme est seul un homme, je le sais.


Par delà les nues, par delà l'au-delà

Ou si possible une minute plus au-delà.

Avec cette nuit tout en bas,

Plus noire et plus sombre vue de là.

Mais un jour, le jour reviendra.

Ainsi la vie vole sous mes ailes,

Et passe une autre nuit sur cette guerre

Et sur les maisons des hommes tous égaux,

Dans le grand orphelinat de la terre.

À quoi sert un homme, seul je le sais

Moi qui sème le sel sur les plaies de la cité.

Et comme à un grand amour, je lui dis adieu

A quoi sert un homme, seul le sait Dieu.

Par delà les nues, par delà l'au-delà

Ou si possible une vie plus au-delà.

Avec cette nuit tout en bas,

Plus noire et plus sombre vue de là.

Mais un jour, le jour reviendra.


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